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  • Travailler dans une entreprise à l’étranger : une opportunité en or

    Travailler dans une entreprise à l’étranger : une opportunité en or

    En tant qu’expatrié, être salarié dans une firme française à l’international ou dans une entreprise étrangère est une véritable chance à saisir. Il s’agit en effet d’un réel plus pour la poursuite de votre carrière et votre réseau. Pourquoi se lancer ? Quels sont les avantages ? Réponse dans cet article.

    Développer son réseau à l’international

    Rien n’est comparable à une expérience professionnelle dans un autre pays. Que ce soit en termes de développement personnel ou de carrière, vous serez amené à évoluer et grandir dans un environnement hors de votre zone de confort. Rencontrer des professionnels dans votre nouveau pays d’adoption vous permettra non seulement d’accroître votre réseau, mais également de vous ouvrir à de nouvelles opportunités, de nouveaux savoir-faire. Se décentrer du modèle de travail français vous sera bénéfique, afin de croiser votre propre expérience avec celles des autres. A l’heure où les entreprises s’internationalisent de plus en plus, c’est un réel atout pour votre carrière !

    Continuer à se former

    Qui dit mobilité professionnelle dit apprentissage continu. En effet, sur le terrain, vous découvrirez avec des yeux nouveaux un mode de fonctionnement probablement différent de ceux qui existent dans les entreprises françaises. Suivre une formation en parallèle peut donc être très utile afin d’améliorer vos compétences plus rapidement, et être efficace dans votre nouvelle société. Il sera par ailleurs moins onéreux pour vous d’opter pour une formation proposée par un organisme français, plutôt que de payer des cours aux montants exorbitants dans votre pays de séjour. Le système éducatif français a en effet l’avantage d’être accessible à tous.

    Ainsi, si vous choisissez une formation en management proposée par l’École française, vous pouvez bénéficier d’une prise en charge des frais pédagogiques par les fonds mutualisés de la formation professionnelle. Un réel avantage pour celles et ceux qui veulent continuer à apprendre sans débourser toutes leurs économies. Et vous profiterez de cours en français, ce qui peut être intéressant si vous n’êtes pas tout à fait bilingue ou que vous travaillez dans une boîte française à l’étranger.

    Enrichir son CV

    Lors d’un entretien d’embauche, une expérience professionnelle à l’international vous démarquera très certainement des autres candidats. A com https://lesfrancais.press/le-reve-australien-comment-obtenir-la-residence-permanente/pétences égales, un séjour d’un an dans une boîte aux États-Unis vous permettra de faire mouche auprès des employeurs. En effet, cela témoigne d’une véritable ouverture d’esprit, et d’une certaine curiosité, compétences valorisées en entreprise. N’oubliez donc pas de le mentionner sur votre CV !

    Devenir bilingue

    C’est l’une des raisons principales pour lesquelles les français partent travailler à l’étranger : l’apprentissage d’une nouvelle langue. Chinois, espagnol, anglais, arabe : rien de tel que d’être en immersion totale dans le pays pour devenir bilingue. Forcé de vous débrouiller dans des situations de la vie courante, vous devrez apprendre rapidement et échanger tous les jours avec les locaux. Très vite, les blagues en mandarin succèderont aux premiers balbutiements et politesses maladroites. Il s’agit également d’un atout puissant sur un CV. Afin d’attester de votre niveau de langue, vous pouvez par ailleurs passer des certifications comme l’IELTS, qui garantit votre maîtrise de l’anglais. Des examens existent pour la quasi majorité des langues et leur obtention est très valorisante pour votre carrière professionnelle.

    Partager sa culture

    Aujourd’hui, les entreprises deviennent davantage multiculturelles, notamment en raison de la mondialisation. Si c’est un avantage économique, c’est également un atout en termes d’échanges de cultures. Un français, réputé pour être plutôt informel au travail, pourra par exemple partager sa vision avec un chinois, pour qui le monde professionnel est très encadré. Certes, le management interculturel peut être challengeant pour gérer les tensions et conflits, ainsi que les malentendus. Pourtant, il s’agit d’ une réelle chance et d’un enrichissement personnel de pouvoir bénéficier de compétences diverses en entreprise. 

    Progresser plus rapidement dans votre carrière

    Certains français trouvent leur eldorado du côté de l’Australie ou des Etats-Unis, pays dans lesquels il est possible d’évoluer plus vite dans le monde professionnel. Qu’ils recherchent des niveaux de vie ou des salaires plus élevés, ces pays constituent pour eux une véritable mine d’or. 

    Se découvrir soi-même

    Sortir de sa zone de confort peut être intimidant. A l’étranger, vous serez confronté à vous-même, contraint de vous dévoiler à des personnes que vous ne connaissez pas. C’est une formidable opportunité de devenir plus indépendant et autonome, et de s’ouvrir à d’autres cultures. Vous ferez des erreurs, mais vous apprendrez de ces dernières, et c’est précisément ce qui fait la beauté de cette expérience loin de votre confort habituel ! Vous créerez par ailleurs des liens indéfectibles avec vos amis, que vous garderez à vie. 

  • L’Europe et la divergence des économies

    L’Europe et la divergence des économies

    L’Union Européenne se caractérise par des différences de coûts salariaux élevées. Entre les États d’Europe de l’Ouest et ceux de l’Est, l’écart est de 1 à 3. Entre la France et la Bulgarie, les deux extrêmes, il est de 1 à 8. Cette différence est plus importante que celle constatée aux États-Unis. Au sein d’un marché unique avec libre circulation des capitaux, les entreprises sont incitées à localiser leur production au sein des pays à faibles coûts, ce dont bénéficient la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie la République tchèque ou la Pologne d’autant plus que la productivité dans ces pays est en hausse et se rapproche de celle des pays d’Europe de l’Ouest. 

