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  • Les banques centrales, des géants aux pieds d’argile

    Les banques centrales, des géants aux pieds d’argile

    Depuis la crise des subprimes, les banques centrales jouent un rôle déterminant en matière de politique économique. La mise en place de politiques monétaires dites initialement non conventionnelles associant forte baisse des taux et rachats d’obligations a marqué une réelle rupture par rapport aux pratiques qui prévalaient depuis les années 1980.

    L’épidémie de covid-19 a accentué le rôle des banques centrales. Si elles sont devenues de plus en plus les clefs de voute du jeu économique, elles n’en auraient pas moins perdu leur indépendance, leur politique étant dictée par la nécessité de garantir la solvabilité des États.

    Les Etats ont remis la main sur les banques centrales 

    Au sein de l’OCDE, l’encours de titres publics détenus par les banques centrales a été multiplié par cinq depuis 2008. En 2020, il représentait plus de 25% de la dette publique. Pour certains pays européens, ce ratio dépasse désormais 30%. Cet encours représente plus de 35% du PIB en 2020, contre 5% en 2008. Les banques centrales se sont mises à acquérir également des obligations d’entreprises soit environ 8% du total des obligations d’entreprises au sein de l’OCDE, représentant 8% du PIB (jusqu’en 2010, ces deux ratios étaient inférieurs à 2%).

    Certaines banques centrales comme celles du Japon ou de Suisse détiennent également des actions (pour 9 % du PIB au Japon et 20% en Suisse). 

    En France, la question du retraitement des prêts garantis par l’État se posera dans les prochains mois. La Banque centrale européenne pourrait-elle les porter et les transformer soit en obligations ou en parts sociales ? Cela supposerait évidemment l’accord des États membres de la zone euro.

    Politique monétaire et sortie de crise

    La politique monétaire conditionnera les modalités de la sortie de crise. Le maintien des rachats maintiendra les taux bas et garantira la solvabilité des acteurs économiques. Plus cette phase durera, plus le retour à la normale sera délicat à conduire. Des taux bas ralentissent la diffusion du progrès technique en facilitant la survie d’entreprises à faible rentabilité. Ils ont un effet anesthésiant qui prolonge le sommeil de l’économie mais qui n’autorise pas le retour d’une croissance forte et pérenne.

    Gérer les bulles  

    Dans ce contexte, les banques centrales devront gérer les éventuelles bulles d’actifs et doser l’inflation acceptable. Avec des portefeuilles d’actifs financiers importants, elles pourront de plus en plus influer sur les cours au risque d’être tenues responsables en cas de gestion hasardeuse. En ayant acquis un rôle économique de premier ordre, les banques centrales sont accusées de mettre en œuvre des politiques en dehors de tout contrôle en raison de leur indépendance. En réalité, cette dernière est de plus en plus relative. Les gouvernements imposent, en effet, leurs vues en raison du poids de l’endettement public.

  • 60 ans de construction européennes, entre avancées et turbulences

    60 ans de construction européennes, entre avancées et turbulences

    Du traité de Rome au Brexit, en passant par la création de l’euro et la crise migratoire, retour sur les moments forts qui ont jalonné 60 ans de construction européenne.

    La naissance de l’Union

    Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, pose la première pierre de la construction européenne, proposant à l’Allemagne, cinq ans seulement après sa capitulation, d’intégrer la production franco-allemande de charbon et d’acier dans une organisation ouverte à tous les pays d’Europe.

    Le traité de Paris, instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), est signé le 18 avril 1951. L’Europe des « Six » (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas) est née.

    De la CEE à l’UE

    Le 25 mars 1957, les Six signent à Rome le traité fondateur de l’Europe politique et économique, instituant la Communauté économique européenne (CEE), un marché commun fondé sur la libre circulation avec la suppression des barrières douanières entre États membres. Les institutions sont mises en place début 1958.

    En janvier 1973, le Royaume-Uni, le Danemark et l’Irlande rejoignent la CEE, suivis par la Grèce (1981), l’Espagne, le Portugal (1986), l’Autriche, la Finlande et la Suède (1995).

    Le traité de Maastricht, deuxième acte fondamental de la construction européenne, est signé le 7 février 1992, prévoyant le passage à la monnaie unique et instaurant une Union européenne.

    À partir de janvier 1993, le Marché unique devient réalité avec la libre circulation des marchandises, des services, des personnes et des capitaux. En mars 1995, les accords de Schengen permettent aux Européens de voyager sans contrôle aux frontières.

    Euro et Union à 28

    Le 1er janvier 2002, l’euro entre dans la vie quotidienne de quelque 300 millions d’Européens. Le Danemark, le Royaume-Uni et la Suède gardent leurs monnaies nationales.

    Après la chute du mur de Berlin en 1989, l’élargissement vers les pays d’Europe de l’Est s’impose progressivement. Dix nouveaux pays intègrent l’UE en mai 2004 : Pologne, République tchèque, Hongrie, Slovaquie, Lituanie, Lettonie, Estonie, Slovénie, ainsi que Malte et Chypre. Suivront la Bulgarie et la Roumanie (2007) puis la Croatie (2013).

    Le temps des crises

    Au printemps 2005, le rejet de la Constitution européenne par les électeurs français et néerlandais fait basculer l’UE dans une crise institutionnelle. Elle n’en sort qu’avec le traité de Lisbonne, censé faire mieux fonctionner les institutions de l’UE élargie, difficilement ratifié en 2009.

    Cette même année, la Grèce annonce une forte hausse de son déficit, premier signal d’alarme d’une vaste crise financière. La Grèce, puis l’Irlande, l’Espagne, le Portugal et Chypre demandent l’aide de l’UE et du FMI, qui réclament des mesures d’austérité. La crise de la dette fait tomber, les uns après les autres, les chefs de gouvernement européens et accroît la défiance envers l’UE.

    À peine sortie de cette crise, l’Europe est confrontée à la plus grave crise migratoire depuis 1945 avec l’arrivée de centaines de milliers de candidats à l’asile. L’UE se déchire sur la réponse à apporter.

    Le Brexit

    Le 23 juin 2016, les Britanniques votent à 51,9% en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Les longues négociations sur les modalités de retrait mettent à rude épreuve les nerfs de la classe politique britannique et des Européens, inquiets des conséquences d’un « no-deal ».

    Un premier accord entre Londres et Bruxelles est rejeté trois fois par le Parlement britannique. Un deuxième accord est conclu le 17 octobre mais il faudra attendre les législatives de décembre, remportées largement par les conservateurs menés par Boris Johnson, pour qu’il soit adopté par le Parlement.

    Initialement prévu le 29 mars 2019, le Brexit a lieu le 31 janvier 2020. L’UE perd pour la première fois un membre. En mars débutent de laborieuses négociations sur la future relation commerciale et sécuritaire entre l’UE et le Royaume-Uni, qui aboutissent à la veille de Noël, à peine une semaine avant la fin d’une période de transition.

    Le 31 décembre 2020 à 23 heures, le Royaume-Uni quitte le marché unique et l’union douanière.

    Coronavirus

    La pandémie de coronavirus fait plonger les économies en 2020 et suscite en mars une vague de fermetures de frontières dans l’UE et l’espace Schengen. Un nouveau coup dur pour la liberté de circulation, l’un des principaux acquis européens déjà ébréché par les tensions migratoires.

    Un accord entre les 27 ouvre la voie à la possibilité inédite pour l’UE d’emprunter collectivement sur les marchés à grande échelle, afin de financer un plan de relance.

  • Deux soldats français tués au Mali

    Deux soldats français tués au Mali

    Deux soldats français tués au Mali, dont une femme, pour la première fois, moins d’une semaine après la mort de trois autres militaires.  

