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  • Sri Lanka : témoignage d’une famille d’expatriés

    Sri Lanka : témoignage d’une famille d’expatriés

    Quelques heures après les évènements ayant mené à la chute du Président, Gauthier Seys, le fondateur de Stereochic, recevait Clémence, une Française mariée à un Suisse, installée au Sri Lanka depuis 2018. L’occasion de revenir sur les conséquences pour les Sri-lankais, les expatriés et les touristes.

    Une crise économique sans précédent

    Depuis plusieurs mois, le pays fait face à la plus importante crise économique depuis son indépendance en 1948. Une situation dont le président Gotabaya Rajapaksa est jugé en partie responsable. Après son élection en novembre 2019, il avait procédé à d’importantes réductions d’impôts, pour un coût annuel de 800 milliards de roupies (plus de 2 milliards d’euros). Quelques mois plus tard, il avait décidé l’arrêt des importations d’engrais chimiques et de produits phytosanitaires dans le pays pour atteindre une production agricole 100 % biologique.

    Cette mesure, finalement abrogée en février 2022, a contribué au déclin économique du pays. De plus, les attentats djihadistes d’avril 2019 puis la crise de la Covid-19 ont frappé durablement le secteur touristique, pilier de l’économie sri-lankaise.

    La crise est à son paroxysme ce 14 juillet, Gotabaya Rajapaksa s’enfuit à Singapour et démissionne, alors qu’à Colombo les manifestants mettent fin à l’occupation de bâtiments publics, tout en promettant de continuer à mettre sous pression le pouvoir.

    Pas de tensions depuis la démission

    La première question qui vient à l’esprit de tous, lorsqu’on analyse la situation politique, c’est celle de la sécurité. Clémence nous rassure de suite en expliquant que le calme est revenu depuis et que les échauffourées se sont de toute façon limitées à la capitale, Colombo.

    Elle nous explique que la population a une colère, mais bien canalisée et qui se limite aux anciens dirigeants. La bienveillance et le sens de l’accueil sont toujours de mise à Ceylan.

    Le tourisme à l’arrêt

    La vraie conséquence de la révolution pour l’économie de l’île et des expatriés, c’est l’arrêt brutal des réservations. Clémence et son mari qui accueillent des touristes occidentaux, sous différentes formules, à découvrir sur leur blog « Un passeport en cavale« , ont immédiatement constaté que les demandes de renseignements ou les confirmations de réservation se sont taries.

    Photo du blog de Clémence ©Un passeport en vadrouille

    Une situation qui ne va pas s’améliorer tant que le pays n’aura pas réussi à résoudre ses problèmes financiers qui entraient coupures de courant et autres interruptions de services publics.

    Les expatriés satisfaits pour la population

    La communauté française ne fut pas surprise du déclenchement de cette révolution, saluant « que pour une fois la population s’est révoltée ». La situation était devenue impossible avec des problèmes qui s’étendaient désormais à l’alimentation.

    Si les expatriés ont le sourire pour les Sri-lankais, ils font grise mine quant à leurs business. Comme souvent dans ces pays, nos compatriotes excellent dans les métiers liés au tourisme et sont donc victimes du coup d’arrêt actuel qui frappe ce beau pays.

    Ecoutez le podcast avec Clémence au Sri Lanka

  • La Croatie prête à rejoindre la zone euro

    La Croatie prête à rejoindre la zone euro

    Le 1er janvier 2023, la Croatie entrera officiellement dans la zone euro de l’Union européenne. Le passage à la monnaie unique va apporter plusieurs changements dans la vie des Croates et des Français installés sur place. 

    Le 1er juin dernier, la Commission européenne et la Banque centrale européenne ont acté que la Croatie était “prête à adopter l’euro”, selon leur rapport de “convergence”. Une approbation qui va entraîner la disparition de la Kuna, la monnaie nationale, au profit de la mise en circulation de la monnaie unique. Ainsi, à partir de l’automne, les prix seront affichés dans les deux devises. Sur les étiquettes, les habitants pourront y lire un taux de change de 7,5345 kuna pour 1€. 

    Croatie, zone euro
    Le ministre croate des Finances, Zdravko Maric, et la présidente de la BCE, Christine Lagarde ©AFP

    Un processus long

    Vingt ans après avoir déposé sa candidature pour rejoindre l’Union européenne, et dix ans après en être devenu membre, le pays des Balkans devient la vingtième nation de la zone euro. A l’instar de chaque pays de l’UE, au moment de son adhésion, la Croatie s’est engagée à adopter à terme la monnaie unique. Mais pour cela, elle doit remplir certains critères économiques tels qu’une économie résiliente.

    Finalement, Zbynek Stanjura, le ministre tchèque des Finances dont le gouvernement a pris la présidence de l’UE le 1er juillet dernier, a assuré que « la Croatie a rempli avec succès tous les critères économiques requis et payera en euros à partir du 1er janvier 2023″. Après avoir tenu « à féliciter [son] homologue, Zdravko Maric, et la Croatie toute entière ».

    Un évènement « historique »

    Dans une interview accordée à Euractiv, le ministre croate a assuré qu’intégrer la zone euro était « l’un des objectifs stratégiques » du gouvernement au début de son mandat en 2016. A ses yeux, il s’agit d’un moment « historique » pour la Croatie.

    Croatie
    Tea Pestotnik Prebeg, élue consulaire en Croatie

    Même son de cloche du côté des représentants français sur place. Effectivement, pour Tea Pestotnik Prebeg, élue consulaire des Français en Croatie, « c’est un moment stratégique pour la Croatie, pour toutes nos banques, pour les touristes et les habitants”.

    De son côte, Lucijana Leoni qui est consul honoraire de la France à Dubrovnik, assure qu’« il sera maintenant plus facile de voyager dans le pays pour les Européens. Et puis la vie des Français installés sur place va également être simplifié au niveau des échanges bancaires ».

