En France, le passe sanitaire s’étend, comment cela se passe-t-il en Belgique ou au Canada ? Les correspondants de TV5MONDE à Bruxelles et à Montréal nous disent tout des mesures sanitaires appliquées chez nos voisins francophones !


En France, le passe sanitaire s’étend, comment cela se passe-t-il en Belgique ou au Canada ? Les correspondants de TV5MONDE à Bruxelles et à Montréal nous disent tout des mesures sanitaires appliquées chez nos voisins francophones !


L’économie américaine a moins souffert de la crise sanitaire que la zone euro. Grâce à leur taille, les États-Unis n’ont pas connu d’arrêt quasi-total de l’activité, contrairement à l’Europe au printemps 2020. La contraction du PIB a été de 3,5% l’année dernière aux États-Unis, contre 4,8% en zone euro. Les soutiens budgétaires ont été également plus massifs outre-Atlantique avec les plans de Donald Trump puis de Joe Biden. Le déficit public a dépassé 15% du PIB, contre 7,2% pour la zone euro. La flexibilité du marché de l’emploi américain permet également des rebonds plus rapides qu’en Europe. Le taux de chômage est ainsi passé de 3,5 à 14,7% de la population active de février à avril 2020 avant de revenir à 5,4 % au mois de juillet 2021.
Pour la zone euro, le recours au chômage partiel a réduit le nombre de licenciements durant la crise sanitaire en anesthésiant le marché de l’emploi. L’objectif était d’éviter un amoindrissement des forces productives comme cela avait été constaté après la crise des dettes souveraines. Contrairement aux prévisions pessimistes de certains, en sortie de crise, les destructions d’emplois restent faibles tout comme les liquidations d’entreprises. En revanche, la politique de soutien freine le renouvellement du tissu productif, ce qui pourrait jouer à l’encontre de la croissance dans les prochains mois.
Compte tenu des plans de soutien en cours de déploiement, les États-Unis devraient connaître une forte croissance : environ +6,5 % en 2021, et de 3 et 4 % en 2022.
Des économistes commencent à s’interroger sur les conséquences de la sortie de la politique de soutien monétaire et budgétaire ainsi que de l’inflation. Depuis le début de la crise sanitaire, les revenus des ménages américains sont en forte croissance. S’ils étaient étalés depuis une vingtaine d’années, surtout chez ceux appartenant aux catégories sociales les plus modestes, ils ont progressé de plus de 10% en 2020 et 2021.

Avec l’arrêt du versement des chèques de soutien, les revenus des ménages devraient revenir à leur niveau d’avant-crise, voire être inférieurs compte tenu du maintien d’un sous-emploi. Pour améliorer la situation des ménages à faibles revenus, l’administration de Joe Biden a prévu un plan de protection sociale portant sur 3 500 milliards de dollars sur huit ans. Il devrait compléter le plan de relance de l’investissement de 1 200 milliards de dollars. Ces deux plans seront revus à la baisse lors de leur examen par le Congrès du fait de l’hostilité des Républicains.
Une forte contraction budgétaire est attendue à partir de 2022, avec un effet négatif important sur la demande. Elle pourrait être en partie compensée par une amélioration du commerce extérieur, sachant que la balance courante des États-Unis est déficitaire de -2 à -3,5% du PIB chaque année depuis dix ans.
Les pouvoirs publics escomptent que les ménages puiseront dans leur épargne accumulée depuis le printemps 2020 pour maintenir un haut niveau de consommation. Le taux d’épargne des ménages est passé de 7 à plus de 25 % du revenu disponible brut de 2019 à 2020. Les dépôts des ménages sont à un niveau historique, plus de 11 000 milliards de dollars en 2021, contre 9 000 milliards de dollars en 2016. Comme les Européens et notamment les Français, les Américains conservent une part croissante de leur épargne liquide.
Si l’épargne peut jouer en faveur de la consommation, en revanche, l’inflation pourrait la pénaliser. L’inflation qui a dépassé 5% en juillet 2021 érode le pouvoir d’achat des ménages, ce qui devrait provoquer un recul de la consommation quand les aides auront disparu. Depuis l’été 2020, celle-ci connaît une croissance en rythme annuel très vive. La forte demande intérieure américaine est en partie à l’origine de l’inflation du fait de la multiplication des goulots d’étranglement dans la production. L’économie des États-Unis est également confrontée à d’importantes difficultés au niveau du marché du travail. De plus en plus d’entreprises rencontrent des problèmes de recrutement en lien avec une inadéquation entre offre et demande de travail. Le désajustement des compétences et des appétences entraîne une hausse des emplois vacants et le maintien d’un sous-emploi.
Près de la moitié des entreprises indique avoir des problèmes de recrutement quand, dans le même temps, le taux d’emploi est de 74 %, soit quatre points en-dessous de son niveau d’avant-crise. La persistance des problèmes de recrutement pourrait peser en défaveur de l’activité. Si les gains de productivité ne s’améliorent pas, la croissance pourrait rapidement revenir à son niveau potentiel d’avant-crise, autour de 2 points, voire être inférieure à ce taux.
La décélération serait d’autant plus marquée si la Réserve Fédérale durcissait assez rapidement sa politique en réduisant les rachats d’obligations voire en augmentant ses taux directeurs. Un ralentissement de la croissance pourrait, en revanche, pousser la banque centrale à maintenir plus longtemps que prévu sa politique de soutien. En cas d’affaissement de l’activité, le cours des actions pourrait être mis à rude épreuve compte tenu de la hausse accumulée ces dernières années. Par ailleurs, le dollar devrait se déprécier surtout en cas de maintien de taux d’intérêt bas.
Depuis 2015, chaque année, les prévisionnistes se sont trompés pour les États-Unis en pariant sur une récession qui n’est intervenue qu’en 2020 avec la crise sanitaire. Pour les prochaines années, l’affadissement de la croissance annoncée pourrait ne pas se réaliser tant en raison de la puissance des États-Unis dans les domaines des technologies de l’information que de la santé.
Dans un monde plus clivant sur le plan géopolitique avec la confrontation croissante avec la Chine, plus instable en raison d’un nombre plus important d’acteurs, les États-Unis, en tant que première puissance militaire et économique, peuvent compter sur leur pouvoir d’attraction que ce soit au niveau des capitaux que des femmes ou des hommes pour maintenir une croissance supérieure à celle des autres pays avancés.

