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  • Lire sans soif ! un livre sur les alcools du monde

    Lire sans soif ! un livre sur les alcools du monde

    Le livre s’appelle « Boissons du Monde » et il est à déguster sans se priver, que l’on soit à l’heure de l’apéro ou du dîner mais aussi à tout autre moment de la journée et hors des plaisirs de la table : le lecteur va pouvoir s’en mettre pleins les yeux avant de peut-être s’en mettre plein la lampe. Voilà un ouvrage « profond en bouche » puisque sur plus de 350 pages cette  encyclopédie mondiale met en lumière des dizaines d’alcools du monde sans se contenter de les cataloguer. Ce livre, que l’on doit à un enseignant en restauration expérimenté, Joël Diconne, est aussi un parcours guidé et cultivé parmi l’histoire et la géographie des alcools.  

    Nous avons trouvé l’ouvrage si passionnant, car il fourmille d’anecdotes, de récits étonnants, que nous avons souhaité interroger son auteur qui n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai.  

    Un voyage érudit à travers le panorama mondial des alcools. 

    Boris Faure : Joël Diconne, voilà un ouvrage à la fois bien documenté, qui est aussi, on le sent, l’ouvrage d’un passionné de culture. Ce livre est une véritable somme sur tous les alcools existants, il offre un voyage historique et géographique complet. On y apprend pleins de choses utiles ou cocasses. Ainsi la création du vin qui a 5000 ans est revendiquée par toutes les civilisations ou presque des Mésopotamiens aux Romains. Le Cognac, produit en fûts de chêne, est le fruit initial d’un raté dans la conservation de vins produits dans le nord de l’europe et qui étaient convoyés vers les Charentes. Ma question est simple : qui êtes-vous et comment avez-vous bâti votre expérience utile à l’écriture de ce livre  ?

    Un Bourguignon enseignant en école hôtelière, un temps Français de l’étranger 

    Joël Diconne : Je suis né à Chagny (71) en Bourgogne entre les vignes et les restaurants, lieu prédestiné pour me diriger vers la restauration et les études à l’école Hôtelière de Thonon (74), la plus vieille école hôtelière de France. A l’issue, je suis allé parfaire mon expérience en Grande Bretagne (Ecosse et Angleterre) puis chez Georges Blanc à Vonnas 01. Transmettre était mon désir, j’ai décidé  de devenir professeur de restauration  à Blois (41) puis Toulon (83). Grace à cela j’ai eu la chance de faire le plus beau métier du monde : rencontrer, transmettre, partager.

    J’ai accompagné de nombreux élèves à des concours professionnels Malongo, Antonietti (Thonon), Paul Valéry (Menton) avec souvent de beaux succès et une Meilleur Ouvrier de France gouvernante. J’ai rédigé un premier livre « Fromages et desserts » aux Editions Lanore.

    Des anecdotes et des citations plaisantes pour une lecture divertissante

    Boris Faure : Je m’adresse maintenant à l’homme de culture. vous avez émaillé ce livre de citations et même d’une intéressante filmographie autour des alcools. Une citation d’Oscar Wilde sur l’absinthe est savoureuse. 

    « L’absinthe apporte l’oubli, mais se fait payer en migraines. Le premier verre vous montre les choses comme vous voulez les voir, le deuxième vous les montre comme elles ne sont pas ; après le troisième, vous les voyez comme elles sont vraiment »

    Oscar Wilde

    Boris Faure : A qui s’adresse ce livre plaisant à lire et instructif ? 

    Joël Diconne :  C’est un livre destiné à tous  publics : néophytes, curieux, intéressés, passionnés et professionnels (élèves, stagiaires).

    C’est un ouvrage intemporel qui a sa place dans une bibliothèque à portée de main.

    Je voulais qu’il soit le plus complet et le plus pédagogique possible sur tout ce qui se boit dans le monde et utilisable par tous : chacun pourrait aller chercher ce qu’il veut savoir sur une boisson précise et en même temps trouver toute la culture environnante : l’humour, citations, dictons, collectionneurs, filmographie.

    Boris Faure : Pourquoi ce livre ?

    Joël Diconne : J’aime bien les challenges, quelles que soient les difficultés : c’est un travail qui a duré plusieurs années avec quelques milliers d’heures.

    Il ne s’agit pas d’encourager à la consommation, sauf celle de connaissances !

    Boris Faure : Alors que la loi Evin réglemente fortement la publicité sur les spiritueux et que le nombre de bars en France serait en déclin, votre livre est-il indirectement un hommage à la dégustation et donc… à la consommation ? L’alcool,et en particulier le vin, aurait cette vertu supposée de restituer la vérité selon la formule latine bien connue. Faut-il croire aux vertus des alcools ?

    Joël Diconne : Je n’ai pas fait ce livre pour valoriser l’alcool et encore moins la consommation d’alcool mais plutôt les connaissances.

    Personnellement, je n’aime pas boire les alcools forts, j’aime les sentir : un vieillardmagnac (vieil armagnac), une eau de vie de poire ou de marc, une liqueur.

    Je préfère le vin, ce n’est pas un alcool, c’est une boisson alcoolisée, c’est probablement le produit le plus ancré dans son terroir (la région, le sol, le cépage, l’exposition, la situation, le climat, l’année et la main de l’Homme).  Tout est dit.

    Un verre de vin ne fait pas mal (l’excès oui) et est même conseillé parfois pour certaines maladies (vin rouge et circulation du sang).

    Les boissons en règle générale, doivent être des éléments de circonstances et de plaisir souvent partagé (c’est mieux) ou solitaire comme un cognac avec un cigare le soir dans le salon …

    Et maintenant quelques conseils pour apprécier les alcools comme il se doit

    Boris Faure : Donnez-nous svp quelques recettes de base pour servir les alcools à propos. Les fêtes de fin d’année nous ont permis de déboucher souvent le champagne. Comment le servez vous ?

