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  • Comment garder le contact avec ses proches à Noël ?

    Comment garder le contact avec ses proches à Noël ?

    Les annonces gouvernementales en France du mardi 24 novembre sont de bons augures pour les fêtes. Les rassemblements familiaux sont ainsi autorisés malgré la crise sanitaire. Cependant, plus que jamais, la prudence est de rigueur pour les Français de métropole. Mais alors que l’on compte plus d’1.8 millions d’expatriés dans le monde en 2018 (selon le Ministère des Affaires Étrangères), certaines frontières sont toujours fermées. Tous les expatriés qui le souhaitent ne pourront sans doute pas rentrer pour les fêtes de fin d’année. Dans ce contexte actuel, comment célébrer Noël ? Quels sont les moyens pour garder le contact avec ses proches quand on est expatrié ? Nous avons plusieurs solutions à vous proposer ! 

    Quand il est difficile de rentrer 

    Les millions d’expatriés et de voyageurs qui sont à travers le monde se posent la question depuis des mois. Comment rentrer en France quand les frontières sont fermées ? En effet, comme nous en parlions dans cet article, certains pays ont totalement fermés leurs frontières aux Français. Cela est problématique pour les expats qui se retrouvent ainsi « coincés » entre obligations d’un côté et envie de voir ses proches de l’autre. 

    De ce fait, bien qu’ils puissent éventuellement rentrer en France pour les fêtes, rien ne leur assure de pouvoir revenir dans leur pays d’expatriation. Pour certains pays, des dérogations peuvent être accordées au cas par cas, mais les démarches peuvent être longues et fastidieuses. De quoi décourager les expats et les amener à revoir leurs plans. C’est d’autant plus difficile pour certains car Noël est une saison bien particulière aux yeux des Français. 

    Noël, cette période si particulière 

    Les fêtes de fin d’année sont l’une des périodes préférées des Français. Dans la tradition française, Noël est un véritable moment de partage et de retrouvailles en famille. Pour beaucoup d’expatriés, c’est souvent l’unique occasion de pouvoir retrouver ses proches dans l’année. 

    De plus, les relations interpersonnelles sont mises à rude épreuve avec le confinement et l’instauration des gestes barrières. Nous vous parlions dans cet article de l’importance des échanges et de l’impact de la Covid-19 sur les relations sociales. Noël étant une fête de partage, ces distances ont un impact encore plus conséquent sur les familles. 

    Pour les enfants, notamment, les contacts sont indispensables et leur permettent de construire leur personnalité. Face à la crise sanitaire, certains peuvent ressentir de la peur, de la tristesse ou même du manque. Une frustration qui peut être difficile à vivre, d’autant plus avec la fin de l’année, synonyme de retrouvailles. Il est donc nécessaire de trouver des moyens de garder le contact avec ses proches en attendant une situation plus stable. 

    Garder le contact avec ses proches

    Étant donné la situation actuelle, les familles vont ainsi devoir user de stratagèmes pour pouvoir échanger à Noël. Heureusement, en 2020, il existe de nombreuses applications et solutions pour garder le contact avec ses proches. Nous vous listons plusieurs d’entre-elles :

    WhatsApp 

    Avec plus de 2 milliards d’utilisateurs à travers le monde, l’application WhatsApp est devenue en quelques années un incontournable des échanges. Il s’agit d’un outil de messagerie instantanée pour smartphone, sécurisée, avec un chiffrement de bout en bout. Les messages et appels passés depuis WhatsApp sont gratuits, il faut simplement une connexion internet. 

    Vous pouvez convier plusieurs personnes à une conversation WhatsApp, mais également partager des photos et des vidéos. Un bon moyen d’avoir des nouvelles quand on est à l’autre bout du monde. 

    Zoom

    L’application Zoom a connu un succès fulgurant dès le premier confinement. En effet, l’application de visioconférence est devenue un incontournable pour les réunions en télétravail. Mais Zoom fonctionne également très bien pour vos échanges familiaux. Il suffit d’installer l’application puis vous pouvez convier vos proches. Un service efficace et de qualité qui vous permettra d’échanger avec vos proches facilement. 

    Il existe également d’autres applications telles que Facetime, Skype ou encore Messenger, qui fonctionnent toutes sur le même principe que WhatsApp et Zoom. À vous de trouver l’application qui vous convient le mieux !

    Les envois personnalisés

    Et si vous mettiez votre créativité au service des échanges avec vos proches. Aujourd’hui, beaucoup de site internet et de solutions vous permettent d’envoyer des nouvelles à vos proches, où que vous soyez. Voici quelques exemples de sites et technologies : 

    • Parlapapi est une interface simple qui permet d’envoyer chaque mois des photos aux grands-parents. Vous pouvez personnaliser les envois avec un petit mot et choisir la fréquence d’envoi. 
    • Tribu est conçu sous forme de journal, vous pouvez mettre des photos, ajuster la mise en page et Tribu se charge de l’envoyer sous format papier. 
    • Sunday est un boîtier qui permet à vos proches de recevoir toutes vos photos et vidéos directement sur leur TV !
    • Lovebox se définit comme la première boite à amour connectée. Une fois de plus, le système est très simple. Vous offrez une box à votre entourage et vous pouvez ainsi envoyer des messages personnalisés à n’importe quel moment, ils seront prévenus par un petit cœur rouge. 

    Il est important de garder le contact avec ses proches à Noël et toutes ces solutions ne remplaceront bien évidemment pas les repas de famille. Cependant, la crise sanitaire actuelle nous oblige à revoir nos habitudes et des alternatives existent. Il faudra être patient avant de pouvoir à nouveau embrasser ses proches, mais les retrouvailles n’en seront que plus belles ! 

  • Le fonds d’urgence pour les Français de l’étranger revient au Sénat. Rencontre avec le sénateur Ronan Le Gleut

    Le fonds d’urgence pour les Français de l’étranger revient au Sénat. Rencontre avec le sénateur Ronan Le Gleut

    Le 30 juin, la chambre haute du Parlement a voté la proposition faite par le Sénateur Ronan Le Gleut (LR – Français hors de France) concernant la création du fonds d’urgence pour les Français de l’étranger. Cette disposition n’a pas été reprise ni par l’Assemblée nationale ni par le gouvernement qui s’y oppose. Les sénateurs des Français hors de France, de droite comme de gauche remontent, donc, au front. C’est dans ce cadre que nous invitons le Sénateur Ronan Le Gleut (expatrié d’Allemagne) afin de mieux comprendre les enjeux de ce projet.

    M. Le Sénateur nous vous recevons pour parler de l’amendement qui concrétise la proposition de la loi adoptée le 30 Juin à l’unanimité au Sénat. Votre amendement à la loi de Finances 2021 doit instaurer le programme de fonds d’urgence pour les Français de l’Etranger. Avec vos collègues, vous l’avez défendu et fait adopté ce vendredi 27 novembre (vidéo disponible en fin d’article) lors de la séance publique amenant le Ministre aux Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à se prononcer.