    L’ambassade française en Croatie

    Un changement pour les Français de Croatie

    Frédéric Petit, député des Français de la VIIème circonscription

    « Être un Français vivant dans l’Union européenne mais dont le pays de résidence n’appartient pas à la zone euro peut parfois apporter son lot de complications », nous a déclaré Frédéric Petit, député des Français de la VIIème circonscription. Résidant lui-même en Pologne, dont la monnaie locale est le Złoty, il connait bien cette problématique. Effectivement, bien que ce ne soit pas obligatoire, les expatriés doivent généralement ouvrir un compte bancaire dans leur pays de résidence afin de ne pas être gênés, par exemple, par les frais de change onéreux.

    Or, à partir de janvier 2023, les quelques mille Français de Croatie, n’auront plus besoin de se poser la question. Ils pourront au choix ouvrir un compte sur place ou bien garder le leur en France. Un avantage pour les personnes désirant s’installer pour une courte durée notamment. De fait, si la communauté française du pays méditerranéen est de moitié composée de retraités installés sur la côte, les grandes villes accueillent de nombreux travailleurs et étudiants. Une population jeune et hétéroclite attirée par le pays, et les filiales des grandes entreprises françaises établies à Zagreb, la capitale.

  • La Hongrie envisage une résolution prochaine du différend avec Bruxelles sur l’État de droit

    La Hongrie envisage une résolution prochaine du différend avec Bruxelles sur l’État de droit

    Des fonctionnaires hongrois sont à Bruxelles cette semaine pour négocier avec la Commission européenne sur les problèmes de longue date liés à l’État de droit et à la démocratie. Budapest est « optimiste » quant à la possibilité de lever le principal obstacle à l’obtention de milliards d’euros avant la fin de l’été.

    « Mon objectif, qui est raisonnable et réalisable, est de régler toutes les questions en suspens dans la procédure de conditionnalité budgétaire d’ici la fin du mois d’août », a déclaré János Bóka, secrétaire d’État aux affaires européennes au ministère hongrois de la Justice, mardi (19 juillet).

    M. Bóka est chargé de trouver une solution suite à la décision de la Commission de mettre en place un mécanisme de conditionnalité destiné à limiter le flux de fonds européens vers les pays présentant des problèmes systémiques d’État de droit.

    L’exécutif européen a pris cette mesure réglementaire à l’encontre de la Hongrie quelques jours après les élections d’avril, qui ont vu le Premier ministre Viktor Orbán être réélu pour la quatrième fois.

    Dans sa lettre d’avril de lancement de la procédure, qu’EURACTIV a pu consulter, la Commission met en avant des problèmes systémiques de conflits d’intérêts, des problèmes de marchés publics, de confiance dans l’exercice des fonctions publiques et des efforts insuffisants en matière de lutte contre la corruption.

    Budapest a envoyé sa réponse à la lettre le 27 juin, laissant à l’exécutif européen un « délai indicatif d’un mois » pour décider s’il va demander aux autres membres du bloc de donner leur accord pour une action.

    La Hongrie aura son mot à dire pour savoir si elle considère que les sanctions proposées sont équitables, si la Commission poursuit son action.

    Hongrie

    Des mesures procédurales de la Commission européenne

    En raison de la rigidité des délais prévus par le règlement établissant le mécanisme de conditionnalité, « la Commission devra probablement, à un moment ou à un autre, prendre des mesures procédurales, quelle que soit l’avancée des négociations », a déclaré M. Bóka.

    Toutefois, il a ajouté qu’une fois que toutes les questions en suspens liées à la discussion sur la conditionnalité budgétaire auront été réglées, Budapest espère une « conclusion rapide » des négociations sur le plan pour la reprise post-Covid, ainsi qu’un accord sur les fonds réservés à la Hongrie dans le cadre de la politique de cohésion de l’UE.

    La Hongrie est le dernier État membre de l’UE à attendre le feu vert de la Commission sur son plan national pour la reprise et la résilience, une étape nécessaire pour débloquer des subventions d’un montant de 5,8 milliards d’euros, qui ont déjà été revues à la baisse (7,2 milliards d’euros) après que l’économie hongroise a enregistré des résultats supérieurs aux prévisions l’année dernière.

    Pour répondre aux préoccupations de la Commission, Budapest s’est récemment engagé à réduire à moins de 15 % la proportion de procédures de passation de marchés publics à soumissionnaire unique (cette proportion est actuellement de 17 % pour les appels d’offres financés par l’UE et de 34,6 % pour ceux qui proviennent uniquement du budget national), à allonger la durée des consultations publiques avant l’adoption d’un texte législatif, à limiter le nombre de fois où la législation est adoptée par procédure accélérée et à affecter les fonds européens à l’indépendance énergétique.

    Le gouvernement hongrois a également indiqué qu’il était prêt à modifier la législation pour permettre un contrôle judiciaire des décisions du ministère public de ne pas donner suite à certaines affaires.

    Toutefois, les critiques affirment que ces concessions ne résoudront probablement pas les problèmes structurels de l’État de droit en Hongrie.

  • Les peuples ont-ils encore une mémoire ?

    Les peuples ont-ils encore une mémoire ?

    La succession rapide des informations, la multiplication des polémiques stériles et des fausses nouvelles, l’analyse pseudo-psychanalytique en temps réel des faits et gestes des dirigeants, publics ou pas, affectent en profondeur la constitution de la mémoire collective. Depuis une trentaine d’années, les crises se succèdent les unes aux autres, des subprimes à la guerre en Ukraine en passant par l’épidémie de Covid-19. Tout est important dans l’immédiateté et rien ne l’est sur la durée.

    Jusqu’au début des années 2000, l’Europe a vécu sur la mémoire des horreurs de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale ainsi que sur la crainte d’un conflit nucléaire avec l’URSS. La rémanence de la crise de 1929 était également forte. Il n’était pas rare que les plus anciens fassent également mention de la guerre de 1871 dont ils avaient entendu parler par leurs parents et leurs grands-parents. Le projet européen est né de la volonté de ses pères fondateurs d’éviter le retour de ces malheurs. La création d’un marché commun puis unique, avec le rejet de tout protectionnisme, a été pensée comme un moyen de pacification et de développement.

