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  • L’UE a besoin de relations ouvertes avec la Turquie, et non de « mauvais compromis » avec Recep Tayyip Erdogan

    L’UE a besoin de relations ouvertes avec la Turquie, et non de « mauvais compromis » avec Recep Tayyip Erdogan

    La chancelière allemande Angela Merkel souhaite maintenir le dialogue avec la Turquie, tandis que les forces de l’opposition privilégient une approche différente vis-à-vis de l’UE, a déclaré le député européen social-démocrate Udo Bullman dans un entretien avec Euractiv.

    Toutefois, a-t-il ajouté, l’UE devrait envoyer un message clair au président turc Recep Tayyip Erdogan lors du prochain sommet les 10 et 11 décembre.

    Le législateur européen allemand, également porte-parole du comité de direction des sociaux-démocrates allemands (SPD) pour les affaires européennes, a indiqué que l’Europe devait se rendre compte que l’opposition allemande souhaitait entretenir de bonnes relations avec le bloc.

    « Nous ne devons pas oublier que l’emprise de Recep Tayyip Erdogan s’amenuise […] Regardez les résultats des dernières élections municipales : le dirigeant turc craint de perdre sa mainmise sur les politiques internes et externes du pays »

    M. Bullman. Député européen social-démocrate

    Erdogan en échec en Turquie

    En mars, M. Erdogan a essuyé un échec cuisant tandis que son parti perdait le contrôle d’Ankara pour la première lors d’élections municipales.

    « Nous ne devrions pas percevoir la Turquie comme une autocratie monolithique. Il faut donc rester souple afin de ramener le pays dans le rang des nations pacifiques. Telle serait, en temps normal, la volonté d’Angela Merkel. Et personne ne peut lui en vouloir », a-t-il ajouté, soulignant tout de même qu’il ne fallait pas pour autant conclure de « mauvais compris » avec Recep Tayyip Erdogan.

    « S’il continue d’agir comme par le passé, il faut que le bloc formule précisément sa position », explique M. Bullman, avançant que l’attitude belliqueuse du dirigeant turc ne devait plus être tolérée.

    Lors du sommet européen organisé ces 10 et 11 décembre, les leaders du bloc devraient décider des prochaines étapes à suivre dans le cadre des relations UE-Turquie. Cette réunion constitue la date butoir de Bruxelles donnée à Ankara pour apaiser les tensions, faute de quoi des mesures contre la Turquie seront envisagées.

    Erdogan teste l’unité européen

    Une source proche du dossier révélée à Euractiv la semaine dernière que les critiques de M. Erdogan devraient s’atténuer « au premier signe d’unité européenne ».

    Toutefois, l’adoption d’une approche commune au sein du bloc semble semée d’embûches. Alors que la Grèce, la France et l’Autriche appellent aux sanctions, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne demeurent récalcitrantes.

    L’Allemagne, actuellement à la tête du Conseil de l’UE, s’est jusqu’à présent fermement opposée à toute mesure punitive.

    Dans un entretien avec Politico ce week-end, le ministre grec des Affaires étrangères Niko Dendias a exprimé de vives critiques contre Berlin, et ce pour avoir échoué à imposer un embargo sur la vente d’armes européennes à la Turquie.

    « Je ne parviens pas à comprendre pourquoi l’Allemagne s’oppose à faire usage de son énorme pouvoir économique afin de montrer aux pays qu’ils sont tenus de respecter le droit international »

    « Je saisis ses motifs d’ordre financier, mais je reste persuadé que l’Allemagne comprend également qu’il y a une immense contradiction dans le fait de fournir des armes à un pays menaçant la paix et la stabilité de deux États membres ».

    Ministre grec des Affaires étrangères Niko Dendias

    Du côté de Madrid et de Rome en particulier, les raisons ayant poussé à bloquer un embargo sur les armes ne sont pas une coïncidence.

    D’après les données officielles de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), ce sont les armuriers européens principaux d’Ankara. Ainsi, entre 2015 et 2019, 43 % des importations d’armes en Turquie provenaient d’Italie et d’Espagne.

    Chypre soutenue par l’UE

    Jeudi (26 novembre), le Parlement européen a fait monter la pression en adoptant une résolution non contraignante en soutien à Chypre, exhortant les leaders européens à « prendre des mesures et imposer des sanctions sévères » contre la Turquie.

    Le 15 novembre, Recep Tayyip Erdoğan a provoqué le mécontentement de Chypre, en visitant Varosha, une station balnéaire sur l’île clôturée et abandonnée dans la zone tampon depuis 1974.

    Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy, a condamné la résolution parlementaire, arguant que l’institution portait atteinte à Chypre et demeurait déconnectée des réalités du pays.

    Bien que les dirigeants européens possèdent le dernier mot à cet égard, beaucoup à Athènes craignent que l’Allemagne rebrousse chemin ou que les partisans de M. Erdogan – notamment Viktor Orban ou Boyko Borissov – jouent leurs cartes au dernier moment.

    Entre-temps, après près d’un mois et demi de recherches, le navire de recherche turc Oruc Reis est retourné le 30 novembre au port d’Antalya, au sud de la Turquie.

