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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 04.04.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 04.04.23

    Bienvenue dans l’édition du flash quotidien des expatriés du mardi 04 avril. Aujourd’hui dans nos titres : la consultation sur le réseau d’enseignement français à l’étranger, le nouveau impératif pour vendre un bien en France et on revient sur les fusillades à Marseille de dimanche soir ! 

    Donnez votre avis sur la politique d’enseignement hors de France

    C’est un sujet majeur pour les Français de l’étranger : le réseau de l’enseignement français hors de France ! Vous retrouverez sur le site Lesfrancais.press un questionnaire destiné à l’ensemble des acteurs de l’enseignement français à l’étranger. Ce document du ministère est accessible à tous, en particulier aux acteurs du réseau de celui-ci, tels que les personnels de l’AEFE, les parents d’élèves, les élèves, les organismes gestionnaires et les investisseurs, les ambassades (ambassadeurs, SCAC et consulats), ainsi que les représentants des Français de l’étranger (élus au Parlement et conseillers des Français de l’étranger).

    l'enseignement français à l'étranger
    L’enseignement français à l’étranger

    Vous avez l’intention de vendre en France ? 

    Attention, l’obligation de réaliser un audit énergétique lors de la vente d’une maison classée F ou G, communément appelée passoire énergétique, est désormais en place. Le décret avait été publié en août 2022 pour une exécution au 1er avril 2023.

    Fusillades en série à Marseille 

    Après un samedi soir déjà marqué par des coups de feu dans les quartiers Nord de Marseille, deux nouvelles fusillades ont éclaté ce dimanche dans la cité phocéenne. Trois personnes sont mortes et douze autres ont été blessées. Pour l’heure, aucun lien n’est établi entre ces trois fusillades, indique le parquet de Marseille dans un communiqué.

    Marseille dimanche soir ©AFP

    C’est tout pour aujourd’hui on se retrouve demain pour une nouvelle édition ! 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Une consultation pour l’avenir de l’enseignement français à l’étranger

    Une consultation pour l’avenir de l’enseignement français à l’étranger

    C’est un sujet majeur pour les Français de l’étranger : le réseau de l’enseignement français hors de France ! Véritable pont avec notre pays, les 566 établissements homologués par le ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse ont plusieurs missions, bien évidemment accueillir les enfants d’expatriés mais aussi et surtout participer au rayonnement de notre langue et de notre culture et plus globalement de la France dans le monde.

    Des missions qui pour certaines se superposent et qui plomberaient l’efficience du réseau en lui-même, sans compter que pour les parents d’élèves, le parc d’établissements disponibles ne serait pas suffisant. Pourtant l’Agence pour l’Education Française à l’Etranger (AEFE), avec le soutien de son ministère de tutelle, a déployé depuis 2019 un plan de développement de l’enseignement français de l’étranger ayant pour objectif de favoriser la croissance de celui-ci et d’en garantir la qualité (création de nouveaux établissements, agrandissement des établissements existants, renforcement des formations pour le personnel, aide financière pour s’équiper en outils numériques). Parmi les actions déjà réalisées, on peut noter la croissance accompagnée du réseau privé Odyssey, la création des Instituts Régionaux de Formation (IRF), la généralisation de dispositifs de suivi en ligne, etc.

    «  Le réseau de l’enseignement français à l’étranger connaît une croissance remarquable, conformément aux objectifs fixés il y a cinq ans par le président de la République, dans son plan pour la langue française et le plurilinguisme, piloté par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et mis en œuvre par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger. Ce réseau est au service de nos compatriotes établis hors de France. Il est également un instrument majeur de rayonnement de notre pays auprès des jeunesses du monde qui tissent ainsi une relation irremplaçable avec la France.

    Il m’apparaît utile de mener aujourd’hui un bilan d’étape, qui nous permettra d’avancer au mieux vers le cap 2030 que nous nous sommes fixés. Dans ce but, nous lançons une consultation sur l’enseignement français à l’étranger à laquelle vous êtes toutes et tous invités à participer.

    « À travers un questionnaire en ligne, ouvert dès aujourd’hui, je souhaite que vous puissiez nous transmettre votre vision de notre réseau et de la meilleure manière de poursuivre son développement. Vos réponses nourriront les réflexions que mèneront vos représentants au sein de groupes de travail, lors des trois prochains mois. Je confie la coordination de ce travail à Olivier Becht, Ministre délégué en charge des Français de l’étranger. Votre participation et les échanges qui suivront nous permettront de tirer des conclusions directement utiles à la réalisation de cette ambition et de nous projeter résolument vers l’avenir. « 

    Catherine Colonna, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères

    Afin de mieux connaître les « ressentis » comme les attentes des parents d’élèves, des professionnels mais aussi de tous les citoyens, le ministère des Affaires étrangères et l’AEFE lancent une consultation, vous avez jusqu’au 16 avril pour y participer.

    Une consultation en 3 phases des Français de l’étranger

    Sous l’impulsion de Catherine Colonna, le ministère initie, donc, des consultations pour discuter de l’avenir de l’enseignement français à l’étranger. Ces consultations sont ouvertes à tous les acteurs du secteur et se dérouleront sous deux formes : un questionnaire en ligne disponible du 27 mars au 16 avril 2023, ainsi que des échanges directs organisés avec des représentants de chaque catégorie d’acteurs en avril et mai 2023.

    Catherine Colonna, Ministre des Affaires étrangères

    La première phase 

    Pour commencer, c’est dont l’étape de la mise en ligne d’un questionnaire destiné à l’ensemble des acteurs de l’enseignement français à l’étranger. Ce questionnaire est accessible à tous, en particulier aux acteurs du réseau de l’enseignement français à l’étranger, tels que les personnels de l’AEFE, les parents d’élèves, les élèves, les organismes gestionnaires et les investisseurs, les ambassades (ambassadeurs, SCAC et consulats), ainsi que les représentants des Français de l’étranger (élus au Parlement et conseillers des Français de l’étranger).

