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  • Gratuité des tests PCR en France pour les expatriés

    Gratuité des tests PCR en France pour les expatriés

    Depuis le 15 octobre dernier, les tests de dépistage de la Covid-19 sont payants en France pour les personnes ne présentant pas un schéma vaccinal complet ou ne disposant pas d’ordonnance. Le gouvernement à la demande des parlementaires a émis le 2 décembre un arrêté introduisant une dérogation pour les Français de l’étranger dont le schéma vaccinal n’est pas complet.

    Tests PCR sans ordonnance

    En France, il est donc possible en tant qu’expatrié d’accéder gratuitement au dépistage par test PCR que ce soit en pharmacie, dans un centre ou à l’hôpital sous certaines conditions.

    14 jours et l’engagement de finaliser son schéma vaccinal

    Pendant une durée de 14 jours suivant leur entrée sur le territoire, les Français résidant à l’étranger, pour que leur schéma vaccinal soit reconnu comme complet, doivent avoir reçu une des doses complémentaires de vaccin mentionnées.

    Les examens de dépistage ou tests de détection du SARS-CoV-2 leur ouvrant l’accès au passe sanitaire seront gratuits pour la durée nécessaire à l’administration de cette dose complémentaire et à l’écoulement du délai au terme duquel elle permettra l’activation de leur passe.

    Un médecin peut aussi prescrire un test gratuit

    Ca fait plus de 14 jours que vous êtes en France et votre schéma vaccinal n’est pas complet. Pas de panique, vous pouvez faire appel à un médecin si vous pensez avoir été exposé(e).

    Le médecin peut ainsi prescrire un test PCR pris en charge à 100% dans les cas suivants  :

    • En cas de symptômes de l’infection de la covid-19, pour un examen ou test à réaliser dans les 48 heures suivant la prescription ;
    • En cas de soins programmés, pour un examen ou un test à réaliser dans les vingt-quatre heures précédant la date de l’intervention ; l’ordonnance de prescription mentionne la date de l’intervention ;
    • pour les femmes enceintes et les membres restreints de la famille avec lesquels elles résident ou sont en contact fréquent, sur prescription de la sage-femme d’un examen de dépistage ou de détection.

    Et la troisième dose ?

    La France a décidé d’administrer une dose de rappel afin d’améliorer la protection apportée par le vaccin.

    Celle-ci doit être administrée :

    • 4 à 5 mois après la dernière injection d’un vaccin à double dose (Pfizer, Moderna, Astrazeneca) ;
    • 1 mois après la monodose pour le vaccin Janssen.

    À compter du 15 décembre 2021, les personnes de plus de 65 ans et les personnes vaccinées avec le vaccin Janssen devront avoir reçu une dose de rappel pour que leur passe sanitaire (vaccinale désormais) reste valide. Celles vaccinées avec des vaccins à double dose (Pfizer, Moderna, Astrazeneca) devront avoir reçu leur dose de rappel (3e dose) 7 mois après leur dernière injection. Les personnes vaccinées avec le vaccin Janssen, quel que soit leur âge, devront avoir reçu leur dose de rappel 2 mois maximum après l’injection de leur monodose.

    À compter du 15 janvier 2022, le passe vaccinal sera conditionné à la dose de rappel pour toutes les personnes âgées de 18 ans et plus. Elles devront avoir reçu une dose de rappel au maximum 7 mois après leur dernière injection ou infection à la Covid pour bénéficier d’un passe sanitaire valide.

  • David Di Nota, un intellectuel français à Londres !

    David Di Nota, un intellectuel français à Londres !

    David di Nota est diplômé de l’Institut Français de géopolitique et docteur en science politique. Il a déjà publié aux Éditions Gallimard, dans la collection « L’Infini », Festivité locale (1991), Apologie du plaisir absolu (1993), Quelque chose de très simple (1995), Traité des élégances, I (prix Mousquetaire, 1999), Projet pour une révolution à Paris (2004), J’ai épousé un Casque bleu (2008), Bambipark (2009). Il a reçu le prix Amic 2008 de l’Académie française pour l’ensemble de ses livres. Il a suivi des études de danse classique à l’Opéra de Paris (compagnie qu’il quittera à la parution de son premier roman) et de philosophie à la Sorbonne.

    Nous le recevons pour partager avec lui son expérience d’expatrié à Londres en pleine pandémie et un an après le Brexit.

    Lesfrancais.press : Vous vivez à Londres. Quand et comment avez-vous franchi la Manche ?

    David di Nota : Je me suis installé à Londres il y a trois ans. J’ai pu ainsi observer la bataille du Brexit sur place, et, de manière plus directement liée à notre propos, suivre de près l’incident à la Batley Grammar School (incident au cours duquel un professeur a été exfiltré de son établissement après avoir présenté des caricatures de Charlie Hebdo dans le cadre d’un cours sur la notion de blasphème). Céder à la pression des intégristes et se répandre en plates excuses me paraît hautement critiquable, mais l’attitude du directeur a au moins l’avantage de la clarté. Nous faisons preuve de la même faiblesse en France, tout en donnant l’impression de défendre les valeurs de la République. C’est cette duplicité que j’ai essayé de restituer dans mon livre.

    Lesfrancais.press : Votre dernier livre, la contre-enquête consacrée à l’assassinat de Samuel Paty, est bouleversant. Son titre pose son contenu d’emblée : « j’ai exécuté un chien de l’enfer ». Il est question de la violence islamiste de l’assassin mais aussi de ceux qui ont armé  le bras de ce dernier. Là où votre travail est le plus pertinent, de mon point de vue, c’est quand vous dénoncez les lâchetés ou les inconséquences de l’institution scolaire face à l’accusation d’islamophobie initiale qui a frappé injustement le professeur et était orchestrée. Dans les jours avant l’assassinat, Samuel Paty apparaît comme relativement isolé et à demi-désavoué par les autorités rectorales et notamment le référent laïcité.

