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  • Je suis juif. Et sioniste !

    Je suis juif. Et sioniste !

    Un professeur de science politique de l’université de Californie (UCLA) allait à son bureau. À l’entrée du campus, il est arrêté par quatre étudiants. Sans un mot, ils lui tendent un papier sur lequel sont écrites deux questions : 1. « Es-tu juif ? ». 2. « Si tu es juif, es-tu sioniste ? ». Il répondit « oui » aux deux. Ils voulurent l’empêcher d’entrer. Comme il mesure deux mètres, quoiqu’encerclé, il allât jusqu’à son bureau. Il protesta auprès du doyen. Le doyen répondit qu’il n’y avait pas eu de violence. Le Professeur fut dénoncé par des collègues, qui trouvaient son attitude provocatrice. L’ancien doyen demanda son exclusion pour « extrémisme ».

    Juif ou pas, face aux fascistes, c’est un devoir d’être juif. Et sioniste.

    Ce professeur est juif. Peut-être même sioniste. Juif ou pas, face aux fascistes, c’est un devoir d’être juif. Et sioniste.

    Sioniste ? Ah, non : on n’est pas obligé de suivre Netanyahou ! Non, bien sûr. Ce qu’il fait est contraire aux principes fondateurs d’Israël : le droit, notamment le droit international. C’est la Shoah qui a conduit aux Conventions de Genève. J’ai écrit il y a quelques jours qu’il avait enclenché le processus d’autodestruction d’Israël. On peut même le condamner et manifester contre lui, comme cela se fait en Israël. Mais rejeter l’existence d’Israël, être antisioniste aujourd’hui, c’est forcément être antisémite.

    Le sionisme est né dans l’esprit de quelques juifs autour de d’Herzl. Correspondant à Paris d’un journal autrichien pendant l’Affaire Dreyfus, il considérait que les Juifs ne seraient jamais tranquilles tant qu’ils n’auraient pas de patrie. L’affaire Dreyfus ne pouvait se passer qu’en France, car en France seulement Dreyfus pouvait trouver des défenseurs. Ailleurs, il n’y aurait pas eu d’affaire : aucune chance de sauver Dreyfus.

    Personne ne défend les Juifs. Dans les pays arabes, on enseignait aux enfants à leur jeter de pierres. En Europe, le vieux fonds chrétien les assimilait aux déicides. Le génocide des juifs d’Europe apporta une terrifiante démonstration aux craintes sionistes.

    Aujourd’hui, être antisioniste c’est vouloir jeter les Juifs à la mer.

    Maintenant, on utilise le mot « génocide » pour le banaliser : Misérable vengeance de l’antisémite, parce qu’il en a soupé, du « génocide », de la Shoah, brandi par les Juifs ! Ah, ces Européens qui lavent leurs péchés en donnant une terre prise aux Arabes (aux Turcs)! Comme si les pays arabes avaient été innocents: où sont passés les millions de Juifs des pays musulmans où ils ont vécu, parfois avant l’islam ? Chassés, presque jusqu’au dernier.

    On pouvait être antisioniste avant la création d’Israël. Comme on pouvait être contre l’indépendance de l’Algérie, des Indes ou du Bengladesh. Comme on peut soutenir celle de la Nouvelle Calédonie, de la Catalogne, de l’Ossétie ou de la Tchétchénie.  Beaucoup de Juifs, les rabbins traditionalistes de Jérusalem, étaient antisionistes.

    Aujourd’hui, être antisioniste, alors qu’Israël existe, c’est vouloir jeter les Juifs à la mer. Scander « Free Palestine », ce n’est pas vouloir des Palestiniens « libres » : Il eut fallu manifester contre la dictature du Hamas. Scander « Free Palestine », c’est vouloir liquider les Juifs d’Israël. C’est l’expression de l’antisémitisme le plus radical.

    Innocents ces étudiants de l’UCLA, qui agissent comme des SA ? Les SA tapaient sur les juifs mais ne les exterminaient. Cela restait « bon enfant » pour reprendre l’expression indigne du doyen de l’UCLA. Après les SA vinrent les SS.

    Par quel autre terme remplacer « juif » dans le filtrage de l’Université : Noir, arabe, gay, blanc, femme ? Où l’éveil woke, où le féminisme ?

    Ce ne sont pas les Palestiniens qui les émeuvent, mais les Israéliens.

    Est-ce défendre les civils de Gaza de faire preuve de racisme à San Francisco ? Pourquoi les étudiants ne sont pas motivés pour les femmes soumises à la Charia, afghanes, palestiniennes, iraniennes, africaines ? Deux Iraniennes ont été pendues cette semaine.

    Parce que ce ne sont pas les Palestiniens qui les émeuvent, mais les Israéliens. Qu’un crime soit commis par les Chinois, les Turcs, les Azéris, n’importe où dans le monde, aucune université ne s’enflamme. Mais par Israël ! Un crime commis par un juif ! Il y a un embrasement stupéfiant dans l’expression de l’antisémitisme, même sans juif. C’est pour cela que, malgré son gouvernement, il faut soutenir le droit à l’existence d’Israël.

    Aujourd’hui, la mode, celle de l’immense bêtise universelle, celle qui, au nom d’un « bien », méprise, exclue et tue, la mode que suivent étudiants et professeurs, oblige au radicalisme pour sauver la planète, dénoncer Israël, mépriser le capitalisme.

    La vieille rengaine gauchiste a remplacé la vieille rengaine réactionnaire. Hier, l’antisémitisme chrétien -ou musulman : ghettos et pogroms du Yémen et du Maroc n’envient rien à ceux d’Espagne et de Pologne – était traditionaliste. Il a fallu la guerre pour que sa monstruosité ne puisse être niée, sauf par les négationnistes. En Europe, les générations d’après-guerre ont vécu dans l’idée que l’antisémitisme était vaincu. Voué à disparaître, de toute la planète.

    Le juif, ce capitaliste ! Israël, verrue occidentale dans le paisible Moyen-Orient.

    Le revoilà ! Cette fois sous les habits de la « révolte » anticapitaliste, avec les vieilles caricatures antisémites de Marx : le juif, ce capitaliste ! Israël, ce serait une verrue occidentale dans le paisible Moyen-Orient. Le Juif que l’on aime détester, que l’on méprise si vite, est le symbole de l’argent. Même si la plupart des Juifs furent maintenus dans la misère, il y a toujours un riche qui dépasse. Et un juif riche est insupportable. 

