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  • Ce n’est pas facile tous les jours d’être génération Y ou Z 

    Ce n’est pas facile tous les jours d’être génération Y ou Z 

    La génération Y (personnes nées dans les années 1980/1997) qui aujourd’hui se rapproche de la quarantaine a commencé à travailler dans les années marquées par la crise financière de 2007/2009. 

    La génération Z (personnes nées entre les années 1997/2010) dont les premiers éléments atteignent la vingtaine d’années a été touchée par l’épidémie et l’arrêt sur image des économies. Les deux chocs ne sont pas de la même nature. 

    La crise des subprimes a marqué un coup d’arrêt dans la mondialisation et dans la montée en puissance de la consommation. La crise sanitaire a perturbé les relations sociales. Le contexte est également différent. L’acuité du réchauffement climatique a considérablement augmenté en une dizaine d’années, les jeunes étant devenus les avocats de la décarbonation des activités. Le marché du travail a également changé. Si à la sortie de la crise financière, le chômage était élevé, à la sortie de l’épidémie, les pénuries de main-d’œuvre sont légion. 

    Y et Z, 30% de la consommation des ménages

    Les générations Y et Z rassemblent 125 millions de consommateurs au sein de l’Union européenne et 110 millions aux États-Unis, soit un tiers de la population. Selon l’hebdomadaire « The Economist », les deux générations Y et Z sont à l’origine de 30 % de la consommation des ménages aux États-Unis comme en Europe. Ils ont un rôle de prescripteurs importants. Les représentants de la génération Y en avançant en âge commencent à devenir des épargnants. Leur rapport à l’argent est différent de celui de leurs aînés. Ils ont connu durant leur vie la baisse des taux d’intérêt et l’augmentation des cours des actions ainsi que celle de l’immobilier. Cette génération qui est née avec le numérique était jusqu’à maintenant plutôt optimiste concernant son avenir. 

    A contrario, la génération Z est plus sombre. Selon une étude de McKinsey, publiée en 2022, un quart des membres de cette génération aux États-Unis et en Europe doutent de la possibilité de percevoir une retraite et la moitié pensent qu’ils n’auront pas les moyens d’acquérir une résidence principale. Cette appréciation est à mettre en parallèle avec le fait que les générations Y et Z ont accumulé moins de richesses que la génération X (1965/1980) ou les babyboomers (1946/1964) au même âge.

    Frugalité et frénésie consumériste 

    Face à la consommation, les jeunes générations sont éprises de contradictions. Elles peuvent tout à la fois prôner la frugalité au nom de la protection de l’environnement et faire acte de frénésie consumériste. Selon McKinsey, la génération Y américaine a dépensé en 2022 17 % de plus qu’en 2021. Après la période des confinements, les jeunes générations ont été prises d’une envie d’achats avec à la clef des demandes d’étalement des paiements. Toujours selon l’étude McKinsey, 45% des Européens adolescents et de moins de 30 ans souhaitaient en 2022 accroître leurs dépenses quand 83 % des babyboomers n’imaginaient pas le faire. 

    Le paiement différé est de plus en plus en vogue chez les jeunes consommateurs. Ces derniers achètent de plus en plus en ligne par simple clic et de moins en moins en boutiques. L’acte d’achat est simplifié. L’accès aux produits s’effectue par les applications de vente et les réseaux sociaux. 

    Les jeunes acheteurs n’ont jamais connu un monde sans smartphones. Plus des deux tiers des Américains de 18 à 34 ans passent quatre heures ou plus sur leurs appareils chaque jour. Ces jeunes consommateurs exigent des délais de livraison réduits au maximum. 

    S’ils sont des acheteurs compulsifs, les membres des générations Y et Z ont néanmoins un rapport à la propriété différent de celui de leurs aînés, appréciant les abonnements et l’accès partagé aux produits. Ils sont friands des sites en ligne de location, ou de vente de produits d’occasion. Les jeux et la vidéo en ligne sont parties prenantes de leur quotidien. La télévision et la radio sont en revanche sorties de leur univers.

    Le modèle chinois du commerce social

    Au niveau des réseaux, la génération Z place en tête Tik Tok devant Instagram et Pinterest. Facebook est clairement identifié comme un réseau pour babyboomers. Les annonceurs se sont adaptés et investissent Instagram et TikTok. Les vidéos générées par les utilisateurs de ce réseau peuvent propulser en quelques jours des marques inconnues vers la renommée. Les applications ajoutent de plus en plus de fonctionnalités qui permettent aux utilisateurs de réaliser des achats sans jamais quitter la plateforme. 

    Selon McKinsey, en 2021, six Américains sur dix de moins de 25 ans avaient effectué un achat sur un site de médias sociaux. Certains suivent le modèle chinois du « commerce social » en mélangeant le divertissement en direct avec le magasin de hasard. Ce phénomène est un peu moins développé même si la génération Z achète de plus en plus sur les réseaux sociaux et notamment ceux permettant d’accéder à des jeux en ligne. La majorité des achats réalisés par des jeunes de moins de 34 ans demeure effectuée encore en-dehors des réseaux sociaux. Ces jeunes privilégient des sites comme Amazon dont la gamme large de produits et de services séduit.

    Concevoir ses propres baskets et acheter « éthique »

    La génération Z ne boude pas les boutiques physiques mais celles-ci doivent être reliées au monde virtuel. Nike cible avec succès les jeunes acheteurs en leur permettant de concevoir leurs propres baskets sur son site Web, de les récupérer en personne après avoir assisté à un cours de danse en magasin. Ces consommateurs sont invités à taguer la marque dans une vidéo sur TikTok ou Instagram. L’achat doit être individualisé et donner lieu à une communication en ligne au profit des différentes communautés. 

    La génération Z et dans une moindre mesure la génération Y sont sensibles aux questions éthiques. Elles sont prêtes à abandonner une marque qui ne serait pas en phase avec leur vision morale de la société en particulier sur les questions environnementales. Selon la société de relations publiques Edelman, sept membres sur dix de la génération Z dans les six principaux pays de l’OCDE doutent des messages des publicités. Selon l’enquête de McKinsey d’octobre 2022, neuf Européens de la génération Z et de la génération Y sur dix ont changé leur façon de faire leurs achats en prenant en compte des données éthiques. 

