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  • La décarbonation de l’aviation, mission impossible ? 

    La décarbonation de l’aviation, mission impossible ? 

    L’aviation est responsable de 2,5 % des émissions des gaz à effet de serre anthropiques (dont 0,8 % pour les jets privés). Si le transport aérien joue un rôle marginal dans les émissions, il concentre les critiques en raison de son caractère élitiste et de sa forte croissance. Alors peut-on réaliser la décarbonation de l’aviation ?

    À court terme, les capacités pour le transport aérien de se décarboner sont faibles. Si pour les avions à faible rayon d’action et de petite taille, les batteries électriques peuvent constituer une solution, il en est tout autrement pour les longs courriers. Le recours à l’hydrogène n’est pas envisageable au mieux avant une dizaine d’années. Pour limiter les émissions de CO2 de l’aviation, des espoirs sont mis sur l’utilisation d’un carburant à partir du dioxyde de carbone : le SAF (Sustainable Aviation Fuel). Ce dernier est élaboré en captant le CO2 soit dans l’air, soit dans les circuits de production industrielle. Plusieurs compagnies aériennes ont déjà effectué quelque 450 000 vols avec ce type de carburant. Le principal problème demeure son coût qui est trois fois plus élevé que le kérozène classique.

    Aux États-Unis, les déchets forestiers et agricoles pourraient répondre aux trois quarts de la demande en carburant d’aviation 

    Le processus de production du SAF est complexe. Le principal producteur de SAF hydrotraité est Neste, une entreprise finlandaise. Neste a comme objectif de produire 1,9 milliard de litres de SAF par an d’ici la fin de 2023, soit environ 15 fois la production mondiale totale en 2021 (mais toujours moins de 2 % de la consommation mondiale de kérozène). Neste recourt aux graisses de cuisson recyclées pour son carburant pour avion. D’autres sociétés utilisent cette technique. Aux États-Unis, World Energy a transformé une ancienne raffinerie à Paramount, en Californie, pour produire ce type de carburant. D’ici 2025, cette usine devrait produire environ 1,3 milliard de litres de SAF par an. La limite de la production du SAF est la capacité à disposer d’huiles et de graisses en quantité suffisante. En cas de manques de déchets, la tentation serait de produire de l’huile et des graisses naturelles au risque d’encourager la multiplication des palmiers à huile de palme et d’augmenter le prix des produits alimentaires qui l’utilisent. 

    Aux États-Unis, les déchets forestiers et agricoles pourraient néanmoins répondre aux trois quarts de la demande actuelle du pays en carburant d’aviation, sans qu’il soit nécessaire d’établir de nouvelles plantations ou de concurrencer la production alimentaire. 

    Pour améliorer le process, des industriels préfèrent utiliser la pyrolyse, qui permet de produire un liquide riche en hydrocarbures pouvant être transformé en SAF. Cette option a été choisie par Boeing. La direction du constructeur américain a annoncé en juillet que certains de ses avions seraient testés avec ce carburant. Une utilisation opérationnelle est attendue pour 2024.

    United Airlines Flight 310 to Los Angeles is refueled using biofuel at O’Hare International Airport in Chicago on June 5, 2019. The demonstration flight, powered by a fuel mixture containing 30 percent biofuel, was intended to be the greenest possible flight, testing several sustainability initiatives. (Jose M. Osorio/Chicago Tribune/TNS/ABACAPRESS.COM

    A la recherche de gaz de synthèse 

    D’autres équipes de recherche travaillent sur des projets qui reposent sur une exploitation directe des émissions de gaz à effet de serre des entreprises industrielles. Les techniques de fixation directe du CO2 sont appelées processus power-to-liquid. Elles permettent la production de e-carburants (une abréviation d’électro-carburants, la production nécessitant de l’électricité). Les processus power-to-liquid ont en commun la création d’un mélange d’hydrogène et de monoxyde de carbone, appelé gaz de synthèse. À des températures et pressions appropriées, et en présence de catalyseurs adaptés, les constituants de ce gaz réagissent pour donner des hydrocarbures et de l’eau. Ce procédé est appelé Fischer-Tropsch, du nom des chimistes allemands qui l’ont inventé dans les années 1920. Il avait été utilisé par l’Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale pour transformer le charbon en combustibles liquides, afin de pallier le manque de pétrole. 

    Des équipes travaillent à la réalisation, à partir de l’énergie solaire, de gaz de synthèse en réduisant l’eau en hydrogène et le CO2 en monoxyde de carbone, ce gaz pouvant être transformé dans un second temps en SAF. La société Synhelion a annoncé qu’une usine expérimentale produirait du gaz de synthèse à l’échelle industrielle, près de Cologne, à partir de laquelle elle espère, l’année prochaine, livrer du SAF aux compagnies aériennes du groupe Lufthansa. Une nouvelle usine en Espagne est prévue en 2025 afin de profiter des capacités solaires de ce pays. D’ici 2030, la production de l’entreprise pourrait atteindre quelque 850 millions de litres par an, soit suffisamment pour répondre à environ la moitié des besoins des compagnies de la Suisse. L’objectif, d’ici 2040, est de 50 milliards de litres par an. Synhelion travaille également sur un projet récupérant le CO2 émis par la fabrication du ciment.

    Le CO2 comme matière première 

    Ce projet donne lieu à une association avec la Cemex, une entreprise mexicaine qui est l’un des plus grands producteurs de ciment au monde. Une partie de la fabrication du ciment consiste à chauffer du calcaire pour chasser le CO2. Cette industrie est responsable d’environ 8 % des émissions anthropiques de gaz. Le CO2 en question est assez pur et peut donc être utilisée en tant que matière première. Après avoir testé cette solution avec succès en Espagne, les deux sociétés ont désormais comme projet la construction d’une usine qui fabriquerait du e-carburant. 

    De son côté, Repsol, une entreprise espagnole, s’est associée à Saudi Aramco, le géant pétrolier saoudien, pour construire une usine à Bilbao qui fabriquera du carburant non seulement pour les avions, mais aussi pour les voitures, les camions et les bateaux, en utilisant de l’hydrogène vert et du CO2 alimentés par une raffinerie à proximité. Cette usine, dont l’ouverture est prévue en 2024, utilisera un procédé catalytique. 

