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  • Rencontre avec le fondateur de Skiptax

    Rencontre avec le fondateur de Skiptax

    La détaxe vit une révolution depuis quelques années. Grâce à des applications, la détaxe est désormais facile et rapide ! On a rencontré le fondateur de Skiptax, la première application française, Raphael Salama.

    Ecoutez le podcast avec Raphael Salama

    La détaxe, c’est quoi ?

    La vente en détaxe est une exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur le prix de biens achetés par des personnes de passage en France et ce quelle que soit leur nationalité, car ce qui compte c’est le lieu de résidence. Cette exonération était soumise cependant à conditions :

    • que le magasin la propose (ce qui est assez rare finalement)
    • résider hors de l’Union européenne
    • l’achat dans un seul établissement doit être supérieur à 100 € TTC

    Toutes les marchandises à caractère touristique vendues pour être transportées hors de l’Union européenne (UE), dans les bagages personnels de l’acheteur, sont concernées.

    Skiptax ouvre les potentiels

    Depuis l’arrivée des applications comme Skiptax, les règles sont optimisées pour « redonner le contrôle aux consommateurs« .

    Comme nous l’explique Raphael Salama, grâce à l’app de détaxe, désormais tous les magasins sont accessibles (les démarches ne se faisant plus au niveau des boutiques), tous les achats sont, aussi, éligibles quel que soit le montant (le cumul des achats, doit, cependant, être toujours supérieur à 100 euros), et la paperasse disparait.

    La méthode est simple, il suffit de scanner les factures d’achat (bien penser à les demander au nom de Skiptax) dans l’app et Skiptax prépare immédiatement les bordereaux qui seront réunis dans un simple code-barres qu’il suffira de scanner dans les bornes prévues à cette usage dans les aéroports internationaux (les fameuses bornes « Pablo »). Précisons que Skiptax est la première application agréée par les douanes françaises, un gage de sécurité et de respect des règles.

    Bornes Pablo à la Gare du Nord (Paris) dans l’espace réservé aux voyages vers le Royaume-Uni ©AFP

    Un remboursement rapide

    L’autre gros avantage avec Skiptax c’est la rapidité du remboursement de la TVA payée en France. Avant Skiptax, il fallait transmettre en plus des bordereaux, des factures, vos coordonnées bancaires… Puis il fallait attendre que les services fiscaux vous remboursent.

    Avec Skiptax, c’est désormais en 24h à 48h ouvrées après votre sortie du territoire, à condition de bien avoir scanné votre code-barres dans les bornes « Pablo » présentes dans les aérogares (ou à la Gare du Nord si vous vous rendez au Royaume-Uni), que vous serez remboursé soit sur votre compte bancaire, ou pour ceux qui sont dans une zone SWIFT, vous pouvez demander un versement sur votre compte PayPal pour plus de rapidité. Skiptax vous avance les fonds et se charge, par la suite, de les récupérer auprès des services fiscaux.

    Quel coût ?

    Comme toutes les entreprises, les applications de détaxe ont besoin de financement. Dans la détaxe, le principe est simple, c’est une commission sur le montant remboursé. Dans le cas général, 80% de la TVA vous est viré (soit une commission maximum de 20%). Mais avec Skiptax, on peut faire grimper ce taux à 100% rapidement. L’application, à travers ses programmes de fidélité ou de parrainage, vous offre la possibilité de recevoir l’intégralité de la TVA reversée par les douanes françaises.

  • Reconnaître au peuple iranien le droit à se défendre contre la tyrannie

    Reconnaître au peuple iranien le droit à se défendre contre la tyrannie

    Voilà désormais 4 mois que le peuple iranien crie « Mort à Khamenei » et « Mort au tyran, qu’il soit roi ou dirigeant » dans les rues du pays. Aucune des 31 provinces du pays ne fait exception. En chiffres, ce sont 282 villes touchées pour 750 personnes tuées (dont 620 ont été identifiées par les Moudjahidines du peuple) et au moins 30 000 personnes interpellées. Jamais un soulèvement n’avait pris autant d’ampleur depuis la prise du pouvoir par la révolution islamique en 1979 !

    Le dynamisme de la révolution

    Le dynamisme de ce soulèvement et sa poursuite sur une aussi longue période malgré une répression inédite reposent sur deux forces motrices. Tout d’abord, un mécontentement généralisé ; chômage, inflation, pauvreté de 80% de la population, corruption systémique du gouvernement, oppression des femmes, oppression des minorités religieuses et ethniques… Soit, le résultat sans concession de l’œuvre d’un régime médiéval pendant plus de 40 années.

    La prospérité économique, l’égalité entre les hommes et les femmes, le respect des droits fondamentaux, entre autres, nécessitent des réformes, terme totalement incompatible avec l’essence même du système Velayat e-Faqih et qui le fait se désagréger. C’est pourquoi ce régime n’est même pas capable de revoir sa position sur le hijab obligatoire. Hassan Rohani et Mohammad Khatami, deux mollahs apparemment modérés qui furent en leur temps appelés à la présidence du pays, n’étaient qu’une vitrine pour rendre ce régime acceptable.