    David di Nota : Permettez-moi de synthétiser la situation à partir d’une anomalie. Je n’accuse pas l’Education nationale d’avoir sciemment souhaité la mort de Samuel Paty, ce qui est serait évidemment grotesque, mais d’avoir considérablement minimisé les menaces islamistes qui pesaient sur le professeur. Le traitement pédagogique et administratif de l’affaire a eu des conséquences très néfastes sur le cours des évènements. Pour le comprendre, analysez de près les échanges du référent laïcité, lisez-les attentivement, et vous verrez qu’une chose extraordinaire se produit. Alors que le fiché S Sefrioui est identifié dès le 8 octobre 2020 par l’administration scolaire (après avoir été reçu, en compagnie du père de la menteuse, Brahim Chnina, par la principale du collège), le référent laïcité occulte sa présence au cours de ses échanges avec ses supérieurs. Tout le monde sait qu’un islamiste est à la manœuvre, le premier concerné, à savoir Samuel Paty, ne cesse de le dire, et le référent laïcité choisit de tout réduire au seul Chnina, transformé en une sorte de loup solitaire. Cachez cet islamiste que je ne saurais voir… Inutile de préciser qu’Anzorov s’est chargé de rappeler à l’Education nationale cette vérité freudienne élémentaire, à savoir que le refoulé fait toujours retour dans le Réel. Quoi qu’il en soit, et par contraste, Paty est parfaitement conscient de la dimension islamiste de l’ “incident” monté de toutes pièces contre lui. Lisez l’email du 11 octobre adressé à l’ensemble de ses collègues, et sa déposition au commissariat de police la semaine suivante. Avec une concision parfaite, Paty évoque une “intention de nuire” de la part des islamistes et de certains parents d’élèves, intention qui n’a rien à voir, dit-il, “avec l’émotion (les parents seraient “choqués”) ni la colère” (l’islamisme serait purement réactif). Question : son administration l’a-t-elle jamais compris, ou entendu ?

    Lesfrancais.press : Pourquoi ce livre et comment avez-vous mené l’enquête justement ?

    David di Nota : J’ai décidé d’écrire “J’ai exécuté un chien de l’Enfer” le jour même de l’attentat. J’ai commencé par recouper tous les articles de presse, puis j’ai réalisé des entretiens ciblés, avant de me pencher sur les pièces administratives – terme ultime de mon investigation. Pourquoi ce livre ? Je ne sais pas. Sophocle a prononcé des paroles magnifiques au sujet du devoir de vérité : “Ce devoir ne date pas d’hier, mais il est en vigueur de toute éternité, et personne ne sait d’où il vient”.

  • La voiture, c’est fini ?

    La voiture, c’est fini ?

    Sur fond de transition énergétique, un autre combat fait rage, celui de la place de la voiture au sein des grandes agglomérations. De nombreux élus ont pris position pour réduire la place dévolue à l’automobile dans leur cité. À Paris, la maire a décidé, avec son équipe municipale, de diminuer le nombre des places de stationnement et la vitesse. Elle a également limité les voies de circulation ouvertes aux voitures. Cette politique n’est pas spécifique à Paris.

    Réduire les embouteillages et la pollution

    À Londres, à Milan ou à Berlin, les élus prennent des dispositions semblables ou ayant les mêmes effets. Même aux États-Unis, la voiture particulière est de plus en plus contestée. À Madison, la capitale du Wisconsin, le maire met en avant un nombre croissant d’habitants sans voiture qui recourent aux transports en commun ou au vélo pour se déplacer, rejoignant ainsi Paris où moins d’un habitant sur deux possède une voiture. À Cleveland, le maire prévoit de transformer les voies de circulation routière en voies cyclables protégées. Des villes comme Buffalo ou Minneapolis abandonnent les règles de « stationnement minimum », qui obligent les promoteurs immobiliers à réaliser des parkings dans les nouveaux bâtiments. À New York, un péage urbain pourrait être mis en œuvre pour se rendre à Manhattan. Chicago a prévu de construire 160 kilomètres supplémentaires de pistes cyclables séparées dans les trois prochaines années. À Boston, plusieurs lignes de transports publics pourraient devenir gratuites prochainement.

    L’objectif des élus est de réduire les embouteillages et la pollution. Les habitants des grandes villes sont partagés. Ils sont favorables à une limitation des flux en provenance de l’extérieur mais estiment être également contraints dans leur liberté de déplacement. Les élus souhaitent également privilégier le développement par le tourisme et les loisirs.

    Les habitants des banlieues se sentent ostracisés

    En Europe, Londres a été en pointe dans la lutte contre les voitures en établissant un péage dès 2003. En France, un des symboles de cette politique a été l’interdiction des voitures sur les rives gauche puis droite de la Seine décidée en 2013 et 2017. Cette mesure constitue une réelle rupture par rapport au projet qui avait abouti, rive droite, à la réalisation de la voie express Georges Pompidou. Inaugurée en 1967, elle visait à permettre l’arrivée de la voiture au cœur de la capitale grâce à une autoroute. À Lyon, la reconquête des quais a été effectuée en supprimant l’autoroute urbaine des années 1960/1970. À Marseille, l’arrivée de l’autoroute A7 au cœur de la ville a été reculée afin d’aménager les quartiers de la Joliette. À Paris, le nombre de cyclistes aurait, selon la mairie, progressé depuis le 1er confinement de plus de 60 % grâce à la réalisation de plus de 50 kilomètres de voies cyclables. À Londres, les élus ont interdit dans plusieurs quartiers toute circulation routière.

    Dans tous les pays, ces politiques de restriction de la circulation routière génèrent des oppositions. Les habitants des banlieues se sentent ostracisés que ce soit par les péages urbains que par l’impossibilité d’utiliser des véhicules ne répondant pas aux normes environnementales en vigueur ou par la diminution du nombre de places de stationnement. À Londres, l’instauration de quartiers sans voiture et d’une redevance prélevée sur les voitures anciennes polluantes ont entraîné des manifestations et des heurts avec les forces de l’ordre.

    La voiture redevient un produit de luxe

    Si jusque dans les années 2000, le coût d’usage d’une voiture avait tendance à diminuer, depuis une dizaine d’années, une inversion s’est produite. Le prix des voitures augmente du fait notamment du durcissement des normes environnementales. La voiture redevient un produit de luxe. En dix ans, le prix à l’achat des voitures neuves a augmenté (+35 % en France selon le journal l’Argus) de telle façon qu’un nombre croissant de ménages n’y a plus accès. L’âge moyen d’achat d’un véhicule neuf est en hausse constante. En France, en moyenne, une voiture neuve coûte 26 000 euros, ce qui correspondait, en 2004 au prix d’entrée dans le haut de gamme chez Renault. Le taux de ménages ayant acquis une voiture neuve dans l’année est tombé à 2,3 % contre 7 % au milieu des années 1990. La proportion de particuliers dans les immatriculations n’atteint pas plus de 45 % des ventes, contre 50 % il y a cinq ans et 72 % il y a vingt-cinq ans.