    La deuxième phase 

    Ensuite, des consultations seront menées par Olivier Becht, ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, sous forme d’échanges directs avec des représentants du secteur, regroupés en trois groupes de travail.

    Une troisième phase 

    Enfin, la dernière étape consistera en un travail de restitution et aura lieu fin juin-début juillet 2023, au cours de laquelle un bilan à mi-parcours du Plan de Développement sera dressé, avec des pistes d’amélioration et d’ajustement issues des consultations, pour assurer sa mise en œuvre et l’atteinte de résultats ambitieux. Cette phase sera organisée autour d’une réunion du Conseil d’orientation Interministériel de l’enseignement français à l’étranger, co-présidée par la ministre Catherine Colonna, le ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye et le ministre délégué Olivier Becht.

  • Vous vendez un bien en France ? Attention à l’audit énergétique

    Vous vendez un bien en France ? Attention à l’audit énergétique

    L’obligation de réaliser un audit énergétique lors de la vente d’une maison classée F ou G, communément appelée passoire énergétique, est désormais en place. Le décret avait été publié en août 2022 pour une exécution au 1er avril 2023.

    Qu’est-ce qu’un audit énergétique ?

    L’audit énergétique obligatoire, qui doit être réalisé à partir du 1er avril 2023 pour certains bâtiments, permettra d’identifier les faiblesses en matière d’isolation, de chauffage et d’émissions de gaz à effet de serre. Cet analyse sera plus détaillée que le Diagnostic de performance énergétique (DPE) et comprendra notamment un examen complet des différents équipements justifiant des factures élevées d’énergie.

    Le document devra également comporter une évaluation précise de la performance énergétique du bâtiment, le détail des travaux recommandés pour améliorer sa classe énergétique, ainsi qu’une estimation des économies d’énergie qui pourront être réalisées une fois la rénovation effectuée. Les coûts estimés des travaux ainsi que les aides financières disponibles pour les propriétaires seront également mentionnés.

    Après la réalisation des travaux recommandés par l’audit énergétique obligatoire, le bâtiment devrait être en mesure de gagner une classe d’énergie. Cette obligation vise ainsi à encourager les propriétaires à améliorer l’efficacité énergétique de leurs bâtiments, contribuant ainsi à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

    ©StockAdobe

    A quel prix ?

    L’audit énergétique n’est pas simplement une attestation, mais une véritable feuille de route pour améliorer l’efficacité énergétique de votre logement. Les compétences attendues pour l’auditeur ont donc été réglementées.

    Seuls les professionnels RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) certifiés pour l’audit énergétique ou les RGE Etudes, ainsi que les entreprises certifiées en offre globale de rénovation peuvent réaliser un audit énergétique. Les architectes peuvent également réaliser des audits énergétiques s’ils sont inscrits à l’ordre des architectes et ont suivi une formation spécifique d’au moins 4 jours.

    • Cette formation doit permettre à l’architecte d’appréhender les enjeux liés à la réalisation d’un audit énergétique et de disposer des compétences nécessaires pour mener à bien cette mission.
    • Les architectes doivent ainsi être en mesure de comprendre les problématiques liées à l’enveloppe du bâtiment en fonction des saisons et de proposer des solutions techniques pour améliorer sa performance énergétique.
    • Ils doivent par ailleurs savoir choisir les outils d’aide au projet de rénovation thermique appropriés en fonction des objectifs visés, sélectionner la typologie de systèmes installés dans le bâtiment, connaître les aides financières disponibles pour les particuliers, et établir un argumentaire pédagogique.

    Les critères de qualification pour réaliser un audit énergétique sont définis par le décret n° 2018-416 du 30 mai 2018, et toute sous-traitance de l’audit doit être confiée à un professionnel répondant à ces critères. Selon les estimations disponibles, les prix peuvent varier de 500 à 1500 euros.

    Quels biens sont concernés ?

    Désormais, il n’est plus possible de vendre une maison individuelle étiquetée F ou G (les deux plus mauvaises notes) par un diagnostic de performance énergétique (DPE) sans présenter l’audit énergie.

    Celui-ci est également obligatoire pour la vente d’un immeuble d’habitat collectif F ou G appartenant à un seul propriétaire. Les immeubles en monopropriété comprenant à la fois des commerces et des logements sont aussi concernés. En revanche, l’obligation ne s’applique pas aux copropriétés.

    L’audit obligatoire, valable cinq ans, sera étendu progressivement : il doit viser les habitations classées E à partir du 1er janvier 2025, puis les logements étiquetés D à partir du 1er janvier 2034. Ce document, complémentaire au DPE, doit être remis lors de la première visite d’un acheteur potentiel. Les vendeurs doivent donc réaliser l’audit avant la diffusion de l’annonce.

    ©Prim’EER

    Et la location ?

    Pour l’instant, il n’y pas d’obligation de fournir un audit énergie et ce quelle que soit la classe énergétique du bien. Mais attention, depuis le 1er janvier 2023, un logement (hors meublé de tourisme), situé en France métropolitaine, peut être mis en location uniquement si sa consommation d’énergie ne dépasse pas le seuil de 449 kilowattheures d’énergie finale par mètre carré de surface habitable et par an. C’est le seuil le plus bas du classement, soit la lettre G.