    Mépriser l’argent assimile au saint, au roi. Toute religion, malgré les ors des statues et des coupoles, fait mine de mépriser l’argent. Tout prince aussi. Seul le vulgaire ne peut mépriser l’argent. Alors il méprise le juif, symbole de l’argent. Aujourd’hui, l’argent, c’est le capitalisme, la société de consommation, l’Amérique et Israël. Bêtise avalée, ressassé par les complexes adolescents de petit-bourgeois.

    Ces petits fascistes qui se croient gauchistes sont-ils excusables, de par leur jeunesse ? Mépris pour la jeunesse de penser que la jeunesse est une excuse : La jeunesse n’est pas l’enfance, ni l’innocence. Il n’y a pas d’âge pour haïr, tuer, mépriser, accompagner le massacre, justifier la torture. Les Gardes Rouges maoïstes étaient des tortionnaires. Aucun respect pour les admirateurs de Mao, qu’ils s’appellent Foucault, July, Sollers, Badiou, d’autant moins excusables qu’ils se vantaient d’être intelligents. On peut admirer « Le voyage au bout de la nuit », pas Céline.

    « Ces petits fascistes qui se croient gauchistes sont-ils excusables, de par leur jeunesse ? »

    On dira que cette fois ce n’est pas l’extrême droite mais l’extrême gauche. C’est insulter la droite et la gauche que de les appeler ainsi. Les fascistes ne venaient pas de la droite libérale (Mussolini était le n°2 du parti socialiste, comme Déat en France.) Les libéraux ne prêtèrent jamais la main à ces tortionnaires parce que la liberté fonde la dignité de l’homme. Le mépris, la discrimination, l’intolérance, la nie.

    Manifestation à Paris devant le bâtiment principal de Science Po le 26 avril 2024 ©The Associated Press

    À Paris, des mains sanglantes ont été taguées sur le Mur des justes, le Mémorial de la Shoah. Une enquête a été ouverte pour « délit d’injure publique à caractère antisémite ». Les mains rouges sont un symbole antisémite : Le 12 octobre 2000, deux soldats israéliens sont entrés à Ramallah. Ils ont été lynchés. Un homme a brandi ses mains ensanglantées en signe de « victoire ».

    Les Mains rouges avaient été agitées à Science Po. Les étudiants ont expliqué qu’ils en ignoraient la signification.

    Il est loin le temps où l’on dénonçait « Durafour crématoire » ! Tout cela est hideux.

    Une influenceuse, avec plus d’un million d’abonnés, affirme qu’ « elle ne travaillera jamais avec un juif ». À New York, le Rabbin recommande aux étudiants juifs de Colombia de rester chez eux. A France Inter, un humoriste est suspendu pour une blague à relent antisémite. Il est soutenu par les copains de la rédaction. Il est loin le temps où l’on dénonçait « Durafour crématoire » ! Tout cela est hideux.

    Non seulement je suis juif, mais je revendique d’être sioniste : Non, je ne veux pas la destruction d’Israël. Je ne veux la destruction d’aucun Etat. Je suis même favorable à la constitution de nouveaux états, pour les Kurdes, les Ouighours, les Biafrais, les Berbères, les Palestiniens, les Flamands, les Valdotains, si cela se fait dans un but de paix, si cela permet de vivre avec plus de liberté. Évidemment, si c’est pour constituer un état terroriste, je n’en veux pas près de chez moi, ni en Flandres, ni en Palestine, ni ailleurs.

    Être sioniste ce n’est pas être pour Netanyahou, c’est reconnaître le droit à l’existence et à la sécurité d’Israël. C’est le choix de la France depuis toujours. C’est la position de l’ONU, reflet de celle des Etats.

    « Es-tu juif ? » Poser la question c’est obliger à répondre : je le suis. Quelle que soit son identité.

    Je suis juif, sioniste, musulman, berlinois, ukrainien, berlinois,  catholique, quaker, athée, bahaï, bonze, caldoche et kanak dès que l’on interdit à quelqu’un quelque chose parce qu’il est ceci ou cela. Hier, tout le monde disait « Je suis Charlie ». Kennedy disait « Ich bin ein berliner ». L’identitaire dénonce, enferme et tue. C’est ce que m’a appris mon pays, parce qu’il a presque tout connu, tout tenté : le meilleur et le pire. Travailler à garder le meilleur, leçon du pire. 

    À Rouen, un Algérien, abattu par la police, a mis le feu à une synagogue. Se taire face à l’antisémitisme des étudiants de Colombia ou de Science po, c’est se taire quand on brûle une synagogue.  

    « Es-tu juif ? » Poser la question c’est obliger à répondre : je le suis. Quelle que soit son identité, parce qu’elle n’est heureuse que dans ce qu’elle porte d’universel.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

  • La sélection cannoise 2024 de TV5MONDEplus

    La sélection cannoise 2024 de TV5MONDEplus

    La cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes 2024, présidée par l’actrice Camille Cottin, s’est tenue ce mardi soir sur la scène du Palais des festivals. Films en compétition, Palmes d’or d’honneur, rumeurs en lien avec le mouvement #MeToo, diffuseurs… Lesfrancais.press et TV5MONDEplus font le point pour vous sur la sélection cannoise 2024.

    Les festivaliers au rendez-vous

    Sur la Croisette, les commerçants sont en effervescence depuis l’arrivée des 35.000 festivaliers qui resteront jusqu’au 25 mai. « On voit vraiment la différence entre il y a une semaine et maintenant », constate Eva Zemame, 20 ans, vendeuse de glaces que nous avons rencontrée ce samedi. « Ce que je vois, c’est une effervescence sur les plages, tous les restaurateurs qui se préparent à accueillir les VIP et, dans les boutiques, les femmes qui regardent les robes de soirée », affirme Juliette Romani, 60 ans, croisée aux pieds du Palais des festivals ce dimanche matin.

