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  • La première pierre du Lycée franco-allemand de Hambourg

    La première pierre du Lycée franco-allemand de Hambourg

    A Hambourg a été posée cette semaine la première pierre du nouveau Lycée franco-allemand (LFA). Après ceux de Sarrebruck (1961) et Fribourg (1972) en Allemagne, celui de Buc (1975) en France (Académie de Versailles), c’est le quatrième établissement de ce type qui verra le jour à la rentrée scolaire 2022/23. 

    Ce projet ambitieux avait été lancé en 2016 par Jean-Marc Ayrault, alors ministre des Affaires étrangères et Olaf Scholz, maire de Hambourg et ministre plénipotentiaire chargé des relations culturelles franco-allemandes. Proposée par la ville de Hambourg, la création de cet établissement public marque la volonté de développer la coopération franco-allemande en matière d’enseignement. 

    Une refonte et un élan pour la coopération franco-allemande

    Cette volonté commune s’est traduite par le transfert des classes de collège et lycée du Lycée français de Hambourg (plus de 800 élèves issus de 30 nationalités différentes) vers le nouveau LFA. La première classe de la filière germanophone du LFA, a ouvert à la rentrée 2020/21 dans les locaux de l’actuel Lycée français de Hambourg. Les classes suivantes (filière francophone à partir de la 6ème) ouvriront progressivement à partir de 2021, avant une installation définitive en 2023 dans le nouveau bâtiment, implanté sur les bords de l’Elbe. 

    Initiés par le traité de l’Elysée de 1963, les Lycées franco-allemands ont pour vocation de former des citoyens européens, à l’aise dans les cultures allemande et française. Ils offrent une scolarité spécifique dans un environnement binational, bilingue et conduisent à un diplôme spécifique, le baccalauréat franco-allemand, créé en 1972, reconnu par la France et l’Allemagne et qui permet l’accès à l’enseignement supérieur dans toute l’Union européenne. 

    Les acteurs locaux au coeur de la dynamique éducative

    L’aboutissement de ce projet a été rendu possible grâce à la ténacité des différents acteurs impliqués et dans un dialogue permanent et constructif avec les parents d’élèves et leur association gestionnaire. 

    Le député des Français de l’étranger Frédéric Petit s’est félicité de l’engagement exceptionnel des familles et des élus locaux de la communauté française dans la réussite du projet. 

    Les écoles élémentaire et maternelle qui ne seront pas intégrées au LFA, garderont, quant à elles, leur statut d’école privée, homologuée par le ministère français de l’Education nationale et membre du réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

  • Dépenser judicieusement : le problème à 1800 milliards d’euros de l’Union européenne

    Dépenser judicieusement : le problème à 1800 milliards d’euros de l’Union européenne

    L’Europe doit repenser la manière dont elle alloue ses ressources pour atteindre ses objectifs climatiques, déclare Kirsten Dunlop. Nous devons changer notre façon d’innover.

    Kirsten Dunlop – PDG de l’agence européenne pour l’innovation EIT Climate-KIC.

    Alors que les incendies font rage sur la côte ouest des États-Unis et que différentes régions d’Afrique de l’Est subissent de graves inondations, la présidente de la Commission Européenne a appelé mercredi l’Union européenne (UE) à réduire d’ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique d’au moins 55 % par rapport aux niveaux de 1990, soit plus d’un tiers de plus que l’objectif précédent de 40 %. La nouvelle ambition d’Ursula von der Leyen pour l’Europe est fondamentale, notamment parce qu’elle pourrait indiquer la marche à suivre au reste du monde.

    Mais l’Europe doit commencer par discuter de la meilleure façon d’atteindre ce nouvel objectif. Entre le plan de relance post-coronavirus et le budget 2021-2027, ce sont au total près de 1,800 milliards d’euros qui vont être mobilisés durant les sept prochaines années pour soutenir les politiques et programmes européens, dont un tiers sera consacré à l’action en faveur du climat. Mais ces sommes exceptionnelles sont synonymes de responsabilité sans précédent, et demandera du courage et de l’audace de faire les choses différemment. Dans l’intérêt de notre planète, et de nos enfants, qui paieront la dette que nous contractons actuellement, nous devons nous demander quelle est la manière la plus efficace de dépenser tout cet argent. C’est notre dernière chance.  

    Des approches traditionnelles à un changement systémique 

    « Les approches traditionnelles ne suffiront pas », a souligné la Commission Européenne en décembre dernier lorsqu’elle a publié les propositions du « Pacte Vert pour l’Europe » visant à rendre l’UE neutre sur le plan climatique d’ici 2050. La Commission a souligné la nécessité d’un nouvel objectif d’émissions pour 2030, mais également expliqué que seule « l’expérimentation et reliant entre eux les secteurs et les disciplines » permettraient à l’UE de réduire et de compenser ses émissions de carbone pour atteindre son objectif ‘zéro carbone’ dans trente ans.  

    L’Europe doit saisir cette opportunité pour remédier aux limites des approches conventionnelles. Celles-ci ont principalement consisté á substituer des modes énergétiques ou réaliser des projets dispersés et ponctuels portant principalement sur les émissions directes – et elles ont surtout produit des changements graduels. Nous ne pouvons plus nous contenter de solutions telles que la création de compléments alimentaires pour réduire l’impact du méthane de nos bovins, ou bien favoriser la réutilisation d’acier ou le passage aux énergies renouvelables pour enrayer la pollution de l’industrie. Ce sont certes des étapes importantes, mais ces solutions spécifiques ne règleront pas tout. Nous n’avons pas encore eu le courage de changer radicalement la manière dont nous vivons ainsi que nos attentes. 

    Une réalité multidimensionnels à apprendre à gérer

    Cette logique traditionnelle de substitution nous a conditionnés à rechercher des solutions linéaires – et souvent technologiques – à des problèmes qui sont en réalité multidimensionnels et qui nécessitent un changement de comportement humain. Le climat a été décrit comme un système dans lequel le battement d’ailes d’un papillon aux États-Unis peut contribuer à la formation d’un typhon en Chine. Il s’agit d’un système complexe et non-linéaire dans lequel un changement mineur peut avoir d’importantes conséquences qui sont souvent difficiles voire impossibles à prévoir. Nos systèmes sociaux sont eux aussi intrinsèquement complexes et imprévisibles, mais les comportements humains étant au cœur du changement climatique, il est essentiel de s’intéresser à cette complexité.  