    Crédits d’impôts, malus et quotas

    Pour fabriquer du SAF, certains étudient la possibilité de recourir à la biotechnologie. Selon certaines estimations, le SAF pourrait représenter, d’ici le milieu du siècle, jusqu’à 65 % de l’atténuation des émissions de carbone de l’aviation, le reste provenant des avions électriques et à hydrogène quand ils seront opérationnels. Pour cela il faudra produire plus de 450 milliards de litres de SAF par an. Pour favoriser la production de SAF, l’administration américaine a annoncé des crédits d’impôt et d’autres incitations dans le cadre du nouveau projet de loi sur les dépenses du pays. L’Union européenne préfère la méthode du malus et des quotas. Les États membres sont invités à imposer des objectifs. Le pourcentage de carburant décarboné devrait passer de 2 % en 2025 à 85 % d’ici 2050.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 30/08/2022

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 30/08/2022

    Bonjour à toutes et à tous ! Nous sommes le mardi 30 août et vous écoutez le flash info des Français de l’étranger. Aujourd’hui on suit les pas d’une Française en Australie, on fait le point sur les mésententes européennes sur le gazoduc MidCat et on termine avec l’affaire Pogba ! 

    Fin de la traversée de l’Australie en courant pour Lootie !

    Une Française termine sa traversée de l’Australie en courant ! Marie Léautey, alias Lootie, est une coureuse qui s’est donnée pour objectif de parcourir tous les continents afin de récolter des fonds pour l’association Women for Women International. Après l’Europe et les deux Amériques, pour un total de plus de 25 000 km, elle s’apprête à terminer son périple australien. Si vous le souhaitez, vous pouvez aller l’encourager pour la dernière ligne droite aujourd’hui à Sydney, à 12h30, heure locale. Le parcours est sur Lesfrancais.press

    La France bloque le projet MidCat

    On continue avec la bisbille européenne autour du gazoduc MidCat. C’est un projet qui avait été lancé en 2013 par les gouvernements français et espagnol. Mais en 2019, il avait été abandonné car il ne répondait pas aux attentes en matière de sécurité d’approvisionnement. Or aujourd’hui, avec les pénuries énergétiques qui guettent l’Europe, l’Allemagne, l’Espagne et le Portugal veulent le remettre sur la table des négociations. Mais de son côté la France esquive le sujet en bloquant la relance du projet. 

    Midcat

    Affaire Pogba

    Puis nous terminons avec l’affaire Pogba ! Le champion du monde de football se retrouve mêlé à une histoire de tentative d’extorsion en bande organisée, malgré lui. Point de départ de cette affaire : la diffusion de la vidéo de son frère Mathias, qui affirme avoir de “grandes révélations” à faire sur le joueur français. Mais selon son avocat, Paul Pogba serait victime de “menaces” et de “tentative d’extorsion en bande organisée » par son grand frère. Actuellement, l’affaire est devant la justice. 

    Et voilà, c’est terminé pour aujourd’hui ! On se retrouve demain pour un nouveau flash info. Très bonne journée, où que vous soyez ! 

    Écoutez le flash info

  • CEFEL, la solution attractive aux problèmes scolaires des Français à l’étranger

    CEFEL, la solution attractive aux problèmes scolaires des Français à l’étranger

    Dans le podcast Le club des partenaires, la radio StereoChic a reçu Pierre Chauvet, le fondateur de CEFEL. Ce Centre éducatif français en e-learning est une solution globale, vivante et attractive aux problématiques scolaires des élèves français à l’étranger.

    CEFEL est un centre éducatif français en e-learning qui a pour vocation d’offrir une solution scolaire aux jeunes Français de l’étranger qui souhaitent « rester en phase avec le programme français ». Effectivement, la majorité des élèves français établis à l’étranger ne sont pas inscrits dans un établissement français. Soit par choix des parents de voir leurs enfants s’intégrer davantage dans la société locale, soit par manque de moyens ou à cause de la grande distance qui sépare leur résidence de l’école française la plus proche. De cette manière CEFEL offre la possibilité de rester en lien avec ce système éducatif.

    Un projet familial, né d’un problème personnel

    Lorsque la famille de Pierre vivait aux États-Unis, lui et sa femme ont pris la décision d’inscrire leurs enfants dans un établissement américain pour qu’ils puissent « vivre une super expérience », ils avaient tous deux conscience du problème de la réintégration en France. Si dans un premier temps ils ont envisagé d’apporter un double cursus à leurs petits avec le programme du CNED, ils se sont rendus compte que celui-ci demande un investissement personnel très important. Effectivement, même pour le programme créé pour les Français de l’étranger déjà élèves d’une école, la formation demande 15h à 20h de travail par semaine. Face à cela, Pierre et sa femme, tous deux professeurs, ont eu l’idée de créer CEFEL.

    CEFEL
    Pierre Chauvet, le fondateur de CEFEL, entouré de sa famille

    Un service sur-mesure

    Chez CEFEL, les élèves suivent un programme fait sur-mesure en fonction de leurs besoins. En amont de leur inscription, les parents échangent donc avec l’administration sur le niveau de l’enfant, ses besoins et attentes, son projet scolaire futur. A partir de ce moment-là, l’élève est ajouté à un groupe d’étude, ne dépassant jamais les sept élèves, afin de suivre le programme français de son niveau. Les cours sont dispensés par l’un des vingt-deux professeurs de CEFEL, et les groupes sont crées en fonction des horaires et du fuseau horaire de chacun. A la fin de l’année, l’élève peut ainsi valider son niveau auprès du CNED. Tout cela pour un investissement de 4h30 par semaine.

    CEFEL peut être particulièrement intéressant pour les élèves de Terminale qui souhaitent venir poursuivre leurs études en France. Effectivement, grâce à CEFEL ils peuvent obtenir une équivalence du BAC français avec le CNED, en plus de leur diplôme étranger. Dans le processus d’inscription dans les universités, ces élèves sont très recherchés par les écoles.

    De plus, les cours et le dialogue sont véritablement adaptés à des Français de l’étranger car ils ont été montés de toutes pièces par Pierre et sa femme qui ont enseigné pendant vingt-deux ans à l’étranger. Ils connaissent donc bien leur public.