    On en profite pour vous rappeler qu’il sera obligatoire au 30 juin 2023 d’avoir déclaré tous les biens détenus en France à l’administration fiscale française tout en spécifiant leur destination (résidence secondaire, location, etc.) Tous les détails dans notre article !

  • L’intelligence artificielle, l’arme anti-bureaucratie ? 

    L’intelligence artificielle, l’arme anti-bureaucratie ? 

    La multiplication des normes, internes comme externes, à vérifier et à respecter par les entreprises, en particulier les grandes, freine les processus de production et peut générer d’importants retards pouvant affecter le chiffre d’affaires et les résultats. Les réglementations comptables, fiscales et environnementales ainsi que les règles de conformité diverses et variées peuvent donner lieu à des circuits d’une rare complexité pouvant bloquer la réception et la livraison de commandes ou le paiement de factures. Selon le cabinet PWC, les surcoûts générés par les process pourraient représenter jusqu’à 30 % du chiffre d’affaires annuel. 

    Pour réduire les pesanteurs administratives propres à toute grande structure, les entreprises informatiques développent des logicielles reposant sur l’intelligence artificielle. Ces logiciels dits de « process mining » sont conçus pour accélérer les processus de décisions reposant sur une multitude d’acteurs. 

    Ce domaine de la technologie de l’information connaît, depuis quelques années, une forte croissance. Il a généré plus d’un milliard de dollars de ventes annuelles en 2022 selon Gartner, un cabinet de conseil en informatique. Ce marché pourrait tripler de taille dans les prochaines années. 

    Une entreprise allemande, Celonis, qui s’est spécialisée dans les logiciels de « process mining », a récemment levé un milliard de dollars pour une valorisation de 13 milliards de dollars. Cette société est la première grande start up allemande depuis la création de SAP il y a 50 ans.

    Processus de décisions

    Les informaticiens tentent depuis longtemps de modéliser et d’optimiser les processus de décisions au sein des entreprises. Les modèles abstraits reflétaient rarement la réalité complexe d’une entreprise où l’informel compte autant que le formel. Avec l’introduction de dispositifs numérisés de prises de décisions, les possibilités de modélisation se sont accrues. 

    Avec l’intelligence artificielle, reposant sur le traitement permanent des données, le modèle peut s’adapter aux entreprises et dans le temps. 

    ©Wavestone

    Des dispositifs d’alerte peuvent être en outre institués afin de souligner des dysfonctionnements. Des retards dans les paiements ou dans les livraisons sont détectables facilement. Les systèmes d’information sont désormais en capacité d’indiquer les causes de ces retards. Les logiciels mis en place s’inspirent des systèmes informatiques autoréparants développés à partir des années 1990. 

    Désormais, les logiciels d’analyse des blocages concernent la gestion, le service commercial, le service après-vente et les process de décision des directions. Celonis qui est à la fois pionnier et leader sur ce marché émergent, est désormais concurrencée par une cinquantaine d’entreprises. La vérification du bon fonctionnement en temps réel des entreprises avec des batteries de capteurs, se diffuse au sein des pays occidentaux et émergents. 

    La décarbonation des activités constitue, par sa complexité, un des champs d’action de ces logiciels. Ces derniers ont la possibilité de suivre la production et le traitement des déchets et d’indiquer les moyens d’en réduire la quantité ou d’améliorer leur retraitement. 

    Au-delà du caractère « big brother » de ces outils, ils offrent de réels avantages en permettant de simplifier les process. Leur adoption par Siemens s’est traduite par une réduction de 25 % des interventions manuelles sur les processus de commandes.

  • Retraites : l’émergence d’une jeunesse qui veut être écoutée

    Retraites : l’émergence d’une jeunesse qui veut être écoutée

    Les jeunes Français sont de plus en plus nombreux à remplir les rues de Paris et du pays. La réforme des retraites est certes un déclencheur de leur mobilisation, mais elle va plus loin, des réformes jugées « anti-jeunes » du gouvernement à la soif d’un rapport nouveau à la démocratie.

    La mobilisation sociale a, dans son ensemble, faibli par rapport aux journées de grève précédentes. Mais la tendance est inversée parmi les lycéens, les étudiants d’université et la jeunesse en général. Les renseignements territoriaux s’attendaient à un « doublement, voire triplement » de leur présence dans les rues mardi par rapport aux 30 000 qui avaient défilé lors de la grève du 23 mars — selon les chiffres desdits services.

    Une des raisons est logistique, une partie des épreuves du bac se tenant le lundi 21 mars, ce qui empêchait une partie des lycéens de se mobiliser, explique le vice-président du syndicat étudiant La Voix lycéenne Ephram Strzalka-Beloeil.

    Or il assure que la jeunesse est mobilisée depuis le début du mouvement — plusieurs formations syndicales lycéennes et universitaires font partie de l’intersyndicale, qui organise les manifestations les jours de grève. Cet engagement s’exprime d’abord en opposition à la réforme en elle-même, par « solidarité avec nos grands-parents et nos parents » et en raison de ses conséquences sur l’emploi des jeunes, car « si l’âge de départ en retraite est reculé, le marché du travail sera saturé », détaille M. Strzalka-Beloeil.

    Des étudiantes de l’Ecole normale supérieure (ENS) manifestent contre la réforme des retraites, à Paris, le 28 mars dernier. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

    La colère des jeunes

    Mais les enjeux sont plus larges. Dans la même note, dévoilée par Le Parisien, les services de renseignement expliquaient cette tendance par « le sujet de la répression et des violences policières, largement repris par des élus et dans de nombreux médias, [qui] pourrait cristalliser la colère des jeunes ».

    Et ils avaient vu juste : dans le cortège parisien, de nombreuses pancartes, discussions entre jeunes gens et slogans critiquaient la doctrine du maintien de l’ordre, jugée trop brutale.

