Noam Mouelle, doctorant français, faisait partie de l’équipage gagnant de la course de bateaux de Cambridge, la fameuse « Boat Race » qui voit les universités britanniques s’affronter en aviron. Il fut le premier concurrent noir de l’épreuve masculine et il n’est que le 3ème Français à inscrire son nom au palmarès.
L’événement, qui dure depuis 194 ans, a vu Cambridge battre Oxford par une longueur et un tiers sur le Championship Course, Noam Mouelle jouant un rôle clé dans l’équipe comme rameur principal.
Nous sommes allés à sa rencontre.
“On s’attendait à une course très serrée en raison d’un des deux équipages, mais la course le fut moinsque prévu et on a su la maîtriser grâce à notre barreur qui a géré les conditions météorologiques.”
Noam Mouelle
« Ma famille était présente »
Pour Noam Mouelle, cette victoire fut riche en émotions, ses parents et sa sœur étaient venus assister à la célèbre compétition.
“Je suis hyper content et fier. Il y avait beaucoup de gens dont mes parents qui ont regardé la course. Ça fait un moment que je fais de l’aviron. Faire une compétition internationale a toujours été une source de motivation n’ayant pas encore le niveau pour participer aux Jeux Olympiques. Un défi que j’aimerais bien relever si l’opportunité se présente.”
Noam Mouelle
Après avoir terminé ses études de l’autre côté de la Manche, Noam Mouelle s’est inscrit à l’Imperial College de Londres, estimant que c’était le meilleur environnement pour lui afin de poursuivre des études de physique tout en continuant sa passion pour l’aviron.
D’autres succès ont précédé ce coup d’éclat et petit à petit Noam Mouelle s’est intégré au sein de la communauté britannique de l’aviron. Et tout d’un coup, au fil des entraînements, ce qui était impensable auparavant est devenu réalité.
“D’une manière générale on s’entraîne depuis le mois de septembre. On s’entraîne 12 fois par semaine. C’est deux fois par jour sauf un jour de repos qu’on a. Ce sont des entraînements soit sur l’eau soit en cheval.”
Noam Mouelle
Une victoire pour la diversité !
Si Noam Mouelle marque l’histoire en étant déjà que le 3ème Français a remporter cette course en près de 200 ans, il est aussi le premier issu d’une famille aux ascendants africains. Ainsi, le British Rowing Inclusive Club Guide de 2018 a révélé que seulement 4 % de ses membres appartenaient à des minorités noires, asiatiques ou ethniques.
Rowing – University Boat Race – Oxford v Cambridge – River Thames, London, Britain – March 26, 2023 Cambridge rowers Noam Mouelle and Nicholas Mayhew celebrate after winning the men’s race Action Images via Reuters/Peter Cziborra
Aujourd’hui, on pense que la proportion a évolué à un peu plus de six pourcents, un chiffre qui reste faible. Et ce malgré une foule d’initiatives positives et bien intentionnées mises en place par diverses organisations, on ne peut nier que l’aviron reste encore un sport élitiste et fermé aux personnes issues des minorités.
C’est un problème que Noam Mouelle espère voir appartenir au passé. S’il ne souhaite pas être considéré comme un pionnier ou un exemple à suivre pour les autres, sa victoire est un signal pour tous ceux qui voudraient s’adonner à ce sport et qui n’osent pas pour des raisons culturelles ou sociales.
Depuis plus de quarante ans, la France cultive l’art bien entretenu du déficit public. L’Union européenne a simplement freiné ses ardeurs en la matière, en devenant un parfait bouc émissaire. Les barres des 3 % de déficits publics et des 60 % de dette publique ont longtemps servi de garde-fous avant de rompre sous les coups des crises à répétition. La dette frôle désormais les 3 000 milliards d’euros et représente plus de 110 % du PIB quand sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing elle ne dépassait pas 25 % du PIB.
En 2022, le déficit public s’est élevé de 4,7 % du PIB. Ce taux est jugé comme un exploit, voire le signe d’une bonne gestion, car il avait été prévu à 5,5 % en loi de finances initiale. Depuis trois ans, les Français goûtent aux délices du « quoi qu’il en coûte ». Pour atténuer les conséquences de l’épidémie de covid-19 et de la vague inflationniste liée à la guerre en Ukraine, le gouvernement a desserré les cordons de la bourse dans des proportions sans précédent hors période de guerre.
L’État fonde sa légitimité dans le « dépenser plus »
Les faibles taux d’intérêt qui ont prévalu des années 2015 à 2021 ont popularisé l’idée que les pouvoirs publics pouvaient distribuer de l’argent sans limite ni contrainte. En vertu de quelle argutie, faudrait-il changer les habitudes prises ces dernières années ? L’État fondant sa légitimité non plus à travers l’exercice de ses fonctions régaliennes mais dans le « dépenser plus », éprouve les pires difficultés à renverser cette tendance.
