À quelques semaines des élections européennes de juin, les officiels du gouvernement français ne se sont pas privés de jongler avec les milliards lors de la 7e édition du forum Choose France, qui réunit lundi (13 mai) quelques 180 dirigeants de groupes du monde entier et une soixantaine de patrons français. 56 nouveaux projets ont été annoncés pour 15 milliards d’euros d’investissements étrangers, avec 10 000 embauches en perspective.
Pour l’exécutif, ces réussites sont évidemment le fruit de la politique menée depuis 2017 en faveur des entreprises et le résultat de sa stratégie de réindustrialisation du pays. Dans un entretien accordé au Parisien, le président Emmanuel Macron y voit « la reconnaissance du travail mené depuis sept ans basé sur la valorisation de nos savoir-faire, le maintien de notre énergie décarbonée, la création d’un cadre normatif favorable et la stabilité fiscale ».
Ces annonces interviennent alors que la France vient d’être désignée pour la cinquième année consécutive par le cabinet d’audit EY comme le pays le plus attractif d’Europe en matière d’investissements, avec 1194 créations et extensions de sites, soit mieux que le Royaume-Uni (985) et l’Allemagne (733).
« Face à un Royaume-Uni post-Brexit qui doit réinventer son modèle et à une Allemagne bousculée par la crise énergétique, les ruptures industrielles et la fragilisation du commerce international dont elle dépend tant, la France affiche un visage relativement rassurant, malgré les turbulences sociales chroniques », note le cabinet EY.
L’investissement le plus conséquent dans le pays a été annoncé par Microsoft, qui devrait injecter quatre milliards d’euros dans le développement de data centers, afin de renforcer son infrastructure dans l’intelligence artificielle (IA) et le cloud.
« Il s’agit de l’investissement le plus important que nous ayons jamais réalisé » en France, a précisé son président, Brad Smith. Un nouveau centre de données de Microsoft doit être implanté près de Mulhouse, tandis que les sites de région parisienne et de Marseille seront étendus.
« Microsoft choisit la France parce qu’on a de l’électricité décarbonée », a expliqué Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie et de l’Énergie, à France Info.
Le géant américain de l’e-commerce Amazon va quant à lui investir 1,2 milliard d’euros à la fois dans les data centers de son activité de « cloud », notamment pour l’IA générative, et dans ses entrepôts logistiques, avec la création de « plus de 3.000 emplois », assure l’Élysée.
« L’attractivité de la France est plutôt orientée positivement ces dernières années, mais il ne faut pas exagérer le poids des investissements étrangers dans la réindustrialisation du pays », nuance pour Euractiv Sébastien Jean, professeur d’économie au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). « Le fait que l’Hexagone attire des sociétés qui travaillent sur l’intelligence artificielle est cependant un signe que l’économie française reste compétitive par rapport à celles des pays voisins. »
Parmi les autres projets annoncés, on trouve notamment une nouvelle usine d’engrais bas carbone dans la Somme (1,2 milliards d’euros), de nouvelles lignes de production de frites et de transformation de pommes de terre McCain dans le Pas-de-Calais et dans la Marne (350 millions d’euros), une usine de raffinage de nickel près de Bordeaux (300 millions d’euros), ou des investissements dans la pharmacie avec Pfizer (500 millions d’euros), AstraZeneca (365 millions d’euros) et GSK (140 millions d’euros).
La chasse aux « bonnes nouvelles »
Alors que le thème retenu pour l’édition 2024 du forum Choose était « la France, terre de champions », le gouvernement tente de profiter de l’effet d’entrainement des Jeux olympiques pour créer une dynamique positive et faire décoller la campagne électorale de la liste Renaissance de Valérie Hayer, distancée dans les sondages par le Rassemblement National (RN).
Les annonces de Choose France sont pourtant à relativiser. Si les investissements étrangers se sont élevés en France à 34,6 milliards d’euros en 2022, selon l’Insee, le montant du flux était supérieur à 35 milliards en 2018 et avait frôlé les 40 milliards en 2015.
« La plupart des projets annoncés lors du sommet sont des projets qui auraient vu le jour avec ou sans le sommet », estime de son côté Sylvain Bersinger, chef économiste au cabinet Asterès, interrogé par l’AFP. « Le cœur de l’attractivité française ne réside pas là-dedans », explique-t-il, citant plutôt le système éducatif, le cadre « juridique, fiscal, l’environnement d’innovation, le marché local ».
Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le 15 mai 2024 dans les titres du flash quotidien des expatriés : Le soft power français – Vivez vous avec des millionnaires ? – Évasion meurtrière en France
De la Croisette au JO
Ce 14 mai s’est ouvert le plus important Festival du monde, celui de Cannes. Cette 77ème édition ouvre une séquence favorable à notre pays. Pendant plusieurs mois, des marches du Palais, aux tours de pistes sur le circuit monégasque, avant Rolland Garros, le monde entier aura les yeux rivés sur la France. Et bien sûr le point culminant sera les JO. Alors le soft power français en panne ? Toute l’analyse sur Lesfrancais.press.
Le classement des villes avec le plus de millionnaires.
A été publié par un cabinet canadien, la semaine dernière, si les expatriés ne sont pas tous des exilés fiscaux, il est toujours bon de savoir où se concentrent les grandes fortunes du monde. Alors vivez-vous dans une ville ou pays propice à l’enrichissement ! La réponse sur Lesfrancais.press.
Une évasion mortelle.
Deux agents pénitentiaires sont morts et trois autres ont été blessés dans l’attaque d’un fourgon ce mardi 14 mai au péage d’Incarville, dans l’Eure. Cette attaque d’environ deux minutes a permis l’évasion de Mohamed Amra, actuellement en fuite, comme ses complices. Sur la vidéo de l’assaut, on le voit être extrait du fourgon. Surnommé « La Mouche », il est âgé de 30 ans et a déjà été condamné à 13 reprises. Récemment, il a été condamné à 18 mois de prison ferme mardi 7 mai par le tribunal judiciaire d’Évreux pour des « vols aggravés », notamment dans des supermarchés et des commerces de la banlieue d’Évreux entre août et octobre 2019.
En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.
Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.
Animé par Caroline Ettori.
« ETE 2024 », Europe Territoires Ecologie, est le nom de la liste menée par Guillaume Lacroix, l’invité d’« En toute confidence ». Cet homme politique est conseiller régional d’Auvergne-Rhône Alpes. Il préside également le Parti Radical de Gauche. A notre micro, le leader du PRG nous explique pourquoi il présente sa candidature aux élections « européennes de 2024. »
La Nupes, le rendez-vous raté de la gauche ?
Dans ce podcast, l’ancien conseiller des Premiers ministres Manuel Valls et Bernard Cazeneuve du temps de leurs passages respectifs à Matignon, évoque l’union de la gauche. En 2019, lors de la dernière élection européenne les radicaux de son parti étaient alliés aux socialistes. Que s’est-il passé depuis pour que deux listes différentes existent en 2024 ? En écoutant l’interview de Guillaume Lacroix, vous connaîtrez sa position, sans ambiguïté, sur la Nupes et la France insoumise. Le numéro un d’« ÉTÉ 2024 » parle même de « crédibilité » et d’« honneur » !
Le développement d’ « un Airbus du médicament »
Outre le Parti Radical de Gauche, la liste « Europe Territoires Ecologie » rassemble d’autres formations politiques. Le Collectif des sociaux-démocrates conservateurs, le Mouvement des citoyens (MDC), le Mouvement des progressistes (MDP), le groupe Régions & Peuples Solidaires (R & PS) et le parti Volt composent cette coalition. « Une alliance qui permet de dresser un projet européen crédible. Un projet du quotidien. » nous dit notre invité. Parmi les propositions, il y a celle d’une Europe de la santé par le développement d’un « Airbus du médicament ». C’est-à-dire une véritable puissance mondiale pour fournir nos pharmacies notamment en paracétamol et en amoxicilline.
Guillaume Lacroix, président du PRG-le centre gauche, au siège du PRG à Paris @Gdprg
Parti Radical de Gauche et Français de l’étranger
« Cette liste fait la part belle » à nos ressortissants vivant hors de France nous confie Guillaume Lacroix. Olivier Spiesser, conseiller des Français d’Italie et Valérie Chartrain qui vit en Allemagne, à Berlin, portent la parole des expatriés parmi les candidats. Le 23 mai prochain sera organisé un webinaire de campagne à destination de notre diaspora. Comment la tête de liste perçoit-il les Français de l’étranger ? Pourquoi affirme-t-il que nos compatriotes vivant au-delà des frontières nationales sont « des maillons essentiels ». Que faire pour les aider dans leur quotidien ? Vous le saurez en écoutant son interview audio Lesfrancais.press
Vote par internet, une réponse à l’abstention ?