    Tout en n’appartenant pas à la zone euro, ces pays ont lié leur monnaie à la monnaie unique pour éviter de perdre en compétitivité. Ils limitent ainsi autant que possible le problème d’augmentation du taux de change. La production industrielle a augmenté de 150 % depuis 1999 en Europe de l’Est quand elle est restée stable en Europe de l’Ouest. Sur cette même période, l’emploi industriel a diminué de 20 % dans la première et de simplement 9 % dans la seconde.

    37 euros en France, 6 en Bulgarie

    Les flux d’investissement dans les pays d’Europe centrale et orientale ont atteint en moyenne plus de 5 % du PIB de 1999 à 2019. Si les salaires augmentent plus vite dans les pays d’Europe centrale que dans les pays d’Europe de l’Ouest, ce biais de compétitivité sera très long à corriger compte tenu de son importance. 

    Le coût horaire du travail est de 37 euros en France et de 10 en Pologne, de 7 en Roumanie ou de 6 en Bulgarie. Même si les salaires augmentaient de 10 % par an dans les pays d’Europe centrale, contre 2 % en France, l’écart ne serait réduit qu’après vingt ans. 

    Cette situation milite en faveur de l’établissement d’un socle commun de Sécurité sociale afin de limiter les distorsions de concurrence liées aux coûts salariaux. Si dans une phase de rattrapage économique après la chute du Mur de Berlin, les États d’Europe de l’Ouest ont pu accepter les délocalisations, cela devient en pleine période de crise plus difficile à gérer. 

    L’Allemagne a fait toutefois exception en prouvant qu’il était possible de maintenir un haut niveau de production industrielle malgré la concurrence des pays d’Europe de l’Est. Elle a fait de cette concurrence un atout. Elle a multiplié les importations de biens intermédiaires en provenance de ces pays tout en maintenant les chaînes d’assemblage sur son sol. Elle importe deux fois plus de biens intermédiaires que la France, ce qui lui permet de réduire ses coûts de production de 15 à 20 % par rapport à la France.

    Une spécialisation croissante en Europe 

    La libre circulation et la stabilité des taux de change du fait de la monnaie unique conduisent à une spécialisation croissante de l’Europe. Au nom des avantages comparatifs, les États européens se spécialisent dans les domaines où ils sont relativement les moins mauvais. Les pays d’Europe du Sud dépendent ainsi de plus en plus du tourisme. Le solde de la balance commerciale du tourisme est excédentaire de 8 points de PIB pour la Grèce, de 4 points pour l’Espagne ou d’un point pour la France, quand elle est déficitaire de 2 point pour l’Allemagne. 

    A contrario, les pays d’Europe du Sud, France comprise, ont enregistré, un fort recul de l’industrie en vingt ans. Le solde commercial industriel de la France est négatif depuis 2003 et a atteint plus de 50 milliards d’euros depuis plusieurs années. Le niveau de gamme entre les pays européens tend également à s’accroître, l’Europe du Nord, l’Allemagne et l’Autriche robotisent plus rapidement leurs usines que les États d’Europe du Sud. 

    En 2002, le stock de robots par rapport à l’emploi manufacturier s’élevait à 3 % en Allemagne, 2 % aux Pays-Bas, contre 1,5 % en France ou 0,7 % au Portugal.

    Les écarts de revenus s’accroissent  

    La spécialisation des économies accroît les écarts de revenus entre les habitants. Les États d’Europe du Sud ayant une économie tertiaire reposant sur le tourisme et les services domestiques se caractérisent par des activités à faible valeur ajoutée donnant lieu au versement de salaires faibles. Cela explique le recul du PIB par habitant depuis les années 2010 en France, en Espagne, au Portugal, en Italie et en Grèce. 

    L’écart de revenus en ces pays avec l’Allemagne augmente fortement, ce qui induit des tensions politiques et sociales qui favorisent la montée d’un sentiment anti-européen. Le recours au fédéralisme constitue un des moyens pour lutter contre ce processus. Le plan de relance en dissociant les montants alloués aux pays à leur poids économique constitue, dans ce domaine, une avancée notable. Les dotations seront en partie accordées en tenant compte de la situation économique des États membres.

    Le besoin de projets structurants 

    L’Union européenne devrait s’engager comme cela se pratique aux États-Unis sur des projets structurants, tels que la réalisation de lignes de transports à grande vitesse, de lignes à haute tension, de centrales électriques non émettrices de gaz à effet de serre. 

    Un effort en faveur de la formation apparaît également nécessaire pour faciliter la montée en gamme des économies d’Europe du Sud. Une action énergique est nécessaire pour se prémunir contre tout risque d’éclatement. L’Europe, au-delà des difficultés, a prouvé sa capacité de répondre à une crise centennale, et se doit de réussir la reprise.

  • Le Partner Visa en Australie : les nouveautés 2022

    Le Partner Visa en Australie : les nouveautés 2022

    Depuis 2020, le département de l’immigration australien a lancé plusieurs chantiers afin de revoir les conditions d’obtention des différents visas. Parmi eux, le Partner Visa en Australie, sésame pour devenir résident permanent, a subit quelques changements. 

    Nous vous expliquons quelles sont les nouveautés et comment les expats vont peuvent devenir des résidents permanents en Australie.  

    Augmentation du nombre de Partner Visa en Australie en 2021

    La première chose importante à noter, c’est l’augmentation considérable du nombre de Partner Visa qui sont délivrés. En effet, lors de la révision d’octobre 2020, le département de l’immigration a choisi d’allouer 77300 places pour les Partner Visa en Australie pour 2020-2021. Il s’agit d’une augmentation de près de 50% par rapport au quota habituel. Cette forte hausse s’explique par des retards dûs à la crise sanitaire de 2020. En effet, il y aurait actuellement plus de 90.000 demandes en attente. 

