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  • Elodie Haslé : « Je souhaite que mon livre soit perçu comme un outil de prévention du suicide. »

    Elodie Haslé : « Je souhaite que mon livre soit perçu comme un outil de prévention du suicide. »

    Elodie Haslé est une professionnelle de la santé dotée d’une riche palette de talents. Cette compatriote installée à Bruxelles depuis 2008 est une auteur et artiste peintre née à Grenoble mais qui a choisi d’élever ses filles en Belgique. Elle a commis un roman-essai intitulé « les suicidés » (Le Scalde éditions) disponible à la vente dans les librairies de la capitale belge (Tropismes, Filigranes, Le Rat Conteur, Cook & Book) ainsi que sur la plateforme Amazon. 

    Elodie Haslé
    Elodie Haslé

    Ce livre se saisit d’un sujet difficile, parfois tabou, souvent source d’incompréhensions : le suicide.

    Le grand sociologue Emile Durkheim, en 1897, définit le suicide comme un fait social faisant partie intégrante de nos vies en société et s’inscrivant dans un contexte historique. Il est un des premiers à adopter une attitude scientifique, mobilisant les ressources de la recherche en sciences sociales pour mieux comprendre ce qui parait parfois incompréhensible. 

    Elodie Haslé

    Elodie Haslé, dans une démarche de romancière, a souhaité donner une incarnation à ces « suicidés » à travers une approche de fiction historique. Elle raconte donc 12 histoires de 12 personnes singulières qui évoluent dans le temps et l’Histoire à partir du Moyen-âge jusqu’à nos jours. Elle insiste sur la notion de transmission de la mémoire des suicidés et sur les traumatismes familiaux qui la sous-tendent. Si le geste terrible d’en finir reste une décision individuelle, il s’inscrit souvent aussi dans une longue histoire et puise sa source dans des héritages culturels qui peuvent expliquer et faciliter le passage à l’acte.

    L’auteur développe son propos dans la deuxième partie du livre qui prend la forme d’un essai et recueille la parole de professionnels reconnus.

    Nous avons rencontré Elodie Haslé pour échanger avec elle sur ce sujet qui l’a mobilisé plusieurs années, et qui lui a permis de livrer ce roman-essai réussi qui fournit des clés de compréhension et des informations utiles à tous pour comprendre, prévenir et empêcher les passages à l’acte fatal. 

    Lesfrancais.press : Elodie Haslé, vous êtes une professionnelle de santé, une auteure et une artiste peintre. Comment cette idée vous est venue d’écrire un roman-essai sur le suicide ?

    Il y a quelques années, dans un même quartier, deux personnes avec le même profil familial et le même âge se sont suicidées, à quelques mois d’intervalle. J’ai commencé à m’interroger, à me demander ce qui avait pu les mener jusque-là, si l’une avait entraîné l’autre.

    Comme je voulais mettre en avant les transmissions de vécu, de secrets de famille, j’ai imaginé des personnages en remontant dans le temps, jusqu’au Moyen-Âge. Au final, dans le livre il y en a douze, dont deux qui ne se suicident pas. Il existe des liens entre certains, une continuité dans le vécu, des transmissions de génération en génération. Dans la postface, Stéphanie Cuzange, psychogénéalogiste, livre une analyse instructive de chacun d’eux.

    Lesfrancais.press : La méthode utilisée tient à la fois du récit de fiction et de l’essai à dimension scientifique. Votre vécu professionnel et artistique vous-a-t-il influencée dans ce choix méthodologique ?

    Dans mon métier de pharmacienne, je suis dans l’empathie, dans l’écoute, je recueille des confidences. J’ai informé les clients de mon activité littéraire à travers l’annonce de ma conférence sur la prévention du suicide, à la librairie Le Rat Conteur, en novembre 2021. Le sujet en a poussé quelques-uns à me dévoiler leur histoire, leurs souffrances, leurs peurs et leurs interrogations. Ils ont acheté mon livre, pour venir ensuite m’en parler. Amélie Nothomb aussi l’a lu, et m’a écrit après coup : « Quel livre terrible et nécessaire ! »

    Lesfrancais.press : Il y a la fameuse phrase de Flaubert, « Emma Bovary c’est moi ». Ces douze personnages de fiction sont-ils des doubles de vous ? Vous identifiez-vous en particulier à certains d’entre eux ? 

    Non, je ne me retrouve pas dans mes personnages. Mais si je dois en choisir un, ce serait Désiré, un enfant à naître. Dans le ventre de sa mère, il est sensible à son environnement et aux personnes qui l’entourent. Sans dévoiler l’histoire, je dirai que ce bébé in utero fait un choix. Aux lecteurs de découvrir lequel…

    Lesfrancais.press : Dans votre roman, vous balayez une période de six siècles. La société d’aujourd’hui est-elle génératrice de plus de suicides ?

    Dans la société d’aujourd’hui, on se suicide davantage dans les pays riches, ainsi que l’indique l’OMS. Dans ceux où les liens sociaux sont bien présents, où la famille joue un rôle très marqué comme en Espagne ou en Italie, les taux sont moins élevés. D’après les données de l’OMS (2015-2017) en termes de taux de suicide pour 100 000 habitants, la Belgique se place en cinquième position, et la Corée en tête. La France occupe la dixième place. Je ne sais pas si on se suicide plus qu’avant. En tout cas, dans nos sociétés, le suicide demeure un problème majeur de santé publique.

    Lesfrancais.press : Si on parle de la famille et de son rôle de lien protecteur, il faut aussi parler hélas de la situation de ces adolescents qui passent à l’acte.

    L’adolescence est un chapitre que j’ai traité à part. Elle correspond à une période de transformations physiques, psychologiques et sociales, de bouleversements hormonaux. L’adolescent n’est plus un enfant, et pas encore un adulte. Il est vulnérable, une peine de cœur, un échec scolaire, tout lui paraît insurmontable. Il est incapable de prendre du recul. Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik le souligne dans son ouvrage Quand un enfant se donne « la mort ». Les jeunes et les adultes ne sont pas toujours conscients de cette fragilité inhérente à l’adolescence. De plus, dans notre société, violence et non-respect sont monnaie courante, tant au quotidien que sur les réseaux sociaux. Les manifestations de fragilité sont rejetées.

