Après un conseil de défense sanitaire qui s’est tenu jeudi 20 janvier dans la matinée à l’Elysée, le Premier ministre, Jean Castex, a dévoilé le calendrier de levée des restrictions en France.
Alors que le nombre de patients admis en soins critiques s’est stabilisé dans le pays, le nombre de contaminations, lui, ne cesse d’augmenter. Mercredi 19 janvier, plus de 436.000 personnes ont été testées positives en France, soit 20% de plus que le mardi précédent. Dans deux régions – l’Île-de-France et la Corse – le nombre de nouveaux cas avait pourtant diminué, avant de repartir à la hausse depuis quelques jours. Cependant Jean Castex a identifié des points positifs comme le recul du variant Delta et le pic des contaminations qui s’annonce.
Avec Olivier Véran, lors de la conférence de presse de ce jeudi 20 janvier 2021, le Premier ministre a annoncé un calendrier précis après être revenu sur la mise en place du passe vaccinal.
Passe vaccinal le 24 janvier 2022
La date était encore peu certaine, elle est désormais officielle : le passe vaccinal devrait entrer en vigueur dans toute la France le lundi 24 janvier 2022, si le Conseil constitutionnel le valide. Par ailleurs, la dose de rappel vaccinal sera étendue à tous les adolescents de 12 à 17 ans dès le même jour.
Le passe sanitaire tel qu’on le connait actuellement n’existera plus sauf pour les 12-15 ans et l’accès aux établissements socio-médicaux. Evoqué il y a quelques semaines, le système allemand « 2G+ » consistant à demander un passe et un test négatif dans certains lieux ne sera pas appliqué en France, explique Olivier Véran. « La loi nous permet de le faire, mais nous n’avons pas l’ambition de le faire », explique-t-il, justifiant ce choix par « le recul » dont on dispose sur la gravité d’Omicron.
Le premier ministre a évoqué les Français établis hors de France en annonçant que le gouvernement veillera à ce que tous les expatriés puissent avoir accès rapidement aux doses de rappel en venant en France et ainsi ne pas être pénalisés. Reste à connaitre les modalités ?
Fin du port du masque en extérieur le 2 février
Le port du masque en extérieur et le télétravail ne seront plus obligatoires à partir du mercredi 2 février. Tandis que les établissements culturels et sportifs accueilleront le public sans jauge si les participants restent assis.
Retour à la normale dans les bars le 16 février
A partir du 16 février, les discothèques pourront rouvrir, les concerts debout pourront reprendre et la consommation debout dans les bars sera à nouveau autorisée. Le gouvernement n’a pas encore décidé si le masque devra être porté dans les discothèques.
Allègement possible du protocole sanitaire dans les écoles
Jean Castex a enfin expliqué que le protocole sanitaire sera « probablement allégé » à la rentrée des vacances de février, notamment concernant le port du masque dans les écoles élémentaires. Pour rappel, les établissements à l’étranger suivent les règles des pays hôtes.
Après des mois de fermeture des frontières, l’Australie s’ouvre à nouveau au monde. Le pays a souffert de cet isolement et le gouvernement enchaîne désormais les annonces pour attirer de nouveau. Pour faire face à la pénurie de main d’œuvre en Australie, une nouvelle aide entre en vigueur.
Un pays qui a besoin de main-d’œuvre permanente
Début 2020, le monde se réveille avec un nouveau virus inédit, et une nouvelle maladie : la Covid-19. Afin de protéger sa population, l’Australie prend une décision radicale : fermer ses frontières à l’international. Des milliers d’Australiens sont alors coincés hors de leur pays.
Cependant, ils ne sont pas les seuls ! Pour les jeunes Français, c’est un rêve qui s’arrête en plein vol. En effet, ils étaient plusieurs dizaines de milliers à venir fouler le sol australien chaque année. L’Australie est le pays qui accordait le plus de PVT (Permis Vacances-Travail) aux jeunes francophones.
Une main d’œuvre exceptionnelle pour l’Australie, notamment pour les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration ou encore de l’agriculture, qui peinent à trouver des travailleurs australiens.
