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  • Ces Lycées français en difficulté : Port-au-Prince en Haïti et Marsa en Tunisie

    Ces Lycées français en difficulté : Port-au-Prince en Haïti et Marsa en Tunisie

    La rentrée est finie et s’est généralement bien passée, cependant quelques points noirs persistent. Au-delà des établissements encore en semi-présentiel, comme ça peut être le cas en Chine comme à Hong-Kong, certaines écoles françaises sont en réelle difficulté. On pense en particulier au Lycée français de Port-au-Prince à Haïti et à celui de Marsa en Tunisie.

    Haïti : une fermeture provisoire qui condamne l’établissement ?

    Depuis septembre 2021 et le fameux courriel du ministère des Affaires étrangères qui ordonne le basculement des enseignements en distanciel, le Lycée français de Port-au-Prince sur l’île d’Haïti est fermé. Le motif : l’insécurité dans le pays le plus pauvre d’Amérique, deux mois après l’assassinat du président Jovenel Moïse. Depuis élus et familles craignent que les grilles de l’établissement ne puissent plus jamais rouvrir.

    Une communauté mobilisée

    En 2021 et 2022, la communauté du lycée s’est battue pour rouvrir en hybride, ce qui aurait permis aux fonctionnaires de l’État d’enseigner via Zoom depuis la France et de laisser aux élèves et personnels locaux le choix de venir en présentiel ou de rester en distanciel. Une solution qui faisait consensus mais rejetée par les services du ministre des Affaires étrangères de l’époque, Jean-Yves Le Drian.

    Pour cette rentrée, avec le changement de ministre et la mobilisation des acteurs de la communauté française de l’île et de l’Amérique de Sud, l’espoir était permis. Mais par un courrier du 11 août, Catherine Colonna a mis fin au suspens, le Lycée français d’Haïti restera en distanciel.

    Par totalement fermé, donc, certains diront ! Mais comme nous le rapporte Bertrand Dupont, élu en Amérique latine, ancien candidat LR pour la circonscription en 2022, si l’établissement est théoriquement ouvert, les élèves le désertent.

    « Les autres établissements sont eux ouverts et les élèves sont chaque fois moindres car (à chaque retour de vacances au Lycée français. NDLR), évidemment, entre un établissement français fermé et un américain ouvert beaucoup ont choisi d’aller en présentiel. Ou sont allés dans des établissements d’autres pays comme en République dominicaine. Le futur du lycée est menacé ! « 

    Bertrand Dupond

    Recul de la présence française ?

    Le risque est donc qu’une fois que les fonctionnaires du Quai d’Orsay auront donné leur feu vert pour un retour à la normale, il n’y ait plus d’élèves à scolariser. Les enfants expatriés étant partis en internat dans les pays voisins ou rentrés en France dans leur famille, tandis que la progéniture de l’élite locale (rappelons : une cible prioritaire pour atteindre l’objectif d’un doublement des effectifs en 2030 comme le souhaite Emmanuel Macron) est partie dans les autres établissements internationaux, qui eux sont ouverts.

    C’est donc une opération perdante pour tous, les enfants français sur place, la francophonie et le rayonnement français. Du côté de la députée, Eléonore Caroit, on se dit mobilisé, sans pourtant apporter de solutions.

    L’internat du Lycée français de La Marsa

    On l’a vu, les internats sont souvent des pierres angulaires du système éducatif français à l’étranger, en particulier dans les zones géographiques où la densité ne permet pas un maillage au plus proche des Français installés dans les pays.

    Un enjeu de mixité sociale

    Et pourtant en Tunisie, c’est l’internat du Lycée français de la Marsa, une ville jouxtant la capitale qui fut fermé, sans préavis, au cours de l’été. Cette possibilité offerte aux résidents comme aux locaux vivant loin d’un Lycée français permettait une plus grande mixité sociale et ouvrait des opportunités à nombre d’enfants qui, sans l’internat, ne pourraient pas suivre un enseignement français. Ce fut le cas de l’ancien consul général de France et actuel député des Français d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb, Karim Ben Cheikh. Fraîchement élu, le seul député NUPES des Français de l’étranger (Génération.s) s’est évidemment engagé pour soutenir son ancienne pension.

    Pétition en ligne

    Mais il n’est pas le seul. La communauté française sur place s’est regroupée pour tenter de s’opposer via une pétition en ligne à « l’enterrement de cet internat, lequel suscite l’incompréhension de toutes celles et ceux qui sont attachés au service précieux ainsi offert« .

    La gauche est bien sûr parmi les premiers signataires de la pétition : Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français de l’étranger PS, ancienne ministre, Yan Chantrel, sénateur des Français de l’étranger PS, Jean-Yves Leconte, sénateur des Français de l’étranger PS, Mélanie Vogel, sénatrice des Français de l’étranger EELV, mais aussi des personnalités de droite comme Roselyne Cordin, présidente de l’UFE Sousse, et des syndicats, Patrick Dupont, enseignant, secrétaire SNES-FSU Tunisie, sans oublier des membres du conseil d’administration comme Boris Faure (aussi journaliste pour votre média Lesfrancais.press et pour la radio française SUD Radio).

    En cliquant sur l’image ci-dessus, vous pouvez apporter votre soutien à la communauté française en Tunisie. Car où que ce soit, c’est évidemment l’implication des parents d’élèves, l’investissement des autorités consulaires (administration et élus), qui changent la donne et permettent de développer une gouvernance apaisée et efficace dans nos établissements scolaires, que ce soit pour les jeunes expatriés comme pour les petits locaux, futurs francophones et ambassadeurs de nos valeurs.

