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  • Immersion dans un Liban à terre avec Elie Aboud

    Immersion dans un Liban à terre avec Elie Aboud

    Elie Aboud est franco-libanais. Elu en 2007 dans l’Hérault sous la couleur des Républicains. Il fût nommé par Laurent Wauquiez à la tête de la fédération des Français de l’étranger en 2019 du parti Les Républicains. Depuis ce médecin est retourné à la vie civile.

    Après l’accident à Beyrouth, il s’est engagé auprès la population libanaise et de la communauté des Français de l’étranger.

    Le peuple libanais a besoin d’aide

    Avec Elie Aboud, nous revenons sur la solidarité française avec le peuple libanais. Malgré les intentions, les besoins sont encore énormes comme nous l’explique l’ancien député.

    Les Français au Liban ont aussi besoin d’aide

    Réaffirmant l’ancrage des Français du Liban dans ce pays mais aussi en France, Elie Aboud s’étonne du différentiel entre les propos de Jean-Baptiste Lemoyne, le Secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger, et la réalité sur le terrain.

    Il dénonce les problèmes rencontrés par les expatriés, au Liban, mais aussi dans le monde. La non-reconnaissance dans de nombreux pays de la Caisse des Français de l’Etranger est un sujet qui inquiète par son impact sur la santé de nos compatriotes.

    Education, entreprenariat, aides sociales, le droit au compte, les lacunes du gouvernement sont nombreuses après près de 5 ans. Il détaille les mesures qu’il imagine.

    Les Républicains consolideront leurs positions aux consulaires

    « Si nous ne sommes pas au second tour, le parti n’y survivra pas »

    Elie Aboud évoquant l’élection présidentielle de 2022

    Elie Aboud pense que les Républicains feront, comme aux municipales en France, un résultat qui sera porteur pour l’avenir, que ce soit à l’élection présidentielle ou aux législatives. Et ce malgré le faible nombre de candidatures, il revient, d’ailleurs, sur ces candidats qui ne s’assument pas LR.

    Le bureau politique de la fédération doit envoyer un message claire

    Elie Aboud évoquant les élections consulaires de mai 2021

    La députation ! Elie Aboud veut retourner sur les bancs de l’Assemblée nationale et nous annonce sa candidature pour la Xème circonscription des Français de l’Etranger (Afrique de l’Est et Moyen-orient – hors Israël).

    Ecoutez le podcast avec Elie Aboud

  • Génocide au Rwanda : les conclusion du rapport Duclert

    Génocide au Rwanda : les conclusion du rapport Duclert

    Quelle a été la responsabilité exacte de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda entre 1990-1994 ?

    27 ans après les faits, la commission Duclert pointe du doigt  » les responsabilités lourdes et accablantes  » de l’Elysée.

    Créer une nouvelle amitié franco-rwandaise

    Emmanuel Macron, depuis le début de son mandat, désire recréer un lien fort entre la France et ce pays. Le Rwanda a rejoint l’organisation de la Francophonie en 1970 et l’a même dirigé en 2019. De son côté, l’hexagone a de nombreuses ambitions dans ce petit pays qu’on qualifie de « Suisse africaine ».

    Reportage de TV5MONDE

  • La plus grande toile au monde achetée par un expatrié à Dubaï

    La plus grande toile au monde achetée par un expatrié à Dubaï

    Une œuvre de l’artiste britannique Sacha Jafri, qui détient le record de la plus grande peinture sur toile au monde, a été vendue 62 millions de dollars (environ 52 millions d’euros) lors d’enchères à Dubaï, ont annoncé, cette semaine, les organisateurs.

    1980 mètres carrés pour les enfants

    Des fragments de la plus grande toile d’art au monde étaient vendus aux enchères dans l’émirat pour récolter des millions de dollars. Le fruit de la vente sera versée à des œuvres caritatives pour les enfants de pays pauvres.