En France, les dépenses publiques représentent près de 60 % de la création de richesses réalisée par l’ensemble des citoyens. À ce niveau de socialisation, oser qualifier le système économique en vigueur d’ultralibéral est un véritable abus de langage. Ces dernières années, pour compenser la médiocrité de la croissance, les pouvoirs publics ont multiplié les aides et prestations au profit de la population et au détriment des dépenses d’investissement. Plus de la moitié des dépenses publiques en France sont de nature sociale. L’effort croissant de redistribution n’a pas, bien au contraire, empêché un sentiment de défiance à l’encontre des pouvoirs publics de prospérer tout comme celui d’un appauvrissement et d’une montée des inégalités.
En revanche, toute réduction des dépenses publiques est perçue comme une régression, comme une remise en cause de droits chèrement acquis. La soustraction de la gestion publique aux règles budgétaires et monétaires classiques inquiète de moins en moins. Les thuriféraires de l’équilibre des comptes publics sentent le compassé et sont relégués au rang de vestiges d’une pensée obsolète. La rigueur budgétaire est honnie en France. Elle s’assimile aux notions de sacrifices et de régression. Les responsables politiques qui l’ont réellement appliquée en sont rarement récompensés dans les urnes comme l’ont prouvé les amères expériences de Raymond Barre ou de Pierre Bérégovoy.
La montée aux extrêmes des déficits et de la dette mène toujours à la catastrophe
De l’Empire Romain à la Grèce du XXIe siècle, l’Histoire nous rappelle que la montée aux extrêmes des déficits et de la dette mène toujours à la catastrophe. Tout emprunt qui ne génère pas une création de richesses permettant de le rembourser est une charge que les contribuables devront à un moment ou à un autre assumer, à moins que les épargnants en fassent les frais à travers un abandon de créances.
Le temps de la facilité et de l’illusion monétaire se termine. La hausse des taux d’intérêt a sonné le glas de l’argent facile. Le poids des intérêts à payer pour l’État en France devrait être multiplié par deux en moins de cinq ans. L’heure des choix en matière budgétaire ne pourra pas être éludée plus longtemps. Compte tenu de la demande croissante en biens publics en lien avec le vieillissement de la population, la transition énergétique et le retour des tensions militaires, la croissance des dépenses publiques ne peut que s’accélérer dans les prochaines années.
Pour éviter un emballement délétère de la dette, les pouvoirs publics ont comme outils la réalisation d’économies, l’augmentation des impôts, l’obtention de gains de productivité et l’inflation. Ils peuvent évidemment opter pour un savant cocktail de tous ces outils. Si la réalisation d’économies budgétaires est le moyen le plus efficace pour maîtriser les déficits publics, la France n’en a pas la culture, à la différence de l’Allemagne, du Canada ou de la Nouvelle Zélande.
Le recours à l’arme fiscale frappe toujours et avant tout les classes moyennes
La solution fiscale est celle qui a toujours été privilégiée au point que le taux des prélèvements obligatoires dépasse désormais 45 % du PIB. Pour autant, de plus en plus de voix réclament, au nom de l’équité, une augmentation des impôts et taxes acquittés par les entreprises et les ménages à revenus élevés. Or, quelques multinationales et milliardaires qui ont, par ailleurs, la possibilité d’optimiser fiscalement leur situation, ne rempliront pas à eux seuls les caisses de l’État. Le recours à l’arme fiscale frappe toujours et avant tout les classes moyennes qui ont l’avantage ou plutôt l’inconvénient d’être nombreuses et peu mobiles.
La taxation des entreprises si elle est populaire ne doit pas faire oublier que celle-ci, in fine, se répercute non seulement sur les actionnaires certes mais aussi sur les salariés et les consommateurs. En matière de fiscalité, l’efficience passe par un principe simple maintes fois répété : des assiettes larges et des taux faibles. Cela signifie la suppression des niches fiscales qui n’ont, en règle générale, qu’une faible utilité économique. L’introduction du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus financiers en 2019 a prouvé qu’un impôt simple pouvait générer des recettes. Au nom de la démagogie, la tentation de relever sans réformer les impôts risque malheureusement de l’emporter.
Une croissance forte suppose la restauration des gains de productivité et donc la compétitivité des entreprises
Une croissance forte, en générant des recettes publiques, permettrait, comme ce fut le cas durant les Trente Glorieuses, d’endiguer la marée haute des déficits. Cette solution suppose la restauration des gains de productivité et donc la compétitivité des entreprises. Elle passe par la maîtrise des coûts, l’innovation et les compétences. Elle est évidemment la solution la plus vertueuse mais elle exige un effort dans la durée.
À défaut, les pouvoirs publics pourront compter sur l’inflation pour élimer le poids de la dette publique comme ce fut le cas à la sortie de la Seconde Guerre mondiale avec, toutefois, comme inconvénient le risque d’attiser les tensions sociales et de fragiliser la monnaie commune.
