Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • les USA vont réouvrir leurs frontières !

    les USA vont réouvrir leurs frontières !

    Le public américain est prêt à voyager à nouveau – plus de 1,5 million de personnes ont pris l’avion dimanche, le plus haut en plus d’un an. Selon la TSA, 1 543 115 voyageurs ont été contrôlés le 21 mars, contre 548 132 le même jour en 2020. Les nombreux américains qui veulent aller à l’étranger, ainsi que l’industrie touristique américaine, ont reçu un espoir sous la forme d’un calendrier potentiel pour la réouverture des frontières internationales. Ce n’est pas le cas partout !

    Objectif : mai

    Selon CNBC, deux sources au sein de l’administration ont signalé que le président Biden « envisage la mi-mai » pour révoquer plusieurs de ces interdictions.

    Il s’agit notamment d’assouplir les restrictions à la frontière terrestre avec le Mexique et le Canada et d’autoriser les voyages internationaux en provenance du Royaume-Uni, de l’Europe et du Brésil.

    CNBC signale qu’il n’y a eu ni note de service sur la politique ni codification officielle de l’échéancier de mai. Le mois de mai serait la cible, car c’est probablement à ce moment-là que les vaccinations pourraient atteindre un seuil suffisant pour que les déplacements recommencent. Selon un haut fonctionnaire de l’administration, « il y aura un changement radical à la mi-mai lorsque les vaccins seront plus largement accessibles à tous ».

    Une première date pour les frontières terrestres : 21 avril

    Le ministère de la Sécurité intérieure a prolongé l’interdiction de voyager à la frontière terrestre avec le Mexique et le Canada jusqu’au 21 avril, pour différentes raisons; Le Canada a demandé aux États-Unis de garder la frontière fermée pendant qu’ils trouvent suffisamment de vaccins pour protéger leurs citoyens, et les États-Unis ont demandé au Mexique d’appliquer le protocole du masque et d’améliorer les tests avant que la frontière ne s’ouvre.

    L’administration Trump a interdit aux voyageurs de l’UE d’entrer aux États-Unis en mars 2020 au plus fort de la première vague de la pandémie de COVID-19. Et alors qu’il était sur le point de la révoquer à la fin de novembre, ce ne devait pas l’être, en raison de la hausse des taux de COVID-19 au cours de Noël en raison de l’émergence de la variante B.1.1.7 découverte au Royaume-Uni.

    Un lobbying intense des professionnels

    L’information au moment où des groupes de pression et des organisations commerciales représentant les industries de l’aviation et du voyage ont demandé au gouvernement américain d’élaborer une feuille de route pour relancer les voyages internationaux.

    Les signataires de 26 groupes commerciaux ont envoyé une lettre à Jeffrey Zients, le coordonnateur de la réponse du gouvernement à la COVID-19, le 22 mars, disant que « la nécessité d’une feuille de route fondée sur les données et les risques pour rouvrir les voyages internationaux est urgente ». 

    Les organismes commerciaux comprenaient Airlines for America (A4A), l’Aerospace Industries Association (AIA), la Regional Airlines Association (RAA), l’IATA, le syndicat des pilotes de la Southwest Airline Pilots Association et la Chambre de commerce des États-Unis.

    La lettre ne demandait pas de mettre fin aux précautions sanitaires nécessaires, mais suggérait des tests généraux pour les passagers à l’arrivée (les passagers vaccinés pourraient être exemptés). 

    Il a été demandé qu’une solution soit en place pour le 1 mai, afin que « le pays puisse s’ouvrir aux touristes non américains avant la saison estivale des voyages ». L’été est la période de voyage la plus chargée de l’année et beaucoup craignent qu’un deuxième été fermé sans tourisme international pourrait être plus fatale à l’industrie touristique.

  • Les dix défis de la crise sanitaire

    Les dix défis de la crise sanitaire

    Depuis un an, les gouvernements sont confrontés à une épidémie doublée d’une crise économique. Ce double problème concerne essentiellement l’Europe, l’Amérique du Nord et une partie de l’Amérique du Sud, zones qui concentrent le plus grand nombre de cas. La pandémie a bousculé les lignes dans de nombreux domaines : santé, social, patrimoine, gouvernance, transition énergétique etc. Un an après, à défaut de nouveau monde, il est possible de sérier les défis que les gouvernements auront à relever dans les prochaines années en prenant en compte les conséquences de l’épidémie.

    1. La santé, une coûteuse priorité 

    Tout en consacrant une part importante de son PIB à la santé, plus de 10% en moyenne, la zone euro a été confrontée à une série de problèmes, allant de l’approvisionnement en masque, au nombre de lits de réanimation, en passant par le manque de personnel de santé, etc. La santé ne fait pas partie des domaines de compétences exclusives de l’Union européenne et relève des États membres. Les institutions européennes peuvent toutefois appuyer, coordonner ou compléter l’action des États membres, selon l’article 6 du Traité de l’Union Européenne. Cette dernière dispose de deux agences spécialisées dans le domaine de la santé : le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l’Agence européenne des médicaments. 

    En 2020, la pandémie de Covid-19 a conduit les autorités européennes à intervenir dans le domaine de la santé en organisant des achats groupés de vaccins. Elles financent également des programmes de recherche sur l’épidémie. Les déficiences en matière de santé amèneront à des réformes tant au sein des États membres qu’au niveau communautaire. En France, la complexité du système de santé constitue un frein à sa rationalisation. Même si des progrès ont été réalisés depuis le début de la crise sanitaire, les relations entre les différents acteurs restent complexes et génèrent de nombreux blocages. La coopération entre les établissements publics et les cliniques privées est perfectible tout comme la mobilisation des professionnels libéraux de santé.

    2. L’apparition de nouveaux besoins sociaux 

    La crise a révélé ou confirmé que certaines catégories de la population sont peu ou mal couvertes, à savoir les intérimaires, les titulaires de contrats de travail courts et les indépendants. 800 000 personnes étaient en intérim avant crise en France. 

    La crise a posé le problème de la juste rémunération de certaines professions (santé, distribution, etc.). Au cours de ces quinze dernières années, le système de santé a généré de nombreux emplois en lien avec la réduction du temps de travail décidée en 2001. Afin de contenir les dépenses, les rémunérations proposées ont été longtemps faibles. Un processus de revalorisation s’est engagé à partir des années 2010 mais demeure insuffisant. 

    Le système de santé est très pyramidal avec une large base constituée d’aides-soignants et d’infirmiers qui, au regard de leur niveau d’études, s’estiment mal considérés. La crise a conduit les États à verser directement des sommes importantes aux ménages pour garantir leur niveau de vie, instituant de la sorte une forme de revenu universel. Cette expérience pourrait entraîner la relance du débat sur ce sujet. La question récurrente de l’élargissement du RSA en France aux jeunes obéit à cette logique. 

    3. L’apparition de nouveaux comportements

    L’épidémie a bouleversé les habitudes professionnelles avec l’essor du télétravail, ce qui pourrait à terme modifier les besoins en bureaux des entreprises. De 2009 à 2019, la proportion de salariés pratiquant régulièrement le télétravail est passé de 7,5 à 9 %. Avec la crise sanitaire, ce taux est passé à plus de 20 %. Si une décrue intervenait après la crise, il n’en demeure pas moins que le télétravail, une à deux journées par semaine, pourrait à terme devenir la norme. 

    L’épidémie incite certains habitants des grandes agglomérations à réfléchir à un changement de vie. Avant même la crise, un courant en faveur des villes de 100 000 à 200 000 habitants était constaté. Ces dernières offrant des logements plus spacieux confortent leurs positions. Cela pourrait amener des sociétés à répartir différemment leurs bureaux. Avec le développement des outils numériques, la concentration des salariés sur des sites au sein des grandes villes pourrait être abandonnée, d’autant plus que cela génèrerait des économies au niveau du foncier. 

    4. L’accélération décisive du e-commerce

    La France était en retard en matière de ventes en ligne par rapport au Royaume-Uni ou aux États d’Europe du Nord. Le chiffre d’affaires du e-commerce en France en 2020 a dépassé 110 milliards d’euros. L’année dernière, ce mode de distribution a représenté 13,4 % du commerce de détail. En prenant en compte les services, le commerce en ligne capterait près d’un cinquième des dépenses de consommation des ménages. En Chine, ce pourcentage dépasse 25 %. 

    La crise sanitaire a modifié le comportement des consommateurs. Même après le retour à la normale, certaines habitudes perdureront. Le succès des loisirs en ligne (vidéo à la demande) devrait résister à la réouverture des salles de cinéma. De même, la livraison des courses devrait se perpétuer voire s’amplifier tout comme celle des repas qui connaît un vif succès. L’offre de services numériques ne peut qu’augmenter avec l’accroissement du marché. 