Pour faciliter la participation aux élections, « le déficit démocratique pourrait être en partie pallié par des conditions de votes nouvelles, modernes » nous indique le président du Parti Radical de Gauche. Tout en insistant sur les aspects « sécurité », il souhaite une « alliance du génie français et du génie européen » pour répondre à cette problématique. La démocratie c’est aussi créer du contact entre les élus du Parlement européen et notre communauté française vivant hors de France une fois le 9 juin passé. Comment faire ? Comment éviter d’être pris par « le tourbillon bruxellois et strasbourgeois ? » comme le décrit notre invité. Vous retrouverez sa réponse « En toute confidence » en écoutant l’intégralité de son podcast.
En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes
2024 est une année française ! En effet s’ouvre avec le festival de Cannes une séquence particulière pour notre pays ! Les regards du monde entier vont être braqués sur l’hexagone depuis la Croisette, où le gratin du cinéma mondial se retrouve dès aujourd’hui, jusqu’aux Jeux olympiques qui se termineront au cœur de l’été ! Le soft power français est à l’œuvre.
En effet, la France reste une nation emblématique d’Europe occidentale. Elle ne cesse d’exercer une influence notable à l’échelle internationale, grâce à diverses facettes de son soft power. Ce terme désigne la capacité d’un pays à influencer les autres nations par des moyens non coercitifs, tels que la culture, la diplomatie, et la politique étrangère.
Cannes, premier festival au monde
Aucun autre festival de cinéma au monde ne suscite autant de suspense, d’impatience, d’excitation, voire d’hystérie que celui de Cannes. Mais aussi, c’est là que se tient le premier marché cinématographique au monde. Il contribue au dynamisme de l’industrie avec plus de 12 500 participants chaque année.
Cependant, le cœur de métier du Festival reste la compétition de la Sélection officielle pour la Palme d’or. Chaque année, une quinzaine de films sont sélectionnés et vus par un jury de professionnels (réalisateurs, acteurs, journalistes, écrivains…) qui décerne une série de prix sous la direction d’un président. La sélection officielle, assurée par le délégué général du Festival (Thierry Frémaux depuis 2004) nourrit les ambitions des réalisateurs et producteurs du monde entier et oriente fortement le calendrier de production des films qui, s’ils veulent être choisis, doivent être soumis au Festival avant le mois d’avril.
Dans un secteur à l’économie très capitalistique où peu de films sont produits chaque année, le nombre de productions susceptibles d’être sélectionnées en festival est relativement restreint, ce qui crée une forte concurrence entre les festivals de cinéma internationaux (notamment Venise, Berlin, et depuis quelques années Toronto) sur le cinéma dit « d’auteur » et au-delà. Cette compétition est exacerbée par la nécessaire exclusivité des films présentés, qui doivent être proposés en première séance (à la différence des Oscars qui célèbrent les films sortis durant l’année passée) et s’exerce même entre les différentes sélections du Festival. Le prestige de la Palme d’or, le rayonnement médiatique de l’évènement lui-même (entretenu par la venue des stars des films), et le label que représente le Festival (symbolisé par le logo apposé sur les affiches et en ouverture de chaque film) permettent ainsi de faire parler des films au moment de l’évènement, de soutenir leur promotion plus tard lors de leur sortie en salle, et d’accroître leur valeur marchande lors des ventes des droits internationaux.
Le succès du Festival tient donc à l’attractivité de sa compétition, renforcée par un habile melting pot cinématographique qui introduit des films plus grand public dans la programmation (les films hors compétition et les séances spéciales par exemple) et crée ainsi de l’attention. Celle-ci se cristallise autour de la célèbre montée des marches du Palais des festivals et des Congrès de Cannes. Ces quelques pas sur l’escalier monumental sont un défilé du soft power des États dont les stars foulent le tapis rouge. Cela permet aux États les mieux dotés en célébrités d’exister sur un mode ‘glamour’ dans la constellation des nations . Ainsi peut-on affirmer que la montée des marches lors du Festival de Cannes est au soft power ce que le défilé militaire est au hard power d’un État. Dans les deux cas, il s’agit d’une démonstration de puissance orchestrée.
