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  • Les restrictions aux frontières au Conseil d’Etat.

    Les restrictions aux frontières au Conseil d’Etat.

    Après des jours d’hésitation, Emmanuel Macron et Jean Castex ont décidé, depuis le 31 janvier 2021, de mettre en place des restrictions aux frontières françaises, y compris pour les Français résidant à l’étranger hors de l’Union Européenne (UE).

    Les élus de Droite montent au front

    C’est sur les réseaux sociaux que la colère s’est cristallisée dès l’annonce de la mesure fin janvier. Les élus des Français hors UE se sont rapidement mobilisés. A l’approche des élections consulaires, l’opposition à la majorité présidentielle a trouvé dans ces restrictions un cheval de bataille opportun.

    Rapidement, les sénateurs ont relayé les messages des conseillers consulaires mais aussi ceux des nombreux Français qui n’ont plus accès, librement, au territoire national. Le sénateur Damien Regnard, élu pour Les Républicains, et expatrié aux USA depuis 1996, a publié une vidéo dans laquelle il ne cache pas sa colère contre l’exécutif.

    Une autre initiative, toujours à Droite, a marqué cette semaine. Les élus consulaires, membres de la Manufacture, la plate-forme participative qui prépare la candidature de Xavier Bertrand (LR) à la présidentielle de 2022, ont publié une tribune dans Le Figaro, ce 3 février. Ils y dénoncent fermement l’impréparation du gouvernement et le mépris envers les Français de l’étranger.

    « L’incapacité du gouvernement à organiser un simple système de tests PCR à l’arrivée en France le contraint à fermer tout simplement les frontières à tous nos compatriotes établis hors de l’UE.« 

    Extrait de la tribune publiée dans Le Figaro par Jean-Paul Mulot, ancien Représentant des Hauts-de-France au Royaume-Uni, La Manufacture ; Matthias Baccino, coordinateur du Pôle Idées, La Manufacture ; Artus Galiay, Délégué Les Républicains Grande-Bretagne, La Manufacture ; Julien Barlan, Délégué Les Républicains New York, La Manufacture ; Mehdi Bournissa, Avocat, Emirats Arabes Unis, La Manufacture ; Philippe Chalon, Délégué consulaire Les Républicains, Londres ; Julia Galland, Zürich, Les Républicains Suisse ; Khadiatou Diallo, Londres ; Arthur Loréal, La Manufacture ; Edouard Fox, Warwick ; Gérard Pomper, Délégué Les Républicains Israël.

    Roland Lescure défend le gouvernement

    C’est naturellement, le député des Français d’Amérique du Nord, qui s’est exposé en défendant cette mesure.

    Roland Lescure

    Evoquant les variants, l’absence de confinement en France, Roland Lescure justifie cette mesure comme une nécessité pour lutter contre la pandémie. Consulté, lors de la définition des motifs impérieux, le député a introduit la possibilité de traverser les frontières pour un retour définitif. Mais les motifs impérieux couvrent cependant d’autres situations comme les causes familiales (décès, naissance, fin de vie d’un proche), professionnelles (ne pouvant se réaliser en télétravail) ou pour se faire soigner (opération prévue, etc.).

    Concrètement, c’est donc uniquement les voyages touristiques ou d’agrément qui sont proscrits. Par contre, même avec un motif impérieux, il faudra faire un test PCR et aussi penser à réunir tous les justificatifs et remplir l’attestation. Les compagnies aériennes ou maritimes sont chargées de contrôler la validité des documents avant l’embarquement.

    « Le motif impérieux est vérifié avant l’embarquement par la compagnie aérienne. Dans le cas où le voyage ne serait pas justifié, le voyageur ne sera donc pas autorisé à embarquer et contraint de rester sur le territoire d’embarquement.« 

    Roland Lescure dans une interview à la presse spécialisée

    Contestation devant le Conseil d’Etat

    La publication du décret n° 2021-99 du 30 janvier 2021 restreignant les déplacements des Français hors de l’Union Européenne sur la base de la soumission d’un motif impérieux a entrainé des réactions chez les politiques mais auprès des juristes.

    En effet, la constitution garantit le libre accès au territoire français à tous les nationaux et ne peut souffrir, selon les requérants, de conditions instaurées par la voie législative classique. C’est la base de contestation d’une requête qui a été déposée, dès le 3 février 2021, par l’avocat New-yorkais, Pierre Ciric et 4 représentants des français de l’étranger, un candidat aux élections de mai 2021, avec un consul honoraire. Ce recours en référé-suspension au Conseil d’Etat contre ces dispositions complète les actions déjà en cours contre la généralisation de l’obligation d’obtenir un test PCR précédant un embarquement pour la France.

    Cette affaire sera donc traitée par le Conseil d’Etat en deux volets : l’urgence qui devrait faire l’objet d’une décision dans 4 à 6 semaines, alors que le fonds pourrait faire l’objet d’un examen sur plusieurs mois. 

    C’est donc un long combat qui s’amorce entre le gouvernement, soutenu par sa majorité et l’opposition parlementaire dont les partis sont, encore, majoritaires au sein des élus des Français de l’étranger. A quelques semaines des élections consulaires du 30 mai 2021, qui doit renouveler ces derniers, la bataille s’annonce rude.

  • Réunion Macron-Merkel: relation transatlantique et industrie de défense au menu

    Réunion Macron-Merkel: relation transatlantique et industrie de défense au menu

    Angela Merkel et Emmanuel Macron ont abordé le 5 février les grands sujets de défense, notamment industriels, ainsi que la relation transatlantique lors d’un conseil franco-allemand de Défense virtuel, le premier depuis l’entrée en fonction de Joe Biden.

    « Le Président et la Chancelière échangeront, en présence de leurs ministres des Affaires étrangères et des Armées, sur le renforcement de la souveraineté européenne et feront un point d’étape » sur les grands sujets en cours, politiques, diplomatiques, et industriels, selon la présidence française.

    « Ils aborderont en particulier les questions de défense européenne, dans la perspective du conseil européen de février, alors que la présidence allemande du Conseil de l’UE vient de se terminer et que la France assurera la présidence au premier semestre 2022, ainsi que les questions transatlantiques et internationales », selon cette même source.