  • Le pape en « pèlerinage de paix » au Kazakhstan

    Le pape en « pèlerinage de paix » au Kazakhstan

    Dans le contexte de guerre en Ukraine et de tensions avec la Russie, le président kazakh Tokaïev a organisé un dialogue inter-religieux de deux jours.

    En tant qu’ancienne région de l’empire soviétique, le Kazakhstan voit l’invasion en Ukraine d’un mauvais oeil et a refusé de soutenir la campagne militaire, alors même que les deux pays sont alliés.

    Par ailleurs, le Kazakhstan compte une importante minorité russe et est donc inquiet des désirs expansionnistes de Vladimir Poutine.

    Selon le président Tokaïev « seul le dialogue, la fraternité humaine et le respect permettent la coexistence et la tolérance ». C’est pourquoi il a organisé cette rencontre inter-religieuse sur deux jours dans le pays. Au total, une centaine de délégations ont fait le déplacement. Parmi eux, le pape François.

    Kazakhstan
    Le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev, pourtant allié de la Russie, s’oppose à la guerre en Ukraine – © Wikimedia Commons

    Celui-ci, malgré des douleurs aux genoux qui le contraignent à se déplacer en fauteuil roulant, n’aurait manqué ce « voyage de paix » pour rien au monde, comme il l’a déclaré dimanche 11 septembre.

    Par ailleurs, le patriarche orthodoxe a brillé par son absence. Soutien déclaré au président russe, il a refusé de se rendre dans le pays frontalier. Les deux chefs d’Église se sont rencontrés une unique fois en 2016. Mais avec la guerre en Ukraine, les relations entre orthodoxes et catholiques sont froides.

    Reportage de TV5MONDE

  • Ursula von der Leyen : un discours aux couleurs de l’Ukraine sans vision politique

    Ursula von der Leyen : un discours aux couleurs de l’Ukraine sans vision politique

    La réponse de l’Europe à la guerre de la Russie en Ukraine a dominé le discours annuel de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mercredi (14 septembre), mais elle a fourni peu de contenu en ce qui concerne plusieurs dossiers importants et des questions urgentes auxquelles le bloc fait face. 

    « La solidarité de l’Europe avec l’Ukraine restera sans faille », a déclaré la chef de la Commission, promettant plus de finances pour reconstruire le pays et de maintenir en place les sanctions de l’UE contre la Russie.

    Parmi les annonces les plus intéressantes, la Commission a annoncé qu’elle se rendrait à Kiev juste après son discours, sa troisième visite depuis le début de l’invasion, pour discuter de l’accès de l’Ukraine au marché unique de l’UE.

    Alors que certains en Europe, pointant du doigt l’énorme flambée des prix de l’énergie, ont fait remarquer que les sanctions de l’Union européenne à l’encontre de la Russie frappaient davantage l’Occident, Mme von der Leyen a maintenu que les sanctions faisaient effectivement mal à la Russie.

    L’Europe s’est diversifiée en s’éloignant de l’énergie russe, a-t-elle ajouté, mais Moscou continue de « manipuler activement » le marché. Les prix du gaz ont plus que décuplé par rapport à la période précédant la pandémie de Covid-19.

    Mais dans un discours censé servir de boussole politique pour guider le bloc au cours des 12 prochains mois, Mme von der Leyen a été étonnamment avare d’annonces politiques conséquentes.

    La Commission européenne a fait marche arrière par rapport aux projets antérieurs de plafonnement du prix du gaz russe, proposant à la place de mettre en place un nouveau groupe de travail. Celui-ci sera composé de représentants des Etats membres de l’UE et tentera de négocier des accords avec les principaux fournisseurs tels que la Norvège.

    Avant mercredi, plusieurs fonctionnaires européens ont confié à EURACTIV qu’ils n’étaient pas satisfaits du faible niveau de consultation du cabinet de Mme von der Leyen avec les divers départements politiques de son exécutif.

    EURACTIV s’est penché sur la question et a dressé une liste des sujets manifestement absents.

    Défense absente

    La défense, qui est habituellement un point fort de l’ancienne ministre allemande de la Défense, était largement absente de son discours.

    C’est d’autant plus surprenant sachant que les progrès en matière de défense européenne pourraient être considérés comme un succès, comparé aux années de tâtonnements laborieux dans les efforts pour donner au bloc un véritable angle étranger et de défense.

    En tirant rapidement des leçons de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les dirigeants de l’UE ont convenu en mars de « soutenir fermement l’investissement » dans les capacités de défense et d’« augmenter substantiellement » les dépenses de défense dans l’ensemble de l’Union.

    L’UE a également brisé un « tabou» de longue date  en acceptant d’utiliser ses ressources pour fournir des armes à un pays tiers par le biais de la « facilité européenne pour la paix » (FEP).

    La sécurité alimentaire en note de bas de page

    Alors que la sécurité alimentaire et l’agriculture ne figuraient pas dans le discours principal, Mme von der Leyen a mentionné le secteur dans sa réponse aux interventions des chefs de groupes — mais n’a pas apporté grand-chose de nouveau.

    Réaffirmant que les sanctions de l’UE à l’encontre de la Russie n’étaient pas la cause des perturbations dans le secteur alimentaire, elle a fermement désigné la Russie comme la cause de la crise alimentaire mondiale.

