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  • L’agression russe fait plonger l’euro et les prévisions de croissance de l’UE

    L’agression russe fait plonger l’euro et les prévisions de croissance de l’UE

    La hausse des prix de l’énergie a fait chuter l’euro jusqu’à la parité avec le dollar américain ces derniers jours, tandis que les inquiétudes concernant l’approvisionnement en énergie ont contraint la Commission européenne à revoir sensiblement à la baisse ses prévisions de croissance.

    Alors que la Commission maintient ses prévisions de croissance du PIB de l’UE à 2,7 % pour 2022, elle s’attend à présent à une croissance de seulement 1,5 % en 2023, contre une précédente prévision de 2,3 %.

    «  La guerre de la Russie contre l’Ukraine continue de jeter une ombre sur l’Europe et notre économie. Nous sommes confrontés à des défis sur de multiples fronts allant de la hausse des prix de l’énergie à des perspectives mondiales très incertaines  », a déclaré le vice-président exécutif de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis.

    La situation pourrait empirer

    Les incertitudes entourant l’évolution de la guerre imposent de considérer les projections de croissance avec prudence.

    «  L’évolution de la guerre et la sûreté de l’approvisionnement en gaz étant inconnues, ces prévisions sont marquées par une forte incertitude et des risques de dégradation  », a déclaré le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni.

    Ces risques de baisse ont également été enregistrés par les marchés financiers, comme en témoigne la brève parité de l’euro avec le dollar américain observée cette semaine (13 juillet).

    Si la symbolique est plus signifiante que la substance même de cette parité, l’ampleur de la chute de l’euro reste importante et inquiétante : – 11,8% depuis le début de l’année.

    Cette chute est presque équivalente aux baisses observées en 2015, année où la Banque centrale européenne (BCE) a dû mettre en place des mesures de relance importantes.

    En outre, la baisse de valeur de l’euro n’a peut-être pas encore atteint sont point le plus bas.

    Moscou va-t-il interrompre les livraisons de gaz  ?

    « Nous voyons la possibilité d’un mouvement jusqu’à 0,97 dollar et peut-être même 0,95 dollar  », a déclaré Olivier Konzeoue, directeur de l’équipe des devises chez le gestionnaire d’actifs UBP, en notant l’implication de la crise énergétique pour l’économie européenne.

    «  Fondamentalement, nous savons que tout tourne autour de la Russie  », a-t-il ajouté.

    La dernière baisse de l’euro est intervenue après que les flux de gaz passant par le gazoduc russe Nordstream 1 ont été interrompus pendant 10 jours pour des travaux de maintenance.

    Mais si Moscou prolonge cette interruption, l’Allemagne — qui a déjà entamé la deuxième phase d’un plan d’urgence pour le gaz à trois niveaux — pourrait être contrainte de rationner le carburant.

    «  Si le gazoduc fermé pendant 10 jours ne rouvre pas et que nous subissons davantage de rationnement du gaz, dans cette situation, nous risquons de ne pas avoir connu les niveaux les plus bas de l’euro », a déclaré Christian Keller, responsable de la recherche économique chez Barclays.

    L’Union européenne se prépare également à une chute de l’approvisionnement gazier russe, en témoigne un document de la Commission ayant fuité et sur lequel EURACTIV a mis la main.

    Ainsi, certains analystes s’attendent à une chute à 0,90 dollar si l’approvisionnement en gaz est encore perturbé davantage.

    Une position inconfortable pour la BCE

    Ces mesures mettent la BCE dans l’embarras. Elle devrait relever ses taux d’intérêt la semaine prochaine pour la première fois depuis 2011 afin de lutter contre l’inflation qui atteint un niveau record. L’exécutif européen prévoit que l’inflation annuelle pour 2022 atteindra 7,6 % dans la zone euro et 8,3 % dans l’Union européenne.

    La fragilité de la monnaie exacerbe le problème de l’inflation. Cependant, la BCE ne peut se risquer à un durcissement radical de sa politique, qui risquerait de faire reculer la croissance économique.

    Les effets de la flambée des coûts de l’énergie se font déjà sentir. L’Allemagne vient de déclarer son premier déficit commercial depuis 1991 et l’attitude du marché est tombée en dessous des niveaux observés lorsque la pandémie de coronavirus a débuté en 2020.

    Une analyse réalisée par BNP Paribas sur les performances des monnaies en cas de flambée des prix de l’énergie montre que l’euro est plus affecté que les autres monnaies des pays développés par les chocs des prix du gaz, avec une baisse moyenne de 4,5 % dans ces périodes.

    JP Morgan a noté que la zone euro est déjà confrontée à des flambées «  paraboliques  » des prix du gaz, les approvisionnements ayant chuté de 53 % en juin. L’Allemagne, grande puissance industrielle, a connu une baisse de 60 % de son approvisionnement.

    Elle a ramené son objectif euro-dollar à 0,95 dollar, « ce qui montre que le marché sera de plus en plus disposé à prendre en compte une probabilité accrue de hausse  ».

    Dans le pire des cas, l’euro-dollar pourrait atteindre 0,90 dollar, selon JP Morgan, qui cite les prévisions de la Bundesbank annonçant une baisse de 6 % du PIB allemand la première année en cas d’arrêt complet de l’approvisionnement.

    Solidarité et indépendance

    Jordan Rochester, de la société Nomura, estime que l’euro pourrait tomber à 0,95 dollar d’ici la fin du mois d’août, mais dans un scénario où les stocks de gaz ne seraient pas réapprovisionnés avant l’hiver, il pourrait glisser à 0,90 dollar.

    De même, les analystes de Citi prévoient qu’un arrêt de l’approvisionnement russe fera grimper les prix du gaz bien au-delà des niveaux actuels d’environ 170 euros par mégawattheure.

    L’euro tombera à 0,98 dollar si le gaz atteint 200 euros, tandis qu’à 250 euros, il se négocierait en dessous de 0,95 dollar, ont-ils expliqué à leurs clients.

    Face aux défis à venir, les commissaires européens M. Gentiloni et M. Dombrovskis ont appelé à la solidarité et à la réduction de la dépendance de l’UE vis-à-vis des combustibles fossiles russes.