    Lesfrancais.press : La pandémie mondiale a démontré, si il le fallait, la fragilité de la situation de certains de nos compatriotes expatriés. Ce printemps, le gouvernement a mis en place, avec le parlement, un fonds doté de 50 millions d’euros pour venir en aide aux Français de l’étranger. Son déploiement est un échec, entre 1,5 et 5 millions d’euros ont été dépensés, comment l’expliquez-vous ?

    Ronan Le Gleut : Les Français établis hors de France souffrent particulièrement des conséquences de la Covid19. Tout d’abord économiquement, à l’image des entrepreneurs français à l’étranger qui ne bénéficient d’aucune aide alors qu’ils oeuvrent au commerce extérieur de la France.

    Par ailleurs, les fermetures de frontières et les entraves à la mobilité sont douloureux pour ces Français qui ont des liens familiaux, sentimentaux et amicaux en France.

    Dans ce contexte, le Gouvernement a créé le “Secours Occasionnel de Solidarité“ (SOS) qui est une aide spéciale Covid19. Actuellement plus de 5 millions d’euros ont permis de venir en aide aux Français les plus vulnérables.

    Mais on a perdu du temps. En effet, il a d’abord fallu que le ministre de l’Europe et des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian aille négocier avec Bercy, en l’occurrence Gérald Darmanin, au printemps, puis que nous attendions l’examen de la troisième loi de finances rectificative adoptée par le parlement fin juillet. Ensuite l’information part vers les consulats, puis vers les communautés françaises. Enfin les dossiers de demandes se constituent, ils sont examinés, et ultime étape, il est décidé d’assouplir des conditions jugées exorbidantes. Voici pourquoi seuls 10% de l’enveloppe sont consommés, alors que nous sommes en fin d’année.

    Avec mon Fonds d’urgence, l’aide aux Français les plus démunis aurait été immédiate, efficace et utile.

    Lesfrancais.press : C’est en tirant les leçons de cette expérience, que vous avez imaginé, avec vos collègues, cette nouvelle disposition ? Qu’est-ce que l’existence de ce fonds aurait changé ? 

    Ronan Le Gleut : Le Fonds d’urgence pour les Français de l’étranger, basé sur mon amendement adopté vendredi soir, change tout.

    En effet, je crée, en loi de finances, un quatrième programme au sein de la mission “Action extérieure de l’Etat“, immédiatement déclenchable par le Quai d’Orsay.

    Donc si mon fonds d’urgence avait existé, nous aurions pu gagner 6 mois dans l’aide apportée aux Français de l’étranger. Inutile d’aller négocier avec Bercy et inutile de voter une loi de finances rectificative. 

    Ce Fonds est immédiatement mobilisable.

    Lesfrancais.press : Lors de la séance au Sénat, M. Le Ministre Jean-Yves Le Drian , a opposé à votre amendement, la difficulté de déterminer les critères définissant l’urgence. Que lui répondez-vous ? 

    Ronan Le Gleut : La meilleure réponse possible fut apportée par mon collègue Philippe Bas, ancien Président de la commission des lois du Sénat, qui a expliqué au ministre, lors de son intervention dans l’hémicycle, que tout était défini dans ma proposition de loi adoptée à l’unanimité le 30 juin dernier par le Sénat et que le Gouvernement avait largement eu le temps d’en prendre connaissance.

    « Il est institué un fonds d’urgence en faveur des Français résidant habituellement hors de France et régulièrement inscrits au registre des Français établis hors de France qui, dans leur pays de résidence, sont exposés à des menaces sanitaires graves ou sont victimes de catastrophes naturelles ou de guerres civiles ou étrangères, de révolutions. Les crédits de ce fonds sont inscrits au budget général de l’État après consultation de l’Assemblée des Français de l’étranger.« 

    Article 1 de la loi 3167 adoptée à l’unanimité le 30 juin 2020 au Sénat

    Lesfrancais.press : Dans votre projet, comme dans le système actuel, le conseil consulaire est au cœur du dispositf. Dans une interview du mardi 1 décembre, Mehdi Benlahcen, Président du groupe Français du Monde, Ecologie et Solidarité (PS), a dénoncé l’attitude partisane de certains élus bloquant la distribution des fonds. Ne risquons nous pas de tomber dans les mêmes travers? 

    Ronan Le Gleut : Faire confiance aux élus des Français de l’étranger est une de mes priorités. Leur donner toujours plus de pouvoir est un signal fort à leur endroit. N’oublions jamais qu’ils sont élus au suffrage universel direct, leur légitimité démocratique est indiscutable. Donc faisons leur confiance !

    Lesfrancais.press : Les pouvoirs, justement du Conseil Consulaire, doivent être élargis à l’occasion du renouvellement des élus. Et le doute plane encore sur celui-ci. Pensez-vous que les élections des Conseillers des Français de l’Étranger auront bien lieu en Mai 2021 ? Est-ce que la solution du vote par correspondance, en complément du vote électronique et du vote à l’urne est une bonne option ?

    Ronan Le Gleut : Personne ne peut prédire, en décembre 2020, où en sera la pandémie en mai 2021. Certains pays connaitront-ils une troisième vague ? Le 13 novembre 2020, Jean-Louis Debré, missionné par le Premier ministre, a proposé le report des élections départementales et régionales de mars 2021 à juin 2021. Enfin, l’espoir repose sur la vaccination qui va prendre de l’ampleur tout au long de l’année 2021.

    Concernant les moyens de voter, je considère que le vote à l’urne est indispensable, mais auquel on ajoute, pour les Français de l’étranger, non seulement le vote électronique, mais aussi le vote par correspondance, comme je m’y suis engagé dans un amendement adopté en juin. J’ai rencontré des Français de l’étranger qui prenaient l’avion pour voter à la présidentielle dans leur consulat ou leur ambassade. Un tel civisme est exemplaire.

    Lesfrancais.press : Vous avez travaillé aussi sur la diplomatie culturelle. Un pan de notre héritage diplomatique qui est aujourd’hui en danger ! Quel bilan pour l’éducation, les Alliances Françaises et autres instituts ? Les annonces de fermeture se succèdent, comment arrêter l’hémorragie et relancer le « Soft Power » à la française ?

    Ronan Le Gleut : Les fonds de réserve des Alliances françaises et des Instituts français ont été durement entamés cette année. La règle prudentielle des 60 jours est fragilisée. C’est pourquoi 2021 est l’année de tous les dangers pour nos réseaux de diplomatie culturelle. C’est l’une des trois priorités que nous avons défendu, avec mon collégue co-rapporteur, André Vallini, devant le ministre de l’Europe et des affaires étrangères. Notre rapport sur la diplomatie culturelle et d’influence, le Programme 185, est publié sur le site du Sénat et revient en détail sur cette priorité, ainsi que les deux autres qui sont de mieux sécuriser les établissements scolaires français à l’étranger face à la montée des mouvements anti-français et du terrorisme et le nécessaire déblocage de la garantie de l’Etat pour leurs projets immobiliers.

    Lesfrancais.press : M. Le sénateur nous vous remercions pour votre temps et vos réponses.

