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  • « Vive la Suisse libre » et le vote par internet !

    « Vive la Suisse libre » et le vote par internet !

    « Vive la Suisse libre », crie l’Ambassadeur libéré de ses kidnappeurs, Jacques Brel et Lino Ventura, dans « l’Aventure c’est l’aventure », film prophétique qui assénait : « Le capitalisme, c’est fini. Le Socialisme c’est fini. La Cinquième (République) c’est fini. » Prophétique ? La Suisse résiste !

    Les Suisses se sont prononcés sur cinq sujets ce dimanche aussi différents que la libre circulation des travailleurs, la loi sur la chasse, l’achat d’avions de combat,  la déduction fiscales des frais de garde, le congé paternité. Les résultats leur appartiennent. La méthode, elle, est universelle. 

    Cinq votations, pas de Brexit pour la Suisse

    Pendant ce temps, le congé paternité a été allongé en France, sur décision présidentielle. Bars et restaurants ont fermé à Marseille, sur décision du ministre, sans que les élus, maire ou président de région, ne soient consultés. Centralisme démocratique.

    Pendant ce temps, l’élection américaine déploie ses outrances. Trump dénonce les irrégularités à venir, Steve Banon, son ancien conseiller, explique la stratégie de la vérole ainsi :

     « Répandez des immondices partout et vous tuez le débat ».

    Steve Banon

    Biden reste favori : il a battu tous les records de levée de fonds : 395 millions de dollars rien qu’au mois d’août. Trump, à huit semaines de l’élection, a déjà dépensé son milliard de réserve. Biden a payé 45 millions pour passer une pub de son discours dans neuf swing states. Jamais le monde n’a autant dépendu de quelques électeurs de quelques Etats (Floride, Pennsylvannie, etc…). Quelques pubs, un mot de travers. Il faut une minute pour perdre un combat, un combat pour perdre une bataille, une bataille pour perdre une guerre et changer de monde. On a aussi le droit de gagner.

    Biden plus riche que Trump 

    Pendant ce temps, les femmes manifestent en Biélorussie contre Loukachenko, « qui doit partir » selon Emmanuel Macron, des journalistes sont pourchassés en Algérie, des élus emprisonnés en Turquie, tandis que la Chine rappelle sans humour que « la démocratie et les droits de l’homme font partie de sa constitution ». 

    Pendant ce temps, enfin, une enquête conduite par le Consortium International des Journalistes d’Investigation (CIJI) et 108 medias internationaux dévoilent, à partir de documents américains du Congrès et du FinCen[1], comment les grandes banques, à commencer par la Deutsche Bank, JP Morgan, HSBC, Mellon, blanchissent l’argent du crime et du terrorisme. Les Nations unies estiment qu’à peine 1% des 2400 milliards de dollars blanchis chaque année sont détectés. 

    Les banques au service du crime

    Les banques suisses apparaissent peu dans le rapport. Peut-être ont-elles craint les représailles américaines possibles, les Etats-Unis qui ont contraint, il y a quelques années, à l’échange des données en matière d’évasion fiscale. C’est pourquoi il sera intéressant de voir si les Etats-Unis vont condamner leurs propres banques pour « financement du terrorisme », comme ils sont prêts à sanctionner les autres.

    Dans le monde post-corona, se distingueront les pays et les entreprises qui profiteront de la révolution accentuée par la crise, et, d’autre part, les perdants. En Europe, une reprise dite en « K » se profile. En Europe, Allemagne, Suisse, Suède, Pays Bas remontent plus vite qu’Italie, France, Royaume-Uni, Espagne. (Voir l’article de Philippe Crevel). 

    Dans le monde, Les Etats-Unis seront de plus en plus les maîtres du jeu : grâce au dollar et à la banque centrale américaine, grâce à leur capacités de réaction, grâce à leurs pépites de haute technologie. En 2007, la valeur des entreprises cotées européennes (y compris Suisse et R-U représentait quatre fois le secteur des entreprises de la tech américaine. Aujourd’hui ce secteur US pèse plus que toutes les compagnies cotées européennes (y compris Suisse et R-U)[2]. Ce nouveau monde est-il compatible avec la démocratie ou va-t-il la tuer ?

    Un modèle suisse ? 

    La démocratie apparait malade. (Voir l’article de François Léotard). Menacée par les flux d’argent fou, l’opacité, le crime organisé, les oligarchies déstabilisatrices, les manipulations des réseaux sociaux, le matraquage de la peur, le culte des grands hommes, le mépris des autocrates, la bureaucratie aveugle, elle peut se sauver par le bas, par la pratique : en Suisse, ce n’est pas le gouvernement qui décide du congé parental, de la politique d’immigration, de l’achat d’armement. Personne ne connait (en dehors de Suisse et encore) le nom du Chef de l’Etat. Et aucun d’entre les titulaires n’aurait l’idée saugrenue de menacer de ne pas passer le flambeau à son successeur, comme Trump. 

    En Suisse, les Marseillais auraient décidé ce que l’on faisait à Marseille. Les banques suisses ne pas toujours très propres. Sont-elles plus sales que les autres ? Pourquoi les criminels et dictateurs y planquent leurs avoirs ? Parce qu’ils ont peur de la violence qu’ils engendrent :le droit leur donne des garanties qu’ils n’ont pas dans leus pays sans droit. 

    Contre la démagogie, la démocratie directe

    Pendant que les Suisses votaient sur des questions fédérales, ils votaient aussi sur des projets communaux : construction de parcs sportifs, etc… La démocratie se meurt quand on ne l’approfondit pas. L’antidote au populisme, aux manipulations, au centralisme bureaucratique, à la démagogie, aux caricatures de démocratie, c’est la démocratie directe, à la suisse.

    Le vote direct, sur le plus de sujets possibles, oblige les gouvernants à mettre en œuvre ce que les citoyens ont décidé. Apparemment les Suisses ne manquent ni d’hôpitaux, ni de policiers, ni de crèches, leur budget est à l’équilibre, leur commerce extérieur excédentaire. Avec 25% d’étrangers, ils ne manquent pas non plus d’emplois et plébiscitent la libre circulation des travailleurs. 