    Les constructeurs estiment que les normes et l’électrification des voitures conduisent à une augmentation des prix. Cette dernière est également la conséquence d’une montée en gamme assumée par de nombreuses firmes automobiles. Les pouvoirs publics, en imposant la possession de pneus neige dans de nombreux départements, contribuent à la hausse du prix d’utilisation des voitures.

    Evening traffic jam on embankment of the Moskva River near the Moscow Kremlin

    Crispations populaires sur le prix de l’essence

    Cette augmentation touche, en premier lieu, les ménages le plus modestes. Ainsi, aux États-Unis, le budget « transports » absorbe 30 % du budget pour le ménages appartenant au premier vingtile dans la distribution des revenus quand ce taux est de 10 % pour les ménages appartenant au dernier décile. Le prix du carburant est dans tous les pays occidentaux un sujet de tension. Le gouvernement britannique a ainsi reporté les augmentations prévues des taxes sur l’essence depuis dix ans. La taxe sur l’essence du gouvernement fédéral aux États-Unis a été relevée pour la dernière fois en 1993. Le 23 novembre dernier, face au mécontentement des conducteurs, Joe Biden a décidé de puiser dans les stocks stratégiques de pétrole afin d’en faire baisser les prix, ces derniers ayant augmenté en un an de 55 %.

    En France, en 2018, avec les manifestations des Gilets jaunes, le gouvernement a abandonné son plan de hausse du prix des taxes sur le gazole. En Allemagne, le quotidien Bild, fustige une culture « contre la voiture ». Au Royaume-Uni, le Daily Mail a mené une longue campagne contre les quartiers sans voiture et les pistes cyclables, arguant qu’elles provoquent des embouteillages et augmentent la pollution.

    Par choix ou manque de moyens, les jeunes conduisent moins

    Les partisans des voitures sont surreprésentés chez les périurbains, les ruraux et les plus de 50 ans. Les jeunes ont une propension à conduire beaucoup plus faible que leurs aînés. Aux États-Unis, en 1983, 92 % des 20-24 ans avaient un permis de conduire. En 2017, ce chiffre était tombé à 79 %. Les jeunes sont plus susceptibles de vivre en ville, et préfèrent les transports en commun. Ce choix est également contraint. Le prix des logements ayant également fortement augmenté, leur pouvoir d’achat ne leur permet plus de faire face aux dépenses associées à la possession d’un véhicule.

    En France, alors que 90 % des moins de 25 ans détenaient leur permis en 1980, ils n’étaient, en 2018, plus que 80 %, selon les chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur. En Allemagne, l’âge médian d’un acheteur de voiture neuve est de 53 ans, en France de plus de 55 ans quand en 2010, il était inférieur à 50 ans. En Allemagne, entre 1998 et 2013, les taux de possession d’une voiture ont baissé pour tous les moins de 40 ans, mais continuent d’augmenter chez les plus de 65 ans.

    La crise sanitaire pourrait modifier à la marge les tendances en cours. Par crainte du virus, des usagers habituels des transports en commun préfèrent utiliser désormais leur véhicule. Par ailleurs, l’engouement pour les villes de taille plus petite et pour les maisons avec jardin impose la possession d’une voiture qui était devenue inutile au sein des grandes agglomérations bien desservies en transports publics.

    L’augmentation de l’âge moyen des voitures, 10,8 ans en France en 2021, contre 8 ans en 2014 n’est pas sans limite. Plus de 40 % du parc automobile français, est susceptible d’être bloqué en cas de pic de pollution, ce qui pourrait inciter, à plus ou moins long terme, les ménages d’opter pour des voitures moins polluantes.

  • Le grand ministère de la mer

    Le grand ministère de la mer

    Sur la mer, l’espèce humaine n’a pas beaucoup avancé depuis 5.000 ans, toujours à flotter en surface, à égratigner salement les fonds marins. L’aventure spatiale fut le rêve du 20ème siècle. Satellites, planètes naines, trous noirs, ondes gravitationnelles, les découvertes s’enchaînent. Le nouvel espace inconnu est celui d’autres abysses. Le XXIème siècle sera celui de l’Océan. L’ignorance est immense. L’indifférence aussi.

    Une obsession : toute question doit être reliée à la mer. 

    Par où commencer ? Partout. Sur tous les sujets. Installer d’abord par une obsession : toute question doit être reliée à la mer. De la même façon que l’on a construit l’Europe en y mêlant au fur et à mesure toutes les politiques, appliquer à toutes les actions publiques une composante maritime. Dans le domaine de l’économie verte et de la transition écologique, c’est une évidence. L’économie verte sera en grande partie bleue. Elle l’est déjà : mais bleu souillé : comment arrivent le pétrole et le gaz, sinon par tankers ou gazoducs sous marins ? Mais il y a des façons saines de produire de l’énergie à partir des océans, les vagues, les courants, les marées, les différences de températures. Centrales marémotrices, comme celle de la Rance, en Normandie, hydroliennes, énergie thermique, qui exploite la différence de température de surface des mers et celle des eaux en profondeur, le potentiel est considérable, les technologies encore embryonnaires. A Marseille, 600 000 mètres carrés du quartier Euroméditerranée sont alimentées pour la climatisation et la chaleur par des thermofrigopompes alimentée par l’eau puisée dans le port à 7 mètres de profondeur (projet Thassalia développé par Engie).

    La mer est à la fois surexploitée et sous exploitée

    L’énergie reste au cœur de la seconde révolution économique et technologique qui bouleversa les sociétés et la planète. La première était la révolution de l’agriculture. La seconde a complété la première. L’immense majorité de la population n’est plus sujette aux cycles des famines, la population mondiale a été multipliée par sept  en moins de deux siècles. Pour l’alimentation, la mer est à la fois surexploitée et sous exploitée. 17% des protéines animales consommées par l’homme viennent de la pêche et de l’aquaculture. Mais les stocks de poissons déclinent. 33% sont surexploités (en Méditerranée, ce taux atteint 62% !) 35% des poissons pêchés sont perdus. 

    Depuis quelques années, les organisations internationales comme l’ONU et la FAO ont fait adopter une vision globale de l’exploitation des océans, avec « l’approche écosystémique des pêches », qui revient à comprendre et respecter l’ensemble de l’écosystème marin dans l’exploitation des mers. 47 pays ont, il y a déjà vingt ans, en 2001 à Reykjavik, adopté le principe de « pêches responsables et durables » et se sont engagés à restaurer les stocks de poisson. Suivis par une organisation internationale, l’Icatt, les stocks de thon rouge se sont reconstitués. Selon la FAO, l’océan peut nourrir le monde dans les années à venir, « avec une empreinte environnementale bien inférieure à celle des autres sources alimentaires ». Il serait possible de capturer 20% de poisson en plus en arrêtant la surpêche et en exploitant d’autres ressources marines.

