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  • Les slogans anti-covid à travers le monde

    Les slogans anti-covid à travers le monde

    « Dedans avec les miens, dehors en citoyen ». C’est une toute nouvelle formule que l’exécutif français va s’efforcer de marteler dans l’esprit de nos compatriotes dans les semaines qui viennent en réponse à la reprise de l’épidémie en France. Mais ce ce n’est pas le seul à inventer des slogans anti-covid, les gouvernements ont fait preuve d’une grande inventivité !

    Un accueil mitigé en France

    Si le gouvernement se veut désormais clair avec ce nouveau slogan, force est de constater qu’il doit accompagner celui-ci d’une notice d’explication où est écrit ce qui est autorisé, et ce qui ne l’est plus. Autre précision de l’exécutif: ces recommandations ne s’appliquent qu’aux « zones avec restrictions sanitaires renforcées » et ne sont donc pas adressées à l’ensemble de la population française.

    « Quand on doit accompagner son slogan d’une notice c’est bien que c’est raté, or le sujet était d’importance »

    Matthieu Croissandeau. L’éditorialiste politique de BFMTV

    Allemagne : « ma discipline est notre meilleure médecine »

    Outre-Rhin, on joue la carte de la sobriété affichée sur les panneaux publicitaires: « Meine Disziplin ist unsere beste Medizin » (ma discipline est notre meilleure médecine, ndlr). Une formule qui lie l’individuel, le particulier et le collectif, ici aussi avec une rime et un hashtag #ZusammenGegenCorona (Ensemble contre le coronavirus).

    Autre campagne menée en Allemagne: celle de la lutte contre les personnes en état dépressif à cause du contexte sanitaire. Le slogan « Es ist okay » (tout va bien ndlr) est notamment affiché dans les rues berlinoises pour rappeler à la population, notamment les plus jeunes, que l’épidémie, bien que longue, est temporaire.

    Le poids des mots au Royaume-Uni

    Au Royaume-Uni on fait court avec trois injonctions « Stay Home, Protect the NHS, Save lives ». Le message est des plus clairs: « restez chez vous, protégez notre système de santé et sauver des vies ». Un slogan dévoilé dès la première vague de la pandémie en 2020.

    Une ligne qui est amenée à changer selon l’évolution de l’épidémie. Lorsque celle-ci freinait, le premier mot d’ordre était remplacé par un appel à la vigilance. Le message est même affiché sur la bannière des comptes Twitter et Facebook de plusieurs responsables politiques dont le Premier ministre Boris Johnson.

    Italie, Belgique, Quebec, l’optimisme

    En Italie, on mise sur la responsabilité des citoyens qui ont eux-mêmes inventé leur propre slogan: « Andra Tutto Bene » (tout ira bien, ndlr) accompagné souvent d’un arc-en-ciel et accroché aux façades des immeubles et des maisons.

    Une expression reprise par la chanteuse italienne Elisa mais aussi par de nombreuses autres régions du monde: « tout ira mieux » en Belgique, « ça va bien aller » au Québec.

  • Résultats de l’élection présidentielle en République du Congo

    Résultats de l’élection présidentielle en République du Congo

    C’est sans surprise qu’au Congo, le président sortant Denis Sassou Nguesso, 77 ans dont 36 au pouvoir, est élu pour un nouveau mandat à la tête de l’ancienne colonie française.

    88,57% pour Denis Sassou Nguesso

    Selon les résultats officiels, avec 88,57% des voix, il distance très largement son principal rival, Guy-Brice Parfait Kolélas, décédé lundi. L’opposition conteste les résultats et le scrutin.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Local et bio : la pandémie a bouleversé les habitudes alimentaires des Français et vous ?

    Local et bio : la pandémie a bouleversé les habitudes alimentaires des Français et vous ?

    La crise sanitaire aura modifié nos habitudes alimentaires : la tendance du manger local, saisonnier et bio s’est renforcée en 2020, selon le 18e baromètre de consommation et de perception des produits biologiques en France de l’Agence BIO.

    Consommer sain et éthique : l’année 2020 aura vu la montée en puissance du « locavore », selon les auteurs du rapport. Plus de la moitié des Français ont déclaré avoir modifié leurs comportements alimentaires au cours des trois dernières années – et près de deux tiers d’entre eux l’auraient fait pendant la crise.