    Joël Diconne : Le champagne est fait pour les événements (fins d’années, mariages, baptêmes, rencontres, anniversaires). Le champagne rosé s’acclimate bien à  la saint Valentin qui approche.

    Boris Faure : Quelles sont les autres règles pour bien servir les alcools ?

    Joël Diconne : Je les liste :                                                                                                                                        

    Mets nobles – vins prestigieux        

    Mets locaux – vins locaux

    Mets légers – vins légers

    Mets corsés – vins puissants

    Le vin est le mariage avec les mets et la région (boire un vin d’Alsace à Toulon avec une bouillabaisse n’est pas l’accord le plus heureux).

    Un cocktail, pour un collectif doit être de circonstance, visuel (verre, couleur et décoration) et agréable sans excès d’amertume, d’acidité ou de sucrosité.

    Pour un individuel, c’est à la carte : faire ce que la personne désire, sucré, amer, léger, fort, pas de limite.

    Mais la meilleure boisson est celle que l’on préfère individuellement.

    Pour apprécier les boissons en règle générale, l’élément le plus important est probablement la température :

    Sauf exception quelques règles d’or dans ce domaine : 

    Les vins blancs et vins rosés sont servis frais mais pas glacés                                                                          

    Les vins rouges sont chambrés (18°).

    Boris Faure : Et pour les liqueurs ?

    Joël Diconne : Sur de la glace pilée ou des glaçons.                                                                                      

    Les eaux de vie blanches sont rafraîchies.

    Les eaux de vie brunes sont chambrées.

    Joël Diconne

    Le mot de la fin sera celui de plaisir évidemment ! 

    Boris Faure : Et s’il fallait livrer une conclusion gustative et philosophique ? 

    Joël Diconne : Les boissons sont des moments de PLAISIR : même simple pour se désaltérer : eau, bière, de circonstance : champagne, vins, cocktails, pour ouvrir l’appétit : apéritifs, cocktails, pour digérer : digestifs, un seul mot donc : PLAISIRS (au pluriel)

    En vous souhaitant bons voyages et bonnes dégustations à travers ce livre. 

  • RD Congo : Kitshanga investi par le M23

    RD Congo : Kitshanga investi par le M23

    En RD Congo, le M23 vient de s’emparer d’une nouvelle localité: Kitshanga, dans le territoire de Masisi. De nombreux habitants ont fui la ville, certains sont arrivés jusqu’à Goma, la capitale de la province.

    Qu’est ce que le M23 ?

    Depuis plus d’un an, le mouvement M23 a repris les armes et fait à nouveau régner la terreur au Kivu congolais. Le courant qui a donné naissance au mouvement M23 plonge ses racines dans une problématique communautaire, celle des populations rwandophones présentes dans l’Est du Congo.

    En 2012, des soldats issus du CNDP se mutinent sous prétexte que les fameux accords du 23 mars 2009 tardent à produire leurs effets. Le mouvement va prendre cette date, M23, pour nom. Il poursuit ses activités sous le commandement du général Bosco Ntaganda. Ce dernier a été depuis lors condamné à 30 ans de prison par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’Humanité.

    En 2013, des accords censés mettre fin à à la revendication fondamentale de la nationalité congolaise et l’appartenance à la nation Congo sont signés. Le retard dans la mise en œuvre de ces accords va permettre que le M23 ressuscite.

    Troupes de la République Démocratique du Congo – 2022 ©AFP

    Le Rwanda mis en cause

    Le gouvernement de la République démocratique du Congo et des rapports d’experts de l’ONU indiquent que derrière les activités du M23, c’est le Rwanda qui agit. 

    Lors d’un appel, le 4 décembre dernier, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a exhorté le président rwandais à cesser tout soutien à des factions rebelles congolaises. Son porte-parole, Ned Price a déclaré :

    « Tout soutien externe à des groupes armés non-étatiques en RDC doit cesser, y compris le soutien du Rwanda au M23.« 

    Ned Price – porte-parole du Secrétaire d’Etat américain

    Mais quel serait alors l’intérêt du Rwanda de soutenir un mouvement comme le M23 ? Pour Bob Kabamba, derrière la motivation politique de soutenir un groupe ethnique Tutsi, semblable à l’ethnie au pouvoir au Rwanda, il faut discerner l’intérêt économique.

    « Quand on dit « peser sur la dynamique politique », il faut toujours avoir à l’idée les intérêts économiques qui sous-tendent la volonté de piloter une mainmise sur la dynamique politique. Alors, enjeu économique : il y a maintenant des filières d’exportation de matières premières et de ressources naturelles qui sont identifiées. Elles viennent du Congo et doivent passer par le Rwanda pour se retrouver sur le marché international. Alors, le Rwanda a capitalisé de manière claire sur ces couloirs. Le commerce va donner une plus-value à ces matières premières. Le coltan qui quitte par exemple la province du Nord-Kivu à l’état brut. Il arrive au Rwanda. Le Rwanda a construit une usine de raffinage du coltan cassitérite pour pouvoir améliorer cette ressource naturelle et lui donner une plus-value sur le marché international. Ça rapporte à l’économie rwandaise. On a aussi le cas de l’or qui quitte le Congo vers le marché international. C’est de l’or brut. Il doit être raffiné. Et le Rwanda a mis en place une usine pour raffiner cet or. Maintenant, dans cette dynamique, vous avez l’Ouganda qui intervient pour aussi prendre sa part. Une part que l’Ouganda prend sur le quota, si je peux m’exprimer, ainsi du Rwanda. Alors, pour casser cette dynamique, on ressuscite le M23 et ainsi, il devient un supplétif qui va faire en sorte que ces couloirs commerciaux continuent d’être sécurisés non plus par le Congo mais par le M23″.

    Bob Kabamba, professeur de sciences politiques à l’Université de Liège (ULg) et Directeur de la «Cellule d’appui politologique en Afrique centrale» (CAPAC) de l’ULg. 