    « Poutine a créé la crise alimentaire — l’Europe et les Nations unies s’efforcent d’y mettre un terme. »

    Mme von der Leyen a également insisté sur les engrais, confirmant que la contribution de solidarité proposée par la Commission européenne, présentée le 9 septembre dans un document officieux énumérant les mesures d’urgence potentielles pour relever les défis du marché de l’énergie, peut être utilisée pour soutenir la production d’engrais.

    Mais Mme von der Leyen a souligné que la priorité doit être accordée à la réduction de l’utilisation de ces intrants.

    « Plus nous économisons, moins nous payons, et moins nous utilisons d’engrais à base de combustibles fossiles, moins nous sommes dépendants des intrants fossiles », a-t-elle expliqué, soulignant la nécessité d’agir « plus rapidement que jamais ensemble » afin de créer une agriculture durable et résiliente.

    L’année a été marquée par des inquiétudes concernant à la fois l’offre et les prix des denrées alimentaires. Le secteur a croulé sous la pression de la flambée des prix des engrais, de l’électricité et des emballages, tout en étant confronté à l’une des pires sécheresses de ces derniers temps. Parallèlement, les consommateurs continuent de souffrir de la hausse des prix des produits alimentaires.

    L’environnement pas pris en compte

    La nouvelle législation européenne sur le climat et l’environnement, actuellement en cours de négociation par le Parlement européen et les pays de l’UE, a été éclipsée par l’urgence de s’attaquer à la crise énergétique.

    Si la neutralité carbone a été brièvement évoquée, Mme von der Leyen a omis de préciser que l’Union européenne entendait atteindre cet objectif d’ici à 2050 et n’a pas mentionné l’objectif européen de réduction des émissions pour 2030.

    Si les solutions à long terme, comme la gestion plus durable des terres et la protection de la biodiversité, ont été brièvement mentionnées, le discours s’est largement concentré sur la gestion des crises urgentes auxquelles l’Europe est confrontée. C’est le cas de la crise énergétique et des mesures réactionnelles pour faire face aux conditions météorologiques extrêmes, notamment les nouveaux avions de lutte contre les incendies.

    Au sujet de l’avenir de l’énergie, il a été question d’accroître les énergies renouvelables et de garantir un approvisionnement en matières premières pour cette technologie. Cependant, Mme von der Leyen n’a pas abordé en détail la résolution des nombreux problèmes auxquels est confronté le secteur des énergies renouvelables.

    Par exemple, elle a appelé les pays de l’UE et le Parlement européen à « accélérer » leur travail pour adopter des mesures visant à réduire la dépendance au gaz russe, qui incluent l’accélération des permis pour les énergies renouvelables, mais n’a pas abordé les problèmes plus larges du secteur, comme la chaîne d’approvisionnement défaillante.

    Seuls des clins d’œil vers le numérique et les transports

    La chef de la Commission européenne a mentionné la nécessité de protéger les démocraties européennes contre les interférences étrangères, allant du financement opaque des chercheurs à la diffusion de la désinformation en ligne.

    Pourtant, les affaires numériques ont été largement absentes lors de son discours annuel, notamment la cybersécurité, qui est une préoccupation croissante compte tenu des tensions géopolitiques avec la Russie.

    Le discours de Mme Von der Leyen a fait une référence fugace à la politique des transports de l’UE, mais n’a pas donné de détails sur les mesures et les plans phares de l’UE dans ce domaine.

    On aurait pu s’attendre à une analyse plus directe de la campagne de la Commission en faveur du passage aux véhicules électriques ou des mesures prises par Bruxelles pour décarboniser le secteur de l’aviation de l’Union.

    Mais dans un discours dominé par la question de l’Ukraine, il était peut-être inévitable que les dossiers « Fit for 55 » — autrefois le principal sujet de conversation de la bulle bruxelloise — passent au second plan.

    En revanche, la quête de l’Europe pour arracher à la Chine le contrôle, au moins partiel, du marché mondial des matières premières a fait l’objet d’une discussion assez détaillée — une question pertinente pour le secteur européen des transports mais aussi pour la position de l’Union sur la scène mondiale.

  • La France condamnée par la CEDH pour les enfants en Syrie

    La France condamnée par la CEDH pour les enfants en Syrie

    La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a condamné la France qui refuse jusqu’alors le rapatriement des femmes et des enfants de jihadistes retenus en Syrie. La justice européenne avait été saisie par deux familles.

    Une victoire pour les familles de femmes et enfants français toujours retenus dans les camps en Syrie. La Cour européenne des droits de l’Homme a condamné la France à réexaminer les demandes de rapatriement des familles de jihadistes en Syrie. Des requêtes qui vont devoir être réexaminées au plus vite par Paris.

    Les grands-parents mobilisés

    La justice européenne avait été saisie par les parents et grands-parents de deux Françaises, épouses de jihadistes, bloquées dans les camps en Syrie avec leurs enfants. Ces deux femmes avaient quitté la France en 2014 et 2015 pour rejoindre la Syrie où elles ont donné naissance à leurs enfants. En avril 2019, le conseil d’Etat avait rejeté leurs demandes de rapatriement, estimant qu’elles ne relevaient pas de la compétence du juge français.

