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  • USA-France : l’obligation de se faire tester au Conseil d’Etat

    USA-France : l’obligation de se faire tester au Conseil d’Etat

    Test Covid-obligatoire ?

    Un premier décret pris le 23 juillet rendait obligatoire pour les passagers en provenance de 16 pays la présentation d’un test négatif au Covid-19 en France (Bahreïn, Emirats arabes unis, Etats-Unis, Panama, Afrique du Sud, Algérie, Brésil, Inde, Israël, Koweit, Madagascar, Oman, Pérou, Qatar, Serbie et Turquie). Ce dernier devait être réalisé dans les 72 heures.

    Le 31 juillet veille de sa mise en application, le député des Français d’Amérique du Nord, Roland Lescure, annonçait que pour les expatriés revenant des USA, le test PCR ne sera obligatoire qu’à partir du 5 aout.

     

    Aeroport de JFK New-York
    Aeroport de JFK New-York

    Flou juridique

    Nouveau rebondissement ! Le Quai d’Orsay a décidé, finalement, d’accorder jusqu’au 17 août des dérogations pour certains Français aux Etats-Unis en situation d’urgence.

    Ces dérogations peuvent être accordée dans les cas suivant :

    – Le décès d’un proche

    – Raisons médicales (traitement en France, absence ou fin de couverture médicale aux États-Unis)

    – Impossibilité légale de rester aux Etats-Unis (expiration du visa, fin des études…)

    – Impossibilité économique de rester aux Etats-Unis (perte d’emploi, absence de logement, de revenus…)

    – Protection de l’enfance et de la lutte contre les déplacements illicites d’enfant à l’étranger

    – Protection des victimes de violences intra-familiales.

    Cependant les disparités que rencontrent nos compatriotes pour réaliser ces tests perdureront après le 17 aout. La crise sanitaire aux USA étant loin de se résorber, les laboratoires seront toujours incapables de répondre à la demande des expatriés français de façon homogène sur le vaste territoire américain. L’avocat new-yorkais, Pierre Ciric (aussi éditorialiste sur Lesfrancais.press) a donc décidé avec 4 autres citoyens français de déposer un recours en référé auprès du Conseil d’Etat. Réponse ce jeudi 13 août ! 

    Le recours soutient que le décret attaqué met en danger le droit fondamental « général et absolu » de retour sur le territoire français. En effet, le décret impose l’obtention d’un test PCR valable 72 heures avant le départ, déclenchant de façon systématique le refus par les compagnies aériennes desservant la France de l’embarquement de nationaux français présents sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis. Par conséquent, ceux-ci seraient dans l’incapacité physique de rentrer en France et d’exercer leur droit fondamental de retourner sur le territoire national 

  • L’UE recale le stop covid français

    L’UE recale le stop covid français

    Stop Covid est l’application lancée par le gouvernement français pour permettre un traçage des personnes contaminées et de leurs « contacts ».

    Après bien des hésitations et des études, le gouvernement avait privilégié une application franco-française, qui a mis du temps à émerger et qui n’a rencontré aucun succès.

    Application StopCovid : que sait-on du projet français de traçage ...

    Les Français n’ont pas accepté l’application

    Stop Covid a été téléchargé 2.5 millions de fois. Et supprimé 500.000 fois. L’efficacité minimale commencerait avec 20% de la population, certains demandent même 60%. Inutile de dire qu’on est très loin. D’autant que la CNIL a demandé des précisions au gouvernement car Stop Covid est un fichier centralisé. Aujourd’hui seulement 460 personnes se sont signalées positives à travers l’application Stop covid.

    Début août, la Commission européenne a lancé un appel à projets pour harmoniser les différentes applications de traçage à travers l’Europe. Il était temps ! Il est en effet apparu à ces esprits éclairés, que certains Européens, y compris pendant les vacances, sortaient de leur pays. Et même après les vacances. La Commission espère donc qu’en décembre les applications choisies par au moins 18 pays seront coordonnées. Mais pas la France.

     

    L’application non-compatible avec celles agrées par la Commission européenne

    Comme la France a voulu faire cavalier seul, son système Stop covid n’est pas compatible. La grande majorité des pays européens a choisi une version décentralisée, à partir  de celles développées par Google et Apple. Pour le gouvernement, il n’était pas question de se mettre dans la main des Américains. Faut-il préférer un système cher, inefficace et incompatible avec no voisins pour autant ?