    Fin des consommations à l’extérieur

    Ce bouleversement est marqué par un retour à la consommation locale et à domicile, notent les auteurs du baromètre. Ainsi, 57 % des consommateurs interrogés dans le cadre du baromètre indiquent acheter davantage de produits frais et de saison qu’auparavant. Ils sont 59 % à privilégier les produits locaux et les circuits courts, contre 54 % en 2019. Enfin, les Français disent cuisiner davantage à la maison (55 % en 2020 contre 47 % en 2019) et vouloir s’engager pour éviter les pertes et le gaspillage alimentaire.

    Des tendances qui seraient encore plus prononcées chez les consommateurs bio, selon le rapport. Le bio sort par ailleurs gagnant des nouvelles habitudes : en moins d’un an, il aura gagné 15 % de nouveaux consommateurs, notamment parmi les jeunes de moins de 25 ans et les catégories professionnelles plus aisées. Si les trois quarts des interrogés indiquent avoir commencé à consommer des produits biologiques avant le premier confinement, ils étaient également 17 % pendant le premier confinement, selon le baromètre.

    Les consommateurs bio auraient par ailleurs été particulièrement « séduits » par les producteurs locaux, notent les auteurs. Si les grandes et moyennes surfaces restent le principal lieu d’achat de produits bio, leur utilisation s’est réduite de 3 % (pour atteindre 74 %). En même temps, les consommateurs bio auraient davantage favorisé l’achat à la ferme et chez les producteurs locaux (26 % en 2020 contre 20 % en 2019).

    La santé et le Bio

    Le baromètre identifie aussi les principales raisons pour lesquelles les consommateurs se tournent vers les produits bio : la volonté de préserver leur santé (61 % des consommateurs bio) ou encore celle de protéger l’environnement (48 %), particulièrement marquée chez les jeunes de moins de 25 ans. D’autres critères sont une disponibilité croissante de produits bio (39 %) et des raisons éthiques et sociales (38 %).

    Mais si le bio est en vogue, le prix reste un frein important pour en consommer davantage. Plus de la moitié des interrogés ne trouvent pas normal qu’un produit bio coûte plus cher qu’un produit non-bio. En plus, le local semble primer sur le bio : « Pour les consommateurs quotidiens, l’attrait des produits locaux non bio vient expliquer, en partie, la raison pour laquelle ils ne consomment pas plus de produits bio », selon le rapport.

    L’origine locale est par ailleurs un des principaux critères d’achat pour des produits bio (cité par 90 % des interrogés), tout comme la restriction des additifs et la fabrication française. Huit consommateurs bio sur dix disent également attacher une « forte importance » à la garantie d’une rémunération juste des producteurs et du bien-être animal.

  • Commerce en ligne, les grandes marques à l’attaque

    Commerce en ligne, les grandes marques à l’attaque

    En 1966, à Santa Monica, en Californie Jeff Johnson crée le premier magasin de Nike dédié à la vente de chaussures de sport. Afin de fidéliser sa clientèle, ce créateur conservait l’ensemble des données de ses clients sur des fiches, adresses, pointures, préférences au niveau des chaussures, sports pratiqués. Il notait le nombre de kilomètres réalisés par les coureurs, leurs temps, etc. Grâce à ces données, il était capable d’anticiper les besoins des acheteurs. 

    Avec son développement international et la massification de la pratique sportive, Nike n’a plus été capable de constituer des dossiers clients comportant un nombre d’informations comparable à celui des dossiers de Jeff Johnson. Les outils numériques, cinquante ans plus tard, permettent de renouer avec cette personnalisation des relations clients. À cette fin, la marque privilégie la vente en directe jusqu’à freiner ses ventes en provenance de la grande distribution ou des plateformes comme Amazon afin de pouvoir contrôler les données.

    Nike vend 30% de ses produits en ligne

    Les nouvelles formes de communication, les réseaux sociaux, les services de messagerie et les applications, rapprochent les producteurs et les consommateurs. Ces derniers dédaignent de plus en plus à aller dans les grandes surfaces ou dans les centres commerciaux. Ils ont renoué avec les livraisons à domicile qui avaient cours jusque dans les années 1970 avec les grands catalogues papier de vente à distance. La suppression des intermédiaires réduit les coûts. 