    Ainsi, Ophélie nous explique qu’elle a fait sa demande de Partner Visa en Australie en août 2018. Elle a reçu assez rapidement sa réponse pour la première étape, mais depuis, elle attend la validation définitive. 

    « Je n’ai pas pu revenir en France depuis le début de la crise sanitaire. Je devais rentrer en mai l’année dernière, mais tout a été annulé. On croise les doigts pour un mariage en France début 2022 ! »

    En effet, n’ayant pas encore son visa permanent, si elle rentre en France, Ophélie risque d’être coincée et de ne pouvoir revenir en Australie. Depuis mars 2020, le pays a fermé ses frontières internationales et entrer dans le pays peut s’avérer très compliqué. Une décision qui a porté ses fruits, mais qui induit des complications, notamment pour les expats. 

    Un bon niveau de langue va être exigé

    La deuxième modification concernant le Partner Visa en Australie est le niveau de langue. En effet, le gouvernement a annoncé de nouvelles exigences pour que les demandeurs de Partner Visa fassent des « efforts raisonnables » pour apprendre l’anglais. Ainsi, les nouveaux demandeurs de visa partenaires et leur conjoint, résident permanent, doivent avoir un anglais fonctionnel ou démontrer qu’ils ont fait des efforts pour apprendre la langue. Il est recommandé de suivre 500 heures de cours d’anglais.

    Cette nouvelle exigence sur le niveau d’anglais doit être remplie au stade de l’approbation permanente du visa. En d’autres termes, les personnes qui sont en attente de validation de leur visa permanent sont désormais affectées par ce changement.

    Les niveaux d’anglais demandés selon les tests

    Afin de valider sa maîtrise de l’anglais fonctionnel, il faut fournir une preuve de résultat à l’un des tests suivants : 

    Test anglaisScore minimum
    IELTS4.5
    TOEFL iBT8
    PTE Academic30
    Cambridge (CAE)147

    Ainsi, pour les expats qui souhaitent obtenir la résidence permanente en Australie, l’année 2021 laissait présager de bonnes nouvelles. Avec l’augmentation du nombre de visas délivrés, certains ont peut-être vu leur rêve se réaliser. Cependant, en 2022, de nouveaux changements sont annoncés.

    Les nouveautés concernant le Partner Visa Australie pour 2022

    En novembre 2021, le gouvernement a annoncé un changement majeur pour le Partner Visa Australie. Pour le moment, les demandes de visa partenaire se font en deux étapes :

    • Demande de visa
    • Demande de parrainage

    Ainsi, à l’heure actuelle, la « demande de parrainage » se fait après l’obtention du visa du demandeur. Il n’était pas nécessaire de faire approuver la demande de parrainage de son conjoint en premier.

    En novembre, le gouvernement a ainsi annoncé que les sponsors devront être approuvés AVANT une demande de visa. Cependant, la nouvelle règle n’est pas encore entrée en vigueur et il semblerait que cela prenne effet incessamment sous peu.

    C’est un changement important, notamment pour les personnes qui sont actuellement en cours de demande de visa. En effet, une validation de parrainage peut prendre plusieurs mois et cela fait courir le risque aux demandeurs de se retrouver illégalement en Australie. Les bureaux d’immigration se retrouvent pris d’assaut par les demandeurs de partner visa.

    Ainsi, l’Australie ouvre ses frontières aux internationaux et augmente son quota de Partner Visa, mais pour autant, reste exigeante sur certains points.

    Pour en savoir plus sur les conditions d’obtention du partner visa en Australie, rendez-vous directement la page du gouvernement.

  • Fonds de relance européen : Le Maire veut accélérer son lancement.

    Fonds de relance européen : Le Maire veut accélérer son lancement.

    Le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire, que nous avions interviewé au début de la crise, a fustigé vendredi (2 avril) la lenteur de certains pays, Allemagne en tête, pour ratifier le fonds de relance européen de 750 milliards d’euros, une étape indispensable aux décaissements des sommes dans l’ensemble de l’Union européenne.

    Les fonds sont ne sont toujours pas versés

    « Je constate que la cavalerie américaine arrive à temps, que l’argent il est là, il est aux Etats-Unis », a déclaré le ministre sur CNews en faisant allusion à la série télévisée Rintintin dans laquelle « la cavalerie arrive toujours à temps ».

    « J’aimerais que la cavalerie européenne arrive aussi à temps », a-t-il ajouté, faisant part de sa « préoccupation » devant le fait que « la mesure sur les ressources propres, celle qui permet de décaisser l’argent européen, n’a toujours pas été ratifiée par les 27 Etats membres de l’Union européenne ».

    Bruno Le Maire a dénoncé « des Etats comme l’Allemagne qui mettent des délais supplémentaires, puisque la Cour constitutionnelle allemande a été saisie pour savoir si oui ou non il fallait décaisser cet argent ».

    « Moi j’ai promis aux Français que l’argent européen arriverait au début de l’été, début juillet. J’aime bien pouvoir tenir mes promesses et j’aimerais que l’Europe comprenne que nous ne pouvons pas attendre pour disposer de cet argent, qu’il faut accélérer les procédures et que l’Histoire ne repasse pas les plats »

    Bruno Le Maire

    Un risque sur la croissance

    « La croissance c’est maintenant, la relance c’est maintenant, en 2022 ou 2023, ce sera trop tard, les Chinois et les Américains nous seront passés déjà devant », a résumé le ministre français.

    Vendredi dernier, la Cour constitutionnelle allemande a suspendu le processus de ratification du fonds de relance en raison d’un recours contre ce mécanisme basé sur une dette commune. Tout est suspendu à ce recours en référé.