    Capture d’écran d’un cours avec CEFEL

    « La réintégration c’est un double enjeu. A la fois administratif et scolaire. »

    Au moment du retour en France, bien souvent les enfants doivent passer un test d’aptitude dans les écoles où ils s’inscrivent, afin que les proviseurs puissent « évaluer leur niveau de réintégration ». Souvent composés de mathématiques, français et de culture générale, ces tests peuvent être des épreuves sources d’angoisse pour les élèves français n’ayant pas évolué dans le système de l’Éducation nationale. Aussi, en fonction des résultats le proviseur en accord avec le rectorat peut décider de placer le nouvel élève dans une classe nettement inférieure à son âge. Il est donc important de penser à cet aspect administratif.

    Contacts

    [email protected]

    Formulaire de contact sur cefel.org

    Téléphone : +33 6 38 21 53 88

    Écoutez le podcast avec Pierre de CEFEL

  • Fin de la traversée de l’Australie en courant pour Lootie !

    Fin de la traversée de l’Australie en courant pour Lootie !

    Depuis fin avril, Marie Léautey, dite « Lootie », parcourt l’Australie … en courant ! Arrivée à Perth, elle traverse depuis le pays pour rejoindre Sydney. Elle est attendue le 30 août, à 12h30, à l’Opéra de Sydney avec un accueil chaleureux. Retour sur son histoire incroyable. 

    En direction de Melbourne !

    Elle parcourt le monde pour la bonne cause 

    Marie Léautey, alias Lootie, est une coureuse française qui s’est lancée un pari fou : faire le tour du monde en courant ! Partie en 2021, elle a déjà traversé 4 continents ! Ainsi, elle a terminé la traversée de l’Europe (15420 km) le 24 juin 2021, la traversée de l’Amérique du Nord (5 383 km) le 24 novembre 2021 et la traversée de l’Amérique du Sud (3 002 km) le 10 mars 2022.

    Elle est désormais en Australie, où elle a démarré son périple à Perth. Elle court 6 jours sur 7 et elle a un objectif : récolter des fonds pour l’association « Women for Women International », qui soutient les femmes dans les zones de conflit.

    Son périple australien

    Pour sa traversée de l’Australie, Marie a été bien encadrée, grâce à l’aide de Myriam du Consulat Français de Melbourne. Elle nous a raconté les différentes démarches qu’elle a mises en place pour aider Marie dans sa traversée australienne. 

    « Lors de mes vacances en France, j’ai reçu un email de la Consule générale de France à Sydney qui m’avertissait, ainsi que ma consœur d’Adélaïde, de cette course extraordinaire et du périple de Marie qui allait passer par Adélaïde vers le 14 juillet et par Melbourne début août.

    Ainsi, à mon retour à Melbourne, la deuxième quinzaine de juillet, j’ai envoyé un email à tous les présidents des associations françaises et aux écoles françaises locales. Mon époux m’a également mise en contact avec Pat Farmer un ultramarathonien australien de Sydney. Ce dernier, dans un élan de solidarité et d’admiration pour cette femme incroyable, décida de prendre l’avion pour la rejoindre pour sa dernière course d’arrivée à Melbourne.

    J’ai également contacté le ministère des transports locaux pour m’assurer que la route choisie par Marie pour entrer à Melbourne soit agréée par les autorités. La question se posait notamment par rapport au Western Gate Bridge. Nous lui avons ainsi permis de prendre une voie détournée, qui incluait une traversée en ferry. » 

    Avec Pat Farmer et John, le mari de Myriam

    Une arrivée à Melbourne en fanfare ! 

    Grâce à la mobilisation et aux efforts de Myriam, le Lord Mayor Sally Capp ainsi qu’un comité d’accueil attendait Marie à son arrivée à Melbourne. Parmi eux, on retrouvait :

    Le comité d’accueil à l’arrivée à Melbourne

    Deux femmes françaises de la communauté, Prue Bokobza d’Expert France et Anne-Sophie Pink de l’Alliance Française de Melbourne avaient également rejoint Marie et Pat à l’arrivée du ferry, pour faire les 8 derniers km.

    Le lendemain, une réception au consulat honoraire de France a accueilli Marie, mais également remercié les nombreux bénévoles. 

    Marie avec la Lord Mayor Sally Capp et Myriam

    Fin de l’aventure australienne à Sydney le 30 août 

    Après tous ces efforts, l’aventure australienne s’achèvera le 30 août à 12h30 à Sydney. Pour l’occasion, un comité d’accueil a également été mis en place. L’arrivée se fera à l’emblématique Opéra House de Sydney et des points de rendez-vous ont été mis en place sur les 13 derniers kilomètres pour ceux qui souhaitent se joindre à Marie. Le Consulat de France à Sydney, ainsi que le lycée Condorcet, seront de la partie pour accueillir Marie comme il se doit. 

    Vous pouvez vous joindre à cet accueil en remplissant le formulaire à cet effet ICI. On espère que vous serez nombreux pour féliciter l’exploit de la Française.

    Un grand bravo à Marie/Lootie pour cette incroyable épopée et cette traversée de l’Australie en courant.

    Les derniers kilomètres australiens

    Vous pouvez retrouver toutes les informations sur la page Facebook de Marie : https://www.facebook.com/LootieRun/ et sur son site : https://lootie-run.com/

    Vous pouvez également faire un don pour soutenir le projet de Marie. Pour cela, rendez-vous sur le site de Lootie.

  • La France bloque le projet MidCat avec l’Espagne

    La France bloque le projet MidCat avec l’Espagne

    Tandis qu’Allemands, Espagnols et Portugais relancent le débat sur le gazoduc MidCat reliant la péninsule ibérique à la France, certains dénoncent une manœuvre profitable, avant tout, aux intérêts de l’Allemagne. 

    Le 11 août 2022, le chancelier allemand Olaf Scholz annonce qu’il regrette l’arrêt du projet de gazoduc MidCat qui manquerait « dramatiquement » à l’Europe en cette période de crise.

    Dans la foulée, le Premier ministre portugais Antonio Costa rappelle que ce projet est même « une priorité » pour le continent, enjoignant donc la France à se positionner.

    Le projet MidCat a été lancé en 2013 à l’initiative des gouvernements espagnol et français et avec le soutien de la Commission européenne. Nécessitant des renforcements très importants du réseau gazier français, le projet initial fut raccourci et renommé South Transit East Pyrénées (STEP).