  • Un traité mondial contre la traite mondiale

    Un traité mondial contre la traite mondiale

    Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, veut expulser les étrangers condamnés pour crime grave. Cela nécessite une profonde réforme du droit, voire du droit international. Au-delà, la France pourrait-elle prendre l’initiative d’une réforme profonde du droit des étrangers au niveau européen, premier pas vers un droit international plus réaliste quant aux défis migratoires ? 

    Juin 2022. Après neuf jours en mer, 61 migrants maliens ont été secourus par les garde-côtes libyens ; 22 étaient déjà morts. Aux États-Unis, 53 migrants ont étouffé dans un camion franchissant la frontière mexicaine. Au Maroc, 23 personnes étaient tuées, 140 policiers blessés dans l’assaut par 2000 migrants de la barrière de Melilla. En France, dix passeurs d’un réseau afghan et pakistanais ont été inculpés : il y a sept mois, 27 migrants se noyaient dans la Manche. Un réseau international de 39 passeurs, d’Irak, d’Afghanistan, d’Erythrée, a été démantelé. Le Royaume-Uni entend sous-traiter l’examen de ses demandes d’asile au Rwanda, tandis que l’UE a conclu avec la Turquie un accord pour retenir les réfugiés syriens, et que l’Italie fait de même avec la Lybie.

    Des conditions qui s’apparentent à l’esclavage 

    Selon le représentant du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations-Unies, 123.300 personnes ont traversé la Méditerranée en 2021. On en dénombrait 1 million en 2015 (3771 d’entre eux ont péri en mer). La pandémie a renforcé la gestion des frontières, les traversées sont plus dangereuses : 3231 disparus ont été recensés en 2021. On ignore leur nombre au Sahara. Les migrants viennent d’Éthiopie, du Soudan, de Somalie, d’Érythrée ; ils sont soumis à toutes les violences, vivent dans des conditions qui s’apparentent à l’esclavage. Dans les pays du Golfe, 10.000 travailleurs immigrés légaux d’Asie du sud mourraient chaque année en Arabie, au Qatar, à Oman et à Bahreïn.

    200 Haïtiens qui comptaient gagner les États-Unis se sont échoués sur la côte de Cuba. Un premier bateau comptait 292 migrants ; en mai, ils étaient 800. Les Cubains, eux, échouent au Honduras. Les Honduriens, victimes de gangs mexicains, forment des caravanes de migrants pour se défendre, repoussées par l’armée.

    Au Sommet des Amériques, tous les États présents (sauf Cuba, le Venezuela et le Nicaragua, non invités par les États-Unis) ont signé la « Déclaration de Los Angeles » qui rappelle les droits des migrants, notamment le principe du non-refoulement, et appelle à la coopération entre États pour lutter contre les réseaux, une « industrie criminelle qui brasse plusieurs milliards de dollars » selon Joe Biden. Les réseaux de passeurs étant liés aux réseaux criminels, les effets de cet accord connaitront autant de succès que la lutte contre le trafic de drogue…

    Une industrie criminelle qui brasse des milliards de dollars

    En Europe, tandis que cinq millions d’Ukrainiens fuient leur pays, la Pologne construit un mur à sa frontière avec la Biélorussie, qui utilisait les réfugiés syriens pour faire pression sur elle. Tout comme la Turquie le fait avec la Grèce et l’Union européenne. La Turquie a ainsi obtenu quelques milliards, tandis que le Rwanda attend quelques millions du Royaume-Uni.

    La question des migrations est devant nous. Aucun sommet, aucune organisation internationale, aucun principe de droit international n’y répond. Le Sommet des Amériques rappelle le principe, universel, du non-refoulement ? « Aucun des États contractants n’expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. » Selon le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR), la plupart des pays développés, y compris en Europe, tentent d’y échapper. Le principe du non-refoulement aboutit à ce que l’on refoule avant, le plus en amont possible. 

    Construire les murs les plus hauts possibles qui, une fois franchis, seraient protecteurs de tout retour en arrière

    C’est au mépris de ce principe – ou en partie à cause de lui – que les barrières de Melilla sont prises d’assaut. D’un côté, les migrants pensent, non sans raison, que s’ils posent le pied dans un pays qui respecte les droits des réfugiés (même sans avoir le statut de réfugié, dans l’attente de l’examen de leur situation), ils ont les plus grandes chances d’y rester. De l’autre côté, les États mettent tout en œuvre pour que ces migrants ne parviennent surtout pas à franchir leurs frontières. Comme si la politique revenait à construire les murs les plus hauts possibles qui, une fois franchis, seraient protecteurs de tout retour en arrière, et ce grâce… aux lois. 

    Quand les États-Unis commencèrent à construire un mur, l’Europe se scandalisa. Puis on dressa des murs en Europe. Quand on vit les boat people en Méditerranée, on s’émut. Puis on renforça les patrouilles pour les repousser dans les eaux libyennes.

    Personne n’ose interroger les principes et leurs jurisprudences, on préfère les bafouer 

    Comme on est impuissant à arrêter les trafiquants de la nouvelle traite humaine, on accepte les murs, ce qui explique l’existence des passeurs. Comme personne n’ose interroger les principes et leurs jurisprudences, on préfère les bafouer. Est-il impossible de concilier le droit et le contrôle des flux migratoires ? 

    Définir des règles d’application du principe du non-refoulement, les droits des migrants, le droit des États d’accepter ou non sur leur sol est une nécessité. Ni l’Europe ni les États-Unis ne peuvent prétendre promouvoir l’état de droit et l’universalité des droits de l’Homme sans le démontrer à leurs frontières. Ils ne peuvent pas non plus renoncer à contrôler les migrations ; aucun pays ne le peut. 

    Établir comme principe que toute immigration illégale – sauf exception – restera illégale pourrait être le moyen d’éviter les traversées mortifères. Les immigrés qui ont pris d’assaut les murs de Melilla ont payé les passeurs qui coordonnaient la manœuvre. Au prix de la mort. Ils ne l’auraient pas fait s’ils avaient eu la certitude qu’une fois les barrières franchies, ils auraient été expulsés. Qui paie un billet d’avion avec la certitude d’être refoulé ? Qui paiera un passeur si une présence illégale vaut expulsion et non installation ?