    Nous devons donc commencer à considérer notre monde et le climat comme des systèmes complexes et interdépendants, et faire face á la diversité et l’incertitude des changements et conséquences possibles. Nous ne pouvons pas envisager que des solutions simples, ciblées et distinctes, elles doivent être multidimensionnelles et combinées. La Présidente von der Leyen l’a elle-même fait remarquer lors du discours sur l’état de l’Union de mercredi, « la mission du pacte vert pour l’Europe va bien au-delà de la réduction des émissions. Elle vise à assurer une modernisation systémique de notre économie, de notre société et de notre industrie”. Afin de réaliser cette modernisation ou ce changement systémique, un nouveau type d’ « innovation systémique » est nécessaire. Il expérimente des solutions et des effets intégrés et exponentiels dans des systèmes entiers, et les teste – en commençant par les villes, les régions, les industries et les chaînes de valeur.

    Un problème mondial, des solutions locales

    Les villes, par exemple, couvrent moins de 2 % de la surface du globe mais produisent plus de 60 % des émissions de carbone. L’innovation systémique prend en compte la complexité d’une ville et rassemble différents groupes par le biais de nouveaux projets, qui ensemble apporteront plus que des changements graduels. Madrid, Vienne et Cracovie, ainsi que 12 autres zones métropolitaines européennes, se sont associées à EIT Climate-KIC pour travailler dans différents secteurs, en intégrant simultanément différentes innovations et disciplines. Dans le cas de Madrid, cela signifie expérimenter de nouvelles règlementations, un campus sans CO2 et des solutions fondées sur la nature (nature-based solutions). 

    Dans les Dolomites, en Italie, nous travaillons avec les autorités locales et plus d’une centaine d’acteurs locaux pour tirer les leçons d’une tempête qui a dévasté la région en 2018. Ces groupes ont identifié trois systèmes essentiels pour rendre la région plus résistante aux événements climatiques : la chaîne de valeur du bois, la gestion des forêts et le tourisme. Ensemble, nous construisons un portefeuille de projets avec une approche d’innovation systémique qui permettra d’optimiser ces systèmes. Si ces projets sont menés de manières multidimensionnelles et interconnectées, la transformation sera d’autant plus rapide et avec un impact amplifié.  

    L’Europe doit explorer des approches non conventionnelles

    Alors que nous sommes au bord du chaos, nous devons réagir avec la plus grande souplesse possible aux questions émergentes et travailler ensemble de manière moins transactionnelle. Madrid et les Dolomites sont le théâtre d’expérimentations et d’approches interdisciplinaires qui nécessitent l’engagement des citoyens pour trouver les meilleures solutions et les appliquer à grande échelle. Nous devons poursuivre les progrès technologiques. Mais nous devons aussi permettre la transformation des systèmes par la transformation sociale. Pour y parvenir, nous devons encourager toutes les parties prenantes à développer des idées « par des citoyens, pour les citoyens ».   

    L’Europe doit explorer des approches non conventionnelles pour atteindre son nouvel objectif climatique. Compte tenu des fonds considérables disponibles pour alimenter la « relance verte » de l’UE après la pandémie et la récession, l’Europe n’a jamais eu de meilleure occasion de se montrer ambitieuse. La Commission européenne le comprend. Elle doit maintenant donner aux États membres de l’UE, à leurs régions et à leurs villes les moyens de travailler de manière systémique pour atteindre l’objectif en temps voulu. 

  • Frédéric Petit, un député des expatriés au bureau de l’assemblée franco-allemande

    Frédéric Petit, un député des expatriés au bureau de l’assemblée franco-allemande

    L’Assemblée commune a été instituée par l’accord parlementaire franco-allemand (APFA) approuvé le 11 mars 2019 par l’Assemblée nationale française.

    Composée de cinquante membres de l’Assemblée nationale et de cinquante membres du Bundestag, l’Assemblée parlementaire franco-allemande se réunie au moins deux fois par an. Sa compétence principale est de veiller à l’application des traités de l’Élysée et d’Aix-la-Chapelle. Elle est aussi chargée de suivre les activités des Conseils des ministres franco-allemands et du Conseil franco-allemand de défense et de sécurité. Elle s’implique dans les affaires internationales et européennes présentant un intérêt commun. Enfin elle doit formuler des propositions sur toutes questions intéressant les relations franco-allemand.

    Visio-conférence pour la quatrième session de l’APFA

    Ce Lundi 21 et mardi 22 septembre 2020, l’Assemblée parlementaire franco-allemande s’est réunie en visioconférence pour sa quatrième session depuis sa création du fait de la crise sanitaire.

    Lundi matin, le groupe de travail sur le Pacte vert a auditionne Frans Timmermans, commissaire européen, vice-président, désigné au Green deal européen et à la Lutte contre le réchauffement climatique.

    L’après-midi, l’Assemblée, réunie en plénière, elle a entendu Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, avant d’examiner le rapport annuel sur la coopération franco-allemande en 2019.

    Ce Mardi, les parlementaires concluent leurs travaux en auditionnant Olivier Véran, ministre français des solidarités et de la santé, et Jens Spahn, ministre allemand de la santé.

    Le député des Français d’Allemagne, Europe centrale, Balkans,  Frédéric PETIT  

    Cet ingénieur, hautement qualifié, a parcouru le monde pour de grands groupes et comme indépendant afin de mener missions et chantiers. Au fil des expériences, Frédéric Petit s’est enraciné dans les pays d’Europe centrale dont il devient un fin connaisseur. Il rejoint en 2017 le Modem et se présente aux élections législatives. Il est choisi par nos compatriotes, profitant de la vague macroniste, Bayrou étant le grand allié de Macron aux élections législatives de juin 2017. En sus de son implication européenne, il est aussi très attentif à l’éducation à l’étranger et au rôle des élus consulaires.