    La construction européenne a été une réussite au-delà de toutes les espérances

    Avec l’appui américain par le plan Marshall et l’instauration sur le terrain militaire de l’OTAN, la construction européenne a été une réussite au-delà de toutes les espérances et cela malgré de nombreuses crises entre les États membres. La chute du Mur de Berlin et celle de l’URSS ont été une apothéose inattendue pour l’Union européenne. En Allemagne, il était de bon ton de parler en permanence de réunification tout en étant convaincu qu’elle n’aurait jamais lieu. L’intégration des États d’Europe centrale et orientale à l’Union européenne est alors apparue comme une évidence. Elle soldait l’abandon coupable dont ils avaient fait l’objet après 1945 et visait à empêcher la résurgence de revendications nationalistes en leur sein. Cette extension à l’Est a permis le passage avec succès à l’économie sociale de marché de ces pays.

    L’Union européenne peine à trouver un deuxième souffle

    Malgré ses indéniables réussites parmi lesquelles figure l’euro, l’Union européenne peine à trouver un deuxième souffle. Elle surmonte les crises en faisant preuve parfois d’audace, que ce soit en 2012 lors du problème d’endettement de la Grèce ou lors de la crise sanitaire avec le lancement du plan de relance. Mais, en raison des antagonismes internes, elle n’a plus de grands projets structurants comme pouvaient l’être dans le passé le marché unique ou l’euro.

    Avec les crises, les États se recroquevillent sur leur pré carré. Pour autant, face aux multiples défis économiques, environnementaux ou géopolitiques, la dimension européenne s’impose comme une ardente nécessité. Les embargos de gaz et de pétrole ainsi que la transition énergétique justifient des initiatives à l’échelle européenne. En 1957, le Traité de Rome avait prévu la création de l’Euratom en vue de coordonner les programmes de recherche sur l’énergie nucléaire. L’objectif était l’émergence et la croissance rapide d’une industrie nucléaire indépendante au sein des pays signataires. Cette initiative qui prolongeait la création de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) visait, après la crise du canal de Suez en 1956, à résoudre les problèmes d’approvisionnement en pétrole.

    Union européenne
    Le traité de Maastricht signé le 7 février 1992, et actant la création de l’Union européenne

    Une institution européenne chargée des nouvelles énergies

    L’instauration d’une institution européenne chargée des nouvelles énergies permettrait des rendements d’échelle en matière de recherche et de pouvoir de négociation.

    Le renforcement de l’Europe passe également par un renforcement des coopérations industrielles au niveau de la défense. L’arrivée de la Suède et de la Finlande au sein de l’OTAN est à même de faciliter une forte coopération en la matière. La guerre en Ukraine a fait prendre conscience à de nombreux Européens de l’Ouest que l’Union allait de Dublin à Tallin, et que l’Ukraine ne se trouvait qu’à 2 000 kilomètres de leurs frontières.

    Même si l’élargissement à l’Est a été opéré il y a vingt ans, les anciens États membres du Pacte de Varsovie ont été longtemps peu ou mal considérés, générant des rancœurs. Les tensions actuelles avec la Russie devraient amener à un rééquilibrage à l’Est de l’Union avec sans nul doute des gestes à réaliser pour éviter une concentration des institutions européennes à l’Ouest.

    L’Europe est avant tout un continent d’histoire et de culture. A tort, la construction européenne a préféré ignorer cette réalité pour contourner les problèmes issus des longs conflits militaires. Près de 80 ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, il est certainement temps de tourner la page et de placer les valeurs communes au cœur du projet européen. La multiplication des échanges culturels, le renforcement des échanges scolaires et universitaires pour gagner en cohésion et confiance complèteraient fort utilement les avancées fédérales à réaliser au niveau économique.

  • Loi pour le pouvoir d’achat en France, les premières décisions aussi pour les expatriés

    Loi pour le pouvoir d’achat en France, les premières décisions aussi pour les expatriés

    Après des débats mouvementés, trois articles du projet de loi sur le pouvoir d’achat ont été adoptés mardi 19 juillet. L’Assemblée nationale a notamment voté la facilitation des dispositifs d’intéressement en entreprise, une mesure fustigée par la coalition de gauche Nupes, durant l’examen toujours au ralenti du projet de loi pouvoir d’achat.

    Prolongement de la prime Macron

    Le premier article du projet de loi portant sur le prolongement de la prime Macron a été voté à 327 voix pour, 119 contre. Tous les députés de la Nupes s’y étant fermement opposés. Bonne nouvelle, cette disposition s’applique aux frontaliers, VIE, détachés et tous les salariés hors de France d’une entreprise française et toujours fiscalisés en France.

    Cet article consiste à tripler le plafond de la prime en accordant aux employeurs la possibilité de verser une prime d’un montant maximal de 3000 voire 6000 euros aux salariés percevant trois fois moins que le SMIC.

    L’opposition de la Nupes a fustigé le fait qu’une prime d’un montant de 6000 euros ne puisse être octroyée qu’à condition que l’entreprise ait mis en place un dispositif d’intéressement. Le député insoumis François Ruffin a notamment dénoncé le caractère « bidon » de cette proposition.

    Députés LFI opposés à certains articles de la loi pouvoir d’achat (Photo Christophe ARCHAMBAULT / AFP)

    Baisse des cotisations sociales

    Un deuxième article a été adopté portant cette fois sur les cotisations sociales des travailleurs indépendants.

