Les élections législatives allemandes auront lieu dans quelques jours. Après quatre mandats, Angela Merkel quittera ses fonctions. Avec la proportionnelle, aucun parti ne peut prétendre gouverner seul. Il faudra forcément un gouvernement de coalition, mais personne ne peut vraiment prédire laquelle, d’autant que toutes les alliances, ou presque, sont possibles. Si prolonger la coalition actuelle CDU-SPD est envisageable, d’autres combinaisons sont possibles : d’une large coalition de gauche avec Die Linke, le SPD et les Verts, à une coalition avec les libéraux (FDP) que ce soit avec le SPD ou les Conservateurs, ou encore avec les Verts, qui peuvent s’allier à tous. Le seul parti qui est exclu de toute coalition est l’AFD, le nouveau parti de droite anti européen. Il y aura quoiqu’il arrive, de longues séances de négociation, car chaque coalition se forge autour d’un programme de gouvernement.
Dernière allocution de Noël d’Angela Merkel le 24 décembre 2021
L’Allemagne étant une démocratie extrêmement stable, justement par l’habitude des compromis, une économie forte, un allié sûr, aussi bien pour l’Otan que pour la France, a priori, ces élections ne feront que conforter, quels que soient les résultats et les coalitions, un système qui fonctionne et n’inquiète personne.
Et pourtant. Sans l’avoir voulu, les Allemands se retrouvent en première ligne face aux choix les plus fondamentaux des années à venir, non seulement pour eux, mais pour l’Europe et pour le monde.
L’avenir de la zone Euro dans la main du gouvernement allemand
L’Allemagne est la première économie d’Europe, une des premières mondiales. Le crédit de l’Euro et de la Banque centrale européenne reposent sur elle. Sans l’Allemagne, pas de taux d’intérêt faible, pas de plan de relance, pas de solidarité budgétaire. Avec la crise, l’Allemagne a accepté de créer une dette commune européenne et de financer des déficits. Une première qui agace un peu : d’accord, disent les Allemands, à condition que les pays en difficulté, ceux du sud, retrouvent la voie d’un sérieux budgétaire. Selon la coalition qui verra le jour après les élections, la demande sera plus ou moins pressante, les tensions en Europe plus ou moins vives. Le prochain gouvernement allemand décidera de la stratégie économique, financière, monétaire pour toute l’Europe. Rares sont les pays qui peuvent désormais se passer de la protection européenne, en fait allemande. Et un déséquilibre de l’Europe du sud amènera des crises nouvelles.
Sécurité européenne : l’Allemagne dans la roue américaine.
L’Allemagne est un allié solide des Etats-Unis. Même si la réciproque, on l’a vu avec Trump, n’est pas forcément vraie. Elle entend le discours sur « l’autonomie stratégique européenne », mais y adhère peu. L’idée d’une défense européenne parait même illusoire à certains. Pour l’essentiel, elle s’en remet aux Américains. C’est sous la pression américaine qu’elle a commencé à renforcer son budget militaire.
Quant aux alliances avec la France, notamment sur le char du futur ou l’avion de combat (le SCAF), c’est une entente dépendante des ententes (et lobbys) industriels. Les députés allemands n’ont donné leur accord que du bout des lèvres, il faudra repasser devant le Bundestag pour les investissements futurs. Sans cet accord, pas d’avion européen, pas d’autonomie militaire possible.
L’Allemagne voudrait bien partager la place de la France au Conseil de sécurité, mais ne veut assumer aucune responsabilité mondiale. Pourtant, la réorientation d’Obama vers le Pacifique, l’hostilité de Trump, la retraite de Biden d’Afghanistan, ont conduit le Haut Représentant européen l’espagnol Joseph Borell, à militer pour une « culture stratégique commune », une « force d’intervention européenne », une « Europe de la Défense ». Les Américains se retirent, il serait temps de commencer à compter sur soi-même.
L’Allemagne est elle prête à s’engager pour permettre à l’Europe, au couple franco-allemand, de définir une politique à l’échelle de la planète ? Si ce n’est pas le cas, l’Union européenne ne résistera pas aux futurs conflits.
Transition énergétique : divorce nucléaire
Pour l’instant, la seule politique européenne commune est la lutte contre le réchauffement climatique. Mais s’il y a un accord financier, il n’y a aucun accord sur la prise en compte du nucléaire. Si l’Allemagne se trompe sur la transition énergétique, comme elle s’est trompée sur les nouvelles technologies, alors l’industrie allemande et l’ensemble de l’Europe rateront la transition énergétique. Ce qui signifie que l’on paiera plus cher l’énergie en Europe tout en important des produits fabriqués en Asie avec du charbon.
Si elle ne se décide pas à construire une alliance franco-allemande au niveau mondial, stratégique, et à faire de cette alliance le socle de l’indépendance européenne, l’Allemagne ne permettra pas à l’UE de compter, ce que constate Joseph Borell. Les pays européens, un à un, seront des clients entrainés dans des conflits américains, russes, chinois, indiens. Aucun n’a la capacité d’avoir une politique autonome. Seules la France et l’Allemagne le peuvent. A condition d’être ensemble, à condition, aussi, de le vouloir : une Europe européenne.
L’équilibre ou le déséquilibre du monde dépend de l’Europe
Les choix allemands ne concernent pas que l’Europe. Premier marché mondial, deuxième budget militaire, la deuxième monnaie internationale. la capacité d’influence de l’Europe dans le monde, sur les relations entre la Chine et les Etats-Unis, l’avenir de la Russie, l’évolution du monde arabe, le sort de la Méditerranée, le destin de l’Afrique, pourrait être déterminante. Pourrait seulement. L’équilibre ou le déséquilibre du monde dépend de l’Europe. D’autant que si elle n’est pas autonome, elle risque de devenir un enjeu : ses frontières le sont déjà. N’est-elle pas déjà soumise au chantage turc, russe, biélorusse ?
La France et l’Allemagne sont les seuls à pouvoir définir une politique étrangère. Le départ du Royaume-Uni permet une politique étrangère franco-allemande.
Jusqu’à présent, l’Allemagne sûre de sa stabilité, pensait ne pas en avoir besoin. Qu’elle regarde le monde il y a dix ans, il y a 20, 30, 40 ans. Tous les dix ans le sort du monde change de façon radicale : 2019, pandémie ; 2008, crise financière mondiale ; 2001 : attentats aux Etats-Unis ; 1991, dissolution de l’URSS. D’ici dix ans, le monde connaitra un nouveau bouleversement. Lequel ? Personne ne le sait, c’est le principe.