    5. La fin du tourisme de masse ?

    Des secteurs comme le tourisme et les transports fortement touchés devraient connaître une normalisation après la crise. Celle-ci pourrait néanmoins mettre du temps, or ces secteurs étaient d’importantes sources de création d’emplois. Les effectifs dans les hôtels, les restaurants et les activités de loisirs avaient augmenté de plus de 30 % de 2003 à 2019. Le maintien des contraintes sanitaires durant les deux à trois prochaines années devrait peser sur le tourisme. 

    Le retour à la normale du trafic aérien pourrait s’étaler sur quatre ans. En outre, ce secteur est en première ligne en ce qui concerne la transition énergétique. De plus en plus de pays prennent des mesures pour limiter le recours à l’avion et pour supprimer de la vente les véhicules à moteur thermique d’ici quelques années. 

    6. La dette publique, la septième plaie d’Égypte 

    En augmentant considérablement les dettes publiques, la crise a entraîné un débat sur leur éventuel effacement ou cantonnement. Elle a reporté le retour à des taux d’intérêts normaux, cette expression n’ayant certainement plus réellement de sens. Afin d’assurer la solvabilité de l’État et de favoriser la croissance, les banques centrales maintiendront aussi longtemps que possible des taux réels faibles. Compte tenu des taux de croissance attendus dans les prochaines années, les déficits publics devraient rester élevés et les dettes publiques continuer à augmenter. Le processus de monétisation massive des déficits publics devrait se poursuivre. 

    En France, plus de 50 % des emprunts émis par l’État sont achetés par des banques centrales. La base monétaire de la Banque Centrale Européenne est passée de 3 200 à plus de 5 000 milliards d’euros de 2019 à 2021. 

    7. Le patrimoine et l’épargne pointés du doigt 

    La crise a également mis l’accent sur les inégalités patrimoniales. Les faibles taux d’intérêt conduisent à une appréciation des valeurs actions et du prix des logements. Les jeunes actifs éprouvent de plus en plus de difficultés à acquérir leur résidence principale. Le patrimoine se concentre sur les plus de 55 ans. La crise a entraîné une progression sans précédent du taux d’épargne qui est passé au sein de la zone euro de 13 à 18 % du revenu disponible brut de 2019 à 2021. La Banque de France estime qu’en dix-huit mois, la crise Covid-19 pourrait conduire à un supplément de 200 milliards d’euros d’épargne pour les Français. 

    Certains réclament la taxation de l’épargne quand d’autres en appellent à sa réorientation au profit de la consommation ou de placements de long terme. La succession des crises, la montée de la précarité et le vieillissement de la population sont des facteurs qui expliquent cette tendance.  

    8. De l’affirmation de la souveraineté économique 

    L’épidémie a démontré la dépendance de l’Union européenne aux importations asiatiques ou américaines. Les États entendent protéger leurs entreprises et souhaitent les inciter à relocaliser certaines productions. L’opposition au rachat de Carrefour par l’entreprise canadienne « Couche-Tard » est révélatrice du nouveau climat en la matière. En 2020, 275 acquisitions ont été contrôlées en 2020 par le ministère de l’Économie, soit une hausse de 27 % sur un an et de près de 50 % depuis 2018. Ce sont les investisseurs américains et britanniques qui ont été particulièrement visés et qui ont fait l’objet du plus grand nombre de refus. Le champ des secteurs contrôlés a été étendu en 2020 aux biotechnologies, et le seuil de filtrage a été diminué de 25 à 10 % du capital pour les entreprises cotées. 

    Les start-up sont également soumises à la surveillance de Bercy. 

    La crise a souligné le retard des pays de l’Union européenne et, particulièrement, de la France en matière de recherche et d’innovation, que ce soit dans le domaine de la santé ou dans celui des techniques de l’information. Au-delà de l’insuffisance des moyens financiers, les mauvaises relations entre secteur public et secteur privé, et l’absence de coordination au niveau européen expliquent les résultats décevants de l’Union. 

    9. La transition énergétique entre coercition et eldorado

    La réduction des émissions de CO2 de 55 % d’ici 2030 et l’obtention de la neutralité carbone d’ici 2050 supposent un effort d’investissement sans précédent de la part de tous les acteurs économiques. Pour la première fois depuis le début de la première révolution industrielle, un changement énergétique est mené par voie réglementaire. Un système coercitif est mis en place avec, par exemple, des bonus/malus. Cette transition énergétique dont le coût brut se chiffre au niveau mondial en milliers de milliards de dollars est également une source potentielle de croissance. La compétition internationale s’intensifiera sans nul doute dans les prochaines années. 

    10. Des démocraties sous tension 

    Les pouvoirs publics ont décidé de soutenir les ménages et les entreprises en augmentant considérablement les dépenses publiques. En 2020, celles-ci ont atteint 63 % du PIB en France, 60 % en Italie ou 52 % en Allemagne. Elles ont augmenté de plus de 10 points en un an. Les gouvernements n’ont pas tiré profit de cet engagement sans précédent, les populations estimant que ce soit en France ou en Allemagne qu’ils ont mal géré la crise. 

    Le fait que le pouvoir d’achat ait augmenté en 2020 n’efface pas les hésitations, les tergiversations sur les masques, sur les vaccins, les confinements. 

    Les gouvernements actuels sont accusés de tous les maux. Il y a un transfert total des responsabilités sur les exécutifs qui se doivent d’être omniscients tout en étant accusés de l’être. La diffusion rapide de cette épidémie issue d’un virus qui était inconnu à la fin de l’année 2019 n’est pas considérée comme une excuse suffisante par des opinions qui exigent des solutions définitives en temps réel. 

    Les réseaux sociaux, les chaînes d’information sont devenues des tribunaux permanents des responsables politiques qui doivent justifier en permanence leurs décisions. Les démocraties occidentales sortent fragilisées de la crise, devant en permanence arbitrer entre la liberté et les restrictions imposées au nom de la santé publique. L’absence de consensus au sein des populations rend la mise en place des politiques complexes. 

    Les démocraties disposent d’un atout sur les régimes totalitaires : la souplesse. Depuis deux siècles, elles ont été capables de gérer la question sociale lors de l’avènement de la société industrielle, la décolonisation, – parfois avec quelques difficultés – le terrorisme des années 1970 ou celui des années 2010. Elles sont moins enclines à la rupture grâce à la permanence du débat public.

  • Macron, Merkel, Johnson et 22 autres dirigeants proposent un traité sur les pandémies

    Macron, Merkel, Johnson et 22 autres dirigeants proposent un traité sur les pandémies

    Les dirigeants d’une vingtaine de pays, le président du Conseil européen et le patron de l’OMS ont appelé mardi à élaborer un « traité international sur les pandémies » pour affronter les futures crises sanitaires.

    Anticiper de nouvelles pandémies

    Leur proposition est présentée dans une tribune signée par les dirigeants de pays répartis sur les cinq continents, dont le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Boris Johnson, ou encore les présidents sud-coréen Moon Jae-in, sud-africain Cyril Ramaphosa, indonésien Joko Widodo et chilien Sebastián Pinera.

    Alors que le Covid-19 « tire parti de nos faiblesses et de nos divisions », « un tel engagement collectif renouvelé serait une étape importante pour consolider la préparation aux pandémies au plus haut niveau politique », selon cette tribune publiée lundi soir dans le Monde, et qui devait l’être dans de nombreux quotidiens étrangers mardi.

    « Il y aura d’autres pandémies et d’autres situations d’urgence sanitaire de grande ampleur. Aucun gouvernement ni aucun organisme multilatéral ne peut, seul, faire face à cette menace »

    Tribune des chefs d’Etats

     Règlement sanitaire international

    Egalement signataires, le président du Conseil européen Charles Michel et le patron de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus présentent ce mardi devant la presse ce projet de traité qui pourrait se fonder sur le « Règlement sanitaire international », un instrument juridique adopté en 2005.

    Renforcer « la résilience » face aux pandémies suppose de « consolider fortement la coopération internationale pour améliorer, par exemple, les systèmes d’alerte, la mise en commun des informations, la recherche, ainsi que la production et la distribution » des vaccins, médicaments, produits de diagnostic et équipements de protection, poursuit la tribune.

    A cet égard, « nous nous engageons à garantir un accès universel et équitable à des vaccins, à des médicaments et à des produits de diagnostic sûrs, efficaces et abordables pour cette pandémie et celles qui suivront. La vaccination est un bien public mondial », affirment les 25 dirigeants signataires.