    Dans mon livre, je parle aussi de l’importance d’une personne-ressource, de confiance et à l’écoute. La famille, trop impliquée, n’est pas toujours la mieux placée. Florence Ringlet, directrice thérapeutique d’Un pass dans l’impasse, centre de prévention du suicide et d’accompagnement, à Namur, est sollicitée par des parents confrontés au drame du suicide d’un enfant adolescent. Elle estime que la culpabilité qu’ils ressentent est un sentiment compréhensible. Elle ajoute cependant que la culpabilité n’est pas la responsabilité. Il apparaît inconcevable pour des parents que leur enfant, en souffrance, envisage le suicide, et encore moins qu’il passe à l’acte. De son côté, pour ne pas culpabiliser ses parents, l’adolescent leur tait ses problèmes. Dans ce contexte d’isolement, s’il trouve les moyens de s’accrocher à une personne-ressource (enseignant, membre d’une association etc.), cela peut être d’une grande aide. 

    Je souligne aussi l’importance de donner un sens à sa vie. Les loisirs, que ce soit dans le domaine culturel, culinaire, artistique, sportif, informatique ou autre, sont susceptibles de faire émerger des vocations et des objectifs. L’école est un lieu d’apprentissage et d’ouverture.

    Dans mon livre, je décris mes personnages dans leur quotidien, jusqu’à ce qu’ils soient confrontés à un événement qui les fragilise. Ils se retrouvent submergés, plongés dans un état de désespoir et de solitude tel que pour eux, il n’y a pas d’autre issue pour mettre fin à leur souffrance que de se suicider. Le recours à une oreille attentive et bienveillante, dénuée de jugement, auprès de structures tel que le Centre de prévention du suicide ou SOS Amitié, peut être une solution pour éviter le passage à l’acte.

    Lesfrancais.press : L’écoute peut être un moyen assez simple d’aider et de prévenir. Sur quels travaux scientifiques vous basez-vous pour étayer votre propos ?

    Il s’agit d’écoute, et aussi d’accueil dans la bienveillance et sans jugement, et d’aide à la mise en mots des ressentis et émotions.

    Boris Cyrulnik a écrit : « Il suffit d’une pichenette pour passer à l’acte, comme il suffit d’un mot pour se raccrocher à la vie. »

    Le Docteur Gérald Deschietere, psychiatre aux cliniques universitaires Saint-Luc et responsable de l’unité de crise, était à mes côtés, en même temps que Caroline Persoons, modératrice, lors de la conférence de novembre 2021 à la librairie Le Rat Conteur, sur le thème de la prévention du suicide. Il a insisté sur les premiers mots, gestes, regards, essentiels lors de l’accueil de la personne en détresse. Pour qu’elle ne se sente pas seule, et mise en confiance pour accepter un accompagnement thérapeutique.

    Lesfrancais.press : Quelle est la prochaine étape de création au vu de votre champ de recherche personnel et artistique très vaste ? Allez-vous poursuivre l’exploration des sujets de société ?

    Ce roman suivi d’un essai a été publié car il a intéressé un éditeur (Le Scalde). Mais j’ai d’autres manuscrits. Je ne veux pas porter d’autres questions de société sujettes à des débats, mais plutôt continuer à écrire de la fiction et à raconter des histoires. Bien sûr, ma sensibilité personnelle, mon envie de susciter des améliorations au sein de la société, transparaissent toujours dans mes écrits.

    Lesfrancais.press : Votre vécu professionnel dans la santé influence votre plume. On peut à cet égard parler d’une littérature engagée puisque votre livre cherche à avoir une influence sur la réduction du nombre de suicides, à son échelle ?

    De façon humble, dans mon métier je tente de changer les choses, de façon positive. Je suis confrontée à l’état de santé, la fragilité. Les gens se sentent en confiance et viennent déposer des événements de vie, des réflexions intimes. Ils viennent parfois nous annoncer, à mon collègue et moi, une pathologie lourde. Nous sommes face à la mort, et nous accompagnons les familles dans cette épreuve, à notre niveau. 

    Forcément, tout est en lien. Pour mes clients, mon écriture est un prolongement de mon action dans le soin, basée sur l’empathie et la bienveillance. Ils ont découvert un autre aspect de moi, ils font le lien entre mon métier dans la santé et mon activité littéraire. J’avais séparé les deux, mais en réalité ils se rejoignent. Je me sens complète car il y a une cohérence dans ce que je fais dans ma vie.

    Acheter le livre

    https://www.editionslescalde.be/Catalogue.C/s349792p/Les_suicides

  • Une avocate pour les expatriés

    Une avocate pour les expatriés

    Rencontre avec Sarah-Jane Tasteyre, avocate en droit des familles pour les Français de l’étranger, dans le podcast Expat Pratique de la radio partenaire StereoChic.

    Sarah-Jane est une « citoyenne du monde ». Cette avocate originaire de Paris, s’est envolée de la capitale à la sortie de ses études pour gagner l’étranger. Elle rencontre son mari en Angleterre et tous deux décident au lendemain de l’accident nucléaire de Fukushima, de gagner le Japon avec leur fille de 2 ans. Rapidement, la jeune femme tombe amoureuse du pays, de sa culture, de sa population et de sa nourriture. Mais alors qu’elle pensait pouvoir exercer sur place, cela lui est impossible. Elle décide donc de prendre du temps pour elle et son nouvel enfant.