    Un sujet régulièrement évoqué par une jeune femme d’une vingtaine d’années, croisée par EURACTIV dans le cortège de la manifestation parisienne, qui diffusait des images de la manifestation en direct sur Twitch. Smartphone à la main, en direction des forces de l’ordre et des manifestants, elle a détaillé aux dizaines de personnes connectées, pendant deux heures, à la fois la manière dont se passait la manifestation et les raisons de sa participation à celle-ci.

    Sa motivation dépasse largement le sujet de la réforme des retraites, la streameuse se référant régulièrement à la procédure parlementaire que le texte a suivie, précipitée par l’article 49.3 de la Constitution, qu’elle considère être « un passage en force » et « antidémocratique ». Les renseignements territoriaux avaient bien identifié cela : les jeunes, d’abord peu mobilisés, ont « finalement rejoint le mouvement le 23 mars, indignés par le recours à l’article 49.3 ».

    Déni de démocratie

    Le recours à cette procédure est « une déclaration de guerre, un déni de démocratie », lance Ephram Strzalka-Beloeil. Si « le 49.3 est un outil constitutionnel, la constitution n’a pas changé depuis plus de 50 ans », poursuit-il, considérant que cet outil « n’a plus lieu d’être dans une société qui veut évoluer ».

    Cité à maintes reprises par la jeune femme en direct sur Twitch, le fait d’avoir voté pour le président Macron face à Marine Le Pen cristallise également des tensions. « On nous rappelle qu’on a voté pour lui, explique-t-elle à son auditoire, mais il doit tenir compte du contexte [Marine Le Pen au second tour] et du fait que 70 % de la population rejette cette réforme ».

    Entre le mode d’élection du président — consistant, au second tour, à voter contre quelqu’un plutôt qu’à choisir un candidat — et les outils constitutionnels du gouvernement (dont l’article 49.3 justement), la jeune femme est convaincue que les institutions françaises « ne conviennent plus » à la jeunesse de France — ou du moins, celle qui était mobilisée mardi.

    Plus largement, le vice-président de La Voix lycéenne estime que « la réforme des retraites n’est que la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Il reproche au gouvernement de mener des « réformes anti-jeunes [réforme du lycée, de Parcoursup, celle du lycée professionnel à venir] et antisociales alors que nous voulons un monde meilleur, un monde plus écologique où on respecte les droits sociaux des Français ».

    « Quand la jeunesse se mobilise, le gouvernement recule », espère-t-il, citant le report de la généralisation du Service national universel, dont l’obligatoriété devait être annoncée très prochainement.

    Enfin, veut-il croire, « la jeunesse a une force de proposition, mais pas seulement dans la protestation et dans le blocage constant ». Or selon lui, aujourd’hui, « la jeunesse n’est pas écoutée ».

  • Guerre morale, immorale

    Guerre morale, immorale

    « La morale n’est jamais une bonne politique, surtout en temps de guerre ». A priori, si l’on entend par politique la prise et la conservation du pouvoir, par guerre la continuation de la politique par la violence, difficile de contester ce principe, qui sonne juste. Et qui est faux. Qui se croit réaliste et reste borgne, se croit malin, marque des demi habiles, c’est-à-dire des faux malins, à qui il manque une béquille, un œil, le relief de la troisième dimension.

    45 Etats membres de l’OSCE, l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, dont la France, ont invoqué le 30 mars le « mécanisme de Moscou », mission d’experts pour enquêter sur les violations des droits de l’Homme en Ukraine, notamment la déportation de civils, d’enfants. L’OSCE est l’héritière de la Conférence d’Helsinki, forum Est-Ouest de la guerre froide, qui aboutit à l’Acte final d’Helsinki, signé, entre autres, par Brejnev. La question des « droits de l’Homme » proliféra dans les pays de l’Est à partir de ce moment. Brejnev et l’Urss étaient plus respectueux des traités que Poutine. La nouvelle doctrine de politique étrangère de la Russie, publiée cette semaine, la présente, rempart contre l’Occident, en gardienne des valeurs traditionnelles : « neutraliser les tentatives d’imposer des principes idéologiques pseudo humanistes et néolibéraux qui conduisent à la perte de la spiritualité traditionnelle et des principes moraux ». Morale contre morale, c’est dire si l’on peut s’en passer.

    ©Stockadobe

    Toute politique qui se définirait comme immorale n’aurait pas même la chance d’être proposée.  

    Ce que l’on appelle morale est la distinction entre ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, ce qui est acceptable ou non, ensemble plus ou moins vague de règles communes qui régissent la vie en société. Que la politique les ignore serait un non-sens. On n’a jamais entendu un chef politique, de Gandhi à Pol Pot, en appeler à l’immoralité.

    Aucun conflit récent ne fut gagné par la supériorité militaire

    Quand on regarde les conflits les plus récents, aucun ne fut gagné par la supériorité militaire. Afghanistan, Vietnam, Algérie, ces guerres furent remportées par le militairement faible. Churchill est considéré comme un chef de guerre par sa capacité à mobiliser dans une guerre « juste » ? Guerre de civilisation, ce fut dit en 1914. Une guerre peut-elle être gagnée seulement par les armes ? Jamais. Un empire perse qui s’effondre en trois batailles, souffre d’un autre mal que d’un mal d’armée.

    Réduire la politique et la guerre – à des conflits a-moraux- revient à en faire des wargames qui en ignorent la raison d’être. Alors les soldats s’évanouissent. Réduire la guerre à l’affrontement, la politique au pouvoir, c’est en ignorer l’esprit, les miracles, les complexités. C’est aussi vrai aujourd’hui qu’hier, au moment où l’information, vraie ou fausse, est instantanée, comme un missile. Au temps des guerres hybrides, la guerre ne peut être que « morale ».