« En général, les Australiens ne travaillent pas vraiment dans le « fruit picking ». Les seuls Australiens avec qui j’ai travaillé dans l’agriculture, ce sont des responsables d’équipe, ou des personnes qui ont hérité de l’exploitation familiale. Très honnêtement, sans la main-d’œuvre étrangère, le secteur de l’agriculture aurait beaucoup de mal à survivre. »
Elias, ancien backpacker qui a travaillé dans plusieurs fermes
L’Australie s’enlise dans cette situation et depuis quelques jours, les supermarchés ont des problèmes d’approvisionnement. Les rayons se vident et la population s’inquiète.
Une aide financière pour pallier la pénurie de main-d’œuvre en Australie
Pour faire face à la situation, le Premier ministre, Scott Morrison, a pris la parole ce mercredi 19 janvier.
« Rejoignez notre main-d’œuvre et aidez-nous dans notre secteur agricole, dans notre secteur hôtelier et dans de nombreux autres secteurs de l’économie qui dépendent de cette main-d’œuvre. »
Scott Morrison, Premier Ministre
Pour cela, le gouvernement a annoncé que les frais de visa des étudiants et des détenteurs d’un PVT seront couverts pendant 8 à 12 semaines. Ainsi, pour les étudiants internationaux qui arrivent au cours des 8 prochaines semaines, le remboursement est de 630 $. Pour les backpackers, la somme n’a pas encore été révélée. L’enveloppe globale est cependant de 55 millions de dollars.
Le gouvernement accordera également 3 millions de dollars à Tourism Australia pour une campagne de marketing ciblant les routards et les étudiants.
Il a ainsi déclaré que les étudiants internationaux pourraient être disposés à combler certaines pénuries critiques de main-d’œuvre « en particulier ceux qui travaillent et sont formés dans les soins de santé, les soins aux personnes âgées.”
Cette aide financière devrait ainsi inciter les plus jeunes à se rendre en Australie. Depuis l’ouverture des frontières le 15 décembre, les arrivées se font toujours au compte-goutte. Pourtant, 150 000 étudiants internationaux et 23 500 backpackers sont attendus dans les prochaines semaines. Un coup de pouce non-négligeable pour pallier la pénurie de main-d’œuvre en Australie et ainsi relancer l’économie du pays. Pour ceux qui se rendent en Australie dans les prochaines semaines, le tuto pour le remboursement est à retrouver ICI.
L’Assemblée nationale a adopté dimanche 16 janvier le texte de loi instaurant définitivement le passe vaccinal en France. Le texte a été approuvé par 215 voix de la majorité, deux tiers des Républicains et une minorité des socialistes. 7 abstentions. 58 députés se sont prononcés contre, dont les Insoumis, les UDI, le RN et trois dissidents LREM. La France insoumise et le Parti socialiste ont annoncé saisir le Conseil constitutionnel pour garantir le respect des « libertés fondamentales », qui doit rendre sa décision ce vendredi 21 janvier, ce qui va, de fait, repousser de quelques jours la promulgation du projet de loi.
Qui est concerné ?
Le passage du texte au Sénat a entraîné une modification de l’âge minimal du passe vaccinal : il ne s’appliquera qu’à partir de 16 ans. Les mineurs de 12 à 15 ans resteront soumis à l’obligation de présenter l’actuel passe sanitaire. L’option de se faire tester ne sera plus possible pour aller au restaurant, au cinéma, dans les bars…
Par contre, le passe sanitaire est maintenu pour l’accès aux hôpitaux, aux cliniques, aux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et aux maisons de retraite. De même, pour l’accès aux transports interrégionaux (trains, TGV…), les voyageurs qui ne disposent pas d’un passe vaccinal pourront présenter un test négatif en cas de motif impérieux d’ordre familial ou de santé.
Enfin, en vue de l’élection présidentielle, un amendement a prévu que les organisateurs de meetings politiques pourront demander un passe sanitaire aux participants. Le certificat de rétablissement Covid reste pris en compte dans le passe vaccinal.
Comment l’obtenir ?
