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  • La French tech vise désormais le CAC 40

    La French tech vise désormais le CAC 40

    Les acteurs français et européens de la tech se sont rassemblés mercredi 22 septembre à Paris pour le France Digitale Day. L’occasion de revenir sur les très bonnes performances des start-ups françaises du numérique et de discuter des prochaines étapes.

    Tout le monde avait le sourire lors de cette 10ème édition du France Digitale Day, organisée par l’association France Digitale, qui représente plus de 1 800 entrepreneurs et investisseurs du numérique français.

    1 milliard d’euros en 48h

    Et pour cause, les start-ups françaises Sorare, qui a développé un jeu d’échange de cartes numériques basé sur la blockchain, et Mirakl, spécialiste français des places de marché en ligne, avaient annoncé la veille avoir bouclé des levées de fonds de 555 millions de dollars — un record pour la tech française — et de 473 millions de dollars respectivement.

    « En 48 heures, on a fait autant » en levées de fonds « que dans toute l’année 2015 »

    Le secrétaire d’État au numérique, Cédric O

    Le gouvernement avait par le passé indiqué son ambition d’avoir 25 « licornes » — startups non cotées, valorisées à au moins un milliard d’euros — françaises d’ici à 2025. « On en est à 18 ou 19 », a indiqué M. O, avant d’ajouter immédiatement : « Ce n’est plus le sujet ». « On peut se fixer comme objectif que, d’ici 2025, on voit la première entreprise issue de la French tech entrer dans le CAC 40 ».

    L’initiative Tibi

    Pour maintenir la forte croissance des acteurs français du numérique, le secrétaire d’État a identifié deux priorités. D’abord, celle des investissements. Il veut pour cela travailler à faire émerger davantage de grands fonds de capital-risque en Europe, qui viennent abonder les start-ups en financement très tôt dans leur développement.

    Il appelle également à renforcer l’initiative « Tibi » qui a permis de réunir plus de 18 milliards d’euros dans un ensemble de fonds pour accompagner les start-ups françaises du numérique dans leur développement, et surtout pour éviter qu’elles aient à chercher des financements hors de l’Europe.

    La deuxième priorité, c’est celle des talents : les attirer, mais aussi les faire rester. « Ça veut dire quoi attirer des talents ? C’est les former, parce qu’on n’en a pas suffisamment en France » mais aussi garder en tête, si on veut qu’ils restent, « qu’il y a une concurrence mondiale », a expliqué Maya Noël, directrice déléguée de France Digitale, à EURACTIV.

    « Ce qui se passe en ce moment, c’est qu’il y a énormément d’offres d’emplois disponibles », a détaillé à EURACTIV Alice Baleton, cheffe du marketing chez CleverConnect, une start-up spécialisée dans le recrutement des talents.

    Selon elle, il y a plusieurs raisons à cela : d’abord, « la reprise » et les besoins supplémentaires pour une filière qui se porte plutôt bien, mais aussi un « turnover énorme, lié à un effet de retard sur les gens qui auraient dû bouger avant mais qui ne l’ont pas fait par sécurité pendant le confinement et surtout ceux qui, pris d’un grand questionnement, décident de changer de vie professionnelle et partir vers de nouveaux horizons », ce qui conduit à une situation où il y a à la fois « beaucoup d’offres et beaucoup de départs ».

    Pour pallier cela, la tech française compte bien jouer la carte des « valeurs » — qui était d’ailleurs le thème de cette édition du France Digitale Day. Les valeurs éthiques, mais aussi l’engagement environnemental des start-ups.

    « L’Europe est l’écosystème où se pose le plus la question du sens de ce qu’on fait », a souligné M. O, précisant que « ni les Chinois ni les Américains ne peuvent intégrer ça au centre » et qu’il s’agit d’« un avantage concurrentiel très important » pour attirer des talents.

    « Il y a vraiment un changement de mentalité. On ne parle plus de ressources humaines, mais de personnes qui ont un besoin de carrière et de donner du sens » à ce qu’ils font, a abondé Mme Noël. Et d’ajouter : « Quand on regarde l’actualité, on parle beaucoup des montants de lever mais il faut aller encore plus loin ».

  • Maroc : formation d’une coalition de gouvernement

    Maroc : formation d’une coalition de gouvernement

    Objectif visé, selon le chef du gouvernement : répondre à la volonté populaire, les trois formations politiques ayant obtenu une large majorité. Les détails avec la correspondante de TV5MONDE, Maud Ninauve.

    Reportage de TV5MONDE

  • Loi de Finances 2022 : Sus à la CSG !

    Loi de Finances 2022 : Sus à la CSG !

    C’est le serpent de mer de la fiscalité des Français de l’étranger ! Un long parcours qui a commencé au début de la décennie précédente et qui s’est conclu en 2019 ! En effet depuis la période d’imposition pour l’année 2018, l’Etat Français et son administration fiscale ont été contraints par les tribunaux que la CSG n’était pas redevable pour les non-résidents sur leurs revenus français. L’affaire aurait pu s’arrêter là ! Mais c’était sans compter sur l’ingéniosité du Fisc.

    La CSG finance la sécurité sociale

    Tout d’abord, il faut savoir que la Contribution Sociale Généralisée avait été mise en place en 1990 de façon provisoire. Son objectif était de rembourser la dette détenue par la branche maladie et celle vieillesse de la sécurité sociale. Finalement, la contribution a été maintenue et elle finance directement la protection sociale des résidents en France. Celle-ci touche tous les revenus, ceux du travail, mais aussi ceux issus de gains financiers en bourse ou autre, sur les revenus immobiliers.. En élargissant ainsi l’assiette, le financement est plus pérenne. Cela a permis aussi au gouvernement d’Edouard Phillipe de faire disparaitre les prélèvements obligatoires sur les salaires pour ces deux branches.

    Une décision de la Cour européenne

    On l’a compris, cet « impôt » a pour objet de financer la sécurité sociale des résidents en France. C’est sur cette base que les non-résidents ont pu construire en action en justice qui a abouti à un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) en 2015. Ce dernier met fin à la contribution sociale généralisée (CSG) sur les retraites, revenus locatifs et plus-values immobilière sur les revenus français pour ceux qui résident dans l’EEE (Espace économique européen + Suisse).

    La Cour fonde sa décision sur le fait que ces expatriés au sein de l’UE sont obligatoirement affiliés à la protection sociale de leur pays de résidence et non par la France même si leur revenu sont issus de France. Le problème c’est que cette décision crée deux catégories d’expatriés, ceux résidents hors Union Européenne et ceux résidents au sein le l’EEE.

    Inégalité face à la loi des expatriés

    Concrètement, cela implique que si vous allez passé votre retraite (issue du secteur privé) au Maroc, vos revenus seront soumis à la CSG, si vous allez en Espagne, vous en serez exonéré. Pour nombre de nos compatriotes et pour la plupart des associations c’est une inégalité flagrante devant la loi ! Notre constitution impose le même traitement à chaque Français à situation identique. A ce jour, la notion juridique de « non-résident » ne prend pas en compte le pays de destination, un Français devient non-résident à partir du moment qu’il n’habite plus sur le territoire national.

