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  • Le Parlement européen élit la première femme présidente depuis vingt ans

    Le Parlement européen élit la première femme présidente depuis vingt ans

    Mardi (18 janvier), l’eurodéputée maltaise Roberta Metsola a été élue à la tête du Parlement européen pour la seconde moitié de sa législature de cinq ans après avoir obtenu une majorité écrasante au premier tour de scrutin.

    Mme Metsola a été élue avec 458 voix. Elle est suivie de la Suédoise Alice Kuhnke, candidate du parti des Verts, qui a reçu 101 voix, et de l’Espagnole Sira Rego, candidate de gauche, avec 57 voix.

    À la dernière minute, le législateur conservateur Kosma Złotowski a quant à lui retiré sa candidature à la suite d’un accord avec les autres groupes politiques sur les rôles des vice-présidents et des questeurs de l’assemblée, qui doivent également être élus cette semaine lors de la session parlementaire.

    L’élection résulte d’un accord entre les trois principaux partis du Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE) de centre-droit, le parti centriste Renew Europe et les Socialistes et Démocrates de centre-gauche.

    L’accord avait été conclu au début de la législature en 2019 et a été renouvelé pour la mi-mandat, avec une liste actualisée de dix priorités politiques : valeurs, climat, santé, numérique, économie, affaires sociales, sécurité, migration, affaires étrangères et institutions européennes.

    Alice Kuhnke et Sira Rego ont tous deux reçu un soutien allant au-delà de leur groupe politique, des sources du Parlement ayant déclaré à EURACTIV que les opinions de Mme Metsola sur l’avortement et les droits reproductifs lui avaient coûté le soutien d’une minorité importante de législateurs progressistes.

    Néanmoins, les sociaux-démocrates ont respecté leur part du marché puisque seule une petite minorité s’est écartée de la ligne du parti lors du scrutin secret.

    Le quatrième groupe le plus important du Parlement, les Verts, a été exclu de l’accord et a accusé les autres partis de ne pas tenir compte des petits groupes. « Il fallait satisfaire certains appétits, au détriment des petits groupes politiques du Parlement », a déploré le coprésident des Verts, Philippe Lamberts.

    La législature du Parlement européen dure cinq ans, mais sa présidence est divisée en deux, les sociaux-démocrates prenant la présidence durant la première moitié de la législature, et le centre-droit prenant la présidence durant la seconde moitié de la législature.

    Parti populaire européen, Roberta Mestola
    Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, lors du congrès du Parti populaire européen en 2017 – Wikimedia

    Mme Metsola succède à l’Italien David Sassoli, décédé la semaine dernière à la suite de complications dues à une pneumonie qu’il avait contractée en septembre. La santé de M. Sassoli était fragilisée par une leucémie dont il souffrait depuis son arrivée à la présidence, mais cela n’a été rendu public qu’après son décès.

    Dans son discours inaugural, Mme Metsola a rendu hommage à M. Sassoli et à son héritage. La politicienne maltaise a déclaré que son rôle consisterait à « toujours défendre l’Europe, nos valeurs communes de démocratie, de dignité, de justice, de solidarité, d’égalité, d’État de droit et de droits fondamentaux. Pour la politique de l’espoir et la promesse de l’Union européenne ».

    Mme Metsola a également souligné la centralité du Parlement en tant qu’incarnation des valeurs démocratiques de l’UE et a déclaré que la lutte contre l’autoritarisme, la discrimination et le changement climatique seraient ses principales priorités.

    En matière de politique étrangère, elle a évoqué les tensions sur la souveraineté de l’Ukraine, l’impasse à Chypre et les relations de l’UE avec les pays des Balkans occidentaux.

    Elle a adressé ses derniers mots à la famille de Daphne Caruana Galizia, la journaliste maltaise assassinée en 2017 suite à son enquête sur des affaires de corruption politique, ainsi qu’à celle d’Olivia Dubois, une journaliste française enlevée au Mali en avril dernier.

    Mme Metsola est la troisième femme à avoir accédé au poste de haut fonctionnaire du Parlement européen, après Simone Veil et Nicole Fontaine.

    « Il ne faudra pas attendre deux décennies avant qu’une autre femme se tienne à ma place », a conclu Mme Metsola.

  • Suppression du droit à la dotation touristique pour les expatriés au Maroc

    Suppression du droit à la dotation touristique pour les expatriés au Maroc

    Depuis 2018, le Maroc transite du régime de change fixe au régime flexible. Avec le dollar comme monnaie de référence, le taux de change est désormais établi par le marché avec une bande de fluctuation de 5%.

    Un tournant historique

    Le Maroc est aujourd’hui à un tournant de son histoire économique et financière, ayant fait le choix de changer le régime de change qui régit sa monnaie, pour aller vers une flexibilisation et, à terme, un flottement du dirham. Aujourd’hui, le dirham n’est pas totalement convertible, mais l’objectif affiché par les autorités marocaines est d’aller vers une convertibilité totale. Ce qui signifie qu’il pourra être échangé librement contre n’importe quelle autre monnaie, et en particulier les grandes devises étrangères.

    Cela fait une cinquantaine d’années que le Maroc a adopté un régime fixe de panier de devises, qui était constitué autrefois d’un ensemble de monnaies fortes. Avec l’arrivée de l’euro, le panier a été indexé principalement à cette monnaie et en dollar américain, à raison de respectivement 80% et 20%. Depuis, la pondération a été modifiée, à 60% pour l’euro et 40% pour le dollar, et c’est cette pondération qui prime encore aujourd’hui.

    Ce qui veut dire que la Banque centrale fixe le cours central du dirham sur la base de la composition de ce panier de référence. Le Maroc compte toutefois passer de ce régime de change, un régime fixe dont le cours est indexé à un panier de devises, à un régime flottant avec un dirham marocain convertible. Ce changement de régime de change s’inscrit dans un programme de réformes économiques engagées par le Maroc et négociées avec ses créanciers internationaux, y compris le Fonds monétaire international (FMI).