Le passeport vaccinal (ou le certificat de vaccination) est un document officiel qui atteste que la personne a reçu toutes les injections du vaccin contre la Covid-19 (deux doses puis rappel ou une dose puis rappel en cas d’infection antérieure). Dans certains cas toutefois, un certificat de rétablissement à la suite d’une contamination pourra être présenté à la place du certificat de vaccination. Il s’agit d’un « laissez-passer » qui permet à son détenteur d’accéder aux bars, restaurants, activités de loisirs (cinémas, musées, théâtres, enceintes sportives, salles de sport, salles de spectacle…), foires, salons professionnels, grands centres commerciaux (sur décision du préfet), transports interrégionaux (avions, train, bus), ou de se rendre dans un autre pays (si le pays hôte en reconnaît la validité).
La réciproque est vraie, vos vaccinations réalisées au sein de l’Union européenne sont automatiquement reconnues, hors de l’UE si vous avez été vacciné(e) le nombre de fois nécessaire et avec un vaccin reconnu par l’OMS, vous serez éligible au passe vaccinal. Pour cela vous devez faire enregistrer vos doses reçues, prendre attache avec le consulat pour connaitre les démarches réalisables dans votre pays de résidence, sinon vous pouvez demander à un médecin en France de procéder à l’encodage.
Quelles différences avec le passe sanitaire ?
Le passeport vaccinal ne doit pas être confondu avec le passe sanitaire (européen) mis en place en France depuis le 9 juin 2021 et instauré à l’échelle européenne le 1er juillet 2021.
Le passe sanitaire contient : la preuve d’un schéma vaccinal complet, un test PCR ou antigénique négatif de moins de 24 heures ou d’un test PCR positif datant de moins de 6 mois (faisant office d’un certificat de rétablissement)
Le passe vaccinal contient : la preuve d’un schéma vaccinal complet ou le résultat d’un test PCR positif datant de moins de 6 mois (faisant office d’un certificat de rétablissement). Autrement dit, le résultat d’un test négatif ne permet pas d’avoir un passe valide.
Dans les deux cas, un certificat de contre-indication à la vaccination permet d’avoir un passe valide.
Quelle règle au 15 février ?
A partir du 15 février 2022 : le délai pour avoir sa dose de rappel du vaccin Covid sera ramené à 4 mois après la dernière injection.
Le 9 avril 2020 sur le site « OpenTable », un site Web de réservation de couverts dans les restaurants, l’activité était nulle en raison des confinements décidés à l’échelle internationale. En temps normal, des millions de réservation transitent, chaque jour, sur ce site. L’arrêt de la restauration sur place était inimaginable pour des millions de restaurants obligés soit de fermer, soit de modifier leurs activités. La livraison à domicile, la vente à emporter se sont ainsi imposées en quelques jours au point de constituer aujourd’hui des sources pérennes de chiffres d’affaires.
La livraison à domicile qui était une activité marginale pour les restaurants s’est installée sur la durée. Pour des pizzerias à Paris, elle assure désormais plus de 50 % du chiffre d’affaires quand ce taux était inférieur à 10 % en 2019. La restauration est un des plus vieux métiers du monde et s’est adaptée en permanence aux évolutions de l’économie et de la société.
La restauration, un des plus vieux métiers du monde
La vente à emporter a été longtemps la forme de restauration la plus répandue. Les archéologues ont dénombré 158 snack-bars à Pompéi, un pour 60 à 100 habitants, un ratio plus élevé que dans de nombreuses villes actuelles. La viande, le gibier et le poisson prêts à l’emploi étaient disponibles pour les Londoniens à partir des années 1170. Aux Etats-Unis, la première taverne a été ouverte en 1634, à Boston.
L’histoire contestée des restaurants à Paris
A Paris, le premier « restaurant » avec un service sur place date de 1765. Il était situé rue des Poulies ou rue Bailleul. Il avait été créé par un marchand de bouillon nommé Boulanger. Cette version est contestée par l’Almanach du Dauphin de l’année 1777 qui attribue le premier restaurant à messieurs Roze et Pontaillé en 1766, locataires d’une partie de l’Hôtel d’Aligre rue Saint-Honoré. Selon d’autres sources, l’établissement de la rue des Poulies aurait été transféré dans un quartier plus huppé de la capitale ; les propriétaires en déménageant ayant également changé leur noms. Le terme « bouillon » s’est perpétué pour désigner un restaurant.
