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  • Fracture numérique et démocraties locales

    Fracture numérique et démocraties locales

    Les villes européennes utilisent des instruments numériques pour impliquer leurs habitants dans les affaires locales, mais le manque de compétences dans et d’accès à ce domaine pourraient renforcer les inégalités déjà existantes.

    Avec la numérisation, les technologies en ligne sont de plus en plus fréquemment utilisées par les collectivités locales pour stimuler la participation citoyenne.

    « Cela fait 20 ans que les institutions essayent d’insérer de plus en plus de fonctionnalités dans leurs services, leurs processus administratifs et démocratiques afin de permettre aux citoyens de faire entendre leur voix »

    Rebecca Rumbul, responsable de la recherche chez mySociety.

    Des plateformes pour faire vivre la démocratie locale

    À titre d’exemple, la ville de Barcelone a mis en place une plateforme appelée Decidim.Barcelona (« nous décidons » en catalan) visant à responsabiliser les citoyens et à les faire participer au processus décisionnel. Le site web permet aux utilisateurs de soumettre des idées et des commentaires sur la répartition du budget de la ville et fait partie du projet de l’administration de se numériser entièrement.

    D’autres villes européennes ont introduit des outils similaires, comme CONSUL, un logiciel permettant la participation du citoyen, qui est actuellement utilisé à Madrid et à Turin.

    Des études ont montré que ces outils numériques peuvent être bénéfiques pour la démocratie locale car ils permettent d’élargir le nombre de participants. Les citoyens pourraient également être plus enclins à prendre part à des consultations locales via des plateformes qui leur demanderaient d’y consacrer moins de temps.

    Toutefois, cette transition numérique risque de se retourner contre les gouvernements locaux. Selon Mme Rumbul, les outils numériques présentent de sérieuses lacunes, car ils ne permettent qu’un type de participation « autosélectionné ».

    « Encore une fois, ce sont majoritairement les personnes les plus aisées, éduquées et issues de l’ethnie dominante de ces villes qui participent de cette façon, et ce de manière disproportionnée »

    Rebecca Rumbul, responsable de la recherche chez mySociety.

    Toujours les mêmes personnes mobilisées

    Les portails numériques ne feraient alors que stimuler l’engagement des personnes qui participent déjà hors ligne.

    Selon Pietro Reviglio d’Eurocities, le manque d’inclusivité n’est pas le seul inconvénient, car il se trouve également que ces plateformes ont souvent du mal à impliquer pleinement la population.

    « La plupart des approches participatives comportent un volet numérique important. Le problème est qu’elles ne parviennent pas à engager autant de citoyens que d’autres acteurs qui se disputent l’attention de ces derniers »

    Pietro Reviglio d’Eurocities

    M. Reviglio estime que les villes devraient se montrer plus ambitieuses dans la manière dont elles utilisent les réseaux sociaux et les plateformes de médias numériques.

    Certaines villes tentent de remédier à cette faiblesse en expérimentant des outils numériques. La ville de Murcie, dans le sud-est de l’Espagne, a par exemple lancé une application mobile appelée « Tu Murcia », où les citoyens peuvent envoyer des suggestions pour améliorer leur ville.

    Les pauvres exclus

    Mme Rumbul met toutefois en garde contre l’utilisation d’applications mobiles pour la participation citoyenne, car la plupart des personnes appartenant aux tranches de revenus les plus faibles ne possèdent pas de smartphone. 

    « Ce sont les personnes qui disposent du matériel et qui ont les compétences nécessaires qui sont massivement et disproportionnellement représentées dans ces exercices participatifs »

    Rebecca Rumbul, responsable de la recherche chez mySociety.

    Bien que l’utilisation d’Internet soit répandue dans l’ensemble du bloc, seuls 56 % des Européens possèdent des compétences numériques de base, selon l’indice relatif à l’économie et à la société numériques (Digital Economy and Society Index).

    La fracture numérique touche toutes les villes européennes, y compris celles qui sont à la pointe de la numérisation, comme Barcelone. Une enquête menée par l’administration de la ville en 2020 a révélé un écart dans l’accès aux équipements numériques entre les familles à revenu élevé et celles à faible revenu. Cet écart s’est creusé pendant la crise de la Covid-19, lorsque ces équipements sont devenus des biens de première nécessité au quotidien.

    La pandémie a obligé la plupart des collectivités locales à repenser leur stratégie pour toucher et faire participer les citoyens. S’exprimant au Forum de Budapest en septembre dernier, la maire de Gdansk, Aleksandra Dutkiewicz, a rappelé les efforts de sa ville pour numériser les services publics, tout en veillant à ce que personne ne soit laissé de côté.

    « À Gdansk, le nombre de personnes de plus de 60-65 ans augmente, et elles sont de plus en plus ouvertes aux nouvelles technologies. Mais il y a encore un groupe assez important de personnes qui sont exclues des services numériques »

    Aleksandra Dutkiewicz, la maire de Gdansk

    Afin de résoudre ce problème, la ville polonaise a utilisé à la fois des plateformes en ligne et des outils plus traditionnels, comme les appels téléphoniques, afin d’entrer en contact avec ses habitants.

    La fracture numérique étant toujours un problème en Europe, ce type d’approche hybride de la participation citoyenne pourrait réduire les inégalités, en donnant la parole aux citoyens qui n’ont pas les compétences ou l’équipement nécessaires pour participer de manière numérique.

  • La destinée européenne

    La destinée européenne

    L’Europe pratique bien souvent avec délectation l’art de la division. Des anciens royaumes aux nations de l’ère moderne, les conflits et les guerres ont été légion. L’identité européenne n’en existe pas moins grâce à la culture qui, à travers les siècles, a joué un rôle de ciment et d’aiguillon. De Londres à Varsovie en passant par Paris, Berlin et Prague, des artistes, des écrivains, des musiciens, des peintres, ont contribué à diffuser, au-delà des frontières, des valeurs communes. De Vinci, Diderot, Mozart, Beethoven, Vivaldi, Voltaire, Rousseau, Marx, Picasso, Goethe, Sartre, Camus, sont des Européens avant d’être des Allemands, des Français, des Tchèques ou des Italiens, leurs créations et leur influence dépassant de loin les limites de leur pays d’origine. 

    Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une période nouvelle s’est ouverte, les États européens privilégiant la négociation et la coopération à la guerre. En 70 ans, L’Union Européenne de Paiement chargée de gérer les aides du plan Marshall, la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, la Communauté Économique Européenne puis l’Union Européenne ont permis l’affirmation du Vieux Continent comme la plus importante zone économique mondiale. 

    Avec la chute de l’URSS en 1991, les États d’Europe centrale ont rejoint tout naturellement le processus communautaire. Leur soif de liberté, leur rejet de l’hégémonie russe et surtout leur attachement à la culture européenne ont incité leurs dirigeants à participer à l’aventure.