    Selon le site de l’Assemblée nationale cet article a pour but de « baisser les cotisations sociales des travailleurs indépendants afin de permettre une progression du pouvoir d’achat annuel de 550 euros pour ceux ayant un revenu équivalent au niveau du SMIC. Les professionnels ainsi concernés sont les artisans, les commerçants, l’ensemble des professions libérales ainsi que les chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole, soit 2,25 millions de personnes environ ». Il a été adopté à 237 voix pour.

    L’épineux dispositif d’intéressement en entreprise

    Les débats se sont éternisés sur ce troisième article qui vise principalement à favoriser l’intéressement (primes liées aux résultats de l’entreprise) dans les petites entreprises de moins de 50 salariés. Il a été voté en première lecture, par 288 voix contre 90, avant l’examen du projet de loi au Sénat.

    Le ministre du Travail Olivier Dussopt a loué un mécanisme de « simplification » et de « facilitation » pour le « partage de la valeur » au sein de l’entreprise. L’intéressement est « encore très peu mis en œuvre » dans les entreprises de moins de 50 salariés, a souligné la députée LREM Astrid Panosyan-Bouvet.

    Pour le développer, l’article permet un dispositif sur « décision unilatérale » des chefs de ces petites sociétés en l’absence d’institutions représentatives du personnel ou en cas d’échec des négociations, quand l’entreprise n’est pas couverte par un accord de branche agréé prévoyant un dispositif d’intéressement.

    De leur côté, les députés LFI, écologistes et communistes ont rejeté en bloc l’article en réclamant des augmentations de salaires plutôt que des primes.

    « C’est un leurre complet », un « subterfuge offert aux patrons pour éviter encore une fois toute hausse de salaire réelle », a pointé du doigt la LFI Aurélie Trouvé.

    Les articles 7, 8 et 9 : des articles pour les consommateurs

    Mardi 19 juillet à minuit, il restait 389 amendements à examiner sur ce projet de loi avec un calendrier qui risque d’être encore bousculé de par la lenteur des débats. Parmi ces textes, 3 articles ont pour vocation de protéger les consommateurs dont les expatriés utilisant des services français à l’international, ou leur voyage en France comme en cas de détention de biens sur le territoire national.

    « Se désengager en trois clics »

    Le premier de ces articles doit permettre « de résilier facilement un contrat conclu par voie électronique », c’est-à-dire sur internet et sur application mobile, « afin de ne pas le maintenir captif d’un opérateur économique ».

    Si on peut s’engager en trois clics, on doit pouvoir se désengager en trois clics »

    Olivia Grégoire, Ministre déléguée chargée des PME, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme

    La démarche est regardée favorablement par l’Union européenne et a déjà été mise en place en Allemagne.

    Début juillet, le géant américain Amazon s’est engagé à simplifier la procédure permettant le désabonnement de son offre « Prime », « suite à un dialogue avec la Commission européenne et les autorités nationales de protection des consommateurs », selon Bruxelles. Une démarche qui faisait suite à une plainte de plusieurs associations de consommateurs.

    « Alors que les parcours pour s’abonner sont souvent très simples, il doit en être de même pour le désabonnement »

    Le président de l’UFC-Que Choisir, Alain Bazot.

    L’article 8 du texte vise à obliger ceux proposant la souscription de contrats d’assurance par voie électronique, à prévoir une résiliation « selon cette même modalité de façon facile, directe et permanente ». Une mesure que le gouvernement, insistant sur le caractère d’urgence du texte de loi, espère faire entrer en vigueur au plus tard au 1er février 2023.

    Seuls les « contrats du quotidiens conclus en ligne » sont ciblés « car si on imposait cette résiliation par voie électronique à tous les contrats conclus à distance, cela pourrait obliger certaines entreprises, notamment TPE ou PME, à réaliser des investissements importants », comme la mise en place d’un site internet sur lequel résilier le contrat, détaille Olivia Grégoire.

    L’article 9 prévoit enfin d’alourdir les sanctions encourues en cas de pratique commerciale trompeuse ou abusive dès lors qu’elle est suivie de la conclusion d’un contrat.

    Lors de l’examen du texte en commission des Affaires économiques, ces mesures n’ont pas soulevé d’opposition majeure. Exception notable: les députés ont voté, contre l’avis d’élus LREM, des amendements de LR soutenus par LFI, pour supprimer une partie des frais de résiliation des contrats d’abonnement téléphonique ou internet.

    Si le gouvernement prévoit d’échanger sur ce sujet avec les parlementaires « pour voir quelle position leur convient », il craint que les opérateurs ne répercutent autrement les frais aux consommateurs, par exemple en faisant payer davantage le terminal téléphonique souvent fourni moins cher quand il est pris avec un abonnement.

    En commission, les députés avaient aussi voté des amendements similaires, des communistes, écologistes et du RN, pour sanctionner les banques qui manquent à leurs obligations légales de « rembourser immédiatement » des consommateurs victimes de fraudes.

  • Lutte contre les incendies : les pays européens se serrent les coudes

    Lutte contre les incendies : les pays européens se serrent les coudes

    L’Europe met en place de nombreux projets de recherche et de partage de méthodes pour améliorer la lutte contre les incendies qui devraient s’accentuer dans les années à venir.

    Le sud de l’Europe s’embrase. Ces derniers jours, plusieurs centaines d’incendies ont frappé l’Espagne, le Portugal, l’Italie ou la Grèce. Dans le Sud-ouest de la France, deux gigantesques incendies ont réduit en cendres quelque 15 000 hectares de forêt – plus que la surface de Paris intra-muros.

    Chaque année en Europe, près de 500 000 hectares disparaissent sous les flammes, essentiellement dans les pays méditerranéens. Partout, ces méga-incendies laissent derrière eux des terres détruites, des populations sinistrées et des puissances publiques à bout de force.

    « Ce qui se passe au Portugal ou en Grèce est la préfiguration de ce qui est susceptible de se passer en Europe du Nord. Les modèles sont très clairs depuis 10 ans, nous avons une extension des zones à risque vers le nord et en altitude » prévient Eric Maillé, ingénieur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae).