    Interprétation contestée

    Il a fallu près de 4 ans à l’administration fiscale pour intégrer la décision de justice européenne. Aujourd’hui, l’administration ne compte plus faire évoluer l’encadrement fiscal des expatriés. La douloureuse épreuve de la réforme des barèmes qui fut avortée après avoir été votée puis annulée sans avoir été appliqué une seule année, le sujet n’est plus sur la table.

    Mais les expatriés hors UE qui soient donc affiliés à un organisme privé, soit à la CFE soit la sécurité sociale de leur pays de résidence, ne baissent pas les armes. Alors que le Projet de Loi de Finances 2022 a été présenté ce mercredi 22 septembre, annonçant une période de diète pour les Français établis hors de France et leur administration (voir l’article du 23 septembre), l’Association Français du Monde de Toronto annonce un projet d’étude qui serait réalisée par une équipe de juristes spécialisés. Ils espèrent pouvoir influer sur la rédaction de la loi de Finances 2022 qui doit être votée au cours de l’automne.

    Le problème ? C’est le coût ! 6000 euros ! L’Association a donc lancé une cagnotte ouverte à tous les expatriés et leurs amis. La période est propice aux actions de lobbying. Si vous désirez soutenir cette démarche, vous pouvez participez, même pour un euro, à ce projet en cliquant ICI. Ségolène Royal, candidate aux élections sénatoriales du dimanche 26 septembre 2021 avec Mehdi Benlahcen, Vice-Président du réseau des associations Français du Monde, s’étonne que le travail n’est pas été fait par les cadres de Bercy et s’engage à faire réaliser l’étude précis aux hommes du Ministère du Budget.

  • Des expatriés au Brésil dénoncent un réseau pédophile de célébrités françaises !

    Des expatriés au Brésil dénoncent un réseau pédophile de célébrités françaises !

    Quelques mois après la plainte de cinq hommes à l’encontre de Gérard Louvin et de son mari pour «viols sur mineurs», une enquête a été ouverte par le parquet de Paris. Ces derniers jours, des révélations effectuées par un couple de Français expatriés au Brésil mettent en cause d’autres célébrités dont Julien Courbet.

    Parties sexuelles payantes

    En effet, ne nouvelle enquête pour «viols sur mineurs» a été ouverte début août contre le producteur de télévision Gérard Louvin et son mari Daniel Moyne, déjà visés par une enquête depuis fin janvier, a indiqué ce samedi 18 septembre le parquet de Paris, confirmant une information du «Parisien».

    Selon le quotidien, les investigations ont été lancées après qu’un témoignage accusant le couple de tourisme sexuel au Brésil en 2004 a été transmis au printemps à la justice française. Contactés par l’AFP, les avocats de M. Louvin et de M. Moyne ont contesté les faits.

    Me Céline Bekerman, qui défend M. Moyne, a qualifié d’«abracadabrante» l’ouverture de l’enquête. «Il ne s’agit plus de justice mais d’un acharnement qu’aucun élément ne justifie», a-t-elle estimé. L’avocat de M. Louvin, Me Christophe Ayela, a pour sa part annoncé qu’il déposerait dès ce lundi une plainte pour dénonciation calomnieuse contre ce couple, ainsi qu’une autre contre «Le Parisien».

    «Au printemps, un couple ayant résidé à Rio de Janeiro entre 1999 et 2009 a communiqué à la justice une attestation dans laquelle il affirme avoir eu connaissance de l’organisation par les deux hommes de «parties sexuelles payantes» avec des mineurs des favelas»

    Extrait de l’article dans le Parisien

    «Les deux témoins font essentiellement référence à une soirée qui aurait été organisée lors du réveillon de fin 2004. Une «partie sexuelle payante» à laquelle ils n’ont pas assisté, mais qui, selon leurs dires, leur aurait été rapportée par l’animateur vedette Julien Courbet et son épouse», poursuit-il.

    Julien Courbet réfute l’information

    «C’est complètement faux, M. Courbet n’a jamais été témoin de quoi que ce soit», a déclaré à l’AFP l’avocate de l’animateur, Me Sylvie Noachovitch. Si ça avait été le cas, «il l’aurait immédiatement dénoncé au procureur de Paris», a-t-elle assuré, indiquant qu’elle déposerait une plainte pour «diffamation» contre le couple.

    Des réseaux déjà sur la sellette

    Les soupçons visant le couple Louvin-Moyne ne datent pas d’hier. Au milieu des années 90, Gérard Louvin aurait quitté la présidence de l’association Enfants d’Asie après deux ans à sa tête à la demande de membres du conseil d’administration. La raison : des «rumeurs» de pédophilie.

    Vingt enquêtes sur des pédophiles français présumés sévissant à l’étranger ont été ouvertes, en 2018, 19 en 2019 C’est quasiment deux fois plus que les années précédentes. Un message fort envoyé aux Français qui pensent être à l’abris de toute poursuite en agissant à l’étranger.

  • Covid-19 : qui bloque le vaccin « équitable »?

    Covid-19 : qui bloque le vaccin « équitable »?

    D’après un rapport publié mercredi 22 septembre par Amnesty International, moins de 1 % de la population est entièrement vaccinée dans les pays à faible revenu, contre 55 % dans les pays riches. L’ONG accuse les laboratoires pharmaceutiques d’entraver l’accès au vaccin. 

    AstraZeneca, BioNTech, Johnson & Johnson, Moderna, Pfizer… Plusieurs laboratoires pharmaceutiques se sont lancés avec succès dans la course au vaccin contre la Covid-19. Des laboratoires qui, selon Amnesty International, auraient pu être érigés en « héros », à la suite de leur rapidité à fournir des vaccins efficaces pour lutter contre la pandémie mondiale. 

    Mais, dans ce rapport intitulé « Une double dose d’inégalité. Les laboratoires pharmaceutiques et la crise des vaccins contre le Covid-19 », l’ONG fustige ces grandes industries pharmaceutiques.

    Entre le refus de renoncer à leurs droits de propriété intellectuelle et l’absence de livraison de vaccins aux pays en voie de développement, les laboratoires pharmaceutiques délivrant le vaccin contre la Covid-19 engendrent « une crise des droits humains sans précédent », alerte Amnesty International dans son rapport. 

    « Honteusement pour eux et malheureusement pour nous, le blocage intentionnel des transferts de technologie par Big Pharma et ses manœuvres commerciales à l’avantage des pays riches ont créé une pénurie de vaccins hautement prévisible et extrêmement dévastatrice pour tant d’autres personnes », déclare Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

    0,2 % de la population vaccinée au Tchad

    Dans de nombreux pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, les hôpitaux et le personnel soignant manquent cruellement de moyens et peinent à se fournir en vaccins. L’arrivée de nouveaux variants comme le variant Delta affaiblissent encore plus un le système de santé publique qui menace déjà de s’effondrer. « Dans beaucoup de pays à faible revenu, même les soignants et les personnes à risque ne sont pas vaccinés. », déplore Mme Callamard.

