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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 22.05.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 22.05.24

    Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés, dans les titres de ce mercredi 22 mai 2024 : Plus que 48h pour remplir sa déclaration française – Les élus de la IX inquiets pour la CFE – Emmanuel Macron en Nouvelle-Calédonie 

    Contribuables en France et non-résidents 

    Ce jeudi 23 mai est la date limite pour déposer votre déclaration de revenus en tant que non-résident(e). On revient pour vous sur les obligations liées aux impôts français dans un article dédié sur Lesfrancais.press. Immobilier, retraite, déduction, impôt de solidarité, toutes les arcades de la fiscalité des expatriés sont balayées dans notre dossier. À consulter d’urgence pour les retardataires. Plus que 48h ! Pour rappel, vous avez jusqu’à 23h59, heure de paris, pour valider votre déclaration.

    impôts français

    Le printemps de la IXème a réuni les élus de la circonscription à Rabat ce week-end ! 

    Tout au long du week-end, c’est la santé et la prévoyance sociale a donné lieu à de larges échanges durant les ateliers à thèmes. Tel un vieux serpent de mer, le sujet de la CFE (Caisse sociale des Français de l’étranger) continue d’occuper une place centrale au niveau des préoccupations de la diaspora française établie hors de France. Aussi bien sur son fonctionnement et les modalités de prise en charge que sur son financement durable. Selon les élus de la « 9ème », il y a urgence à revoir l’éco système dans son ensemble car il en va de la « survie » de la CFE. Retrouvez notre reportage sur Lesfrancais.press.

    Emmanuel Macron se rend en Nouvelle-Calédonie 

    Le président de la République sera accompagné de Sébastien Lecornu, ministre des Armées et Marie Guévenoux, ministre déléguée chargée des Outre-mer et de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des cultes. Pour Vaimu’a Muliava, membre du gouvernement calédonien, la venue d’Emmnuel Macron est une « bonne nouvelle » et un « signe encourageant ». Pour rappel, le territoire d’outre-mer est aux prises d’insurrections suite à la réforme électorale qui permettra à tous les Français vivant sur place, et non ceux installés avant 1998, de voter lors du dernier et ultime référendum sur une éventuelle indépendance du territoire situé dans le Pacifique sud. 

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin flash quotidien des expatriés ! Beau mercredi à toutes et à tous !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Voyage en Europe ? Les règles sur les bagages changent

    Voyage en Europe ? Les règles sur les bagages changent

    Les Français de l’étranger prennent souvent l’avion et constatent que d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre, les règles sur les bagages changent. Par moments, une valise est acceptée ici mais seulement un petit sac toléré là… Les règles concernant les bagages peuvent paraître bien confuses d’une compagnie aérienne à une autre. D’autant plus que pour certaines, les politiques ont changé cette année. Pour les expatriés qui rentrent en France, on fait le point sur les réglementations européennes et les petits pièges des trois principales compagnies « low cost » du continent pour les voyages internes, surtout que les modalités ont changé.

    Les fameux 100 millilitres

    Vous ne rêvez pas, la règle bien embêtante des liquides ne devant pas excéder les 10 millilitres pourrait bientôt prendre fin. Grâce à l’utilisation de scanners 3D permettant d’inspecter l’ensemble d’un sac dans ses moindres recoins, on pourra peut-être dire adieu aux pochettes plastique contenant tous les produits, que l’on doit sortir à chaque fois que l’on passe la sécurité. Mais il faudra patienter au moins jusqu’à la fin 2025. Aux USA, le premier scanner de ce type a été mis en service, en début d’année, à Las Vegas.

    La taille des bagages, l’obsession des compagnies low cost

    Pour rappel, qu’importe le billet que vous prendrez, chez Ryanair, vous aurez droit à un sac d’une dimension maximale de 40x20x25 cm. Si vous souhaitez emporter une valise cabine, vous devrez automatiquement payer un supplément, 6€ en plus du prix du vol pour un pass passager prioritaire, ou passer en classe supérieure.

    Chez TUI, la règle est simple : le passager doit être en mesure de soulever son propre bagage. Ce dernier ne doit pas excéder 55x40x20 centimètres et 10 kilos. Vous pouvez également emporter un petit sac à main qui, additionné avec la valise, doit correspondre au poids total autorisé.

    Chez EasyJet, c’en est bien terminé des valises cabine gratuites à l’achat de votre billet. Désormais, seul un sac de 45x36x20 centimètres pouvant être placé sous le siège est toléré. Il peut atteindre un poids maximal de 15 kilos. Tout autre bagage entraînera un supplément.

  • « Quand les Français d’Afrique du Nord / Ouest s’invitent au grand débat budgétaire »  

    « Quand les Français d’Afrique du Nord / Ouest s’invitent au grand débat budgétaire »  

    Après Abidjan en 2023, c’est à Rabat que l’association FDM / ADFE du Maroc a décidé d’organiser la 2ème édition du Printemps de la 9ème circonscription des Français établis hors de France les 17, 18,19 et 20 mai 2024.   

    Elus et militants associatifs venus des différents pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest se sont retrouvés pour échanger et partager leurs quotidiens de vie respectifs autour d’ateliers thématiques (santé, sécurité, dépendance, enseignement).  

    Des moments de partages et de retours d’expériences en toute convivialité qui ont mis en relief à la fois des attentes communes aux 200 000 membres de la communauté française vivants dans les 16 pays de cette région mais également mis en perspectives des réalités de vies divergentes selon les territoires.   

    Au rayon des sujets débattus, si la protection sociale, la dépendance ou encore l’enseignement sont plus convergents que divergents selon les zones géographiques, l’enjeu sécuritaire est une réalité vécue différemment selon le lieu de vie. 

    « C’est très important pour moi d’être physiquement présente à ce rendez-vous et ce pour plusieurs raisons. On peut échanger, écouter et partager sur des problématiques que nous vivons et les confronter avec nos compatriotes établis dans d’autres pays de la région. On se rend compte que d’un pays à l’autre, parfois limitrophes, les mêmes sujets sont vécus différemment notamment la sécurité », indique Patricia Mandine, membre du bureau FDM / ADFE du Sénégal. Etablie depuis plusieurs années dans ce pays, elle songe sérieusement à le quitter. « L’insécurité se caractérise par des agressions et des actes de cambriolage se multiplient à Saly, ça devient de plus en plus compliqué à vivre et à supporter » ajoute-t-elle. « La question sécuritaire au sein de la station balnéaire de Saly est spécifique, on ne peut pas la généraliser à tout le pays. Il y a un besoin urgent de renforcer la présence administrative française, aujourd’hui à Saly, il n’ y a toujours pas de Consul honoraire et les conseillers consulaires ne peuvent pas répondre à tous les besoins de la communauté française résidente sur place, c’est trop insuffisant », rétorque Karim Ben Cheikh, Député de la 9ème circonscription des Français de l’étranger.   

    Une 9ème circonscription coupée en deux  

    Autre pays de la « 9ème » où la sécurité est le sujet prioritaire, le Mali.  Fraichement débarquée du Sénégal où elle a suivi une formation en tant que professeure de SVT, Anna Fatoumata Maiga, Présidente de FDM / MALI a rejoint ses compatriotes à Rabat dans la journée de samedi. « Autant je me félicite que le Mali est passé de la zone rouge et à l’orange, ce qui va permettre de réactiver les liaisons aériennes via Air France, autant je suis plus mesuré par rapport au vécu sur le terrain. L’hostilité envers les français demeure une réalité même si les tensions ont baissé ». Pour illustrer son propos, elle prend un exemple « courant » d’actes hostiles envers des ressortissants. « Il est très fréquent que lorsqu’un français d’origine malienne souhaite renouveler son passeport, on l’embête par différents moyens » dit-elle. « Il semblerait que la situation semble se détendre quelque peu et évoluer dans la bonne direction entre les 2 pays, tant mieux car je rappelle que près de 4 000 français vivent au Mali et plus de 300 000 Maliens vivent en France ».  