    La précédente réunion dans ce cadre avait eu lieu à Toulouse (sud-ouest de la France) en octobre 2019, peu avant la déclaration fracassante d’Emmanuel Macron sur la « mort cérébrale » de l’Otan. Une phrase qui a nourri un débat épineux sur l’autonomie stratégique européenne voulue par la France, et sur laquelle l’Allemagne a exprimé des réserves, estimant que la sécurité européenne relevait justement du ressort de l’Otan.

    C’est également la première réunion dans ce format depuis l’entrée en fonction de Jo Biden à la Maison Blanche, qui alimente l’espoir d’une certaine normalisation des relations transatlantiques, après quatre ans d’une présidence Trump marquée par ses attaques incessantes contre l’Otan et l’Europe.

    Les dirigeants vont donc s’interroger sur « comment et dans quel sens continuer sur les questions de sécurité européenne, aussi en vue de la relation transatlantique », a résumé jeudi la chercheuse allemande Claudia Major, directrice du groupe de recherche « sécurité internationale » au sein de l’Institut allemand pour les relations internationales et la sécurité (SWP), devant l’association Europresse.

    Ils évoqueront aussi des « sujets d’armement, le SCAF (Système de combat aérien du futur, ndlr) et le char MGCS (acronyme anglais de Système de combat terrestre principal), où il y a un peu d’espoir de trouver une solution pour pouvoir avancer », prévoit-elle.

    Annoncé en 2017, le Scaf est un projet développé en plusieurs phases. Les pays partenaires négocient actuellement l’élaboration d’un démonstrateur de vol d’ici 2026, qui nécessitera un total de 6 milliards d’euros, selon une source proche du dossier.

    Echéances électorales

    Mais les progrès du dossier sont laborieux et la coopération entre les deux pays et leurs industriels très complexe.

    « Le Scaf montre en miniature tous les problèmes du couple franco-allemand » estime Mme Major. Elle cite à titre d’exemple le fait que le Direction générale de l’armement (DGA) française n’a pas d’équivalent en Allemagne et la puissance du Bundestag, qui valide les tranches budgétaires, et qui est beaucoup plus fort l’Assemblée nationale à Paris. Ou encore le déséquilibre entre la puissante industrie militaire française et son alter ego allemande, d’une taille bien plus modeste.

    Le Scaf risque aussi d’être affecté par la transition politique en Allemagne, après le départ d’Angela Merkel au terme des élections législatives de septembre.

    « Si on veut faire quelque chose, c’est avant les échéances électorales en Allemagne et en France », selon la source proche du dossier.

    En vue de cette succession de Mme Merkel, Emmanuel Macron va s’entretenir également avec un de ses successeurs potentiels, Markus Söder. Plébiscité pour sa gestion de la pandémie, M. Söder, qui dirige l’Union chrétienne-sociale (CSU), parti allié à l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière, est actuellement la personnalité politique la plus populaire derrière Angela Merkel.

    Emmanuel Macron et Angela Merkel tiendront une conférence de presse commune en duplex à 15H00 GMT.

    Un article de notre partenaire

    euractiv
    euractiv
  • #MuseeDepuisLaMaison

    #MuseeDepuisLaMaison

    Sous la bannière #MuseeDepuisLaMaison, TikTok part à la rencontre des arts, de la science et de l’histoire d’une façon inédite en accueillant sur sa plateforme plusieurs grands musées européens.

    Alors que les musées restent fermés au public dans de nombreux pays, certains ont donc choisi de de faire vivre leurs collections via un media dynamique et ainsi tenter d’attirer un nouveau public. Sur la plateforme ultra-prisée par les ados, TikTok, (mais plus seulement, le confinement ayant popularisé la plateforme bien au-delà de sa cible d’origine), de plus en plus de musées font l’expérience de lancer leur propre compte, comme par exemple le Musée national Picasso, à Paris ou le château de Versailles. 

    @chateauversailles

    Le mystère de la porte secrète de la chambre de Marie-Antoinette #tiktokacademie #culturetiktok #lumieresur #pourvous

    ♬ Fast-paced shuffle dance EDM – New Air

    Les plus beaux musées d’Europe

    Mais on compte aussi parmi les musées participants, le Prado de Madrid, La Galerie des Offices de Florence ou encore le Musée d’Histoire Naturelle de Berlin et bien d’autres encore.

    Plusieurs lives se sont tenus en début de mois mais d’autres vont avoir lieu. Pour découvrir tout cela, il faut rentrer le hashtag #MuseeDepuisLaMaison dans l’application et vous aurez un bandeau dédié qui s’affichera pour découvrir tout cela.

    Une opération participative

    Les internautes sont évidemment invités à également prendre part à ce challenge via le hashtag dédié.

    A Paris, le Grand Palais va rouvrir le premier juillet et on peut déjà apercevoir quelques aperçus de ce qui va venir sur le compte dédié !

    https://www.tiktok.com/tag/museedepuislamaison

  • Retour en France : emploi, chômage et aides sociales

    Retour en France : emploi, chômage et aides sociales

    De nombreux compatriotes touchés par la pandémie ont pris le chemin du retour en 2020. En 2021, les expatriés continueront à rentrer en France, la situation économique ne s’améliorant et la pandémie s’installant.

    Les raisons ? Une crise économique qui ravage les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration. 3 activités économiques qui sont souvent exercés par les Français de l’étranger, en particulier en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud.

    En sus, la France propose souvent un meilleur encadrement que dans le pays de résidence pour surmonter la crise sanitaire. Aussi, les dispositifs gouvernementaux ouvrent le marché de l’emploi aux « impatriés », leur permettant de mieux anticiper son retour.

    Trouver un emploi en France

    Connaissez-vous Emploi Store ? C’est l’outil web de Pole Emploi pour aider les demandeurs d’emplois, inscrits ou non à Pole emploi, à l’air du 2.0 et booster leurs demandes d’emplois. Vous y trouverez facilement des informations pour s’orienter, se former, préparer sa candidature, trouver un emploi et créer une entreprise. Cet outil est facilement consultable depuis votre ordinateur, smartphone ou tablette. 

    Emploi Store s’est enrichi d’une section internationale où vous trouverez des applications et des pages webs pour consulter des offres d’emplois à l’étranger, des aides pour candidater, s’améliorer en langue et bien d’autres !! Mais aussi, il existe une rubrique pour préparer son retour en France.