L’administration des Français de l’étranger a décidé de fusionner les circonscriptions électorales d’Argentine et du Paraguay…. Pourquoi ? Pour se caler sur le découpage des circonscriptions consulaires, en effet les populations françaises des deux pays sont gérées par le Consulat de France à Buenos Aires sous l’autorité du Consul général.
Si le regroupement administratif peut paraitre logique pour administrer moins de 20 000 Français, dont 15 000 en Argentine, il l’est moins sur le plan électoral.
Car si, vu de Paris, les deux communautés, qui vivent toutes les deux dans un pays hispanophone d’Amérique du Sud et frontaliers, peuvent sembler similaires et confrontées aux mêmes problématiques, il n’en est rien.

Indépendants tous les deux au XIXème siècle sur les ruines de l’Empire espagnol, les deux pays ont une histoire commune marquée par la guerre. Et cela a du sens quand on sait que 88% des Français du Paraguay sont des descendants des colons de cette époque. Du côté argentin, ils sont nombreux aussi à être des Français expatriés depuis plusieurs générations et leurs familles ont vécu les conflits entre les deux pays.
Pour comprendre, il faut revenir en décembre 1864. Ce mois-là, le dictateur de la république du Paraguay, Francisco Solano Lopez, qui s’émeut des interventions brésiliennes dans la vie politique uruguayenne et soupçonne son grand voisin d’intentions impérialistes dans le Rio de la Plata, prend les devants. Il envahit le territoire brésilien et fait traverser à ses troupes une province d’Argentine. Une Triple Alliance rassemblant le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay contre le Paraguay est conclue à Montevideo le 1er mai 1865. Cet épisode se conclut par la défaite du Paraguay qui est amputé de 2 tiers de son territoire. Un conflit qui résonne encore dans le coeur des habitants près de 200 ans après.
En 2021, les différences entre les deux pays sont se creusées : niveau de vie, accès aux ressources primaires, aux technologies, et des régimes politiques différents. Descendants de ces Français venus au XIXème siècle en Amérique du Sud, nos compatriotes au Paraguay, et dans une moindre mesure en Argentine, ont besoin d’un lien fort et de proximité avec la Nation.
Au Paraguay, c’est le rôle de l’élu, Edmond Suchet, alors que l’administration est loin, que l’Ambassade sur place est noyée parmi les autres représentations européennes et que la Consule honoraire ne parle pas français, que d’être le contact direct, habitué aux usages locaux et aux rouages spécifiques du pays des Français sur place.
Coté argentin, les Français sont mieux lotis mais à des milliers de kilomètres, dans un autre environnement administratif, il est légitime de s’interroger sur la capacité du Consulat de Buenos Aires à soutenir efficacement les Français à Assomption (capitale du Paraguay).
Dans ces conditions, on peut se demander alors à quoi servirait une fusion ? Des économies ? L’élu au Paraguay (il n’y a qu’un Conseiller consulaire), comme partout ailleurs, est bénévole. Il ne dispose pas de bureau sur place, ni de personnel. L’Ambassade lui prête une salle à l’occasion..

C’est donc l’incompréhension pour l’élu au Paraguay, M. Edmond Suchet (Les Républicains). Il l’a envoyé une missive au Secrétaire d’Etat des Français de l’Etranger, Jean-Baptiste Lemoyne, sans l’accord des conseillers des Français d’Argentine, pourtant bien opposés à cette fusion.
« La situation décrite ci-dessus met en évidence une volonté de l’administration consulaire de Buenos Aires de reprendre les prérogatives que votre administration a remises à la responsabilité exclusive des conseillers. De toute évidence la conclusion que nous, en notre qualité d’élus, tirons de ce cas de figure est que l’administration consulaire entend régler d’éventuels désaccords de cette manière dictatoriale et se donne la possibilité de modifier les contours de nos responsabilités sans même une consultation préalable, une telle fragilisation du statut des Conseillers des Français de l’Étranger et des Présidents des Conseils Consulaires justifie la crainte que nous vous demandons de lever ».
Edmont Suchet (Les Républicains)
Restée lettre morte, tout va se jouer le lundi 13 septembre, date à laquelle, Mme Peck, Consule adjointe à Buenos-Aires en charge de ce dossier, a convoqué les conseillers des deux circonscriptions électorales. Les élus seront-ils là, procéderont-ils à l’élection d’un Président d’un conseil consulaire unique pour les deux pays comme leur demande la Vice-consule. Cette élection entérinerait de fait la fusion des circonscriptions électorales des deux pays.
Sans retour, le principal intéressé, le représentant des 2000 Français du Paraguay, qui risquent d’être dilués face aux 15 000 résidents en Argentine, Edmond Suchet prend les devants. Accompagné de conseils, il a pris la décision de porter l’affaire devant le tribunal administratif de Paris dans le cadre d’un référé-liberté (la date d’audience n’est pas encore connue mais devrait être imminente).
En pleine campagne des sénatoriales, les candidats s’activent sur cette question. La candidate Ségolène Royal a pris attache très vite auprès d’Edmond Suchet pour lui apporter son soutien.