    Les États d’Europe centrale sont victimes du syndrome des pays sans Histoire 

    Jugée trop rapide par certains et par d’autres injustifiée, cette intégration donne lieu, trente ans après, à de profondes méprises menaçant la cohésion d’ensemble. Pour reprendre les mots de Milan Kundera, les États d’Europe centrale sont victimes du syndrome des pays sans Histoire, ce qui ne signifie pas, qu’ils n’en ont pas, bien au contraire. Depuis des siècles, ces pays sont contraints de composer avec l’Histoire de leurs grands voisins. Après la longue césure soviétique, ils entendent pouvoir conserver leurs spécificités au nom de la liberté reconquise. Ils jugent, parfois non sans raison, que le cœur de l’Europe penche à l’Ouest et ne les écoute pas. Les sièges des Institutions de l’Union se situent à Bruxelles, à Strasbourg, à La Haye ou à Francfort. 

    Les aides reçues par les États d’Europe centrale sont supposées valoir solde de tout compte sur l’élaboration de la politique européenne. La Pologne avec ses 38 millions d’habitants, n’est pas un État marginal. La République tchèque peut s’enorgueillir d’avoir un niveau de vie par habitant proche de la moyenne européenne. Situés aux marges de l’Union, les pays d’Europe centrale se doivent de défendre les frontières sans en avoir toujours les moyens.

    La mondialisation des économies a comme corollaire la nationalisation des idées 

    Il a fallu la crise avec la Biélorussie pour comprendre que celle séparant la Pologne et la Biélorussie est également la nôtre. La cohésion de l’Europe est menacée par le problème qu’elle rencontre avec les flux migratoires. Elle l’est également par l’étrange délitement de l’esprit européen. 

    La mondialisation des économies a comme corollaire la nationalisation des idées. Il est de plus en plus difficile de citer un écrivain, un musicien, un peintre allemand, polonais, tchèque, lithuanien ou italien dont l’aura est européenne. Les intellectuels semblent de plus en plus prisonniers des débats nationaux. Vienne, Paris, Berlin, Venise ou Prague demeurent des carrefours intellectuels mais de plus en plus réservés à des initiés.

    La fragmentation de l’Union entre États du Nord, du Sud et de l’Est constitue une menace réelle

    L’Europe, pour Edgar Morin, tenait sa force de sa capacité à nourrir les débats, à forger de l’unité à travers la multiplicité des approches. Or, aujourd’hui, l’Union européenne est sur la défensive, ce qui la place en position de faiblesse face aux deux autres grandes puissances. Faute de pouvoir imaginer un futur commun, les Européens semblent aujourd’hui être aspirés par les sphères d’influence américaine ou chinoise. 

    La fragmentation de l’Union entre États du Nord, du Sud et de l’Est constitue une menace réelle qu’il convient de contrecarrer. Tous les États membres de l’Union sont supposés majeurs, tous ayant plus de vingt ans d’adhésion, et ont voix au chapitre pour bâtir le nouveau projet européen qui se doit d’être économique, écologique, social et culturel. 

  • Eric Pavy, DG de la CFE : réforme tarifaire, tiers-payant, carte vitale, accueil, etc.

    Eric Pavy, DG de la CFE : réforme tarifaire, tiers-payant, carte vitale, accueil, etc.

    Après une carrière dans différentes caisses en France dont la CPAM du 94 qu’il dirigea, Eric Pavy est depuis mars 2020, Directeur Général de la Caisse des Français de l’étranger. Nous l’avons rencontré avant cette fin d’année pour faire le point sur 2 années de pandémie et l’application des réformes votées en 2018.

    la CFE : 200 000 assurés volontaires

    Malgré l’évolution de l’expatriation qui a entrainé une réduction du nombre d’assurés dans le cadre d’un contrat d’entreprise, la Caisse des Français maintient le volume d’assurés. De nombreuses familles qui ont fait le choix de quitter la France ont décidé de couvrir le risque maladie à travers la CFE.

    Une bonne nouvelle pour l’organisme mutualiste qui est principalement autofinancé et qui doit maintenir un équilibre financier. Avec 150 millions d’euros de cotisations apportés par les assurés, la CFE finira cette année en déficit. Grâce à un subtil dispositif de réserve, sa « santé financière » n’est pas en danger.

    La réforme de la CFE

    L’équilibre financier passe aussi par la réforme voulue par le législateur en 2018. Simplification des produits d’assurance commercialisés par la Caisse des Français de l’étranger, contrôle des remboursements et recouvrement des cotisations sont les piliers de la pérennité de la CFE.

    Eric Pavy revient en détail sur les avantages du système sans ignorer les incompréhensions avec les assurés-séniors en particulier. Expliquant la genèse de l’augmentation que nos aînés ont du affronter, il explique aussi les garde-fous mis en place par le législateur pour permettre à tous de rester correctement assurés.

    Rattacher la CFE à la sécurité sociale ?

    La CFE, par nature, est une caisse de sécurité sociale. Dès l’origine, on a regroupé du personnel des URSSAF et de la Sécurité sociale pour constituer la CFE.

    « On a le même statut que les autres Caisses primaires d’Assurance maladie »

    Eric Pavy, Directeur Général de la CFE

    Cependant, si la CFE est une caisse de sécurité sociale, elle n’est pas du régime général et doit s’auto-financer. Eric Pavy vous explique dans le podcast le fonctionnement.

    La Carte vitale et remboursements

    Simplifiant les démarches lors de venue, la CFE est le seul organisme qui peut délivrer la carte Vitale à des non-résidents. Elle permet d’accélérer les remboursements des prestations faites en France. Eric Pavy annonce que tous les assurés, éligibles, recevront leur carte avant la fin de l’année 2022.

    Un changement de rythme de remboursement que la direction de la Caisse des Français de l’étranger veut voir appliqué à tous les soins où qu’ils aient été réalisés dans le monde. Informatisation des services, dématérialisation, la CFE a ouvert de nombreux chantiers qu’elle mènera avec le soutien des nouveaux élus qui vont renouveler son conseil d’administration dans quelques semaines.

    Renouer le lien avec les assurés

    Que ce soit au plus près d’eux où lors de leur voyage à Paris, la CFE veut renforcer son lien avec les assurés.

    Dans les pays de résidence, la CFE multiplie les accords avec des groupements d’hôpitaux et de médecins pour simplifier la prise en charge des malades comme les remboursements qui pourront atteindre 100% dans certains cas.

    Eric Pavy

    Au quotidien, la refonte du site internet et de l’ergonomie de son affichage permettent un suivi en temps réel du traitement des requêtes. Et car une relation ne se construit pas qu’en distanciel, Eric Pavy annonce l’ouverture prochaine d’une maison de la CFE à proximité de la gare St Lazare. Elle permettra aux assurés lors de leur passage en France de prendre contact physiquement avec un interlocuteur. Cet espace, dont l’ouverture est programmée pour le premier trimestre 2022, recevra aussi les candidats à l’expatriation afin de les accompagner au mieux avant même le départ.

    Ecoutez le podcast de 18 minutes avec Eric Pavy

    Retrouvez ce podcast sur toutes vos plateformes préférées

    Podcast liste
  • Job Dating avec la Mission laïque française

    Job Dating avec la Mission laïque française

    Du 24 au 26 novembre, le Parc des expositions de la Porte de Versailles va accueillir le salon Educatec Educatice, le salon professionnel de l’innovation éducative. Pour l’occasion, la Mission laïque française sera présente et vous propose un « job dating ».

