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  • « l’Armo Ricain, dernier ouvrage de Tangi Colombel, Breton de Floride multi-talent »

    « l’Armo Ricain, dernier ouvrage de Tangi Colombel, Breton de Floride multi-talent »

    Tangi Colombel mérite plus qu’un autre le qualificatif d’homme orchestre. Difficile d’assigner ce breton de naissance à une seule identité artistique quand l’homme a exploré avec bonheur le jeu d’acteur au théâtre et à la télé, ému un large public en chanson et découvert plus récemment les joies de l’écriture.

    Un destin entre Bretagne, Paris et Floride.

    En self-made man de la culture, cet ancien élève du Cour Simon n’était pas destiné forcément à monter sur scène à Paris ou à Miami, dans un destin transatlantique que  son enfance à Loudéac en Bretagne ne laissait pas deviner car se déroulant hors des sentiers balisés de celles et ceux qui baignent dans la créativité depuis leur plus tendre enfance. Entre scoutisme et solide bande de copains, ce Breton au coeur ouvert a su pousser les murs étroits de tous les conformismes sociaux, a accepté de s’arracher à sa terre,  pour tracer son propre chemin et vivre ses rêves les yeux ouverts.

    Son histoire est  désormais depuis 20 ans celle d’un français de l’étranger, d’un « Armo Ricain » qui vit aux Etats-Unis et y travaille avec acharnement pour aller au bout de ses projets de créativité et d’accomplissement professionnel.

    Son premier récit romancé, « La Saint Tous Là » paru il y a deux ans, lui avait permis de « se raconter » comme le font ces conteurs habiles qui savent manier sincérité et auto-dérision pour embarquer leur auditoire et ne plus le lâcher.

    Un deuxième récit qui retrace l’itinéraire d’un globe trotter.

    Son  nouvel opus nous met sur les traces d’un globe trotter, qui a su quitter sa « tribu » bretonne  pour céder à ses impulsions et ses aspirations d’ailleurs, qui l’ont vu atterrir sur les rivages ensoleillés de Palm Beach en Floride pour y profiter de l’amour partagé. Dans ce récit efficace et entrainant nous découvrons un personnage haut en couleur qui nous livre dix années initiatrices qui plairont aux lecteurs avides de destins hors normes comme aux compatriotes de l’étranger qui reconnaitront aussi les enjeux liés à l’expatriation, entre apprentissage linguistique et bain culturel dans des environnements nouveaux. Le sens de l’adaptation du breton,  l’énergie personnelle de l’artiste, l’audace de l’homme seront  ses viatiques pour réinventer en permanence sa vie. 

    Nous avons pu échanger avec cet auteur heureux que nous vous invitons à découvrir à travers cet entretien exclusif.

    @Tangi Colombel

    Boris Faure : « Tangi, voilà un premier récit romancé qui paraît naturel au regard de votre personnalité riche et créative. Il y a la scène et il y a désormais la plume. Expliquez-nous s’il vous plait ce passage par l’écrit pour raconter votre vie : pourquoi ce livre ? »

    Tanguy Colombel : Tout d’abord, il s’agit d’un deuxième opus. Le premier, « La Saint Tous Là » relate l’histoire de ma famille un peu haut perchée dans une petite ville de Bretagne, au cœur des années 80. Le titre est un hommage à ma mère qui nous a quittés bien trop tôt et qui souhaitait écrire cet ouvrage. Elle se plaignait qu’il puisse y avoir des jours pour célébrer la Saint Patrick, la Sainte Marie… mais qu’il n’y ait pas de jour spécifique pour célébrer le fait que nous sommes tous à la maison. Elle a donc baptisé toutes nos réunions familiales les « Saint-Tous-Là », car nous étions tous présents au bercail. Vous l’aurez compris, ce livre est une ode à la famille dans un joyeux et parfois douloureux capharnaüm. Et je mets au défi quiconque de ne pas retrouver un peu de la sienne entre les pages.

    Ce premier ouvrage a été rédigé lors des semaines de confinement, alors que je n’étais plus en mesure d’exercer mon art, puisque les représentations de mon cabaret d’alors « Pardon My French » avaient toutes été annulées. En Floride, nous n’avons été bloqués que trois petites semaines. Mais elles ont été suffisantes pour écrire le premier jet du roman, le squelette je dirais. Preuve en est que cette histoire n’attendait qu’à être écrite. Il m’aura fallu ensuite un an et demi pour le peaufiner et le rendre présentable. Je n’en menais pas large lorsque je l’ai publié. Et alors que je m’attendais à en vendre une centaine d’exemplaires à la famille et aux amis, le bouquin a fait son bonhomme de chemin, a parcouru le monde et s’est vendu à plus de mille copies.

    Devant cette petite victoire, l’idée m’est venue d’en écrire la suite. D’autant que, lorsque l’on commence à écrire, on finit par y prendre goût et cela devient addictif. J’avais envie de partager avec mes Laverdures, comme j’aime à appeler mes lecteurs, mon passage depuis la Bretagne jusqu’aux plages de Palm Beach. Une sorte de chronique sur une période de 10 ans, dans lequel je conte les anecdotes qui ont ponctué ma vie de jeune bachelier, d’étudiant, de soldat, de bécassine arrivant à Paris, d’apprenti acteur et finalement de globetrotteur. Un récit initiatique drôle et émouvant où j’évoque toutes les personnes qui ont marqué ma vie, les bonnes et les mauvaises, et qui ont fait de moi l’homme droit dans ses bottes que je suis aujourd’hui. Sans jamais oublier la famille, les parents et les sœurs, qui interviennent régulièrement dans ce deuxième roman, pour rassurer le jeune poulain dans ses délires artistiques et amoureux. Pour me démarquer, le lancement du livre s’accompagne d’un jeu concours pour gagner un vol AR Paris Miami, parce que comme j’aime à le répéter à mes lecteurs « Vous aussi vous avez le droit à votre rêve américain ».

    Des rencontres qui ont fait l’homme droit dans ses bottes que je suis

    B.F : « Vous avez tenu à assumer une part fictionnelle dans votre propos. Pourquoi ce choix et pouvez nous en dire plus sur ce filtre de la fiction même si l’essentiel reste autobiographique ? »

    T.C : Je vous replonge en enfance et dans les dessins animés de RécréA2. « Au pays de Tangi, il y a des méchants et des gentils ». Le choix de la part fictionnelle vient du fait que je tenais à ne pas nommer les personnages peu sympathiques qui évoluent au cours des récits du premier et du deuxième roman. Je ne suis pas là pour faire du name shaming comme on le dit si bien aux États-Unis. J’ai donc volontairement changé leurs identités. De plus, j’ai modifié mon nom de famille. Ce changement s’est opéré naturellement lors de la rédaction, comme s’il me permettait de prendre du recul par rapport à l’histoire, et ainsi mieux visualiser ce que j’écrivais. Enfin, même si tous les éléments sont vrais, ils ne se sont pas forcément tous déroulés dans cet ordre-là. Par honnêteté vis-à-vis du lecteur, j’ai préféré ajouter « romancé » afin de jouer la transparence.