Dans un système de changes flottants, la monnaie qui est tout à la fois un étalon, un instrument d’échange et de réserve, repose sur la confiance. Quand elle est partagée par vingt États membres comme c’est le cas au sein de la zone euro, chacun d’entre eux doit respecter les règles du contrat d’adhésion et avoir une pratique budgétaire qui ne la mette pas en danger. C’est au nom de ces principes que le Pacte de stabilité budgétaire sera prochainement de retour. C’est au nom de ces principes que la France sera amenée à revenir à un minimum d’orthodoxie non pas pour son malheur mais pour son bien.
Dans ses chiffres provisoires, le Citepa enregistre une baisse des émissions de carbone de la France entre 2021 et 2022, en ligne avec les objectifs de la Stratégie nationale bas-carbone, mais insuffisant selon les objectifs européens.
« Les résultats sont là. Nos émissions ont baissé de 8,5 % au dernier trimestre 2022 », s’est félicitée lundi (3 avril) la ministre de la Transition énergétique française, Agnès Pannier-Runacher.
Le Citepa, organisme chargé de décompter les émissions de carbone françaises, a en effet enregistré une forte baisse des émissions carboniques de la France sur les trois derniers mois de l’année.
Mais la France fait mieux, puisque sur l’année, les émissions territoriales — c’est-à-dire qui ne prennent pas en compte les émissions issues des produits importés, soit la moitié environ des émissions françaises — ont baissé d’environ 2,5 % par rapport à 2021.
En 2021, l’Hexagone avait connu un regain carbonique de 6,4 % par rapport à 2020, année qui, à l’inverse, avait connu une baisse de 9,6 % par rapport à 2019, grâce au Covid-19.
Mais la France fait mieux, puisque sur l’année, les émissions territoriales — c’est-à-dire qui ne prennent pas en compte les émissions issues des produits importés, soit la moitié environ des émissions françaises — ont baissé d’environ 2,5 % par rapport à 2021. [SHUTTERSTOCK/Dmitry Danilenko]
Reprise du rythme de la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC)
La France reprendrait donc un rythme de croisière tel que défini dans sa Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), dont la vitesse avait été abaissée 2020 par le gouvernement par rapport à la trajectoire originelle initiée en 2015.
Avant la révision de 2020, les émissions de ne devaient pas dépasser 399 millions de tonnes de carbone par an. Après la révision, le barre fut relevée à 422 millions. Dès lors, les 408 millions de tonnes d’émissions carboniques territoriales enregistrées en 2022 par le Citepa répondent bien aux attentes de la SNBC, mais seulement parce que ses objectifs ont été abaissés.
Néanmoins, les courbes projetées avant et après la révision de 2020 se rejoignent d’ici à 2028. De plus, la nouvelle version définit une trajectoire qui mène jusqu’à la neutralité carbone tandis que la première version ne menait, in fine, qu’à une réduction de 75 % des émissions carboniques du pays par rapport à 1990.
Quoi qu’il en soit, la « sobriété » consentie ces derniers mois semble donc avoir porté ses fruits, même si elle fut, en partie, forcée par une hausse des prix de l’électricité.
Ainsi, les ménages semblent avoir baissé leurs émissions de 15 %, l’industrie de 8 %, tandis que le transport et l’énergie ont augmenté, respectivement, de 2 et 8 %, relèvent Les Échos.
À la fin, les Français ont donc émis, 25 % de moins qu’en 1990. Ce chiffre peu paraitre suffisant, mais le rythme annuel de baisse des émissions n’est pas en ligne avec l’objectif moyen de l’UE de — 55 % d’émissions en 2030, peut-on lire dans le 4e rapport annuel du Haut conseil pour le climat.
L’organisme de recherche recommande donc « une accélération sans précédent de la baisse des émissions dans tous les secteurs ».
Bonjour à tous, et bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du mercredi 05 avril 2023. Dans nos titres, le spectre des sénatoriales à l’AFE, l’adoption au Sénat de la résidence d’attache, et de la loi anti-squat à l’Assemblée nationale.
L’Assemblée des Français en proie aux luttes de campagne pour les sénatoriales
Tous les partis étaient au rendez-vous dans les rangs du public, sourires aux lèvres, distribuant des amabilités, portant un intérêt particulier pour les problèmes rencontrés dans les pays de résidence des élus ou encore proposant une discussion autour d’un café, sans aucun engagement bien sûr ! Et nouveauté de l’année, le Rassemblement National était pour la première fois présent. Pour rappel les grands électeurs, vos conseillers consulaires, devront élire 6 sénateurs en septembre.
Les grands électeurs membres de l’AFE autour d’Olivier Becht
La résidence d’attache fait son chemin
Mais il sera encore long et ce malgré l’adoption par le Sénat de l’article instaurant la résidence d’attache. Un vote en opposition avec le gouvernement qui désire créer un groupe de travail avec les parlementaires, les élus de l’AFE et des experts pour concevoir une nouvelle proposition de loi pour la résidence de repli. Pour Gabriel Attal, qui accueille favorablement le projet, le risque est plus légal et constitutionnel que politique. La gauche était aussi opposée à ce projet, la sénatrice des Français de l’étranger Mélanie Vogel a dénoncé ce « dispositif inutile », selon elle et ses camarades de la NUPES.