    LIRE LA TRIBUNE DES SENATEURS

    REGARDEZ LA VIDEO DE SON INTERVENTION AU SENAT 

  • Vaccins Covid-19 : Qui va vacciner les expatriés ?

    Vaccins Covid-19 : Qui va vacciner les expatriés ?

    Royaume-uni, USA, Belgique, Russie, Chine, France, tous les pays du monde annoncent leurs calendriers pour leur campagne d’injection des vaccins Covid-19.

    Le Royaume-Uni est le premier pays au monde à autoriser le vaccin contre le Covid-19 de l’allemand BioNTech et du géant américain Pfizer, qui sera disponible dans le pays dès « la semaine prochaine », a annoncé le gouvernement britannique mercredi 2 décembre 2020.

    Quid des expatriés ? Il faut distinguer deux types de Français de l’étranger. Ceux qui résident légalement dans un pays ou les autres (et cela concerne beaucoup plus de nos compatriotes qu’on l’imagine)

    Les résidents légaux dans un pays seront vaccinés par les autorités locales

    Les Français qui se sont installés légalement et de manière pérenne sont des résidents assimilés aux nationaux du pays d’accueil. C’est à dire que vous disposez, si vous êtes dans cette situation, des mêmes devoirs mais aussi droits que les personnes disposant de la citoyenneté du pays.

    Concrètement, vous allez devoir suivre la réglementation et les dispositions prises par votre pays de résidence. Si l’Etat concerné décrète l’obligation de vaccination, vous devrez vous y plier. Si au contraire l’Etat local n’organise aucune campagne, vous devrez si vous le désirez entreprendre des démarches privées pour accéder au vaccin (et uniquement celui ou ceux qui auront été autorisés par les autorités sanitaires locales).

    Si vous êtes résident légal, la situation est assez simple. Il vous faudra suivre les recommandations locales et les dispositions mises en place. Pour être éligible, vérifiez bien que vous disposez toujours du droit de séjour, que vous avez renouvelé les documents si nécessaires, que vous êtes à jour de vos cotisation sociales (ou de vos mensualités d’assurances dans le cadre d’un système géré par le secteur privé) et en règle avec les impôts. Et on le sait, ce n’est pas toujours le cas.

    Les expatriés non déclarés

    Aux USA, dans les pays du Maghreb, mais aussi au sein de l’Union européenne, nos compatriotes ne sont pas forcément en règle.
    Que ce soit par difficulté d’obtenir un visa long séjour (USA), la peur de perdre son assurance santé (les retraités au Maghreb) ou tout simplement que la déclaration ne soit pas réellement obligatoire comme dans l’espace Shengen, les situations complexes ne manquent pas.

    Si vous êtes dans ce cas, la vaccination va être plus compliquée. Pourquoi ? Car vous n’êtes pas connu par les services sanitaires locales, ils ne peuvent donc prévoir de vous vacciner. Aussi, vous ne disposez pas de droits sociaux. Enfin, les vaccins étant limités, au moins au cours du premier semestre 2021, la priorité sera donné aux nationaux et aux résidents légaux, vous aurez donc du mal à vous en procurer.

    Que faire ? Le plus évident, c’est de se mettre en règle avec le pays où vous habitez. Pour ceux qui résident au sein de l’Union européenne, l’opération sera rapide et simple. Pour les autres, c’est au cas par cas.

    A ce jour, les services de presse de Matignon (résidence du Premier Ministre français) indiquent qu’aucune campagne ne sera réalisé dans les postes consulaires ou via les associations sociales reconnues par le Quai d’Orsay. Si aucune solution n’est possible sur place, il reste le retour en France.

    En France, la sécu pour tous et immédiatement

    Jusqu’au premier avril 2021, tout citoyen français sans activité professionnelle, a le droit à la Sécurité sociale de base sans aucune condition. Alors qu’en temps normal, il faut 3 mois de présence en France sans activité pour obtenir les droits sociaux au titre de la solidarité nationale. C’est donc désormais dès votre arrivée que vous retrouverez la couverture sociale française.

    Concrètement, vous pourrez donc accéder à la campagne de vaccination française dès votre retour. Il faudra bien sur suivre le calendrier mis en place par le gouvernement et qui comportera des phases avec des publics prioritaires.

    Mais pour cela, il faut arriver à revenir en France

    Les compagnies aériennes et la vaccination

    La compagnie aérienne australienne Qantas l’a annoncé le 23 novembre sur la chaîne Channel Nine : seuls les passagers vaccinés pourront voyager à bord des vols internationaux, comme le rapporte BFMTV. « Pour les voyageurs internationaux arrivant en Australie et pour les gens qui quittent le pays, nous pensons que c’est une nécessité », a estimé Alan Joyce, son directeur général. 

    Si certaines compagnies pourraient suivre Qantas, d’autres ont déjà annoncé leur opposition. Le Financial Times révèle qu’EasyJet n’imposera pas la vaccination sur ses vols, tout comme Japan Airlines. 

    « Je doute que cela soit applicable au court-courrier » a de son côté évalué le directeur général de la compagnie low coast Ryanair, Michael O’Leary, auprès de Reuters, relaie Le Figaro.

    Contactée par Le Figaro, Air France a précisé qu’il n’est « pas possible de déterminer les conditions précises qui encadreront le transport des clients une fois le vaccin disponible ».

    Pour l’instant, aucune décision collective a été prise par les compagnies aériennes, cependant il ne faut pas douter qu’elles feront le nécéssaire pour ne plus connaître le trou d’air qu’elles traversent en ce moment.

    Dans tous les cas, informez vous, prévoyez, anticipez.. La non-vaccination peut être un vrai problème à court terme pour rester dans le pays d’expatriation ou pour voyager.

  • Des milliers de ressortissants européens au Royaume-Uni risquent l’expulsion à la suite du Brexit

    Des milliers de ressortissants européens au Royaume-Uni risquent l’expulsion à la suite du Brexit

    Des milliers d’Européens au Royaume-Uni risquent de ne pas respecter la date butoir pour demander le statut de résident permanent en Grande-Bretagne, parce qu’ils ignorent les détails du mécanisme ou n’ont pas les compétences numériques suffisantes pour remplir le document.

    Juin 2021 : la date limite

    Après juin 2021, les ressortissants européens vivant au Royaume-Uni seront juridiquement contraints de prouver le statut de résident permanent, un statut octroyé à qui le demande dans le cadre du dispositif créé à cet effet en 2019 par le gouvernement britannique.

    Toutefois, les étapes à suivre afin de remplir le formulaire ne se font que sur écran. Les autorités prévoient de fournir un code numérique aux citoyens du bloc dans le seul but de prouver que leur statut est conforme à la réglementation post-Brexit.

    Un rapport publié par le groupe d’action New Europeans, fondé sur les réponses d’un sondage réalisé en anglais, italien, roumain et polonais auprès de 260 individus, révèle que 38 % d’entre eux ont dû accéder à des informations dans une autre langue pour faire leur demande et comprendre leur statut.