    Stop covid coute à l’Etat au moins 100.000 € par mois. Le nombre d’utilisateurs baisse. Son utilité est quasiment nulle. Et désormais elle est écartée du système européen. Deux entreprises allemandes seront chargées de développer une passerelle entre les différentes applications des différents pays. Ne serait-il pas temps de profiter de cet appel d’offres pour changer de système ? On ne perd jamais à reconnaitre ses erreurs et à éviter de continuer à gaspiller de l’argent inutilement, surtout quand la crise sanitaire n’est toujours pas finie.

     

  • La Fondation de France lance un appel aux dons pour les Libanais à Beyrouth – Podcast Video

    La Fondation de France lance un appel aux dons pour les Libanais à Beyrouth – Podcast Video

    TV5MONDE et Lesfrancais.press relaient l’appel à la générosité de la Fondation de France pour aider les victimes des deux explosions qui ont eu lieu à Beyrouth, au Liban.

    https://www.youtube.com/watch?v=hzmWvZuICBw

  • Couples Binationaux : mise en place d’une procédure dérogatoire dans 10 pays

    Couples Binationaux : mise en place d’une procédure dérogatoire dans 10 pays

    Jean-Baptiste Lemoyne l’a annoncé ce matin dans le JDD, les couples binationaux vont pouvoir se retrouver malgré les mesures de quarantaine en France et dans 9 pays.

    La France suit les recommandations du collectif Loveisnottourisme, en permettant aux couples non mariés de se retrouver en France. Aussi, les Français expatrié en couple et qui seraient interdit de rejoindre leur compagne ou compagnon suite à un voyage en France peuvent aussi espérer la réciproque dans 9 pays, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, Finlande, Islande, Pays-Bas, Norvège, Suisse, République tchèque.

     

    Jean-Baptiste Lemoyne - Secretaire d'Etat au tourisme et aux Français de l'Etranger
    Jean-Baptiste Lemoyne – Secretaire d’Etat au tourisme et aux Français de l’Etranger

     

    « Leur séparation n’a que trop duré”. Jean-Baptiste Lemoyne

     

    Interpellée par des élus politiques et la Commission européenne sur la situation des couples binationaux, séparés depuis le début de la pandémie de coronavirus, la France va mettre en place une “procédure dérogatoire” pour leur permettre de se retrouver, a annoncé Jean-Baptiste Lemoyne au Journal du Dimanche ce 8 août.

     

    “Dès cette semaine”, les personnes concernées pourront cependant tenter d’obtenir un “laissez-passer” pour se rendre en France, a assuré Jean-Baptiste Lemoyne, après discussions avec le collectif “Love is not Tourism” qui a porté la parole des couples séparés.

    Une procédure lourde administrativement ?

    Avec la fermeture des frontières au sein de l’espace Schengen et au-delà, de nombreux concubins n’habitant pas sur le même territoire ont été contraints de vivre une relation à distance. La réouverture des frontières européennes a permis à certains couples de se retrouver, mais d’autres, dont une moitié est peut-être dans un pays dit ”à risque” comme les États-Unis, étaient jusqu’à présent privés de cette joie.

    “Les conjoints devront se présenter au consulat avec des documents attestant d’activités communes, leurs pièces d’identité, une preuve de résidence en France pour le conjoint français, un titre de transport aller et retour… Ces dérogations, qui seront validées par la Commission interministérielle de crise, entraîneront la délivrance d’un laissez-passer lorsque c’est nécessaire”, a expliqué le secrétaire d’État chargé du Tourisme et des Français de l’étranger.

    Cette procédure est similaire à celle déjà mise en place dans certains pays européens. Toutefois, en réponse au tweet de Jean-Baptiste Lemoyne, de nombreuses personnes ont fait part de leur crainte face aux lenteurs administratives qui découleront de cette nouvelle démarche, dans des consulats déjà surchargés par le lancement des campagnes de bourses scolaires, du STAFE ou pour les aides d’urgence.

  • « Aidez- Nous ! Révolution »

    « Aidez- Nous ! Révolution »

     Emmanuel Macron a pris un bain de foule dans Beyrouth dévasté. Il a dit : «  On ne vous lâchera pas ». La foule, dans ce quartier chrétien à coté du port, où les habitations sont détruites, a crié : «  « Aidez-nous ! Révolution ! » pour chasser les dirigeants au pouvoir.