    Jeu dur et jeu doux

    Il n’y a pas d’éléments modérés ! Et toute tendance à la réforme au sein de ce régime signifie son renversement. La focalisation des slogans sur Khamenei montre cette vérité. Le peuple iranien ne veut pas seulement abolir le hijab obligatoire. Avec l’aide des unités de résistance sur le terrain et du CNRI à l’extérieur du pays, il veut renverser le régime satanique basé sur l’autorité religieuse. C’est là que se situe la seconde force motrice de ce soulèvement.

    Pendant 40 ans, la communauté internationale a été trompée par le jeu entre “les durs et les doux“ au sein de ce régime, ou bien peut-être a-t-elle choisi de se tromper elle-même contre la promesse de bénéfices à court terme. Ce jeu a été fondamentalement inventé par Khomeini et Khamenei, les deux seuls vrais dirigeants du pays depuis 1979. Le peuple iranien, lui, ne s’y trompe pas. D’ailleurs, lors du soulèvement de 2018, les jeunes insurgés scandaient : « Fondamentaliste, réformateur, fin de l’histoire. »

    Pour stopper le soulèvement, le pouvoir doit nécessairement désactiver l’une des deux forces motrices. Puisque le régime n’est pas en mesure d’éliminer le mécontentement, c’est-à-dire de créer la prospérité économique et de répondre aux besoins culturels et politiques de la société, il a concentré tous ses efforts sur le deuxième facteur, la résistance organisée, afin de stopper le dynamisme du soulèvement.

    A l’étranger, le régime a activé ses cellules dormantes et ses lobbies pour travailler contre la résistance. Depuis 40 ans, en calomniant la résistance et en la discréditant, le régime a voulu dire qu’elle n’est pas une alternative viable, et que nous devrions donc nous satisfaire de ce régime.

    Le secret de la poursuite du soulèvement

    Les unités de résistance qui ont été formées en 2013 par les moudjahidines du peuple, ennemis jurés de Khomeiny, jouent un rôle décisif dans la poursuite du soulèvement. Le régime tente d’ailleurs principalement d’arrêter les membres des unités de résistance, qu’il appelle des leaders. Ces unités de résistance ont joué un rôle très important dans les soulèvements de 2018 et 2019. Mais cette fois, leur impact a eu des répercussions bien plus grandes et elles ont pris une autre dimension. Les UR sont devenues une organisation d’avant-garde dans tout le pays.

    Soulèvement dans une ville de province en Iran en décembre 2022 ©AFP

    Bien sûr, la pandémie a freiné la montée en puissance des UR dans le pays. En jouant le jeu de “la politique de la grande perte“ pendant l’épidémie Covid, Ali Khamenei a misé sur l’extinction progressive des mouvements de protestations initiés en 2018 et 2019. C’était sans compter sur la confiance toute nouvelle qui habitait les Unités de Résistance. Elles ont su maintenir la flamme contestataire vaillante. Il a ensuite suffi d’une étincelle pour que la société iranienne s’embrase : la mort de Mahsa Amini.

    Depuis, les UR jouent leur rôle à la perfection : garantir la poursuite des soulèvements, élargir la contestation au pays tout entier, organiser les manifestations et les actions contre le régime, protéger au mieux les révolutionnaires des forces répressives gouvernementales. Preuve de leur efficacité, un ordre confidentiel du Corps des gardiens de la révolution islamique daté du 19 octobre 2022 fait état des inquiétudes exprimées face à l’augmentation des « actions des unités de résistance ».

    Afin de faire face aux forces répressives de l’ennemi et d’ouvrir la voie au soulèvement, les UR ont mené plus de 1 500 opérations contre le régime, dans 282 villes. De nombreux centres et symboles gouvernementaux ont été incendiés et les voies d’approvisionnement de l’ennemi ont été fermées. On compte également plus de 4 000 “autres pratiques“ des UR, des tags aux actions sur le terrain pendant les manifestations, des bannières dans les cortèges aux affiches devant les caméras en passant par tous les slogans sur les routes. Malgré les arrestations généralisées, ces différentes actions ont connu une croissance de 500 %.

    L’expansion des UR dans tout l’Iran leur a permis de former des protestations locales et partisanes dans différentes villes et même dans les grandes villes en même temps, empêchant ainsi la concentration des forces répressives. Et c’est ainsi que le soulèvement a continué. Si le soulèvement n’avait pas de direction et d’organisation, comment aurait-il pu survivre aussi longtemps sous la répression sévère des mollahs sauvages, qui ne renoncent à aucun crime ni à aucune ruse ?

    La peur a changé de camp

    Aujourd’hui, tous les signes et symptômes indiquent que la situation ne reviendra pas à l’équilibre d’avant septembre 2022. Pour autant, Ali Khamenei ne ménagera pas ses efforts et continuera à réprimer jusqu’à sa dernière seconde sur le trône.

    En interne, de nombreuses autorités religieuses et des commandants du CGRI ne le soutiennent plus. Des mollahs comme Abdullah Nouri, l’ancien ministre de l’Intérieur, Morteza Moqtadaei, le procureur général et l’ancien chef de la Cour suprême, Mohaghegh Damad, l’ancien chef du département de l’inspection générale et d’autres encore ont déjà protesté publiquement contre le guide suprême Ali Khamenei.