    « La majorité des participants savaient que le système existait, mais pas dans les détails »

    peut-on lire dans le document.

    De plus, New Europeans note que la date butoir de juin 2021 n’a pas été prolongée, malgré les répercussions diverses du nouveau coronavirus sur les services consultatifs prévus pour répondre aux interrogations des personnes concernées.

    Pas de preuve physique de son droit de séjourner au Royaume-Uni

    D’après le document, des formulaires papier devraient être introduits pour « garantir que tout le monde puisse accéder à la procédure ». En outre, un dossier physique attestant du statut garantirait que les détenteurs du pré-statut de résident permanent ne manquent pas l’échéance – et ne deviennent pas ainsi détenteurs du statut de résident permanent.

    Un rapport publié par le groupe militant the3million plus tôt cette année a révélé que 89 % des citoyens européens en Grande-Bretagne étaient mécontents du manque de document papier afin de prouver leur statut.

    Les députés britanniques dans la Chambre des communes, où le gouvernement conservateur détient la majorité avec 80 sièges, ont rejeté l’amendement de la loi sur l’immigration qui donnerait aux ressortissants du bloc une preuve physique de leur nouveau statut d’immigration.

    Malgré tout, deux commissions parlementaires ont averti que sans documentation physique, le dispositif d’obtention du statut de résident permanent « présentait des points communs » avec le scandale Windrush de 2018, lors duquel des dizaines de Britanniques ont été expulsés à tort du pays par le ministère de l’Intérieur.

    Un statut numérique ?

    Pour ce dernier toutefois, « la mise en œuvre d’un statut numérique constitue un progrès dans la lutte contre ceux qui cherchent à prendre le contrôle sur d’autres ».

    Cependant, l’étude a dévoilé que le mécanisme risquait de « créer des situations de dépendance », étant donné que la plupart des citoyens européens en Grande-Bretagne sont des personnes âgées ou appartiennent à des groupes plus vulnérables, qui ne disposent pas des compétences numériques requises pour remplir le formulaire.

    Le mécanisme a déjà reçu plus de 4,2 millions de demandes, dont 55 % ont reçu le statut de résident permanent et 42 % ont reçu le pré-statut de résident permanent.

    Par ailleurs, le 10, Downing Street avance que le dispositif en place pour les ressortissants européens est plus généreux que celui proposé aux citoyens britanniques demeurant au sein du bloc.

    Ainsi, grâce au schéma britannique, les familles européennes habitant au Royaume-Uni peuvent formuler une demande de résident permanent ou de pré-statut de résident permanent, ce qui leur permet de rester résidents en Grande-Bretagne et de garder leurs droits au-delà du 30 juin 2021.

    Toutefois, le manque de clarté persiste sur le nombre précis de ressortissants du bloc de l’autre côté de la Manche. En effet, la quantité de demandes pour le statut de résident dépasse les chiffres de l’étude d’incidence réalisée par le ministère de l’Intérieur en mars 2019, qui portait le nombre de résidents entre 3,5 millions et 4,1 millions.

    Dans sa réponse à l’intention des législateurs britanniques, le ministère a indiqué que « peu de demandeurs ont été confrontés à des problèmes dans les démarches à suivre [et] nous sommes satisfaits des efforts déployés pour les résoudre ».

    Un article de notre partenaire

  • Pour l’Europe, la justice française n’est pas au niveau

    Pour l’Europe, la justice française n’est pas au niveau

    La CEPEJ, Commission européenne pour l’efficacité de la Justice, qui est une Commission du Conseil de l’Europe chargée d’évaluer et de comparer les systèmes judiciaires de la grande Europe (47 pays dont la Russie, la Turquie, l’Azerbaïdjan etc…) a rendu son rapport annuel, et la France y conserve une mauvaise place. Chaque année, le nombre de cas en attente d’un jugement après deux ans augmente. 1,3 million en 2010, 1,6 aujourd’hui. Et la crise du coronavirus ne va rien arranger.

    La France dépense beaucoup moins que ses voisins pour la justice 

    Normal, la France est un des Etats qui dépense le moins pour sa Justice. Le budget représente 0.2% du PIB, soit 69.5€ par an et par habitant. La moyenne européenne des pays du Conseil de l’Europe, y compris la Russie, la Turquie ou la Moldavie, est de 71,5€. Pour les pays ayant un PIB équivalent à celui de la France, elle est de 84€ ! 

    La comparaison avec nos voisins est cruelle : en Espagne, 92.6€, en Belgique, 83,7€ ; Italie, 83,2€. En Allemagne, 131,20€, presque le double. On y attend, en moyenne, 220 jours pour un jugement en première instance (civil et commercial). En France, 420 jours, et 285 pour un jugement au Tribunal administratif qui a investi dans les nouvelles technologies pour faciliter les procédures. 

    La France se défend en faisant valoir que si le budget de la justice est faible, l’accès à la justice est gratuit, alors que dans la plupart des pays européens l’accès aux tribunaux suppose de payer une taxe. C’est oublier que la justice demande des cautions, qui ne sont recouvrables qu’après jugement. 

    420 jours d’attente, en moyenne, en première instance 

    La France a moins de juges, greffiers, magistrats que ses voisins. 10 juges pour 100.000 habitants en France, quand la moyenne dans la grande Europe est de 17. Un écart monumental. Et les juges français sont moins bien payés que leurs homologues. Une profession, en somme, dévaluée.

    Cette année, le ministre de la justice se réjouit d’un rattrapage historique : le budget de son ministère augmentera de 8%. Mais cela ne changera rien aux prochains rapports de la CEPJ. Ces 8% concernent surtout l’administration pénitentiaire, c’est-à-dire le budget des prisons, qui, il est vrai, en a bien besoin.  La surpopulation carcérale a déjà fait l’objet de plusieurs condamnations de la part du Conseil de l’Europe, elle conduit en outre à mener une politique pénale en fonction de la place dans les prisons. 8000 condamnés ont d’ailleurs été libérés pendant le confinement, tant les conditions y étaient impossibles et risquaient de provoquer des mutineries et des foyers épidémiques. 

    Actuellement, le ministère demande aux Tribunaux de mener une « opération de déstockage » en prévision de la réforme du code de la justice pénale pour les mineurs délinquants. L’objectif serait de réduire d’un tiers le nombre des affaires dans les grandes juridictions.

    Condamnations par la Cour européenne des Droits de l’homme pour lenteur excessive 

    Les moyens mis à la disposition de la justice ne lui permettront pas de faire face à son retard. La durée des procédures s’allongera encore. A noter que 90% des condamnations de la France à la Cour Européenne des Droits de l’homme ont pour motif la durée excessive des procédures.

  • Pour un Bretton Woods du digital

    Pour un Bretton Woods du digital

    La suprématie américaine est militaire et technologique, les deux étant liés. Depuis des décennies, les universités, les centres de recherche, les multinationales mais aussi l’esprit d’entreprise ont permis à ce pays de disposer d’un avantage comparatif indéniable dans de nombreux secteurs de pointe. Ses drones, ses satellites et sa maîtrise des techniques d’information et de communication donnent à ses forces armées des capacités d’action qu’aucun autre pays ne dispose. 