  • La Suisse hésite à laver plus blanc

    La Suisse hésite à laver plus blanc

    Les Suisses ont approuvé, les Cantons ont rejeté. Dans le cadre de leur système de démocratie directe, qui multiplie les « votations », les citoyens étaient appelés à se prononcer sur un texte de loi qui aurait obligé les entreprises suisses de s’assurer du respect des droits de l’homme et de l’environnement dans leurs activités à l’étranger, ainsi que de celles  de leurs fournisseurs et de leurs partenaires. En cas de manquement, les entreprises auraient du s’expliquer devant les tribunaux suisses. 

    Les Suisses ont voté, à une courte majorité, en faveur du texte : 50.7% des voix. Mais la majorité des Cantons, 14 sur 21, s’est prononcée contre. Les cantons alémaniques germanophones ont rejeté le texte, tandis que les cantons romands francophones l’ont approuvé. C’est seulement la deuxième fois dans l’histoire, depuis 1955, que la majorité des électeurs ne correspond pas à la majorité fédérale. Le texte est donc rejeté. 

    Développement humain et développement économique

    L’initiative pour des « multinationales responsables » avait été soutenue par 130 ONG, dont Greenpeace et Amnesty international. Le gouvernement suisse avait appelé au rejet du texte, qui pouvait nuire aux intérêts économiques de la Suisse. Glencore, IXM, Lafarge-Holcim, ont été particulièrement dénoncé par le comité à l’origine du référendum. Ceux-ci ont répondu qu’un tel texte provoquerait leur retrait d’un certain nombre de pays et que cela irait à l’encontre du développement. Cela reviendrait à imposer des critères « suisses » dans des activités situées dans des pays qui ne connaissent pas les mêmes exigences en ce qui concerne les droits de l’homme ou le respect de l’environnement. Le progrès économique assure-t-il forcément le développement humain ?

    Une exigence de plus en plus forte dans les pays développés 

    Le débat n’est pas fini. Le Parlement va élaborer un projet alternatif pour accroitre la responsabilité des entreprises dans le domaine des droits de l’homme et du respect de l’environnement. Le texte en gestation pourrait infliger des amendes jusqu’à 100.000 Francs suisses pour les entreprises violant les principes directeurs de l’ONU sur la responsabilité des entreprises en matière de droits humains. Tout dépendra de la précision du texte et de l’interprétation qu’en feront les tribunaux helvètes.

    Les Suisses rejoignent un combat sur la responsabilité des entreprises qui a lieu dans la plupart des pays occidentaux. En France, la loi sur le « devoir de vigilance » impose aux entreprises françaises de plus de 5000 salariés de veiller aux droits humains, aux libertés fondamentales, à la santé et à la protection de l’environnement depuis 2017, notamment par l’élaboration d’un « plan de vigilance ». Plusieurs autres pays européens, ainsi que le Canada et les Etats-Unis engagent la responsabilité de leurs entreprises en cas de manquements graves, par exemple  pour le recours au travail forcé ou à toute forme d’esclavage. C’est à partir de telles précédents juridiques sur la responsabilité des entreprises que l’OCDE et l’OIT travaillent aussi sur des textes référents. Le premier bilan de la loi, en France, fait apparaitre que les entreprises se montrent de plus en plus soucieuses de l’image qu’elles peuvent donner dans des domaines dans lesquels les exigences sont de plus en plus fortes.

  • Les maîtres du  monde sont des pirates

    Les maîtres du monde sont des pirates

    Vous êtes Renault ou Tesla ? Air France ou Space X? L’agence spatiale d’Elon Musk a envoyé ses quatre premiers astronautes dans l’espace. Elle est déjà valorisée plus de 25 milliards. Le capital d’Air France a été divisé par cinq en dix ans. L’Etat a prêté 7 milliards à une entreprise qui en vaut 2. Renault vaut encore 6 milliards, mais Tesla, première capitalisation automobile mondiale, plus de 495. Mauvaise pioche : avec l’Etat, vous avez choisi Renault et Air France. Le gouvernement les sauve à coup de milliards. Peut-il faire autrement ? Quand on dépense 100 milliards, sans doute. 

    Conscient de cette impasse, Bruno Le Maire aimerait développer les batteries (accord franco allemand) et mettre au pas les Gafas. Parce que le pied de nez de Musk à la Nasa et à l’industrie automobile se prolonge dans le Big data et l’économie numérique. Les maîtres du monde sont de moins en moins des Chefs d’Etat. Un peu comme au XIXème, où les têtes couronnées comptaient moins que les capitaines d’industrie.

    Le pouvoir échappe aux Etats

    Chacun sent bien, à la Commission, en France, en Chine, que quelque chose est en train d’échapper aux Etats. Même le Congrès  américain a fait passer des auditions « très dures » aux patrons des Gafas. Qui répondent: « Freinez nous et vous aurez les Chinois ». En Chine, Jack Ma, le patron d’Alibaba et d’Alipay, (900 millions d’utilisateurs, 25 fois Paypal) a du renoncé à introduire Ant en bourse, sur injonction de Xi Jinping : le parti avant tout. Le pouvoir chinois reste au pouvoir. Demain ?

    Le big data, c’est l’or noir de demain. Les batteries, la banque de l’énergie. L’espace, le contrôle des flux, comme hier celui des voies maritimes. Faire la guerre aux Gafas n’a de sens que si on essaie d’entrer dans la course.