    Il existe bien une autre éventualité : accueillir sur le territoire national celles et ceux qui veulent y venir. Impossible. Avec bientôt 2.5 milliards d’habitants en Afrique, les drames du Moyen-Orient, les pressions de l’Asie, on imagine mal les populations européennes ouvrir en grand les portes… ne serait-ce que parce que cela remettrait en cause le système de protection sociale.

    Il est souhaitable, en revanche, d’organiser l’accueil des immigrés légaux : sans possibilité d’immigration légale, quelle autre voie que l’immigration illégale ? Renforcer le traitement des demandes dans les pays de départ, établir un circuit d’accueil revient à inverser ce qui est fait aujourd’hui : orienter vers la clandestinité et la prise en charge par des réseaux parallèles. Israël a démontré (avec l’immigration russe) que l’on pouvait accueillir de nouveaux arrivants avec beaucoup d’efforts, notamment en matière de formation, avec un suivi personnel. Les résultats sont impressionnants. Lorsque l’Institut national d’études démographiques (INED) révèle qu’un tiers de la population française a un grand-parent immigré, elle démontre que la culture dominante intègre les arrivants. 

    L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), recense 281 millions de migrants en 2020, soit 3.6% de la population mondiale. Parmi eux, 35 millions de réfugiés précise le HCR. Ce même HCR estime que « la population déracinée totale dépasse actuellement 100 millions de personnes ». 

    Mépris du droit, mépris du réel, mépris des gens

    Aujourd’hui le monde vit dans la déchirure des hypocrisies, les principes correspondent d’autant moins aux réalités qu’ils ne sont pas respectés. Le pacte de Marrakech fut adopté en 2018 – bien qu’une quarantaine de pays ne le signèrent pas – parce qu’il n’était pas contraignant. Cela permet d’affirmer des principes, et de les contourner. Mépris du droit, mépris du réel, mépris des gens. 

    La France peut prendre une initiative pour que le droit soit respectable, respecté, réaliste. Et l’Europe établir des règles communes sur le droit d’asile et le droit des migrants plus rigoureuses mais plus respectueuses des faits, du droit, des gens.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site « Lesfrancais.press »

  • En route pour la rentrée scolaire !

    En route pour la rentrée scolaire !

    L’année scolaire à peine terminée, l’AEFE se prépare déjà pour la prochaine. Entre les nouvelles homologations, le nouveau décret régissant le statut de professeur et les grands évènements, l’année s’annonce bien remplie. 

    L’année scolaire qui vient de se clôturer a été marquée par les tensions entre les professeurs et l’AEFE. Les syndicats ont initié de nombreuses grèves, afin de dénoncer par exemple la fin des “faux résidents” ou encore les différends lors de la rédaction du décret réglementant les statuts des professeurs. La publication du nouveau décret le 16 juin dernier a permis d’embaucher massivement pour septembre prochain, mais seulement une quarantaine d’enseignants ont signé un contrat défini par celui-ci. Mais ce nombre est voué à s’accroître l’année prochaine. 

    Cap 2030, un objectif toujours en ligne de mire

    La volonté du président de la République de doubler les effectifs d’élèves dans le réseau d’enseignement français à l’étranger est toujours d’actualité. Si pour l’heure, ce nombre n’a pas beaucoup augmenté, cela est fortement dû à la pandémie. Cependant, comme le relate l’AEFE, le réseau n’a pas non plus perdu d’étudiants durant cette période. 

    Par ailleurs, pour atteindre cette ambition présidentielle, l’Agence cherche à approuver de nouvelles homologations et extensions d’homologations, en mettant le focus sur les écoles maternelles. Effectivement, selon l’AEFE, en accueillant de nouveaux élèves en bas âge, une confiance s’installe d’emblée entre les familles et les établissements français. De cette manière, ils ont plus de chance que ces élèves poursuivent leur scolarité dans le réseau français. De plus, lorsque des établissements ont leur classes de maternelle qui sont homologuées par l’AEFE, ils cherchent d’autant plus à étendre leur homologation aux autres degrés. 

    Pour septembre prochain, dix-sept nouvelles homologations et une quarantaine d’extensions d’homologations ont été signées. 

    Visite du président de l’AEFE au Lycée Français de Bangkok en 2022 ©Lycée Français de Bangkok

    Les grands évènements de l’année 2022-2023

    “L’approche aux médias”, le fil rouge de l’année scolaire

    Comme chaque année, l’équipe chargée de la pédagogie de l’AEFE choisit un fil rouge pour l’ensemble de ses établissements pour l’année scolaire. Pour l’année 2022-2023 elle a porté sa préférence sur “l’approche aux médias”. Ainsi, différents évènements prévus pour l’année seront organisés autour de cette problématique. Nous pensons notamment à la Semaine des lycées français du monde qui se déroulera aux alentours de fin novembre – début décembre ; à la semaine de la presse et des médias en mars ; ou encore à la résidence prévue pour le personnel de l’Agence en avril. Tant de rencontres planifiées pour sensibiliser et former les élèves et les professeurs sur l’éducation aux médias. 

    Des évènements mondiaux 

    Plusieurs dates sont également à retenir pour leur aspect international. En effet, l’Agence apprécie organiser “des évènements pour faire se rencontrer les élèves du monde entier et tisser des liens entre eux”. 

    Les ambassadeurs en herbe pourront ainsi de nouveau s’affronter lors de joutes oratoires tout au long de l’année, avec une grande finale dans une capitale du monde. Cette année, l’AEFE a choisi la mer et les océans comme thème de ce grand concours d’éloquence. 

    L’orchestre des lycées français du monde va également continuer de vivre cette année. Ici, l’idée est de faire travailler ensemble des jeunes musiciens du monde entier et de monter un orchestre mondial qui donnera un concert à la fin de l’année, sûrement dans l’auditorium de Radio France. Tout au long de l’année, les virtuoses en herbe sont encadrés par des tuteurs et des professeurs qui les font répéter soit dans leur lycée, soit en visio. Avant qu’une répétition générale soit coordonnée une semaine avant la grande première.  