    B.A.-BA retour de mobilité, s’adresse aux personnes qui envisagent de rentrer en France (liste des démarches à effectuer préalablement au retour, adaptation du CV, accompagnement dans la valorisation de l’expérience acquise à l’étranger, etc.). En 2020, environ 300 personnes ont recouru à ce service numérique (taux de satisfaction: 80%).

     «Pôle emploi est en train de se structurer sur le retour de mobilité».

    Mme Dumontier, Directrice des affaires et relations internationales, au sénateur Richard Yung lors d’un échange sur la situation des demandeurs d’emploi de retour d’expatriation.

    Etes vous formé(e) pour le marche du travail français ?

    Vous n’êtes pas sûr, vous pouvez préparer votre formation en France.

    Depuis mai 2015, les personnes inscrites au registre des Français établis hors de France ont la possibilité d’accéder au service public régional de la formation professionnelle. Ce dispositif vise à apporter une solution aux personnes qui envisagent une réinsertion professionnelle en France, mais n’ont pas la possibilité de bénéficier d’actions de formation dans leur pays de résidence.

    A la demande du Français inscrit sur le registre consulaire, le poste consulaire (consulat ou service consulaire d’une ambassade) doit assurer le premier accueil des candidats. Ainsi ils transmettront les demandes de formation à Pôle emploi (équipe dédiée au sein de l’agence Brancion, située dans le XVème arrondissement de Paris). Ce dernier offre les prestations d’orientation, d’organisation du parcours de formation et de suivi personnalisé. Quant aux régions, elles sont chargées du financement des actions de formation et de l’hébergement, ainsi que du bilan et de l’évaluation du parcours de formation.

    En attendant un emploi, le chômage en France ?

    Lorsque vous ne pouvez pas reprendre immédiatement une activité professionnelle ou une formation, les personnes ayant travaillé dans l’Union européenne, dans l’Espace économique européen ou en Suisse peuvent exporter leurs droits en France pour une durée maximale de trois mois (cette durée peut éventuellement être prolongée jusqu’à un maximum de six mois).

    Cependant attention, vous devez toutefois rester à la disposition du service de l’emploi du pays de départ pendant au moins quatre semaines après avoir déclenché vos droits. Concrètement, vous ne pouvez pas quitter le territoire de votre pays de résidence avant la fin de cette période.

    De toute façon, ce délai correspond le plus souvent aux démarches nécessaires au départ. En effet, vous devrez vous procurer, auprès des autorités du pays de départ, le formulaire intitulé « U2 – Maintien du droit aux prestations de chômage », qui permet de s’inscrire à Pôle emploi dans les sept jours suivant la date à laquelle vous n’êtes plus à la disposition du service de l’emploi du pays de départ. Ce dernier continue de verser les indemnités, à la condition que les personnes concernées respectent leurs obligations envers Pôle emploi durant les trois mois d’indemnisation.

    En revanche, les personnes n’ayant pas travaillé dans l’UE, dans l’EEE ou en Suisse n’ont pas la possibilité d’exporter leurs droits en France, y compris celles qui rentrent d’un pays lié à la France par une convention de sécurité sociale (les conventions de sécurité sociale ne couvrent pas le risque chômage). Seules les personnes ayant cotisé à titre volontaire à l’assurance chômage française peuvent percevoir des indemnités de chômage à leur retour en France.

    Pas de chômage ? Il existe des aides

    Pas de carence pour la sécurité sociale

    Tout d’abord, en raison de l’état d’urgence sanitaire, le Parlement a prolongé une nouvelle fois la suspension du délai de carence pour l’affiliation à l’assurance maladie et maternité. Les Français expatriés rentrés en France entre le 1er octobre 2020 et le 1er avril 2021 et n’exerçant pas d’activité professionnelle sont affiliés à l’assurance maladie et de maternité sans délai de carence. Les personnes concernées peuvent ainsi bénéficier d’une prise en charge de leurs soins dès leur arrivée sur le sol français.

    4 mois et 1 jour pour le RSA

    Le revenu de solidarité active (RSA) assure aux personnes, résidente en France, sans ressources un niveau minimum de revenu qui varie selon la composition du foyer. Le RSA est ouvert, sous certaines conditions, aux personnes d’au moins 25 ans et aux jeunes actifs de 18 à 24 ans s’ils sont parents isolés ou justifient d’une certaine durée d’activité professionnelle.

    Cependant le RSA n’est disponible qu’à partir du 1 jour de votre quatrième mois de résidence en France. C’est souvent le cas pour l’ensemble des aides sociales, il faut, pour en bénéficier, retrouver sa condition de résident français.

    Les aides familiales facilement disponibles

    Après en fonction de votre situation familiale, vous pouvez vous inscrire à la CAF de votre département (Caisse d’allocation familiale). Cette inscription vous permet de bénéficier de plusieurs aides sociales, telles que l’allocation de rentrée scolaire ou l’aide au logement et là aussi sans délai de carence.

    Mais, que vous ayez ou non droit à l’une de ces prestations, l’inscription à la CAF est indispensable pour obtenir son quotient familial, sésame obligatoire entre autres pour l’inscription de vos enfants à la cantine scolaire au tarif qui correspond à votre situation.

    Si vous avez fait une demande d’allocation dans les cinq dernières années, vous êtes nécessairement déjà dans les registres de la CAF, même si votre demande vous a été refusée. Il vous suffira simplement de retrouver votre numéro d’allocataire (sur un courrier de la CAF, par exemple) et votre mot de passe.

  • Ségolène Royal divise la Gauche et amuse la Droite

    Ségolène Royal divise la Gauche et amuse la Droite

    Dans l’article de notre rédacteur en chef Fabien Ferasson de Quental du mardi 02 février 2021, Ségolène Royal se dévoilait comme candidate aux élections sénatoriales pour cet automne 2021. En effet, la moitié des 12 sénateurs des Français hors de France n’ont pas été renouvelés avec leurs pairs en 2020 du fait du report des élections consulaires à deux reprises. Après la tenue du vote le 30 mai 2021, les nouveaux Grands électeurs (conseillers et délégués des Français de l’étranger), fraichement élus, devront s’exprimer pour élire 6 nouveaux sénateurs.

    Parmi les candidats, l’indéboulonnable Christophe Frassa pour les Républicains, Jean-Pierre Bansard, qui se présente sous l’étiquette Alliance solidaire, et donc aussi Ségolène Royal. La tête de liste, aux sénatoriales de la majorité présidentielle, est, elle, pas encore connue.