    Les banques centrales gouvernent le monde

    Les Etats empruntent pour renflouer les vieilles industries et payer les coûts de fonctionnement de bureaucraties de plus en plus impuissantes. Débordés, ils ont mis sous contrôle le système financier par l’intermédiaire des Banques centrales. Comme celles-ci leur appartiennent, des esprits simples pensent que le crédit infini a été inventé, et qu’on peut annuler les dettes. Pour les pays riches, s’entend. Pour les pauvres, c’est différent : Six ont déjà fait banqueroute cette année, trente-huit pays sont menacés d’un défaut de paiement.

    Demain d’autres monnaies

    Aujourd’hui donc, les banques centrales sont maîtresses du monde, aujourd’hui seulement. Comme elles dépendent des Etats, elles n’ont d’autre puissance que la confiance affiliée à la monnaie qu’ils contrôlent et qui a force légale. Annulation de dette ou pas, la multiplication des liquidités dévalue la monnaie. Les Etats sont donc en tain de détruire la fiabilité monétaire. Comme il n’y a pas de choix, çà marche. Des qu’une porte s’ouvrira, le système s’effondrera. 

    Un jour, quelqu’un inventera une monnaie et des modes de transaction plus sûrs et moins cher. Un jour ? C’est déjà fait. 

    Il y a le refuge de nouvelles monnaies, indépendantes, cryptées. Le Bitcoin, monnaie pirate ultra spéculative, représente un encours de seulement 336 milliards de dollars. Mais une augmentation de +156% en un an. On comprend la peur des Banques centrales… ou du gouvernement chinois. Demain la Libra, la monnaie de Facebook, aujourd’hui bloquée, serait assise sur deux milliards d’utilisateurs dans le monde. La Banque centrale européenne, inquiète d’une telle monnaie qui pourrait être acceptée par les autorités américaines, songe à créer une cryptomonnaie européenne. Sauf que l’Europe n’a pas de Facebook ni de Google. En quelque sorte, les Etats-Unis ont des armes, comme les Chinois, les Européens… (et ceux qui ne veulent pas d’Europe encore moins).

    Les Gafas pirates mieux que les Etats 

    Qui stocke les données sur les utilisateurs, plus certaines que celles du fisc et de la sécurité sociale réunis ? Qui permet le travail, les échanges par des flux numériques cryptées ?: Si les Gafas inventent une monnaie plus fiable que celles des banques centrales,  ils sont les maîtres du monde. 

    Identité numérique, commerce numérique, transactions numériques, criminalité numérique, qu’est ce qui leur manque ? La question n’est déjà plus de savoir comment on va taxer les Gafas mais de comprendre comment les Gafas nous vendent. Car il est inquiétant d’être acheté, il sera pire encore de ne pas l’être. 

    La semaine dernière, le Secrétaire général adjoint de l’OTAN,  Miercea Geoană,  expliquait: « Nos démocraties ouvertes et nos modèles éducatifs favorisent la créativité et les innovations de rupture plus que ne peut le faire toute autre forme de gouvernement. Les grandes entreprises et les start-up sont en compétition pour renouveler les modes de pensée.» Le constat est juste, les sociétés ouvertes sont plus fortes que les sociétés fermés.

    Mais il manque une étape : que deviennent les Etats ? Financièrement défaillants, monétairement en sursis, bureaucratiquement empesés, socialement contestés, démocratiquement incertains, même la guerre leur échappe. Elle se fait par des marchands de drogue dans le désert, des terroristes dans les villes et des hackers dans les centres névralgiques. Même dans le covid, le crime organisé prolifère, d’autant mieux qu’il se substitue aux associations caritatives et aux banques.

    Vers une alliance autour du droit

    La seule arme des Etats, c’est le droit. Pour l’exercer, il faut qu’il soit partagé. Même là, nous vivons des guerres du droit, entre Américains, Européens, Chinois.  Sans alliance, déjà entre Européens, puis, espérons-le, avec les Américains, les centres de pouvoir ne seront plus atteints par les mécanismes démocratiques mais seulement par des rapports de force numériques, qu’ils soient financiers, commerciaux ou militaires. 

    La démesure financière, la révolution digitale, l’expansion chinoise font imploser le cadre de l’Etat national. Ceux qui ne s’en aperçoivent pas sont condamnés. Ceux qui le savent doivent s’allier et inventer les nouvelles modalités d’action de l’état et du droit. 

  • Mexico – Assassinat d’un expatrié : ce que l’on sait à 48 heures des faits

    Mexico – Assassinat d’un expatrié : ce que l’on sait à 48 heures des faits

    Baptiste Lormand a été vu pour la dernière fois à Polanco, dans l’ouest résidentiel de Mexico. Son corps sans vie a été retrouvé dans la nuit de samedi à dimanche dans un autre arrondissement plus au sud de la capitale, à Tlalpan. L’affaire fait grand bruit dans la communauté Française de Mexico et une marche blanche sera organisée demain lundi 30 novembre à 15 heures par ses amis français et mexicains.

    Baptiste Jacques Daniel Lormand, âgé de 45 ans, possédait la double nationalité franco-mexicaine et résidait depuis une vingtaine d’années à Mexico. Sa disparition a été signalée jeudi soir et son corps a été retrouvé à deux heures du matin samedi, dans une démarcation semi-rurale du grand sud de la capitale. Une enquêté a été ouverte pour homicide par le ministère public local, la Fiscalia general de justicia (FGJ), compétent en matière de crimes et délits commis sur le territoire de la capitale.