    Née le 18 avril 1987 à Trappes (Yvelines), le sergent Yvonne Huynh, née à Trappes, pacsée, était la mère d’un jeune garçon.  Elle était arrivée au Mali en septembre 2020 pour un deuxième séjour. Le brigadier Loïc Risser, né à saint Louis, dans le Haut Rhin, effectuait sa troisième mission au Mali, il était arrivé le 11 novembre. Leur véhicule a sauté sur une mine. 

    5 morts pour la France en 10 jours

    Trois autres soldats avaient été tués la semaine précédente : Tanerii Mauri, né à Papeete, Dorain Issakhanian, de Périgueux, et Quentin Pauchet, 21 ans, au cours d’une mission d’escorte de convoi.

    50 soldats français ont été tués dans le cadre de l’opération Barkhane (anciennement Serval) depuis 2013. La Mission Barkhane au Sahel déploie actuellement 5100 hommes au Mali, Niger et Tchad. 

    Beaucoup s’interrogent sur la possibilité d’un retrait des forces françaises du Mali. Depuis longtemps, les responsables militaires expliquent qu’il ne peut y avoir de victoire militaire et que, sans règlement politique, il ne saurait y avoir de solution. 

    Un califat aux portes de l’Europe ?

    D’autres expliquent que, sans la France, se constituerait un « califat »  islamique qui aurait des conséquences désastreuses sur tous les pays de la région, et jusqu’en Europe. Raison pour laquelle la France a demandé le soutien des pays de la région pour constituer la Force G5 Sahel et celui des Européens, cinq d’entre eux ayant répondu favorablement pour y envoyer des militaires. 

  • Programme FLAM : petites écoles devenues grandes

    Programme FLAM : petites écoles devenues grandes

    Ces dernières semaines et mois, on n’a jamais autant parlé du programme FLAM, « français langue maternelle ». Celui-ci s’adresse principalement aux enfants français qui ne sont pas scolarisés au sein des écoles françaises (donc une majorité d’entre eux) et qui souhaitent faire vivre la langue et la culture françaises. Ces structures, souvent appelées « petites écoles » ou encore « écoles du samedi », reposent souvent sur la bonne volonté des parents et ont été, elles aussi, touchées par la crise du Covid-19. Récemment, deux parlementaires ont mis en avant ce programme longtemps second rôle, voire figurant, dans le paysage de l’enseignement français à l’étranger. La députée Samantha Cazebonne, très mobilisée par les questions d’enseignement, a récemment organisé un colloque sur le FLAM. Olivier Cadic lui a porté devant le Sénat, la création d’un chèque-éducation FLAM. Nous y reviendrons plus loin.

    Le Flam, rappel historique et quelques chiffres :

    Pour ceux qui n’ont pas d’enfant dans le système FLAM, ce programme n’est souvent qu’un acronyme qui ne veut rien dire. Si l’AEFE est bien connue et a récemment fait l’objet de plusieurs publications sur notre site, ce n’est en effet pas (encore) le cas du FLAM. Il est donc grand temps de procéder à un bref rappel historique et factuel.

    Les débuts officiels du dispositif en 2001

    Le dispositif FLAM fut créé par le Ministère des Affaires étrangères, à l’initiative du Conseil supérieur des Français de l’étranger et de Sénateurs représentant les Français établis hors de France.

    Le programme unit la puissance publique, les élus des Français établis hors de France et des bénévoles, souvent des parents, qui font vivre le FLAM lors des séances qui ont souvent lieu le samedi d’où leur nom « d’école du samedi ».

    2012 année charnière

    Depuis 2009 sous la houlette de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), le dispositif « français langue maternelle » (FLAM) a continué à se développer autour d’activités extra-scolaires. 2012 fut l’année des assises FLAM au Palais du Luxembourg. Celles-ci furent organisées par l’AEFE au Palais du Luxembourg. Elles réunirent pour la première fois les élus, les principaux partenaires institutionnels et diverses associations du monde entier. Ces assises ont permis l’organisation de trois ateliers concernant : le financement ; la visibilité et la synergie ; l’appui, le conseil et les ressources. Les propositions opérationnelles avaient été présentées à la commission des affaires culturelles du Sénat.

    Le FLAM en quelques chiffres

    Le nombre d’associations est en augmentation régulière : il existait 163 associations en 2018, 170 en 2019 et 173 en 2020. Aujourd’hui, le programme compte 173 associations en activité dans 40 pays. En tout, cela signifie un public de 12 000 enfants dont 7500 Français. Le réseau FLAM se concentre sur 4 pays qui regroupent près de la moitié des associations : le Royaume-Uni (48), les Etats-Unis (24), l’Irlande (10) et l’Allemagne (10).

    Les aides FLAM disponibles à ce jour

    Le montant de la dotation publique a varié : 300 000 euros en 2009 (pour 49 associations subventionnées), 600 000 euros, en 2010 (66 associations), 2011 (70 associations) et 2012 (75 associations). Le FLAM peut bénéficier de 3 types de subvention :

    1) une subvention pour permettre le démarrage et la montée en puissance des actions des associations. Elle est dégressive, limitée à 5 ans. Celle-ci ne doit pas servir à financer les dépenses de personnel, conformément à son objectif d’accompagnement vers l’autofinancement.

    2) une subvention pour l’organisation de rencontres régionales des associations. Celle-ci doit favoriser les échanges ou la diffusion de bonnes pratiques.

    3) une subvention de projet, en vue d’accompagner une action identifiée mobilisatrice de nature éducative et culturelle.

    2020 : année de pandémie et aides exceptionnelles

    L’année 2020 a été marquée par deux campagnes d’aide pour le FLAM (une au printemps, l’autre débutant en été). D’un budget de total 500 000 €, ces aides ont bénéficié à 85 associations et plus de 10 000 enfants dans 25 pays.

    Portrait d’En famille, association FLAM des Pays-Bas

    Nous avons interrogé Shirley Heuveling, responsable pédagogique de En famille depuis 2017. elle fut auparavant animatrice pendant de longues années.

    « En Famille », une structure FLAM en pleine expansion

    En famille, fondation FLAM des Pays-Bas, est un exemple typique du fonctionnement de ces entités. Elle fut créée en 2007 dans le salon de quelques mamans qui souhaitaient faire vivre le français dans leur famille. La structure rencontra rapidement le succès et le salon devint rapidement trop petit. La croissance de « En Famille » a été régulière au fil des ans. Aujourd’hui, la fondation est active sur 5 villes des Pays-Bas (Amsterdam, Utrecht, Leiden, Haarlem et La Haye) Elle compte 15 organisateurs et 15 animateurs. En tout, ce sont quelques 200 enfants accueillis au sein de la structure.

    Ces dernières années, En famille a beaucoup travaillé autour de son organisation, s’est professionnalisée pour offrir plusieurs services.

    La réputation de la fondation se fonde sur ses « matinées françaises ». Celles-ci se tiennent une fois tous les 15 jours : des enfants de 18 mois à 11 ans se retrouvent pour faire vivre la langue française et la culture francophone de manière bienveillante et ludique. Les séances, de 45 minutes pour les plus petits et sinon 1h30 sont encadrées par une équipe aux profils variés.

    La fondation propose en outre des ateliers thématiques (notamment la découverte de l’art par la visite de musées) et des cours d’écriture et de lecture.

    Shirley rappelle que le FLAM est le français langue maternelle. Il s’agit donc pas de cours pour apprendre le français mais de cours qui s’adressent à un public bilingue. En Famille se concentre sur l’oral et le ludique. Son objectif est d’avoir une aisance en français avec une ouverture sur la francophonie. Sur les 200 élèves, quelques-uns sont d’ailleurs belges ou canadiens.