    Et puis, que serait une année sans les Jeux internationaux de la jeunesse (JIJ) ? Ces jeux olympiques élaborés par l’AEFE et l’UNSS vont donc continuer en 2023, après une édition 2022 particulièrement réussie à Bruxelles

  • « Paris on the Potomac » de l’Alliance française

    « Paris on the Potomac » de l’Alliance française

    Le 7 juillet, à Washington D.C, l’Alliance française de la ville a célébré les vainqueurs d’un concours bien original. En effet, l’école de français a demandé aux Américains et aux autres de créer des œuvres photographiques prises à Washington DC illustrant un lien entre la capitale américaine et la France ou Paris. On vous dévoile les plus beaux clichés désormais réunis dans une exposition, « Paris on the Potomac ».

    La France, Paris et Washington DC

    En 1910, John Merven Carrère, un architecte américain formé à Paris, a écrit : « Apprendre de Paris a fait de Washington une ville américaine exceptionnelle. »

    L’Alliance française de la capitale américaine rend donc hommage avec son exposition « Paris on the Potomac ». Son ambition est d’explorer l’influence française sur l’environnement artistique et architectural de Washington D.C. Car bien après les contributions bien connues de Peter Charles L’Enfant, l’officier français installé aux jeunes USA et qui a conçu le plan de la ville, les Américains ont continué à s’inspirer de la France pour bâtir leur capitale.

    En effet, les principes classiques et les Lumières ont prévalu des années 1790 aux années 1820, puis c’est le style Second Empire qui a pris le relais des années 1850 à 1870, et enfin le mouvement Beaux-Arts du début du XXe siècle fut le dernier apport français à Washington D.C.

    L’influence de l’architecture française est particulièrement visible dans la Halle aux Blés, mais aussi sur le Capitole dont la vision de Thomas Jefferson fut pleinement emprise de ses souvenirs dans le Paris de l’Ancien régime.

    3 vainqueurs

    C’est donc pour rendre hommage à ce lien inscrit dans les pierres de la capitale américaine entre la France et les États-Unis d’Amérique que l’Alliance Française a lancé ce défi à ses élèves et à tous ceux qui avaient envie d’y participer.

    3 heureux vainqueurs ont été sélectionnés par le jury, composé de Sarah Diligenti la directrice de l’Alliance française), Emmanuel K. Miranda (un producteur uruguayen installé à Washington D.C), et Johnny Yataco (directeur des publications Washington Hispanic). Natasha Zavadskaia, organisatrice du concours, a révélé les 3 œuvres sélectionnées lors d’un vernissage dans les locaux de l’Alliance française à Washington DC.

    Pour découvrir les photos, il faudra donc vous y rendre, elles n’ont, pour l’instant, pas été mises en ligne pour préserver les droits de leurs créateurs.

    Soirée de vernissage à Washington D.C le 07 juillet 2022 ©Alliance française
  • Tout savoir sur le métier de mandataire immobilier

    Tout savoir sur le métier de mandataire immobilier

    Les raisons sont nombreuses de se lancer dans une carrière dans l’immobilier. La flexibilité, l’autonomie et surtout le fait de pouvoir exercer ce métier depuis où vous le souhaitez, que ce soit en ville ou à la campagne.

    Mais alors que fait un mandataire immobilier ? Comment se passe le recrutement ? Et quelles sont les études pour le devenir ? Nous répondons à toutes vos questions dans cet article.

    Quelles sont les missions d’un mandataire immobilier ?

    Un agent immobilier indépendant, également appelé mandataire immobilier, aide ses clients à acheter, louer ou vendre des biens immobiliers. Il conseille les clients sur les conditions du marché, effectue des visites et fournit des conseils et une assistance tout au long du processus d’achat, de vente ou de location de propriétés.

    Le mandataire immobilier est un commercial dans l’âme. Les qualités requises sont nombreuses : persuasion, communication, négociation, sang-froid, calme et réactivité font partie des fondamentaux. Mais ce n’est pas tout, le travail de veille est également primordial afin de se tenir au courant de la législation et des nouvelles réglementations en vigueur.

    Quelles sont les études à suivre pour devenir mandataire immobilier ?

    Pour devenir mandataire immobilier, l’obtention d’un baccalauréat est obligatoire. Mais ce n’est pas tout. Il vous faudra également poursuivre avec un BTS professions immobilières sur 2 ans, puis idéalement sur une licence professionnelle du secteur de l’immobilier sur 1 an. Enfin, si vous souhaitez vous spécialiser, vous pouvez continuer sur un Master.

    Ces études n’ont pas seulement pour objectif de vous apprendre la théorie et de vous familiariser avec le secteur de l’immobilier, mais également de vous former concrètement au métier au travers de travaux pratiques individuels et en groupe, de mises en situation, et d’expériences professionnelles tout au long de votre cursus dans des agences immobilières.

    Comment se passe le recrutement d’un mandataire immobilier ?

    Pour se faire recruter en tant que mandataire immobilier, il faudra que votre profil corresponde parfaitement aux attentes de l’agence en question. En effet, il est toujours intéressant pour des agences de travailler avec des indépendants. Ici, pas de discriminations à l’embauche, mais un cahier des charges clair et précis qu’il vous faudra remplir afin d’espérer décrocher les missions à la clef.

    Au niveau du processus de recrutement, tout dépend des agences. Ce qui revient le plus souvent est l’envoi de votre CV et de votre lettre de motivation. Si votre profil est retenu, deux choix possibles : des tests écrits afin d’évaluer vos connaissances théoriques, ou un premier entretien. Cette première entrevue a généralement pour but d’évaluer votre personnalité et vos savoir-être. Pour ce qui est de vos compétences commerciales et de vos savoir-faire, cela fait généralement partie d’un deuxième entretien dédié, durant lequel vous serez exposé à une multitude de cas pratiques.