Comme le rappelle le ministère de la Santé, en France, une personne est en dite en « fin de vie » lorsqu’elle souffre d’une affection ou maladie grave et incurable, en phase avancée ou terminale, et donc lorsque son pronostic vital est engagé. Le corps médical ne peut plus la guérir. Cette personne peut, alors, bénéficier d’un accompagnement en soins palliatifs jusqu’à la fin de ses jours. Cet accompagnement sera différent si la personne malade est chez elle, en Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) ou à l’hôpital.
Le principe posé par la loi en France est que la personne malade, consciente et en état d’exprimer sa volonté, peut refuser toute investigation ou tout traitement même si ce refus met sa vie en danger. En revanche, si la personne n’est pas en fin de vie, le médecin a l’obligation de tout mettre en œuvre pour tenter de la convaincre d’accepter les soins indispensables.
Si une personne malade n’est plus en état d’exprimer sa volonté, elle doit avoir au préalable désigné une « personne de confiance« . Chaque personne majeure peut désigner une telle personne qui sera consultée au cas où elle ne serait plus en état de décider. Elle peut également rédiger des directives anticipées afin d’exprimer, par anticipation, ses souhaits quant à l’organisation de sa fin de vie. Celles-ci peuvent être confiées à la personne de confiance. Le Ministère des solidarités et de la santé a confié au centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV), la mission d’accompagner les patients, les aidants, les proches et les professionnels de santé.
La loi du 2 février 2016 permet de mieux répondre à la demande à mourir dans la dignité par une meilleure prise en charge de la souffrance, et en clarifiant l’usage de la sédation profonde et continue, jusqu’au décès, en phase terminale. La sédation profonde et continue ne peut être administrée qu’à la demande du patient et doit être réalisée à domicile, au sein d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ou au sein d’un établissement de santé. Attention, la sédation profonde est différente de l’euthanasie qui reste interdite en France.
Qu’est ce que l’euthanasie ?
En France, depuis 2005, les situations de fin de vie sont encadrées par la loi Leonetti. Cette dernière interdit l’acharnement thérapeutique, mais condamne l’euthanasie active.
L’euthanasie, du grec ancien « eu » (bon) et « thanatos » (mort), désigne l’acte médical consistant à provoquer intentionnellement la mort d’un patient afin de soulager ses souffrances physiques ou morales considérées comme insupportables, soit en agissant à cette fin, soit en s’abstenant d’agir.
On distingue communément à cet égard l’euthanasie active de l’euthanasie passive. L’euthanasie doit enfin être distinguée du « suicide médicalement assisté » qui consiste, pour le corps médical, à donner au patient les moyens de mettre lui-même fin à sa vie.
Une convention citoyenne pour quoi faire ?
Il existe différentes démarches de participation citoyenne, de plus en plus nombreuses et structurées au fil du développement de la démocratie participative (en France et partout dans le monde). En effet, les modèles participatifs se diversifient, selon des modèles et des méthodes variés. L’objectif, quant à lui, est d’associer les citoyens à la fabrique de l’action publique, ce qui peut aller de la simple consultation à l’intégration concrète des citoyens dans le processus de décision. Parmi cette multiplicité de manières de faire de la participation citoyenne, un type de dispositif séduit tout particulièrement les collectivités, à différentes échelles : la convention citoyenne.
Séminaire à Prague
Inédit en France lors de son introduction par la Convention Citoyenne pour le Climat (C.C.C), ce mécanisme se développe dans le monde, comme en Irlande, en Islande ou encore en Allemagne où plusieurs conventions citoyennes ont vu le jour sur le plan national, et 37 sur le plan local. Il a été repris pour synthétiser les débats qui traversent notre nation sur les conditions de la fin de vie.
« Il y a quelque chose qui ne marche pas bien aujourd’hui, on a surmédicalisé la vieillesse et un peu abandonné la vie. Quand on n’arrive plus à soigner, ben débrouille-toi ! (..) Et ça c’est dommage ! «
Frédéric Petit, député des Français d’Europe centrale et des Balkans
Les recommandations pour encadrer la fin de vie en France
Après des mois de débats, la Convention citoyenne sur la fin de vie a adopté ce dimanche 02 avril 2023 un rapport qui fait notamment état d’une position majoritaire en faveur d’une ouverture de l’euthanasie et du suicide assisté.
Mais ce long document ne se résume pas à ce volet et exprime une vaste série de recommandations sur l’amélioration du cadre de la fin de vie en France, ainsi qu’une inquiétude générale sur l’état du système de santé.
La Convention devait, à l’appel du gouvernement, répondre à deux questions précises : le cadre actuel de la fin de vie est-il adapté à toutes les situations ? Et faut-il l’améliorer ?
La réponse du rapport est claire : il faut améliorer ce cadre car, pour une majorité des participants, il n’est pas adapté aux différentes situations rencontrées par les personnes en fin de vie.