    Des négociations en cours ?

    Des négociations sont en cours, entre le Rwanda et le Congo, à Luanda. Sur un autre plan, le gouvernement de la RDC est autour de la table des négociations à Nairobi, avec divers mouvements armés actifs sur son territoire. Mais à Luanda, le M23 n’est pas concerné. 

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Burkina-Faso : l’ambassadeur plombé par les faux pas d’Emmanuel Macron

    Burkina-Faso : l’ambassadeur plombé par les faux pas d’Emmanuel Macron

    Après plusieurs mois de tensions diplomatiques, l’ambassadeur de France au Burkina-Faso a été rappelé à Paris jeudi. Au cœur de l’affaire, une succession de faux pas diplomatiques français dans un contexte d’influence russe croissante dans la région.

    « Dans le contexte des derniers développements intervenus au Burkina Faso, nous avons décidé de rappeler notre ambassadeur à Paris, pour mener des consultations sur l’état et les perspectives de notre coopération bilatérale », a expliqué à l’AFP le ministère français des Affaires étrangères jeudi (26 janvier).

    L’ambassadeur de France au Burkina-Faso, Luc Hallade, a été rappelé à Paris après plusieurs semaines de tensions avec Ouagadougou. Les autorités burkinabè se sont plaintes d’une crise de « confiance » avec le diplomate.

    « Ce n’est pas la fin de la relation diplomatique mais c’est l’interlocuteur que nous demandons simplement de changer », avait déclaré l’Agence de presse officielle du pays fin décembre, récusant une rupture avec la France mais bien avec l’ambassadeur lui-même.

    M. Hallade, en poste depuis septembre 2019, est dans le collimateur des autorités après avoir fait état de la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays, qualifiant le changement de pouvoir en septembre 2022 de « coup d’État » , et déclarant que « rester à Koudougou [la troisième ville du pays] représentait un risque important ».

    Le Burkina est confronté depuis 2015 à une insurrection djihadiste rampante qui contrôle plus de 40 % du territoire burkinabè et a connu deux coups d’Etat en 2022. Le dernier, datant de septembre dernier, a mis à la tête du pays le capitaine Ibrahim Traoré. 

    Faux pas français

    Pour François Gaulme, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (IFRI), le renvoi de l’ambassadeur dénote une attitude défiante des autorités burkinabè envers Paris, suite à plusieurs faux pas diplomatiques réalisés depuis le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. 

    « C’est à Ouagadougou qu’Emmanuel Macron a annoncé sa politique africaine en 2017 », a rappelé M. Gaulme, ajoutant que pour sa première visite officielle en Afrique, le chef de l’État a accumulé bourdes et mauvais signaux. 

    « Il a fait son discours à l’université de Ouagadougou devant des étudiants, et non pas au palais présidentiel, ce qui a déjà pu être perçu négativement », a déclaré M. Gaulme. Selon lui, ce symbole a été interprété comme une volonté de l’Élysée de passer outre les autorités du pays.

    « Sans compter que le président Macron a tout de même involontairement humilié le président Kaboré en le faisant passer pour le préposé à la climatisation », poursuit M. Gaulme. 

    Pour rappel, le chef de l’État avait plaisanté que le président burkinabè de l’époque, qui venait de quitter l’amphithéâtre de l’université de Ouagadougou, était « parti réparer la climatisation ».

    Emmanuel Macron s’était excusé le lendemain de l’incident qui avait cependant laissé des traces parmi la classe dirigeante du pays.

    Attaque de l’Ambassade de France le 01/10/2022 ©AA

    Par ailleurs, selon M. Gaulme, il existe un certain ressentiment à son égard chez les chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest et en Afrique francophone en général depuis le sommet de Montpellier en octobre 2021. Ce sommet avait mis à l’honneur les sociétés civiles africaines en excluant les instances dirigeantes des pays invités.

    « Il les a mis délibérément de côté pour se concentrer sur la jeunesse et la société civile plutôt que d’organiser un sommet franco-africain » a déclaré M. Gaulme, selon qui ce sommet, où Emmanuel Macron était le seul chef d’État présent, a contribué à la mauvaise image française auprès des instances politiques burkinabè.

    Selon une source diplomatique proche du dossier, l’ambassadeur Hallade, perçu comme « l’homme du président Macron au Burkina Faso », aurait ainsi fait les frais de cet agacement diplomatique croissant dans un contexte de perte de vitesse française dans la région du Sahel.

    L’influence russe croissante dans la région

    Le rappel de l’ambassadeur de France au Burkina Faso intervient alors que la Russie étend son influence dans la région du Sahel où le Kremlin a déjà remporté des victoires symboliques en Centrafrique et au Mali. 

    Moscou y affirme notamment sa présence via la controversée société de sécurité privée Wagner dont les mercenaires sont accusés par plusieurs ONG dont Human Rights Watch d’être responsables de crimes de guerre en Ukraine, Libye, Syrie, au Mali ou en République centrafricaine.

    « Le scénario malien est dans tous les esprits », a confirmé une source diplomatique à EURACTIV, en référence au retrait des troupes françaises du Mali en août dernier, après neuf ans de lutte anti-jihadiste. 

    Quelques heures à peine après l’évacuation des derniers soldats français de la base de Gao, au nord du pays, des mercenaires du groupe Wagner avaient en effet atterri à l’aéroport international de la ville. 

    Un scénario qui semble se répéter avec le Burkina Faso dont le Premier ministre avait effectué une visite à Moscou en décembre dernier alors que le président de transition Ibrahim Traoré parlait d’engager une « diversification des partenaires dans la lutte antiterroriste ».

    Lundi (23 janvier), le porte-parole du gouvernement burkinabè a confirmé que Ouagadougou avait ordonné le départ des 400 hommes de l’Opération Sabre basés dans le pays, dans un délai d’un mois. Et ce en dépit des messages de « bonne entente » de la Secrétaire d’Etat française Chrysoula Zakaropoulou, envoyée en urgence à Ouagadougou le 9 janvier.