    À titre d’exemple, en Bolivie, 26,4 % de la population sont complètement vaccinés. Au Venezuela, ils sont seulement 15 %. Sur le continent africain, la situation est encore plus catastrophique : au Niger, à peine 0,4 % de la population a un schéma vaccinal complet, au Tchad, ce chiffre est de 0,2 %. Seul le Maroc tire son épingle du jeu avec 17,4 millions de personnes vaccinées, soit 47,8 % de l’ensemble de la population. 

    En comparaison, la France a vacciné 64,2 % de sa population, l’Espagne 76 % et le Portugal 81 %. 

    Mi-avril, Tedros Adhanom Ghebreyesus, patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) révélait que si une personne sur quatre est vaccinée dans certains pays riches, dans certains pays pauvres ce chiffre est d’une personne sur cinq cents.

    « C’est inacceptable », avait alors déclaré Emmanuel Macron, avant d’ajouter : « Le temps est venu de partager ». 

    BioNTech, Moderna et Pfizer : 130 milliards de recettes fin 2022 

    Amnesty International reproche aux laboratoires pharmaceutiques l’absence de solidarité au profit de leurs bénéfices, et cite plusieurs exemples, à l’image du laboratoire Moderna qui n’a pas encore livré de doses de vaccin à un pays à faible revenu, et a alloué seulement 12 % de sa production à des pays à revenu intermédiaire. Moderna « n’honorera pas la grande majorité de ses commandes destinées à COVAX avant 2022 », tacle le rapport. 

    Quant à AstraZeneca, si le laboratoire est celui qui a livré le plus de doses de vaccin à des pays à faible revenu, Amnesty International note qu’ « il a refusé de partager ouvertement son savoir-faire et sa technologie avec les initiatives mises en place par l’Organisation mondiale de la santé ». 

    L’association est d’autant plus révoltée que les bénéfices engrangés par ces géants de l’industrie pharmaceutique se comptent en centaines de milliards de dollars américains. Les données du rapport révèlent que les entreprises BioNTech, Moderna et Pfizer s’apprêtent à engranger à elles trois 130 milliards de recettes d’ici à la fin 2022. 

    « Le profit ne devrait jamais passer avant les vies humaines », assène Agnès Callamard. 

    L’Europe et Covax

    Le mécanisme Covax, dirigé par l’OMS, est censé assurer une répartition équitable des doses de vaccin aux pays à faibles revenus. L’Europe, l’un des principaux contributeurs, a annoncé en février dernier doubler sa contribution au dispositif, la portant ainsi à 1 milliard d’euros. 

    FILE PHOTO: Boxes of Oxford/AstraZeneca coronavirus disease (COVID-19) vaccines, redeployed from the Democratic Republic of Congo, arrive at a cold storage facility in Accra, Ghana, May 7, 2021. REUTERS/Francis Kokoroko/File Photo

    « Par ce nouveau coup de fouet financier, nous souhaitons nous assurer que des vaccins seront bientôt livrés aux pays à revenu faible ou intermédiaire. Car nous ne serons en sécurité que si le monde entier l’est », avait déclaré Ursula von der Leyen. 

    Si de nombreux eurodéputés ont félicité l’engagement financier de l’UE pour venir en aide aux pays les plus pauvres, ils ont cependant souligné des retards dans la livraison des vaccins. 

    « Covax est un échec total. On devait fournir 660 millions de doses et il n’y a même pas 100 millions de doses qui ont atterri dans les pays en voie de développement  », a déclaré Michèle Rivasi, membre des Verts/ALE, lors d’une conférence de presse sur l’Union européenne de la santé le 10 septembre dernier. 

    Mais pour l’heure, les 27 gardent le cap et maintiennent leur objectif : faire don, d’ici fin 2021, de 1,3 milliard de doses à 92 pays en voie de développement, ce qui représenterait un taux de 20 % de personnes vaccinées dans chacun de ces pays.  

    Amnesty International, de son côté, appelle à livrer à partir de maintenant et d’ici la fin de l’année, « deux milliards de doses de vaccin aux pays à revenu faible ou à revenu intermédiaire inférieur »

  • Canada : Diriger avec un gouvernement minoritaire

    Canada : Diriger avec un gouvernement minoritaire

    Ententes à la pièce, entente de confiance avec un deuxième parti, voire même nouvelles élections anticipées… Comment Justin Trudeau, déjà réélu en 2019, peut-il diriger avec un gouvernement minoritaire ? Explications avec Hugo Cyr, politologue à l’Unversité du Québec à Montréal.

    Regarder le reportage de TV5MONDE

  • Quels défis pour l’économie française après 2022 ?

    Quels défis pour l’économie française après 2022 ?

    Les  campagnes  électorales  ne  sont  pas  des  périodes  propices  aux  réformes économiques.  La  crise  sanitaire  qui  n’est  pas  encore  achevée  rend  plus  encore  difficile leur  adoption  et  leur  déploiement.  Les  sujets  difficiles  à  traiter  sont  donc  renvoyés  à l’après-juin  2022  quand  les  Français  auront  choisi  leur  Président  (10  et  24  avril)  et  élu leurs  députés  (12  et  19  juin).  Compte  tenu  de  la  fragmentation  de  l’électorat,  il  n’est  pas impossible  que  le  Président  de  la  République  soit  contraint  de  constituer  une  majorité  de coalition,  ce  qui  retardera  d’autant  l’élaboration  des  projets  de  réformes. 

    La  future majorité,  quelle  qu’elle  soit,  aura  en  effet  à  relever  plusieurs  défis  économiques  et  sociaux dont  l’assainissement  des  comptes  publics,  la  crise  du  logement,  les  problèmes  de recrutement  des  entreprises,  la  mutation  de  l’économie  occasionnée  par  la  digitalisation et  la  transition  énergétique.

    L’assainissement complexe des comptes publics

    Le  déficit  public  de  la  France  s’est  élevé  en  2020  à  9,2  %  du  PIB,  soit  deux  fois  celui  de l’Allemagne.  En  2021,  il  devrait,  une  nouvelle  fois,  dépasser  9%.  La  dette  publique  est passée  de  2019  à  2020  de  98  à  116%  du  PIB.  Malgré  le  retour  de  la  croissance  et l’amélioration  de  la  situation  de  l’emploi,  le  déficit  structurel  français  devrait  rester,  sans réforme,  à  un  niveau  élevé,  autour  de  6%  du  PIB. 

    Avec  la  réduction  des  rachats d’obligations  par  la  Banque  Centrale  Européenne,  les  pouvoirs  publics devront  faire  appel plus  massivement  à  l’épargne  nationale  ou  extérieure  au  risque  de  générer  des  effets d’éviction.  En  2021,  25%  de  la  dette  publique  française  a  été  acquise  par  la  BCE.  La hausse  probable  des  taux  pèsera  sur  le  budget  de  l’État. 

    L’endettement  de  la  France  se cumulant  avec  un  déficit  de  la  balance  des  paiements  courants,  la  France  sera  de  plus en  plus  sous  la  pression  de  la  Commission  européenne  et  des  États  d’Europe  du  Nord. La  réduction  des  déficits  publics  sera  un  exercice  compliqué  en  France  en  raison  de  la forte  appétence  de  la  population  à  la  dépense  publique. 