    La pandémie renforce cette tendance avec la montée en puissance du commerce électronique du fait des restrictions sanitaires. Nike vend désormais 30 % de ses produits en ligne et compte 250 millions de clients référencés sur le site, dont 70 millions sont devenus membres en 2020. Les clients reçoivent des informations commerciales ainsi que des conseils pour pratiquer le sport. 

    Révolution universelle du e-commerce

    La révolution du e-commerce est rapide dans tous les pays occidentaux. Amazon a dépassé les 100 milliards de dollars de revenus trimestriels pour la première fois au quatrième trimestre 2020. L’année dernière, les ventes en ligne pour la grande distribution ont dépassé le niveau prévu en 2025. Désormais, le commerce en ligne capte entre 12 et 30 % du commerce de détail au sein de l’OCDE. Le Royaume-Uni avec un taux de 30 % occupe la première position. En Chine, le commerce électronique représente déjà 45 % du commerce de détail (source e-Marketer). 

    Nike qui fait le pari du commerce en ligne continue néanmoins d’investir dans des magasins. La marque américaine en a ouvert un nouveau en 2020 sur les Champs-Élysées à Paris mais ce dernier a été conçu comme le prolongement du site de vente. Les achats physiques et numériques interagissent de manière transparente. Le marketing sera de plus en plus axé sur les internautes, les publicités en ligne étant bien plus précises que les autres (publicités radio, télévision, presse écrite ou panneaux). Le parcours client sur les sites permet d’anticiper les besoins et d’adapter les outils de production. Ainsi, quand Nike a constaté que de plus en plus d’internautes consultaient les pages consacrées au yoga, ses responsables ont rapidement décidé de lancer la production de nouveaux équipements dédiés à cette activité.

    Boutiques automatiques 

    La mutation du commerce suscite de nombreuses inquiétudes. Les élus locaux constatent la fermeture de nombreux commerces en centre-ville et craignent des friches commerciales en périphérie. Aux États-Unis, plus de 8 700 magasins ont fermé en 2020 ; En Grande-Bretagne, pays qui est le plus avancé d’Europe en matière d’e-commerce, 16 000 magasins ont baissé définitivement le rideau et 183 000 emplois ont été supprimés dans le commerce de détail. En France, plusieurs milliers de commerces ont fermé depuis un an. En Chine, la croissance du commerce en ligne est exponentielle. L’omniprésence des smartphones compense la pénurie de centres commerciaux attrayants au-delà des grandes villes.

    Epiceries de village 

    Le marketing numérique est en Chine très offensif, tous les canaux de diffusion sont utilisés avec le recours de stars, d’influenceurs. Alibaba, la plus grande entreprise chinoise de commerce électronique, développe des points de vente physique qui sont néanmoins totalement automatisés afin de pouvoir être présents en centre-ville. Ses dirigeants travaillent avec les épiceries des villages les plus éloignés pour rendre la distribution des marchandises moins chère et plus efficace. 

    374 grands centres commerciaux ont été ouverts en Chine l’année dernière. Malgré l’épidémie et le développement du e-commerce, les prix de l’immobilier commercial ne baissent pas dans ce pays.

    Omnicanal et logistique 

    L’omnicanal tend à s’imposer en Chine comme en Occident. Les grandes enseignes doivent gérer plusieurs types de commerces. Les besoins en logistique tendent à augmenter avec la multiplication des points de livraison et le traitement des retours qui coûteraient plusieurs centaines de milliards de dollars à l’échelle internationale selon Shopify, une plate-forme en ligne. L’objectif pour les marques sera de rendre l’omnicanal rentable avec la multiplication des ventes grâce à une utilisation efficiente des données.

  • la Fédération socialiste des expatriés se déchire !

    la Fédération socialiste des expatriés se déchire !

    A quelques semaines des élections consulaires et quelques mois des sénatoriales de cet automne, la fédération socialiste des Français hors de France se déchire.

    Une vie de fédération compliquée

    La vie de la plus petite des entités fédérées au Parti socialiste, celle des Français de l’étranger, est bien difficile à gérer. La Fédération est l’instance du Parti Socialiste au niveau départemental. Pour les Français hors de France, elle rassemble tous les socialistes français établis à l’étranger.

    Boris Faure
    Boris Faure

    De 2012 à 2018, elle fût dirigée par Boris Faure, élu à Bruxelles, et victime du député des Français de l’Afrique du Nord, M’jid El Guerrab en 2017. En 2018, à l’occasion du Congrès d’Aubervilliers, Cécilia Gondard, elle aussi élue à Bruxelles, devient Première Secrétaire Fédérale de la FFE. En 2021, Laure Pallez est nommée au Secrétariat national du Parti socialiste rejoignant la sénatrice Hélène Conway-Mouret et Cécilia Gondard.