    La « Troisième vague » de la révolution numérique promet une autre approche de l’océan

    L’aquaculture, qui fournit la moitié de la production mondiale, actuellement nourrie par des protéines animales, pourrait changer avec la production d’algues marines et de moules. De nouveaux aliments pourraient être mis au point, comme les insectes. La production de protéines venant de la mer émet 20 fois moins de CO² que la production de viande. La FAO évalue à 500 millions les besoins de tonnes de viande pour nourrir l’humanité, et observe que les produits de la mer pourraient largement couvrir ces besoins, à condition de les développer différemment. S’ajoute à la composante agricole le développement des techniques de dessalement à partir de l’eau de mer, l’accès à l’eau potable est un défi mondial qui n’est pas encore gagné.

    aquaculture en Méditerranée
    aquaculture en Méditerranée

    La « Troisième vague » de la révolution numérique peut y pourvoir. Pas seulement parce que les transmissions de données passent par des câbles sous marins qui sont déjà un enjeu géopolitique. L’extraordinaire interaction des nouvelles technologies (biologie, Intelligence artificielle, nanotechnologies, spatial, digital) promet une autre approche de l’océan. Suivi par satellite des courants, des espèces, -et des plastiques et autres polluants-. Surveillance des espaces marins, exploration des profondeurs, mise en commun des recherches sur la biodiversité, accès aux minéraux, tout se conjugue pour accéder aux richesses marines et sous marines dans les détruire. Ce sera peut-être le cadeau de cette révolution économique mondiale.

    Une question de droit, une question de volonté, en somme une question de politique.  

    Encore faut-il l’organiser. Il y a d’une part, une question de droit. D’autre part une question de volonté. En somme une question de politique. Sans droit, sans accords internationaux, impossible d’avancer. Sans ambition pour porter les projets, aucune chance de convaincre. 

    La France a le deuxième « empire maritime « mondial, elle est une puissance navale, une puissance scientifique. C’est à elle de porter cette ambition, qui l’intéresse au premier chef, pour laquelle elle peut s’appuyer sur l’Union Européenne. L’actualité, en Nouvelle Calédonie, en Guadeloupe, rappelle que la France est présente sur tous les continents, y compris les terres australes. Pour l’instant, ces iles vivotent, souffrent ne subsistent que par la solidarité nationale. Une récente étude de transferts entre région françaises montre que chaque ménage des cinq régions ultramarines reçoit en moyenne 7300€ par an. Le seul développement possible de l’Outre mer, c’est la mer. On ne peut espérer qu’Haïti ou Cuba devienne pilote de recherches et étude sur l’océan, on peut le penser de la France, notamment dans ses territoires sur toutes les mers.

    Le réflexe n’est pas encore là : l’exemple du traité franco-italien 

    A commencer par la plus proche, la plus ancienne, la plus ancrée : la Méditerranée. La plus fragile et la plus menacée aussi. 

    Mais le réflexe n’est pas encore là : La France et l’Italie viennent de signer un accord « historique », le traité du Quirinal, sur le modèle du Traité de l’Elysée de 1963 qui posait les bases de l’Alliance franco-allemande. Le traité du Quirinal parle de la Méditerranée, à trois occasions. D’excellents principes et généralités, qui finissent par « Elles (la France et l’Italie) favorisent le développement de l’économie bleue durable en Méditerranée. » Il y manque un quatrième paragraphe, au moins, celui de la mise en oeuvre effective d’une politique commune en Méditerranée. 

    En 1963, le Traité de l’Elysée ne comprenait pas de paragraphe particulier pour la navigation sur le Rhin. Pour une raison évidente, celle-ci était déjà régi par une commission spéciale, la Commission centrale pour la navigation du Rhin (CCNR), créée en  1815, une Organisation internationale.

    L’océan a besoin de nouveaux cadres juridiques. Commencer par la Méditerranée.

    La France et l’Italie pourrait mettre en place une « Commission internationale » pour organiser la navigation, l’exploitation, la production d’énergie, la recherche, la protection de la biodiversité en Méditerranée. Qu’ils commencent à deux. Qu’ils proposent une charte commune, une législation internationale propre à la Méditerranée. Après tout, la Méditerranée pourrait être régie par ses riverains, comme l’est la Caspienne. Surtout, l’océan a besoin de nouveaux cadres juridiques. Commencer par la Méditerranée, dans un cadre bilatéral, permettrait d’avancer et de fournir un modèle locale et efficace.

    Le magistère de la mer commande un grand ministère de la mer

    Il nous faut un Colbert, qui créa le premier ministère de la marine. Ce n’était pas seulement pour des navires de guerre. C’était une nouvelle dimension de l’action publique, la prise de conscience que la France, baignée par les mers, devait défendre ses frontières et se projeter à partir de ses rives. 

    Le magistère de la mer commande un grand ministère de la mer, un ministère transversal, Un ministère qui oblige à intégrer dans toutes les politiques une composante maritime, une vision d’avenir. « Qu’est ce que l’océan ? Une énorme force perdue. Comme la terre est bête ! Ne pas employer l’océan ! » écrivait Hugo en 1874. La troisième révolution dans l’histoire humaine, la révolution numérique, va permettre de suivre chaque d’eau de l’océan et d’être moins bête.

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Enzo, le jeune Français de Hong-Kong, troisième à l’Eurovision junior

    Enzo, le jeune Français de Hong-Kong, troisième à l’Eurovision junior

    Enzo qui grandit à Hong-Kong, avec ses parents et son frère, est arrivé troisième à l’Eurovision junior. Les jurys nationaux l’avaient pourtant crédité du plus grand nombre de points. Mais les publics des différents pays participant à la compétition ont préféré l’Arménie qui remporte donc l’édition 2021.

    Enzo, un expatrié déjà connu

    « Un jour, Alban Lico (l’un des deux auteurs du titre, avec Léa Ivanne, NDLR) m’a envoyé ce titre. Je l’ai adoré dès la première écoute. Il y avait également une deuxième chanson qui m’a été proposée. On l’a enregistrée, mais elle n’a pas été choisie. Je m’en suis vite lassé. Par contre, Tic Tac, je peux l’écouter en boucle »

    Enzo à Téléloisirs

    Dans sa chanson phare « Tic Tac », remplit d’innocence et d’envie de ralentir dans un monde parfois trop rapide, Enzo chante « on ne vit pas aux mêmes heures, mais on peut vivre en même temps », un clin d’œil à sa situation familiale. Passionné par la Chine, il n’a tout de même pas oublié sa terre natale. Et surtout le Paris Saint-Germain dont il est un grand supporter en plus d’être fan de football en général.