    Vue du mégafeu au Portugal ©AFP

    Culture du feu

    Afin de mieux prévenir, lutter, et encaisser ces incendies, l’Union européenne mise sur des transferts de pratiques. « Nous devons prendre ce qu’il y a de bon dans certains pays, certaines régions d’Europe et les partager » ajoute le scientifique qui travaille sur l’un de ces projets, Med-Star, impliquant le territoire maritime du sud-est français et italien.

    La culture du feu, par exemple, encore présente dans certaines régions transalpines ou au Portugal, manque cruellement à la France. « Les Italiens ont beaucoup travaillé sur les « firewise communities », ces communautés du feu, un concept canadien à l’origine. En Toscane, les communautés villageoises prennent collectivement des mesures pour se protéger, par exemple en débroussaillant » poursuit le chercheur. Une pratique – pourtant obligatoire dans les zones exposées -, encore difficile à imposer aux Français, dont l’approche reste très individualiste, dans l’autogestion du risque.

    À l’inverse, la France est performante sur l’information des usagers des espaces naturels (touristes, visiteurs). Une compétence des territoires, régions ou communautés de communes qui parviennent à faire passer les messages de prévention, l’un des leviers les plus importants selon Eric Maillé. 90 % des départs de feu sont d’origine humaine, dont la moitié liée à une négligence : un mégot jeté sur le bord de la route, un feu de camping mal éteint, une braise de barbecue qui s’échappe… « Il faut encore travailler sur la culture du risque, il y a une marge de progrès énorme » poursuit-il.

    Lutte et résilience

    Sur la lutte contre les feux, les pays transfrontaliers tentent d’améliorer les échanges d’informations et de méthodes, par exemple entre les salles opérationnelles et les postes de commandement. D’après le chercheur, les patrouilles aériennes françaises, capables de se déporter rapidement sur les zones d’alertes, pourraient être transférables en Italie.

    Des initiatives portées par Med-Star se focalisent également sur la résilience. Que se passe-t-il une fois l’incendie éteint ? « Les interventions ne sont pas toujours couronnées de succès, car c’est très compliqué d’intervenir sur des espaces brûlés, en tout cas dans les régions du Sud. Et si on laisse faire, la masse végétale très fine qui repousse peut s’embraser facilement. »

    Des travaux de recherche portent actuellement sur le transfert d’espèces végétales dans de nouveaux territoires. Comme le climat se déplace très vite, les plantes locales n’ont pas le temps de s’adapter. Des expérimentations ont lieu sur du chêne vert, une essence méditerranéenne particulièrement résiliente face aux incendies, que nous pourrions aider à s’installer dans les régions plus septentrionales.

    D’autres projets européens de recherche sont en cours, mobilisant des chercheurs, comme FIRE-RES, qui court de 2021 à 2025. 34 partenaires scientifiques dans de nombreux pays tentent de rendre les territoires plus résilients aux feux extrêmes.

    Dernièrement, le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), en collaboration avec l’Université d’Evora (projet CILIFO) a réalisé plusieurs simulations numériques afin de comprendre l’apparition des incendies de 2017 ayant fait plus de cent morts au Portugal. De son côté, l’Inrae développe un système de prévision grâce à des images satellites en Europe du Sud.

    Harmonisation

    Selon les chercheurs de l’Inrae qui se sont réunis fin juin à l’occasion d’une table ronde sur le sujet, les politiques de prévention et de lutte ont démontré une grande efficacité ces dernières décennies. À tel point que les surfaces brûlées ont diminué. « En France, on est passé de 45 000 hectares par an dans les années 70-80 à 11-12 000 hectares depuis 2006 », explique Jean-Luc Dupuy, Directeur de recherche à l’Inrae.

    Avec la hausse des températures globales et la baisse des précipitations, nous sommes entrés dans une nouvelle séquence. La végétation est plus sèche, les incendies battent des records sur le plan de la vitesse de propagation, de l’intensité, de l’impact.

    « D’après les projections faites à partir des scénarios climatiques du GIEC, les surfaces pourraient augmenter d’un facteur deux à trois d’ici la fin du siècle en Europe du Sud, la zone à risque va s’étendre vers le nord de l’Europe et en altitude », annonce Jean-Luc Dupuy. Ces trente dernières années aux Etats-Unis, les feux sont montés de 252 mètres en moyenne, étendant ainsi la surface forestière vulnérable de 11%.

    Dans ce contexte, les services de luttes auront du mal à tenir, d’où la volonté européenne de miser sur la prévention et la résilience.

    D’autant que, pour Eric Maillé, nous sommes arrivés au bout de nos moyens aériens en France. « On ne va pas investir dans des centaines de Canadairs. Ils ne servent que quelques jours par an, leur coût de revient est très élevé. Nous avons besoin d’une force d’action plus européenne, il faut harmoniser nos moyens pour pouvoir intervenir simultanément sur les différents théâtres. »

  • Télétravail : les frontaliers se mobilisent

    Télétravail : les frontaliers se mobilisent

    La fin du télétravail illimité est au centre des discussions dans les entreprises des pays frontaliers de la France. Si les Belges n’ont désormais droit qu’à 34 jours de télétravail par an, ceux résidant en France à 29 jours, et les Allemands à 19 jours, une pétition, originaire du Luxembourg, propose de remettre les choses à plat avec un télétravail à deux jours par semaine pour tous, quel que soit le pays de l’Union européenne.

    Retour au régime spécifique au pays

    Si pendant la pandémie, les règles européennes ont été mises de côté, permettant à tous les salariés de n’importe quelle entreprise de tout pays de travailler depuis son domicile, et ce où qu’il soit dans l’Union européenne, ce n’est plus le cas depuis le 30 juin 2022. En effet, depuis début juillet, c’est le retour au régime proposé à chaque pays. Une période transitoire, accompagnée d’une tolérance administrative, a néanmoins été mise en place concernant l’affiliation à la sécurité sociale, du 1er juillet jusqu’au 31 décembre 2022.