Ce que l’on sait : il y aura une crise imprévisible. L’Allemagne sera un acteur clé du prochain drame, de la prochaine chance. Elle tient l’avenir de l’Europe entre ses mains, et donc l’avenir de la planète. C’est assez rare pour que cela soit souligné. Quelle sera la coalition la mieux préparée ? Un point à retenir, la politique étrangère était totalement absente du dernier débat. Les Allemands ont-ils conscience que le temps est venu de reprendre une place dans l’Histoire, cette fois de façon positive ?
« Coup dans le dos », décision « brutale » et « insupportable », à la « Trump » : la relation entre la France et les Etats-Unis a tourné à la crise ouverte jeudi (16 septembre) après la rupture du « contrat du siècle » de fourniture de sous-marins français à l’Australie.
Le président américain Joe Biden a annoncé mercredi (15 septembre) soir un partenariat stratégique avec le Royaume-uni et l’Australie, incluant la fourniture de sous-marins américains à propulsion nucléaire à Canberra, qui a sorti de fait les Français du jeu.
« Cette décision unilatérale, brutale, imprévisible ressemble beaucoup à ce que faisait M. (Donald) Trump », le prédécesseur tant décrié de Joe Biden, s’est indigné le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, ne cachant pas sa « colère » et son « amertume ».
« Cela ne se fait pas entre alliés », a martelé le responsable français, qui avait négocié le « contrat du siècle » lorsqu’il était ministre de la Défense en 2016, déplorant une politique du fait accompli américaine – et par ricochet australienne – sans aucune concertation préalable.
Ce gigantesque contrat de 90 milliards de dollars australiens (56 milliards d’euros) prévoyait la fourniture de 12 sous-marins français à propulsion conventionnelle à l’Australie.
Au-delà du choc franco-australien, cette rupture spectaculaire jette un froid entre Paris et Washington, alors que Joe Biden était censé incarner une embellie dans la relation transatlantique après quatre années de brutalité trumpienne.
Le Président Hollande signant en 2016 l’accord entre la France et l’Australie
« Premiers concurrents »
« Il est certain que nous avons une petite crise diplomatique sur la table », résume Anne Cizel, spécialiste de politique étrangère américaine à l’université parisienne de la Sorbonne.
« Les Etats-Unis envoient un signal un peu curieux en ce sens qu’ils réclament une présence (militaire) de leurs alliés européens dans l’Indopacifique et dans le même temps se positionnent en premiers concurrents des ventes de sous-marins français », résume-t-elle.
Joe Biden a bien promis de continuer à « travailler étroitement avec la France », « allié-clé » dans la région Indopacifique. Sans apaiser le courroux de Paris.
Les Etats-Unis ont aussi affirmé avoir eu des contacts avec la France avant l’annonce du président américain, mais Paris a démenti avoir été clairement averti en amont.
La diplomatie française n’a jamais cédé à l’enchantement pro-Biden, consciente qu’il poursuivrait la même priorité stratégique – la rivalité avec la Chine – que ses prédécesseurs même s’il y mettrait plus les formes vis-à-vis de ses alliés.
Mais l’affaire du partenariat stratégique avec l’Australie – qui vise aussi à contrer les ambitions de la Chine – concrétise un peu plus, après le retrait d’Afghanistan, un mode d’action et de décision très unilatéral du nouveau président américain.
Les Européens ont désormais une idée « assez claire » de la façon dont Washington considère ses alliés, a résumé une source proche du dossier à Paris.
« Cela confirme le fait que les Etats-Unis attendent de leurs alliés de la docilité et ne sont pas dans une logique de consultation », fait observer Thomas Gomart, directeur de l’Institut français de relations internationales (Ifri).
« Centralité » américaine
« La relation avec l’administration Biden est extrêmement difficile tout simplement parce que cette administration, focalisée sur la Chine, veut rappeler sa centralité », dit-il à l’AFP.
A travers cette séquence, le président Biden a aussi eu à coeur de faire oublier au plus vite le retrait chaotique d’Afghanistan en montrant que l’Amérique restait au rendez-vous de la puissance.
Pour Anne Cizel, ce coup porté aux ambitions françaises traduit aussi une « rivalité de leadership » entre les Etats-Unis et un président français, Emmanuel Macron, qui se pose en « leader de la défense de l’Europe ».
« Les quatre ans de Donald Trump, si difficile que cela ait été sur un plan transatlantique, ont procuré une opportunité au leadership français, franco-allemand », note-t-elle.
Emmanuel Macron va continuer à militer pour plus de défense et d’autonomie stratégique européenne, notamment industrielle, durant la présidence française de l’UE au premier semestre 2022.
Un sommet y sera d’ailleurs consacré à cette occasion. « Le moment est venu pour l’UE de passer à la vitesse supérieure », pour se « défendre contre les cyberattaques, agir là où l’Otan et l’ONU ne sont pas présents et gérer les crises à temps », a plaidé mercredi (15 septembre) la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Rappel des ambassadeurs français d’Australie et des USA
Ce vendredi 17 septembre, Jean-Yves Le Drian a annoncé avoir rappelé les ambassadeurs en poste à Washington et à Camberra. C’est un acte fort et rare envers des allies. Les conséquences de la stratégie américaine et du choix australien, combinés à la défiance qui se créé avec le Brexit entre le Royaume-Uni et la France, ne font que commencer. La Président de la Commission européenne appelle à créer des liens plus forts entre les membres de l’Union.
« L’abandon du projet de sous-marins de classe océanique qui liait l’Australie à la France depuis 2016, et l’annonce d’un nouveau partenariat avec les Etats-Unis visant à lancer des études sur une possible future coopération sur des sous-marins à propulsion nucléaire, constituent des comportements inacceptables entre alliés et partenaires, dont les conséquences touchent à la conception même que nous nous faisons de nos alliances, de nos partenariats et de l’importance de l’Indopacifique pour l’Europe.«
Communique de presse du Quai d’Orsay du vendredi 17 septembre 21h35
Le STAFE est un dispositif permettant l’attribution de subventions à des projets dont l’objet est de nature éducative, caritative, culturelle ou d’insertion socio-économique et qui contribuent au soutien des Français à l’étranger. Il a été institué par le gouvernement d’Emmanuel Macron en 2017 lors de l’abrogation de la fameuse enveloppe parlementaire qui permettait à sénateurs et députés de soutenir des associations ou des initiatives locales.