    Un traité « devrait conduire à une plus grande responsabilisation mutuelle et à un partage des responsabilités » et « favoriser la transparence et la coopération au sein du système international », ajoutent-ils, appelant à « tirer les enseignements » du Covid-19 et à travailler avec la société civile et le secteur privé.

    Une tâche qui « prendra du temps et exigera un engagement soutenu pendant de nombreuses années » et nécessitera « un leadership mondial », reconnaît le texte.

    Charles Michel avait proposé un tel traité international en décembre lors de l’Assemblée générale de l’ONU, appelant notamment à une meilleure « surveillance de l’apparition de maladies infectieuses animales ».

    Les Etats membres de l’UE lors d’un sommet en décembre, puis les pays du G7 en février, avaient endossé l’idée d’un possible traité pour renforcer la coopération sanitaire internationale.

    Les dirigeants de membres clés du G20 (Etats-Unis, Russie, Chine, Japon, Inde et Brésil) ne figurent toutefois pas parmi les signataires de la tribune.

  • Régionales : ce que dit le Conseil scientifique

    Régionales : ce que dit le Conseil scientifique

    Il se dit que si les élections régionales prévues début juin sont reportées, qu’il en sera de même pour les élections consulaires. On fait le point

    Dans son avis remis lundi à Jean Castex sur l’éventuel report des élections régionales et départementales en juin, le Conseil scientifique ne tranche pas mais identifie les risques et incertitudes qui pèsent sur le scrutin face à l’épidémie de Covid-19.

    Cinq risques identifiés 

    Le Conseil scientifique relève cinq catégories de risques pour la tenue de scrutins dans un contexte épidémique.

    D’abord ceux pesant sur « les candidats, les équipes de campagne » mais aussi les personnes qu’ils rencontrent. « La gestion de ce risque est la plus délicate », souligne le Conseil.

    Puis, les risques « auxquels s’exposent les électeurs en allant voter », ainsi que ceux liés à la contamination des personnes « participant aux opérations de vote et en particulier lors du dépouillement ».

    Le Conseil évoque aussi les dangers de l’utilisation des locaux, « notamment scolaires », et ceux in fine liés à « une reprise de l’épidémie suivant les élections sous forme de clusters ou d’une ‘petite vague’ ».

    Des incertitudes compliquant la décision 

    A deux mois et demi de l’échéance, et dans un contexte actuel très tendu, le Conseil scientifique fait aussi valoir que plusieurs incertitudes compliquent la donne.

    Parmi les facteurs mouvants, les membres citent « l’effet des mesures de contrôle » qui seront mises en oeuvre dans les deux prochains mois et qui seront un « élément clé pour anticiper l’état de la pandémie en juin 2021 » .

    Le respect des gestes barrières ou encore la progression de la campagne de vaccination figurent aussi parmi ces variables.

    Des craintes plaidant pour un maintien en juin

    Pour le Conseil, et avec moult précautions rhétoriques, quelques arguments plaident pour un maintien des élections en juin.

    Car, si « l’émergence de nouveaux variants » pourraient encore bouleverser la situation, il « est peu probable qu’un nouveau variant soit détecté d’ici juin », relève le Conseil.

    Les scientifiques soulignent aussi que l’été pourrait s’accompagner d’un relâchement des gestes barrières et d’une « moindre vigilance » aboutissant à « une dégradation de la situation sanitaire dès septembre 2021, comme cela avait été observé en 2020 ». En ce sens, un report serait inopportun.

    Enfin, le Conseil note également que d’autres élections se sont tenues en Europe ces dernières semaines, avec des protocoles spécifiques.

    Mais un nouveau report est à considérer

    L’extension de la couverture vaccinale fait figure d’argument massue pour un nouveau décalage.

    « Fin septembre 2021, entre 40 et 45 millions de personnes pourraient être vaccinées. Ce niveau de vaccination permettra de diminuer significativement la circulation du virus dans la population »

    observe le Conseil.

    De même, les scientifiques insistent sur les risques inhérents à la tenue d’élections « dans un contexte où le niveau de circulation virale reste élevé », en particulier pour les candidats et équipes de campagne. Sachant que la « forte contagiosité » du variant britannique, actuellement dominant, est un facteur aggravant.

    Préconisations pour la campagne et le vote

    Que cela soit pour juin ou septembre, le Conseil émet une série de recommandations pour l’organisation des élections.

    La campagne devra suivre « un protocole adapté » et « l’usage de moyens dématérialisés », comme internet ou des « numéros verts », sera « encouragé au maximum ». Les candidats devront si possible être vaccinés et testés régulièrement.

    Concernant le jour du vote, « il est désormais recommandé de solliciter des personnes vaccinées », « c’est-à-dire des personnes plus âgées », pour tenir les bureaux.

    Le vote pourrait se dérouler « en extérieur » et le tenue du scrutin « obligera à un nettoyage strict » des écoles mobilisées.

    Le Conseil recommande également d’étaler au maximum le vote, quitte à déroger provisoirement au couvre-feu éventuel, et de réserver « une plage horaire privilégiée pour les personnes vulnérables, par exemple de 09H00 à 12H00 ».

    Enfin, le Conseil demande de recourir au maximum au vote par procuration et « regrette » que le vote par internet ou par correspondance n’ait pu être rendu possible.

  • La situation des expats en Australie avec la Covid-19

    La situation des expats en Australie avec la Covid-19

    L’Australie a rapidement choisi de mettre en place de lourdes restrictions pour protéger ses habitants du Covid-19. Frontières fermées, confinement le plus long du monde à Melbourne, ces mesures ont eu un impact non-négligeable sur la vie des australiens et des expats. Nous avons recueilli le témoignage de différentes Françaises qui vivent actuellement en Australie. Chacune a un ressenti différent vis-à-vis de la crise et certaines ont dû faire des choix drastiques. Petit tour d’horizon de la situation des expats en Australie avec la Covid-19.  

    Celles qui sont là depuis longtemps

    Pour certaines, l’expatriation ne date pas d’hier ! Pour autant, la situation n’a pas été moins compliquée. Expatriée depuis 1998, Florence s’adapte comme elle peut. Lorsqu’elle a posé les pieds à Perth avec son visa vacances travail, elle a rapidement succombé au charme du pays. Aujourd’hui, elle est femme au foyer à Denmark, mais elle aimerait changer d’état afin de trouver un travail. Même si “la Covid n’est pas proprement présente” à son sens, il y a tout de même eu la fermeture des frontières inter-états pendant des mois, ce qui l’a empêché de mener à bien sa recherche d’emploi. Elle ne peut pas non plus rentrer en France pour rendre visite à ses proches. Bloquée par la situation, elle fait preuve de patience en attendant que la situation se débloque vraiment.

    Manon est arrivée quant à elle à Melbourne en 2016 pour 6 mois. Elle était loin de se douter qu’elle allait trouver l’amour et s’installerait définitivement en Australie. Après avoir obtenu un visa partnership, suite à son mariage en 2017, Manon est passée par la laborieuse démarche d’obtention de la résidence permanente. À l’heure actuelle, elle est en attente de validation pour bénéficier de la double nationalité. La pandémie l’a surtout impacté professionnellement, lui imposant le télétravail. Néanmoins, Manon s’y plaît et aspire à conserver ce nouveau mode de vie. 

    Pour ces deux expats en Australie, la crise a impacté leur travail, mais pas au point de changer de vie. Elles souhaitent rester en Australie où elles ont désormais leur vie. 

    Celles qui sont arrivées il y a peu

    Arrivée sur Perth en Octobre 2019 avec un PVT, Milena fait toujours partie des expats en Australie. Monitrice de kitesurf, elle prévoyait de rester un an puis de rentrer en France. La crise de la Covid-19 a entièrement changé ses plans ! Au lieu de rentrer, elle a choisi de renouveler son visa pour une seconde année. Elle a arrêté les cours de site surf pendant un temps, à cause des restrictions. Mais à ce jour, elle a repris les cours de kitesurf et compte poursuivre son aventure en Tasmanie. 

    « Bien sûr, la situation en France m’a carrément décidé à rester vivre en Australie pour une seconde année.”

    Milena, monitrice française de Kitesurf

    Mutée pour raisons professionnelles, Lisa atterrit à Melbourne en janvier 2020. Elle a à peine le temps de s’installer qu’un confinement est déclaré dans l’état du Victoria. En tant qu’UX Designer, elle vit 7 mois de confinement très éprouvants. Entre l’absence de contact social et la routine du travail, elle se décide finalement à changer de job et à déménager à Cairns. Les restrictions sanitaires étant maintenues sur le lieu de travail (distanciation sociale et port du masque) Lisa poursuit ses missions en télétravail. Bien que sa transition professionnelle se soit bien déroulée, elle essaye de s’adapter au mieux à sa nouvelle situation. 

