Le français, une langue d'avenir

Le français, une langue d'avenir

En 2021, le français était encore la 5ème langue la plus parlée après le chinois, l’anglais, l’espagnol et l’arabe. Avec près de 300 millions de locuteurs, le français dans le monde a progressé de 10% depuis 2014, une dynamique importante à laquelle vient s’ajouter l’engouement pour son apprentissage en tant que langue étrangère (soit le fait de l’apprendre en plus de sa langue maternelle).

Une dynamique localisée

L’apprentissage du français progresse, ainsi, avec 8% d’élèves et d’étudiants en plus au niveau mondial. Des disparités régionales existent, l’Afrique restant moteur de cette croissance et l’Asie accusant un certain recul.

Répartition des apprenants en français comme langue étrangère en 2018 ©Observatoire de la Francophonie

En agrégeant toutes les données collectées par pays, – tous niveaux d’enseignement confondus –, le nombre d’apprenants de FLE apparaît au moins égal à 51 millions d’individus, tandis que le nombre de ceux qui suivent un enseignement partiel ou total dans cette langue est d’au moins 93 millions.

Une dynamique portée par la diplomatie culturelle

Si le français résiste si bien face à l’anglais ou au chinois, c’est bien sûr grâce à l’Histoire de la France mais aussi et surtout à travers le déploiement depuis plusieurs décennies d’une diplomatie culturelle intense. Celle-ci repose sur plusieurs institutions : les Alliances Françaises, le réseau d’établissements scolaires, les Instituts français et TV5MONDE.

Les Alliances Françaises

Mouvement centenaire, l’Alliance Française est la première école de langue française et la première ONG culturelle au monde. Chaque jour et sur le terrain, les 835 Alliances Françaises font vivre et aimer la langue française et les cultures francophones dans plus de 130 pays. Animées par 15 000 collaborateurs, elles rassemblent chaque année près de 500 000 étudiants et 3,5 millions de participants aux 26 000 évènements organisés sur les cinq continents. Pourtant, cette institution, qui fait rayonner la francophonie, vient de vivre une des plus graves crises de son histoire en raison de la pandémie.

En plein cœur de la crise sanitaire, une pétition « Sauvons les Alliances Françaises », signée par plus de 10 000 expatriés, avait fait grand bruit en mettant en avant un drame silencieux, soit la fermeture discrète de plusieurs dizaines d’Alliances Françaises à travers le monde. Associations de droit local privé, essentiellement autofinancées via leurs cours de français, les Alliances Françaises sont parfois soutenues par l’État à travers le détachement de directeurs et de subventions, mais cela n’a pas suffi pour un grand nombre d’entre elles alors que la Covid-19 fermait les portes de la plupart des établissements. A cette pandémie s’est ajoutée aussi de nombreux échecs commerciaux, comme la perte du contrat d’apprentissage des personnels des institutions européennes basées à Bruxelles et au Luxembourg, ou avec la perte d’un contrat de formation du personnel naviguant d’un grand avionneur installé à New-York.

Les établissements scolaires français dans le monde

Le développement de l’enseignement à l’étranger s’inscrit dans la dynamique initiée par le Plan langue française et plurilinguisme qui fixe comme objectif le doublement des effectifs à l’horizon 2030 dans les écoles et établissements d’enseignement français homologués.

Les établissements d’enseignement français homologués par le ministère chargé de l’éducation forment, ainsi, un réseau mondial de 549 établissements dans 140 pays qui scolarise 370 000 élèves de la maternelle à la terminale dont 60 % sont étrangers et 40 % sont de nationalité française. Plus de cinquante nouveaux établissements ont rejoint le réseau depuis 2019.

Ces écoles et ces établissements font l’objet d’une procédure d’homologation attestant de leur conformité aux programmes, aux objectifs pédagogiques et aux règles d’organisation applicables en France, aux écoles et aux établissements scolaires français.

les Instituts français

Nombreux sont ceux qui ont été fermés (Venise, Porto, Graz, Amsterdam) ou qui ont perdu certains de leurs services après un déménagement (Vienne, après la vente du bâtiment au Qatar). La liste s’allonge au fil de ces dernières années, surtout en Europe, en raison d’une crise à la fois budgétaire et politique. « Les budgets que l’Etat consacre à sa politique culturelle extérieure, la diplomatie culturelle, qui inclut les instituts, régresse régulièrement », explique Daniel Haize. Cet ancien conseiller culturel en Argentine, Mexique, Algérie, a aussi été directeur de l’Institut français d’Athènes. Il a publié une étude sur la diplomatie culturelle française. Pour lui, le constat est simple : « Sur le court terme, c’est très clair. Le budget que consacre le ministère des Affaires Étrangères à sa diplomatie culturelle, entre 2011 et 2016, a baissé de 10% ».

Les crédits de l’Etat destinés à la diplomatie d’influence, c’est-à-dire « l’action culturelle extérieure, la promotion de la langue française, la coopération scientifique et universitaire, l’enseignement à l’étranger et le tourisme » diminuent chaque année malgré les promesses du gouvernement. Une attitude qui a été transcrite par un recul de l’influence culturelle dans certains pays.

TV5MONDE

La télévision qui accompagne expatriés et voyageurs aux quatre coins du monde propose depuis plusieurs années un site dédié à l’apprentissage du français, apprendre.tv5monde.com.

C’est un site gratuit et interactif pour apprendre notre langue à partir de vidéos, d’émissions et de reportages d’actualité. Vous pouvez vous entrainer avec plus de 2000 exercices en ligne et vous améliorer à l’oral en français, du niveau débutant au niveau avancé. En tout c’est plus de 4 univers qui permettent d’apprendre, d’enseigner, de découvrir et de jouer avec la langue française à travers une sélection de contenus TV5MONDE.

Auteur

  • Chantal Julia est maitre de conférence en Suisse. Après plusieurs années à l'Université de Lettre Paris 1, Chantal a suivi son compagnon à Lausanne où elle enseigne toujours la littérature française. Elle écrit pour différents magazines universitaires et Lesfrancais.press

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