    Le député Petit, est membre de l’APFA depuis sa création en 2019, fervent partisan de l’amitié et de la coopération franco-allemande. Le député des Français établis en Allemagne va désormais pouvoir jouer un rôle plus actif au sein de cette assemblée et de contribuer au rapprochement des visions entre parlementaires des deux côtés du Rhin, face aux enjeux franco-allemands et européens. 

    Le rôle du bureau de l’APFA

    De tradition constante en France comme Allemagne, le Bureau détient, soit directement, soit par délégation de pouvoirs accordés à certains de ses membres, une compétence générale sur l’organisation et le fonctionnement interne de l’Assemblée. Il prévoir les sessions, choisis les débats, invitent les auditionnés. C’est le coeur de la coopération franco-allemande.

  • Procès de Charlie Hebdo : la DRH menacée et exfiltrée

    Procès de Charlie Hebdo : la DRH menacée et exfiltrée

    Une exfiltration qui « traduit le niveau de tension inédit » auquel le journal satirique est confronté, affirme-t-elle à l’hebdomadaire Le Point, soulignant « un niveau de haine hallucinant autour de Charlie Hebdo« .

    La directrice des ressources humaines de Charlie Hebdo a été exfiltrée de son domicile en raison de menaces jugées sérieuses, en plein procès des attentats de janvier 2015, a-t-elle expliqué ce mardi à BFMTV, à la suite d’une interview à l’hebdomadaire Le Point.

    Dix minutes pour tout quitter

    À la suite de « menaces précises et circonstanciées » reçues le 14 septembre par les officiers de sécurité qui la protègent depuis bientôt 5 ans, la DRH de Charlie Hebdo, Marika Bret, a été contrainte de partir de chez elle.

    J’ai eu dix minutes pour faire mes affaires et quitter mon domicile. Dix minutes pour abandonner une partie de son existence, c’est un peu court, et c’est très violent. Je ne reviendrai pas chez moi ».

    Marika Bret – DRH Charlie Hebdo au Point

    Une exfiltration qui « traduit le niveau de tension inédit auquel nous sommes confrontés », note-t-elle, en soulignant « un niveau de haine hallucinant autour de Charlie Hebdo« . « Le cauchemar n’a jamais cessé », mais elle prévient:

    Je ne renoncerai pas, je suis une militante laïque, une militante de la liberté d’expression et du féminisme. »

    Marika Bret – DRH Charlie Hebdo sur BFM

    « Une leçon de courage »

    « Depuis le début du procès et avec la republication des caricatures, nous avons reçu toutes sortes d’horreurs, notamment des menaces de la part d’Al-Qaïda et des appels à finir le travail des frères Kouachi », poursuit Marika Bret.

    Sur BFMTV, la salariée de l’hebdomadaire satirique a par ailleurs tenu à saluer « les mots si forts et si dignes de ceux qui viennent témoigner à la barre »: « En les écoutant, je prends une leçon de courage. »

    « Mélenchon alimente un climat de haine »

    L’organisation jihadiste Al-Qaïda a menacé d’attaquer de nouveau l’hebdomadaire satirique qui a réédité des caricatures du prophète de l’islam Mahomet à l’occasion du procès, affirmant que le raid meurtrier de janvier 2015 contre le journal « n’était pas un incident ponctuel ». La DRH de Charlie Hebdo accuse également le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon d’alimenter « un climat de haine ».

    « Mais Jean-Luc Mélenchon n’est pas le seul. Beaucoup de responsables politiques ont, par clientélisme ou par peur, oublié des notions fondamentales comme la citoyenneté ».

    « On ne s’adresse pas à des électeurs potentiels en fonction de leur couleur de peau ou de leur religion, c’est la négation même de ce que doit être la politique ».

    Marika Bret – DRH Charlie Hebdo sur BFM

  • Harmonisation des voyages intra-européens pour le 25 septembre

    Harmonisation des voyages intra-européens pour le 25 septembre

    Depuis le 31 août, un processus est amorcé. Le couple franco-allemand a travaillé sur une batterie de critères européens pour définir ce qu’est une zone rouge, orange ou verte (qui détermine le niveau d’alerte Covid-19 pour les voyageurs).

    A partir du vendredi 25 septembre , aucun pays européen n’interdira les voyages, quelque soit le code couleur appliqué, à un pays où à une région de l’Union européenne.

    Les limitations de voyages et les restrictions en matière de circulation ont fleuri un peu partout en Europe et diffèrent d’un État à l’autre. L’Allemagne, qui occupe la présidence tournante de l’UE, a ainsi harmonisé les restrictions de voyage et des déplacements dues à la pandémie en Europe.

    Une carte et des codes couleurs uniques pour les 27 états de l’UE

    Désormais les états européens utiliseront les mêmes données épidémiologiques (quantitatives et qualitatives) afin d’obtenir une  » carte  » sanitaire commune. Elle constate que le centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) fournit régulièrement des chiffres mais que ceux-ci sont utilisés de différentes façons. Selon les pays, certains privilégient les données nationales, d’autres les données régionales de la pandémie, désormais les données européennes seront utilisées dans tous les pays.

    Un classement en 3 couleurs avec des conséquences claires et applicables à tous les européens

    Pays et régions en zone « verte »

    Les voyages sont autorisés : il s’agit de zones où la circulation du virus est pour l’instant faible.

    Pays et régions en zone « orange »

    Les voyages sont autorisés mais la vigilance est recommandée. Si vous revenez d’un pays en zone orange, la quarantaine et le dépistage sont recommandés mais non obligatoires.

    Pays et régions en zone « rouge »

    Les zones « rouge » sont les zones ou il est fortement déconseillé de se rendre.

    Si vous revenez d’une zone rouge, il sera fortement conseillé de vous mettre en quarantaine pour 14 jours dès votre retour, ainsi que faire un test de dépistage PCR.

    Soulagement pour les expatriés et les frontaliers

    Pouvoir visiter sa famille, aller au travail, voilà quelques unes des nombreuses questions que se posaient les expatriés et les frontaliers.

    Désormais, les choses sont plus claires, il n’existe plus aucune interdiction de voyager au sein de l’Union européenne à partir du vendredi 25 septembre 00h.