    En 2015, la famille traverse la Mer de Chine et s’installe à Hong-Kong. Sarah-Jane et son mari choisissent cette destination pour sa facilité d’accès à l’emploi et le fait qu’ils puissent échanger en anglais. Sur place elle lance son activité d’avocate. Quatre ans plus tard, le couple estime avoir fait le tour de la région administrative et décide d’échapper au climat de révolte qui se diffuse dans les rues. Ils prennent l’avion, direction l’Angleterre. Cependant, elle choisit de ne pas quitter son poste et espère ainsi pouvoir faire les va-et-vient entre l’Europe et l’Asie. Mais la suite nous la connaissons : la Covid fait son apparition et assujettit le monde entier à l’immobilisation. Toutefois, grâce à l’expansion du télétravail, l’avocate continue d’exercer sans anicroche et « même mieux que si [elle avait] continué à faire les allers-retours ».

    avocate, Cour de France
    Sarah-Jane Tasteyre, avocate à la Cour, en droit des familles

    Une avocate pour les Français de l’étranger

    Sarah-Jane est avocate en droit des familles. Bien qu’elle travaille à l’étranger, de par son diplôme français elle ne peut que représenter des personnes étant soumises au droit français. De cette manière, elle se charge de toutes les problématiques de la vie que nos concitoyens rencontrent à travers le monde, telles que le divorce, l’adoption, la succession etc.

    Connaissant particulièrement bien Hong-Kong, le Japon, le Vietnam et l’Angleterre, Sarah-Jane accepte seulement des affaires reliées à ces pays. Néanmoins, grâce à son large réseau professionnel, elle peut aiguiller les Français voulant être représentés dans d’autres États, vers des avocats spécifiques.

    Écoutez le podcast avec Sarah-Jane

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes préférées

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  • Le marathon diplomatique à haut risque d’Emmanuel Macron

    Le marathon diplomatique à haut risque d’Emmanuel Macron

    Alors que le second tour des élections législatives dimanche (19 juin) a donné au président français Emmanuel Macron une majorité relative, il entame une série de rendez-vous internationaux sous haute tension.

    Conseil européen des 23 et 24 juin à Bruxelles, Sommet du G7 en Allemagne du 26 au 28 juin, sans oublier le Sommet de l’OTAN à Madrid du 28 au 30 juin : c’est un agenda chargé qui attend M. Macron, en pleine crise politique et institutionnelle.

    Pourtant, le président est attendu au tournant sur de nombreux sujets urgents, à commencer par la nomination d’un nouveau gouvernement – notamment pour remplacer les ministres battus aux élections – attendu « dans les prochains jours », explique Olivia Grégoire, porte-parole du gouvernement.

    Avec un président affaibli en interne, certains s’interrogent sur l’éventuelle fin de « l’ère Macron » aux échelles européenne et internationale.

    Apprendre le compromis

    « Le résultat des législatives affecte de manière relative la crédibilité européenne du président » explique Thierry Chopin, conseiller spécial à l’Institut Jacques Delors, à EURACTIV.

    Si de nombreux Etats membres sont familiers avec les principes de coalitions et « compromis négociés », ce n’est pas le cas en France. « Il faudra un long temps d’adaptation et d’apprentissage, car cette logique de compromis va à l’encontre de la culture politique de la Ve république », ancrée dans une verticalité du pouvoir, ajoute M. Chopin.

    M. Chopin souligne par ailleurs « l’euroscepticisme» de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN), les deux premières forces d’opposition au sein de la nouvelle Assemblée nationale, avec lesquelles le président français devra composer.

    Cependant, d’un point de vue institutionnel, les affaires étrangères restent la chasse gardée du président de la République et, de fait, M. Chopin tempère : « Les législatives ne vont pas fondamentalement impacter l’agenda européen de la France ».

    Un engagement européen « sans faille »

    Plusieurs sources confirment que, si l’image des législatives peut entacher l’image du président à l’international, « la France reste la France ». Une manière de suggérer que malgré la crise politique, la France est un pays important dans l’architecture européenne, notamment au moment où elle assure la Présidence du Conseil de l’UE – encore pendant quelques jours.

    « La position de la France sur la scène européenne est comprise par tous ses partenaires. Emmanuel Macron jouit d’une forte crédibilité sur la scène européenne, déconnectée de sa position intérieure », abonde une source diplomatique.

    Noëlle Lenoir, ancienne ministre des Affaires Européennes de 2002 à 2004, contactée par EURACTIV, confirme : « je ne crois pas que M. Macron se trouve affaibli. Au contraire, je m’attends à ce qu’un certain nombre de pays européens alliés l’aident et le confortent ».

    Chose d’autant plus vraie que « le résultat des législatives est étranger à l’Europe », insistant plutôt sur le rejet de la personnalité du président et la « montée du populisme ».

    C’est donc sans grande inquiétude que l’exécutif aborde le Conseil européen des prochains jours. « Après les élections législatives, l’engagement européen de la France est sans faille », a déclaré le ministre délégué aux Affaires Européennes, Clément Beaune, à la marge d’une réunion du Conseil des Affaires Générales.

    Même discours de la part d’une source Elysée, qui note plus de curiosité de la part des partenaires européens à comprendre le système électoral français « qu’une inquiétude sur la force de leadership de la France à l’international ».

    Le Pen Mélenchon
    Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen

    Quel rôle pour l’opposition ?

    Ce n’est pas l’avis de Manon Aubry, eurodéputée LFI et co-présidente du Groupe de la Gauche au Parlement européen, pour qui le résultat aux législatives est « perçu par nos alliés européens comme une défaite ».

    La nouvelle composition de l’Assemblée nationale évoque pour elle des tendances politiques qui existent déjà au sein du Parlement européen : « Plutôt que de se tourner vers la gauche, Renew [groupe du parti présidentiel au Parlement européen] a pactisé plus d’une fois avec la droite et l’extrême droite, notamment sur le paquet climatique Fit for 55 » lance-t-elle à EURACTIV. Une réalité politique qu’elle craint de devenir systématique.

    Même constat pour le Rassemblement national, qui réfute l’argument que les coalitions sont la norme dans les autres pays membres : « autant nous savons que les allemands sont des habitués des coalitions, autant l’Europe sait qu’une majorité relative en France, c’est une vraie crise », analyse Thierry Mariani, eurodéputé RN.

    Alors, que faire ? Deux inconnues demeurent, afin de mieux comprendre l’étendue de la crise politique : quel rôle les oppositions vont-elles jouer dans les prochains mois, alors que Les Républicains, LFI et RN peuvent saisir le Conseil constitutionnel ou déposer des motions de censure, en vertu des pouvoirs reconnu aux groupes parlementaires plus nombreux ?