    Sacha Jafri

     Journey of Humanity (Voyage de l’Humanité) mesure 1980 mètres carrés ; l’œuvre a été divisé en 70 morceaux encadrés pour être vendus aux enchères au cours des deux prochaines années.

    Son créateur, Sacha Jafri, âgé de 43 ans, est un artiste anglo-indien qui a peint pendant sept mois au coeur de la pandémie de Covid 19 à Dubaï. La toile a été reconnue, comme la plus grande du monde, par le Guinness Book of World Records.

    1 expatrié achète toute la toile

    André Abdoune

    Alors qu’il était prévu de vendre les 70 parcelles en 2 ans. André Abdoune, entrepreneur dans les cryptodevises, expatrié français à Dubaï, a acheté l’ensemble le 22 mars pour 52 millions d’euros (62 millions de dollars). Bien plus que les 30 millions de dollars espérés lors du lancement de la vente caritative !

    «Je viens d’une famille pauvre et je sais ce que c’est que de n’avoir parfois rien à manger, mais je sais qu’au moins j’avais l’amour de mes parents, l’éducation, le soutien»

    André Abdoune

    L’ancien courtier en Bourse, bien informé, sur les conséquences de la pandémie de coronavirus sur les enfants du monde entier, voulait agir.

    «Nous devons réagir donc si je peux apporter ma petite pièce au puzzle, je suis ravi»

    André Abdoune

    Voilà choisi faite, l’intégralité des fonds devrait financer, dans les prochaines semaines, des initiatives en matière de santé, d’hygiène et d’éducation pour des enfants de régions défavorisées à travers le globe.

  • Casablanca : consternation à l’école Renan

    Casablanca : consternation à l’école Renan

    L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) a ouvert une enquête administrative suite à un contenu raciste dans un exercice de sciences soumis aux élèves de CM2, au sein de l’école Ernest Renan à Casablanca.

    L’école primaire Ernest Renan est un établissement en gestion directe par l’agence parisienne. Et ce mercredi 25 mars, un dérapage majeur a eu lieu en cours de science pour les petits du CME 2 (10-11 ans).

    Les élèves ont en effet reçu en cours de sciences avec un exercice intitulé « Où vivent les grands singes? » où il s’agissait entre autres d’identifier une femme manifestement subsaharienne, présentée comme sur les vieilles photographies des zoos humains présents en Occident au XIX ème siècle, placée entre un gorille, un bonobo, un orang outang et un chimpanzé.

    Raciste et sexiste

    Des parents, le mercredi soir, alertés par leurs enfants, ont alors pris connaissance de l’exercice et ont relayé l’info sur les réseaux sociaux. Le député des Français d’Afrique du Nord, M’jid el guerrab, n’y a pas cru dans un premier temps tant le visuel utilisé était choquant.

    « Je n’y croyais pas ! C’était impossible »

    Le député des Français d’Afrique du Nord, M’jid el guerrab

    Mais dès le lendemain, l’information, se confirme ! Hier, jeudi 25 mars, à 15h34, les parents ont reçu un mail du directeur de l’école, Sébastien Galard. Le mail évoque « un exercice qui a pu, à juste titre, choquer votre sensibilité », expression qui minimise la gravité de la situation et a choqué de nombreux parents . Sébastien Galard ajoute qu’il s’agit d’une « maladresse inexcusable qui peut conduire à des amalgames », c’est un euphémisme ! (Il n’a pas souhaité répondre à nos demandes d’entretien).

    Dans la soirée, à 21:28, un nouveau mail est adressé aux parents, cette fois-ci expédié depuis Paris. Il s’agit d’un communiqué de l’AEFE qui prend ses distances avec la direction locale et réaffirme pleinement les valeurs de la République que l’Agence est sensée transmettre en dehors des frontières françaises.

    « L’émotion provoquée par ce document est logique »

    Le communiqué évoque la « consternation » de l’AEFE et qualifie le contenu de l’exercice de raciste et sexiste. Les mots sont enfin écrits. Cette « faute grave » a conduit l’AEFE à « ouvrir une enquête administrative ».