In fine, sans aucun doute, la Croisette est the place to be, pendant les deux prochaines semaines, pour voir défiler les célébrités et les légendes du cinéma et pour débattre autour des sujets qui émeuvent le monde d’aujourd’hui.
JO Paris 2024
La tenue d’événements sportifs planétaires reste un outil de soft power puissant comme l’a montré l’organisation de la coupe du monde de football au Qatar où la logique de la compétition sportive a fini par faire oublier les critiques initiales en matière de droits de l’homme ou d’impact environnemental.
Mais la position d’un pays comme le Qatar est différente de celle de la France et le contexte actuel semble plus que jamais marqué par la guerre en Ukraine, par l’embrasement du conflit entre Israël et le Hamas et par une crise environnementale qui illustre un profond changement d’époque et interroge notre modèle de croissance. L’organisation des JO de Paris ne vise pas à installer la France sur l’échiquier international ou à prouver sa capacité à organiser un événement de cette ampleur. Dans son cas, le défi est celui de confirmer un statut et de faire des JO un événement festif et inclusif sans scandale majeur et respectant les contraintes environnementales et socio-économiques actuelles.
Et la France le relève car les enjeux des JO Paris 2024 dépassent le cadre sportif. C’est d’abord un enjeu en matière d’image. L’organisation des compétitions comme celle des déplacements, la sécurité des 15 000 athlètes comme celle des 15 millionsde spectateurs attendus, la qualité de l’accueil du public comme la capacité des Français à s’enthousiasmer pour l’événement seront des éléments cruciaux pour faire de ces JOP un succès. La France, qui a parfois tendance à négliger son soft power, ne peut pas se permettre de rater cette occasion. Alors que le fiasco de l’organisation de la finale de la Ligue des champions de football à Paris, en mai 2022, a été du plus mauvais effet, le pays part avec un handicap qu’il faut combler.
Le deuxième enjeu consiste à démontrer que Paris peut échapper à la « malédiction » des villes organisatrices des Jeux, qui, quasi sans exception, ont viré au gouffre financier. Dans un rapport, la Cour des comptes estime que l’équilibre budgétaire peut être tenu, bien qu’il n’existe « aucune marge de manœuvre substantielle », faisant planer la menace d’un « impôt JO » en cas de dérapage. Si les recettes sont, pour l’essentiel, au rendez-vous, qu’en sera-t-il pour les dépenses ?
Troisième enjeu, trop souvent négligé : la dimension sociétale des Jeux. Paris 2024 est une occasionqu’il ne faut pas manquer pour donner au sport plus de place dans la société. La France accuse un retard dans ce domaine par rapport aux autres pays développés. Facteur de santé, de cohésion sociale, d’insertion, la pratique sportive doit être mieux prise en compte à l’école, à l’université, dans les banlieues, dans l’entreprise… À condition de se donner les moyens de créer cette impulsion. Celle-ci reste encore bien timide, même si l’élan constaté, pour recruter les milliers de volontaires indispensables à l’organisation des JOP et lors de l’arrivée de la flamme à Marseille, constitue un signal positif en matière d’engagement.
Les expatriés ne sont pas tous des exilés fiscaux, cependant, il est toujours bon de savoir où se concentrent les grandes fortunes du monde. Alors vivez-vous dans une ville ou pays propice à l’enrichissement. Le cabinet de conseil Henley & Partners a publié le classement des villes concentrant le plus de millionnaires.
New-York numéro 1
Logiquement en tête de classement, on retrouve New-York City, l’un des poumons économiques des États-Unis qui compte plus de 349 500 millionnaires. Ainsi, elle se place en première position devant une autre ville américaine, sur la côte ouest du continent cette fois, San Francisco et ses 305 700 millionnaires.
Tokyocomplète le trio de tête, avec près de 300 000 millionnaires, 298 300 exactement.
Les villes chinoises sont celles dont le nombre de millionnaires a observé la plus grande croissance. Par exemple, Shenzhen note une augmentation de 140 % de son nombre de millionnaires en 10 ans, qui se porte à 50 300 désormais. Des évolutions impressionnantes sont également notées pour les villes de Hangzhou (+ 125 %), Guangzhou (+ 110 %) et Beijing (Pékin, + 90 %). Les villes plus haut dans le classement ont, quant à elles, noté des augmentations plus mesurées. Par exemple, Paris a vu croître ce chiffre de 12 % en dix ans. À titre de comparaison, c’est 48 % pour New York et 92 % pour San Francisco.