Le titre du plus vieux restaurant de Paris est également revendiqué par deux autres établissements, « la Petite Chaise », située à Paris au croisement de la rue de Grenelle et de la rue de la Chaise et qui aurait été créée en 1680, et par « la Tour d’Argent » sur les quais de Seine qui existerait depuis 1582. Pour ces deux derniers restaurants, la preuve de leurs origines manquent. Ainsi, « la Tour d’Argent » affirme avoir accueilli pour un déjeuner Louis XIV et sa cour. Les historiens contestent ce fait, n’ayant retrouvé aucun document sur ce sujet. Par ailleurs, les quais n’étaient pas aménagés à l’époque. Les premières traces de « la Tour d’Argent » datent du XVIIIe siècle. L’établissement était alors un cabaret.
Au-delà du titre de premier restaurant de Paris, le principe de la table d’hôte avec une grande table et un menu unique s’est développé à partir du XVIIIe siècle faisant suite à l’essor des cafés dont un des plus anciens à Paris est le Procope, ouvert en 1686. Si dans un premier temps, prévalait le service à la Française en vertu duquel tous les plats arrivent en même temps, le service à la Russe avec la présentation des plats les uns après les autres s’est imposé depuis.
En parallèle aux restaurants ouverts à une clientèle de passage, des cuisines communautaires pouvant avoir un objectif de bienfaisance étaient réservées aux habitants, les étrangers étant souvent refusés. Le charbon étant relativement cher, des familles qui n’avaient pas les moyens financiers pour en acquérir pouvaient ainsi accéder à des plats chauds.
Bouillon Camille Chartier à Paris
La démocratisation des restaurants
Si les restaurants ne se sont pas imposés avant le XVIIIe siècle, c’était en raison de l’inconvenance, à l’époque, de s’attabler à la vue de tous. Les terrasses étaient alors inimaginables. Le développement de la restauration collective est également dû à un changement dans les pratiques commerciales.
Certains historiens estiment que les restaurants sont apparus dans une phase de libéralisation de l’économie. Avant le XVIIIe siècle, les guildes puissantes rendaient souvent difficile pour une entreprise de vendre deux produits différents simultanément. Les bouchers monopolisaient la vente de la viande, les vignerons celui du vin. Les restaurants en vendant de la viande, des légumes, du vin, etc., brisaient cet interdit. Quand le dénommé Boulanger proposait à sa clientèle, à Paris, un plat de « pieds de mouton sauce au vin blanc », les traiteurs ont affirmé que le plat contenait un ragoût, un plat de viande qu’ils étaient seuls autorisés à préparer. Ils ont porté leur affaire devant les tribunaux, mais Boulanger a gagné son procès. Censée marquer le début d’un mouvement dans la France du milieu du XVIIIe siècle vers des marchés plus ouverts, l’histoire est probablement apocryphe.
La loi au service des restaurateurs
En Grande-Bretagne, les réformateurs inquiets de l’ivresse publique ont adopté une loi en 1860 autorisant les lieux servant du vin à proposer également des plats. À peu près à la même époque, les États américains ont commencé à adopter des lois sur la sécurité alimentaire, donnant aux clients plus de confiance dans la qualité des aliments qui jusqu’à maintenant pouvait laisser à désirer. Si les restaurants ont d’abord accueilli des clientèles modestes, dans un second temps, avec l’abandon de la table et du menu uniques, ils ont attiré des clients aisés qui pouvaient montrer leur richesse en commandant des boissons et des plats onéreux.
Le Guide Michelin a été publié pour la première fois en 1900 ; les étoiles sont arrivées vingt-six ans plus tard. En France, en 2019, plus d’un million de personnes travaillaient pour le secteur de la restauration, en hausse de plus de 20 % par rapport à 2001.