    Ce n’est pas une question théorique. Les soldats sans morale, sont aussi sans chef, puisqu’il leur manquerait une morale de soldats. Ce qui se passe chez les mercenaires Wagner : de même qu’ils tuent sans limites (c’est le cas au Mali ou en Centrafrique), ils se font tuer par ceux qui les envoient au combat. Même un Prigogine s’émeut (ou feint de s’émouvoir) pour une petite fille, Maria, séparée de son père emprisonné, parce qu’elle avait fait un dessin anti-guerre à l’école. Même les assassins ont une mère.

    Le rêve d’un Staline, d’un Poutine, est que l’ennemi n’ait aucun idéal à défendre.

    D’un côté Poutine mobilise au nom des « textes sacrés de la Russie », de l’autre, Biden prône l’alliance des démocraties. La Chine, elle, propose de vagues « principes de paix », au vague relent confucéen. 

    Le mandat d’arrêt lancé par la Cour Pénale Internationale contre Poutine n’est pas seulement juridique, il est d’abord « moral ». Une arme à ce point puissante que Poutine a menacé les juges de bombarder le Tribunal. 

    Si je ne me bats pas pour le bien, pourquoi me battrai-je ? Staline disait : « Les idées sont des armes, pourquoi donnerais-je des idées à mes ennemis ?». Le rêve d’un Staline, d’un Poutine, est que l’ennemi n’ait aucun idéal à défendre. Alors l’ennemi fond comme la neige, comme les Américains en Afghanistan ou l’URSS en elle-même. Les empires s’écroulent par démission, non par conquête.

    La géopolitique qui ignore l’âme, l’émotion, le sens du bien et du mal est une cartographie morte, sans lumière ni relief.

    Il est facile de mépriser le substrat idéologique, de jouer les cyniques, ne voir dans la morale qu’une arme. C’est au moins reconnaître qu’il est impossible de faire la guerre sans buts moraux, de même qu’il est impossible de faire de la politique sans buts de justice. Les hommes ne sont pas des pions de Go. La géopolitique qui ignore l’âme, l’émotion, le sens du bien et du mal est une cartographie morte, sans lumière ni relief, aveugle.

    Selon la morale du temps, il est des guerres justes et nécessaires. Les Romains prenaient garde de ne faire la guerre que si elle était « justifiée » en droit. Quand un peuple ne veut pas être asservi (c’est le cas de l’Ukraine), quand il défend un certain mode de vie (c’est le cas de la démocratie). 

    La façon de combattre s’en ressent. Les lois de la guerre interdisent de viser délibérément d’autres cibles que militaires. Après Dresde et Hiroshima, les démocraties se sont scandalisées elles-mêmes. C’est pourquoi, récemment, des soldats australiens ont été condamnés parce qu’ils avaient tué des civils en Afghanistan. Naïveté, hypocrisie ? L’interdiction de la torture, de l’esclavage, du travail forcé, des viols collectifs, du pillage, ne sont-ils pas des progrès « moraux » ?

    Le droit est une belle cause. Oblige à une bonne politique, c’est même la seule : celle de constituer justement un état de droit, une société où règne la loi, non le Prince ou l’Etat. Une société sans droits du citoyen est une société en effet a-politique

    Le but de la guerre d’Ukraine est de donner force au droit. Son objectif n’est pas tactique, économique, énergétique, militaire, il est fondamentalement politique parce que moral. 

    Ne pas le comprendre, c’est accepter que la politique ne soit qu’un spectacle de lutte, l’oppression la loi commune. C’est l’inverse de ce que la France, et bien d’autres heureusement, essaient de construire, lentement, avec maladresse, parfois reniement, mais constance : une société de droit, y compris parmi les Nations.

    Aujourd’hui, les seuls qui osent s’afficher en soutien de Poutine (et non du peuple russe) sont des dictateurs qui n’hésitent pas à torturer leurs concitoyens. Comme le dit Bachar el Assad, « Aucun gouvernement dans le monde ne tue son propre peuple, à moins d’être mené par un fou ». Bachar et Poutine ne sont pas des fous. De cyniques sanguinaires, des criminels tout court : Bachar n’est-il pas le plus grand narcotrafiquant du Moyen-Orient ? Le cynique se croit malin. Il sait détruire, à la fin, se détruit.  Ceux qui croient que la politique est au-dessus de la morale n’ont rien compris ni à la politique, ni à la guerre. Ni à la morale, évidemment.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 03.04.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 03.04.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans le flash de lundi 03 avril ! On ouvre cette édition avec les résultats des élections législatives partielles dans 3 circonscriptions de l’étranger. On votait aussi à Paris pour ou contre les trottinettes en libre-service, et on fera le bilan de la 38ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger. 

    Un premier tour marqué par l’abstention 

    C’est encore une fois la seule gagnante de ces élections législatives partielles, en ligne, les chiffres de la participation dans la IIème étaient de 9,15 %, dans la VIIIème de 10,84 %, et dans la IXème de 8,11 %. Du côté des candidats, en Amérique latine alors que tous anticipaient la chute de la Macronie, c’est Eléonore Caroit qui se place en tête, suivie par le candidat LFI Christian Rodriguez. Dans la IXème circonscription, le député élu en 2022 Karim Ben Cheïkh sera opposé à Caroline Traverse, la candidate officielle de Renaissance. Tandis que M’Jid El Guerrab, le député sortant en 2022, empêché de se présenter en juin du fait de sa condamnation pour avoir frappé Boris Faure, l’ancien secrétaire général de la fédération PS des Français de l’étranger, est éliminé sur le fil avec moins de 1% d’écart. Enfin dans la VIIIème circonscription, Meyer Habib caracole en tête alors que Deborah Asbiror – De Lieme parvient à se hisser au second tour grâce aux voix des autres pays qu’Israël, qui est définitivement acquis au député sortant. 