    Depuis  2002,  les  dépenses publiques  dans  notre  pays  ont  augmenté  de  40  %.  Par  ailleurs,  plusieurs  postes  sont amenés  à  progresser  durant  les  prochaines  années  dont  ceux  liés  à  la  santé,  la  retraite, la  dépendance,  la  formation,  la  sécurité  intérieure  et  la  défense,  auxquels  vient  s’ajouter la  transition  énergétique. 

    Lors  des  crises  précédentes,  les  gouvernements  ont  privilégié l’arme  fiscale  aux  économies  budgétaires  au  point  que  le  niveau  de  prélèvements obligatoires  français  est  le  plus  élevé  des  pays  de  l’OCDE. 

    Pour  rassurer  ses  partenaires, le  Président  de  la  République  répète  que  la  réflexion  sur  la  réforme  des  retraites  engagée en  2019  sera  poursuivie  tout  en  indiquant  que  celle-ci  ne  pourra  pas  intervenir  avant  la présidentielle.  Les  dépenses  de  retraites  en  France  sont,  avec  celles  de  l’Italie,  les  plus élevées  de  l’OCDE.  Elles  atteignent  14%  du  PIB,  contre  une  moyenne  de  8%.  Ce  haut niveau  de  dépenses est  lié  au  choix  d’un  système  qui  repose  sur  des  régimes  obligatoires (régimes  de  base  et  complémentaires). 

    La  France  dépense  plus  que  ses  partenaires  sur la  majorité  des  postes,  en  particulier  la  santé,  le  logement  et  les  aides  aux  entreprises.

    Le déficit extérieur, le prix de la désindustrialisation

    Depuis  2003,  la  France  accumule  des  déficits  commerciaux  en  lien  avec  la désindustrialisation  qu’elle  subit  depuis  les  années  1990.  Depuis  le  début  de  la  crise sanitaire,  le  déficit  industriel  s’est  accru  avec  le  recul  des  ventes  d’aéronefs  et  de véhicules.  En  moins  de  vingt  ans,  le  poids  de  la  France  dans  les  exportations  mondiales a  été  divisé  par  deux.  Il  est  passé  de  6  à  moins  de  3%  quand  l’Allemagne  passait  sur  la même période  de  10  à  8%.  Le  déficit  n’étant  plus  totalement  compensé  par  les  recettes issues  du  tourisme  et  des  services.  La  France  est  confrontée  à  un  déficit  extérieur  qui commence  à  être  notable. 

    Xavier Bertrand, candidat à l’élection présidentielle présentant son plan régional de réindustrialisation dans le Nord-Pas de Calais

    Sur  les  sept  premiers  mois  de  l’année  2021,  le  déficit commercial  demeure  élevé  du  fait  d’une  vive  progression  des  importations  entre  les  mois de  janvier  et  avril.  Sur  un  an,  de  juillet  2020  à  juillet  2021,  le  déficit  s’établit  à  un  niveau élevé  de  près  de  68  milliards  d’euros,  soit  quatre  milliards  d’euros  de  plus  que  le  résultat de  l’année  2020.   Selon  la  Banque  de  France,  en  2020,  la  France  a  enregistré  son  déficit  des  transactions courantes  le  plus  élevé  depuis  1982.  Il  a  atteint  43,7  milliards  d’euros,  soit  1,9  %  du  PIB.

    Ce  déficit  a  accru  la  position  extérieure  négative  de  la  France  qui  a  atteint,  à  la  fin  de l’année  dernière,  30 %  du  PIB. Elle  se  situe  désormais jute  5 points  au-dessous  du niveau de  déclenchement  de  la  procédure  de  déséquilibre  macroéconomique. La  restauration  des  comptes  extérieurs  suppose  une  amélioration  du  solde  industriel.  Or, la  France  a  enregistré  une  diminution  du  poids  industriel  au  sein  de  sa  valeur  ajoutée important.  Il  est  passé  de  12  à  moins  de  10 %  de  2000  à  2020. 

    La  réindustrialisation suppose  un  effort  de  formation  et  de  recherche  important.  

    Le problème de recrutement des entreprises  

    Dès  la  reprise  économique,  les  difficultés  de  recrutement  des  entreprises  françaises  sont devenues  très  importantes.  Plus  de  15%  des  entreprises  sont  confrontées  à  des problèmes  de  recrutement,  ce  taux  atteignant  40%  au  sein  du  secteur  du  bâtiment.  Ces difficultés  sont  de  nature  structurelle  et  non  cyclique.  Ce  problème  a  plusieurs  origines. L’inadéquation  entre  offre  et  demande  de  travail  est  traditionnelle  en  France.  Depuis  de nombreuses  années,  les  entreprises  éprouvent  des  difficultés  à  trouver  des  ingénieurs ou  des  techniciens  en  particulier  en  informatique,  en  robotique  ou  en  électronique.  De plus  en  plus  d’actifs  se  détournent  des  emplois  pénibles  soumis  à  des  horaires  atypiques (construction,  hébergement,  restauration).  Certains  secteurs  peinent  à  trouver  des candidats  en  raison  de  rémunérations  trop  faibles  (services  à  la  personne,  secteur  de  la santé,  éducation).  La  crise  sanitaire  a  renforcé  cette  tendance. 

    En  outre,  le  niveau  de compétences  des  actifs  français  est  faible  au  regard  des  standards  internationaux.  Selon le  classement  PIAAC  de  l’OCDE,  la  France  se  classe  au  21e  rang  en  ce  qui  concerne  le niveau  des  actifs.  En  raison  également  des  piètres  résultats  enregistrés  selon  la  dernière enquête  TIMMS  sur  le  niveau  en  sciences  des  élèves,  aucun  progrès  n’est  attendu  en  la matière  pour  les  prochaines  années. 

    Les  goulots  d’étranglement  sur  le  marché  du  travail pourraient  nuire  sur  le  long  terme  à  la  croissance.  Une  croissance  pérenne  suppose    une amélioration  sensible  du  taux  d’emploi  en  France  qui,  avant  la  crise  sanitaire,  était inférieur  de  dix  points  à  celui  de  l’Allemagne,  du  Japon  ou  du  Royaume  (65  %  contre  plus de  75  %).  

    Le problème majeur de l’accès au logement  

    Un  nombre  croissant  de  ménages  éprouve  des  problèmes  pour  se  loger  décemment  en raison  de  l’augmentation  du  prix  des  logements,  à  l’achat  comme  en  location.  Au  sein des  grandes  métropoles,  depuis  une  dizaine  d’années,  la  qualité  des  logements  est  en baisse  du  fait  de  la  réduction  de  leur  taille.  Le  coût  médian  des  dépenses  de  logement en  France  est  de  22 %.  Il  est  en  hausse  constante  depuis  les  années  1980.  Cette progression  contribue  au  ressenti  de  diminution  des  conditions  de  vie.  Une  grande  partie des  gains  de  pouvoir  d’achat  de  ces  trente  dernières  années  a  été  captée  par  les dépenses  contraintes  que  sont  les  dépenses  de  logements  et  celles  liées  aux assurances et  aux  abonnements.  Elles  sont  passées  de  12  à  29 %  de  1960  à  2019.  Pour  les  20% du  bas  de  l’échelle  des  revenus,  ces  dépenses  représentent  près  du  tiers  de  leur  revenu, contre  moins  d’un  cinquième  pour  les  20%  les  plus  riches,  selon  une  étude  de  l’INSEE de  2017. 