    « Il y a une vraie différence entre le nord et le sud dans la 9ème circonscription des Français de l’étranger sur le sujet, la question sécuritaire se pose dans les pays où il y une menace terroriste Djihadiste et des mouvements Panafricaniste », indique Karim Ben Cheikh.   

    Santé / dépendance/ enseignement / …  

    La santé et la prévoyance sociale a donné lieu à de larges échanges durant les ateliers à thèmes. Tel un vieux serpent de mer, le sujet de la CFE (Caisse sociale des Français de l’étranger) continue d’occuper une place centrale au niveau des préoccupations de la diaspora française établie hors de France. Aussi bien sur son fonctionnement et les modalités de prise en charge que sur son financement durable. Selon les élus de la « 9ème », il y a urgence à revoir l’éco système dans son ensemble car il en va de la « survie » de la CFE. « Puiser continuellement chaque année dans la trésorerie met en péril la CFE sur le court et moyen terme, il y a urgence ! », lâche le député de la 9ème circonscription. L’évolution de la typologie de la communauté française dans de nombreux pays de cette région est également à prendre en compte au vu de son vieillissement et ainsi de ses besoins actuels et futurs en matière de prise en charge médicale et de retraites.   

    L’enseignement a été également largement débattus avec en toile de fond la nécessité d’aligner promotion d’un enseignement français de qualité avec promotion de la francophonie en Afrique du Nord et de l’ouest. Un alignement qui ne peut se faire sans intégrer le paramètre budgétaire. « On ne peut pas continuellement baisser les budgets et les effectifs alloués à l’enseignement sur l’ensemble de la circonscription, c’est plus possible… » tel un bruit de fond ambiant émanant des participants.

    Une équation posée à l’heure où la France cherche à faire des économies « coûte que coûte » de l’ordre de 20 milliards d’euros…  

  • Derniers jours pour déclarer les impôts français

    Derniers jours pour déclarer les impôts français

    Ce jeudi 23 mai est la date limite pour déposer votre déclaration de revenus en tant que non-résident(e). On revient pour vous sur les obligations liées aux impôts français. Pour ceux qui ne peuvent absolument pas déclarer en ligne, la date limite de dépôt de la déclaration papier est fixée à ce soir, mardi 21 mai 2024.

    Réussir sa déclaration

    Pour remplir correctement votre déclaration de revenus, suivez ces quelques conseils pratiques :

    1. Vérifiez toutes vos informations personnelles et financières avant de soumettre. Des erreurs peuvent entraîner des retards ou des rectifications coûteuses.
    2. Utilisez l’application mobile Impots.gouv, qui facilite grandement le processus de vérification et de soumission de votre déclaration.
    3. Si vous êtes non-résident, assurez-vous de respecter les échéances spécifiques et de bien comprendre les implications fiscales de votre statut.
    4. Pensez à conserver une copie de votre déclaration
    5. Même à la dernière minute, prenez le temps de la remplir ainsi vous, vous, éviterez le stress et pourrez corriger d’éventuelles erreurs plus facilement.

    La déclaration de revenus peut sembler complexe, mais en respectant les bonnes pratiques et les dates limites fixées, le processus devient beaucoup plus simple. Assurez-vous de marquer les échéances importantes dans votre agenda et de suivre nos conseils pour une déclaration sans accroc. Pour toute question ou incertitude, consultez directement le site officiel impots.gouv.fr ou utilisez l’application dédiée.

    Taux moyen ou impôt libératoire

    Pour rappel, en vertu du droit interne français, une personne domiciliée hors de France a une obligation fiscale limitée puisqu’elle n’est imposée en France que sur ses revenus de source française, (revenus d’activités professionnelles, salariées ou non, exercées en France, revenus fonciers pour les immeubles situés en France par exemple).

    Ces revenus sont en principe soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu et aux règles du quotient familial. Les réductions et crédits d’impôts ne sont généralement pas pris en compte.

    Les non-résidents fiscaux sont soumis à un taux minimum d’imposition de 20%, puis 30% pour la fraction du revenu net imposable excédant 26 070 € pour les revenus 2021 (14,4% et 20% s’ils proviennent des DOM).

    À noter que les contribuables peuvent toutefois demander l’application d’un taux moyen d’imposition, résultant de l’imposition de vos revenus de sources française et étrangère, s’il est plus favorable. Il est possible de formuler cette demande même en l’absence de revenus étrangers. Pour le calcul du taux moyen, les pensions alimentaires peuvent, sous certaines conditions, être déduites de leurs revenus.

    Cependant, au-delà du principe général, il convient de se référer à la convention fiscale signée entre la France et le pays de résidence – si elle existe – afin de vérifier que :

    • le droit d’imposer tel revenu est maintenu à la France
    • le cas échéant, le taux de retenue à la source prévu par le droit interne est éventuellement réduit par la convention.

    Et la CSG ?

    Les personnes physiques domiciliées hors de France ne sont pas assujetties aux prélèvements sociaux, sauf sur leurs plus-values immobilières et leurs revenus locatifs de source française, et ce au taux de 17,2%.

    Les personnes relevant du régime de sécurité sociale d’un autre État de l’Union européenne, de l’espace économique européen, du Royaume-Uni ou de la Suisse ne sont, quant à elles, pas redevables de la contribution sociale généralisée (CSG) et de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) sur ces revenus, mais uniquement du prélèvement de solidarité au taux de 7,5%.

    Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR)

    Sous réserve de l’application des conventions internationales, les non-résidents fiscaux de France qui disposent de revenus de source française entrant dans la composition du revenu fiscal de référence sont soumis à la CEHR au(x) taux de :

    • 3% sur la fraction du revenu fiscal de référence entre 250 000 € et 500 000 € pour un célibataire ou entre 500 000 € et 1 000 000 € pour un couple ;
    • 4% sur la fraction du revenu fiscal de référence supérieure à 500 000 € pour un célibataire ou supérieure à 1 000 000 € pour un couple.
  • Commerce mondial : le retour des barbares  

    Commerce mondial : le retour des barbares  

    La création de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en 1995 paracheva l’édifice multilatéral initié par la Charte de l’Atlantique de 1941. Si les Alliés ont créé le Fonds mondial international (FMI) en 1944 et la Banque mondiale en 1945, il fallut attendre 50 ans pour que les échanges internationaux bénéficient d’une organisation spécifique.  

    En 1945, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la charte de l’Organisation des Nations unies (ONU) plaçait au cœur de ses priorités la coopération économique internationale, considérant que le protectionnisme avait favorisé la montée du fascisme durant l’Entre-deux-guerres. Les chapitres IX et X de la Charte indiquent clairement la nécessité de créer les outils internationaux pour développer cette coopération. Selon les Accords de Bretton Woods en juillet 1944, la coopération monétaire et financière est confiée au Fond Monétaire International. Pour faciliter les échanges, le 18 février 1946, le Conseil économique et social des Nations unies convoque une conférence internationale sur le commerce et l’emploi. La Conférence a lieu à La Havane (Cuba) du 21 novembre 1947 au 24 mars 1948. À l’issue des travaux, un texte dénommé « Charte de La Havane » prévoyant la création d’une Organisation internationale du commerce » (OIC) est soumis aux gouvernements représentés à la Conférence. Cette charte n’est pas ratifiée par le Sénat américain en raison d’un changement de majorité entre-temps.  