    Le second tour aura lieu le 14 avril en Amérique latine et le 15 avril dans les deux autres circonscriptions, mais le vote en ligne sera possible dès ce mercredi 05 mai. 

    Les candidats qualifiés pour le second tour

    A Paris les anti-trottinettes mobilisés

    Premier scrutin du genre, la « votation » citoyenne locale n’a pas mobilisé les foules, finalement avec moins de 4% de participation. Et logiquement, les anti sont souvent plus mobilisés et donc les opposants aux trottinettes en « free floating » l’ont emporté avec plus de 80 % des voix ! Anne Hidalgo s’était engagée à suivre la décision populaire, mais avec une si grande abstention, le résultat est-il légitime ? 

    ©AFP

    Olivier Becht a clôturé la 38ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger 

    Le ministre délégué des Français de l’étranger a réceptionné vendredi dernier lors de la dernière session plénière toutes les résolutions prises et s’est engagé à ce que toutes trouvent une réponse. Il a aussi partagé sa propre vision : « Nous sommes de passage en tant qu’élus, en tant que ministre, mais tant que nous sommes là, nous y sommes pour servir nos compatriotes à l’étranger, et le meilleur moyen de servir, est de tenir nos engagements » Retrouvez toutes les résolutions prises et les commentaires des élus sur le site Lesfrancais.press.

    Olivier Becht lors de la clôture de la 38 ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger 

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition !

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Résultats des élections législatives partielles des Français de l’étranger

    Résultats des élections législatives partielles des Français de l’étranger

    Les Français inscrits sur les listes électorales d’Amérique du Sud (IIème circonscription) ou du Maghreb, d’Afrique du Nord et de l’Ouest (IXème circonscription) et sur celles regroupant ceux installés dans le bassin Est de la Méditerranée, étaient invités à participer à l’élection de leur député(e) ces samedi 01 et dimanche 02 avril 2023. Le vote en ligne s’était clos ce vendredi à midi (heure de Paris). On vous dévoile en primeur les résultats des élections législatives partielles !

    Les candidats qualifiés pour le second tour

    L’abstention grande gagnante !

    Le vote en ligne a été la première source de participation tandis que les urnes furent encore boudées. En ligne, les chiffre de participation dans la IIème étaient de 9,15 %, dans la VIIIème de 10,84 %, et dans la IXème de 8,11 %. Dans les petites circonscriptions consulaires, avec donc peu d’électeurs, on a pu frôler les 20%, mais cela reste l’exception et ne permet pas de dissimuler l’échec de la mobilisation !

    Pour certains, comme la candidate Renaissance dans la VIIIème circonscription des Français de l’étranger, Déborah Asbiror – De Lieme, les consulats ont leur part de responsabilité en ayant peu communiqué auprès des inscrits sur les listes électorales.

    Pourtant comme s’en félicitait Laurence Haguenauer, la directrice de la DFEA, pendant la 38ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger, l’administration consulaire a été particulièrement présente sur les réseaux sociaux. Et lors de cette soirée électorale, la direction des Français de l’étranger a joué la transparence sur Twitter.

    Mais pour certains candidats, dont Déborah Asbiror – De Lieme, une communication directe des consulats via la LEC aux étapes clés de la préparation du vote aurait été bienvenue. En effet, de nombreux citoyens n’ont pu voter en ligne car leurs coordonnées n’étaient pas à jour sur le registre consulaire. Un écueil qui aurait pu être évité avec une communication plus directe vers les électeurs.

    Cependant, l’avis général est que ce soit en ligne ou aux urnes, les scrutins se sont déroulés dans de meilleures conditions. Le faible nombre de participants expliquant peut-être la fluidité des opérations ?

    Pour certains, dont des élus consulaires, la faible participation pose la question de l’intérêt de procéder à l’élection de ces députés. Une question pertinente alors qu’Emmanuel Macron va tenter de se relancer avec une réforme visant à simplifier nos institutions.

    IIème circonscription des Français de l’étranger

    En Amérique du Sud, le charme et la bonne volonté de la députée sortante, Eléonore Caroit, lui a permis de se qualifier au second tour avec près de 39 % des voix ! Un exploit alors que tout le monde s’attendait à un effondrement des candidats du camp présidentiel, que la crise de la réforme des retraites frappe le pays. D’ailleurs, ce fut le cas dans toutes les partielles en France. Mais le vent de la colère n’a pas traversé l’Atlantique, elle s’en félicite dans un communiqué qu’elle nous a transmis.

    « Je suis heureuse de voir que ces premiers résultats confirment le scrutin de juin 2022. Je remercie les électeurs qui m’ont accordé une nouvelle fois leur confiance et compte sur leur mobilisation pour le 2ème tour »

    Eléonore Caroit, candidate Renaissance

    En face, comme en juin 2022, c’est le responsable à l’international de La France Insoumise, qui se présente pour la NUPES, Christian Rodriguez, qui se qualifie.

    VIIIème circonscription des Français de l’étranger

    Meyer Habib arrive largement en tête en Israël, le coeur électoral de la circonscription. Il y obtient même un score de 74%. L’adhésion est moins massive en dehors de ce pays, dans les autres territoires, le soutien au camp présidentiel a été important, et Déborah Asbiror – De Lieme arrive donc à se qualifier pour le second tour. Une déception pour la candidate LFI, Yael Lerer, qui pensait bénéficier du rejet de la réforme des retraites.