    La force de la fondation c’est une équipe soudée composée de profils variés (danseurs, musiciens acteurs, professeur de capoeira). L’équipe est enthousiaste, complémentaire et la dynamique est constante. La communication entre les 5 antennes se passe bien.

    En famille, un concept fort résistant face à la pandémie

    La pandémie est selon Shirley un défi constant. Cela nécessite une adaptation constante aux exigences sanitaires nationales édictées par le RIVM et le GGD, les autorités néerlandaises en la matière.
    Le premier confinement a d’ailleurs permis d’innover. Des contenus en lignes ont été concoctés mutuellement par les animateurs des 5 villes et par tranche d’âge. Ceci implique notamment la création de fiches pédagogiques avec des capsules vidéo.

    Shirley complète en indiquant que des groupes WhatsApp ont été créés pour le partage de contenu par âge et ville.

    Depuis septembre, les matinées ont repris en présentiel avec un protocole mis à jour (à l’exception d’une séance récente). Les parents n’entrent plus dans les locaux sauf ceux des plus petits qui participent aux séances masquées en apportant leur propre tapis. Le partage des fruits n’a plus lieu, chaque enfant consommant son propre fruit.

    Le financement FLAM En famille

    La question du financement est évolutive.  Au début, En Famille a bénéficié du soutien FLAM puis de la réserve parlementaire. En 2018, la fondation a bénéficié d’une aide dans le cadre du dispositif « STAFE ». Elle permit notamment la mise en place des matinées à Haarlem. Depuis, la structure fonctionne avec les cotisations des parents. Comme la structure est à but non-lucratif, elle a déjà donné des séances en raison d’un excédent. Le défi constant aux Pays-Bas est de trouver des locaux. Ces derniers temps, la crise du Covid a mis à jour quelques familles en situation difficile. En Famille envisage la mise en place d’un processus d’aide à celles-ci.

    En Famille se forme

    L’équipe organise toujours une grande journée d’intervision pour fédérer les équipes poursuivre la professionnalisation. Le bureau d’Amsterdam a un contact privilégié avec les différentes villes, les animateurs et organisateurs. Ces journées seront en virtuel cette année. Le défi consiste à poursuivre la professionnalisation et la mise en place d’outils utilisables par tous. Ces prochains mois, un nouveau site Web sera probablement mis en œuvre. De nouveaux locaux devront également être trouvés pour l’antenne d’Amsterdam.

    « La pandémie a montré que les structures FLAM ont un rôle social très important et sont un lien fort avec la langue certes mais aussi la culture française et la France » Shirley Heuveling

    Parapluie FLAM et Joëlle Simpson : l’exemple parfait d’une FLAM réussie

    Joëlle Simpson est devenue au fil des ans une figure presque tutélaire du FLAM. Ingénieure biomédicale clinicienne de formation, elle est devenue enseignante. Joëlle s’investit de longue date pour l’enseignement du français pour les francophones non scolarisés dans le réseau des écoles françaises aux Royaume-Uni. Elle fut longtemps directrice pédagogique de la petite école d’Ealing qu’elle a largement contribué à structurer et faire prospérer.

    Joëlle Simpson : présidente de Parapluie FLAM

    Elle a veillé à établir des programmes avec des niveaux identifiables. La fréquence de ces écoles, 3h par semaine, est assez intense. Le succès de l’établissement fut éclatant. Son nombre passa de 39 à 342 élèves à la fameuse époque de l’exode français vers le Royaume-Uni. Si le succès de l’école de Ealing est une référence, Joëlle souligne également que le public diffère selon les écoles. L’essentiel est d’être d’abord à l’écoute des familles. Une école de province n’aura en effet pas les mêmes besoins qu’une famille de Londres. Les listes d’attente des établissements français y ont parfois été absorbées par les écoles FLAM.

    Avril 2013 : naissance de la fédération des structures FLAM

    La naissance de Parapluie concrétise la volonté de fédérer et mettre en commun efforts, expériences et expertises. Le tout au profit des familles françaises et francophones qui fréquentent, dans tout le pays, les structures FLAM. Cette fédération a été lancée sous l’impulsion de l’Attaché pour le français auprès l’Ambassade de France au Royaume-Uni, Yves Letournel. Cette fédération s’inscrit dans la logique du plan école qu’Olivier Cadic (devenu Sénateur des Français) avait initié à l’époque pour la circonscription. Joëlle en est la présidente et responsable du pôle pédagogique et administratrice. Elle a été reconduite dans ses fonctions lors de l’Assemblée générale de novembre 2020.

    Joëlle souligne que le soutien des autorités françaises du pays a toujours été précieux et que les conseillers ou attachés sont toujours à ce jour des appuis précieux.

    Parapluie FLAM, qui compte plus de 4 500 élèves, 500 enseignant répartis sur plus de 50 écoles, constitue le plus grand réseau FLAM au monde !

    Ce qu’apporte Parapluie FLAM

    La constitution de ce réseau, outre la force de frappe qu’il apporte et la mutualisation des informations et démarches, permet aussi l’organisation de formations sur des thèmes pédagogiques mais aussi sanitaires et légaux (RGPD).

    Joëlle note que Parapluie n’est pas limité aux structures FLAM du Royaume-Uni. Une structure de Slovénie est par exemple membre. La cotisation annuelle coûte 35 €.

    Elle souligne que les parlementaires ont toujours soutenu Parapluie. La réserve parlementaire avait à l’époque permis de financer la réalisation de 10 capsules qui seront prochainement mises à disposition.

    Des projets à la pelle :

    Un développement vers l’Europe du nord est à l’ordre du jour. Joëlle rappelle que l’objectif actuellement est de penser aux écoles isolées et en difficultés. Dans ce cadre, le soutien spécial accordé par l’AEFE est le bienvenu. La proposition du Sénateur Cadic d’un chèque FlAM va aussi dans le bon sens.

    Le site du parapluie sera prochainement mis à jour pour renforcer encore plus les synergies et fédérer enseignants et familles. Joëlle se prend à rêver. Elle pense à la mise en place d’une Ecole virtuelle qui ferait des miracles dans les zones les plus isolées. Joëlle souhaite plus que tout que tous les enfants francophones aient accès à cet enseignement pour que la langue et la culture françaises vivent !

    L’ombre de la pandémie sur le FLAM

    La pandémie du Coronavirus a mis en difficulté le réseau FLAM dans le monde et le Royaume-Uni ne constitue pas une exception à ce triste constat.

    Durant la pandémie, certaines écoles du réseau parapluie ont fait le choix (souvent forcé) de fermer. En effet, les visioconférences nécessitent des compétences et une disponibilité spéciales. Certaines familles ont choisi aussi de faire une pause car le distanciel ne fonctionnaient pas pour elles. Les structures ont noté une grande perte des effectifs depuis la pandémie. Si toutes les écoles avaient repris leurs activités à l’heure de notre entretien (courant novembre), Joëlle notait avec tristesse que chaque école comptait 2 ou 3 familles en difficultés.

    Le mot de la fin

    Joëlle note que le FLAM est porteur d’une énorme espoir et se veut unificateur. La structure est naturellement apolitique et largement soutenue par toutes les forces vives.