    En parallèle, la Federation des Français de l’Etranger du Parti socialiste a modifié ses statuts pour désigner la tête de la liste socialiste aux sénatoriales, afin d’éviter la case de la Primaire.

    Les sénatoriales sèment la zizanie

    En 2017, tous les candidats, déjà élus ou non, ont perdu les élections législatives. Un coup de tonnerre dans le petit milieu des expatriés qui résonne encore. En effet, la direction nationale, comme celle de la fédération, s’inquiète des résultats des élections consulaires. Si ces dernières marquent le recul des formations historiques (LR et PS), les sièges des sénateurs PS seraient perdus en octobre 2021.

    Lors des deux dernières sénatoriales, c’étaient les militants qui déterminaient l’ordre de la liste et classaient les candidats via un vote de Primaire. Cécilia Gondard, à la tête de la fédération depuis 2018, a décidé de simplifier les statuts. Pour des raisons tactiques ?

    Désormais c’est donc une commission électorale qui doit proposée au Conseil fédéral, le parlement de la fédération, une liste qu’il doit valider.Composé de trente membres, la liste proposée par Cecilia Gondard devait logiquement recevoir l’investiture de ses pairs.

    Ségolène Royal à l’affût

    C’était donc une désignation en petit comité et « sur du velours » pour la première fédérale. Or Patatras. À deux reprises le conseil fédéral a rejeté la liste que Mme Gondard comptait conduire. Par 14 voix contre 11 (le samedi 14 mars) Par 14 voix contre 13 (le 21 mars), c’est un échec politique pour la 1ère fédérale qui a perdu sa majorité politique pour l’occasion.

    Que s’est il donc passé ? Simplement, Cecilia Gondard ne fait pas l’unanimité ! 2 autres candidates sont prêtes à relever le défi. Dans l’incapacité de se présenter du fait des statuts sur-mesures créés par la première secrétaire générale actuelle de la fédération, elles peuvent désormais espérer l’investiture.

    En interne, Laure Pallez, soutenue par Boris Faure, dispose désormais de la majorité au conseil fédéral, elle apparait donc comme une alternative naturelle pour l’élection sénatoriale.

    Mehdi Benlahcen

    Mais le PS à l’étranger, ce n’est pas qu’un parti, c’est aussi un réseau d’associations amies, les ADFE. Elle dispose d’une représentation politique au sein de l’Assemblée des Français de l’étranger à travers le groupe « Français du monde – adfe – Solidarité et écologie » , dirigé par Mehdi Benlahcen.

    Et ce dernier est aussi candidat à l’investiture, et avec une colistière de poids, Ségolène Royal, qui occuperait la première place, tandis que M. Benlahcen serait second sur une liste pour les sénatoriales.

    Le Bureau national doit trancher

    Le Parti socialiste va, donc, reprendre, logiquement, la main. Le Bureau national du PS devrait se saisir de ce dossier dans les prochains jours.

    Cécilia Gondard est sous pression, en interne Laure Pallez, Boris Faure d’un côté et Mehdi Benlahcen de l’autre, exigent une direction collégiale pour l’encadrer en tant que première fédérale.

    Au niveau national, une source indique que le cabinet du Secrétaire général Olivier Faure (sans lien de famille avec Boris Faure) s’inquiète des résultats aux élections consulaires de cette petite fédération, bien (trop?) dissipée. Ségolène Royal pourrait être la personnalité qui remettrait la Fédération des Français hors de France du Parti socialiste sur les (bons) rails !

  • Présidence française de l’UE : la promotion du plurilinguisme sera une priorité

    Présidence française de l’UE : la promotion du plurilinguisme sera une priorité

    A l’occasion de la semaine de la Francophonie, qui s’est achevée dimanche (21 mars), le secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie Jean-Baptiste Lemoyne, a rappelé que le plurilinguisme sera l’une des priorités de la présidence française de l’UE au premier semestre 2022.

    Francophonie

    « Renforcer le statut, l’usage, le rôle d’une langue, c’est renforcer son influence et son pouvoir », explique Olga Turcan, chercheure en sociolinguistique au sein du groupe d’étude sur le plurilinguisme européen de l’Université de Strasbourg et anciennement spécialiste de programme à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à EURACTIV.