    La peur a clairement changé de camp. De nombreux athlètes et artistes ont rejoint aujourd’hui les rangs de l’opposition. Et malgré les arrestations généralisées, de nouvelles personnes rejoignent chaque jour les rangs du soulèvement. La communauté internationale, qui avait l’habitude d’investir dans la stabilité de ce régime, a presque perdu tout espoir aujourd’hui. En bref, le potentiel du soulèvement n’a pas disparu et il s’intensifiera avec l’augmentation de la répression.

    Le but de la révolution

    Le peuple iranien rejette toute forme de dictature. Le slogan de la mort au dictateur, qu’il s’agisse d’un roi ou d’un leader, exprime le même sens. L’objectif est d’établir une république démocratique, fondée sur la séparation de la religion et de l’État, l’égalité entre les hommes et les femmes, un Iran non nucléaire et des Iraniens en paix et en amitié avec leurs voisins. La vision de l’Iran futur dans le programme en dix points de Maryam Radjavi, dirigeante de l’opposition iranienne, a été soutenue par de nombreux parlements partout dans le monde. L’Iran de demain sera une république démocratique !

    Pour autant, le régime actuel ne saurait disparaître sous la pression de simples manifestations. Il réprimera jusqu’au dernier jour. De fait, le droit légitime d’autodéfense du peuple et la résistance de l’Iran doivent être reconnus. C’est un droit naturel que personne ne peut enlever au peuple, par ailleurs reconnu dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et dans les constitutions de nombreux pays.

  • Pour une épargne européenne plus verte ! 

    Pour une épargne européenne plus verte ! 

    La transition énergétique nécessitera chaque année et jusqu’au milieu de ce siècle des milliers de milliards de dollars d’investissement afin d’atteindre la neutralité carbone et de limiter autant que possible le réchauffement de la planète. Parce qu’elle est l’autre face de l’investissement, l’épargne a un rôle d’aiguillon à jouer dans cette révolution afin de concilier réduction des émissions de gaz à effet de serre et efficience financière. Les ressources financières étant rares tout comme celles de la planète, elles se doivent d’être utilisées judicieusement. 

    La France dispose d’un atout en la matière avec un savoir-faire financier de premier ordre. Ses banques et ses compagnies d’assurances figurent parmi les plus performantes d’Europe. Selon l’Autorité des Marchés Financiers, les actifs des fonds et mandats gérés en France s’élevaient à 4 450 milliards d’euros fin 2021. En 15 ans, ce montant a été multiplié par deux. Grâce aux engagements des établissements, à la pression des Organisations non gouvernementales ainsi que celle des pouvoirs publics et en premier lieu de la Commission européenne, les gestionnaires d’actifs contribuent au financement d’activités durables. 

    Certes, certains pourraient regretter que seulement 1 080 fonds répondent aux exigences les plus élevées de l’Union européenne en matière de protection de l’environnement et soient en tant que tels classés comme fonds vert foncé (dits « fonds article 9 » du Règlement SFDR pour « Sustainable Finance Disclosure Regulation »). Plus du tiers des fonds sont, de leur côté, classés comme verts (« article 8 »). De réels progrès ont été enregistrés sur le terrain des classements avec par ailleurs une appétence plus importante de la part des épargnants à souscrire à ce type de placements. 

    Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2023, avec l’entrée en vigueur des normes européennes SFDR de niveau 2, les sociétés de gestion doivent préciser dans leurs documents d’information les données sur la durabilité des investissements réalisés. 

    Dès l’année prochaine, la directive européenne NFRD (Non Financial Reporting Directive) qui encadre les déclarations de performance extrafinancière des sociétés européennes sera remplacée par une nouvelle directive, plus ambitieuse, appelée « CSRD » (Corporate Sustainability Reporting Directive).

    Créer un Livret vert ? 

    Face à cette orientation de l’épargne en cours, est-il nécessaire de créer, en France, un nouveau livret d’épargne réglementée, un « Livret vert » ? Le Livret de Développement Durable et Solidaire flèche déjà une partie de l’épargne de court terme en faveur des entreprises qui investissent afin de réduire leur empreinte carbone ou qui s’engagent dans l’économie solidaire. Les Livrets d’épargne réglementée qui sont des placements à court terme drainent des sommes importantes, soit plus de 800 milliards d’euros d’encours, sachant que la transformation de ressources de court terme en crédits à long terme est par nature coûteuse. 

    S’il est urgent de réaliser au plus vite les infrastructures nécessaires à la transition énergétique, leur amortissement s’effectuera sur une longue période. L’épargne à mobiliser doit l’être tout autant. L’aversion aux risques des ménages rendrait le financement de la transition énergétique impossible, justifiant de passer par des formules d’intermédiation administrée. 

    Des « obligations » vertes ?

    Depuis plusieurs années, les Français ont accepté de prendre plus de risques avec leur épargne. La proportion des unités de compte dans la collecte de l’assurance vie atteinte depuis un an avoisine les 40 %. Plus de 3,7 millions de Français ont souscrit un Plan d’Épargne Retraite qui est par définition un produit de long terme. Le nombre de Plans d’Épargne en Actions est en constante augmentation et a dépassé les 5 millions en 2022. Les épargnants français sont de plus en plus matures et responsables. 