Manifestation pour l’euthanasie le 11 juin 2014. AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT / AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT
Mais ce n’est pas seulement parce que la législation actuelle, qui permet de plonger irréversiblement certains patients dans l’inconscience sans autoriser l’euthanasie à proprement parler, est insuffisante. Par ailleurs, la Convention souligne « l‘absence de réponses satisfaisantes dans le cadre actuel pour certaines situations« , mais elle insiste aussi sur la réalité concrète d’une « inégalité d’accès à l’accompagnement de la fin de vie« . À ce titre, le rapport s’ouvre sur un appel à répondre à la « situation alarmante » du système de santé : manque de soignants, déserts médicaux…
« C’est un problème de société, dans notre société on ne parle plus de la mort. (…) Parce qu’on est dans une société qui est plus intéressée par le paraître, par la vie en bonne santé, etc. Que par la mort qui pour moi fait partie de la vie »
Frédéric Petit, député des Français d’Europe centrale et des Balkans
C’est, d’ailleurs, la thématique la plus visible des débats sur la fin de vie : faut-il permettre aux soignants d’euthanasier certains patients ou, du moins, de donner à ces derniers le moyen de se suicider ? Les deux sont regroupés dans le terme d’ »aide active à mourir« .
La majorité des participants se sont donc exprimés, en effet, soit pour légaliser les deux possibilités de manière indifférenciée, soit pour permettre le suicide assisté et autoriser l’euthanasie dans des cas plus restreints.
Toutefois, des nuances s’expriment à différents titres. D’abord, la Convention insiste sur la mise en place d’un parcours complexe, avec de nombreux garde-fous.
Pour aboutir à une euthanasie ou un suicide assisté, il est indispensable, selon le rapport, de bénéficier d’un « accompagnement médical et psychologique complet« , et de pouvoir à tout moment exprimer sa volonté. Les soignants doivent disposer d’une « clause de conscience » qui leur permet de refuser d’accomplir un acte d’euthanasie ou d’assistance au suicide.
Par ailleurs, le rapport prend soin de détailler toutes les positions exprimées en son sein sur l’aide active à mourir. C’est un « nuancier » d’opinions, qui comprend notamment celle, minoritaire, contre l’ouverture de l’euthanasie ou du suicide assisté.
Si les débats sur l’euthanasie sont les plus visibles, le gros du rapport est surtout consacré à des recommandations sur les améliorations possibles dans le cadre actuel, en particulier sur les soins palliatifs.
« Dans la convention citoyenne, là où il y a manifestement consensus, c’est que le cadre actuel doit être rénové (…) C’est un sentiment que j’ai ressenti aussi dans mes séminaires en circonscription »
Frédéric Petit, député des Français d’Europe centrale et des Balkans
La Convention demande, donc, ainsi d’augmenter les budgets publics alloués au développement des soins palliatifs, d’inclure une formation à leur sujet pour tout étudiant en médecine, et de garantir leur accès sur tout le territoire français où de nombreux départements sont dépourvus d’une unité dédiée.
Elle met aussi l’accent sur la possibilité inconditionnelle de choisir son lieu de décès, ce qui passe en particulier par le développement plus marqué d’unités de soins palliatifs à domicile.
Enfin, elle évoque la nécessité d’encourager les Français à écrire leurs directives anticipées, qui permettent à chacun de fixer par écrit ses volontés en matière de maintien ou d’interruption des soins.
Du 27 au 31 mars avait lieu la 38ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger, AFE, où siègent 90 élus venus du monde entier. La campagne pour les élections sénatoriales 2023 de cet automne a ponctué la semaine dédiée aux expatriés.
Un véritable terrain de jeu pour celles et ceux souhaitant obtenir leurs suffrages lors des prochaines élections sénatoriales de septembre prochain. Tous les élus présents sont en effet des grands électeurs et chaque voix compte pour cette élection où le collège électoral reste très réduit (moins de 500 électeurs) et donc plus facilement palpable.
Les grands électeurs présents se sont sentis fortement courtisés lors de cette semaine
Tous les partis étaient au rendez-vous dans les rangs du public, sourire aux lèvres, distribuant des amabilités, portant un intérêt particulier pour les problèmes rencontrés dans les pays de résidence des élus ou encore proposant une discussion autour d’un café, sans aucun engagement bien sûr !
Chacun scrutant avec attention qui « discute » avec qui… même les photos postées sur les réseaux sociaux faisaient l’objet d’une attention particulière…
Les grands électeurs membres de l’AFE autour du ministre Olivier Becht
Pour la première fois, le Rassemblement National était présent
Ce dernier a adressé une invitation aux élus des Français de l’étranger, pour assister à un « cocktail amical » à l’Assemblée nationale à la rencontre de leur tête de liste, Pierre Brochet, en présence de parlementaires RN.
Là où certain ont appelé à un rassemblement des droites et de celles et ceux qui se reconnaissent comme patriotes, quelques curieux présents à ce cocktail se posent encore la question de l’intérêt d’une telle initiative… Effectivement le Rassemblement National ne compte que trois élus dans le monde parmi les grands électeurs et le parti d’Eric Zemmour, Reconquête, un seul.