    Et surtout : le gouvernement jouera-t-il le jeu de l’ouverture et du compromis ?

    Si seulement 14% des directives européennes sont transposées par voie législative en France, selon un récent rapport parlementaire, une ratification des parlements nationaux reste de mise pour des accords de libre-échange, des accords d’associations, ou pour accueillir un nouveau pays au sein de l’UE.

    Des dossiers de taille comme la potentielle révision des traités européens, demandée par M. Macron, requerront aussi une certaine stabilité politique pour être enclenchés.

    Un blocage de la part des oppositions peut donc, à des moments clefs de la vie démocratique européenne, se révéler particulièrement néfaste.

    Crise institutionnelle et politique majeure, ou simple moment de flottement avant que les instances politiques françaises se mettent en ordre de marche ? La question reste en suspens, mais elle ne manque pas d’alimenter les critiques vis-à-vis du président français.

    En sera-t-il de même sur la scène internationale ? Les prochains jours nous le diront.

  • RDC : la Belgique restitue la dépouille de Patrice Lumumba

    RDC : la Belgique restitue la dépouille de Patrice Lumumba

    La Belgique a remis le 20 juin dernier, la dépouille de Patrice Lumumba à sa famille. Un évènement marquant, placé sous le signe de la réconciliation.

    Patrice Lumumba, ancien premier ministre de la République Démocratique du Congo est une figure majeure de l’indépendance du pays. Assassiné le 17 janvier 1961 par des officiers belges, sa dépouille vient d’être remise à sa famille par le Royaume. Un symbole particulièrement fort pour les Congolais, d’un point de vue politique mais aussi anthropologique selon le journaliste et chercheur Norbert X Mbu Mputu.

    Cependant, l’invité du plateau de TV5MONDE estime que la remise de sa dépouille à son pays ne va pas changer pour autant les relations entre les deux pays. Non seulement, parce que les échanges sont bons depuis longtemps ; mais également car d’un point de vue économico-financier, « la Belgique ne semble pas vouloir [les] revisiter ». Effectivement, le Congo à la sortie de la colonisation était « dépouillé » et la Belgique ne parait pas aller dans le sens de la réparation.

    Lumumba
    Patrice Lumumba à Bruxelles en 1960

    « L’autre Lumumba », un livre découverte

    « Lumumba n’est pas un personnage que l’on peut aborder au singulier » assure l’auteur. Il invite ici les lecteurs à s’intéresser aux différentes facettes de cet héros national que nous connaissons mal. Il revient donc sur sa vie, son assassinat, mais aussi sur les erreurs qui ont été retranscrites à son sujet dans les livres d’histoire. Dans le même temps, le journaliste remet en lumière deux héros également oubliés du grand public : Joseph Okito et Maurice Mpolo, deux compagnons de Patrice Lumumba.

    Une interview de TV5MONDE

  • Lescure échoue à conquérir le perchoir !

    Lescure échoue à conquérir le perchoir !

    Le député, réélu, de la 1ère circonscription des Français de l’étranger, Roland Lescure, s’est présenté à la primaire des groupes composant la « majorité présidentielle » réunis sous le nom « Ensemble ! » pour présidence de l’Assemblée nationale, surnommée le perchoir, du fait de la position en hauteur du président par rapport aux autres députés.

    Le rôle de la présidence de l’Assemblée nationale

    Quatrième personnage de l’Etat, le président de l’Assemblée nationale joue un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de l’institution mais aussi dans la vie politique française. Issu du groupe politique majoritaire de l’Assemblée, il pilote l’organisation du travail parlementaire et représente l’Assemblée dans sa globalité.

    Dans l’hémicycle, le président a pour mission de conduire les débats. Il contrôle les temps de parole des orateurs et veille à la bonne tenue des débats. Il préside par ailleurs le Congrès, qui est la réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat, lorsqu’il se réunit pour réviser la Constitution ou écouter un discours du Président de la République. Il préside aussi plusieurs organes décisionnels comme la conférence des Présidents et le Bureau, deux organes essentiels au fonctionnement de l’institution.

    Qui est Roland Lescure ?

    Roland Lescure est le demi-frère du célèbre journaliste et ancien président du Festival de Cannes, Pierre Lescure. Au cours de sa jeunesse, il mena brillamment des études à Polytechnique, et est aussi diplômé de l’ENSAE et de la LSE. Par la suite, il commence sa carrière au Ministère des finances et passe ensuite une vingtaine d’années dans le secteur de la gestion d’actifs.

    Brièvement encarté au PS au moment de la primaire socialiste de 2006, il soutient la candidature de Dominique Strauss-Kahn. Il rendra, cependant, très rapidement sa carte. Séduit par Emmanuel Macron, qu’il rencontra en 2012 alors que ce dernier est secrétaire général adjoint de l’Élysée.

    Emmanuel Macron et Roland Lescure le 08 juin 2018 ©francequebec.fr

    Résidant à Montréal jusqu’au printemps 2017, Roland Lescure était en charge des investissements, premier vice-président à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il rejoint La République en marche et est élu député dans la première circonscription des Français de l’étranger (Amérique du Nord) lors des élections législatives de 2017. En 2022, il est réélu avec 55,6% des voix. Au cours de son premier mandat, il présenta lui même 20 amendements dont 18 furent acceptés (source Nosdéputés.fr)

    Quelles sont les chances du député des Français de l’étranger ?

    Six candidats LREM sont finalement sur les rangs pour la présidence de l’Assemblée nationale. Les deux favoris sont Roland Lescure, député des Français d’Amérique du Nord et président sortant de la commission des Affaires économiques, ainsi que Yaël Braun-Pivet, députée de la 5ème circonscription des Yvelines .