La restauration en chiffres
Les Français ont dépensé plus de 57 milliards d’euros en 2019 dans les restaurants. Le développement du tourisme, l’éloignement croissant des lieux de travail du domicile, le changement des modes de vie expliquent cet essor dont a profité, en premier lieu, la restauration rapide. Même si les ménages disposent désormais de cuisines de plus en plus sophistiquées, de robots culinaires, de lave-vaisselles, jusqu’à la crise sanitaire, le nombre de repas pris à l’extérieur du domicile était en constante augmentation. Pour autant, la note des restaurants a fortement progressé ces dernières décennies.
Aux Etats-Unis, en 1930, un repas au restaurant était 25 % plus cher qu’un repas équivalent à la maison ; en 2014, l’écart était passé à 280 %. De 2007 à 2020, le prix d’un repas dans un restaurant trois étoiles Michelin était le double du taux d’inflation sous-jacente. Le recours à la restauration est une question d’offre et de demande.
L’augmentation des flux migratoires constitue un vecteur important dans l’ouverture de restaurants. Les qualifications exigées sont assez faibles tout comme les besoins de capitaux. Les restaurants mettant en avant les cuisines étrangères dépassent en termes de clients la simple communauté dont ils sont l’expression. Les restaurants chinois ou italiens en sont les vibrants exemples.
Le développement du travail des femmes a conduit ces dernières à avoir moins de temps à consacrer à la préparation des repas. Le combat pour l’égalité avec les hommes a aussi amené à une répartition plus équilibrée des tâches au sein des ménages, égalité qui a favorisé la restauration, qu’elle soit sur place ou à livrer. Le décollage des fast-foods en France a commencé à la fin des années 1970 et au début des années 1980, années marquées par la forte progression du taux d’activité féminine.
Les ménages consacrent de moins en moins de temps au repas du fait de la progression de celui dévolu aux loisirs. Le coût utilitaire marginal de la préparation des déjeuners ou des dîners à la maison a augmenté, rendant le prix du restaurant relativement plus abordable.
La crise sanitaire
Le succès des émissions télévisées sur les chefs cuisiniers souligne l’importance que la restauration a prise. Ces derniers sont désormais considérés comme des stars. Si pour certains, le souhait de redécouvrir les charmes du fait à la maison est important, ce phénomène reste assez marginal. Certes, durant les confinements, les ménages auraient repris goût à préparer des plats à la maison. La meilleure preuve en aurait été fournie par l’achat massif d’ustensiles et de robots ménagers. Malgré tout, le grand gagnant de la crise sanitaire en matière de restauration est Uber Eats qui réalise désormais un chiffre d’affaires supérieur à Uber et les VTC.
Après les confinements des années 2020 et 2021, les restaurants ont bénéficié rapidement d’un afflux de clients qui avaient été privés de sorties. Quelle que soit sa forme, le restaurant fait partie des sorties plaisirs pour une grande partie de la population.
Dans les années 1970, Jacques Borel lance une chaine de restauration autoroutière et fait l’objet de critiques acerbes. Il était accusé de proposer des plats industriels. Cinquante ans plus tard, de nombreux restaurants de toute taille se font livrer tout ou partie de leur carte en ayant recours à des cuisines industrielles. La recherche de l’authenticité avec la réalisation de décors anciens côtoie ainsi des pratiques tayloriennes. Les restaurateurs aiment mettre en avant pour rassurer leur clientèle que leur établissement existe depuis des décennies, voire des siècles. Le Procope à Paris en est la parfaite illustration. Si le nom évoque la Révolution française, l’établissement actuel date des années 1950.
Un food-truck à Londres, Angleterre
La diversité des formes de lieux de restauration
La restauration évolue au gré des modes, des comportements, des besoins économiques. Elle se segmente de plus en plus à l’image des autres produits et services. Sur fond de marché en expansion, elle prend des formes de plus en plus multiples, de la vente à emporter jusqu’au restaurant gastronomique. La répartition des restaurants sur le territoire évolue au gré des déplacements de la population. Autrefois, essentiellement en centre-ville, ils se sont développés en périphérie, à proximité des centres commerciaux et des bureaux. Comme les boulangeries, ils peuvent ressembler à des hangars aménagés.