    Après la Commission européenne lundi, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune a exprimé mercredi son optimisme sur la possibilité de mettre en œuvre le plan de relance « dès l’été », peut-être dès le mois de mai.

    Âprement négocié l’été dernier par les Vingt-Sept, le fonds de relance est destiné à faire face aux conséquences économiques de la pandémie de Covid-19. Jusqu’ici, 16 pays l’ont ratifié, dont la France, l’Italie ou encore l’Espagne.

  • Élections consulaires au Royaume-Uni : mode d’emploi

    Élections consulaires au Royaume-Uni : mode d’emploi

    Le 30 mai 2021, les Français à l’étranger sont appelés à voter pour leurs conseillers, qui les représenteront auprès de chaque consulat dans le monde. Leur rôle est de répondre à toutes les questions concernant l’enseignement, les aides sociales, l’emploi… etc., et de participer aux élections sénatoriales. Ils se réunissent, aussi, deux fois par an pour l’Assemblée des Français de l’étranger, organe consultatif, qui éclaire le gouvernement sur les sujets liés aux Français hors de France.

    Au Royaume-Uni, cela concerne les circonscriptions consulaires de Londres et d’Édimbourg. Le Consul Général adjoint, Jean-Charles LEDOT a répondu à nos questions.

    Elections, mode d’emploi !

    Le Consulat de France à Londres essaie “d’informer les Français régulièrement et le plus possible” par leurs différents canaux. Ce qui consiste déjà à mettre les informations les plus exhaustives possible sur le site internet. Sur le site, vous retrouverez des informations comme les modalités d’inscriptions, la date des élections et sur les mode de participation au scrutin.

    En plus des informations sur les réseaux sociaux et le site internet, le Consulat propose des visioconférences.

    “Nous organisons des visioconférences avec la communauté française à l’initiative d’associations et des rendez-vous avec la presse française. Ensuite, nous envoyons aussi une lettre d’information numérique à tous les Français inscrits sur le registre consulaire. Il n’est pas forcément le même que le registre électoral. Près 155,000 personnes régulièrement informées par notre lettre d’information, et la dernière lettre mettra l’accent sur l’élection qui aura lieu à la fin du mois de mai pour élire les conseillers des Français de l’étranger.”

    Jean-Charles LEDOT – Consul Général adjoint

    Des bureaux de vote à Londres et en Écosse

    La circonscription de Londres couvre tout le Royaume-Uni sauf l’Écosse qui est prises en charge par le Consulat à Édimbourg.

    “On disposera de 8 bureaux. Un au Consulat général et sept au Lycée Français Charles de Gaulle (dans le quartier de South Kensington et à quelques minutes du Consulat). Un bureau de vote à Édimbourg sera également ouvert puisque la ville a sa propre circonscription électorale. Elle couvre uniquement l’Écosse.” 

    Jean-Charles LEDOT – Consul Général adjoint

    Le vote sur internet

    En raison de la pandémie et du confinement en Angleterre, le Consulat de France à Londres incite les Français à voter en ligne.

    “Il existe trois modalités de vote : le vote à l’urne ; soit en présentiel ou par procuration et le vote internet. Ce qu’on privilégie, c’est le vote par internet pour qu’il y ait le moins de votants physiques le jour de l’élection. L’élection a quand même été maintenue, car à un moment les questions se posaient. Est-ce qu’on maintient cette élection dans le monde entier, compte tenu des conditions sanitaires ?”

    Jean-Charles LEDOT – Consul Général adjoint

    Un rapport du conseil scientifique à la suite duquel il a été décidé de maintenir cette élection aux dates prévues à la fin du mois de mai indique qu’il est impératif de réduire le nombre de bureaux de vote et inciter les électeurs à voter par internet.

    “Chez nous c’est ce qu’on privilégie et c’est là- dessus que nous allons insister.”

    Jean-Charles LEDOT – Consul Général adjoint

    Élections locales et du Maire de Londres

    Les élections du maire de Londres devaient se dérouler en mai 2020 et ont été rapportées le 6 mai 2021. Une vidéo a été publiée, décrivant les mesures prévues pour assurer la sécurité Covid des bureaux de vote à travers la capitale.

    Le film de deux minutes informe les électeurs sur le personnel supplémentaire recruté ainsi que sur la signalisation, des écrans, un désinfectant pour les mains et des crayons individuels fournis à ceux qui n’apportent pas les leurs. Les électeurs seront invités à porter leurs masques et à se désinfecter les mains à l’entrée. Des restrictions sur les numéros autorisés dans les bureaux de vote ou un système en un départ pourraient être utilisés pour assurer la distanciation sociale.

    Les candidats craignent que l’anxiété persistante à propos de la Covid ne contribue à un faible taux de participation.

    Deux élections deux régimes

    Et pourtant en Grande-Bretagne on prépare ces élections ! Les bureaux de vote seront nombreux. On peut se demander alors pourquoi le nombre de bureaux de vote pour les élections consulaires ont été diminués. Londres, une des 3 plus grosses circonscriptions au monde, est bien mal lotie face à Bruxelles. Même si une possible apathie des électeurs en raison des sondages d’opinion toujours importants dont bénéficie le maire travailliste en exercice, Sadiq Khan, qui cherche un deuxième mandat. Le candidat Travailliste, et, Sian Berry des Verts, ont encouragé les Londoniens à s’inscrire pour voter par correspondance.

    Un récent sondage a révélé que 56% des Londoniens déclarent avoir l’intention de voter en présentiel, 36% par correspondance et 8% par procuration lors de ces élections municipales. On peut imaginer que les Français du Grand Londres ont le même désir de voter à l’urne.