    Les priorités en matière d’achats diffèrent selon les générations. Les babyboomers plaçaient les produits de luxe et de loisirs parmi les biens non indispensables. Leurs achats étaient sporadiques et correspondaient à un acte plaisir. Pour les jeunes générations, ces produits sont incontournables. Selon Bain, un cabinet de conseil, l’acheteur moyen de la génération Z effectue son premier achat de luxe à l’âge de 15 ans, contre 19 ans pour ceux de la génération Y. Les jeunes ne conservent pas obligatoirement longtemps les produits de luxe. Ils les échangent sur les plateformes de vente d’occasion comme Vinted.

    Le droit à la différence, principe fondateur 

    Si pour les babyboomers, l’achat de la voiture a été longtemps un acte d’identification sociale, aujourd’hui, celle-ci a été, sur ce terrain, remplacée par l’acquisition d’une paire de sneakers siglés ou d’un sac de marque. Les valeurs des jeunes consommateurs sont axées sur une reconnaissance des spécificités des communautés, des sexes, des cultures. La notion d’égalité n’est pas celle des générations du babyboom. Le droit à la différence est admis comme principe fondateur, d’où le succès du « wokisme ». Les études du cabinet de conseil américain Forrester Research soulignent que cette attitude est encore plus courante chez les adolescents et les personnes dans la vingtaine que chez leurs homologues un peu plus âgés.

    Des marques s’inscrivant dans une logique identitaire et de protection de l’environnement 

    Le changement climatique est un thème clivant, les jeunes générations imputant aux babyboomers une responsabilité directe dans le réchauffement climatique. À travers une étude dans 16 pays, KPMG souligne que la génération Z s’inquiète plus du changement climatique et des catastrophes naturelles que toute autre génération. 

    Selon une enquête de Crédit Suisse, les jeunes des marchés émergents sont encore plus inquiets que ceux issus des pays de l’OCDE. Les jeunes recherchent des marques s’inscrivant dans une logique identitaire et de protection de l’environnement. Aux États-Unis, « Patagonia », une marque de vêtements de plein air haut de gamme mettant l’accent sur la préservation de la planète, est plébiscitée chez les jeunes.

    Un jeune sur six pense qu’il est possible que la terre soit plate 

    Si La génération Z entend changer le monde afin de préserver la planète, certains de ses éléments sont perméables aux thèses anti-scientifiques relayées au sein des réseaux sociaux. Selon une enquête de l’IFOP publiée au mois de janvier 2022 par l’Express, seulement 33 % des jeunes Français de moins de 25 ans pensent que la science apporte plus de bien que de mal, soit 22 points de moins qu’en 1972. Un jeune sur six pense qu’il est possible que la Terre soit plate. Un sur cinq estime que des extraterrestres ont bâti les pyramides d’Égypte. Les jeunes passant le plus de temps sur les réseaux sociaux et notamment TikTok sont ceux qui remettent en cause le plus fortement les données scientifiques communément admises. 

    21 % des jeunes consommateurs assidus à YouTube et 29 % de ceux qui le sont à TikTok considèrent que la terre est plate. Le fait que la conquête lunaire serait une manipulation des États-Unis est de plus en plus admis chez les jeunes. 37 % de ces derniers ne considèrent pas que l’Homme soit le fruit d’une évolution naturelle (27 % dans l’ensemble de la population). 45 % de jeunes estiment que les vaccins ARN contre la covid peuvent potentiellement tuer les enfants (32 % en moyenne). Les professeurs ont du travail pour plusieurs années….

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 31.01.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 31.01.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans le dernier bulletin d’actualités du mois de janvier, aujourd’hui votre édition sera consacrée aux conséquences de la grève en France pour les Français de l’étranger. 

    Réseau AEFE 

    La mobilisation s’annonce forte. Du coté des intersyndicales dans le réseau AEFE, on estime que 75% des classes devraient être fermées avec des pointes de mobilisation en Amérique du Sud, en Espagne, en Allemagne et dans quelques pays asiatiques où les établissements devraient rester portes closes. Normalement, les établissements vous ont écrit entre vendredi et lundi pour vous communiquer les dispositifs d’accueil, quand il y en a, qui seront disponibles aujourd’hui. 

    réforme des retraites

    Consulats 

    L’ensemble des services consulaires seront fermés aujourd’hui. Si les fonctionnaires à l’international font rarement grève, ils seront bien sur le pied de guerre aujourd’hui. Des appels aux communautés françaises à venir rejoindre les grévistes devant les consulats ont d’ailleurs été lancés. On s’attend à de fortes mobilisations comme à Barcelone. 

    Voyages 

    Vous aviez peut-être prévu de voyager vers ou depuis la France ce mardi 31 janvier. Bonne nouvelle, les trains comme Eurostar ou Thalys annoncent un trafic quasi-normal. Du coté des avions, 4 vols sur 5 devraient être assurés. Le plus dur finalement sera soit d’arriver au terminal de départ soit d’en repartir. Bon courage !

    Air France
    Air France

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une édition consacrée aux résultats de cette journée de grève qui s’annonce historique. 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • A quelle mobilisation s’attendre ce mardi 31 janvier contre la réforme des retraites ?

    A quelle mobilisation s’attendre ce mardi 31 janvier contre la réforme des retraites ?

    La mobilisation n’a pas défailli en France depuis la première journée de manifestation contre le projet de réforme des retraites du président Emmanuel Macron. Depuis le 19 janvier qui fut marqué par des mouvements un peu partout dans le monde, débrayages, petites manifestations locales se sont multipliés. Du côté des Français de l’étranger, la mobilisation, pour ce mardi 31 janvier, s’annonce encore plus importante parmi les agents de l’Etat ou de l’AEFE, mais pas seulement, l’intersyndicale des établissements scolaires appelle les Français résidant dans différents pays à venir manifester devant les consulats.

    Ministère des Affaires étrangères

    Forts du succès du jeudi 19 janvier, première journée de mobilisation contre le projet de réforme des retraites, l’ensemble des syndicats ont appelé à une nouvelle journée d’action ce mardi.

    Comme la CFDT-MAE qui appelle donc une nouvelle fois l’ensemble des agents du ministère des Affaires étrangères à se mobiliser fortement le mardi 31 janvier 2023, à se déclarer en grève et à venir manifester à Paris (13h – place d’Italie) et à Nantes (10h30 – miroir d’eau/château). Un mouvement que relaient les responsables syndicaux dans les ambassades et consulats.

    Manifestation à Paris le 19 janvier 2023 ©AFP

    Il faut donc s’attendre à voir la quasi-totalité des services consulaires fermés ce mardi 31 janvier. Si vous aviez rendez-vous, anticipez et prenez, dès à présent, une nouvelle date.