    Selon François Gaulme, le retrait des troupes françaises préfigure par ailleurs un « effet domino », et plus particulièrement au Tchad et au Niger où « la France reste fragile ». 

    La présence des troupes françaises dans ces deux pays est régulièrement contestée par la population et les autorités tchadiennes ont annoncé début janvier avoir déjoué une « tentative de déstabilisation » de plusieurs militaires.

    Ainsi, alors que des bruits courent sur un possible redéploiement des troupes de l’Opération Sabre au sud du Niger, reste à savoir combien de temps la France pourra maintenir ses troupes dans la région si sa présence continue d’être contestée, un pays après l’autre, pour la plus grande joie du Kremlin.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 27.01.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 27.01.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans le dernier flash de la semaine. Aujourd’hui, on s’interroge sur la situation de nos compatriotes en Russie, on est rassurés par la décision du gouvernement de maintenir le vote en ligne pour les Français de l’étranger, tandis qu’en France l’exécutif est de plus en plus inquiet. 

    En Russie, les Français vont bien 

    C’est ce qu’on retient de l’interview de Franck Ferrari, conseiller des Français de Russie. Dans un podcast à écouter sur le site Lesfrancais.press et sur toutes les plateformes, on découvre un quotidien pas tant bouleversé que cela. Si la tension monte entre les Etats, nos compatriotes sur place bénéficient toujours de relations cordiales avec les citoyens russes et peuvent toujours travailler avec un peu de « système D ». Seul bémol, c’est la circulation de ou vers la France qui reste compliquée et onéreuse avec l’obligation de passer par des Etats tiers. 

    Le gouvernement soutient le vote en ligne

    C’est ce qu’a déclaré la secrétaire d’Etat Laurence Boone qui représentait Olivier Becht à l’assemblée nationale lors d’une séance de questions au gouvernement. La communauté des Français de l’étranger était particulièrement inquiète après l’annulation de l’élection de 2 députés la semaine dernière par le Conseil constitutionnel. Pour les partielles qui s’annoncent, la filiale de la Poste chargée de l’organisation cherche de nouveaux moyens pour éviter que de tels problèmes se reproduisent. A suivre ! 

    En France, la pression monte pour le gouvernement 

    Pour asseoir sa légitimité à réformer le pays, Emmanuel Macron explique régulièrement que son projet a « a été démocratiquement présenté et validé ». Le chef de l’État avait en effet fait campagne en indiquant son souhait de reporter l’âge légal à 65 ans lors de l’élection présidentielle. Mais cet argument ne fonctionne pas auprès des Français. 72% estiment qu’Emmanuel Macron a tort, il a été élu pour d’autres raisons notamment pour « faire barrage » à Marine Le Pen et qu’il serait donc faux de dire que la réforme est démocratiquement validée.

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

    C’est tout pour aujourd’hui ! Passez un bon week-end, on se retrouve lundi…

  • Vote en ligne, mobilisation pour la participation

    Vote en ligne, mobilisation pour la participation

    Après l’annulation des élections d’Eléonore Caroit en Amérique du Sud (IIe circonscription) et de Karim Ben Cheïkh pour les Français d’Afrique du Nord et de l’Ouest (IXe circonscription), du fait de dysfonctionnements dans l’organisation des scrutins en ligne par l’administration, la communauté des Français de l’étranger s’est mobilisée pour le maintien de ce mode de participation.

    Un problème de SMS

    Si comme nous l’évoquions dans un article précédent, les 3 dernières élections ont connu des ratés – mauvais identifiant envoyé pour les consulaires, mauvais bureau de vote assigné pour la présidentielle (il n’y a pas de vote en ligne pour cette élection), les modalités pour voter aux législatives ont été victimes de problèmes de SMS. Dans deux pays, l’Algérie pour la IXe et l’Argentine pour la IIe, les SMS contenant une partie des identifiants pour se connecter à la plateforme de vote ne sont tout simplement pas arrivés.

    Nous sommes donc allés à la rencontre de la société organisatrice, filiale de La Poste, Docapost. Pour eux ce problème était connu et il avait été signalé à la Direction des Français de l’étranger. Ce que confirment les élus consulaires, inquiets ils avaient alerté Laurence Haguenauer sur le risque d’annulation. Elle leur avait répondu que « seul le vote à l’urne était obligatoire », ainsi, pour elle, tant que les bureaux de vote étaient ouverts, le vote en ligne étant optionnel (comme, par exemple, le vote par correspondance), tous risques d’annulation étaient écartés. Un avis que n’ont donc pas partagé les Sages du Conseil Constitutionnel.

    Un outil indispensable à la participation

    Comme nous l’avons relayé dans le précédent article, les élus se sont inquiétés des conséquences de cette décision, ils craignaient que le vote en ligne ne soit tout simplement exclu des futurs scrutins.

    Comme l’a souligné une députée NUPES, lors de la séance de questions au gouvernement du 24 janvier 2023, ce mode de scrutin est pourtant indispensable pour obtenir un taux de participation satisfaisant chez les Français de l’étranger.

    Non par commodité, mais tout simplement car le nombre de bureaux de vote étant restreint, impossible, et on le comprend, de mettre une urne dans toutes les villes où réside chaque Français dans le monde. Si en Belgique il est facile, du fait de la petite surface du pays, de s’y rendre, il n’en est pas de même au Brésil, en Chine, en Russie, au Canada, aux USA, etc.

    La bonne nouvelle, c’est que le gouvernement partage cette analyse. La secrétaire d’Etat, Laurence Boone, présente lors de la séance de questions et qui s’exprimait, donc, au nom de Catherine Colonna, la ministre aux Affaires étrangères, et d’Olivier Becht, ministre délégué aux Français de l’étranger (en voyage en Asie), a confirmé le maintien du vote en ligne pour les Français de l’étranger.