    Il est finalement abandonné en 2019, au prétexte qu’il ne répondait pas aux promesses escomptées en matière de sécurité d’approvisionnement et de viabilité économique.

    La France boude le projet

    Depuis, le gouvernement français botte en touche.

    En juin dernier, le ministère de l’Écologie, de l’Énergie et des Territoires avait répondu à EURACTIV France qu’il n’avait « aucun commentaire » à formuler, alors que le dossier revenait sur le devant de la scène suite au déclenchement de la guerre en Ukraine.

    En juillet, nouvelle sollicitation en amont du conseil des ministres de l’Énergie européens. Le cabinet du ministère répond à EURACTIV France que le projet est « non viable », au regard de son manque d’intérêt circonstancié en ces temps de crise. 

    Néanmoins, le ministère se disait « attaché » à une discussion avec les partenaires européens. 

    Propos que semble avoir entendu la ministre de l’Écologie espagnole. Le 12 août, elle déclarait à la télévision espagnole (TVE), que les travaux sur le projet MidCat coté Espagne pouvaient être terminés en « huit à neuf mois ».

    Contre la pénurie de gaz, Teresa Ribera propose, au minimum, de préparer l’ajout d’un compresseur supplémentaire sur les deux petits gazoducs qui relient actuellement l’Espagne à la France.

    Selon elle, le chantier ne devrait d’ailleurs prendre que « deux ou trois mois » et pourrait fournir rapidement « 2 à 2,5% » de la consommation gazière européenne. Estimation que corrobore le cabinet S&P Global sollicité par La Tribune.

    Mais le même jour, le ministère de la Transition énergétique français réitérait ses propos tenus en juillet. Il fait ainsi savoir, au média espagnol Ara, que le projet n’avait pas d’intérêt et qu’il mettrait des années à être opérationnel.

    « Nous ne sommes pas les vassaux de l’Allemagne »

    En un sens, c’est aussi ce que dénonce Thierry Bros auprès d’EURACTIV France : « le politiquement correct pourrait nous pousser à développer un nouveau gazoduc »« Mais à quoi sert un pipeline qui relie deux terminaux de regazéification ? », dénonce-t-il. 

    Le projet rebaptisé STEP prévoyait en effet d’interconnecter la ville de Figueres en Catalogne — proche du terminal de regazéification de Barcelone — à la ville de Barbaira en Occitanie — proche du terminal similaire de la Fos-sur-Mer. Situation absurde, donc, selon le chercheur.

    Néanmoins, le Premier ministre portugais déclare que le projet servirait tout de même à « désengorger les ports du nord de l’Europe » en permettant au continent de profiter d’une plateforme logistique située dans le sud de Lisbonne.

    Mais Thierry Bros rappelle que le projet profiterait surtout à l’Allemagne. Or, il n’y a selon lui, aucune raison que Français et Espagnols payent pour un chantier qui profiterait d’abord aux Allemands. À noter que les Espagnols ont cherché à faire financer ce projet par l’Union européenne.

    « Nous [les Européens] ne sommes pas des vassaux de Berlin », fulmine le chercheur.

    Face à la gravité de la situation que traverse l’Allemagne, il ajoute qu’Olaf Scholz ne peut s’en prendre qu’à lui-même et aux mauvaises décisions prises par les gouvernements allemands successifs depuis l’arrivée de l’ancienne chancelière Angela Merkel au pouvoir. Entre autres : la fermeture des centrales nucléaires.

    hydrogène, gaz
    Concept de bus à hydrogène

    Transport d’hydrogène ?

    En outre, la ministre de l’Écologie espagnole, avance que le projet pourrait permettre de développer les futures infrastructures de transport d’hydrogène. Ce à quoi Thierry Bros répond que, compte tenu de son immaturité technologique, l’hydrogène comme vecteur énergétique est une chimère face à l’urgence de la crise.

    De fait, le professeur a profité, jeudi (25 août), de son passage sur la chaîne LCI pour dénoncer l’inutilité des pourparlers entamés par Olaf Scholz avec son homologue canadien sur le développement d’un partenariat hydrogène.

    Il lui préfère le « pragmatisme » d’Emmanuel Macron, en visite en Algérie, dans un pays producteur de gaz et partenaire européen majeur.

    Le président devra néanmoins faire des courbettes s’il souhaite négocier un contrat gazier supplémentaire. Cela demanderait en effet des milliards d’euros d’investissements algériens, alors que l’Union européenne et ses États membres souhaitent, in fine, sortir des énergies fossiles.

    Une situation que la pénurie actuelle de gaz devrait d’ailleurs accélérer.

  • Accès de faiblesse euro sur fond de flambée électrique 

    Accès de faiblesse euro sur fond de flambée électrique 

    L’euro est repassé au-dessous de 1 dollar cette semaine, les investisseurs anticipant une longue récession en Europe, conséquence de la raréfaction du gaz russe et de la flambée électrique.

    La dépréciation de la monnaie européenne, -15 % en un an, s’explique également par les écarts des taux directeurs pratiqués par les banques centrales de part et d’autre de l’Atlantique. La FED a relevé ses taux dès le mois de mars quand la Banque centrale européenne ne l’a fait qu’à partir du mois de juillet. Compte tenu de l’écart de taux qui atteint désormais deux points, les investisseurs privilégient les placements américains au détriment de ceux de la zone euro, ce qui provoque une baisse de la valeur de la monnaie européenne.

    Ecart des taux 

    Si la dépréciation de l’euro favorise les exportations en dehors de l’Union européenne, elle renchérit, en revanche, le coût des importations et notamment celles en énergie. Elle contribue ainsi à l’augmentation de l’inflation. Pour les Européens, il est plus coûteux d’investir aux États-Unis quand, a contrario, les Américains peuvent le faire en Europe à moindre prix. 

    La semaine restera marquée par l’envolée sans précédent des prix de l’électricité en Europe et tout particulièrement en France. Les prix de gros de l’électricité pour 2023 en France ont dépassé 1 000 euros le mégawattheure (MWh) quand ces prix n’étaient que de 85 euros il y a un an. Avant la crise sanitaire, ils fluctuaient même autour des 50 euros. La hausse des prix de l’électricité est imputable à la diminution des flux de gaz russe vers l’Europe depuis le début de la guerre en Ukraine et à l’augmentation du cours du gaz. De nombreuses centrales de production d’électricité sont alimentées au gaz en Europe, ce qui induit des effets sur le cours de cette dernière.