    La Cour européenne des droits de l’Homme a condamné Paris pour le non-respect du protocole n°4 de la Convention européenne des droits de l’Homme qui indique que « nul ne peut être privé du droit d’entrer sur le territoire de l’Etat dont il est le ressortissant ». « Autrement dit, la CEDH dit ‘ce sont des ressortissants français et la France ne peut pas refuser de les faire entrer », analyse pour BFMTV.com Me Laurence Roques, avocate et présidente de la Commission Liberté et Droits de l’Homme au Conseil national des barreaux.

    La France a toujours appliqué une politique « au cas par cas » concernant ses ressortissants français détenus dans les camps syriens depuis la chute de l’Etat islamique. Au cours de l’été, Paris a rapatrié 35 mineurs et 16 mères qui étaient détenus dans des camps de prisonniers jihadistes au nord-est de la Syrie. Jusqu’alors seuls 35 enfants avaient été rapatriés en France depuis mars 2019.

    Le siège de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (aussi appelée CEDH ou Cour de Strasbourg), organe juridictionnel supra-national créé par la Convention Européenne des Droits de l’Homme dans le cadre du Conseil de l’Europe. Sa mission est de veiller au respect de la « Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ». Elle a été créée en 1959 et siège à Strasbourg, depuis le 1er novembre 1998, dans ce bâtiment conçu par l’architecte britannique Richard Rogers. Strasbourg, FRANCE – 06/04/2009

    Paris devra céder

    Concrètement, une autorité indépendante va devoir réexaminer les demandes déposées par les familles des Françaises détenues en Syrie. « C’est une victoire, car il y a condamnation », estime Me Laurence Roques, qui assure que les familles de ces Françaises pourront revenir devant la CEDH si la France ne respectait pas la décision qui vient d’être prise. Paris devra également verser 18.000 euros et 13.200 euros aux deux familles requérantes pour frais et dépenses.

    Paris n’a toutefois pas été condamnée sur l’argument avancé par les avocats des familles de ces Françaises qui estimaient que la France « expose consciemment et délibérément ceux-ci à des traitements inhumains et dégradants » en les laissant dans les camps en Syrie. La CEDH a considéré que ces camps ne dépendaient pas de la compétence de la France.

    Plus largement, les défenseurs d’une politique de rapatriement massif espèrent que cet arrêt rendu ce mercredi par la Cour européenne des droits de l’Homme impulse une nouvelle doctrine. « Nous espérons que la décision aura un impact sur le positionnement des autres pays européens » qui refusent toujours de rapatrier leurs ressortissants, conclut Me Laurence Roques.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 15.09.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 15.09.22

    Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans le flash info des Français de l’étranger. Nous sommes le jeudi 15 septembre et nous allons parler aujourd’hui du consul à Alger, de la rentrée culturelle des Instituts français et du rapatriement des familles de djihadistes en France.

    Bras de fer pour le poste de Consul général à Alger

    Le poste de Consul général de France à Alger est vacant ! Le départ de Marc Sédille annoncé le 10 septembre, a provoqué un bras de fer entre Beauvau et le Quai d’Orsay. D’un côté, Gérald Darmanin a proposé la femme de l’un de ses proches collaborateurs, mais dont la carrière ne fait pas d’elle une personne illégitime à ce poste. Cependant, Catherine Colonna a refusé cette nomination et propose le nom de Matthieu Pimont, qui assure l’intérim en ce moment-même. En attendant que les deux ministères s’entendent, ce dernier assure les fonctions de Consul général. 

    Rentrée culturelle des Instituts français

    Les Instituts français font leur rentrée ! Et avec eux une liste d’évènements culturels riche. A Barcelone, l’annuelle Journée francophone des associations se tiendra le 16 septembre prochain. A Jakarta c’est le festival des cultures d’Asie et de l’Union européenne qui ravira les participants en ligne ou sur place. De son côté, New-York organise la 15e édition du Crossing the line Festival avec des concerts et des expositions. Si vous souhaitez retrouver l’ensemble des évènements proposés, rendez-vous sur Lesfrancais.press. 

    Instituts français

    La France et les familles de djihadistes retenues en Syrie

    La Cour européenne des droits de l’Homme a condamné la France. Dans une décision prise hier, elle lui impose de réexaminer les demandes de deux familles de djihadistes basées en Syrie à revenir sur le sol français. Dans le même temps, nous avons appris que la veuve de l’un des assaillants du Bataclan est rentrée avec ses trois enfants, le 5 juillet dernier. D’accord avec le projet terroriste de son époux, elle a été mise en examen dès son arrivée pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». 

    A picture shows the Kurdish-run al-Hol camp, which holds relatives of suspected Islamic State (IS) group fighters in the northeastern Hasakeh governorate, on December 6, 2021. – Al-Hol is the larger of two Kurdish-run displacement camps for relatives of IS jihadists in Syria’s northeast. It holds mostly Syrians and Iraqis but also thousands from Europe and Asia suspected of family ties with IS fighters. (Photo by Delil SOULEIMAN / AFP)

    C’est terminé pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour le dernier flash de la semaine ! Très bonne journée à tous.  

    Écoutez le flash info des expatriés

  • La rentrée culturelle des Instituts français

    La rentrée culturelle des Instituts français

    La rentrée a bel et bien démarré et avec elle, la reprise des activités culturelles à travers le monde. Panorama sur les évènements organisés par les Instituts français.