    Le financement de la mutation verte ne peut s’appréhender qu’à l’échelle de l’Europe. Face aux États-Unis dont le gouvernement entend privilégier leurs entreprises dans la bataille écologique qui est lancée, l’Union européenne se doit de disposer d’outils de financement à la taille de son économie. 

    Les États de la zone euro ont créé la monnaie unique mais le marché financier unifié reste à construire. Depuis la crise des dettes souveraines, la tendance est plutôt à la segmentation des marchés financiers.

    La création d’un grand marché financier 

    Face au défi de la décarbonation, l’Union européenne pourrait émettre des obligations vertes dans le prolongement des émissions obligataires réalisées dans le cadre de son plan post-covid. Ces obligations concourront au renforcement de l’euro et limiteront les risques de divergence des économies et de taux au sein de l’Union. 

    La création d’un grand marché financier rassemblant les différentes places financières nationales augmenterait la profondeur du marché, et réduirait les coûts d’émission et de gestion. Elle offrirait aux épargnants une gamme plus large de produits et aux entreprises des moyens de financement plus importants. 

  • 50 après « Roe v. Wade », la bataille pour l’avortement aux Etats-Unis

    50 après « Roe v. Wade », la bataille pour l’avortement aux Etats-Unis

    Le 22 janvier 1973, le droit à l’avortement était accordé aux Américaines après l’arrêt « Roe v. Wade ». 50 plus tard, alors que le texte a été révoqué en juin par la Cour suprême, ils étaient des milliers de pro et d’anti-IVG à défiler dans les rues de New York et Washington. Le combat pour l’avortement aux Etats-Unis continue.

    Une manifestation pro-avortement

    C’est aux cris de « Mon corps, mon choix » que des dizaines de milliers de personnes ont défilé aux États-Unis ce dimanche. Les participants étaient très déterminés : pour eux, le combat pour le droit à l’avortement ne fait que commencer et il doit s’exercer avant tout dans les urnes. Rachel O’Leary Carmona, la directrice de la Marche des femmes qui a organisé des manifestations, a tenu à rappeler les objectifs.

    « Nous devons protéger nos libertés. Il faut que le gouvernement arrête de s’occuper de notre corps et de notre vie. Il faut que les députés, au niveau local et national, nous aident et pas qu’ils essayent de nous contrôler »

    Rachel O’Leary Carmona, la directrice de la Marche des femmes
    Manifestation du dimanche 22 janvier 2023

    Kamala Harris

    Du côté des politiques, la vice-présidente Kamala Harris est montée au front pour commémorer les 50 ans de l’arrêt Roe v. Wade. Elle l’a fait en Floride, sur les terres du très conservateur gouverneur Ron DeSantis, potentiel candidat Républicain à la présidentielle de l’année prochaine, qu’elle a ciblé sans le nommer. 

    « Est-ce qu’on peut vraiment être libres si de soi-disant dirigeants se prétendent à l’avant-garde des libertés ? Alors qu’ils osent restreindre les droits des Américains et attaquent le fondement même de la Liberté ? »

    La vice-présidente des USA Kamala Harris

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Qatargate : M. Panzeri devrait révéler les noms d’eurodéputés allemands, français et italiens

    Qatargate : M. Panzeri devrait révéler les noms d’eurodéputés allemands, français et italiens

    Pier Antonio Panzeri, le cerveau présumé du scandale du Qatargate, devrait livrer à la justice belge de nouveaux noms d’eurodéputés allemands, français et italiens, selon l’avocat de l’eurodéputée grecque actuellement incarcérée Eva Kaili, lundi.

    « Des messages et des informations nous parviennent selon lesquels il nommera des eurodéputés d’Allemagne, de France, d’Italie et de Belgique. En ce qui concerne les personnes de Grèce, je ne peux rien exclure, surtout parce que nous sommes en période pré-électorale »

    L’avocat Michalis Dimitrakopoulos lundi 23 janvier dans une interview à la chaîne Kontra TV.

    M. Panzeri a passé un accord avec la justice belge pour révéler les détails du scandale en échange d’une peine moins lourde. Mardi, il témoignera pour la première fois après avoir scellé cet accord avec les autorités belges.

    Mais selon M. Dimitrakopoulos, Pier Antonio Panzeri a fait une démarche très risquée. « Ils lui ont dit qu’il resterait en prison pendant un an, mais qu’il leur donnerait les noms qu’ils veulent », a-t-il dit, laissant entendre que M. Panzeri est manipulé politiquement.

    « Maintenant, il est complètement indigne de confiance, et tout ce qui l’intéresse, c’est de sauver sa femme et sa fille, et tout ce qu’ils lui donneront, il le signera »

    M. Dimitrakopoulos, l’avocat de Pier Antonio Panzeri

    En outre, M. Dimitrakopoulos prévoit que cet accord conclu avec les autorités belges finira par « s’effondrer », car « il y aura de fortes réactions de la part des personnes que M. Panzeri accusera ».