    Pour vous aider à bien comprendre les codes couleurs et les conséquences, la Commission européenne a lancé «Re-open EU», une plateforme web contenant des informations essentielles qui permettront le rétablissement de la libre circulation et la relance du tourisme dans de bonnes conditions de sécurité dans toute l’Europe. Destinée à aider les citoyens à planifier en toute confiance leurs voyages et leurs vacances durant l’été et au-delà, cette plateforme fournit des informations sur les frontières, les moyens de transport disponibles, les restrictions de voyage, les mesures de santé publique et de sécurité (la distanciation physique ou le port du masque, par exemple), ainsi que d’autres renseignements pratiques pour les voyageurs.

    Il ne reste plus qu’à définir une harmonisation au niveau mondial, les Etats du G20 s’y préparent

  • Retard de paiement pour les retraités expatriés en Thaïlande, au Brésil, en Croatie et en Australie

    Retard de paiement pour les retraités expatriés en Thaïlande, au Brésil, en Croatie et en Australie

    Un bug informatique dans le logiciel comptable de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), rapporte Le Parisien, est à l’origine de ce retard.

    « Il y a eu un souci sur l’ordre de virement du 9 septembre à destination des assurés ayant un compte bancaire en France avec une adresse postale en Thaïlande, au Brésil, en Croatie et en Australie »,

    la Cnav auprès du quotidien francilien.

    Ainsi, 3.000 ordres de virement ont été rejetés, car ils ont été considérés comme « à risque ». Et cette fois ce n’était pas une question de certificat de vie.

    Le 10 septembre, alertée par les nombreux posts sur les réseaux sociaux et par les associations locales comme par les élus consulaire, la Cnav a décidé de procéder au virement manuel de certaines pensions. En effet, le retraité lésé devait prendre contact avec la Cnav. Les problèmes se sont donc accumulés.. décalage horaire, impossibilité de joindre le numéro national..

    Finalement, tous les ordres de virement ont été une nouvelle fois envoyés et devraient être effectifs ce lundi 21 septembre. Il faudra attendre environ une semaine pour voir apparaître sur les comptes en SWIFT le virement et pour ceux en SEPA, une seule journée.

    Mais ce bug aurait pu avoir de lourdes conséquences, en particulier pour les plus petites pensions.

    « Ici, si vous ne payez pas votre loyer dans les temps, vous payez une pénalité de 10 euros par jour de retard, et vous risquez la prison et l’expulsion si vous êtes mauvais payeur. Ça ne rigole pas ! »

    explique dans les colonnes du Parisien Maurice Strahm-Wannaudom, retraité depuis trois ans à Phuket, en Thaïlande.
  • De la crise sanitaire à la transition énergétique

    De la crise sanitaire à la transition énergétique

    L’épidémie en cours se traduira par une baisse de 8% du niveau des émissions de C02 dans le monde, niveau équivalent à celui qui avait été enregistré il y a dix ans. Néanmoins, cette baisse ne devrait pas avoir d’effet notable sur le processus de réchauffement climatique en cours. Au niveau de la pollution, la crise sanitaire a permis une amélioration très ponctuelle qui a été vite effacée avec la reprise de l’économie. 

    Pour certains experts, la pollution de l’air, en particulier à l’intérieur des habitations, aurait accentué la létalité du virus. Plusieurs études ont montré qu’une faible augmentation de particules PM2,5 (particules inférieures à 2.5 µm) est liée à une hausse du taux de décès par COVID-19 allant de 8 à 16%. Par ailleurs, la pollution de l’air augmenterait très sensiblement la transmission du SARS-CoV-2 par les voies aériennes.

    L’épidémie a provoqué de nombreux problèmes de gestion des déchets. Les États, les collectivités territoriales ont dû faire face à une augmentation des déchets médicaux. Le manque d’effectifs a accentué ce problème. De nombreux salariés des services en charge des déchets ont été atteints par la maladie ou ont fait valoir leur droit de retrait. La lutte contre la Covid-19 a eu comme conséquence un recours plus important aux matières plastiques (masques, protection, plateaux repas emballés, etc.). 

    Même si le phénomène n’est pas en soi nouveau, la pandémie a mis en évidence le problème de l’interférence croissante de l’homme sur la biodiversité. Cette interférence multiplie les possibilités de transmission de pathogènes de l’animal à l’homme. La déforestation, la dégradation et la fragmentation des habitats, l’intensification de l’agriculture, le commerce d’espèces sauvages et le changement climatique seraient autant de facteurs favorables à ce type de transmission. 

    Le nombre réduit d’épidémies à forte létalité constaté ces soixante-dix dernières années ne serait pas applicable pour les prochaines années si une modification des comportements n’intervenait pas. 

    La victoire contre la peste ou le choléra a été obtenue grâce à des progrès médicaux et à une amélioration de l’hygiène. Selon l’OCDE, une meilleure qualité d’air et d’eau, une gestion efficace des déchets et une protection renforcée de la biodiversité permettront réduire la vulnérabilité des communautés aux pandémies. L’organisation internationale rappelle la nécessité de développer les services d’assainissement et de distribution d’eau potable que ce soit dans les pays en développement ou dans les pays avancés. 

    Depuis de nombreuses années, les investissements dans les réseaux diminuent conduisant à un risque de prolifération de bactéries et de virus potentiellement dangereux. La préservation de la biodiversité et son utilisation durable sont également des facteurs importants, dans la mesure où la biodiversité et les services écosystémiques procurent, selon l’OCDE, des avantages évalués à 125 à 140 000 milliards de dollars par an, soit plus que le PIB mondial. 

    Une relance sur fond de transition écologique 

    Selon une étude de l’OCDE du mois d’août 2020, au moins 30 pays membres de l’OCDE ont intégré dans leurs programmes ou stratégies de relance des mesures visant à soutenir la transition vers une économie plus verte. Les mesures les plus fréquemment mises en œuvre sont : 

    • des subventions, des prêts et des allégements fiscaux en faveur du transport vert, de l’économie circulaire et de la recherche, du développement et du déploiement d’énergies propres ; 
    •  une aide financière aux ménages et aux entreprises pour l’amélioration de la performance énergétique et les installations d’énergies renouvelables ; 
    • de nouveaux types de financement et de programmes de création d’emplois et de stimulation de l’activité économique par la restauration de l’écosystème ; 
    • le contrôle des espèces étrangères invasives et la préservation des forêts. 