    C’est le rendez-vous des professionnels de l’éducation et de l’enseignement en France depuis plus de vingt ans. Après deux ans de pause pour cause de pandémie, le salon rouvre ses portes. Cet évènement soutenu par la Ligue de l’enseignement et le ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse, permet chaque année à des milliers de visiteurs de se rencontrer, d’échanger et de créer l’éducation de demain.

    Un tête-à-tête avec la Mission laïque

    Pour l’occasion, la MLF a eu l’idée d’organiser des « Job dating ». Exactement comme lors d’un speed dating, vous disposez de quinze minutes pour vous présenter, exposer vos désirs et objectifs à quelqu’un. En échange cette personne vous dit ce qu’elle recherche comme profil et sur quelles bases elle compte construire cette relation. Mais à la place d’être une relation amoureuse, ici elle est tout ce qu’il y a de plus professionnelle.

    MLF
    Le réseau MLF Monde recrute

    Plus de 200 postes à pourvoir

    Avec ces « job-dating » le but pour la Mission laïque est de présenter les quelques 200 postes disponibles au sein du réseau. Il n’y a pas de profil type. Que vous soyez titulaire de l’éducation nationale ou non, en fonction ou retraité, français ou étranger, n’importe pas. L’importance réside dans votre volonté d’ouverture et de mixité.

    Si vous souhaitez participer à ses rendez-vous personnalisés vous pouvez encore vous inscrire à l’adresse suivante, dans la limite des places disponibles : bit.ly/JobDatingMlf

    Si vous ne pouvez pas vous rendre au Salon Educatec Educatice, les offres d’emplois sont disponibles sur le site internet de la Mission Laïque Française.

    Échanger pour tester la motivation

    Partir travailler à l’étranger ne s’improvise pas, il vaut mieux être sûr de ses motivations et de ses raisons. Les personnes de la MLF qui vous accueilleront sur ces trois jours de salon auront donc pour mission de vous expliquer la portée des missions, la meilleure façon d’évoluer dans un espace de travail avec des collègues étrangers, dans un pays étranger. Ils testeront surement votre esprit associatif et d’engagement, particulièrement chers aux yeux de la Mission laïque.

    Cette année la Mission laïque française fête ses 120 ans, l’occasion pour l’association de s’interroger sur l‘éducation et la laïcité dans le monde et la façon dont elle veut œuvrer pour ces deux grands thèmes.

  • Elections à l’Assemblée des Français de l’étranger

    Elections à l’Assemblée des Français de l’étranger

    Les élus consulaires sont appelés à désigner leurs représentants à l’Assemblée des Français de l’étranger, le week-end du 5 et 6 décembre 2021. Les listes devaient être déposées avant ce lundi 22 novembre 18h.

    Une assemblée pour quoi faire ?

    Les 90 conseillers qui siègent à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) sont élus pour 6 ans, exceptionnellement 5 ans pour les conseillers élus cette année du fait de la pandémie. En effet, les élections consulaires ont du être décalées d’une année, empêchant le renouvellement prévu en 2020. Afin de rétablir le rythme « normal », le gouvernement a décidé de réduire le mandat des nouveaux élus d’un an.

    L’AFE est la porte-parole des Français résidant hors de France et défend leurs droits et intérêts. Ses élus sont les interlocuteurs du gouvernement sur les questions relatives à la protection sociale, à l’emploi, à la formation professionnelle, à l’enseignement français à l’étranger et à la sécurité.

    L’AFE peut être consultée par les présidents de l’Assemblée nationale ou du Sénat sur toute question touchant à la situation des expatriés. Elle est aussi sollicitée lorsqu’un projet de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale comporte des dispositions relatives aux Français de l’étranger.

    Source Vie-publique.fr

    Une élection indirecte

    Ce sont donc les 442 conseillers des Français de l’étranger qui sont appelés, le samedi 04 décembre pour ceux résidant en Amérique et le dimanche 05 décembre pour les autres, à désigner leurs 90 représentants.

    Ces conseillers AFE auront donc en charge de porter les problématiques des expatriés auprès des autorités et des parlementaires. Ils se répartiront dans des commissions aux thèmes spécifiques comme l’aide sociale, la fiscalité ou l’éducation.

    Pour certains, il est donc impératif de bien connaitre sa circonscription pour effectuer correctement son mandat, pour d’autres, une fois à l’Assemblée des Français de l’étranger, l’élu travaille pour tous les expatriés sans distinction de résidence.

    Des listes difficiles à constituer

    Pour construire leur liste, la plupart des formations politiques ont adopté la vision « universaliste » du mandat de Conseiller à l’assemblée des Français de l’étranger. Un parti pris qui arrange bien les états-majors pour constituer les listes qui se soumettront au suffrage de leurs pairs.

    En effet, c’est le jeu des chaises musicales qui s’est mis en place pour constituer les listes AFE. Les élus ont été dispatchés dans les circonscriptions sans prendre en compte leur lieu de résidence. Une situation qui n’a pas manqué de révolter certains observateurs comme le vice-président de Français du Monde.

    « Alors qu’il n’y avait pas de problème de parité ou de manque d’élus locaux, cette élection AFE 2021 se résume à un concours de parachutages.« 

    Mehdi Benlahcen, Vice-Président de Français du Monde (ancien élu AFE PS)

    Afin de garantir des places éligibles à certains acteurs politiques, c’est donc un vrai mic-mac qui s’est mis en place. Le responsable EELV des Français établis hors de France, Alexandre Chateau-Ducos, élu au Benelux, se voit donc en bonne place dans la circonscription voisine pour l’Allemagne tandis que c’est une élue du Chili qui vient compléter la liste qui essayera de récolter les suffrages des élus de la Belgique, du Luxembourg et des Pays-bas.

    Les exemples ne manquent pas. Mais c’est souvent la seule solution pour proposer des listes dans toutes les circonscriptions.

    Des listes peu transparentes

    Car les partis, qui n’ont pas pris cette option ou qui ne disposaient pas de suffisamment d’élus prêts à relever le défi, n’ont pas pu présenter des listes dans toutes les circonscriptions.

    Comme LREM qui, le plus souvent, a constitué des listes avec des candidats issus des circonscriptions. Pour, au final, n’en présenter que 7 ! Et encore, parmi ces listes du parti présidentiel, on retrouve de nombreux indépendants qui ne sont pas encartés LREM. D’ailleurs, ils furent nombreux à réagir à notre article présentant ces listes adoubées par la commission d’investiture de la majorité présidentielle.

    Les LR en difficulté

    Si la gauche, victorieuse aux élections consulaires de mai 2021, est arrivée à présenter des listes, le plus souvent d’union, dans toutes les circonscriptions, on le voit à droite les difficultés sont plus importantes. Que 7 listes pour LREM, et encore moins pour les Républicains.