    Joelle finit par évoquer le plus grand défi à venir : le Brexit qui cause déjà un casse-tête pour le recrutement… Mais de cela, nous avons convenu d’en reparler lors d’un entretien à venir…

    Cadic et Cazebonne : deux parlementaires au chevet du FLAM

    Olivier Cadic

    Lorsqu’il était élu à l’Assemblée des Français de l’étranger, Olivier Cadic avait contribuée à la mise en place d’un « plan école » en 2008 et fait du FLAM une priorité. Devenu Sénateur, son engagement n’a jamais faibli. Il note d’ailleurs « Le FLAM a connu une croissance remarquable au Royaume-Uni car nous en avons fait un objectif à part entière du plan École lancé à Londres en 2008. Cet objectif visait à mettre en réseau les 13 associations du pays afin d’éviter de réinventer la roue à chaque nouvelle initiative et mettre les bonnes pratiques en commun. Nous avons triplé le nombre d’associations en 5 ans. »

    La recette parapluie

    En rappelant l’historique du parapluie FLAM, le parlementaire souligne « L’expérience montre que cette organisation sous forme de fédération favorise l’éclosion des initiatives et permet aux structures Flam de se développer par l’entraide et le partage d’expérience, à travers une mutualisation des ressources et grâce à des outils associatifs simples et souples. Elle organise chaque année de manière autonome ses événements en harmonie avec le poste diplomatique. Le travail admirable de l’ensemble des membres bénévoles du réseau Flam est aussi incontestablement unes des clés de la réussite. »

    Selon lui, parapluie FLAM « C’est un modèle de réussite de partenariat public-privé qu’il convient de cloner pour accélérer la croissance de ce réseau. Ce dernier pourrait être beaucoup plus développé, si nous appliquions au monde les recettes qui ont fonctionné outre-Manche. »

    Constat édifiant pour l’apprentissage du français

    Olivier Cadic nous rappelle qu’actuellement dans de nombreux pays, entre 50 à 80% des Français nés à l’étranger ne maitrisent pas notre langue et que 80% des enfants français résidant à l’étranger ne fréquentent pas le réseau des écoles AEFE ! Les associations FLAM viennent donc d’une volonté de parents qui souhaitent un apprentissage en français pour leurs enfants qui ne peuvent accéder aux écoles de l’AEFE soit pour des raisons de coûts ; soit pour des raisons d’éloignement ; soit par nécessité de se conformer à l’enseignement du pays local. Il estime que l’agence pour l’Enseignement français à l’étranger (AEFE) qui gère la distribution d’une modeste enveloppe budgétaire attribuée aux structures FLAM n’a toutefois jamais consenti de réels efforts pour l’animer. En effet, ajoute-t-il, ce n’est pas sa mission première. Celle-ci est de développer l’enseignement français et non pas l’enseignement du français.

    Le sénateur est convaincu que la croissance du FLAM serait beaucoup plus dynamique si la gestion en était confiée à l’Institut Français. Actuellement, les associations FLAM s’appuient d’ailleurs souvent sur les Instituts et les Alliances pour fonctionner et sur les ressources fournies par France Éducation International. Selon lui, le FLAM serait une source de motivation pour l’Institut Français et les Alliances qui pourraient développer plus facilement des solutions économiques locales de soutien au travers des associations FLAM.

    Un chèque éducation : un moyen de vraiment faire vivre le français

    En tant que parlementaire, Olivier Cadic avait proposé en 2014 la création d’un « chèque éducation ». Ce chèque pourrait être utilisé par chaque enfant français pour faire vivre le français au sein de la structure qui convient le mieux à ses besoins. A l’époque, cette idée n’avait pas été soutenue. Elle aurait pourtant permis l’accès à tous les Français hors réseau AEFE d’accéder à un apprentissage du français par le CNED ; l’institut, une alliance ou une structure FLAM et le passage des certifications Delft.

    Chiffres AEFE : un budget FLAM infime

    Olivier Cadic rappelle que l’AEFE reçoit plus de 410 Millions d’euros de subvention et plus de 100 millions pour les bourses chaque année. En même temps, l’agence répartit environ 300 000 euros d’aide pour FLAM. Celle-ci concerne potentiellement 4 enfants français de l’étranger sur cinq.

    Le parlementaire déplore « chaque fois que j’ai réclamé cette mesure financière pour prendre en compte ceux qui ne sont pas dans le réseau AEFE, l’idée a toujours été combattue par la gauche dans l’hémicycle. J’y vois un dogmatisme qui s’oppose à toute démarche éducative susceptible de s’affranchir de la tutelle de l’AEFE. Lorsqu’un ministre fixera pour objectif que chaque Français à l’étranger parle français, alors nul doute que l’on cherchera un moyen simple et efficace comme ce chèque éducation pour y parvenir. »

    Chèque FLAM : remède financier à la pandémie

    La pandémie touche beaucoup les structures FLAM. Actuellement deux ou trois familles d’écoles FLAM sont touchés par la crise au point de ne plus pouvoir verser la cotisation, même si son montant est modeste. La situation est critique et il convient d’agir vite.

    C’est le sens de l’amendement présenté par le sénateur dans le cadre du projet de loi de finances 2021. Il vise à allouer 150 000 euros afin de créer un « Chèque Education Flam » au bénéfice de parents qui rencontrent des difficultés financières du fait de la crise. Cet amendement a été adopté par le Sénat ce 27 novembre 2020 après un avis de sagesse de la commission des finances du Sénat et du ministre Jean-Yves Le Drian.

    « Cet amendement constitue un acte politique plus que financier. Le Sénat l’a compris et l’a voté, ce dont je me félicite. »

    Le sénateur conclut en soulignant l’action de Samantha Cazebonne, parlementaire influente et dévouée à la cause de l’enseignement français et du français à l’étranger. Ce « chèque éducation FLAM » correspond à l’aspiration qu’elle a exprimée. Son soutien peut contribuer à rassembler les énergies afin d’aboutir à sa concrétisation.

    Samantha Cazebonne : une députée très impliquée pour le FLAM et les questions d’enseignement

    Samantha Cazebonne

    Depuis son élection, Samantha Cazebonne est pleinement impliquée sur les questions d’enseignement. Elle est notamment l’auteure d’un rapport sur l’Enseignement Français à l’étranger. Le 6 novembre 2020, elle a organisé un colloque en ligne sur le FLAM. En préambule, la députée a rappelé que les FLAM n’avaient plus été réunies depuis les Assises FLAM 2012. Ceci alors que leur développement, leur façon de fonctionner (notamment en fédérations), les activités proposées ainsi que les attentes des familles ont beaucoup évolué.

    Un colloque virtuel mais bien réel !

    Cet événement a vu la participation active de plusieurs responsables FLAM, notamment Marine Havel, présidente de la fédération FLAM USA et Stéphanie Adélaïde, présidente de la France Ô Si. Lors de ce colloque, différentes parties prenantes sont intervenues et ont revisité la place des FLAM au sein du réseau AEFE et leur évolution depuis 2012.

    Ce colloque a démontré un plein soutien du Secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne et de Jean-François Pactet, directeur adjoint de la Culture, de l’Enseignement et de la Recherche du réseau au sein de la Direction générale de la Mondialisation, dans cette redéfinition du rôle des FLAM.

    Le directeur de l’AEFE, Olivier Brochet, a rappelé l’importance d’une collaboration étroite avec les différentes structures.

    Des défis multiples

    La députée Cazebonne souligne la nécessité de procéder à une transition entre les FLAM version « historique » à savoir avant tout des associations qui proposent des activités culturelles et ludiques pour maintenir le lien avec la langue maternelle des enfants français scolarisés dans le système éducatif local et les FLAM version 2.0 qui démontrent une approche de plus en plus répandue qui tend à proposer une offre également éducative pour ces enfants, avec le support ou non du CNED, et avec la possibilité de se présenter à des examens. Cette dernière s’inscrit pleinement dans les autres offres éducatives de l’enseignement français à l’étranger et devrait, explique Mme Cazebonne, être intégrée à ce réseau, notamment à travers la formation ou la prise en compte dans les plans de développement du réseau.