    Les puissances occidentales sont dépendantes des Américains au niveau de la logistique qui, par exemple, contrôlent les routes sous-marines. Quatre entreprises américaines du secteur de l’information et de la télécommunication ont un capitalisation boursière supérieure à 1000 milliards de dollars. Tesla est devenue la première capitalisation dans le secteur de l’automobile. 

    Les Etats-Unis sous le coup de la menace chinoise 

    Dans les années 1980, le Japon avait réussi à légèrement ébrécher la suprématie américaine au niveau de l’électronique grand public et de l’automobile. Cette menace avait entraîné une vague de protectionnisme. L’idée alors avancée était que le Japon pourrait devenir la première puissance mondiale à l’orée du 21e siècle. Trente ans plus tard, cette menace n’est plus d’actualité. Le Japon qui doit faire face à un déclin rapide de sa population a raté le passage à la société immatérielle. Son caractère profondément insulaire en a été peut-être la raison. 

    Le dynamisme japonais a cédé la place à celui de la Corée du Sud et surtout à la celui de la Chine. En quarante ans, la Chine a construit la première industrie du monde et a fortement investi dans les secteurs de pointe ainsi que dans le militaire. En matière de haute technologie, les autorités chinoises ont engagé un vaste programme de formation de chercheurs dont un nombre non négligeable sont passés par les universités américaines. Elles peuvent compter sur le poids démographique du pays, ce qui permet de collecter un nombre important de données qui constituent la matière première des entreprises du digital.

    Intelligence artificielle et numérique

    Les Chinois utilisent le numérique plus massivement que les occidentaux. Les paiements sont réalisés en ligne sans recours à de l’argent liquide, des cartes ou à des chéquiers. La dématérialisation des actes administratifs est plus avancée dans les grandes villes chinoises qu’en Europe ou aux Etats-Unis. Le pays compte plusieurs grandes entreprises dans le secteur de l’intelligence artificielle comme Alibaba, Huawei ou Tencent qui concurrencent de plus en plus les sociétés américaines. Elles investissent des milliards de dollars dans les technologies émergentes de l’intelligence artificielle et de la fabrication de puces. Elles sont en avance en ce qui concerne l’informatique quantique et la 5G. 

    L’administration chinoise est de plus en plus présente dans les instances internationales afin d’imposer sa conception et ses normes. Le financement d’infrastructures à l’étranger se multiplie afin d’élargir la sphère d’influence du pays et de sécuriser les échanges. Les autorités américaines estiment de plus en plus que la montée en puissance de la Chine menace leur suprématie. 

    Les deux empires bifurquent

    Par ailleurs, le risque de dépendance vis-à-vis des technologies chinoises est pris en compte. Le conflit avec Huawei au sujet du déploiement des antennes pour la 5G en a été un des signes. 

    De nombreux fabricants d’électronique et d’informatique ont déjà déplacé une partie de leur production hors de Chine. A la demande des autorités, des chaînes d’approvisionnement ne comportant pas d’acteurs chinois ont été créées. Les fabricants sous contrat d’Apple, ont par exemple, installé  des usines en Inde. La Chine fait de même en souhaitant se dégager de sa dépendance en matière de microprocesseurs. Les deux empires qui de 1978 à 2008 ont entremêlé une partie de leur production, bifurquent. 

    Le reste du monde écartelé entre les Etats-Unis et la Chine 

    Le reste du monde, c’est-à-dire 6 milliards d’habitants, est impliqué indirectement dans cette bataille technologique. Que ce soit l’Europe, l’Amérique Latine, l’Inde ou le Japon, pour des raisons culturelles, la proximité avec les Etats-Unis est manifeste même si le « hard Power » de ces dernières années est de plus en plus mal supporté. 

    Le département américain du commerce surveille le respect des embargos par les entreprises étrangères avec des risques de sanction en cas de manquement. 

    Le manque de coopération et de concertation entre les Etats démocratique est patent sur le terrain technologique. Les Etats-Unis se sont retirés des négociations engagées au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) concernant les règles de taxation des GAFAM. 

    Réaction et retard de l’Europe 

    L’Europe a également pris des mesures protectionnistes concernant les données. Google fait face à plusieurs procédures pour atteinte au droit de la concurrence au sein de l’Union européenne. Les Etats européens entendent également de créer un « cloud » indépendant de celui des Etats-Unis au nom de la souveraineté numérique. Gaia-x est une fédération de cloud, lancée par l’Allemagne et la France en juin dernier, dont les membres acceptent certaines règles, comme permettre aux clients de choisir où leurs données sont stockées. 

    La Commission de Bruxelles défend l’idée d’un droit européen des données. Le problème majeur pour l’Europe est la faiblesse de ses entreprises digitales. 

    La capitalisation boursière des entreprises numériques américaines dépasse 1000 milliards de dollars, celle des entreprises chinoises 3000 milliards de dollars, quand celle de l’Europe atteint péniblement quelques milliards de dollars. Le moteur de recherche français Qwant a un chiffre d’affaires de moins de 6 millions d’euros quand Google dépasse 160 milliards de dollars. 

    Le retard pris par l’Europe est jugé tel qu’elle ne peut guère espérer développer, en quelques années, un secteur de haute technologie pouvant concurrencer les Etats-Unis ou la Chine. Elle est contrainte de mener des partenariats avec des entreprises de ces deux zones économiques.

    Une Alliance technologique 

    Elle pourrait avoir intérêt à négocier un « espace commercial numérique» avec les Etats-Unis, ce qui suppose la résolution des conflits entre les parties prenantes. Cet espace pourrait également s’ouvrir à d’autres pays partageant les mêmes valeurs comme le Japon ou la Corée du Sud. L’idée serait de construite une sorte de fédération du numérique dans laquelle la circulation des données serait soumise à des règles communes. A défaut d’une fédération du numérique, des experts propose une « alliance technologique » non soumise à un traité formel. 

    Si sous la présidence de Donald Trump, toute avancée en matière de coopération digitale semblait impossible, l’élection de Joe Biden pourrait changer la donne. L’épidémie a souligné la dépendance des Etats vis-à-vis des nouvelles technologies, ce qui pourrait les conduire à établir des législations communes sur ce sujet. 

    Les flux d’information jouent le même rôle qu’au 19e siècle la marine commerciale ou militaire. Le contrôle des routes maritimes était alors un gage de puissance. La guerre de 1914/1918 trouve en partie son origine dans la concurrence que se menait l’Allemagne et l’Angleterre. Depuis une dizaine d’années, le numérique est devenu un enjeu géopolitique majeur.

    La technosphère est néanmoins très différente de l’univers maritime du siècle dernier. Les entreprises du net ont des territoires qui dépassent les frontières physiques des Etats, elles ont leurs propres règles. 

    La «technosphère », un nouveau continent ou un nouvel empire ? 