    Une scénographie soignée

    Pour la première fois depuis 43 ans, la France organisait cet après-midi un Concours Eurovision de la chanson. Après la victoire de Valentina l’an passé, l’Hexagone accueillait ce dimanche 19 décembre 2021 la version Junior de la compétition, à la Seine Musicale. Les 18 concurrents ont bénéficié d’une mise en scène parfaite et d’un décor haut de gamme à l’image de la capitale française.

    Deux répliques monumentales du pont Alexandre-III encadraient le plateau, soulignées d’une double rangée de réverbères qui accueillaient les « green rooms ». Ces espaces où viendront s’asseoir les candidats après leur chanson. C’est d’ici aussi qu’une fois le spectacle lancé, les animateurs sont régulièrement intervenus. Un écran géant de 375 m2 de LED embrassait la scène et permettait d’habiller les prestations de fabuleuses projections. Au-dessus et sur les côtés, de fausses poutres métalliques garnies de petites ampoules formaient ici une demi-coupole, là des courbes rappelant le Grand Palais ou la tour Eiffel.

    Scène de l’Eurovision Junior 2021

    Succès auprès du Jury mais…

    Les lieux ont enchanté les jurys nationaux comme la prestation du jeune chanteur Enzo. Ces derniers à la fin de la première manche, comptabilisant les votes de ces experts représentant leur nation, avaient placé l’expatrié d’Hong-Kong à la tête du classement avec 120 points.

    Mais comme le veut la tradition, après les points des différents jurys professionnels ce fut l’heure de l’annonce des votes du public. Et c’est finalement l’Arménie qui a remporté le concours avec 224 points, la Pologne est deuxième avec 218 points, et la France clôt le podium avec 187 points.

    Maléna et son titre Qami Qami – Gagnante de l’Eurovision junior 2021

  • Vent de panique à St Pancras pour les retours en France

    Vent de panique à St Pancras pour les retours en France

    Les nouvelles règles de déplacements entre la France et le Royaume-Uni ont obligé les expatriés à changer leurs plans.

    Ce samedi 18 décembre de nouvelles restrictions entrent en vigueur pour les personnes vaccinées ou non. Il faudra un motif impérieux pour se rendre ou venir du Royaume-Uni. Mais ces motifs « ne permettront pas de se déplacer pour raisons touristiques ou professionnelles » pour les non-nationaux. Pour les Français ce sont les nouvelles obligations, un test PCR (extrêmement cher au Royaume-uni) pour les vaccinés auquel s’ajoute une quarantaine de 2 jours minimum pour les non-vaccinés, qui inquiètent. Les retours en France pour les fêtes de fin d’année ont été bousculés.

    Un kilomètre de file d’attente

    C’est pourquoi ce vendredi 17 décembre 2021, à la veille de l’entrée en vigueur des nouvelles restrictions de voyages entre le Royaume-Uni et la France, il y avait plus d’un kilomètre de queue pour prendre l’Eurostar à la gare St Pancras à Londres. La file d’attente faisait le tour de la gare. 

    St Pancras le 17 décembre 2021 au soir

    Un peu plus tôt dans la journée Eurostar demandait aux gens d’éviter la gare de Londres St Pancras à moins d’avoir un billet. Des milliers de personnes se dirigeant vers la France avant les nouvelles mesures de voyage qui entrent en vigueur ce samedi 18 décembre. 

    Vendredi, la plupart des services ferroviaires de l’Eurostar ont été vendus, car de nombreuses personnes ont avancé leur projet de voyage pour Noël après l’annonce des nouvelles restrictions jeudi par le gouvernement français. 

    Nous sommes allés à la rencontre de quelques Français qui attendaient dans le froid pendant deux heures. 

    “Il faut limiter la Covid au maximum

    Lisa, qui faisait la queue pour pouvoir embarquer dans un Eurostar pour Paris nous a dit qu’elle avait “anticipé les files d’attente parce que les gens avaient modifié leurs billets.” Son voyage était prévu, mais elle ajoute que les nouvelles mesures du gouvernement français “sont importantes, car il faut limiter la Covid au maximum sinon nous mettons les personnes et nos proches en danger. Je suis française et étudiante à Londres donc les mesures n’auraient pas été appliquées pour moi. J’aurais pu rentrer quoiqu’il arrive, mais je comprends le stress de certaines personnes.”

    “Ces nouvelles mesures posent problème pour les Britanniques qui veulent venir en France” 

    Amine, qui était aussi en train de faire la queue à l’extérieur de la gare St Pancras nous explique que :

    “C’est toujours comme ça au moment des vacances scolaires. Ce n’est pas la première fois que ça se produit. En plus des restrictions qui sont apparues jeudi c’est un peu normal qu’il y ait tout ce monde-là. Je suis français donc je savais que je pouvais rentrer, mais c’est un tout petit peu problématique pour les Britanniques et je ne sais pas combien de temps je vais rester ici avant d’embarquer. Il faut juste être patients.” 

    Amine, Français de Londres

    Des expatriés mais aussi des touristes

    À l’extérieur de la gare, nous avons rencontré Laurène. Cette Lilloise est venue à Londres rejoindre son copain qui est anglais.

    “On m’a dit qu’il y avait énormément de Français qui voulaient rentrer aujourd’hui. C’est vrai c’est assez impressionnant. Je n’ai jamais vu ça. Mon conjoint est britannique donc j’ai avancé mon train juste avant que ça change.” Laurène se dit “assez déçue” sur les nouvelles mesures gouvernementales. “Je pensais que les voyages France-Royaume-Uni seraient plus fluides, mais je m’attendais un tout petit peu aussi. On verra.”

    Laurène, touriste lilloise à Londres

    “Si vous êtes riche, vous pouvez voyager”

    Frédéric revenait aussi de Paris. Ce Londonien explique qu’il n’y a pas eu de longues files d’attente de son côté.

    “J’ai eu de la chance, mais il faut s’organiser. Ce n’est pas idéal. Je n’ai pas eu de restrictions de voyage, mais ce qui est gênant c’est de se faire tester avant, ça prend les gens en otage vis-à-vis du fait que si vous êtes riche vous pouvez voyager, parce qu’il faut se faire tester avant et après et les tests en Angleterre ça coûte cher, alors qu’on France ils sont moins chers. Ça empêche ceux qui n’ont pas assez d’argent de voyager.” 