    La disparition de M. Lormand a été rendue publique jeudi 26 novembre, avant que le corps ne soit retrouvé, lorsque la FGJ a émis l’avis de recherche AYO/3924/2020 afin de localiser l’homme d’affaires tandis que celui-ci était encore porté disparu. Sa mort, manifestement, s’est produite dans les mêmes circonstances que celle d’une autre personne de nationalité mexicaine, dont le corps a été trouvé au même moment et au même endroit, dans le village de Magdalena Petlacalco, dans les confins méridionaux de Mexico, non loin de l’Etat de Morelos au sud de la capitale. Les autorités ont préféré ne pas divulguer le nom de la personne de nationalité mexicaine tout en faisant savoir que celle-ci était un associé de M. Lormand.

    Conférence de presse au sommet

    Au cours d’une conférence de presse tenue le dimanche 29 novembre, la maire de la ville, Claudia Sheinbaum, le maire d’arrondissement de la démarcation Miguel Hidalgo, Victor Hugo Romo et l’adjoint du maire à la sécurité, Omar Garcia Harfuch ont dressé un premier bilan de la pré-enquête en cours, d’après différentes informations recueillies auprès de la famille de M. Lormand, auprès de témoins potentiels à Tlalpan et contenues dans des images fournies par des enregistrements de caméras de surveillance.

    Omar Garcia Harfuch

    Le véhicule noir de la marque Mitsubishi que possédait M. Lormand et à bord duquel il a quitté son domicile le 26 novembre à 18h20 a été captée par les caméras de surveillance de Mexico entre l’avenue périphérique et la rue Privada Horacio. La présence du véhicule a été relevée à nouveau une heure plus tard sur la route fédérale Mexico-Cuernavaca.

    Selon l’adjoint à la sécurité de la mairie et chef de la police de la capitale, Omar Garcia Harfuch, les corps sans vie de Baptiste Lormand et Luis Orozco ont été retrouvé dans la nuit de vendredi à samedi avec les mains attachées à Magdalena Petlacalco et des évidences de torture. Les deux hommes sont décédés de leurs blessures.

    Selon les autorités mexicaines l’enquête de police, pour l’instant, ne relève aucun indice permettant de croire que Baptiste Lormand et son associé aient pu être victimes d’un enlèvement ou autre schéma d’extorsion. La piste principale des enquêteurs porte sur le vol éventuel des marchandises que vendaient les victimes, en l’occurrence des liqueurs haut-de-gamme.

    « Nos pistes indiquent que l’intention des meurtriers a pu être de déposséder les victimes des marchandises qu’ils vendaient dans le cadre de leur activité commerciale. Plusieurs bouteilles de grande valeur commerciale ont disparu également au moment des faits. Dans plusieurs affaires de ce type à Mexico, nous avons identifié un modus operandi criminel dit de « simulation d’acte de vente » dans lequel le rendez-vous visant à réaliser la transaction est en réalité un piège et les vendeurs sont agressés voire tués. » 

    Les deux associés, lors de ce déplacement le 26 novembre en début de soirée, ont circulé dans deux véhicules différents : l’automobile Mitsubishi noire plus un autre véhicule, une automobile Chevrolet Aveo blanche, louée quant à elle. Les autorités locales, qui disposent actuellement de ces véhicules dans le cadre de l’enquête, n’ont pas précisé où ces derniers ont été trouvés ni pourquoi l’un d’entre eux avait été loué ce jour-là.

    L’ambassade de France a indiqué ne pas pouvoir donner d’informations en relation avec l’enquête, soulignant qu’elle était en contact avec les autorités mexicaines.

    Une communauté en émoi

    Très apprécié de ses concitoyens, Baptiste Lormand vivait et travaillait au Mexique depuis 20 ans. Restaurateur, il avait participé au succès du restaurant « Le Bouchon » aujourd’hui fermé, puis avait ouvert « Non Solo Pasta » et « La Surtidora Don Batis » dans le quartier très huppé de Polanquito, proche des ambassades puis le « Don Batis » également dans le centre de la ville de Mexico. Entrepreneur à succès, il était marié, divorcé et père de deux enfants.

    La mort, particulièrement cruelle de ces deux associés pose de nombreuses interrogations et la version officielle disons « précipitée » qui veut que Baptiste Lormand et son associé Luis Orozco soient allés livrer des vins haut de gamme, de leur plein gré, dans un quartier aussi lointain et insalubre que Tlalpan n’est tout simplement pas réaliste !

    La communauté n’y croit pas et les entrepreneurs mexicains mettent en avant la possibilité qu’ils aient plutôt fait l’objet d’une extorsion qui aurait mal fini. Une version que les autorités mexicaines ont immédiatement écarté avec conviction tout en étant particulièrement prudentes sur des pistes considérées comme probables….

    Une marche blanche en hommage aux deux victimes

    Demain lundi, un comité de soutien composé d’amis francais et mexicains, de bi-nationaux proches des victimes ont décidé d’organiser une marche blanche qui débutera à 15 heures place Arquimedes sur l’avenue Mazaryck et qui se dirigera vers  le restaurant des deux associés, la Surtidora Don Batiz au 93 de la rue Jules Vernes.

    Vous pouvez retrouver toutes les informations sur le compte twitter du Grand Journal: https://twitter.com/legrandjournal.