Depuis une dizaine d’années, les camions-restaurants, « les food trucks » ont fait leur retour, permettant d’amener les repas au plus près des consommateurs tout en jouant sur la fibre nostalgie. Ils servent des burgers, des pizzas, des sushis, des crêpes. Ils étaient très présents dans les années 1960 et 1970 avant de connaître un déclin important en raison de la montée en puissance des fast-foods. Le concept avait été mis au point par Charles Goodnight sous le nom du « chuckwagon » durant la Guerre de Sécession aux Etats-Unis reprenant le concept des cantines de campagne chères à toutes les armées. Toujours outre-Atlantique, les camions-restaurants connaissent un succès important à la fin du XIXe siècle en se positionnant à proximité des usines et des cités ouvrières.
C’est devant un hémicycle très agité qu’Emmanuel Macron est venu présenter à Strasbourg, mercredi (19 janvier), le programme de la présidence du Conseil de l’UE que la France assume depuis le 1er janvier.
L’exercice auquel s’est prêté le président de la République avec les eurodéputés, réunis en séance plénière au Parlement européen de Strasbourg, a très vite pris la tournure d’une séance de doléances avec les oppositions en France.
C’est l’eurodéputé Yannick Jadot, également candidat écologiste pour l’élection présidentielle, qui a ouvert les hostilités. « Vous avez fait un beau discours. Tout y était. […] Sauf que vous présidez la France depuis 5 ans et, à ce titre, vous êtes comptable d’un bilan pour la France et l’Europe », a-t-il déclaré, critiquant au passage « l’alliance climaticide avec la Pologne et la Hongrie » au sujet de la taxonomie européenne.
« Vous resterez dans l’histoire le président de l’inaction climatique », a-t-il adressé directement à Emmanuel Macron, ne manquant pas de faire référence au film à succès « Don’t look up ».
Jordan Bardella, député européen du groupe Identité et Démocratie (ID) et président du Rassemblement national (RN), a ensuite pris le relais. « Votre Europe a 60 ans. La nôtre en a 3 000 », a assené M. Bardella, reprochant à Emmanuel Macron sa politique migratoire.
L’élection présidentielle à venir « ne décidera pas seulement du sort de la France mais de l’Europe toute entière », a-t-il estimé à la tribune, qualifiant tantôt son interlocuteur de « diviseur », tantôt de « liquidateur à la tête de l’État français »
« Ce que vous protégez ce ne sont certainement pas les gens dans la galère mais bien les multinationales et les milliardaires », a ensuite dénoncé l’élue La France insoumise (LFI) et co-présidente du groupe de la gauche au Parlement, Manon Aubry. S’adressant au « président du mépris » et citant les petites phrases prononcées par M. Macron qui ont pu défrayer la chronique, elle l’a accusé de « casser les droits sociaux » et « réprimer les mobilisations ».
« La présidence française ne devrait pas être un marche pied électoral », a-t-elle ajouté.
Même son de cloche du côté de François-Xavier Bellamy, membre du Parti populaire européen (PPE). « Le calendrier que vous avez cautionné servira plus votre campagne présidentielle que l’action européenne », a-t-il déploré.
« Je formule le vœu que la Présidence française réussisse et rappelle, une fois encore, que l’intérêt général passe avant l’intérêt particulier, fut-il d’un chef d’État… en campagne », a pour sa part estimé Eric Andrieu des sociaux-démocrates sur Twitter.
Emmanuel Macron et la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, le 19 janvier 2022 – AFP
« Je suis surpris qu’on reproche à qui que ce soit de signer des textes avec la Pologne ou avec la Hongrie », a tenu à répondre le chef de l’État, estimant que le parti pris de M. Jadot reviendrait à « arrêter l’UE tout de suite ».
M. Macron s’est ensuite fendu d’un commentaire à l’égard de M. Bardella qui « très méthodiquement dit n’importe quoi ».
Charte des droits fondamentaux de l’UE
Au-delà des échanges mouvementés, ponctués d’applaudissements ou de cris hostiles, Emmanuel Macron est revenu sur les priorités de la PFUE.
« Nous sommes cette génération qui redécouvre la précarité de l’État de droit », a-t-il déclaré en début de sa prise de parole, avant de faire l’éloge du projet européen et salué « cette Europe qui a qui tenu fermement la barre » pendant la crise sanitaire.