    Pour  les  ménages  les  plus  modestes  qui  ne  disposent  pas  d’un  HLM  et  pour  les jeunes  actifs,  les  dépenses  de  logement  peuvent  représenter  jusqu’à  40%  du  budget. Du  fait  de  l’augmentation  du  prix  de  l’immobilier,  les  primo-accédants  sont  de  moins  en moins  nombreux  malgré  la  baisse  des  taux  d’intérêt.  En  France,  en  moyenne,  les  prix des  logements  ont  doublé  en  vingt  ans  ;  à  Paris,  ils  ont  été  multipliés  par  quatre.  Pour tenter  de  freiner  la  croissance  des  crédits  immobiliers  et  les  prix,  le  Haut  Conseil  à  la stabilité  financière  (HCSF),  qui  associe  entre  autres  le  ministère  de  l’Économie  et  la Banque  de  France,  a  indiqué  le  14  septembre,  qu’il  rendrait  contraignant,  à  compter  du 1er  janvier  2022,  les  recommandations  prudentielles  (limitation  à  25  ans  la  durée  des  prêts immobiliers,  et  à  35%  la  part  des  revenus  consacrée  au  remboursement  du  crédit  et  au paiement  de  l’assurance-emprunteur).  Les  banques  ne  peuvent  déroger  à  ces  règles  que pour  20  %  de  leur  production.  Ces  mesures  si  elles  visent  à  éviter  une  dérive  du  marché immobilier  risquent  néanmoins  de  pénaliser  les  emprunteurs  les  plus  jeunes  avec  peu d’apport  personnel.  

    Les prix  de  l’immobilier  augmentent  en  France  en  lien  avec  une  forte  demande  provoquée par  la  concentration  croissante  de  la  population  au  sein  des  grandes  métropoles  et  à proximité  des  littoraux.  Ils  sont  également  la  conséquence  d’une  rareté  du  foncier  et  d’un coût  de  construction  élevé  du  fait  d’une  faible  industrialisation  du  secteur  du  bâtiment. Les  mises  en  chantier  sont  nettement  inférieures  à  500  000,  le  niveau  jugé  nécessaire pour  répondre  à  la  demande.  

    Le  coût  du  logement  pourrait  générer  d’importantes  tensions  sociales.  Après  Paris, plusieurs  grandes  villes  ont  décidé  d’encadrer  les  loyers  mais  cela  ne  résout  pas la  totalité du  problème.  De  nombreux  ménages  sont  contraints  de  résider  de  plus  en  plus  loin  de leur  lieu  de  travail,  les  obligeant  à  utiliser  de  coûteux  moyens  de  transports. 

    En  France,  un  plan  de  relance  de  construction  de logements  pourrait  être  engagé. 

    Le défi de la transition énergétique  

    La  France  s’est  engagée  à  respecter  la  neutralité  carbone  nette  en  2050  et  réduire  de 55  % en 2030 ses émissions  de  CO2  par  rapport  à  1990.  En  2020,  la  moitié  du  chemin  a été  réalisée,  sachant  que  l’année  dernière  était  atypique  avec  la  mise  en  place  des confinements.  Les  efforts  à  réaliser  d’ici  2030  demeurent  conséquents.  La  réalisation  de nombreux  investissements  en  matière  de  production  d’énergie,  la  transformation  du  parc automobile  et  la  rénovation  de  millions  de  logements  auront  un  coût  important  pour  les pouvoirs  publics,  les  entreprises  et  les  ménages.  Pour  la  première  fois,  un  changement d’énergie  s’effectue  non  pas  au  nom  de  la  productivité  mais  de  manière  réglementaire  au nom  de  la  protection  de  l’environnement. 

    La  transition  énergétique  bouleverse  de nombreux  secteurs  d’activité  avec,  à  la  clef,  la  transformation  de  millions  d’emplois.  La filière  automobile  (construction,  réparation,  commerce,  station  d’essence)  est évidemment  fortement  exposée  tout  comme  celles  de  l’énergie  et  des  biens intermédiaires  fortement  émettrices  de  CO2.  Le  secteur  au  sens  large  de  l’automobile emploie  plus  de  500  000  personnes  en  France.  Une  reconversion  des  salariés  vers  les nouveaux  secteurs  liés  aux  énergies  renouvelables  (solaire,  éolien,  batteries,  etc.)  devra être  organisée.  

    La  transition  énergétique  devrait  occasionner  un  renchérissement  des  énergies carbonées  ce  qui  pourrait  pénaliser  les  ménages  se  chauffant  au  fioul  ou  au  gaz  ainsi que  ceux  qui  effectuent  de  nombreux  déplacements  en  véhicules  à  moteur  thermique.  

    Le défi de la recherche

    En  baisse  depuis  2007,  les  dépenses  publiques  de  recherche  et  développement  en France  s’élevaient  à  0,8%  du  PIB  en  2019,  quand  elles  atteignaient  1%  en  Allemagne et  en  Suède.  Toujours  en  2019,  les  dépenses  privées  en  la  matière  étaient  inférieures  à 1,5%  du  PIB  en  France.  Elles  dépassaient  2,1%  du  PIB  aux  États-Unis  ainsi  qu’en Allemagne  et  atteignaient  2,5%  au  Japon  et  en  Suède.  Le  nombre  de  brevets  pour  100  000  habitants  était  de  0,3,  en  2019,  en  France,  contre  0,4  aux  États-Unis,  0,6 en  Allemagne  et  1,4  au  Japon. La  faiblesse  de  la  recherche  développement  est  une  des  causes et  une  des  conséquences  de  la  désindustrialisation.  Elle  contribue  également  au  recul des  parts  de  marché  à  l’exportation.

    Les  dossiers  économiques  et  sociaux  seront  donc  nombreux,  la  liste  ci-dessus  étant  loin d’être  exhaustive.  L’aménagement  du  territoire  avec  la  question  des  transports,  la modernisation  du  système  de  santé,  la  dépendance  sont  autant  de  sujets  sensibles  qui seront  également  au  cœur  des  débats  des  prochaines  années.

  • Les citoyens européens malmenés aux frontières du Royaume-Uni

    Les citoyens européens malmenés aux frontières du Royaume-Uni

    Depuis l’entrée en vigueur des règles du Brexit, les histoires alarmantes de citoyens de l’Union européenne s’étant vu refuser l’entrée dans le pays se multiplient. Même le progressiste quotidien « The Guardian » se fait régulièrement l’écho de ces mésaventures comme celle vécue par une Française, Tessa Stines.