    @Tangi Colombel

    Une écriture qui joue sur la transparence et l’honnêteté

    B.F : « Dans votre itinéraire, “la Sainte Trinité” montre votre besoin de fraternité. Votre installation aux USA est aussi le fruit d’une rencontre. Peut-on dire que plus qu’un autre l’humain est au centre de votre vie ? »

    T.C : Ce livre aurait pu être un ego-trip, comme autant d’autres autobiographies à la gloire d’un auteur. Mais je n’ai pas été élevé comme ça. Au sein de notre foyer, nous étions des maillons qui formions une chaîne. Et chaque partie de cette chaîne se devait de tenir le coup pour ne pas briser sa fragile résistance. L’autre était donc tout aussi important que soi. Il en reste l’envie, le besoin d’aller vers l’autre et en effet, de fraterniser. Du moins, de laisser à la personne en face une chance de le faire. Il arrive aussi que l’on soit déçu, malheureusement. Cependant, on retire toujours quelque chose de positif de ces aléas. Tout au long de ma vie, je n’ai jamais hésité à aller vers l’autre, à faire un bout de chemin ensemble et à évoluer façon vases communicants. Ces personnes sont l’essence même de ce livre, c’est à elles que je souhaite rendre hommage. Et puis bien sûr, au fur et à mesure des rencontres, je finis par croiser l’amour, qui m’invite à franchir l’Atlantique et… je ne vais pas tout divulgâcher.

    B.F : « Vous avez la chance de connaître la scène et de gagner votre vie comme acteur aux USA. Les conditions sont parfois rocambolesques et on sent aussi que vous évoluez toujours sur un fil. Quel souvenir gardez-vous de cette période ? »

    T.C : La vie d’un acteur est juste sublime quand on est surbooké et un vrai cauchemar quand le téléphone ne sonne plus. Tous les acteurs vous le diront. Mes premiers pas en tant que comédiens à la sortie du cours Simon à Paris ont en effet été des plus rocambolesques et soyons honnête, pathétiques. Entre auditions kafkaïennes, théâtres insalubres, textes minables, et premiers cachets à la télévision pour des émissions trashs, j’aurais pu jeter l’éponge rapidement. Mais, ma génération n’avait peur de rien et il fallait mettre les mains dans le cambouis, si on voulait faire démarrer le moteur. Et puis, à force de crocher dedans, de jolis projets finissent par voir le jour et on comprend pourquoi on a tourné le dos aux études « normales » pour tenter sa chance sur les planches. Il m’en reste une sensation de douce folie et de courage. Mes camarades et moi étions prêts à tout. Nous allions souvent droit dans le mur, mais dans la bonne humeur et en nous arrêtant à tous les cafés.

    Tenter sa chance sur les planches et vivre une douce folie

    B.F : « On ne racontera pas tout du livre, mais il puise aussi dans une enfance où l’éducation religieuse et le scoutisme comptent. Cela peut apparaître comme étonnant pour une personne devenue très libre dans ses choix personnels et professionnels. Y a-t-il un paradoxe ? »

    T.C : Je ne le vois pas comme un paradoxe. En effet, la religion avait une place importante dans l’éducation. Néanmoins, les parents avaient une façon bien particulière de vivre leur chrétienté. Déjà, ils étaient ouverts aux autres cultes. Mon père disait souvent « en communion avec nos frères juifs et musulmans ». Ils lisaient également beaucoup de livres sur la réincarnation, les EMI (Expériences de Mort Imminent) à l’époque où ça n’était pas très catholique. Ils se faisaient taper sur les doigts, mais ils n’en avaient cure. Cette ouverture d’esprit et cette liberté de penser nous ont inspiré, nous les enfants. En grandissant, nous avons choisi de penser librement et de prendre nos distances par rapport à la religion, ce que les parents ont respecté. Tout en gardant les valeurs fondamentales à savoir le respect, l’amour, l’ouverture, qui sont d’ailleurs des valeurs humanistes, et qu’ils ont laissé infuser en nous le temps de notre enfance.

    Couverture de l’Armo-Ricain

    Ouverture d’esprit et liberté de penser

    B.F : « Vous êtes devenu un français de l’étranger et la vie entre deux continents, deux ou trois cultures (la Française l’Américaine et la Bretonne) sont-ils toujours des atouts ou ce destin comporte-t-il des chausse-trappes ? »

    T.C : Je dirais même quatre cultures, puisqu’il a fallu se mettre à l’espagnol et au rythme latino-américain, omniprésent dans le sud de la Floride. Je me suis toujours vu caméléon, je me suis toujours senti à l’aise où que je sois. Cela me vient sans doute de mon absence de jugement. J’aime les gens, d’emblée, et si je perçois du répondant et du respect en face, alors, faisons un bout de chemin ensemble. Je pense que c’est mon atout principal. Maintenant, je remercie l’école française où j’ai reçu une éducation hors pair, je remercie les valeurs parentales, je remercie l’âme bretonne, je remercie mes années parisiennes. Tous ces acquis sommeillaient en moi et quand j’ai posé mon premier pied aux États-Unis, ils se sont épanouis et m’ont permis de faire mon trou, je serais tenté de dire, organiquement. Une rencontre en a amené une autre, un job m’a ouvert les portes du suivant, je n’ai jamais eu à me battre, la vie m’a gâté. À l’exemple de cette rencontre avec Sandrine Kukurudz, qui m’a accueilli sur sa plateforme Rencontre des Auteurs francophones et qui m’a permis de participer à différents salons du livre à New York, Bruxelles et bientôt Saint-Paul-lès-Dax. À croire que mon père a raison, je suis protégé par une armada d’anges gardiens.