    Une primaire interne organisée par la coalition présidentielle, Ensemble !, à laquelle peuvent voter les députés Renaissance (nouveau nom du parti présidentiel), mais aussi les députés Horizon ou Modem, a eu lieu ce mercredi. Après un premier tour qui a permis au député des Français de l ‘étranger de se qualifier face à Yaël Braun-Pivet, Roland Lescure a du renoncer. Finalement, c’est donc Yaël Braun-Pivetqui a été choisie. Son expérience, sa connaissance des autres partis (c’est une ancienne socialiste) et sa capacité à fédérer au delà de ses propres rangs, ont été préférées.

    Photo by Ludovic MARIN / AFP
  • Allocution de Macron : « Il est donc possible de trouver une majorité plus large »

    Allocution de Macron : « Il est donc possible de trouver une majorité plus large »

    Emmanuel Macron, à la veille de sa tournée diplomatique, a pris la parole à 20h ce mercredi 22 juin dans le cadre d’une allocution parlementaire. Le Président de la République a pris acte des choix des Français lors des élections législatives tout en mettant en avant son rôle central comme incarnation de la Nation.

    Emmanuel Macron, qui sera pris par plusieurs obligations internationales ces prochains jours, a appelé chaque dirigeant à se prononcer pendant ce laps de temps, donnant un agenda à ses opposants. « Il faudra que chaque responsable politique dise jusqu’où il est prêt à aller », a-t-il prévenu. A son retour, « à la lumière des premiers choix », il entend « bâtir cette méthode nouvelle » de gouvernance qui s’impose désormais à lui.

    « Sortir des querelles »

    Revenant sur les échanges du 21 juin avec les dirigeants des partis pouvant établir des groupes à l’Assemblée nationale, il a indiqué que tous avaient déclaré leur attachement à nos institutions et qu’ils ne chercheront pas à bloquer les projets indispensables à l’avenir du peuple Français.

    En réponse, Emmanuel Macron a indiqué qu’il veut travailler en toute transparence et les invite à collaborer avec le gouvernement pour créer un meilleur environnement économique et social aux Français.

    « J’ai confiance »

    S’appuyant sur le choix des électeurs à la présidentielle, Emmanuel Macron a réaffirmé sa confiance dans l’avenir. Il ferme ainsi la porte à un gouvernement qui ne serait pas issu de son mouvement.

    « Tous ensemble nous trouverons le chemin de la réussite collective »,

    Le chef de l’État concluant son allocution à l’Élysée.

    D’ailleurs, « l’hypothèse d’un gouvernement d’union nationale » est rejetée par les chefs de partis qu’il a rencontrés ces deux derniers jours. C’est donc la confirmation qu’Elisabeth Borne restera en place pour tenter de trouver loi par loi la majorité nécessaire.

    Elisabeth Borne est-elle la bonne personne ?

    La question de savoir si la cheffe du gouvernement est la personne idoine pour gérer cette situation et tenter d’élargir la majorité, notamment à droite, est clairement posée. « Borne, c’est pas possible, c’est pas la bonne personne du moment », s’inquiète une source gouvernementale. « Il est difficile de garder Borne en femme majeure pour cette majorité et si tu gardes Borne, il faut imposer des ténors à l’Assemblée », avance un conseiller de l’exécutif.

    Un autre estime que la priorité est « d’élargir sur le flanc droit » et n’excluait pas, en attendant de voir le résultat des consultations pour tenter d’élargir cette majorité, un maintien d’Elisabeth Borne et une déclaration de politique générale avec un vote non contraignant, voire pas de déclaration du tout.

    Que va-t-il se passer ces prochains jours ?

    Pas grand chose, Elisabeth Borne va mener le combat pour faire voter la loi sur la protection du pouvoir d’achat. Un exercice qui sera sûrement le plus facile de son mandat, aucun parti ne voulant prendre la responsabilité de voir le budget des Français grevés du fait des bisbilles politiques.

    Mais en automne, il faudra voter le budget de l’Etat pour 2023, son gouvernement risque de ne pas survivre à cet exercice. Il parait impossible de trouver une majorité sur un texte si important alors que la vision de chacun diffère.

    Regardez l’allocution d’Emmanuel Macron du 22 juin 2022

  • Un nouveau décret pour les professeurs en dents de scie

    Un nouveau décret pour les professeurs en dents de scie

    Le nouveau décret relatif aux « modalités de recrutement » des professeurs français à l’étranger est paru le 17 juin dernier au Journal officiel. Pour les concernés, il a des airs d’occasion manquée.

    Après quatre mois d’âpres négociations et discussions entre les membres des comités techniques de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), le Quai d’Orsay a signé un texte à trous qui laisse un goût amer dans la bouche des professeurs. Si une avancée majeure est à noter, d’importants reculs le sont davantage.

    Jusqu’alors, les contrats des enseignants français à l’étranger étaient encadrés par le décret 2002-22. Un texte caduque qui différenciait de manière trop stricte les professeurs dits expatriés et les dits résidents. Les premiers avaient des missions de formation et bénéficiaient des aides au déplacement, contrairement à leurs collègues. Les seconds, avaient des missions d’enseignement, et devaient prouver d’un rapprochement de conjoint ou de trois mois de résidence dans le pays. Sans quoi ils étaient d’abord embauchés en contrat de droit local durant cette même période de temps. Ils étaient des « faux-résidents ». Or, qui dit contrat de droit local, dit non cotisation pour la retraite et salaire moins élevé.

    Depuis 2002, ces contrats de faux-résidents étaient une poudrière prête à exploser. C’est finalement une ancienne professeur en Allemagne qui a craqué l’allumette meurtrière en 2018. Elle a saisi la Cour d’appel de Nantes et deux ans plus tard le verdict tombe : l’AEFE est condamnée pour « détournement de pouvoir et de procédure ». En février 2022, l’Agence sonne le glas des faux-résidents et ce dès la rentrée de septembre. Il faut donc rédiger un nouveau décret.

    Or, à cette période de l’année, la phase de recrutement pour septembre a d’ores et déjà commencé, et des faux-résidents recrutés. Tout est mis sur pause. Pour les ministères de l’Europe et des Affaires étrangères et de l’Éducation nationale, l’urgence est d’écrire ce texte. Les syndicats de professeurs l’entendent d’une autre oreille. Ils voient l’opportunité de prendre le temps de faire un texte solide où leurs droits seront défendus et valorisés.