    Une nouvelle réglementation qui oublie les expatriés sur place

    L’Office des Changes a publié, le 03 Janvier 2022, la circulaire n°1/2022 relative aux facilités de change. Ces nouvelles dispositions actualisent le régime de convertibilité en allant vers plus de simplicité pour tous. Ce régime d’égalité entre les résidents au Maroc met de fait fin aux avantages qui avaient été concédés aux expatriés.

    Désormais, les résidents étrangers sont exclus de la dotation touristique pour voyages personnels qui a été relevé pour tous les Marocains désormais à 100 000.00 dhs par an. En effet, l’Office des Changes Marocain considère qu’un résident étranger a automatiquement un compte en dirhams convertible et doit donc s’en servir pour ses dépenses de voyage personnel hors du Maroc.

    Sauf que seuls les expatriés détachés ont accès à un compte en dirhams convertible. Les retraités, les auto-entrepreneurs, les salariés n’ont donc désormais aucune possibilité de convertir des dirhams en devises comme l’euro. Les banques marocaines ont dès le 04 janvier signifié à leurs clients la suppression immédiate de leur droit à la dotation touristique. Ceux qui détenaient des euros, les ont vus se convertir en dirhams.  

    L’office des changes à Rabat, Maroc

    Mobilisation des élus consulaires

    Dès la parution de cette nouvelle règlementation, les Conseillers des FDE de l’UFE Casablanca et Nicolas Arnulf Conseiller FDE à Rabat se sont mobilisés et ont fait part de leur inquiétude auprès de l’ambassade de France à Rabat, des Consuls généraux de Casablanca et Rabat ,du député des Français de l’étranger de la 9ème circonscription ainsi qu’à l’Office des Changes lui-même.

    Et cela a payé ! Le 13 janvier, l’Office des Changes par courrier officiel a révisé sa position sur le régime des dotations pour les voyages personnels en indiquant que les résidents étrangers qui ne disposent pas de disponibilités en devises sur un compte en dirhams convertibles peuvent dorénavant bénéficier de la dotation touristique sur présentation d’un document d’identité et d’une déclaration sur l’honneur qu’ils ne disposent pas de disponibilité sur leur compte en devises et que leurs revenus ne peuvent faire l’objet de transfert à titre d’économie.

    C’est donc une bonne nouvelle pour les 80 000 de nos compatriotes qui ont posé leur valise au Maroc et la preuve que les élus locaux, au plus près des problématiques des Français établis dans le pays, sont indispensables et efficaces.

  • Enseignement français à l’étranger : vos voeux pour 2022

    Enseignement français à l’étranger : vos voeux pour 2022

    Une nouvelle année s’accompagne généralement de nouvelles résolutions, de vœux et d’ambitions. Du moins, pour l’année 2022, parents d’élèves, syndicats de professeurs et réseaux d’établissements française à l’étranger n’en manquent pas.

    Dans le réseau de l’AEFE

    L’écoute au cœur des souhaits

    Après la grève du 22 novembre dans le réseau éducatif français à l’étranger, et la grève conjointe du 13 janvier en France et à l’étranger, personnel de l’AEFE et parents portent l’espoir de voir leurs revendications être prises en compte par l’agence. Leurs vœux sont finalement proches de leurs doléances de l’an passé.

    C’est la demande des professeurs et des parents d’élèves pour 2022 : être écoutés et entendus par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Démarrer une nouvelle année ne signifie pas d’oublier la précédente et ses problèmes. Replacer le personnel et les parents d’élèves au centre des discussions pour faire évoluer et avancer l’école française, apparait donc comme primordiale aux syndicats de professeurs que sont les SNES-FSU et SNUipp, et aux trois fédérations de parents d’élèves à l’étranger, à savoir la FCPE, la FAPEE et l’UNAPE. Pour cette dernière, nouvelle dans le panorama des fédérations de parents d’élèves, la priorité est donc d’obtenir un siège au Conseil d‘administration de l’AEFE, pour pouvoir se faire entendre.

    Par ailleurs, les termes de « respect », « écoute », et « dialogue » sont sans cesse revenus lors des interactions avec les différents représentants. Tous sont unanimes, il est de leur désir de voir les parents êtres « entendus à hauteur de leur implication », comme l’a souligné Isabelle Tardé, déléguée générale à la FAPEE. Les établissements français sont effectivement subventionnés à hauteur de 60% par les parents, un taux qui n’a cessé d’augmenter depuis 2012, d’après le rapport d’information de 2017-2018 rédigé par le vice-président du Sénat, Vincent Delahaye, et le sénateur de Paris, Rémi Féraud, réduisant ainsi la part d’investissement de l’État français dans le réseau. Une politique allant de pair avec la multiplication des homologations dans écoles privées mises en place dans le réseau.

    Grève à l'AEFE
    Grève du 22 novembre par le personnel du réseau de l’AEFE

    Le holà collectif face au décuplement des homologations

    De l’avis général, parents et syndicats s’inquiètent de voir le paysage des établissements conventionnés et partenaires s’étendre sans cesse, au détriment des établissements en gestion directe (EGD). Des établissements privés auxquels l’AEFE octroie une partie de son budget annuel.

    Entre les rentrées de 2017 et 2021, seul le nombre d’établissements en gestion directe a reculé. En effet, d’après le site de l’AEFE et le rapport des sénateurs MM. Delahaye et Féraud évoqué précédemment, il y avait en septembre 2017, 74 EGD sur un total de 492 structures. Aujourd’hui, le réseau n’en compte plus que 67, alors qu’il s’est agrandi et comptabilise 543 établissements. Nous sommes donc passés de 15% à 12,3% d’EGD en quatre ans. De plus, en 2017 nous dénombrions 153 installations conventionnées (31%), contre 159 de nos jours (29,2%) ; et 265 écoles partenaires (53,8%) contre 317 (58,3%) à la rentrée 2021.

    Pour les professeurs et parents d’élèves, réduire toujours plus la part du nombre d’établissement gérés par l’agence, détériore notre image à l’étranger. Lieux représentatifs du système éducatif français où sont inscrits des élèves de nationalité française mais surtout étrangère, les établissements gérés par l’AEFE, font bel et bien partie de notre soft-power. Ainsi, leur allouer de moins en moins de budget et créer sans cesse plus d’homologations, estompe notre rayonnement à l’internationale.