    AEFE

    Dans les établissements du réseau scolaire hors de France, à l’occasion de la journée du 31 janvier 2023, l’intersyndicale invite ses représentations locales à se mobiliser également par tous les moyens appropriés (courrier, pétition…). Avec des taux frôlant, dans certains pays, les 100% le 19 janvier, il est fortement probable que les établissements scolaires ne puissent recevoir les enfants inscrits ce mardi.

    Le combat est aussi élargi à l’amélioration des retraites des personnels recrutés localement et ce alors qu’ils ne dépendent pas du système français. En effet, pour le même emploi, selon que le professeur soit détaché ou recruté sur contrat local, les droits ne sont pas les mêmes, une situation qu’aucun syndicat ne cautionne.

    Enfin, en Espagne, mais aussi au Maroc ou même en Asie, certains responsables syndicaux appellent les parents d’élèves, et plus largement tous les Français installés dans les pays où de telles manifestations sont organisées, à les rejoindre devant les consulats. L’objectif des syndicats est d’élargir la contestation à tous les expatriés qui peuvent être concernés. Pour rappel, la réforme peut avoir des des effets bien plus lourds en cas de carrière hachée, entraînant une rupture de cotisations en France, et éloignant donc de fait la date de départ à la retraite possible.

    Autre thème qu’abordent les syndicats, c’est l’absence de continuité dans les droits à la retraite, les conventions avec la France sur ce volet social étant rares et quasi inexistantes hors de l’Union européenne.

    Les transports

    Les voyageurs sont invités à reporter leur voyage. La circulation des trains sera « très fortement perturbée » mardi 31 janvier, pour la deuxième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, en particulier pour les trains régionaux TER et Transilien, et sera « fortement perturbée » pour les TGV, a annoncé la Société nationale des chemins de fer français (SNCF).

    La compagnie ferroviaire prévoit deux TGV sur cinq sur l’axe nord, un sur deux dans l’est, un sur quatre sur l’arc atlantique, un sur deux sur le sud-est et deux sur cinq pour les Ouigo. Pour les trains régionaux, elle prévoit deux TER sur dix en moyenne, et le trafic des Intercités sera également « très fortement perturbé » : aucun train ne circulera, à l’exception d’un aller-retour sur les liaisons Paris-Clermont-Ferrand, Paris-Limoges-Toulouse et Bordeaux-Marseille. Les trains de nuit seront eux totalement interrompus les nuits de lundi à mardi et de mardi à mercredi 1er février.

    En Île-de-France, un train sur trois sur les lignes A, B, H et U, ainsi qu’un train sur quatre sur la ligne K, et un train sur dix pour les lignes C et D (en partie fermées), E, J, L, N, P et R, selon un communiqué. Les lignes 4, 11 et 13 du tramway fonctionneront normalement.

    Côté international

    Les trains connaîtront des sorts divers : la circulation des Eurostar et Thalys fonctionnera quasi normalement, mais le trafic des TGV sera « fortement perturbé » entre la France et la Suisse (Lyria).

    En parallèle, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a exhorté les compagnies aériennes à annuler préventivement un vol sur cinq à l’aéroport parisien d’Orly. En effet, « la DGAC a demandé aux compagnies aériennes de réduire leur programme de vols de 20 % pour la journée du mardi 31 janvier 2023 sur l’aéroport de Paris-Orly », selon un communiqué.

    « En dépit de ces mesures préventives, des perturbations et des retards sont néanmoins à prévoir », a précisé l’Aviation civile.

  • Retour sur la visite d’Olivier Becht en Thaïlande et au Cambodge

    Retour sur la visite d’Olivier Becht en Thaïlande et au Cambodge

    Olivier Becht est depuis juillet 2022 le ministre délégué aux Français de l’étranger et au Commerce extérieur. Le second portefeuille étant primordial pour notre économie, en effet la balance commerciale française est depuis des décennies le point noir de l’économie française. Combiner les deux portefeuilles est une bonne idée, les Français installés dans les différents pays participent au rayonnement de notre pays mais sont aussi, souvent, les premiers importateurs, dans leur pays de résidence, des produits français qu’ils font découvrir ainsi à travers le monde. La semaine dernière, du 23 au 26 janvier 2023, nous avons suivi la visite d’Olivier Becht en Thaïlande et au Cambodge.

    La balance commerciale française

    Mais avant de se plonger dans le déplacement de notre ministre, on fait un point sur la balance commerciale de la France en 2022.

    Malheureusement, l’année dernière est une nouvelle année record pour le déficit commercial français qui est largement supérieur au niveau anticipé par le gouvernement.

    Selon les données publiées ce lundi 09 janvier 2023 par les Douanes, il atteint 159,5 milliards d’euros sur les douze derniers mois. C’est 3 milliards de plus que ce qui était indiqué dans le projet de loi de Finances pour 2023, qui tablait sur une balance commerciale dans le rouge de 156 milliards d’euros.

    Autant dire que les chiffres de décembre, qui seront publiés le 7 février prochain, propulseront le déficit bien au-dessus des 160 milliards d’euros. Reste désormais à savoir quel profil présentera l’année qui vient tout juste de démarrer. Dans son projet de loi de Finances, l’exécutif anticipe que le déficit commercial de l’Hexagone « serait quasiment stable en 2023 (à 154 milliards) sous l’hypothèse d’une stabilisation des prix des importations d’énergie à leur niveau record de 2022 ».

    Ces chiffres démontrent l’importance de la mission confiée à Olivier Becht. Un défi qu’il a décidé de relever comme le démontrent ses nombreux déplacements depuis sa prise de fonction.

    L’Année de l’Innovation France-Thaïlande 2023

    Symbole de la volonté de rapprochement des deux Etats et de leurs sphères économiques, Olivier Becht a lancé l’« Année de l’Innovation » qui doit permettre de favoriser les échanges entre les entreprises et les communautés scientifiques de Thaïlande et de France.

    Lors de sa visite à Bangkok, il a participé à la signature de l’accord de Joint Venture signé entre la start-up française Afyren et le groupe sucrier thaïlandais Mitr Phol.