    Frédéric, expatrié de longue date à Londres

    L’objectif de ce « contrôle encore plus rigide que celui qui existe aujourd’hui » pour les voyageurs en provenance du Royaume-Uni est de « stopper au maximum l’arrivée de cas d’Omicron sur notre sol, le temps qu’on vaccine avec des doses de rappel », a expliqué le porte-parole du gouvernement…. A suivre.

  • Mesures Covid pour Noël en France

    Mesures Covid pour Noël en France

    Mardi, le nombre de contaminations au Covid-19 a augmenté à 63.405 cas, soit le chiffre le plus haut depuis avril selon les données de Santé Publique France. En réaction le Président de la République a convoqué un Conseil de défense sanitaire organisé ce vendredi 17 décembre. le Premier ministre Jean Castex s’est exprimé à 19h30 depuis Matignon, il a annoncé tout une panoplie de nouvelles mesures pour lutter contre l’épidémie.

    Le Passe sanitaire devient un Passe vaccinal

    Le gouvernement entend transformer le passe sanitaire en un « passe vaccinal », qui ne pourra être activé qu’avec un schéma vaccinal complet et non plus un simple test négatif, a annoncé vendredi le premier ministre Jean Castex. « Désormais, seule la vaccination sera valable dans le passe », a-t-il insisté.

    Un projet de loi sera soumis au Parlement en ce sens « début janvier », a-t-il poursuivi. Le premier ministre a indiqué qu’il procédera « en début de semaine prochaine aux concertations préalables sur ce projet, ainsi que sur toutes autres dispositions utiles pour étendre au maximum la vaccination ». Selon des sources gouvernementales citées par l’Agence France-Presse vendredi soir, le texte devrait être examiné en conseil des ministres le 5 janvier, puis débattu à l’Assemblée nationale à partir du lundi 10 janvier.

    Il visera aussi à « durcir les conditions de contrôle et de sanctions contre les faux passes ». « Il n’est pas admissible que le refus de quelques millions de Français de se faire vacciner mette en risque la vie de tout un pays et entame le quotidien d’une immense majorité de Français qui a joué le jeu depuis le début de cette crise », a martelé le chef du gouvernement.

    Au lendemain de l’annonce du premier ministre, Jean Castex, de la transformation du pass sanitaire à un pass vaccinal, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a été interviewé par le média en ligne Brut, samedi 18 décembre. Interrogé sur la différence entre pass vaccinal et obligation vaccinale, le ministre de la Santé a indiqué que « le pass vaccinal est une forme déguisée d’obligation vaccinale, mais c’est plus efficace qu’une obligation vaccinale. » « Empêcher les gens d’aller dans des bars, des restaurants, des lieux qui reçoivent du public s’ils ne sont pas vaccinés, c’est plus efficace que leur mettre une amende de 100 euros quand on les attrape dans la rue. Encore une fois l’idée n’est pas de punir, de sanctionner, d’ostraciser, mais de dire ‘maintenant on n’a plus le choix’, on n’hésite plus parce qu’on ne peut pas remplir nos hôpitaux, on ne peut pas continuer à vivre comme ça sous la menace de vagues épidémiques parce que cinq millions de Français ne font toujours pas le choix de se protéger », a-t-il ajouté.

    Contrôle aux frontières

    Le gouvernement français a d’ores et déjà annoncé ce jeudi de nouvelles mesures de restrictions en lien avec les déplacements au Royaume-Uni, aucune autre mesure a été prise en lien avec les arrivées et départs du territoire français.

    Jean Castex – Premier Ministre

    Remboursement des tests

    Le gouvernement a annoncé un remboursement des autotests de dépistage du Covid-19, à hauteur de deux par personne entre le 20 décembre et le 2 janvier, à l’issue du conseil sanitaire. 

    Mesures barrières pour les fêtes de fin d’année

    Les mairies doivent renoncer aux concerts et feux d’artifice le soir du Nouvel An, pendant lequel la consommation d’alcool sur la voie publique sera interdite afin de limiter la diffusion du variant Omicron du Covid-19, a annoncé vendredi le premier ministre, Jean Castex. « J’en appelle à la responsabilité de tous pour trouver d’autres modalités que de grands rassemblements », a déclaré le chef du gouvernement, qui dit toutefois comprendre « la frustration de devoir se limiter dans ces moments festifs ».

    Mise à jour le 19 décembre à 14h07

  • Tensions entre l’UE et la Russie sur l’Ukraine

    Tensions entre l’UE et la Russie sur l’Ukraine

    Jeudi 16 décembre, les dirigeants de l’Union européenne ont décidé de se concerter avec leurs alliés au sujet de sanctions potentielles contre la Russie en cas de nouvelle agression militaire contre l’Ukraine. La question reste de définir quel niveau d’escalade déclencherait quel type de réponse.

    « Nos préoccupations liées au renforcement militaire de la Russie aux frontières orientales de l’Ukraine sont bien connues, notre position est très claire », a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen après les discussions.

    « Qu’il n’y ait aucun doute », a-t-elle ajouté. « Si la Russie devait agir contre l’Ukraine, l’UE sera en mesure de prendre des sanctions qui pourraient lui valoir un préjudice massif. Nous avons fait le nécessaire à cet égard », a-t-elle ajouté.

    Selon les conclusions finales du sommet, les dirigeants européens ont menacé la Russie de « conséquences massives », d’un « coût sévère » et de sanctions coordonnées au niveau international en cas de nouvelle agression militaire contre l’Ukraine.

    L’UE consulte « presque chaque semaine » les États-Unis lors de vidéoconférences sur la coordination future des sanctions et travaillera en étroite collaboration avec l’OTAN, ont ajouté des sources européennes.

    « Le Conseil européen réaffirme son soutien total à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine », déclarent les dirigeants européens.

    La Russie avait violé l’intégrité territoriale de l’Ukraine en 2014 avec une invasion et l’annexion de la péninsule de Crimée.

    « Toute nouvelle agression contre l’Ukraine aura des conséquences massives et un coût sévère en réponse, y compris des mesures restrictives coordonnées avec les partenaires », ajoute le document.

    Sanctions possibles

    L’idée générale est que le langage diplomatique de l’UE a été renforcé, les « mesures restrictives » ouvrant la porte « à une série d’options », a déclaré une source européenne.

    La veille, le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy avait déclaré que si la plupart des dirigeants européens comprenaient et soutenaient la position de l’Ukraine dans le conflit, il était frustré que les puissances européennes aient refusé de prendre des mesures préventives contre la Russie, menaçant de réagir uniquement en cas d’action militaire.