    Une Européenne expulsée du Royaume-Uni

    Elle vit au Royaume-Uni depuis un an et fait du bénévolat pour une association caritative, tout en effectuant des voyages aller/retour en France même pendant cette période de pandémie. Selon notre confrère, cette jeune femme a déposé une demande de statut de résident. Le Premier Ministre et son administration s’étaient engagés à accorder un droit de résidence temporaire pour tous les dossiers en attente de traitement. Malgré cela, elle a été arrêtée, détenue par des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur britannique dans un aéroport de Londres pendant plus de huit heures. Les faits se sont déroulés sur le chemin du retour à Gatwick le mois dernier, lorsque la jeune femme de 23 ans a été arrêtée par des gardes-frontières avec une Afghane et une Espagnole.

    “Nous étions tous dans une situation très stressante lorsque nous étions enfermés dans cette pièce à l’aéroport”, a déclaré Tessa Stines. J’ai pris les coordonnées de la femme espagnole, puis je l’ai vue sur Instagram. Malheureusement, elle a été expulsée du Royaume-Uni.”

    Tessa Stines au journal The Guardian

    Stines a été arrêtée malgré un changement de règle annoncé par le ministère de l’Intérieur en mai lorsque les responsables des forces frontalières ont reçu l’ordre de ne pas détenir les citoyens de l’UE. La consigne est d’établir une caution financière liée à l’immigration. Ce dispositif a été mis en place suite aux vives critiques émises après la publication d’un rapport du Guardian. Ce dernier faisait état de plusieurs cas de femmes et d’hommes détenus dans des centres de renvoi plus tôt cette année.

    Stines a été détenue alors que sa demande de « pre-settled status » était toujours en cours. Les autorités ont par la suite admis que la décision de la détenir était incorrecte bien qu’aucune excuse n’ait été présentée.

    Le « pre-settled status » refusé

    Après que le Guardian a contacté le ministère de l’Intérieur au sujet de l’affaire, Tessa Stines a reçu une nouvelle lettre lui informant la décision de refuser son installation au Royaume-Uni. La lettre de Gatwick Border Casework datée du 11 septembre 2021 indique que la demande de la jeune Française pour le « pre-settled status » a été refusée le 20 août.

    Précédemment, elle avait déjà reçu deux e-mails de la part des travailleurs sociaux du Home Office demandant des documents supplémentaires pour étayer sa demande, mais n’avait pas vu les e-mails, car ils avaient été classés dans son dossier de courrier indésirable. Elle rassemble actuellement les preuves supplémentaires demandées par le ministère de l’Intérieur.

    “Pas un comportement amical entre voisins.”

    La lettre indique que lorsqu’elle a été détenue à l’aéroport, elle était dans les délais pour faire appel du refus de sa demande.

    « Compte tenu de cela, j’ai conclu que la décision de vous refuser l’entrée au Royaume-Uni devrait être retirée ».

    Lettre du Home Office britannique à Tessa Stines

    Cette situation a bien évidemment entrainé un stress important pour notre compatriote.

    « Tout cela m’a fait me sentir vraiment stressée »(…) “Pendant que j’étais détenue, les agents ont pris des photos des pages de mon journal intime. J’ai été triplement contrôlée, mes empreintes digitales ont été relevées et mes cahiers ont été lus. Je dirais que ce n’est pas vraiment un comportement amical entre voisins.”

    Tessa Stines au journal The Guardian

    De son côté, la porte-parole du ministère de l’Intérieur a tenu à rappeler que l’enregistrement sur le territoire britannique avant le 31 décembre 2020 était une condition indispensable pour bénéficier du régime d’immigration spéciale, sinon il ne reste qu’une option pour rejoindre la Grande-Bretagne : obtenir un visa.

    « Une personne qui ne résidait pas au 31 décembre 2020, et qui soumet une demande à l’EUSS [système de règlement de l’UE] n’aura pas automatiquement un droit d’entrée tant que sa demande n’est pas acceptée, et ceux qui viennent travailler ou étudier doivent prouver qu’ils remplissent nos conditions d’entrée.”

    Porte-parole du Home Office

    « Beaucoup d’autres citoyens européens dans cette situation-là.”

    Nicolas Hatton est le fondateur de l’association the3million. Il l’a fondée à la suite du référendum de 2016 qui a commencé le processus de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, souvent appelé Brexit.

    « C’est une histoire abracadabrante, et malheureusement Tessa n’est pas seule. J’ai été contacté ce week-end par un étudiant français. Il retournait au Royaume-Uni pour faire sa 3e année à l’Université d’Exeter et il a été refoulé par la douane, alors qu’il a une demande de « pre-settled status » en cours, comme Tessa. Le Home Office démontre encore une fois de plus son incompétence à gérer les 450 000 dossiers en attente de décisions, malgré le scandale des détentions administratives disproportionnées de ce début d’année. The3milllion va saisir le Home Office encore une fois pour que ces vexations administratives cessent immédiatement.”

    Nicolas Hatton, fondateur de l’association the3million, et élu consulaire à Londres

    La galère d’un étudiant français au Royaume-Uni.

    Actuellement Guilhem est étudiant à l’université d’Exeter, et il rentre en troisième année. Récemment, il a contacté des conseillers consulaires , car, il y a quelques jours, la douane anglaise ne lui a pas permis de passer les frontières et le voilà bloqué en France. Alors que ses cours reprennent ce lundi 20 septembre.

    “J’attends, en effet, une réponse de mon « EU settlement scheme ». Je fais donc comprendre à la douane anglaise que je resterai moins de 6 mois en Angleterre (billet de retour acheté pour le 7 décembre) et que je n’ai donc pas besoin de visa pour résider et étudier à Exeter. Ainsi, je peux attendre une réponse de l’ « EU settlement scheme » tout en assistant à mes cours qui ont repris en présentiel. Je leur dis également qu’en cas de réponse négative, je prendrai un visa. Cependant, ces derniers m’ont refusé l’accès.”

    Guilhem, étudiant français à l’université d’Exeter

    Étant dans une situation embarrassante, il s’est tourné vers les élus pour qu’ils leur apportent leur soutien afin de l’aider à reprendre ses études normalement.

    Espérons que Guilhem et d’autres Français puissent revenir au Royaume-Uni normalement dans les meilleurs délais.

  • 20 ans après, Toulouse se souvient

    20 ans après, Toulouse se souvient

    10h17, vendredi 21 septembre 2001. Le hangar 221 de l’usine AZF de Toulouse explose, la Ville rose ne sera plus jamais comme avant. 31 morts, des milliers de blessés, des bâtiments éventrés, des rumeurs qui pullulent rapidement autour de l’enquête, un procès qui s’éternise et des victimes en souffrance… Cette catastrophe, et tous les événements liés qui ont suivi, ont marqué les Toulousains à jamais.

    Dès les premières minutes qui ont suivi l’explosion, la proximité temporelle entre la catastrophe toulousaine et les attentats du 11-Septembre à New York a alimenté les théories les plus diverses, notamment à cause de la pression médiatique.

    Il aura fallu 18 ans pour que l’affaire connaisse son ultime épilogue. Dix-huit années d’un procès hors-norme marqué par des rebondissements, des conditions uniques vu le nombre de parties civiles, des déceptions et des victoires, et au final une justice lente mais qui est allé au bout.

    Un parcours de mémoire ?