    B.F : « Quels conseils donneriez-vous à de jeunes écrivains ou acteurs tentés par les USA ? »

    T.C : Ma culture chrétienne n’est jamais loin, je vais citer les mots du pape Jean-Paul II, ça ferait plaisir à ma mère : « N’ayez pas peur ». C’est la peur qui nous bloque. Si vous avez des rêves, réalisez-les. Par contre, donnez-vous les moyens d’y parvenir. Une expatriation, ça s’organise. L’anglais, ça se travaille. Rien n’arrive sans rien, surtout pas aux États-Unis. Ici on vous demandera de travailler plus que vous ne l’avez jamais fait, sans congés ni aides sociales. En ce qui concerne l’écriture, pour certains, c’est instinctif. Je vous conseille cependant de prendre quelques cours auprès de professionnels, ça ne fait jamais de mal à personne. Et pour publier votre ouvrage, vous avez les maisons d’édition bien sûr. Il existe aussi l’auto-édition, moins prestigieuse, mais qui vous permet de vous lancer seul et qui sait, de vous faire connaître. Pour les acteurs en herbe, passage obligé par un cours de théâtre, d’improvisation, de stand-up, de comédie musicale. Soyez polyvalents à l’Américaine, danse, chant, comédie. Enfin, on en parle un peu plus et il était temps : faites attention à ce milieu qui est plein de pièges. Je les ai expérimentés moi-même, j’y ai échappé et c’est tant mieux. Faites attention, le monde du spectacle est rempli de gens retors qui peuvent user de votre naïveté pour vous jouer de vilains tours.

    Conseil aux jeunes auteurs : N’ayez pas peur.

    B.F : « Un prochain ouvrage en cours d’écriture peut être ou de nouveaux projets ? »

    T.C : J’ai déjà deux nouveaux dossiers sur mon ordinateur, avec un, la suite de ce roman, et deux, une vraie fiction. Je ne sais pas vers lequel je vais m’orienter. Je rêve aussi de refaire du cinéma, de la télévision et de remonter sur les planches en français à Paris ou ailleurs, pour retrouver la saveur de la langue de Molière. Je me tiens à la disposition de toute personne intéressée par l’idée, fort de mon expérience et de la rigueur américaine. À bon entendeur.

    Tangi Colombel vous invite aussi à participer à un jeu concours pour gagner un Aller-Retour pour la Floride.

    affiche concours portrait

    Toutes les informations sont disponibles ici.

    Vous pouvez également retrouver son ouvrage juste ici

  • Le protectionnisme, la dangereuse facilité 

    Le protectionnisme, la dangereuse facilité 

    Dans cette période de perte de repères, la tentation est grande de renouer avec l’ancestrale tradition du protectionnisme comme en témoigne le combat mené en France, par un grand nombre d’acteurs économiques et sociaux à l’encontre de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada – Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA). Qu’un pays peuplé de 37 millions d’habitants, situé à près de 7 000 kilomètres inspire une telle crainte, interroge. Entré en vigueur depuis 2017, à titre provisoire, ce traité a été pour le moment bénéfique pour la France et n’a pas donné lieu à une invasion de viande canadienne. L’hystérisation sur les accords commerciaux ne concerne pas que le Canada, les États d’Amérique latine ou la Nouvelle-Zélande en ont fait également les frais. 

    Depuis qu’elle ose exporter des voitures, la Chine devient de plus en plus suspecte. La France n’a pas l’exclusivité du souverainisme économique comme le prouve la campagne électorale américaine. Sur ce sujet, le chroniqueur du New York Times, Ross Douthat, dans son dernier livre, « Bienvenue dans la décadence » met en garde le candidat Donald Trump sur les effets d’une augmentation des droits de douane en indiquant non sans malice que « si le protectionnisme fonctionnait, la France serait devenue, ces trente dernières années, la première puissance économique européenne ».

    Le protectionnisme est éminemment populaire.  

    Vu de l’étranger, notre pays est perçu comme particulièrement peu ouvert contrairement au sentiment dominant au sein de la population que ce soit au niveau agricole, culturel ou industriel, en accordant des subventions aux exploitants tout en leur permettant d’exporter, la politique agricole commune constitue bien souvent une entrave aux échanges pour les autres grands pays producteurs. Outre les questions financières, il convient également de prendre en compte les barrières normatives qui peuvent être d’une rare efficacité. 

    @stockadobe

    Le protectionnisme est éminemment populaire. Pour autant son application dans l’histoire prouve qu’il génère plus de perdants que de gagnants. Parmi ceux-ci, figurent en tête les consommateurs contraints d’acheter des produits plus chers et parfois de mauvaise qualité. Protégés par les barrières douanières, les producteurs nationaux réalisent moins de gains de productivité et ont tendance à augmenter leurs prix, faute de concurrence. L’amputation du pouvoir d’achat des ménages ainsi générée empêche ces derniers d’acheter d’autres biens ou services pouvant être produits dans leur pays.

    Les mesures protectionnistes décidées par Trump : une perte de pouvoir d’achat de 51 milliards de dollars

    Selon les économistes Emily Blanchard, Chad Bown et Davin Chor, l’ensemble des mesures protectionnistes décidées par Donald Trump entre 2016 et 2020 aurait provoqué une perte de pouvoir d’achat de 51 milliards de dollars pour les consommateurs américains et la croissance aurait été diminuée de 0,3 point de PIB. Les gains pour les producteurs américains « protégés » ont été estimé à 7 milliards de dollars, soit 0,004 % du PIB. De leur côté, les exportateurs ont été pénalisés par les mesures de rétorsion prises par les pays touchés. Les cultivateurs américains de soja ont été ainsi privés de débouchés en Chine. L’administration américaine a été contrainte en 2018 de préparer un plan de soutien de 12 milliards de dollars pour compenser le manque à gagner pour le secteur. Les effets sur l’emploi sont incertains. 

    Toujours aux États-Unis, quand Jimmy Carter décida de taxer l’acier importé en 1979 afin de favoriser les sidérurgistes américains, l’industrie automobile de Detroit licencia plus de 200 000 salariés. Les consommateurs ont, alors, préféré les voitures japonaises moins chères et de meilleure qualité que les Américaines fabriquées avec de l’acier local. 

    @stockadobe

    Le renouveau protectionniste en Occident traduit une imprégnation de l’acceptation de l’idée de déclin. La mondialisation des années 1990/2000, avec l’intégration dans les circuits commerciaux de la Chine et des autres pays d’Asie, aurait rendu inepte les théories économiques concernant les échanges dont celle des avantages comparatifs.

    L’éclatement des chaînes de production a abouti à la multiplication des interdépendances.  