    Ceux qui croient que la démocratie est un handicap doivent apprendre à devenir suisse. Le Liban se voulait la Suisse du Moyen-Orient, comme l’Uruguay pour l’Amérique latine, le Costa Rica pour l’Amérique centrale. Plus que la Banque, le modèle suisse, c’est le rôle du citoyen.

    Le vote par internet accordé aux Français de l’étranger

    Encore faut-il que les citoyens décident. Qu’ils votent. Les Français de l’étranger pourront voter par internet aux prochaines élections. Le gouvernement va revenir sur ses mauvaises décisions passées pour les élections des conseillers consulaires (Voir l’article d’Eric Victorien). Il fait bien. 

    Demain, on devrait voter non seulement pour les Conseillers consulaires, mais aussi sur les déductions fiscales, les subventions, la retraite, la gestion des lycées, etc… Ceux qui croient que la démagogie l’emporterait se trompent : les résultats des votations en Suisse montrent que les citoyens sont plus responsables que des dirigeants toujours inquiets de leur popularité, quels que soient les régimes et les continents.

    La preuve : en ces temps de fermeture des frontières, ils ont rejeté la mise en cause du principe de libre circulation des travailleurs, et confirmé leur lien avec l’UE. Pas de Brexit pour la Suisse. « Vive la Suisse libre », et le vote par internet.


    [1]  Financial Crimes Enforcement Network. Voir les « Fincent files ». 

    [2] Source : Bank of America 

  • Elections consulaires 2021 : Tous sur le net?

    Elections consulaires 2021 : Tous sur le net?

    Lors de la session de l’Assemblée des Français de l’Etranger, le gouvernement va présenter son rapport sur le « vote par internet » aux élus représentant les expatriés.

    Réunis du Lundi 5 octobre au vendredi 9 octobre 2020 à Paris, les élus de l’Assemblée des Français de l’étranger devront statuer sur le rapport transmis par le gouvernement. Ils remettront, aussi, leur préconisation pour l’organisation des élections des Conseillers des Français de l’étranger les 29 et 30 mai 2021.

    Risques sanitaires

    Prévues en Mars 2020, les élections des représentants locaux des expatriés au sein des Consulats, ont été décalées en Mai 2021. Les restrictions mises en place dans la plupart des pays pour juguler la pandémie empêchaient leurs tenues. Avec des secondes ou troisièmes vagues qui se multiplient un peu partout sur la planète, certains alertent sur l’impossibilité d’organiser des élections dans de nombreuses circonscriptions consulaires au printemps prochain.

    Sur les continents américains et même en Europe, ils semblent peu envisageable que les autorités des pays de résidence autoriseront des rassemblements au sein de bureaux de vote. A Londres, à Bruxelles, et dans de nombreuses autres capitales, le nombre de convocations pour un même lieu peut être supérieur à 10 000 citoyens.

    Nouveau report? Vote électronique?

    Reporter une nouvelle fois le vote paraît impossible. Les conséquences seraient nombreuses et dépasseraient le cadre des Français de l’étranger.

    6 sénateurs n’ont pas été renouvelés hier lors des élections sénatoriales…ceux des Français, résidents hors de France. La raison ? Le non-renouvellement du corps électoral : les élus consulaires ! Décalées d’une année, les élections sénatoriales peuvent-t-elles, encore, l’être ?

    A cette problématique nationale s’ajoute l’application de la réforme des pouvoirs des élus consulaires. Elle est partiellement suspendue jusqu’à la prise de fonctions des nouveaux représentants des expatriés.

    Le rapport du gouvernement va donc alimenter le débat ! En effet, sur la papier c’est la solution miracle. Après par un test en grandeur nature au cours du mois de janvier 2020, la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire accorde toute sa confiance au système déployé par la société Scyt. Ce dernier a réussi les examens tant en terme de sécurité, d’accessibilité que d’ergonomie. Plus de bureaux de vote à gérer, une sécurité sanitaire assurée et des économies réalisées tout en facilitant le traitement, l’administration adore.

    Mais est ce que cette excellence démontrée au fil des pages du rapport pourra être garantie par la société Scyt ? Victime de la crise du Covid-19 ? Mauvaise gestion ? En tout cas, l’entreprise a déposé le bilan le 20 juin 2020 à Barcelone et cherche un repreneur. Un accord a été signé avec le juge en charge du dossier pour assurer la bonne gestion du système par le nouveau propriétaire. A ce jour, aucun candidat ne s’est déclaré. L’audience est prévue avant la fin de l’année 2020.

    L’avenir des élections consulaires, mais aussi celui des sénatoriales, sont dans les mains d’un juge catalan..

  • Industrie, pourquoi la France n’est pas l’Allemagne?

    Industrie, pourquoi la France n’est pas l’Allemagne?

    Depuis le début des années 2000, à la différence de l’Allemagne, la France enregistre d’importantes pertes de parts de marché à l’exportation et une diminution du poids de son industrie, au point qu’en vingt ans l’écart entre les deux pays est devenu conséquent.

    Avec la crise sanitaire en cours, la France est en situation de fragilité. Elle ne peut plus compter sur les recettes issues du tourisme pour effacer son déficit commercial qui, en outre, s’amplifie depuis le début de l’épidémie.

    L’écart se creuse 

    La valeur ajoutée manufacturière de l’Allemagne est relativement stable. Elle est passée de 18 à 20% de 1998 à 2019 quand en France, elle, est passée de 12 à 9%. Sur la même période, les exportations allemandes se sont accrues de 160% quand celle de la France n’ont augmenté que de 90 %. Les capacités de production manufacturière de la France ont baissé de 10% depuis la crise de 2008 quand celles de l’Allemagne ont progressé de 20%. 