    Une fois ceux-ci passés, félicitations, vous avez toutes vos chances d’être sélectionné par la ou les agences afin de devenir un de leur mandataire immobilier ! Qu’il s’agisse de votre première expérience professionnelle ou d’une énième, vous serez accompagné et formé aux attentes et exigences de l’agence afin de pouvoir réaliser dans les meilleures conditions votre première vente.

  • Le défilé et le discours du 14 juillet 2022

    Le défilé et le discours du 14 juillet 2022

    Emmanuel Macron a présidé le défilé militaire sur l’avenue des Champs Elysées dans un contexte politique intérieur compliqué par l’absence de majorité absolue à l’Assemblée et un contexte international marqué par le retour de la guerre aux portes de l’Europe. On revient pour les Français de l’étranger sur les moments forts du défilé et le discours du 14 juillet 2022.

    « Partager la flamme »

    « Partager la flamme » fut le thème du défilé 2022. Une triple référence au lien armée-nation, à la flamme de la Résistance incarnée par Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération décédé l’an dernier, et à la flamme olympique dont la France est désormais dépositaire jusqu’aux Jeux olympiques de Paris 2024. Des militaires médaillés olympiques ont d’ailleurs participé au défilé cette année.

    Au total, quelque 6300 personnes ont défilé dont près de 5000 à pied. Le spectacle a mobilisé 64 avions, un drone, 25 hélicoptères, 200 chevaux et 181 véhicules motorisés. Selon le ministère de l’Intérieur, 125.000 policiers et gendarmes ont été par ailleurs mobilisés sur l’ensemble du territoire pour les festivités.

    Parmi les défilants on a pu identifier les 14 unités des troupes de marine, qui fêtent leurs 400 ans d’existence. Des opérateurs du Commandement des opérations spéciales (COS), qui souffle ses 30 bougies, étaient également présents.

    Un final tout en chansons

    Le gouverneur militaire de Paris, Christophe Abad, en confiant l’organisation du tableau final au sergent-chef de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, a permis à celui-ci de concrétiser le projet qu’il portait depuis deux ans avec Candice Parise. Ce final fut donc constitué d’un medley qui rendit hommage au Chant des partisans, à Joséphine Baker ainsi qu’à Jean-Paul Belmondo.

    Un message envoyé à Vladimir Poutine

    La France n’est pas en guerre avec la Russie. Emmanuel Macron l’a dit. Mais sur les Champs-Élysées, ce 14 juillet, notre pas n’en a pas moins envoyé un message clair à Vladimir Poutine puisque l’Ukraine et ses voisins immédiats y seront mis à l’honneur.

    Le défilé des troupes à pied fut en effet ouvert ce matin par neuf pays, tous frontaliers de la Russie : l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie. Et derrière ont suivi les soldats français projetés dans le cadre des missions de réassurance sur ce flanc est de l’Europe, tandis que 250 Castrais du 8e RPIMa viennent d’assurer leur relève, à Constanta, en Roumanie…

    L’interview du 14 juillet du Président de la République

    Le président de la République a conclu cette matinée nationale en intervenant à 13h10, sur TF1 et France 2. Ce n’est que la deuxième fois en cinq ans de mandat qu’Emmanuel Macron se prête au jeu de cet exercice. Pourtant, il s’agit d’une tradition républicaine, instaurée en 1978 par Valéry Giscard d’Estaing et popularisée par Jacques Chirac.

    La problématique énergétique

    « Le dérèglement climatique est là. On doit faire face et se protéger », affirme Emmanuel Macron. « On doit accélérer la réponse », affirme-t-il promettant une loi d’urgence sur l’énergie renouvelable.

    Un effort d’autant plus important que « Nous devons nous préparer à un scénario où il faut nous passer en totalité du gaz russe. » comme l’indiquait Emmanuel Macron. « Face à ça, mobilisation générale », demande-t-il. Au delà de la gestion des stocks, « on doit rencontrer collectivement dans une logique de sobriété », ajoute-t-il, souhaitant un « plan pour être en situation de consommer moins ».

    Réformer le travail

    Le président a longuement parlé du travail. Il a réaffirmé sa promesse de campagne de conditionner le RSA à des heures de formations ou de travail. « Il n’y a pas de modèle social s’il n’y a pas du travail pour le financer », affirme-t-il. Il a aussi abordé la réforme du lycée professionnel, ainsi que l’objectif d’avoir 1 million d’apprentis.

    Sur les salaires, il évoque la hausse du SMIC prévue automatiquement suite à l’inflation. Le président veut aussi faire « un travail avec toutes les branches professionnelles où le salaire minimum est en dessous du SMIC ». Il demande aux entreprises de mieux accompagner leurs salariés.

    La réforme des retraites

    « Je me suis engagé pendant la présidentielle en disant qu’on va progressivement reculer l’âge de départ à la retraite jusqu’à 65 ans », rappelle-t-il. « Nous devons travailler plus et plus longtemps, il n’y a pas de doute », explique Emmanuel Macron.

    Il ne donne pas plus de détails sur les contours précis de la réforme qu’il souhaite. La discussion aura lieu « au sortir de l’été ».

    L’absence de majorité

    Emmanuel Macron craint-il un blocage à l’Assemblée nationale alors qu’il n’a pas de majorité ? « Non, car je crois à la responsabilité politique des formations politiques qui sont à l’Assemblée », répond le président. « Il n’y a de majorité contre le gouvernement, qu’avec cet attelage baroque [entre LR, RN et la Nupes] », ajoute-t-il.

    « Les Français m’ont accordé leur confiance », aux deux tours de la présidentielle. Selon lui, la majorité relative démontre la volonté de « compromis » des Français.

    Gouverner par référendums

    « J’irai devant les Français, il faut utiliser tous les moyens pour que notre démocratie soit plus vivante, par des conventions citoyennes et par des référendums », promet Emmanuel Macron.

    3 objectifs pour la France de 2027

    Emmanuel Macron donne ses trois objectifs : 

    – « rendre la France plus indépendante »

    -« gagner la bataille du climat »

    – « pour l’égalité des chances »

    Regardez le replay intégral du 14 juillet 2022

  • Les images du télescope Webb arrivent à point nommé pour Joe Biden

    Les images du télescope Webb arrivent à point nommé pour Joe Biden

    Le lundi 11 juillet, le monde entier avait les yeux rivés sur l’espace grâce aux premières photos du télescope James Webb et dévoilées par Joe Biden. Dans un contexte de forte crise, celles-ci sont arrivées à point nommé pour le président américain.