    « C’est une opportunité unique de valorisation de l’industrie locale du bioéthanol de canne à sucre : 20% de la production sera commercialisée en Thaïlande, et le reste dans toute l’Asie. C’est aussi une coopération qui sert les objectifs de la Thaïlande en matière d’industrie bas carbone.« 

    Olivier Becht, ministre délégué aux Français de l’étranger et au Commerce extérieur
    Lancement de l’Année de l’Innovation à Bangkok le 25 janvier 2023 ©Olivier Becht sur LinkedIn

    En parallèle, signe des temps qui changent, Olivier Becht a aussi fait la promotion du potentiel de notre pays. Il a ainsi échangé avec plusieurs investisseurs thaïlandais pour approfondir les perspectives de projets communs, comme avec le groupe Charoen Pokphand (un conglomérat mondial spécialisé en agroalimentaire, télécommunications et commerce de détail, qui est présent dans plus de 30 pays).

    Enfin, sur place, le ministre a rencontré la communauté française à travers un déjeuner à la CCI franco-thaï.

    Au Cambodge, une présence française forte

    Après la Thaïlande, notre ministre VRP est allé poser ses valises au Cambodge. Du fait de l’Histoire et des liens culturels, économiques et politiques, entre ce pays, ancienne colonie de l’Indochine, et de la France, Olivier Becht est arrivé sur un terrain bien plus favorable que l’indépendante Thaïlande (le Siam n’a jamais été colonisé).

    Une histoire commune

    Olivier Becht a commencé sa visite en rendant un hommage appuyé à notre histoire commune à travers une cérémonie en hommage aux 184 soldats khmers morts pour la France pendant la 1ère guerre mondiale, lors du lancement du chantier de reconstruction du monument aux morts « Roup Pi ».

    « Moment fort et historique de cette visite ministérielle d’Olivier BECHT au Cambodge »

    Florian Bohême, Conseiller des Français du Cambodge

    Des liens économiques puissants

    Les grands groupes français jouent, en effet, un rôle important dans le développement du Cambodge : c’est le cas, par exemple, de Total, présent depuis 1993 (fin de la dictature Khmer), qui distribue un quart des carburants du pays, ou encore de Vinci dont Olivier Becht a visité le chantier emblématique de la station d’eau potable de Bakheng à Phnom-Penh. Ce projet d’envergure, financé pour partie par l’Agence française de développement, l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement, constitue un investissement essentiel à la distribution d’eau dans Phnom Penh. Pour Olivier Becht, ce projet « témoigne de la confiance inspirée par l’expertise française« .

    Comme l’a rappelé Olivier Becht lors de ses interventions, ce n’est qu’un projet parmi d’autres, la francophonie, la vivacité de la communauté française et les nombreux binationaux sont des atouts majeurs pour renforcer le dynamisme de la relation économique et culturelle entre la France et le Cambodge. On notera que la French Tech est particulièrement développée sur place.

    Cette semaine, Olivier Becht sera au Japon, nous y reviendrons dans quelques jours.

  • Les systèmes de santé face au vieillissement 

    Les systèmes de santé face au vieillissement 

    La saturation des urgences, les déserts médicaux, la multiplication des patients sans médecin référent, l’impossibilité d’obtenir des rendez-vous dans des délais raisonnables, ne sont pas spécifiques à la France. Tous les systèmes de santé occidentaux sont confrontés à ces problèmes. Le passage à une médecine de masse du fait du changement des comportements et du vieillissement de la population constitue une révolution à laquelle aucun pays n’a pour le moment réussi à apporter une réponse tangible

    La généralisation de la Sécurité sociale a facilité l’accès à la médecine. Le recours aux professionnels de santé est devenu un acte courant quand il était mesuré voici quarante ans. La diminution du reste à charge pour les ménages avec une aversion aux risques plus élevés les incite à multiplier les rendez-vous chez les praticiens. 

    La proportion croissante du nombre de personnes de plus de 65 ans qui représente déjà un cinquième de la population au sein de l’OCDE était prévisible mais n’a pas été accompagnée par une montée en puissance des infrastructures et du nombre de professionnels de santé. Le problème est général.

    Encombrement des hôpitaux 

    Le National Health Service (NHS) britannique est confronté à une crise hivernale sans précédent, les temps d’attente pour être traité en urgence même en cas de crise cardiaque pouvant atteindre 90 minutes. Au Canada, les autorités ont demandé l’aide à la Croix-Rouge pour gérer l’afflux de patients dans les hôpitaux. En Suisse, les établissements de santé sont également confrontés à des problèmes de gestion des malades. 

    Tous les systèmes de santé doivent faire face à une augmentation du nombre de malades avec, à la clef, un nombre accru de décès. En France, ce dernier est passé de 529 000 en 1992 à 667 000 en 2022. Ce nombre n’était que de 613 000 en 2019. En trois ans, la mortalité s’est accrue de 10 % à 25 % selon les pays européens.

    Dépenses de santé en forte progression 

    Les dépenses de santé sont en forte progression au sein de tous les États de l’OCDE. Elles dépassaient 9 % du PIB, en moyenne, contre 8 % avant la crise sanitaire. En France, les dépenses publiques de santé s’élevaient à 9,2 % du PIB en 2021. Déjà sous tension au niveau de la main d’œuvre depuis plusieurs années, l’épidémie de covid n’a fait qu’accroître le problème.

    Plus de patients, moins de professionnels 

    Depuis des années, les pays occidentaux ont tenté de maîtriser les dépenses de santé en limitant le nombre de professionnels (numérus clausus), en réduisant le prix des médicaments (génériques) et en régulant les dépenses à l’hôpital. Comme d’autres secteurs d’activité, celui de la santé doit faire face à une recrudescence des démissions et à une autolimitation des horaires de travail. Plus de patients et moins de professionnels avec une productivité déclinante, le cocktail est explosif. 

    La résorption de la crise dans les systèmes de santé prendra du temps en raison notamment des délais de formation des médecins et des infirmières. Par ailleurs, dans les pays occidentaux, le secteur de la santé est en proie à des cloisonnements et à une lourdeur administrative difficiles à surmonter. L’épidémie de covid-19 a permis de bouger de nombreuses lignes notamment en impliquant davantage les pharmaciens (diagnostics, vaccinations). Les consultations à distance avec le recours à des appareils d’autodiagnostic (montres connectées par exemple) devraient se multiplier à l’avenir pour réduire l’engorgement des urgences et des cabinets des praticiens.

  • Royaume-Uni : dans un fief pro-Brexit, l’heure des regrets est arrivée

    Royaume-Uni : dans un fief pro-Brexit, l’heure des regrets est arrivée

    Grays, ville à une trentaine de kilomètres à l’Est de Londres, avait voté massivement en faveur du Brexit. Trois ans après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, en pleine crise sociale, certains expriment des regrets.