    En effet, laminés en Europe, les membres des LR ont dû renoncer à se présenter dans de nombreuses circonscriptions comme le Benelux où ils étaient pourtant bien implantés avant 2021. En Asie, ils ont été contraints pour boucler leur liste d’aller chercher un ancien UDI, lui même réélu au Luxembourg au mois de mai.

    Qu’attendre de ces élections ?

    L’AFE se réunit au moins deux fois par an en session plénière et travaille en six commissions selon les thèmes abordés. Un secrétariat général composé d’agents du ministère de l’Europe et des affaires étrangères en assure le bon fonctionnement. Mais quelle est sa mission ?

    Créée en 1945 sous le nom de Conseil supérieur des Français de l’étranger (CSFE), l’Assemblée des Français de l’étranger tirait sa légitimité de l’absence de parlementaires dans la représentation nationale. Depuis, des sénateurs ont été créés et en 2012 avec la réforme initiée par Nicolas Sarkozy, les expatriés sont aussi représentés à l’Assemblée nationale. Alors à quoi sert l’Assemblée des Français de l’étranger ?

    C’est une question qui est posée depuis une décennie. L’absence de sessions à Paris avec les 90 élus pour cause de pandémie n’a pas empêché le bon fonctionnement des institutions. La Députée Anne Genetet évoquait la possibilité d’une réforme qui serait inscrite au programme d’Emmanuel Macron pour 2022. Réforme, évolution, suppression, toutes les hypothèses sont sur la table. Ça sera aux nouveaux élus de défendre l’AFE et peut-être lui donner un nouveau souffle.

  • Confinement partiel : la douche froide aux Pays-Bas !

    Confinement partiel : la douche froide aux Pays-Bas !

    Cela faisait quelques semaines que le confinement partiel pendait au nez des Pays-Bas. Le nombre de tests positifs a augmenté de manière exponentielle tandis que les températures automnales enveloppaient le pays.

    Ces nouvelles mesures ont entrainé une flambée de violences, inédite aux Pays-bas, on revient sur l’historique de cette cinquième vague avant de se pencher sur les mesures prises et leurs conséquences.

    Manifestations contre les mesures aux Pays-bas Samedi 20 novembre au soir

    Un Coronapas décrié et d’abord mal appliqué

    Le « coronapas » , le passe sanitaire à la sauce hollandaise, avait été instauré avec une grande réticence et de nombreuses exceptions : pas en salles de sport, pas dans les terrasses. Le tout a créé un flou artistique.

    La ville d’Amsterdam avait ainsi annoncé qu’elle ne contrôlerait pas sa bonne mise en place dans l’hôtellerie, secteur déjà sinistré depuis des mois.

    Une action en deux temps

    Le gouvernement a opéré un premier tour de vis dès le 2 novembre.

    A cette date, il fut décidé d’élargir le « coronapas » aux terrasses des bars et restaurants et aux lieux de passage. Salles de sport, musées le mirent donc en place.

    Le masque fit également son retour dans les gares, boutiques, supermarchés, collèges et universités (déplacements) et professions de contact (coiffeurs, kinés). L’annonce de la troisième dose fut faite pour les plus de 60 ans.

    12 novembre : confinement partiel de 3 semaines

    Devant des chiffres de plus en plus inquiétants et une situation dégradée, le gouvernement démissionnaire de Mark Rutte dut effectuer un second tour de vis. Il annonça un confinement partiel de trois semaines pour juguler la progression des contaminations.

    Le secteur de la restauration principal touché

    Les bars, cafés, restaurants et supermarchés doivent, depuis le 13 novembre, fermer dès 20 heures. Les commerces non essentiels et les professions de contact doivent arrêter à 18 heures.

    Le retour d’autres mesures et recommandations

    Il est fortement recommandé de ne pas recevoir plus de 4 visiteurs de plus de 13 ans chez soi, même si ces personnes sont vaccinées. Le télétravail redevient la norme. La distance de 1m50 est obligatoire partout où le coronapas n’est pas exigé.

    Le secteur culturel épargné… pour l’instant

    Ce secteur, qui a très bien mis en place les contrôles du coronapas, fut en quelque sorte épargné par le confinement partiel. Il peut continuer à fonctionner, même au-delà de 20h. Les cinémas et salles de spectacles avec places assisses ont donc été soulagées.

    La famille au cœur des préoccupations

    Les écoles restent bien heureusement ouvertes. Une limite de 75 personnes s’applique à l’enseignement supérieur.

    Saint Nicolas, la fête familiale et enfantine du pays, a bien pu faire son arrivée dans la capitale dimanche 14 novembre même s’il fit son trajet sur les canaux.

    Quelques éléments d’analyse

    Ces mesures résultent de 16 000 contaminations par jour et de la nécessité de frapper un bon coup le « virus qui est partout »… Le gouvernement semble avoir effectué un travail d’équilibriste en suivant la plupart des mesures préconisées par le conseil scientifique du pays.

    On note toutefois qu’aucun avis négatif de voyager n’a été repris. L’horaire de fermeture des cafés et restaurants a été décalé de 19h à 20h permettant aux enseignes de mettre en place un service très tôt dès 17h ou 17h30. Le restaurant étoilé Rijks se targue ainsi de proposer un « DUNCH », mot-valise qui unit diner et lunch.

    Un pays pourtant bien vacciné en proie à une virulente 5e vague

    Les Pays-Bas connaissent un taux de vaccination élevé et ces mesures sont accueillies avec froideur par ceux qui voyaient la vaccination comme la porte de sortie. Des mouvements de protestation ont donc eu lieu. Rotterdam a ainsi connu une « orgie de violence » et La Haye (siège du gouvernement) fut en proie à des violences samedi dernier.

    Ces manifestations et émeutes ont lieu alors que le gouvernement étudie la possibilité d’interdire l’accès à certains lieux aux personnes non vaccinées (système 2G). Elles nous rappellent les violences du début d’année.

    Tour d’horizon

    Nous avons contacté plusieurs acteurs de secteurs d’activités au cœur de ces mesures : éducation, culture, santé et restauration.

    Groupe info-covid

    Lesfrancais.press ont pris l’attache de Xavier Falières, médecin anesthésiste et Julia Drylewicz, biostatisticienne et immunologiste computationelle.

    Ils ont co-créé le groupe Facebook Info Covid qui informe brillamment la communauté française et francophone des Pays-Bas durant la crise.

    Le variant Delta : principale source de la dégradation

    Dans un pays qui a pourtant une bonne couverture vaccinale, Julia comme Xavier évoquent le variant Delta comme source de la dégradation.

    La situation dans les écoles, où le masque n’est pas porté et sans distanciation fait qu’il se propage comme une trainée de poudre. Xavier souligne le retard pris dans l’administration de la dose de rappel chez les plus de 65 ans et les soignants et une mauvaise compliance pour la troisième dose chez les patients immunocompromis.

    « L’abandon du port du masque en intérieur a été une erreur.« 

    Xavier Falières

    Julia ajoute que le nombre de cas positifs par jour est inquiétant mais qu’il ne dit pas grand-chose car beaucoup sont liés à l’obtention du coronapas et restent pour la plupart (encore) asymptomatiques.  