    L’ombre de Metoo à Cannes

    Le ciel est resté bien sombre sur la capitale mondiale du cinéma tout au long des premiers jours du Festival de Cannes. Une météo en adéquation avec le moral des festivaliers. En effet, plusieurs médias nationaux avaient relaté l’existence d’une mystérieuse « liste noire » impliquant plusieurs grands noms du 7e art hexagonal, accusés de violences sexuelles et qui seraient exclus des festivités. Seulement voilà, tout est faux. Pas d’enquête, pas de liste, pas de révélations tonitruantes. Rien. Une rumeur non fondée qui a dépassé les frontières des réseaux sociaux et qui nous offre le parfait cas d’école de la désinformation.

    Une compétition de 22 films

    Avec tout ça, on en oublierait presque la compétition, mélange de jeunes talents, comme la Française Agathe Riedinger avec son premier film Diamant brut sur la télé-réalité, et de monuments du 7e art, à l’instar de Francis Ford Coppola qui brigue une troisième Palme d’or avec Megalopolis, 45 ans après celle obtenue pour Apocalypse Now. D’autres films sont prétendants à la récompense suprême, comme Kinds of Kindness de Yorgos Lanthimos, Les Linceuls de David Cronenberg ou encore Emilia Perez, le dernier film de Jacques Audiard. 

    La Palme d’Or sera remise samedi 25 mai lors de la cérémomie de clôture.

    TV5MONDE donne un écho mondial

    Comme chaque année, la chaîne francophone mondiale accompagne cette 77e édition du Festival International du Film de Cannes.

    Depuis le début du festival, Patrick Simonin reçoit, chaque jour depuis la Croisette, les personnalités du 7e art qui font l’actualité du festival pour un entretien inédit diffusé chaque soir dans « L’invité » à 18h50 (heure française).

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    En attendant le résultat des prix décernés aux films en compétition, TV5MONDE propose de voir ou revoir, sur ses chaînes et sa plateforme TV5MONDEplus certains des films sélectionnés et/ou primés durant les précédents festivals ainsi que de nombreux documentaires.

  • Quand on est plus loin parfois on voit l’essentiel –  Clement Beaune à Londres

    Quand on est plus loin parfois on voit l’essentiel – Clement Beaune à Londres

    Londres a accueilli une étape de campagne du camp présidentiel. Clément Beaune, ancien ministre, député parisien Renaissance et actuellement Porte-parole de la liste Besoin d’Europe, s’est rendu dans la capitale britannique, répondant à l’invitation d’Alexandre Holroyd, élu à l’Assemblée nationale pour représenter, entre autres, les Français du Royaume-uni, ce jeudi 16 mai à 19h30. L’objet de cette visite ? Une réunion publique intitulée « Pourquoi l’Europe ? ». Celle-ci s’est tenue à la Queen’s Gate House (anciennement Baden Powell House), à South Kensington à l’ouest de la capitale britannique. Lesfrançais.press a assisté à cet événement.

    À l’approche des élections européennes du 9 juin, cette réunion publique vise à mobiliser et à informer les citoyens sur l’importance de l’Union Européenne et sur les enjeux cruciaux de ce scrutin. La liste conduite par Valérie Hayer, “Besoin d’Europe”, se positionne au cœur de ce débat.

    Une réunion pédagogique

    C’était une discussion ouverte comme le voulaient les organisateurs qui affichaient sur leur communication cet objectif : « Permettre un échange direct entre les intervenants et les citoyens sur les thèmes européens majeurs. »

    Parmi les thèmes abordés, la mobilisation qui pour les invités passe par une sensibilisation du public sur les bénéfices de l’Union Européenne et les défis actuels. Ce qui a permis d’aborder la question de l’implication des expatriés qui oublient souvent l’importance du vote des Français résidant à l’étranger dans les élections. Clément Beaune a, aussi, parlé de la Santé, du Covid, des vaccins, de la construction européenne, de l’Ukraine et du Brexit.

    Réunion du jeudi 16 mai au Queen’s Gate House ©LFP/Seale

    Les nationalistes

    Selon le député de Paris, la montée des partis extrêmes en Europe est une réalité “à cause de la mondialisation et des problèmes de société.” Il a illustré son propos avec des exemples comme Georgia Meloni en Italie et bien d’autres partis en Europe comme celui des Pays-bas. Depuis Londres, il a évidemment évoqué le Brexit et ses lourdes conséquences nées de mensonges comme la promesse des pro-brexit de donner £350 millions de livres à la NHS, le système de Santé britannique. Ce qui étonne Clément Beaune qui est bien obligé de constater que “ce discours est toujours tenu.” 

    La montée en puissance du RN en France est évidemment dans la ligne de mire des deux députés du parti présidentiel à l’instar d’Alexandre Holroyd qui a ajouté qu’on “ne peut pas travailler avec les partis d’extrême droite au Parlement européen.”

    La relation avec un futur gouvernement travailliste ? 

    Étant sur le sol britannique, les Français de la capitale britannique ont aussi voulu aborder les enjeux qui traversent le Royaume-Uni alors que dans quelques mois il y aura des élections législatives outre-manche. Le chef du Labour, Keir Starmer pourrait l’emporter.

    Clément Beaune est confiant sur la possibilité ouvrir, enfin, un nouveau chapitre avec le gouvernement britannique. Les relations ont été dures depuis le Brexit malgré le sommet à Sandhurst avec Theresa May.

    « J’ai eu des contacts avec des Ministres du cabinet fantôme. J’ai l’impression par prudence tactique qu’ils veulent très peu parler de l’Union Européenne. Je pense qu’il y a un appétit européen notamment sur l’énergie ou l’Ukraine mais les Britanniques doivent faire le premier geste. Si le nouveau premier ministre britannique vient à Paris et à Bruxelles et dit qu’il a des idées pour un projet européen, on l’écoutera. On a des sommets avec la Chine, avec l’Inde et le Canada. Il n’y a toujours pas de sommet avec les Britanniques!”

    Clément Beaune, ancien ministre, député parisien Renaissance et actuellement Porte-parole de la liste Besoin d’Europe.