    Une enquête pour quoi faire ?

    Pour le député M’jid el guerrab, comme pour les élus consulaires et le syndicat SE-UNSA, il faut tirer leçons de cet incident.

    « On doit revoir notre conception des cours, l’enquête de l’AEFE doit identifier les erreurs dans le process qui ont permis que ce document se retrouve sur la table d’élèves de CM2 »

    Le député des Français d’Afrique du Nord, M’jid el guerrab

    Si la responsabilité incombe à l’enseignante, est-t-elle pour autant coupable ou la seule coupable ? Pour Adrien Guinemer, Conseiller national SE-UNSAS « Hors de France » : AEFE, MLF, MEAE, l’image utilisée est évidemment raciste et sexiste, mais il met en garde contre les jugements à « l’emporte-pièce ». Si il évoque une « grosse maladresse » de l’enseignante incriminée, il souligne que sa collègue n’a fait qu’utiliser un cours disponible sur un site éducatif bien connu des professeurs « La Main à la Patte« .

    A l’origine sur cette source, l’image présentée était identique à celle utilisée par l’enseignante. Depuis la fondation « La main à la patte » a actualisé sont site en remplaçant la femme par un personnage stylisé.

    Cours « expurgé » désormais disponible depuis le 26 mars sur le site  » la Main à la patte »

    Plus inquiétant, l’équipe du site a aussi enlevé la référence au professeur français qui exerçait au Gabon et qui avait déposé le cours. Ce visuel aurait, donc, été utilisé dans d’autres établissements en Afrique et ailleurs pendant de nombreuses années.

    Manque de contrôle ?

    Si les enseignants disposent, bien évidemment, d’une liberté pédagogique, ils sont soumis à un programme. En tant qu’école française à l’étranger, l’établissement « École Ernest Ronan » a reçu l’homologation de l’Éducation nationale française. A ce titre, des inspecteurs viennent régulièrement assister au cours et vérifier le contenu proposé aux élèves. Ils n’ont rien vu…

    En sus, l’école Ernest Ronan est en gestion directe. C’est à dire que c’est l’AEFE, elle-même, qui gère l’immobilier, le contexte sanitaire, les services connexes et qui engagent les professeurs, détachés de France ou sous contrat local.

    La question se pose : comment au cœur de l’Enseignement Français à l’étranger, un tel dérapage est possible ? L’enquête de l’AEFE, nous l’espérons, y répondra. Une autre action urgente est à réaliser, purger les cours de tout un héritage colonial, raciste et eugénique, contraire aux valeurs de la France en 2021, sans effacer l’Histoire qui lie ces pays et notre nation.

  • JO de Tokyo : le relais de la flamme olympique lancé à Fukushima

    JO de Tokyo : le relais de la flamme olympique lancé à Fukushima

    120 jours avant l’ouverture des jeux olympiques d’été de Tokyo, le relais de la flamme a débuté ce 25 mars depuis la province de Fukushima. Près de 10 000 coureurs porteront à travers les 47 préfectures du Japon la torche, qui arrivera au Stade national de Tokyo pour la cérémonie d’ouverture des Jeux le 23 juillet.

    Des JO comme un espoir de normalité mais sans visiteurs

    « Un rayon de lumière au bout de l’obscurité » : la présidente de Tokyo-2020, Seiko Hashimoto, a lancé jeudi 25 mars, un message d’espoir dans un contexte de crise sanitaire mondiale, lors de la cérémonie marquant le début du relais de la flamme olympique à travers le Japon. 

    La torche métallique d’or rose, au sommet en forme de fleur de cerisier, a été enflammée au sein du très symbolique complexe sportif J-Village dans la province de Fukushima, qui avait servi de base aux opérations de secours après la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • L’amour au Conseil d’Etat !