Les modalités
Les projets devront impérativement bénéficier en tout ou partie à des usagers français, dans le but précité de les aider au plan éducatif, caritatif, culturel ou économique pour être éligibles au STAFE.
Les projets du STAFE viennent compléter, tout en s’en distinguant, les programmes existants d’aide aux Français gérés par nos ambassades et consulats. Ils se distinguent également des subventions dans le secteur culturel et éducatif qui ressortent d’autres programmes budgétaires.
Depuis cette année une attention toute particulière sera portée sur les projets d’associations bénéficiant à des entrepreneurs ou autoentrepreneurs.
Les associations de droit français ou local qui verront leur projets
retenus par la commission nationale du STAFE se verront verser une subvention au premier semestre 2022 pour réalisation du projet dans l’année suivante.
Elus et administration
Pour candidater, il est impératif de retirer un dossier de demande de subvention auprès de l’Ambassade ou du Consulat de votre pays de résidence avant le 15 octobre 2021. Les dossiers devront être complétés et retournés aux ambassades /consulats avant le 22 octobre 2021.
La sélection se fait par étapes. Les candidatures seront examinées par le conseil consulaire dont dépend l’association. Ce dernier émettra un avis motivé et détaillé avant d’être soumis à la validation d’une commission nationale associant élus et administration. Les montants accordés par la commission seront délégués localement aux associations retenues par les représentations diplomatiques.
Quels projets ont été soutenus ?
Les Conseillers des Français établis hors de France qui ont déjà participé à de telles commissions sont assez dubitatifs, laissant comprendre que l’administration est seule souveraine pour les attributions. En effet, un simple coup d’oeil au tableau des projets soutenus en 2021 permet de constater que les Alliances françaises et les établissements scolaires sont surreprésentés parmi les lauréats. A l’Assemblée des Français de l’Etranger, les élus n’ont pas hésité à exprimer leur déception.
Cependant certains initiatives locales ont aussi été sélectionnées. En 2021, le Rugby au grand coeur en Autriche, s’est détaché du lot en promouvant le sport comme moteur d’intégration et comme véhicule de développement de la vie associative et culturelle francophile. Il y a aussi eu des ratés comme l’attribution d’une enveloppe de 2500 € à l’Alliance Française d’Anvers, établissement dont le directeur a dû démissionner en urgence après avoir vidé les caisses.
Mais globalement ce sont des projets pratiques et utiles à tous qui ont été sélectionnés comme à Tel Aviv où l’Association Française de Solidarité du Nord d’Israël a pu proposer de prendre en charge les enfants pendant les vacances aux parents qui travaillent.
Les dates clés
Si votre association française ou de droit local (attention, il y a un dossier comptable à fournir) désire participer à la campagne du STAFE 2022, il est donc impératif de retirer son dossier auprès du consulat ou de l’ambassade du pays de résidence avant le 15 octobre 2021 et de le remettre complet avec l’ensemble des pièces justificatives avant le 22 octobre 2021. Les résultats seront connus début d’année 2022.
Cette élection, décalée d’un an en raison de la pandémie, aura lieu le 26 septembre 2021.
Elle permettra de renouveler 6 sénateurs représentant les Français établis hors de France.
Dans notre article précédent, nous interrogions les candidats sur le dépôt de la liste et sa composition. Nous abordions également l’impact de la pandémie sur cette campagne inédite. L’état des candidatures a été publié le 14 septembre suite à un arrêté du 13 septembre. 8 listes sérieuses sont déclarées.
Le 18 septembre : un vote très « anticipé »
Pour ce scrutin, auquel prennent part les conseillers des Français de l’étranger, les délégués consulaires, les sénateurs et députés des Français de l’étranger, plusieurs modalités de vote sont prévues.
Le 18 septembre, se tient le vote anticipé. Les grands électeurs peuvent voter de 9h à 11h dans les ambassades et postes consulaires.
Alors que la pandémie est mondiale, ce sera la modalité de vote sans doute la plus utilisée. Certains estiment que plus de 80% des votants y prendront part.
Le secret du vote
Durant cette campagne hors normes, il convient de souligner le secret du vote. Certains grands électeurs craignent en effet que leur vote anticipé ne soit dépouillé avant le 26 au niveau de l’ambassade ou du consulat.
Ségolène Royal a récemment rappelé les détails : « Le bulletin est glissé dans une enveloppe identique dans tous les bureaux de vote, qui ne comprend ni le nom du pays ni bien sûr le nom du votant, et qui est cachetée. Cette enveloppe n’est pas ouverte sur place, elle est envoyée au ministère par la valise diplomatique. Au ministère, toutes les enveloppes sont regroupées dans une seule urne, avant le dépouillement qui est donc globalisé pour tous les pays du monde et qui a lieu dans les conditions habituelles de tous les scrutins. »
Nous avons interrogé les candidats sur les grands points de leur programme. Voici leurs 5 priorités ! A noter, nous n’avions pas fixé de limite de caractères, certains candidats ont avancé des thèmes, d’autres des propositions. Pour les programmes et propositions complètes des listes, rendez-vous sur les sites des candidats.
L’ordre de présentation est celui du relevé des candidatures. Nous n’avons pas intégré ici les deux listes qui ne comptent aucun élu.
Si vous êtes (ré)élu, comment partagerez-vous votre temps entre la circonscription monde et le travail à Paris ? Serez-vous un sénateur actif sur le terrain et présent à Paris ?
Pour toutes les têtes de listes, la répartition entre le terrain monde et le travail au sénat et en commission est un sujet majeur.
Constance pour Christophe Frassa
Christophe Frassa, qui mène la liste #FrançaisAPartEntière, nous confie « Si je suis réélu, je continuerai à exercer mon mandat en restant très présent sur le terrain auprès des élus et des Français dans le monde, tout en demeurant très actif au sein de la commission des lois où je poursuivrai mes travaux législatifs, en étant régulièrement rapporteur de projets ou propositions de loi. »
Paris au cœur de la vision ASFE du mandat
Pour Jean-Pierre Bansard qui mène la liste ASFE2021 « Il s’agit d’une question de dosage. La façon dont travaille l’ASFE vis-à-vis du Sénat est la suivante : les élus, nos représentants, les Français, nous font remonter quotidiennement leurs problématiques. C’est ce réseau mondial que nous avons constitué qui alimente le travail sénatorial que nous réalisons avec Evelyne Renaud-Garabedian, qui a toujours considéré qu’elle était plus utile à Paris qu’à faire le tour du monde aux frais du contribuable (sans même parler de l’empreinte carbone).