    Le déclin industriel de la France a été souvent mis sur le compte du poids excessif du coût du travail. Cet argument est en partie infondé, le coût unitaire étant en Allemagne supérieur à celui de la France. De même, le temps de travail n’est pas un facteur discriminant, les Allemands ayant une durée annuelle plus faible que les Français. L’effort d’investissement productif n’est pas non plus la bonne explication, ce dernier progressant plus vite en France qu’en Allemagne (respectivement + 85% et +75% entre 1999 et 2019). L’effort de Recherche & Développement est certes plus élevé en Allemagne qu’en France, mais l’écart est faible (respectivement 3,2% du PIB et 2,4% du PIB). 

    Des causes profondes

    Parmi les facteurs mis souvent en avant figurent les prélèvements obligatoires, en particulier les impôts pesant sur la production. Dans les faits, les prélèvements plus élevés en France pèsent sur les salaires qui sont plus faibles qu’en Allemagne. 

    Le recul industriel de la France est avant tout dû à un mauvais positionnement de gamme, à la faiblesse des compétences de la population active et à la structuration du capitalisme. Ces facteurs interagissent les uns avec les autres. 

    Concernant les compétences de la population active, la France se place au 21e rang selon l’enquête PIAAC de l’OCDE loin derrière le Japon, la Finlande ou les Pays-Bas. L’Allemagne occupe la 14e place. Pour le niveau des élèves, la France se classait devant l’Allemagne jusqu’en 2003. Depuis, l’écart s’accroît en défaveur de la première.

    Production bas de gamme moyenne 

    La France se caractérise par un nombre élevé de décrocheurs et de jeunes de moins de 30 ans sans emploi et sans formation : 16 % contre 9 % en Allemagne (source OCDE). En vingt ans, la proportion de jeunes en difficulté en France est restée constante quand elle a constamment baissé outre-rhin. La France compte deux fois plus d’emplois à faible qualification que l’Allemagne, signe de la forte tertiarisation du pays et du choix d’une production bas de gamme ou gamme moyenne.

    Un problème de qualification et de manque de robots

    L’importance des emplois à faible qualification est liée au faible niveau de formation et des mécanismes d’exonération de charges sociales qui n’incitent pas à la montée en gamme par la professionnalisation accrue du personnel. Ce choix d’une production recourant à des emplois à faible qualification se traduit également par un faible recours aux robots industriels. Le stock de robots pour 100 emplois manufacturiers est de 3 en Allemagne contre 1,6 en France. L’écart a fortement augmenté ces vingt dernières années. En 1998, les ratios respectifs étaient de 1 et de 0,5. 

    Les entreprises allemandes ont joué la spécialisation internationale tout en maintenant les centres d’assemblage dans leur pays. Elles importent, en moyenne, deux fois plus de biens intermédiaires que leurs homologues françaises avec des importations en provenance d’Europe de l’Est et d’Asie. 

    Les grandes entreprises françaises ont privilégié les délocalisations en Espagne, au Maroc, en Slovénie, en Roumanie ou en Turquie. Elles ont à chaque fois emmené leurs sous-traitants. La production automobile française a décliné très rapidement depuis le début du siècle avec en parallèle une montée des importations. 

    Faible ancrage territorial des grandes entreprises

    En vingt ans le poids de la production française d’automobiles au sein de l’Union européenne a été divisé par deux passant de 14 à 7% au point que la France dégage pour ce secteur un déficit commercial. 

    Le choix des délocalisations est en partie liée à la structure du capitalisme français composé de grandes entreprises ayant un faible ancrage territorial. Une grande partie d’entre elles ont eu l’Etat comme actionnaires à un moment ou un autre de leur histoire. Les actionnaires d’origine ont bien souvent disparu. La gestion est par voie de conséquence plus technocratique et jacobine qu’en Allemagne où se pratique la participation associant les employeurs et les syndicats. 

    Outre-Rhin, les banques régionales jouent un rôle important dans le financement des entreprises et sont également des actionnaires actifs. Les liens entre les entreprises d’un même bassin d’emplois sont importants. A Stuttgart, les familles actionnaires de Porsche ou de Mercedes se retrouvent dans les conseils d’administration des sous-traitants. 

    En France, la constitution de champions nationaux souvent au nom de la défense de l’emploi s’avère contreproductive. Faute de concurrence au niveau local, les entreprises optent pour la facilité. En outre, en raison de leur taille, elles peuvent influer sur le comportement de l’Etat et faire accepter plus facilement des délocalisations.

    Concurrence plus vive en Allemagne 

    En Allemagne, la concurrence apparaît plus vive. Par ailleurs, le caractère fédéral du pays est un atout pour le maintien d’un tissu économique dense réparti sur plusieurs grands pôles. 

    Pour redresser les parts de marché à l’exportation et mettre un terme à l’érosion de l’industrie de la France, l’amélioration de l’efficacité du système éducatif et des compétences de la population active semble nécessaire tout comme la modernisation des entreprises. Une augmentation de la concurrence en particulier au niveau financier serait souhaitable. Or la tendance est inverse. Les processus de concentration s’accélèrent en raison de la crise avec, par voie de conséquence, une attrition des bassins d’emploi.

  • Le retour des barbares

    Le retour des barbares

    Le temps est venu de souligner l’extrême fluidité dans le temps et l’espace de la barbarie. Ce serait un livre à mettre entre toutes les mains (propres ou sales). Un livre qui soulignerait que la haine, tout comme l’amour, est poreuse. Elle circule… C’est un phénomène chimique que nous pourrions, si nous le voulions, analyser tous les jours. La haine, on l’enferme et elle passe à travers les murailles. On la dénonce, elle ricane. On l’examine, elle se dérobe. Il faudrait en inventer le laboratoire.