    « Je suis d’accord pour développer l’enseignement français à l’étranger, mais avant de le faire, nous devons consolider l’existant et donc ses piliers que sont les établissements en gestion directe. La solution n’est pas de privatiser car ça revient à marchander l’éducation et c’est terrible ».

    Moulay Driss el Alaoui, vice-président de la FCPE chargé de l’enseignement français à l’étranger

    « Nous sommes en train de tourner une page de l’enseignement français à l’étranger. Nous basculons vers une dimension vide de toutes missions républicaines et perdons quelque chose de fondamentale. »

    Patrick Soldat, membre du SNES-FSU hors de France

    L’appui budgétaire

    L’école française à l’étranger est onéreuse. A titre d’exemple, il faut débourser en moyenne 2000€ par an et par enfant en maternelle, près de 4000€ en primaire et 800€ par mois au Lycée français de Barcelone. Avec la crise sanitaire, de nombreuses familles ont donc rencontré des difficultés pour régler les frais de scolarité. Si des aides ont été apportées via les bourses et les fonds de solidarité, elles se sont souvent révélées insuffisantes.

    Sabri Khelif, président de l’UNAPE, aimerait que les fonds de solidarité des écoles puissent venir en aide aux familles dans le besoin, et non plus seulement pour les frais liés à la scolarité, mais aussi dans leur quotidien.

    Pour Moulay Driss el Alaoui, vice-président de la FCPE chargé de l’enseignement français à l’étranger, il faut faire naitre d’autres formes d’accompagnement pour les familles françaises mais aussi locales. Les élèves de nationalité étrangère représentent 60% des écoliers dans les établissements français hors de France. Aux yeux du vice-président, il faut donc étendre les aides, car il en va de la pérennité du réseau qui repose essentiellement sur les familles.

    Les ambitions de l’AEFE

    L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger a vécu deux années difficiles et éprouvantes, au même titre que son personnel. Présente dans 138 pays, il a fallu qu’elle s’adapte aux restrictions et demandes de chaque gouvernement, tout en essayant de maintenir le navire à flots et à le faire avancer dans le sens du CAP 2030, année durant laquelle l’objectif du président Emmanuel Macron de voir doubler le nombre d’élèves dans le réseau devra être atteint. L’ambition de l’agence pour 2022 est donc de maintenir la trajectoire grâce à un plan élaboré autour de l’égalité sociale et de la structuration du réseau.

    Égalités sociales

    Dans les objectifs du réseau, l’égalité des sexes et des chances sont à l’ordre du jour, tout comme dans les objectifs de mandat du chef de l’État.

    D’un côté, le plan « d’action relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes à l’AEFE » sur trois ans, présenté au ministre des affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, en mars 2021, va structurer l’année. Il s’agit d’un plan visant à effacer les disparités entre les sexes dans le milieu professionnel.

    D’un autre, l’agence souhaite mettre en avant une école pour tous, en facilitant l’intégration des élèves aux besoins éducatifs particuliers, et avec la création d’un diplôme universitaire pour les personnels du réseau.

    Un investissement particulier pour les infrastructures et le personnel

    Pour assurer la pérennité du réseau, il est nécessaire d’investir à l’intérieur. D’après nos échanges avec l’AEFE, l’agence va poursuivre la sécurisation des établissements, la formation et l’accompagnement de personnel.

    Par ailleurs, l’agence souhaite maintenir le travail réalisé pour structurer le réseau, tout en privilégiant les interactions entre les membres. Le lancement de l’Intranet collaboratif sécurisé de l’enseignement français à l’étranger « Orion » s’inscrit dans cette démarche.

    Enfin, la nouvelle année devrait marquer le renforcement de la politique plurilingue de l’Agence, avec l’augmentation et le renforcement du nombre de langues enseignées et de sections internationales. Un plan déjà bien huilé car le réseau a vu le nombre de ses sections internationales doubler en cinq ans, pour atteindre un total de 241 sections dans 117 établissements et présentes dans 54 pays, à la rentrée 2021. A savoir que plus de la moitié des classes internationales sont anglophones, et que la deuxième langue la plus représentée est l’arabe avec 65 sections plurilingues.

    Au sein de la MLF

    Dans les établissements de la Mission Laïque Française (MLF), l’année 2022 est synonyme de fête, puisque les 120 ans du réseau seront célébrés en mai. Pour l’occasion, un congrès est prévu à Rabat, au Maroc. Michel Bur, chef du service de la pédagogie, espère bien que l’évènement pourra se tenir et avoue qu’une alternative en ligne sera prévue si la pandémie vient jouer les troubles fêtes.

    Par ailleurs, il confie qu’un tel anniversaire est l’évènement parfait pour se questionner sur le réseau, son identité et son avenir. C’est pourquoi le congrès se voudra participatif et organisé autour de ces trois interrogations. Des sujets d’ores et déjà à l’ordre du jour au sein de la MLF.

    Depuis la rentrée 2021, un cycle de conférences et de débats a été initié. Deux évènements d’une heure environ, ont déjà eu lieu et ont réuni plus de 5000 élèves, parents, professeurs et invités par vidéo-conférence, sur les thèmes de « l’importance du multilinguisme » et « la résilience pendant la pandémie », et sont disponibles en ligne.

    « Les conférences servent à réfléchir à l’école d’aujourd’hui et de demain, tous ensemble. Nous sommes sur un processus de pyramide inversée, où les idées viennent d’en bas pour remonter au sommet ».

    Michel Bur, chef du service de la pédagogie au sein de la Mission laïque française

    Dans la même idée, des semaines thématiques pour le personnel enseignant ont été balisées au cours l’année 2022. Organisés en dehors du temps scolaire, des discussions autour de l’éducation seront mises en place dans tous les établissements du réseau.

    Finalement, parents, professeurs et établissements ont fait le vœu de faire progresser l’enseignement français à l’étranger, dans l’optique d’apporter le meilleur à leurs enfants ou élèves et de faire rayonner la France à l’international.

  • L’inflation immobilière est-elle une fatalité ?