    Seisme à gauche

    Alors que Claudine Lepage a décidé de ne pas se représenter, deux candidates sortaient du lot pour le parti socialiste, Laure Pallez (expatriée aux USA) et Cecilia Gondard (élue en Belgique). Et coup de théâtre, Ségolène Royal annonce sa candidature, secondée par le chef du groupe Solidarité et écologie – Français du Monde à l’Assemblée des Français de l’étranger, Mehdi Benlahcen.

    Cette annonce fît l’effet d’une bombe au sein du petit milieu des socialistes expatriés. Le principal reproche : le parachutage ! L’ancien président de la fédération des Français de l’étranger du Parti socialiste n’a pas caché son opposition à cette démarche. Il fut repris par de très nombreux élus consulaires.

    Publication sur Facebook du 02 février 2021 de Boris Faure, ancien Pdt de la fédération socialiste des Français de l’étranger – Conseiller des Français de Belgique (élu en 2014)

    L’association Français du Monde nous a aussi communiqué sa réaction. Les 138 antennes à travers le monde sont gérées via une association qui les fédère en France. Celle-ci tenait à nous rappeler fermement que l’association Français du monde-adfe est une association reconnue d’utilité publique indépendante de tout parti politique. Cependant les dirigeants débattront, courant mars, de cette proposition, émanant de M. Mehdi Benlahcen, le Président du Groupe Solidarité et Ecologie – Français du Monde à l’Assemblée des Français de l’étranger et membre des instances dirigeantes du mouvement associatif. Cependant, rien n’est fait, et l’association peut tout simplement décider de ne pas rentrer dans le jeu des sénatoriales, se cantonnant aux élections consulaires.

    « Nous ne sommes pas une succursale du parti socialiste »

    Gérard Martin – Secrétaire général de Français du monde

    Mais tous les socialistes français dans le monde ne partagent pas cette analyse. Pour certains, Ségolène Royal représente l’opportunité de conserver au moins un siège lors des prochaines sénatoriales. Ainsi des acteurs majeurs du PS à l’étranger sont donc conscients que les élections consulaires risquent d’acter le recul du Parti socialiste à l’étranger comme ce fût le cas en 2017 en France métropolitaine. Rappelons qu’aucun socialiste n’a été élu aux dernières élections législatives pour les Français de l’étranger.

    La droite se glousse

    Les Républicains et l’UDI ne sont pas forcément en meilleur posture pour les élections consulaires. Cependant ils peuvent s’appuyer sur un réseau historique bien implanté et qui a mieux résisté à la vague macroniste que ses concurrents.

    L’arrivée de Ségolène Royal dans le jeu politique des expatriés a donc susciter plus de rictus que d’inquiétude pour les partisans de la droite républicaine.

    Marc Albert Cormier est élu à Toronto pour l’UDI

    Du coté des futurs concurrents de Mme Royal, la sénatrice Jacky Deromedi et le sénateur Christophe Frassa, qui mèneront la liste LR aux sénatoriales, on a préféré se concentrer sur le nouveau groupe d’études dédié aux Français de l’étranger du Sénat dont ils assurent la présidence et la vice-présidence. Ce groupe fut officiellement mis en place ce mercredi 03 février 2021.

    LREM dénonce l’ancien monde

    Pour la majorité présidentielle, le plan de Ségolène Royal est caractéristique de la vieille politique que le parti LREM dénonce depuis sa création en 2017. Le suppléant de la députée des Français de la péninsule ibérique et de Monaco, Samantha Cazebonne (LREM), résume la pensée des militants et élus du parti macroniste dans un post de ce jeudi 04 février.

    Stéphane Vojetta sur Facebook le 04 février 2021

    Quel avenir pour cette candidature ?

    Ségolène Royal espérait surement un meilleur accueil que celui qu’elle a reçu. Mais tout est encore possible !

    Après le choc, les militants, élus et candidats vont devoir peser le pour et le contre. L’enjeu : la disparition pur et simple du Parti socialiste chez les Français de l’étranger ! Si des listes dissidentes ou non alignées se multiplient, il est fort à parier que le nombre d’élus consulaires chutera et les chances de remporter au moins un siège lors des sénatoriales s’évanouiront.

  • Faut-il abandonner l’Afrique?

    Faut-il abandonner l’Afrique?

    Bientôt Emmanuel Macron devrait annoncer l’allègement du dispositif Barkhane : retirer 600 soldats ramènerait l’effectif à 4500 hommes, comme c’était le cas avant le sommet de Biarritz. Le prochain sommet du G5 Sahel à Ndjamena devrait confirmer une décision sur laquelle ont pesé bien des influences contraires. Bien sûr, ce retrait partiel sera vanté comme une triple réussite : des victoires incontestables sur le terrain, une montée en puissance de l’armée malienne et du G5 Sahel, la prochaine participation d’autre pays européens. Pourtant, personne n’est dupe.

    L’envie du repli 

    Difficile  de faire croire que l’on fera mieux avec 4500 hommes qu’avec 5100. Mais cela fait huit ans que la France est au Mali, qu’elle y a perdu cinquante cinq soldats, qu’elle y dépense un milliard par an, et que le conflit, loin de se limiter, se répand. Quant aux forces européennes et celles du G5, on les attend, comme toujours. Selon la ministre, l’armée française a aussi formé 60.000 soldats. S’ils étaient aussi opérationnels que l’on dit, les forces françaises pourraient partir.

    La décolonisation avait été accompagnée d’accords de défense qui permettaient aux nouveaux Etats de compter sur les forces françaises en cas de déstabilisation. C’est dans ce cadre que’en janvier 2013, la France lança l’opération « Serval », avec 1 700 soldats. « Serval » a été remplacé en août 2014 par « Barkhane ». Son périmètre d’action couvre l’ensemble du Sahel : Burkina Faso, Mali, Niger, Mauritanie et Tchad.

    Mais le dispositif militaire ne se limite pas à « Barkhane » : la France dispose aussi  de deux bases à Djibouti (1 450 hommes) et en Côte d’Ivoire (900 hommes), et de deux « pôles opérationnels » au Sénégal (350 hommes) et au Gabon (350 hommes). Une mission maritime est déployée en permanence dans le golfe de Guinée. La ministre de la défense a évoqué la possibilité de former aussi des soldats mozambicains, tant les conflits (avec tantôt Daech, tantôt et Al Qaïda) s’y enracinent, sur fond de pétrole et de piraterie.