    Le Barbare s’en sort bien, c’est toujours l’autre

    Le barbare n’est pas seulement le nom de celui qui ne parle pas ma langue. Cela, c’était la conception des Grecs. Celle d’aujourd’hui est plus subtile : elle passe par les réseaux sociaux, l’argent fou, la violence de proximité, la destruction consciente de la planète, les bureaux qui chassent les légendes… Et en fin de compte le barbare s’en sort bien, car c’est toujours l’autre. 

    En France comme ailleurs l’homme n’est pas « un loup pour l’homme », il est à la fois son enfer et sa chance. Une chance à saisir lorsque le dévouement, le courage, la franchise (du mot « franc »), l’intelligence nous aident à survivre et à sourire, à comprendre et à transmettre. Cette intelligence, elle n’est jamais, quoi qu’on en dise, artificielle… Si les engagements, les serments, les promesses, les « plus jamais ça » qui ont suivi la dernière guerre sont devenus quasi exotiques, si le désir d’un fascisme ordinaire revient, c’est que sans doute le noyé pensif d’Arthur Rimbaud descend toujours son fleuve. C’est chacun d’entre nous : noyé et pensif.

    La France est tout à la fois un pays, une nation, une histoire, une République, une communauté humaine. Elle est aussi une merveille d’anthropologie. On peut y examiner l’être humain, son langage, son comportement, ses migrations saisonnières, ses peurs, son enfance… Cela est affaire de sociologues, d’historiens, de philosophes et… de voisins de palier… « Je cherche un homme », demandait en vain Diogène traversant les rues d’Athènes avec sa lanterne… 

    La négation assumée de la liberté humaine

    C’est dans ce monde, non seulement déchiré (il l’a toujours été) mais aussi en route vers sa propre destruction que l’espoir viendra d’une forme de résistance. Ce mot eut à juste titre ses heures de douleur et de gloire lorsqu’il fallut refuser les différentes versions de la même démence : le nazisme et le stalinisme, l’industrie rationalisée de la mort, la tyrannie revendiquée, l’organisation de la peur… J’appelle barbarie ce renouveau du désir (discret ou non) de revenir vers cette période sinistre qui fut la négation assumée de la liberté humaine. 

    On trouve toujours l’épouvante en soi

    En constatant que ce désir existe je voudrais faire appel à deux noms qui ont incarné ce qu’il ne faudrait jamais oublier : Primo Levi et Robert Antelme. Chacun à sa manière a répondu à la phrase terrible infligée comme une gifle à un déporté : Hier ist kein warum. Ici, il n’y a pas de pourquoi. On pourrait dire qu’ici c’est le monde d’aujourd’hui si on le laisse se défaire. Car la question du POURQUOI, sociale, métaphysique, politique, etc. est toujours ouverte. Elle est même la raison d’être de notre dignité. Anecdote : lors-qu’après beaucoup de démarches et d’efforts, Romain Gary parvient à rencontrer Charles De Gaulle à Londres, il se trouve devant un homme qu’il admire mais qui le regarde sans dire un mot, sans même lui répondre. Devant ce silence insolite, il va se retirer lorsque De Gaulle a cette phrase admirable : « Gary, surtout, n’oubliez pas de mourir… ». C’était peut-être cela, ironie et symbole, la vraie réponse au « Pourquoi? ».

    Primo Levi, né à Turin, Robert Antelme, né à Sartène, sont deux auteurs qui ne se sont probablement jamais rencontrés. Ils n’avaient sans doute pas choisi d’écrire, ce qui n’était pas un métier pour eux mais ils ont voulu transmettre – remontée à la surface de leur langage – la tragédie enfouie. C’était un travail douloureux dont ils se sentaient comptables. J’ai pu parler de Primo Levi avec Elie Wiesel et de Robert Antelme avec François Mitterrand. Dans les deux cas, comme le disait André Malraux, « on trouve toujours l’épouvante en soi ». C’est ce qu’ils m’ont appris dans cette école étrange qu’est le monde politique, avant de le fuir.

    La princesse de Phénicie, Europe

    Ainsi devant moi, face à la barrière insaisissable du POURQUOI, surgissent des visages d’acteurs, chacun avec son récit, faisant ensemble cacophonie : Trump comme Ubu Roi, Wiesel et Antelme, jouant, éperdus de tristesse, « en attendant Godot » (c’est-à-dire Dieu), Gary comme un hussard sur le toit du monde, Marguerite Duras et « la douleur », André Malraux et « la condition humaine », Diogène et sa lanterne… Et je me souviens que dans mon livre d’école c’est vers l’Ouest que Zeus, le taureau, emporte à travers la mer la petite princesse de Phénicie. Elle s’appelait Europe. Tout cela, disent les imbéciles, c’est de la littérature…

    François Léotard

    François Léotard – Homme politique français, député du Var et maire de Fréjus pendant près de vingt ans, il fut ministre de la Culture et de la Communication de 1986 à 1988 et ministre d’État, ministre de la Défense de 1993 à 1995. Depuis, il est l’auteur chez Grasset de plusieurs romans, dont La couleur des femmes (2002), La Vie mélancolique des méduses (2005), Le Silence (2007), et de récits qui furent des succès de librairie, entre autres : A mon frère qui n’est pas mort (2002) et Ça va mal finir (2008).

  • Besoin d’une traduction officielle ?

    Besoin d’une traduction officielle ?

    Lorsque vous faites une demande d’études, d’emploi, de permis de séjour et de citoyenneté dans un autre pays, il faut que les documents soient traduits. Il est très important qu’ils répondent aux exigences du consulat, de l’ambassade et d’autres institutions. Certains pays ont des accords qui acceptent les traductions faites dans les pays d’origine. Dans les autres pays, des traductions certifiées, assermentées ou notariées sont requises.

    Papiers administratifs dans le monde

    Caractéristiques de la préparation des documents

    Pour bénéficier d’un service de traduction officiel, vous devez contacter une agence spécialisée. Dans un premier temps, un spécialiste détermine la complexité du texte, précise l’urgence et les conditions d’enregistrement. C’est ainsi qu’un document officiel est certifié:

    • par le cachet de l’agence de traduction ;
    • la signature du traducteur ou du responsable de l’agence;
    • les coordonnées du spécialiste certifié;
    • par un notaire;
    • le consulat ou l’ambassade d’un pays étranger.