    L’inflation immobilière est-elle une fatalité ?

    L’inflation est une manifestation monétaire de la rareté. La force de la reprise faisant suite à une désorganisation des circuits de production, a provoqué un déséquilibre entre l’offre et la demande, entraînant une hausse des prix dans un environnement de liquidités abondantes. La France qui dans le passé avait une tradition d’inflation élevée semble, pour le moment, être préservée. Le taux d’inflation n’y dépasse pas 2,8 % sur un an au mois de décembre quand des taux supérieurs à 5 % sont constatés chez ses partenaires. Cet écart est une illusion d’optique. 

    Avec le plafonnement de la hausse des prix de l’énergie et en particulier de l’électricité, l’Etat prend à sa charge une partie de l’inflation. En règle générale, les gouvernements tentent de réguler les marchés face à la hausse des prix. Il en fut ainsi après la Seconde Guerre mondiale jusque dans les années 1980 avec le recours à la fixation administrative d’un certain nombre de prix ou même à leur blocage pur et simple. La libération des prix a été engagée par le Gouvernement de Raymond Barre en 1979 puis fut achevée par Pierre Bérégovoy en 1986 avec l’instauration du marché unique des prix.

    Erosion du niveau de vie des ménages 

    Depuis quelques années, le contrôle des prix revient à la mode que ce soit en matière d’immobilier avec l’encadrement des loyers ou avec l’énergie. Cette tentation s’explique par l’érosion indirecte du niveau de vie des ménages. 

    Depuis une génération, le budget des ménages est de plus en plus grevé par la hausse des dépenses dites pré-engagées qui comprennent celles liées au logement, aux abonnements liées aux techniques de communication, aux services financiers et à celles liées aux assurances. Elles représentent 35 % des dépenses de consommation. 

    La progression des dépenses contraintes oblige les ménages à arbitrer sur les autres postes de dépenses : transports, loisirs, équipements, habillement. La baisse des prix d’un certain nombre de biens, notamment ceux importés des pays émergents, a permis de compenser la hausse de l’immobilier. Il n’en demeure pas moins que les locataires paient un lourd tribut en termes de budget, leur loyer pouvant en représenter, à lui seul, plus de 30 %. 

    Le doublement des prix de l’immobilier depuis le début du siècle, même s’il n’est pas intégré dans le taux d’inflation de l’INSEE qui est calculé à partir de l’évolution du prix des biens de consommation, constitue un réel problème social majeur pour de nombreux ménages. 

    Les jeunes actifs éprouvent de plus de plus de difficultés à se loger. Ils sont bien souvent contraints d’habiter loin de leur travail. Il n’est pas surprenant que cette population soit, aujourd’hui, la plus encline au développement du télétravail voire à la « grande démission ». 

    Face à la hausse des prix de l’immobilier, en Allemagne, au Canada, en Suède mais aussi en France, une contestation prend forme afin soit de la limiter, soit de réserver les logements à la population locale. L’inflation immobilière est un fléau qui est le produit des taux bas et d’une rareté entretenue. Les faibles taux d’intérêt que les banques centrales imposent, tout autant pour relancer l’économie que pour maintenir la solvabilité des Etats, alimentent une spéculation qui enrichit virtuellement les actuels propriétaires.

    La réglementation a réduit le foncier disponible 

    La hausse des prix est aussi le résultat d’une insuffisance chronique de logements. Au nom de la défense de l’environnement mais aussi par conservatisme, la réglementation a réduit, ces dernières années, le foncier disponible. Par ailleurs, de nombreux élus reprenant les souhaits de leur électorat, s’opposent fréquemment à la construction de nouveaux logements. Les projets immobiliers font l’objet de recours multiples, ce qui ralentit leur réalisation. 

    Dans tous les pays occidentaux, malgré la demande, la réalisation de logements neufs peine à retrouver son niveau d’avant 2007. Les coûts croissants de construction attisent également la hausse des prix. Les normes environnementales y ont une part de responsabilité tout comme la faible industrialisation du secteur. 

    A la différence de nombreux autres secteurs économiques, le bâtiment peine à réaliser des gains de productivité. Ce secteur est peu concentré, freinant la diffusion des innovations. Les inégalités patrimoniales qui s’accroissent depuis trente ans sont la conséquence des déséquilibres du marché de l’immobilier. Les politiques de soutien au logement mises en œuvre ont échoué. Comme l’a souligné, à plusieurs reprises, la Cour des Comptes, elles ont avant tout contribué à augmenter les prix. 

    Face à cette situation, certains préconisent l’alourdissement des droits de succession, l’introduction de nouveaux impôts ou le durcissement de l’encadrement des loyers, quand d’autres demandent au contraire l’inverse. Une action sur l’offre semble s’imposer pour résoudre la crise des logements. Cette action ne signifie pas de rééditer les erreurs des années 1960 qui ont abouti aux problèmes des banlieues. Avec l’expérience acquise, les urbanismes devraient être à même de proposer la construction de quartiers d’ensemble associant habitation, lieu de travail et loisirs. 

  • Affaire Benjamin Brière : sa soeur en appelle à Emmanuel Macron

    Affaire Benjamin Brière : sa soeur en appelle à Emmanuel Macron

    En mai 2020, au coeur de la République islamique d’Iran, le Français de 36 ans Benjamin Brière, est arrêté par les forces de l’ordre et placé en détention pour cause d’espionnage, alors qu’il traversait le pays en simple touriste dans un van emménagé.

    Son tort aurait été d’avoir pris des photos à l’aide d’un drone, de zones interdites dans un parc naturel d’Iran.

    Incarcéré depuis bientôt deux ans, il devrait être jugé dans peu de temps pour « espionnage » et « propagande contre le système » politique iranien, selon son avocat. Des peines punies respectivement de la peine de mort, toujours en vigueur dans le pays, et de trois mois à un an d’emprisonnement.

    Pour tenter de le faire sortir de là, sa soeur Blandine, a rédigé une lettre ouverte parue dans le magazine Le Point, dans laquelle elle considère que son frère est retenu « sans fondement » et qu’il est réduit à un « instrument de négociations qui le dépassent ».