    L’amour au Conseil d’Etat !

    Jean-Baptiste Lemoyne l’avait promis : « L’amour sera plus fort que la pandémie. » Mais….

    En aout 2020, le Secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger, au Tourisme et à la Francophonie et l’épidémie, avait annoncé suivre les recommandations du groupe international et de son antenne française, #Loveisnottourism.

    Interpellée par des élus politiques et la Commission européenne sur la situation des couples binationaux, séparés depuis le début de la pandémie de coronavirus, la France avait décidé de mettre en place une “procédure dérogatoire” pour leur permettre de se retrouver. Jean-Baptiste Lemoyne avait donc annoncé au Journal du Dimanche le 8 août 2020, la création des fameux « Laissez-passer ».

    Echec des Laissez-passer

    Dès le départ, les problèmes se sont accumulés. Déjà, il aura fallu plusieurs semaines pour que la circulaire soit émise. Pourquoi ? Car la Direction des étrangers en France, émanation du Ministère de l’intérieur, avait décidé de prendre la main sur ce dossier. Sa crainte ? Que s’organisent des filières clandestines d’immigration.

    l’Algérie était la première visée. En effet, les clauses du traité d’Evian (indépendance de l’Algérie) prévoient qu’un Algérien, une fois sur le territoire national, ne sera pas obligé de retourner dans son lieu de résidence usuel pour demander un visa long séjour.

    Anais 31ans, française ancienne fonctionnaire de police actuellement en situation de handicap a dû, ainsi, annuler mon mariage. L’administration française n’a pas pu délivrer de visa au futur époux de nationalité algérienne. Et ce alors qu’ils avaient toutes les autorisations de mariage mixte de l’état Français et de l’état Algérien, et ce après des enquêtes. Le certificat de capacité de Mariage délivré par le procureur de la République, les bans publiés en France et pourtant, son futur mari est toujours en Algérie près d’un an après la première date prévue pour la cérémonie.

    Pendant les quelques mois où l’accès au territoire national n’était pas soumis aux motifs impérieux, les Laissez-passer ont été délivrés au compte-gouttes. Pour de nombreux couples, le temps de réunir les (très) nombreux papiers nécessaires à l’obtention du précieux sésame, les restrictions avaient été mises en place, cet hiver.

    Les oubliés des motifs impérieux ?

    Si les restrictions ont été, depuis, annulées par le Conseil d’Etat pour les nationaux, il faut bien, toujours, un motif impérieux pour les autres nationalités qui désireraient venir en France. En examinant la liste des motifs impérieux, on constate que, non, se marier n’en est pas un !

    Plus de contrôles et des effectifs épuisés

    Là encore, le Ministère de l’intérieur et la Police de la frontière (PAF), en particulier, craignent de se faire déborder. Le contrôle aux frontières internes de l’Union européenne, les contrôles systématiques des voyageurs en provenance de pays hors de l’espace Schengen, ont mis la PAF et les douaniers sous tension. Les effectifs sont épuisés selon le syndicat Alliance Police nationale 93.

    Les mariages pourraient être une porte d’entrée pratique et facile pour les « passeurs ». Le choix a donc été fait d’exclure ce motif pour éviter de créer un effet d’aubaine pour des groupes criminels.

    Le Conseil d’Etat comme dernier recours

    Inspirés par le succès des référés « liberté » devant le Conseil d’Etat, initié par l’Union des Français de l’étranger et par Pierre Ciric, près de 800 couples se sont réunis pour déposer un recours devant la juridiction suprême de l’administration.

    “Ce que l’on demande, c’est que dans l’attestation dérogatoire d’entrée en France métropolitaine établie par le Ministère de l’Intérieur, où se trouve le listing de tous les motifs impérieux actuellement permettant aux personnes étrangères qui peuvent entrer en France, on souhaite que le motif du mariage y soit ajouté”

    Anaïs, responsable de ce collectif, au HuffPost

    Un long parcours que ce collectif issu du groupe français #Loveisnottourism poursuit depuis plusieurs mois. Un petit groupe de couple amoureux qui ont bravé toutes les épreuves pour réunir, à travers une cagnotte, les fonds nécessaires à mener cette action.