    L’OCDE souligne que les gouvernements sont plus timides vis-à-vis de l’industrie et de l’agriculture. Cette prudence est liée à la volonté de ne pas pénaliser des secteurs en difficulté ou politiquement sensible en période de crise économique. Par ailleurs, peu de mesures concernent l’acquisition de compétences nécessaires pour accélérer la transition énergétique. 

    Dans le cas du transport urbain, par exemple, certains pays ont choisi d’intensifier les efforts et les financements pour rendre l’espace habituellement réservé aux voitures à des modes de transport doux (piétons, vélos, micromobilité, transport public) ou lui donner d’autres fonctions urbaines. Paris qui était en retard par rapport aux autres grandes métropoles a lancé, en lien avec la crise sanitaire, un des plus vastes plans de réalisation de pistes cyclables urbaines. 

    Certains pays ont aussi conditionné au respect de principes et critères environnementaux le versement d’aides publiques à des entreprises de secteurs clés, comme le transport aérien, et subordonné l’aide à l’industrie automobile à la promotion de technologies plus propres. Air France doit ainsi réduire son offre pour des liaisons qui peuvent être desservies par le train en moins de 2 heures 30. Le secteur aérien est dans le collimateur des pouvoirs publics et des associations écologiques même si sa contribution aux émissions de CO2 reste modeste. Il est un symbole d’un certain mode de consommation qui est de plus en plus contesté. 

    L’Europe se veut pro-active en matière de lutte contre les émissions de CO2 notamment à travers le pacte vert de la Commission proposé fin 2019. L’objectif fixé est la neutralité carbone en 2050. Ce pacte vert pour l’Europe sera au cœur du plan de relance décidé afin de contrer la récession liée au COVID-19. Pour atteindre cet objectif, les États membres sont appelés à : 

    · décarboner le secteur de l’énergie au moyen de projets valorisant les énergies renouvelables, en particulier l’éolien et le solaire, et donner le coup d’envoi de l’hydrogène vert ; 

    · investir dans des technologies respectueuses de l’environnement ; 

    · soutenir l’innovation dans l’industrie ; 

    · déployer des moyens de transport privé et public plus propres, plus abordables et plus sains ; 

    · améliorer l’isolation thermique des bâtiments et promouvoir l’économie circulaire ; 

    · travailler avec des partenaires internationaux pour améliorer les normes environnementales mondiales. 

    L’Union européenne est censée fournir un soutien financier et une assistance technique pour aider ceux qui sont les plus touchés par la transition vers une économie verte. Les différents gouvernements européens intègrent dans le cadre de leur plan de relance des considérations environnementales. 

    En Corée du Sud, le gouvernement a également adopté un pacte vert au mois de juillet 2020, visant à créer 659 000 emplois et à aider le pays à surmonter la crise tout en répondant aux enjeux climatiques et environnementaux. Le pays devrait consacrer plus de 60 millions de dollars sur cinq ans (2020-25) pour accroître la production énergétique renouvelable (de 12,7 GW en 2019 à 42,7 GW en 2025) et pour renforcer la mobilité verte en atteignant 1,33 million de véhicules électriques ou à hydrogène. Le plan prévoit également la rénovation du parc locatif social et des écoles publiques pour en faire des bâtiments à énergie zéro, ainsi que la transformation de zones urbaines en villes vertes et connectées. 

    L’OCDE note néanmoins que 24 gouvernements nationaux ont annoncé des mesures susceptibles d’avoir un impact négatif direct ou indirect sur les résultats environnementaux. Certains gouvernements ont ainsi pris des mesures assouplissant les règlementations environnementales existantes (notamment concernant la qualité de l’eau, l’émission de polluants atmosphériques et les plastiques à usage unique), réduisant ou supprimant des taxes, des redevances et droits environnementaux. 

    Plusieurs gouvernements ont mis en œuvre des plans de sauvetage inconditionnel d’industries ou entreprises produisant des émissions de CO2. Les associations environnementales pointent du doigt les compagnies aériennes ou les industries impliquées dans l’extraction de combustibles fossiles. De même, certains pays ont décidé de venir en aide aux transporteurs routiers. 

    En ce qui concerne les consommateurs, beaucoup de pays ont pris des mesures de soutien aux ménages en assouplissant les conditions de paiement (allongement du délai de grâce, absence d’interruption du service, etc.) et en réduisant ou en subventionnant directement les factures d’électricité. 

    La conciliation entre des objectifs économiques, sociaux et  environnementaux est délicate à réaliser en France comme au sein des autres pays de l’OCDE. La crise sanitaire a révélé qu’une part non négligeable des opinions est favorable à une réelle décroissance avec une remise en cause de nombreuses activités, sans pour autant que cela s’accompagne d’une diminution de leur niveau de vie…. 

    L’OCDE indique dans son étude que, dans le cas du secteur énergétique, les pays du G20, que 47 % des aides sont destinés aux combustibles fossiles contre 39 % aux énergies propres. Dans le cadre des plans de relance actuellement en élaboration, la proportion des aides en faveur de la transition énergétique serait de 15 à 20 %, l’Europe étant dans le haut de la fourchette. 

    L’organisation internationale invite les États membres à mettre en œuvre une tarification du carbone afin de compenser les prix peu élevés des énergies fossiles. Les recettes ainsi générées devraient être affectées à la recherche sur les énergies renouvelables et les puits de carbone. Elle préconise également une taxation accrue des biens et services nuisibles à l’environnement avec en contrepartie des diminutions des impôts sur les investissements et les revenus. Elle souhaite une remise à plat des subventions aux énergies qui, au niveau des États membres, représentaient, en 2019, plus de 580 milliards de dollars. 