Paris, le challenger de Londres
Si dans certains pays, le nombre de millionnaires progresse, à l’inverse, on observe une diminution du nombre de millionnaires dans d’autres comme au Royaume-Uni. Ainsi à Londres, par exemple, en dix ans, ce chiffre a baissé de 10 %. Selon toute vraisemblance, le Brexit n’est pas étranger à cet exode. Toutefois, la plus grosse baisse revient à Moscou. Là encore, la guerre en Ukraine pourrait expliquer la baisse de 24 % du nombre de millionnaires dans la capitale russe.
En ce qui concerne la France, une seule ville figure dans le top 10. Bien évidemment, il s’agit de Paris et de ses alentours. La région parisienne se place à la septième position du top 10 avec 165 000 millionnaires. La ville Lumière figure derrière Singapour (244 800), Londres (227 000) et Los Angeles (212 000), indique le rapport d’Henley & Partners. Une seule autre région française figure dans le top 50 des villes comptant le plus de millionnaires. Il s’agit du grand ensemble urbain qui s’étend d’Èze à Nice (26 300).
Dans six mois, les électeurs américains seront amenés à départager Joe Biden et Donald Trump. Pour la première fois depuis 1892 (Groover Cleveland contre Benjamin Harrison), ils auront le choix entre deux personnalités ayant déjà exercé les fonctions présidentielles. Pour le moment, les deux candidats battent la campagne en ignorant les questions financières. En 1992, Ross Perot, candidat indépendant, avait empêché la réélection de Georges Bush senior en présentant un programme de probité fiscale. Il obtint 19 743 821 voix, soit 18,9 %, le meilleur résultat depuis 1912 pour un candidat non issu des deux grandes formations politiques américaines. Deux ans plus tard, les Républicains récupérèrent pour la première fois en 40 ans, la majorité du Congrès avec comme engagement le rééquilibrage des comptes publics. Bill Clinton, Démocrate et pragmatique, accepta cet objectif, ce qui lui permet d’être réélu. Il est le dernier Président à avoir enregistré des excédents budgétaires et une diminution de la dette publique.
Selon le FMI, les emprunts américains sont si importants qu’ils mettent en danger la stabilité financière mondiale
En 1992, au début de la fronde budgétaire, la dette représentait 46 % du PIB ; elle dépasse désormais 110 % du PIB. Sur ces dix dernières années, sous Donald Trump et sous Joe Biden, le déficit public moyen atteint près de 9 % du PIB. Le Fonds monétaire international affirme que les emprunts américains sont si importants qu’ils mettent en danger la stabilité financière mondiale. La note américaine a été récemment dégradée par les deux agences de notation S&P et Fitch. La troisième, Moody’s, menace de le faire.
Pour autant, les questions budgétaires ne figurent pas parmi les préoccupations des électeurs. Les candidats l’ont bien compris. Leur programme respectif propose non pas un assainissement des comptes publics mais bien une aggravation de la dette. Donald Trump entend réduire les impôts quand Joe Biden annonce une augmentation des dépenses.
@adobestock
Le vieillissement de la population se traduit par une hausse des dépenses de santé et de retraite sur lesquelles les deux candidats ne veulent pas faire d’économies.
Par rapport aux années 1990, le contexte économique et financier a changé. À l’époque, la croissance était vive. Le développement de l’informatique générait d’importants gains de productivité. Avec la chute du mur de Berlin et la fin de l’URSS, les gouvernements occidentaux pouvaient réduire leur effort de défense. Aujourd’hui, les tensions avec la Chine et la Russie l’obligent à un réarmement. La transition énergétique est également une source de dépenses publiques. Politiquement, il n’y a plus de consensus sur le sujet des comptes publics. Par ailleurs, les efforts réalisés en la matière bénéficient rarement au pouvoir en place. George H.W. Bush, au début des années 1990, avait initié une diminution du déficit ; or il fut battu par Bill Clinton. Celui-ci réussit à se faire réélire et à reconquérir le Congrès en 1996 après que les Républicains ont imposé le retour à l’équilibre. Les démocrates ont considéré que Georges Bush junior a dilapidé les excédents publics constitués par Bill Clinton.