Mais le Rassemblement National n’a pas été le seul à attirer les grands électeurs sous les dorures de la République. Les invitations au Sénat ou encore à l’Assemblée nationale ont également été envoyées, à gauche comme à droite, à des élus extrêmement choyés par les sortants qui souhaitent être renouvelés, les candidats à la recherche de colistiers ou encore les partis en manque de candidats voire d’adhérents à l’étranger.
On pouvait également croiser des candidats sans soutien politique et sans… colistiers, distribuer leur candidature imprimée sur papier A4… Notamment un candidat pour l’alliance centriste, soutenu par deux anciens sénateurs issus de l’UFE, Michel Guerry et Christiane Kammermann…
6 sénateurs sur 12 à renouveler
Un attrait particulièrement fort pour cette élection, où 6 des 12 sénateurs, représentant les français établis hors de France, seront élus ou réélus. Discrets, les députés représentant les Français établis hors de France, n’étaient que très peu dans les rangs du public. Seuls quelques-uns ont assisté à l’intervention, en ouverture de la session, du ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’attractivité et des Français de l’étranger, Oliver Becht, et ont ensuite disparu. Personne pour le retour du Ministre en fin de session pour le rendu des travaux des commissions !
Autre étonnement de cette session, une surprise politique avec des accords qui pourraient sembler surprenants au sein d’une assemblée dite « normale » !
Des alliances étranges de votes entre la droite et la gauche aboutissant à une mise en difficulté de la majorité présidentielle.
On a ainsi pu voir un binôme élu par l’Assemblée à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), avec comme titulaire Mélanie Montinard élue à Rio (LFI) et comme suppléant, Franck Ferrari élu à Moscou (LR).
Session où une autre tension semblait palpable, une tension entre des élus et l’administration, pour cette dernière session de la directrice des Français de l’étranger et de l’administration consulaire, Laurence Haguenauer.
Recadrage, mise au point, refus d’inviter certains intervenants, rappel à l’ordre sur le rôle et le champ de compétence des élus du côté de l’administration… Comportements et interventions pouvant apparaître comme désobligeants voire agressifs mais aussi frustration mêlée à un sentiment de manque de considération du côté des élus.
Là où des élus ne comprennent pas et n’admettent pas le manque de réponses concrètes à leurs questions orales ou écrites, l’administration a tenu à rappeler que cette instance n’était que consultative et n’obligeait en rien quant à l’application des décisions prises, y compris les résolutions votées en séance plénière.
Beaucoup d’élus conviennent d’une ambiance assez particulière lors de cette session et attendent avec impatience la 39ème session d’octobre prochain pour retrouver une certaine sérénité et espérer que les parlementaires, nouvellement élus ou réélus, porteront un intérêt toujours aussi fort aux travaux de l’Assemblée.
Du haut de sa tour, Donald Trump attend sa comparution. Arrivé ce lundi à son hôtel, la Trump Tower, à New York, l’ex-président des États-Unis est inculpé dans une affaire de fraude liée à un versement d’argent à une star du porno.
Comparution ce mardi 04 avril
Il est attendu mardi 4 avril dans un tribunal de Manhattan. Donald Trump est arrivé lundi à son hôtel à New York, à la veille de sa comparution judiciaire historique dans une affaire de fraude liée à un versement d’argent à l’actrice de films pornographiques, Stormy Daniels. L’ex-président américain se verra alors signifier les charges pénales pesant contre lui.
L’ancien locataire de la Maison Blanche jure qu’il est « innocent » et a écrit sur son réseau social Truth Social qu’il se rendait à New York pour « rendre sa grandeur à l’Amérique » et qu’il était victime d’une « chasse aux sorcières ». À New York, les abords de la Trump Tower où l’homme d’affaires va séjourner 36 heures, sont sous haute sécurité depuis des jours, même si n’y défile qu’une poignée de manifestants pro et anti-Trump.
Pendant que le milliardaire atterrissait à New York, Joe Biden était lui dans une usine du Minnesota, dans le nord du pays, pour vanter son bilan économique. Le président américain a jusqu’ici refusé de commenter la procédure judiciaire.
Sa convocation au tribunal, au rituel inédit pour un ancien chef d’Etat, devrait voir Donald Trump décliner son nom, âge, profession, se soumettre à un relevé d’empreintes digitales et être pris en photo, comme tout prévenu. Devant le juge, « le président plaidera non coupable » car « il n’y aucun délit » pénal selon sa défense, a déclaré son avocat, Joe Tacopina. D’autant plus que l’ex président est candidat à l’investiture pour la prochaine élection.