    L’OCDE demande que la réalisation des infrastructures de transports prévues dans les différents plans de relance prenne en compte les impératifs écologiques. L’OCDE estime qu’un effort important devrait être consenti pour transformer l’agriculture. Le secteur agricole et alimentaire, parmi les plus vulnérables au changement climatique, est un important producteur d’émissions de gaz à effet de serre et consommateur d’eau. Chaque année, ce secteur bénéficie, au sein de l’OCDE, de plus de 355 milliards de dollars d’aides. Plus de la moitié de ses aides auraient un effet négatif sur l’environnement. 

    Les fonds publics devraient être réorientés vers des investissements dans l’innovation, l’utilisation durable des sols, de l’eau et des ressources de la biodiversité, l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets et l’amélioration de la résilience des ménages agricoles. 

    L’OCDE invite les États membres à accroître leur effort de recherche dans les domaines des énergies renouvelables, du stockage de l’énergie, du confort thermique des bâtiments, des véhicules électriques, hybrides et économes en carburant, ou encore des technologies de la séquestration, le stockage et utilisation du carbone. Elle dénonce le manque de moyens de la recherche, les atteintes à la concurrence de certains secteurs et la mauvaise diffusion des innovations. 

    Même s’il faut se méfier des prévisions, la transition énergétique pourrait générer de nouveaux emplois, sachant qu’elle en supprimera dans de nombreux secteurs. Pour l’Agence Internationale de l’Energie, cette transition pourrait générer 2,5 millions nouveaux emplois par an. La restauration de l’écosystème aux États-Unis devrait déboucher sur la création de 126 000 emplois directs et représenter un apport annuel de 9,5 milliards de dollars à la production économique.

    La mobilisation du secteur financier

    La transition énergétique décidée par les pouvoirs publics suppose un effort important en matière de compétences. Dans plusieurs secteurs, des pénuries de personnel qualifié sont clairement identifiées. Cela concerne notamment les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et l’utilisation efficace des ressources, la rénovation des bâtiments, la construction, les services environnementaux et la production. 

    La pénurie de compétences liée à la transition vers une économie sobre en carbone est particulièrement prononcée dans les pays en développement. La mobilisation du secteur financier 

    La transition énergétique devrait mobiliser au minimum plus de 310 milliards de dollars au titre des financements publics auxquels s’ajouteront ceux issus du secteur privé. Au total, plus de 1 000 milliards de dollars seraient en jeu. Ces sommes sont insuffisantes pour l’OCDE pour respecter les engagements pris dans le cadre des accords de Paris. Les besoins de financement au niveau mondial se chiffrent à plus de 6 300 milliards de dollars annuels pour réaliser les investissements nécessaires à la transition énergétique et à l’amélioration des conditions de vie d’ici 2030 (infrastructures d’énergie, de transport, d’eau et de télécommunications). 

    Ces dernières années, des milliers de milliards de dollars de capital ont été dédiés à des investissements évalués sur la base de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Les marchés ESG comptent aujourd’hui une grande variété (et parfois des divergences) de méthodologies, d’indicateurs de performance et de structures de produits. 

    Une étude de l’OCDE sur ces notations conclut qu’une notation élevée au sein du pilier « Environnement » des critères ESG ne se traduit pas nécessairement par une réduction des émissions de carbone. De plus en plus d’entreprises et d’États recourent à des émissions obligataires pour financer des projets d’infrastructures faiblement émettrices de carbone. Ce recours s’explique par les faibles taux d’intérêt demandés. 800 milliards de dollars d’obligations auraient été souscrites dans cet esprit ces sept dernières années. Si en 2020, un recul de plus de 13% est attendu, près de 78 milliards de dollars d’obligations devraient être émises pour financer des infrastructures favorisant la transition énergétique. 

    En peu de temps, l’économie mondiale doit faire face à un double défi : un arrêt volontaire sur image au nom de la sauvegarde de la vie et une transition énergétique imposée afin d’endiguer le réchauffement climatique. Par le passé, les changements énergétiques obéissaient à des considérations d’ordre économique et technologique. Ils n’étaient pas le résultat de décisions publiques. Progressivement, les économies sont passées du bois au charbon puis du charbon au pétrole. Ce dernier offrait l’avantage d’être tout à la fois abondant, facilement transportable et fortement calorifique. En outre, son craquage aboutit à la production d’une très large gamme de produits devenus incontournables dans les process de production. La décarbonisation des économies constitue donc un défi sans précédent qui, en outre, pour avoir quelques effets, doit être mondial. Jusqu’à présent, les énergies, bois, charbon, pétrole, nucléaire, cohabitaient dans des proportions variables selon les États. Le principe de la réduction des émissions des gaz à effet de serre suppose que l’ensemble des nations convergent vers un système de production décarbonée, ce qui nécessite un minimum ou plutôt un maximum de coopération

  • Marché du carbone, aviation: l’UE précise ses pistes pour réduire les émissions de CO2

    Marché du carbone, aviation: l’UE précise ses pistes pour réduire les émissions de CO2

    L’Union européenne a commencé jeudi 17 septembre à dérouler des pistes pour réduire de 55% ses émissions de gaz à effet de serre, pointant des efforts accrus dans l’industrie et le secteur aérien, mais surtout un élargissement des « droits à polluer » au transport routier et au bâtiment.

    Dans une étude d’impact, la Commission européenne a justifié l’objectif d’une baisse des émissions d’au moins 55% en 2030 par rapport à 1990 proposé mercredi par sa présidente Ursula von der Leyen.

    Neutralité climatique

    C’est le seul « chemin équilibré, réaliste et prudent » pour atteindre la « neutralité climatique » en 2050 — une ambition que les Etats membres ont validé fin 2019. Les Vingt-Sept doivent désormais approuver l’objectif 2030, alors que la Pologne exprime déjà sa « préoccupation ».

    L’exécutif européen présentera « des propositions législatives concrètes » d’ici juin 2021, a rappelé le vice-président de la Commission chargé du Pacte vert Frans Timmermans, lors d’une conférence de presse.

    Relance du marché du carbone

    Pour lui, l’une des recettes-clés passe par le marché du carbone européen, le système d’échanges de quotas d’émissions (ETS selon l’acronyme anglais) qui régit les émissions des industries lourdes et des centrales électriques: un outil capable d’apporter « de la visibilité » aux entreprises.