Les deux partis ont opté pour la surenchère
Depuis, les deux partis ont opté pour la surenchère. Les réductions d’impôts de G. Bush junior ont été reprises et étendues par son successeur, Barack Obama. Donald Trump les a amplifiées et Joe Biden n’a pas osé les remettre en cause. Cette politique a abouti à réduire les prélèvements obligatoires. Ces derniers ne représentent que 33 % du PIB, soit bien moins que dans les autres pays de l’OCDE. Dans le même temps, les dépenses publiques n’ont pas cessé d’augmenter. L’épidémie et la transition écologique ont amené les gouvernements à mettre en œuvre des plans portant sur des milliers de milliards de dollars. Le déficit public moyen de 9 % des cinq dernières années est quatre fois supérieur à la moyenne annuelle constatée depuis la Seconde Guerre mondiale. Le déficit américain est plus de deux fois plus élevé que la moyenne de ceux des États membres de l’OCDE. Les États-Unis devancent l’Italie et la France.
Les États-Unis rendent hommage à Keynes, le déficit favorisant la croissance avec le financement d’investissements privés grâce à la multiplication des aides (Inflation Reduction Act).
La dérive des finances publiques américaines est d’autant plus problématique que les taux d’intérêt augmentent. Au cours des deux décennies précédant la Covid, le service de la dette (le paiement des intérêts) représentait chaque année environ un tiers du déficit fédéral. Au cours des deux prochaines décennies, selon l’office budgétaire du Congrès (CBO), il en représentera les deux tiers.
En l’absence de changement de cap budgétaire, le ratio dette/PIB des États-Unis passera de 110 à 166 % du PIB au cours des 30 prochaines années.
@adobestock
Aucun candidat n’entend défendre l’idée d’une hausse des prélèvements
Cette progression est-elle à même à provoquer une crise des finances publiques ? Le Japon survit bien avec une dette publique de plus de 250 % du PIB. Si le Japon peut s’appuyer sur sa population, les Japonais épargnant et acquérant des titres publics, les Américains disposent du dollar. Par ailleurs, les investisseurs internationaux souhaitent toujours investir aux États-Unis et y acheter des obligations fédérales. Entre le Japon et les États-Unis, il y a néanmoins une différence de taille, le niveau des taux d’intérêt. Chez le premier, le taux à 10 ans évolue autour de 1 % contre 4 % chez les seconds. D’ici la fin de la décennie, les seuls pays européens avec un ratio dette/PIB aussi élevé que les États-Unis seront l’Italie et la France.
Pour stabiliser le ratio dette/PIB d’ici 2029 aux États-Unis, le FMI estime que l’État fédéral américain devra réduire son déficit primaire (c’est-à-dire avant paiements des intérêts) d’environ 4 % du PIB, soit un montant jamais réalisé dans aucun des pays de l’OCDE ces vingt dernières années. Les pouvoirs publics ne sont pas incités à opérer un tel assainissement d’autant moins que les investisseurs continuent à prêter sans rechigner aux États-Unis qui demeurent la première puissance économique et militaire mondiale. Certes, les taux augmentent mais nul ne peut prédire la survenue d’une crise financière en lien avec la dette publique américaine.
Aucun candidat n’entend défendre l’idée d’une hausse des prélèvements
L’exercice budgétaire 2025 sera crucial pour les États-Unis. En effet, de nombreux dispositifs de réduction d’impôt sont censés arriver à échéance cette année-là, dispositifs qui pour la plupart avait été adoptés durant le mandat de Donald Trump. Leur maintien après 2025 coûterait environ 3 000 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, soit deux fois le montant des dépenses fédérales en matière de transports. Leur suppression réduirait d’environ un point de pourcentage le déficit annuel. Or, durant la campagne électorale, aucun candidat n’entend défendre l’idée d’une hausse des prélèvements qui pourrait en outre provoquer un ralentissement de l’économie.
Depuis le début de sa campagne électorale, Donald Trump répète qu’il reconduira les réductions d’impôt qu’il avait fait adopter lors de sa présidence ; en revanche, il pourrait annuler celles instituées par les Démocrates. Il a également envisagé de nouvelles réductions d’impôt sur les sociétés. Joe Biden a qualifié les réductions d’impôt de Donald Trump d’imprudentes, mais son plan les maintiendrait néanmoins pour les ménages gagnant moins de 400 000 dollars par an. Il ne réduirait que d’un tiers le coût fiscal des mesures du mandat de Donald Trump.