    Cette affaire fait suite au meutre de Régis Nicouleau, assassiné de quarante coups de couteux à Cancun en début d’année 2020 et dont le cas n’a toujours pas été résolu.

    Ancien cadre de chez Manpower Mexique, Régis Nicouleau était lui aussi très connu et apprécié de la communauté française du Mexique et les raisons de son assassinat demeurent encore mystérieuses. La justice mexicaine n’a toujours pas appréhendé les auteurs de ce meurtre immonde.

    Un article publié par notre partenaire

  • Le mécontentement à l’égard de l’UE – Podcast vidéo

    Le mécontentement à l’égard de l’UE – Podcast vidéo

    Le mécontentement des citoyens européens à l’égard de l’Union s’est rapidement accru au cours des dernières années, tant et si bien qu’il a doublé depuis 2012. Cette attitude se reflète dans les scrutins et a engendré de nouvelles réalités politiques. Souvent, il semble que l’insatisfaction émerge des régions sous-développées de l’UE, en particulier en Europe centrale et orientale. Parallèlement, force est de constater que les partis opposés à l’intégration européenne ont le vent en poupe.

    Quelle est la portée du mécontentement à l’égard de l’UE ?

    Que peut révéler une analyse régionale de l’insatisfaction des citoyens sur les régions les plus hostiles à l’UE ?

    Bruxelles en fait-elle assez ?

    Un article de notre partenaire

  • Le fantasme de l’effacement de la dette

    Le fantasme de l’effacement de la dette

    Une petite musique se fait entendre ; pourquoi ne pas effacer la dette covid-19 afin d’éviter aux jeunes générations de la rembourser ? 

    Les partisans de cette thèse mettent en avant le fait que cette dette est, en grande partie, portée par les banques centrales. Ainsi cette annulation serait sans effet sur les épargnants et sur les créanciers. L’Italie, qui avec la Grèce et la France a une des dettes publiques les plus importantes au sein de l’Union européenne, serait favorable à une telle voie. 

    Séduisante au premier abord, l’annulation de la dette portée par les banques centrales est éminemment pernicieuse car elle serait, qu’on le veuille ou non, un défaut partiel de paiement.

    Une annulation provoquerait une hausse des taux 

    Aujourd’hui, les Etats remboursent les banques centrales à des taux faibles voire négatifs comme c’est le cas en Europe. En retour, Ils profitent des bénéfices réalisés par les banques centrales sur la gestion de leur dette sous forme de dividendes. En cas d’annulation, ils n’auraient plus à rembourser le capital des emprunts mais ils perdraient en contrepartie une partie des bénéfices des banques centrales. 

    Comme, a priori, ils devront toujours s’endetter pour faire face à leurs besoins, il est fort à parier que les créanciers, non-banquiers centraux, exigent des taux d’intérêt plus élevés après l’annulation. Ces derniers penseront qu’ils seront les prochaines victimes de la banqueroute des Etats. L’augmentation des taux pourrait alors poser un problème de solvabilité des Etats concernés et se diffuser à l’ensemble des opérations de prêts. Ainsi, elle pénaliserait l’activité économique.

    La monnaie fragilisée 

    Pour contrarier ce phénomène, les banques centrales seraient amenées à poursuivre leur mouvement de rachats d’obligations, aboutissant à une monétisation de plus en plus importante des dettes publiques. Leur annulation créerait ainsi une spirale infernale qui fragiliserait la monnaie. L’Allemagne et les Etats d’Europe du Nord refuseraient d’hypothéquer l’euro à travers une telle opération. Des arbitrages monétaires pourraient survenir entraînant une guerre des changes. 

    En cas d’annulation d’une partie de la dette publique, les gouvernements auraient du mal à expliquer aux bénéficiaires privés des prêts garantis de les rembourser. Les demandes d’effacement se généraliseraient, mettant en danger le système financier. 

    De même, à partir du moment où les grands Etats décideraient de ne plus honorer leurs créances, en vertu de quoi les pays pauvres le feraient ? Les dettes publiques tomberont les unes derrière les autres comme dans un jeu de domino avec des conséquences en chaine incalculables au niveau financier et économique.

    Une aubaine pour les cryptomonnaies 

    La crise économique se muerait, alors, en crise financière de grande ampleur. Une telle opération d’annulation de dettes ne pourrait être menée qu’à l’échelle mondiale et devrait être fortement encadrée. Elle suppose une coopération forte entre les grands Etats qui pourraient être tentés d’imposer un Yalta économique et financier dont il n’est pas certain que l’Europe ressorte gagnante. 

    L’effacement des dettes accélérerait l’émergence d’une ou plusieurs cryptomonnaies en lieu et place des devises actuellement utilisées. 

    Avant de se lancer dans la voie de la banqueroute, les Etats auraient tout intérêt à en peser tous les avantages et tous les inconvénients. 

  • Valentina gagne l’Eurovision Junior

    Valentina gagne l’Eurovision Junior

    Samedi 7 mai 1977 : Marie Myriam, avec « L’Oiseau et l’Enfant », remporta le 22e concours Eurovision de la chanson. Et depuis, plus rien pour la France (à l’exception de 1991, où Amina avec « C’est le dernier qui a parlé qui a raison » termina 2e ex æquo, à égalité de point avec le pays gagnant, la Suède).