    Entre une inflation estimée à 9% et les divergences sociales extrêmement fortes en ce moment aux États-Unis, le président américain est en mauvaise posture. Mais le lundi 11 juillet, il s’est offert un moment de répit en montrant au monde entier les premières photos prises par le nouveau télescope ultra-performant James Webb. Sur ces images nous découvrons l’univers comme nous ne l’avons jamais vu : à travers le temps et de manière très nette. Car oui, cette nouvelle machine permet de prendre des clichés d’objets célestes dont la lumière a fait un trajet de 13 milliards d’années pour nous parvenir.

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    Photo de l’univers prise par le télescope James Webb

    Une aubaine pour le président américain

    Le télescope James Webb a été créé par la NASA et les agences spatiales européenne (ESA) et canadienne (CSA). Alors qu’il y avait un embargo sur la publication de ces images historiques, le président américain Joe Biden l’a brisé afin de les présenter depuis la Maison blanche en avant-première. Comme cela avait été le cas avec son prédécesseur Donald Trump, la mise en scène a été méticuleusement préparée. De cette manière, il cherche à réaffirmer le leadership américain en terme de conquête spatiale et à rehausser sa popularité dans le coeur des Américains.

    Duplex de TV5MONDE

  • Fin des énergies fossiles : « l’impréparation de l’UE est tragique » selon Matthieu Auzanneau

    Fin des énergies fossiles : « l’impréparation de l’UE est tragique » selon Matthieu Auzanneau

    Lors de l’ « UniverShifté » organisée par The Shift Project, groupe de réflexion sur la transition énergétique, EURACTIV s’est entretenu avec son directeur, Matthieu Auzanneau, au sujet des risques sur les approvisionnements pétro-gaziers de l’Union européenne (UE) et de l’impératif sécuritaire de la sobriété énergétique.

    Matthieu Auzanneau est l’auteur d’essais, dont Or Noir. La grande histoire du pétrole, publié en 2015 aux éditions La Découverte et Pétrole : le déclin est proche, publié avec Hortense Chauvin en 2021 aux éditions du Seuil.

    POINTS FORTS DE L’INTERVIEW 

    • L’UE n’est pas préparée au déclin inexorable de la production pétro-gazière russe et va subir des contraintes sur les volumes d’approvisionnement ;
    • Vladimir Poutine profite de la « naïveté » de l’UE pour réimposer un rapport de force ;
    • La sobriété énergétique est un impératif sécuritaire ;
    • L’exemple syrien est un avertissement pour les sociétés européennes bordées par des régimes puissants dont la survie dépend de la manne pétrolière.

    Interview avec Matthieu Auzanneau

    Euractiv : Le Shift Project publiait en mai 2021 une étude sur les risques dapprovisionnements futurs en pétrole de lUE. Que dit-elle ? 

    Matthieu Auzanneau : En 2020, nous avions publié une première étude sous l’égide du ministère des Armées français, fondée sur les données fournies par la société d’intelligence économique spécialisée Rystad Energy. 

    Cette étude montrait que plus de la moitié des approvisionnements de l’UE provient de pays pétroliers dont la production devrait décliner d’ici 2030. 

    Il s’agit de pays qui, faute de réserves suffisantes, sont soit déjà en déclin (l’ensemble du continent africain), soit au bord du déclin, comme la Russie. 

    Confiée à deux anciens responsables de la production de Total et à l’ancien expert pétrolier n°1 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), notre deuxième étude publiée en 2021, donc avant l’invasion de l’Ukraine, aggravait le constat : l’UE risque fortement de subir des contraintes d’approvisionnement dès la décennie 2020, sauf si le boom du « pétrole de schiste » [tight oil ou shale oil en anglais] se poursuit aux États-Unis et si la Russie maintient ses capacités de production.

    E : Quen est-il aujourdhui avec la guerre en Ukraine et l’accélération de la baisse des approvisionnements russes comptant pour 30% des importations fossiles de lUE ? 

    M.A : En février 2021, Total prévenait déjà qu’il risque de manquer pas moins de 10% de la production mondiale de pétrole [environ 10 millions de barils/jour] pour répondre à la demande d’ici 2025. 

    Or, la situation apparaît encore plus grave aujourd’hui. 

    Côté Américains, la production de « pétrole de schiste » est ralentie par le poids de la dette des producteurs. 

    Côté Russes, dès avant la guerre les autorités faisaient savoir que les extractions ne pourraient sans doute jamais revenir à leur niveau pré-Covid en raison du vieillissement de la production. Et faute d’investissements, les sanctions occidentales devraient vraisemblablement précipiter ce déclin. 

    L’impréparation de l’UE est historique et tragique. Lorsque l’on fait la taille d’un continent, on ne change pas de fournisseur comme on change de crémerie.

    The Shift Project, transition énergétique, écologie, pétrole, gaz, Russie, UE
    Matthieu Auzanneau, le directeur du think tank The Shift Project

    E : Quel est le lien entre les sanctions et la production russe ?

    M.A : La quasi-totalité des opérateurs occidentaux s’apprêtent à plier bagage, entraînant une dégradation brutale des perspectives de production du pays à moyen terme. 

    Rystad penche désormais pour une production d’environ 7 millions de barils/jour en 2030, soit 30 % de moins qu’avant la guerre ! Dommage pour l’UE, puisque la Russie est son premier fournisseur… 

    Le risque de contraintes sur les approvisionnements de l’Union européenne est extrêmement élevé pour la décennie 2020 et certain à l’horizon de la décennie 2030. 

    Ici, le problème principal n’est ni géopolitique, ni industriel, car le tarissement de plus de la moitié des sources de pétrole actuelles de l’Europe est avant tout un phénomène écologique. 

    E : La guerre en Ukraine pourrait donc être une guerre de ressources ? 