Pour rembourser la dette publique, Donald Trump propose une augmentation des recettes publiques en accordant de nouvelles autorisations de forages pétroliers. Cette mesure aurait une faible incidence sur les finances de l’État fédéral car les taxes des activités pétrolières alimentent essentiellement les budgets locaux.
@adobestock
Un tarif douanier de 10%
Toujours pour rééquilibrer les comptes publics, Donald Trump entend majorer les droits de douane. Il a ainsi prévu d’instituer un tarif universel de 10 % rapportant 300 milliards de dollars par an, soit 1 % du PIB. Ces droits seraient en réalité payés par les consommateurs américains. Cette mesure protectionniste affaiblirait la croissance qui aggraverait le solde public.
De son côté, Joe Biden souhaite peser sur les dépenses de la santé en diminuant le prix des médicaments. Cette politique appliquée en France comporte comme danger de favoriser les pénuries. Il propose de renforcer la lutte contre la fraude fiscale. Il a indiqué son intention de relever l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur le revenu pour les ménages les plus aisés.
Dans le même temps, Joe Biden a prévu d’accroître les dépenses publiques en rétablissant un crédit d’impôt pour les familles ayant de jeunes enfants à charge, en facilitant le financement des gardes d’enfants et en annulant la dette étudiante.
Après l’élection du mois de novembre, les États-Unis ont un fort risque de rester fragmentés politiquement et socialement parlant. Ces dernières années, cette situation a conduit l’explosion du déficit public, aucun des deux grands partis ne souhaitant prendre des mesures impopulaires concernant la Sécurité sociale ou la retraite des fonctionnaires. Les pensions de l’État et de la Sécurité sociale, dont les soins de santé pour les personnes âgées, représenteront 60% des dépenses fédérales, hors intérêts, d’ici 2030.
Les milieux économiques et en particulier les investisseurs jugeaient que les décisions de Donald Trump entre 2017 et 2020, étaient bien souvent plus modérées que ses déclarations. La bonne tenue des actions a démontré que les intérêts des actionnaires n’étaient pas totalement inconciliables avec la politique du Républicain. En serait-il de même avec le second mandat ?
Si la FED réduit de 1,5 point ses taux, l’État fédéral économisera 400 milliards de dollars d’intérêt, un point de PIB.
La volonté de Donald Trump de remettre en cause l’indépendance de la Banque centrale américaine pourrait déclencher une suspicion de la part des investisseurs américains et internationaux. Le dollar pourrait perdre son aura de valeur refuge. Sur ce point, Donald Trump défend l’idée d’une dépréciation du dollar pour rééquilibrer la balance commerciale. Le risque serait une augmentation de l’inflation et des taux d’intérêts, rendant plus difficile le financement de l’imposante dette publique. La fixation des taux directeurs de la part de la banque centrale américaine n’est pas sans incidence sur la dette publique. Si la FED réduit de 1,5 point ses taux d’ici la fin de l’année, l’État fédéral économisera 400 milliards de dollars d’intérêt (1 200 au lieu de 1 600 milliards de dollars), soit l’équivalent d’un point de PIB.
Le problème est que l’importance du déficit public, plus de 7 points de PIB, concourt à l’inflation en augmentant artificiellement la demande. Ce déficit élevé incite justement la banque centrale à être prudente dans la baisse de ses taux directeurs.
@adobestock
Pour résoudre la question de l’endettement public aux États-Unis, nul n’imagine la banqueroute. Certes, le gouvernement pourrait procéder à des émissions monétaires à travers des rachats d’obligations comme cela a été fait entre 2009 et 2022. Le risque serait l’enclenchement d’une spirale inflationniste. Il pourrait également imposer aux établissements financiers des ratios de liquidité plus durs ; ces derniers seraient alors contraints d’acheter des volumes plus importants de titres publics. Cette pratique s’inscrit dans les politiques qualifiées de répression financière. La solution idéale serait la reproduction du scénario de 1990 combinant économies budgétaires et reprise de la croissance notamment grâce à l’intelligence artificielle. À court terme, le Trésor public américain doit refinancer un tiers de la dette publique existante, soit 10 000 milliards de dollars.
Les interceptions de migrants tentant de traverser la Méditerranée vers l’Italie à partir des côtes tunisiennes ont augmenté de 22,5 % de janvier à avril par rapport à la même période une année auparavant, pour dépasser les 21 000 personnes « empêchées de partir ou secourues » en mer, a annoncé la Garde nationale tunisienne dimanche (12 mai).