    En parallèle, des négociations commerciales sont lancées en 1946 par 23 États, portant sur 45 000 réductions tarifaires, soit près d’un cinquième du commerce mondial. L’ensemble de ces négociations résultant de la Charte de La Havane, ont pris le nom d’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Le premier accord est signé à Genève le 30 octobre 1947. Huit cycles de négociations ont été adoptés le nombre de pays signataires passant progressivement de 23 à 120. La transformation du GATT en institution a été proposée en 1990 par John H. Jackson, un professeur de droit américain, puis reprise par le Canada et l’Union européenne.  

    La fin de la guerre froide avec la chute du Mur de Berlin et l’ouverture au monde de la Chine ont favorisé la relance de la création d’une instance internationale en charge du commerce. Cette dernière est liée à la volonté des États d’améliorer la procédure d’arbitrages des différends.  

    La Chine adhère à l’OMC le 11 décembre 2001 et la Russie le 22 août 2012.  

    L’OMC en état de « mort cérébral »  

    Douze ans plus tard, fin avril 2024, les États-Unis, pour la 75e fois consécutive, ont bloqué une motion banale à l’Organisation mondiale du commerce visant à pourvoir les postes vacants pour l’instance en charge de l’arbitrage des différends entre les membres du groupe. Faute de vote, l’OMC est depuis cinq ans complètement désorganisée, l’arrivée à la présidence de Joe Biden n’ayant rien changé à la position américaine.  

    Les États membres ayant fait l’objet de sanctions pour non-respect des règles de l’Organisation font appel de la décision auprès d’un comité qui ne peut pas fonctionner faute de personnel. Faute de décision en appel, les sanctions sont inapplicables.  

    Le dysfonctionnement de l’OMC est emblématique d’un monde où les institutions et les règles destinées à favoriser le commerce et les investissements internationaux sont de plus en plus souvent remises en cause.  

    L’Union européenne, bien que s’affichant favorable au libre-échange, a institué sans aucune consultation de l’OMC, des taxes sur les voitures électriques chinoises. Des perquisitions d’un fabricant chinois d’équipements de sécurité ont été également téléguidées par la Commission européenne au nom de la lutte contre le dumping. Aucun dossier n’a été déposé à l’OMC.  

    Les États-Unis ont récemment imposé des sanctions à plus de 300 entreprises chinoises ou turques, accusées d’avoir apporté leur soutien aux forces armées russes. Ces sanctions n’ont pas fait l’objet d’une demande auprès de l’OMC ou de l’ONU. 

    L’ordre multilatéral façonné après la Seconde Guerre mondiale s’effrite et, avec lui, le droit international 

    L’ordre multilatéral façonné après la Seconde Guerre mondiale s’effrite et, avec lui, le droit international dont les fondement reposent sur des règles reconnues par tous les acteurs.  

    L’ordre international fondé sur des règles communes laisse la place à des rapports de force bilatéraux. Des institutions comme l’OMC, créées pour éliminer les obstacles à la circulation des biens et des capitaux et ainsi favoriser le commerce et l’investissement, sont contournées voire ignorées. Les obstacles tarifaires et non tarifaires se multiplient depuis une dizaine d’années.  

    Cette régression commence à être visible dans les statistiques du commerce international. Elle met un terme à un processus de libéralisation qui avait permis la réduction de la pauvreté à l’échelle internationale.  

    Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’économie mondiale était un véritable Far West. De nombreux pays ont imposé des droits de douane élevés sur les marchandises afin de développer leur industrie nationale. Les contrôles des capitaux étaient stricts. Les gouvernements expropriaient régulièrement les actifs des propriétaires étrangers : cela s’est produit au moins 260 fois pour les investisseurs américains à l’étranger entre 1961 et 1975, selon un rapport officiel.  

    Ces dernières années, le commerce et les investissements internationaux ont cessé de croître. Les États multiplient les barrières tarifaires et non-tarifaires, les sanctions commerciales et les subventions visant à favoriser leurs entreprises. Le blocage des institutions internationales favorise le retour des pratiques nationalistes. Jusqu’à présent, le recours aux droits de douane n’est pas le plus usité. Certes, l’Inde et les États-Unis ont décidé récemment de les augmenter mais leur niveau reste sans comparaison avec celui qui prévalait dans les années 1950. Des pays comme le Japon ou le Canada continuent de les réduire. L’Australie a récemment aboli unilatéralement près de 500 droits de douane.  

    En l’état actuel, le risque d’escalade tarifaire, comparable à ce qu’a connu l’économie mondiale dans les années 1930, semble écarté, les gouvernements privilégiant les sanctions commerciales. Leur nombre a été multiplié par plus de quatre entre 1990 et 2023. La Russie fait l’objet de plus d’une centaine de sanctions depuis son invasion de l’Ukraine. Les États-Unis imposent de nombreuses restrictions à la Chine pour contrecarrer ses ambitions technologiques, notamment dans le domaine des semi-conducteurs. L’Union européenne fait de même pour tenter de protéger son industrie automobile.  

    Le retour du nationalisme économique  

    Les gouvernements sont de plus en plus sourcilleux en matière d’investissements. Ils interdisent fréquemment les investissements dans des entreprises dites « stratégiques ». Cette notion recouvre un périmètre élastique intégrant notamment les secteurs de la défense, de la santé, des transports, de l’énergie, des microprocesseurs, etc.  

    « Le nombre de réglementations sur les investissements directs étrangers IDE et d’améliorations réglementaires augmente partout dans le monde, et particulièrement en Europe », selon White & Case, un cabinet d’avocats. Aux États-Unis, en 2022, le Comité des investissements étrangers a examiné de près 286 propositions d’accords, contre seulement 97 en 2013. Après avoir bloqué une offre présentée par une entreprise chinoise, le gouvernement britannique a récemment approuvé la vente de la plus grande usine de fabrication de microprocesseurs à une entreprise américaine. Le gouvernement canadien a empêché le rachat d’entreprises minières par des sociétés chinoises. En 2024, le gouvernement mexicain a ordonné la saisie d’une usine d’hydrogène appartenant à une entreprise française (Air Liquide) au nom de la souveraineté énergétique. En mars, le gouvernement sud-africain a procédé à la confiscation de terres sans compensation au nom de l’intérêt national. En 2023, le Chili a annoncé son intention d’étendre sensiblement le rôle du gouvernement dans l’industrie du lithium. Si dans les années 2010, peu de gouvernements subventionnaient leurs entreprises directement, en 2022, plus de 150 politiques allant dans ce sens ont été dénombrées.  

    L’objectif des gouvernements est de développer des chaînes d’approvisionnement nationales et des industries locales. Autrefois, l’interventionnisme concernait le charbon, le pétrole, la sidérurgie. Aujourd’hui, ce sont les secteurs des énergies renouvelables, des microprocesseurs, des batteries qui reçoivent toute l’attention des pouvoirs publics. Les États-Unis consacrent plusieurs centaines de milliards de dollars pour favoriser l’installation d’entreprises contribuant à la décarbonation des activités sur leur territoire. Les producteurs de microprocesseurs sont également aidés. TSMC, le producteur de puces taïwanais aurait ainsi obtenu une aide de plusieurs milliards de dollars pour s’implanter en Arizona. 