    Valentina, 11 ans, met donc fin à 43 ans de disette, de fort belle manière puisqu’elle est arrivé en tête du vote des 12 jurys nationaux et aussi du vote de l’ensemble des internautes européens. Qui a dit que personne ne votait pour la France…

    Une petite qui a de la voix

    « En tant que représante de la France et ambassadrice de l’Unicef , j’aimerais vraiment dédier cette victoire à tous les artistes de France et au monde du spectacle en cette période si compliquée », a dit la jeune Française Valentina, 11 ans, à la ministre de la Culture Roselyne Bachelot sur le plateau du magazine « 20h30 le dimanche ».

    La lauréate de ce concours télévisuel de chanson réservé aux 9-14 ans, qui a été retransmis en direct de Varsovie sur France 2, a tenu à s’adresser directement à la locataire de la rue de Valois. Celle-ci était reçue par Laurent Delahousse en compagnie de la journaliste Laure Adler et du chanteur M. Pokora.

    « Chanter est ma passion depuis toute petite »

    Valentina, qui a devancé le Kazakhstan et l’Espagne, a expliqué pourquoi elle chante : « C’est ma passion depuis toute petite… C’est ma maman qui me faisait écouter des chansons italiennes et c’est vraiment devenu une passion. C’est comme ça que j’ai eu envie de participer à The Voice Kids. »

    Regardez sa performance lors de l’émission

  • Le feuilleton de la Loi des finances

    Le feuilleton de la Loi des finances

    DROIT DE RÉPONSE DE M. CALVIGNAC PRESIDENT DE LA FEDERATION DES FRANÇAIS DE L’ETRANGER IMPOSABLES EN FRANCE (Fdeif). IL REAGIT A LA TRIBUNE DU DEPUTE FREDERIC PETIT.

    Cher Monsieur le député Petit.

    Je comprends très bien que mon article sur le feuilleton de la loi des finances ait hérissé votre susceptibilité. Mais ce désagrément ne devrait pas vous autoriser à, de nouveau, raconter n’importe quoi.

    À ce sujet, il me revient en mémoire un proverbe, que l’on dit africain, et qui dit: 
    « si tu veux monter au cocotier assure toi d’avoir une culotte propre. »

    Dans votre réponse vous affirmez que mon article contient, je cite : « des accusations graves et infondées… des affirmations erronées… des insinuations odieuses et contraires aux évidences  et que : nul ne peut accuser sans preuves, alléguer sans citer ces sources.« 

    Monsieur Petit je vous mets au défi de nous dire précisément quelles sont les informations de mon article qui sont fausses et celles où je ne donne pas la source.

    Je vous rappelle que le point de départ de la rocambolesque histoire qui nous partage est tout simplement le fait que dans l’amendement I-1619 de septembre 2018 il est demandé que le caractère libératoire de la retenue à la source soit supprimé à compter de 2019, et pire sans le dire donc sur les revenus de 2018.

    Un amendement rédigé par Anne Genetet

    Cet amendement fût généré par votre collègue Mme Genetet qui devait à cette époque proposer des textes conformes aux recommandations  contenues dans son rapport remis au 1er Ministre le 11 septembre 2018. Or dans les  47 recommandations  sur la fiscalité de ce rapport il n’y a pas une seule ligne qui préconisait la suppression du caractère libératoire.  Me tromperais-je en disant que cet amendement fût signé par Mme Genetet et cosigné par tous les autres députés LREM des français de l’étranger ?

    Au cours de ces derniers 24 mois toutes vos interventions, comme celles de Mme Genetet et d’autres de vos collègues de la majorité contiennent la justification de la suppression.

    À titre d’exemple je cite, je dis bien je cite, votre intervention du 16 octobre 2019 dans l’hémicycle alors qu’il s’agissait de valider le moratoire: « Cette réforme nous la soutenons, cette réforme sert à sortir de l’aspect libératoire, car ce caractère libératoire est très injuste pour les très petites et petites retraites reçues de France ». 

    Auriez vous l’outrecuidance de contester vos propres dires? Dans lesquels, un an après le début des turpitudes, vous continuez à confirmer que vous êtes pour la suppression du caractère libératoire et en osant le justifier par un ignoble mensonge au détriment des non-résidents les plus démunis et les plus vulnérables que sont les retraités et handicapés.

    Non Monsieur Petit, le fait que vous soyez député ne vous autorise pas à me répondre fallacieusement.

    Ce qui est le plus choquant c’est de voir qu’après 24 mois, Mme Genetet et vous même osiez reprendre à votre compte ce que Bercy a imposé, à savoir le retour aux anciens textes.  Sans vos bévues rien de tout  cela n’aurait eu lieu. Vous et votre collègue Mme Genetet  avez fait beaucoup de mal en inquiétant gravement les retraités et handicapés expatriés.

    Et vous sortiriez grandi de ce feuilleton en disant simplement que ce fût une erreur. Mais en aurez vous le courage?

    Jean Calvignac, Président de l’association Français de l’étranger imposables en France, retraités et handicapés (FdEif). 

    Site internet : fdeif.org.

    Groupe d’échange et de soutien : www.facebook.com/groups/FdEif

  • Marches de la Liberté : un pays fracturé ?

    Marches de la Liberté : un pays fracturé ?

    La justice avait autorisé, vendredi, la manifestation parisienne organisée samedi. Alors que la Préfecture de police avait décidé de l’interdire pour éviter notamment la propagation du coronavirus.