    La semaine dernière avait lieu la semaine de la Francophonie, l’occasion pour le gouvernement français, par la voix du secrétaire d’Etat Jean-Baptise Lemoyne notamment, de réitérer son souhait de promouvoir le plurinlinguisme, et le français, en amont de la présidence de l’UE par la France en 2022.

    Si les actions concrètes qui seront mises en place restent à être clarifiées – à ce jour, les solliciations d’EURACTIV auprès de l’exécutif sont restées sans réponse -, l’ambition d’élargir la place et le rôle de la langue française dans le monde n’est pas nouvelle.

    Le 20 mars 2018, le président de la République Emmanuel Macron avait présenté une feuille de route, s’appuyant sur des consultations publiques, afin de mener à bien cet objectif.

    « L’effort de soutien aux systèmes éducatifs des pays francophones d’Afrique s’est poursuivi avec 356 millions d’euros engagés en 2020 », note par exemple l’Elysée dans une communication publiée vendredi dernier (19 mars).

    « Est-ce qu’on parle d’une politique linguistique au sein de l’UE et de ses institutions ou on parle d’une politique linguistique qui concernerait les Etats membres et leur système éducatif ? » s’interroge Mme Turcan, face à la volonté française à l’horizon 2022, qui précise sa réflexion : « Est-ce que la France souhaite renforcer son pouvoir, son influence, sa capacité de décision dans le cadre d’une organisation internationale ? »

    Halte au « Brexit », « taskforce » et autres anglicismes ?

    S’il ne fait aucun doute que la France souhaite augmenter son rayonnement par un meilleur enseignement du français en dehors de l’hexagone, la question du statut de la langue dans les instances internationales, notamment européennes, se posent.

    « Il y a quelques semaines, c’était le Brexit. Le Royaume-Uni nous a quittés et beaucoup d’anglophones avec. Et puis ce sera, dans quelques mois, la présidence français de l’UE. On doit donner un coup d’accélérateur et pas de ‘booster’, d’accélérateur, pour la pratique du français en Europe », expliquait le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune la semaine dernière dans une vidéo sur Twitter.

    « On doit le faire en défendant les règles, la pratique du français dans les réunions, dans les sommets, et on doit le faire aussi de manière plus offensive (…) On va le faire tout au long des prochains mois en Europe, pour qu’on ne parle plus seulement de ‘task force’, de ‘Brexit’ ou d’ ‘adresser’ un problème ».

    Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune

    Même son de cloche du côté de son collègue Jean-Baptise Lemoyne : « Il y a un combat qui reste à mener. Notamment au sein des institutions internationales. Je pense par exemple à l’UE parce que, il faut se le dire, on assiste quand même à une sorte d’émergence de l’anglais comme espéranto et moi je ne m’y résous pas » s’est-il plaint sur TV5 Monde la semaine dernière.

    « Utiliser uniquement l’anglais est un appauvrissement total » a-t-il déclaré, évoquant un « sabire » – une langue composée d’un mélange de plusieurs langues – qui n’est « pas satisfaisant » et soulignant que pouvoir parler dans sa propre langue est « une clé de la démocratie ».

    Les règles de l’UE

    Dans les faits, la législation européenne est fondée sur le principe du multilinguisme et reconnaît les 24 langues officielles des Etats membres comme langues officielles de l’UE. « Les textes adressés aux institutions par un État membre ou par une personne relevant de la juridiction d’un État membre sont rédigés au choix de l’expéditeur dans l’une des langues officielles. La réponse est rédigée dans la même langue », précise l’article 2 du Règlement portant fixation du régime linguistique de la Communauté Économique Européenne de 1958.

    Mais seuls l’anglais, l’allemand et le français sont les langues de travail effectives au sein de la Commission européenne. Le départ du Royaume-Uni de l’UE a relancé le débat sur la place de l’anglais dans les institutions, alors qu’elle n’est plus que la langue officielle pour deux pays désormais : l’Irlande et Malte.

    Un document du Secrétariat général des affaires européennes rappelle d’ailleurs que tous les agents publics français « doivent toujours privilégier l’usage du français, et veiller à ce que son statut de langue officielle et de langue de travail soit respecté ».