    Les Etats deviennent de gigantesques plateformes sur lesquelles s’échangent des biens, des services, des capitaux. Face à cette digitalisation accélérée des activités, certains imaginent l’instauration de frontières virtuelles mais bien réelles, telles qu’elles peuvent exister en Chine, en Corée du Nord ou en Iran. 

    Sans atteindre ces extrémités, la possibilité d’assurer des contrôles nationaux est parfois souhaitée. La lutte contre les trafics en tout genre ou le terrorisme incite à une surveillance accrue des réseaux. L’ère de liberté totale, sur ces réseaux touche certainement à la fin en raison de la multiplication des débordements de violence verbale et non verbale. Une telle évolution avait déjà eu lieu dans le passé avec les autres supports de communication, presse écrite, radio et télévision. 

    L’encadrement du droit d’expression a toujours existé. Avec Internet, le fait pour quiconque d’être un producteur d’information en temps réel pour un coût nul ou modique, a changé la dimension de la communication et a rendu obsolète les cadres anciens reposant sur l’agrément, l’autocontrôle par la profession voire la censure… 

    Les entreprises du numériques n’obéissent pas toutes aux mêmes règles. Certaines privilégient des structures ouvertes comme Linux, d’autres sont jalouses de leurs technologies comme Apple. Un grand nombre mélangent des aspects ouverts et fermés. Leurs positions dominantes dans ce monde de plateformes donnent à des entreprises comme Facebook et Google des pouvoirs approchant ou surpassant ceux de nombreux pays. 

    Au niveau des nations, certaines comme les Etats-Unis associent monopoles, concurrence, liberté de création, pouvoirs de régulation élevés; d’autres comme la Chine reposent sur des systèmes plutôt fermés et contrôlés. L’Union européenne a été considérée comme un système open source sur le modèle Linux. L’Inde, le Japon, Taïwan et la Corée du Sud fonctionnent selon des règles qui leur sont propres en acceptant liberté et auto-contrôle.

    Contrôle des flux numériques

    La montée en puissance parallèle du « cloud computing » et de l’intelligence artificielle a accru la valeur des collecteurs de données. Les secteurs du transport, des soins de santé, de l’enseignement, de la défense sont devenus des enjeux majeurs pour les entreprises digitales.

    Le contrôle des flux numériques permet la constitution de rente. L’intelligence artificielle sera au cœur des activités des dix prochaines décennies. Que ce soit au niveau de la gestion de l’énergie qui sera de plus en plus décentralisée, des futures flottes automobiles autonomes ou de la santé, le contrôle des données sera une question stratégique bien plus importante que celle de la production des masques pour la lutte contre la covid-19. 

    La guerre des données a déjà commencé dans l’ombre avec des attaques cybernétiques engagées par certains Etats vis-à-vis d’autres. La diffusion de fausses données ou informations est devenue monnaie courante de la part d’officines d’espionnage privées ou publiques. 

    Si des frontières s’installaient sur la toile pour éviter les problèmes d’ingérence, de souveraineté, les perdants seraient les petits pays et ceux qui ne seraient pas structurés au niveau du numérique. Les Etats-Unis et la Chine ont une masse critique suffisante pour développer leurs outils numériques. En revanche, les pays à faible population et pauvres en développement sont dépendants sur le plan technologique mais aussi des données extérieures. 

    Les Etats-Unis doivent récuser l’isolationnisme et l’Europe le protectionnisme 

    Les Etats-Unis comme l’Europe ont tout intérêt à promouvoir un système ouvert respectueux des libertés afin d’attirer un grand nombre de pays. Pour cela les Etats-Unis devront accepter de partager leur pouvoir dans le domaine du numérique. Aujourd’hui, ce partage ne va pas de soi car ce pays dispose d’une large avance technologique et a la possibilité d’étrangler ses ennemis et de faire pression sur ses amis grâce au contrôle de point névralgique dans la technosphère. 

    L’Europe n’est pas sans influence sur les débats américains. Ainsi, un récent rapport du Congrès sur la manière de limiter le pouvoir des grandes technologies incluait de nombreuses idées défendues par la Commission de Bruxelles, telles que l’interdiction aux entreprises de la technologie de favoriser leurs propres services et de refuser de se connecter à des services concurrents. Les positions sur la régulation de la parole en ligne ne sont pas non plus si éloignées de part et d’autre de l’Atlantique. Comme en Europe, les autorités américaines sont favorables à une législation afin de concilier liberté d’expression et respect des droits de l’Homme. Par ailleurs, l’administration Biden sera probablement plus ouverte à l’argument selon lequel une plus grande partie des taxes sur les entreprises numériques devrait aller là où vivent leurs clients. 

    Le Japon souhaite également une meilleure régulation des flux de données. Il a proposé une initiative dans ce sens en en 2019, lors du G7. L’OCDE et le Forum sur la gouvernance de l’Internet ont également pris des initiatives sur ce sujet afin d’établir des règles communes aux Etats membres. L’OTAN a commencé à faire de même pour l’Intelligence Artificielle et le partage de données. 

    Le problème pour les Etats-Unis est d’admettre un partage du renseignement quand, aujourd’hui, ils ont la possibilité d’espionner leurs alliés en temps réel. Il est fort probable que l’administration Biden ne soit pas plus favorable que celle de Trump à aborder les questions du digital à l’OMC. Elle privilégiera des partenariats négociés gré à gré. 

    La France fait cavalier seul 

    Avec la taxe GAFA, la France défend l’idée que les entreprises du numérique doivent acquitter les impôts sur les activités réalisées dans chaque pays, remettant en cause le principe de consolidation des résultats à l’échelle mondiale. 

    Après avoir tenté d’imposer sa conception de taxation au sein de l’OCDE et de l’Union européenne, la France a décidé de réinstituer pour 2020 sa taxe de 3 % sur le chiffre d’affaires. numérique pour les entreprises, dont les ventes mondiales sur le Web sont supérieures à 750 millions d’euros et à 25 millions dans l’Hexagone. Les activités concernées sont la publicité en ligne, l’utilisation des données personnelles et les ventes réalisées sur les places de marché. En 2019, avant d’être suspendue, cette taxe avait rapporté 350 millions d’euros. Dans le cadre de la discussion du projet de loi de finances pour 2021, les parlementaires ont demandé au Gouvernement de mettre en place une taxe exceptionnelle ciblant les grands acteurs de la vente en ligne au nom de leur participation « à l’effort de solidarité face à l’épidémie ». A cet effet, le Sénat a adopté un amendement créant une nouvelle taxe de 1 % sur le e-commerce en ne visant que les grandes entreprises. 

    Le Gouvernement n’y est pas favorable. Ces taxes sont de nature protectionniste en visant avant tout les entreprises américaines du numérique. Elles exposent la France à un risque de rétorsion de la part des Etats-Unis, quelle que soit l’administration au pouvoir. Elles peuvent avoir des effets sur les implantations de ces entreprises qui pourraient préférer la Belgique, le Luxembourg ou les Pays-Bas. Les plateformes seront également incitées à faire payer la taxe aux consommateurs finaux.