    Un nouveau décret unanimement rejeté par les professeurs

    Dans le décret 2022-896, rien de tout cela n’apparaît, au contraire. S’ils pensaient obtenir des avancées, ils ont majoritairement obtenu des reculs. « C’est un passage en force qui rejette le dialogue social et donne le ton du nouveau gouvernement » invective Jérôme Nassoy, membre du SNES hors de France.

    A commencer par la disparition des Commissions consultatives paritaires centrales ou locales (CCPC et CCPL) qui permettaient aux syndicats d’avoir un droit de regard sur le recrutement de leurs collègues, et donc d’empêcher l’embauche par copinage. Car comme le spécifie Jérôme Nassoy, membre du SNES hors de France, « bien que ça ne soit pas la règle, il y a déjà eu des tentatives des personnels de recruter des connaissances et donc de ne pas respecter les règles. » Les CCPC injectaient donc de la transparence dans le recrutement. Sans elles, les professeurs craignent ne plus rien pouvoir contrôler.

    Par ailleurs, il regrette qu’aucune réponse ne soit apportée vis-à-vis des prestations familiales. Parmi elles, les professeurs demandaient une refonte du système de l’indemnité spécifique à la vie locale (ISVL), calculée par rapport à l’endroit de résidence. Or, avec la hausse du coût de la vie, l’inflation et la crise Covid, cette aide apparaît en décalage avec la réalité et ne suffit plus. Aujourd’hui, des fonctionnaires rencontrent des difficultés pour vivre et scolariser leurs enfants dans les établissements où ils exercent. Néanmoins, ledit décret 2022-896 ne fait pas état de l’ISVL.

    Il ne revient pas non plus sur le bornage de la durée des détachements. Avant 2019, les instructeurs pouvaient partir s’installer à l’étranger sans avoir de limite de temps. Mais depuis cette fameuse année, les nouveaux détachés ne peuvent rester que six ans maximum. « Comment se construire une famille quand nous savons que notre vie sur place a une date de péremption ? » se demandent-ils alors.

    grève
    Grève au Lycée français international de Bangkok le 19 mai 2022 contre le décret en cours de rédaction © SNES hors de France

    Une avancée notable

    Comme spécifié précédemment, dans l’ancien décret les résidents étaient distingués des expatriés. Dans le texte paru le 17 juin ce n’est plus le cas : tout le monde est dit détaché. Cependant, trois corps différents sont maintenus car les indemnités octroyées sont inégales. Effectivement, les professeurs en mission de formation et d’encadrement correspondent aux catégories 1 et 2, et perçoivent des aides au déplacement supérieures à la catégorie 3, à savoir ceux en mission d’enseignement.

    Malgré tout, les professeurs se félicitent de cette avancée car jusqu’ici ils n’avaient pas la moindre aide au voyage et au déménagement comme le spécifie Adrien Guinemer de l’UNSA éducation. Avant d’être nuancé par Jérôme Nassoy qui estime que l’Agence était obligée de modifier cette règle afin de pouvoir recruter du personnel venant de France.

    A ce propos, l’AEFE est toujours en période de recrutement pour septembre 2022. Mais grâce à sa décision de recruter massivement du personnel en disponibilité sur place, elle a réussi à réduire drastiquement le nombre de postes à pourvoir pour la rentrée. Effectivement, le 24 mai dernier il en restait encore 350, contre 66 d’après le compte-rendu du comité technique de l’AEFE du mardi 21 juin.

    Téléchargez le décret 2022-896 du 16 juin 2022

  • Le Japon envisage d’introduire la garde partagée après divorce

    Le Japon envisage d’introduire la garde partagée après divorce

    Cest la bonne surprise pour les hommes expatriés au Japon. En effet, la garde partagée des enfants en cas de divorce des parents nexiste pas légalement au Japon. C’est un véritable combat du quotidien. Il est fréquent que lex-conjoint, qui na pas la garde de son enfant, ne soit même pas autorisé à le voir, ne fût-ce quun week-end. Le pays du soleil levant est aujourdhui confronté à une augmentation du taux de divorce. De quoi pousser un sous-comité du ministère de la Justice à proposer lintroduction dun système de garde conjointe pour les couples séparés.

    La problématique de la garde exclusive

    La situation juridique alarmante pour le parent qui n’obtient pas la garde de l’enfant est imputée au Code civil japonais. Il stipule la surveillance exclusive et monoparentale pour les couples divorcés. Le projet provisoire de la révision du droit civil sera porté par le sous-comité d’ici au mois d’août. Il doit ensuite recueillir les réactions du public sur la question avant de poursuivre vers des discussions finales. Il y a de bonnes chances pour que cette révision soit adoptée.

    Contrairement à ce que l’on entend parfois, la garde partagée existe au Japon. Elle se limite cependant aux ménages mariés. L’enfant n’est légalement rattaché qu’à l’un des parents en situation de divorce. Le pays du soleil levant est rattrapé par sa faible natalité et le taux des séparations qui explose. Ces dernières années, environ 200 000 couples mariés divorcent chaque année au Japon, soit un sur trois !

    De quoi engendrer des problèmes sociaux prépondérants. La déconnexion des échanges entre l’héritier et le géniteur non-gardien a été montée en épingle dans la presse par les affaires qui ont éclaté. Souvent, il n’est pas possible de voir son enfant jusqu’à sa majorité. De plus, le non-paiement de la pension alimentaire reste un fléau qui pénalise la procédure de divorce.

    Des mentalités qui se modifient

    Comme toujours au Japon, les changements juridiques varient en fonction des époques. Ils sont portés par des tendances de l’opinion publique. L’avancement social des femmes et la participation croissante des hommes à l’enseignement des petits jouent une responsabilité majeure dans l’introduction de la garde partagée pour les couples divorcés. Des voix estiment qu’il est imprudent d’abandonner le rôle de parents après un divorce et de couper la relation avec l’enfant.