    Un confinement partiel approprié mais pas suffisant

    Julia et Xavier s’accordent sur ce point et évoquent la mise en place élargie de la 2G pour pousser ainsi qu’une incitation pour l’injection de la troisième dose.

    Des médias français décalés

    Xavier est pragmatique et estime que la situation actuelle dans les hôpitaux résulte d’années de coupes budgétaires, de benchmarks, d’efficacité extrême ne laissant aucun espace en cas de catastrophe sanitaire. Le système vient selon lui d’atteindre son point de rupture.

    « Cela n’est pas nouveau. Déjà l’an passé au moment du premier confinement, les médias français disaient qu’il n’y avait aucune mesure en place, pas de confinement aux Pays-Bas et la vie continuait comme si de rien n’était. Comme presque partout, il y a un manque cruel de personnels et de lits mais la situation n’est pas tellement pire qu’ailleurs ».

    Julia Drylewicz

    La vaccination encore et toujours

    Xavier estime que ce confinement partiel n’aura d’effet que s’il y a une forte stimulation à la vaccination. Julia elle craint que ces trois semaines soient un avant-goût de ce qui va arriver par la suite. « C’est un signal d’alarme pour la population qui se pensait sortie d’affaires avec un bon taux de vaccination. Malheureusement, les scientifiques savaient que si les gestes barrières n’étaient pas poursuivis, cette vague allait nous arriver dessus. Il faut que la campagne de vaccination s’accélère sinon il se peut que nous soyons obligés de prendre des mesures drastiques comme par exemple en Autriche… »

    Une communauté française soutenue

    Pour Xavier, le bulletin hebdo du groupe constitue un précieux soutien à beaucoup d’entre eux. Il note aussi la présence de complotistes et anti-vax purs et durs dans cette communauté et l’énergie de discuter avec eux manque… Julia sait que certains s’attendaient à des mesures et s’y préparaient mentalement. Elle regrette que d’autres se tournent vers les anti-vax et se mettent à douter de l’efficacité des vaccins. Elle constate une fatigue globale mais tente, avec le groupe, encore et toujours d’expliquer ce qui se passe.

    Un impact relatif… pour ce confinement partiel

    Céline Dandoy est une Française des Pays-Bas active dans le milieu éducatif. Elle dirige l’école de français, située dans le centre historique de la capitale. Si Céline et son école ont beaucoup souffert des confinements précédents, elle note avec soulagement que ces derniers mois son école a pu garder les cours en petits groupes. Durant la période avec la distanciation obligatoire, le maximum était de 4 adultes par salle de classe (5 avec le professeur).

    Prudence à la rentrée de septembre

    Dès septembre, la distance aurait pu être mise de côté mais Céline a préféré ne pas trop remplir les groupes pour une transition en douceur. Elle ajoute que les cours en ligne mis en place depuis mars 2020 restent tout aussi populaires. Elle conclut « nous ne sommes pas touchés par les dernières mesures car nos élèves apprennent dans un cadre professionnel et nous respectons la distance entre les apprenants ».

    La sécurité au cœur de l’école de français

    Céline rappelle les cours Zoom proposés depuis mars 2020 et sait que si un confinement plus drastique s’annonce, la totalité des cours repassera en ligne. Les gestes barrières, le nettoyage accru des salles sont rapidement devenus un automatisme.

    Des mesures à toujours vérifier

    Céline souligne que la situation de son école n’est jamais clairement évoquée durant les si médiatiques conférences de presse : ni HORECA ni une école publique, l’école de français est en contact avec du public sans le toucher. Céline contacte ainsi toujours le RIVM (Institut national de santé publique) pour avoir confirmation des mesures. Les dernières étaient complexes et la confirmation se faisait attendre.

    « Suivant la personne que nous avons au téléphone, nous pouvons avoir deux informations différentes et le RIVM est toujours très prudent.« 

    Céline Dandoy

    Une directrice qui tient le choc

    Céline est soulagée que les écoles restent ouvertes. Pas d’école à la maison à côté de son travail. Elle profite des activités culturelles qui sont possibles, va à ses cours de théâtre et de continue à faire du sport.

    Soulagement pour le secteur culturel

    Les français.press ont contacté Pierre-Pascal Bruneau, de la fondation l’échappée belle, organisatrice du festival du film français Tapis Rouge. Qui mieux que monsieur culture française à Amsterdam et au-delà pour évoquer les toutes nouvelles mesures ?

    Pierre-Pascal et ses équipes ont accueilli avec un énorme soulagement le fait que les mesures épargnent le secteur culturel. En effet la veille, jour de l’ouverture du festival, il avait été annoncé que la recommandations des experts était de fermer théâtres et cinémas. Il n’en fut rien et le festival Tapis Rouge, véritable temps fort culturel de la France aux Pays-Bas, a pu avoir lieu. En clôture, le mardi 16 novembre, furent projetées les Illusions perdues, la magnifique adaptation de Xavier Giannoli du roman éponyme de Balzac. 

    Un impact relatif sur Tapis Rouge 2021

    Tapis rouge 2020 avait lourdement été touché nous rappelle Pierre-Pascal. En 2021, certaines personnes ont annulé leurs réservations par peur de la pandémie et d’autres ont probablement renoncé à aller au cinéma, dans l’attente d’une amélioration de la situation sanitaire. Il souligne que cet impact a toutefois été assez limité. La vérification des Coronapas a grandement rassuré les spectateurs.

    Tapis Rouge, soirée de clôture

    Des événements culturels confirmés et une fondation qui peut se projeter

    Fort du succès de cette troisième édition qui a accueilli plus de 2500 spectateurs, Pierre-Pascal peut nous confirmer qu’il y aura une quatrième édition de Tapis Rouge en 2022 !

    Il évoque ensuite des événements, des premières avec l’intervention de réalisateurs ou d’acteurs et partage avec nous la reprise des soirées littéraires de l’Échappée Belle. Pour 2022, Pierre-Pascal nous annonce déjà plusieurs grands noms dont Yasmina Khadra, David Diop, Laetitia Colombani, Michèle Fitoussi et Anne Berest ! Un beau programme en perspective !

    Des mesures malheureusement prévisibles pour la restauration                 

    En conclusion, nous sommes allés prendre le pouls du secteur le plus touché par ce confinement partiel : la restauration.

    Carole Gölitz est une Française basée à Haarlem. Elle a lancé ti bisou sa « Crêpe boutique » en juillet dernier.

    Carole nous explique qu’habituellement il y 3 semaines entre 2 conférences de presse covid. La programmation serrée de la dernière présageait des mesures plus drastiques et urgentes. Carole s’attendait que le Coronapas éviterait cela. Les informations qui avaient fuité le matin annonçaient une fermeture des restaurants à 19H00, autant dire que 20h fut accueilli comme un progrès alors que quelques heures avant le moral des restaurateurs sur Haarlem était au plus bas… Les Néerlandais dînent tôt mais pour beaucoup de collègues, cela ne suffit pas pour boucler leur budget.