    Plus de la moitié des réacteurs nucléaires à l’arrêt 

    En France, 32 des 56 réacteurs nucléaires que compte l’Hexagone sont à l’arrêt, notamment en raison d’un problème de corrosion, réduisant la production électrique française à un niveau historiquement bas. La France est contrainte d’importer son électricité quand logiquement elle est exportatrice. Les annonces d’EDF sur un report de la remise en réseau des centrales concernées a provoqué des tensions supplémentaires sur le marché de l’électricité. 

    Jusqu’à maintenant, les pays de la zone euro ont institué des boucliers tarifaires pour protéger leurs concitoyens des effets de la hausse du prix de l’électricité. Le coût budgétaire est exponentiel. Au Royaume-Uni, le régulateur a annoncé le vendredi 26 août que les tarifs réglementés de l’énergie augmenteraient de 80 % à partir d’octobre dans le pays, et que les factures de gaz et d’électricité pourraient progresser encore « considérablement » en 2023.

    Réunion d’urgence 

    En France, des dizaines de milliers de clients migrent de fournisseurs privés d’électricité vers l’énergéticien public, EDF, et son tarif fixe. En 2023, le bouclier tarifaire devrait céder la place à un système d’aides ciblées en faveur des ménages les plus modestes. Face à l’augmentation des cours de l’énergie, la Première ministre tchèque, dont le pays assure la présidence de l’Union européenne, a déclaré ce vendredi que son pays allait convoquer une réunion d’urgence pour faire face à la crise énergétique. Le ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce, Jozef Sikela, a déclaré que le conseil européen de l’énergie devait se réunir « le plus tôt possible ».

  • Danse interdite, vies interdites

    Danse interdite, vies interdites

    La première ministre finlandaise, Sanna Marin, a été dénoncée pour avoir été filmée en train de danser au cours d’une soirée. Elle a trente-six ans, elle en aurait 96, serait-ce moins scandaleux ? Le scandale est-il le film -toute figure du pouvoir est publique- ou la danse ? Elle est la première ministre d’un pays qui collectionne les premières places dans tous les classements de développement humain : liberté, environnement, éducation, santé… Même dans ce paradis du nord, danser pourrait être incompatible avec sa fonction. Staline dansait avec les membres du Politburo (que des hommes), susurrant à l’oreille du valseur que le lendemain il pourrait être mort. Aurait-elle proféré de telles menaces ?  Elle a reçu une bise sur la joue.

    Une femme au pouvoir qui danse, c’est léger, dangereux 

    Elle s’est soumise à un test anti-drogue. La soupçonnerait-on d’avoir blanchi l’argent des Narcos comme Juan Orlando Hernandez, ou Maduro ? Détourné des millions de dollars, comme Cristina Kirchner ? Touché de l’argent d’un pays étranger, comme Clinton, Biden, Sarko ou le roi d’Espagne ? Arrêté un évêque comme Ortega, emprisonné des opposants, comme Sissi, Erdogan, Xi Jinping ? Découpé un journaliste en rondelles, comme MBS, ou l’avoir empoisonné ? Bombardé des civils, comme Poutine, Assad, Bush, Obama, Netanyahou, Erdogan et bien d’autres plus discrets ?  

    Ce n’est pas la danse qui choque, c’est la féminité : une femme au pouvoir qui agit comme un homme, soit. Une femme au pouvoir qui danse, c’est léger, dangereux. La mise en scène hiératique du pouvoir serait dégradée. 

    Pendant l’étalage du scandale finlandais, d’autres femmes subissaient d’autres accusations, d’autres condamnations, autrement cruelles et scandaleuses, bien plus discrètes.  

    Au Salvador, Esme a été condamnée à 30 ans de prison pour une fausse couche. Le juge y a vu un avortement camouflé. Or l’avortement y est strictement interdit, comme dans quinze autres pays dans le monde, pour quelque raison que ce soit. Le Salvador est le pays des Maras et des cryptomonnaies. Aux Etats-Unis, depuis la décision de la Cour suprême, quatorze Etats ont passé des lois interdisant l’avortement. Un juge a interdit la demande d’avortement d’une mineure, la considérant trop « immature » pour décider d’avorter ; mais pas pour élever un enfant. 1000 femmes ont saisi la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour contester l’application de la nouvelle législation polonaise restreignant le recours à l’avortement.

    34 ans de prison pour des messages pour les droits des femmes

    En vacances en Arabie saoudite, Salma al Shehab, qui vit au Canada avec ses deux enfants, a été condamnée à 34 ans de prison pour avoir posté sur Twitter des messages pour les droits des femmes, considérés comme hostiles au régime. Elle rejoint d’autres femmes, comme Loujain al-Hathloul, emprisonnée et torturée pour avoir réclamé le droit de conduire, avant que le Prince ne l’accorde. Elle s’était filmée au volant d’une voiture. Image de la féminité, toujours. A cacher, à bannir, à voiler. 

    En Égypte, Amal Fathy, ayant critiqué l’inaction des autorités face au harcèlement sexuel, a été condamnée à un an de prison. 

    En Inde, au Gujarat, onze hommes condamnés à vie en 2008 pour un viol collectif ont été libérés : remise de peine.

    Peut-on espérer une telle clémence pour deux « influenceuses » égyptiennes, Hanin Hossam (un million d’abonnés sur Tiktok) et Mawada el Adham (trois millions d’abonnés), condamnées pour incitation à des contenus « contraires aux bonnes mœurs ». Selon le juge, elles saperaient « les valeurs et la morale égyptiennes ». On les voit danser avec une petite fille de six ans.

    Condamnée à la lapidation pour adultère 

    Au Soudan, Maryam Alsyed Tiyrab, 20 ans, a été condamnée à la lapidation pour adultère. En Iran, 17 femmes ont été exécutées. Trois ont été pendues le même jour. Souvent, elles sont condamnées pour le meurtre du mari. La famille est invitée à participer à l’exécution : ainsi, Maryam Karimi, condamnée pour avoir tué son mari qui refusait de lui accorder le divorce, a vu sa fille participer à son exécution en mars 2021. En Iran toujours, le port du voile étant obligatoire, les jeunes femmes qui l’ont enlevé pour manifester ces dernières semaines ont été arrêtées. 