    Écouter l’interview de Clément Beaune

    « Je voulais absolument venir à Londres dans le cadre de cette campagne. Il y a beaucoup de Français qui sont ici, qui sont des électeurs de ces élections européennes. Ils peuvent voter le 9 juin. C’est important qu’ils le fassent. Les électeurs qui sont très exposés aux questions européennes parce que beaucoup d’entre eux ont malheureusement vécu les débats, la douleur à cause du Brexit et savent aussi qu’elle est l’importance de ce projet européen avec leur expérience, leur perspective. J’ai voulu leur rappeler à la fois leur droit et leur devoir de citoyen pour ce 9 juin. C’est un seul tour. C’est important de voter et pour Besoin d’Europe et continuer notre transformation de l’Union Européenne.”

    Clément Beaune, ancien ministre, député parisien Renaissance et actuellement Porte-parole de la liste Besoin d’Europe.

    Mobiliser les Français du Royaume-Uni pour les Européennes

    L’objectif de cette réunion était, logiquement, de faire émerger une mobilisation chez nos compatriotes installés en Grande-Bretagne. Et tant Alexandre Holroyd que Clément Beaune furent satisfaits. Clément Beaune nous déclarait être “agréablement surpris d’un intérêt, d’une curiosité, d’un investissement dans la question européenne« . Car pour lui « quand on est expatrié, on a une fonction d’ambassadeur, que chacune et chacun constitue une ambassade, en l’occurrence, pour le scrutin en rappelant que le vote est possible. Le 9 juin on compte sur les Français de Londres, les Français du Royaume-Uni, les Français de l’étranger et quand on est un peu plus loin parfois aussi on voit l’essentiel. Les expatriés, les Français du Royaume-Uni ont aussi cette mission et cette vision de connaître d’un peu plus loin la valeur de ce que fait la France en Europe, de ce que l’Europe apporte à la France.” 

  • Génération Z, génération malheureuse ? 

    Génération Z, génération malheureuse ? 

    Après la génération Y qui était celle de la révolution numérique, c’est au tour de la génération Z (les Zoomers) de prendre le pouvoir. Dans les pays de l’OCDE, elle rassemble au moins 250 millions de personnes nées entre 1997 et 2012. La moitié de cette population est entrée dans la vie active et commence à imposer ses règles. Cette génération se substitue à la génération du baby-boom (personnes nées entre 1945 et 1964) en train de partir à la retraite. 

    La génération Z est celle de la crise financière, du covid, de la guerre en Ukraine, une génération dont la jeunesse rime avec les mots de crise, de déclin, de décadence. Contraints aux confinements, les membres de cette génération seraient psychologiquement fragiles expliquant un rapport complexe à la société et au travail. Si les Y veulent sauver la planète mise à mal par les boomers inconséquences, les Z veulent avant tout se sauver eux-mêmes.

    Une mutation démographique à grande vitesse 

    Par le jeu du remplacement des générations et en raison de la pyramide des âges, au sein des pays occidentaux, une mutation démographique s’effectue à grande vitesse avec le départ à la retraite des boomers. En France, c’est près de 800 000 babyboomers qui liquident, chaque année, leurs droits à pension. L’effet noria joue à plein dans le monde économique et politique. Toujours en France, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, François Mitterrand et bien d’autres se sont maintenus bien au-delà des 70 ans. En revanche, les élus baby-boomers ont eu des carrières politiques plus courtes. Aujourd’hui, la génération Y est bien représentée sur le plan politique avec notamment Gabriel Attal comme premier Ministre, le Président de la République étant en ce qui le concerne un représentant de la génération X. Les têtes de liste communiste et rassemblement aux élections européennes de 2024, Léon Deffontaines et Jordan Bardella, nés respectivement en 1996 et 1995, se situent aux franges des génération Y et Z

    @adobestock

    Le duel électoral entre Joe Biden et Donald Trump, aux États-Unis pourrait laisser à penser que les anciennes générations ne veulent pas céder le pouvoir. Dans les faits, nés respectivement en 1942 et 1946, ils sont plus des enfants de la Seconde Guerre mondiale que des baby-boomers. Cette campagne ne saurait masquer la forêt. Plus de 6 000 PDG d’entreprises américaines moyennes ou importantes et plus de 1000 élus appartiennent à cette génération. Les Zoomers sont plus nombreux que leurs prédécesseurs à exercer des responsabilités à l’âge de 25 ans. 

    Les comportements des générations sont en partie définis par le contexte économique, politique et social vécu durant leur adolescence et les premières années de leur vie professionnelle. Les Allemands qui ont atteint l’âge adulte au cours de la forte inflation des années 1920 en sont venus à détester la hausse des prix. Les Américains qui ont vécu la Grande Dépression avaient tendance à éviter d’investir en bourse. Les Français nés dans les années 1950 et 1960 ont été marqués par les guerres d’indépendances des anciennes colonies puis par la forte croissance.

    La génération Z serait la génération de l’anxiété 

    La génération Z serait la génération de l’anxiété en raison de la succession de chocs qu’elle a subie : crise des subprimes, crise des dettes souveraines, épidémie de covid, guerre en Ukraine. Les représentants de cette génération malgré ou à cause de la multiplication des réseaux sociaux éprouveraient plus de difficultés à nouer des relations. Les Américains âgés de 15 à 24 ans ne consacrent en moyenne que 38 minutes par jour aux échanges avec les autres, contre près d’une heure dans les années 2000. Ils auraient tendance à être plus déprimés. Aux États-Unis, un cinquième des étudiants ont reçu, en 2019, un diagnostic ou un traitement pour une dépression, contre un dixième dix ans plus tôt. Avec le covid, ce taux aurait encore progressé. 

    En France, un cinquième des jeunes seraient également confrontés à des problèmes mentaux. Aux États-Unis, le nombre de suicides de jeunes est en forte hausse. Il aurait doublé de 2010 à 2023 pour les jeunes filles âgées de 10 à 14 ans. En France, les pensées suicidaires ont été multipliées par plus de deux depuis 2014 chez les 18-24 ans (passant de 3,3 % à 7,2 % en 2021). Ce taux est de 9,4 % pour les femmes. 