« Cette fusion est irrespectueuse et illégale. Irrespectueuse, car elle intervient juste après une élection, ce qui revient à mettre en cause la légitimité de ce scrutin. Illégale, puisque seul un décret peut décider d’un tel regroupement, et cela avant une élection. Or les élus ont été convoqués par la Vice-Consule de Buenos Aires qui leur a notifié sa décision de fusionner les deux conseils consulaires. Ce qui revient à annuler les élections des présidents de chacun de ces deux conseils. Ces méthodes sont inacceptables et si on laisse faire qu’en sera-t-il demain à l’égard d’autres conseils consulaires ? »
Ségolène Royal, candidate aux élections sénatoriales de septembre 2021
En France, les circonscriptions municipales ou régionales sont définies par les élus à la suite d’un long processus encadré. Ici, l’administration s’attribue un droit qui ne lui a pas été concédé selon l’analyse de la candidate, mais aussi de nombreux élus en « off ».
Du côté de la majorité présidentielle, Samantha Cazebonne, candidate pour le parti présidentiel au Sénat, nuancerait sûrement le jugement de l’ancienne ministre. Les Républicains ont apporté, naturellement, leur soutien à leur élu, Edmond Suchet. Le bureau du président de la fédération des expatriés du parti LR, Christophe-André Frassa, nous a apporté des précisions sur leur position dans cette affaire.

« La situation créée le 6 août 2021 par l’annonce faite par la Consule adjointe de Buenos Aires auprès des conseillers des Français de l’étranger d’Argentine et du Paraguay de procéder à une nouvelle élection du président d’un conseil consulaire unique regroupant les deux pays a suscité une profonde incompréhension dans un premier temps et une profonde colère ensuite. Dès le 9 août 2021, le sénateur Christophe FRASSA a adressé un courriel au secrétaire d’Etat chargé des Français de l’étranger, Monsieur Jean-Baptiste LEMOYNE, pour l’alerter sur cette situation qu’il considère comme une interprétation manifestement contraire à la volonté du législateur de la loi du 22 juillet 2013 relative aux instances représentatives des Français établis hors de France. Le sénateur FRASSA a rencontré le directeur de cabinet du secrétaire d’Etat pour lui faire valoir qu’aucun argument avancé par l’administration pour justifier cette annonce ne repose sur une base législative ou réglementaire valable. Le sénateur considère que les présidents des conseils consulaires de Buenos Aires et d’Assomption ont été valablement et régulièrement élus et que ce n’est pas à l’administration d’annuler ces élections, seul un juge en aurait la capacité. Le sénateur FRASSA soutiendra toutes les démarches que les élus d’Argentine et du Paraguay entreprendront, y compris devant les juridictions administratives, pour faire respecter le droit. Le sénateur Christophe FRASSA fera des propositions pour que les aménagements de compétence territoriale des conseils consulaires ne soient pas dictés par une simple volonté de facilité d’organisation et d’économie de moyens. »
Bureau de M. Le sénateur Christophe Frassa
Une affaire qui va donc, sûrement, se finir devant un juge. Une affaire qui tombe à pic en pleine campagne des sénatoriales mais qui ne fait pas les affaires du parti d’Emmanuel Macron… A suivre.

L’Union européenne a annoncé lundi (30 août) le retour de restrictions aux frontières pour les voyages « non essentiels » vers son territoire depuis cinq pays, dont les États-Unis, la Maison-Blanche déclarant de son côté étudier la possibilité de laisser à terme entrer les voyageurs étrangers vaccinés.
Car cette décision de l’exécutif de l’Union européenne est pour beaucoup une réaction au Travel Ban imposé par les Etats-Unis.
En effet, les frontières américaines sont fermées à l’immense majorité des voyageurs internationaux, qu’ils soient testés ou vaccinés, depuis mars 2020.
Toutefois, après obtention d’une autorisation spéciale, il est possible de voyager aux Etats-Unis à condition d’être vacciné et de présenter un test PCR de moins de 72 heures, ou bien à condition de présenter un test PCR de moins de 72 heures et de respecter une quarantaine dont la durée varie en fonction des différents Etats. Pour le moment, la vaccination n’est donc pas obligatoire pour voyager aux Etats-Unis, mais les choses pourraient évoluer lorsque le pays rouvrira officiellement ses frontières. Les autorités locales laissent en effet entendre que les frontières du pays pourraient prochainement s’ouvrir aux voyageurs vaccinés uniquement.
Depuis des semaines, la Maison-Blanche dit étudier les conditions de réouverture de ces frontières. Pour la première fois lundi, elle a laissé entrevoir les conditions que pourraient poser les États-Unis aux voyageurs étrangers, dont les Européens.
« Les agences du gouvernement fédéral continuent à travailler pour développer une procédure cohérente et sûre pour les voyages internationaux, ce qui inclut l’Europe »
Jen Psaki, porte-parole de l’administration Biden, lundi lors d’un point-presse.
Si la Commission a décidé de fermer les frontières à 5 pays, les États membres de l’Union européenne conservent cependant la possibilité de lever ces restrictions pour ce type de voyages pour les personnes totalement vaccinées, précise un communiqué.