    Une enquête menée le 8 février 2022 l’atteste. Environ 50 % des répondants déclarent que les deux parents divorcés doivent être impliqués dans l’éducation de leur enfant. Dans le détail, 11,1 % ont indiqué que c’était « souhaitable dans tous les cas » et 38,8 % ont réagi que c’était « souhaitable dans de nombreux cas ». Plus de 90 % répliquent par l’affirmative, si l’on inclut les 41,6 % des sondés qui ont choisi « souhaitable si des conditions particulières existent ».

    Rappelons que la garde conjointe à la suite du divorce est une pratique usuelle dans beaucoup de pays. Le Japon est en retard, comme dans bien d’autres aspects sociaux. La population est parfaitement au courant de cette absence législative : 89,4 % se disent conscients du système de garde exclusive après la séparation. Les multiples batailles pour la garde et les cas « d’enlèvements d’enfants » de ces dernières années ont sensibilisé l’opinion publique. C’est un contexte atypique dans lequel l’un des parents s’empare d’un enfant sans le consentement de son ex-partenaire. Avec la protection de la loi, l’autre parent n’a aucun recours.

    La situation est encore plus critique si l’un des deux parents est occidental ou plus généralement étranger. Les enfants kidnappés au Japon font l’objet de dizaines d’articles dans les médias. Les associations dénoncent le non-respect par l’État des droits fondamentaux des enfants. Les dossiers sont retentissants : les avocats français mobilisent la commission des affaires juridiques du Parlement européen pour demander la suspension de l’accord de partenariat stratégique signé en 2018 entre l’Europe et le gouvernement nippon.

    Le cas de Vincent Fichot a ébranlé l’opinion publique française. Cet expatrié au Japon se bat depuis 6 ans pour revoir ses enfants. Les tribunaux du pays attribuent à coup sûr et exclusivement les enfants au parent qui détient les petits au moment de la séparation. Rapidement, des centaines de témoignages similaires se sont multipliés en Europe. Au final, des milliers de parents seraient concernés.

    Quelle évolution attendre ?

    Le quotidien Mainichi a eu accès à des sources proches du dossier. Selon elles, la proposition du ministère de la Justice permettra aux parents divorcés de choisir la garde conjointe par eux-mêmes.

    La justice aura aussi le pouvoir de trancher dans certains cas : par exemple, lorsqu’elle jugera qu’il est dans l’intérêt supérieur de l’enfant que les deux parents continuent à participer à son éducation.

    C’est une fantastique avancée qui récompense l’effort de milliers de pères et de mères du monde entier.

    Le système de garde conjointe envisagée permettrait aux deux parents de bien réfléchir et de prendre des décisions pour leur enfant. Plusieurs secteurs seront mis sur la table :

    • son éducation ;
    • son avenir ;
    • la manière dont une maladie est traitée ;
    • la gestion de ses vacances scolaires ;
    • les droits et libertés de chaque parent ;
    • les horaires attribués à chaque visite.

    Il reste un long chemin pour que ces nouvelles dispositions soient mises en place, mais elles sont attendues entre joie et anxiété pour les papas concernés.

  • La présidence tchèque de l’UE mobilisée pour le climat

    La présidence tchèque de l’UE mobilisée pour le climat

    La République tchèque veut faire du climat et de l’environnement les moteurs de sa prochaine présidence du Conseil de l’UE. Parmi ses priorités figure la promotion du paquet de lois européennes sur le climat intitulé «  Fit for 55  ».

    Le pays d’Europe centrale souhaite également faire de la biodiversité, de l’économie circulaire et de la préparation à la restauration de l’environnement en Ukraine après la guerre des priorités.

    La ministre tchèque de l’Environnement, Anna Hubáčková (KDU-ČSL, PPE), a présenté ses priorités européennes lundi (20 juin) sous le titre : «  Indépendance énergétique, neutralité climatique, paysages résilients  ».

    «  Ce sont les tâches fondamentales de notre ministère  », a-t-elle déclaré aux journalistes lors d’un point de presse.

    La République tchèque assume la présidence tournante de l’UE pour six mois dans un contexte de guerre russe en Ukraine. Ses priorités sont donc impactées par la nécessité de réduire la dépendance aux combustibles fossiles russes, combinée à des objectifs verts à l’échelle du bloc, a déclaré Mme Hubáčková.

    «  Le Pacte vert pour l’Europe recoupe les principales priorités de la présidence tchèque de l’UE  », a souligné la ministre.

    Prête pour les trilogues

    La République tchèque ne figure pas parmi les plus ardents défenseurs des politiques vertes au niveau européen. Par le passé, Prague a souvent défendu les préoccupations des industries à forte intensité de carbone.

    Au cours de sa présidence, elle s’efforcera de trouver des compromis entre les 27 États membres de l’UE sur les principales législations relatives au climat et à l’énergie dans le cadre du paquet «  Fit for 55  », qui vise à réduire de moitié les émissions de l’UE d’ici à 2030.

    Elle supervisera également l’adoption des mesures proposées dans le cadre du plan REPowerEU de la Commission européenne, qui vise à réduire de deux tiers la dépendance de l’UE à l’égard du gaz russe avant la fin de l’année.

    Les dossiers les plus urgents dans le cadre de l’initiative «  Fit for 55  » comprennent la révision du système d’échange de quotas d’émission de l’UE, le nouveau mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, la législation visant à réduire les émissions des voitures et des camionnettes, ainsi que le règlement sur le partage de l’effort. Des mesures de soutien telles que la proposition de Fonds social pour le climat sont également à l’ordre du jour.

    La présidence française du Conseil de l’UE (PFUE) sortante souhaite parvenir à une «  orientation générale  » sur ces dossiers le 28 juin. En cas de succès de la PFUE, la République tchèque cherchera à conclure un accord final entre les États membres de l’UE et le Parlement européen lors de discussions en trilogue avec la Commission européenne.

    «  Nous espérons que la PFUE sera en mesure de conclure les orientations générales. Toutefois, nous sommes préparés à toutes les possibilités  », a déclaré Mme Hubáčková.