    Les confirmations énumérées de la légitimité de la traduction peuvent être modifiées ou combinées. Les exigences les plus sérieuses concernent les documents civils généraux et les papiers présentés pour obtenir un permis de séjour ou la citoyenneté. Le coût d’une traduction officielle varie selon le type de langue, la complexité, le volume, l’urgence, etc. Le prix d’une traduction médicale dépendra de la complexité du document et de la nécessité de faire appel à des spécialistes peu nombreux.

    Caractéristiques de la prestation de services

    Une traduction officielle des documents peut être exigée en cas de migration, de candidature à un emploi dans une entreprise étrangère ou dans un établissement d’enseignement supérieur étranger. Les documents suivants peuvent nécessiter une traduction officielle:

    • les cartes d’identité;
    • les actes d’état civil;
    • les contrats, les accords supplémentaires;
    • les rapports financiers et comptables, les relevés bancaires;
    • les certificats d’état civil ;
    • les documents de formation – diplômes, certificats et attestations;
    • les permis de sortie et de séjour, les cartes de résident, etc.

    Il est important de comprendre que le service doit être réservé après l’arrivée dans le pays de destination. La plupart des États reconnaissent les traductions effectuées par les agences nationales de traduction, et non celles qui sont apportées avec vous. La traduction officielle ne tolère pas les erreurs, les fautes d’impression, les corrections ou les données erronées. La moindre inexactitude peut avoir des conséquences désagréables. Un citoyen peut être confronté à un refus, à un retard dans la prestation de services et à une perte de temps. Le document doit être numéroté, significatif et traduit sans exception.

    Les parties de texte douteuses sont accompagnées de notes spéciales du traducteur. Par conséquent, commander une traduction officielle auprès d’une agence fiable élimine tous les risques possibles auxquels le client peut être confronté. Le traducteur assume l’entière responsabilité du travail effectué et garantit la conformité de la traduction avec le contenu original. Voici, on voit bien les avantages d’une traduction officielle dans un bureau spécialisé :

    • la garantie de la qualité des prestations de travail;
    • le respect des exigences de translittération;
    • la possibilité d’utiliser le document à différentes fins;
    • la possibilité de restituer les papiers perdus;
    • la réalisation du travail dans les délais et l’exécution conformément aux exigences.

    Il n’est pas rare que des citoyens de différents pays décident de se marier ou de divorcer. Dans de telles situations, ils devront exécuter une traduction officielle de leur passeport, de leur acte de naissance ou de divorce, etc. Les exigences définissent les institutions officielles qui sont chargées de ces fonctions. Les agences de traduction modernes disposent d’informations complètes sur les règles de traitement des documents et des formulaires. Les clients reçoivent des conseils complets sur les services fournis.

  • Elections Sénatoriales : les expatriés voteront en 2021

    Elections Sénatoriales : les expatriés voteront en 2021

    Les sénateurs ont été renouvelés ce dimanche 27 septembre 2020. Les élections sénatoriales françaises de 2020 sont un scrutin indirect.

    Selon l’article 24 de la Constitution, le Sénat « assure la représentation des collectivités territoriales ». Le collège électoral des grands électeurs est donc logiquement composé à 95% par les conseillers municipaux, ainsi que par les conseillers généraux, les conseillers régionaux et les parlementaires du département.

    Cette prééminence des conseillers municipaux explique pourquoi les élections municipales font les sénatoriales. Le scrutin découle directement des tendances politiques de l’élection des maires. Le Sénat est ainsi passé à gauche en 2011 après une poussée de cette dernière lors des municipales de 2008. À l’inverse, la vague bleue de 2014 a entraîné le retour de la Haute assemblée à droite lors des sénatoriales.

    L’originalité de l’élection est de combiner deux modes de scrutin, proportionnel et majoritaire. Le scrutin proportionnel est appliqué dans les départements élisant trois sénateurs et plus, selon la règle de la plus forte moyenne. Il s’agit des départements les plus peuplés. La liste doit respecter une alternance entre les sexes. Trois sénateurs sur quatre sont élus à la proportionnelle.

    La majorité de droite n’est pas menacée

    Aux dernières élections municipales, la percée écologiste dans les grandes villes à Marseille (Bouches-du-Rhône), Bordeaux (Gironde) ou encore à Lyon (Rhône), ne devrait pas remettre en cause la majorité sénatoriale de la droite et du centre.

    Le scrutin a clos à 17 h 30. Les premiers résultats qui ont commencé à tomber, dans les départements les moins peuplés, font apparaître une prime aux sortants, avec notamment plusieurs LR et centristes, majoritaires au Sénat, réélus dès le premier tour.

    C’est le cas du président du groupe des Indépendants, Claude Malhuret, réélu dans l’Allier. Chez Les Républicains, ont notamment été réélus dès le premier tour le questeur Rémy Pointereau (Cher), Cédric Perrin dans le Territoire de Belfort, Claude Nougein en Corrèze, Alain Joyandet en Haute-Saône, Jean-Jacques Panunzi en Corse du Sud, Philippe Mouiller dans les Deux-Sèvres ou encore Daniel Gremillet dans les Vosges. Les centristes annoncent la réélection de Dominique Vérien (UDI) dans l’Yonne, Philippe Bonnecarrère (Tarn), Bernard Delcros (Cantal), Evelyne Perrot (Aube).

    Le sénat reste donc à droite !

    Répartition des sièges au Sénat – ©Yitane

    Une déroute pour le Président Macron et LREM ?

    En 2017, le groupe LREM, nouvellement constitué à partir de sénateurs élus avant sous d’autres étiquettes, avait bon espoir de se consolider au Sénat. Cette première expérience avait déjà été décevante, puisque ce groupe n’avait pas progressé. Aujourd’hui, il compte 23 membres (contre 29 à son plus fort) et n’est pas en danger immédiat puisqu’il dépassera toujours les 10 sièges après ces sénatoriales, soit le seuil nécessaire pour pouvoir se constituer.