     

    le Président de la République Française réconfortant une libanaise victime des explosions
    le Président de la République Française réconfortant une libanaise victime des explosions

     

    Dans sa première déclaration, Emmanuel Macron a donné le ton, dans la ligne de ce que Jean Yves Le Drain avait déclaré il y a quelques jours:

     

    « Je souhaite que les enquêtes puissent se faire dans un cadre indépendant et transparent. Mais au-delà de l’explosion, il y a aujourd’hui une crise politique, morale, économique et financière qui dure depuis plusieurs années. Elle implique que des initiatives politiques fortes soient prises pour lutter contre la corruption, pour imposer la transparence, pour mener les réformes que nous connaissons et qui ont été portées depuis deux ans dans le cadre du programme CEDRE« . – Emmanuel Macron

    L’essentiel est dit. Il y a l’explosion. Les morts. Les destructions. Elle n’a pas eu lieu par hasard. Et le Liban ne peut se reconstruire avec ceux qui l’ont mené à la ruine.

    Trois avions militaires français sont arrivés. De nombreux pays ont envoyé aides et secours. Emmanuel Macron a proposé de coordonner l’aide internationale.  Il est le premier chef d’Etat sur place. Peut-être le seul qui viendra. Le seul qui puisse y prendre un bain de foule.

    Pour l’instant, l’explosion d’hier a provoqué la mort de 137 personnes dont un expatrié français, Jean Marc Bonfils. De nombreux blessés sont dans un état grave. La communauté française compte au moins 40 blessés dans ses rangs.

    Un tiers de Beyrouth serait endommagé, trois hôpitaux ont dû être évacués, le port est inutilisable, 300.000 personnes sont sans abri.

    La Fondation de France a lancé un appel aux dons, (que relaie lesfrancais.press), l’AFD (Agence Française de Développement) s’est engagée à en doubler le montant. Mais la question demeure : qui gérera les dons ?

    Une conférence des donateurs devrait se réunir prochainement. Personne, ni la population, ni les gouvernements, ni les organisations internationales, ni les Banques, n’ont confiance dans les dirigeants actuels et dans les factions politico-religieuses qui le tiennent sous sa coupe. Notamment le Hezbollah libanais, qui contrôle le port, le dépôt de nitrate d’ammonium – le gouvernement.

    La France, par l’action d’Emmanuel Macron, peut-elle prendre une initiative qui libérerait le Liban ?

    Sa présence est un premier message. Elle ne peut évidemment rien faire seul. Il lui faut l’appui de la majorité des Libanais, et ceux des pays qui ont intérêt à un Liban libre et stable. Mais tout le monde n’y a pas intérêt.

     

    Laurent Dominati

    A.Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Fondateur de la société éditrice du site « lesfrancais.press »

     

     

     

  • Le bloc note de François Leotard #2 – Méditerranée

    Le bloc note de François Leotard #2 – Méditerranée

    Si l’on préfère la confrontation des ressentiments à l’intelligence on pourrait continuer à engager une guerre posthume avec la culture musulmane. Ce serait vain, ridicule et indigne.

    La Méditerranée, volcan de tous les imaginaires, restera à tout jamais un lieu de rayonnement de la pensée, de fructification des civilisations.

    On y trouve les dieux et les monstres, les femmes et les guerriers, les penseurs et les rois, les paysans et les marins qui, pendant des millénaires en inventé : Œdipe, le Minotaure, Cassandre, Achille, Éros et Dionysos, Icare et Adonaï, la beauté d’Hélène et… la bibliothèque d’Alexandrie.

    Elle n’est pas plus une mer arabe, grecque ou juive, qu’elle n’est européenne, chrétienne ou latine : elle est tout cela et bien plus que cela.

    Un Irlandais génial a écrit Ulysse, un Français pédagogue a raconté les aventures de Télémaque, un Grec a inventé le théorème de Pythagore, un Arabe y a écrit le manuel de base pour l’enseignement de la médecine, un Britannique nous a parlé du Caire, de la Crète et des citrons acides, de Justine, un Florentin de l’enfer et un Espagnol d’un « Nouveau Monde »…

    Il faut avoir le courage d’accepter comme cadeaux ce qui, bien avant nous, fut préislamique et préchrétien pour mettre à leurs places nos querelles pétrolières ou religieuses…

    La Méditerranée n’a qu’un géniteur : l’histoire universelle du langage. Pour nous c’est avec l’alpha, la première lettre, que commence le récit des cornes de taureau et l’enlèvement de la princesse Europe, la petite phénicienne que Zeus emmène vers l’Ouest.