    Le Parlement européen votera sa position sur la législation «  Fit for 55  » lors de la session plénière de cette semaine (22 juin) à Bruxelles.

    Anna Hubáčková, ministre tchèque de l’Environnement

    La pollution lumineuse et la restauration de la nature en Ukraine

    Outre l’agenda sur le climat et l’énergie, le ministère tchèque de l’Environnement souhaite se concentrer sur la déforestation et la protection des sols. Un sujet qui sera abordé lors d’une réunion informelle des ministres à Prague les 13 et 14 juillet 2022.

    Mais comme l’a révélé le ministère de l’Environnement, il souhaite également attirer l’attention sur la pollution lumineuse.

    «  La pollution lumineuse a un impact sur la santé humaine et la biodiversité. Les impacts sont divers et graves. Nous voulons sensibiliser le public. Nous voulons échanger des expériences avec les États membres de l’UE et, espérons-le, trouver une solution commune  », a souligné le vice-ministre de l’Environnement, Jan Dusík.

    Outre le secteur de l’énergie, la guerre en Ukraine a également redéfini les priorités de la présidence tchèque en matière de protection de l’environnement.

    «  Nous consacrerons également une partie de nos programmes à la stratégie de restauration de l’environnement endommagé en Ukraine  », a expliqué Mme Hubáčková, ministre tchèque de l’Environnement.

    Parmi les principales priorités de la présidence tchèque au second semestre 2022, il y aura également la future loi européenne fixant des objectifs contraignants pour la restauration de la nature. La Commission européenne devrait publier la proposition le mercredi 22 juin.

  • Pour en finir avec la litanie des doléances

    Pour en finir avec la litanie des doléances

    Un trop grand nombre de Français éprouvent des difficultés financières, des problèmes de logement ou d’emploi, problèmes accrus par la résurgence de l’inflation. Pourtant, nul ne peut ignorer que le taux de pauvreté en France est l’un des plus faibles d’Europe, quand le poids des dépenses sociales est l’un des plus élevés au monde, tout comme l’espérance de vie à la retraite. De même que les inégalités après redistribution et le temps de travail figurent parmi les plus faibles du monde.

    L’Etat doit résoudre tous les problèmes, des bobos de la vie quotidienne aux conflits internationaux

    La France se complait dans la litanie des maux et dans l’autodénigrement au point d’étonner les commentateurs étrangers. La raison ni le relativisme n’ont pas le droit de cité au pays de Descartes et de Montesquieu. La victimisation est devenue une antienne permettant de désigner des coupables. L’État concentre ainsi tous les griefs. Critiqué, vilipendé, jugé hégémonique, il est pourtant appelé en permanence à l’aide. Il se doit de résoudre tous les problèmes, des bobos de la vie quotidienne aux conflits internationaux en passant par les fermetures des usines.

    Pour la population, l’Etat se doit d’être omniscient, ce qui n’empêche d’être haï. Ne pas recourir à l’Etat et lui faire porter les griefs de tous les problèmes de la Terre est une faute. En 1999, lors de la marée noire de l’Erika, un maire breton eut ainsi l’impudence de demander à ses concitoyens de prendre leurs râteaux et leurs sceaux pour récupérer le pétrole. Il fut âprement critiqué pour ne pas avoir exigé l’intervention de l’État. Cette remontée au sommet est la marque d’une grande déresponsabilisation. La victime ne peut être coupable et se doit d’être dédommagée.

    Toute réforme est un exercice périlleux

    La France pratique l’art de la doléance sans nul pareil, les télévisions d’information continue ayant remplacé les cahiers de 1789. Sur les ondes, tout corps constitué, tout individu, n’a pas d’autres solutions que d’exprimer sa complainte. De la Révolution française à nos jours, le malheur fait vendre quand le bonheur ennuie. C’est au nom de ce principe que le pays demeure, siècle après siècle, un formidable terreau pour les révoltes et les révolutions en tout genre. Le pouvoir est toujours contesté, que ce soit sous Louis XIV au début de son règne avec la Fronde ou sous Napoléon qui a dû faire face à de multiples tentatives de coups d’État. Si aujourd’hui le Général de Gaulle fait l’objet d’un culte, sa présidence fut tout sauf un long fleuve tranquille. Il dut faire face à de multiples tentatives d’assassinat, à des grèves de grande ampleur obligeant même au recours à l’armée, à une contestation violente de la part de la gauche – communiste ou non – et à une révolte étudiante.

    En France, toute réforme est un exercice périlleux. Synonyme de régression, de remise en cause des droits acquis, elle amène toujours une cristallisation des oppositions. Elle est, par nature, suspecte.

    Une manifestante lors d’une marche des « Gilets jaunes »

    Notre pays est-il condamné à choisir entre l’immobilisme ou le chaos ?

    La dernière réforme des retraites visant à instituer un système universel par points en est le parfait exemple. Censé être plus équitable, ce système fut accusé de tous les maux dont certains relevaient du fantasme. Avec Internet, les jugements et les appréciations se construisent et se déconstruisent le temps d’un clic, la forme primant sur le fond. L’immobilisme a été érigé en sagesse et serait un gage de durée voire de popularité pour les pouvoirs publics. La litanie des maux et des doléances serait-elle une fatalité à laquelle la France ne peut pas échapper ? Notre pays est-il condamné à choisir entre l’immobilisme ou le chaos ? Une voie consensuelle est-elle imaginable ? Suppose-t-elle des changements institutionnels et une modification de l’altérité au sein de la population française ?

    Une plus grande responsabilisation des acteurs sociaux, économiques et culturels serait peut-être souhaitable. La France pourrait s’engager sur une voie plus fédérale avec un système poussé de péréquation. Une réflexion pourrait être ouverte sur l’instauration d’un régime présidentiel avec une séparation plus marquée entre l’exécutif et le législatif. Le champ de la négociation sociale pourrait faire l’objet d’un domaine protégé sur lequel l’État ne pourrait pas intervenir sauf rares exceptions.

    Il faudrait surtout prendre l’habitude de raisonner sans penser que l’État est la clef de tous les problèmes.