    La police a aussi arrêté le mari de Mona Heydari, 17 ans. Il l’avait décapitée en pleine rue et brandissait fièrement sa tête en souriant. Il plaidera qu’il s’agissait d’un « crime d’honneur ». Selon The Lancet, cité par Human Rights Watch, il y aurait eu, entre 2010 et 2014, plus de 8000 crimes d’honneur en Iran. L’agence officielle ISNA estime que les crimes d’honneur, ou plutôt d’horreur et déshonneur, représentent 20% des assassinats en Iran.

    Dans les régimes policiers le meurtre prolifère. Dans les régimes sans police aussi : en Haïti, où règnent les gangs, le viol est devenu une arme de guerre pour le contrôle des territoires entre bandes rivales.

    Le droit des femmes, un signe de décadence occidentale ?

    Au Maroc, Fatema Karim, 39 ans, s’est moquée des versets du Coran sur sa page Facebook. Elle a été condamnée à deux ans de prison. En Afghanistan, les femmes sans marham, sans accompagnateur masculin, sont arrêtées. Etc., etc., etc. 

    Parfois, il y a de bons signes : L’Ukraine, en pleine guerre, a ratifié la Convention d’Istanbul, traité international contre la violence faite aux femmes. La Convention établit des normes minimales de protection, de prévention et de poursuites judiciaires contre les violences domestiques. La Turquie, qui faisait partie de premiers signataires, s’en est retiré. L’Ukraine, en pleine guerre, signe. La Russie, elle, n’a jamais voulu signer Le droit des femmes, un signe de décadence occidentale ?

    Sanna Marin a rompu avec 70 ans de « paternalisme russe » sur la neutralité finlandaise en décidant l’adhésion de son pays à l’OTAN. Elle a osé. Sa danse scandalise forcément les admirateurs du pouvoir fort, rigoureux, antidécadent, « antioccidental » de Poutine. Tout est toujours une bataille de civilisation.

    La mère de Sanna Marin avait été élevée dans un orphelinat. Elle s’était réfugiée dans un centre pour femmes battues pour échapper à son mari. Sa fille a accumulé les petits boulots, financé ses études, adhéré à un parti, été élue, est devenue la plus jeune dirigeante d’un pays moderne, paisible, courageux, à bien des égards, exemplaire.

    En France, en 2021, 122 femmes tuées par leur conjoint  

    En quelques générations, en Europe, dans de nombreux autres pays qui suivent le « modèle occidental » le sort des femmes a changé, comme celui de la mère de Sanna Marin. Les femmes continuent de subir violence, mépris, haine sur tous les continents. En France, en 2021, 122 femmes ont été tuées par leur conjoint. 84% d’entre elles avaient porté plainte pour violence conjugale. Plus d’attention -de justice- aurait pu les sauver. 

    Peu à peu, lentement, le principe d’égalité homme-femme, les droits des femmes, les féminismes, sont apparus. Surtout, presque exclusivement à vrai dire, en Occident, qui le diffuse avec son impérialisme, qui est méprisé pour sa décadence supposée. Le wokisme, pur produit de l’autocritique occidentale, ira-t-il coloniser les décolonisés ? Ses excès ne sauraient occulter ses raisons : même en Finlande, l’image du pouvoir serait dévaluée par celle d’une femme qui danse, ou, simplement, d’une trop grande liberté. A surgi, dans un des pays les plus policé de la terre, la revanche malsaine de remettre une femme à sa place parce qu’elle est au pouvoir.

    Les guerres contre les femmes    

    Louis XIV dansait, imbéciles ! Faut-il assez de bêtise, de cruauté, pour interdire aux hommes et aux femmes, de danser ? Si une fatwah mentale allégeait le monde de quelques ayatollahs, censeurs, corrupteurs, juges, assassins, violeurs, et autres tyranneaux de village, il gagnerait moins en légèreté qu’en grâce. Dansez donc, madame la première ministre, dansez ! Quelle tristesse de vous voir seulement vous excuser à la télévision. Toujours ces procès par les images. Où sont, à la télévision, les excuses des vrais criminels, les reportages pour toutes ces guerres contre les femmes ?

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice des Français de l’étranger

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 29/08/22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 29/08/22

    Bonjour à toutes et à tous ! Je suis heureuse de vous retrouver pour cette nouvelle semaine de flash info des Français de l’étranger. Aujourd’hui au programme : les Français au Cambodge, les sites internet des consulats non mis à jour, et la loi de finances, un défi pour l’opposition. 

    Le Cambodge, un Eldorado en construction pour les expatriés

    Le Cambodge, un Eldorado en construction pour les expatriés ! Depuis une dizaine d’années, le pays d’Asie vit une transformation de fond ! Constructions multiples, développement du tourisme, taux de croissance avoisinant les 7%, vivier pour les start-up, tout est fait pour attirer les investisseurs étrangers ! Une aubaine pour les quelque 10 000 Français qui vivent sur place. Cependant, tous déconseillent d’y partir sans projet en amont, et sans argent en réserve car la chute de l’euro leur a fait perdre 20% de leur pouvoir d’achat. 

    Les sites des consulats non mis à jour

    On continue avec les sites des consulats. Dans une lettre à Olivier Becht, la sénatrice des Français de l’étranger Hélène Conway-Mouret, l’alerte de la non-mise à jour des sites internet des consulats. Un problème d’importance majeur pour les expatriés qui ne peuvent pas avoir accès aux informations de base. Il en va donc de la transparence démocratique. Dans sa lettre, disponible sur Lesfrancais.press, elle propose plusieurs solutions au ministre. Elles sont aujourd’hui toutes entre ses mains. 

    Transparence démocratique dans les consulats
    Transparence démocratique dans les consulats

    Possible recours au 49-3

    Puis nous terminons avec la loi de finances. A l’occasion du projet de loi de finances, les différends entre les groupes politiques ressurgissent. Dans une interview au Parisien, la première ministre Elisabeth Borne a laissé entendre que la majorité serait prête à recourir au 49-3 si jamais l’opposition bloque le projet. Elle envisage un tel recours car selon elle, “les Français ne nous ont pas demandé l’immobilisme”

    C’est terminé pour aujourd’hui ! On se retrouve demain pour un nouveau flash info. Bonne rentrée à tous !