    @adobestock

    L’expression du mal-être prend des formes nouvelles

    Les problèmes des Z sont-ils ceux que toutes les générations ont rencontrées durant l’adolescence ou sont-ils le produit d’un environnement chahuté et d’un excès de protection (concept de l’enfant roi). Par rapport aux générations précédentes, l’expression du mal-être prend des formes nouvelles. Un nombre non négligeable de jeunes estiment ainsi que l’attribution de leur sexe ne correspond pas réellement à leur identité. Ils sont plus nombreux que leurs prédécesseurs à affirmer ne pas être motivés pour avoir des relations sexuelles ou pour vivre en couple. De même, l’idée d’être parent ne les enchante guère. 

    Les problèmes de la génération Z ne seraient-ils pas exagérés ? Les autres générations ont également été confrontées à des chocs de grande ampleur. La génération Y a été ainsi marquée par le chômage de masse des jeunes. En 2012-2014, le taux de chômage des jeunes atteignait 50 % en Espagne ou en Grèce. Il était de 25 % en France. Le marché du travail a depuis profondément évolué. Le taux de chômage des moins de 25 ans est depuis, au sein de l’OCDE, inférieur à 13 %. Il n’a jamais été aussi bas depuis la fin des années 1980. Les jeunes en 2024 peuvent de plus en plus facilement choisir leur emploi avec la multiplication des pénuries de main-d’œuvre. 

    Les membres de la génération Z optent pour des formations professionnelles plus concrètes que leurs aînés. Ils privilégient les métiers en lien avec l’environnement et délaissent les sciences humaines. Des années 1990 aux années 2010, les jeunes ont dû accepter des emplois à faible rémunération. Depuis quelques années, avec le changement de rapport de force entre employés et salariés, la situation change. Aux États-Unis, la croissance du salaire horaire des 16 à 24 ans a, en 2023, atteint 13 % sur un an, contre 6 % pour les travailleurs âgés de 25 à 54 ans.

    Une prime aux jeunes plus ouverts aux nouvelles technologies 

    Il y a désormais une prime aux jeunes réputés plus ouverts aux nouvelles technologies. Au Royaume-Uni, le salaire horaire moyen des 18- 21 ans a augmenté de 15 % l’année dernière, dépassant de loin les augmentations salariales des autres groupes d’âge. En Nouvelle-Zélande, le salaire horaire moyen des 20-24 ans a augmenté de 10 %, contre une moyenne de 6 %. En 2007, le revenu net moyen des Français âgés de 16 à 24 ans représentait 87 % de la moyenne globale. En 2024, il est égal à 92 %.

     En termes de revenus, les Zoomers semblent mieux s’en sortir que les autres générations. Selon un article rédigé par Kevin Corinth de l’American Enterprise Institute (un groupe de réflexion), et Jeff Larrimore de la Réserve fédérale, un représentant type de la génération Z a, aux États-Unis, un revenu familial annuel de plus de 40 000 dollars, soit 50 % de plus que celui des baby-boomers du même âge. La génération X (1965- 1980) est celle qui est la moins bien lotie depuis 1945. Cette génération a dû subir les différentes crises économiques des années 1970 et 1980 qui s’étaient accompagnées d’un fort chômage des jeunes. 

    @adobestock

    Pour compléter leurs revenus, les membres de la génération Z n’hésitent pas à vendre et à acheter en ligne. Ils sont des adeptes des applications de vente de vêtements d’occasion comme Vinted. Ils louent ou sous-louent leur appartement. Ils exploitent toutes les possibilités qu’offre Internet. Dans quelques pays, dont la Croatie et la Slovénie, les membres de la génération Z gagnent désormais autant que la moyenne de la population. 

    Les jeunes de moins de 30 ans sont également ceux qui sont les plus intéressés par les cryptoactifs. Aux États-Unis, en 2023, 40 % des 18/30 auraient déjà acquis au moins d’entre eux. En France, selon une étude de KPMG, les jeunes de 18 à 35 ans représentent 57 % des acheteurs de cryptoactifs, Le poids des 18-24 ans est passé de 12 % à 24 % parmi les détenteurs de cryptoactifs entre 2023 et 2024. 

    La hausse des revenus serait-elle un mirage?

    La hausse des revenus serait-elle un mirage en raison de la progression des coûts, en particulier en matière de logement ? Aux États-Unis, les jeunes consacraient, en 2022, 43 % de leur budget à l’immobilier et aux dépenses d’éducation (y compris le remboursement des prêts). Ce ratio est inférieur à celui constaté pour les moins de 25 ans entre 1989 et 2019. 

    Aux États-Unis, l’accession à la propriété des jeunes ne diminue pas, voire s’accélère par rapport aux générations précédentes. En revanche, en Europe, en particulier en France, les primo-accédants rencontrent plus de difficultés pour acquérir un bien. 

    Les génération X et Y ont vécu dans la hantise de perdre leur emploi, les représentants de la génération Z pensent qu’ils ont la possibilité de fixer leurs conditions. Le droit de retrait en cas de travail non conforme à leurs idées morales est jugé comme normal. Le droit au télétravail voire au « full remote » (travail effectué sans contrainte de lieu et d’heures) est de plus en plus réclamé. 

    Même si le sujet est source d’infinies discussions, la génération Z aurait un rapport au travail différent par rapport aux précédentes. En 2022, les Américains âgés de 15 à 24 ans ont consacré 25 % de temps en moins au « travail et aux activités liées au travail » qu’en 2007. 

    @adobestock

    Une étude du FMI de 2023 analyse le nombre d’heures pendant lesquelles les actifs déclarent vouloir travailler. Il n’y a pas si longtemps, les jeunes voulaient travailler beaucoup plus que les personnes plus âgées. Désormais, ils veulent travailler moins. Selon l’analyse de Jean Twenge de l’Université d’État de San Diego, la proportion d’élèves américains âgés de 17 ou 18 ans considérant que le travail comme un « élément central de la vie » a diminué. Les membres de la génération Z semblent moins attirés par la réussite professionnelle. Pour les jeunes de la génération Y, le succès passait par la création et le développement du Start Up. Mark Zuckerberg (Facebook), Elon Musk (Tesla) ou Evan Spiegel (Snapchat) étaient leurs héros. Aujourd’hui, les héros des jeunes se retrouvent chez les influenceurs ou influenceuses. La chanteuse Taylor Swift membre de la génération Y est une exception en étant parvenu à s’imposer chez les Zoomers. 

