La communauté française en Algérie

La communauté française en Algérie

A l’occasion du voyage du Président de la République, Emmanuel Macron, en Algérie, on fait le point pour les expatriés sur la communauté française en Algérie.

Une population de bi-nationaux

Le nombre de Français inscrits sur le registre consulaire à Alger est de près de 42 000 citoyens. Cependant, ils sont nombreux à disposer de la nationalité française tout en n’étant pas inscrits sur les livres des consulats de France situés en Algérie.

Les Français inscrits au registre consulaire

Parmi les inscrits, il y a bien évidemment les « expatriés d’entreprises » soit les cadres envoyés par les grandes entreprises auprès des filiales des groupes français, mais aussi ceux démarchés par les sociétés algériennes pour venir étoffer leurs équipes.

Deuxième gros bataillon de Français enregistrés auprès de l’administration française : les anciens combattants. Héritage de la colonisation et de la seconde guerre mondiale, 30 000 Français ou Algériens sont éligibles à la carte d’anciens combattants et la plupart touchent une retraite de l’armée française. Ceux qui disposent de la double nationalité, un gros tiers, ont l’obligation de s’identifier et de fournir un certificat de vie aux autorités françaises, ces impératifs expliquent leur forte proportion parmi les inscrits au registre consulaire.

Les Français non-inscrits au registre consulaire

Enfin, le dernier segment de Français installés en Algérie regroupe tous les binationaux qui de retour en Algérie ne peuvent pas faire prévaloir leur nationalité française sur le territoire algérien.

Parmi cette population, on retrouve principalement des descendants des migrants qui avaient rejoint la France au cours des années 60 et 70 pour répondre à son besoin de main-d’oeuvre. Souvent bien formés, ils cèdent aux sirènes du gouvernement algérien qui leur tend un pont d’or afin de renforcer la productivité et la compétitivité du pays.

Une Histoire toujours présente

Si, à la différence du Maroc ou de la Tunisie, les Français sont moins présents en Algérie, c’est l’Histoire qui l’explique.

En effet, la décolonisation, marquée par une guerre fratricide, laissa des traces négatives importantes dans le pays. Et si les années sont passées, le gouvernement en place, toujours héritier du Front National de Libération (FNL), entretient toujours la rancoeur envers la France, ce que n’a pas manqué, encore une fois, de dénoncer Emmanuel Macron au printemps 2022.

Macron veut apaiser les tensions

La visite du Président de la République s’inscrit dans une volonté d’apaisement. En effet, une relation saine et sereine avec l’Algérie s’impose désormais alors que la Russie n’approvisionne plus l’Europe en gaz.

Emmanuel Macron a donc proposé dès son arrivée, jeudi 25 août 2022, la mise en place d’une commission mixte d’historiens algériens et français pour étudier les archives sur la colonisation et la guerre d’Algérie. L’objectif : démystifier ce conflit sans renier la part de chacun dans les massacres qui ont touché les deux communautés de 1954 à 1962.

« Nous avons un passé commun » qui « est complexe, douloureux » et « nous avons décidé ensemble » de créer « une commission mixte d’historiens » pour « regarder l’ensemble de cette période historique« , « du début de la colonisation à la guerre de libération, sans tabou, avec une volonté […] d’accès complet à nos archives« 

Emmanuel Macron à Alger le 25 août 2022

« Bâtir l’avenir »

Emmanuel Macron vient aussi, donc, négocier l’accès au gaz et pour cela il a un argument : les visas.

Ainsi, la question des visas est liée à celle du gaz algérien. Celui-ci « suscite toutes les convoitises des Européens« , alors que l’Europe cherche à réduire sa dépendance au gaz russe. Or, l’Algérie est l’un des plus grands producteurs de gaz au monde. Officiellement, l’Élysée affirme pourtant que « ce n’est pas le sujet principal [du] déplacement » d’Emmanuel Macron. « Difficile de croire que les deux chefs d’Etat ne vont pas l’aborder », commentent toutefois les journalistes. 

Alors que la France a durci sa politique de visas envers les Algériens, pourtant normalement balisée par les accords d’Evian qui ont donné l’indépendance à l’ancienne colonie française, elle pourrait rétablir les anciens critères si l’Algérie arrivait à augmenter ses exportations. Ainsi la France et l’Union européenne pourraient financer des stations de productions électriques photovoltaïques pour assurer ses besoins et ainsi libérer du gaz pour les Européens…

Auteur

  • Samir Kahred a suivi ses parents dont le père était ingénieur dans une succursale du groupe Bouygues. Après une scolarité au Lycée français et des études au Caire, il devient journaliste pour des médias locaux et correspond pour lesfrancais.press

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