Mais le terrain est essentiel. Simplement, il faut qu’un déplacement ait un sens, qu’il soit bien construit, avec un objectif pour faire avancer un dossier en particulier par exemple, ou pour résoudre une problématique qui nécessite l’intervention d’un Sénateur. Ça ne peut pas être juste pour serrer des mains. Nous ferons donc les deux : travail à Paris et déplacements en circonscription. »
Compensation carbone pour Mélanie Vogel
Mélanie Vogel, qui mène la liste Ecologie, Solidarité, Proximité, convient « Oui, il faut absolument équilibrer les deux pour construire un mandat efficace, être présente sur le terrain pour faire remonter au mieux les préoccupations de nos compatriotes mais aussi être active à Paris pour peser sur les dossiers. Je travaille au Parlement européen au contact d’élu.e.s de nombreux pays dont le mandat nécessite ce même équilibre, je connais bien ce mode de vie. Je suis en constant déplacement en Europe et ma conjointe vit en Allemagne […]
Tout cela nécessitera de mettre en place une compensation carbone de ces déplacements. Contrairement aux élu.e.s en métropole qui ont la possibilité de se déplacer en train, l’empreinte carbone d’un mandat de sénatrice des Français.e.s de l’Étranger ne peut pas être neutre, même en étant sobre. Je développerai donc, avec Aloïs Gallet qui est un élu au Canada expert du climat, une démarche de mesure des émissions de gaz à effet de serre liées à l’exercice du mandat en vue de les compenser. C’est la neutralité dont nous avons besoin selon le GIEC pour éviter l’emballement climatique. Cela permettra aussi de faire de la pédagogie sur l’empreinte carbone et les activités émettrices. »
Les élus de terrain au cœur du projet de Samantha Cazebonne
La candidate LREM qui mène la liste Notre Avenir Ensemble, nous explique « Par expérience, je sais qu’il faut répartir ses forces entre être au Sénat et suivre les projets et propositions de loi pour que la place des Français de l’étranger soit toujours défendue et organiser des déplacements en coopération avec les élus consulaires dans les zones prioritaires, des évènements locaux et traiter les urgences des élus. Un programme de déplacements se fait de concert avec les élus car ce sont eux qui sont nos référents locaux, experts de leur circonscription.
Enfin, je me suis également engagée à réaliser des webinaires réguliers par visioconférence qui offrent, dans un contexte sanitaire compliqué, une opportunité nouvelle et efficace en matière de communication. »
Pour Laure Pallez, tout est une question d’équilibre
Selon Laure Pallez, à la tête de la liste Français de l’étranger : la France et le monde en commun ! les deux sont nécessaires, le temps de présence à Paris pour le travail législatif et institutionnel, les déplacements pour maintenir les liens forts avec les Français établis hors de France et leurs élu(e)s. Elle ajoute « ce contact avec le terrain irrigue et inspirera notre action. Une équipe aux quatre coins du monde habituée au travail numérique et en réseau est déjà au travail ».
Yan Chantrel, la démocratie participative avant tout
Yan Chantrel, qui mène la liste Rassemblement de la gauche écologiste, sociale et solidaire, élabore « Le projet que nous avons élaboré avec notre équipe étant fondé sur le principe de la démocratie participative, il est évident que nous consacrerons le maximum de temps à la circonscription, tout en respectant bien sûr le travail et les échéances des sessions parlementaires ».
Le terrain et l’action au cœur du mandat d’Olivier Cadic
Olivier Cadic, à la tête de la liste Libres et Indépendants, semble avoir été sur de nombreux fronts lors de son mandant. Il nous explique « je compte plus de 400 déplacements lors de mon premier mandat, et j’ai traversé 98 pays. J’ai passé 40% de mon temps au Sénat à Paris, 30% au Royaume-Uni et 30% dans le reste du monde. Fort de l’expérience réussie au travers d’accomplissements concrets, notre programme est avant tout de soutenir les initiatives locales des conseillers des Français de l’étranger, de les accompagner constamment dans la défense des intérêts de nos compatriotes et de prolonger leurs orientations par des textes votés au parlement. Cela nécessite d’aller fréquemment sur le terrain à la rencontre des élus des Français de l’étranger. C’est tout le sens de mon engagement. »
Efficacité pour Ségolène Royal
Ségolène Royal, qui mène la liste Français.es dans le monde, une chance pour la France !, liste citoyenne et écologiste d’union nous confie « C’est l’efficacité qui compte, il faut donc s’adapter en permanence et faire ce qui est utile. En faisant attention au bilan carbone des déplacements. Proximité, réactivité. Et surtout, les liens que j’ai construits pendant cette campagne, entourée d’une équipe joyeuse et travailleuse, me permettront d’entrer tout de suite dans l’action. Si je suis élue, l’équipe sénatoriale sera constituée de tous les élus et élues de tous les pays, quels qu’ils soient. Nous servirons au mieux la cause de nos compatriotes dans le monde parce que c’est une façon de servir la France. Telle est ma conviction et le sens de cette candidature. »
Qu’est-ce qui distingue votre liste des autres ? En réponse à cette question, certains candidats en profitent pour rappeler les atouts de leur liste.
Laure Pallez : une campagne au long cours
Laure Pallez revient sur l’historique de son projet : « Dans le prolongement de nos campagnes consulaires victorieuses, nous avons commencé notre travail très tôt et sommes allés à la rencontre des grands électeurs pour approfondir ensemble les solutions de solidarité à mettre en place et avons discuté avec eux des sujets qui les concernent… Nos valeurs de progrès social et environnemental sont claires, notre engagement aussi ». Elle complète « L’ambiance au sein de notre équipe : joyeusement combattive, passionnée. Plus sérieusement, nous sommes conscients du travail important à faire pour aider nos compatriotes, pour donner corps aux valeurs de solidarité dans un contexte particulièrement compliqué. »
Samantha Cazebonne : un mandat en soutien de la majorité présidentielle
Samantha Cazebonne évoque plusieurs aspects : l’esprit collectif, le respect de nos complémentarités et de nos différences, la connaissance du terrain et l’implantation dans les communautés. Elle termine en ajoutant « la force d’un mandat en soutien de la majorité présidentielle ».