    C’est chose faite, l’avocat Ludwig Prigent plaidera, au nom de ces 800 couples, la liberté de se marier. Réponse dans quelques semaines.

  • Sept leaders européens exhortent l’UE à « soutenir activement » l’énergie nucléaire

    Sept leaders européens exhortent l’UE à « soutenir activement » l’énergie nucléaire

    Un groupe de sept leaders européens mené par le président français Emmanuel Macron a appelé la Commission européenne à arrêter de faire obstacle à l’énergie nucléaire et à considérer la possibilité de l’inclure dans son règlement « Taxonomie verte ».

    Le nucléaire pour sauver le climat

    Dans une lettre à l’intention de l’exécutif européen, sept chefs d’État et de gouvernement du bloc ont ouvertement déclaré leur soutien à l’énergie nucléaire afin d’atteindre les objectifs climatiques de l’UE.

    « Nous sommes convaincus que toutes les technologies neutres ou à faibles teneur en carbone qui contribuent à la neutralité carbone… devraient non seulement être reconnues par l’UE, mais également soutenues activement »,

    ont écrit les signataires de la missive.

    « C’est particulièrement le cas du nucléaire, dont le développement est l’une des priorités phares du traité instituant la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom), contraignant les institutions de l’UE à le mettre en avant »

    peut-on lire dans la lettre datée du 19 mars.

    L’Allemagne et l’Autriche contre

    Parmi les signataires figurent les leaders de la République tchèque (Andrej Babis), la France (Emmanuel Macron), la Hongrie (Viktor Orban), la Pologne (Mateusz Morawieck), la Roumanie (Florin Cîtu), la Slovaquie (Igor Matovic) et la Slovénie (Janez Jansa).

    L’Autriche et l’Allemagne, opposées à l’énergie nucléaire, mettent en exergue les risques environnementaux posés par les déchets radioactifs.

    Le nucléaire est également exclu – en principe – de la taxonomie verte de l’UE en raison du principe consistant à « ne pas causer de préjudice important », selon lequel un investissement dans une activité économique ne cause de préjudice important à aucun des objectifs sociaux ou environnementaux de l’Union européenne.

    Le document avance toutefois que le recours au nucléaire est une décision qui revient à chaque État membre, « peu importe les choix politiques de leurs voisins ».

    Nouveaux réacteurs en construction

    La Pologne, la République tchèque et la Bulgarie prévoient de construire de nouveaux réacteurs nucléaires dans le but de réduire leur dépendance au charbon et d’accomplir les objectifs climatiques de l’UE. De son côté, la France a lancé un programme ambitieux afin de remplacer certaines de ses centrales nucléaires vétustes par des réacteurs à eau pressurisée (REP). La Finlande et le Royaume-Uni se sont également tournés vers les REP, mais le coût des travaux est très onéreux, les retards s’accumulent et les questions de sécurité se multiplient.

    Les charges financières des nouvelles constructions nucléaires sont une préoccupation croissante pour la filière. Le mois dernier, le Forum européen de l’énergie nucléaire (Foratom) a exprimé des inquiétudes sur l’exclusion possible du nucléaire dans le règlement « Taxonomie verte ».

  • Et après-demain, de quoi parlerons-nous ?

    Et après-demain, de quoi parlerons-nous ?