    Au delà de l’opération Barkhane

    Au delà de l’opération Barkhane, la question de l’engagement de la France dépasse le Mali et le Sahel. Les Généraux expliquent depuis longtemps que la guerre sera longue, et qu’il n’existe pas de solution seulement militaire. C’est d’ailleurs le cas de toutes les guerres. Il n’y a que quelques politiques simplistes qui croient qu’un problème est réglé par les bombes. 

    La preuve, rappelle Bernard Emié, le chef de la DGSE, les deux terreaux du terrorisme sont la Syrie et l’Afrique, encore et toujours, comme si la guerre nourrissait les terroristes autant qu’elle les détruisaient. C’est bien ce qui passe au Sahel : l’armée élimine, les chefs terroristes recrutent de plus belle. 

    Arithmétique démocratique tribale

    Les experts se rejettent les analyses : les uns expliquant que la mauvaise gouvernance est la clé de tout, qu’un gouvernance démocratique permettrait le développement et la résolution pacifique des conflits, les autres que la démocratie ne peut être qu’un leurre, puisqu’elle reflète simplement l’arithmétique tribale, et oblige à la poursuite des conflits.

    Ainsi au Mali, où la menace djihadiste n’est que le nouvel habit de vieux conflits entre Touaregs du Nord d’un coté, Bambaras et autres populations du sud ; entre Peuls et Dogons, etc… Pour autant, même en Afrique, les dictatures font rarement mieux que les démocraties.

    Démocratie ou pas, la gouvernance, en Afrique, est rarement un modèle. Et le développement des pays africains est toujours inférieur à la croissance de la population, hormis quelques rares réussites, comme le Sénégal. Ce qui signifie que la pauvreté, par habitant, augmente.

    Appauvrissement de l’Afrique  

    Qui plus est la crise liée au Covid provoque un appauvrissement considérable et multiplie les occasions de conflits armés. En témoignent les violences provoquées par les des migrations interafricaines, et l’indifférence de plus en plus grande du reste du monde. 

    Beaucoup en France, mais pas seulement en France -aux Etats-Unis, en Europe- s’interrogent sur la possibilité de changer le cours des choses. Et sur le désengagement. Pourquoi rester en Afrique, si ce n’est que pour servir de bouc émissaire, être dénoncé comme des néocolonialistes et des exploiteurs, le plus souvent par des exploiteurs ? Pour mémoire, l’Afrique ne représente que 3% du commerce extérieur de la France. A regarder comment les Britanniques se désintéressent de l’Afrique, on a compris que seule la France se sentait responsable du destin du Continent. De quel droit disent les néo-anticolonialistes ? Pour quoi faire disent les pragmatiques?

    Les nouveaux amis chinois   

    D’autant que les gouvernements africains pensent profiter des largesses de la Chine et du retour de la Russie : Ceux là n’embêtent personne avec les droits de l’homme, l’état de droit, la gouvernance ou la corruption. Ils ne donnent pas de leçon, business is business

    Ils financent aussi (les Chinois, pas les Russes impécunieux) très largement les projets. Et demandent des contreparties en garanties : ports, terres, infrastructures… De toute façon, ils ne les embarqueront pas avec eux ! La Chine est la première partenaire commerciale du continent depuis 2009, sur 54 Etats africains, 39 font partie du partenariat des « Routes de la soie ». Pour veiller sur l’Afrique, la Chine a inauguré sa première base militaire à l’étranger à Djibouti.

    En Centrafrique, Russes et Chinois sont au cœur des mines et des milices, épaulées par quelques mercenaires. (Plus de deux cent conseillers russes à Bangui), raison pour laquelle la France a envoyé quelques avions et 300 militaires histoire de rappeler sa présence. Mais si la Centrafrique est intéressante pour la Chine, l’est elle encore pour la France ?

    Pourquoi rester ?

    Pourquoi rester, alors ? Les Américains ont créé l’Africom, Commandement militaire pour l’Afrique, et créé la base d’Agadez au Niger. Mais les Américains se désengagent ou s’intéressent surtout au Maroc, à la Tunisie, à la corne de l’Afrique, en face de la péninsule arabique. 

    L’ambassadeur Bernard Emié, chef de la DGSE, rappelait récemment qu’Al Qaïda visait le Golfe de Guinée, la Côte d’Ivoire et le Bénin. Tous les pays du Sahel sont en butte à la menace djhadiste, avec diverses mouvances qui se concurrencent, se dénoncent et luttent entre elles. Comme les différentes milices, celles des Peuls et les Dogons qui attaquent les villages et se massacrent. La situation n’est pas meilleure en Centrafrique, au Soudan, au Mozambique, en Somalie. Quant aux deux principales puissances du continent, le Nigeria et l’Afrique du sud, elles régressent.

    Abandonner l’Afrique à son sort, aux guerres civiles, au retour des razzias et de l’esclavage, comme c’était le cas au Soudan, comme cela revient au Cameroun et au Sahel, ce serait laisser la place à tel ou tel vainqueur du djihad, avec son cortège de destructions, ses réseaux d’armes et de drogues. Mais est-ce la responsabilité de la France ? Son intérêt ? Là est le débat. « L’armée française n’a pas vocation à rester au Sahel », écrit Christian Cambon, Président de la Commission des affaires étrangères du Sénat.

    L’exportation en Europe des désordres de l’Afrique

    Migrations, terrorisme, guerres, le premier terrain d’exportation des maux africains ne serait elle pas l’Europe ? La France plaide auprès des Américains pour l’aider à contenir la contagion. Du bout des lèvres, les Américains y consentent, de loin, de haut, grâce à leurs drones. Quelques pays européens l’appuient. Quelques Chefs d’Etat africains aussi. Ne sont-ils pas, en fait, inquiets de la fin du Franc CFA ? N’ont-ils pas repoussé la création de l’Eco? Cet attachement aux reliques du colonialisme, monétaire ou militaire, montre à quel point le décolonialisme peut être tragique. Comme si les décolonisations avaient plus été le choix de métropoles épuisées que le résultat de revendications nationales d’Etats-nations qui n’en étaient pas; qui, pour certains, n’en sont toujours pas.  