    Ici, le brassage des cultures n’est pas un fardeau mais une chance. Ici, l’on ne fait la guerre que contre soi-même. Car la Méditerranée est un pays. Un pays qui ne doit son identité singulière qu’à la volonté d’accepter toutes les identités qui la composent. Ici, l’on a voulu traverser la nuit du monde.

    Si la Méditerranée n’est plus la « Mare Nostrum » des Latins, elle appartient depuis toujours à l’aventure humaine de l’écriture.

    Malgré les Traités, les conflits, les haines et les massacres, elle est « notre mère », le lieu d’élection des trois grandes religions monothéistes, tout comme le point de rencontre, la cristallisation, de l’incroyance et du doute. Si Dieu y est né, il en est mort aussi…

    Bien sûr j’entends les murmures : vous êtes un rêveur, un obsédé du multiculturalisme. Mais oui ! Bien sûr. Quel est celui d’entre nous qui n’a pas dans son ADN avec une certaine allégresse : un peu de sang grec, arabe, ou juif ?

    Accompagnons Albert Camus à Tipasa : « Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure… » Inutile de dire que, quelque part, en Corse, nous avons pensé cela !

     

    François Léotard 

    Homme politique français, député du Var et maire de Fréjus pendant près de vingt ans, il fut ministre de la Culture et de la Communication de 1986 à 1988 et ministre d’État, ministre de la Défense de 1993 à 1995. Depuis, il est l’auteur chez Grasset de plusieurs romans, dont La couleur des femmes (2002), La Vie mélancolique des méduses (2005), Le Silence (2007), et de récits qui furent des succès de librairie, entre autres : A mon frère qui n’est pas mort (2002) et Ça va mal finir (2008).

     

     

    Découvrez l’épisode #1 du Bloc-note de François Leotard en cliquant ICI 

     

  • La crise sanitaire, catalyseur ou électro-choc pour les démocraties

    La crise sanitaire, catalyseur ou électro-choc pour les démocraties

    Le monde d’avant n’était pas, loin de là, unifié et homogène. Les oppositions entre les classes sociales étaient fortes. L’espoir du grand soir a été prégnant, en France, jusque dans les années 1980.

    Pour autant, les valeurs de progrès, d’ascension sociale, de réussite par l’école transcendaient les différentes catégories de la population française. La crise sanitaire pourrait accroître la largeur de certains fossés.

    L’opposition entre les jeunes et les seniors a pris ainsi un tout nouveau relief avec le coronavirus. Les moins de trente ans sont moins touchés en développant des formes plus asymptomatiques de la maladie quand les plus de 75 ans paient un lourd tribut. Les autorités en France comme dans un très grand nombre de pays ont décidé de mettre à la cape l’économie afin d’éviter l’engorgement des hôpitaux et de sauver des vies. Les écoles, les universités ont été fermées, de nombreuses entreprises ont dû licencier ou différer leurs recrutements.

     

    Opposition entre les jeunes et les seniors

    Avec le déconfinement, les jeunes souhaitent retrouver leurs habitudes d’avant, se rassembler, à la grande peur de leurs aînés qui craignent pour leur vie et celle des plus âgées. Cette opposition générationnelle d’une nouvelle forme s’inscrit dans une tendance plus large, plus sourde. Les moins de 35 ans estiment, selon les enquêtes menées depuis plusieurs années par le Cercle de l’Épargne, que le système de retraite ne sera pas capable de leur verser des pensions. Si cette allégation est fausse ou exagérée, elle témoigne d’une méfiance voire d’une défiance. L’augmentation des dettes publiques constitue néanmoins un transfert intergénérationnel ; la crise sanitaire ne faisant que l’augmenter d’un nouveau cran. Les anciennes générations sont accusées plus ou moins explicitement de n’avoir pas pu régler les problèmes actuels, du réchauffement climatique à la crise sanitaire en passant par le chômage et les inégalités.

    L’avènement de Greta Thunberg comme égérie de la transition énergétique à 15 ans est tout un symbole. Cette division intergénérationnelle s’exprime aussi par le fait que les actifs risquent de subir des pertes de revenus quand les retraités bénéficient du maintien de leur niveau de vie à travers leurs pensions. L’écart entre les deux catégories n’a jamais été aussi élevé. Si avant la crise, les retraités avaient un niveau de 5 points supérieur à celui de l’ensemble de la population, cet écart atteint désormais 10 points.