    M.A : Sans doute que l’accès aux ressources agricoles et minières immenses de l’Ukraine pèse dans la logique de Vladimir Poutine. Mais avec le chantage exercé sur le gaz, Moscou nous rappelle avant tout ce qui a fait l’histoire de l’Europe jusqu’en 1945 : les logiques de puissance pures. 

    Cette logique est évidemment tributaire de ressources adéquates en énergie.

    Toute l’Europe occidentale s’est montrée naïve. L’Allemagne, en premier lieu, qui s’est crue « vaccinée » contre les logiques de puissance. 

    La sobriété énergétique est un impératif sécuritaire structurel de long terme. 

    L’UE a les plus grandes ambitions climatiques au monde, mais demeure le plus gros importateur mondial d’énergies fossiles… Or, j’insiste, une large part de ses sources d’approvisionnement s’épuisent, que l’on parle de pétrole… ou de gaz !

    E : Justement, quel est le narratif à mettre en place pour la sobriété énergétique ? 

    M.A : D’abord, il est nécessaire d’entendre de la part de nos responsables politiques, européens en particulier, un message d’alerte sur le caractère inexorable de la fin des énergies fossiles. 

    L’idée que le gaz est un intermédiaire indispensable sur le chemin de la transition  énergétique est frauduleuse. De plus, la production gazière en mer du Nord est un cas d’école d’épuisement géologique. 

    E : Le Royaume-Uni est dailleurs en train de se désengager des gisements pétroliers et gaziers en mer du Nord. 

    M.A : Le « désengagement » sert à amuser la galerie, ce n’est pas une affaire de choix. Il y a simplement des puits qui se vident, et cela va continuer. 

    Donc si nous n’amorçons pas sérieusement la sortie des énergies fossiles de notre plein gré, dans la cohérence et la paix, cela se fera de force, à la Mad Max. 

    Selon moi, le dernier Mad Max (2015) raconte l’expansion de Daesh en Syrie : en 2008, le régime de Bachar Al-Assad ne peut plus subventionner l’économie syrienne, car les puits de pétrole syriens s’épuisent. 

    En parallèle, le pays subit une sécheresse terrible, sans doute liée au changement climatique.

    Ce serait obscène de considérer que seules ces conditions ont déclenché la guerre civile. Mais je note que, comme au Vénézuela ou au Yémen, le déclin structurel de la production pétrolière précède d’une dizaine d’années le cauchemar. 

    Ce devrait être un avertissement éblouissant pour les sociétés européennes bordées par des régimes puissants dont la survie dépend d’une manne pétrolière appelée à se tarir : Russie, Algérie, Nigeria, etc.

    E : Cest finalement ce que dit Jared Diamond dans son essai EffondrementLe manque de ressources dune civilisation l’entraîne inexorablement vers le déclin et perdre une guerre nest finalement quun « coup de grâce ». 

    M.A : Nous sommes à un moment fatidique de l’Histoire, aux limites physiques de la croissance. La vocation de l’écologie politique est de confronter le jeu politique aux réalités physiques. 

    Il y a donc un aggiornamento puissant, urgent et lucide à mener par toutes les organisations politiques, quelle que soit leur idéologie.

    Si pour l’instant les banques centrales n’osent pas tirer la prise, j’ai peur que d’ici un an, nous nous réveillions dans un monde très différent, aussi instable économiquement que politiquement.

    E : Pour lhiver à venir, les mesures telles que le remplissage des stocks de gaz ne  seront donc pas suffisantes ? 

    M.A : Quand on presse trop fortement sur la carotide du système économique, son cerveau fait des bêtises.

    Nous allons être pris à la fois par des phénomènes de volatilité des prix et de limitation des quantités disponibles. C’est inexorable si nous tardons à nous sevrer des énergies fossiles.

    Je suis en colère contre l’incurie, l’inconséquence et l’aveuglement des autorités politiques  européennes et nationales. Lorsque nous leur présentons nos travaux, rien ne se passe.

    Pourtant, de Total à l’AIE, en passant par le Kremlin et les grandes banques d’affaires, beaucoup tirent la sonnette d’alarme depuis des années !

    E : Ny a-t-il pas un biais psychologique ? Lopinion publique sait que cest dangereux, mais elle préfère se voiler la face…

    M.A : « Les hommes croient volontiers ce quils désirent » écrivait Jules César. Autrement dit, nous prenons nos désirs pour des réalités. Cette puérilité risque de nous coûter cher.

    Avec la transition énergétique, notre société technique née il y a 150 ans est en pleine crise d’adolescence. Certaines se terminent très mal, mais cela n’a rien d’une fatalité !

  • Trouble et turbulences dans l’école française de Bujumbura

    Trouble et turbulences dans l’école française de Bujumbura

    Une semaine après les révélations inquiétantes de Mediapart concernant les accusations de harcèlement qui visent le proviseur de l’école française de Bujumbura au Burundi, une vague de soutien s’est positionnée en sa faveur.

    Le nuage d’incompréhension qui plane au-dessus de l’école française de Bujumbura s’épaissit. Le 3 juillet dernier, une enquête de Mediapart a chamboulé la tranquillité dite de l’établissement tapie au cœur de la capitale burundaise. Pour cause, le proviseur est accusé de harcèlement moral, sexuel, de racisme et d’encouragement à la prostitution, selon neuf témoignages consultés par nos confrères. Après avoir relayé l’information, notre rédaction a reçu une vague de messages en soutien au proviseur, Didier T. Interrogé par Lesfrancais.press, Gilbert Nibigirwe, le président du Conseil exécutif (CE) de l’établissement n’a pas caché sa stupeur et son incompréhension.

    Une affaire portée devant les mauvais gestionnaires

    L’école française de Bujumbura est un établissement partenaire de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). La gestion du personnel est donc uniquement chapeautée par le CE de l’école. L’AEFE, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et de l’Éducation nationale, à qui ont été adressés les témoignages, n’ont par conséquent aucun pouvoir décisionnaire. Gilbert Nibigirwe a donc été surpris de prendre connaissance de l’affaire par voie de presse alors que son Conseil n’a pas été saisi par les accusateurs.