    Les services du Consulat et du Lycée français vont donc redoubler d’effort pour rassurer les personnes qui vont venir voter en personne le 30 mai prochain.

  • Election, engagement et indépendance.

    Election, engagement et indépendance.

    Lors de la dernière consultation que nous avons lancée, 58% d’entre vous ont répondu qu’ils voulaient encore plus d’informations sur la politique des Français de l’étranger. Tant mieux : Les élections consulaires approchent, les listes sont déposées, la campagne est engagée. Lesfrancais.press ont maintenant trois ans avec 320.000 abonnés et 450.000 visteurs sur le site, nous sommes la première source d’informations pour les expats. Et puisque vous voulez plus d’informations, vous en aurez ! Un beau programme pour ces prochains mois : Election, engagement et indépendance !

    D’autant plus facilement que vous êtes plus d’un tiers à être prêt à verser votre obole pour garantir l’indépendance de lesfrancais.press. 61% d’entre vous préfèrent conserver l’accès à l’information gratuitement, c’est à dire financée par la publicité. Et bien la magie de la presse numérique, fait que nous donnerons satisfaction à tous.

    In-dé-pen-dants 

    Ceux qui sont prêts à payer 2 euros -par mois- intégreront le club Premium, la lettre quotidienne et ses suppléments, sans publicité. Les autres continueront d’avoir accès aux informations générales, avec la publicité, indispensable à la vie d’un media. 

    C’est la meilleure façon de rester ce que nous sommes : totalement indépendants. 

    Parmi ceux qui écrivent, il y a de tout : gauche, droite, en même temps, comme parmi ceux qui sont interrogés. Exemple : quand nous avons annoncé la candidature de Ségolène Royal, ce n’est pas parce qu’on veut la soutenir (D’ailleurs nous avons interrogé aussitôt ses concurrents), c’est parce que nous sommes les mieux informés-avant l’Afp !-

    Nous ne soutenons personne en particulier, mais tous ceux qui s’engagent. Nous ne dépendons de personne, sinon, comme tout media, des lecteurs. Et ceux qui s’abonnent nous permettent d’être encore plus indépendants.

    Impérial

    La ligne éditoriale Lesfrancais.press est donc naturellement « libérale », au sens plein du terme, qui veut que l’on se batte pour donner la parole à tous, notamment à ceux dont on ne partage pas les idées. 

    Ironiquement, je la dirais aussi bonapartiste, selon le mot de Napoléon III : « L’impératrice est légitimiste, Morny est orléaniste, je suis républicain. Il n’y a qu’un bonapartiste, c’est Persigny, et il est fou. ». Nous ne demandons donc à personne d’être fou, ni d’être d’accord avec tout ce qui s’écrit dans lesfrrancais.press, parce que personne ne l’est. Mais tout ce qui y est écrit est fiable, sérieux, sincère, réfléchi. 

    En trois ans, aucune information n’a jamais été contestée ou démentie. En revanche, beaucoup d’analyses prospectives -en économie, en politique, en diplomatie- ont été confirmées. 

    La démocratie ne vit de ses citoyens.

    Elu local, député, j’ai soutenu ou combattu des gouvernements, j’ai servi comme ambassadeur sous l’autorité de trois présidents et sept ministres, j’aime que l’on défende ses convictions, je sais aussi ce que la politique demande d’engagements, provoque de déceptions, d’ostracisme, de malveillances.  C’est pourquoi je respecte tous ceux qui s’engagent. Tous ceux qui participent, de près ou de loin, lecteurs ou auteurs, à lesfrancais.press ont le droit de se présenter, de s’engager (et certains sur le fond, sur des listes de couleurs différentes, d’ailleurs). Le pluralisme est bien ancré. La démocratie ne vit pas de ses institutions mais de ses citoyens.

    Rares sont les pays où il existe une représentation, une assemblée élue des expatriés. Pour qu’elle soit écoutée, il faut que les expats votent. On entend trop à Paris un certain mépris pour les Français d’ailleurs : des exilés volontaires qui ne s’intéresseraient plus à la France. La preuve  ils ne votent même pas ! Revient l’idée d’un impôt de nationalité, une autre pour supprimer une partie de la représentation des Français établis hors de France, voire de l’assemblée.

    L’attachement à la France grandit avec l’éloignement

    Il faut ne jamais avoir vécu à l’étranger pour ignorer que l’attachement à la France grandit avec l’éloignement. Malheureusement, le soutien aux ambassades, au réseau consulaire, à l’enseignement à l’étranger, aux Alliances, aux associations, si l’on regarde l’évolution des crédits depuis dix ans, diminue, alors que le nombre des Français établis à l’étranger augmente. 

    Curieusement, dans un monde de plus en plus petit, interdépendant, entremêlé, international, l’intérêt des responsables politiques devint de plus en plus hexagonal. Donner une dimension mondiale à la politique française, cela revient concrètement aux Français de l’extérieur et à leurs représentants. Ils apportent en ces moments de révolutions mondiales, l’expérience extraordinaire des ailleurs.

    L’appétit et l’engagement des français de l’étranger pour la politique ne vise donc pas qu’à «défendre leurs intérêts », ou à savoir à quelle sauce ils vont être mangés, mais à apporter une contribution à leurs compatriotes restés au pays. Le monde est un laboratoire, il faut en rendre compte, c’est ce en quoi il est passionnant, en quoi l’échange  est indispensable. C’est tout l’enjeu de l’information. 

    Rester indépendant, rendre compte, comprendre le monde, s’adapter,  anticiper, c’est ce que font tous les jours les Expats. Et, avec eux, lesfrancais.press. Pour deux euros par mois, ou un peu de pub, c’est donné. L’indépendance, çà n’a pas de prix !