    Paris, Bordeaux, Lyon, Strasbourg, Marseille, Grenoble, Clermont-Ferrand, Caen… Après des manifestations samedi dernier, de nouvelles « marches des libertés » se sont déroulées samedi dans plus de soixante-dix villes, ainsi que devant les ambassades de France à La Haye, Berlin et Bruxelles selon le collectif. L’objectif : faire reculer Macron et sa majorité sur les lois sécuritaires.

    La gauche unie

    De concert avec Jean-Luc Mélenchon ou Olivier Faure, Yannick Jadot a demandé ce samedi que soit retirée la proposition de loi «sécurité globale». Au micro de BFMTV, il exige également le départ de Didier Lallement, sous le feu des critiques après une semaine émaillées de violences policières. 

    «Ce que j’attends, c’est que le président de la République entende toutes les organisations – la commission européenne, la commission des Droits de l’homme des Nations unies, le Conseil constitutionnel, la défenseure des Droits -, toutes celles et tous ceux qui sont garants de l’Etat de droit et des libertés fondamentales, et qu’il retire cette loi de Sécurité globale, qui est liberticide»

    Yannick Jadot – Eurodéputé EE-LV depuis le cortège parisien.

    L’élu écologiste estime, par ailleurs, qu’en pleine crise sanitaire et économique, Emmanuel Macron «provoque une crise démocratique et institutionnelle». En cause : la création, annoncée par l’exécutif, d’une commission qui devait revoir le texte, provoquant l’ire du Parlement, et un rétropédalage du Premier ministre

    Toutes les couches sociales mobilisées

    Aux cotés des politiques de Gauche, très nombreux dans le cortège, c’est 133.000 personnes qui ont manifesté ce samedi en France pour s’opposer contre la loi « sécurité globale », dont plus de 45.000 à Paris. Par contre, face aux ambassades, ils furent peu nombreux, contraints, par les services de sécurité locaux de respecter les interdictions de se réunir.

    En tête des cortèges dans les différentes vielles, comme à Marseille ou à Toulouse, on retrouve les avocats en colère (particulièrement nombreux), les Femen, des collectifs de sans papiers et, bien sûr, les familles victimes de violences policières. 

    Mais aussi parmi les manifestants, plusieurs professionels de l’information inquiets pour la liberté de la presse. Ils étaient directeurs et directrices de l’information, producteurs ou productrices de magazine télévisé, présentateurs ou présentatrices mais aussi réalisateurs et réalisatrices et se sont tous insurgés ce samedi dans une tribune contre le «droit à la censure» de la police sur leurs reportages. 

    «Les tentatives de contrôle de nos tournages par les pouvoirs publics (police, justice, administration pénitentiaire, gendarmerie notamment) n’ont jamais été aussi pressantes»

    Marc-Olivier Fogiel, Yann Barthès, Laurent Guimier, Elise Lucet, Marie Drucker, Laurent Delahousse, etc.

    Un exemple de «cette dérive» selon ces professionnels de l’information audiovisuelle : «Avant d’autoriser à filmer des policiers dans l’exercice de leur fonction, le service de communication de la police nationale exige désormais un droit de validation du reportage avant diffusion.» Les signataires demandent donc à cet égard la fin des «convention de tournages» «qui portent atteinte au droit de la presse» dans un contexte d’inquiétudes croissantes des rédactions comme l’illustre la contestation contre la loi «sécurité globale»

    Enfin, les représentants du monde du travail et syndical étaient aussi du cortège. « Le monde nous regarde », clame Philippe Martinez de la CGT. Le leader syndicaliste, présent à Paris, a assuré avoir été contacté par « des camarades en Amérique latine, en Afrique […] qui nous disent Si vous laissez passer cette loi, quel combat, quelle action allons nous mener dans nos pays, où la répression est le lot quotidien? ».

    De leur côté, les organisateurs, la coordination StopLoiSécuritéGlobale, qui rassemble notamment des syndicats de journalistes et des associations de défense des droits humains ont comptabilisé 500.000 manifestants, dont 200.000 à Paris. Au total, 70 rassemblements étaient organisés partout dans le pays.

    A Bordeaux, contre la loi «sécurité globale», du jamais vu depuis les gilets jaunes

    C’est selon les journalistes de l’AFP la plus importante mobilisation depuis les gilets jaunes. A Bordeaux, au moins 6000 personnes, selon la préfecture, ont défilé ce samedi contre la loi «sécurité globale». L’article 24 du texte, qui pénalise la diffusion de l’image de policiers, était la mesure la plus contestée. «Nous sommes là par rapport à la loi qui interdit de filmer les policiers. On ne peut plus filmer et après on ne pourra plus écrire ? Ne plus rien dire ? Cette loi ce n’est qu’un début», s’est par exemple insurgée selon l’agence Mathilde Fonteneau, une infirmière bordelaise venue en famille. Pour Muriel Demguillem, ancienne journaliste et syndiquée au SNJ, «l’heure est grave pour les journalistes comme pour les citoyens, c’est la liberté d’informer qui est mise en cause».

    Condamnation des « dégradations »

    L’organisation a « fermement » dénoncé les « quelques dégradations et violences à Paris et à Lyon, notamment « des violences contre des policiers sur la place de la Bastille » après la fin de la manifestation. La manifestation parisienne, qui s’est déroulée de la place de la République à celle de la Bastille, a donné lieu à des incidents et heurts avec les forces de l’ordre, au moment de la dispersion toujours en cours en fin de journée.