    Cette théorie repose sur le double principe de l’impossibilité pour un pays de vivre en autarcie et sur la spécialisation dans les domaines où ce dernier est le moins mauvais. Aujourd’hui, tous les pays sont interdépendants, de la Chine aux États-Unis en passant par la France ou l’Allemagne. Les entreprises chinoises ont besoin d’énergie et de biens technologiques achetés à l’étranger. L’éclatement des chaînes de production a abouti à la multiplication des interdépendances. Les acheteurs comme les vendeurs sont intimement liés. 

    Au nom de l’indépendance nationale, dans des secteurs sensibles, les États peuvent être tentés de maintenir des sites de production. La sophistication des équipements militaires est telle qu’aujourd’hui aucun pays ne peut être autonome. Ce qui compte est de ne pas être tributaire d’un seul fournisseur ou d’un seul pays. Au moment du covid, le souverainisme économique a eu son heure de gloire avec les masques. Les gouvernements européens et tout particulièrement français ont été critiqués en raison de l’absence d’usines de fabrication de masques chirurgicaux sur leur territoire. Or, ce produit à faible valeur ajoutée n’est devenu stratégique que le temps de l’épidémie. Le point clef n’était pas tant l’origine des masques que le maintien de stocks ou la capacité des fournisseurs à produire rapidement. 

    Si la France devait être autonome pour tous les produits comme les masques, elle serait peuplée d’une multitude d’usines tournant quelques heures et accumulant des pertes abyssales. 

    Dans son histoire économique contemporaine, la France a connu ses périodes de plus forte croissance quand elle a décidé de jouer le jeu du libre-échange aussi bien durant la Monarchie de Juillet, après la signature commerciale franco-britannique de 1864 qu’après l’adhésion au Marché commun de 1957. Pour autant, à chaque fois, la population a été hostile à la libéralisation du commerce, ce qui conduit, en période d’incertitudes, les pouvoirs publics, fragilisés par la succession des chocs économiques, sociaux ou géopolitiques, à opter pour la facilité économique qu’est avec le protectionnisme, facilité qui n’en demeure pas moins une grave erreur.

  • Le ministre de l’Industrie salue l’investissement du groupe pharmaceutique Chiesi en France

    Le ministre de l’Industrie salue l’investissement du groupe pharmaceutique Chiesi en France

    Le ministre de l’Industrie Roland Lescure s’est rendu sur le site de production du groupe pharmaceutique italien Chiesi dans le département du Loir-et-Cher mardi (14 mai).

    Le laboratoire Chiesi a annoncé un nouvel investissement de dix millions d’euros et la création de 100 emplois en France, lors du sommet Choose France lundi (13 mai), qui a réuni des dirigeants français et du monde entier pour favoriser l’investissement en France.

    « On a des talents. On a du terrain. On a une politique qui permet de favoriser l’industrialisation. On coche toutes les cases, et donc les industriels nous suivent », s’est félicité le ministre lors de sa visite sur le site de production.

    La création de 100 emplois par Chiesi concerne le site industriel de La Chaussée-Saint-Victor (Loir-et-Cher), qui est un centre d’excellence du groupe dans la production de médicaments pour le système respiratoire.

    « On a des talents. On a du terrain. On a une politique qui permet de favoriser l’industrialisation. On coche toutes les cases, et donc les industriels nous suivent », s’est félicité le ministre délégué à l’Industrie et à l’Énergie, Roland Lescure, lors de sa visite sur le site de production. @Mohammed Badra/EPA

    « L’industrie mondiale est en train de choisir la France. On est en train de réindustrialiser, de créer de l’emploi », a ajouté Roland Lescure.

    Lors de l’édition 2023 du sommet Choose France, Giuseppe Accogli, le CEO de Chiesi, avait annoncé un investissement de 60 millions d’euros en France. En dix ans, le groupe Chiesi a investi 100 millions d’euros dans le département.

    L’investissement de Chiesi reste toutefois à relativiser, car d’autres grands laboratoires pharmaceutiques ont annoncé des chiffres largement supérieurs. L’américain Pfizer prévoit d’investir 500 millions sur cinq ans, AstraZeneca 388 millions de dollars et GSK 140 millions d’euros.

    Alors que 80 % des molécules qui servent à fabriquer les médicaments produits en Europe proviennent de Chine et d’Inde, l’Europe tente de retrouver sa souveraineté pharmaceutique.

    Le 24 avril, l’Alliance des médicaments critiques a été créée afin de relocaliser la production de médicaments en Europe, et mieux lutter contre les pénuries.

    Dans une interview accordée à Euractiv, le ministre avait salué un « réveil collectif européen », avant de conclure : « Nous devons notamment coordonner en Européens nos plans de relocalisation et trouver des mécanismes de soutien économique adaptés. »

  • État d’urgence en Nouvelle-Calédonie

    État d’urgence en Nouvelle-Calédonie

    Des émeutes font rage depuis lundi 13 mai en Nouvelle-Calédonie. Après deux nuits de violence, les tensions ne s’apaisent pas. Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de décréter l’état d’urgence dans ce territoire d’Outre-mer.

    En cause, l’examen lundi et le vote dans la nuit de ce mardi à mercredi à l’Assemblée d’une révision constitutionnelle visant à élargir le corps électoral propre au scrutin provincial de Nouvelle-Calédonie. On fait le point sur la situation et on vous explique pourquoi cette réforme a ravivé les tensions dans l’archipel.

    Mobilisation indépendantiste

    Les premières altercations avec les forces de l’ordre ont commencé le lundi 13 mai dans la journée, en marge d’une mobilisation indépendantiste contre la réforme constitutionnelle examinée à l’Assemblée nationale. De violents affrontements ont ensuite eu lieu une première nuit, de lundi à mardi, dans le territoire français situé dans l’océan Pacifique, dont au sein de sa capitale, Nouméa.

    Le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, Louis Le Franc, avait alors rapporté « des tirs tendus avec armes de gros calibre, des carabines de chasse, sur les gendarmes », sur la commune du Mont-Dore, ville située dans le sud-est de l’île principale, près de Nouméa. Ce dernier a également indiqué que des maisons avaient été brûlées, des commerces et des pharmacies détruits.

    Malgré le couvre-feu décrété pour la nuit de mardi à mercredi par le haut-commissariat de la République, les violences ont persisté. Une deuxième nuit d’émeutes a éclaté faisant au moins deux morts dont une tuée par balle dans l’agglomération de Nouméa.

    Les « circonstances » dans lesquelles une personne a été tuée par balles dans la nuit de mardi à mercredi restent à « préciser », a précisé le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, sur RTL ce mercredi avant que la deuxième mort soit annoncée.

    Le ministre a également affirmé que des « centaines » de personnes ont été blessées dans les violences en Nouvelle-Calédonie, dont une « centaine » de policiers et gendarmes. Des « dizaines » de « maisons, d’entreprises » ont été brûlées, a-t-il ajouté.