    La déclaration du sommet elle-même n’a pas précisé quelles mesures pourraient être envisagées, bien que les fonctionnaires et les diplomates de l’UE aient cité ces derniers jours les sanctions contre les secteurs financier et économique de la Russie comme faisant partie des options possibles.

    Cette semaine, une résolution du Parlement européen a demandé d’inclure une suspension du système SWIFT, un réseau de messagerie utilisé par 11 000 banques dans 200 pays pour effectuer des paiements transfrontaliers, dans un futur cadre de sanctions contre la Russie si cela s’avérait nécessaire.

    Certains ont appelé cela « l’option nucléaire », car il s’agirait d’une mesure sans précédent, qui n’a été utilisée qu’une seule fois, en 2012, pour déconnecter les banques iraniennes après qu’elles aient été placées sur la liste noire de l’Occident en raison de l’accord sur le nucléaire iranien.

    Le « document d’option » de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sur des mesures de sanction spécifiques n’a pas été présenté aux dirigeants de l’UE, a confirmé un diplomate européen, ajoutant qu’« ils étaient d’accord avec cela car ce n’était pas le bon moment ni le bon endroit ».

    Définir l’agression

    L’une des incertitudes liées au libellé du communiqué concerne la question de savoir si l’UE sera en mesure de s’entendre sur une définition de ce qui constituerait « toute nouvelle agression » de la part de la Russie.

    Il est également peu probable que la phrase soit davantage prédéfinie, ont déclaré des diplomates européens à EURACTIV au cours de la nuit, car il n’y aurait alors plus de potentiel de menace, d’où le raisonnement.

    « Vous ne voulez pas mettre sur la table des mesures restrictives préventives avant que quelque chose ne se soit produit », a déclaré un diplomate européen à EURACTIV.

    « Sinon, que vous reste-t-il pour agir ? Et si aucune des troupes russes ne bouge, mais que des petits hommes verts [des soldats russes sans signes distinctifs agissant à l’extérieur de leurs frontières, ndlr] commencent à déclencher des troubles dans le Donbas ? »

    Toutefois, un tel scénario laisse également la porte ouverte à une « sortie en douce » de tout engagement en cas de scénario hybride, craignent l’Ukraine et certains États membres de l’Est.

    Des diplomates de l’UE ont confirmé à EURACTIV que la méfiance envers une potentielle marche arrière de l’Allemagne dans la discussion sur l’utilisation de mesures dans une telle situation prévaut.

    « Je pense toujours que si un tel scénario se produit, même l’Allemagne devra devenir sérieuse », a assuré un diplomate d’Europe occidentale.

  • Fin des tests PCR pour les vaccinés au sein de l’Union européenne

    Fin des tests PCR pour les vaccinés au sein de l’Union européenne

    Les expatriés au sein de l’Union européenne connaissent bien le problème, alors qu’on dispose d’un passe sanitaire au retour de France certains pays pouvaient demander un test PCR ou antigénique en plus du passe sanitaire ! Emmanuel Macron, à la sortie du Conseil de l’Europe de ce jeudi 16 décembre, a annoncé que ces derniers n’auront plus cours.

    En effet, certains pays de l’UE comme l’Italie, l’Irlande, le Portugal, l’Italie et la Grèce imposent aux voyageurs européens, qu’ils soient vaccinés ou non, de présenter un test négatif sur leur territoire. La France demande, elle, pour l’instant un test PCR ou antigénique aux seuls ressortissants européens non vaccinés. Emmanuel Macron souhaite donc que les personnes vaccinées puissent circuler librement dans l’espace Schengen.

    France’s President Emmanuel Macron arrives to attend the Eastern Partnership summit at The European Council Building in Brussels on December 15, 2021. (Photo by JOHANNA GERON / POOL / AFP)

    Voyager librement dans l’Union européenne

    Une annonce qui a surpris. A la sortie du conseil européen ce jeudi soir, Emmanuel Macron a indiqué sur Twitter que « les personnes vaccinées n’auront pas à réaliser de tests pour voyager entre les pays membres de l’Union européenne ». Face à la montée du variant Omicron, plusieurs pays-membres ont pourtant mis en place ce type de restrictions.

    En guise d’explication, le président a précisé vouloir « continuer d’agir en européen ». Comprendre: veiller à permettre la libre-circulation entre les pays de l’UE. Dans une déclaration commune adoptée ce jeudi les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-Sept ont d’ailleurs insisté pour que les restrictions décidées par chaque État ne « sapent pas le bon fonctionnement au marché intérieur ou n’entravent pas de façon disproportionnée la liberté de circulation ».

    Des tests qui fonctionnent ?

    Au-delà de la symbolique, Emmanuel Macron estime également que les tests aux frontières entre les pays de l’UE ont une « efficacité très réduite », notamment parce que la plupart des déplacements transfrontraliers sont les faits de travailleurs qui sont, eux, exemptés de ce type de test.

    A partir du moment où tel ou tel variant est présent dans un pays de l’UE il se diffuse dans les autres »

    Emmanuel Macron à la sortie du conseil de l’Europe du jeudi 16 décembre 2021

    Contrôles renforcés à l’entrée dans l’UE

    Cependant si la libre circulation prévaut dans l’espace Schengen, depuis le 1er décembre, les mesures pour les voyageurs arrivant en France d’un pays extérieur à l’Union européenne se multiplient. A l’arrivée en France depuis certains pays, les expatriés comme les « touristes » doivent désormais présenter un test PCR négatif, qu’ils soient ou non vaccinés comme dès samedi 18 décembre pour ceux arrivant du Royaume-Uni.

  • En Marche, en campagne – Rencontre avec Anne Genetet

    En Marche, en campagne – Rencontre avec Anne Genetet

    Nous avons rencontré Anne Genetet, députée des Français d’Europe orientale, d’Asie et d’Océanie, lors de son déplacement dans sa circonscription. Depuis Singapour, elle a répondu à nos questions, alors que Jean-Baptiste Lemoyne a lancé les comités de soutien à Emmanuel Macron pour 2022 ce 15 décembre 2021 à Paris.

    Ensemble nous faisons le bilan des dernières élections et du mandat d’Emmanuel Macron pour les Français établis hors de France.

    Elections consulaires

    Les élections consulaires et celles des conseillers AFE ont acté l’émergence de La République en Marche chez les expatriés. Si la situation sanitaire a compliqué l’organisation de ces scrutins, Anne Genetet se satisfait du résultat qui a amené LREM à s’emparer de la présidence de l’Assemblée des Français de l’Etranger grâce à l’élection de la conseillère indépendante, mais pleinement soutenue par le parti présidentiel, Hélène Degryse.