    « Être mutée n’est jamais quelque chose d’évident, encore moins dans un contexte pareil. Même si l’installation a été difficile, j’arrive à présent à prendre mes marques. J’ai hâte que la situation s’améliore pour pouvoir partir à la découverte de ma nouvelle ville »

    Lisa, spécialiste française du design

    Celles qui ne veulent plus rester 

    En février 2020, Kimy pose ses bagages sur le sol australien pour une année de PVT. Avec l’aide de son compagnon, elle construit son van à Sydney avant d’embarquer pour un roadtrip sur les routes. Son aventure a été lourdement bousculée par la pandémie et les restrictions sanitaires. Elle a, à plusieurs reprises, dû quitter certaines régions et a été contrainte de vivre deux confinements. Malgré cela, elle a tout de même pu explorer une grande partie de l’Australie et se sent satisfaite de son expérience. Après quelques mois de découverte, elle a préféré rentrer en France et s’adapter à la situation auprès de ses proches.

    “Même si nous n’avons pas pu visiter tout ce que nous avions prévu, je trouve que cette expérience a été unique. Il est temps pour nous de revenir à la réalité et retourner en France.”

    Kimy, française en PVT

    De son côté, Jennifer est arrivée en visa étudiant le 3 février, quelques semaines avant la fermeture des frontières.Elle avait prévu de rester pour deux ans afin de suivre un Master à l‘Université de Sydney. Toutefois, à cause des restrictions toujours plus importantes et la peur ambiante, elle a pris la décision de revenir en France et reporter ses projets à des temps plus stables. 

    « Lorsque la fermeture des frontières a été annoncée, beaucoup de mes camarades français ont choisi de rentrer pour être avec leurs proches, j’ai pris la même décision. C’est difficile de se projeter dans un nouvel environnement avec de telles conditions. »

    Jennifer, étudiante française à Sydney

    Ainsi, la situation des expats en Australie avec la Covid-19 est différente d’une personne à l’autre. Pour celles qui sont installées depuis longtemps, c’est un changement de vie qui est envisagé. Pour celles qui sont arrivées peu de temps après le début de la crise, l’attachement au pays n’était pas assez fort. Cette crise a impacté les expats, chacune à leur manière, et même si le pays revit, les conséquences sont encore mesurables.

  • 8 listes pour 9 postes de conseillers à Londres !

    8 listes pour 9 postes de conseillers à Londres !

    Les expatriés français vont renouveler leurs élus locaux ce 30 mai 2021, au total 447 conseillers des Français de l’étranger et 77 délégués consulaires. Au Royaume-Uni, l’arrêté gouvernemental du 30 janvier 2020 fixe à 9 le nombre d’élus pour la circonscription de Londres (et à 13 en ce qui concerne les délégués consulaires qui auront, eux, juste un rôle d’électeurs pour les sénatoriales) et 3 pour celle d’Édimbourg/Glasgow.

    Le Consulat de France à Londres a publié les noms des huit listes qui ont été déposées pour l’élection consulaire.

    4 listes à droite et au centre pour Londres

    Christine Leleux

    Roch Miambanzila, candidat sur la liste de l’Union de la Droite en 2014, une liste conduite à l’époque par Olivier Cadic et aujourd’hui sur celle de Christine Leleux pour Les Républicains et le Centre, répond à nos questions.

    « Vous savez que les élections consulaires en règle générale essaie de regrouper les gens au delà des partis. C’est pourquoi c’était, en 2014, une seule liste de l’union de la droite et du centre. Concernant les divisions des listes à droite, cette année,, ce n’est pas seulement une question de partis, mais c’est aussi une question de personne et de ce qu’elle veule faire avant tout. Ce qui compte, c’est le projet des uns et des autres. » 

    Roch Miambanzila candidat sur la liste AU SERVICE DES FRANÇAIS DU ROYAUME-UNI – UNION DE LA DROITE ET DU CENTRE

    Pour faire campagne maintenant en cette période de pandémie, Roch Miambanzila fait des visioconférences. Il est en 4e position sur la liste de Christine Leleux pour Les Républicains, qui n’a pas réussi à faire l’union comme en 2014.

    « Ma liste est de la droite et du centre de 2014. Il y a une partie de ceux qui étaient déjà avec moi, dont  Nicolas Hatton, avec les « 3Millions » par exemple qui constitue une liste.  « Les 3 Millions » est un mouvement qui défend les 3 millions de ressortissants européens vivant au Royaume-Uni, cofondé par Nicolas Hatton. Un autre parti, c’était celui de Patricia Connell. Elle est maintenant, tête de liste de La République en Marche. Mais elle était dans ma liste en 2014 en tant que Déléguée Consulaire. Notre liste s’est donc répartie en trois. Mais, l’important, c’est: que chacun fasse ce qu’il a à faire et puisse être au service des Français du Royaume-Uni. » 

    Roch Miambanzila candidat sur la liste AU SERVICE DES FRANÇAIS DU ROYAUME-UNI – UNION DE LA DROITE ET DU CENTRE

    LREM: une candidate sur le front

    Patricia Connell

    Patricia Connell se présente cette année sous l’étiquette de La République en Marche. Entrepreneuse installée au Royaume-Uni depuis trente-cinq ans, en 2014, elle était sur la liste de l’union de la droite, du centre et des indépendants. Elle explique sa migration sur l’échiquier politique, comme une évolution naturelle, elle qui a toujours été plus au centre qu’à droite.

    « Je me suis présentée en tant qu’indépendante où j’étais sur une liste que menait Olivier Cadic et il était centriste. Il m’avait demandé de rejoindre sa liste et j’ai accepté au moment où j’étais indépendante. J’avais déjà travaillé pour la campagne d’Olivier en 2012 quand il s’est présenté en tant que député. À l’époque il avait rejoint l’Alliance centriste qui par la suite est devenue « En Marche « . Puis on m’avait demandé d’être candidate aux législatives. À cette époque « En Marche » n’existait pas et Macron n’avait pas déclaré sa candidature et j’ai accepté d’être candidate pour l’UDI, mais c’était très compliqué.”

    Patricia Connell, tête de liste pour LREM

    Pour Patricia Connell, la division de la Droite, en Angleterre, avec la liste de l’Alliance Solidaire de Jean-Pierre Bansar, la liste LR, la liste soutenue par Olivier Cadic et la liste du Rassemblement national, entrainera une disparition de celle-ci du Conseil consulaire de Londres.

    « Je serai étonnée s’ils faisaient 5%.” 

    Patricia Connell, tête de liste pour LREM, évoquant les résultats de l’extrême Droite

    Une liste citoyenne faite d’engagé(e)s

    Olivier Bertin

    Olivier Bertin, Co-fondateur des Petites Étoiles (Bilingual Nurseries) et conseiller consulaire élu en 2014, a été nommé tête de la liste : Les Pieds sur Terre. 

    “Une liste indépendante qui rassemble des personnes impliquées depuis de nombreuses années dans la vie culturelle, éducative, juridique et économique de la communauté française au Royaume-Uni. En 2014, nous étions deux élus : Marie-Claire Sparrow et moi. Indépendants des partis, nous avions eu cette démarche en nous disant qu’on était déjà élus auparavant sur des listes différentes. »

    Olivier Bertin, tête de liste « LES PIEDS SUR TERRE »

    C’est un attelage citoyen mené donc par un ancien candidat pour Europe Ecologie et une colistière, Mme Sparrow, plutôt de centre droit .

    « Travailler ensemble avait un sens pour nous. C’est ainsi que nous avons constitué une liste avec des gens impliqués dans la communauté française. Notre critère, c’était plus l’implication dans la communauté française que des points de vue politiques des uns et des autres. Nos seuls points communs, c’est que nous n’avons pas d’extrémistes ni d’extrême gauche ni d’extrême droite.« 

    Olivier Bertin, tête de liste « LES PIEDS SUR TERRE »

    Réunissant les pros européens, la liste s’est articulée sur les problèmes liés au monde post-brexit et à ses conséquences.

    « Les préoccupations du moment sont liées au Brexit, notamment le Settled Status (résidence permanente). Et, c’est toujours d’actualité. J’ai passé beaucoup de temps avec des personnes âgées qui n’arrivaient pas à le faire. Je les aidais dans leur démarche. Aujourd’hui, nous redirigeons les gens vers des services d’administratifs. À ce propos, le consulat a un très bon site internet où nous trouvons de nombreuses informations. « 

    Olivier Bertin, tête de liste « LES PIEDS SUR TERRE »

    Axée sur la citoyenneté et la vie pratique, la liste « Les Pieds sur Terre » est typique des nombreuses listes citoyennes qu’on a vu émerger, comme à Bruxelles avec l’Union des Français de Belgique. Ils s’engagent pour la famille, l’éducation, la retraite, tout ce qui fait le quotidien des expatriés.