    Le Général de Gaulle entendait rendre à la France sa splendeur. Georges Pompidou désirait qu’elle soit une grande puissance industrielle. Valéry Giscard d’Estaing la voyait libérale, sociale et européenne. François Mitterrand voulait changer la vie des Français. Chacun de ces Présidents de la République a été confronté à des oppositions déterminées, contestant leur politique sans ménagement. Pour autant, ils ont réussi à tracer un sillon en défendant des choix de société. Pour autant, la France restait alors rétive à l’esprit de consensus, à la différence de l’Allemagne, après la conversion à l’économie de marché du SPD, en 1959, lors de son congrès de Bad Godesberg. Le consensus sur l’économie a été, en France, implicite, honteux. Il prit forme après le refus du Système monétaire européen en 1983 puis avec la chute du Mur de Berlin en 1989 et de l’URSS en 1991. Ces deux évènements marquèrent la victoire du capitalisme sur le communisme. Celle-ci était d’autant plus nette qu’en 1978, Deng Xiaoping avait décidé d’arrimer son pays, la Chine, au commerce mondial.

    Oppositions sans vision 

    La fin de l’histoire, signifiant le succès de l’économie de marché et des démocraties, n’a pas pris la forme espérée. De nouvelles oppositions sont apparues en dehors et à l’intérieur des démocraties mais elles ne sont pas portées par une vision globale de l’avenir. La fabrique à projets semble être tombée en panne. Les élections se jouent essentiellement autour de la personnalité des candidats. Leur programme est devenu subalterne, l’opinion doutant de plus en plus de leurs capacités présumées à influer sur le cours des choses. Les partis politiques censés contribuer à l’expression des suffrages peinent à se faire entendre. 

    Avec des dépenses publiques qui captent plus de la moitié de la richesse nationale produite chaque année, la France constitue un cas assez unique d’économie sociale de marché. Les prestations sociales qui représentent plus du tiers du PIB permettent de réduire les inégalités de manière importante. Pour autant, l’économie de marché demeure toujours sujette à caution. La tentation du grand soir demeure une antienne bien vivante même si nul n’a réellement imaginé les contours du jour d’après. Cette lourde méfiance est renforcée par le sentiment de dépossession économique que génère la montée en puissance des multinationales du secteur de l’information et de la communication d’origine américaine ou chinoise. La désindustrialisation française est vécue comme une défaite et, à tort ou à raison, la preuve de la prise de pouvoir du capitalisme financier, hautement condamné par une large partie de l’opinion. 

    A défaut d’imaginer un futur, la nostalgie d’un passé qui n’a jamais existé est devenue un leitmotiv amplement partagé. Si sur les questions sociétales, comme le mariage pour tous, une large majorité des Français ont accepté les évolutions législatives, sur de nombreux sujets, les lignes de fractures du pays sont plurielles, se superposant sans regroupement possible.

    Il n’y a pas « la politique du gouvernement » mais « des politiques »  

    Dans le passé, il y avait des courants assez clairs de pensée, aujourd’hui, les frontières se chevauchent et s’entrecroisent. La transition énergétique par son caractère punitif peine à fédérer. Le problème majeur des sociétés occidentales se trouve dans la segmentation à l’infini des populations. Il n’y a pas « la politique du gouvernement » mais « des politiques » qui visent à satisfaire telle ou telle partie de l’électorat.

    Fabriques à chapelle 

    Mais « qui trop embrasse, mal étreint ». Les nouveaux moyens de communication que sont les réseaux sociaux sont des fabriques à chapelles. Les réseaux confortent les opinions. Ils isolent plus qu’ils n’ouvrent leurs membres sur l’extérieur. Une image, une vidéo, quelques mots suffisent à créer une tendance ou à défaire une réputation. La politique a renoué avec le temps des libelles rendant difficile les débats de fonds, les clivages sur des valeurs, des principes. 

    Dans un an, la France sera de plain-pied dans la campagne présidentielle qui  interviendra après la survenue de la crise économique la plus sévère que le pays ait connue depuis les années 1930. Il serait sain que les candidats élaborent un projet à cinq, dix ou quinze ans, que ce projet ne soit pas une simple accumulation de promesses qui ne résistent pas aux dures réalités de l’actualité. 