Les cinq pays retirés de la liste pour lesquels l’UE recommande la levée des restrictions pour les voyages « non essentiels » sont, outre les États-Unis et Israël, le Liban, la Macédoine du Nord et le Monténégro. Le Kosovo est également retiré de cette liste qui est régulièrement actualisée.
Le variant Delta a fait repartir les contaminations à la hausse aux États-Unis tout comme en Israël, qui avait été l’un des premiers pays à lancer une vaste campagne de vaccination.
« Cela impliquera de renforcer les efforts de protection des citoyens américains, y compris en durcissant potentiellement les procédures de test pour les voyages internationaux, et cela peut aussi impliquer qu’en temps voulu les ressortissants étrangers qui viennent aux États-Unis soient complètement vaccinés », a-t-elle précisé.
Le lobby des compagnies aériennes aux États-Unis a lui fustigé la décision de Bruxelles.
«Les recommandations de l’Union européenne sont un pas en arrière et ont clairement déçu les compagnies aériennes américaines qui ont travaillé avec diligence pour reprendre le service transatlantique en toute sécurité. Avec la réouverture de l’UE, les Américains se sont empressés d’acheter des billets, de faire leurs valises et de retrouver leurs proches qu’ils n’avaient pas vus depuis près de deux ans »
Airlines for America.
La liste des pays tiers pour lesquels l’UE recommande la levée des restrictions de voyage comporte actuellement 17 pays plus la Chine (sous réserve de réciprocité) ainsi que les régions administratives spéciales de Hong Kong et Macao et le territoire de Taïwan.
L’UE devrait annoncer dans les prochains jours avoir atteint son objectif d’une vaccination complète de 70 % de sa population adulte, marquée cependant par des disparités entre ses États membres.

C’est une première. Le Medef –l’organisation patronale française- a organisé la première rencontre des entrepreneurs francophones à Paris, expatriés compris. 400 entrepreneurs d’une trentaine de pays se sont retrouvés à l’hippodrome de Longchamp à l’ouverture de l’université d’été du Medef le 28 et 29 août 2021.

Y assistaient aussi le Président de la République malgache, Andry Rajoelina, le Premier ministre de la Côte d’Ivoire, Patrick Achi, et la Secrétaire générale de l’OIF Louise Mushikiwabo. Cette dernière rappelait que l’Organisation internationale de la francophonie rassemble 88 États , qui représentent 16% du PIB mondial, pour 800 millions d’habitants, dont 300 millions de locuteurs francophones « parfaits ». L’OIF a lancé un programme de formation pour 200.000 jeunes francophones.
Le Président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a accueilli ses homologues québecquois Karl Blackburn et gabonais Andrew Crépin Gwodog.
L’édition 2021 de cette rencontre des entrepreneurs francophones devait avoir lieu à Abidjan. Pour l’instant, le vice-Président du Medef, Fabrice Le Saché, qui s’est appuyé sur le Forum francophone des Affaires présidé par le Président de la Bred Steve Gentili, se félicitait de cette première rencontre. A ce jour, il n’existe pas de réseau francophone des affaires. Or « deux pays qui parlent la même langue commercent plus », affirme le Président du Medef.
C’est surtout un réseau qui peut faciliter contacts et contrats.

Le système monétaire international issu des accords de Bretton Woods a pris fin le 15 août 1971. Il a été légalement remplacé par le système des changes flottants en 1976. Les Accords de Bretton Woods reposaient sur un mécanisme à deux niveaux, les monnaies étaient reliées à l’or à travers leur convertibilité au dollar (qui était ainsi as good as gold).
Ce choix était la conséquence de la concentration du stock d’or mondial après la Seconde Guerre Mondiale aux États-Unis (plus des deux tiers) et de la nécessité de financer la reconstruction ainsi que la guerre froide. Dans le « Gold Exchange Standard », les États-Unis avaient entre leurs mains une partie de l’étalon monétaire. Le déficit permanent de la balance extérieure américaine a incité certains États à faire jouer la clause de convertibilité, les États-Unis peinant à maintenir la parité à 35 dollars malgré les pressions exercées sur leurs alliés.
Jacques Rueff, économiste et conseiller du Général de Gaulle a écrit, en 1964 : « Le Gold Exchange Standard a accompli cette immense révolution de livrer au pays pourvu d’une monnaie bénéficiant d’un prestige international le merveilleux secret du déficit sans pleurs qui permet de donner sans prendre, de prêter sans emprunter et d’acquitter sans payer ». Le système de Bretton Wood a fonctionné une grosse décennie, les monnaies européennes n’étant redevenues convertibles qu’au milieu des années 1950.
Pour certains, il a permis, grâce à la diffusion des dollars tout autour de la planète, la reconstruction et les Trente Glorieuses. Pour d’autres, il a contribué à la dollarisation du monde et à la généralisation des déséquilibres financiers qui ont abouti à l’inflation des années 1970 et à son explosion.
La fin de la convertibilité du dollar en or n’a pas sonné le glas de la monnaie américaine. Elle a, au contraire, conforté sa position de devise mondiale et d’étalon monétaire.
Le dollar est depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale la monnaie internationale. Il est la principale devise de facturation et la devise de référence pour un très grand nombre de matières premières et produits. Il permet le règlement des transactions commerciales. Il demeure un instrument d’interventions sur le marché des changes. Plus de la moitié des échanges commerciaux et plus de 60 % des réserves de change sont libellés en dollars. La deuxième devise est l’euro qui représente 20 % des réserves de change, le RMB chinois ne pesant que 2 %.
La crise des subprimes de 2008 née aux États-Unis a renforcé la devise américaine, aussi étrange que cela puisse paraître. Dans un monde de plus en plus instable, le dollar bénéficie de son statut de valeur refuge. Dans un contexte de faible inflation, la préférence pour des actifs sûrs au niveau mondial s’est accrue, aidée en cela par les rachats massifs d’obligations d’État par la Réserve Fédérale.
Le déclin relatif de l’économie américaine n’a pas, pour le moment, de conséquences sur le rôle du dollar. La Chine et les pays émergents représentent certes 57 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat, contre moins de 20 % pour les États-Unis.
Si le monde devient multipolaire, il repose essentiellement sur une seule devise, le dollar. Le large marché financier, la sécurité juridique, la forte attractivité du pays et sa force militaire permettent aux États-Unis de compenser leur recul économique. Ce dernier est peut-être surévalué en raison des pratiques comptables des multinationales américaines. Certains avancent l’idée que les coûts de domination du dollar sont supérieurs aux gains de la coordination et de la régulation que ce dernier assure par défaut. D’autres estiment que le changement de doctrine des Américains qui, ont opté pour le hard power, surtout sous la présidence de Donald Trump, nécessite de passer à un autre système monétaire.
L’économie mondiale dépend de la politique monétaire voire de la politique tout court des États-Unis. La crise financière asiatique en 1997 ou la crise russe en 1998 sont en partie liées à la hausse des taux pratiqués aux États-Unis. Les pays émergents s’endettent essentiellement en dollars, ce qui les rend vulnérables en cas de hausse des taux ou d’appréciation de la devise américaine.