    Le second tour s’annonce donc favorable pour Meyer Habib avec plus de 2000 voix d’avance, cependant si la participation gonfle dans 15 jours, les jeux pourraient être de nouveau ouverts.

    IXème circonscription des Français de l’étranger

    Dans la IXème circonscription, le député élu en 2022 Karim Ben Cheïkh sera opposé à Caroline Traverse, la candidate officielle de Renaissance. Arrivant largement en tête avec près de 44 % des voix, il devrait aborder ce second tour avec sérénité.

    Tandis que le député sortant, M’jid El Guerrab, en 2022 empêché de se présenter en juin du fait de sa condamnation pour avoir frappé Boris Faure, l’ancien secrétaire général de la fédération du PS des Français de l’étranger, est éliminé sur le fil avec moins de 1% d’écart face à la candidate du camps présidentiel.

    Les problèmes rencontrés pour le vote en ligne sur la Tunisie risquent de remettre en cause, a posteriori via une action auprès du Conseil constitutionnel, la sincérité du vote. Sur les réseaux sociaux les soutiens de M’jid El Guerrab annoncent déjà un possible recours alors que 112 voix séparent les candidats.

    Le second tour

    Les candidats du second tour sont désormais connus. Nous avons pris attache avec eux dès ce soir pour leur proposer d’organiser le week-end prochain 3 débats pour les 3 circonscriptions. Nous espérons qu’ils répondront favorablement, dans ce cas vous pourrez suivre ces derniers en live sur nos radios partenaires, sur notre page Facebook et sur notre chaîne YouTube comme sur les supports des candidats.

    Sinon le vote électronique sera accessible, selon les mêmes modalités qu’au premier tour, du vendredi 07 avril 2023 à 12h (heure de Paris) au mercredi 12 avril même heure. Pour ceux qui veulent participer aux votes à l’urne, les mêmes bureaux de vote seront en place et seront ouverts le samedi 15 avril pour l’Amérique latine et les Caraïbes, tandis que pour les autres circonscriptions le vote se déroulera le dimanche 16 avril.

  • « De la jeunesse et du talent : les concerts de l’orchestre des Lycées français du monde font salle comble à Vienne ! »

    « De la jeunesse et du talent : les concerts de l’orchestre des Lycées français du monde font salle comble à Vienne ! »

    Trois concerts qui ont fait salle comble. Un public debout et des jeunes musiciens le coeur débordant de bonheur et de reconnaissance. Des personnels et organisateurs légitimement fiers d’avoir relevé le défi. Voilà le résumé d’un week-end de musique classique réellement enchanteur pour les membres de l’orchestre des Lycées français du monde. Cela se déroulait à Vienne du 16 au 18 mars 2023 sous les bons auspices de Magali Durand-Assouly, heureuse proviseure du Lycée français de Vienne et « puissance invitante » de cette neuvième édition. 

    Ecoutez le concert

    Le projet OLFM à Vienne, une 9ème édition qui doit beaucoup à Adriana Tanus, cheffe d’orchestre et fondatrice

    La formule gagnante de réunir des jeunes élèves et musiciens du réseau des Lycées de l’AEFE a été portée dès le départ avec maestria par une cheffe d’orchestre à l’énergie capable de déplacer des montagnes. Adriana Tanus, enseignante et musicienne venue de Madrid, tient fermement la baguette depuis une dizaine d’années pour entraîner dans son sillage des élèves de la sixième à la terminale qu’elle sélectionne patiemment pour composer son orchestre de l’année. Elle confesse parfois des choix cornéliens dans la sélection tant les talents affleurent parmi les jeunes pousses musicales étudiant dans nos lycées. 

    Adriana Tanus avec l’orchestre ©AEFE

    Etablir un programme musical fait aussi partie de ses légitimes attributions, et elle nous confessait récemment, dans une interview pour Lesfrançais.press, avoir voulu éviter Mozart, car jouer le divin autrichien à Vienne était un peu cliché, voire trop attendu.  Cette violoncelliste et femme de passion a mis sur pied pour l’édition 2023 un aréopage de jeunes talents représentant la bagatelle de 41 établissements scolaires du réseau, pouvant s’enorgueillir de représenter 35 pays et 41 villes du monde avec des musiciens de 32 nationalités ! Un orchestre de tous les records géographiques et qui permet de mesurer le seul défi de réunir ces garçons et filles venus des quatre coins du monde. Les 9 éditions passées ont permis de toucher tous les continents et plus de 900 familles d’accueil à qui il faut donc tirer légitimement notre chapeau.

    Pour la fondatrice de l’événement… « c’est justement plus qu’un événement ! il s’agit d’un véritable séjour d’échange, de découverte et de mise en commun ». Et au terme de ces journées intenses de musique, la cheffe nous dit, émue, que « émotion, amour et communion sont les mots qui expriment le mieux cette semaine ».

    Cette internationale de jeunes talents a pu être encadrée pour cette édition par cinq anciens jouant le rôle de grands témoins et de renforts. On se contentera de citer, pour les seuls violons, Rinat Aliev et Victoria Trusewicz, étudiants en Autriche, qui ont joué leur rôle à merveille entre pédagogie et conseils confraternels envers les plus jeunes. 

    Le défi d’une organisation logistique exceptionnelle pour que les talents convergent à Vienne 

    La proviseure du lycée français de Vienne ressent, on le comprend aisément, une légitime fierté devant un événement qui « apporte à son établissement en matière de rayonnement et qui apporte beaucoup aussi au réseau AEFE ».