    Alors comment mieux organiser le vote en ligne ?

    Frédéric Schauli, conseiller des Français du Luxembourg et membre du bureau de supervision du vote électronique, a de nombreuses idées pour éviter qu’un tel problème se reproduise.
    Comme le bureau l’avait déjà proposé, lors de la phase de test, il serait possible d’utiliser des dispositifs de messagerie comme Whatsapp, mais certains pays interdisent ces applications cryptées.

    Autre solution, qui a aussi les faveurs de Docapost, c’est l’utilisation de l’application « L’identité Numérique » de La Poste. Mais pour cela, il faut que l’app soit disponible dans tous les pays et ce n’est pas encore le cas, même si en 2024, la direction de la Poste indique que le déploiement sera finalisé.

    Mais alors que faire pour les partielles ? Le contrat qui lie le ministère des Affaires étrangères et Docapost court jusqu’en 2024. Si les partielles n’étaient pas réellement anticipées, les équipes du prestataire cherchent une solution à mettre en place rapidement.

    Car le temps file, les Français des deux circonscriptions doivent voter dans les 3 mois suivant l’annulation. A ce jour, ni la date ni les modalités de vote ne sont connues.

  • Témoignage : un Français à Moscou

    Témoignage : un Français à Moscou

    Depuis le début de la guerre en Ukraine, nous faisons régulièrement le point avec Franck Ferrari, conseiller des Français de Russie et ancien candidat comme suppléant à l’élection législative de juin 2022 pour Les Républicains avec Catya Martin. Avec lui, on fait le point sur la situation des Français à Moscou et plus généralement en Russie. (Podcast en fin d’article)

    La France, un ennemi de la Russie ?

    On commence évidemment avec les propos de ce début de semaine du Vice-président de la Douma (Assemblée nationale russe) sur BFM qui déclarait que « la France est un ennemi de la Russie ».

    Si cette phrase a pu choquer en France, Franck Ferrari tient à remettre dans le contexte cette déclaration qui était uniquement diffusée en France, et en effet, elle n’a pas été reprise dans la presse russe.

    A Moscou, l’église Saint-Louis-des-Français fondée en 1789, qui officie encore aujourd’hui ©Tsarvisit

    Les Français toujours présents

    Pour Franck Ferrari, les Français n’ont pas déserté le pays, en tout cas pas Moscou. Il n’y pas que nous qui sommes étonnés, comme nous le raconte le conseiller des Français de Russie, les Russes sont les premiers surpris de croiser encore des Français alors que la majorité des Occidentaux ont quitté le pays.

    Franck Ferrari
    Franck Ferrari

    « C’est une guerre de civilisations, l’Occident contre la Russie, mais au niveau local, il n’y a pas de problèmes. »

    Franck Ferrari, conseiller des Français de Russie

    Les Russes conservent, donc, une distance entre l’information officielle et leurs relations avec les individus des nationalités impliquées directement dans le conflit. La généralisation des VPN permet aux populations de s’informer en s’affranchissant de la censure. Ainsi, même si l’Occident s’apprête à livrer des chars, aucun Russe ne vient le reprocher à un Français.

    Malgré cette ambiance sereine, des familles ont décidé d’évacuer les enfants. Ainsi, le Lycée Français de Moscou a vu son effectif baisser, certains sont rentrés en France, d’autres sont allés dans des pays-tiers. L’établissement moscovite est géré directement par l’AEFE qui a su maintenir le niveau d’excellence tant au niveau du corps professoral que sur le matériel mis à disposition.

    La seule inquiétude c’est l’école de St Petersbourg, qui était gérée jusqu’en février par le groupe Odyssey, et qui se retrouve sans opérateur pour assurer la rentrée de septembre 2023 puisque l’AEFE refuserait de reprendre directement le groupe scolaire. Franck Ferrari, comme les autres élus du pays, s’inquiète de l’avenir de cet établissement qui risque, tout simplement, la fermeture. Une situation inédite alors que même pendant la guerre civile en Syrie, alors que l’ambassade était partie, le Lycée français de Damas était resté ouvert.

    « Un Lycée français ne peut pas fermer, même sous les bombes. On peut changer de structure, mais une fermeture aurait un impact majeur sur l’image de notre pays »… « La France ne peut pas abandonner l’Éducation, pour moi c’est inimaginable !« 

    Franck Ferrari, conseiller des Français de Russie
    Groupe scolaire français à St Petersbourg

    Un climat économique pas si morose

    Dans la deuxième partie, on s’intéresse aux conséquences du conflit sur les entreprises françaises installées en Russie. L’occasion de faire le point sur l’impact des mesures prises contre la Russie, et les astuces mises en place par les Russes pour y échapper. Ainsi l’inflation reste controlée, contre-balancée par une valorisation à la hausse du rouble, et depuis la disparition des grandes marques occidentales, des produits de substitution sont apparus comme le Coca d’Azerbaïdjan.

    « Ici, on l’habitude de vivre avec l’inflation, on est passés de 8% à 11% »

    Franck Ferrari, conseiller des Français de Russie

    Un sens de la débrouille partagé par les entreprises françaises restées sur place, soit par choix, soit parce qu’aucun Russe n’a voulu acheter leurs actifs.

    « Elles ont trouvé des filières parallèles via la Turquie et d’autres pays »

    Franck Ferrari, conseiller des Français de Russie

    Il y a aussi ceux qui n’ont pas pu s’adapter, comme Décathlon, qui a finalement décidé le 24 janvier 2023 de se retirer du marché russe. Mais, comme nous le rappelle Franck Ferrari, tous les produits ne sont pas frappés par les mesures, des marchandises (avec un délai de livraison plus long) circulent toujours entre l’UE et la Russie.

    Quel avenir sur place ?