    Les États se sont engagés dans une surenchère assez stérile  

    En réaction, l’Union européenne a lancé un plan de fabrication national « Made in Europe », L’Inde et l’Australie ont fait de même avec des plans « Make in India » et « A Future Made in Australia ». Le gouvernement du Canada a dans le cadre de son budget 2024 adjoint son « plan fabriqué au Canada ». Les États se sont engagés dans une surenchère assez stérile avec, à la clef, des risques de surproduction et de gaspillages des deniers publics. Les entreprises négocient les aides en pratiquant une surenchère.  

    Une étude publiée par le FMI souligne qu’il y a 74 % de probabilité qu’une subvention accordée pour la production dans un pays de l’OCDE se traduise par la mise en place de subventions de même nature par les autres pays dans un délai de moins d’un an.  

    Toutes les discussions visant à réduire les contraintes pesant sur le commerce internationale ont échoué  

    Le dernier grand changement en matière d’échanges est lié à la contestation de l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale. Les institutions comme le FMI ou la Banque mondiale sont accusées par les pays émergents de défendre les intérêts des pays occidentaux. Des structures concurrentes ont été mises en place notamment par la Chine (Banque Asiatique d’Investissement). Le FMI a été contraint de s’adapter à la nouvelle donne internationale. L’organisation, critiquée pour ses prescriptions politiques qualifiées de libérales dans les années 1980 et 1990, consacre désormais une attention croissante aux questions de changement climatique et d’inégalité au détriment de sa mission primordiale consistant à inculquer une saine gestion macroéconomique. Dans la dernière édition de sa publication annuelle, les « Perspectives de l’économie mondiale », le mot « réforme » apparaît 63 fois, contre 171 fois dans l’édition d’il y a 30 ans.  

    Sur le plan financier, la Chine comme l’Inde refusent de participer au Club de Paris en charge du règlement des problèmes de paiement des pays les plus endettés. Les restructurations de dette sont ainsi devenues plus complexes. L’organisation internationale la plus touchée par la remise en cause du multilatéralisme est l’OMC.  

    Depuis l’échec du cycle de négociations de Doha en 2014 après 14 ans de discussion, l’OMC a été incapable de relancer un processus de libéralisation des échanges. Toutes les discussions visant à réduire les contraintes pesant sur le commerce internationale ont échoué. Le sommet prévu en 2024 vise simplement à prolonger un moratoire qui, s’il avait expiré, aurait pu voir les pays imposer des tarifs sur les transferts transfrontaliers de données, y compris les logiciels et la musique.  

    Les pays émergents et en développement accusent les pays occidentaux de pratiquer un protectionnisme de plus en plus violent à leur encontre quand ces derniers mettent en avant les pratiques anti-concurrentielles des premiers. Dans ce contexte, l’indice « d’incertitude en matière de politique commerciale » produit par les économistes de la Réserve fédérale américaine en 2023 a été près de deux fois supérieur à la moyenne à long terme.  

    Le commerce international de biens pénalisé 

     Au niveau mondial, l’année dernière, le commerce mondial des biens a stagné, celui des services a faiblement augmenté et les investissements transfrontaliers sont en recul relatif par rapport au PIB mondial. Les flux à long terme (directs) et à court terme (de portefeuille) sont en-dessous de leurs sommets. Dans plusieurs pays, les entreprises préfèrent fermer leurs établissements pour éviter les sanctions commerciales ou l’expropriation.  

    La part des bénéfices des entreprises américaines provenant de l’étranger a diminué l’année dernière. Pour s’implanter à l’étranger, les investisseurs exigent des taux de rentabilité plus élevés pour compenser les risques pris. Ils sont d’autant plus exigeants que le rendement obligataire aux États-Unis a augmenté ces dernières années. De 2002 à 2015, selon The Economist qui a analysé les données publiées par la Réserve fédérale sur les stocks et les flux d’investissements transfrontaliers, l’écart entre les rendements des investisseurs américains à l’étranger et ceux des bons du Trésor sans risque s’est réduit, mais depuis l’écart se serait accru, témoignant d’une instabilité mondiale croissante. 

    Les zones les plus pauvres ne rattrapent plus les plus riches  

    Par ailleurs, la convergence des prix s’est arrêtée au niveau mondial. Plus un marché est libre, plus les prix tendent à s’harmoniser par le jeu de la concurrence. Au sein d’un même pays, les écarts de prix d’une région à une autre sont faibles. À l’échelle mondiale, une convergence s’est opérée depuis le début des années 2000 se traduisant par une augmentation des coûts salariaux dans les pays émergents. Depuis quelques années, faute de concurrence, ce processus s’est arrêté. Le marché ne se mondialise plus ; il s’autonomise. Les zones les plus pauvres ne rattrapent plus les plus riches, ce qui induit de la frustration et favorise les migrations.  

    La mondialisation a été le principal levier de lutte contre la pauvreté. 

    Les tenants du protectionnisme soulignent que les pays qui l’ont pratiqué l’année dernière comme l’Inde ou les États-Unis ont obtenu de bons résultats économiques. Pour autant, la France qui est un des pays les plus protectionnistes de l’OCDE n’a enregistré qu’une croissance de 0,9 % en 2023. La croissance américaine est avant tout le fruit du déficit public abyssal du pays quand celle de l’Inde résulte des échanges de services que le gouvernement promeut et pour lesquels il n’applique pas de restrictions commerciales.  

    Ces dernières années, la mondialisation a été le principal levier de lutte contre la pauvreté. Grâce à elle, plus de 800 millions de Chinois sont sortis du dénuement. L’atout du protectionnisme est sa simplicité. Il offre la possibilité de s’en prendre à l’autre, à l’étranger tenu responsable, c’est bien connu, de tous les maux. Ce sont les mêmes responsables politiques qui défendent fermeture des frontières tant pour les biens que pour les femmes et les hommes. Or, cette propension à la double fermeture est irrationnelle. Pour vivre en autarcie, compte tenu de leur démographie vieillissante, les pays occidentaux auraient besoin d’un grand nombre de bras étrangers. Ces derniers ne sont-ils pas en train de mener un combat d’arrière-garde en voulant ressusciter leur industrie quand les gains de croissance s’obtiennent de plus en plus grâce à la recherche et aux services aux entreprises ?  

    Le protectionnisme est un aveu de faiblesse, un renoncement qui, dans le passé, s’est toujours mal terminé mais assez bizarrement, les humains peinent à retenir les leçons de l’histoire. 

  • Protection des mineurs : la Commission européenne enquête sur Meta

    Protection des mineurs : la Commission européenne enquête sur Meta

    La Commission européenne a ouvert une enquête jeudi (16 mai) pour déterminer si Meta, la société mère de Facebook et Instagram, a enfreint les dispositions concernant la protection des mineurs du règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA).

    Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive de la Commission, a exprimé ses inquiétudes concernant les risques d’addiction et l’inadéquation des méthodes de vérification de l’âge des deux plateformes.

    Facebook et Instagram ont été classés comme de très grandes plateformes en ligne (Very Large Online Platform, VLOP) en avril 2023 en vertu du DSA et sont donc tenus de suivre des règles strictes concernant le traitement de contenus illégaux et préjudiciables.