#FrançaisAPartEntière : la liste uniquement composée d’élus
Le sénateur Frassa nous explique « De ce que j’ai pu observer des autres listes dévoilées à ce jour, ma liste, #FrançaisAPartEntière, est la seule liste où l’ensemble des colistiers sont des élus ; la seule liste où l’ensemble des colistiers résident à l’étranger ; la seule liste où l’ensemble des colistiers sont des élus de toutes les régions du monde. La seule liste à l’image de celles et ceux dont nous sollicitons les suffrages. »
ASFE : pas une liste politique
La liste de Jean-Pierre Bansard met en avant l’ASFE en expliquant : « c’est le seul mouvement totalement indépendant entièrement consacré aux Français établis hors de France, présent dans le monde entier. Nous sommes légalement constitués en parti, car c’est la seule façon d’obtenir la LEC, qui est notre principal outil de travail et grâce à laquelle nous sommes en contact permanent avec les Français de l’étranger. Nous n’avons donc pas à arbitrer, au moment de voter, entre les intérêts des Français de l’étranger et les consignes d’un parti. Nous sommes aussi une équipe, et les projets que nous construisons ensemble passeront toujours avant nos égos. »
La liste menée par Mélanie Vogel : efficacité et coopération internationale
La tête de liste EELV mène une équipe « qui veut construire une alternative solide et enthousiaste aux politiques actuelles, pas assez solidaires avec nos compatriotes à l’étranger, pas assez ouvertes aux attentes des CFE, pas assez efficaces face aux urgences écologiques et à la nécessaire lutte contre les inégalités en France. J’aimerais ainsi que l’on utilise mieux la richesse du réseau des élus, des associations françaises, des entrepreneurs hors de France, pour enrichir la coopération internationale. Il y a une césure trop forte à mon goût entre diplomatie et réalité sur le terrain. La coopération vient souvent du terrain, des gens.
[..] J’ai participé à beaucoup de campagnes dans ma vie. J’ai rarement connu une collaboration entre différents partenaires aussi agréable. Cela me donne beaucoup d’espoir pour la suite du travail que nous devons mener ensemble ».
Yan Chantrel: une liste qui vient du travail collectif de terrain
La tête de liste récemment adoubée par le PS nous explique que plusieurs choses distinguent sa liste. « Nous n’avons pas commencé par déclarer une candidature pour ensuite chercher une équipe. Notre initiative se base sur la constatation d’un faisceau d’éléments que nous avons déjà évoqués : nécessité d’une union des mouvements de gauche et de l’écologie, valorisation de l’expérience de terrain et expression de la voix des citoyens. La deuxième constatation étant qu’aucune candidature déclarée ne semblait vouloir tenir compte de ces éléments. A partir de là, une concertation a été menée auprès d’un certain nombre d’élu.es de diverses tendances et la décision de constituer une liste en tendant la main à toutes les tendances de gauche et écologistes, y compris aux partis, a été prise. C’est donc une liste reposant sur un travail collectif. »
Le sénateur sortant nous explique « C’est aux électeurs et aux commentateurs de répondre à cette question. Je m’interdis de parler de nos compétiteurs. C’est un principe déontologique.
Je m’en tiens donc à décrire notre liste. » Il revient sur sa composition « Elle se compose de personnes ayant incarné une approche libre et proche du terrain qui les a conduits à remporter un grand succès aux élections consulaires. Ils ont démontré qu’une démarche indépendante fondée sur les attentes concrètes de nos compatriotes pouvait l’emporter face à des structures politiques employant des moyens matériels significatifs.
Vouloir être libre, c’est vouloir les autres libres, ajoute le sénateur soulignant son objectif de travail des élus de terrain hors des appareils politiques. « Nous souhaitons simplement permettre au plus grand nombre d’élus de travailler indépendamment de tout appareil partisan et d’accomplir les projets qui leur tiennent à cœur au bénéfice des compatriotes qu’ils représentent. »
La candidate nous précise : « notre équipe est indépendante et immédiatement opérationnelle. Grâce au travail fait et à l’écoute attentive de tous les élus pour bâtir le pacte de confiance. »
Une campagne virtuelle de terrain
Les campagnes sénatoriales se suivent et ne se ressemblent pas. Cette fois, la pandémie a généré une communication plus virtuelle.
Si certains candidats ont fait quelques déplacements pour voir des élus, la plupart des rencontres se font à Paris avec de nombreux grands électeurs présents lors des vacances d’été mais aussi et surtout par téléphone et par Zoom.
Les têtes de listes font des webinaires et présentations en ligne. Yan Chantrel a par exemple récemment convié les grands électeurs à une réunion sur la pandémie.
Samantha Cazebonne a organisé le 13 septembre une réunion de campagne en présence de Jean-Michel Blanquer et Jean-Baptiste Lemoyne. Cette réunion a permis de présenter les candidats de sa liste en préambule.
Ségolène Royal a mis en place une boucle Telegram où elle partage soutiens de marque (Christiane Taubira) et vidéos d’élus de terrain. Elle envoie régulièrement des infolettres et a débuté un décompte depuis J-7 avec une lettre par jour. Elle a également pris part à plusieurs « rooms » sur Clubhouse où elle met en avant ses priorités en matière climatique.
Olivier Cadic a fait le choix de vidéos thématiques qu’il diffuse sur sa chaine Youtube. Il a récemment également pu compter sur le soutien appuyé de Robert del Picchia dans un article du petitjournal.com. Il diffuse des infolettres régulières.
Christophe Frassa mène une campagne dynamique autour du hashtag #Francaisapartentiere. Il envoie des infolettres à cadence régulière et a compté sur un soutien vidéo appuyé de Ronan Le Gleut. Il a récemment fait l’objet d’une longue interview dans le magazine marocain « les Inspirations éco ».
L’ASFE a fait une campagne en mode teasing et a récemment, par la voix de Sophie Briante Guillemont, envoyé un touffu guide de l’élu des Français de l’étranger.
Laure Pallez a commencé sa campagne il y a plusieurs mois et elle communique des infolettres régulières. Elle a récemment présenté sa liste complète avec l’arrivée de Marc Villard en seconde position.
Mélanie Vogel a récemment présenté sa liste et fait une vidéo partagée sur différentes plateformes. Sa liste a tenu une rencontre virtuelle avec l’Europe 13 septembre, l’Amérique du nord le 14 et l’Europe du sud le 15.
Notre analyse
Au-delà des programmes et ambitions des uns et des autres, ce scrutin est probablement un tournant dans la représentation des Français hors de France au Sénat. Jamais nous n’avons compté autant de colistiers mais surtout de têtes de listes qui ne sont pas de grands électeurs ou des sénateurs sortants.