    Les Instituts français sont des établissements publics gérés par les ministères des Affaires étrangères et de la Culture. Ils visent à promouvoir l’action culturelle française à l’étranger. Pour ce faire, ils dispensent des cours de français, organisent des évènements culturels et éducatifs et sont souvent en lien avec les Alliances françaises. Ouverts tout au long de l’année, ils proposent sans cesse des activités à destination des Français, des francophones mais aussi des habitants du pays où ils sont implantés. Petit tour d’horizon des évènements de cette rentrée.

    La journée francophone des associations à Barcelone

    Que serait une rentrée sans un forum des associations ? A Barcelone, l’Institut français reçoit le 16 septembre la Journée francophone des associations et entreprises de la ville espagnole. L’occasion pour les Français installés sur place d’aller à la rencontre des groupes qui tissent la vie communautaire française sur place.

    De 14h30 à 19h, vous pourrez donc vous rendre sur l’un des quarante stands des participants, comme celui d’Ahora Donde qui lutte pour la défense des jeunes personnes LGBTQI+. Vous pourrez également assister aux deux conférences prévues à 16h30 et 17h30. La première aura pour thème « Les enjeux de l’expatriation pour les enfants et parents » et sera dirigée par Sophie Wajda, une thérapeute EFT (Emotional Freedom Technique) ; et la seconde portera sur « fiscalité et patrimoine en Espagne », par Ramón Musons (expert comptable fiscaliste) et Cédric Privat (conseiller en placements financiers).

    Barcelone Accueil, Espagne

    Crossing the line festival – New-York

    Crossing the line festival est un festival annuel organisé par l’Institut français et l’Alliance française de New-York. Pour cette 15e édition, qui a débuté le 9 septembre et se clôturera le 28 octobre prochain, des artistes francophones du monde entier sont invités.

    Leur point commun ? Ils se questionnent tous sur des sujets actuels telles que l’inclusion des genres, la sexualité ou encore le changement climatique, en explorant de nouveaux territoires artistiques. Des invités tels que Omar Ba, artiste peintre dont l’oeuvre représente « des motifs politiques et sociaux » et à la croisée des chemins entre l’histoire et l’époque contemporaine, seront présents.

    Les places sont disponibles sur le site du FIAF, avec des prix spéciaux pour les adhérents.

    New-York, Manhattan

    Poetry passeport en Afrique du Sud

    Avis aux amateurs et amoureux de poésie. Les 20 et 23 septembre auront lieu respectivement à Johannesburg et au Cap des soirées de récitations qui mettront en lumière le travail effectué durant deux jours de résidence par les participants. Les artistes sont invités à s’exprimer sur les thématiques des droits humains, des droits de la femme et de la justice sociale.

    Ainsi, si vous avez la verve d’un poète, vous pouvez vous inscrire à la résidence organisée à l’Alliance française du Cap, jusqu’au 18 septembre. Malheureusement, les candidatures sont désormais fermées pour Johannesburg. Par contre, vous pourrez toujours aller assister à la soirée de récitation prévue au Goethe Institut.

    Le concours national d’art oratoire en français au Chili

    Les Instituts français existent afin de faire rayonner la culture française et sa langue. De cette manière, ils proposent des cours et des évènements autour de la langue de Molière tout au long de l’année.

    Le 31 octobre prochain aura lieu la grande final du Concours national d’art oratoire en français au Chili ! Après deux mois d’épreuves et de classes de français pour les participants, les dix grands finalistes vont s’affronter dans une joute verbale et tenter de convaincre le public par l’art de la rhétorique à la française. Un grand défi pour les compétiteurs, qui généralement, ne sont pas français d’origine, mais des francophones invétérés du Chili. Effectivement, le concours était ouvert à toutes les personnes pouvant stipuler d’un niveau avancé de français et étant âgées de plus de 15 ans. Le gagnant sera récompensé d’un billet pour la France.

    Les concours d’éloquence sont toujours des moments puissants où les compétiteurs nous laissent sans voix.

    ASEAN-UE Culture Festival – Asie

    Du 19 au 25 septembre, les Instituts français de Jakarta en Indonésie, de Phnom-Penh au Cambodge et de Bangkok en Thaïlande organisent conjointement l’ASEAN-UE Culture Festival ! Un évènement qui met en avant la rencontre des cultures asiatiques et européennes au travers de concerts, films et expositions.

    Un concert d’ouverture de musique jazz se tiendra le 19 septembre à Jakarta, mettant en avant de grands musiciens aux inspirations et expressions multiples. Des musiciens amoureux de la musique et qui vont puiser dans les codes traditionnels tant asiatiques qu’européens.

    Durant une semaine, d’autres concerts auront lieu en ligne afin qu’un maximum de personnes puissent y assister, mais pas seulement. Des films et expositions, seront à découvrir en ligne ou dans l’un des trois Instituts. Cinéma d’auteur, reportages, documentaires, tous se questionnent sur notre place dans la société et sur la rencontre des genres et des cultures. Une programmation riche et gratuite !

  • TV5MONDEplus rend hommage à Alain Tanner

    TV5MONDEplus rend hommage à Alain Tanner

    Alain Tanner, cinéaste suisse et figure majeure de la Nouvelle Vague dans son pays, est décédé à l’âge de 92 ans le dimanche 11 septembre. La plateforme francophone gratuite et mondiale TV5MONDEplus, lui rend hommage.

    Alain Tanner était une figure majeure du cinéma suisse. Décédé le dimanche 11 septembre, il s’est éteint deux jours avant celui qui l’a tant inspiré, Jean-Luc Godard. Son oeuvre prolifique, comptant plus de vingt longs-métrages et plusieurs courts, s’est toujours inscrite dans les mouvements historiques de son époque.