    La Commission craint que ces plateformes et leurs algorithmes n’encouragent des comportements addictifs chez les enfants et que les méthodes de vérifications de l’âge visant à empêcher l’accès des mineurs à des contenus inappropriés ne soient pas suffisantes.

    Un porte-parole de Meta a indiqué à Euractiv que la société avait développé et mis en place plus de 50 outils et politiques au cours des 10 dernières années pour protéger les mineurs, et qu’elle était prête à exposer les détails de son travail à la Commission.

    C’est la deuxième fois en l’espace de quelques mois que Meta fait l’objet d’une enquête pour infraction potentielle au DSA. En avril, la Commission avait notamment ouvert une enquête pour savoir si Meta avait pris des mesures adéquates afin de combattre la désinformation sur ses plateformes.

    Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a réaffirmé à plusieurs reprises que la protection des enfants en ligne était une priorité du DSA.

    En juin dernier, il a déclaré que le code volontaire de Meta sur la protection des enfants ne fonctionnait pas, après des révélations selon lesquelles les algorithmes d’Instagram avaient facilité et encouragé les réseaux de matériel d’abus sexuel d’enfants.

    La Commission craint que ces plateformes et leurs algorithmes n’encouragent des comportements addictifs chez les enfants et que les méthodes de vérifications de l’âge visant à empêcher l’accès des mineurs à des contenus inappropriés ne soient pas suffisantes. ©AlesiaKan/Shutterstock

    Le commissaire a publié jeudi sur X que la Commission n’était « pas convaincue que Meta en a fait assez pour se conformer aux obligations du DSA — pour atténuer les risques d’effets négatifs sur la santé physique et mentale des jeunes Européens sur ses plateformes Facebook et Instagram ».

    L’ouverture de cette procédure formelle fait suite à une analyse du rapport d’évaluation des risques de Meta datant de septembre 2023, de ses réponses aux enquêtes de la Commission, des rapports accessibles au public et de l’examen de la Commission elle-même.

    Les enquêtes formelles, comme celle qui a été ouverte, autorisent la Commission à prendre des mesures d’exécution, y compris des mesures provisoires.

    « La loi nous donne une certaine flexibilité quant au calendrier de ces enquêtes. [Dans le cas de TikTok], nous avons pu agir assez rapidement lorsqu’il s’agissait, par exemple, d’interdire TikTok Lite », a déclaré un fonctionnaire de la Commission jeudi.

    Parallèlement à cela, la Commission et les États membres élaborent actuellement des lignes directrices sur la protection des mineurs ainsi que sur l’utilisation du portefeuille d’identité de l’UE pour la vérification de l’âge, a déclaré un responsable de l’exécutif européen lors d’un point presse jeudi.

    Autres procédures

    En février, la Commission a ouvert une procédure formelle à l’encontre de TikTok pour de possibles infractions au DSA concernant notamment la protection des enfants.

    En avril, elle a lancé une deuxième série de procédures formelles après le lancement de TikTok Lite en Espagne et en France, signalant son intention de suspendre le programme de récompenses de l’application. Deux jours plus tard, TikTok a « volontairement » suspendu les fonctions de récompense des utilisateurs.

    En décembre 2023, le Parlement européen a adopté à une large majorité une initiative pour rendre les plateformes numériques moins addictives lors de sa session plénière à Strasbourg.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 21.05.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 21.05.24

    Bonjour à toutes et à tous, j’espère que vous étiez nombreux à profiter d’un jour férié hier comme nous à la rédaction. Et nous revoilà pour vous livrer le flash quotidien des expatriés du mardi 21 mai, dans les titres : Un week-end bruxellois pour les anciens de l’AEFE – Cap sur les JIJ – Décès de Jean-Claude Gaudin, l’ancien maire de Marseille 

    Le Forum mondial des anciens de l’AEFE s’est tenu dans la capitale européenne 

    Ils sont venus ils sont tous là. Comme dans la chanson ce furent plusieurs centaines d’anciens élèves des Lycées français du monde qui se sont réunis pendant trois jours à Bruxelles, du vendredi 24 au dimanche 26 Mai pour des retrouvailles qui furent chaleureuses pour autant ils avaient un programme de travail fourni. Le réservoir humain et le gisement de talents représenté par les 20 000 bacheliers qui chaque année quittent les lycées français du réseau AEFE pour des destinées universitaires supérieures est considérable. Si les Anglo-Saxons cultivent à l’envie depuis longtemps cette tradition des anciens, qui se réunissent pour des moments nostalgiques mais constituent surtout un redoutable réseau d’influence, la France a été au départ plus poussive à agréger ces réseaux pour en faire des lieux d’échanges d’information, c’est désormais bien du passé. Rendez-vous sur le site Lesfrancais.press pour lire l’interview du président des anciens de l’AEFE. 

    Une marraine couronnée aux JO d’Athènes pour les JI

    À l’approche des 13èmes Jeux internationaux de la jeunesse qui auront lieu à Athènes, Lesfrancais.press a échangé avec deux médaillés olympiques. Malia Metella, marraine des jeux et médaillée d’argent dans cette même ville en 2004, mais aussi avec Olivier Girault, à la tête de l’UNSS, qui coorganise l‘événement avec l’AEFE. La championne olympique partage avec nous son parcours depuis la lointaine Guyane jusqu’à la médaille d’or à Athène. 

    « Marseille est triste » 

    C’est par ces mots que Jean-Pierre Foucault, un des Marseillais les plus connus de France, a rendu hommage à l’ancien maire de Marseille pendant 25 ans, Jean-Claude Gaudin qui est mort à l’âge de 84 ans ce lundi 20 mai. Sur X, l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy se souvient d’un « ami si cher sur lequel j’ai toujours pu compter », comme Emmanuel Macron qui a déclaré sur X à « cet enfant de Mazargues qui s’était hissé aux plus hauts postes de la République ». Les hommages sont nombreux alors que la ville lui prépare un hommage conséquent. 

    Jean-Claude Gaudin

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition du flash quotidien des expatriés.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • 2 champions pour nous parler des Jeux Internationaux de la Jeunesse

    2 champions pour nous parler des Jeux Internationaux de la Jeunesse

    A l’approche des 13èmes Jeux internationaux de la jeunesse qui auront lieu à Athènes, nous avons échangé avec deux médaillés olympiques. Malia Metella, marraine des jeux et médaillée d’argent dans cette même ville en 2004, mais aussi avec Olivier Girault, à la tête de l’UNSS, qui coorganise l‘événement avec l’AEFE.

    Se découvrir et découvrir l’Autre

    Entre l’UNSS et l’AEFE, c’est une longue histoire, n’est-ce pas ? Comment travaillez-vous ensemble ?

    O.G : C’est une partie de l’enseignement français très peu connue par les compatriotes du territoire, mais la France est un des pays qui a le plus d’ambassades dans le monde entier et le plus d’écoles. La qualité de l’enseignement à la française est souvent chahutée dans la vision qu’ont nos compatriotes dans l’Hexagone. Mais par contre, paradoxalement, cette même formation est ultra reconnue dans le monde entier. Et ces enfants, qu’ils soient sur notre territoire ou sur les territoires en dehors de l’Hexagone et dans le monde entier, ce sont les enfants de la République. Donc, il est intéressant aussi que ces enfants se rencontrent. Parce que ce qui est important aujourd’hui, et c’est pour cela que les rencontres internationales sont importantes, car c’est une ouverture et une compréhension sur le monde qu’on peut apporter à ces élèves.