L’affaire qui tourmente Donald Trump remonte à octobre 2016, juste avant son élection à la Maison Blanche. Son avocat personnel, Michael Cohen, qui s’est retourné contre lui, avait à l’époque versé 130 000 dollars à l’actrice de films pornographiques Stormy Daniels pour acheter son silence. Si l’accord passé avec Stormy Daniels était bien autorisé, il pourrait toutefois correspondre à une dépense de campagne. Or la somme n’apparaît pas dans les comptes du candidat de 2016, et a été inscrite comme « frais juridiques » dans les documents de son entreprise Trump Organization.
La directive sur les énergies renouvelables de l’UE intégrera bien une mention au nucléaire selon la ministre de l’Énergie, Agnès Pannier-Runacher, qui reste, pour l’heure, très prudente sur la substance réelle de cet accord politique.
Les négociateurs européens sont tombés d’accord jeudi (30 mars) : les États membres devront, collectivement, atteindre 42,5 % d’énergies renouvelables dans leur consommation énergétique globale d’ici 2030, avec incitations pour atteindre les 45 %.
Ils ont donc coupé la poire en deux, entre ceux qui souhaitaient un objectif de 40 % et ceux qui souhaitaient qu’il atteigne 45 %. La France était de ces derniers, à condition que, d’une façon ou d’une autre, les apports de son mix décarboné – grâce au nucléaire – soient reconnus.
C’est manifestement le cas, si l’on en croit la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher :
« Cet accord consacre la reconnaissance du rôle de l’énergie nucléaire dans l’atteinte de nos objectifs de décarbonation », avance-t-elle, avant d’ajouter que » concrètement, cette reconnaissance passe par l’affirmation que le développement des énergies renouvelables vise bien uniquement à éliminer les énergies fossiles et ne doit pas conduire à remplacer des réacteurs nucléaires »
Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique
La ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, attend le début du conseil des ministres de l’Énergie de l’UE à Bruxelles, en Belgique, le 28 mars 2023. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]
Un considérant dans la directive RED3 sera consacré à cette affirmation, confie-t-elle.
Sans qu’un texte final soit encore publié, le cabinet de la ministre le traduit ainsi :
« Afin d’atteindre cet objectif [développement des renouvelables], le déploiement des énergies renouvelables dans le cadre de la cible européenne révisée devrait être intégré à des efforts complémentaires de décarbonation, incluant le développement d’autres sources non fossiles, donc on voit bien lesquelles, que les États membres pourraient choisir de poursuivre », précise-t-il.
Il y a donc bien, selon le cabinet de la ministre, une mention « inambiguë » au nucléaire.
Une « avancée de principe »
La ministre se veut plus nuancée, précisant qu’il ne s’agit, pour l’heure, que d’une « avancée de principe ».
D’abord, parce que l’accord trouvé n’est qu’un accord politique : « nous devons vérifier ce que contient réellement le texte ».
Ensuite, parce que le rôle du nucléaire n’est pas tout à fait reconnu. Seule l’est l’assurance que son élimination n’est pas l’occasion de maintenir, à dessein ou non, des capacités fossiles.
Rien de comparable alors à certaines propositions formulées ces derniers temps, comme celle d’une « pondération » de l’objectif renouvelable pour les mix électriques déjà décarbonés.
« Renouvelable signifie renouvelable » plaident depuis quelques semaines les États membres anti-nucléaire, à l’encontre des velléités d’introduire le nucléaire, de quelque manière que ce soit, dans les objectifs de développement d’énergies renouvelables.
Un slogan qui semble donc trouver écho au sein des États membres, même si Mme Pannier-Runacher affirme que la France continuera à se battre, avec les alliés de l’ « alliance » du nucléaire, pour que le nucléaire et les renouvelables soient traités sur un pied d’égalité.
La directive ne fixe pas que des objectifs généraux, mais aussi des objectifs sectoriels, et notamment pour l’hydrogène nécessaire à l’industrie.
Dans ce domaine, la France et ses alliés semblent avoir eu gain de cause, puisque l’hydrogène produit à partir de nucléaire peut, en l’état de l’accord politique, participer à l’atteinte des objectifs de développement d’hydrogène renouvelable.
En revanche, les conditions qu’il est nécessaire de remplir pour que la possibilité soit offerte sont telles qu’elles font dire à certains observateurs du secteur qu’il sera impossible de les remplir.
Les jeux vidéo sont omniprésents. Des jeunes aux seniors, ces jeux sont partout. En 2022, plus de 3,2 milliards de personnes ont joué sur leur ordinateur, leur tablette, leur smartphone ou leur console, soit environ quatre personnes sur dix dans le monde. Ce nombre augmente de plus de 100 millions par an faisant de ce marché un des plus lucratifs.
Deux tiers de la population jouent
La crise sanitaire a provoqué un afflux de nouveaux joueurs. Au sein des pays de l’OCDE, deux tiers de la population jouent. En quelques années, le profil des joueurs a évolué. Autrefois, les jeux vidéo étaient essentiellement pratiqués par des jeunes hommes. Depuis une dizaine d’années, leur diffusion s’est considérablement élargie en direction des femmes et des seniors. Si, aux États-Unis ou au Royaume-Uni entre 16 et 24 ans, la proportion de joueurs est de 90 %, elle atteint désormais 50 % chez les 55/64 ans. Dans le monde, il y a plus de propriétaires de consoles âgés de 35 à 44 ans que de 16 à 24 ans.