Les variations d’émission de la monnaie américaine qui dépend de la politique monétaire et du résultat de la balance des paiements courants entraînent des conséquences sur les marchés domestiques de nombreux pays qui peuvent être confrontés à des hausses des prix et à un manque de liquidités. Selon l’économiste Michel Aglietta, une hausse des taux par la FED affecte plus de 9 000 milliards de dollars de dettes et de dépôts, le réseau des banques à l’échelle mondiale et le shadow banking les amplifiant en permanence.
Depuis la crise financière de 2008, le marché du dollar offshore a doublé de volume. Les contraintes imposées par les États-Unis sur l’utilisation des dollars n’ont pas freiné la croissance américaine. Les sanctions au nom de l’extraterritorialité de la législation américaine à l’encontre des entreprises qui commercent avec l’Iran, l’embargo sur la Russie, et les sanctions commerciales infligées à la Chine ont été dénoncés sans pour autant provoquer de réelle modification au niveau de l’utilisation du dollar. Le rejet par les Américains de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump s’est imposé aux entreprises non-résidentes qui dépendent pour leurs échanges internationaux du dollar.
Malgré ses défauts, le dollar reste incontournable. Il n’a pas de concurrent de substitution. Les créateurs de l’euro ne lui avaient pas assigné comme objectif de supplanter le dollar. Si en vingt ans, il est devenu la deuxième devise mondiale, sa progression s’est fait en toute discrétion. L’euro avait comme objectif premier était l’instauration d’une zone monétaire commune permettant de s’affranchir des fluctuations de change et des coûts qu’elles génèrent. Cette zone monétaire visait, certes, à s’affranchir de la monnaie américaine mais pas à la remplacer au niveau international. La vision de ses fondateurs était avant tout interne sachant que les États membres réalisaient à l’époque plus des deux tiers de leurs échanges au sein de l’Union européenne. La dimension internationale de l’euro reste peu mentionnée lors de sa création.
Compte tenu du poids des États membres, l’euro a obligatoirement un rôle international. Les dissensions ou les désaccords sur la politique économique ont freiné son expansion. Les responsables de la Banque centrale ont veillé, surtout durant la première décennie, à forger la crédibilité de la monnaie européenne en fixant des objectifs clairs en matière d’inflation. Dans les institutions internationales comme, en particulier au FMI, la BCE n’a pas de voix au chapitre. Les représentants de l’Union européenne proviennent des différents États membres. L’euro demeure une monnaie incomplète ne pouvant pas compter sur un État, une armée, un véritable budget. La crise grecque a souligné la fragilité de la zone euro même si elle a débouché sur la mise en place de mécanismes de soutien (Mécanisme Européen de Stabilité créé en 2012, successeurs du Fonds Européen de Stabilité Financière).
L’euro pâtit de la segmentation du marché financier européen. À la différence des États, la zone euro ne peut pas compter sur l’émission en masse et permanente d’obligations européennes. Le Plan de Relance pour l’Europe prévoit l’émission de 750 milliards euros d’obligations européennes sur trois ans. Ce montant reste modeste par rapport aux États-Unis (plus de 1 800 milliards de dollars d’obligations en 2020) ou même par rapport aux États membres de l’Union (la France devrait émettre pour 260 milliards d’euros d’obligations nettes de rachats en 2021).
Au niveau des échanges internationaux, l’euro a réussi à s’imposer à l’exportation mais pas à l’importation. Plus de la moitié des exportations hors zone euro sont facturés en euros. Les États membres de l’Union européenne qui n’ont pas intégré la zone euro l’utilisent pour leurs importations issues de cette dite zone.
En revanche, pour les importations, en particulier en ce qui concerne l’énergie et les matières premières, la monnaie américaine reste dominante.
L’euro peine également à être une monnaie d’échanges entre les États qui ne sont pas membres de l’Union européenne. L’euro a réussi malgré tout à devenir une devise de référence sur le marché des changes. 22 pays hors zone euro ont un taux de change fixe avec la monnaie européenne dont 16 en Afrique. Deux pays ont renoncé à leur monnaie pour utiliser l’euro, le Monténégro et le Kosovo. Plusieurs États d’Europe de l’Est ont « euroïsé » leur économie en acceptant une double circulation (Bulgarie, Bosnie-Herzégovine).
Le choix de l’euro comme monnaie pivot pour les États extérieurs à la zone euro se justifie par la recherche d’une crédibilité internationale et la lutte contre l’inflation. L’euro est devenu la deuxième monnaie du système monétaire international. Il sert de devise de diversification mais n’est pas en position de suppléer, pour le moment, le dollar.
Les autorités chinoises ont cette ambition mais elles partent de bien plus loin, leur monnaie le RMB jouant actuellement un rôle marginal au niveau international.