    « J’ai voté Brexit mais je le regrette » : Maria Yvars, 42 ans, se sent flouée par les politiques. « Ils ne nous ont pas donné tous les éléments. (…) Ils nous ont vendu quelque chose qui n’existait pas », s’emporte cette psychologue.

    « Maintenant ce pays est comme un bateau sans capitaine », dit-elle alors que trois Premiers ministres se sont succédé à la tête du gouvernement conservateur en 2022.

    Lors du référendum en juin 2016, 72,3% des électeurs ont voté en faveur du Brexit dans la circonscription locale de Thurrock, dont Grays est la plus grande ville avec environ 75.000 habitants, contre 52% à l’échelle du Royaume-Uni.

    Cela en fait la quatrième du pays, sur un total de 382, à avoir voté le plus massivement pour une sortie de l’UE, devenue effective le 31 janvier 2020 après des années de chaos politique.

    L’europhobe et populiste Nigel Farage ne s’y était pas trompé : c’était de Thurrock qu’il avait dévoilé dès avril 2015 son manifeste anti-UE.

    Thurrock est une vieille région industrielle, située sur l’estuaire de la Tamise, qui a attiré beaucoup de migrants d’Europe de l’Est. La circonscription couvre la ville de Tilbury, l’un des principaux ports de containers du pays. L’AFP s’y était rendu en reportage en 2017 : les Brexiters n’exprimaient alors aucun regret.

    Depuis des années, c’est une région qui souffre et la crise sociale actuelle, avec une inflation à plus de 10%, ne fait qu’aggraver les choses. L’autorité locale a fait faillite en décembre, après une série d’investissements désastreux.

    Dans la rue piétonne du centre de Grays s’enchaînent les magasins discount qui promettent des articles à une livre sterling, d’autres qui rachètent de l’or, de l’électroménager et encore des enseignes de paris sportifs. « Fermé pour toujours », lit-on sur une vitrine abandonnée.

    Lors du référendum en juin 2016, 72,3% des électeurs ont voté en faveur du Brexit dans la circonscription locale de Thurrock, dont Grays est la plus grande ville [claude-22 / Flickr]

    Lassitude

    « Oui, j’ai voté Brexit et je regrette de l’avoir fait », lâche une femme d’une cinquantaine d’années, qui veut rester anonyme. « Regardez le pays, c’est un désastre n’est-ce pas? ». Elle affirme que la plupart des gens qu’elle connait regrettent, comme elle, leur vote.

    Des proches qui se vantaient d’avoir voté Brexit sont désormais « embarrassés », voire même « honteux », assure Maria Yvars.

    Selon un sondage YouGov paru en novembre, le soutien au Brexit n’a jamais été aussi faible. Moins d’un tiers des Britanniques estime que c’était une bonne décision. Un Brexiter sur cinq a changé d’avis.

    A Grays, la plupart des passants que l’AFP a essayé d’interroger se sont éloignés aussitôt le mot « Brexit » prononcé, peut-être par lassitude. « Pas intéressé », ont répondu les plus polis.

    « A quoi s’attendaient les Brexiters? », lance une employée du NHS, le système public et gratuit de santé, qui elle voulait rester dans l’Union. « Nous avons perdu des fonds de l’UE ! »

    Sauver le NHS faisait partie des promesses du Brexit. « Nous envoyons à l’UE 350 millions de livres par semaine. Finançons plutôt le NHS », était-il écrit sur des bus rouges. Mais le système de santé est à bout de souffle et les infirmières ont commencé une grève historique en décembre.

    Situation « terrible »

    Mais tous, loin de là, ne regrettent pas leur choix. Elaine Read, une femme de 73 ans qui travaillait dans la finance à Londres, revoterait « probablement Brexit ».

    « Déjà en 1975, j’avais voté contre l’adhésion » à l’Europe, raconte-t-elle. « Nous sommes une île, nous sommes isolationnistes. J’avais l’impression avec l’UE que nous n’étions plus en contrôle ».

    Elaine Read

    Avec la pandémie de Covid-19 puis la guerre en Ukraine, « tant de choses se sont passées que nous n’avons pas eu l’occasion de voir les bénéfices » du Brexit. Pour elle, pas de doute: « la crise du coût de la vie n’est pas due au Brexit ».

    Le Royaume-Uni est le seul pays du G7 à n’avoir pas encore renoué avec son Produit intérieur brut (PIB) d’avant la pandémie. Malgré l’accord de libre-échange signé avec l’UE, l’organisme public de prévision budgétaire OBR estime que la sortie de l’UE réduira la taille de l’économie britannique d’environ 4% à long terme.

    Ray Yates, un ancien docker de 70 ans, reconnaît que la situation à Thurrock est « terrible » mais il croit toujours dur comme fer au Brexit. « Je soutiens toujours le Brexit, mais ça prendra du temps. Au moins dix ans et un nouveau gouvernement ».

  • A bientôt les enfants

    A bientôt les enfants

    Si les armements sont importants pour gagner des batailles, il en faut plus pour emporter la victoire. En premier lieu définir les objectifs de paix. 

    Escalade ou non, la décision de livrer des chars lourds à l’Ukraine définit sinon un but, du moins une volonté : 50 pays étaient à Ramstein, la base de l’OTAN en Allemagne. L’Allemagne n’a décidé de livrer des chars qu’avec l’engagement similaire des États-Unis. Ce sont donc ces 50 pays qui sont associés, décidés à empêcher Poutine de gagner cette guerre, à donner à l’Ukraine les moyens de restaurer ses frontières. Aujourd’hui des chars, demain des missiles, des avions ? Evidence. Tout ce qui sera nécessaire.

    Est-ce une escalade ? Bien sûr, puisqu’il y avait la possibilité de ne rien faire. Se serait installé, comme dans le Donbass depuis 2014, un nouveau conflit gelé, après la Géorgie, la Transnistrie, l’Azerbaïdjan, une immense glaciation. Depuis le début, il était possible de ne pas défendre l’Ukraine. Les États-Unis auraient démontré leur désintérêt pour l’Europe, les Européens leur impuissance, leur soumission. La Russie aurait été le maître, chanteur et rançonneur, en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Méditerranée, dans la Baltique… Partout on aurait vu la fin des démocraties. Et du droit. Partout le règne de la force.