    Écoutez le flash info

  • Bilan de la visite d’Emmanuel Macron en Algérie

    Bilan de la visite d’Emmanuel Macron en Algérie

    Le président Emmanuel Macron s’est rendu pendant trois jours en Algérie, du 25 au 27 août. Une visite marathon, qui se solde par un « partenariat renouvelé ».

    « Emmanuel Macron a fait subir, d’une certaine manière, une épreuve marathonienne aux services de sécurité » affirme Slimane Zeghidour, envoyé spécial TV5MONDE en Algérie. Effectivement, les trois jours de visite du chef de l’État en Algérie, ont été particulièrement intenses en termes de rendez-vous et de déplacements.

    Le voyage politique s’est passé « sans anicroche », ce qui est un succès en soit. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a pour sa part, salué « une visite excellente et réussie ».

    Sur le plan strictement politique, le traité de partenariat renouvelé, signé le samedi 27 août, marque une avancée des relations bilatérales. D’un côté, c’est la première fois qu’un traité signé par deux chefs d’État « est aussi circonstancié ». Il fait état de l’ensemble des secteurs d’activités propres aux deux nations.

    Algérie
    Emmanuel Macron lors de sa visite en Algérie – Ludovic MARIN / AFP

    Par ailleurs, les échanges académiques, universitaires et scientifiques, vont reprendre ardemment pour la première fois depuis l’ère de Valéry Giscard d’Estaing. Si à l’époque les échanges universitaires franco-algériens étaient forts, ils avaient connu après un fort recul.

    A la suite de ce déplacement, tout laisse augurer d' »une véritable refondation des relations » entre les deux nations.

    Un reportage de TV5MONDE

  • Le Cambodge, un Eldorado en constuction

    Le Cambodge, un Eldorado en constuction

    Le Cambodge vit depuis une dizaine d’années une transformation à plusieurs échelles. Un mouvement que la communauté française sur place semble suivre. 

    Une histoire commune

    Le Cambodge et la France ont longtemps été liés. Durant près d’un siècle (1863-1953), le pays asiatique a successivement été sous protectorat français, inscrit dans l’Indochine française puis défini comme État associé de l’Union française, avant de prendre son indépendance en 1953. Seulement, ce n’est pas cette période de l’Histoire qui a le plus marqué l’opinion publique. Le régime totalitaire du sanguinaire Pol Pot (1975-1979) superposé au Conflit cambodgien (1978-1999) ont particulièrement entaché l’image du Royaume et participé à sa décroissance. Mais aujourd’hui, les habitants tentent de se défaire de ce passé et souhaitent ardemment se tourner vers l’avenir. 

    De son côté, la communauté française installée sur place est longtemps restée assez homogène dans sa composition. Mais au même titre que la population locale, elle évolue, semble-t-il, dans le même sens. 

    Un rajeunissement des populations

    Le Cambodge compte actuellement plus de 16 millions d’habitants, dont 65% a moins de 30 ans. Cette démographie particulièrement jeune s’explique par plusieurs facteurs, tous liés aux heures sombres du pays. 

    Dans les années du règne de Pol Pot, environ 1,7 millions de personnes ont perdu la vie, soit 20% de la population de l’époque. Entre ces tueries de masse, les flux migratoires vers les États frontaliers et la chute du taux de natalité, le taux de croissance du pays est passé d’environ 2% en 1976 à près de -4% en 1978. S’il y a eu un boom des naissances dans les années 1980, le taux de mortalité demeurait, lui, toujours haut. 

    Aujourd’hui, le pays a bien entamé sa transition démographique, ainsi les femmes font moins d’enfants (2,5 en 2020 contre 6,5 en 1985), mais l’affaissement du taux de mortalité a provoqué un accroissement et un rajeunissement démographique.

    Selon Florian Bohème, élu consulaire, membre de Français du monde-ADFE et de la Chambre de commerce du franco-cambodgienne, “cette jeunesse a soif de réussite, d’avenir et croque la vie ! Elle ne veut pas se retourner sur ses démons, bien qu’elle ne les oublie pas”. Ainsi, les villes se développent et les jeunes prennent leurs responsabilités à pleines mains afin de faire évoluer leur nation. Les nouvelles entreprises se multiplient à Phnom Penh, la capitale, et les start-up ont le vent en poupe. 

    Un mouvement suivi par la communauté française 

    Au sein de la population française, nous observons également un abaissement de l’âge. Selon les élus consulaires Florian Bohème et Jean Lestienne, et la co-présidente de Phnom Penh Accueil Estelle Bouat, la communauté française comptait essentiellement des retraités seuls il y a encore une dizaine d’années. Mais aujourd’hui, ils recensent de plus en plus de familles avec des enfants. L’attractivité du pays impulsée par son dynamisme et les nouveaux-nés d’une union franco-cambodgienne sont d’autant de raisons qui expliquent ce rajeunissement. 

    Face à ce phénomène, l’association Phnom Penh Accueil (PPA) a sensiblement élargi son catalogue d’activités. A son arrivée au Cambodge, l’association était déjà en pleine mutation, explique Estelle Bouat. Mais depuis l’an dernier, elle a pris un virage encore plus marqué. Si avant les semaines étaient animées par les parties de mahjong et d’aquagym pour les personnes âgées, aujourd’hui les loisirs proposés sont divers et prolifèrent. Cours d’aquagym dynamiques, visites guidées de la ville pour petits et grands, ateliers café-bricole, il y en a pour tous les goûts et tous les âges ! Aussi, afin d’accompagner au mieux les expatriés dans leur quotidien, l’association a créé un guide pratique (disponible à la fin de l’article). 

    Phnom Penh Accueil, Cambodge
    Des membres de Phnom Penh Accueil lors d’une sortie culturelle – © Facebook PPA

    De son côté, Capucine Thuilliez, Française de 25 ans actuellement en Volontariat international en administration (VIA) à l’ambassade française, raconte qu’elle fait partie d’un important réseau de Français de la même génération. “Notre réseau de VIA et VIE (Volontariat international en entreprise) est assez large. Le fait qu’il y ait de plus en plus de jeunes m’a beaucoup aidé lors de mon emménagement dans le pays”. Effectivement, grâce à ce réseau d’une cinquantaine de personnes, la Française a pu se faire plusieurs amis avec qui elle a découvert le Royaume et se construire une vie sociale, ce qui est particulièrement important lorsque nous arrivons dans un endroit que nous ne connaissons pas. 