    « Le président est la personne la mieux placée pour nous aider. Je souhaiterais qu’il utilise tous les moyens diplomatiques à sa disposition pour sortir mon frère de là. Nous sommes aujourd’hui totalement désemparés, car, jusqu’ici, personne n’a rien fait de concret pour Benjamin ».

    Blandine Brière à l’hebdomadaire Le Point

    Ainsi, la soeur de Benjamin Brière appelle le président de la République pour qu’il puisse obtenir sa libération.


    Pour communiquer avec Blandine :
    https://www.instagram.com/blondineb/

    Pour signer la pétition :
    https://www.change.org/p/emmanuelmacron-lib%C3%A9rons-benjamin-bri%C3%A8re-en-gr%C3%A8ve-de-la-faim-dans-une-prison-iranienne-freeben

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  • Une Française tuée sur un marché au Maroc

    Une Française tuée sur un marché au Maroc

    Selon la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), la victime d’un meurtre gratuit dans un marché marocain ce samedi 15 janvier, a été identifiée comme « une ressortissante française âgée de 79 ans, résidant dans un camping proche de la ville de Tiznit« , au sud d’Agadir. Une femme qui comme de nombreux Français avait décidé de passer une partie de l’année en expatriation au Maroc pour profiter de sa retraite.

    Un Marocain de 31 ans

    La police a arrêté samedi soir à Agadir un homme âgé de 31 ans et des investigations sont en cours pour déterminer les motifs de son acte, ajoute la DGSN, qui ne précise pas quand la femme a été tuée. La police avait indiqué plus tôt qu’une enquête judiciaire avait été ouverte pour interpeller un « suspect présumé dans une affaire de coups et blessures à l’aide de l’arme blanche, ayant entraîné la mort d’une ressortissante étrangère« . 

    Marocain arrêté ce samedi après l’assassinat d’une Française sur un marché au Maroc ©AFP

    Selon les données préliminaires de l’enquête, le suspect a causé la mort « à l’aide d’un objet tranchant alors qu’elle se trouvait au marché municipal de Tiznit« , indique la DGSN, ajoutant ne pas exclure « l’hypothèse d’une agression pour vol« .

    Préméditation

    Le suspect est soupçonné d’avoir commis « un meurtre prémédité et une tentative d’assassinat« , selon la même source. 

    « Il a été arrêté après avoir tenté d’agresser physiquement les clients d’un café sur la côte d’Agadir, dont une victime belge qui a été transportée à l’hôpital pour recevoir les soins nécessaires » selon le parquet de la ville.

    Il est par ailleurs précisé que le suspect avait auparavant été admis dans un hôpital psychiatrique « du 25 septembre au 25 octobre 2021« .

  • Un jeune Français pousse une Belge sur les rails du métro à Bruxelles

    Un jeune Français pousse une Belge sur les rails du métro à Bruxelles

    Le 14 janvier 2022 vers 19h45, les services de police belges sont appelés à intervenir dans la station de métro « Rogier » car un jeune homme venait de pousser une dame sur les voies du métro, explique dans son communiqué le Parquet de Bruxelles.

    La femme n’est pas blessée

    Né en 1998, le jeune Français, résident belge, a poussé une femme alors qu’il ne la connaissait pas. Il l’a projetée sur les rails juste avant l’arrivée d’un métro. Après cet acte odieux, l’individu a pris la fuite en courant. Des personnes sur le quai ont alerté le conducteur du métro qui a réussi, en effectuant un freinage d’urgence, à ne pas heurter la victime.

    Les passagers ayant assisté à la scène sont descendus sur la voie pour porter assistance à la victime et la remonter sur le quai. Fort heureusement, elle a pu regagner son domicile après un passage à l’hôpital pour y subir des examens.

    Interpelé grâce aux caméras

    Comme le relate CNEWS, le suspect a été interpellé grâce aux caméras de surveillance quelques minutes après les faits. Celui-ci se trouvait dans une autre station. Un mandat d’arrêt a été requis contre lui pour tentative de meurtre par le procureur du Roi de Bruxelles. «L’enquête suit son cours afin de déterminer les circonstances exactes des faits ainsi que le mobile du suspect», a affirmé Sarah Durant, la substitute du procureur du Roi, dans un communiqué.

    Le jeune auteur a été auditionné par la police avant d’être mis à la disposition du parquet de Bruxelles et il n’a, a priori, aucun lien avec la victime, qui semble donc avoir été choisie au hasard. Le juge d’instruction l’a entendu samedi, et il a délivré un mandat d’arrêt à son encontre, après l’avoir inculpé de tentative de meurtre. Jusqu’à présent, rien ne permet de comprendre quel est son mobile, et on ne connaît pas son état mental : un expert psychiatre a été désigné par le juge d’instruction pour vérifier l’état du suspect, a exposé le parquet sans faire d’autre commentaire « afin de ne pas nuire à l’enquête. »

    La famille expatriée en Belgique se désolidarise

    Le suspect est originaire d’un village situé entre Paris et Strasbourg. Un membre de sa famille a régi dans le quotidien flamand Het Nieuwsblad.

    « C’est incompréhensible. Nous espérons que la femme est bien entourée et qu’elle ne souffre d’aucun dommage permanent. Lui ? Il doit faire face à ses problèmes. Nous espérons que justice sera rendue à cette femme. »

    Frère de l’auteur des faits

    Pour le moment, on ne sait toujours pas ce qui a poussé le jeune Français à pousser cette dame sur les rails du métro à Rogier. A priori, il ne connaissait pas la victime. Sur les images de vidéo-surveillance, on le voit en t-shirt en plein hiver et sans masque.

    Vendredi, l’homme a été auditionné par la police. Il n’était pas très bavard. Il a été inculpé pour tentative de meurtre.

  • L’UE apporte un soutien cyber à l’Ukraine et fonde ses espoirs sur le format Normandie

    L’UE apporte un soutien cyber à l’Ukraine et fonde ses espoirs sur le format Normandie

    Dans un contexte de tensions avec la Russie et après une cyberattaque massive, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont promis vendredi (14 janvier) un soutien supplémentaire à l’Ukraine. La France et l’Allemagne, quant à elles, entendent relancer les efforts de médiation entre Kiev et Moscou.

