Les relations entre l'Union européenne et l'Union africaine

Les relations entre l'Union européenne et l'Union africaine

Alors que l’UE et l’Union africaine cherchent à rattraper le temps perdu en 2020 en accélérant les discussions sur un nouveau « partenariat stratégique », couvrant coopérations politique et économique, l’un des risques est que les discussions se déroulent en vase clos à un niveau politique élevé, avec peu de considération pour les communautés locales.

Les militants de la société civile africaine se plaignent déjà d’avoir été laissés à l’écart du processus de consultation.

« La relation entre société civile et gouvernement est très difficile », a déclaré à EURACTIV Million Belay, coordinateur de l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique. « Je ne m’attends pas à ce que les pays africains consultent les organisations de la société civile ».

Ne pas oublier les autorités locales

Lungisa Huna, directrice de l’Assemblée panafricaine des femmes rurales, a déclaré qu’« en tant que société civile – église et mouvements populaires – nous devons construire par la base ». « Nous avons besoin d’un peuple bien équipé et ayant une voix pour faire changer les choses », a-t-elle ajouté.

La coopération entre la Commission européenne et les autorités locales de toute l’Afrique est appelée à se développer dans le cadre du nouveau cadre budgétaire septennal de l’UE qui, pour la première fois, verra les autorités locales participer au processus en tant qu’acteurs publics aux côtés de l’État central pour définir les priorités des projets et programmes de coopération européens.

Outre le dialogue constant avec leurs gouvernements nationaux, Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique), une organisation qui chapeaute les fonctionnaires locaux du continent, a exhorté ses membres à négocier des accords avec la délégation nationale de l’UE dans leur pays et à chercher à influencer le travail de la Direction Générale de la Coopération au Développement de la Commission (DG DEVCO) sur l’intégration des autorités locales dans la coopération européenne.

CGLU Afrique cherchera également à discuter avec les gouvernements nationaux africains et les délégations de l’UE sur les mécanismes de financement garantissant l’accès direct des autorités locales aux fonds de coopération européens.

« L’Etat central doit savoir qu’il a un nouvel allié, les autorités locales et régionales, pour améliorer la vie de ses citoyens »

Jean Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de CGLU Afrique.

Un groupe de pays comprenant le Mali, les Comores, la Zambie, le Mozambique, la Mauritanie, le Bénin et le Burkina Faso ont déjà ouvert des pourparlers avec leurs délégations respectives de l’UE.

Ailleurs, on s’inquiète du fait que l’UE ne semble pas prendre en compte la spécificité du processus de décentralisation dans chacun des pays et les inégalités des territoires.

« La lutte pour la décentralisation n’est pas facile (…). Le partenariat avec l’UE est important pour sa réussite », a déclaré Mohamed Boudra, président de l’Association marocaine des présidents des conseils communaux, lors d’un webinaire de CGLU sur l’Afrique l’année dernière.

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