    Dans l’espoir d’un Bretton Woods digital 

    Le Ministre de l’Economie français souhaite activement éviter une guerre commerciale avec les Etats-Unis en pleine crise sanitaire. Le manque de consensus européen fragilise la France qui est, pour le moment, assez isolée. L’Allemagne dont les exportations vers les Etats-Unis sont cruciales joue la prudence. Il y a évidemment l’espoir que les Etats-Unis décident, avec l’ensemble de ses alliés, de s’engager dans un Bretton Wood du numérique. En juillet 1944, des représentants de 44 pays se sont réunis à Bretton Woods dans le New Hampshire, pour élaborer un nouvel ordre financier et créer le FMI et la Banque mondiale. Pour le moment, la concrétisation de cet espoir apparait bien faible même si la crise sanitaire permet de bouger quelques lignes.

  • Retour sur les aides pour les expatriés avec le président du groupe Français du Monde à l’AFE.

    Retour sur les aides pour les expatriés avec le président du groupe Français du Monde à l’AFE.

    Mehdi Benlahcen, est enseignant de profession. Il vit depuis 2008 à Lisbonne où il est professeur au Lycée français Charles Lepierre. Devenu membre de le l’association Français du Monde, il se présente aux élections locales de 2014. Une fois, élu consulaire, il concourra pour siéger à l’assemblée des Français de l’étranger (AFE). Encore une fois élu, il tente la présidence du groupe de gauche « Français du monde, Écologie et Solidarité » à l’Assemblée des Français de l’Étranger, qu’il obtient.

    Les aides sociales pour les expatriés, une mystification ?

    Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’état aux Français de l’étranger, annonça en mars 2018 la création du « STAFE » soutien au tissu associatif des Francais à l’étranger d’un budget de 2 millions (soit 1/3 de moins que la réserve). Ce dispositif venait remplacer la « réserve parlementaire » que le Président de la République voulait voir disparaitre dans le cadre de la moralisation de la vie politique.

    En avril 2020, le gouvernement a annoncé la création d’un fonds doté de 50 millions d’euros à destination spécifique des Français expatriés dans le cadre de la pandémie. Face à l’ampleur de l’enveloppe budgétaire, le gouvernement avait décidé de transférer les fonds prévus pour le fameux « STAFE », à destination des associations culturelles, vers ce nouveau budget.

    Cependant, la complexité des dossiers, le peu d’information des consulats comme des élus, ont empêché un bon déploiement des aides. En octobre, moins de 1,5 millions d’euros avaient été dépensés.

    Un STAFE 2020 en catimini

    Lors de la loi corrective du budget 2020, face à cet échec, les députés ont donc réactivé le dispositif STAFE à destination de toutes les associations.

    Elles avaient une poignée de jours pour monter leurs dossiers… si elles étaient au courant. Conclusion, encore peu de demandes, alors que les besoins sont importants.

    L’invité de notre podcast vidéo, Mehdi Benlahcen, a réussi, lui, à débloquer 30 000 euros pour équiper les élèves boursiers, au Portugal, en tablettes et autres afin de se prémunir des difficultés rencontrées ce printemps lors de la mise en place de l’école à la maison via internet.

    Mais ce ne fut pas le cas partout, certains élus ont préféré abandonner les fonds par crainte d’offrir une fenêtre électorale, aux associations porteuse de projets, à quelques mois des élections consulaires de mai 2021….

    Regardez le podcast video avec Mehdi Benlahcen

    Une interview de 10 minutes
  • Quand Lemoyne fait campagne pour les candidats LREM

    Quand Lemoyne fait campagne pour les candidats LREM

    Le Secrétaire d’Etat aux Français hors de France, Jean-Baptiste Lemoyne avait lancé les permanences ministérielles en 2019. L’objectif : aller à la rencontre des expatriés avec des rencontres individuelles au sein des consulats lors des déplacements du Ministre.

    Des rencontres virtuelles pour palier aux conséquences de la Pandémie

    2020, ce nouveau format s’arrête de fait. Les fermetures des frontières, les interdictions de se rassembler, les normes de distance physique ont empêché Jean-Baptiste Lemoyne de continuer son itinérance.

    Et c’est dommage ! On avait interviewé des Français qui étaient allés à sa rencontrer lors d’une de ses fameuses permanences à Bruxelles, nos compatriotes avaient été enthousiasmés de ce contact direct avec le Secrétaire d’Etat aux Français hors de France.

    L’équipe de Jean-Baptiste Lemoyne n’avait pas dit son dernier mot. Ils ont inventé, le webinaire ministériel : des rencontres virtuelles pour palier aux conséquences de la Covid-19 ! La première a eu lieu, avec les Français du Canada, ce lundi 30 novembre.

    LREM détourne le réseau diplomatique ?

    Relayée par les Consulats et par tous les élus consulaires (de droite comme de gauche), cette réunion publique prévue avec Jean-Baptiste Lemoyne, un journaliste et les Français du Canada, a tourné au meeting de campagne.

    En effet, à la surprise générale, le député des Français d’Amérique du Nord, Roland Lescure, membre du parti présidentiel (LREM), s’est joint à la réunion. Il a pu, ainsi, introduire ses poulains pour les élections consulaires à Montréal et à Toronto.

    Loin des sujets du quotidien des expatriés, ils ont évoqué le TIPP, les liens entre la France et le Canada.. Mais on a peu entendu parler des aides sociales qui ont du mal à atteindre les Français qui en ont besoin. On oublia la réforme fiscale comme la problématique de la CSG qui frappe encore les Français hors de l’Union européenne. Il y eu, cependant, quelques mots pour les étudiants qui avaient du mal à rejoindre leurs universités du fait de la Covid-19

    Se sentant bernés, les élus consulaires, qui avaient participé à la promotion de l’évènement, ont réagit vivement. Il faut savoir que quelques minutes avant la session publique, Jean-Baptiste Lemoyne avait tenu une réunion à huit clos avec les élus… Pas un mot sur le programme qui allait suivre.

    Et c’est donc par une lettre, rendue publique, au Secrétaire d’Etat, que 6 élus de Toronto et du Quebec s’interrogent sur des « pratiques de détournement de nos instances diplomatiques à des fins partisanes ». Ils soulignent et non sans raison que l’argent publique ne peut être utilisé pour faciliter l’élection de candidats du parti au pouvoir.

    Espérons que la leçon sera retenue et que les prochaines éditions apporteront des réponses aux problématiques concrètes des expatriés. Et elles sont nombreuses en ce moment.

    TELECHARGEZ LA LETTRE DES ELUS CONSULAIRES A JEAN-BAPTISTE LEMOYNE

  • Les Gauches unies appellent à manifester samedi 5/12

    Les Gauches unies appellent à manifester samedi 5/12

    L’article objet de toutes les critiques, le 24ème de la loi pour la sécurité globale, qui prévoit de pénaliser la diffusion malveillante d’images de forces de l’ordre, est pour l’heure neutralisé ! Cependant en France comme à l’étranger, les Gauches, regroupées dans un collectif, appellent de nouveau à manifester ce samedi 5 décembre 2020 ! Pourquoi ?