    Franck Ferrari reste positif pour les Français sur place et la relation entre les deux pays. Il en profite pour nous décrire le retour qu’ont vécu les expatriés en France, qui fut souvent douloureux. Aucun dispositif n’a été prévu pour les accompagner, des couples ou des familles se sont retrouvés du jour au lendemain sans revenus et sans logement. Pour lui, il vaut « mieux faire le dos rond ».

    On finit, naturellement, sur les possibilités de circulation entre la France et la Russie. La situation n’a pas vraiment évolué en un an, les vols directs sont toujours bannis. Il faut donc toujours passer par des Etats tiers, qui sont plus nombreux qu’en 2022, à la Turquie et la Finlande s’est ajoutée l’Algérie, ainsi que d’autres pays asiatiques. Le bémol c’est le prix qui a explosé, rendant souvent le voyage inaccessible aux familles.

    Ainsi, les Français qui ont construit leur vie sur place, préfèrent, pour l’instant, en l’absence d’agressivité de la part de la population ou des autorités à leur encontre, rester sur place et parier sur la longue relation d’amitié, et ce quel que soit le régime, qui lie nos deux pays.

    Ecoutez le podcast avec Franck Ferrari

  • Les grands-parents au cœur des révolutions démographiques 

    Les grands-parents au cœur des révolutions démographiques 

    L’espérance de vie à la naissance est passée, à l’échelle mondiale, de 51 à 72 ans de 1960 à 2022. En France, elle était de plus de 82 ans en 2022, contre 70 ans en 1960. Sur la même période, le nombre de naissances par femme au cours de sa vie a diminué de moitié, passant de 5 à 2,4. En France, ce taux est désormais de 1,8, contre 2,7 en 1960. Le nombre de personnes âgées augmente, de ce fait, à grande vitesse, logiquement désormais les grands-parents sont la pierre angulaire des familles et des économies.

    20% de la population mondiale a plus de soixante ans 

    Le monde compterait plus de 1,5 milliard de personnes de plus de 60 ans, contre 500 millions en 1960. En proportion de la population, elles sont passées de 17% à 20%. D’ici 2050, la population mondiale comptera 2,1 milliards de personnes de plus de 60 ans dont le nombre sera supérieur à celui des moins de 15 ans. En Chine, en 2050, les plus de 60 ans représenteront 30% de la population. Les États-Unis seront alors nettement plus jeunes avec une proportion de seniors avoisinant 24%. 

    Si elles s’estompent, d’importantes différences en matière de natalité et de fécondité demeurent. De nombreux États africains conservent des taux de natalité élevés qui conduiront à un doublement de la population du continent d’ici 2050. Au Sénégal, bien que le nombre de naissances par femme soit passé de 7,3 en 1980 à 4,5 en 2022, les familles nombreuses restent la norme. Les enfants de moins de 15 ans sont 3,5 fois plus nombreux que les plus de 60 ans. 

    Plus de grands-parents avec moins de petits-enfants à s’occuper 

    La transition démographique permet aux grands parents de s’occuper plus longtemps de leurs petits-enfants qui sont, en outre, moins nombreux. Les conséquences de cette révolution démographique sont importantes et peu étudiées. 

    La réduction du nombre d’enfants facilite l’insertion professionnelle des femmes et leur indépendance par rapport aux hommes. L’allongement de l’espérance de vie a des effets bénéfiques pour les pays en développement en matière de formation et de scolarisation des enfants. Les grands-parents sont amenés à s’occuper de leurs petits-enfants et les incitent, en règle générale, à fréquenter les établissements scolaires. Ils sont également présents dans la gestion du travail domestique libérant du temps pour les jeunes femmes qui peuvent ainsi travailler à l’extérieur. 

    Dans de nombreux pays émergents, les grands-parents gardent les enfants en bas âge. Au Mexique, 40 % de ces derniers sont ainsi gardés pendant la journée. En Inde, les parents du mari ont souvent cette charge, ce qui n’est pas sans générer des tensions. Dans les pays de l’OCDE, près de la moitié des enfants sont gardés régulièrement par leurs grands-parents. La proximité géographique de ces derniers par rapport aux petits-enfants a un effet direct et positif sur l’activité des mères et sur le niveau de vie des ménages. 

    L’éducation des grands-mères

    Selon une étude de l’Université de Washington, vivre à moins de 25 miles d’une grand-mère augmentait le taux de participation au marché du travail des femmes mariées avec de jeunes enfants de 4 à 10 %. Une étude brésilienne a également démontré que la garde des enfants par une personne âgée, ayant des liens familiaux ou pas, majorait les ressources des ménages de plus de 20 %. 

    En revanche, des études américaines et japonaises suggèrent qu’un enfant entouré de grands-parents est plus susceptible d’être obèse. De même, une étude américaine mentionne le fait que des enfants ayant été élevés par leurs grands-parents ont durant leur vie d’adulte plus de problèmes psychologiques que les autres. Cette corrélation doit être relativisée. En effet, les problèmes peuvent provenir non pas de l’éducation des grands-parents mais de l’absence des parents ou du comportement de ces derniers. 

    L’apport dual des grands-parents 

    Dans la Chine rurale, ils sont amenés à s’occuper des enfants dont les parents sont partis travailler au sein des grandes agglomérations. Ces derniers sont traités comme des citoyens de seconde classe et leurs enfants sont exclus des écoles publiques. Ils sont donc contraints de les laisser à leurs grands-parents dans le village natal. Le niveau des écoles rurales demeure faible et les grands-parents sont bien souvent peu alphabétisés. Ce système reproduit donc les inégalités sociales. 

    Une étude de l’Université de Stanford a mentionné que plus de la moitié des moins de 5 ans en Chine rurale ont un retard cognitif, en partie parce que leurs grands-parents manquent de discussion. A contrario, dans les villes chinoises, la politique de l’enfant unique est appliquée de longue date. Chaque enfant dispose de quatre grands-parents et de ses deux parents. Fortement encadré, il bénéficie d’un accès à la culture et à la formation qui se rapproche des normes occidentales.