     

    Différences de statut et de travail

    La multiplication des aides, des plans de soutien provoque naturellement des césures au sein de la population. D’un côté, il y a ceux qui seront protégés car travaillant au sein d’une entreprise en expansion ou bénéficiant de l’attention des pouvoirs publics, de l’autre ceux, travailleurs indépendants, titulaires de CDD ou de missions d’intérim, et salariés de PME, qui ne bénéficient pas de l’appui de l’État.

    D’autres divisions sont de plus en plus marquées. Le télétravail distend également les liens entre les différents métiers, entre ceux qui sont au contact avec le public et les autres. Enfin, certaines professions organisées avec des taux de syndicalisation élevés pourront obtenir une amélioration de leurs conditions de travail.

    Même si dans un premier temps, les décès d’hommes politiques comme Claude Goasguen ou Patrick Devedjian ont donné l’impression que la Covid-19 pouvait concerner tous les Français de manière identique, les statistiques de l’INSEE ont révélé que le taux de prévalence était plus important dans les quartiers défavorisés et au sein des populations à revenus modestes.

    La crise a également souligné les différences au niveau des conditions de vie, entre ceux qui pouvaient aller à la campagne, ou qui avaient un appartement relativement spacieux avec le cas échéant une terrasse et les autres.

     

    Inégalités et frustrations

    Les différences sociales et les inégalités sont consubstantielles aux sociétés humaines. Leur régulation est une des clefs de la réussite des nations. Les difficultés des États d’Amérique latine et de certains pays africains provient de l’incapacité des gouvernements à rendre supportable les différences. Les pays occidentaux avaient, avec le fordisme et le keynésianisme, réussi à maintenir la cohésion des populations. De la fin de la guerre 14/18 jusque dans les années 1990, les écarts de revenus et de patrimoine s’étaient réduits. Même si l’augmentation depuis est faible, notamment en France, elle est très mal ressentie. Avec Internet, tout est visible et cela sans filtre. La frustration est difficile à contenir.

    La segmentation de la société est d’autant plus difficile à vivre que l’ascenseur social s’est ralenti. Les sociétés se sont figées du fait que la croissance est plus faible. Les régimes autoritaires se nourrissent des divisions pour asseoir leur pouvoir.

    Après avoir remporté le match de la fin du XXe siècle, les démocraties sont pour le moment en panne ou sur la défensive. Jamais depuis les années 1930, elles n’avaient été autant contestées. Leur rebond passera par la capacité à retrouver un sens à l’action publique et à mobiliser autour de projets fédérateurs auprès des opinions publiques.

  • Un expatrié parmi les victimes à Beyrouth

    Un expatrié parmi les victimes à Beyrouth

    Un architecte français figure parmi les victimes des explosions du port de Beyrouth. Expatrié depuis la fin de la guerre, il s’était installé au Liban pour fonder le cabinet d’architecture East Village .

     

    Un architecte français soufflé par l’explosion

    Un mort français a été identifié parmi les victimes des explosions survenues mardi à Beyrouth a appris l’AFP par ses collaborateurs.

    Il s’agit de l’architecte Jean-Marc Bonfils, installé à Beyrouth, où il avait pris part notamment à des projets de restauration de bâtiments détruits par la guerre, a annoncé la ministre de la Culture Roselyne Bachelot tard dans la soirée.

    https://twitter.com/R_Bachelot/status/1291130413029773313?s=20

    Ne trouvant pas son ami, Ghassan Haajar, un binational, proche de l’architecte, s’est rendu avec plusieurs personnes dans son appartement. Ils retrouvent le ressortissant français qui est amené dans un ambulance à l’hôpital où il décèdera de ses blessures.

     

    « Aux urgences, on ne laisse personne rentrer. C’est seulement au bout de trois heures qu’on me dit d’aller peut-être vers la morgue. Je vais vers la morgue et j’identifie le corps », raconte Gassan Haajar

  • Beyrouth: le jour d’après

    Beyrouth: le jour d’après

    Le 21 septembre 2001 explosait l’usine AZF de Toulouse, causant la mort de 31 personnes et des dégâts considérables sur plusieurs dizaines de kilomètres autour du site. En cause? 300 tonnes de nitrates d’ammonium. Dans l’explosion qui a frappé Beyrouth, ce sont 2750 tonnes qui sont impliquées. C’est dire l’ampleur de cette catastrophe. Les images terribles, hiroshimesque, témoignent.