Les résultats pourront probablement changer à jamais la composition des listes à venir et mettre en péril « l’ascenseur démocratique » qui a vu des élus de terrain devenir sénateurs.
Paris dénonce le « coup dans le dos » des Australiens qui se justifient en parlant d’un « changement de besoins » et commandent des sous-marins à propulsion nucléaire aux États-Unis. Décryptage.
La rupture par l’Australie du « contrat du siècle » avec la France pour la fourniture de 12 sous-marins Attack est un coup de tonnerre dans les relations internationales. Car en dénonçant l’accord industriel et militaire signé en 2019 avec Paris, Canberra a annoncé en parallèle la signature d’un pacte de sécurité avec les États-Unis et le Royaume-Uni comprenant la fourniture de sous-marins à propulsion cette fois nucléaire et non plus diesel-électrique. De son côté, la France dénonce un « coup dans le dos » des Australiens et le mépris de l’Administration Biden pour ses alliés.
This handout picture taken on July 5, 2020 and released by French shipbuilder Naval Group shows new French navy nuclear attack submarine Suffren, a Barracuda class, during tests in the Atlantic Sea. (Photo by Cindy MOTET / Naval Group / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE – MANDATORY CREDIT « AFP PHOTO/ CINDY MOTET/ NAVAL GROUP »
Un contrat du siècle mal ficelé ?
Ébauché en 2016, signé trois ans plus tard, le contrat entre l’État australien et Naval Group, le groupe industriel français détenu à 62 % par l’État français et à 35 % par Thalès, prévoyait la fourniture à Canberra de douze sous-marins de classe océanique de nouvelle génération à propulsion diesel-électrique. Estimé au départ à 32 milliards d’euros, le contrat avait été réévalué jusqu’à 56 milliards, une envolée des prix fortement critiquée en Australie et qui n’est sans doute pas étrangère à la dénonciation du contrat annoncée par le Premier ministre australien Scott Morrison le 15 septembre.
Cet accord industriel, qui couronnait le partenariat stratégique entre Paris et Canberra, prévoyait un gros transfert de technologie et la fabrication sur place de tous les sous-marins avec à la clé la création de 1800 emplois. Ce qui représentait pour l’Australie 60 % de la valeur du contrat. Pour Naval Group, cela donnait des années de travail en perspective à 300 salariés en France. La rupture va entraîner des compensations – la presse australienne évoque la somme de 250 millions d’euros – mais le choc est rude pour le groupe français dont 30 % du chiffre d’affaires est réalisé dans 18 pays étrangers.
Biden met sous pression l’Australie
Le revirement de l’Australie « n’est pas un changement d’avis mais de besoin », a tenté de justifier Scott Morrison, qui invoque des raisons de « sécurité nationale ». Trois paramètres peuvent expliquer le changement de l’équation australienne. Le premier, circonstanciel, est le retard pris dans l’exécution du contrat avec Naval Group, l’envolée des prix et les critiques internes. Le deuxième tient à l’aggravation des contentieux avec la Chine, qui conduit l’Australie à vouloir élever sa posture de défense. Et le troisième tient aux pressions américaines.
Car les États-Unis, chassés de Kaboul le 31 août, sont en train de resserrer toutes leurs alliances contre Pékin. Et l’annonce du pacte de sécurité « AUKUS » avec l’Australie et le Royaume-Uni, dont la France est la grande perdante, tombe à pic pour tenter de rassurer sur la détermination de Washington à défendre ses partenaires et ses intérêts dans la zone Indopacifique. Pékin ne s’y est pas trompé, dénonçant aussitôt la vente « irresponsable » de ces submersibles, et « une mentalité de guerre froide ». Le choix par Canberra de sous-marins américains, à propulsion nucléaire de surcroît alors que l’Australie cherchait justement une alternative, en dit long sur le poids des arguments de l’administration Biden sur son allié australien.
La France exprime son désaccord à l’Australie et aux États-Unis
« En bon français, cela s’appelle un coup dans le dos », a réagi le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian qui parle de « trahison de la confiance ». « C’est une très mauvaise nouvelle pour le respect de la parole donnée et une décision grave en matière de politique internationale », a renchéri Florence Parly, sa collègue de la Défense. Scott Morrison a tenté d’atténuer le choc infligé au partenaire français : parlant de « décision difficile et décevante pour la France », le Premier ministre affirme que celle-ci reste « un partenaire très important ». Pas sûr que cela console beaucoup Paris.
Mais c’est surtout vers Washington que la colère française se tourne : « cette décision unilatérale, brutale, imprévisible, ressemble à ce que faisait Monsieur Trump », a froidement lâché Jean-Yves Le Drian : « cela ne se fait pas entre alliés, c’est assez insupportable ». Florence Parly a enfoncé le clou : « nous sommes lucides sur la manière dont les États-Unis considèrent leurs alliés ». En attendant, Paris réaffirme être « un partenaire fiable » dans une région où elle compte deux millions de ressortissants et 7 000 militaires. Commentaire des ministres français : « la décision regrettable qui a été annoncée ne fait que renforcer la nécessité de porter haut et fort la question de l’autonomie stratégique européenne, y compris en Indopacifique ».
L’économie française est de moins en moins sensible aux évolutions de l’épidémie. La quatrième vague n’a pas eu d’effets significatifs sur l’activité, cette dernière n’ayant pas donné lieu, il faut le souligner, à l’adoption de confinements (à l’exception de plusieurs régions d’outre-mer). Les économistes de l’INSEE estiment au vu des résultats de cet été que la croissance pourrait dépasser 6% en 2021 (6,25% après -8% en 2020).
La France pourrait ainsi avoir retrouvé le niveau d’activité d’avant crise d’ici la fin de l’année. Les économistes de l’INSEE espèrent une accélération de l’activité dans les prochains mois surtout si les problèmes d’approvisionnement s’estompent. Plusieurs incertitudes pourraient néanmoins corriger à la baisse les prévisions. Le ralentissement de l’activité en Chine avec l’amplification de la quatrième vague ainsi que les menaces inflationnistes pourraient peser sur la conjoncture du dernier trimestre. En juillet et en août, l’activité économique se situait entre -1 et -0,5% par rapport au quatrième trimestre 2019, contre environ -30% en avril 2020 (première vague), -7% en novembre 2021 (deuxième vague), et -6% en avril 2021(troisième vague). En juillet, la consommation des ménages a néanmoins légèrement diminué (-2% sous son niveau d’avant-crise, après -1% en juin). Si les achats de biens ont fléchi, ceux de services avec la réouverture des lieux de loisirs ont continué de progresser.