    La Chine a créé une école pour les grands-parents 

    La présence des grands-parents dans les villes a permis une forte progression du taux de participation au marché du travail des femmes chinoises qui est de 62 %, soit légèrement supérieur à celui des États-Unis. Le travail des femmes est nécessaire dans ce pays afin de financer les études des enfants. L’enjeu des autorités chinoises est de faire des grands-parents de bons éducateurs.

    À Pékin, le gouvernement a même créé une école en 2005 pour apprendre aux grands-parents à mieux s’occuper de leurs petits-enfants. En Europe, la scolarisation des enfants dès deux ans vise à faciliter leur éveil, à accroître leur degré de socialité et à favoriser l’acquisition des connaissances. Des études ont confirmé qu’une scolarisation précoce était positive en matière de formation. La garde des grands-parents est jugée moins performante, ces derniers n’ayant pas les capacités pédagogiques pour s’occuper pleinement de leurs petits-enfants. 

    S’occuper des petits-enfants, un gage de bonne santé pour les grands-parents, tout en étant une contrainte 

    Les grands-parents qui garderaient leurs petits-enfants auraient une espérance de vie supérieure aux autres. Ce résultat est légèrement biaisé par le fait que s’ils ont la possibilité de s’en occuper, c’est qu’ils ont une santé qui le leur permet. Néanmoins, plusieurs études soulignent que passer du temps avec ses petits-enfants diminue la prévalence des dépressions. Malgré tout, une étude menée par l’Université de Singapour, indique que les grands-parents perçoivent le fait de gérer leurs petits-enfants comme une contrainte et non comme un plaisir. Dans les pays occidentaux, les séniors entendent profiter de leur retraite, voyager, profiter des loisirs, voir des amis et non être tributaires de leurs petits-enfants. 

    En Suède, les grands-parents s’occupent ainsi de moins en moins de leurs petits-enfants. La législation de ce pays n’y incite pas. Pour chaque enfant, un couple suédois peut prendre 16 mois de congé parental avec maintien des salaires antérieurs. Le pays dispose d’un nombre important de crèches. En Suède, les grands-parents ont peu de contacts avec leurs petits-enfants. Les premiers vivent isolés ce qui n’est pas sans poser des problèmes de santé. Sur une population de 10,4 millions d’habitants, quelque 900 000 personnes ont plus de 60 ans et vivent seules. Parmi celles-ci, un cinquième n’aurait plus de contacts avec sa famille. 

    Aujourd’hui, le monde compte beaucoup de grands-parents et peu de petits-enfants, du moins relativement. Les liens familiaux se délitent du fait de l’éloignement et de l’éclatement des structures familiales. Ces phénomènes ne seront pas sans incidences sur la gestion de la dépendance. Les enfants et les petits-enfants seront moins nombreux pour s’occuper de leurs aînés dépendants, ce qui supposera une prise en charge publique plus importante.

  • La pendule de l’apocalypse

    La pendule de l’apocalypse

    L’horloge de l’apocalypse a été créée pour mesurer les tensions politiques et climatiques après la Guerre froide. Selon cet outil symbolique, nous n’avons jamais été aussi près de la fin du monde. 

    Bulletin of the Atomic Scientists

    L‘ONG américaine Bulletin of the Atomic Scientists, chargée de cette horloge symbolique mais sérieuse, a annoncé aujourd’hui à 16h, heure française, combien de secondes séparent la planète du gong fatidique de minuit. Et l’heure a changé cette année.

    Elle affiche désormais 23 h 58 et 30 secondes. Elle n’a jamais été aussi proche du gong… Il nous reste 90 secondes. L’annonce a été faite en présence de Mary Robinson, ancienne présidente de l’Irlande, Tsakhiagiin Elbegdorj, ex-président de la Mongolie et quatre membres du Bulletin of the Atomic Scientists.

    Depuis 1947

    Cette horloge a été créée en 1947, au moment de la Guerre froide et de la course à l’armement nucléaire, pour « avertir la population sur le degré d’imminence d’une destruction de notre planète à cause des technologies dangereuses fabriquées par l’Homme ». Parmi les scientifiques de ce comité, Albert Einstein lui-même. Le message est clair : plus l’heure se rapproche de minuit, plus le risque de notre extinction est élevé, rappelle le Huffington post.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • L’UE va réexaminer la suspension des droits de douane avec l’Ukraine

    L’UE va réexaminer la suspension des droits de douane avec l’Ukraine

    La Commission européenne réfléchit à la possibilité de reconsidérer la suspension spéciale de tous les droits de douane et contingents tarifaires sur les exportations agroalimentaires ukrainiennes au cours des prochaines semaines, après que les États membres ont critiqué l’afflux de produits agricoles d’Ukraine qui désavantage les agriculteurs de l’UE.

    Le régime actuel de libéralisation temporaire des échanges commerciaux, qui est en vigueur pour un an et qui prévoit la suspension des droits de douane et des contingents tarifaires sur les importations agroalimentaires en provenance d’Ukraine, a été approuvé en un temps record par les législateurs de l’UE à la suite de l’invasion russe toujours en cours. Sa révision est prévue pour juin 2023.

    Tandis que près de la moitié des produits agricoles ukrainiens ont été libéralisés lors de l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange approfondi et complet (DCFTA) entre l’UE et l’Ukraine en 2016, le reste des produits a fait l’objet d’une période transitoire de libéralisation commerciale jusqu’en mai 2023.

    À l’époque, la proposition sans précédent de suspendre les droits d’importation sur tous les produits agricoles avait été jugée cruciale pour stimuler l’économie ukrainienne et contribuer à l’intégration progressive du pays dans le marché intérieur de l’UE.