    140 interpellations ont eu lieu dans la seule agglomération de Nouméa, selon le Haut-commissaire de la République, Louis Le Franc, qui a de nouveau appelé au calme ce mercredi matin estimant que « l’heure est très grave ».

    Un corps électoral tronqué ?

    Pour comprendre ce qui se joue en Nouvelle-Calédonie, il faut revenir sur le système électoral local. Il répond à une organisation atypique, issue de l’accord de Nouméa signé en 1998 puis d’une réforme constitutionnelle de 2007.

    Lors de l’élection provinciale, qui détermine le gouvernement local, tout le monde ne peut pas voter. Le corps électoral se limite essentiellement aux électeurs inscrits sur les listes pour la consultation de 1998 et à leurs descendants. Les résidents arrivés après 1998 et d’autres natifs en sont donc exclus.

    Cette spécificité répondait à une inquiétude des indépendantistes kanaks. Ils estiment que le peuplement colonial les a rendus minoritaires sur leur propre territoire, et craignaient de ne pouvoir faire entendre leur voix, selon Nouvelle-Calédonie La 1ère. L’accord de Nouméa permettait de leur assurer un poids électoral plus élevé, dans une logique de décolonisation.

    Des incendies provoqués par des émeutes en Nouvelle-Calédonie, le 13 mai 2024

    Une révision contestée

    Au fil des années, ces conditions restrictives ont augmenté la proportion d’électeurs privés de droit de vote au scrutin provincial alors qu’ils sont autorisés à voter aux élections nationales (présidentielle, municipales…).

    En 2023, cela concernait ainsi près d’un électeur sur cinq, contre seulement 7,5% en 1999, une situation « contraire aux principes démocratiques et aux valeurs de la République », selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

    Pour y remédier, le gouvernement souhaite élargir le corps électoral avec un système toujours restreint mais « glissant », en l’ouvrant à tous les natifs et aux personnes domiciliées sur le territoire calédonien depuis au moins dix ans. Environ 25.000 électeurs pourraient alors intégrer la liste électorale. Le prochain scrutin provincial est censé se tenir avant le 15 décembre.

    Les indépendantistes, opposés à la réforme, accusent l’État de vouloir « minoriser » encore plus le peuple autochtone kanak », qui représentait 41,2% de la population de l’archipel au recensement de 2019, selon l’Insee.

    Ce débat intervient aussi dans un contexte de tensions entre les partisans et les opposants à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Trois référendums ont déjà eu lieu et vu le camp du non remporté (les indépendantistes ayant boycotté le dernier scrutin).

    « L’État veut passer en force », dénonçait le sénateur indépendantiste kanak Robert Xowie (groupe communiste) auprès du Monde en mars, en rappelant que « le corps électoral est l’essence même du processus novateur de décolonisation » enclenché par les accords de Nouméa (1998).

    Des incendies provoqués par des émeutes en Nouvelle-Calédonie, le 13 mai 2024

    LFI veut le retrait du texte

    Ce projet de loi, adopté, avec des modifications, par le Sénat le 2 avril, a été à son tour voté par l’Assemblée nationale dans la nuit de ce mardi à mercredi. Le projet du loi du gouvernement a été adopté par 351 voix contre 153, les députés de gauche s’opposant à son adoption. La France insoumise appelle ce mercredi à « retirer en urgence » ce texte.

    Le RN et Les Républicains ont largement voté pour, comme l’écrasante majorité du camp présidentiel, à l’exception d’une poignée de députés MoDem. Pour être définitivement adoptée, la révision constitutionnelle doit maintenant être soumise à tous les parlementaires réunis en Congrès à Versailles. Une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés sera alors nécessaire.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 16.05.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 16.05.24

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du jeudi 16 mai, dans les titres : Avez-vous votre QR code pour circuler cet été à Paris ? – Istanbul, dernier arrêt – Etat d’urgence en Nouvelle-Calédonie 

    Un QR code pour les JO 

    Depuis lundi 13 mai, la plateforme pour obtenir le QR code parisien permettant de se déplacer librement dans Paris est accessible à tous. Et oui, vous avez bien entendu, pour sécuriser les Jeux Olympiques parisiens, le gouvernement a décidé d’instaurer un QR que devront détenir toutes personnes circulant à Paris. Selon votre profil, votre lieu de résidence, vous pourriez ne pas pouvoir accéder à tous les quartiers parisiens. Cette règle s’applique à tous, Parisiens du quotidien comme pour ceux d’un jour ou plus. Tous les détails sur Lesfrancais.press et la French Radio. 

    QR code parisien
    QR code parisien

    Fabien Azoulay publie un livre

    La Librairie La Page dans le quartier français de South Kensington et Hexagon Society ont reçu Fabien Azoulay autour de son livre Istanbul, dernier arrêt. Rappelez-vous, ce Français de l’étranger avait incarcéré en Turquie pour une excentricité qui fut lourdement sanctionnée. À Londres, il a présenté son livre qui nous dévoile la dernière étape de son tour du monde en Turquie, là où le cauchemar de Fabien Azoulay commence. Une histoire qui rappelle qu’il est important de bien connaître les pays où on se rend. Retrouvez l’interview sur Lesfrancais.press.

    Fabien Azoulay
    Fabien Azoulay

    État d’urgence en Nouvelle-Calédonie

    Au moins deux morts, des centaines de blessés, des magasins détruits, des maisons incendiées… Des émeutes font rage depuis lundi 13 mai en Nouvelle-Calédonie. Après deux nuits de violence, les tensions ne s’apaisent pas. En cause, l’examen lundi et le vote dans la nuit de ce mardi à mercredi à l’Assemblée d’une révision constitutionnelle visant à élargir le corps électoral propre au scrutin provincial de Nouvelle-Calédonie. Emmanuel Macron a demandé la mise en place de l’Etat d’urgence dès ce mercredi 16h30, heure de Paris. 

    Le mur d’escalade de Magenta a brûlé, le 14 mai 2024 à Nouméa. • ©DR

    C’est sur cette bien triste nouvelle qu’on se quitte, on se retrouve demain, pour le dernier bulletin de la semaine où on fera un point sur les premiers jours du Festival de Cannes. Belle journée à toutes et à tous où que vous soyez !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Istanbul, dernier arrêt. L’histoire vraie de Fabien Azoulay

    Istanbul, dernier arrêt. L’histoire vraie de Fabien Azoulay

    La Librairie La Page dans le quartier français de South Kensington et Hexagon Society ont reçu Fabien Azoulay autour de son livre Istanbul, dernier arrêt. Rappelez-vous, ce Français de l’étranger avait incarcéré en Turquie pour une excentricité qui fut lourdement sanctionnée. À Londres, il présente son livre qui nous dévoile la dernière étape de son tour du monde en Turquie, là où le cauchemar de Fabien Azoulay commence.