    Va-t-on en prison pour des fleurs ?

    Sans doute, une résistance ukrainienne se serait formée. Les Russes auraient été longtemps empêtrés. Mais le peu d’importance qu’ils accordent à la vie humaine aurait envoyé la plupart des Ukrainiens en exil ou en prison. Dans les régions qu’ils occupent, les Russes enferment dans des prisons nouvelles ceux qui refusent de participer à leur « opération spéciale » : civils ukrainiens, conscrits russes. En Russie, des femmes portent des fleurs sur les monuments des figures historiques ukrainiennes pour marquer leur opposition à la guerre. Va-t-on en prison pour des fleurs ? Tous les jours, les miliciens les enlèvent. Tous les jours, elles reviennent. Toute autre forme d’opposition est condamnée. Journalistes et opposants sont en exil ou en prison. Le Comité Helsinki, la dernière organisation des droits de l’Homme, a été interdit. 

    Cette défense, cette résistance ukrainienne a tout changé. L’engagement européen – avec les Américains- est venu parce qu’ils ont résisté. Voici que se forme une nouvelle alliance démocratique. Beaucoup de pays se tiennent sur la réserve, attendent de voir, selon leurs intérêts ou parce que les dirigeants, dictateurs fragiles, apprécient Poutine et son soutien (Mali, Burkina, Arabie). 

    Les autocraties avaient repris du poil de la bête après la vague libérale qui avait suivi l’effondrement de l’URSS. Depuis la crise de 2008, le succès chinois faisait apparaître un autre modèle : une société dirigé par une élite, rassemblée dans un parti unique, apporte ordre et prospérité (bien mieux que les décadents). Tout le monde y est libre à condition de ne pas déranger et d’obéir. Ce type de régime, en l’absence d’une idéologie totalitaire, communisme ou fascisme, s’en remet aux vieilles techniques : culte du chef et nationalisme. Cette confrontation pour la domination du monde se double de multiples conflits, par l’économie, la finance, la puissance militaire, les ressources stratégiques… Mais cela ne suffit pas : il faut incarner l’avenir, un rêve, une supériorité « morale ». 

    L’ordre doit paraitre « juste » pour être supportable. D’autant plus que les régimes autoritaires vivent sur la corruption, puisque ce sont des systèmes de contrôle, autorisations arbitraires et passe-droits.

    Avec une bombe nucléaire, on peut tout faire. En vérité non : on ne peut que s’asseoir dessus  

    C’est là, sur l’aspect moral, que Poutine a déçu. Enfermer les Ouïghours, c’est possible : les images de camps décrivent un pays des merveilles, preuve que les Chinois détestent qu’on leur en parle. Ils se veulent sans tâche morale. Toute l’industrie cinématographique chinoise vante une vertu classique, héroïque, nationaliste. Or Poutine commet crime sur crime à la vue du monde : destruction de villes, exécutions, viols… Les malheurs de la guerre n’excusent pas tout. Il montre impuissance et faiblesse, promesses de défaite. Et puis il y a ces deux limites à ne pas franchir : le premier, la bombe atomique. Les Chinois (et les Indiens) ont rappelé que le tabou restait tabou. Une bombe, même tactique, laisserait entendre qu’ils pourraient en recevoir dans un avenir plus ou moins proche. Il y eut un tel risque entre l’Inde et le Pakistan, en février 2019. Laisser un Docteur Folamour agiter la bombe oblige à l’éliminer par tous les moyens. Les cyniques disent : avec une bombe nucléaire, on peut tout faire. En vérité non : on ne peut que s’asseoir dessus. S’il existe un dirigeant assez fou pour briser ce tabou, alors c’est un devoir universel de mener contre lui une opération d’élimination antiterroriste.

    La déportation de dizaines de milliers d’enfants en vue de les « russifier » est un désastre moral  

    Le deuxième tabou, ce sont les enfants. La déportation de dizaines de milliers d’enfants en vue de les « russifier » est un désastre moral : on ne sépare pas les enfants des parents. Ce n’est pas la « russification » le problème ; « décontaminer » les Ouïghours de l’Islam se comprend. Ce sont les enfants : au pays de l’enfant unique, on ne touche pas aux enfants. 

    Selon le gouvernement ukrainien, 200.000 enfants auraient été envoyés en Russie. Une plainte a été déposée auprès de la CPI pour génocide. Des associations ont porté le sujet, comme en témoigne ce film, partagé sur les réseaux sociaux (que de nombreux Français de l’étranger relaient) :

    https://youtu.be/WEbzBX-MRpk

    A partir du moment où le pouvoir russe est allé jusque-là, alors il faudra, dans les négociations de paix un volet moral : les enfants doivent forcément être rendus à leurs parents, à leur pays.

    Si les enfants ne rentrent pas chez eux, quel droit, quelle sécurité ?  

    Les négociations ne seront pas seulement territoriales et sécuritaires. Elles porteront aussi sur le droit, celui des parents, des enfants. Logique : cette guerre est une guerre pour le droit. 

    Enfants ukrainiens attendant d’être évacués de Kiev en février 2022 ©Belga

    Encore une fois : frapper n’est pas antinomique de parler, de négocier. Tous les jours ils se parlent, pour les prisonniers, pour les céréales. On ne peut négocier vraiment que si l’on frappe (ou que l’on donne des chars). Mais il faut négocier en sachant ce que l’on veut obtenir : la paix pour longtemps, un système de sécurité fiable. Si les enfants ne rentrent pas chez eux, quel droit, quelle sécurité ? 

    Quand vient le moment où un dictateur comprend que pour rester en place il lui faut céder ? Quand il constate que ses adversaires ne céderont jamais. Ce que signifie l’envoi des chars. Il comprend qu’il devra faire face aux demandes de justice, et sacrifier quelques amis trop voyants. Autour de lui, beaucoup le comprendront avant lui, et se diront qu’il vaut mieux pour la Russie être un partenaire de l’Europe qu’un vassal isolé de la Chine. Les murs se fissurent de l’intérieur.

    Rétablir un système de sécurité fiable avec l’Europe est le seul avenir possible pour la Russie, sur des bases tout à fait nouvelles. C’est plus que possible, c’est indispensable.  Voilà pourquoi, au milieu de cette catastrophe, il est possible de dire, à bientôt les enfants. Encore faut-il le crier, partout dans le monde, pour qu’ils entendent.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 30.01.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 30.01.23

    Bonjour, bienvenue dans le premier flash de la semaine ! Ce lundi 30 janvier, François Hollande aimerait que les liens de solidarité avec les Français de l’étranger soient renforcés, la France rappelle son ambassadeur au Burkina Faso, tandis que le pays se prépare à une journée de mobilisation historique contre la réforme des retraites ce 31 janvier.