    Né le 6 décembre 1929 à Genève, il passe ses années d’études avec Claude Goretta, ami et futur collègue. A la sortie du lycée, Tanner n’empoigne pas tout de suite la caméra. Il débute une carrière dans la marine marchande, avant de revenir dans sa ville d’origine pour se lancer dans le journalisme. C’est en 1955 et en s’installant à Londres qu’il réalise ses premiers courts-métrages avec son ami d’enfance. Durant une dizaine d’années les deux compères flirtent avec le documentaire contestataire, inspirés par la bande Free Cinema en Angleterre.

    Mai 1968. Tanner est à Paris et suit les manifestations étudiantes et sociales. Dans les tiroirs, il a déjà le script de son futur premier long-métrage Charles mort ou vif (1969), mais la gronde sociale l’inspire et nourrit son projet. Un an plus tard, le film sort en salles et marque un tournant dans le cinéma helvétique. Accompagné de Goretta, Michel Soutter, Jean-Louis Roy et Jean-Jacques Lagrange, ensemble ils forment le Groupe des 5 et transforment le cinéma de leur pays. A l’instar des réalisateurs de la Nouvelle Vague française, ils ont conscience de vivre une époque particulière créatrice d’utopies.

    Les personnages de Tanner auront tous cela en commun : la volonté de se défaire du carcan social, d’être bourrés d’utopies et de tout mettre en oeuvre pour les concrétiser. Des caractères qui prennent des chemins de traverse et réalisent finalement que leurs ambitions ne sont que chimères, illusions.

    TV5MONDEplus lui rend hommage

    Afin de saluer cette oeuvre riche et novatrice pour l’époque et la Suisse, la plateforme de streaming francophone gratuite et mondiale TV5MONDEplus, le met à l’honneur. Une sélection de films et documentaires signés de la main du réalisateur sont donc à voir ou revoir sur leur site Internet.

    CHARLES MORT OU VIF – 1969

    À l’aube du centième anniversaire de son entreprise, Charles Dé abandonne soudain son poste et sa famille. L’industriel genevois est en pleine crise existentielle ; il se lie bientôt d’amitié avec Paul et Adeline, un couple de marginaux. Puis il décide de s’installer chez eux à la campagne !  

    Distribution : François Simon (Charles), Marcel Robert (Paul), Marie-Claire Dufour (Adeline), Maya Simon (Marianne), Michèle Martel (Germaine), Jean-Luc Bideau (le conducteur d’ambulance)  

    Palmarès : Léopard d’or (Locarno 1969), sélection officielle (Semaine de la critique, Cannes 1969) Pays de production : Suisse – 1969-  90 min

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    DANS LA VILLE BLANCHE – 1983

    Paul déserte son poste lors d’une escale à Lisbonne. Le marin suisse aime cette ville. Il flâne dans les rues, armé de sa caméra super 8, et envoie les cassettes vidéo à sa femme Elisa. Au cours de ses déambulations, il fait la connaissance de Rosa, serveuse dans un bar…

    Distribution : Bruno Ganz (Paul), Teresa Madruga (Rosa), Julia Vonderlin (Elisa), José Carvalho (le patron), Francisco Baiao (le voleur au couteau)  

    Palmarès : Meilleur film francophone (César 1974), nomination (Berlinale 1983)- 1983 – 105 min

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    L’HOMME QUI A PERDU SON OMBRE – 1991

    Antonio, vieux communiste andalou, retourne au pays apres un long exil en France, accueille chez lui Paul, en rupture de ban, qui vient de se faire mettre à la porte du journal où il travaillait. 

    Distribution : Francisco Rabal, Dominic Gould, Ángela Molina, Valéria Bruni Tedeschi

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    LA VIE COMME ÇA – « AUJOURD’HUI » (1967-1973)

    1970. Alain Tanner réalise le reportage « La Vie comme ça », pour l’émission « Aujourd’hui », sur le couple d’artistes jurassiens Jeanne-Odette et Jean-Claude Évard, dit Claudévard. Vingt-quatre séquences s’enchaînent : les lundis bleus, les sapins couchés… L’occasion pour le cinéaste suisse d’approfondir son expérience du langage télévisuel.  

    Pays de production : Suisse 1970 – 59 min

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    LE RETOUR D’AFRIQUE – 1973

    Vincent et Françoise sont en quête de sens. Mariés depuis deux ans, les deux Genevois rêvent de s’expatrier en Afrique. Un ami leur promet du travail à Alger. Mais alors qu’ils sont sur le point de partir, ils reçoivent un télégramme leur demandant d’annuler leur voyage…

    Distribution : François Marthouret (Vincent), Josée Destoop (Françoise), Juliet Berto (Juliet), Anne Wiazemsky (Anne), Roger Jendly (Marcel), Roger Ibáñez (Emilio)

    Genre : Drame

    Palmarès : Prix OCIC, Prix Interfilm (Berlinale 1973) – 109 min

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    SPÉCIAL CINÉMA – MAGAZINE

    Entretiens historiques avec des personnalités du cinéma, tirés des archives de la RTS et menés par le Monsieur Cinéma de l’époque, Christian Defaye.

    Présentation : Michel Cerutti. 

    Episode 13 – Spécial « Les années lumières » consacré à Alain Tanner

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    Mais aussi les films Fleurs de sang, Fourbi, le journal de Lady M, Salamandre et Paul s’en va. 