    « Concernant les dossiers de retraite, beaucoup de personnes ont de grosses difficultés à constituer leur dossier à  cause du  système de retraite complètement inefficace. L’autre préoccupation des familles s’est le coût de l’enseignement. En effet, les frais de scolarité n’ont cessé d’augmenter d’année en année. Un vrai problème pour des familles de catégorie moyenne.”

    Olivier Bertin, tête de liste « LES PIEDS SUR TERRE »

    L’union de la Gauche à Londres

    Samy Ahmar

    Christophe Adol est troisième sur la liste de Samy Ahmar (vous pouvez découvrir son interview dans un « Chemins d’expats« ) a répondu à nos questions. Enseignant dans le réseau de l’AEFE depuis 25 ans et conseiller consulaire depuis novembre 2019, il est donc candidat sur une liste soutenue par l’Association des Français du Monde et un rassemblement de partis de gauche (PS, Génération•s, Place Publique et PRG).

    “ Les conseillers des Français de l’étranger sont des élus de proximité et représentent la communauté française. (…) Ces élections sont à mi-chemin entre les listes associatives, car elles s’appuient sur des associations qui sont au service des Français de l’étranger. Je fais partie d’une association qui s’appelle Français du Monde. Il existe une section en Grande-Bretagne qui a pour objectif de répondre aux besoins de la communauté française et de créer des liens à travers quelques évènements festifs autour des la communauté française. Nous faisons des événements pour le 14 juillet et nous organisons depuis plusieurs années un Noël solidaire pour se tourner vers les enfants de nos compatriotes qui sont en difficulté. Nous organisons également une galette des Rois en début d’année. Et puis nous sommes présents au quotidien pour répondre à d’éventuelles questions et inquiétudes. 

    Christophe Adol, candidat Français·es du monde, sur la liste union de la gauche

    Bien évidemment les questions liées à la pandémie, au Brexit avec les questions de Settled Status, des questions de retraites, de formalités administratives, des droits de douane sont au coeur du programme d’actions de la liste.

    « Depuis le Brexit nous réalisons des webinaires tournés vers la communauté française pour les informer des conséquences du Brexit, sur la sécurité sociale, des tas de questions pratiques où on essaie d’apporter nos réponses.”

    Christophe Adol, candidat Français·es du monde, sur la liste union de la gauche

    3 enjeux majeurs pour l’élection à Londres

    l’enseignement, la pandémie et les démarches administratives liés au Brexit.
    Roch Miambanzila

    Pour la liste « Au service des Français du Royaume-Uni » (LR), la priorité est donnée aux déplacements entre la France et le Royaume-Uni, la crise sanitaire, etc . Leur objectif : répondre aux interrogations des Français.

    « Pour ma part, je suis très impliqué au niveau des écoles F.L.A.M (Français LAngue Maternelle). Le programme FLAM a été créé en 2001 par le ministère des Affaires étrangères pour aider les familles vivant à l’étranger à favoriser la pratique de la Langue française.« 

    Roch Miambanzila candidat sur la liste AU SERVICE DES FRANÇAIS DU ROYAUME-UNI – UNION DE LA DROITE ET DU CENTRE

    Il s’agit donc de remonter des soucis et des difficultés que pourraient rencontrer toutes ces écoles, notamment auprès de l’administration. Ils ont été aussi énormément solliciter pour le Settled Staus surtout depuis la deadline du 31 décembre 2020 lorsque le Royaume-Uni sortît concrètement de l’Union européenne.

    « Nous-mêmes, nous avons largement communiqué afin que nos compatriotes mettent tout en œuvre pour qu’ils aient leur Settled Status et d’ailleurs sensibiliser les un et les autres d’être en règle par rapport à cela et ne pas attendre la dernière minute. »

    Roch Miambanzila candidat sur la liste AU SERVICE DES FRANÇAIS DU ROYAUME-UNI – UNION DE LA DROITE ET DU CENTRE

    Le Brexit boulerse des vies

    Malheureusement, le Brexit et la pandémie ont été une véritable onde de choc pour des milliers de Français vivant au Royaume-Uni. Du jour au lendemain, ils ont vu leur quotidien bouleversé. Comme l’ont expliqué les autres candidats et Patricia Connell. 

    “Il y a eu le référendum de 2016 qui a été très déterminant. J’ai tenu à m’impliquer parce que déjà j’étais anti-Brexit. J’étais Britannique donc j’avais le droit de dire que j’étais contre le Brexit. Alors que beaucoup de Français n’osaient pas le dire. Après le référendum j’ai fait tout un lobbying et je me suis dit que les Français étaient dans une vraie crise. En tant que Déléguée Consulaire, j’ai ressenti ce besoin d’aider les Français et leur expliquer ce qu’il fallait qu’ils fassent. Ils étaient tous en train de se poser énormément de questions. J’ai organisé des événements qui ont attiré au total 10,000 Français. Et c’est de l’un de ces événements qu’ont été créées les « 3Millions ». J’ai demandé à Nicolas Hatton qui était sur la même liste que moi s’il pouvait m’aider et trouver une salle à Bristol. Et par la suite Nicolas a décidé de créer les « 3Millions ». Ensuite, j’ai rejoint le mouvement « The People’s Vote ». Nous avons essayé d’avoir un autre référendum. Malheureusement ça ne s’est pas fait. On y a cru et il y avait des marches contre le Brexit à Londres et d’autres villes en Angleterre. Par la suite j’ai travaillé avec Alexandre Holroyd. Nous pensons aux Français et nous étions les seuls à le faire. Tous les autres délégués et conseillers consulaires, à part Nicolas et moi, n’ont rien fait. Je me suis dit qu’il fallait aider les Français. C’est pourquoi le consulat a pris les choses en main.”

    Patricia Connell, tête de liste pour LREM

    Pandémie

    Christophe Adol

    Pour Christophe Adol, candidat sur la liste de l’union de la gauche, le COVID-19 inquiète beaucoup d’expatriés au Royaume-Uni.

    “ En ce moment, le conseil consulaire se réunit souvent surtout avec la pandémie et la circulation entre la France et l’Angleterre. Nous avons un point de situation avec le Consul au cours duquel nous pouvons lui faire remonter un certain nombre de préoccupations et lui poser des certaines de questions qui pourraient intéresser nos compatriotes.”

    Christophe Adol, candidat Français·es du monde, sur la liste union de la gauche

    Chez LREM, la crise sanitaire est en priorité 

    D’ailleurs, la liste du parti présidentiel, dont le secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste Lemoyne vient d’annuler le projet de campagne de vaccination pour les Français de l’étranger, a décidé de concentrer ses efforts sur la pandémie.

    “Je pense que pour les Français je mettrai la crise sanitaire en premier. On se dit que les choses vont un peu mieux. Pour nous les effets du Brexit n’ont pas été ressentis. Et nous étions adoucis par une crise sanitaire très forte. Nous allons les ressentir dans les mois à venir mais pas après. Les français se demandent si leurs enfants vont avoir les mêmes droits que les britanniques même avec le Settled Status. Ceux qui ont fait le choix de rester se pose la question comment ils pourraient vivre dans la sérénité. Pour les français c’est la retraite, Brexit et éducation.” 

    Patricia Connell, tête de liste pour LREM

    Proximité

    Frederic Fournier, Conseiller consulaire sortant et en titre. Numéro 3 sur la liste de E.E.L.V, qui elle aussi en prend en compte la pandémie et le Brexit, se pose lui la question de la proximité, du lien entre les Français du Royaume-uni mais aussi avec leurs familles et amis français.

    “Le Brexit a posé une énorme quantité de problèmes concernant les voyages, la possibilité de transporter des meubles… C’est devenu très compliqué. Beaucoup de Français sont inquiets sur leur situation pour la retraite à cause du Brexit. Beaucoup sont préoccupés pour des questions de papiers. La sortie du Royaume-Uni de l’UE a compliqué de façon extrême toutes les petites choses de la vie quotidienne des Français. C’est pour cette raison qu’ils sont avec moi comme je suis conseiller consulaire sortant, je les aide à obtenir les bonnes informations. Et s’ils doivent faire des démarches au consulat, je peux également les accompagner. En tant que conseiller, les autorités administratives du consulat m’écoutent.