    Le régime européen

    Cependant il existe un socle de règles européennes que certains frontaliers voudraient voir appliquer à tous, et ce sans restrictions.

    Ainsi, pour l’Union européenne, les salariés ne doivent pas travailler plus de 25 % de leur temps de travail annuel en dehors du pays d’attache de la société. Cela représente une cinquantaine de jours par an. Si vous dépassez ces 25 %, vous ne serez plus affilié à la sécurité sociale du pays de votre employeur (maladie, famille, retraite, etc.).

    En tant que frontalier, si vous dépassez ce seuil de 25 %, vous serez affilié dans votre pays de résidence pour votre sécurité sociale et vous devrez payer vos cotisations sociales dans votre pays.

    C’est donc ce régime plus généreux que ceux instaurés par les différents pays que les travailleurs frontaliers voudraient voir se généraliser.

    ©Stockadobe

    Le cas luxembourgeois

    Au Luxembourg, de par sa situation géographique et la sociologie de ses emplois, les travailleurs frontaliers sont particulièrement nombreux, proportionnellement à la masse salariale totale du pays, et sont donc particulièrement touchés par les conséquences du retour au régime spécifique de chaque Etat membre de l’Union européenne.

    C’est donc logiquement dans le Grand-Duché que la mobilisation a pris en premier. Et elle est forte. En effet, la constitution luxembourgeoise permet une fois 4500 signatures de résidents recueillies de lancer un débat national et public.

    Et la pétition demandant deux jours de télétravail pour tous a dépassé les 4.500 signatures nécessaires à un débat public en moins de 24 heures. Un record pour le Luxembourg. Mais ce débat n’entrainera pas forcément une loi et n’aura pas d’impact sur ses voisins. Cependant vu l’ampleur du phénomène qui essaime dans tous les pays européens, le Grand-Duché devrait mettre ce sujet sur la table du Conseil européen dans les prochains mois.

    «Les limitations fiscales et de sécurité sociale de l’ancien monde doivent être revues à la hausse. Cela permettrait de retirer le meilleur des deux mondes en développant un mode de travail hybride plus respectueux de l’environnement, tout en maintenant la dynamique positive des interactions sociales en entreprise et en améliorant le pouvoir d’achat des ménages compte tenu de la hausse des coûts du carburant.»

    Une pétitionnaire dont le commentaire fut publié dans Paperjam

    Le temps presse, la période transitoire pour la sécurité sociale se finissant à la fin de l’année, les régimes fiscaux sont déjà rétablis, les Européens concernés, dont de nombreux expatriés français, attendent une réponse rapide, simple et efficace. Mais encore faudra-t-il que le parlement européen suive, ce qui n’est pas évident…

  • Ukraine : un ancien espion décrypte les limogeages de proches de Zelensky

    Ukraine : un ancien espion décrypte les limogeages de proches de Zelensky

    Surprise sur le front ukrainien ! Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a limogé la procureure générale et le chef des services de sécurité du pays en raison de soupçons de trahison de certains de leurs subordonnés au profit de l’envahisseur russe. « J’ai pris la décision de relever de leurs fonctions la procureure générale » Iryna Venediktova, « et le chef des services de sécurité » Ivan Bakanov, a déclaré solennellement Volodymyr Zelensky dimanche soir. C’est une décision aussi radicale que surprenante d’autant plus qu’Ivan Bakanov, placé à la tête des renseignements, n’est autre que l’ami d’enfance du président ukrainien.  

    TV5Monde a interviewé Sergueï Jirnov, ancien espion. Il explique les raisons du limogeage de 2 proches du président ukrainien, accusés d’espionnage.

    Regardez l’interview sur TV5MONDE

  • L’Europe, le nouvel eldorado des licornes

    L’Europe, le nouvel eldorado des licornes

    Au moment où le Président Emmanuel Macron vantait la capacité du pays à attirer des entreprises de haute technologie lors du Forum à Versailles, « Choose France », des économistes s’interrogeaient sur les conséquences des chocs économiques en cours sur les start-up européennes. Lors des deux précédentes grandes crises, l’éclatement de la bulle Internet et la crise financière de 2008, l’Europe a connu une forte régression de son secteur de pointe quand les États-Unis ont fait preuve de résilience. Les moteurs de recherche européens nés au tournant du siècle ont été nombreux à disparaître tout comme des entreprises de fabrication de téléphones comme Nokia. Même si la fintech suédoise, Klarna, spécialisée dans l’affacturage en ligne est en difficulté, les start-up européennes et leurs capital-risqueurs semblent plus solides que par le passé.

    Elles seraient moins dépendantes du savoir-faire et des capitaux extra-européens. Ayant connu des valorisations moins importantes et ayant moins fait appel au financement par les actions que leurs concurrentes américaines, elles seraient moins exposées au retournement des marchés financiers.

    L’Europe compte désormais près de 150 licornes

    Les Européens ont découvert récemment les vertus du capital-risque dont pourraient bénéficier les start-up. En 2021, pour la première fois, les investissements en capital-risque sur le vieux continent ont dépassé 100 milliards d’euros en une seule année. L’Europe compte désormais près de 150 licornes dont la capitalisation dépasse un milliard de dollars, soit environ 13 % du total mondial. Bien que l’écosystème technologique européen ne représente encore qu’environ un tiers de la taille de l’écosystème américain en termes d’investissements en capital-risque, sa taille a plus que doublé depuis 2020.

    Cette arrivée de capitaux dans le secteur des technologies et de l’information est avant tout un rattrapage, l’Europe ayant accumulé un retard important vis-à-vis des États-Unis et de la Chine.

    En 2021, les investisseurs américains ont apporté pour plus de 100 milliards d’euros de capitaux aux start-up européennes mais dans le même temps ces dernières ont pu compter sur des financeurs européens, ce qui constitue un réel changement par rapport à la situation des années 2010.