    Selon lui, deux eurodéputés belges sont déjà contre lui — Marc Tarabella et Andrea Cozzolino — et on s’attend à ce qu’ils révèlent des choses contre M. Panzeri, que lui-même a cachées jusqu’à présent. « Donc, l’accord s’effondrera dans ce cas », a-t-il dit.

    Une source proche du dossier a déclaré à EURACTIV que selon l’accord, M. Panzeri doit dire toute la vérité aux autorités judiciaires belges, sans rien cacher. S’il ne le fait pas, non seulement il « rompt l’accord », mais il sera également accusé de « perturber le cours de la justice ».

    « Des messages et des informations nous parviennent selon lesquels il citera des eurodéputés d’Allemagne, de France, d’Italie et de Belgique. En ce qui concerne les personnes de Grèce, je ne peux rien exclure, surtout parce que nous sommes en période pré-électorale », a déclaré l’avocat Michalis Dimitrakopoulos. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

    Silence sur l’Arabie saoudite

    Faisant référence au discours d’Eva Kaili au Parlement européen, où l’eurodéputée grecque avait félicité le Qatar pour les progrès réalisés en matière de droits des travailleurs, M. Dimitrakopoulos a déclaré qu’il y avait eu un malentendu.

    Eva Kaili avait déclaré que le Qatar était un « pionnier en matière de droits des travailleurs ».

    « La Coupe du monde d’aujourd’hui prouve comment la diplomatie sportive peut réaliser une transformation historique d’un pays avec des réformes qui ont inspiré le monde arabe. L’OIT a déclaré que le Qatar est un pionnier en matière de droits des travailleurs »

    Eva Kaili, ancienne vice-présidente du Parlement européen

    Selon M. Dimitrakopoulos, Mme Kaili s’était contentée de citer l’OIT dans son discours et de comparer les progrès en matière de droits des travailleurs au Qatar avec ceux des autres pays du Golfe.

    « Elle a juste souligné les progrès du Qatar en matière de droits des travailleurs par rapport au Koweït […] et au pays préféré de certains eurodéputés… l’Arabie saoudite. »

    M. Dimitrakopoulos, l’avocat de Pier Antonio Panzeri

    « Savez-vous ce qui se passe avec les droits des travailleurs en Arabie saoudite ? Est-ce qu’un seul eurodéputé, qui crucifie maintenant [Eva] Kaili, a comparé l’Arabie saoudite au Qatar ? Les intérêts et les lobbys sont énormes », a conclu M. Dimitrakopoulos.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 25.01.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 25.01.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans votre flash dédié aux Français de l’étranger, ce mercredi 25 janvier on redécouvre que Monaco est une place financière dédiée au blanchiment, on s’étonne que le président de la Douma considère la France comme pays ennemi, et on finit avec une activité de saison réalisée sous le soleil de Dubaï ! 

    Monaco de retour sur la liste grise des paradis fiscaux 

    C’est ce que révèle un rapport du Conseil de l’Europe, dont Euractiv, un de nos partenaires, a eu connaissance. Manque de contrôles, absence de poursuites ou classements sans suite, une unité de police dédiée trop petite, voilà quelques uns des reproches portés contre le rocher et ses institutions financières. Une décision si elle est appliquée qui risque de compliquer les transactions entre l’Union européenne et la principauté mais qui surtout renvoie Monaco plus de 10 ans en arrière, en effet c’est en 2009 que ce petit Etat avait été retiré de la liste grise. 

    « La France pour nous c’est un ennemi » 

    C’est dans ces termes que le vice-président de la Douma russe (l’équivalent de l’Assemblée nationale) s’est exprimé ce lundi 23 janvier lors d’une interview sur la chaîne BFM. De son point de vue, les justifications sont multiples tant sur le front économique que militaire. Selon lui, l’implication des pays occidentaux est la raison pour laquelle il est actuellement impossible d’avoir « des négociations et de terminer la guerre. »

    Piotr Tolstoï, vice-président de la Douma russe

    Une tartiflette géante dans le désert 

    On finit votre flash avec cette nouvelle plus légère, l’association des Savoyards dans le monde, présidée par Laurent Rigaud, a organisé le week-end dernier comme chaque année une dégustation d’une tartiflette géante au coeur du désert entourant Dubaï. Plus de 100 Français se sont donc retrouvés pour déguster ce plat de nos montagnes au sommet d’une dune de sable. Notons que la tartiflette géante avait été préparée dans la cuisine du président de l’association avec des produits frais tout juste sortis de l’avion. 

    tartiflette géante
    Tartiflette géante à Dubaï en janvier 2023

    C’est avec cette note gourmande qu’on se quitte, on se retrouve demain pour un nouveau flash des expatriés. 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Une loi sur l’interdiction d’achat immobilier résidentiel au Canada pénalise certains Français

    Une loi sur l’interdiction d’achat immobilier résidentiel au Canada pénalise certains Français

    Pour contrer la spéculation immobilière qui est devenue un fléau au Canada, en partie alimentée par des investisseurs étrangers -les prix ont flambé, une loi est entrée en vigueur le 1er janvier 2023. En vertu de la loi sur l’interdiction d’achat d’immeubles résidentiels par des non-Canadiens, les personnes qui ne sont pas des citoyens canadiens ou des résidents permanents ne pourront plus être en mesure d’acquérir une propriété résidentielle au Canada. Et cette loi s’applique pour les deux prochaines années.