  • Duel pour le consul général de France à Alger

    Duel pour le consul général de France à Alger

    Le poste de consul général de France à Alger, l’un des plus exposés, a été ouvert aux candidatures le 10 septembre 2021. La succession, provoquée par le départ annoncé de Marc Sédille, a fait l’objet d’un bras de fer entre Gérald Darmanin et Catherine Colonna, numéro deux et trois du gouvernement. Vu de la Place Beauvau, la délivrance de visas, notamment, commande la vigilance de l’administration chargée de la sécurité intérieure. Selon la Lettre A, une candidate a été proposée par le ministre de l’intérieur : Isabelle Fradin-Thirode. Un profil idéal, selon lui, puisque cette diplomate est l’épouse de Louis-Xavier Thirode, un de ses plus proches collaborateurs.

    Or, même si Isabelle Fradin-Thirode peut se prévaloir d’une carrière variée marquée notamment par quatre années en tant que consule adjointe à Alger et de trois années comme consule générale à Tunis, elle a fait l’objet d’un tir de barrage. Au point que ce poste stratégique devrait finalement lui échapper. Selon les informations de la Lettre A, Isabelle Fradin-Thirode s’apprête à être mutée dans la préfectorale.

    En attendant, c’est Matthieu Pimont, arrivé à Alger, tout récemment comme numéro 2, qui assume en attendant les fonctions dévolues au consul général dans ce pays où la communauté française est encore marquée par la colonisation et les guerres du XXème siècle, sans oublier les relations tendues entre les gouvernements que la visite d’Emmanuel Macron en septembre a tenté d’apaiser.

    La communauté française en Algérie

    Le nombre de Français inscrits sur le registre consulaire à Alger est de près de 42 000 citoyens. Cependant, ils sont nombreux à disposer de la nationalité française tout en n’étant pas inscrits sur les livres des consulats de France situés en Algérie.

    Parmi les inscrits, il y a bien évidemment les « expatriés d’entreprises », soit les cadres envoyés par les grandes entreprises auprès des filiales des groupes français, mais aussi ceux démarchés par les sociétés algériennes pour venir étoffer leurs équipes.

    Deuxième gros bataillon de Français enregistrés auprès de l’administration française : les anciens combattants. Héritage de la colonisation et de la seconde guerre mondiale, 30 000 Français ou Algériens sont éligibles à la carte d’anciens combattants et la plupart touchent une retraite de l’armée française. Ceux qui disposent de la double nationalité, un gros tiers, ont l’obligation de s’identifier et de fournir un certificat de vie aux autorités françaises, ces impératifs expliquent leur forte proportion parmi les inscrits au registre consulaire.

    Les relations franco-algériennes

    Depuis des décennies, les relations franco-algériennes n’ont été qu’une succession de périodes de tensions et de réconciliations plus ou moins longues. La visite de trois jours que vient d’effectuer Emmanuel Macron en Algérie a le mérite de mettre un terme à plusieurs mois de crise diplomatique.

    Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, et son homologue français, ont signé une déclaration commune appelant à une « nouvelle dynamique irréversible ». Si l’irréversibilité est sujette à caution, l’élan, lui, semble réel, et guidé par la volonté partagée de repartir sur de nouvelles bases.

    Qui deviendra consul de France à Alger ?

    Face à la candidate de Gérald Darmanin, éconduite, le Quai d’Orsay avait avancé d’autres candidatures, pour l’instant sans succès. Myriam Achari, ex-patronne de la Direction des immeubles et de la logistique (DIL), jusqu’à sa mise à l’écart à la suite de tensions au sein de son service (LLA du 04/07/22), avait signalé son intérêt pour le poste. Patrick Poinsot, ancien consul à Annaba et Constantine, était sur le point d’être nommé, avant d’être finalement retenu à son poste de chef du centre de services des ressources humaines du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, qu’il occupe depuis septembre 2019.  Matthieu Pimont voit donc sa mission d’intérim se prolonger.

  • Refroidir sans casser

    Refroidir sans casser

    La hausse des taux directeurs est un remède de cheval pour empêcher les spirales inflationnistes. Elle vise à casser la transmission des augmentations des prix au sein du système économique en raréfiant la demande. Elle s’inscrit dans le processus de frugalité souhaité par les pouvoirs publics pour faire face aux éventuelles pénuries. Si l’augmentation des taux directeurs n’a pas d’effet sur le prix des produits importés, elle est censée dissuader les acteurs économiques de s’endetter pour consommer ou pour investir en rendant plus coûteux les crédits. L’objectif est de refroidir l’économie tout en évitant de la casser.

    Le risque des relèvements des taux d’intérêt est de plonger l’économie en récession. Dans le passé, des relèvements importants ont conduit à des contractions du PIB. Ce fut ainsi le cas en France après le second choc pétrolier et en 1993.

    Entre inflation et récession

    Le gouvernement doit donc faire face à deux maux, l’inflation qui sape les fondations de l’économie en accentuant les tensions sociales, d’une part, et la récession, d’autre part. Du fait d’une accumulation impressionnante de crises, ces quinze dernières années, les pouvoirs publics craignent la réaction de l’opinion tant vis-à-vis de l’inflation que de la récession, jusqu’à mettre en œuvre des politiques économiques incohérentes. Les décisions de compenser les effets de l’inflation pour les ménages ont pour conséquence de préserver leur pouvoir d’achat et leurs capacités de consommation. Au lieu de se réduire, la demande se maintient sachant que, de leur côté, les entreprises subissent d’importantes augmentations de coûts de production et doivent faire face à des problèmes d’approvisionnement et de main d’œuvre.