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site « lesfrancais.presse »

  • Egypte: spectacle pharaonique et défilé de momies royales

    Egypte: spectacle pharaonique et défilé de momies royales

    22 chars transportant des momies de rois et reines de l’Egypte antique défilent dans les rues du Caire, lors d’un spectacle pharaonique pour aller rejoindre le Musée national de la civilisation égyptienne (NMEC), nouvelle demeure des momies royales.

    Les momies sont-elles un outil de communication pour l’Egypte ?

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • La Birmanie, deux mois après le Coup d’Etat.

    La Birmanie, deux mois après le Coup d’Etat.

    Voilà deux mois aujourd’hui que les militaires birmans ont arrêté Aung San Suu Kyi ainsi que le Président de la République Win Myint. La rue s’est soulevée au nom de la démocratie. Le bilan très provisoire des victimes dépasse déjà les 500 morts. Pour désolant qu’il soit, ce tableau ne devrait pas nous surprendre, tant l’histoire de la Birmanie est émaillée de guerres, de violences, de coups d’Etat, de soulèvements, de répressions et de bains de sang. Qu’on ne se fasse pas d’illusions : en dépit de la douceur apparente des Birmans, nous avons affaire à un peuple de guerriers.

    Un peuple de guerriers

    Sans remonter à Mathusalem, souvenons-nous qu’au XVIIIème siècle le fondateur du troisième empire birman, le roi Alaungpaya, avait envahi le Siam voisin et que son fils, le roi Hsinbyushin, avait détruit la capitale siamoise, Ayuttaya, qui ne fut jamais reconstruite (1767). Puis les Birmans s’étaient tournés vers l’ouest et avaient attaqué l’Assam. Ils ne furent arrêtés que par les Anglais au terme d’une guerre de deux ans (1826). Au Nord, ils arrêtèrent même une tentative d’invasion de l’Empire chinois en 1769, obligeant à composer l’empereur Qian Long qui était pourtant sans doute le souverain le plus puissant de l’époque.

    A l’époque contemporaine, avant même la proclamation de l’indépendance le 4 janvier 1948, le premier héros birman, le général Aung San (père de Aung San Suu Kyi) était assassiné, le 19 juillet 1947. Son successeur le plus célèbre, U Nu, fut renversé en 1962 par le général Ne Win qui resta vingt-six ans au pouvoir. Un autre coup d’Etat, en 1988 aboutit à la tenue d’élections libres en 1990, qui vit la victoire de la Ligue Nationale pour la Démocratie d’Aung San Suu Kyi. Les militaires n’acceptèrent pas ce résultat, annulèrent les élections et placèrent ASSK en résidence surveillée pendant vingt ans. Les troubles qui accompagnèrent ces évènements ont été illustrés par le film Beyond Rangoon de John Boorman en 1995.

    Après la « révolution de safran » 

    De violentes émeutes eurent lieu en 2007 (la « révolution de safran », selon la couleur des robes des moines qui soutenaient ce mouvement) qui firent plusieurs centaines de morts. Enfin Aung San Suu Kyi fut libérée le 13 novembre 2010 et occupa le poste de Ministre du Conseil d’Etat (équivalent de Premier ministre). Mais les militaires restaient très puissants puisqu’ils obtenaient de droit 25% des sièges au Parlement ainsi que les postes de ministre de la Défense et de ministre de l’Intérieur et des affaires frontalières et que deux postes de vice-Présidents.

    On a beaucoup (trop) reproché à Aung San Suu Kyi son absence de réaction lors de la crise des Rohingya, il y a deux ans. Mais que pouvait-elle faire, prise entre des militaires fort peu enclins au compromis et des extrémistes bouddhistes (le bouddhisme n’est pas toujours une religion de tolérance) désireux de débarrasser la Birmanie des musulmans ? La crise des Rohingya, que beaucoup ont découverte en 2017, dure en fait depuis des décennies. Sous le raj britannique, ils étaient administrés avec le Bengale oriental et donc protégés. Pourquoi donc ne pas les avoir inclus, lors de l’indépendance, dans le Pakistan oriental ? Les Anglais ont-ils sous-estimé le problème ou ont-ils voulu sciemment garder un abcès local pouvant servir de prétexte à une éventuelle intervention ? En tout cas, le résultat a été catastrophique, les Rohingya étant maintenant rejetés des deux côtés et étant devenus, aux dires mêmes de l’ONU, la minorité la plus persécutée au monde.

    Les militaires tirent sur les démocrates

    Et ce n’est sûrement pas Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix ou pas, qui pouvait d’un claquement de doigts réparer des décennies d’erreurs et de cynisme politique. D’ailleurs, l’impuissance de la Dame de Rangoun (cf. le film de Luc Besson The Lady) est clairement apparue peu de temps après lors de sa nouvelle assignation à résidence. Comme d’habitude, les partisans de la liberté et de la démocratie sont descendus dans la rue. Comme d’habitude, les militaires ont fait tirer sur eux. Ces gens courageux et déterminés ont-ils plus de chances de réussir que leurs aînés ? On peut en douter.

    Le soutien de la Chine

    Car les militaires birmans, qui occupent des positions très lucratives, ne sont pas prêts à quitter le pouvoir. Ceux qui suggèrent, comme on l’a entendu, de les « acheter » en leur proposant des retraites dorées dans un pays lointain se font bien des illusions. Ils disposent encore d’un fort soutien de la part de l’allié traditionnel de la Birmanie, la Chine. Les intérêts de ces deux pays sont en effet entremêlés. Outre les quelque 3 millions de Chinois de la diaspora qui contrôlent une partie de l’économie birmane, Pékin s’est entendu avec Naypyidaw pour développer le port de Kyaukpyu, au sud-ouest de Rangoun. Il s’agira d’une étape stratégique et économique très importante sur la route maritime de la soie, ce port, proche des champs pétrolifères et gaziers, étant relié par gazoduc, oléoduc et bientôt par chemin de fer à Kunming, capitale de la province chinoise du Yunnan. 