Compte tenu de son poids au sein de l’économie mondiale, de sa première place dans les échanges internationaux et de ses relations de plus en plus délicates avec les États-Unis, la Chine entend que sa monnaie, le renminbi, puisse jouer un rôle plus important. L’internationalisation de la devise chinoise s’inscrit dans le cadre d’une politique d’ouverture internationale. Cette stratégie a été formulée lors du Comité central du Parti Communiste Chinois du mois de novembre 2013.
Pour faciliter la diffusion de leur monnaie, les autorités chinoises ont retenu plusieurs priorités : la libéralisation des taux d’intérêt, la banalisation des relations entre les grandes entreprises et les banques, la convertibilité totale d’ici 2024, la création d’une industrie de la finance compétitive en faisant appel à des experts étrangers et la mise en place d’établissements d’investissement ayant une dimension mondiale. Les autorités doivent également rendre plus indépendante leur banque centrale.
L’internationalisation du renminbi est un des objectifs de la Belt and Road Initiative (BRI) qui correspond à la nouvelle route de la soie qu’entend créer la Chine. En prévoyant avec des États d’Afrique, d’Asie, du Moyen Orient et d’Europe, des infrastructures cofinancées, le gouvernement chinois entend ainsi développer sa sphère financière. Entre 2013 et 2017, plus de 400 milliards de dollars ont été investis dans le cadre de cette route de la soie. À titre de comparaison, le Plan Marshall qui a contribué à la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale portait 135 milliards de dollars en valeur actuelle. La BRI ne permet pas néanmoins l’émergence d’un marché offshore du renminbi car la quasi-totalité du financement est réalisé par les Chinois au profit d’entreprises elles-mêmes chinoises.
Les fonds d’investissement chinois n’obéissent pas aux règles de transparence et de gouvernance en vigueur à l’échelle internationale. Or, la pratique importante du shadow banking est un sujet d’inquiétude majeur pour les agents économiques non-chinois.
Par ailleurs, la Chine refuse le multilatéralisme en matière de gestion de la dette des pays en difficulté. Elle n’est pas membre du Club de Paris en charge de mettre en place des plans pour les États étant en incapacité de rembourser leurs dettes. En revanche, la Chine s’est investie dans le processus de concertation internationale sur le financement de la transition énergétique en participant au réseau de banques centrales travaillant sur ce sujet. Le retrait temporaire des États-Unis a incité le gouvernement chinois à s’engager sur ce terrain. Considérant en outre que les Occidentaux sont en grande partie responsables du réchauffement climatique, la Chine se veut être le défenseur des pays en développement. Fin 2018, la Chine est devenue le deuxième émetteur d’obligations vertes au monde après les États-Unis.
Afin de favoriser l’internationalisation de leur monnaie, les autorités chinoises ont multiplié les accords d’échanges bilatéraux de devises. Plus de 38 accords avaient été signés fin 2018 portant sur plus de 3 700 milliards de RMB. Pékin a mis en place également un réseau de centres de clearing en RMB offshore, permettant l’échange contre d’autres devises en dehors du territoire national. L’objectif est de créer un marché des changes en RMB ouvert 24 heures sur 24. Les actifs financiers chinois sont désormais admis dans les indices internationaux ce qui valorise la participation étrangère sur les marchés locaux.
Toutes ces mesures prolongent l’intégration du RMB dans le panier des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) du FMI, réalisée en octobre 2016. Pour le moment, les efforts des autorités chinoises ont été couronnés de peu de succès. La devise chinoise demeure marginale à l’échelle internationale. L’immaturité des infrastructures et la faible transparence du processus de décision des politiques sont pointées du doigt par les investisseurs internationaux. Le marché des obligations locales qui représente plus du quart des émissions obligataires publiques constitue une menace en raison de la faible solvabilité des collectivités territoriales.
Dans ce contexte, la part des RMB reste limitée à 1,65 % pour les échanges internationaux et à 2 % pour les réserves.
L’émergence d’un nouveau système monétaire international est incontournable dans une économie mondiale de plus en plus multipolaire. Les difficultés des pays avancés et l’accroissement de leurs dettes publiques pourraient accélérer le processus. Les autorités chinoises y travaillent en avançant sur la diffusion d’un RMB digital. Elles ne sont pas les seules à parier sur l’avènement des monnaies digitales. La BCE et la FED mènent également des expériences en la matière.
Ce fut le cas pour le Royaume-Uni au XIXe siècle et c’est le cas pour les États-Unis depuis 1945. D’ici le milieu du siècle en cours, le centre financier se déplacera-t-il à nouveau ou deviendra-t-il totalement virtuel ? Il est possible également que l’antagonisme entre la Chine et l’Occident aboutisse à une partition avec deux grands espaces financiers. La seule limite à ce scénario est que désormais les pays émergents et en développement représentent 57% du PIB mondial.