    La coordination a par ailleurs affirmé que « ce mouvement n’en est qu’à ses balbutiements », annonçant que « la liesse populaire et la foule scandant des slogans heureux et pleins d’espoirs nous imposent de poursuivre ce combat dans les prochains jours pour l’Etat de droit, pour la démocratie, pour la République ».

    Au moins 27 gardes à vue et 46 interpellations à Paris

    A 19h45, les forces de l’ordre faisaient état d’au moins 46 interpellations à Paris, selon les chiffres de la préfecture. Le parquet a également indiqué que 27 personnes avaient été placées en garde à vue à Paris.

    Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a condamné « des violences inacceptables contre les forces de l’ordre » et a indiqué que « 37 policiers et gendarmes » ont été blessés en marge des manifestations dans toute la France, selon un bilan provisoire, dont 23 à Paris. Le parquet a également indiqué que 27 personnes avaient été placées en garde à vue à Paris.

    Le Sénat à la manoeuvre

    En parallèle, Le président LR du Sénat Gérard Larcher a prévenu que la Chambre haute allait «clarifier» cette loi. 

    «Sans doute la commission des Lois (du Sénat), mais c’est à elle d’y travailler, va clarifier le texte de cet article 24, mais aussi d’autres articles. Sans doute les sénateurs vont-ils insérer ce nouveau délit dans le Code pénal, mais sans toucher à la loi sur la presse»

    Gérard Larcher président du Sénat dans Le Parisien.

    Pour Gérard Larcher, la commission indépendante décidée par Jean Castex pour corriger la loi, dont la création avait provoqué l’indignation du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, «n’a aucun intérêt». «Ce rétropédalage de vendredi soir participe à la confusion du débat», a estimé le président de la Chambre haute, le Premier Ministre y ayant renoncée.

    Les images des cortèges

  • La procuration notariée à distance définitivement mise en place

    La procuration notariée à distance définitivement mise en place

    Le 3 avril 2020 le gouvernement avait publié un décret autorisant l’acte notarié à distance au cours de la période d’urgence sanitaire du premier semestre 2020. Depuis le 10 août 2020, cette possibilité était de nouveau refermée. Cependant, professionnels, notaires comme agents immobiliers, ont bien compris l’intérêt d’un tel dispositif au quotidien. Les étrangers comme les expatriés ont apprécié pouvoir régler leurs affaires sans devoir se déplacer. C’est un gain de temps, d’argent et l’absence de déplacement vers la France évite l’émission de gaz à effets de serre.

    Qu’est ce qu’une procuration notariée ?

    Le décret n° 2020-1422 qui est entré en vigueur ce 22 novembre 2020 répond donc à leurs attentes. Toutefois, sa portée est restreinte aux procurations authentiques à l’exclusion de tout autre type d’acte notarié ; en effet, le décret a pour objet de permettre l’établissement par les notaires de procurations authentiques sur support électronique lorsqu’une ou toutes les parties ne sont pas présentes. Cette nouvelle possibilité s’inscrit dans le droit usuel français et concernera un large éventail d’acte (acte de vente, testament, etc.).

    De nombreux actes éligibles

    En effet, dès lors que l’authenticité est requise pour la preuve, l’opposabilité aux tiers ou la validité de l’acte, le recours à la procuration est possible ! Ainsi, le notaire pourra recevoir avec un mandataire désigné dans une procuration reçue à distance une vente ordinaire, un bail de toute nature, une VEFA, une donation, un contrat de mariage ou un mandat de protection future… Peu importe que le mandant soit sur le territoire national ou hors de France. Il va de soi que le notaire instrumentaire reste lui tenu de recevoir la procuration dans son ressort géographique donc en France.

    « Le notaire instrumentaire peut établir une procuration sur support électronique, lorsqu’une ou les parties à cet acte ne sont pas présentes devant lui.

    L’échange des informations nécessaires à l’établissement de l’acte et le recueil, par le notaire instrumentaire, du consentement de la ou des parties à l’acte qui ne sont pas présentes s’effectuent au moyen d’un système de traitement, de communication et de transmission de l’information garantissant l’identification des parties, l’intégrité et la confidentialité du contenu et agréé par le Conseil supérieur du notariat.

    Le notaire instrumentaire recueille, simultanément avec leur consentement, la signature électronique de cette ou ces parties au moyen d’un procédé de signature électronique qualifiée répondant aux exigences du décret du 28 septembre 2017 déjà mentionné.

    L’acte est parfait lorsque le notaire instrumentaire y appose sa signature électronique qualifiée. »

    Ajout d’un article 20-1 par le décret n° 2020-1422 qui modifie le décret n° 71-941 du 26 novembre 1971

    Des expatriés mieux protégés

    Le gouvernement a donc bien pris en compte l’évolution technologique mise à disposition pour recueillir des consentements. Le rôle du notaire et l’authenticité ne pourront qu’en sortir renforcés.

    Concrètement, cette nouvelle variété de procuration sur support électronique permettra de répondre en toute sécurité juridique aux attentes légitimes des expatriés, clients des notaires. Les praticiens ne seront plus tentés d’utiliser des procurations douteuses ou d’adapter avec trop de souplesse le principe d’authenticité. Les expatriés sont donc mieux protégés par ce nouveau dispositif tout en fluidifiant l’établissement des actes.

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