    « C’est une affaire qui devait d’abord être portée devant le CE, et être réglée en interne. »

    Gilbert Nibigirwe, président du Conseil exécutif de l’école française de Bujumbura au Burundi

    Selon ses dires, il a cherché à rencontrer les auteurs des témoignages afin de comprendre la situation. Or, il explique que sur neuf plaignants, il n’a réussi à obtenir que trois noms. Parmi eux, une personne a refusé de répondre à ses questions et les deux autres lui ont dit n’avoir rien à dénoncer… Le trouble persiste.

    Face à cette situation des plus anodines, le président déclare « ne soutenir personne dans cette histoire », mais être là « pour défendre les intérêts de l’école. Cependant, si ces propos peuvent venir en aide au Proviseur alors tant mieux ! ». Le discours est clair : le Comité exécutif soutient le directeur de l’établissement !

    École française de Bujumbura au Burundi © site internet de l’école

    Soutien avec le Proviseur

    Bujumbura, Burundi
    Gilbert Nibigirwe, le président du CE de l’école française de Bujumbura

    Didier T. est connu pour ses coups de colères et ses esclandres dans les couloirs de l’école française, « mais jamais [Gilbert Nibigirwe ne l’a] vu ou entendu avoir un comportement déplacé envers qui que ce soit. » A ses yeux, ces histoires de harcèlement sont « des raccourcis initiés par la rancœur de quelques personnes ». Avant d’ajouter qu’il est prêt à recevoir toutes accusations faites à l’encontre de la Direction, et de les traiter avec le plus grand sérieux. Seulement, comme il le rappelle, le CE n’a jamais été saisi cette année.

    De plus, lorsque l’affaire a été rendue publique, la majorité des parents d’élèves s’est levée pour défendre son proviseur « qui a révolutionné l’école depuis son arrivée, il y a deux ans ».

    Un dossier présenté à la Procureure de Paris

    Le 8 juin dernier, la sénatrice des Français de l’étranger Mélanie Vogel a saisi la Procureure de Paris après avoir eu vent de l’affaire. De cette manière, une enquête a été ouverte. Mais pour l’heure, le dossier n’a pas avancé.

    Dans le cas où Didier T. serait reconnu coupable de ces agissements dénoncés, Gilbert Nibigirwe a assuré qu’il prendrait les mesures nécessaires afin de le révoquer de ses fonctions. Mais pour l’instant, il ne souhaite pas prendre une décision « seulement basée sur des témoignages anonymes ». Il demande à ce que la justice fasse son travail et rende son verdict ; mais également que les accusateurs viennent à sa rencontre afin d’éclaircir la situation. Finalement, il semble manquer de nombreux éléments à la compréhension de cette inquiétante affaire.

  • Le passe sanitaire aux frontières rejeté

    Le passe sanitaire aux frontières rejeté

    Ce devait être une formalité ! Les étapes préliminaires au vote indiquaient un consensus pour la mise en place du passe sanitaire aux frontières ainsi qu’entre les DOM-TOM, la Corse et la France hexagonale. Le gouvernement avait même renoncé à réinscrire l’obligation du port du masque pour favoriser son vote. Et pourtant l’article 2 du projet de loi sanitaire examiné à l’Assemblée nationale cette nuit n’a pas été adopté. Au-delà de la loi, en elle-même, ce rejet semble être le symptôme d’une assemblée qui ne permettra pas à Élisabeth Borne de gouverner le pays. Mais attention, un passage au Sénat et une représentation à l’Assemblée nationale sont prévus.

    Alliance entre le RN et LFI

    Une conjonction de votes du RN, de la Nupes et de LR ont mis en échec le gouvernement sur un point précis de l’article 2 du projet de loi de « veille et de sécurité sanitaire ». Il visait à supprimer la possibilité d’exiger un passe vaccinal pour les mineurs à partir de 12 ans, si ce certificat était rétabli pour des déplacements vers, ou depuis l’étranger. 

    Pour ce faire, des élus de ces différentes formations ont déposé des amendements identiques. Le vote groupé a permis aux partisans d’un âge relevé à 18 ans de le remporter avec 13 voix d’écart. Le résultat de ce vote a alors été accueilli par un tonnerre d’applaudissements sur les bancs des différents groupes à l’origine des amendements. Le député de la majorité présidentielle Rémy Rebeyrotte a déploré une « ambiance de match de football » dans l’hémicycle.

    Le reste du texte voté

    Plus tard, dans la nuit, le vote sur l’ensemble du texte a été adopté en première lecture par 221 voix contre 187 et 24 abstentions. Tous les autres votes sur des éléments du texte ont été remportés par la majorité présidentielle. C’est le cas notamment de la collecte des données de santé sur les tests de dépistage alors que la France fait face à une 7e vague de l’épidémie. 

    Le nouveau ministre de la Santé, François Braun, présentant le texte à l’Assemblée nationale ©AFP

    Et maintenant ?

    Mais l’affaire n’est pas pliée pour le gouvernement, comme l’a déclaré Élisabeth Borne.

    « Passé l’incrédulité sur ce vote, je me battrai pour que l’esprit de responsabilité l’emporte au Sénat »

    Élisabeth Borne à la sortie du vote

    En effet, les sénateurs peuvent encore rétablir l’article 2 dans le projet de loi, ce qui entrainerait un nouveau vote à l’Assemblée nationale.

    Dans l’état, le texte entérine donc l’expiration au 1er août du cadre « exorbitant du droit commun » de l’état d’urgence sanitaire et du régime de gestion de la crise mis en place fin mai 2021. L’affaire rebondira sûrement dans les deux prochaines semaines.

    Cependant le Sénat sera à convaincre et les difficultés semblent immenses.

    « Si elle veut compter sur le Sénat, elle doit aussi recevoir les présidents de groupes du Sénat. Pour l’instant elle les a ignorés »

    Mercredi matin sur France 2, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.

    Dans cet hémicycle, les LR sont majoritaires. Représentant les élus locaux, parmi lesquels de nombreux Républicains reconduits aux dernières élections municipales, départementales et régionales, il n’est pas du tout acquis qu’une majorité se trouvera sur l’article 2 alors qu’à l’Assemblée nationale les députés LR ont été divisés sur ce vote.