    La pandémie au cœur des préoccupations

    Bien entendu, le défi le plus actuel est de traverser la pandémie qui a engendré une baisse d’activité : on note ainsi une baisse de 40% d’effectifs et des déficits cumulés s’élevant à plusieurs centaines de milliers d’euros. Lors du colloque, la députée a évoqué des pistes permettant d’aider les familles FLAM touchées par la crise économique en soulignant que l’AEFE avait pu être créative en accordant des bourses COVID à des familles non françaises. La députée souligne que toute éventuelle innovation dans les possibilités de financement relève du budget 2021 de l’AEFE.

    « J’y prendrai ma part en tant que membre du CA, mais également comme parlementaire, en échangeant étroitement avec la DGM, en charge du réseau, comme je l’ai fait avec d’autres élus pour les familles de toutes nationalités des établissements scolaires français à l’étranger. »

    Des pistes pour l’AEFE

    Lors du colloque, parmi les problématiques évoquées, figuraient les liens avec Instituts et Alliances. Les FLAM ont été invitées en tant qu’experts au CA de l’AEFE de novembre dernier à la demande de la députée. Ceci dans l’objectif d’obtenir une meilleure intégration au réseau et aux organes de consultation et de gouvernance. Voici les pistes que ces experts ont formulées.

    • Des formations communes avec le réseau, une plateforme d’auto-formation, une meilleure accessibilité aux outils en ligne par nos enseignants.
    • Un plan de communication dédié aux FLAM. Des relais auprès des réseaux diplomatiques, consulaires, et des passerelles avec le reste du réseau homologué
    • Une Représentation FLAM dans les différentes réunions concernant l’Enseignement du Français à l’étranger (EFE). Prise en compte des élèves FLAM dans la stratégie de doublement du réseau EFE.
    • Des Subventions à adapter aux missions des FLAM 2.0 : progressive, adaptée au nombre croissant d’élèves et sites créés,
    • Ouverture des bourses aux familles françaises inscrites dans les FLAM
    • Pérenniser les subventions aux regroupements pour leurs missions en accordant des fonds pour les permanents aujourd’hui bénévoles

    En guise de conclusion, la députée rappelle les activités de la fédération FLAM monde qui s’est créée durant le confinement et qui coopère d’ores et déjà avec des services de l’AEFE.

  • La France va (enfin) accélérer sa campagne de vaccination !

    La France va (enfin) accélérer sa campagne de vaccination !

    Jean-Baptiste Lemoyne a promis que tous les expatriés seront vaccinés soit par leur état de résidence soit par la France. Cependant, dans les couloirs, des sources proches du ministère invitent les expatriés à se renseigner auprès de leur pays d’accueil pour obtenir le fameux vaccin. En effet, la France semble déjà peiner à lancer la campagne de vaccination sur le territoire national.

    Moins de 500 personnes vaccinées

    Six jours après les premières vaccinations contre le Covid-19, la France est en retard sur ses voisins européens. Lancée le 27 décembre dernier, la campagne de vaccination a, pour le moment, permis d’immuniser seulement 489 personnes contre plus de 944.000 au Royaume-Uni, où la campagne de vaccination a commencé dès le 8 décembre, premier du classement en Europe.

    «Mais se passe-t’il ? (…)Nous avons vraiment l’air bête par rapport aux autres pays»

    L’urgentiste Patrick Pelloux sur Twitter.

    Au total, 9,8 millions de personnes ont déjà été vaccinées dans le monde. La Chine est le pays qui a le plus vacciné pour le moment avec plus de quatre millions de doses distribuées, suivi des États-Unis (2,7 millions) et d’Israël (1 million). Une partie des difficultés tient au nombre relativement faible de commandes effectuées par l’UE pour ses 27 pays membres, avec un contrat signé seulement en novembre, plus tard que d’autres pays.

    Au Danemark par exemple, près de 30.000 personnes, dont la reine Margrethe II, sur les 5,8 millions d’habitants, traditionnellement enclins à suivre les recommandations des autorités sanitaires, ont reçu une injection du vaccin Pfizer/BioNTech depuis le début de la campagne de vaccination le 27 décembre.

    Accélération programmée

    Trop timide, la campagne vaccinale menée en France contre le coronavirus depuis le 27 décembre ? Les nombreuses critiques entendues ces derniers jours ont, semble-t-il, fini par atteindre le sommet de l’État. Sur Twitter, le ministre de la Santé et des Solidarités, Olivier Véran, a déclaré le 31 décembre que le plan hexagonal a été revu pour permettre d’avancer le calendrier pour certains publics.

    Initialement, le plan sanitaire français pour les professionnels des secteurs de la santé et du médico-social âgés de 50 ans et plus et/ou présentant une ou des comorbidités ne prévoyait pas de les faire passer par la case vaccin avant février ou mars 2021, c’est-à-dire lors de la phase 2 de la stratégie nationale, en même temps que les personnes âgées de plus de 75 ans vivant à domicile, et les personnes âgées de 65 à 74 ans.

    « Bientôt plus d’une centaine d’hôpitaux équipés pourront les délivrer chaque jour, sur tout le territoire métropolitain et en Outre-mer » « De plus, avant la début février, de premiers centres de vaccination ouvriront en ville pour commencer à vacciner les personnes âgées de 75 ans et plus, puis les 65 ans et plus, etc ». En clair, «  la campagne vaccinale va bientôt prendre de l’ampleur ».

    Olivier Veran

    « Dans quelques semaines, la vaccination aura été proposée à l’ensemble des personnes âgées, et nous serons au même niveau que les pays qui ont procédé différemment », selon le ministre. Ce démarrage modeste est à mettre sur le compte de priorisation de certains publics, mais aussi du fait du défi logistique que constitue ce vaccin et de la nécessité du temps de recueil du consentement éclairé des patients.

    Trop de lourdeurs administratives

    Depuis le 27 décembre, des critiques se font entendre venant de la classe politique, mais aussi des soignants et même de l’Académie nationale de médecine. Celle-ci pointe des « précautions excessives » risquant de provoquer « une incompréhension croissante vis-à-vis d’une campagne dont le coup d’envoi semble manquer de détermination ». Pour l’heure, ce « premier bilan est difficile à défendre » face aux autres pays.

    L’institution avait alors accompagné ses critiques de recommandations, pour accélérer le rythme sans pour autant se précipiter. Entre autres choses, elle plaide pour un allégement administratif de la procédure vaccinale, conseille de se focaliser sur les territoires les plus touchés par l’épidémie et invite les autorités à se montrer transparentes sur l’état des stocks de vaccins disponibles.

    À l’Élysée, ces critiques ont visiblement fait mouche. Lors de ses vœux aux Françaises et aux Français, le président de la République Emmanuel Macron a déclaré qu’il ne « laissera pas davantage, pour de mauvaises raisons, une lenteur injustifiée s’installer : chaque Français qui le souhaite doit pouvoir se faire vacciner. De manière sûre et dans le bon ordre, en commençant par ceux qui présentent le plus de risques ».

  • Brexit : le jour d’après

    Brexit : le jour d’après

    Le mercredi 30 décembre, les députés britanniques ont approuvé l’accord de libre-échange conclu entre Londres et Bruxelles clôturant le feuilleton du Brexit.

    Le Royaume-Uni, est officiellement sorti de l’UE le 31 janvier dernier. Il quitte donc ce jeudi 31 décembre 2020 à 23h00 GMT le marché unique, l’union douanière et le programme Erasmus. 

    1er janvier 2021 : les changements ! 