    François Hollande et Julie Gayet ont passé le week-end à Londres

    L’ancien Président de la République était dans la capitale britannique pour dédicacer son dernier livre, « Bouleversements », dédié à l’évolution de la politique internationale au cours des 10 dernières années. Dans un podcast exclusif sur le site d’actualités Lesfrancais.press, François Hollande décrypte pour les Français de l’étranger les crises en Iran, en Russie et bien sûr au Royaume-Uni. Il revient aussi sur la situation des expatriés et appelle à plus de solidarité. On l’écoute :

    François Hollande
    François Hollande

    Emmanuel Macron rappelle son ambassadeur au Burkina Faso 

    M. Hallade, en poste depuis septembre 2019, était dans le collimateur des autorités après avoir fait état de la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays, qualifiant le changement de pouvoir en septembre 2022 de « coup d’État » , et déclarant que « rester à Koudougou [la troisième ville du pays] représentait un risque important ». La junte au pouvoir a exigé son départ avant de reprendre les pourparlers sur un éventuel maintien des troupes françaises dans ce petit pays africain. 

    Burkina Faso
    M. Hallade au Burkina Faso

    J-1 pour la grève nationale contre la réforme des retraites

    Poste, transports, services public, écoles, certaines mairies en France et aussi les consulats comme les établissements scolaires du réseau AEFE seront fermés ce mardi. A l’appel des intersyndicales, des manifestations sont prévues à Paris et dans les grandes métropoles françaises. Mais pas seulement, un peu partout dans le monde, les appels à manifester devant les consulats se multiplient. Nous ferons le point sur ces actions demain dans votre bulletin sur la Radio des Français dans le monde. 

    Passez un bon lundi où que vous soyez ! 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • François Hollande et Julie Gayet, un week-end culturel à Londres

    François Hollande et Julie Gayet, un week-end culturel à Londres

    L’ancien Président de la République Française, François Hollande, et Julie Gayet étaient à Londres. L’ancien Chef de l’Etat s’est rendu à la Librairie La Page dans le quartier de South Kensington ce samedi 28 janvier 2023, pour une nouvelle séance de dédicaces de son dernier ouvrage ”Bouleversements : Pour comprendre la nouvelle donne mondiale”, paru en septembre dernier aux éditions Stock. En effet l’ancien locataire de l’Elysée connaît bien la capitale britannique. Il y a présenté “Les leçons du pouvoir” en février 2019. Quatre ans plus tard, il a donné rendez-vous aux expats. Nous sommes allés à leur rencontre ! 

    Une longue et froide attente n’a pas dissuadé les gens de faire la queue samedi 28 janvier devant la librairie « La Page » à Londres pour rencontrer l’ancien président et repartir avec des exemplaires signés de son livre “Bouleversements”. 

    Beaucoup de jeunes et de familles 

    Élodie, à Londres depuis quatre ans et étudiante au Lycée Français Charles de Gaulle, attendait patiemment avec ses amis. “On a hâte de le rencontrer. On veut tous faire un peu de politique, donc on va lui poser des questions sur son parcours. L’année prochaine on est en études supérieures, on va faire Sciences Po, donc ce sera bien pour notre futur.”

    François Hollande a pris du temps pour parler aux expats, prendre un selfie avec des personnes et écrire un mot personnel pour chaque dédicace. 

    Dans la queue il y avait un couple de Britanniques qui était venu voir l’ancien président. Eleanor et son compagnon sont venus acheter son livre. “Nous avons entendu un podcast britannique, “The Rest is Politics”, avec Alastair Campbell (l’ancien “spin doctor” de Tony Blair) et Rory Stewart (ancien ministre conservateur), et François Hollande était interviewé en anglais par eux. C’était très intéressant donc c’est pourquoi nous sommes venus.”

    Dans le podcast, qui est très populaire au Royaume-Uni, l’ancien Président confie à Alastair Campbell en octobre 2022: “Vous avez eu cinq Premier ministres britanniques en six ans ! J’ai pitié pour votre pays. Le Royaume-Uni a besoin de stabilité, surtout en ces temps d’incertitude avec la guerre en Ukraine.” Il consacre un long chapitre au Brexit et à l’année 2012 qui a été un grand changement. “Poutine est revenu au pouvoir et Xi Jinping y est arrivé en Chine. Obama est très charismatique mais il est arrogant, il explique aux autres leaders ce qu’ils savent ! Avec Cameron et Obama on a décidé d’intervenir en Syrie, mais après le vote à la Chambre des Communes, on ne pouvait pas aller le faire. Tout était prêt !” 

    Julie Gayet en face à l’Institut Français! 

    À la même heure, la compagne de François Hollande, Julie Gayet, était à l’Institut Français où elle a rencontré des expats venus voir un film qu’elle avait codirigé et sorti en 2019. Elle a été accueillie par le directeur de l’Institut, Bertrand Buchwalter, et l’ambassadrice de France, Hélène Tréheux-Duchêne. Julie Gayet a pris le plaisir de dialoguer avec des “trustees” de l’Institut Français et des Français venus pour cette occasion. 

    Julie Gayet, l’ambassadrice de France Hélène Tréheux-Duchêne, et le directeur de l’Institut français Bertrand Buchwalter
    le 28 janvier 2023 à Londres ©Alexander Seale

    Après Cinéast(e)s et Cinéast(x)s (les hommes), Juliet Gayet et Mathieu Buisson poursuivent leur exploration du genre et du cinéma en rencontrant des réalisatrices du monde entier. De l’Inde au Tchad, de la France au Japon, Gayet recueille des témoignages autour des difficultés et des victoires de femmes qui se battent, parfois depuis des décennies, pour pouvoir produire leur œuvre.

    Un travail captivant et inspirant qui comprend la participation d’Agnès Varda, Deborah Ngakoutou Hama, Jessica Hausner, Kaouther Ben Hania, Isabel Coixet, Gaya Jiji, Susan Sarandon, Geena Davis, Naomi Kawase, Alice Rohrwacher et Léa Mysius, entre autres.

    La projection était suivie d’une discussion avec la comédienne et co-réalisatrice Julie Gayet. 