    Frederic Fournier, n°3 sur la liste Écologie, Citoyenneté et Solidarité

    Si la pandémie, pour EELV, devrait disparaître ou du moins que nous allons réussir à pouvoir vivre avec le virus grâce aux vaccins, par contre le Brexit ne disparaîtra pas.

    « C’est pire que la pandémie. Nous avons beaucoup de contacts entre tous les membres de la liste EELV et des initiatives vont être lancées. Car beaucoup de membres, notamment de jeunes étudiants, nous ont rejoints ces dernières semaines. Puisque je suis sortant, je vais faire une très grosse campagne de proximité. Je vais contacter les centaines de personnes avec qui j’étais en liens ces dernières années (depuis la démission de Morgane Marot en 2016) dans le cadre de mon mandat. Puisque j’ai aidé des Français à participer à de nombreuses œuvres. Je connais beaucoup de monde dans la communauté française ici et je vais me mettre en rapport avec eux pour échanger avec eux.”

    Frederic Fournier, n°3 sur la liste Écologie, Citoyenneté et Solidarité

    Un point commun : l’inquiétude sur la participation

    Ce vote sera majoritairement électronique du fait de la pandémie. De nombreux bureaux de vote n’ont pas été créés afin de limiter les interactions sociales. Le pari de l’exécutif, le vote électronique. Ce dernier ne fait cependant pas l’unanimité car il pourrait exclure les personnes âgées n’étant pas familières avec le procédé, ceux qui n’ont pas donné ou mis à jour leurs coordonnées (il est indispensable d’avoir communiqué son téléphone et son adresse email pour obtenir les identifiants nécessaires pour voter en ligne.), etc…

    Retrouvez les 8 listes candidates sur le consulat de Londres

  • La ruée des touristes européens, dont beaucoup de Français, inquiète l’Espagne

    La ruée des touristes européens, dont beaucoup de Français, inquiète l’Espagne

    Le débat sur le tourisme atteint son paroxysme en Espagne au début des vacances de Pâques. Avec certaines des restrictions COVID-19 les plus souples d’Europe, l’Espagne attend un modeste afflux de touristes étrangers pour les vacances de Pâques, mais le sujet a suscité un débat dans un pays où les habitants ne sont pas autorisés à voyager en dehors de leur région, rapporte EFE, partenaire d’EURACTIV.

    France, Espagne, les pays les plus visités au Monde

    Avant la pandémie de coronavirus en 2019, l’Espagne était le deuxième pays le plus visité au monde, le tourisme contribuant à 12,5 % du PIB du pays. Cependant, les secteurs de l’accueil et de l’hôtellerie du pays sont depuis en difficulté.

    La récente décision de l’Allemagne de retirer des pôles touristiques populaires comme Majorque de sa liste de destinations à haut risque a provoqué une houle de réservations d’hôtels et d’avions malgré les recommandations officielles contre tout voyage non essentiel. Le gouvernement allemand a annoncé jeudi qu’il exigerait de tous les passagers arrivant dans le pays de présenter un test PCR ou antigénique négatif à partir de ce week-end.

    Moins de restrictions en Espagne

    Les touristes français confrontés à des mesures strictes dans leur pays ont manifesté un intérêt particulier pour Madrid en raison de ses restrictions très souples en matière de COVID-19. Des vols abordables et des tests PCR gratuits en France – qui sont désormais nécessaires pour entrer en Espagne – rendent le processus facile et rapide. Cependant, les médias locaux ont publié des images de jeunes touristes français profitant d’une soirée dans la ville, alimentant ainsi un débat qui a atteint son paroxysme à l’approche des élections régionales.

    La présidente régionale conservatrice, Isabel Díaz Ayuso du Parti populaire et candidate aux prochaines élections régionales, a déjà dû faire face à la réaction du candidat de gauche aux élections, qui lui a reproché de transformer la capitale en « after-party » de l’Europe.

    « Nous sommes la seule grande capitale européenne qui, en ce moment, a ouvert sa culture, c’est indéniablement un point d’attraction », niant l’existence d’un « tourisme de l’ivresse ».

    Isabel Díaz Ayuso, Présidente régionale

    Une légère hausse loin des situations françaises

    Le ministère espagnol de la santé a proposé d’avancer à 20 heures le couvre-feu nocturne pendant les vacances de Pâques, qui commencent officiellement cette semaine. Toutefois, les autorités de Madrid ont jusqu’à présent rejeté cette initiative, préférant maintenir l’heure actuelle du couvre-feu à 23 heures.

    Les autorités sanitaires espagnoles ont signalé une légère hausse des taux d’incidence dans le pays, qui compte en moyenne 134 cas de COVID-19 pour 100 000 personnes. Madrid, cependant, a enregistré 235 cas pour 100 000, soit le taux le plus élevé de toutes les régions d’Espagne.

    La ministre espagnole de la santé, Carolina Darias, a donc exhorté les autorités régionales à ne pas commettre la même « erreur » que pour la période de Noël, lorsque la décision de lever temporairement les restrictions avait laissé présager une nouvelle flambée des cas.

  • La France toujours rétive au bonheur

    La France toujours rétive au bonheur

    Selon une enquête d’opinion réalisée par Gallup, dans une dizaine de pays, la pandémie n’aurait pas affecté le bonheur des populations. Les personnes âgées seraient même plus heureuses en 2021 qu’en 2019. Cette appréciation ne serait, en revanche, pas partagée par les jeunes de moins de 25 ans.

    L’âge d’être heureux 

    Les seniors, dont la probabilité de décès lié à la covid-19 est la plus importante, apprécient d’autant plus la valeur de la vie. Le risque de décès après avoir contracté la maladie doublant tous les huit ans de vie. Les jeunes en proie à l’isolement, à la précarité professionnelle et aux doutes concernant l’avenir, estiment être les premières victimes de la crise sanitaire.

    Selon l’échelle de Cantril qui permet de mesurer le bonheur au sein pays en fonction de l’âge, quel que soit le pays et en dehors de l’épidémie de covid-19, le niveau de bonheur perçu affiche un premier pic au moment de l’entrée dans la vie professionnelle puis recule jusque dans la cinquantaine avant de rebondir jusque vers 75 ans pour à nouveau diminuer. 

    Les attentions des pouvoirs publics pour sauver les Seniors de la maladie et de ses effets peut également expliquer la hausse du bonheur perçu. Les logiciels de visioconférence ont permis à de nombreuses personnes âgées de rester en contact avec leur famille – parfois mieux qu’avant la pandémie. Le rapport à la maladie et aux pertes d’autonomie a été modifié avec la pandémie.

    Le virus relativise les problèmes de santé

    Dans une enquête récente, John Helliwell, économiste à l’Université de la Colombie-Britannique a souligné que les personnes âgées jugent que leur santé s’est améliorée depuis un an. À l’échelle mondiale, 36 % des hommes de plus de 60 ans ont déclaré avoir eu un problème de santé l’année dernière, contre 46 % en moyenne les trois années précédentes. Chez les femmes, la part des problèmes de santé est passée de 51 % à 42 %. Leur état de santé n’a évidemment pas changé ; c’est leur appréciation qui a évolué. La crainte du virus leur a fait relativiser leurs problèmes quotidiens. 

    Les jeunes sont moins satisfaits que les personnes d’âge moyen, elles-mêmes moins satisfaites que les personnes âgées. L’écart entre les jeunes et les anciens s’est accru en un an. 

    Le taux de chômage des jeunes a depuis le début de la crise sanitaire augmenté avec la diminution du nombre de CDD ou de missions d’intérim. En revanche, de nombreux emplois ont été créés dans le secteur de la livraison et de la logistique. 

    Une étude réalisée par Ben Etheridge et Lisa Spantig, deux chercheuses à l’Université d’Essex au Royaume-Uni, souligne que les personnes ayant un nombre élevé d’amis ont été celles qui ont connu le plus de problèmes psychologiques lors du premier confinement. La remise en cause des habitudes de vie est plus pénalisante que le niveau de contacts.

    Le bonheur est au nord 

    Selon leur pays de résidence, les populations ne réagissent pas de la même manière face à l’épidémie. Le bonheur des Britanniques a fortement reculé durant le premier confinement quand celui des Allemands se maintenait. Le Royaume-Uni a été plus durement touché que l’Allemagne par la première vague ; les tergiversations du Gouvernement ont également conduit à la dégradation du moral de la population. 

    En 2020, l’Allemagne est, en revanche, passée du 15e pays le plus heureux du monde au septième le plus heureux. Depuis l’année 2021, avec un long confinement, les Allemands commencent également à exprimer une réelle lassitude. 