    Les start-up et les licornes européennes bénéficient de l’expérience croissante de leurs dirigeants qui sont de plus en plus nombreux à avoir occupé des postes de direction dans plusieurs entreprises technologiques. Le secteur est en voie de professionnalisation. Les investisseurs sont de ce fait de plus en plus enclins à financer des start-up européennes.

    Créer le « bloc opératoire sans frontière »

    Les projets de plus en plus concrets proposés retiennent leur attention. Ainsi, figure dans les entreprises qui ont bénéficié d’apports importants, Proximie, une start-up du secteur de la santé qui utilise la réalité augmentée pour permettre aux médecins de surveiller à distance une opération. Cette entreprise a pour objectif de de créer le « bloc opératoire sans frontière ».

    Il en est de même pour TravelPerk, un site de gestion de voyages d’affaires basé à Barcelone qui vise à faciliter les connexions humaines entre les travailleurs à distance, en proposant des outils pour organiser des réunions d’équipe réelles.

    L’entreprise BlaBlaCar est également regardée avec attention par les fonds de capital-risque. Cette société qui a commencé comme un service français pour organiser des trajets en voiture partagée entre les villes, vise désormais à devenir une plateforme multimodale de dimension mondiale qui agrège la demande de bus et de trains.

    Longtemps, en Europe, l’industrie a été le parent pauvre des capital-risqueurs. Avec la transition énergétique, ce secteur connait un regain d’intérêt. Par ailleurs, même les petites structures à forte capacité d’innovation sont regardées de près par les investisseurs. Le nombre de « business angels », des entrepreneurs prospères qui réinjectent une partie de leur richesse dans d’autres start-up, est également en augmentation. Certains créent leurs propres fonds de capital-risque. Le 28 juin, Taavet Hinrikus, co-fondateur de Wise, un service de paiements internationaux, et trois autres entrepreneurs européens, ont lancé Plural, un fonds de 250 millions d’euros.

    Emmanuel Macron lors du Forum de Versailles « Choose France »

    Les licornes européennes ont levé des sommes équivalentes à celles des États-Unis

    En 2021, preuve d’un rapport de force moins défavorable que par le passé, les licornes européennes ont levé des sommes équivalentes à celles des États-Unis, respectivement 378 millions de dollars et 392 millions de dollars. Les start-up matures en Europe, quant à elles, sont moins concentrées géographiquement que leurs homologues américaines, à la fois en termes de marchés et de soutiens au capital-risque. Les marchés intérieurs et les réservoirs de talents européens étant limités, les entreprises se développent rapidement à l’étranger.

    Si dans le passé, les frontières et les langues différentes constituaient un handicap pour les start-up européennes, ces dernières arrivent depuis à en faire une force. Veriff, un service estonien d’identification en ligne, a récemment ouvert un site à Barcelone car il ne pouvait pas embaucher suffisamment d’ingénieurs à Tallinn. Pour se développer, l’application lithuanienne Vinted créée en 2008 a dû s’implanter dès 2008 en Allemagne, en 2010 aux États-Unis et en 2013 en France.

    La diversité des start-up européennes est également un facteur favorable en période de crise

    80 % des entreprises technologiques européennes ont une présence internationale, contre 61 % des entreprises basées dans la Silicon Valley. Seule une entreprise européenne sur cinq a un bureau sur son seul territoire d’origine et un peu plus de la moitié sont présentes dans trois pays ou plus. Dans la Silicon Valley, ces ratios sont inversés. En temps de crise, une telle diversification est un atout.

    La diversité des start-up européennes est également un facteur favorable en période de crise. Selon la classification utilisée par le Crédit Suisse, les entreprises sujettes à la récession telles que les services aux consommateurs sont moins répandues qu’aux États-Unis. Un tiers des licornes européennes opèrent dans la fintech, fournissant souvent des services de paiement à d’autres entreprises, grâce à la réglementation financière plus ouverte de l’Union européenne.

    Ce contexte favorable en Europe explique la progression du nombre de licornes. Lors du premier semestre 2022, 42 start-up sont devenues des licornes, contre 37 créées à la même période en 2021.

  • Vos « 14 juillet » dans le monde

    Vos « 14 juillet » dans le monde

    Cette année, post-Covid, a signé le retour des festivités du 14 juillet dans le monde, comme à Paris. Mais les restrictions budgétaires ont tout de même dans de nombreux postes consulaires contraint les administrations locales à faire un service minimum.

    Sans qu’elle soit exhaustive, notre rédaction a fait une sélection de quelques fêtes et cérémonies organisées à travers le monde.

    Australie

    Le Bastille Day 2022 a repris ses quartiers à Melbourne pour 4 jours de célébration, en ligne et au Fed Square. Après la fête jeudi, ce week-end s’était le Fed Square qui accueillait les Français et francophiles avec notamment des concerts live, un marché de producteurs, avec des pâtisseries, du fromage, des crêpes, il y en en avait pour tous les goûts !

    Bastille Day à Melbourne ©Elodie Quinceux

    Belgique

    A Bruxelles, la tradition avait été prise par la communauté française de se retrouver dans un bâtiment historique de la capitale européenne, le fameux Palais des Beaux-Arts renommé Bozar. Mais l’arrivée du nouvel ambassadeur M. François Sénémaud, l’ancien grand patron des services secrets français (DGSE), coïncide avec la mise au régime des services consulaires. Ainsi, alors que le plat pays accueille une des plus grandes communautés de Français à l’étranger (350 000 selon les autorités belges), cette année, pas de grande fête mais une petite cérémonie aux invités restreints.

    François Sénémaud lors de son discours en présence du député réélu Pieyre-Alexandre Anglade ©Georges-Francis Seingry

    Mais le dynamisme des Français de Belgique a pris le relais. A Liège, ce fut le retour du feu d’artifice et du Village gaulois organisés par la Chambre de Commerce franco-wallone, les amitiés franco-belges et la ville de Liège. Plusieurs milliers de Français et de Belges se sont retrouvés sur les berges de la Meuse pour participer aux célébrations.