    « Il n’y a pas de doute sur le fait que, si on peut utiliser notre propre langue, il ne faut pas rater cette occasion » se réjouit Mme Turcan qui note néanmoins que « remplacer l’anglais par une langue neutre, et donc s’en tenir à l’unilinguisme, ce n’est pas la solution », en référence à une consultation de 2018 lancée par le Médiateur européen où une partie des répondants appelaient à la mise en place « d’une langue commune mais neutre, à l’image de l’espéranto ».

    La présidence tournante de l’UE par la France présente donc une opportunité pour réaffirmer la place de la langue français dans les instances européennes. Sans compter qu’ « au Conseil de l’UE, par exemple, lorsqu’il s’agit des langues de rédaction des documents selon les présidences tournantes, on observe une corrélation entre la production de textes en français et celle des textes multilingues. Autrement dit, l’accroissement de l’usage du français va de pair avec une progression d’autres langues », souligne Mme Turcan.

    Elle s’appuie sur un rapport auquel elle a elle-même participé lorsqu’elle était à l’OIF et qui révèle que la présidence française, en 2008, a doublé « le taux des documents rédigés en français par rapport aux présidences précédentes, taux qui reste le plus élevé pour la période mentionnée ».

  • Un magot de 3000 milliards de dollars

    Un magot de 3000 milliards de dollars

    Durant la Seconde Guerre mondiale, les populations ont été soumises à des contraintes bien plus importantes qu’aujourd’hui, que ce soit dans les territoires occupés par les ennemis ou dans ceux demeurés libres. Les restrictions ont perduré bien après l’armistice du 8 mai 1945. En France, les derniers rationnements concernant le sucre, le café et l’essence disparaissent le 1er décembre 1949. Au Royaume-Uni, le rationnement de l’essence s’appliqua jusqu’au 26 mai 1950. Même aux États-Unis, le gouvernement avait rationné, du café aux chaussures, et avait interdit la production de réfrigérateurs et de vélos. En 1943, seulement 139 voitures furent vendues aux particuliers. Les ménages américains ont alors, comme aujourd’hui, épargné des sommes importantes qui ont été par la suite réinjectées dans les circuits de consommation. L’économie a rapidement basculé d’une situation de guerre à une situation de consommation de masse. En 1950, les constructeurs automobiles américains ont produit plus de 8 millions de véhicules. À partir de 1952, l’Europe entre de plain-pied dans les Trente Glorieuses avec une accélération remarquable de la croissance.

    Au sortir de « la guerre » …

    En 2021, les gouvernements escomptent un même rebond qu’à la sortie de la guerre tout en espérant que celui-ci soit compatible avec la nécessaire transition énergétique. Les plans de relance et l’épargne accumulée depuis le mois de mars de l’année dernière sont censés provoquer un choc de demande. Aux États-Unis, le plan de Joe Biden porte sur 1 900 milliards de dollars. Le plan de l’Union européenne s’élève à 750 milliards d’euros auxquels s’ajoutent des mesures nationales. 

    Au niveau des pays de l’OCDE, les ménages auraient économisé, en un an, près de 3 000 milliards de dollars de plus qu’en temps normal, soit 10% des dépenses annuelles de consommation. Aux États-Unis, l’épargne excédentaire pourrait dépasser 10 % du PIB avec les aides que les ménages recevront dans le cadre du plan de relance. Par rapport aux autres récessions, la constitution d’une telle épargne à l’échelle internationale est un fait sans précédent. Cette situation est la conséquence des mesures de soutien aux revenus prises par les pouvoirs publics. Ces dernières qu’elles prennent la forme d’allocation de chômage partiel ou d’aides directes atteignent plus de 5 points de PIB au sein des pays de l’OCDE.

    Les revenus des ménages ont augmenté, l’épargne s’accumule

    Dans de nombreux pays et tout particulièrement aux États-Unis ou en France, les revenus des ménages ont en fait augmenté au cours de l’année écoulée. Dans le même temps, les confinements, les couvre-feux, les fermetures administratives ont réduit les possibilités de dépenser. Face à cette cagnotte, les ménages dépenseront-ils sans compter à la fin de l’épidémie ou décideront-ils de la maintenir en état, de peur d’une forte augmentation des impôts qui sera nécessaire pour payer toutes les mesures prises depuis plus d’un an ? 