    Des initiatives certes, mais une pilule dure à avaler

    Carole nous explique que certains restaurateurs commençaient juste à recréer leur équipe de personnel pour l’hiver. Outre le dunch du chef de Rijks, des enseignes ressortent leur diner box ou menus pour la maison. Le secteur espère que ces 3 semaines passeront vite et qu’un assouplissement sera apporté avec une accueil jusque 20h. La prudence est toutefois de mise.

    Des médias français mal informés

    Carole souligne que plusieurs médias français annonçaient allégrement l’instauration d’un couvre-feu à 20h. Ce n’est aucunement le cas. Après 20h on peut toujours circuler, faire du sport et même au cinéma ou au théâtre. Elle déplore ce manque de rigueur dans les propos des journalistes qui peut avoir de lourdes conséquences. Elle rappelle que le phénomène inverse avait eu lieu avec des correspondants néerlandais en France. Cette confusion est dommageable et peut avoir des conséquences sur les déplacements touristiques.

    Une enseigne « hybride » et deux régimes de mesures

    Ti bisou est un commerce de détail avec 20 à 30% de la surface totale brute en restauration. Si jamais un vrai confinement était instauré, ti bisou resterait ouvert avec une partie épicerie française (produits bretons et normands) et Carole pourrait pousser la vente à emporter.

    Actuellement, les clients de Carole portent leur masque naturellement. S’ils viennent pour (petit) déjeuner, goûter ou juste prendre un café, le contrôle de leur passe sanitaire suffit pour profiter d’une galette et crêpe. S’ils souhaitent acheter des produits ou prendre une crêpe ou un café à emporter ils doivent porter le masque.

    Un moral suspendu aux prochaines annonces et mesures

    La ville d’Haarlem est réputée pour ses nombreux commerces et ses restaurants. L’humeur est à l’attente. La situation avec le confinement partiel est moins tendue que dans d’autres villes des Pays-Bas qui ont été le cadre d’émeutes. Carole note un ras-le-bol certain et une incompréhension… Elle souligne que les restaurateurs et commerçants font souvent tout pour appliquer au mieux toutes les mesures d’hygiène et accepter les règles de contrôle du coronapas… Beaucoup ne pourraient survivre à des mesures plus drastiques, financièrement et moralement.

    Un soulagement : tout sauf un confinement

    Lesfrancais.press ont également rencontré Wouter Zweers le patron du bar/restaurant MIMI, à l’ouest d’Amsterdam.

    Wouter nous explique que les mesures fuitent toujours avant la conférence pour permettre un ajustement. Le souvenir du confinement total est tellement frais et encore douloureux que finalement les mesures actuelles ont été accueillies avec pragmatisme. Mimi pouvait rester ouvert et c’était ce qui comptait !

    Bar Mimi

    Tout avant 20H

    Mimi étant un bar bistro, son chiffres d’affaires se fait entre 19h et minuit… 20h était déjà une amélioration pour le confinement partiel tout en étant une claque énorme pour tous… Il a fallu s’organiser et revoir les priorités. Tout le secteur a fait preuve d’imagination et parfois le défi semble se poursuivre.

    Wouter nous expliqua : « nous avons fait le choix d’un menu plus compact, les personnes qui réservent sont invitées à faire leur choix au préalable pour permettre à notre chef Jonathan, de se préparer au mieux. Nous nous efforçons de proposer une soirée agréable à nos convives qui se termine donc avant 20h ».

    Mimi garde le sourire malgré tout

    Wouter nous rappelle que Mimi est une petite entreprise bien ancrée localement, avec une équipe solide. “Il nous faut tenir, pour notre équipe et nos clients. La motivation reste présente et nous gardons le sourire malgré tout ».

    Wouter note toutefois un moral très touché dans le secteur de l’hôtellerie. « La peur et la colère sont présentes, des divisions existent aussi entre la solution 2G et 3G. En tant que professionnel nous ne ne voulons pas choisir et nous souhaitons poursuivre… Tous ensemble »

  • Algérie : Saïd Bouteflika acquitté, quelle explication ?

    Algérie : Saïd Bouteflika acquitté, quelle explication ?

    En Algérie, Saïd Bouteflika, frère de l’ancien président a été acquitté samedi par une cour militaire, ainsi que deux généraux et une femme politique. Pourquoi? Tous avaient pourtant été condamnés en 2019 à 15 ans de réclusion pour complot contre l’armée et l’état algérien.

    Regardez l’analyse de TV5MONDE

  • Murs sans frontières

    Murs sans frontières

    Ce pourrait être le nom d’une ONG : « Murs sans frontières », dans laquelle tous les douaniers pourraient se donner la main, de la Biélorussie au Mexique, du Maroc à la Hongrie. 2000 migrants manipulés par l’un des derniers dictateurs d’Europe auront mobilisé 15.000 soldats polonais, (et 10 soldats britanniques), plus encore de commentateurs. Ainsi l’Europe aurait-elle été menacée par le cynisme de Loukachenko, et sa propre hypocrisie : soit elle accueillait les migrants, conformément à ses discours « droit de l’hommistes », soit elle les repoussait tous les deux. Surtout, elle devait se dissocier : les uns prônant la fermeture des frontières (les Polonais), les autres l’accueil (l’Allemagne de Merkel en 2015). Comme personne ne s’est vraiment proposé de les accueillir, l’Union ne s’est pas disloquée, Poutine n’a pas pu jouer les médiateurs, et Loukachenko a renvoyé les pauvres migrants chez eux. 

    Ils reviendront, par une autre voie, un autre pays, d’autres passeurs. Onze sont morts, seulement. En 2015, la photo d’un enfant avait ému le monde et ouvert la porte à un million de réfugiés.

    En Méditerranée, des milliers tentent la traversée, la plupart réussissent, de nombreux se noient. Dans la Manche, la crise diplomatique (assez absurde) entre le Royaume-Uni et la France s’alimente de boat-people. Pourtant, loin de la Biélorussie, ensemble, en 2016, ils avaient construit un mur « antimigrants » sur l’autoroute de Calais. Un exemple, car cela ne suffit pas. 

    Polish soldiers and police watch migrants at the Poland/Belarus border near Kuznica, Poland, in this photograph released by the Territorial Defence Forces, November 12, 2021. Picture taken November 11, 2021. Irek Dorozanski/DWOT/Handout via REUTERS

    Une soixantaine de murs dans le monde

    « Abattez ce mur » avait lancé Ronald Reagan à Gorbatchev, à propos de l’ex-Mur de Berlin. Depuis sa chute, la mondialisation a provoqué une réaction de repli et élevé de nouveaux murs, contre le terrorisme (Maroc, Israël, Irak), ou l’immigration : Etats-Unis, Europe (Bulgarie, Hongrie, Autriche, Grèce, et maintenant Pologne). Même l’Inde a son mur pour éviter les migrants du Bengladesh. De tous, seul le mur qu’a construit Israël a été condamné par l’Assemblée générale des Nations unies (2003), puis par la Cour internationale de justice de La Haye (2004) : privilège d’Israël. 