    Ce marché carbone « a prouvé son efficacité pour réduire les émissions. Nous allons réfléchir à l’étendre au transport routier et au bâtiment, cela peut être encourager au changement », a-t-il observé. La Commission voulait déjà y inclure le transport maritime.

    En même temps, « cela exige des conditions de marché équitables mondialement. On doit donc se doter d’un +mécanisme d’ajustement aux frontières+ », qui taxerait les importations de pays où les règles d’émissions sont moins strictes, détaille M. Timmermans.

    Industrie automobile inquiète pour son avenir

    Alors que l’industrie automobile s’alarme d’un objectif 2030 jugé intenable, Frans Timmermans tempère: « Dans certains secteurs, ce sera un lourd fardeau car ils devront investir. Mais ils auraient besoin d’investir, de se restructurer de toute manière! (…) Nous entrons dans une révolution industrielle, c’est de cette ampleur ».

    Le commissaire néerlandais vise aussi l’aviation: « On peut exiger la suppression des liaisons courtes remplaçables par des trains; on peut demander d’investir dans des carburants plus propres (…) on peut demander aux avionneurs de construire des appareils moins gourmands ».

    « Nous aurons toujours besoin d’un secteur aérien, mais il devra être plus durable. On peut l’y encourager en l’intégrant au marché du carbone (…) C’est un secteur qui devra se restructurer », a-t-il martelé. Ces transformations seraient potentiellement douloureuses pour un secteur laminé par la crise du Covid-19.

  • Russie, Allemagne, Etats-Unis : poisons et contre poisons.

    Russie, Allemagne, Etats-Unis : poisons et contre poisons.

    Iossif Djougachvili  avait choisi pour surnom Staline, l’homme de fer, Vladimir Oulianov se faisait appeler Lénine, Poutine sera Novichok, du nom de l’agent neurotoxique utilisé pour éliminer son principal opposant, Alexeï Navalny. Ce n’est pas la première fois que le Novichok est utilisé par le FSB, la maison mère de Poutine, d’où le sobriquet que le Président russe a gagné dans les chancelleries. 

    Autre conséquence, autrement plus grave, l’abandon éventuel du Nordstream2, évoqué par la Chancelière allemande. 

    Merci Merkel

    Angela Merkel, dans la coronacrise, a décidé du plan de relance européen. Face à la Turquie, elle a rejoint le front du refus mené par la France et soutient la Grèce. Avec la Chine, sans courbette ni trompette, comme Présidente de l’Union européenne, elle a remis les vases sacrés à leur place, pour reprendre une expression confucéenne2, y compris sur Hong Kong. Et à Vladimir Novichok Poutine, elle a demandé des explications suite à la tentative d’assassinat de Navalny, menaçant la suite de la coopération, y compris sur le gazoduc Nordstream. Un sans faute.

    Faut-il remettre en cause Nordstream2, ce que souhaitent les Etats-Unis ? Nordstream2 est un gazoduc qui, par la mer Baltique, part de Russie et arrive directement en Allemagne. Il double Nordstream1, déjà opérationnel. Il permet d’éviter le passage par l’Ukraine ou la Biélorussie pour les livraisons de gaz, ce qui explique que beaucoup le voient comme un affaiblissement de l’Ukraine, et un cadeau fait à la Russie.

    L’Allemagne contrôlée par les Russes 

    C’est ce que pense Trump, qui disait crument que l’Allemagne était « contrôlée par les Russes »[1]. Polonais et Pays baltes, qui craignent toujours la Russie, pensent de même. Les Etats-Unis considèrent le projet comme une trahison, à tel point qu’ils ont placé les entreprises qui collaboraient à ce projet sur une liste rouge. C’est la raison pour laquelle le chantier est arrêté, à moins de cent kilomètres de l’arrivée. 

    Nordstream2 était mal parti. L’accord fut signé peu après l’annexion de la Crimée. Tandis que les Allemands demandaient à la France d’appliquer des sanctions, ils signaient avec Gazprom. François Hollande refusait de livrer les navires militaires Mistral commandés par Poutine pour les vendre à l’Egypte, un pays ami des droits de l’homme. Le financement venait de l’Arabie saoudite. C’est dire que l’argument éthique est aussi volatile que le gaz.

    Il est certain que Nordstream 2 profite à la Russie. Il appartient à Gazprom (qui emploie l’ancien chancelier fédéral allemand Schroeder). Cinq groupes européens sont parties prenantes, dont le français Engie. Le projet a couté 12 milliards d’euros, 1230 km de tuyaux sont posés, le chantier touche à sa fin. L’Allemagne, du fait de l’abandon du nucléaire, qui l’oblige à recourir de plus en plus au charbon, se trouve dans une quasi impasse énergétique (La France, du fait de la fermeture de Fessenheim, aussi, a du faire appel aux centrales à charbon. La démagogie écolo va parfois contre l’écologie.) 25% de l’énergie allemande provient du gaz. Est-ce pour autant que l’Allemagne se met dans les mains de la Russie ? 

    Russie Allemagne
    plan du projet du second gazoduc © Nord stream2 – 2020

    Nordstream2 en otage

    Alors la Russie se met dans les mains de l’Allemagne. Le fournisseur dépend du client autant que le client du fournisseur. Les Etats-Unis, qui fournissent aussi du gaz, veulent écouler leur gaz de schiste, mais il est plus cher. Les Polonais proposaient de doubler le gazoduc Yamal, qui alimente l’Europe en passant chez eux. Voulaient-ils se mettre dans la main des Russes ? L’Europe du sud attend le Turkish stream, qui amènera du gaz tout aussi russe que le Nordstream2. 

    Arrimer la Russie à l’Europe

    Le gaz russe est une bonne solution économique. Le consommateur européen paiera moins cher. Mais l’argument est insuffisant : C’est surtout  une bonne solution politique. Il faut arrimer la Russie à l’Europe. Si Angela Merkel peut se permettre de parler ainsi à Poutine, c’est que la Russie a besoin de l’Europe et de l’Allemagne. A qui vendre sinon à l’Europe, aux Chinois ? 