    Selon le Député LREM des Français d’Europe du Nord, Alexandre Holroyd, il y aura des conséquences concrètes aux frontières. 

    “Pour le commerce, l’Accord entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne prévoit qu’i n’y aura ni tarifs ni quotas, c’est une excellente nouvelle pour toutes les entreprises. Néanmoins, des contrôles supplémentaires seront effectués aux frontières, tels que les contrôles de sécurité et les déclarations en douane, de sorte que les entreprises qui dépendent du transport de marchandises à destination et en provenance de l’UE devront être prêtes. Le gouvernement français est aux côtés de toutes les entreprises concernées pour les accompagner face à ces nouvelles démarches.”

    Alexandre Holroyd, Député LREM des Français d’Europe du Nord

    Fin d’Eramus +

    « Mon regret ce n’est pas seulement à cause d’Erasmus. Si j’ai un regret c’est que le Royaume-Uni soit sorti de l’Union Européenne. On voit que les choses sont beaucoup trop compliquées. Après la décision de Boris Johnson de ne pas rejoindre Erasmus alors que même d’autres pays qui ne sont pas dans l’Union Européenne sont dans l’Erasmus m’a un peu surpris et beaucoup déçu. Maintenant on verra ce qu’il va proposer. C’est vrai que le programme Erasmus a bénéficié à beaucoup de jeunes, tant de jeunes qui étaient du Royaume-Uni. On verra ce qu’il va présenter. Pour l’instant ce n’est pas très clair. »   

    Olivier Cadic – Sénateur des Français de l’Etranger, ancien expatrié au Royaume-Uni

    Si vous êtes étudiant français au Royaume-Uni, sachez que le pays a choisi de ne plus participer au programme d’échanges d’Erasmus+. De ce fait, il deviendra un « pays tiers » et ne pourra être une destination que dans le cadre de la dimension internationale du programme. Concrètement les facultés britanniques, qui étaient accessibles au tarif des université françaises, appliqueront les grilles tarifaires dédiées aux étrangers (soit une scolarité entre 7000 et 30 000 euros l’année). 

    Pour les étudiants qui ont déjà commencé leur cursus universitaire dans une université britannique, vous pouvez continuer à suivre vos cours en obtenant un « pre-settled » ou « settlement scheme for EU citizens. » .

    Si vous arrivez après le 1er janvier 2021, vous devez être muni d’un visa étudiant (payant) avant votre entrée sur le territoire britannique.

    Enfin, si vous avez le pre-settled status et que vous vous êtes absenté du Royaume-Uni, soyez attentif à ce que cette absence ne soit pas supérieure à 6 mois sur une période de 12 mois. Sans quoi, vous risquez de perdre la possibilité de convertir votre pre-settled status dans le futur.

    150 000 français en « settlement scheme for EU citizens »

     “l’Accord de retrait entrée en vigueur au 1er février 2020, protège les droits acquis des citoyens européens installés au Royaume-Uni. Droit de travailler, accès à la sécurité sociale, facilité pour louer un logement, toutes ces démarches sont inchangées. La protection est confirmée par la détention du settled ou pre-settled status dont il faut faire la demande avant le 30 juin 2021. Plus de 150 000 Français ont déjà fait la demande et il faut s’assurer aujourd’hui que la totalité de la communauté française soit recensée. » Alexandre Holdroyd

    Malgré une protection des expatriés installés au Royaume-Uni inscrite dans l’accord de retrait, des complications sont à prévoir.  Par exemple, aucune nouvelle carte européenne d’assurance maladie ne sera attribuée. Celles renouvelées en 2020 resteront valables jusqu’à leur expiration. Pour la téléphonie, les opérateurs n’ont pas prévu de changement pour ces prochains mois.

    Toutes les autres informations sont sur le site web du gouvernement français ainsi sur le compte Twitter de l’Ambassade de France au Royaume-Uni.

    Aura-t-on besoin d’un visa pour voyager? 

    Jusqu’au 1er octobre 2021, il sera toujours possible de venir au Royaume-Uni avec une carte d’identité ou un passeport en cours de validité. Après cette date, la carte d’identité ne suffira plus pour traverser la Manche et il faudra obligatoirement se munir de votre passeport. Les autorités britanniques ne devraient pas tamponner les passeports européens.     

    Pour les résidents français au Royaume-Uni qui ont le « settled » ou le « pre-settled status », la carte d’identité restera valable jusqu’en 2025. 

    Cependant, l’administration britannique ne distribue pas de titre physique pour le programme « settled », il faudra être attentif et muni de preuves de résidence lors du passage de la douane. 

    Des contrôles a la douane ?   

    Et il y aura souvent des contrôles des douanes avant l’embarcation ou pendant le trajet. Beaucoup de formalités et de paperasse qui pourrait allonger le temps de voyage.    

    Le tourisme préservé 

    Comme le rappelle le Sénateur des Français établis hors de France, Olivier Cadic, les Français « n’ont pas besoin d’un visa au Royaume-Uni en ce moment. Vous pouvez venir comme vous le souhaitez. Si vous venez pour 2-3 semaines, vous pouvez circulez sans visa.»

    Les inquiétudes du Sénateur Cadic

    Les plus grands changements s’appliqueront au commerce. Comme nous l’avons exposé dans un autre article, si il n’y a pas de taxation, il y aura bien de nombreuses étapes aux procédures d’exportation comme d’importation. 

    « A partir normalement du 1er janvier c’est plus le secteur professionnel qui sera touché. Pour certains ils auront des déclarations de douane à faire. Maintenant selon les produits il faudrait les présenter au moment du passage de la douane. Maintenant on sait qu’il y a un Deal, il y a un certain nombre de produits. Tout est référencé sur brexit.gouv.fr donc on a les informations qui nous permettent suite au Deal de déterminer en fonction des types de produits ce qu’il y aura à faire. »

    Olivier Cadic – Sénateur des Français de l’Etranger, ancien expatrié au Royaume-Uni
    ©AFP

    Les expatriés continuent de circuler 

    Alors que la Grande-Bretagne prend le large, les expatriés continent à vivre. Certains partent et d’autres arrivement comme Gauthier. Il vient d’arriver à Londres, ce 31 décembre, par Eurostar au train de 17h26

    « Je réside ici depuis aujourd’hui. Je viens faire un stage. C’est un tout nouvel endroit. Je suis déjà venu quelques fois mais c’est la première fois que je vis vraiment. » Il a appris trop tard qu’il fallait faire un visa « Sinon je serais venu après. Je n’ai pas eu le temps de faire les bonnes démarches. Donc j’ai choisi de venir juste avant. » Il va s’inscrire pour avoir le « settled status » ou le « pre settled status. »

    Il n’a pas vraiment d’inquiétudes sur les conséquences du Brexit sur sa vie. 

    Témoignage de Gauthier

    Quant à Jade, étudiante à Londres mais qui a passé le « premier semestre à Paris en ligne. » Elle se demande si ça sera plus simple de faire les allers-retours Paris-Londres et s’il y aura des problèmes à la douane et pour elle « le système de visa coute assez cher. Même les visas étudiants. C’est pourquoi je suis arrivé le 31 décembre 2020 pour éviter ce problème de visa. » 

    Témoignage de Jade

    « Je m’appelle Boris comme votre Premier Ministre »

    Boris a choisi le 31 décembre 2020 pour rentrer à Londres car pour lui c’était « assez symbolique. » Il voulait éviter les problèmes de retard. On ne savait pas il y a quelques jours comment la Grande-Bretagne allait quitter l’Union Européenne. « En étant un peu prévoyant je voulais rentrer avant la date du 1er janvier. C’est pourquoi que j’ai choisi ce train. »

    Témoignage de Boris

    Il a obtenu le « settled status » car Boris vit à Londres depuis cinq ans. 