    Les pays qui étaient en haut du tableau du bonheur avant la pandémie, à savoir la Finlande, l’Islande et le Danemark, conservent leur position. La surmortalité liée au Covid dans ces pays est faible. Elle est même négative pour l’Islande. Les auteurs du rapport sur le bonheur dans le monde ne suggèrent pas que le bonheur aide les pays à résister au covid-19 mais ils admettent que les facteurs favorables au bonheur, la tolérance, le sens civique, la bonne gestion publique, permettent de mieux lutter contre les pandémies. Les sondages de Gallup soulignent que la notion de confiance est la clef de voûte du succès des plans de lutte contre l’épidémie.

    La confiance combat mieux le covid 

    Ce sont les pays où les citoyens expriment le plus de respect pour les institutions et qui sont disposés à rechercher le titulaire d’un portefeuille perdu qui obtiennent les meilleurs résultats au niveau de la pandémie. Selon Jeffrey Sachs, économiste à l’Université de Columbia, l’échec des pays occidentaux dans la résolution rapide de la crise sanitaire provient de l’incapacité des pouvoirs publics à mobiliser leur population. La combinaison individualisme et défiance institutionnelle aurait joué en défaveur des politiques de santé publique. 

    En Asie, les populations sont mieux préparées au risque d’épidémie et sont moins enclines à contester les consignes administratives. Les quarantaines, les confinements ou le port de masques ont eu, en Europe comme aux États-Unis, des résultats moindres qu’attendus en raison de leur non-respect ou de leur application lâche. 

    Le Brésil, qui se caractérise par une forte défiance de l’opinion à vis-à-vis des gouvernements, est un des pays qui a été le plus touché par la Covid-19. C’est aussi le pays où l’insécurité est élevée, ce qui induit une altérité dégradée. 

    Le sondage Gallup sur le bonheur montre, aux États-Unis, la réversibilité des sentiments. En mars et en avril 2020, les Américains ont indiqué un fort niveau de stress mental et d’anxiété. À parti de l’été, une amélioration a été constatée qui s’est amplifiée avec la diffusion du vaccin. Le nombre élevé de décès semblait moins troubler la population par habitude mais surtout du fait de l’espoir d’une rapide amélioration. En Europe, en revanche, la défiance semble être plus incrustée.  

    La France, un pays de cocagne occupé par des malheureux 

    Pour la neuvième année consécutive, le « World Happiness Report 2021 » qui a été publié le 8 mars par le Réseau des solutions pour le développement durable (RSDD) des Nations-Unies (ONU) classe les 149 pays étudiés en fonction de l’appréciation du bonheur par les populations. Le rapport 2021 prend en compte les conséquences de l’épidémie de Covid-19. Le bonheur est appréhendé à partir de nombreux critères (PIB, respect des libertés individuelles, perception de la corruption, espérance de vie, etc.) qui sont complétés par une étude d’opinion. La France se classe en 21e position, loin derrière les pays d’Europe du Nord et juste après la Belgique. 

    La France est le seul pays occidental qui reste en dessous de son potentiel de bonheur au regard de son niveau de richesses et de protection sociale depuis le début des années 1970. Le malheur est avant tout collectif. Les Français estiment que leur pays est en plein déclin et que la vie sera plus difficile pour les prochaines générations. A contrario, les Français se déclarent plus satisfaits de leur vie personnelle et de leurs relations avec leurs proches. 

    Selon une étude du CEPREMAP, deux Français sur trois se déclarent satisfaits de leur vie professionnelle. 90 % estiment que les perspectives des prochaines générations sont sombres.

    La mal être français 

    Le haut niveau de protection sociale n’a aucune incidence sur leur niveau de bonheur. La création du RMI transformé en RSA, la CMU, les aides aux logements ne changent rien à la donne. Plus l’État providence grossit, plus les Français considèrent que les inégalités augmentent, plus ils se déclarent malheureux. Le mal être français concerne la situation économique et politique. Le niveau de vie, le logement, les équipements collectifs, les inégalités sont autant de thèmes mis en avant pour expliquer le pessimisme ambiant. 

    L’argent joue en France un rôle plus important que dans les autres pays occidentaux. Le niveau de revenus est un critère important pour l’accès au bonheur. Plus les revenus sont élevés, moins la défiance envers les institutions et le système capitaliste est élevée. Mais à niveau de revenus identique, les Français sont moins heureux que leurs homologues européens. 

    Le niveau de bonheur a tendance à décroître en France quand dans les pays d’Europe du Nord et l’Allemagne, il augmente. La succession des crises depuis vingt ans est plus durement ressentie par les Français que par les Européens du Nord.

    La nostalgie des années 80 

    Une propension au malheur qui se nourrit d’une forte nostalgie Les Français idéalisent les périodes passées. Selon une étude de l’INSEE et de la CEPREMAP, 70 % des Français préfèreraient vivre dans une décennie passée. La majorité désigne celle des années 1980. Seuls les plus de 65 ans privilégient les années 1970. Seulement un quart des personnes sondées optent pour la période actuelle. La préférence pour les années 1980 est liée au poids démographique des générations qui avaient alors vingt ans. 

    Plus le niveau de vie et de diplômé est élevé, plus le souhait de vivre à l’époque actuelle est fort (33 % des diplômés de l’enseignement supérieur contre moins de 25 % pour ceux n’ayant qu’un diplôme de l’enseignement supérieur). 

    La France se caractérise par une importante défiance sociale. Le pays se classe au 58e rang sur 97 pour la confiance selon l’enquête du Word Value Survey. Seuls 22 % des Français déclarent faire confiance à une personne qu’elle ne connaît pas quand 94 % déclarent avoir confiance dans les membres de leur famille. Toujours selon la même étude, 82 % des Français déclarent avoir une faible confiance dans le personnel politique, 71 % dans le Parlement. 87 % indiquent ne pas avoir confiance dans les partis politiques.

    Pessimisme français

    Les Français considèrent que la société française est très hiérarchisée. Pour 52 % d’entre eux selon l’enquête International Social Survey, toute promotion sociale est suspecte car elle ne peut pas être totalement honnête. Ce taux n’est que de 29 % aux États-Unis. L’usage du terme «élites» et leur rejet traduisent le sentiment dominant dans le pays. La crainte du déclassement avec la segmentation de la classe moyenne nourrit le pessimisme français. Une des traductions récentes a été le mouvement des « Gilets jaunes » dont l’ampleur et la durée ont surpris les responsables politiques. 

    La France comme l’a souligné Jérôme Fourquet dans son livre, L’archipel français, est un pays fortement laïcisé sans corps intermédiaire dans lequel tout remonte au sommet. Les Français condamnent la verticalité tout en demandant toujours plus. Ils réclament de la subsidiarité mais, en même temps, ils en appellent à l’État pour résoudre tous leurs problèmes. Le pouvoir doit être tout à la fois omniscient et indolore. 

    La dépression collective française est l’expression d’un manque idéologique après la fin de l’idéal communiste et la difficile acceptation de la place de la France au sein des Nations. Pendant des décennies, la place de la France a été sublimée par l’influence diplomatique et culturelle du pays qui s’était remis de défaites comme celles de Waterloo, Sedan ou de juin 40. Cette influence ne suffit plus aujourd’hui à entretenir l’illusion. À la différence des habitants du Benelux, les Français éprouvent les pires difficultés à ne représenter que 0,9 % de la population mondiale.

  • La France, les racismes, les aveugles

    La France, les racismes, les aveugles

    Dans une école primaire française, au Maroc,  l’institutrice distribue un exercice aux enfants. « Replacez les grands singes dans leur environnement naturel : chimpanzé, orang outang, bonobo, gorille, femme »[1]. La femme est noire,  une gamelle à ses pieds. L’image est tellement choquante, qu’on croit d’abord à une « fake news ». Hélas non. Racisme ordinaire, sexisme ordinaire, monstrueux de bêtise, que l’on distribue aux enfants. 

    Emotion des parents, excuses du directeur, enquête de l’AEFE dont dépend l’école. Il semblerait que le dessin et l’exercice sont utilisés depuis les années 90, sans que personne n’ait dénoncé son caractère raciste et sexiste. Tant de bonnes personnes, de parents, directeurs, inspecteurs, autant d’aveugles ! La faute est d’autant plus grave qu’elle est permanente. L’AEFE doit d’abord faire une enquête sur elle-même, la prestigieuse Fondation « La main à la pâte », fondée par Georges Charpak, qui aurait laissé le document être diffusé, aussi. Et faire plus encore.

    Autant d’aveugles depuis si longtemps

    La mission des écoles françaises, en France comme à l’étranger, est de transmettre des valeurs universelles, celles portées par la France depuis longtemps. Elles doivent être des centres de vaccination contre le racisme, le sexisme. C’est donc une faute professionnelle collective lourde.