    La Russie est éternelle, pas Poutine. La Russie est européenne. L’Europe est l’allié stratégique naturel de la Russie. Le récent accord entre Poutine et Xi Jinping est un traité inégal, parce que face à la Chine, la Russie ne fait plus le poids. 

    Emmanuel Macron a récemment déclaré que Nordsteam2 ne devait pas accroitre la dépendance énergétique européenne. Que ce soit par la Baltique, l’Ukraine, ou la Turquie (turkish stream) le gaz est russe, et alimente un tiers de la consommation européenne. La dépendance de l’Allemagne ou de l’Europe au gaz russe est à la fois une vérité et une illusion. Cette dépendance est aussi forte vis-à-vis de bien d’autres produits, qui ne viennent pas de Russie. Sauf à le payer plus cher aux Américains, sous forme de Gaz naturel liquéfié.

    Diktat américain

    Plus forte encore, se révèle la sujétion vis-à-vis des Etats-Unis : le boycott de sociétés européennes par décision américaine est un diktat inacceptable.Comme l’a dit Angela Merkel au Bundestag : « Ce type de sanctions extraterritoriales imposé par les Etats-Unis ne correspond pas à notre conception de la loi ». Le Sénat américain doit examiner après l’élection présidentielle une proposition de loi pour sanctionner toute entreprise qui aura collaboré au projet. C’est de ce type de pression que l’Europe doit se prémunir. Paradoxalement, la Russie peut apparaitre comme un partenaire utile. 

    Bien sûr, fondamentalement, entre les Etats-Unis et la Russie, l’Europe est du côté des Etats-Unis. Il y a des bases idéologiques à cette alliance : Trump n’empoisonne journalistes et rivaux qu’au figuré. L’alliance des démocraties libérales existe, mais elle ne peut se conforter que dans le respect mutuel, pas dans l’oukase. 

    Les Etats-Unis ont retiré 12.000 soldats d’Allemagne, parié sur la dislocation de l’Union européenne, -comme Poutine- renié plusieurs fois leur parole et leurs engagements au Moyen-Orient, sanctionnent les entreprises européennes. Ils restent nos alliés et amis, mais ne se comportent pas comme tels. 

    La France pourrait soutenir l’Allemagne

    La Russie n’est pas une alliée et Poutine mérite son surnom de Novichok, poison mortel. Mais l’anti poison peut être de l’embrasser sur la bouche, à la russe, avec du gaz. De même que les images d’opulence de l’Occident ont ruiné la mythologie soviétique, les standards démocratiques européens montreront aux Russes qu’un pays grandit plus vite sans Novichok, au propre et au figuré. 

    Illégalité des sanctions américaines, intérêt économique, manque d’alternatives énergétiques, quasi achèvement du projet, arrimage de la Russie à l’Europe, toutes ces raisons militent pour l’achèvement de Nordstream2. Comme la France n’est qu’indirectement concernée, elle pourrait être écoutée. Et si elle soutenait l’Allemagne? 


    Laurent Dominati

    Editeur de lesfrancais.press. Ancien Ambassadeur de France au Conseil de l’Europe, ancien député de Paris. 

    [1] Sommet de l’Otan, 2018.

    2 Quand on demanda à un philosophe confucéen ce qu’il ferait en premier lieu s’il était nommé Premier ministre, il répondit : « Je remettrai les vases sacrés à leur place ». Les vases sacrés étaient aux angles des autels où se rendait l’Empereur pour les cérémonies. Une façon de critiquer le désordre. Un autre philosophe chinois écrivait : « le Monde est un vase sacré qui ne supporte pas qu’on s’en empare et qu’on s’en serve. Qui s’en sert le détruit ; qui s’en empare le perd. »

  • Samantha Cazebonne décrypte la rentrée scolaire et ses enjeux

    Samantha Cazebonne décrypte la rentrée scolaire et ses enjeux

    Samantha Cazebonne est diplômée en économie, droit et gestion des entreprises. Après plusieurs années d’enseignement, elle devient proviseure d’un lycée français au Maroc puis du lycée français de Palma de Majorque, qu’elle contribue à sauver d’une fermeture annoncée.

    Lors des élections législatives de 2017, elle est candidate pour La République en marche dans la cinquième circonscription des Français établis hors de France (Péninsule ibérique et Monaco). Elle est élue avec 66% des suffrages exprimés.

    Spécialiste de l’éducation, elle suit avec intérêt et passion les différents dossiers liés à cet enjeu majeur pour les Français hors de France.

    Une élue spécialisée dans l’éducation

    En juillet 2018, le gouvernement lui confie une mission interministérielle de réflexion sur le développement de l’enseignement français à l’étranger auprès de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, et de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale.

    Remis en février 2019, le rapport comporte des recommandations sur la redéfinition stratégique du pilotage du réseau d’enseignement français à l’étranger, les conditions d’un développement de qualité, la formation professionnelle des enseignants et la valorisation de leur parcours, le renforcement de la place des parties prenantes dans la gouvernance, en particulier des parents d’élèves, des anciens élèves et des élus.

    Au coeur de la crise sanitaire, elle a déposé un amendement pour faciliter l’obtention par les familles et les établissements du soutien de l’Etat Français.

    5 questions pour 5 problématiques

    Pour LesFrançais.press, elle fait le point sur la rentrée scolaire placée sous le signe de la Covid-19. Dans le podcast audio, disponible ci-dessous, elle fait un premier bilan à 15 jours de la rentrée.

    Ne niant pas les difficultés rencontrées par certaines familles, elle renouvelle sa confiance à l’équipe de l’AEFE et aux différents réseaux français à l’étranger.

    Alors que le gouvernement a débloqué 50 millions d’euros supplémentaires pour soutenir les établissements et les familles, elle revient sur la problématique des bourses scolaires. Membre de la commission nationale en charge de ces allocations, elle promet de militer pour une évolution des critères d’attributions.

    Enfin, elle revient sans détour sur les risques d’un retour en distanciel dans certains pays si la crise sanitaire n’y est pas maîtrisée comme cela peut être le cas aussi en France.

    Un podcast audio dédié aux familles et aux élèves des réseaux éducatifs français à l’étranger.

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