    Le collectif anticipe une probable réapparition des dispositions de l’article 24 dans l’article 25 de la loi sur le séparatisme, ainsi que les articles 21 et 22 « visant l’instauration d’outils de surveillance de masse ».

    Le retrait de toutes les dispositions

    « Tant qu’il n’y aura pas retrait réel des articles 21, 22, 24 de la proposition de loi sécurité globale et du schéma national du maintien de l’ordre, les actions se multiplieront »

    Le collectif dans sa déclaration commune du 01 décembre
    Manifestation contre la Loi Sécurité Globale le 28 novembre 2020 à Paris

    Si en France, la colère s’est déjà exprimée.. A l’étranger, les premiers mouvements spontanés devant les ambassades du samedi 28 novembre, vont laisser place à une vraie organisation. En effet, les instances des partis de Gauche en charge des Français hors de France, se sont aussi réunies. C’est ainsi qu’Europe Ecologie Les Verts, la France Insoumise, la Gauche Républicaine et Socialiste, Génération-s, Place Publique, le Parti Socialiste, invitent les expatriés à se réunir pour démontrer leur attachement à une France libérée de ses peurs sécuritaires.

    En effet pour eux, le gouvernement cherche à doter la Police et la Gendarmerie de moyens technologiques exceptionnels, comme la transmission en temps réel d’images des caméras individuelles des policiers aux salles de commandement, l’utilisation généralisée des drones – avec pas moins de neuf domaines d’application– couplées à la reconnaissance faciale, chaque individu pouvant être potentiellement pisté, traqué dans ses moindres mouvements. (lire le communiqué des sections en Belgique ICI)

    Une loi si problématique ?

    Les attentats, les dérives extrémistes sont pourtant des réalités pour nos compatriotes en France. Ils sont nombreux à penser que les forces de écurité française doivent basculer dans le XXIème siècle. Refuser les drones, les caméras, c’est oublier que les criminels comme les ennemis de la République utilisent déjà ces moyens.

    Cependant, en France, la Défenseuse des droits, des syndicats de journalistes et des dizaines de milliers de manifestants se sont opposés à la loi de « sécurité globale ». Mais aussi de nombreuses instances, organisations européennes et internationales se sont émues de ce projet de loi, dans ce pays qui fut autrefois qualifié de celui des Lumières. le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, le Commissariat aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Amnesty International, Human Right Watch, et même la Commission européenne ainsi que de nombreux grands journaux étrangers ont dénoncé ce qu’ils qualifient de dérive.

    Même si souvent, les Français pensent avoir raison seuls face à tous (et souvent à juste titre), cette levée de boucliers à travers le monde et au sein des villes et campagnes de France, forcent à se poser des questions sur le chemin pris la France.

    A quelques semaines des élections consulaires, ces manifestations seront aussi un bon test... Est ce que les militants de gauche sont toujours aussi nombreux et mobilisables ? Est ce que les expatriés ont repris un virage à droite après la victoire, surprise, des partis de gauche aux dernières élections locales de 2014 ? Réponse partielle samedi 05 décembre 2020.

  • La crise de la dette commencera dans le Sud

    La crise de la dette commencera dans le Sud

    Le 13 novembre, la Zambie est devenue le sixième gouvernement à faire défaut en 2020 après l’Argentine, le Belize, l’Équateur, le Liban et le Suriname. D’autres pays pourraient les imiter. Trente-huit pays sont menacés d’un défaut de paiement d’ici la fin de l’année soit deux fois le nombre constaté au mois d’octobre 2009 en pleine crise des subprimes.

    Le risque de défaut est d’autant plus élevé que le nombre d’acteurs intervenant sur la dette des Etats les plus pauvres est important. Les 73 pays les plus pauvres doivent près d’un cinquième de leur dette extérieure, une centaine de milliards de dollars, à des créanciers privés comme des banques, des compagnies d’assurances ou des fonds.

    la Chine a plus de 76 milliards de dollars de créances sur les pays pauvres 

    Au niveau des Etats prêteurs, la Chine arrive loin en tête avec plus de 76 milliards de dollars de créances sur les pays pauvres. Le solde est entre les mains des autres grands Etats et des prêteurs multilatéraux comme la Banque mondiale. 

    Avec un tel éclatement de la dette, il est difficile de conclure des accords équitables d’allégement. Toute débâcle de la dette oppose les intérêts des emprunteurs à ceux des prêteurs, mais oppose également les prêteurs les uns aux autres. 

    Dans le cas de la Zambie, les prêteurs chinois (qui ont accepté de différer certains paiements) et les détenteurs d’obligations privées (qui ne l’ont pas fait) se reprochent mutuellement l’impasse. Le problème se posait également au niveau des créances détenues par les Etats. 

    Le Fmi toujours pivot du système 

    En effet, jusqu’à maintenant, la Chine ne participe pas au Club de Paris qui réunit les créanciers publics afin de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de paiement de pays endettés. La Chine avait tendance à percevoir les intérêts et les remboursements d’emprunts des pays ayant fait l’objet d’un rééchelonnement dans le cadre du Club de Paris quand les Etats qui en sont membres acceptent des reports ou des annulations. 

    Dans le cadre du G20 qui s’est tenu en visioconférence, le sujet de la dette des pays pauvres a été abordée. Les Etats membres dont la Chine, l’Arabie saoudite et l’Afrique du Sud, ont signé un « cadre commun » permettant un traitement uniforme des dettes. Cet accord prévoit également d’associer les créanciers privés, qui ne participaient pas au moratoire, selon le principe de la « comparabilité de traitement ». Le débiteur se voyant offrir une restructuration de sa dette par un créancier public devra exiger le même traitement de tous ses créanciers.

    Le Fonds monétaire international (FMI) sera « le pivot » du système, les pays demandant à bénéficier d’une restructuration devront se soumettre à un programme macroéconomique visant à assurer la « soutenabilité » de leur dette.

    Les crises de la dette favorisent l’innovation financière

    Au-delà des plans du Club de Paris, les crises de la dette favorisent l’innovation tant sur le plan financier qu’au niveau institutionnel. La crise de la dette latino-américaine des années 1980, par exemple, n’a finalement été résolue que lorsque les prêts bancaires illiquides ont été transformés en obligations négociables dites « Brady », du nom de Nicholas Brady, alors secrétaire au Trésor américain. 

    La crise actuelle pourrait redonner du crédit aux obligations dont le remboursement varie en fonction du cours des matières premières ou de l’énergie. Les obligations pourraient être indexées au taux de croissance du PIB (le capital ou les intérêts ne pourraient être dus qu’à partir d’un certain taux de croissance). 

    La voie des « obligations flexibles » permettant à l’emprunteur d’allonger leur échéance (et de reporter les paiements d’intérêts) en échange d’intérêts supplémentaires. Des obligations similaires existent déjà sur les marchés de la dette d’entreprise, ce qui pourrait faciliter l’acceptation d’une version souveraine par les investisseurs.

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