    Selon de nombreux économistes dont ceux de JPMorgan Chase, dès la levée des contraintes, la consommation devrait revenir rapidement à son niveau d’avant la pandémie, alimentant une forte reprise mondiale. En France, durant la période estivale, la consommation était presque revenue à son niveau d’avant-crise. Malgré le couvre-feu, la consommation de biens, toujours en France, demeure à un niveau élevé. Goldman Sachs estime qu’aux États-Unis, les dépenses d’épargne excédentaire ajouteront deux points de pourcentage à la croissance du PIB dans l’année suivant la réouverture complète.

    Vers une explosion de la demande … ou de l’épargne 

    Entre les plans de relance et le déblocage de l’épargne forcée, l’explosion de la demande pourrait entraîner une inflation, scénario en partie anticipée par les investisseurs. La révision des hypothèses de croissance par l’OCDE s’explique par une possibilité décrue de l’épargne des ménages qui représente une « demande refoulée ». 

    Du fait de l’absence de précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, la réalisation de ce scénario demeure incertaine. Les ménages choqués par la crise sanitaire et par les incertitudes qu’elle génère pourraient décider de cristalliser l’épargne constituée depuis un an. Ils pourraient considérer qu’elle est un élément patrimonial et non un flux de revenus gelé le temps de la crise. 

    L’épargne covid-19 a été réalisée par un grand nombre de ménages comme l’a souligné l’INSEE pour la France, dans une note du mois de mars 2021. Néanmoins, la grande majorité de cette épargne est concentrée parmi les 20 % des ménages les plus aisés. Ces ménages ont épargné essentiellement parce qu’ils n’ont pas pu voyager, ni aller au restaurant, dans les bars ou dans les salles de spectacles. À la sortie de la crise, ils retrouveront progressivement leurs habitudes. Ils se feront sans nul doute plaisir mais ils n’assècheront certainement pas leur épargne en multipliant les sorties pour des questions simples d’emploi du temps.

    Les plus pauvres ont épargné beaucoup plus 

    Une partie de l’épargne devrait donner lieu à une réorientation vers des placements de long terme. Aux États-Unis, les effets de la relance devraient être plus importants que sur le vieux continent du fait que la politique d’aides publiques a gonflé les revenus de tous les ménages, des modestes aux plus riches. Les Américains à faible revenu ont épargné encore plus que les riches en proportion de leurs revenus. Une enquête du JPMorgan Chase Institut indique qu’à la fin du mois de décembre 2020, les soldes bancaires des Américains les plus pauvres étaient environ 40 % plus élevés que l’année précédente, contre environ 25 % plus élevés pour les plus riches. Les liquidités des 10 % des ménages les plus modestes ont augmenté de 11 % au cours de l’année écoulée, soit près du double de l’augmentation constatée pour les 1% les plus riches. 

    De ce fait, une forte augmentation de la demande est attendue aux États-Unis dans les prochains mois d’autant plus que la couverture vaccinale progresse rapidement. Les ménages sont plus susceptibles d’augmenter leurs dépenses en réponse à une augmentation de revenu (par exemple, une augmentation de salaire) qu’ils ne le sont pour une augmentation de leur richesse (par exemple, une augmentation de la valeur de leur maison ou de leur patrimoine financier). 

    En Europe, l’augmentation des liquidités n’est pas le produit des aides publiques mais de la moindre consommation. L’épargne risque d’être perçue comme un patrimoine et non comme un revenu. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, les revenus ont augmenté rapidement en Europe provoquant un rebond de la croissance qui fut deux fois plus élevée qu’aux États-Unis.

  • Israël : les électeurs de retour dans l’isoloir

    Israël : les électeurs de retour dans l’isoloir

    Israël : « Benjamin Netanyahu joue sa survie politique ». Les Israéliens votent pour la quatrième fois en moins de deux ans. Mais si le Premier ministre est jugé pour « corruption », il est aussi l’architecte d’une intense campagne de vaccination anti-Covid.

    Benjamin Netanyahu, toujours premier ministre ?

    Son parti devrait conserver le même nombre de députés, 30-35 députés sur 120. Benjamin Netanyahu pourra compter sur ses alliés traditionnels pour former un nouveau gouvernement.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Liban : la France met la pression sur les politiques

    Liban : la France met la pression sur les politiques

    Le chef de la diplomatie française Jean-Yves le Drian a demandé lundi à l’Union européenne d’utiliser « des leviers » contre les responsables politiques libanais pour sortir le pays de la crise. La communauté française sur place, très important, est très inquiète de la situation.