La France ne quitterait pas l’Irak en cas de retrait américain, a déclaré le président français Emmanuel Macron au journal télévisé de TF1 dimanche soir (29 août) depuis la ville d’Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien.
« Nous avons des forces spéciales engagées dans ces opérations, où nous avons perdu des femmes et des hommes dans ces combats, c’est l’honneur de la France d’être là. Nous les maintiendrons tant que les terroristes seront présents. (…) Le risque zéro n’existe pas en la matière. Ces dernières années, il n’y a pas eu de complots organisés depuis l’extérieur (…) Il ne faut pas confondre les risques terroristes et l’immigration ».
Emmanuel Macron au journal télévisé de TF1 dimanche soir (29 août)

Le président français a également évoqué la situation actuelle en Afghanistan, notant que la France et le Royaume-Uni ont plaidé lundi 30 (août) à l’ONU pour un refuge à Kaboul, sans succès, alors que le dernier avion de rapatriement français a atterri dimanche (29 août) à Paris.
L’arrivée attendue de migrants afghans en Europe après la prise de pouvoir des talibans ne sera pas aussi importante que les arrivées massives de 2015 liées à la guerre en Syrie, a déclaré Macron dimanche (29 août). « Ce qui est sûr c’est qu’il y a plus de monde qui essaiera de venir en Europe, ce qui créera une pression sur notre capacité à les accueillir», a-t-il ajouté.

Parfois, on le croit vermoulu sous des ors pas très brillants. Parfois il est la caricature d’une bureaucratie lointaine. Récemment encore, tels élus se plaignaient des oukases et du mépris dans lesquels ils étaient tenus. Bien des compatriotes peinent à obtenir les renseignements dont ils ont besoin, ne serait-ce que pour répondre aux formulaires qu’on leur réclame pour faire valoir leurs droits.
Globalement, pourtant, quels que soient les agacements, les Français de l’étranger notent favorablement leur ministère. C’est ce qui apparait dans les enquêtes et les consultations réalisées régulièrement par lesfrancais.press, y compris pendant la crise du Covid. Tout n’est pas parfait, soit, mais où est la perfection dans le meilleur des mondes possible, qui n’est toujours un monde paisible?
Parfois, on s’agace aussi des déclarations ministérielles, pas toujours suivies d’effets, ou ces rodomontades et autres leçons données au reste du monde.
On a lu ainsi avec étonnement une déclaration du ministre des Affaires étrangères enjoignant aux Talibans de « respecter les droits de l’homme » et « particulièrement ceux des femmes » s’ils voulaient une reconnaissance officielle. Ils en tremblent. Cette exigence, on se garderait bien de l’étendre à d’autres pays trop amis pour savoir l’apprécier. D’autant que l’on parle déjà aux Talibans. Enfin, il faut bien que la parole de la France reste fidèle à ses principes.
Et puis il y a l’action. Surtout en cas de crise. C’est à ce moment là que l’on a besoin des diplomates. C’était le cas à Kaboul ces derniers jours. Avec les moyens militaires, la France a réussi à faire sortir plus de 3000 personnes depuis le 15 août. Elle en avait déjà exfiltré 1500 auparavant, parce qu’elle anticipait « la possibilité » d’une crise. Il a fallu prévenir discuter, négocier, masquer, protéger, etc.

On a vu un ambassadeur en première ligne. Ou plutôt en seconde, car avant la première ligne il y avait ses collaborateurs. Ce fut le cas au Venezuela ou à Madagascar, à Haïti, dans d’autres circonstances. Avec lui donc, tous les services, et au-delà, toute la communauté française, et tout le réseau du ministère derrière, en coordination avec le ministère des armées. Sans l’appui des soldats, quelle diplomatie ?
Mais il reste beaucoup d’amis de la France en Afghanistan, et beaucoup d’Afghans en danger. Et un monde en plein chaos. L’histoire n’est pas finie.
Cet étrange ministère qu’est le ministère des Affaires étrangères, capable du meilleur comme du pire, de la plus grande perspicacité comme du plus grand aveuglement, de la plus grande discrétion comme de la plus provocante arrogance, a joué son rôle dans cette crise, à tous les niveaux, avec tous les interlocuteurs possibles. A croire que l’excellence française se révèle dans les crises. Hélas donc, mais bravo.

Laurent Dominati
A. ambassadeur de France
A. député de Paris
Président de la société éditrice du site « Lesfrancais.press »

On l’ espérait ! On y croyait : l’été 2021 devait signer le retour à la normal, ce ne fut pas le cas ! Le variant Delta a sévi et plus que tous les autres, les expatriés ont souffert des mesures mises en place, certificat valide pour les vaccinés, tests à répétitions pour les autres…
Et pourtant, les Français de l’étranger sont résilients et tolérants. Ils continuent de voyager et se plient, avec le sourire, aux dispositifs comme l’a révélé notre enquête. Le plus important c’est de continuer à pouvoir circuler, plus ou moins librement, mais surtout ne plus connaître la fermeture des frontières.
Cependant, certains pays restent fermés aux non-résidents ou entrouvrent légèrement la porte avec une série de contrôles à la clé pour tous les voyageurs, nationaux, résidents ou non-résidents. On fait un petit tour du monde, non exhaustif, des conditions d’accès aux différents territoires.