    Les opinions publiques africaines et françaises convergent : ils veulent de moins en moins de présence militaire française. Ce qui ne veut pas dire qu’ils veulent moins de présence française. La seule façon de rester en Afrique est de maintenir une présence en limitant le plus possible les interventions directes. Avant Serval, la présence française était plus dissuasive qu’active, plus accompagnatrice que directive. La solution est certainement dans cette voie. C’est aussi ce que souhaitent la plupart des dirigeants africains. Une voie étroite.

  • L’OMS à l’Institut de virologie de Wuhan, l’UE envisage les vaccins russe et chinois

    L’OMS à l’Institut de virologie de Wuhan, l’UE envisage les vaccins russe et chinois

    Les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont visité mercredi (3 février) l’Institut de virologie de Wuhan en Chine, dans le cadre de leur enquête sur l’origine du coronavirus, contre lequel l’UE envisage d’adopter les vaccins chinois et russe.

    Cet institut, qui comporte plusieurs laboratoires à haute sécurité où des chercheurs travaillent sur des coronavirus, avait été accusé par le précédent président américain Donald Trump d’avoir laissé fuiter le virus à l’origine de la pandémie de Covid-19.

    L’accusation a été fermement démentie par Pékin, qui cherche à évacuer toute responsabilité dans le déclenchement de l’épidémie en 2019 et laisse entendre, sans le démontrer, que le virus aurait pu être importé en Chine.

    Les experts sont restés environ quatre heures à l’Institut de virologie et sont repartis sans faire de déclaration, a constaté l’AFP.

    Le régime communiste a attendu plus d’un an avant d’autoriser la visite de l’OMS.

    « Transparence » exigée

    De nombreux analystes doutent que la dizaine d’experts internationaux découvrent des indices révélateurs du déclenchement de l’épidémie après un tel délai.

    La semaine dernière, un porte-parole de la diplomatie chinoise avait estimé que la visite de l’OMS en Chine relevait d’un projet de recherche. « Ce n’est pas une enquête », avait-il dit.

    Pékin insiste sur sa réussite dans l’endiguement de la contagion et sur sa production de vaccins, exportés dans plusieurs pays.

    Dans la course mondiale pour l’immunisation, ces produits chinois pourraient voir leur usage s’étendre à l’Union européenne, qui a manifesté mardi son intérêt sous conditions.

    La revue médicale The Lancet a par ailleurs donné mardi un avis favorable au vaccin Spoutnik V, développé par la Russie, le jugeant efficace à 91,6% contre les formes asymptomatiques.

    « Si les producteurs russe, chinois ouvrent leurs dossiers, montrent de la transparence, toutes leurs données (…), alors ils pourraient avoir une autorisation conditionnelle de mise sur le marché comme les autres », a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, selon des sources parlementaires.

    Stratégie attaquée

    Les 40.000 premières doses de Spoutnik V sont arrivées mardi en Hongrie, premier pays de l’UE à l’avoir autorisé, sans attendre que l’Agence européenne des médicaments se prononce.

    Outre la Russie, ce vaccin a été homologué dans 17 pays: d’ex-républiques soviétiques restées proches comme le Bélarus et l’Arménie, des alliés comme le Venezuela et l’Iran, mais aussi la Corée du Sud, l’Argentine, l’Algérie, la Tunisie ou le Pakistan et, en urgence mardi, le Mexique.

    Dans la tourmente, Ursula von der Leyen a dû défendre mardi sa stratégie de vaccination devant les principaux groupes politiques au Parlement européen, lors d’une série d’auditions à huis clos.

    Elle s’était auparavant exprimée dans plusieurs journaux européens, rappelant que « la Commission et les Etats membres étaient d’accord pour ne pas transiger avec les exigences de sécurité et d’efficacité qui sont liées à l’autorisation d’un vaccin ».

    Dans l’UE, 12,7 millions de doses de vaccins ont été administrées à 2,3% de la population. Malte est en tête (5,4% de la population), suivie du Danemark (3,2%) et de la Pologne (3,1%).

    L’annonce par plusieurs laboratoires d’une augmentation de leurs livraisons devrait permettre une accélération de la vaccination dans l’UE.

    L’allemand BioNTech a annoncé lundi une accélération des livraisons à l’UE du vaccin développé avec l’américain Pfizer, promettant jusqu’à 75 millions de doses supplémentaires au deuxième trimestre.

    Le britannique AstraZeneca, qui subit les foudres des dirigeants européens en raison de retards, va finalement augmenter de 30% au premier trimestre les livraisons de son vaccin, autorisé vendredi dernier sur le marché européen.

    600.000 morts en Amérique latine

    Les autorités sanitaires françaises et suédoises ont indiqué mardi qu’elles ne recommandaient pas l’AstraZeneca aux plus de 65 ans, faute de données disponibles sur son efficacité dans cette classe d’âge.

    En Europe, l’Italie et la Pologne ont assoupli lundi leur dispositif anti-Covid et rouvert leurs musées, mais leurs voisins dans l’ensemble continuent de durcir les mesures restrictives, notamment en matière de voyages, pour lutter contre une pandémie qui a fait plus de 2,2 millions de morts à ce jour et repart à cause des variants du coronavirus.

    L’Europe au sens large reste la zone la plus touchée en termes de décès avec 747.887 morts. L’Amérique latine vient de dépasser les 600.000 morts, un mois après l’Europe, selon un comptage réalisé par l’AFP mardi à 22H00 GMT à partir de bilans fournis par les autorités de santé. Suivent, selon ce même calcul, les Etats-Unis/Canada (464.204) et l’Asie (241.391).

  • 2100 : la France accablée par la chaleur

    2100 : la France accablée par la chaleur

    C’est un rapport qui donne des frissons ! Météo France vient de remettre ses conclusions sur l’avenir du climat en France. Sans surprise, les températures pourraient fortement augmenter avant la fin du siècle en France.

    100 Pages pour la météo de 2100

    C’est un rapport d’une centaine de pages et qui fait véritablement froid dans le dos. 

    Le portail DRIAS propose en effet de nouvelles projections climatiques pour les décennies à venir. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les conclusions de ce rapport sont particulièrement inquiétantes. Dans les décennies à venir, les températures vont devenir de plus en plus difficiles à supporter. Les canicules vont se multiplier en été, les sécheresses seront de plus en plus longues et sévères, les températures dépasseront les 45 degrés…

    Alerte dès 2050

    Nous avions dans un précédent article évoqué la situation en 2070. Mais les projections climatiques pour la France en 2050 ont déjà de quoi nous alerter. À l’horizon 2050, la température moyenne à l’échelle du pays devrait progresser de 2.2°C. 