    Avec son échec aux municipales, le parti présidentiel a en tout cas reculé sans être la Bérezina annoncée. Comme pour le chef de file des sénateurs marconistes, François Patriat, qui a été élu au premier tour alors qu’on le disait en danger dans son département la Côte d’Or. 

    Rappelons que François Patriat a été l’un des premiers élus à rejoindre le candidat Emmanuel Macron, dès 2016. En 2017, il a officiellement quitté le Parti socialiste, dont il était membre depuis 1974, après avoir avoir apporté son parrainage officiel à la candidature d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle. Il était élu depuis 1976 sous étiquette « PS ». Sa personnalité et sa longévité ont primé pour sa réélection.

    Emmanuel Macron avait aussi envoyés deux ministres venus de la droite sont venus en renfort : Sébastien Lecornu dans l’Eure et Jean-Baptiste Lemoyne dans l’Yonne (le Secrétaire d’Etat aux expatriés – voir plus bas).

    6 sénateurs des Français de l’étranger renouvelés en 2021.

    Normalement, l’élection des sénateurs des Français hors de France doit être concomitante. En raison de l’épidémie de Covid-19, le renouvellement de six des douze sénateurs représentant les Français établis hors de France a été reporté à septembre 2021.

    Pourquoi ? Le corps électoral en vigueur serait composé des grands électeurs élus en 2014 . Premier problème, ils ont déjà voté deux fois. Second souci, Il n’y a eu aucun renouvellement depuis le dernier scrutin consulaire. Les élections 2020 ayant été reportées en mai 2021, décaler le renouvellement des Sénateurs des expatriés était la seule solution afin d’assurer une vraie représentativité des nouveaux parlementaires.

    Le renouvellement des 6 sénateurs sur les 12 représentant les Français hors de France est donc prévu le dimanche 26 septembre 2021.

    Un secrétaire d’Etat dédié aux expatriés qui prépare l’après…

    Dans l’Yonne, comme nous l’indiquions plus haut, le secrétaire d’Etat chargé du tourisme et des Français hors de France, Jean-Baptiste Lemoyne, se présentait. Il était en ballottage à l’issue du premier tour.

    Volonté de soutenir la majorité présidentielle et Emmanuel Macron pour obtenir le plus grand nombre de siège à la haute assemblée ? Urgence de se ré-enraciner après l’échec du transfuge vers Biarritz ? Doute sur la pérennité de son poste ? Les questions se bousculent.. les grands électeurs de l’Yonne y ont répondu en décidant, au second tour, de confirmer l’ancrage de Jean-Baptiste Lemoyne dans ce département.

    RETROUVEZ TOUS LES RESULTATS AVEC PUBLIC SENAT

  • Du théâtre sur la French Radio Hong Kong et Macao avec CHORUS – Episode 2

    Du théâtre sur la French Radio Hong Kong et Macao avec CHORUS – Episode 2

    2ème épisode de la pièce, « De L’Autre Côté De La Route », de Clément Koch, adaptée par Marion Demeneix.

    Enregistrée en mai, cette pièce a été jouée au Peel Fresco en juin 2020.

    On y retrouve : Marjolaine Geres, Charlotte Tahiri, Evelyne Lecoq, Emmanuel Lefort, Maud Mornet et Marie Hoellinger.

    De l’Autre Côté De La Route Episode N°2

    Eva ancienne chercheuse en physique moléculaire, s’est retirée en Suisse et habite enmaison de retraite. soixante–quinze ans, la vieille dame n’attend plus qu’une chose de la vie : qu’elle s’achève. C’est alors que surgit Michèle. La jeune journaliste (c‘est du moins ainsi qu’elle se présente…) enquête sur les effets secondaires d’un médicament produit par les laboratoires Lexo et sur lequel va a construit sa carrière. La trentenaire saura venir à bout du caractère revêche de son ainée et les deux femmes prendront, ensemble, leur revanche sur l’entreprise pharmaceutique.

    « De l’autre cote de la route » est une vraie comédie, peuplée de personnages truculents et drôles, qui traite avec délicatesse de sujets graves tels que le lobby des Big Pharma et le suicide assisté. Elle fait notamment écho au scandale du Mediator.

    Ecoutez le Podcast Audio

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    Cette pièce de théâtre a été enregistrée en mai au Peel Fresco en juin 2020. Elle fut ensuite diffusée sur la French Radio Hong-Kong en aout et septembre 2020. La pièce a été jouée par :

    Marjolaine Geres : dans le rôle de Eva Makovski, l’ancienne chercheuse en physique moléculaire.

    Charlotte Tahiri : dans le rôle de Michelle, la soi-disant jeune journaliste fouineuse.

    Evelyne Lecoq : dans le rôle de Andrée Lessieur, l’espiègle voisine de chambre d’Eva.

    Emmanuel Lefort : dans le rôle de Pierre Baudin, dans le rôle du patron des laboratoires Lexo.

    Maud Mornet : dans le rôle de Horthense, une aide-soignante.

    Marie Hoellinger : dans le rôle de Thérèse, une autre aide-soignante.

    De L’Autre Côté De La Route a été le projet de 2019-2020 de l’atelier théâtre des adultes de CHORUS.

    Contacts CHORUS :

    www.chorus.hk

    [email protected]

    WhatsApp : 67182585

  • Ce qu’on sait de l’attaque terroriste Paris du 25 septembre 2020

    Ce qu’on sait de l’attaque terroriste Paris du 25 septembre 2020

    L’attaque devant les anciens locaux de Charlie Hebdo constitue « manifestement un acte de terrorisme islamiste », a déclaré Gérald Darmanin sur France 2, ce vendredi soir. 