    David Dannevoye lors de la cérémonie à Namur le 13 juillet 2022 ©David Dannevoye

    Tandis qu’à Namur, c’est la veille qu’un « feu » fut tiré. Il était précédé d’une cérémonie menée par le Consul honoraire David Dannevoye et d’un dîner avec les élus consulaires. Enfin à Bruxelles, c’est l’Union des Français de Belgique, administrée par notre rédacteur en chef Fabien Ferasson de Quental, qui a convié les Français et francophiles présents dans la région-capitale à un barbecue géant, dans un célèbre club local où on pouvait, d’ailleurs, rencontrer les élus consulaires NUPES, Renaissance, Horizons et LR, ainsi que des députés et conseillers communaux belges.

    Vue du barbecue organisé par l’Union des Français de Belgique ©Céline Doeuvre

    Brésil

    Au Brésil, les missions diplomatiques furent plus actives. Et en particulier à Sao Paulo, où la réception fut placée sous le signe du bicentenaire de la présence française dans la région sud avec la présentation d’un livre dédié à cet évènement liant nos deux nations.

    Cérémonie à Sao Paulo © Bertrand Dupont – Conseiller des Français de Sao Paulo

    Burkina Faso

    En Afrique, le temps passe, les relations évoluent entre la France et les pays africains, le Burkina Faso dont les liens avec notre pays remontent en 1896 n’échappe pas à la règle. L’ambassade de France sur place a organisé une soirée où furent conviés tous nos compatriotes et les élites locales. La célébration fut marquée par le discours de M. l’ambassadeur Luc Hallade qui réitérait la compassion et l’engagement du peuple français auprès du Burkina Faso dans les difficultés qu’il traverse.

    L’ambassadeur Luc Hallade avec Miss Burkina Faso 2021 Flora Ouedraogo ©Miss Burkina Faso 2021 Flora Ouedraogo

    Canada

    Le lien franco-canadien ne faiblit pas ! A Toronto, Montréal et bien sûr dans les îles françaises de St Pierre et Miquelon, le 14 juillet a été célébré avec sobriété mais avec passion. Et c’est du côté de la frontière avec les USA que comme chaque année les petits plats ont été mis dans les grands, avec la mise en lumière des chutes du Niagara aux couleurs françaises.

    Chutes du Niagara aux couleurs françaises ce 14 juillet 2022 © Référent Renaissance/LREM en Amérique du Nord

    Djibouti

    Dans l’ancien port français, c’est le devoir de mémoire qui a prévalu lors de la cérémonie du 14 juillet 2022.

    Après la montée des couleurs et le rappel des anciens combattants décédés en 2022, l’Ambassadeur de France a remercié le travail d’équipe accompli par le Ministère de la Défense djiboutien, l’ONAC et les services de l’Ambassade pour l’indéfectible soutien apporté aux anciens combattants ainsi qu’à leurs veuves. Il a également souligné l’implication du monde associatif djiboutien au contact des ayants droit.

    Marquant un effort conjoint de devoir de mémoire, l’Ambassadeur de France a également remis aux autorités présentes les rapports de mission de Stéphane Pannoux, maître de conférences en Histoire et Présidente de l’Association In Memoriam, qui a effectué une mission d’expertise et de recherche en mars 2022 portant sur le cimetière marin d’Obock et de Gabode, et impliquant la jeunesse à travers les établissements scolaires.

    L’Ambassadeur de France à Djibouti lors de la cérémonie du 14 juillet 2022

    Espagne

    En Espagne, l’ambassade a repris le format traditionnel en ouvrant aux Français le jardin de la résidence pour accueillir une fête conviviale et simple à laquelle ont participé plus de 300 de nos compatriotes ainsi que les élus consulaires comme Gaëlle Lecomte, conseillère des Français d’Espagne.

    Vue d’une partie des invités réunis dans le jardin de l’Ambassade de France à Madrid ©Gaëlle Lecomte

    Géorgie

    Après une pause pandémique de deux ans, une réception traditionnelle consacrée à la célébration de la fête nationale française a été organisée par l’ambassade de France à Tbilissi.

    De nombreuses personnalités géorgiennes, françaises, comme le sénateur Christophe Frassa, et internationales, ont assisté à la fête, dont le Premier Ministre de la Géorgie, M. Irakli Garibashvili et des membres du gouvernement. Diplomates, hommes politiques, universitaires, représentants de la société civile, des milieux d’affaires et de la communauté française en Géorgie, ainsi que fidèles partenaires de l’ambassade, sont venus partager ce moment de convivialité dans une ambiance festive.

    Photo des personnalités politiques à l’Ambassade de France à Tbilissi © Ambassade de France à Tbilissi

    Liban

    Au Liban, entre l’insécurité, le respect dû à la population en pleine crise économique sans précédent et les restrictions budgétaires françaises, la célébration du 14 juillet s’est résumée à une réception à la Résidence des Pins. Madame Anne GRILLO, l’ambassadrice de France au Liban, a reçu les élus consulaires du pays et des des personnalités des affaires culturelles comme éducatives dans les jardins du bâtiment.

    Photo de Mme l’ambassadrice et des élus consulaires le 14 juillet 2022 © Ghassan Ayoub 

    USA

    Sur le pays continent, les festivités furent nombreuses ! De Los Angeles à Washington D.C, les associations étaient le plus souvent à la manoeuvre. Cette année, on fait un zoom sur le Bastille Day organisé par l’UFE à Miami. Cette fête ouverte à tous les Français et Amis de la France a été comme d’habitude sponsorisée par l’association de Français de la ville.

    Plus de 1000 personnes dont une grande majorité de nos compatriotes ont participé à cette soirée qualifiée par tous de grande réussite.

    Soirée du 14 juillet de l’UFE à Miami ©UFE MIAMI