    Dans ce contexte de réchauffement, les vagues de chaleur vont se multiplier en été (5 à 15 jours de plus en 2050). Les étés vont devenir également de plus en plus secs et les sécheresses seront de plus en plus longues et sévères. Les nuits vont être de plus en plus difficiles à supporter avec des températures également élevées la nuit et qui fatigueront les organismes après des températures déjà éprouvantes la journée. En 2050, ce sont 10 à 20 nuits tropicales supplémentaires qui sont attendues sur le nord de la France et jusqu’à 50 nuits tropicales de plus sur les régions méditerranéennes.

    Les stations de ski sous 1800 mètre condamnées

    En hiver, c’est tout un pan de l’économie qu’il va falloir repenser. L’épaisseur de neige devrait être réduite de 20 à 50% en moyenne montagne. Des hivers sans neige, c’est peut-être ce qui attend les professionnels de la montagne dans les années à venir. Les hivers seront également de plus en plus doux avec 10 à 20 jours de gel en moins. Les gelées devraient quasiment disparaître sur les régions de l’ouest de la France.

    Sauvez le XXIIème siècle

    Le scénario du pire peut encore être évité avec une politique volontariste d’une réduction drastique des émissions de CO2.

    Si nous agissons dès maintenant en réduisant notre utilisation des énergies fossiles, nous pourrions limiter à 2.2°C la hausse de la température moyenne en France à la fin du siècle par rapport au climat actuel. Cette projection porte le nom de RCP 4.5. Dans ce scénario, les canicules deviendront plus fréquentes avec 3 à 4 fois plus de jours de vagues de chaleur, soit 10 à 15 jour supplémentaires chaque été. Les sécheresses seront également plus longues (5 jours de plus en moyenne à la fin du siècle. En hiver, les conséquences de ce scénario seront également importantes avec moins de neige en moyenne montagne et un nombre de jours de gelées qui sera divisé par deux sur l’ensemble des régions.

    Dans un scénario où nous ne ferions rien pour lutter contre le réchauffement climatique (scénario du pire RCP 8.5), la température moyenne en France serait en forte hausse à la fin du siècle avec un réchauffement qui atteindrait 3.9°C par rapport au climat actuel. En été, les canicules deviendraient quasi-permanentes avec 5 à 10 fois plus de nombre de jours de vague de chaleur en fin de siècle. Les vagues de chaleur pourront par ailleurs durer de un à deux mois en continu. Les sécheresses seront par ailleurs beaucoup plus longues (10 jours de plus en moyenne par rapport à aujourd’hui).

    Dans ce scénario du pire, les gelées devraient quasiment disparaître sur les régions de l’ouest. Le nombre de gelées aura été divisé par 3 dans le Grand Est et en montagne. Enfin, la présence de la neige deviendra peu durable en-dessous de 1800 mètres. Selon le rapport, la réduction de l’épaisseur de neige en hiver pourrait atteindre 50% en milieu de siècle et 80% à l’horizon 2100.

    Ce rapport et ces projections montrent à quel point il est urgent d’agir afin de limiter nos émissions de gaz à effet de serre pour ainsi limiter le réchauffement global de la planète. Si rien n’est fait en ce sens, les villes deviendront de plus en plus hostiles à l’Homme.

  • Heurs et malheurs de la recherche en temps de Covid

    Heurs et malheurs de la recherche en temps de Covid

    Les déboires des laboratoires pharmaceutiques français pour l’élaboration d’un vaccin prouvent que la recherche est un art difficile qui exige évidemment des chercheurs bien formés, des capitaux et un environnement porteur. 

    Que ce soit l’Institut Pasteur ou Sanofi, le choix d’utiliser des techniques traditionnelles pour l’élaboration d’un vaccin s’est révélé être mauvais. Les entreprises en place ont une tendance naturelle à tenter de reproduire leurs succès passés. Les start-ups peuvent plus aisément s’affranchir de ces contraintes, appelées « dépendance du sentier » par l’économiste Philippe Aghion. Moderna ou BioNTech, deux jeunes entreprises, ont pu plus facilement que Sanofi, recourir à de nouvelles technologies afin de développer des vaccins Arn.

    L’attrait américain 

    Le Directeur général français, Stéphane Bancel, de Moderna, une biotech implantée aux États-Unis, souligne qu’il n’a pas obtenu de la part des autorités européennes le soutien financier nécessaire pour la production en masse de vaccins. Les États-Unis prouvent en matière de vaccin la résilience de leur recherche qui peut compter sur l’appui des pouvoirs publics et du milieu universitaire. Les États-Unis se sont dotés durant la Guerre froide de trois agences, la National Science Foundation (NSF), la National Institute of Health (NIH) et la National Aeronautics and Space Administration (NASA), trois acteurs clef de la recherche. 

    La concurrence entre les universités les amène à repérer les meilleurs chercheurs et à leur accorder des moyens importants en lien avec les agences et les grandes entreprises. Les fondations jouent un rôle également important aux États-Unis en mobilisant des capitaux et en garantissant une certaine indépendance aux chercheurs. La Fondation Howard Hughes Medical Institute est la première source de financement privé aux ÉtatsUnis pour la recherche bio-académique médicale.

    Capital risque et capacité d’innovation 

    Les start-ups, les biotechs, aux États-Unis, peuvent compter sur un large marché de capital-risque qui en Europe est segmenté et d’une taille bien plus faible. En moyenne, ces dernières années, le capital-risque a atteint plus de 70 milliards de dollars aux États-Unis contre 700 millions de dollars en France. Les entreprises à forte capacité d’innovation bénéficient, de la part des fonds de capital-risque, en moyenne par an de plus de 5 milliards de dollars de capitaux quand en France, le montant dépasse à peine 400 millions. 

    Aux États-Unis, le capital risque est une véritable industrie qui a pour objectif d’orienter l’épargne vers l’innovation. Cette pratique est née dans la région de Boston, cœur de la recherche américaine avec la présence de nombreuses grandes écoles, dès les années 1920.

    Un Francais expatrié qui change le monde

    Le capital-risque a été imaginé par un Français, Georges Doriot, professeur de management à Boston. Le Wall Street Journal considère qu’il figure parmi les dix personnalités qui ont changé le monde des entrepreneurs. En France, il est à l’origine de la création de l’ INSEAD à Fontainebleau, en 1957, avec Claude Janssen et Olivier Giscard d’Estaing.

