Brexit : les futurs expatriés en rade.. et des contraintes pour les résidents

Brexit : les futurs expatriés en rade.. et des contraintes pour les résidents

Depuis la signature de l’accord de commerce, le 30 décembre 2020, le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne. Il ne fait plus partie du marché unique et de l’union douanière. Désormais, les expatriés doivent détenir l’EU Settlement statut.

En plus, le pays a choisi de ne plus participer au programme d’échanges Erasmus

Dès le 1er janvier 2021, de nombreux changements ont donc été effectués par les autorités britanniques, il reste une fenêtre jusqu’au 30 juin avant que le pays soit définitivement plus difficile d’accès.  

Le Settled statuts

Attention, vous n’avez que jusqu’au 30 juin 2021 pour demander votre permis à durée indéterminée afin de rester au Royaume-Uni.

Les Français installés au Royaume-Uni avant le Brexit sont autorisés à travailler, et à accéder à la sécurité sociale à condition d’obtenir le statut EU Settled statut. Avec, ils peuvent aussi facilement louer un logement, ouvrir un compte en banque, etc.

Toutes les démarches resteront inchangées et l’assurance-sociale confirmée par la détention du settled ou pre-settled status. Mais il ne reste que quelques mois pour faire la demande, soit avant le 30 juin 2021. Plus de 150,000 Français ont déjà fait la demande selon le Consulat de France.

Si vous avez le pre-settled status et que vous vous êtes absenté du Royaume-Uni, soyez attentif à ce que ce voyage ne soit pas supérieure à 6 mois sur une période de 12 mois. Sans quoi, vous risquez de perdre la possibilité de convertir votre pre-settled status en droit permanent, dans le futur.

Problèmes d’enregistrement du Settled-Status

Mais même si vous avez fait la demande, il faudra être patient.. Les services, en charge de traiter les formulaires soumis via les applications ou le site internet, sont surchargés.

C’est le cas de Lisa qui vit au Royaume-Uni depuis 20 ans, elle est propriétaire de son domicile. Malgré tout, elle doit fournir toutes ces attestations de domicile et ses activités bancaires. Et ce alors qu’elle détient un numéro de Sécurité sociale britannique (National Insurance Number), et un passeport qui prouve son adresse de résidence. Désormais, elle devra patienter encore six mois avant d’avoir la résidence permanente (settled-status).

Carte d’assuré social au Royaume-Uni

Visa pour celles et ceux pour ceux arrivés après le 31 décembre 2020

La libre circulation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne a pris fin le 31 décembre 2020. Et le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni a mis en œuvre un système d’immigration à points (points-based immigration system) qui donne priorité aux aptitudes et talents des personnes au lieu de l’origine.

Si vous n’étiez pas résident au Royaume-Uni avant le 31 décembre 2020 et que vous n’aviez aucun droit sous l’accord de retrait, à partir du 1er janvier 2021, vous devrez répondre à des exigences spécifiques pour travailler ou étudier au Royaume-Uni.

Ce qui entraînera des contrôles pertinents, y compris la vérification du casier judiciaire au Royaume-Uni.

Vous pouvez continuer de vous rendre au Royaume-Uni sans visa pendant 6 mois encore et vous pouvez participer à de nombreuses activités, comme faire du tourisme, rendre visite à des membres de votre famille et à des amis, faire des études de courte durée et des activités en rapport avec les affaires, comme vous rendre à des événements et à des conférences. Vous pouvez vous procurer la liste complète des activités autorisées aux visiteurs sur le site GOV.UK

Obtention de visa : les craintes des Français candidats à l’immigration

Arthur a 24 ans et vient de finir ses études récemment dans la grande école « Centrale – Paris ». Il vient juste de finir son stage de fin d’études chez Bank of America à Paris. La direction ne pouvait pas lui proposer un poste dans la capitale française, cependant il détient une promesse d’embauche pour un CDI dans les bureaux londoniens à partir d’avril 2021.

Il souhaitait faire un Aller/Retour à Londres en décembre 2020 pour avoir son pre settled-status mais en raison de la crise sanitaire, il n’a pas pu voyager. “La France avait fermé ses frontières avec le Royaume-Uni”, dit-il. Pour pouvoir travailler à Londres en avril, Arthur doit, donc désormais, faire toutes les démarches pour obtenir un visa. Il dénonce les lenteurs administratives avec des étapes qui s’éternisent. Il craint que son visa ne soit pas prêt avant commencer son travail début avril.

Témoignage d’Arthur, détenteur d’une promesse d’embauche mais sans visa

Brexit : le revers de la médaille ?

Julia voulait partir cet été pour un laps de temps de 2-3 mois en Angleterre, de préférence à Londres. Dans le cadre de ses études supérieures en France, elle a identifié ses importantes lacunes en anglais. C’est pourquoi elle souhaitait le perfectionner.

Étudiante dans le domaine juridique, Julia aspire la poursuite de son cursus dans la même spécialité en Angleterre. En travaillant pour un cabinet d’avocats, elle aurait pu se familiariser avec le droit anglais.

De ce fait, Julia était opposée à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

“Je n’habite pas ici, mais c’est un pays que j’aime énormément. Avant, le Royaume-Uni était facile d’accès et on n’avait pas besoin de visa. À l’avenir ce sera un tout petit peu compliqué et plus contraignant pour les voyages.  Mon compagnon souhaite faire ses études dans une école anglaise et je pense que ce sera difficile pour moi de lui rendre visite.” 

Julia

Selon Julia, avec la crise sanitaire que traverse le pays, ce n’était pas le bon moment pour quitter l’Union européenne. Les tensions sur la production des vaccins, démontre pour elle qu’il valait mieux repousser la date de sortie.

Avec l’obligation d’un salaire minimum supérieur à 30 000 euros/an pour pouvoir obtenir le droit de travailler en Angleterre et le visa, Julia se pose beaucoup de questions sur les formalités et son avenir au Royaume-uni.

Elle souhaitait trouver un petit job cet été dans un magasin ou un fast food, désormais, ce ne sera plus possible. Dorénavant, ses aspirations de travailler dans le domaine juridique deviennent une mission quasiment impossible !

Témoignage de Julia, étudiante voulant améliorer son niveau d’anglais

Rupture des routes commerciales

Un Français à Londres (désirant conserver l’anonymat), a commandé à une parapharmacie française, des produits cosmétiques et d’hygiène. Sa commande devait arriver le 18 janvier 2021. À cette même date, son colis était parvenu en Grande-Bretagne. Malheureusement, le circuit de livraison a été stoppé à la douane. 

Depuis, il n’a aucune nouvelle. Il a contacté l’entreprise plusieurs fois, qui lui confirmait qu’ils “avaient un système interne au traçage.” 

À ce jour, son colis n’a toujours pas été livré. Il pense que la situation est consternante, car « avant le Brexit les livraisons ne rencontraient aucun problème.” 

Témoignage sur les livraisons au Royaume-uni

Au bout d’un mois, les premières conséquentes directes du Brexit se font ressentir pour les candidats à l’expatriation mais aussi pour les expatriés déjà installés.

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