    Sur l’ancien site industriel AZF, une zone en friche dans la banlieue sud de Toulouse (Haute-Garonne), des ouvriers s’activent. Ils installent neuf grands panneaux explicatifs autour du mémorial de l’explosion du 21 septembre 2001, qui a fait trente et un morts et des milliers de blessés.

    Composés de textes et de photos, ces lutrins retracent l’histoire de la catastrophe, mais aussi du passé de l’usine d’engrais chimiques et de la réhabilitation du quartier. « Le parcours de mémoire sera révélé au public lors de la cérémonie des 20 ans d’AZF », précise Francis Grass, élu municipal chargé de la coordination des politiques culturelles et mémorielles.

    Conçues par la mairie avec l’appui d’un comité scientifique indépendant, ces installations divisent les associations de victimes. Parmi les quatre sollicitées, trois n’ont pas pris part au projet. Elles avancent des « problèmes de forme » – zone mal desservie, signalétique absente, plantation de cyprès qui masquent le mémorial –, résolus depuis. Mais ce sont surtout les textes qui sèment la discorde. D’un côté, les représentants des sinistrés reprochent au « discours officiel » d’occulter certaines informations sur la condamnation de Grande Paroisse (propriétaire de l’usine et filiale de Total) et les conséquences de l’explosion. « On voulait faire revivre ce que les gens ont vécu dans leur chair », justifie Michel Massou, du comité de quartier Croix-de-Pierre. De l’autre, le collectif des ouvriers rescapés Mémoire et solidarité, seule association à avoir collaboré avec la municipalité, préfère souligner le passé glorieux de l’industrie « qui a contribué à la richesse de la ville ».

    Des citoyens marqués

    Pour les victimes, les séquelles s’inscrivent dans le durée. « 18 mois après la catastrophe, 6,7 % des résidents de la zone proche du site ont déclaré un trouble auditif consécutif à l’explosion », écrivait l’Institut de veille sanitaire en 2004.

    Je sens un incendie de très loin », raconte à La Dépêche Michèle Darchicourt, également victime de l’explosion. Aujourd’hui, elle ne supporte plus le bruit du tonnerre ou la vue d’un ciel qui jaunit, « à certains moments, je ne vois plus les couleurs de la vie ».

    Les victimes peuvent « revivre par les sens le drame, que ce soit via des odeurs, un son, une image, des sensations physiques, qui leur rappellent ce moment », explique à BFMTV.com Armelle Vautrot, psychanalyste spécialisée dans le traumatisme et doctorante chercheuse au CNRS. En thérapie « on travaille à désactiver cela, mais de toute façon, il faut apprendre à vivre avec le trauma une fois qu’il est là ».

    Pauline Miranda raconte également comment l’explosion dans Beyrouth en août 2020 a « réveillé de vieilles blessures » chez elle. L’explosion, là aussi provoquée par du nitrate d’ammonium, a fait une centaine de morts. « Chaque fois, il y a de la compassion. C’est terrible pour les Libanais quand on se souvient de ce qu’on a vécu », déclarait alors sur BFMTV Claudine Molin, membre de l’association toulousaine « Plus jamais ça ni ici ni ailleurs ».

    Mehdi Benlahcen, actuel élu à l’Assemblée des Français de l’étranger et candidat au Sénat en N°2 derrière Ségolène Royal, est originaire de Toulouse, il y faisait ses études en 2001, il témoigne sur Facebook.

    « Lorsque je suis rentré chez moi, comme de nombreux Toulousains j’ai trouvé un appartement très salement amoché. Comme les autres, je me souviens du bruit, du souffle, de la terre qui tremble et de la panique. Je me rappelle être rentré à pied jusqu’à Saint-Agne et ne trouver que vitres cassées et désolation sur mon passage. Je veux aussi me rappeler de la solidarité à l’œuvre, très vite, pour aider ses voisins, ses amis.« 

    Mehdi Benlahcen sur Facebook

    Le stockage des substances dangeureuses

    Le nitrate d’ammonium d’AZF est le même à l’origine des explosions de Beyrouth en août 2020C’est un sel blanc et inodore utilisé comme base de nombreux engrais azotés sous forme de granulés, appelés ammonitrates, que les agriculteurs achètent en gros sacs ou en vrac. Ce ne sont pas des produits combustibles : ce sont des « comburants », c’est-à-dire qu’ils permettent la combustion d’une autre substance déjà en feu.

    La détonation du nitrate d’ammonium n’est possible qu’avec une contamination par une substance incompatible ou une source intense de chaleur. Et le stockage doit donc suivre des règles pour isoler le nitrate d’ammonium de liquides inflammables (essence, huiles…), de liquides corrosifs, de solides inflammables ou encore de substances qui dégagent une chaleur importante, parmi d’autres interdits, selon une fiche technique du ministère français de l’Agriculture.

    L’accident AZF de Toulouse va provoquer une prise de conscience dans la population des risques industriels et pousser le gouvernement de l’époque à muscler la réglementation. En juillet 2003, la loi Bachelot entraîne l’obligation d’informer les riverains, la sensibilisation des salariés et des sous-traitants, la maîtrise de l’urbanisation par la définition de zones à risques et la reconnaissance de la notion de risques technologiques.

    C’est la naissance des plans de prévention des risques technologiques (PPRT) pour les entreprises les plus à risques, c’est-à-dire classées Seveso seuil haut. De nombreux investissements ont dû ainsi être réalisés par les industriels concernés pour se mettre en conformité. Cependant le chemin vers une sécurisation totale en France, en Europe ou ailleurs dans le monde est encore long.

  • Qu’est-ce qui pourrait enrayer la reprise économique ?

    Qu’est-ce qui pourrait enrayer la reprise économique ?

    La  reprise  économique  est  réelle.  Elle  surprend  même  par  sa  vigueur.  Le  maintien  du pouvoir  d’achat  des  ménages,  le  niveau  élevé  des  trésoreries  des  entreprises  et  le déploiement  des  plans  de  relance  favorisent  le  retour  de  la  croissance.  Si  le  contexte  en cette  fin  d’année  est  porteur,  plusieurs  facteurs  pourraient  cependant  provoquer  un déraillement  de  la  croissance  en  2022  ou  en  2023.  

    Une  croissance  vive  jusqu’en  2022

    Les  différents  instituts  de  conjoncture  économique  parient  sur  le  maintien  à  un  haut niveau  de  l’activité  jusqu’en  2022,  permettant  aux  différents  États  membres  de  l’OCDE d’effacer  la  contraction  du  deuxième  trimestre  2020. Les  indices  économiques  sont  à  des  niveaux  très  élevés,  signe que  les  dirigeants  d’entreprises  croient  en  une  forte  reprise.  Cet  optimisme  est  fondé  sur une restauration  rapide  des  profits.  Après  avoir  baissé  de  plus  de  10  %  au  sein  de  l’OCDE au  cours  de  l’année  2020,  ils  ont  retrouvé  au  premier  semestre  2021  leur  niveau  d’avant crise. 