    Pour Vanessa, cadre supérieur dans le milieu financier, la loi ne va rien changer. Elle avait pensé investir mais la pandémie et l’envolée spectaculaire des prix l’a fait revoir son projet.

    ‘’Quitte à investir dans l’immobilier au prix fort, je pense viser la France plutôt maintenant. La pandémie nous a fait prendre conscience que ce qu’on tenait pour acquis pouvait s’envoler d’un jour à l’autre. Même si j’adore vivre à Montréal, je ne sais pas de quoi demain sera fait. Je vais investir en France pour l’avenir et rester locataire ici. ’’

    Vanessa, Française au Canada

    Des néo-Canadiens pris dans la tourmente

    Les critères d’application de la loi n’ont été connus que le 21 décembre, et pour une rentrée en vigueur le 1er janvier, cela fait court pour cerner les impacts réels.

    Le cadre et la communication autour de cette loi ont pu paraître flous et certains Français pensaient que cela ne les concernait pas. Parce que loin d’être des spéculateurs, les immigrants pouvaient être persuadés de ne pas rentrer dans le cadre de la loi. Ainsi, certains néo-Canadiens ne sont plus en mesure d’acheter leur première résidence…

    Pour Valentin et sa petite famille, la nouvelle loi ne change pas dramatiquement la donne. Ils avaient pensé sauter le pas et acheter une petite maison, mais les prix de l’immobilier ont tellement augmenté depuis les dernières années qu’ils ont commencé à douter de la pertinence de cette étape.

    ’Peut-être que finalement cette situation moins propice à l’achat (flambée immobilière due à la Covid et maintenant cette loi) va nous permettre de mâturer le projet. Qui sait, on aura peut-être envie de rentrer en France dans quelques temps ?’’

    Valentin, père de famille française au Canada

    Un remède pire que le mal ?

    Pour le gouvernement fédéral canadien, il s’agissait de cette façon de stabiliser un marché immobilier fragilisé par la pandémie et la spéculation immobilière, entre autres dans les grandes villes comme Vancouver, Toronto et Montréal. Trop nombreux sont en effet les logements achetés par des investisseurs étrangers, laissés vacants, qui font grimper le marché immobilier d’une manière effrayante et dangereuse. 

    Catherine et Laurent, depuis presque trois ans au Québec se sont très bien intégrés professionnellement. Ils travaillent tous deux dans les IT. Après la pandémie, ils ont décidé d’acheter un condominium (terminologie locale pour un appartement en copropriété) pour investir dans leur avenir et la famille qui va s’agrandir.

    ‘’On ne comprend pas. Pour contrer la spéculation, on nous prive d’une meilleure intégration. Le remède est pire que le mal. On a l’impression d’être pris en otages, que nous sommes là pour faire rouler l’économie mais qu’il n’y a pas beaucoup de considération pour nous alors que cet achat était pour y vivre et pas du tout pour louer’’

    Catherine et Laurent, jeunes Français du Canada

    Dans un communiqué diffusé le 21 décembre dernier, à la veille des congés des fêtes, le ministre du Logement, de la Diversité et de l’Inclusion déclarait : « Les logements ne devraient pas être des simples biens. Ils sont conçus pour être habités – un endroit où les familles peuvent s’enraciner, créer des souvenirs et bâtir une vie ensemble. […] Nous continuerons de faire tout ce que nous pouvons pour que tous les résidents du pays aient un logement qui soit abordable et qui réponde à leurs besoins ». 

    Certes, mais quid des familles d’immigrants dont la situation tombe entre deux chaises ? Ceux dont le cas ne relevait pas de la spéculation mais bien du besoin de trouver un ‘’home sweet home’’ au Canada ?

  • La tartiflette géante des sables

    La tartiflette géante des sables

    Comme chaque année, l’association des Savoyards du Monde, présidée par Laurent Rigaud, élu consulaire des Français de Dubaï, a organisé sa tartiflette géante au coeur des sables du petit émirat.

    tartiflette géante
    ©Laurent Rigaud

    Un fromage, une passion, de l’amour

    Les Savoyards des Emirats et les amis de la Savoie se sont retrouvés pour leur tartiflette annuelle dans le désert de Dubaï.

    Cette tartiflette préparée chez le président Rigaud par les membres de l’association faisait 60 Kgs, elle comprenait 8 Kgs de reblochon au lait cru, 7 kgs d’oignons, 7kgs de lardons, 3 litres de crème et 35 kgs de pommes de terre. Elle a été cuite au feu de bois et dégustée par les 110 participants présents.

    En dessert, le pâtissier français Alexandre Treffle avait préparé deux énormes galettes et les amis alsaciens un bon vin chaud pour la joie de tous.

    La tartiflette, son origine ?

    Mais pourquoi une centaine de Français ont envie de se retrouver dans le désert pour déguster une tartiflette bien chaude ? Le terroir et l’amour, évidemment ! Mais d’où vient cette spécialité montagnarde qui déclenche les passions ?