    Dans le monde de la musique, ces derniers ne sont pas parvenus à imposer leur style. En France, la scène musicale est dominée par des rappeurs comme Jul, Alonso ou Soprano nés entre 1979 En 2008, 42 % des tubes étaient chantés par des millennials ; 15 ans plus tard, seuls 29 % étaient chantés par la génération Z. 

    Les membres de la génération Z estiment que la création d’entreprise n’est pas une voie de passage obligée pour réussir. Seulement 1,1 % des jeunes de 20 ans dans l’Union européenne dirigent une entreprise ayant plus d’un salarié. Ce taux est en baisse depuis plusieurs années. Les membres de la génération Z produisent également moins d’innovations. Selon Russell Funk de l’Université du Minnesota, les jeunes sont moins susceptibles de déposer des brevets qu’ils ne l’étaient dans un passé récent.

    La génération Z sera-t-elle une nouvelle génération dorée ?

    La génération Z sera-t-elle une nouvelle génération dorée ? Aura-t-elle « le temps de son côté », comme le chantait Mick Jagger dans les années 1960, où devra-t-elle faire face à des crises de grande ampleur ? La menace écologique, le retour des tensions géopolitiques, l’essor de l’intelligence artificielle pourraient déstabiliser l’économie mondiale dans les prochaines années. Les jeunes pourraient, avec le temps, être mieux placés pour tirer profit de ces perturbations et prendre plus rapidement le pouvoir.

  • Christian Lequesne « le diplomate et les Français de l’étranger » : une protection sans influence 

    Christian Lequesne « le diplomate et les Français de l’étranger » : une protection sans influence 

    Écouter l’interview de Christian Lequesne

    Comment l’Etat Français entretient-il ses relations avec ses ressortissants à l’étranger ? C’est à cette question que Christian Lequesne répond dans son dernier ouvrage. Le titre de son nouvel opus : « Le diplomate et les Français de l’étranger » (Éditions SciencesPo Les Presses). Cette étude est passionnante. Aussi, nous avons interrogé son auteur, un de nos meilleurs professeurs de science politique.  

    Quelle relation entre l’Etat français et sa diaspora ?

    Christian Lequesne a connu l’expatriation. Il a notamment enseigné au sein de divers établissements prestigieux hors de France. Les étudiants du Collège d’Europe à Bruges et à Natolin ont pu suivre les cours de notre universitaire Français. La London School of Economics (LSE) ou bien encore l’université Charles à Prague ont également accueilli l’ancien directeur du Centre d’études et de recherches internationales (CERI).  

    Une diplomatie française vers ses expatriés qui oublie le volet influence

    Depuis plusieurs années, notre invité s’intéresse à la diplomatie française. En 2017, il avait publié un livre sous le titre « Ethnographie du Quai d’Orsay » (CNRS Editions). Cet ouvrage plongeait le lecteur au ministère des Affaires étrangères et également dans les ambassades et consulats. C’est au cours de cette première immersion dans la fabrique de la politique extérieure de la France que vient à Christian Lequesne une autre idée. Celle d’étudier la relation entre le diplomate et l’expatrié.  

    Christian Lequesne

    Pour désigner les Français de l’étranger, l’auteur emploie le mot « diaspora ». Au cours ce podcast, il nous explique pourquoi il a choisi cette appellation, pourtant rarement utilisée. Il nous entraîne aussi vers le constat qu’il dresse sur les liens entre la diplomatie et les Français hors de France. Pour le politologue, « le diplomate français sait conduire une politique consulaire, une politique de protection. En revanche, quand il s’agit de prendre en compte la diaspora pour faire de l’influence », l’Etat français n’y arrive pas ou peu. Pourquoi cela ? Christian Lequesne l’explique dans cette interview. 

    Vers un partenariat stratégique Etat – Français de l’étranger ?

    Cette évolution vers plus de partenariats « Etat – diaspora » est-elle nécessaire ? C’est une des pistes entreprises par le livre « Le diplomate et les Français de l’étranger ». Derrière se posent différentes questions, dont celle qui relie ou oppose intérêt particulier et intérêt général. La France a-t-elle l’expatriation honteuse ? Qui évoque davantage le retour dans l’hexagone que le départ ? Autant d’interrogations à laquelle le spécialiste de science politique répond dans ce podcast.  

    Le travail de recherche mené par le professeur d’université apporte un nouvel éclairage sur nos ressortissants vivant hors de France. Pourra-t-il servir de base à la mise en œuvre de nouvelles politiques ? Cette réflexion sera-t-elle considérée au quai d’Orsay et dans d’autres ministères ? Aussi, en conclusion, Lesfrancais.press a demandé à Christian Lequesne si son livre avait été envoyé aux membres du gouvernement. Le Ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné et Franck Riester, qui a la charge des Français de l’étranger, liront-ils cet ouvrage ?   

    Commander le livre

    https://www.pressesdesciencespo.fr/fr/book/?gcoi=27246100309740

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 17.05.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 17.05.24

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du vendredi 17 mai, dans nos titres : Une AG extraordinaire réclamée au Lycée de Dubaï – Un destin entre Bretagne, Paris et Floride – La liste noire qui a fait trembler Cannes 

    À Dubaï, la gestion du Lycée Georges Pompidou toujours plus opaque

    Nous avions déjà parlé de cet établissement qui avait dû réorganiser son fonctionnement et ses sources de financement afin de se conformer à la nouvelle loi dubaïote sur l’éducation. 2 ans après cette transformation, les parents se sont rendu compte que leur poids dans l’assemblée générale de la nouvelle association locale qui chapeaute le groupe scolaire et que pire, les actifs sont restés la propriété de l’association d’origine basée en France et que cette dernière ne fait plus certifier ses comptes. Mobilisés comme rarement, les parents ont lancé une pétition pour obtenir une assemblée générale extraordinaire de toutes les associations. Tous les détails sur le site Lesfrancais.press.