La plupart des pays n’exigent plus de test PCR des voyageurs vaccinés ou rétablis du Covid. Voilà quelques exemples de pays qui demandent un dépistage avant d’accéder à leur territoire quelque soit le pays d’origine).
Le test PCR est requis pour tous les voyageurs quelque soit leur lieu de départ à destination de ces pays :
Le test PCR est requis pour tous les voyageurs quelque soit leur lieu de départ à destination de ces pays :
Le test PCR est requis pour tous les voyageurs quelque soit leur lieu de départ à destination de ces pays :
Et oui il est encore possible de voyager dans quelques pays sans aucune restriction. 3 pays tous en Amérique latine, ils ont fait le choix de privilégier le secteur touristique parfois avec des conséquences terribles en terme de vies humaines.
Vous avez bien compté, nous ne listons qu’ une petite centaine de pays. Tous les autres pays sont fermés à tout voyageur qui ne serait pas résident. Les nationaux non-résidents sont souvent exclus des procédures d’accès aux territoires à la différence de la France qui garantit l’accès au territoire même s’il faut monter patte blanche (test ou certificat de vaccination).
Des destinations très touristiques ou importantes pour le « business » comme les Etats-Unis, le Canada, l’Inde, l’Australie, le Japon, le Vietnam, l’Argentine sont donc fermées.
Tous les nationaux et leur ayant droits peuvent accéder au territoire national sans motifs impérieux à condition de présenter soit un test PCR négatif soit un certificat européen de vaccination. Si vous avez vaccinés hors d’Europe, des solutions ont été mises en place par le gouvernement, vous retrouverez toutes les informations en lisant cet article ou celui-ci.
Courage et bon voyage à ceux qui le peuvent.

Charlie Watts, le batteur des Rolling Stones depuis 1963, nous a malheureusement quittés le 24 août dernier. Il en a été, pendant plus de 57 ans, le métronome. Par son tempo, il fixait le rythme aux autres membres du groupe, Mick Jagger, Keith Richards, Ronnie Woods et Darryl Jones remplaçant, depuis 1994, Bill Wyman. Même s’il était conscient de son rôle incontournable, il souhaitait rester derrière, dans l’ombre ou presque. Durant la présentation des membres du groupe lors des concerts, Mick Jagger aimait à souligner que Charlie Watts savait parler. À cette occasion, le public l’applaudissait durant de longues minutes rendant ainsi hommage à son apport musical. Sa discrétion ne l’empêchait pas d’être fier de son travail.
Au sein des Stones, il n’était pas que le batteur ; il remplissait un grand nombre de fonctions comme la supervision artistique de la réalisation des scènes de concert ou des vêtements portant le célèbre logo. Il épaulait également Mick Jagger dans le suivi de la gestion financière des différentes activités du groupe. Il était surtout le régulateur des tensions internes en étant capable de gérer les caractères tranchés des deux patrons que sont Mick Jagger et Keith Richards. Son humilité était l’un de ses atouts maître. La force de Charlie Watts était également de mettre son talent et son intelligence au service du collectif.

Cette règle vaut pour la musique mais évidemment pour toutes les activités humaines et l’économie en particulier. Le dernier championnat d’Europe de football, cet été, a prouvé que les talents individuels ne faisaient pas une équipe. Depuis une vingtaine d’années, les pays animés par un esprit collectif comme la Corée du Sud ou l’Allemagne s’en sortent mieux sur le plan de l’emploi et de la croissance que les pays divisés.
Il en est de même pour la gestion de l’épidémie. La campagne de vaccination a été rendue possible par la mobilisation coordonnée de tous les acteurs, ministère de la Santé, Agence régionale de santé, collectivités locales, pompiers, médecins de villes, infirmiers, etc. La complémentarité, la spécialisation et la fidélité à l’esprit du groupe sont les autres leçons à retenir de Charlie Watts.
Par ses qualités, son caractère, il était complémentaire des autres membres des Stones. Il s’est spécialisé dans les domaines où il disposait d’un avantage comparatif. Une entreprise comme toute association humaine repose sur cette complémentarité, sur cette spécialisation de ses salariés et sur le partage de certaines valeurs.
L’attachement de Charlie Watts au jazz et au blues animait son jeu de batterie et irradiait la musique des Stones. Par ses études d’art, il avait une culture différente de celle de Mick Jagger, ancien élève de la London School of Economics ou de Keith Richards, féru de guitare. Comme les autres membres du groupe, Charlie Watts était un infatigable travailleur. Le façonnage des morceaux pouvait s’étaler sur des années. Des morceaux jugés secondaires pouvaient trouver une nouvelle chance cinq ou dix ans plus tard à force d’être revus. Charlie Watts savait accompagner l’esprit imaginatif des deux leaders en ayant à l’esprit qu’un beau morceau de musique doit groover, faire danser.
Si la maladie ne l’avait pas atteint, il était censé reprendre des séances d’enregistrement au mois de juin et des répétitions au mois de septembre. Malgré son âge avancé, il aimait à répéter qu’après quinze jours de repos, ses baguettes lui manquaient tout comme ses compères.
Que l’état d’esprit de ce batteur d’exception qui a appris la musique en l’écoutant puisse guider les pas de tous les acteurs de l’économie en cette rentrée 2021.