    Drugs import

    Lorsqu’il demande à la réception de son hôtel s’il a bien reçu un paquet commandé d’Israël, quatre agents l’interpellent : « Drugs import » Le fameux paquet, Fabien a beau arguer qu’il s’agit d’un produit pour sa propre consommation, il a commis une erreur fatidique. Le GBL n’est alors plus légal en Turquie, contrairement à ce qu’affirmait le site où il l’a acheté.

    Débute alors une effarante descente aux enfers dans les geôles turques, d’autant plus difficile en tant que Juif et gay. Pendant quatre ans, Xavier, le frère de Fabien, Carole-Olivia Montenot, son avocate française, et un mystérieux ange gardien vont remuer terre et ciel, jusqu’aux sommets des deux États, pour le sortir de là.

    Lesfrançais.Press l’a rencontré. 

    Un tour du monde

    Lors de notre entretien, Fabien Azoulay nous raconte avoir voulu faire “un tour du monde” et Istanbul devait être son dernier arrêt. Mais cela ne s’est pas ainsi comme il nous le confie.

    « Je me suis fait arrêter en septembre 2017. J’ai commandé sur internet un produit qui venait d’être illégal en Turquie. À la base c’est un stimulant sexuel qui peut être détourné en narcotique. Le site web ne mentionnait pas que c’était interdit en Turquie. Je l’ai commandé avec ma carte de crédit et mon adresse en bonne foi. La police m’a arrêté dès mon arrivée à mon hôtel à Istanbul. On m’a emmené au commissariat de l’aéroport.”

    Fabien Azoulay, à Londres le 13 mai 2024

    Des conditions rudes en Turquie

    Fabien Azoulay a partagé avec nous cette descente aux enfers.

    “Pendant 48 heures on m’assène de questions, de coups, ils me demandent pour qui je travaille. Je leur ai montré les actes de vente de mes spas et je leur ai montré mes comptes bancaires. Avec mon passeport français et américain et le fait que je voyageais depuis Israël, la première question qu’ils m’ont demandé si j’étais gai. J’ai répondu oui. Je pensais que la Turquie était une démocratie et je me suis trompé. Ils n’ont pas pensé que j’étais un dealer. Mais le fait que je sois juif, gai, ils se sont dit on va le garder au chaud pendant quelque temps. À chaque fois ils m’ont demandé pour qui je travaillais et je leur ai montré mes spas et chaque fois c’était gifle après gifle. Au bout de 48h ils m’ont fait signer un procès-verbal. Je leur ai dit, comment pourrais-je signer quelque chose que je ne comprends pas? J’avais l’aide de Google translate et je leur ai dit ce n’est pas vrai. Ils m’ont dit tu n’as pas le choix, tu signes.”

    Fabien Azoulay, à Londres le 13 mai 2024

    Une descente aux enfers qui s’est prolongée en garde à vue.

    « Je passe une nuit. J’ai le droit d’appeler quelqu’un. J’appelle mon père. Je me suis dit mon frère doit avoir son portable en silence donc j’ai appelé mon père sur sa ligne fixe. Il vivait encore en Israël à l’époque et je lui explique que je venais de me faire arrêter. Il a le souffle coupé et ma belle-mère prend le téléphone et juste à ce moment-là le policier prend le téléphone et me dit que c’est terminé. Mon père a appelé mon frère et les choses ont commencé à s’enclencher. Le lendemain ils m’ont emmené dans une maison d’arrêt. Je suis resté deux ans. J’ai passé 8 jours en quarantaine. C’était horrible. Pas de fenêtres, je ne savais pas l’heure. Il y avait cette lumière néon au-dessus de moi pendant 8 jours. À l’issue de ça je suis allé dans une cellule où il y avait 60 détenus. Dans toutes les cellules de la prison il y avait entre 50 et 60 détenus. La capacité de la prison était 1,500 personne. On était plus de 3,000. J’ai fait la rencontre de personnes absolument formidables. J’étais avec des terroristes, des violeurs d’enfants, des meurtriers, des trafiquants d’armes, des trafiquants de drogue. Ce sont des choses qu’on voyait uniquement dans des films! J’étais avec des marocains, tunisiens, algériens, syriens, iraquiens, afghans, Pakistanais, donc il y avait un anglais un peu cassé qui circulait et j’ai commencé à apprendre le turc.”

    Fabien Azoulay, à Londres le 13 mai 2024

    Le périple s’est éternisé, il a fallu quatre ans de détention difficile en Turquie avant que Fabien Azoulay, condamné à 16 ans de prison par la justice turque pour détention de drogue, puisse être transféré en France mardi 17 août 2021. 

    Les dessous d’une affaire diplomatique internationale

    Le temps juridique et le temps diplomatique sont porteurs et prendront du temps. Sophie Wiesenfeld et Me Zimeray contactent les personnalités les plus influentes de leurs sphères respectives, mais rien. Et nous sommes en plein Covid… En avril 2021, ils décident de médiatiser l’affaire pour faire bouger les lignes.

    En juin 2021, en marge du sommet de l’OTAN, les présidents Macron et Erdogan s’entretiennent et évoquent le cas Azoulay : “Les conditions de son transfèrement en France avancent !” S’en suit un enchaînement de négociations pour aboutir mi-août 2021 à un retour de Fabien Azoulay en France, à la prison de la Santé. Après la requalification de sa peine, il retrouva la liberté le 2 novembre 2021.

    Fabien Azoulay concluant notre entretien a voulu remercier ceux qui l’ont soutenu : “Le parti démocratique turc a parlé au parlement et au ministère de la justice de mon cas et de l’injustice et le fait que j’ai été violenté et brûlé en Turquie. Clément Beaune m’a écrit à la sortie de prison et Nicolas Sarkozy m’a soutenu aussi. C’est un élan d’humilité incroyable même au niveau des politiques français mais aussi turcs.