    « Si on peut faire confiance au gouvernement anglais à priori il n’y aura pas de problèmes pour les gens comme moi. C’est une page qui tourne. Ça va être différent. Je n’ai pas d’inquiétudes d’un point de vue commercial et économique. Je pense que les Britanniques sauront faire avec le Brexit. « 

    Boris, un expatrié français au Royaume-Uni

    Boris a des inquiétudes par rapport au pays. « Le Brexit a beaucoup divisé politiquement et géographiquement aussi. On a revu les divisions avec l’Ecosse et l’Irlande du Nord et peut être même le Pays de Galles à paraître et ça ce n’est pas une bonne chose donc c’est un bilan mitigé. » 

    L’année 2021 sera donc l’année de toutes les vérités pour le Royaume-Uni, son intégrité, sa résilience économique. Les expatriés devront trouver leurs places dans ce pays désormais pleinement étranger à la France mais qui reste comme l’a rappelé le Président de la République lors de allocution du 31 décembre, « notre voisin, ami et allié ».          

  • Sortie au Japon de « Gogo » un documentaire de  Pascal Plisson

    Sortie au Japon de « Gogo » un documentaire de Pascal Plisson

    Le film de Pascal Plisson, produit par Marie Tauzia (production Ladybirds), aurait dû sortir en France le 13 janvier. Covid oblige, sa sortie a été reportée. Par contre il existe des pays où les cinémas peuvent encore accueillir du public, dont le Japon. La dernière oeuvre du célèbre documentariste, césarisé, est donc sorti au pays du Soleil Levant le 25 décembre 2020. Rencontre avec la productrice (Podcast audio en fin d’article) et immersion dans l’univers de Pascal Plisson à la rencontre de Gogo, la plus vieille écolière du monde.

    Affiche du film ©Ladybirds

    Pascal Plisson, un documentariste-voyageur

    Pascal Plisson est un cinéaste voyageur qui parcourt le monde depuis de nombreuses années, filmant avec un mélange savant de distance et d’intimité la réalité des peuples qu’il rencontre. Réalité quotidienne mais aussi sociologique, illustrée chaque fois par le destin des personnages auxquels il s’attache. Mais c’est aussi un amoureux des grands paysages fascinants de notre planète, dont il a su mieux que personne restituer la beauté, notamment dans la série « Vu du ciel », avec Yann Arthus-Bertrand.

    Ce réalisateur et scénariste français a réalisé des films comme Massaï, les guerriers de la pluie (2004) ou Les mystères de Clipperton (2005). Son documentaire Sur le chemin de l’école (2013) remporte le César du Meilleur film documentaire.

    Outre sa carrière de réalisateur, il a co-signé en 2009 le scénario du film Safari d’Olivier Baroux.

    Un engagement récompensé par l’Unesco

    Pascal Plisson est ambassadeur pour l’association Aide et Action afin de faire partager ses expériences de terrain au plus grand nombre en tant qu’observateur dans le milieu éducatif. Il souhaite poursuivre son exploration cinématographique de l’enfance et son éducation, sous ses diverses formes, à travers le monde. Cette valorisation de l’action éducative est tellement incarnée dans ses films que l’Unesco est également partenaire de son précédent film et de celui-ci.

    Gogo, la plus vieille écolière du monde

    Pascal Plisson et la société de production Ladybirds nous invitent dans cette dernière oeuvre a rencontré une élève particulière, qui brise tous les codes de sa culture.

    À 94 ans, Gogo intègre l’école de son village et devient la plus vieille écolière du monde. Mère de trois enfants, sage-femme depuis 75 ans, elle partage aujourd’hui les bancs de l’école avec des maîtresses et des élèves qu’elle a fait naître. Encouragée par ses 54 arrière-petits-enfants et l’école tout entière, la doyenne des écolières se lance un défi : réussir son examen de fin de primaire et prouver qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre !

    Pour connaitre les séances de cinéma cliquez-ici

    Podcast Audio avec Marie Tauzia, la productrice du film

    Bande annonce de Gogo

    Dans les salles au Japon le 25 décembre 2020

  • Au pied du mur

    Au pied du mur

    Spirales dépressives et sorties de crise

    Avec la chute du mur de Berlin en 1989, et la disparition de l’URSS, les démocraties libérales, au premier rang desquelles les Etats-Unis, représentaient la forme rationnelle d’organisation politique et économique. Trente ans plus tard, la fin de l’Histoire annoncée par Fukuyama ne s’est pas réalisée. Celle-ci est redevenue tragique avec le retour de l’extrémisme religieux, du nationalisme, des crises économiques et des épidémies. 

    Tant sur le plan économique que sociétal, les démocraties occidentales sont concurrencées par des systèmes autoritaires récusant le libéralisme. Le modèle démocratique est contesté à l’extérieur car il est une source de remise en cause des pouvoirs établis. Les démocraties sont également contestées en leur sein par une partie de la population. L’esprit de consensus qui en est l’une des pierres angulaires est de plus en plus difficile à obtenir aux Etats-Unis comme en Europe.

    Le modèle démocratique contesté à l’intérieur et à l’extérieur 

    L’émergence, des réseaux sociaux comme nouveau pouvoir met à mal le système représentatif qui peine à jouer son rôle d’intermédiation et d’aiguillon. La violence sociale et politique, qui s’était fortement atténuée ces quarante dernières années, revient en force. Sous couvert d’anonymat, tout un chacun peut déverser son fiel sur la toile et diffamer ses élus, ses professeurs ou ses voisins. 

    Les démocraties sont par nature fragiles car leur légitimité repose sur le droit et la confiance plus que sur la force ou sur une transcendance divine. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’adhésion populaire s’est bâtie sur une redistribution des gains de la croissance; avec son délitement, ce mécanisme s’est enrayé. Pour maintenir un minimum de cohésion sociale, les gouvernements ont multiplié les prestations sociales qui absorbent, chaque année, le tiers du PIB en France.

    Socialisation

    La socialisation croissante des revenus n’empêche pas le sentiment de défiance de progresser à l’encontre des dirigeants, accusés à tort ou à raison de tout et de son contraire. L’épidémie de covid-19 est intervenue dix ans après la crise des subprimes dont les stigmates tardaient à s’effacer en Europe. Cette dernière a été vécue, à l’intérieur comme à l’extérieur des pays occidentaux, comme la fin de l’infaillibilité du capitalisme libéral. 

    L’épidémie de covid-19 a conforté l’idée du déclin des démocraties tant sur le plan des valeurs que sur celui de l’économie. La Chine s’enorgueillit d’avoir jugulé l’épidémie en quelques mois quand les pays occidentaux sont à la peine et subissent une série de vagues virales. 

    2021 sera donc cruciale pour les démocraties occidentales, avec l’arrivée de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis et d’un nouveau chancelier en Allemagne. L’épidémie devrait encore marquer de son empreinte le premier semestre avant, espérons-le, de progressivement s’amoindrir avec la montée en puissance de la vaccination. A compter de l’été, la croissance pourrait, enfin, se stabiliser.

    Sorties de crise, dangers

    Néanmoins, nul n’ignore que les sorties de crise sont toujours les zones de tous les dangers, les frustrations accumulées pendant des mois ayant tendance à s’exprimer violement. Le pilotage économique et financier sera déterminant, sachant que sa réussite sera également conditionnée au comportement des acteurs privés que sont les ménages et les entreprises. 

    La capacité à retrouver un minimum d’unité en interne et de coopération en externe sera déterminante pour mettre un terme à la spirale dépressive des démocraties. 