    Cependant, la Commission se prépare déjà à reconsidérer cette disposition en réponse à la « pression accrue » des États membres suite au succès de l’initiative des couloirs de solidarité de l’exécutif européen, selon une source participant à une réunion préparatoire lundi (23 janvier) en vue de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE.

    L’initiative des couloirs de solidarité, lancée en mai 2022 à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, comprenait des mesures visant à faciliter l’exportation de produits agricoles ukrainiens par toutes les voies possibles.

    Presque un an après le déclenchement de la guerre, ces mesures se sont avérées efficaces : en décembre, un total de trois millions de tonnes de céréales ukrainiennes a été exporté via les couloirs de solidarité, selon l’exécutif européen.

    Ce succès s’est toutefois révélé être une arme à double tranchant : l’afflux massif de céréales en provenance d’Ukraine a causé des tensions chez ses voisins de l’UE.

    Par exemple, en septembre, les producteurs de céréales roumains ont prévenu que l’afflux de céréales ukrainiennes via les couloirs de solidarité les poussait au bord de la faillite. Plus récemment, des plaintes similaires ont été également formulées par d’autres pays voisins tels que la Pologne.

    Par conséquent, selon la source, les délégations de ces pays voisins — y compris la Pologne, la Hongrie et la Roumanie — ont souligné la nécessité de lutter contre l’impact négatif de ces importations sur les pays voisins de l’Ukraine et sur la compétitivité de leurs agriculteurs. Certains parmi eux ont même demandé une compensation.

    Les délégations ont également exprimé leur soutien à l’idée de reconsidérer l’accord douanier pour certaines céréales importées d’Ukraine, notamment au regard des contrôles des normes sanitaires et phytosanitaires (SPS), et ont souligné le risque potentiel d’importation de céréales contaminées.

    Le représentant de la Commission a souligné l’importance des couloirs de solidarité, mais les délégations ont reconnu que cette disposition constitue un « défi pour nos agriculteurs ».

    En conséquence, le représentant a déclaré que l’exécutif européen réexaminera ces couloirs de solidarité au cours des prochaines semaines. Il a également ajouté que le prochain sommet UE-Ukraine du 3 février sera une « opportunité » de parler de la coopération et du soutien de l’UE à ce pays déchiré par la guerre.

    Pas d’unanimité sur le recours à la réserve de crise

    Le représentant de la Commission présent à la réunion mentionnée a saisi l’occasion pour évaluer les réactions des États membres à l’idée d’utiliser la réserve de crise de la Politique agricole commune (PAC) de l’UE pour soutenir les agriculteurs de pays comme la Pologne ou la Roumanie qui sont au bord de la faillite en raison de l’afflux massif de céréales en provenance de leur voisin en guerre.

    Cette réserve de crise est un fonds doté de 450 millions d’euros qui peuvent être utilisés pour financer des mesures exceptionnelles visant à contrer les perturbations du marché affectant la production ou la distribution des produits agricoles.

    L’idée d’utiliser cette réserve a déjà été avancée par le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, mais son activation nécessite l’accord de tous les ministres de l’Agriculture de l’UE.

    Janusz Wojciechowski – Commissaire européen à l’agriculture ©CE

    Selon la source au sein de la réunion, un certain nombre de pays — dont la Finlande, la Lettonie, la Hongrie, l’Estonie et la République tchèque — ont salué l’activation de la réserve agricole et voudraient voir celle-ci activée « dès que possible ». En revanche, la Slovaquie a déclaré qu’elle était ouverte à l’idée, mais que cette dernière nécessitait une réflexion approfondie.

    Néanmoins, un certain nombre d’autres pays ont exprimé leur opposition à l’idée, notamment la France, les Pays-Bas et le Danemark. L’Italie demeure « sceptique » et Malte a exprimé des inquiétudes quant à l’insuffisance de la somme face au défi à relever.

    Le représentant de la Commission a conseillé aux États membres de procéder avec prudence, notant que nous sommes encore au début de l’année et ainsi, les pays de l’UE devraient être « prudents et laisser des ressources suffisantes pour le reste de l’année/les problèmes potentiels ».

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 26.01.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 26.01.23

    Bonjour à tous, ce jeudi 26 janvier dans le flash des Français de l’étranger on revient sur le Qatargate à Bruxelles, puis on fait le point sur la mobilisation contre la réforme des retraites. 

    Des eurodéputés français mis en cause 

    Pier Antonio Panzeri, le cerveau présumé du scandale du Qatargate, devrait livrer à la justice belge de nouveaux noms d’eurodéputés allemands, français et italiens, selon l’avocat de l’eurodéputée grecque actuellement incarcérée Eva Kaili. M. Panzeri a passé un accord avec la justice belge pour révéler les détails du scandale en échange d’une peine moins lourde.

    Qatargate
    Qatargate

    72% des Français contre la réforme des retraites 

    Ce n’est peut-être pas le K.O., mais le coup est très rude pour l’exécutif. Le nouveau sondage Elabe « L’Opinion en direct » montre que l’opposition des Français au projet de réforme des retraites est en très nette hausse. Une semaine après la première journée de grève nationale, le soutien à la mobilisation connaît lui aussi une hausse spectaculaire. De surcroît, l’action du président de la République et de sa Première ministre est largement désavouée par l’opinion. Enfin, l’enquête montre une bascule inquiétante pour le gouvernement : il perd le soutien des retraités.

    Manifestation en janvier 2023 à Paris contre la réforme des retraites

    Au Quai et à l’AEFE on est aussi prêts à reconduire le mouvement

    Mardi prochain, le 31 janvier , les intersyndicales du Ministère des Affaires étrangères et de l’AEFE ont décidé de suivre l’appel à la grève contre la réforme des retraites. De nouveau, les écoles, les Lycées comme les consulats seront donc fermés, on s’attend même à un renforcement de la mobilisation, ce qui entraînera encore plus de fermetures de classes ou d’accueils consulaires.

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour le dernier flash de la semaine. Bon jeudi à tous !

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

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