    Les concerts sont en effet soutenus par le réseau des Lycées français qui participent en assumant le déplacement de leurs jeunes musiciens et par l’appareil central de l’AEFE dont le service communication ou direction de l’enseignement suivent les étapes pas à pas. Le plus gros de l’organisation se joue cependant sur place pour des équipes déjà mobilisées par l’ordinaire éducatif du lycée de Vienne et qui assument pour l’occasion des tâches supplémentaires pour le plus grand bénéfice du public de mélomanes et pour que ces jeunes musiciens enrichissent leur parcours musical d’une session de haut-vol sur des terres européennes parfois très loin de leurs bases. C’est aussi, tout simplement, pour cette session, l’occasion d’unir les musiciens du Lycée français de Vienne et ceux de l’orchestre des Lycées français du monde.

    Public dans la salle à Vienne ©AEFE

    Que ce soit au Studio Molière, à l’Université de Vienne ou à l’ORF, le public touché a été visiblement ravi de la qualité musicale des concerts et la presse autrichien a rendu compte légitimement de l’événement en particulier du concert magnifique de la RadioKulturHaus ORF dont vous pourrez juger de la qualité par une écoute en ligne. Une mention spéciale pour l’ouverture toute en sensibilité mélancolique se voulant un hommage à l’Ukraine en guerre à travers un chant émouvant en langue ukrainienne. Une citation aussi pour « l’ amour sorcier » véhiculé par une pièce audacieuse et puissante de Manuel de Falla.

    Une émotion intense et des amis gagnés pour la vie : retour sur l’expérience vécue par les jeunes musiciens

    Chez les jeunes musiciens l’émotion se retrouve encore dans les témoignages que nous avons recueillis. « Beaucoup pleuraient en quittant Vienne. Mais ils ont des amis pour la vie et certains se retrouveront sans doute pour la prochaine édition », rappelle Magali Durand-Assouly.

    « C’est surtout difficile pour les élèves de terminale car ils savent que c’est leur dernière année. Même si certains d’entre eux seront peut-être des futurs tuteurs. Le groupe WhatsApp a reçu plus de 300 messages les jours suivants. Des au revoir, quelques à bientôt, bref un groupe qui se maintiendra dans le temps, car les groupes des années d’avant se parlent toujours entre eux et sont des véritables ambassadeurs de la diffusion de ce projet », livre une Adriana Tanus encore amusée par les anecdotes de coulisses : « Est-ce que les chaussures doivent être noires ou partiellement noires. J’ai oublié mes chaussures : mets les chaussettes sur tes baskets, cela ne se verra pas ! Tant de choses se passent dans les moments préalables au concert. Une clarinettiste qui fait un solo… mais à la voix. Et quel solo ! » Il y a eu beaucoup de propositions et de créativité dans cette génération ».

    Concert à Vienne ©AEFE

    Iyad, un élève de première, percussionniste plein d’autodérision

    Iyad Abid faisait partie des jeunes musiciens invités à Vienne. C’est un élève de première de l’École Internationale Française de Djeddah qui est percussionniste. Il parle d’un « rêve devenu réalité » et évoque ces « 10 jours pendant lesquels s’est déroulé notre séjour, où on a appris à se connaître, à jouer ensemble et où on a véritablement créé une famille ». Ilyad « en ressort enrichi musicalement et culturellement, profondément marqué par des moments inoubliables ».

    Cet élève qui ne manque pas d’autodérision nous raconte une anecdote qui restitue bien le stress des concerts mais aussi la bienveillance qui demeurait au sein du groupe.

    « J’avais un solo de batterie pour le bis « I Will survive » que j’avais préparé en amont et déjà joué lors de mes deux concerts précédents. Dans le feu de l’action, je me disais que le solo devait être le plus expressif possible et je sentais tous les regards braqués sur moi… et la seconde d’après je vois ma baguette qui s’envole sur scène en plein milieu de mon solo. Depuis je n’arrête pas de rire en repensant à ce moment ! »

    Iyad Abid
    Concert à Vienne ©AEFE

    Maïa, une expérience vécue comme un privilège

    Maïa Landin a fait le déplacement depuis l’Argentine pour participer aux concerts de Vienne. La distance ne lui fait pas peur car elle intervient depuis son entrée en 6ème à chacune des sessions annuelles de l’orchestre et insiste sur le lien créé grâce à la langue française que partagent les musiciens..

    « Faire partie d’une telle expérience est un privilège (…) Beaucoup de mots me viennent à l’esprit pour décrire ce qu’a été cette expérience incroyable qui dure depuis mes 11 ans. Je dirais tout d’abord que chaque année, chaque concert est émouvant, riche musicalement, époustouflant et pluriculturel. Et jouer sur des scènes comme celle de la RadioKulturhaus avec une telle acoustique et résonance, c’est quelque chose d’unique. Puis, bien sûr, la rencontre avec le public est à chaque fois formidable, c’est un plaisir immense et un vrai moment de partage ».

    Maïa Landi

    Les valeurs de partage et d’ouverture à l’honneur

    La musique jouée en collectif est l’expression d’une somme de valeurs qu’un réseau éducatif d’excellence se doit d’incarner : au-delà de l’enjeu de l’organisation d’un événement de haut niveau qui oblige chacun à donner son meilleur le jour J il y a l’échange cosmopolite dans les coulisses, lors des répétitions ou au sein des familles d’accueil : des heures de partage, d’enrichissement au contact des autres dans leurs différences, un esprit de paix et de communion par les arts.

    Si la musique ne connaît pas de frontières, on peut être sûr que la prochaine édition de l’orchestre des lycées français du monde migrera vers une autre destination, mais que ce nouvel opus restera solidement le symbole de la puissante ouverture culturelle dont le réseau AEFE est le creuset.

    Regardez le concert sur Youtube

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