    Mur de Berlin submergé par les manifestants (Octobre 1989°

    Une soixantaine de murs au total qui réaffirment la souveraineté de l’Etat, message de politique intérieure plus que de politique migratoire. A la longue, un mur interdit peu, sauf à vivre dans un système extrêmement contrôlé, qui suppose un appareil militaire et policier. Les murs au Sahara occidental ou en Israël ont leur efficacité, mais leur « tranquillité » armée s’explique par d’autres actions, comme le renseignement, et reste fragile. Le mur installe une surveillance, pas la paix. Si Israël a édifié un mur, c’est moins pour lutter contre une intifada possible que pour tracer « sa » frontière, différente de celle de 1967.

    Il y a les pro-murs et les anti-murs, comme si la posture suffisait.

    Il y a les pro-murs et les anti-murs, comme si la posture suffisait. En Europe, douze Etats réclament des financements européens pour ériger des murs. Curieuse demande de ceux qui revendiquent hautement leur souveraineté. La Commission n’en voulait pas : Le mur polonais a changé les choses, l’Europe s’est montrée « solidaire ». La Commission ne financera peut-être pas mais soutiendra. 

    Les 2000 migrants à la frontière polonaise auraient pu, dans un monde civilisé, être accueillis en Pologne, et … renvoyés. Un naufragé en mer doit être secouru. Des familles abandonnées dans les bois aussi. Ce n’est pas pour cela qu’ils ont le droit de s’installer chez leurs sauveteurs. C’est le droit du pays qui décide, ou non, d’accueillir. Certes, rien n’interdit d’être ouvert, c’est rarement le cas. L’illégalité d’un franchissement de frontière est passible de « peines » dans la plupart des pays du monde. La certitude du renvoi devrait surtout dissuader les clients des passeurs. 

    Une politique de renvoi, d’examen unifié du droit d’asile, de refus de l’immigration économique illégale (une exploitation quasi servile), rendrait superflue la construction de murs. Expulser ceux qui ont franchi une frontière de façon illégale ne semble pas scandaleux,  demander aux pays de reprendre leurs ressortissants non plus.

    Les populations et les gouvernements veulent des murs  parce que cela donne le sentiment de retrouver un contrôle. Les murs n’empêchent pas les migrants de venir, pas plus que les mers. C’est la quasi certitude de pouvoir s’installer, à la longue, qui les pousse, avec courage et raison, à franchir tous les obstacles. Le droit actuel donne à celui qui pose le pied sur le sol européen, à Ceuta, Lampedusa, Roissy ou en Pologne, une garantie d’y rester plusieurs mois, voire des années, donc d’y (re)faire sa vie. Avec 2.5 milliards d’habitants en 2050, l’Afrique est un réservoir presque inépuisable d’hommes jeunes, pauvres et bien informés des facilités européennes, et qui commencent d’ailleurs leur émigration en Afrique, continent qui connait le plus d’immigrés…

    Chaque mur renforce donc les réseaux criminels, pour la drogue, les armes, les hommes.

    Les murs et les mers ne feront pas obstacle. A la frontière mexicaine, malgré les murs, la contrebande de drogue, de migrants, continue. En revanche, le prix des passages a augmenté, les cartels se sont renforcés, le coût de la surveillance aussi. Et le non droit des clandestins permet une main d’œuvre bon marché. Seuls les Cartels savent franchir les murs, au détriment des petits passeurs. Chaque mur renforce donc les réseaux criminels, pour la drogue, les armes, les hommes.

    La vraie sécurité ne peut s’obtenir que par le droit, la loi, nationale et internationale 

    Le traitement de l’immigration, le contrôle, la vraie sécurité ne peuvent se faire que par le droit, la loi, nationale et internationale. Or les pays riches ont tous les moyens, diplomatiques, économiques et technologiques, pour la faire respecter. Curieux de croire qu’au temps du « grand confinement » mondial, on ne pourrait contrôler les frontières. 

    Si les Biélorusses ont pu renvoyer les migrants kurdes en Irak, pourquoi les Polonais n’auraient-ils pu le faire ? Si les Turcs laissaient demain les réfugiés s’installer en Grèce, qu’est ce qui empêcherait les Européens de couper toute relation avec les Turcs, en fonction du principe, que le pays de la dernière frontière, celui d’où l’on vient, est le dernier pays responsable ? 

    C’est parce que les Européens ne sont pas clairs qu’un Loukachenko, un Erdogan, utilisent les migrants comme des instruments de chantage: 3.5 milliards pour la Turquie qui pourraient être utilisés à intégrer les migrants déjà installés en Europe. Aucune immigration ne peut être réussie sans intégration, sans apprentissage de la langue, sans travail. Une politique de renvoi et des règles communes en matière de droit d’asile (notamment pour les combattants des droits de l’homme, ceux qui combattent Loukachenko par exemple), supprimerait ce type de chantage et cette menace. Si cette crise pouvait amener à une vision commune de la politique migratoire, il faudrait remercier le dictateur biélorusse.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Ouverture des frontières australiennes le 15 décembre

    Ouverture des frontières australiennes le 15 décembre

    Après des mois de fermeture complète de ses frontières, l’Australie vient enfin d’annoncer l’ouverture de ses frontières à partir du 15 décembre 2021. Un soulagement pour de nombreux Français qui souhaitent se rendre sur place, mais également pour les expats, qui vont enfin pouvoir revoir leurs familles. On vous explique tout concernant l’ouverture des frontières australiennes.

    ATTENTION : Mise à jour du 29 novembre ! Les frontières restent fermées pour les non résidents jusqu’au 15 décembre 2021

    L’ouverture des frontières australiennes après des mois d’enfermement

    Depuis mars 2020, l’Australie est coupée du reste du monde, afin de limiter la propagation du virus de la Covid-19. Le pays a opté pour une stratégie « zéro-covid » qui s’est avérée payante dans les premiers temps, mais n’a pas résisté au variant Delta. Les Australiens ont alors changé de cap et la vaccination s’est rapidement accélérée. En quelques semaines, 80% de la population éligible a été vaccinée et Scott Morrison a ainsi pu faire de nouvelles annonces. 

    Ainsi, ce lundi 22 novembre 2021, dans une conférence de presse officielle, Scott Morrison a déclaré l’ouverture des frontières australiennes à partir du 1er décembre 2021. « C’est un soulagement pour les PVTistes & les étudiants qui attendent cette ouverture depuis 1 an et demi ! Les frontières de l’Australie rouvrent enfin, on n’y croyait plus » Nous explique Mai Lo, spécialiste de l’Australie, qui aide chaque année les francophones à partir en Australie. Elle explique dans son blog quelles sont les conditions pour rentrer en Australie pour les jeunes francophones.  

    ATTENTION : Mise à jour du 29 novembre ! Les frontières restent fermées pour les non résidents jusqu’au 15 décembre 2021

    BREAKING INTERNATIONAL STUDENTS RETURN

    Un soulagement pour les expatriés sur place

    Les annonces de Scott Morisson ont eu également un effet positif sur les Français expatriés en Australie. Alors que ceux-ci nous confiaient leur sentiment d’isolement grandissant au fil des mois, ils sont soulagés par l’annonce de l’ouverture des frontières australiennes. 