    On peut donc compter sur la Chine pour ne pas condamner ses amis birmans. L’autre grand voisin, l’Inde, reste prudente et se contente, pour le moment, d’analyser la situation, de même que le Bangladesh, directement concerné par le problème des Rohingya. Pour la Russie, la Birmanie reste « un allié fiable et un partenaire stratégique ».

    Sanctions inutiles

    Pour leur part, les pays de l’ASEAN sont jusqu’à présent restés discrets. La Birmanie, entrée dans l’ASEAN en 1997 seulement, a souvent posé un problème aux autres membres de l’Association. Mais dans le cas de figure actuel, on voit mal un pays comme le Vietnam prendre la défense de la démocratie ou un spécialiste des coups d’Etat militaires comme la Thaïlande réclamer le retour des civils au pouvoir.  

    Les Etats-Unis condamnent. Ils savent bien le faire. Mais vont-ils aller jusqu’à faire intervenir leur flotte de guerre dans le golfe du Bengale ? Personne n’y croit. Ils préconisent des sanctions. Mais on a bien vu dans le passé que les sanctions politiques (comme l’interdiction de visites de haut niveau) ont toujours laissé les dirigeants indifférents. Quant aux sanctions économiques, elles sont souvent l’occasion de développer toutes sortes de trafics et font souffrir le peuple, beaucoup plus que ses dirigeants (cf. l’exemple de l’Iran).

    Soutenir les pays voisins

    L’Europe, comme toujours à la remorque des Etats-Unis, condamne, elle aussi, et songe à imposer des sanctions. Avec les mêmes chances de succès (ou plutôt d’insuccès).

    Et la France ? La Birmanie n’a jamais été dans notre champ d’action centré sur l’Indochine française et le Siam. La principale entreprise française, TOTAL, n’a pas fait part de l’intention de cesser ses activités et c’est tant mieux car, là encore, on ne voit pas en quoi la mise à pied de quelques centaines d’ouvriers birmans pourrait encourager la démocratie et décourager les militaires. 

    Que faire, donc ? Le mieux serait sans doute de rester discrets, de ne pas risquer d’envenimer les choses par des prises de position et des rodomontades inutiles, et de soutenir en sous-main les pays voisins, comme l’Indonésie par exemple, leader de l’ASEAN, pour qu’ils engagent de nouveau un dialogue avec les militaires birmans. Cent fois sur le métier remettons notre ouvrage.

    Gérard Chesnel 

    Ancien Ambassadeur de France, membre fondateur de Geopragma.

    (Avec l’aimable autorisation de l’association Geopragma, pour laquelle cet article a été écrit) 

  • La force et la foi

    La force et la foi

    La certitude du déclin, c’est de toujours l’annoncer. Il est frappant de voir combien les Européens ont perdu la foi, au point de tout voir en noir. Les citoyens vraisemblablement les plus gâtés de la planète, les mieux protégés de tous les maux, ne croient manifestement plus en leurs chances. Dès qu’ils évoquent leur pays, c’est pour le critiquer, alors quand il s’agit de l’Europe !

    L’Office européen des brevets vient de publier son index pour 2020. Les Européens ont déposé auprès de lui 65 854 brevets contre 44 293 pour les Américains et 13 432 pour les Chinois. 4 pays européens figurent dans les dix premiers et 11 d’entre eux dans les 20 premiers. Cela n’empêche pas les commentateurs d’expliquer à tous vents combien le vieux continent est en retard pour l’innovation et d’en convaincre les décideurs comme les citoyens, attentant gravement à leur moral en déformant la réalité.

    L’Europe en tête pour les brevets.

    Que dire alors des délires hurlants à propos des vaccins, réputés nous délivrer des confinements ? La somme d’articles, de commentaires « éclairés », d’évidences colportées sur « l’échec de l’Europe » doit être scrupuleusement conservée afin d’être opposée, dans quelques mois, à leurs auteurs qui n’ont pas peur de citer en exemple les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, la Chine ou la Russie, qui auraient mieux réussi que l’Union européenne.

    Auront-ils honte d’avoir oublié d’expliquer que les deux premiers affichent le plus grand nombre de décès, que les Britanniques ont décalé l’administration d’une deuxième dose rendant le vaccin effectif, que la Russie n’a pas de quoi vacciner sa population et que les Chinois ont choisi la privation de libertés pour vaincre un virus qui leur a échappé faute de précautions suffisantes, etc. ?

    Les Européens adorent s’autoflageller

    Aucun Etat n’a de leçon à donner, mais les Européens, comme souvent, adorent s’auto-flageller, alors que ce sont eux qui inventent et financent les vaccins dont ils vont devenir dans quelques mois les principaux producteurs mondiaux.

    Vivant sur le continent qui affiche le plus gros PIB en valeur absolue, celui qui a inventé presque tout ce qui se matérialise dans notre entourage, de l’électricité à l’Internet en passant par la machine à vapeur et la fusée, les Européens sont persuadés que d’autres les dépassent. Alors qu’ils ont inventé la démocratie et plus encore le respect de la personne, habitant les terres où la culture fait partie de l’essence humaine au point d’avoir illuminé le monde tant de fois, ils semblent pourtant ne plus croire en leur avenir.

    Une vieille terre fatiguée ? 

    Ou plutôt, face à l’importance des défis qui leur sont lancés et à une vraie concurrence désormais exacerbée par l’émergence de nouvelles puissances, ils donnent le sentiment d’avoir baissé les bras. N’ont-ils vraiment plus envie de se battre, de rivaliser, de conquérir, de découvrir ?