    Et pour ce qui est du sport scolaire, il a des multitudes de qualités qui sont indéniables, reconnues par tous, en tout cas par tous les acteurs. Mais il a ce vrai problème de faire savoir et un savoir-faire extraordinaire, c’est juste hallucinant. Il est important aussi pour toutes les communautés, les parents d’élèves par exemple, de savoir que finalement, cette fédération ne sert pas seulement à faire faire du sport à nos jeunes. La vision que nous en avons, ce qui est important c’est la rencontre, la confiance en soi, c’est se découvrir, et de découvrir l’Autre.

    Olivier Girault @David Morganti

    Si je comprends bien, il y a l’idée d’aller au-delà peut-être de l’aspect, enfin je veux dire de l’image physique qui renverrait seulement peut-être à la question tout simplement de la santé strictement physique ?

    Oui, bien sûr, j’en suis intimement convaincu. Il y a une question qui m’a été posée parce que je suis aussi d’une certaine manière un petit peu un ovni dans cet univers de l’éducation. Et l’une des questions qui m’était souvent posée, c’était est-ce que je suis un enfant de l’UNSS ? C’est quand même une donnée importante. Or, si j’ai fait du sport, mes premières licences étaient de l’UNSS parce que tout simplement c’était la licence la moins chère. La réponse est simple : je ne sais pas si cela a fait de moi champion olympique, mais par contre, je sais l’homme que je suis devenu grâce à ça. J’ai toujours eu une licence scolaire UNSS, même au lycée, ou à la fac. Parce que c’est là que je me suis construit, à la fois sportivement, mais aussi dans ma compréhension, moi, enfant  venu des Antilles, à connaître aussi le territoire et les gens qui composent : le sport permettait ça. On parle souvent de ces valeurs-là, mais elles étaient réelles.

    Donc ce rapport à l’international, il est génial parce qu’en fait les jeunes se parlent. Il y a, en plus de l’émulation physique comme on en parlait tout à l’heure, une émulation intellectuelle. Cela ouvre les horizons, le champ des connaissances, c’est-à-dire qu’il y a ce que le professeur peut vous apporter et je trouve qu’il faut les féliciter pour ça, sur leur engagement, dont on parle très peu. Ces rencontres ne sont pas seulement des rencontres sportives. On a souvent opposé le sport et la culture. Aujourd’hui, nous, nous n’opposons plus jamais, en tout cas dans notre fédération, moi c’est mon créneau, ni l’art, ni la culture, ni l’artistique.

    Effectivement, il y a de vieilles dichotomies qui doivent être dépassées, j’imagine, entre l’intellectuel et le physique.

    Vous savez, sans l’incriminer nullement, la période Jack Lang est révolue aujourd’hui.

    Sur quels aspects ?

    Moi j’aime toujours parler du contexte,  c’était une grande avancée, le sport dans les années 80 était familier car on n’avait pas encore eu les Jeux de 92 qui ont fait basculer le sport dans le sportainment, donc l’artistique a avancé beaucoup plus vite que le sportif à cette époque là. Nous avions dans le passé créé des modèles qui s’étaient sectorisés. Il y avait le sport d’un côté, la culture de l’autre, l’artistique mélangé un petit peu, mais pas tout le temps. Alors que dans d’autres pays, et c’est très rare que je prenne l’exemple des États-Unis parce dans leur modèle, il y a du bon et du mauvais… mais il y a cette manière de se dire que nous ne sommes pas qu’une seule personne, nous n’avons pas qu’une seule vision et que nous pouvons mélanger les visions. L’artiste peut être sportif, peut être chanteur, et tout ce qu’il veut. Et tous les jours, nous sommes au contact de cette nouvelle génération. Nous pratiquons dans notre association, notre fédération du sport scolaire, ce qui représente 1,2 millions d’élèves.

    @David Morganti

    Comment cela se déroule le travail avec la l’AEFE en particulier ?

    Il y a une nouvelle directrice, Claudia Scherer-Effosse. On a renouvelé notre convention de partenariat à mon arrivée, avec Olivier Brochet, qui est devenu aujourd’hui ambassadeur du Vietnam. On s’est rencontrés, on a échangé, on a cette même vision de la République. Il ne faut pas que la vision des hommes qui dirigent les institutions bloque la vision du pays. Et naturellement, nous considérons que vous soyez en école privée, que vous soyez en école publique, que vous soyez en école française à l’étranger, ce sont nos enfants qui sont là, ce sont les enfants de la République et cette richesse, il faut la mettre en commun. Et ce qui fait que ces enfants-là, quand ils vont grandir, ils sauront se parler parce qu’en fait, finalement, des éducations personnelles différentes. Mais par contre, quand on parle de la République, on parle du socle commun de la République, et celui-là, nous l’entretenons et nous l’entretenons avec l’AEFE.

    Et la force diplomatique, ce ne sont pas seulement les politiques françaises à l’étranger, mais c’est la présence aussi de la France en tant qu’enseignement, en tant qu’école dans ces pays. Dans les écoles françaises à l’étranger, il y a très souvent tous les enfants des dignitaires des pays étrangers dans lesquels nous sommes installés, il n’y a pas. Que des enfants français. Et c’est là où c’est très intéressant, c’est la future diplomatie du monde qui est en marche dans ces écoles françaises à l’étranger. La France possède toujours contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est pas le sujet majeur, mais en tout cas, continue à travailler sur le développement de cette diplomatie dans tous les pays du monde.

    « étudier le sport,
    c’est étudier l’histoire du monde »

    Olivier Girault

    C’est bien, ça me fournit une transition parfaite pour évoquer le livre que vous avez publié, Le Sport Power (Débats publics éditions). Est-ce qu’il s’agissait pour vous de rappeler que le sport peut être un important instrument de « soft power », y compris d’un point de vue diplomatique ? Dans quelle mesure est-ce que le sport peut renforcer les liens entre les civilisations et les nations actuellement ?

    Il le fait de manière naturelle. Mais par contre, il n’a jamais été expliqué de manière naturelle. Pour vraiment parler de ce sujet, il faudrait d’abord répondre à plusieurs questions. Qu’est-ce que le sport en France ? Qu’est-ce que le sport à l’étranger ? Et quels sont les moteurs de développement du sport selon les pays ? Le modèle américain, le modèle anglo-saxon, j’ai toujours pas parlé du modèle français. Là, il est un peu plus mis sous l’entonnoir, mais le modèle russe et je dirais à la rigueur le modèle slave pour aller un petit peu plus loin, parce qu’à un moment il y a le modèle slave et le modèle occidental se rencontrent quand vous arrivez en Serbie, en Croatie… Le sport c’est génial parce qu’étudier le sport c’est étudier l’histoire du monde. aujourd’hui tout le monde se plaint par exemple la cérémonie d’ouverture qui ne se fait pas dans un stade de manière classique. Si les Français s’intéressent à l’histoire du sport, ils peuvent comprendre que finalement, c’est un pas fabuleux de vouloir sortir du stade et de vouloir faire cette cérémonie autre part que dans un stade, et que les Français engagent cela.