    « C’est la rue où il y avait Charlie Hebdo, c’est le mode opératoire des terroristes islamistes, bien évidemment, cela fait peu de doute, c’est une nouvelle attaque sanglante contre notre pays »

    Ministre de l’Intérieur. Gérald Darmanin

    Peu avant midi vendredi, un homme muni d’un hachoir a blessé deux personnes, un homme et une femme, tous les deux âgés d’une trentaine d’années, près des anciens locaux du journal Charlie Hebdo, rue Nicolas Appert, dans le XIe arrondissement de Paris.

    Les deux blessés font partie de l’agence Premières Lignes, qui travaille notamment pour l’émission de France 2 Cash Investigation. « Cela s’est passé vers 11h45, un homme est arrivé et a attaqué avec un hachoir deux salariés qui fumaient devant l’immeuble, un homme et une femme », a déclaré à l’AFP Paul Moreira, fondateur et co-dirigeant de Premières Lignes.

    La vie des deux victimes « n’est pas en danger », a assuré le Premier ministre, Jean Castex, sur les lieux de l’attaque. Interrogé par les journalistes sur « l’état » des deux blessés hospitalisés, le chef du gouvernement a répondu :

    « Leurs vies ne sont pas en danger, dieu merci ».

    Jean Castex, Premier ministre

    Le terroriste et 6 potentiels complices sont en garde à vue

    Au total, sept personnes sont en garde à vue. Un homme a été interpellé à proximité de la place de la Bastille. Âgé de 18 ans, il est né au Pakistan. Il s’agit de l’auteur principal des faits. Il ne présentait « aucun signe de radicalisation et n’était pas fiché S. Peu après l’attaque, un autre homme, un Algérien de 33 ans, a également été placé en garde à vue afin de procéder à un certain nombre de vérifications sur ses relations avec l’auteur principal.

    Lors d’une perquisition en fin de journée à Pantin (Seine-Saint-Denis) à l’un des domiciles supposés du principal suspect, cinq hommes, nés entre 1983 et 1996, ont été interpellés et placés en garde à vue, selon une source judiciaire.

    Selon les informations de nos confrères de BFMTV, le principal suspect aurait reconnu les faits. Le jeune homme dit avoir 18 ans et être d’origine pakistanaise. Il se trouve en situation régulière sur le territoire français.

    Le parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé être saisi d’une enquête pour « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste », confiée brigade criminelle et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

  • Des Libanais chantent en corse pour les victimes de l’explosion de Beyrouth

    Des Libanais chantent en corse pour les victimes de l’explosion de Beyrouth

    Le 4 août dernier, une explosion ravageait le port et la ville de Beyrouth, au Liban, et tuait 192 personnes. Pour rendre hommage aux victimes, un duo d’artistes libanais, Pascale Ojeil et Charles Eid ont repris, en corse, une chanson corse « A l’altru mondu », composée par les frères Vincenti et popularisée par Antoine Ciosi ou a Filetta. Une magnifique interprétation de ce duo d’artistes libanais, qui connaissent la Corse, puisque Pascale Ojeil avait déjà interprété « Corsica » de Petru Guelfucci.

    Un hommage

    Il s’agit des paroles qu’un jeune homme adresse à sa mère, restée sur terre, alors qu’il est mort et arrivé au Paradis. Une chanson très émouvante qui correspond, hélas, à ce que vivent bien des Libanais. 

    « Chacun aide à sa façon, à travers ce qu’il sait faire. En offrant cette chanson aux innocentes victimes de la monstrueuse explosion du port de Beyrouth, j’espère apporter, pour ma part, un peu de baume au cœur de leurs proches dévastés. Car malgré la tristesse du thème de cette chanson […] il s’en dégage un message d’apaisement et de sérénité« , a expliqué Pascale Ojeil au quotidien libanais L’Orient-Le jour

    La vidéo a déjà été vue près de 73.000 fois sur Facebook.

    Découvrez le clip ci-dessous

    Voici les paroles et leur traduction :

    À l’altru mondu, u tempu hè longu, ci stà l’eternità.

    Dans l’autre monde, le temps est long, c’est l’éternité

    È m’hà pigliatu à tempu natu ; di mè, chì n’hà da fà ?

    Je venais de naître, il m’a emporté, que va t-il faire de moi?

    O cara mamma, u paradisu hè grande cume tè,

    Oh maman chérie, le paradis est grand comme toi,

    È s’e ti chjamu à l’improvisu s’arricummanda à mè

    Et si je t’appelle à l’improviste, seule entend ma détresse

    Santa Marìa a to sumiglia ùn nu mi lascia più, Sainte Marie qui te ressemble tant, ne me lache pas d’un pas

    È mi cuntentu è mi ramentu, cume s’ell’era tù. et je m’en contente, et me souviens comme si elle était toi

    Ti mandu un fiore, u so culore, u sceglierai tù.  je t’envoie une fleur, dont tu choisiras la couleur

    Hè ind’u pratu di u Muratu ch’ellu face u più. C’est à Muratu, chez nous qu’elles fleurissent le mieux.

    S’e fussi eiu frà i più belli u cuglierebbi à tè, Si j’étais parmi elles, je te cueillerais les plus belles
    Ma stocu in celu, è i ti capelli sò luntanu da mè,
     Mais je suis au ciel, et tes cheveux sont loin de moi,
    Ma i t’allisciu cù Ghjesù Cristu chì sà quale tù sì,
     mais je les caresse avec Jesus Christ qui te connait,

    È mi cuntentu è mi ramentu, è megliu ùn possu dì. et je m’en contente et je me souviens, et que dire de plus?

    Ùn piglià dolu, u to figliolu cù l’ànghjuli stà bè. Ne porte pas le deuil, ton fils avec les anges va bien

    È ciò ch’e vogliu, u mio custodiu a sà prima cà mè. Et ce que je désire, mon ange gardien le sait bien avant moi

    Quì l’aria fine cume puntine cosge senza piantà, Ici,l’air tisse sans fin

    Ore tranquille, à mille à mille, senza calamità. des heures sereines par milliers sans calamité

    À l’altru mondu, canta un culombu è paura ùn hà, dans l’autre monde chante une colombe elle n’a pas peur

    Per cacciadore ci hè u Signore, O mà ùn ti ne fà ! car  seul ici chasse le seigneur, ne t’en fait pas, maman!