    Si elle regrette que les élections ont dû être décalées de plus d’une année, elle préfère y voir une expérience constructive. En tirant le bilan des déboires rencontrés, elle constate que la France doit prendre en compte pleinement la situation spécifique des électeurs-expatriés. Comme en Inde, où la situation sanitaire a conduit à reporter de plus de 18 mois l’élection consulaire ! La solution peut être le développement du vote en ligne mais là aussi des écueils ont été rencontrés : mauvaise transmission des identifiants, affichage des listes sans numéro, etc. Mais Anne Genetet est confiante depuis que le Ministère des affaires étrangères a confié au groupe La Poste l’organisation du vote en ligne lors des élections législatives de 2022. Grâce à l’Identité numérique mise en place par La Poste, désormais ouverte à une partie des expatriés, la procédure pour voter devrait être grandement simplifiée.

    Un bilan d’actions au service des expatriés

    Mais pour éviter de voir à nouveau l’abstention dominer la scène politique des Français établis hors de France, la députée Anne Genetet compte sur les efforts faits depuis 2017 pour renforcer le lien avec les Français et motiver ces derniers à participer à la vie civique des communautés d’expatriés à travers le monde.

    « On revient de très loin, il faut se souvenir qu’avant 2014, on était dans un système obscur de cooptation (…) Si on veut que les Français de l’étranger votent, il faut que la France et donc son administration soient plus accessibles à nos compatriotes »

    Anne Genetet, Députée des Français d’Europe orientale, d’Asie et d’Océanie

    Elle rappelle le bilan de la mandature qui s’achève dans quelques semaines :

    • Les entraves pour accéder à l’Etat ont été levées. En effet, il n’y a plus de numéro surtaxé pour joindre une administration, permettant aux expatriés d’accéder facilement aux services dont ils ont besoin.
    • Les actes civils réalisés à l’étranger sont désormais entièrement dématérialisés, que ce soit les naissances, les mariages ou les décès.
    • La dématérialisation et la simplification ont aussi été appliquées à la procédure pour obtenir le visa d’un conjoint. 
    • Au sein du Conseil consulaire, le renforcement du rôle de l’élu local fut porté par une réforme du gouvernement.

    Conseils consulaires : une réforme qui trouve ses marques

    Créés en 2014, les Conseils consulaires étaient présidés, jusqu’à la prise de fonction des nouveaux élus de 2022, par le Consul ou le chef de poste de la circonscription consulaire. La majorité présidentielle a voulu renforcer le rôle des élus locaux en donnant la présidence à un élu choisi par ses pairs comme pour un conseil municipal, espérant créer un lien aussi fort entre ces derniers qu’entre nos compatriotes et leurs maires.

    Même si Anne Genetet se refuse à voir dans le Consulat la Mairie des expatriés. Pour elle, il est ainsi inenvisageable de voir les Conseillers consulaires marier des Français dans un Consulat. La première raison c’est qu’un Consulat ne dispose pas des moyens financiers et humains d’une Mairie en France. La seconde explication est le respect des Etats hôtes et de leurs prérogatives.

    « Nous les expatriés, sommes soumis au droit local »

    Anne Genetet, Députée des Français d’Europe orientale, d’Asie et d’Océanie
    Anne Genetet en déplacement auprès du Conseil Consulaire de Sydney

    Un périmètre à inventer

    « Les élus LREM n’ont rencontré aucun problème dans la gestion des Conseils consulaires ou dans la relation avec l’administration consulaire »

    Anne Genetet, Députée des Français d’Europe orientale, d’Asie et d’Océanie

    Si la députée se félicite de la mise en place de la réforme, elle concède qu’il faut encore travailler afin que Consul, administration et élus trouvent chacun leur périmètre naturel au service des Français établis hors de France. Pour cela, Anne Genetet s’appuie sur l’expérience de La République En Marche. Le parti d’Emmanuel Macron a ainsi instauré une forme de « tutorat » des élus sortants (quelques élus de 2014 LR ou PS ont rejoint en 2017 spontanément la majorité présidentielle) avec les nouveaux conseillers consulaires.

    Autre point qu’elle voudrait mettre en place rapidement, si possible avant les élections d’avril et juin 2022, l’instauration d’une formation à destination des fonctionnaires de l’administration consulaire afin de mieux appréhender les rapports avec les élus. Une population que l’administration consulaire avait peu l’habitude de fréquenter jusque là.

    France Consulaire

    Autre innovation de ce quinquennat mais qui ne sera pleinement déployée que dans le prochain : France Consulaire. Cette plateforme devrait à terme répondre à tous les expatriés en lieu et place des consulats. Actuellement en test sur 5 pays européens, Anne Genetet, qui est une des « marraines » de ce dispositif, estime que c’est un grand succès. En 1 mois, rien qu’en Irlande, les opérateurs de France Consulaire, basés à Paris, ont répondu à plus de 1000 demandes.

    Si pour l’instant la plateforme téléphonique n’est disponible que de 09h à 17h (heure de Paris), elle devrait voir ses horaires s’adapter à tous les expatriés. C’est en tout cas le souhait de la députée des Français qui vivent à l’opposé du fuseau horaire de la métropole. C’est donc un pari sur l’avenir que fait Jean-Baptiste Lemoyne et la Députée Anne Genetet même si à ce jour aucune date n’a été fixée pour la suite du déploiement de France Consulaire.

    « Il faut laisser le temps à France Consulaire de se développer« 

    Anne Genetet, Députée des Français d’Europe orientale, d’Asie et d’Océanie

    2022, un projet en construction

    Plus personne ne doute que le Président de la République se représentera, nous avons donc posé la question à Mme Genetet.

    « Le projet est en cours de construction avec Jean-baptiste Lemoyne et tous les élus de La République En Marche »

    Anne Genetet, Députée des Français d’Europe orientale, d’Asie et d’Océanie

    On peut parier que France Consulaire sera au cœur d’un projet qui voudra prolonger les efforts faits depuis 5 ans pour rapprocher les expatriés de la France. Dynamiser le couple administration-élus devrait aussi être une des ambitions pour le prochain mandat.

    Mais pour l’instant, ni le Secrétaire d’Etat aux Français établis hors de France, Jean-Baptiste Lemoyne, ni les parlementaires s’avancent sur des propositions concrètes. Mais comme ils l’ont martelé hier lors de la présentation des comités de soutien à l’étranger d’Emmanuel Macron, ils sont prêts à faire campagne pour Emmanuel Macron.