    Lycée Georges Pompidou à Dubaï
    Lycée Georges Pompidou à Dubaï

    Tanguy Colombel, un breton sur les planches américaines 

    En self-made-man de la culture, cet ancien élève du Cour Simon n’était pas destiné forcément à monter sur scène à Paris ou à Miami, dans un destin transatlantique que son enfance à Loudéac en Bretagne ne laissait pas deviner. Son histoire est désormais depuis 20 ans celle d’un Français de l’étranger, d’un « Armo Ricain » qui vit aux Etats-Unis et y travaille avec acharnement pour aller au bout de ses projets de créativité et d’accomplissement professionnel. Son premier récit romancé, « La Saint Tous Là » paru il y a deux ans, lui avait permis de « se raconter » comme le font ses conteurs habiles qui savent manier sincérité et autodérision pour embarquer leur auditoire et ne plus le lâcher. Pour sa deuxième œuvre nous l’avons reçu sur Lesfrancais.press.

    L’ombre de Metoo à Cannes

    Le ciel est resté bien sombre sur la capitale mondiale du cinéma depuis l’ouverture du Festival, mardi dernier. Une météo en adéquation avec le moral des festivaliers. En effet, plusieurs médias nationaux ont en effet relaté l’existence d’une mystérieuse « liste noire » impliquant plusieurs grands noms du 7e art hexagonal, accusés de violences sexuelles et qui seraient exclus des festivités. Seulement voilà, tout est faux. Pas d’enquête, pas de liste, pas de révélations tonitruantes. Rien. Une rumeur non fondée qui a dépassé les frontières des réseaux sociaux et qui nous offre le parfait cas d’école de la désinformation.

    C’est tout pour cette semaine, on se retrouve mardi 21 mai pour cause de Lundi de Pendecôte en France. Bon week-end ou que vous soyez ! 

    Ecouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Au Lycée Georges Pompidou à Dubaï, les comptes ne font pas l’unanimité

    Au Lycée Georges Pompidou à Dubaï, les comptes ne font pas l’unanimité

    Le Lycée Français Georges Pompidou à Dubaï (LFIGP) accueille près de 2900 élèves de plus de 50 nationalités, répartis sur 4 sites : Oud Metha, Academic City Elémentaire, Academic City Secondaire et Sharjah. Sa gestion a évolué ces derniers mois pour se conformer aux impératifs de la loi dubaïote qui a été modifiée. En effet, pendant plus de 30 ans, c’était une association basée en France qui détenait les actifs (bâtiments, terrains, etc) et était en charge indirectement de sa gestion. Désormais, le groupe scolaire est géré par une association de droit local et a rompu sa convention avec l’AEFE.

    Mais comme souvent dans ce genre d’opérations, l’opacité fut la règle. Une opacité qui pourrait mettre en danger la pérennité du Lycée Georges Pompidou à Dubaï, au point que les parents, via une pétition, réclament une assemblée générale extraordinaire pour évoquer ces points précis.

    Un fonctionnement méconnu

    Depuis la création de la nouvelle association émiratie, l’année dernière, la répartition des voix a affaibli le poids des parents ayant des élèves au LFIGP. Ainsi, l’association ne compte que 600 membres pour une école d’environ 3000 élèves, logiquement, le nombre d’adhérents, en reprenant le système qui a régi l’association française pendant des décennies, devrait être de 5000. Précisons que l’association française n’est pas membre de la nouvelle basée à Dubaï.

    Par contre, l’association française est toujours fonctionnelle pour le greffe français. En effet, il est impossible de la dissoudre sans assemblée générale selon ses propres statuts, la situation est très claire sur ce point. Mais elle détient toujours les actifs puisqu’aucune décision ou acte de cession n’ont été publiés, alors comment la dissoudre. Aussi, il n’y a pas eu de compte certifié par des commissaires au compte depuis 3 ans selon nos informations. Normalement, un conseil d’administration devait se charger de ses transferts, mais malgré les requêtes des parents, il n’y a aucune nouvelle. L’AEFE, comme d’autres organes publics français, ayant participé pour plusieurs millions d’euros au financement du groupe scolaire, voit peut-être d’un mauvais œil le transfert de ces investissements dans la nouvelle structure.

    Mais quelque peut-être la raison, les parents, membres de l’association ou non, réclament une transparence. Surtout que les rumeurs courent… Le conseil d’administration aurait pris attache avec un organisme privé pour se substituer à l’AEFE dont la convention vient d’être dénoncée.

    Le projet d’extension

    Une assemblée générale ordinaire qui s’est déroulée 7 octobre 2023 donnant seulement le mandat à la réalisation d’une étude de faisabilité sur le projet d’extension et son financement. Car cette ambition étonne du côté des parents, pour eux la priorité devrait être donné à agrandissement du parking, à la rénovation de la cantine ou d’investir dans une restructuration. Pour certains parents, un agrandissement juste pour accueillir des d’élèves supplémentaires avec un autre terrain est une idée un peu prématurée alors que la convention avec l’AEFE vient d’être rompue ce qui entraîne le départ d’enseignants et du management, etc.

    La question du financement

    Extensions, actifs non transférés, sont deux des nombreux points qui compliquent la gestion financière du groupe scolaire du Lycée Georges Pompidou à Dubaï. Car la question du coût de la scolarité était au cœur de la négociation avec l’AEFE et donc avec son retrait c’est aussi la fin des subventions françaises ou au moins leur forte ratification. Cela entraînera mécaniquement, une augmentation des coûts d’écolage… déjà très élevés.

    La balle est désormais dans le camp du Conseil d’administration qui a reçu ce jeudi 16 mai la demande d’organisation de l’Assemblée générale extraordinaire.

  • Quand le nomade numérique fonde sa famille en cours de route

    Quand le nomade numérique fonde sa famille en cours de route

    Parfois, il arrive que les nomades numériques aient des enfants au cours de leurs périples. Est-ce alors le moment de mettre un terme à ses aspirations à graviter autour du globe ? Pas pour Martin, ni pour Bastien, deux entrepreneurs qui aspirent à concilier vie de famille, travail et voyage !

    Bastien Bricout est plutôt expérimenté en matière de nomadisme. Initialement thérapeute et exerçant une activité en ligne à côté, à partir de 2013, il décide de se concentrer à 100% à son activité sur internet, Apptimist-Studio. Son modèle économique, c’est l’affiliation. Le principe ? C’est celui d’un réseau de distribution virtuel. De quoi donner à Bastien une relative liberté de mouvement. Il raconte : « en gros, je suis un apporteur d’affaires, un intermédiaire entre un besoin et une offre. Et si vous visitez mes sites internet et que vous achetez un produit chez un de mes partenaires, le partenaire va me donner une commission. Je n’aurai pas besoin de m’occuper du produit, de l’envoi, de gérer le service client ». Un modèle économique qui lui permet de bénéficier de beaucoup de temps, et qu’il raconte dans le livre qu’il a publié récemment aux éditions Albin Michel, « J’ai choisi d’être libre… pourquoi pas vous ? ». Son credo, explique t-il, c’était « d’obtenir la plus grande liberté possible, d’un point de vue financier et temporel ».