    Un peu plus tard dans la soirée, François Hollande a rencontré des Français réunis au Coronet Theatre pour parler de son livre avant de nous recevoir pour un podcast exclusif dédié à la France à l’international et aux Français de l’étranger.

  • François Hollande : « Nous sommes confrontés à une internationale des dictatures »

    François Hollande : « Nous sommes confrontés à une internationale des dictatures »

    Ce dimanche 29 janvier, on reçoit François Hollande, ancien Président de la République de 2012 à 2017, à l’occasion d’une séance de dédicaces à Londres de son dernier livre « Bouleversements : Pour comprendre la nouvelle donne mondiale ».

    L’occasion pour nous de revenir avec lui sur les derniers mois de l’actualité internationale, mais aussi de se pencher sur la situation des Français au Royaume-Uni et plus largement dans le monde.

    Ecoutez le podcast avec François Hollande

    François Hollande à la librairie « La Page » à Londres

    « Bouleversements : Pour comprendre la nouvelle donne mondiale »

    Guerre en Ukraine, réchauffement climatique, montée en puissance du « souverainisme », fragilisation des démocraties… Dans « Bouleversements« , François Hollande revient sur les dix dernières années qui ont rebattu les cartes des grands équilibres mondiaux. L’ancien chef de l’Etat nourrit principalement cet ouvrage de 100 pages d’anecdotes issues de son mandat. On y rencontre, à travers son regard personnel, Vladimir Poutine, Xi Jinping, Joe Biden, Recep Tayyip Erdoğan ou Mohammed Ben Salman.

    Dans le podcast, François Hollande revient en particulier sur les relations qu’il a pu entretenir avec Vladimir Poutine au fil des sommets internationaux. Et plus inquiétant, François Hollande nous dévoile les liens qu’ont tissé entre elles les dictatures. L’occasion de nous rappeler qu’il faut accompagner les régimes émergents comme le Brésil mais aussi l’Arabie Saoudite.

    « Nous sommes confrontés à une internationale des dictatures »

    François Hollande – Président de la République de 2012 à 2017

    On évoque avec lui aussi l’avenir de l’Iran qui réprime, actuellement, violemment sa population. Une litanie de crises internationales qui conduit petit à petit à un « monde plus dangereux« .

    « Il y a un risque qu’une escalade puisse conduire aux solutions extrêmes »

    François Hollande – Président de la République de 2012 à 2017

    La France à l’international

    Naturellement, dans la deuxième partie du podcast, nous l’interrogeons quant au rôle de notre pays sur l’échiquier mondial.

    L’Europe de la défense

    Pour l’ancien Président de la République, la place de la France dans le monde est liée, de facto, à la place de l’Europe dans le monde. C’est dans cette optique que François Hollande appelle, tout en gardant une dynamique d’alliance avec les Etats-Unis d’Amérique, à ce que les Etats de l’Union européenne aient une plus grande autonomie militaire, tout en harmonisant les matériels utilisés et surtout en les produisant sur notre continent.

    « Nous avons le devoir, dans les prochaines années, de construire l’Europe de la Défense.« 

    François Hollande – Président de la République de 2012 à 2017

    Comme l’ancien Président de la République l’indique dans son livre, un saut fédéral, qu’il appelle de ses voeux, est indispensable au maintien de la sécurité de l’Union européenne et garantira la place de celle-ci et donc de la France dans le monde. Pour lui, c’est une Europe resserrée qui mènera ce projet et il faudra impliquer le Royaume-Uni dans ce dispositif de défense. Pour cela, il faudra avant tout relancer les liens du couple franco-allemand.

    Diplomatie française

    Le fer de lance de la France, c’est sa diplomatie. François Hollande appelle à un partage des responsabilités mondiales avec les pays émergents tel que le Brésil, l’Inde, etc. Notre diplomatie a un grand rôle à jouer en accompagnant ses pays à la place que l’avenir leur donne.

    L’autre défi pour notre diplomatie : lutter contre les « réseaux russes » en Afrique ! Alors que les troupes françaises ont quitté le Mali, et que bientôt elles partiront du Burkina-Faso, nous revenons avec lui sur le lancement de l’opération Serval sous son mandat.

    « Nous étions sur place car les autorités locales nous l’avaient demandé »

    François Hollande – Président de la République de 2012 à 2017

    Un retrait qu’il comprend, puisque les nouveaux gouvernements de ces pays l’ont demandé, mais qui l’inquiète. La Russie aura-t-elle les moyens, l’envie, de défendre ces populations ?

    « Les djihadistes vont progresser, il va y avoir des massacres de populations civiles, et ça c’est de la responsabilité, non de la France qui s’en va quand on le lui demande, c’est celle de la Russie »

    François Hollande – Président de la République de 2012 à 2017
    François Hollande
    François Hollande à Londres ce 28 janvier 2023 © Nathalie Gayda

    Les Français de l’Etranger

    Enfin, dans la troisième et dernière partie du podcast, nous abordons la situation des 2,5 millions de Français résidant hors de France.

    « On a 2,5 millions d’ambassadeurs, partout dans le monde. Parmi mes meilleurs souvenirs lors des déplacements internationaux, il y a les rencontres avec nos compatriotes sur place »

    François Hollande – Président de la République de 2012 à 2017

    Il revient, lors de l’entretien, avec émotion sur la période des attentats qu’il a partagée avec nous, les Français de l’Etranger, lors de ses voyages de 2015 à 2017.

    Rester ou rentrer ?

    Comme nous l’avons vu, le monde a largement muté depuis 2017, le Royaume-Uni est sorti de l’Union européenne, les relations avec la Russie se sont dégradées, alors quel avenir pour les Français installés dans ces pays ?

    « Je ne les appelle pas à revenir (….) S’ils veulent rentrer au pays pour donner le meilleur d’eux-même, j’en serai heureux »

    François Hollande – Président de la République de 2012 à 2017

    Pour François Hollande, les Français doivent rester, si nos compatriotes devaient quitter le Royaume-Uni, cela aggraverait les conséquences du Brexit.

    Il en profite pour rappeler que les Français de l’étranger n’appartiennent pas tous forcément au « monde de la finance », qu’ils sont souvent intégrés à la classe moyenne britannique ou de celle de leur pays de résidence. Ainsi, il constate que ces Français ont aussi besoin d’être accompagnés sur le plan de la couverture sociale et pour garantir leur accès à l’Education.

    Découvrez le livre de François Hollande

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