En août, l’introduction du passe sanitaire aurait eu peu de conséquences sur l’activité. Selon les premières données recueillies par l’INSEE, la consommation dans l’hébergement-restauration serait supérieure au troisième trimestre 2021 à son niveau de l’été 2020, tout en restant inférieure à son niveau d’avant-crise.
La peur de l’inflation est-elle exagérée ?
Avec la sortie des confinements et les plans de relance, des tensions sur les approvisionnements et une remontée concomitante des cours des matières premières sont constatées à l’échelle mondiale. Elles sont également alimentées par la désorganisation des circuits de production du fait des différentes vagues de l’épidémie. Certaines de ces tensions se stabiliseraient, selon l’INSEE. Par ailleurs, les hausses font suite à des baisses importantes intervenues en 2020.
En juillet 2021, les prix de production de l’industrie française, tout comme les prix agricoles à la production, ont ainsi augmenté malgré tout de 8% sur un an. Parmi les services, les prix de production du transport maritime et côtier de fret connaissent de fortes hausses soutenues par la demande. Dans la construction, le coût du béton, du ciment, des plaques en plâtres est également en très vive augmentation. Sur le bois, après une augmentation provoquée par une pénurie mondiale, une détente est enregistrée depuis le mois d’août. Du côté de la production, la part d’entreprises qui se déclarent limitées par les difficultés d’approvisionnement a marqué, en juillet, un point haut par rapport aux années précédentes dans nombre de branches, selon les enquêtes de conjoncture. La production automobile a par exemple nettement rechuté au premier semestre sous l’effet de la pénurie mondiale de composants électroniques.
Les hausses de prix sont beaucoup plus importantes aux États-Unis qu’en Europe et en France en particulier. L’INSEE estime que l’inflation devrait très légèrement repasser au-dessus de la barre des 2% en glissement annuel d’ici la fin de l’année.
Insuffisance de personnel
Au niveau du recrutement, les tensions progressent. Interrogées en juillet dans les enquêtes de conjoncture, environ 15% des entreprises de l’industrie et des services et 40 % de celles du bâtiment se déclaraient limitées dans leur production par l’insuffisance de personnel.
Pour le second semestre 2021, l’INSEE considère que l’activité continuerait à progresser mais de façon plus modérée, après le haut niveau atteint en juin. Pendant la période estivale, et pour la première fois depuis le mois d’octobre 2020, l’économie, sauf en outremer, ne subissait pas de contraintes. Les climats des affaires se situent par ailleurs depuis le mois de mai très au-dessus de leur moyenne de long terme (100) et ce dans l’ensemble des principaux secteurs, traduisant notamment la levée des restrictions les plus pénalisantes. Ils tendent néanmoins à se tasser dans les services. Depuis le mois de janvier, un nombre croissant de dirigeants d’entreprise soulignent la progression des obstacles à la production, notamment en ce qui concerne l’approvisionnement et la main-d’œuvre. L’industrie et le bâtiment sont les plus exposés à ces goulets d’étranglement. 15% des entreprises ont signalé des problèmes de recrutement, ce taux est de 40% dans le bâtiment, part d’entreprises confrontées à des problème d’insuffisance de personnel en % des entreprises.
Une production en progrès
L’INSEE considère que les difficultés d’offre rencontrées par les entreprises tendraient à se réduire d’ici la fin de l’année. L’activité économique retrouverait en fin d’année son niveau d’avant la crise, malgré la persistance de contrastes sectoriels. Le PIB se situerait respectivement à -0,6% et -0,1% en écart à l’avant-crise au troisième puis au quatrième trimestre 2021. Au niveau sectoriel, l’industrie serait à -2% par rapport au niveau d’avant-crise au troisième trimestre puis -1% au quatrième. Elle serait portée par l’agroalimentaire, qui progresserait lentement par rapport au niveau haut de juin, les « autres branches industrielles » (chimie, textile, métallurgie…) et les biens d’équipements, lesquels reviendraient au niveau d’avant-crise. Les pénuries dans l’automobile continueraient de peser sur l’activité de la branche des matériels de transport, occasionnant la fermeture ponctuelle de certaines chaînes de production. L’activité dans la construction poursuivrait sa hausse et se situerait à -2% au quatrième trimestre, par rapport au niveau d’avant-crise.
Dans les services principalement marchands, le fort rebond dans les branches affectées auparavant par les restrictions conduirait d’ici la fin de l’année à des niveaux d’activité inédits depuis le début de la crise. Le commerce reviendrait à son niveau d’avant-crise et dans l’hébergement-restauration, les services de loisirs et les services de transport, l’activité continuerait à progresser sans toutefois rejoindre ce niveau ; certains facteurs pesant de façon structurelle sur la demande (le recours plus fréquent au télétravail, la reprise inégale du tourisme international et des voyages d’affaires…).
Plusieurs branches ont dépassé leur niveau d’avant-crise, les branches de l’ l’information-communication, les services aux entreprises, en particulier. Les services, principalement marchands, se situeraient à 1% sous le niveau d’avant-crise au troisième trimestre, revenant ensuite quasiment à ce niveau au quatrième trimestre. Dans les services principalement non marchands, l’activité rejoindrait également une trajectoire de hausse plus tendancielle. Consommation des ménages, un retour presque à la normale. Après s’être fortement dégradée en avril du fait du troisième confinement, la consommation des ménages s’est redressée en mai et en juin avec la levée progressive des restrictions sanitaires. Elle s’est ainsi située en juin à un niveau proche de celui d’avant-crise (-1 % par rapport au quatrième trimestre 2019, après -4% en mai et -12% en avril), soit une progression de +1,0% au deuxième trimestre, après une stagnation au précédent. En juillet, la consommation a baissé. Elle est ainsi revenue à -2% de son niveau d’avant-crise. Elle a été entravée par la faiblesse des achats des véhicules. En août, la consommation aurait légèrement progressé, atteignant -1 ½ par rapport à son niveau d’avant-crise. La mise en place du passe sanitaire n’aurait que modérément affecté les dépenses des ménages dans les secteurs concernés, notamment la restauration.