Le marché des jeux vidéo dépasse, au niveau mondial, ceux des livres, de la musique ou du cinéma. Les jeux concurrencent de plus en plus la télévision pourtant connue pour être la plus grande entreprise de médias. Les consommateurs dépensent plus pour les jeux numériques que pour les services de streaming tels que Netflix. Les revenus globaux de la télévision sont toujours supérieurs à ceux des jeux, mais l’écart se réduit d’année en année.
Un sondage réalisé en 2021 par Deloitte souligne ce basculement aux États-Unis. Si les générations nées avant 1990 privilégient la télévision et le cinéma comme moyen de divertissement, à partir de la génération Y et surtout Z, le jeu vidéo est largement en tête. La forte croissance des jeux vidéo depuis dix ans a été rendue possible par la généralisation des smartphones permettant une pratique en-dehors du domicile et en particulier lors des déplacements en transports en commun.
Les utilisateurs de smartphone ont accès à des milliers de jeux. Le marché du jeu s’élèvera, selon OMDIA, une société de données, à plus de 185 milliards de dollars en 2023. Ce montant ne prend pas en compte le matériel et les accessoires, ainsi que la publicité associée aux jeux (65 milliards de dollars) et l’exploitation des données récupérées par les fournisseurs. Ce marché en pleine croissance a attiré des multinationales du numérique et de l’électronique comme Microsoft ou Sony. La survie de la compagnie japonaise doit beaucoup au succès de ses consoles.
Pour maintenir ses parts de marché, Microsoft, qui a lancé la console Xbox en 2001, a décidé de payer 69 milliards de dollars l’année dernière pour acquérir Activision Blizzard, un développeur de jeux. Si cette opération est acceptée par le régulateur américain antitrust, cette opération d’acquisition sera l’une des plus importantes prouvant l’importance du marché du jeu vidéo.
Apple et Google sont des acteurs majeurs pour la distribution de jeux, puisqu’ils contrôlent les deux principales boutiques d’applications, dont 60 % des ventes sont constituées de jeux. Amazon et le fabricant de microprocesseurs Nvidia diffusent des jeux en streaming sur Internet. L’entreprise chinoise Tencent a placé le jeu vidéo au cœur de son activité. Meta est passé des réseaux sociaux à la réalité virtuelle (principalement utilisée pour les jeux) et entend attirer dans son métavers de nombreux joueurs.
Les films sont de plus en plus construits comme des jeux.
L’univers du jeu vidéo conquiert les autres médias. Les films sont de plus en plus construits comme des jeux. La musique est de plus en plus consommée comme support des jeux et non en tant que telle. Des entreprises comme Netflix étudient le moyen de proposer des séries-jeux afin de capter le public jeune. La réalisation des jeux vidéo devenant de plus en plus sophistiquée sur le plan technique, elle s’assimile à celle des films à succès. Comme pour le cinéma, la télévision ou la musique, le secteur du jeu devrait connaître une concentration afin de s’adapter à la massification de la demande.
Affiche de « Uncharted », de Ruben Fleischer, avec Mark Wahlberg, Tom Holland, Antonio Banderas, Sophia Taylor Ali, sortie le 16 février 2022 en France (COLUMBIA PICTURES – ATLAS ENTERT / COLLECTION CHRISTOPHEL VIA AFP)
Le développement de jeux faits « maison »
Le secteur du jeu vidéo est en voie de connaître une nouvelle mutation avec le développement des jeux faits « maison » sur le principe des vidéos postées sur YouTube ou TikTok. En quelques années, la production de films personnels s’est transformée pour le plus grand profit des plateformes en une industrie de plusieurs milliards de dollars au détriment des médias traditionnels. Ce phénomène pourrait rapidement survenir dans l’univers du jeu. Des applications telles que « Roblox » et « Minecraft » permettent la diffusion des créations réalisées à la maison.
Les jeux en ligne comme « Fortnite » tirent leur succès de l’interaction avec d’autres joueurs. Face à cette menace, les grandes majors des jeux multiplient les espaces d’interactions entre les joueurs générant ainsi de nouveaux réseaux sociaux permettant à des centaines de millions de personnes de réagir en ligne sur les jeux et autres sujets. Ces réseaux ont l’avantage de produire également des données en grand nombre.
Chinois, Coréens, Indiens imposent leurs codes
À la différence du cinéma qui a permis aux États-Unis de développer un softpower grâce à la puissance d’Hollywood, l’univers du jeu vidéo n’est pas dominé par l’Amérique. Les Chinois, les Coréens, les Indiens, très présents, imposent ainsi leurs codes et influencent une part croissante de la population. Après TikTok, les autorités américaines pourraient regarder de plus près le contenu des jeux et la manière dont les données recueillies est exploitée par les géants du « gaming ».