    Parce que la cérémonie d’ouverture, comme on la connaît depuis 40 ans, c’est Hitler qui l’a inventée. Et c’est clair qu’il a inventé la communication autour du sport, c’est lui qui s’est servi le premier du soft power du sport, et les Russes se sont engagés dedans aussi. On peut donner, et c’est ça qui est important dans l’éducation, pas seulement sportive, de bonnes bases à nos jeunes concitoyens et concitoyennes. Par contre, on ne doit jamais se départir du travail personnel de recherche. Oui, c’est un message important. On ne peut pas demander à l’école de tout vous apprendre. À un moment, il faut aller rechercher des choses supplémentaires que vous voulez savoir. Moi je n’étais pas le mec le plus formidable en histoire. Mais par contre, j’ai eu des bases qui m’ont permis, beaucoup plus tard, parce que j’ai voyagé grâce au sport, j’ai rencontré des gens, et en échangeant avec eux, j’ai découvert, parce qu’on regarde toujours l’histoire de son côté du miroir.

    Et en fait les sujets sont totalement différents selon qu’on aborde le sport de manière locale et le sport de manière nationale et le sport de manière internationale.

    Atteindre le haut niveau chez soi

    Malia Metella, vous êtes née en Guyane française. Au cœur de l’Amérique latine, vous avez dû voir de nombreux compatriotes prendre le chemin de l’expatriation ? Qu’en pensez-vous ?

    M.A : Il existe maintenant une université en Guyane, mais elle n’existait pas à mon époque, donc la plupart du temps, quand on voulait faire des études supérieures, on n’avait pas le choix. On devait partir en métropole, aux Antilles ou aux États-Unis pour pouvoir continuer nos études, ou même des fois en Belgique, voire un peu partout dans le monde. Depuis qu’une université a été créée en Guyane, les jeunes Guyanais ne sont plus obligés de partir. Et c’est beaucoup plus simple, car quand tu pars à l’étranger ou en métropole pour continuer tes études, il faut payer l’avion, le logement, la nourriture. Cela coûte cher et beaucoup de parents n’ont pas les moyens. Depuis 24 ans que je suis partie, donc il y a eu une belle évolution et c’est tant mieux pour les nouvelles générations.

    Malia Metella

    En 2000, à l’âge de 18 ans, vous avez quitté Cayenne pour rejoindre l’INSEP à Paris. Qu’est-ce qui vous a marqué en arrivant en France métropolitaine ?

    Il n’y a rien qui m’ait marquée, parce que j’ai eu cette chance de pouvoir bouger dès mon plus jeune âge, de venir en métropole pour faire des compétitions, dès l’âge de 9 ans. Je venais tous les ans faire des compétitions, et ensuite, à l’âge de 11-12 ans, je suis rentrée en équipe de France Espoir. Donc ça fait que je venais souvent en métropole, pas seulement l’été mais aussi en hiver. Je connaissais déjà un peu…

    Avec des durées de séjour assez longues pour les compétitions, les stages, sans doute ?

    Exactement. On était obligés de venir un peu à l’avance, notamment à cause du décalage horaire et la fatigue des 9 heures de voyage. Et la plupart des compétitions n’étaient pas à Paris, donc en plus, après le vol, on prenait un train. C’était parfois des voyages d’un peu plus de dix jours. Et donc je connaissais déjà le climat froid et sec. D’ailleurs, je pense que beaucoup ont été surpris que je m’habitue et m’adapte assez facilement.

    Même au niveau des gens ou des habitudes sociales ou culturelles ?

    Ah mais rien, non, pas du tout. Après, c’est vrai que j’étais chez ma mère en Guyane, donc elle cuisinait, et ça change, oui, certes. Mais je suis rentrée à l’INSEP, dans un centre où la nourriture était faite pour les sportifs de haut niveau, donc je me suis vite adaptée.

    « Quand je suis arrivée à Paris, mon corps était déjà adapté,
    ma tête était déjà adaptée à cette charge d’entraînement »

    Malia Metella

    Et quel conseil vous donneriez à des personnes qui partent de Guyane aussi, comme vous l’avez fait, qui arriveraient à Toulouse, Paris ou Lille ?

    Alors, que l’on vienne de Guyane, d’autres départements d’Outre-mer ou d’ailleurs, en tant que sportif, il faut absolument atteindre le haut niveau, d’abord chez soi. Pour ensuite pouvoir se dire que l’on a un niveau permettant d’aller s’entraîner ailleurs ou de s’expatrier. Moi, c’est ce qui m’a permis de tenir et d’être forte quand je suis arrivée à Paris, à l’INSEP. Depuis l’âge de mes 12 ans, on a mis tout en place, entre les horaires du collège, mes entraînements, pour que je puisse m’entraîner comme une sportive de haut niveau très tôt. Cela m’a permis, quand je suis arrivée à mes 18 ans, d’être prête pour m’entraîner deux fois par jour, donc d’avoir une charge d’entraînement supérieure à ce que je connaissais dans un entraînement basique. On m’a créé une classe « sport-études », et de ma 6ème à ma 3ème, je m’entraînais le matin avant d’aller au collège, de 5h du matin à 7h du matin. Ensuite j’allais au collège de 7h30 à 12h30. Et maximum deux fois par semaine, j’avais cours l’après-midi, de 14h à 16h, puis je retournais à l’entraînement de 16h à 19h30. Quand je suis arrivée à Paris, mon corps était et ma tête étaient déjà adaptés à cette charge d’entraînement.

    Donc je n’ai pas eu de problème de surcharge d’entraînement, comme cela arrive à beaucoup de nageurs, insuffisamment préparés. Mon conseil pour les sportifs, c’est de se préparer d’abord chez soi pour devenir un sportif de haut niveau avec son climat, ses horaires et tout ça, avant de pouvoir se confronter aux meilleurs en métropole, ou ailleurs.

    Et plus généralement vous aurez des conseils pour les gens qui s’expatrient, quel que soit leur domaine ?

    Je conseillerais d’abord de se renseigner auprès d’autres compatriotes, ou de trouver des forums ou des groupes Facebook de jeunes étudiants. Ou encore discuter avec des amis ou de la famille déjà expatriés dans ce pays, pour avoir des informations et ne pas être surpris à l’arrivée

    Cela peut aussi être bien de tenter des séjours courts à certaines périodes, peut-être pendant la plus difficile, la période d’hiver, pour voir si on peut s’adapter. En gros, c’est bien de tâter le terrain pour voir, faire des connaissances avec des personnes qui vont vous donner des petits conseils, sur les choses à faire et celles à éviter

    Les JIJ : une histoire de partage

    Revenons sur votre carrière, avec ce temps fort à Athènes pour les JO 2004. Quels sont les principaux souvenirs que vous avez gardé de ces olympiades, où vous avez remporté une médaille d’argent, il y a vingt ans ?

    Pour moi, depuis que j’ai ma médaille à Athènes, ça reste une ville qui est très chère à mon cœur, parce que j’ai eu ma médaille là-bas, et forcément Athènes représente beaucoup pour moi. Donc ouais, et en plus de ça, pas seulement que j’ai ma médaille, que c’est là où sont les Jeux, la Grèce, c’est là où sont nés les Jeux, donc pour moi ça représente beaucoup, et le fait d’y retourner là, en tant qu’ambassadrice avec les Jeux internationaux de la jeunesse, c’est génial.

    Quels sont les principaux souvenirs que vous gardez de ces Olympiades ?

    Oh, plein de souvenirs. J’ai eu la chance, comme c’est souvent le cas avec la natation,  première semaine et on a la possibilité de rester la deuxième semaine, donc j’ai eu le temps de bouger, d’aller encourager les copains, de profiter de la ville et des alentours. Je garde de super souvenirs à Athènes, et forcément, c’est quelque chose qui reste à jamais dans mon cœur.