    ©Laurent Rigaud

    Elle tire son nom de tartiflâ, la pomme de terre en savoyard. Directement inspirée par la pela, elle comporte en plus des lardons et du vin blanc, et se réalise au four. Créée dans les années 50, elle remporta immédiatement un grand succès dans les stations de sport d’hiver avant d’être adoptée partout en Savoie… et dans toute la France. Son secret c’est son fromage : le reblochon !

    Reblochon, un fromage de 800 ans

    L’origine du Reblochon commence au 13ème siècle, dans les alpages des vallées de Thônes, par une maraude clandestine. A l’époque, les propriétaires des terres, le plus souvent des moines ou des nobles, possédaient un droit d’ociège sur les paysans qui exploitaient les alpages. Cette redevance était perçue une fois par an et était basée sur le nombre de pots de lait produits en un jour par le troupeau. On en déduisait la quantité de beurre et de fromage qu’ils pouvaient donner.

    Les paysans rétribuaient donc leur propriétaire sur la quantité de lait produite en une journée.
    Au moment du contrôle, ingénieusement, le fermier pratiquait une traite incomplète pour payer moins de location. Dès le départ du contrôleur, il procédait à une seconde traite. Le lait ainsi obtenu n’était sans doute pas très abondant, mais très riche en crème, idéal pour en faire un fromage.

    Le Reblochon doit donc son nom à cette petite fraude, appelée localement la « Rebloche » , car en patois « Re-blocher » signifie pincer les pis de la vache une deuxième fois.

  • Comment la relation entre la France et le Burkina Faso s’est-elle dégradée ?

    Comment la relation entre la France et le Burkina Faso s’est-elle dégradée ?

    Les forces spéciales françaises seraient invitées à quitter le Burkina Faso, assurent des médias publics burkinabés. Emmanuel Macron dit attendre des « clarifications ». Retour sur la dégradation des relations entre les deux pays ces derniers mois avec les équipes de la chaîne francophone mondiale TV5MONDE.

    Traoré installe sa dictature

    Le président de la Transition du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, avait déclaré à l’occasion de la fête nationale, en décembre 2022, que l’indépendance de son pays « n’est pas acquise » du fait de l’occupation d’une partie du pays par les groupes armés « terroristes » et que le combat pour « l’indépendance totale » a commencé, il y a quelques semaines de cela. Il s’inscrit ainsi dans la continuité des opérations Wagner initiées par la Russie.

    Attaque de l’ambassade de France

    Des propos qui n’ont étonné personne alors que sa prise du pouvoir avait été marquée par une attaque de l’ambassade de France et une chasse aux Français dans les rues de la capitale.

    Son positionnement anti-français sert de liant entre toutes les factions qui composent ses troupes. Une situation qui va devenir de moins en moins tenable pour nos compatriotes encore sur place (moins de 500).

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Blanchiment d’argent : Monaco sur le banc des accusés

    Blanchiment d’argent : Monaco sur le banc des accusés

    Un rapport du Conseil de l’Europe publié lundi, qu’EURACTIV a pu avoir en avant-première, met en évidence certains dysfonctionnements majeurs dans la lutte contre le blanchiment d’argent à Monaco. Le Groupe d’action financière (GAFI) s’apprête à mettre le pays en période d’observation.

    Le rapport fait état de risques importants de blanchiment d’argent auxquels Monaco est confronté, principalement en raison des « activités financières orientées à l’internationale », dont le pays s’est fait la spécialité. La Principauté est une « cible de choix » pour les flux financiers transfrontaliers illicites, selon le Conseil de l’Europe.

    En substance, les fraudes sont commises à l’étranger, tandis que le produit du crime est blanchi à Monaco.

    Les analyses de risques, la coopération internationale et le caractère dissuasif des sanctions sont par ailleurs inadéquats face aux risques de fraude et de corruption, souligne le rapport.

    Les risques liés au financement du terrorisme, également une responsabilité du GAFI au niveau international, ont été jugés relativement faibles, mais le rapport enjoint les autorités monégasques à des analyses de risques plus poussées sur ces sujets.

    Le rapport sera soumis à la plénière du GAFI le 20 février prochain, après quoi le pays entamera très certainement une phase d’observation d’un an. Si des réformes structurelles ne voient pas le jour au cours de cette période, Monaco risque d’être ajouté à une « liste grise », qui a vocation à être publique. Le pays figurait sur cette liste grise jusqu’en 2009.

    Une telle décision porterait un coup réputationnel majeur à la Principauté, qui était accusée il y a encore quelques mois de ça de protéger la fortune d’oligarques russes avant de s’aligner sur les sanctions internationales contre la Russie.

    Le rapport est le résultat d’une évaluation de plusieurs mois menée par le Comité d’experts sur l’évaluation des mesures de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (MONEYVAL) au sein du Conseil de l’Europe. MONEYVAL évalue la conformité des membres du Conseil avec les normes internationales et fait des suggestions politiques sur la base des 40 recommandations du GAFI.