    Le diplomate en chef de l’UE, Josep Borrell, a annoncé une réunion d’urgence du Comité politique et de sécurité de l’UE [COPS] et a déclaré que les unités de réponse rapide de l’UE en matière de cybersécurité étaient activées pour fournir une assistance à Kiev.

    « Nous mobilisons toutes nos ressources pour aider l’Ukraine à faire face à ce type de cyberattaque», a déclaré M. Borrell.

    Interrogé sur l’origine de l’attaque, M. Borrell a refusé de spéculer en l’absence de preuves irréfutables. « On peut très bien imaginer avec une certaine probabilité ou avec une marge d’erreur, d’où elle peut venir », a-t-il toutefois déclaré.

    Reconnaissant qu’il était « de taille considérable », il a ajouté : « Je crains fort que ce ne soit pas le dernier. »

    Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont également mis en garde la Russie contre une réponse « musclée » à toute action militaire contre l’Ukraine, après qu’une cyberattaque massive contre le pays a accentué les craintes que Moscou se prépare à envoyer des troupes.

    Ils ont également convenu d’un plan en dix points sur la manière de traiter avec la Russie — un mélange de dissuasion et de dialogue, par exemple sur le contrôle des armements.

    Initiative franco-allemande

    Les ministres ont affirmé leur détermination à poursuivre les pourparlers sur autant de canaux que possible, tout en reconnaissant que des préparatifs doivent être effectués en cas d’échec.

    Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré aux journalistes à Brest que lui et son homologue allemande, Annalena Baerbock, prévoient d’effectuer une visite conjointe en Ukraine.

    « Mme Baerbock se rendra d’abord en Ukraine pour sa visite inaugurale et préparera ensuite une visite conjointe franco-allemande sur la ligne de démarcation », a déclaré M. Le Drian. Selon des sources diplomatiques françaises, cette visite pourrait potentiellement avoir lieu d’ici février.

    « La France et l’Allemagne poursuivront leurs efforts pour parvenir à un retour à la mise en œuvre des accords de Minsk », a ajouté Le Drian.

    Or, selon les rapports quotidiens de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe [OSCE], les violations du cessez-le-feu sont régulières.

    L’initiative diplomatique franco-allemande intervient alors que les nombreuses discussions de cette semaine entre les responsables occidentaux et russes n’ont apparemment pas permis de désamorcer les tensions entre Moscou et Kiev.

    Les pourparlers dans le cadre du format Normandie, qui réunit des responsables ukrainiens, russes, allemands et français pour aider à mettre fin au conflit entre les forces gouvernementales et les séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine, sont au point mort depuis novembre.

    Des diplomates français et allemands de haut rang se sont rendus à Moscou au début du mois pour voir comment le format pourrait être relancé.

    Mme Baerbock a déclaré plus tôt dans la journée de vendredi [14 janvier] qu’il y avait encore de la place pour la diplomatie avec la Russie.

    « En particulier dans les moments de crise, la diplomatie exige beaucoup d’endurance, de patience et des nerfs solides », a déclaré M. Baerbock.

    Dans le cadre de ces efforts visant à « utiliser tous les canaux de communication possibles » et après sa visite à Kiev, Mme Baerbock doit se rendre à Moscou, où elle rencontrera mardi [18 janvier] le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

    Il n’est toutefois pas clair quel format de discussions serait le plus approprié pour réaliser des progrès.

    Le président ukrainien, Volodymyr Zelenskiy, a déclaré mardi [11 janvier] que Kiev était prêt à accueillir un nouveau sommet entre l’Ukraine, la Russie, la France et l’Allemagne.

    « Il est temps de s’entendre sur la fin du conflit, et nous sommes prêts à prendre les décisions nécessaires lors d’un nouveau sommet des dirigeants des quatre pays », a déclaré M. Zelenskiy dans un communiqué.

    Toutefois, l’Ukraine a également proposé vendredi des discussions à trois avec le président américain Joe Biden et le président russe Vladimir Poutine, soulevant une fois de plus les questions de certains diplomates de l’UE quant à savoir si ce format de discussion serait préféré à un format dirigé par l’Europe.

    « Nous attendons toujours la réaction à ce sujet, je pense, du côté russe. Mais nos partenaires américains prennent notre proposition avec un certain intérêt », a déclaré le chef de cabinet du président ukrainien, Andriy Yermak, lors d’un événement à Washington.

    Le « format Normandie » d’octobre 2015 à l’Élysée, Paris – Wikimedia commons

    L’UE de retour dans la partie

    M. Borrell a déclaré qu’il était « évident que la Russie a essayé de nous diviser en passant par-dessus l’UE comme si nous n’existions pas. En nous ignorant, elle a essayé de nous diviser », répondant aux critiques de la semaine dernière selon lesquelles « l’Europe n’était pas à la table » des négociations entre l’Occident et la Russie.

    « Mais les États-Unis n’ont pas joué le jeu. Au contraire, dès le premier moment, ils nous ont assuré que rien ne serait discuté ou décidé sans une coordination et une participation des Européens », a-t-il ajouté.

    Interrogé pour savoir s’il voyait un rapprochement des positions des 27 de l’UE sur les questions de sécurité après les échanges de cette semaine, M. Borrell a répondu : « Certainement. »

    « Quand on discute en abstrait, on se permet plus de divergences que quand on fait face à un problème commun », a-t-il ajouté.

    Ses remarques interviennent alors que l’UE s’apprête à adopter le tout premier document de stratégie militaire de l’Union, appelé « Boussole stratégique ».

    Rédigée par le service diplomatique de l’UE [EEAS] et les agences de sécurité nationale, la première partie du nouveau plan militaire de l’UE est censée couvrir les risques et les tendances en matière de sécurité dans l’Union et dans le monde.

    « J’ai eu le drôle de sentiment que nous étions déjà en application de la Boussole stratégique au cours de cette réunion informelle avant même qu’elle ne soit mise en œuvre, puisque nous sommes engagés depuis hier après-midi dans des discussions sur des questions centrales concernant notre sécurité », a déclaré M. Le Drian aux journalistes à Brest.