    Le  maintien  de  taux  d’intérêt  extrêmement  faibles  contribue  à  la  profitabilité  des entreprises.  Le  taux  d’intérêt  des  obligations  d’État  de  l’OCDE  ne  dépassait  pas  0,5  %  à la  fin  du  mois  de  juin  dernier.  Les  plans  de  relance  qui  se  chiffrent  en  milliers  de  milliards de  dollars  conduisent  à  une  hausse  de  la  demande.  La  croissance  pourrait  être  soutenue dans  les  prochains  mois  par  le  déblocage  d’une  partie  de  l’épargne  «  covid  »  dont  le montant  au  niveau  de  l’OCDE  dépasserait  1  000  milliards  de  dollars.  

    Quatre  facteurs  pourraient  contrarier  ce  mouvement  de  croissance :

    – La  hausse  des  prix  des  matières  premières  et  des  coûts  des  consommations intermédiaires  ;

    –  Les difficultés  de  recrutement  des  entreprises ;

    –  Le ralentissement  de  la  croissance  chinoise ;

    –  La réduction  des  déficits  publics.

    La  hausse  des  matières  premières,  de  l’énergie  et  des  biens  intermédiaires

    Alimentée  par  les  plans  de  relance,  la  reprise  économique  mondiale  a  conduit  à  une  forte hausse  des  prix  des  matières  premières  et  de  l’énergie,  des  prix  des  semi-conducteurs ainsi  que  du  coût  du  transport  maritime.  Le  prix  des  métaux  précieux  et  des  matières premières  agricoles  était,  au  mois  de  juillet  2021,  à  un  niveau  inconnu  depuis  dix  ans. L’indice  du  coût  du  fret  a  été  multiplié  par  plus  de  deux  par  rapport  à  la  fin  2019,  celui  des semi-conducteurs  par  trois.  

    Les  entreprises  sont  confrontées  à  la  fois  à  des  hausses  de  prix  et  à  des  difficultés d’approvisionnement  (semi-conducteurs,  matériaux  de  construction,  etc.).  Si  cela  peut provoquer  des  fermetures  temporaires  d’usines  et  reporter  certains  travaux,  ces difficultés  n’ont  pas  eu,  pour  le  moment,  d’effet  majeur  sur  l’activité  et  ne  remettent  pas en  cause  les  perspectives  de  croissance  et  les  profits  des  entreprises.

    L’augmentation  des  difficultés  de  recrutement  des  entreprises  

    Les  entreprises  aux  États-Unis  comme  en  Europe  rencontrent  des  difficultés  croissantes de  recrutement.  Plus  de  la  moitié  des  entreprises  américaines  sont  dans  cette  situation.

    En  France,  le  taux  atteint  15  %  avec  une  pointe  à  40  %  pour  le  bâtiment.  Les  difficultés de  recrutement  sont  liées  à  une  inadéquation  croissante  de  l’offre  et  de  la  demande  sur le  marché  de  l’emploi.  Les  compétences  de  la  population  active  sont  de  plus  en  plus décalées  par  rapport  aux  besoins  des  entreprises.  Les  salariés  rejettent  de  plus  en  plus les  emplois  pénibles,  notamment  ceux  aux  horaires  atypiques,  ainsi  que  les  emplois  mal payés  dans  les  services.  Par  ailleurs,  le  nombre  d’ingénieurs  et  d’informaticiens  est insuffisant  pour  répondre  à  la  demande. 

    Si  les  créations  d’emploi  sont  importantes  depuis le  deuxième  trimestre  2020,  elles  sont  loin  d’avoir  permis  de  retrouver  le  taux  d’emploi d’avant-crise.  Il  y  a  toujours  un  important  déficit  d’emplois  aux  États-Unis  comme  en Europe.

    Le  ralentissement  de  la  croissance  chinoise

    Après  avoir  bénéficié  de  l’arrêt  du  monde  en  2020,  la  Chine  pourrait  connaître  une  phase de  ralentissement  de  son  activité.  Celui-ci  serait  occasionné  par  des  facteurs conjoncturels  et  structurels.  Le  niveau  d’endettement  des  collectivités  locales  chinoises pourrait  peser  sur  la  commande  publique.  Le  secteur  immobilier  pourrait  subir  un  net refroidissement  du  fait  des  pratiques  de  financement. En  outre,  la Chine  est  confrontée  à  un  rapide  vieillissement  démographique. La  faiblesse  de  la couverture  retraite  conduit  les  actifs  à  épargner  de  manière  de  plus  en  plus  importante, ce  qui  pèse  sur  la  consommation. 

    La  population  active  en  Chine  décroit  depuis  2018,  ce qui  nécessite  la  réalisation  d’importants  gains  de  productivité  avec  une  robotisation  des chaînes  de  production.  Les  dépenses  publiques  de  retraite  sont  inférieures  à  8  %  du  PIB, contre  14  %  en  France.  Les  gains  de  productivité  tendent  à  s’amoindrir  en  Chine  avec  la fin  du  rattrapage  économique,  ce qui  induit  automatiquement une  baisse  de  la  croissance. Le  Président  Xi  Jinping  entend  renforcer  le  contrôle  de  l’État  sur  les  grandes  entreprises chinoises,  notamment  celles  intervenant  dans  le  domaine  de  la  haute  technologie  et  dans le  secteur  de  l’information.  Cette  politique  pourrait  ralentir  les  investissements  et l’innovation.  

    La réduction des déficits publics.

    La  demande  mondiale  devrait  connaître  une  moindre  croissance  à  compter  de  2022  en raison  de  la  diminution  des  déficits  publics.  Aux  États-Unis,  le  déficit  public  est  censé passer  de  15  à  8  %  du  PIB  de  2021  à  2022.  Pour  la  France,  les  ratios  respectifs  sont  9 et  6  %. Pour l’ensemble  des pays de l’OCDE,  le  déficit  public  devrait  se  réduire  de  moitié.   En  l’absence  de  gains  de  productivité,  la  croissance  de  l’économie  mondiale  pourrait trouver  ses  limites  en  2023. 

    La  transition  énergétique  si  elle  favorise  l’investissement, génère  des  surcoûts  immédiats.  La  substitution  des  énergies  renouvelables  aux  énergies carbonées  ne s’effectue  pas au nom d’une rentabilité  immédiate mais au nom d’impératifs environnementaux  de  moyen  et  long  terme.  Le  défi  réside  donc  dans  la  nécessité  de trouver  des  solutions  techniques  pour  améliorer  l’efficience  économique  de  l’économie décarbonée. 

    L’économie  mondiale  reste  soutenue  par  des  politiques  monétaires expansionnistes  qui  doivent  logiquement  arriver  à  leur  terme  entre  2022  et  2023.  La hausse  des  taux  d’intérêt,  que  l’arrêt  des  rachats  des  obligations  pourrait  provoquer, pèsera  sur  la  croissance.  Néanmoins,  ces  politiques  ont  pour  conséquence  la  hausse  de la  valeur  des  actifs  (immobilier  et  actions),  hausse  en  partie  déconnectée  de  la  création de  richesses. 

    En  douze  ans,  le  prix  des  logements  a  augmenté  de  plus  de  60  %  au  sein de  l’OCDE  et  les  indices  boursiers  de  plus  de  200  %.

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