  • Comment va-t-on voyager en 2021 ?

    Comment va-t-on voyager en 2021 ?

    Passeport sanitaire, vaccins, assurance obligatoire… 

    Le marché du tourisme ne cesse d’évoluer ces dernières années. Les voyages se sont démocratisés, les compagnies aériennes multipliées et les frontières s’ouvrent à tous. Mais en 2020, la crise sanitaire mondiale a modifié l’ordre établi et les voyages ont été stoppés dans leur progression. Alors comment voyager en 2021 ?   

    Alors que l’on pouvait jusqu’à présent voyager comme bon nous semble, les cartes sont désormais redistribuées avec la Covid-19. 

    Avec ces nouvelles règles, comment allons-nous voyager en 2021 ? Quelles exigences les pays vont-ils mettre en place ? Pourra-t-on voyager comme on le faisait ? Tour d’horizon des enjeux pour 2021 en terme de voyages. 

    L’assurance voyage se généralise

    Jusqu’à présent facultative pour la plupart des destinations, l’assurance voyage devient l’un des éléments obligatoires à détenir pour voyager à l’international. Avant la crise sanitaire, 6 pays imposaient l’assurance voyage pour pouvoir rentrer sur leur territoire : la Chine, Cuba, la Mongolie, l’Algérie, la Russie et l’Arabie Saoudite. Désormais, la liste des pays imposants une assurance voyage ne cesse de s’allonger. Parmi eux, la Namibie, le Costa Rica, le Brésil, la Jordanie ou encore la Thaïlande. La liste des pays qui imposent une assurance voyage évolue rapidement et il convient de consulter régulièrement le site France Diplomatie pour connaître les dernières exigences. Vous pouvez également retrouver l’intégralité des ambassades par pays sur notre article dédié à l’ouverture des frontières

    Pour le pays d’accueil, imposer une assurance voyage est une garantie que les visiteurs pourront être pris en charge financièrement en cas de maladie ou d’hospitalisation. Avec la crise sanitaire actuelle, qui engorge les hôpitaux du monde entier, les pays ne peuvent pas prendre le risque de supporter financièrement la prise en charge de touristes en dépit de la population locale. 

    Ainsi, la plupart des assurances voyage se sont adaptées et proposent désormais des attestations complémentaires aux contrats existants. AVA Assurances, AVI, Chapka, toutes ces assurances voyage proposent désormais des attestations spéciales selon le pays de destination. 

    Une vaccination obligatoire ? 

    Et si c’était la solution pour voyager à nouveau sans contrainte ?

    Certains pays l’ont annoncé, la vaccination pourrait devenir obligatoire afin de pouvoir rentrer sur leur territoire. La France, qui a débuté sa phase de vaccination le 27 décembre, n’a pas rendu cette pratique obligatoire, aussi bien pour les Français que pour les internationaux qui souhaitent entrer en France. 

    Clément Beaune, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes assure que cette mesure ne sera pas généralisée en Europe. La vaccination restera facultative : « Nous ne pouvons interdire aux travailleurs frontaliers de voyager en attendant qu’ils soient vaccinés ». Il semblerait donc que la vaccination au niveau européen ne soit pas encore abordée. 

    « Nous ne pouvons interdire aux travailleurs frontaliers de voyager en attendant qu’ils soient vaccinés »

    Clément Beaune, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes

    En revanche, à l’international, des pays ce sont déjà positionnés. L’un des premiers pays à avoir annoncé sa volonté d’imposer le vaccin est l’Australie. En effet, plusieurs membres du gouvernement se sont prononcés dans ce sens. Toute personne qui souhaitera entrer sur le territoire australien devra donc au préalable être vacciné contre la COVID-19. Aucune décision définitive n’a été prise pour le moment, mais le pays étant pratiquement sorti d’affaire, des décisions radicales sont à prévoir. 

    En France, les avis concernant le vaccin et la vaccination sont d’ailleurs très défavorables. Selon un sondage Ifop, seul 4 Français sur 10 souhaitent se faire vacciner. La France est ainsi le plus réfractaire au monde à se faire vacciner. 

    La création d’un passeport sanitaire 

    Un autre événement pourrait voir le jour en 2021 et modifier notre façon de voyager. Il s’agit du passeport sanitaire, proposé par l’Association Internationale du Transport Aérien (AITA). Ce TravelPass, dont le plan a été dévoilé le 23 novembre, pourra stocker des informations en lien avec notre état de santé. En effet, sur le passeport sanitaire pourront figurer les informations relatives aux vaccins et aux tests réalisés par les passagers. Les quarantaines à l’arrivée pourraient alors disparaître, car seuls les voyageurs répondant à toutes les exigences pourront voyager et entrer dans le pays de leur choix. Le passeport sanitaire n’était qu’une proposition de l’AITA, mais l’idée semble faire un bout de chemin. Selon RTL, 170 aéroports internationaux seraient prêts à reconnaître le système.

    En effet, un projet de loi prévoit une refonte des systèmes d’informations et de santé. Ainsi, l’article L. 3131-9, n°6 de la section 2 indique que « le Premier ministre peut […] subordonner les déplacements des personnes, leur accès aux moyens de transports ou à certains lieux […] à la présentation des résultats d’un test de dépistage établissant que la personne n’est pas affectée ou contaminée, au suivi d’un traitement préventif, y compris à l’administration d’un vaccin, ou d’un traitement curatif« . 

    En d’autres termes, le Premier ministre pourrait prendre des mesures pour limiter les déplacements des personnes non vaccinées, et donc la création d’un « passeport vert » permettrait à chacun de se déplacer librement. Le projet est toujours en cours et rien n’est défini pour le moment.

    Les compagnies aériennes pourront contrôler l’accès aux passagers 

    Face à une baisse de 60% de leur chiffre d’affaire en moyenne, les compagnies aériennes ont également été touchées par la crise sanitaire. Et si les pays ne prennent pas les mesures nécessaires pour limiter la propagation du virus, les compagnies aériennes pourraient bien prendre les devants. C’est ce qu’à fait Qantas, compagnie australienne, avec une annonce forte. Le PDG a ainsi déclaré le 23 novembre dernier que la vaccination serait obligatoire pour les voyageurs internationaux qui souhaitent monter sur l’un de leur vol. 

    Qantas est pour le moment la seule compagnie à s’être exprimée avec autant de certitude sur le sujet. Les autres grandes compagnies restent sur leurs gardes. Japan Airlines indique simplement que les passagers doivent suivre les règles du pays de destination. Easyjet n’est également pas pour une vaccination de l’ensemble de ses passagers. 

    Alors les compagnies ont-elles le droit de refuser des passagers non vaccinés ? Oui et Non ! Si le pays de destination impose la vaccination aux personnes qui arrivent, la compagnie aérienne peut alors refuser l’accès à certaines personnes. En revanche, si aucune condition n’est exigée à l’arrivée, en théorie, la compagnie ne peut pas refuser de passager. Des zones d’ombres qu’il faudra rapidement éclaircir pour que les voyages reprennent sereinement. 

    Ainsi, cette crise sanitaire mondiale a modifié notre façon de voyager mais risque à terme, de la modifier de façon durable. Les déplacements pourront être contrôlés, les compagnies ou les gouvernements auront un droit de regard sur les voyageurs, etc. Toutes ces perspectives ne sont aujourd’hui pas mises en application. Les prochains mois seront ainsi décisifs, notamment suivant l’évolution de l’épidémie, afin de ne pas propager d’avantage le virus. Reste à savoir si les voyageurs seront prêts à se plier à ces nouvelles restrictions afin de pouvoir voyager à nouveau.

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