    L’UE devrait consacrer un soutien plus fort, y compris en matière de sécurité et de défense, à ses partenaires orientaux, selon la dernière version du prochain document de stratégie militaire, vue par EURACTIV.

    Interrogé par EURACTIV à Brest sur la forme que pourrait prendre ce soutien, au-delà de l’aide financière, M. Borrell n’a pas voulu entrer dans les détails avant que le document final ne soit adopté.

    « Nous ne sommes pas une alliance militaire, mais financièrement et diplomatiquement, nous soutenons l’Ukraine et l’Ukraine en est tout à fait consciente », a déclaré M. Borrell, évoquant le financement par la Facilité européenne pour la paix [FEP], un instrument qui, en décembre, a affecté 31 millions d’euros à l’aide à la sécurité du pays.

    « Je dois dire que l’ambiance actuelle nous a aidés à poursuivre nos efforts en faveur du Boussole stratégique et nous donne raison », a ajouté M. Borrell.

    « Certains États membres plus hésitants ont reconnu et saisi cette chance, simplement parce qu’ils estiment que le contexte montre clairement que nous en avons besoin », a-t-il déclaré à EURACTIV.

  • Russie : aimer qui ne t’aime pas est du temps perdu.

    Russie : aimer qui ne t’aime pas est du temps perdu.

    A l’évidence, La Russie est plus européenne qu’asiatique. L’Europe aurait tout intérêt à un partenariat et plus encore, pour ne pas parler d’alliance. Nombreux sont ceux, en Europe, qui l’espèrent. Ils ont raison, mais commencent à avoir tort. Pour se marier, il faut être deux : aimer qui ne t’aime pas est du temps perdu

    Dommage : aimer l’Europe est un destin russe. Les Russes vivent mieux que du temps de l’URSS, mais moins bien que les Polonais ou les Baltes, qui ont bénéficié d’autres libérations. Le PIB de la Russie reste faible, sa population diminue. Poutine rêve de puissance, se veut le fort des faibles, le flibustier du désordre occidental, soutient partout l’anti-américanisme.  Facile. Utile ? Il a, un temps, considéré les Allemands, pour leur puissance économique, et les Français, pour leurs armes et leur différence avec les Américains. Mais les États-Unis sont le seul interlocuteur auquel il veut se mesurer. 

    Les États-Unis, seul interlocuteur auquel Poutine veut se mesurer.

    Lavrov a moqué les Européens, qui se seraient exclus eux-mêmes des discussions sur l’Ukraine par leur inexistence. Le Format « Normandie » avec la France et l’Allemagne est jeté aux oubliettes.

    Que veut la Russie ? Faire reconnaitre, par les Américains, sa sphère d’influence. Retrouver le glacis russe, patiemment constitué par les tsars puis l’URSS. Poutine a ainsi pris la Crimée, réduit la Tchétchénie, corrigé la Géorgie, arbitré entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, maintenu la Transnistrie, conforté la Biélorussie, et, dernièrement encore, la Kazakhstan. Le nouveau Président Tokaiev, pour s’affranchir de son prédécesseur Noursoultan Nazarbaïev, a réclamé l’envoi de troupes russes, moins pour tirer sur les manifestants, que pour s’afficher en fidèle vassal de son suzerain. 

    Joe Biden et Vladimir Poutine (Denis Balibouse/Pool Photo via AP)

    Personne n’est prêt à mourir pour le Donbass. Ni même pour Kiev. Sinon, vraisemblablement, les Ukrainiens. Mais en quoi la « finlandisation » de l’Ukraine gênerait-il qui que ce soit ? La finlandisation signifiait que rien ne se fit en Finlande de contraire aux intérêts de l’URSS. Quand on demanda à Staline pourquoi, après la guerre, ne pas occuper la Finlande, il répondit : « Pourquoi l’occuper, puisqu’ils font ce que je dis. » C’est éviter des coûts d’occupation, voire les embarras d’une résistance, comme l’avait montré les Finlandais face à l’Armée rouge.

    Personne n’est prêt à mourir pour le Donbass.

    Poutine pense que les Américains pourraient bien accepter sa « juste » revendication de la finlandisation de l’Ukraine. Quant aux Européens, ils ne feront rien. Qui peut croire que sanctionner la Russie la ferait changer d’avis ? Les Américains, ont suggéré de sanctionner des personnes, dont Poutine lui même. Comme si Poutine était sensible à un blocage de comptes. N’ont-ils pas, à quelques kilomètres de leurs côtes, l’exemple de Cuba : les sanctions renforcent les dirigeants, qui s’enrichissent des pénuries. ? Seule la Chine a gagné aux sanctions contre la Russie. 

    Mais voilà, Poutine se trompe, lui aussi. L’intérêt des Américains n’est pas en Ukraine, c’est vrai, il est en Asie. Mais Biden ne peut se permettre, après avoir évacué l’Afghanistan, après avoir laissé le PCC prendre la main sur Hong Kong, laisser la Russie dominer la libre Ukraine : cela encouragerait la Chine à prendre Taïwan.

    L’annonce qu’il n’y a pas d’accord peut être le signe d’un accord.

    Normalement, rien ne devait se passer. La non-guerre a commencé : des cyberattaques massives ont eu lieu contre l’Ukraine, mais la Russie a arrêté une bande de hackers qui avait attaqué des entreprises américaines. Nordstream2 va pouvoir entrer en service, au détriment de l’Ukraine. En fait les troupes russes sont un peu des gaziers : le gaz russe passera bien par la baltique. L’annonce qu’il n’y a pas d’accord peut être le signe d’un accord mutuel pour que personne ne perde la face. Biden et Poutine, deux durs de durs qui se retiennent de faire un malheur.

    Poutine peut-il sortir vainqueur de tout cela ? Forcément, puisque Poutine sera encore en place quand Biden finira son mandat. Personne, pour l’instant, ne semble en mesure de s’opposer à lui en Russie. Il en est ainsi de tous les autocrates, jusqu’à ce qu’ils tombent. D’où leur peur perpétuelle.