    « Le Liban est dans la dérive, ce pays est en train de dévisser », a-t-il déclaré à son arrivée à Bruxelles pour une réunion avec ses homologues de l’UE.

    « On sait que les solutions existent. Il faut un gouvernement qui soit un gouvernement inclusif, opérationnel, un gouvernement d’action et il faut des réformes. On sait que les réformes sont tout à fait partagées par l’ensemble de la communauté internationale »

    Jean-Yves le Drian, Ministre des affaires étrangères

    « Tout le monde sait ce qu’il faut faire, mais c’est bloqué pour des intérêts particuliers, parce que les responsables politiques n’arrivent pas à engager le processus », a-t-il accusé.

    Le Liban s’effondre

    « L’Europe ne peut pas se désintéresser de cette crise. Quand un pays s’effondre, l’Europe doit être au rendez-vous », a-t-il soutenu.

    « Je veux que l’on puisse échanger ensemble sur les leviers qui nous permettraient de faire pression auprès des autorités libanaises, pour qu’elles bougent, parce que la population libanaise est aujourd’hui dans l’angoisse et le désarroi », a-t-il conclu.

    « Nous avons eu l’occasion de dire à la France que nous partageons ses préoccupations. Le Liban s’effondre. La situation est catastrophique et le moment n’est plus aux querelles politiques », a déclaré le chef de la diplomatie européenne, l’Espagnol Josep Borrell à l’issue de la réunion.

    « Si les pressions politiques ne suffisent pas, il faudra réfléchir à ce qui peut être fait et nous avons demandé au service pour l’action extérieure un rapport sur les autres possibilités », a-t-il indiqué sans prononcer le mot sanction.

    Toujours aucun gouvernement

    Désigné en octobre, le Premier ministre Saad Hariri devait rencontrer lundi le président libanais Michel Aoun pour lui soumettre une « ébauche de gouvernement ».

    Mais « les divergences sont toujours là, (et) la situation n’est pas propice à la naissance d’un gouvernement », a affirmé lundi matin à l’AFP une source proche des négociations.

    Le gouvernement actuel, qui gère les affaires courantes, a démissionné en août après l’explosion dévastatrice du port de Beyrouth (plus de 200 morts, des milliers de blessés).

    Le pays traverse une crise économique très grave. La dépréciation de la livre libanaise, une explosion de la pauvreté et du chômage, l’érosion du pouvoir d’achat et la précarisation provoquent la colère et le dégoût de l’opinion publique, avec des manifestations et des blocages de routes sporadiques.

  • Un « Chemins d’expats » avec Samy Ahmar, élu socialiste au Royaume-Uni.

    Un « Chemins d’expats » avec Samy Ahmar, élu socialiste au Royaume-Uni.

    « Chemins d’expats » vous embarque au Royaume-Uni à la rencontre de Samy Ahmar, Conseiller des Français de l’étranger, membre du Parti socialiste et employé au sein de l’ONG « Save the Children ».

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    C’est par le biais d’Erasmus que Samy Ahmar arrive au Royaume-Uni, plus précisément en Ecosse, et, dans cette vidéo, il nous explique pourquoi il s’est au fur et à mesure enraciné, entre Glasgow et Londres. 

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    En répondant au questionnaire « pas un mot de plus », Samy Ahmar nous apprend notamment si en tant que franco-britannique il penche dorénavant plus pour Wellington ou vers Napoléon. Militant socialiste, il nous donne également son opinion sur Emmanuel Macron et la gauche, et se positionne sur la candidature de Ségolène Royal au poste de Sénatrice des Français de l’étranger. 

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    En plus du Covid, le Royaume-Uni a connu et connait encore des soubresauts avec le Brexit qui n’épargne pas nos compatriotes Français sur place. Dans ce podcast, Samy Ahmar partage cette expérience en nous donnant des exemples concrets de la vie quotidienne affectés par le Brexit. Il porte aussi son propre regard sur la politique française durant la période de négociation de l’accord de sortie de l’Union européenne.  

    La main de Dieu…  

    Au détour de la « rencontre virtuelle », Samy Ahmar, échange avec notre correspondant Jérémy Michel, sur l’admiration qu’il voue envers celui devenu célèbre pour avoir éliminé l’Angleterre de la Coupe du monde de football avec la « main de Dieu ».  

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