    Ce scandale arrive à un moment d’extrême confusion dans la lutte antiracisme, où la France est mise en accusation comme ancien pays esclavagiste et colonialiste. 

    Le 25 mars, journée internationale contre l’esclavage, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a honoré « la mémoire des millions d’esclaves africains qui ont souffert du système brutal de l’esclavage et de la traite». Il a ajouté que si la traite a pris fin, « les idées de suprématie blanche qui la sous tendaient restent vivantes ». A la suite du mouvement « black lives matters », s’est en effet développée une mise en accusation de « l’homme blanc ». L’UNEF, syndicat étudiant, organise des réunions interdites aux blancs, inventant un apartheid à l’envers, celui de la victimisation. On débaptise, aux Etats-Unis, des écoles au nom de Churchill, parce qu’il défendait l’impérialisme britannique. Confusion historique, intellectuelle, morale et politique.

    Aucun peuple sans tache

    Churchill a sauvé le monde libre, la Grande Bretagne n’a pas inventé l’impérialisme, ni l’Europe la traite, moins encore l’esclavage. Sur les centaines de sociétés humaines étudiées par les anthropologues, rares sont celles qui ne connaissent pas l’esclavage. Aucun peuple sans tâche. Des Indiens de Californie à la Papouasie, des Slaves aux Chinois, des Arabes et aux peuples Bantous, l’esclavage est universel.

    Il en est de même de la colonisation. Quand un dirigeant turc ou arabe dénonce la colonisation en Algérie, il oublie que les Turcs viennent de l’Altaï et les Arabes d’Arabie. Juger le passé est un exercice immoral.

    L’invention de la liberté 

    Hélas, personne n’a eu à inventer l’esclavage, le colonialisme, la razzia, de vol, le viol,  la guerre. Homo sapiens est un homo domesticus,  un homme « domestique », soumis à la servitude autant qu’au désir de domination, cette libido dominandi, source de tous les maux. 

    A ceci près : il est aussi des cultures qui, face à cet asservissement « naturel » de l’espèce humaine ont proclamé comme plus naturelle  encore, sa liberté. L’invention de la liberté, vient de Grèce, il y a quelques millénaires. Sa « découverte » comme principe universel, vient d’Europe, des Lumières, de la Révolution. Ce sont les Nations de la Traite -France, Angleterre- qui l’abolirent. Qui combattirent aussi, partout dans le monde, l’esclavage, enraciné dans l’histoire des peuples.  

    Paradoxe : c’est la colonisation française qui, avançant en Afrique du nord et de l’ouest mit fin à l’esclavage dans cette partie d’Afrique ; comme ce sont les Anglais qui négocièrent son abolition dans les pays musulmans. 

    La culpabilisation de « l’homme blanc » est donc encore une vision occidentale. Ce qui gêne le plus, c’est qu’elle semble aussi raciste. Il faut donc viser juste. Juger ? Plutôt lutter, mais contre les vrais criminels, ceux d’aujourd’hui.

    Faire passer la France comme complice du racisme est un mensonge et une faute 

    Que la jeunesse européenne dénonce le racisme plutôt que l’inverse est la moindre des choses, pourvu que ce soit utile, car aucune victoire n’est définitive. On entend des appels à mépriser les femmes, à nier une quelconque égalité des droits – hier en Turquie, mais aussi en Inde, dans les pays arabes, en Afrique -. Les appels se multiplient pour haïr le voisin. On voit des hommes et des femmes vendus, sous une forme ou sous une autre. L’esclave, d’ailleurs, c’est toujours l’étranger. 

    Où sont les pays de servitude ? Sont ils plutôt dans les démocraties ou bien ailleurs ? En Europe ou ailleurs ? Les pays au banc des accusés, sont-ils plutôt des acteurs de libération ou d’oppression ? 

    Le scandale de l’école de Casablanca doit obliger tous les responsables à extirper la moindre graine de racisme

    La France combat le racisme et la servitude sous toutes ses formes, du mieux qu’elle peut. La faire passer comme complice du racisme est un mensonge et une faute. Cela affaiblit son combat, qui est un combat de libération, de liberté.  

    Le scandale de l’école Renan de Casablanca doit obliger tous les responsables éducatifs, mais aussi politiques, à extirper la moindre graine de racisme dans toutes les écoles et toutes les institutions associées à la France. Visiblement, le travail n’a pas été fait. La faute commise doit être réparée par un engagement plus grand encore, l’occasion d’un travail de fond, en profondeur. 

    Mais il ne faut pas se tromper : Les campagnes menées contre la France ne le sont pas au nom de la libération des hommes, mais plutôt pour des dominations nouvelles. Il s’agit de moquer ses principes, sous prétexte qu’elle les applique mal. C’est vrai que les droits de l’homme ne font pas une politique, mais visiblement ils agacent les tyrans et les cyniques  pour qu’ils cherchent à affaiblir ceux qui en sont porteurs, pays ou individus. 

    Il faut donc continuer à ouvrir encore et encore des écoles où l’on apprend le français, où l’on doit aussi apprendre à chasser la bêtise raciste et sexiste ordinaire, où l’apprend à ouvrir les yeux. C’est vrai pour les enfants et pour les adultes.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur

    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site « Lesfrancais.press »


    [1] Voir l’article de Fabien Ferasson : « Casablanca : consternation à l’école Renan », lesfrancasi.press, vendredi 26 mars.

  • 80% des expatriés ne veulent pas du duel Macron/Le Pen pour la Présidentielle de 2022.

    80% des expatriés ne veulent pas du duel Macron/Le Pen pour la Présidentielle de 2022.

    Chaque semaine, nous vous soumettons un petit questionnaire. Et vous êtes de plus en plus nombreux à répondre, près de 10 000 d’entre-vous l’ont complété au cours de la semaine du 21 au 27 mars. Quel sujet pouvait tant retenir votre attention ? La Présidentielle de 2022 !

    Macron/Le Pen ne satisfait pas

    La première des questions posées concernait le « Classico » que tous les instituts de sondage nous promettent. Notre consultation ne portait pas sur le premier tour, mais si la configuration Macron / Le Pen devait se présenter, les Français hors de France risquerait de s’abstenir. Ce duel semble leur apparaitre comme trop réducteur.

    4 scénarios alternatifs à l’étude

    L’opposition à ce duel n’est pas étonnante, les résultats de la précédente consultation, laissez entrevoir cette position majoritaire. Nous vous avons donc proposer 4 alternatives :

    Macron/Bertrand (LR)

    Si Emmanuel Macron gagne chez les Français de l’étranger, c’est avec beaucoup moins d’avance qu’en 2017 face à Marine, c’est près de 40 points qui sont perdus par le Président de la République, passant de 93% à 54%.

    Et ce avant la campagne, il y a donc une large marge de progression pour le Président de la région Hauts de France, Xavier Bertrand. Il connait d’ailleurs bien les problématiques des expatriés et celles des transfrontaliers en particulier.

    Macron/Hidalgo (PS)

    Si la maire de Paris fait moins bien que Xavier Bertrand, elle fait, elle aussi, perdre de précieuses voix à Emmanuel Macron.

    Que ce soit à droite ou à gauche, le Président de la République a déçu. Si son action nationale est peu critiquée, ce sont les nombreux ratés avec les Français hors de France, réforme fiscale hâtée puis abandonnée, fin de la protection sociale sans 15 ans de cotisations, campagne de vaccination avortée, etc, qui ont érodé le score d’Emmanuel Macron.

    Le Pen/ Bertrand (LR)

    Dans une précédente consultation, près de 8000 personnes s’étaient exprimées sur un éventuel duel Le Pen / Macron, elles étaient 83% à exprimer leur préférence pour Emmanuel Macron au dépend de Marine Le Pen. Cette semaine, c’est un duel Le Pen/ Bertrand que nous avons soumis à vos votes. Et on découvre que le rejet de Marine Le Pen est aussi fort, que ce soit Emmanuel Macron ou Xavier Bertrant son opposant.

    Le Pen / Hidalgo (PS)

    Par contre, une partie des électeurs de droite préfèrerait voir Marine Le Pen à l’Elysée plutôt que de redonner les clés du château à un/une socialiste. Marine Le Pen fait, donc logiquement, son meilleur score face à Anne Hidalgo.

    Un centre de gravité à droite ?

    Doit on en déduire que les Français de l’étranger auraient de nouveau leur centre de gravité politique à droite ? Mauvais signe pour la gauche, qui avait remporté globalement les élections consulaires de 2014, à la veille du scrutin de mai 2021.

● Radio en direct
En pause