    Est-il possible qu’une guerre ait lieu, une vraie guerre, comme celle du Donbass, avec des civils sous les bombes ? La stupidité, l’auto-allumage, le souci du prestige peuvent aller loin. Andropov, ancien chef du KGB devenu patron de l’URSS, était convaincu d’une attaque éclair de l’Amérique, et avait mis au point une attaque nucléaire préventive. Il fallut que Thatcher, informée par des sources internes au KGB, alerte Reagan pour inverser les signes. Ce fut un vrai risque de 3ème guerre mondiale, par l’auto intoxication de dirigeants effrayés. Tout est possible par bêtise.

    Poutine gagnant ? La Russie perd un peu plus chaque jour de sa force. Sur cette pente, elle sera plus faible après Poutine qu’avant. Elle est en Syrie, qu’y gagne-t-elle ? Une flotte vieillissante en Méditerranée, qui a toutes les peines à se protéger ? Des batteries de missiles qui regardent passer les avions israéliens bombarder leurs alliés syriens et iraniens ? Elle s’oppose aux Turcs, qu’elle cajole par ailleurs, dans une alliance aussi solide que la Neva gelée. Et les Turcs dévissent. Leur niveau de vie est désormais inférieur à celui de 2008, avant l’arrivée d’Erdogan au pouvoir.

    Malgré les rodomontades, les armes russes sont moins performantes qu’annoncé.

    La Russie a repris pied en Afrique, en Libye, en Centrafrique, au Mali. Pour quels intérêts ? Avec quels ressentiments de la part des populations et des gouvernements africains, qui ne voient dans les mercenaires que des pilleurs. Les bénéfices économiques de la Russie en Afrique restent très inférieurs à ceux du … Japon.  Mieux vaut construire des Toyota que d’exporter des soldats.

    L’Algérie a refusé les dernier Sukhoï, comme l’Egypte, comme l’Indonésie.

    Partout la Russie apparait comme un soutien aux pirates, autocrates, mercenaires, hackers, et autres corrupteurs et pilleurs de tombes. Est-ce un bénéfice « stratégique » ? Tant qu’elle exportera des armes, la Russie sera intouchable. Sauf que malgré les rodomontades, les armes russes sont moins performantes qu’annoncé. L’Algérie, vient, contre toute attente, de refuser les dernier Sukhoï. Comme l’Egypte. Comme l’Indonésie. Les Sukhoï, comme les batteries sol-air, comme les missiles hypersoniques, ne sont pas les merveilles survendues.

    Occuper la Crimée, tenir en respect les supplétifs syriens des Turcs, peut-être. Rivaliser dans la course aux armes technologiques actuelles est plus difficile. Dans dix ans, malgré un budget militaire important, les armes russes ne seront plus au point : couvrir tout l’arsenal militaire, du spatial aux armes légères, revient trop cher. Là aussi, des accords avec la Russie seraient profitables.

    La Russie est dans l’impasse, l’Europe aussi.

    La Russie est donc dans l’impasse. Elle repose sur un nuage de gaz. Le pire serait de croire à la force. Bien dommage, car l’Europe perd un allié potentiel naturel. Les efforts faits par la France se sont perdus dans l’incertitude, bloqués par l’aimant américain, que les menaces russes renforcent. Est-il possible de faire comprendre à la Russie qu’on l’aime ? Est-il possible d’être aimé par la Russie ? Peut-être est-ce trop tard. L’impasse russe est une impasse aussi pour l’Europe, au seul bénéfice des Américains, et des Chinois. Que c’est triste l’amour ! Dire qu’il faudrait revenir se coucher dans le lit de l’OTAN.

    Laurent Dominati

    a.Ambassadeur de France

    a.Député de Paris

    Président directeur général de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Le passe vaccinal définitivement adopté ! Ce que ça change

    Le passe vaccinal définitivement adopté ! Ce que ça change

    Ce dimanche 16 janvier, le texte de loi sur le passe vaccinal a été adopté en dernière lecture par l’Assemblée nationale. Après deux semaines de péripéties au Parlement, la loi a reçu 215 voix pour et 58 contre. Selon la présidente de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, « le passe vaccinal pourrait être applicable à la fin de la semaine prochaine ».

    Vaccin obligatoire pour les loisirs

    Après deux semaines chaotiques, le Parlement a adopté, dimanche 16 janvier, le projet de loi controversé instaurant le passe vaccinal, après un ultime vote des députés (215 voix pour, 58 voix contre et 7 abstentions). Il faudra alors pouvoir justifier d’un statut vaccinal complet pour accéder aux activités de loisirs, restaurants et bars, foires ou transports publics interrégionaux. Pour rappel, votre vaccin doit être reconnu par l’OMS pour être valable en France. Pour ceux résidant en Europe, pas de souci, le certificat européen sera toujours actif sur le territoire national, pour les autres, il faudra donc faire encoder vos vaccins soit par un centre de vaccination français soit par un médecin ayant accès au registre de vaccination de la sécurité sociale française.

    Olivier Veran à l’Assemblée nationale (Photo by Thomas SAMSON / AFP)

    Contrairement au passe sanitaire, le passe vaccinal ne s’appliquera pas dans les établissements et services de santé, ni dans les trajets continent-Corse en bateau ou avion, ni pour les sorties scolaires et les activités périscolaires et extrascolaires, culturelles ou sportives jusqu’à l’âge de 16 ans.

    Saisie du Conseil constitutionnel

    Le gouvernement espère une mise en œuvre du passe vaccinal très rapide, après de possibles recours auprès du Conseil constitutionnel. Les parlementaires socialistes ont prévu de saisir le Conseil constitutionnel pour garantir le respect des « libertés fondamentales ». 

    « Nous sommes 60 députés à saisir le Conseil constitutionnel. les signatures sont transmises dans la foulée du vote »

    Sur LCP le député LFI Ugo Bernalicis

    Alors que quelque 300.000 contaminations sont enregistrées quotidiennement en moyenne depuis une semaine, le gouvernement espère une mise en œuvre du passe vaccinal autour du 20 janvier.

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