    Comme nombre d’autres nomades, Bastien a élaboré une sorte de typologie des nomades numériques. Pour lui, un point crucial est le rythme des déplacements. Ainsi, il se distingue des « perpetual travelers », « des gens qui sont en permanence en train de bouger ». Lui et sa femme se définiraient comme de simple « digital nomads », privilégiant des durées de séjour de deux à trois mois dans un même pays, avec des changements de lieux de résidence réguliers. Pour lui, l’important réside surtout dans la mobilité permise par l’outil qu’est Internet. Cela peut sembler évident aujourd’hui, mais toujours est-il que Bastien semble particulièrement représentatif d’une génération qui a grandi avec Internet, pour en faire peu à peu un espace certes virtuel, mais aux conséquences bien concrètes. Ainsi, alors qu’il est encore étudiant, il crée un premier site Internet en 2004, autour d’un sport qu’il pratique, le breakdance. Après un début de carrière comme thérapeute PNL, il va aussi connaître un burn-out en 2013. De quoi amorcer une réflexion sur le temps qu’il passe au travail : décidé à cesser « d’échanger son temps contre de l’argent », il va alors décider de se concentrer sur le business en ligne. Sa femme, coiffeuse, a fait évoluer la présentation de son activité, pour la proposer facilement partout dans le monde, sur leurs différents lieux de résidence.

    Une famille internationale

    Dans la grande famille des nomades numériques, Martin est une autre espèce de professionnel dont l’activité se prête particulièrement à s’affranchir des limites géographiques classiques. Après avoir rencontré lors d’un séjour d’études « erasmus » en Italie, lui et sa femme slovaque se lancent dans l’aventure du nomadisme numérique, en 2017. Lui et sa femme vont ainsi vivre pendant dix ans au Brésil, à Singapour, en Hollande et en Slovaquie. D’abord entrepreneur individuel, son business l’amène à créer Apptimist Studio, une société qui développe des logiciels et applications mobiles. Petit à petit, il a créé une équipe dont les membres vivent dans différents pays, notamment une partie en Bulgarie et l’autre en Espagne.

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    Quand un nouveau nomade apparaît !

    Partis à deux dans leur nomadisme numérique, nos aventuriers des temps modernes ne semblent pas connaître la crise. Ainsi, en décembre dernier, un heureux événement est arrivé  dans la vie de Bastien et de sa femme Aurélie, avec la naissance de leur fils, Clovis. Au début de la grossesse, le couple avait décidé de poser ses bagages, au moins pour quelques mois, dans la ville de Bordeaux, leur « pied à terre » en France.

    Bastien se réjouit des adaptations qui vont être nécessaires : « on ouvre un nouveau chapitre, on sait déjà super bien voyager à deux. Là on intègre un enfant, et on a plein de nouvelles questions qui germent dans notre esprit. Sur comment on va voyager, les questions autour de la santé, l’éducation, et au final ça devient passionnant ». D’ailleurs, le couple a eu l’occasion de croiser de jeunes parents inspirants : « les peurs, les croyances limitantes qu’on peut avoir en fait, elles sont souvent balayées par des personnes qu’on a pu déjà rencontrer. Elles nous ont prouvé que tout était possible et qu’il fallait un petit peu se détendre. Et surtout se faire confiance, parce que les enfants s’adaptent très rapidement ». Il se rappelle notamment d’une famille de Danois, croisés au Cambodge. Les trois enfants, revenant de Thaïlande dont ils avaient fait un tour en moto avec leurs parents, étaient particulièrement « sages et tranquilles ».

    Naître polyglotte

    Le jeune papa envisage néanmoins quelques adaptations dans le rythme des séjours, qui jusque là, étaient souvent de seulement deux semaines au même endroit. Il envisage « d’encore plus prendre le temps, d’espacer pour vraiment trouver un rythme à chaque fois ». Néanmoins, il estime avoir beaucoup de liberté d’organisation, tant que Clovis n’est pas en âge d’aller à l’école. Pour cette échéance, Bastien et sa compagne songent à une école internationale, qui leur semble être la meilleure solution. Là aussi, il est inspiré par l’exemple d’un autre ami, vivant en Thaïlande, dont le fils de 6 ans « parle parfaitement, anglais, thaï et français ».

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    Martin a un peu plus de recul, puisque lui et sa femme sont devenus parents il y a un an et demi, de leur premier fils, Leo. Dans un contexte qui pourrait bien lui donner quelques dispositions au polyglottisme, cette étonnante capacité humaine à parler plusieurs langues. Ce qui pourrait bien être un atout. En effet, n’oublions pas qu’au-delà d’être un instrument de communication, toute langue apporte avec elle son lot de concepts. En somme, une langue, c’est aussi une manière de voir le monde. Ainsi, chacun des deux membres du couple parle à son fils dans sa langue maternelle : Martin en bulgare, sa femme en slovaque, tandis qu’ils parlent anglais entre eux. Cela fait désormais trois ans qu’ils vivent en Espagne, à Valence. Alors qu’il répond à mes questions depuis la Suisse où ils séjournent pour quelque semaines, il estime que jusqu’à ce que Leo ait cinq ou six ans, leur rythme de mobilité devrait pouvoir rester le même. Il explique néanmoins privilégier des localisations en Europe, afin de pouvoir rester proches de leurs parents, dans leurs pays d’origine respectifs.

    Et pour les prochaines années, ils songent éventuellement à s’installer en Suisse italienne. Une volonté de rester neutres, dans une période où tensions et business international semblent cohabiter comme jamais ? Ou peut-être plus simplement, comme me le rappelle Martin, pour avoir l’occasion de reparler la langue dans laquelle il a rencontré sa femme. Et ça c’est beau.

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