L’INSEE estime que la consommation devrait progresser à l’automne avec l’amélioration de la couverture vaccinale. Elle serait inférieure à 1% de son niveau d’avant-crise en septembre. À la fin de l’année, l’écart serait comblé. en 2021. Après la hausse de 1,0% au deuxième trimestre, la consommation des ménages augmenterait de 4,6% au troisième trimestre puis de 1,6% au quatrième. Ainsi, après sa chute historique de 7,2% en 2020, elle rebondirait de 4,5% en 2021. La croissance française accélère sur fond de dépenses publiques très élevées, le déficit devant avoisiner 9% du PIB en 2021. La gestion de la décrue du soutien public sera la question clef des années 2022 et 2023. Pour l’année prochaine, année complexe avec la Présidence de l’Union européenne et un round électoral de premier ordre, la France pourra compter sur les crédits du plan de relance européen. L’assainissement des comptes publics deviendra un sujet sensible certainement à l’automne 2022 quand la Banque Centrale Européenne ralentira sa politique de rachats d’obligations.
La proposition d’étendre le mandat du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a été adoptée au Parlement européen ce mercredi (15 septembre) par une large majorité de députés européens.
À la suite des débats organisés en session plénière au Parlement européen lundi (13 septembre), les eurodéputés se sont prononcés majoritairement (598 pour, 84 contre et 13 abstentions) en faveur de l’extension du mandat de l’ECDC, une agence européenne établie en 2005, dont la mission est d’aider l’UE à lutter contre les maladies infectieuses.
« Nos propositions visent à renforcer la coopération et l’échange d’informations, d’expertise et de bonnes pratiques entre les États membres et la Commission, le comité de sécurité sanitaire et l’ECDC lui-même. Il s’agit d’améliorer la préparation et la coordination des interventions pour gérer les défis en matière de santé », a déclaré la rapporteure Joanna Kopcińska (CRE, PL).
Préparation et réaction
Deux propositions phares sont à retenir. Tout d’abord, les eurodéputés souhaitent que les pays membres de l’UE élaborent des plans nationaux de préparation et de réaction et fournissent en temps utile des données comparables et de haute qualité.
« Nous avons convenu d’intensifier l’analyse et la modélisation afin d’aider les États membres à contrôler les foyers de maladie en recueillant et en traitant davantage de données épidémiologiques, tout en préservant les compétences nationales essentielles en matière de protection de la santé », a expliqué Mme Kopcińska.
Ensuite, les députés européens espèrent garantir l’extension du mandat de l’ECDC aux principales maladies non transmissibles, telles que les maladies cardiovasculaires et respiratoires, le cancer, le diabète et les maladies mentales. Pour l’heure, l’ECDC couvre uniquement les maladies transmissibles.
À ce propos, la commissaire européenne Stella Kyriakides a émis des doutes : « Nous pensons que certains des amendements doivent être ou devraient être reconsidérés, notamment en ce qui concerne l’extension du mandat du ECDC aux maladies non transmissibles, parce que les ressources de l’agence seraient considérablement sollicitées, ce qui affaiblirait son action au lieu de la renforcer », a-t-elle déclaré lors des débats lundi.
Renforcer l’Union européenne de la santé
Le 23 juillet dernier, le Conseil de l’UE avait obtenu un mandat après un accord sur des propositions permettant de renforcer le rôle de l’ECDC et permettant de modifier une législation européenne sur les menaces transfrontalières pour la santé.
« L’accord d’aujourd’hui est une nouvelle étape importante pour renforcer le système de sécurité sanitaire de l’UE », avait déclaré ce jour-là Janez Poklukar, ministre slovène de la Santé.
Parmi les propositions adoptées par le Conseil, quelques modifications sont à noter, à commencer par une meilleure coordination des recommandations et des actions avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Deuxième modification importante : les États membres ont renforcé les dispositions relatives à la protection des données. « Les données personnelles ne seront pas traitées ni communiquées, sauf dans les cas où cela est strictement nécessaire à l’accomplissement de la mission de l’ECDC », précise le Conseil dans un communiqué.
Les propositions du Conseil et le vote des députés font partie d’un paquet plus large sur l’Union européenne de la santé. La Commission européenne a proposé le 11 novembre 2020 un nouveau cadre de sécurité sanitaire, fondé sur les enseignements tirés de la crise sanitaire de Covid-19.
Bruxelles a également annoncé la création d’HERA, une nouvelle agence sanitaire qui devrait entrer en fonction début 2022.
Les députés européens ont par ailleurs également adopté la proposition législative visant à renforcer la prévention des crises, la préparation et la réaction de l’UE face aux futures menaces transfrontalières graves pour la santé par 594 voix pour, 85 contre et 16 abstentions.
« Je suis très heureuse que les amendements du Parlement préservent le cadre de sécurité sanitaire de la Commission qui a été envisagé », a conclu Stella Kyriakides, à la fin de la session plénière.
Prochaine étape : les trilogues qui devraient débuter le 27 septembre prochain.
Padrão dos Descobrimentos, le « Monument des découvertes » érigé à Lisbonne sous le régime autoritaire de Salazar, à la gloire des grands navigateurs portugais, a été tagué le 11 août… par une Française ! On revient sur ces faits alors que la justice portugaise a demandé sa mise en détention.
Une étudiante en arts
L’œuvre aurait en effet «été vandalisée par une Parisienne qui ne se trouve déjà plus au Portugal». L’étudiante aurait été identifiée par les forces de l’ordre, après avoir publié, cet été, dans la foulée de son fait d’armes, sur les réseaux sociaux une vidéo de son graffiti, accompagné du message : «It’s a wrap, bye Lisboa» («C’est dans la boite, au revoir Lisbonne»).
La jeune femme a tagué sur le monument, en anglais, «Blindly sailing for monney (sic), humanity is drowning in a scarllet (sic) sea». Ce qui peut se traduire par «Partie naviguer aveuglément pour de l’argent, l’humanité sombre dans une mer écarlate». Bâti en 1960 sous le règne de Salazar, l’imposant ouvrage de 52 mètres de haut représente d’importants navigateurs et personnages historiques ayant permis l’expansion portugaise à partir du XVe siècle.
Les Portugais outrés
Le Portugal a connu de vives réactions suite à cet acte. Le président du parti conservateur CDS-PP, Francisco Rodrigues, n’a pas hésité à le qualifier de «véritable terrorisme culturel». «C’est une attaque contre toute notre histoire», a estimé de son côté le parti nationaliste Chega. Avec cette polémique, des voix se sont élevées pour réclamer l’installation de caméras de surveillance autour des monuments, a rapporté Le Point.
Cette semaine lors de l’audience, le procureur portugais a demandé une amende conséquente et plusieurs mois de prison ferme. Verdict en décembre !