    Dans la plupart des cas, les fraudes sont commises à l’étranger, tandis que le produit du crime est blanchi à Monaco, note le rapport. [NAPA/Shutterstock]

    Une surveillance « mitigée »

    Face aux menaces existantes, le rapport affirme que l’efficacité du système de lutte contre le blanchiment des capitaux est « mitigée » et que tous les risques ne sont pas pris en compte de manière satisfaisante. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne le blanchiment du produit de la fraude à l’impôt sur le revenu commise à l’étranger : une telle infraction fiscale n’est pas criminalisée à Monaco, et aucune analyse sérieuse des risques n’a été entreprise.

    « D’importantes améliorations » sont également nécessaires en ce qui concerne les activités de supervision des institutions financières et des entreprises non financières telles que les agents immobiliers, la gestion de fortune ou la banque privée, par le biais desquelles des importantes sommes d’argent peuvent transiter.

    Selon le rapport, ces secteurs d’activité représentent des profils de fraude financière à haut risque, bien qu’aucune réponse adéquate n’ait réellement été mise en œuvre pendant la période d’évaluation, qui s’étendait jusqu’en mars 2022.

    La mise en œuvre d’une approche de supervision fondée sur le risque (risk-based approach) « afin d’être en mesure de moduler l’intensité en plus de la fréquence des contrôles sur place selon les risques » est donc jugée indispensable.

    Des lignes directrices pour les entreprises de gestion de fortune et les banques privées, qui présentent les niveaux de risque les plus élevés, doivent également être rédigées afin de garantir une plus grande conformité avec la réglementation monégasque et internationale.

    Enquêtes et poursuites insuffisantes

    L’une des principales préoccupations du rapport concerne les poursuites et les sanctions liées au blanchiment des capitaux. De nombreux cas ne sont pas identifiés par les autorités, tandis que les enquêtes souffrent de véritables lenteurs.

    Cela témoigne des problèmes inhérents au système judiciaire monégasque, où le procureur général a des pouvoirs d’enquête limités, où les effectifs sont insuffisants et où le dépôt d’un recours n’est pas limité dans le temps. Dans certains cas, les enquêtes peuvent durer dix ans, selon le rapport.

    Ainsi, le traitement des cas complexes de fraude financière reste inadéquat, et le nombre d’affaires de blanchiment d’argent semble bien trop faible par rapport au profil de risque de Monaco. Seules six condamnations ont été prononcées entre 2017 et 2021, malgré les récentes évolutions législatives visant à accélérer les processus.

    Quant aux sanctions qui ont été mises en place, « elles ne sont pas proportionnées à la nature des griefs relevés et à la taille et au chiffre d’affaires et ne sont ni efficaces, ni dissuasives ». Dans l’ensemble, le système qui s’applique aux enquêtes et aux poursuites n’est donc que « partiellement conforme aux menaces », au vu du profil de risque de Monaco.

    La coopération internationale confrontée à des obstacles

    Si Monaco est plutôt actif dans le renforcement de la coopération internationale, la législation nationale impose des « obstacles législatifs inhabituels et fondamentaux » au renvoi des Demandes d’entraide pénale internationale (DEPI) aux pays requérants. Le fait que les personnes impliquées dans une enquête transfrontalière puissent déposer un recours à Monaco ralentit considérablement le processus et aurait déjà entravé l’efficacité d’enquêtes passées.

    De même, les demandes de soutien international formulées par Monaco fonctionnent généralement bien, même si elles ne sont pas toujours en rapport avec les risques associés. À noter qu’« aucune demande de confiscation n’a été réalisée par la Principauté, alors même que dans deux affaires ayant mené à une condamnation, les biens avaient quitté Monaco ».

    L’amélioration des délais de réponse et l’adaptation de la législation nationale de manière à imposer des limites de temps aux recours devraient être des actions prioritaires pour les autorités monégasques.

    La liste grise

    Le gouvernement monégasque a exprimé à EURACTIV France « sa pleine adhésion aux recommandations formulées » dans le rapport, et se dit déterminé à les mettre en œuvre rapidement dans le but de s’aligner sur les normes internationales.

    Le rapport a été approuvé lors de la plénière de MONEYVAL le 9 décembre 2022. Il est presque certain que la plénière du GAFI du 20 février fera entrer Monaco dans une période d’observation d’un an, pendant laquelle les autorités monégasques travailleront main dans la main avec les équipes du GAFI pour remédier à certaines défaillances stratégiques dans des délais impartis.

    En cas d’échec, Monaco risque d’être placé sur la « liste grise » dès la mi-2024. Les pays qui ont figuré sur cette liste grise sont, entre autres, l’Albanie, la Barbade, Gibraltar, le Maroc et le Panama. Monaco figurait sur la liste analogue des « paradis fiscaux non coopératifs » de l’OCDE jusqu’en 2009.

    Une période d’observation d’un an « n’est pas un dysfonctionnement global du dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme national mais l’addition de points d’observations sur différents aspects », a ajouté le gouvernement.

    Les autorités monégasques ont entrepris un ensemble de réformes législatives depuis avril 2022 afin de répondre au mieux aux préoccupations prioritaires du rapport, notamment sur l’enjeu de la supervision des entreprises non financières.

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