  • Le Royaume-Uni affirme sa singularité sur la scène internationale

    Le Royaume-Uni affirme sa singularité sur la scène internationale

    Le 31 décembre 2020 au soir, après 47 ans d’intégration, le Royaume-Uni sera hors de l’Union européenne et du Marché unique. Alors que les négociations commerciales engagées avec les
    différents Etats du monde pour assurer l’après Brexit auraient pu paralyser l’action du pays sur la scène internationale, ces derniers mois ont vu au contraire l’affirmation politique parfois abrupte de Londres, vis-à-vis de l’UE, de la Chine et, dans une moindre mesure, des Etats-Unis.

    Rupture dans la diplomatie

    Ces prises de positions ont pu surprendre car elles révèlent les profonds changements de paradigmes à l’œuvre Outre-manche, en rupture nette avec son passé. En effet, la défense du libre-échange, qui a constitué l’alpha et l’oméga de la Grande Bretagne durant près de trois siècles, n’est plus le principal fil conducteur de la politique étrangère de Londres. Pour le Royaume-Uni du Premier ministre Boris Johnson, il s’agit plutôt d’assurer le principe politique à l’origine du Brexit, à savoir la défense d’une pleine souveraineté politique et économique, en faisant feu de tout bois. Les conséquences sont multiples.

    Au niveau européen, un accord de sortie du Royaume-Uni de l’UE a été trouvé fin 2019 et ratifié en janvier 2020 mais les négociations qui visent à définir la future relation virent désormais à la confrontation. En cause, les dispositions qui cadrent les régimes douaniers et d’aides d’état de l’Irlande du Nord, prévues pour éviter le rétablissement d’une frontière sur l’ile d’Irlande, assurer l’intégrité du Marché unique tout en maintenant Belfast dans l’Union douanière britannique. Le gouvernement britannique a ainsi annoncé vouloir revenir sur certains engagements pris il y a moins d’un an, reconnaissant être en rupture avec le droit international dont il a été le héraut durant des siècles car garantie de la bonne conduite des affaires.

    Une rupture dangereuse avec l’UE

    Peu importe que le Royaume-Uni réalise près de 50 % de ses échanges avec le Vieux continent, que les enjeux portent sur un accès à un marché de 450 millions de consommateurs. Alors que les questions politiques écrasent les données économiques, tout engagement demandé par l’UE pour assurer un commerce non faussé leur semble insupportable. Longtemps, les Européens ont été persuadés que le Premier ministre bluffait pour obtenir le meilleur accord possible. Désormais, un puissant climat d’incertitude plane à Bruxelles, où personne ne connaît le prix économique que le Premier ministre est prêt à payer en prenant le risque d’une absence d’accord, en plein crise sanitaire.

    Boris Johnson a par ailleurs renforcé sa crédibilité dans son traitement d’autres enjeux internationaux, en montrant le même souci d’indépendance du Royaume-Uni vis-à-vis des Etats-Unis et de la Chine. Londres refuse ainsi de s’aligner sur Washington sur la gestion du dossier iranien tout comme en matière de politique climatique, sujets sur lesquels elle est en phase avec les autres pays européens. De même, pour l’octroi de licences 5G au chinois Huawei, les Britanniques ont d’abord résisté aux injonctions de Donald Trump, jusqu’à ce que la Chine impose sa loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. C’est alors que, sous le regard médusé de certaines chancelleries occidentales, Londres s’est frontalement opposée à Pékin qui ne s’attendait pas à un tel bras de fer de la part d’un pays censé être désespérément en recherche de partenaire commercial.

    Indépendance à tout prix

    Dans la quête d’indépendance du Royaume-Uni, des journalistes anglo-saxons et français ont trouvé des parallèles avec la politique mise en œuvre par le Général de Gaulle, pendant la Seconde Guerre Mondiale puis en tant que président français. Il est vrai que le Gaullisme a permis à la France de « boxer » dans une catégorie supérieure, en figurant notamment parmi les vainqueurs de 1945 et en en tirant des bénéfices qu’elle exploite encore aujourd’hui avec sa présence au Conseil de sécurité de l’ONU. Appliqué à des nations de taille moyenne face à des superpuissances, le gaullisme semble « adapté » à l’Angleterre d’aujourd’hui.

    Dans ses Mémoires de Guerre, Charles de Gaulle retrace ses échanges tenus en 1943 avec Anthony Eden, futur Premier ministre britannique et alors très francophile Secrétaire d’Etat des Affaires Etrangères : « ‘’Savez-vous, me dit M. Eden avec bonne humeur, que vous nous avez causé plus de difficultés que tous nos alliés d’Europe ?’’ – ‘’Je n’en doute pas », répondis-je en souriant. La France est une grande puissance.’’ » Nul doute que de nombreux diplomates européens pourraient, 77 ans plus tard, reprendre à leur compte les propos du Britannique pour évoquer leur relation avec Londres. Et imaginer entendre une réponse très similaire de la part de l’actuel pensionnaire du 10 Downing Street.

    Alors, quelle posture de négociation pour l’UE ? Le Royaume-Uni que les Européens croyaient
    connaître a bien changé, avec le Brexit puis l’arrivée au pouvoir de Boris Johnson. Ce changement est durable. L’UE doit donc prendre acte de cette réalité et défendre les principes sur lesquels l’unité de l’Union repose, sans toutefois hypothéquer l’avenir avec son turbulent partenaire. Car dans le vacarme d’un monde qui se recompose, un temps viendra, peut-être hélas, où nous nous rappellerons que rien ne vaut les vieilles amitiés.

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