    L’Europe, le continent des confinements, serait-elle devenue une vieille terre fatiguée peuplée de frileux apeurés par leur propre abandon ?

    Nul ne peut sous-estimer les défis qu’elle devra relever face à des concurrents redoutables à la démographie favorable, qui ont accès aux sciences et aux techniques, qui mêlent les savoirs et s’enrichissent de la connaissance accumulée, qui bouleversent les habitudes et les codes les mieux installés ! Mais de là à sous-estimer leurs forces, à s’auto-mutiler, à toujours débiner ce qu’ils ont construit, à ne voir que leurs défauts, il y a un pas que les Européens ont franchi et qu’incarne parfaitement leur attitude dans une crise sanitaire qui pourrait bien n’être qu’un affolement dommageable.

    Les Européens ont encore la force, ont-ils encore la foi ?

    Les Etats européens sont riches et puissants. Leurs sociétés de droit et de liberté sont plus solides que les dictatures et les régimes autoritaires. Leur mode de vie attire, leurs solidarités séduisent et leur culture ébahit. Leur alliance impressionne et dérange. Les Européens ont encore la force, mais ont-ils encore la foi ?

    Jean Dominique Giuliani

    Président de la Fondation Robert Schuman

  • La montée du nationalisme menace la lutte contre la discrimination en Belgique

    La montée du nationalisme menace la lutte contre la discrimination en Belgique

    L’année 2021 marque le 40e anniversaire de l’adoption de la loi contre le racisme et la xénophobie en Belgique. Cependant, malgré les efforts de lutte contre le racisme et la discrimination ethnique, le nombre de signalements liés à des caractéristiques dites raciales a augmenté de presque 50 % en 2020.

    Après les élections législatives de 2019, la montée du Vlaams Belang (VB) tirait la sonnette d’alarme tandis que le parti nationaliste d’extrême droite devenait le deuxième parti en Flandre, derrière la N-VA, parti séparatiste d’extrême droite.

    D’une manière générale, le sérail politique belge s’oppose à toute coopération avec le Vlaams Belang.

    Le parti a appelé à l’expulsion des « étrangers » qui n’adhèrent pas à ce qu’il perçoit comme les normes culturelles flamandes, qualifiant d’« étrangers » tous les binationaux. Les expatriés français ne sont pas épargnés.

    Si le VB et la N-VA restent tenus à l’écart du gouvernement fédéral pour le moment, plusieurs analystes laissent entendre qu’ils pourraient sortir victorieux des élections de 2024.

    « Caractère structurel »

    Selon l’Unia, une institution publique indépendante qui lutte contre la discrimination et défend l’égalité des chances en Belgique, « le nombre de signalements liés à des caractéristiques dites raciales a augmenté de 49,5 % pour atteindre 3 684 l’année dernière ».

    « Tous ces chiffres et exemples de situations individuelles ne sont que l’illustration du caractère structurel des discriminations raciales qui traversent notre société. Nous ne pouvons y voir que des cas isolés », a déclaré Patrick Charlier, directeur d’Unia à l’occasion de la journée mondiale contre le racisme.

    En 2020, suivant l’initiative de l’ancienne Première ministre belge Sophie Wilmès, la Belgique a mis sur pied la conférence interministérielle contre le racisme afin d’améliorer la coordination des actions lancées par les différentes autorités du pays.

    « Il est encourageant de constater que les autorités belges œuvrent enfin à l’élaboration d’un plan d’action national de lutte contre le racisme »a poursuivi M. Charlier, ajoutant que « 2021 a tout pour devenir un tournant positif, du moins si les responsables politiques mettent leur engagement en pratique et transforment les paroles fortes en actions concrètes ».

    « Le point clé au niveau politique est le suivant : il faut admettre le fait que notre société est confrontée à un problème de discrimination structurelle. »

    M. Charlier

    Transition en Flandre

    En 2008, la Flandre a introduit sa propre loi antidiscrimination. Toutefois, d’après De Standaardseuls 14 cas ont été portés à l’attention des juridictions compétentes en la matière.

    « Le cadre juridique flamand transpose les directives européennes sur l’égalité des traitements et va même plus loin », a fait savoir Tom De Bruyne, membre du département de l’égalité des chances, de l’intégration et de l’intégration civique du gouvernement flamand en Belgique.

    En septembre 2019, le nouveau gouvernement flamand a annoncé qu’il arrêterait de coopérer avec l’Unia à partir de 2023 pour créer une institution flamande de lutte contre les discriminations.

    Certains voient dans cette décision des traces du Vlaams Belang, indique De Morgen.

    « L’accord de coalition flamande d’octobre 2019 met un terme à la coopération avec Unia en mars 2023, soit après la fin de l’entente de coopération actuelle »

    M. De Bruyne

    D’après M. Charlier, la décision fait également suite au fait que le gouvernement flamand « refuse » de reconnaître la discrimination structurelle dans le pays, ce qui n’a fait qu’exacerber les tensions au sein de l’organisation.

    « Étant donné que nous mettons en avant la discrimination structurelle et les problèmes afférents, le VB ou la N-VA se montrent réticents à l’idée de prendre part à un processus interfédéral comme Unia et préfèrent qu’une institution flamande soit compétente en la matière »

    M. Charlier

    D’après Unia, la Belgique est à la traîne dans la lutte contre la discrimination sur le marché du travail.

    L’été dernier, les législateurs flamands ont adopté une résolution réclamant un système indépendant et académique qui permette de déterminer s’il y a discrimination ou racisme dans les divers domaines de la société.

    Néanmoins, les partis de gauche dans l’opposition se sont dits « déçus » que la majorité rejette l’instauration de tests de situation sur le marché de l’emploi et celui de la location de logements.

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