     

    Des images du Huffington France

    Un désastre dans un pays déjà dévasté

    Le port de Beyrouth, avant l'explosion
    Le port de Beyrouth, avant l’explosion

    Une double explosion a frappé la capitale du Liban, mardi 4 août en fin de journée, faisant au moins 135 morts et 4 000 blessés, selon un bilan récent du ministère de la santé. Mercredi, des dizaines de personnes étaient encore portées disparues.

    Les chiffres sont étourdissants, en plus des victimes directes, on compte jusqu’à 300 000 sans abris, une ville dévastée comme l’a tout de suite indiqué l’élu français Ghassan Ayoub dans notre article à quelques heures de l’évènement.

    « Je n’ai jamais connu Beyrouth dans un tel état de dévastation et j’y vivais déjà pendant la guerre civile » nous indique-t-il.

    Le tout dans un pays déjà largement dévasté par la crise économique, doublée de la covid-19. La monnaie locale s’est effondrée de 80%, 20% des Libanais sautent des repas, ils sont 33% parmi les réfugiés Syriens, la récession prévue est de 12% en 2020, la dette publique atteint 170% du PIB…

     

    « Je n’ai jamais connu Beyrouth dans un tel état de dévastation et j’y vivais déjà pendant la guerre civile » Ghassan Ayoub

     

    « Quand je vois les images de destruction du centre-ville, je suis effondré » nous indique Stéphane, un étudiant franco-libanais installé à Bruxelles. « Il a fallu des années et des sommes folles pour le reconstruire après la guerre civile. C’est comme repartir de zéro, être à nouveau en 1990 » ajoute-t-il.

    Le consulat de France pleinement mobilisé

    La France pour sa part à travers le consulat a mis en place un numéro d’urgence: +961 1 420 292

    Les appels sont incessants, utilisez ce numéro uniquement si vous avez de la famille sur place et que vous n’avez pu là joindre. Pour la sécurité de nos compatriotes, il est impératif d’utiliser ce numéro avec parcimonie.

    Quatre consignes ont été diffusées auprès des Français de Beyrtouth par les autorités françaises:

    • Ne pas aller dans le quartier portuaire 
    • rester à son domicile si celui-ci n’a pas subi de dégâts matériels importants et s’il ne présente pas de risques particuliers.
    • Respectez les consignes des autorités locales et se tenir  informé de l’évolution de la situation.
    • Contactez vos proches

     

    La communauté française solidaire

    La France est particulièrement présente au Liban, pays largement francophone, ancien mandat français issu des anciennes possession ottomanes , doté d’un immense réseau d’enseignement français, avec une communauté binationale considérable. 6000 français sur place, 20 000 binationaux.

    « Ma mère a fait le tour de tous ses amis dès hier soir. Les communications étaient compliquées » nous indique Hassan. Ce franco-libanais vit de longue date hors du pays du cèdre mais y a de nombreux membres de sa famille.

    Le logement de cette dame âgée n’a pas été touché. Sans doute car il ne faisait pas face au souffle de l’explosion. Ce n’est pas le cas du reste de son quartier de Snoubra, à proximité de l’université américaine. « Un carnage » nous indique Hassan, qui s’étonne même du nombre de victimes, « cela aurait pu être tellement plus lourd ».

    La diaspora solidaire

    « Mon cœur est avec Beyrouth et le Liban […] Je termine ma journée en regardant ces terribles images de Beyrouth qui me donnent des frissons » a tweeté le chanteur britannique d’origine libanaise Mika, ancien du lycée français de Londres et défenseur de la chanson française.
    Les francophiles de la diaspora sont nombreux à se mobiliser. La fondation de France a lancé un appel aux dons, la France a mobilisé 3 avions d’urgence et le Président de la République sera à Beyrouth jeudi 6 août.

    « Je regarde en boucle, abasourdie, depuis des heures les images de la ville où je suis née, éventrée, détruite. Je regarde les rues de mon enfance balayées par l’explosion. Beyrouth est à terre ce soir, je suis loin d’elle. J’ai le cœur brisé » décrit pour sa part la journaliste française d’origine libanaise Léa Salamé.

    La journaliste franco-libanaise Léa Salamé
    La journaliste franco-libanaise Léa Salamé
    « Quand le soleil se lèvera, Beyrouth, ma ville, n’existera plus » commente pour sa part notre consoeur Patricia Khoder dans un édito déchirant dans l’Orient-le jour.

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