    Risque de sortie de route

    Freiner par les taux d’un côté et soutenir par des subventions de l’autre peut provoquer un véritable tête à queue ou plutôt une sortie de route. Celle-ci pourrait provenir aussi de l’augmentation des dépenses publiques en lien avec les mesures de soutien qui alimentent une dette et un déficit déjà abyssaux. Compte tenu du poids de ces derniers, l’État ne peut guère supporter une hausse importante des taux d’intérêt qui mettrait en danger sa solvabilité, déjà mise à dure épreuve avec le ralentissement voire la disparition de la croissance.

    Depuis la crise financière, les États pratiquent la fuite en avant en ayant recours à la monétisation de leurs dettes et en profitant de la baisse des taux. Ces deux outils sont aujourd’hui condamnés car ils sont des créateurs d’inflation.

    La question du financement des déficits se pose donc. Jusqu’à maintenant, les banques centrales, les contribuables et les épargnants les ont pris à leur charge. Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les générations futures qui devront les rembourser, les dettes des États étant perpétuelles, et seul le remboursement des intérêts étant inscrit dans les lois de finances.

    La tentation de la taxe

    La question de l’augmentation des impôts se posera donc à court ou à moyen terme. Face à cette éventualité, la tentation est de taxer plus lourdement les entreprises qui réalisent de confortables bénéfices en lien avec l’augmentation des prix de l’énergie et des matières premières.

    Pour les tenants du libéralisme classique, la réalisation de larges profits n’est pas synonyme de vitalité économique mais la preuve d’une situation de rente préjudiciable aux consommateurs comme aux producteurs. Par ailleurs, toujours pour les économistes libéraux, des bénéfices importants amènent une mauvaise allocation des ressources. Les entreprises riches ne connaissant pas le prix de l’argent ont tendance à investir sans tenir compte de la rentabilité à long terme. Il vaut mieux dans ce cas qu’elles distribuent des dividendes, les actionnaires pouvant alors financer des projets rentables.

    Certes, l’État pourrait tirer avantage de prélever une partie de la rente pour financer des investissements ou des dépenses courantes mais cela ne préserve en aucun cas du risque de gaspillage.

    Développer la concurrence face aux positions de rente

    L’autre moyen serait d’imposer un réel prix sur les émissions de carbone pour accélérer la transition énergétique. Cette méthode prônée par de nombreux experts bute à la fois sur son acceptabilité et sa faisabilité. L’autre moyen serait d’accroître la concurrence face au développement des positions de rentes qui apparaissent toujours durant les périodes de mutations et d’incertitudes. Or, en période de crise, les États ont tendance à renforcer la position des grandes entreprises, soit en les subventionnant, soit en les nationalisant, ce qui signifie par ricochet une augmentation des dépenses publiques.

    Réduire la dette par l’érosion monétaire ?

    Les politiques économiques des États occidentaux sont de plus en plus complexes, ayant recours à un grand nombre de curseurs dont les effets se croisent, voire se contredisent. En poursuivant ainsi plusieurs objectifs, les gouvernements prennent le risque de n’en atteindre aucun et de maintenir l’inflation à un niveau élevé, à moins que ce ne soit in fine le véritable objectif poursuivi afin de réduire le poids de la dette par érosion monétaire.

  • Guerre en Ukraine : des doutes côté russe ?

    Guerre en Ukraine : des doutes côté russe ?

    Suite au retrait des troupes russes d’une partie de l’Ukraine, des experts de la télévision d’État russe ont critiqué ce mouvement. La Russie serait-elle en train de douter ?

    Depuis début septembre, les soldats ukrainiens opèrent une contre-offensive et ont repoussé les forces russes sur 6 000 km2 de leur territoire dans l’est et le sud. L’ambassadeur de France en Ukraine, Etienne de Poncins, estimait le 13 septembre sur FranceInfo, qu’« une victoire ukrainienne est possible ».

    « Quand on défend sa terre on est toujours plus fort que quand on agresse un autre pays » estime le général François Chauvancy, invité de TV5MONDE. C’est donc la différence de motivation des soldats russes et ukrainiens qui impactera la guerre.

    Le général rappelle que tous les citoyens ont pris les armes directement, lors de l’envahissement de leur pays par la Russie, en février dernier. S’ils « se sont battus bec et ongles » depuis le début, ils viennent de signer la première défaite des troupes russes à Kharkiv, grâce à une « campagne militaire » étalée sur l’ensemble du territoire. Selon l’expert militaire, les Ukrainiens cherchent les failles dans les lignes russes, afin d’avancer.

    L’ambassadeur français en Ukraine, Etienne de Poncins (à gauche) estime qu’une victoire de l’Ukraine « est possible » © Wikipedia

    Vers de possibles négocations ?

    La patronne de la chaine de télévision russe RT a pris la parole pour la première fois pour appeler à des négociations. Aux yeux de François Chauvancy, cette invitations aux pourparlers traduit une défaite du camp russe. Avant d’ajouter « qu’il y a une défaite militaire de la Russie aujourd’hui » et donc l’occasion de négocier. Seulement, nous pouvons nous demander si l’Ukraine serait prête à accepter des négociations si elle ne récupère pas l’ensemble du territoire occupé, y compris la Crimée.

    Une analyse de TV5MONDE

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