  • Après la vente de Rafale, Paris propose de céder deux frégates tricolores à la Grèce

    Après la vente de Rafale, Paris propose de céder deux frégates tricolores à la Grèce

    Paris tient à décrocher le contrat naval, dont 4 frégates neuves, quitte à faire un nouveau geste en donnant deux bâtiments de la Marine nationale.

    Avions, bateaux, un juteux marché grec

    La ministre des Armées, Florence Parly, se rendra ce jeudi 25 mars en Grèce dans le cadre des cérémonies marquant le bicentenaire de l’indépendance du pays, le 25 mars 1821. Une indépendance dans laquelle la France a joué un rôle. En effet, face à l’Empire ottoman, une expédition navale russe, française et britannique détruisit la flotte turco-égyptienne lors de la bataille de Navarin en 1827. Puis, la France s’engagea dans l’expédition en Morée (Péloponnèse) en 1828.

    Le choix de la ministre des Armées pour représenter Emmanuel Macron n’est pas anodin puisque la France et la Grèce continuent de négocier des marchés d’équipements militaires.

    Certes, la vente de dix-huit Rafale est réglée, mais celle de la composante navale dont la Grèce veut s’équiper ne l’est pas encore. Paris espère fournir quatre frégates neuves et décrocher la rénovation de quatre frégates de construction allemande.

    Le Jean-Bart et le Latouche-Tréville

    Si la France devait remporter le gros lot, elle se propose de céder gratuitement à la marine grecque deux frégates tricolores, le Jean-Bart (lancée en 1988), et le Latouche-Tréville (lancée la même année). Ces deux navires terminent leur carrière au sein de la Marine nationale, mais ils ont encore un beau potentiel et pourraient être rapidement rénovés et remis à la Grèce.

    La frégate anti-sous-marine Latouche-Tréville est d’ailleurs en arrêt technique jusqu’au mois de juin 2021, à Brest. C’est sa dernière période d’entretien majeur avant son retrait du service programmé pour 2022. Par ailleurs, le 4 mars, à Toulon, s’est terminée la carrière opérationnelle de la frégate antiaérienne Jean-Bart, après une ultime mission en Méditerranée orientale et dans l’océan Indien.

  • Turquie : la Livre boit la tasse, les femmes trinquent.

    Turquie : la Livre boit la tasse, les femmes trinquent.

    Le Président turc,  Recep Tayyip Erdogan  souhaite « accroitre le nombre de ses amis et transformer la région en un ilot de paix. » « La Turquie n’a le luxe de tourner le dos ni à l’Occident ni à l’Orient », ajoute-il. Après avoir eu une conversation d’une heure et demie avec le Président français, il multiplie les gestes d’apaisement. 

    Et pourtant : Emmanuel Macron expliquait, en parallèle, qu’il « n’était dupe de rien » et avertissait des « menaces d’ingérence turque dans la prochaine présidentielle ». « C’est écrit. Les menaces ne sont pas voilées »  précise-t-il. Parallèlement, le ministre de l’intérieur dénonçait la subvention de la municipalité EELV pour la construction de la Mosquée de Strasbourg, alors que l’association qui gère la moquée, Milli Gorus, proche de la Turquie, refuse de signer la « Charte des principes de l’islam de France ». Voilà bien des ambigüités.

    D’autant que pour construire cet « ilot de paix », les forces turques ont bombardé les « Forces démocratiques syriennes » (kurdes) en Syrie, alliés des Occidentaux.

    La livre turque s’effondre  

    Erdogan serait il suprêmement habile ou ne sait-il plus à quel saint se vouer ? Plus personne n’a confiance en lui : ni les Russes, ni les Américains, ni les Européens. Or l’économie turque coule. Pour la troisième fois en deux ans, Erdogan a encore limogé le gouverneur de la banque centrale. La Livre turque a chuté de 16%. Moins 40% en deux ans. Les taux d’intérêt à dix ans ont atteint 17%. La Turquie, si elle ne peut emprunter, va droit à la banqueroute. 