    Qu’est-ce qui vous a donné envie de retenter l’aventure de ces Jeux internationaux la jeunesse, pour une troisième fois ?

    J’ai signé tout de suite pour être à nouveau ambassadrice des JIJ, car je trouve ça fantastique de pouvoir faire partager ces jeunes, de mélanger ces lycéens de différents pays qui ont plusieurs points communs, la langue française, le sport et la culture et donc pour moi c’est génial. J’aurais tellement aimé pouvoir le faire étant plus jeune, c’est fantastique, sachant qu’ils viennent tous d’un lycée français. Et en plus, ils font des rencontres qui restent assez souvent à vie. J’entends souvent des anciens des JIJ qui justement, racontent être devenus amis, et passer des vacances ensemble. Il y en a aussi qui deviennent de jeunes reporters, qui font les capsules vidéos, des montages pour les réseaux sociaux, et d’autres qui arbitrent les jeux.

    Quel principaux messages vous aurez envie de transmettre aux lycéens et lycéennes participant à ces JIJ ?

    Faites-vous plaisir et faites des belles rencontres. Allez à la découverte de cette ville qui est incroyable, Athènes. Les gens sont super gentils, ils sont adorables. C’est la seule chose que je leur dis, faites-vous plaisir et n’hésitez pas à encourager vos copains ou vos nouveaux copains. Parce que c’est aussi ça les JIJ et c’est aussi ça le sport. On encourage son équipe, mais on peut aussi encourager les autres. Donc voilà, c’est un peu le mot que j’ai envie de partager avec eux. Et bien sûr, que la meilleure équipe gagne !

  • Le Forum Mondial des Alumni (FOMA) réunira des centaines d’anciens élèves des lycées français du monde.

    Le Forum Mondial des Alumni (FOMA) réunira des centaines d’anciens élèves des lycées français du monde.

    Ils sont venus ils sont tous là. Comme dans la chanson ce seront plusieurs centaines d’anciens élèves des Lycées français du monde qui se réuniront pendant trois jours à Bruxelles, du vendredi 24 au dimanche 26 Mai pour des retrouvailles qu’on imagine chaleureuses et autour d’un programme de travail fourni.

    La table ronde organisée au lycée Jean Monnet le samedi aura ainsi pour titre « faire réseau pour relever les défis de demain » et ce sont 46 nations qui seront représentées à travers la présence d’anciens et de personnalités et d’acteurs éducatifs politiques ou artistiques de premier plan.

    Le réservoir humain et le gisement de talents représenté par les 20 000 bacheliers qui chaque année quittent les lycées français du réseau AEFE pour des destinées universitaires supérieures est considérable. Si les anglo-saxons cultivent à l’envie depuis longtemps cette tradition des anciens, qui se réunissent pour des moments nostalgiques mais constituent surtout un redoutable réseau d’influence, la France a été au départ plus poussive à agréger ces réseaux pour en faire des lieux d’échanges d’informations mais aussi  des moments de solidarités professionnelles ou de partage des ressources. Depuis 2010 et la fondation de l’association des Anciens une étape importante a été franchie en terme de structuration.

    Et l’exercice des forums est désormais bien rodé, l’édition de cette année s’annonçant prometteuse par le nombre de nations représentées et le rayonnement de cet évènement adossé au lycée français de Bruxelles.

    Nous avons rencontré Ahmed Mernissi, président de l’Association des Anciens des lycées français du monde pour évoquer les défis représentés par cette démarche de réseau désormais bien installée.

    Ahmed Mernissi

    Ahmed Mernissi, pouvez-vous vous présenter en tant qu’ancien élève du réseau AEFE et actuel président de l’association des Anciens des lycées français du monde (Union-ALFM) ?

    A.M : Je suis un ancien du lycée Lyautey de Casablanca qui avec ses 8600 élèves est le plus grand établissement du réseau des lycées français du monde. Ce qui m’a profondément marqué dans cette éducation à la française, c’est le savoir vivre ensemble. On nous a appris à vivre ensemble, tout simplement. C’est une notion très large. Qui n’est pas liée à une religion, à la couleur de peau, c’est une question d’inclusivité. C’est cette richesse éducative et culturelle que nous avons en nous qui nous permet de nous adapter à toutes les situations. Merci à  nos parents, merci à ce système éducatif qui a fait de nous des personnes équilibrées. Dans notre sein il y a des Nobel, des Goncourt, de grands professeurs, des universitaires. Notre système n’a rien à envier aux grands lycées parisiens. C’est vraiment formidable. Plusieurs DRH de grands groupes sont des anciens des lycées français du monde, ou proche d’anciens des lycées français du monde. La mobilité chez ces enfants est innée, car à 17 18 ans ils ont leurs bacs en poche et une grande partie d’entre eux vient étudier en France. Sur les 20000 vous avez 10 000 mentions bien et très bien. C’est un vivier incroyable.

    L’AEFE a aidé à structurer ce réseau qui a encore un potentiel de développement. Voyez-vous des défis encore à relever ?

    Là où le bas blesse vraiment à mes yeux c’est que sur les 20000 bacheliers 10 000 seulement viennent en France étudier. La question des frais d’inscription à l’université pour les étudiants étrangers a pu surprendre et envoyer un mauvais signal.   Il y a aussi le parcours du combattant pour avoir des titres de séjour, aujourd’hui il n’y a plus de contact vraiment humain lors de l’accueil de ces étudiant. Ce n’est vraiment pas constructif pour la politique de la France dans le monde. La France a beaucoup à gagner à aider ces élèves francophones et très bien formés. Peut-être doit-on réfléchir à une maison des Alumni à Paris pour palier à ces problèmes.

    Pouvez-vous évoquer le fonctionnement actuel de l’association ?

    J’ai été vice-président de cette association avant d’en prendre la présidence. En 2010 lors de la fondation nous voulions en faire une grande association et la faire grossir ; On a jamais eu vraiment les moyens pour que l’association devienne autonome. On est domicilié à l’AEFE. On a un alternant qui travaille avec nous. C’est modeste. Mais  nous avons 9000 inscrits sur la plateforme, représentant 139 pays. On a un réseau d’Ambassadeurs qu’on a créé de toute pièce. Un conseil d’administration de douze membres de 11 nationalités différentes.  Fier d’avoir un bureau paritaire. Les plus jeunes ont une vingtaine d’années jusqu’à 70 ans pour le plus ancien.

    Comment coexistent ces générations d’anciens ?

    Les plus jeunes sont à fond dans le réseautage et aident beaucoup. Les plus de 60 ans sont également aidants. Les générations intermédiaires ont parfois moins de temps à accorder à l’association. Ils sont actifs et absorbés par leurs activités professionnelles.

    Il nous manque un ou deux salariés pour faire de l’association un total outil d’influence et pour nous développer davantage. 

    Qu’attendez vous du FOMA qui s’ouvre bientôt à Bruxelles ?

    Ce FOMA a vocation à être un lieu de recrutement. Le premier FOMA a été Casablanca, puis il y a eu Vienne, Lisbonne, Tunis et enfin Bruxelles. Je me suis interrogé sur la dimension économique de ce forum. Car les frais de participation sont tout de même de deux cent euros. Pour beaucoup de monde ce tarif est trop élevé, avec l’hôtel et le déplacement cela fait vraiment cher. Il est regrettable que les frais de participation ne soient pas sponsorisés. Ce FOMA sera une formidable vitrine de notre réseau et j’espère que pour les prochaines éditions ont ira encore plus loin en terme d’investissement et de sponsoring.

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