Au total, la Garde nationale qui chapeaute aussi les gardes-côtes a « intercepté ou secouru » 21 545 personnes sur les quatre premiers mois de cette année, contre 17 576 sur la même période de 2023, pour un nombre d’opérations équivalent (751 contre 756), selon un communiqué officiel.
En revanche, elle a récupéré seulement 291 corps de personnes victimes de naufrage, en majorité des « étrangers » (catégorie désignant essentiellement des ressortissants d’Afrique subsaharienne), depuis le début de l’année, contre 572 sur la même période de 2023 en triplant presque son nombre d’opérations (1 967 contre 686).
La Garde nationale a également « empêché » 21 462 personnes d’entrer sur le territoire tunisien, par ses frontières avec l’Algérie à l’ouest et la Libye à l’est, soit quatre fois plus que les 5 256 répertoriés l’année précédente.
La région de Sfax, deuxième ville du pays située au centre est de la Tunisie, est restée l’épicentre des départs clandestins avec 19 457 migrants « empêchés » de traverser contre 15 468 l’année précédente, selon la Garde nationale.
La Tunisie est, avec la Libye, l’un des principaux points de départ des migrants vers l’île italienne de Lampedusa, située à moins de 150 km des plages de la région de Sfax.
L’an passé, des dizaines de milliers de ressortissants subsahariens, fuyant la pauvreté et des conflits notamment au Soudan, ainsi que des milliers de Tunisiens, poussés par la crise économique et des tensions politiques, ont tenté la périlleuse traversée de la Méditerranée.
Sous l’impulsion de l’Italie, l’Union européenne a conclu l’été dernier avec Tunis un accord, très critiqué en Europe, prévoyant des aides financières — au total 255 millions d’euros — en contrepartie d’efforts accrus pour réduire ces départs.
L’approche de l’État tunisien « n’est pas une approche de sauvetage mais d’interception » tout comme les moyens et les formations octroyées aux forces de sécurité tunisiennes, a dénoncé récemment auprès de l’AFP Romdhane Ben Amor, porte-parole de l’ONG FTDES.
Selon un récent rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), sur la dernière décennie, plus de 27 000 migrants ont péri en Méditerranée, dont plus de 3 000 l’an passé.
Bonjour à tous, nous le mardi 14 mai, dans les titres du flash quotidien des expatriés : Toujours 4 Français otages en Iran – Le webinaire de Renaissance pour les Expatriés – Ouverture du Festival international du Film
2 ans d’emprisonnement pour 2 de nos compatriotes
Les autorités françaises ont fustigé, la semaine dernière, la « politique d’otages d’Etat » et le « chantage permanent » menés par l’Etat iranien. Ce discours a été martelé alors que Cécile Kohler et son conjoint Jacques Paris sont détenus depuis deux ans, mais ils ne sont pas les seuls, en tout 4 Français croupissent encore dans les geôles iraniennes.
Hayet veut mobiliser les Français de l’étranger
« On a besoin de vous » ! C’est par ces mots que Pieyre-Alexandre Anglade, député Renaissance des Français du Bénélux, a ouvert le webinaire organisé par « Besoin d’Europe » à destination de nos compatriotes vivant à l’étranger. À moins d’un mois du scrutin, le directeur de campagne de la liste menée par Valerie Hayer, et soutenue par Emmanuel Macron, a également indiqué aux participants que les prochains jours seront « décisifs » pour convaincre les électeurs. Mobiliser les Français de l’étranger était un des objectifs de cette réunion publique en ligne. Retrouvez l’analyse complète sur Lesfrancais.press.
Le cinéma débarque à Cannes
Ce mardi 14 mai sera donné le coup d’envoi de la 77e édition du Festival de Cannes. La cérémonie d’ouverture débutera à 19h15 depuis le Palais du festival et son grand théâtre Lumière, capable d’accueillir un peu plus de 2.300 invités. Elle sera diffusée en direct à partir de 19h sur France 2. Pour tous ceux qui n’y sont pas, sur TV5MONDEplus, vous pourrez découvrir une sélection d’œuvres qui a marqué les palmarès au fil des années.
C’est tout pour ce mardi, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger. Belle journée où que vous soyez !