    « Les frontières ne sont pas encore ouvertes aux touristes, mais ça ne saurait tarder ! Après plus de 2 ans, mes parents vont enfin pouvoir rencontrer leur petit-fils », nous dit Aline, maman d’un petit garçon franco-australien, né après le début du premier confinement. 

    Les touristes ne sont pas encore autorisés à se rendre en Australie, mais les « permanent residents » vont pouvoir plus facilement partir et revenir en Australie. Ainsi, Pierre compte bien rentrer en France pour les fêtes de fin d’année.

    « J’adore fêter Noël en famille, c’est une vraie tradition chez nous. L’année dernière, ça a été une période difficile pour ma compagne et moi. Nous savons maintenant que nous pouvons partir et revenir plus sereinement, alors je vais prendre mes billets très rapidement ! »

    Pierre, expatrié français en Australie

    Pierre et Aline ne sont pas les seuls expats soulagés par ces annonces. Pour les milliers de Français qui sont restés en Australie, ces annonces sont un soulagement après des mois de confinement, notamment à Melbourne et Sydney

    Ainsi, après plusieurs mois coupés du monde, l’annonce de l’ouverture des frontières australiennes à compter du 1er décembre 2021 est presque inattendue. Un véritable soulagement et un retour à une vie « quasi » normale sont enfin envisageables pour les nombreux expats sur place. 

  • Les Français d’Autriche face au nouveau confinement

    Les Français d’Autriche face au nouveau confinement

    4e vague en Autriche, 5e vague ailleurs… Face à la multiplication des contaminations ces dernières semaines et son retard au niveau des vaccinations par rapport à la moyenne européenne, l’Autriche a décidé de frapper fort en reconfinant tout le pays pour une vingtaine de jours. Mais sa plus forte décision demeure la vaccination obligatoire pour tous à partir du 1er février 2022. La communauté française d’Autriche témoigne dans notre média, Lesfrancais.press.

    L’évolution des courbes l’a presque rendu inévitable. L’Autriche a décidé de réagir par une salve de restrictions aboutissant ainsi à un nouveau confinement de sa population. D’abord concernant uniquement les non-vaccinés, ce sont les Land de Salzburg et de Haute-Autriche qui ont enclenché les dominos en décidant, jeudi 18 novembre, de confiner l’ensemble de leur population. Le gouvernement suivra finalement le lendemain par la décision de confiner tout le pays puis la vaccination obligatoire dès février 2022. Bouquet final d’une recrudescence des contaminations qui n’ont pas cessé d’augmenter depuis plusieurs mois, passant d’environ 2 500 mi-octobre à plus de 15 000 ce 18 novembre et surchargeant les hôpitaux.

    « Un peu l’impression, comme l’a dit un journaliste autrichien, qu’ils ouvrent le parachute 3 mètres avant de toucher le sol, je suis très mécontent de la gestion actuelle de cette nouvelle vague par l’Autriche alors qu’ils s’en étaient très bien sortis pour la 1ère ». 

    Etienne, bibliothécaire et résidant français à Vienne depuis 10 ans

    Apparaissant en rouge écarlate sur les cartes européennes du European Centre for Disease Prevention and Control depuis plusieurs semaines, le gouvernement autrichien avait progressivement limité l’accès déjà aux non-vaccinés à la majorité des lieux de vie sociale : la règle du 3G (geimpft, getestet, genesen pour vacciné, testé ou guéri) devenant 2G voir 2G+ pour seuls les vaccinés et les guéris avec possibilité d’un test PCR en plus. Jusqu’aux mesures de cette semaine. 

    A police officer checks the vaccination status of a shopper at the entrance of a store after the Austrian government imposed a lockdown on the roughly two million people who are not fully vaccinated against the coronavirus disease (COVID-19) in Vienna, Austria, November 16, 2021. REUTERS/Lisi Niesner

    Les Français peu surpris

    Parmi les Français d’Autriche interrogés, Louis Sarrazin, conseiller des Français de l’étranger (Autriche, Slovaquie, Slovénie) et résidant à Vienne, nous a confié s’attendre à cette mesure.

    Louis Sarrazin

    « Le confinement risque de ne pas plaire mais il était inévitable du fait de l’explosion du nombre de cas, conséquence du faible taux de vaccination en Autriche. Cette décision n’est pas vraiment une surprise car c’était attendu depuis plusieurs jours, le confinement des non-vaccinés était une tentative pour éviter le confinement total. Mesure qui était rejetée par les présidents de province ÖVP. Je ne pense pas que le confinement sera prolongé après le 22 décembre car Noël c’est sacré en Autriche ! ». 

    Louis Sarrazin, conseiller des Français de l’étranger

    Camille, étudiante Erasmus à Vienne, accueille en effet cette décision avec amertume :

    « j’ai vécu les précédents confinements en France et en partant en Autriche pour mes études je n’envisageais pas à un moment être confinée, je ne m’y attendais pas. […] J’ai l’impression que le gouvernement autrichien est plus rapide qu’en France où l’on tergiverse plus, je considère que la mise en place du confinement était la meilleure chose à faire ». 

    Camille, étudiante Erasmus à Vienne

    La décision qu’il fallait également selon Marc, résidant à Vienne depuis 2018 :

    « Il est assez difficile de devoir subir un nouveau confinement alors que je fais partie des +/- 65% de la population vaccinée. Mais là encore, si cette mesure n’est pas satisfaisante pour moi, elle peut être utile pour la collectivité alors on peut l’accepter ». 

    Marc, résidant à Vienne depuis 2018 

    Le cap de la vaccination obligatoire 

    Au bal des mesures d’envergure, l’Autriche a marqué un sacré pas avec la décision de rendre la vaccination obligatoire au 1er février 2022. Mesure exceptionnelle dans son histoire, soutenue par la majorité et les socio-démocrates, elle n’a cependant pas fini de créer du remous. En général vaccinés, les Français d’Autriche semblent l’accepter également.

    « Je pense que c’est une mesure nécessaire même si cela va faire grincer des dents surtout du côté de la droite et de l’extrême-droite » pour Louis Sarrazin ; Marc estime que « oui la vaccination obligatoire est une nouvelle nécessité aujourd’hui sachant qu’elle est utile pour la collectivité alors que nous avançons vers plus d’individualisme ». 

    Le pays devrait préserver par la suite la règle des 2G selon Etienne, qui attend sa 3e dose, « la règle vaccin ou guérison, ou règle 2G est aussi une bonne idée […] Depuis son application début novembre il y a eu un gros boom des vaccinations ». 

    Il faut ainsi espérer une vraie amélioration des statistiques pour justifier ces restrictions. Le Président autrichien Van der Bellen l’avait exprimé ainsi dans une allocution télévisée à la population vendredi 19 novembre au soir définissant « le confinement pour casser la vague actuelle, le vaccin pour éviter les suivantes »

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