    Commander le livre de Fabien Azoulay

  • Marie Toussaint, tête de liste « les écologistes », dialogue avec les Français de l’étranger 

    Marie Toussaint, tête de liste « les écologistes », dialogue avec les Français de l’étranger 

    Les Ecologistes se sont adressés aux Français de l’étranger au cours d’un webinaire qui s’est tenu dernièrement. La tête de liste aux élections européennes pour les Verts, Marie Toussaint, a en effet organisé un moment d’échanges avec la communauté hors de France. Au cours de celui-ci, l’actuelle députée européenne était accompagnée de plusieurs représentants de sa formation politique en charge des expatriés. 

    Notamment Mélanie Vogel, sénatrice et Jean-Baka Domelevo Entfellner, conseiller élu à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE).Michael Vincent, résidant en Belgique, candidat sur la liste écologiste (60eme place sur 81) et représentant, au sein de celle-ci, nos compatriotes vivant en dehors du territoire national, était également parmi les intervenants.

    Ce qui est fait à Bruxelles a des répercussions sur nos expatriés

    C’est d’ailleurs ce Français de Bruxelles qui a ouvert la discussion. Expatrié depuis 15 ans, il a connu les conséquences du Brexit à Londres. Cette sortie de l’Union européenne des Britanniques l’a ainsi poussé à déménager au plat pays. Au cours de son intervention, cet économiste de profession s’est adressé directement à ses compatriotes exilés. Il a notamment insisté sur le rôle clé du Parlement européen et des conséquences des politiques qui y sont menées. « Je sais l’importance de l’Europe sur la scène mondiale. Ce qui est fait à Bruxelles a un impact pour tous sur la planète, avec des répercussions concrètes pour les Français de l’étranger » a-t-il partagé en introduction.  

    Marie Toussaint

    Marie Toussaint et l’Europe de la justice, de la paix et de l’écologie

    Ce 9 juin (8 juin pour les Français des Amériques et Caraïbes) est donc crucial. C’est le message que Marie Toussaint a également souhaité transmettre aux internautes présents.  « L’Europe est la bonne échelle pour agir » a-t-elle martelé à plusieurs reprises. Pour la leader des écologistes, c’est effectivement à cet échelon que les actions sont les plus efficaces pour « prendre soin du vivant ». Comment faire ? Ce wébinaire était l’occasion de présenter en détail son programme, avec comme triptyque, le développement d’une « Europe de la justice, de la paix et de l’écologie ». 

    La gauche de Raphaël Glucksmann emprunte les mots de l’écologie uniquement lors de la campagne électorale

    Ce débat a également permis de rappeler le positionnement politique des Verts. Pour la tête de liste “Les Ecologistes”, la droite et les macronistes portent atteinte aux différentes politiques de protection de l’environnement, notamment par un gel des lois « vertes ». Le Rassemblement national demanderait l’abrogation de ces législations environnementales. Et les socialistes « empruntent les mots de l’écologie lors des campagnes électorales, mais dans la réalité du mandat » ils agissent autrement. Ainsi, rappelle Marie Toussaint, la gauche de Raphaël Glucksmann a voté pour « les mégas camions, à moitié en faveur des OGM et pour le détricotage de la PAC. »

    Mélanie Vogel, en qualité de sénatrice des Français établis hors de France et aussi de Co-Présidente du Parti Vert Européen, a également pris la parole sur les alliances électorales. Elle a indiqué avoir du « respect pour le projet de la sociale démocratie (…) mais ce n‘est pas le même que celui porté par les écologiques. » Ajoutant « on ne pourra pas faire la transition écologique avec l’austérité et les coupes budgétaires ». 

    Mélanie Vogel

    Les propositions formulées par les Verts « sont les mêmes partout en Europe » a d’ailleurs mentionné la parlementaire du Sénat. Ce message se voulait aussi rassurant pour certains de nos compatriotes qui, inscrits sur la liste électorale de leur pays de résidence à l’étranger, voteront pour des députés européens représentant leur territoire d’accueil. Mélanie Vogel a donc insisté en déclarant qu’« aucun parti politique en Europe ne peut dire la même chose ». Cela signifie que voter pour les Verts en Belgique serait la même chose que de déposer un bulletin les écologistes en France, en Espagne, en Suède, en Roumanie,…

    Les écologistes et l’Europe fédérale

    La promesse d’une « Europe fédérale » a aussi été évoquée au cours de cet échange avec les expatriés. Répondant aux questions posées par l’assistance, une d’entre elles portait sur ce fédéralisme souhaité par les Verts. Ces derniers souhaitent-ils la fin des parlements nationaux ? « Non et non » a insisté Mélanie Vogel. La proposition des écologistes vise à « trouver l’équilibre entre entités fédérées et fédérales. » 

    Mélanie Vogel, Michael Vincent, Marie Toussaint et Jean-Baka Domelevo Entflellner durant le webinaire

    Rejetant l’idée « d’un super Etat centralisé », les candidats écologistes estiment que des sujets comme « la santé, la défense, la fiscalité, ou bien encore les libertés publiques » font plus de sens à être traités au niveau de l’Union européenne, par des compétences propres. Cela aurait aussi une incidence pour les Français de l’étranger qui pourraient, dès lors, bénéficier de la protection et des services de consulats européens, partout dans le monde.      

    Les Français de l’étranger et le vote en faveur des Verts

    En conclusion de cette rencontre électorale en ligne, Marie Toussaint a lancé un dernier appel. Elle a partagé son souhait de créer « un horizon de douceur », visant à refuser la brutalisation de la vie politique et favorisant la protection de notre planète. Les Français de l’étranger recevront-ils ce message ? Ils avaient accordé 20,52 % des voix aux élections européennes en 2019 aux Verts. Or, si l’on en croit la dernière consultation Lesfrancais.press, nos compatriotes hors de France changeraient de parti pour ce prochain scrutin. Sur 8 174 participants, ils n’étaient en effet que 8,59 % a déclaré vouloir mettre un bulletin « les écologistes » dans l’urne. Il reste un mois de campagne à la liste menée par Marie Toussaint pour inverser cette tendance. 

  • Un été à Paris ? Avez-vous votre QR code parisien ?

    Un été à Paris ? Avez-vous votre QR code parisien ?

    Depuis lundi 13 mai, la plateforme pour obtenir le QR code parisien permettant de se déplacer librement dans Paris est accessible à tous. Et oui, vous avez bien lu, pour sécuriser les Jeux Olympiques parisiens, le gouvernement a décidé d’instaurer un QR que devront détenir toutes personnes circulant à Paris. Selon votre profil, votre lieu de résidence, vous pourriez ne pas pouvoir accéder à tous les quartiers parisiens. Cette règle s’applique à tous, Parisiens du quotidien comme pour ceux d’un jour ou plus. 

    Quelles zones concernées ? 