    Le Cambodge, un pays chantier

    “Phnom Penh est une ville chantier, les immeubles poussent comme des champignons” assure Capucine. Depuis son installation il y a trois mois, elle a vu le paysage se modifier ostensiblement. Une observation largement approuvée par les élus consulaires et la co-présidente de PPA, résidents du Royaume depuis de nombreuses années.

    “Le Cambodge est très stratégique géopolitiquement”

    Florian Bohême, élu consulaire au Cambodge

    Depuis 2012, le Cambodge vit une croissance économique forte à hauteur de 7% de son PIB chaque année. Si elle s’est stoppée nette durant la crise de Covid-19, elle est repartie à la hausse en 2022 avec des chiffres tablant à 5,7% de son PIB. La forte présence des promoteurs chinois, le développement de secteurs comme celui de la construction et sa place géographique et géopolitique ont favorisé son déploiement. Effectivement, depuis 1999, le Cambodge est membre de l’Association des nations de l’Asie du Sud Est (ASEAN). Cette organisation politique, économique et culturelle a permis au pays d’ouvrir une zone d’échanges commerciaux avec les États voisins et de libéraliser son économie. Aussi, la présidence de l’organisation cette année, l’a placée sous le feu des projecteurs de la scène internationale, incitant ainsi les investisseurs étrangers à s’y implanter. 

    Aussi, comme l’explique Florian Bohème, “le Cambodge est à la croisée des chemins dans la région”. Ses frontières avec le Vietnam, la Thaïlande, le Laos et le Golfe de Thaïlande, lui confèrent une position stratégique de carrefour, selon l’élu consulaire. Avant d’ajouter que “certes c’est un petit pays, mais très stratégique géopolitiquement. Le Cambodge est une zone tampon entre la Chine et le reste du monde”. 

    Une communauté d’affaires toujours plus importante 

    Dans ce contexte économique, le Cambodge séduit donc une communauté d’affaires certaine. A Phnom Penh, les start-up et les petites sociétés sont toujours plus nombreuses, avec à la tête des chefs d’entreprises cambodgiens ou étrangers. La capitale prend donc peu à peu le visage d’un vivier industriel qui attire les Français. Nous pensons notamment aux firmes Legrand, spécialiste des infrastructures électriques, à Alldreams Cambodia, un service de voyages engagé dans l’écotourisme ; ou encore à l’implantation de la French Tech en 2015

    Sur le plan administratif, Florian Bohème, lui-même président d’un cabinet de conseil dans l’hôtellerie, certifie de la simplicité de création des sociétés. 

    Cambodge, Siem Reap, élu consulaire
    Jean Lestienne, élu consulaire au Cambodge

    Effectivement, la loi locale n’impose pas la présence de Khmers parmi les dirigeants ou actionnaires, contrairement aux pays voisins, facilitant ainsi les démarches. Cependant, il déconseille aux Français ayant des envies d’expatriation, de venir s’y installer sans un projet de vie défini en amont. Un point repris par son collègue Jean Lestienne, établi dans la ville touristique de Siem Reap. 

    “Je dirais que le rêve des expatriés de partir avec 5000€ en poche et l’envie d’ouvrir une guest house, est terminé”. Non seulement, parce que le marché de l’hôtellerie est toujours plus concurrentiel, mais aussi parce que la pandémie mondiale a fortement ralenti le secteur. Jean Lestienne affirme que depuis trois ans les visiteurs chinois se font rares dans la ville qui donne accès aux ruines d’Angkor. Étant donné qu’ils comptaient parmi les flux de touristes les plus importants, l’activité n’a donc pu reprendre. pleinement. 

    La French Tech Cambodge aux côtés de la French Tech Bangkok lors de l’évènement Bonjour Futur – © Facebook La French Tech Cambodge

    Des difficultés encore importantes

    Si le Royaume du Cambodge est en pleine mutation, des difficultés restent apparentes, surtout pour les habitants étrangers. Nous ne le savons que trop bien, retrouver son mode de vie occidentale peut être impossible dans certains pays du monde, et surtout non voulu. Cependant, il y a des situations que nous aimerions bien pouvoir éviter. La VIA pense notamment à l’impossibilité de se trouver certains produits hygiéniques comme les tampons, un “détail”qui change radicalement le quotidien. 

    Pour leur part, Estelle Bouat, mère de trois enfants, et Florian Bohème citent le manque de places disponibles au sein du lycée français de Phnom Penh. S’ils s’accordent à dire que l’établissement n’est pas responsable de ce problème, ils aimeraient voir les moyens lui étant alloués être étendus, afin d’éviter une fuite des élèves vers les écoles anglophones de la capitale. 

    PPA
    Estelle Bouat, co-présidente de PPA

    Enfin, Jean Lestienne rappelle les soucis rencontrés par les Français dont le salaire est inférieur à 1500€. Bien que la vie sur place ne soit pas particulièrement onéreuse, les loyers représentent un certain coût estimé aux alentours de 600€ par mois. Cependant, il est d’autant plus facile qu’en France d’en trouver un, étant donné que les frais d’agence sont à la charge du propriétaire et non du locataire. 

    Par ailleurs, avec la chute de l’euro depuis plusieurs semaines, le pouvoir d’achat des retraités et des personnes percevant leurs revenus en euros a drastiquement baissé. Les deux représentants des Français évaluent la baisse à 20%. 

    Malgré les obstacles réels, toutes les personnes interrogées se rejoignent sur la simplicité de la vie au Cambodge. “C’est un pays simple dans son rapport au quotidien” relate Florian Bohème ; “la vie est plus facile et douce qu’en France” abonde Capucine, avant qu’Estelle Bouat répète que “les gens sont d’une gentillesse infinie” et que Jean Lestienne ne renchérit en disant “qu’ils ont toujours été très accueillants avec les étrangers”. 

    Le guide pratique 2022 de Phnom Penh Accueil