    Erdogan essaie donc de donner des gages à ceux qui peuvent le maintenir à flot : Américains et Européens. L’élection de Biden n’a pas été une bonne nouvelle pur lui. Les Européens ont pris quelques sanctions, certes symboliques, mais qui témoignent d’une rupture. Quand Emmanuel Macron dit qu’il faut « tout faire pour que la Turquie ne se détache pas de l’Europe », c’est presque une politesse vis-à-vis des Allemands. Comme la visioconférence entre Erdogan et Macron.

    Erdogan a rompu avec l’Europe 

    Sur le fond, Erdogan a rompu avec l’Europe. En témoigne la dénonciation de la « Convention sur les violences faites aux femmes », seule convention internationale qui fixe des règles contraignantes pour prévenir la violence domestique. 

    La Turquie avait été la première à la signer en 2011[1], la cérémonie avait d’ailleurs eu lieu à Istanbul. C’était le signe de la volonté de la Turquie  – et d’Erdogan- de s’impliquer totalement dans la construction d’un Etat moderne, à l’européenne, avec une égalité de traitement entre les hommes et les femmes. La Turquie voulait se  présenter comme un modèle de « démocratie musulmane ». La marche arrière est impressionnante. 

    Erdogan dénonce la convention contre la violence faite aux femmes.

    Que cherche Erdogan en rejetant la convention et le respect des pays signataires ? Tout d’abord, le soutien de l’électorat conservateur et religieux de son parti, qui n’a, en son for intérieur, jamais approuvé ces modernités occidentales. 

    D’autre part, il soutient la position russe, qui n’a jamais voulu signer la convention, suivie par l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Enfin, il y a derrière lui, les Frères musulmans, utiles à l’intérieur comme à l’extérieur, opposés aux principes d’égalité entre les hommes et les femmes rappelés par la convention. 

    Le vœu des Frères plutôt que le droit des femmes

    Le Qatar, foyer des Frères,  a beaucoup investi en Turquie : près de 22 milliards de dollar. Erdogan, a vendu 10% de la Bourse d’Istanbul à l’autorité d’investissement du Qatar en Novembre dernier.  La Turquie, elle, dispose d’une base militaire au Qatar et a signé un accord de défense, ce qui contrarie l’Arabie saoudite. 

    Cependant, l’aide du Qatar sera bien insuffisante pour conforter Erdogan du point de vue financier, car les besoins de la Turquie représentent environ 200 milliards de dollars. Si celle-ci ne peut avoir accès aux prêts, ou si les taux d’intérêt se maintiennent, la Banque centrale turque, même avec un nouveau gouverneur ne pourra pas tenir. Les femmes turques en paient le prix, et la Turquie aussi.

    Du rêve d’empire à la ruine

    Erdogan rêverait de l’Empire ottoman. Il y a 200 ans, un 25 mars, l’archevêque de Patras lançait un appel au soulèvement des Grecs. Il faudra dix ans à le Grèce pour obtenir son indépendance, 200.000 morts plus tard. Manque aujourd’hui un appel à libérer les Turcs. La plupart de ceux qui pourraient le faire, hommes et femmes,  sont en prison.

    Faut-il espérer la ruine de l’économie turque pour que la Turquie sorte de l’obscurantisme, de l’agression systématique, du recours à la force ?

    Le virage politique d’Erdogan est instructif : tourner le dos aux principes démocratiques, s’éloigner de l’Europe, se rapprocher de la Russie et de l’Iran, se faire le porte parole des Frères Musulmans, s’en prendre à la laïcité, aux femmes, à la France -quel honneur !-  mène à la ruine. 


    [1] La France avait été parmi les treize premiers états à signer cette convention à laquelle elle avait beaucoup participé. Il se trouve que l’ambassadeur désigné pour signer le document est devenu le fondateur de lesfrancais.press : Laurent Dominati…

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