    Le QR Code sera obligatoire dans le périmètre de sécurité Silt (Sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme) du jeudi 18 au vendredi 26 juillet, jour de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. Cette zone correspond aux abords de la Seine, du pont d’Austerlitz à celui de Iéna, près du Trocadéro. Le jardin des Tuileries, l’île de la Cité et l’île Saint-Louis sont également concernées. Vous pouvez vérifier si votre adresse figure dans le périmètre de sécurité via une carte interactive sur ce site internet.

    Après la cérémonie d’ouverture et au début des épreuves, le périmètre ne concernera plus que les alentours des sites olympiques. Un code couleur est là aussi mis en place : gris, noir, rouge et bleu. Le site de la préfecture de police de Paris les détaille : en gris et noir, seuls les détenteurs de billets ou les personnes accréditées seront admises, en rouge l’accès aux véhicules motorisés est interdit, sauf dérogation via le QR Code. Les demandes de « laissez-passer » dans ce cas de figure se feront dans un deuxième temps.

    Piétons, voitures, un QR code pour tous 

    Tous ceux qui voudront entrer dans la zone où le QR code est obligatoire devront se munir de ce dernier. Et cela qu’ils soient résidents, propriétaires de péniche, commerçants ou personnes travaillant dans la zone. Pendant les JO, tout le monde devra montrer patte blanche et ces restrictions s’appliqueront donc aux touristes, clients de restaurants dans la zone et secours…

    Concernant les véhicules, seuls certains d’entre eux seront autorisés à pénétrer dans le périmètre, là aussi sur présentation de ce fameux QR code : véhicules de secours, police municipale ou riverains.

    Comment obtenir le QR CODE ? 

    Ce « laissez-passer » sera en quelque sorte la nouvelle carte d’identité du Parisien, qu’il soit résident ou de passage, voulant circuler. Sur la plateforme qui est ouverte depuis ce 13 mai, il vous sera demandé votre pièce d’identité ainsi qu’un justificatif de domicile (ou de réservation hôtelière). Lors des contrôles, les forces de l’ordre pourront ainsi connaître votre identité (bien qu’un justificatif supplémentaire puisse être demandé) mais aussi la raison pour laquelle vous souhaitez vous rendre dans la zone. Si vous assistez à l’un des épreuves des Jeux, votre billet vous sera aussi demandé lors des contrôles.

    Mais attention, s’inscrire sur la plateforme ne signifie pas pour autant obtenir un pass. Une « enquête de sécurité » sera menée en amont par la police, affirme le préfet de police de Paris Laurent Nuñez.

  • Les grands pays de la zone euro sont-ils tous en crise ?

    Les grands pays de la zone euro sont-ils tous en crise ?

    Les quatre grands pays de la zone euro, Allemagne, France, Italie et Espagne, sont confrontés à des problèmes structurels importants, mais ces derniers ne sont pas tous identiques. Face aux difficultés, les tensions politiques et sociales tendent à se multiplier. La coopération au sein de la zone euro se complique avec la montée du nationalisme. 

    Le problème de la productivité du travail 

    L’érosion de la productivité du travail concerne essentiellement la France et l’Espagne. Entre 2019 et 2023, elle s’est contractée de plus de 5 points en France et de plus de 3 points en Espagne. La baisse est plus faible en Allemagne. En Italie, la productivité est étale depuis 2010 mais n’enregistre pas de réel recul. 

    Le problème du taux d’emploi 

    Le taux d’emploi est élevé en Allemagne. Il est passé de 70 à 78 % de 2010 à 2023. Celui des trois autres pays est plus faible. Il s’élevait en 2023 à 68 % en France, 66 % en Espagne et à 63 % en Italie. En Espagne de 2010 à 2023, le taux d’emploi a progressé de 6 points tout comme en Italie. La hausse est de 3 points en France. Pour l’Allemagne, elle dépasse 8 points. La faiblesse du taux d’emploi entraîne celle du niveau de la production et celle des recettes fiscales. Les pays à forts déficits comme l’Italie et la France connaissent un faible taux d’emploi. 

    Le problème du système éducatif

    Tous les grands pays de la zone euro sont confrontés à une baisse du niveau scolaire et se situent dans le bas du classement PISA établi par l’OCDE. Le faible niveau de qualification des jeunes se ressent sur leur employabilité en Espagne et en Italie. 

    En France, ce problème est également perceptible. Le taux d’emploi des 20/24 ans est de 70 % en Allemagne, 58 % en France, 42 % en Espagne et de 38 % en Italie. 

    @adobestock

    Le problème des finances publiques 

    La France et l’Italie sont confrontées à des déficits publics élevés de nature structurelle. Ils dépassent 5 % du PIB. En 2023, le déficit était de 3,8 % du PIB en Espagne et de 2,2 % du PIB en Allemagne. La dette publique s’élevait, de son côté, à 140 % du PIB en Italie, à 110 % en France, à 108 % en Espagne et à 62 % en Allemagne. 

    Compte tenu de la faiblesse de la croissance en France et en Italie, la stabilité du taux d’endettement public implique la disparition du déficit public primaire (hors intérêts sur la dette publique). Cette disparition suppose l’engagement d’une politique budgétaire durablement restrictive, ce qu’aucun des gouvernements de part et d’autre des Alpes n’entend faire.

    Le problème du modèle de croissance 

    La remise en cause de la mondialisation et de la production carbonée pénalise l’Allemagne qui a un modèle de croissance mercantiliste, fondée sur les exportations de biens. Le ralentissement du commerce international avec la multiplication des mesures protectionnistes, le coût croissant de l’énergie et la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre mettent en difficulté l’industrie allemande. Depuis 2021, les exportations allemandes ont diminué de 10 %. Pour les trois autres pays, la baisse est plus mesurée. Or, les exportations de biens représentaient près de 40 % du PIB pour l’Allemagne en 2022, contre 27 % pour l’Italie, 24 % pour l’Espagne et 22 % pour la France. 

    Tous les grands pays de la zone euro sont amenés à engager d’importantes réformes de structures afin de rehausser leur croissance potentielle. Un effort en matière de recherche et de formation doit être consenti afin de retrouver des gains de productivité, que ce soit en Allemagne, en France ou en Espagne. La France et l’Italie se doivent de réduire fortement leur déficit public en réalisant un programme ambitieux d’économies budgétaires. La France, l’Espagne et l’Italie peuvent jouer sur le levier du taux d’emploi pour accroître leur croissance. Enfin, l’Allemagne est dans l’obligation de revoir son modèle de dépendance vis-à-vis des exportations de biens et aux énergies carbonées.

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