    Aux États-Unis, le marché financier dispose d’une large profondeur avec des acteurs complémentaires. Les investisseurs institutionnels prennent assez facilement le relais des capital-risqueurs quand l’entreprise devient une société cotée en bourse. Les investisseurs institutionnels, banques, assureurs, fonds de pension, sont devenus les principaux actionnaires en détenant plus de 60 % des actions en 2015, contre 10 % en 1970. En 2018, les institutionnels ont financé à hauteur de 54 milliards de dollars de  jeunes entreprises innovantes aux États-Unis, contre 665 millions de dollars pour leurs homologues français, soit 84 fois moins quand l’écart de population est de 1 à 5. 

    Contrairement à quelques idées reçues, la présence d’un investisseur institutionnel joue favorablement au niveau de l’innovation (étude Aghion, Reenen et Zingales de 2013). Cette présence sécurise l’entreprise et permet de faire face à un éventuel échec.

    Le rôle des fonds de pension et de la fiscalité 

    Les États-Unis ont un avantage comparatif élevé par rapport à la France en raison d’un grand nombre de fonds de pension. Ces derniers gèrent les cotisations de leurs membres sur la durée et sont, en règle générale, des investisseurs stables à la recherche d’un rendement constant et, si possible, élevé. Pour encourager la recherche, les États ont institué des dispositifs fiscaux. 

    En France, le crédit d’impôt recherche (CIR) constitue une aide importante, régulièrement décriée en raison de son coût élevé (6 milliards d’euros par an). Le CIR place la France parmi les États aidant fiscalement le plus à la recherche. Créé en 1983, ce crédit d’impôt a été modifié à plusieurs reprises, la dernière datant de 2020, sachant que sa dernière grande réforme date de 2008. Ce crédit d’impôt soutient essentiellement la recherche des grandes entreprises contrairement à celui en vigueur au Royaume-Uni. En France, il est jugé offrir un effet d’aubaine à des entreprises qui auraient de toute façon réalisé des dépenses de recherche.

    L’Allemagne qui n’a pas de crédit d’impôt recherche peut s’enorgueillir de bénéficier d’une recherche privée 40 % plus importante que celle de la France.

    Les chercheurs s’expatrient 

    Notre pays est confronté à un déficit de chercheurs. Les parcours universitaires étant peu valorisés, le nombre de cadres d’entreprise détenteurs d’un doctorat est bien moindre que dans des pays comme l’Allemagne ou la Chine. Les chercheurs français sont moins bien payés qu’aux États-Unis ou en Allemagne d’où de nombreuses expatriations. L’amélioration de l’attractivité de la France passe avant tout par une revalorisation des études et des métiers scientifiques. Le salaire d’un doctorant avoisine 1 500 euros par mois en France. Les chercheurs au CNRS sont rémunérés entre 2000 et 4000 euros. Dans le secteur privé, les chercheurs gagnent aux États-Unis en moyenne 160 000 dollars par an, contre 80 000 en France. Cette attractivité passe également par l’instauration de fonds européen dévolus au capital-risque ainsi par le développement de véritables fonds de pension européens. 

  • Expatriés et vaccinés ?

    Expatriés et vaccinés ?

    Si Jean-Baptiste Lemoyne avait évoqué début décembre la mise en place d’une campagne de vaccination contre la Covid-19 via le réseau consulaire, cette proposition a totalement disparu du discours gouvernemental ! Alors comment les expatriés peuvent-ils se faire vacciner ?

    Aller en France !?

    A l’heure où l’exécutif français boucle les frontières du pays, c’est donc la consigne donnée par le ministère de la Santé et le secrétariat d’Etat aux Français hors de France. Mais est ce possible ?

    Cela parait difficile ! En effet, depuis dimanche 31 janvier 2020, les expatriés hors d’Europe ne peuvent venir en France que pour des motifs dits impérieux et listés dans le décret publie la veille. Si une exception à l’interdiction de venir en France est possible pour raisons médicales, la définition publiée n’inclut pas la vaccination.

    « Les motifs impérieux d’ordre sanitaire, à savoir une urgence médicale vitale (pour la personne ainsi qu’un accompagnant si sa présence est indispensable)« 

    Article du décret du 30 janvier 2021 portant sur la circulation aux frontières

    En plus, vous devriez synchroniser votre voyage avec le calendrier de vaccination français. Il sert, donc, à rien d’aller en France, en surmontant toutes les limitations, si vous n’avez pas plus de 75 ans.. L’ouverture aux autres tranches d’âge n’est pas prévu avant ce printemps voir cet été.

    Mais alors comment faire ?

    Compter sur son pays de résidence

    Heureusement, dans la plupart des pays, des campagnes de vaccination ont été lancées à destination de tous les résidents. C’est le cas dans les pays de l’Union européenne mais aussi dans tous les pays occidentaux ainsi que dans la grande majorité des états.

    Pour en bénéficier, il faudra que le Français, inscrit au régime social du pays, se réfère aux consignes et au calendrier émis par les autorités sanitaires locales.

    Souvent le vaccin est accessible gratuitement mais ce n’est pas toujours le cas. La solution : se retourner vers sa mutuelle complémentaire soit un organisme local, soit une assurance spécialisée pour les expatriés. Mais attention, souvent, il faut souscrire un contrat dédié à la pandémie.

    Payer son droit à être vacciné

    On l’a vu que ce soit en France ou dans son pays de résidence, tous les citoyens, nationaux comme résidents, sont soumis aux calendriers locaux.

    Mais il existe une possibilité de se faire vacciner immédiatement et quelque soit son âge. Et c’est Dubai qui la propose.

    Aux Emitats arabes unis, et à Dubai en particulier, tout est possible en ce moment.. à conditions d’en avoir les moyens. La formule proposée aux étranger « Vacances et Vaccination » a son prix. Il vous faudra débourser 45 000 euros par individu pour être vacciné, mais à ce prix, les vols, l’hôtel 5 étoiles pour 15 jours, la découverte de la ville, les diners, sans oublier les deux doses de vaccin sont inclus.

    Cependant, il ne faut pas oublier, qu’à part en Israel (où la vaccination de la population est très avancée), le fait d’être vacciné ne donne aucun « passe-droit » ou allégement des contraintes sanitaires.

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