Plus concrètement, Emmanuel Macron a rappelé son soutien au droit d’initiative législatif pour le Parlement européen.
Enfin, il a proposé aux législateurs d’actualiser la charte des droits fondamentaux de l’UE en y incluant la protection de l’environnement et la reconnaissance du droit à l’avortement — à quelques mètres de Roberta Metsola, connue pour ses positions anti-avortement.
Français établis hors de France, nous ne sommes pas toujours pas au fait des évolutions du paysage politique national. Nos élus ou futurs élus sont spécialistes des changements d’opinions, sans parler pour autant de girouettes. Ne vous sentez pas coupables, les Français de métropole sont aussi perdus que nous. 20 jeunes Français ont fait le même constat. Ils ont bidouillé une application dans leur chambre, Elyze, et en quelques jours elle est devenue la plus téléchargée en France. A la veille de la présidentielle, on fait le tour de l’app pour vous.
Vingt bénévoles mobilisés contre l’abstention
C’est la « civic tech » phare du début d’année en France. L’application politique « Elyze » s’est hissée à la première place des applications gratuites de l’App Store d’Apple et du Play Store de Google en France devant TousAntiCovid, Doctolib ou TikTok en à peine une semaine avec plus de 500.000 téléchargements cumulés, selon ses créateurs, cités dans Le Parisien.
Conçue par une vingtaine de bénévoles, dont des jeunes mobilisés contre l’abstention au sein du mouvement apolitique Les Engagés, « Elyze » s’inspire du fonctionnement Tinder et propose de faire matcher ses utilisateurs avec les idées et les thèmes portés par les candidats à la prochaine élection présidentielle. Un « swipe » à gauche, si la proposition n’est pas partagée, un glissement de doigt vers la droite si elle nous plaît.
Pas loin de 500 propositions ont été intégrées à la base de données qui compte une quinzaine de candidats à l’élection, officiellement déclarés ou non, dont fait partie Emmanuel Macron. Elles sont réparties en une dizaine de thématiques allant de l’économie à la sécurité, en passant par l’environnement et l’international. Les créateurs de l’application promettent d’être impartiaux et neutres et invitent les équipes de campagne des candidats à les contacter pour corriger d’éventuelles erreurs dans les propositions.
Un fonctionnement à la Tinder
On connait tous le fonctionnement des apps de rencontres du type Tinder ou Fruitz. Vous avez dès l’ouverture des profils qui s’affichent avec des photos, un nom, un âge et une bio pour que la personne puisse se décrire. Si vous aimez le profil que vous voyez sur votre écran, vous balayez à droite en espérant avoir un match, si vous n’aimez pas le profil, vous balayez à gauche pour exprimer votre refus.
L’application ELIZE reprend le même concept, mais avec les propositions des candidats à l’élection présidentielle de 2022. Les développeurs ont inclus dans l’app les idées des programmes politiques de l’ensemble des candidats (même s’ils ne possèdent pas tous leurs 500 signatures ou qu’ils ne se sont pas officiellement annoncés comme candidat). On retrouve :
Éric Zemmour
Jean-Luc Mélenchon
Valérie Pécresse
Jean Lassalle
Marine Le Pen
François Asselineau
Fabien Roussel
Nicolas Dupont-Aignan
Yannick Jadot
Arnaud Montebourg
Florian Philippot
Philippe Poutou
Anne Hildago
Nathalie Arthaud
Emmanuel Macron
Un algorithme comme assistant
Pour vous aider dans votre choix, un algorithme se charge de proposer un classement des politiques pour lesquels l’utilisateur semble le plus à même de voter à la lumière de ses réponses, ainsi qu’un score de fiabilité, dont la précision dépend du nombre de propositions passées au crible. Ces classements peuvent ensuite être partagés sur les réseaux sociaux ou entre amis, favorisant la viralité de l’application.
Dès que vous aurez répondu à une cinquantaine de propositions, vous commencerez à voir les premières tendances s’actualiser en temps réel. Plus vous répondez et plus votre indice de fiabilité progressera vers les 100%, de notre côté il nous aura fallu environ 30 minutes pour arriver à un classement définitif.
Vous pouvez aussi voir les propositions que vous avez validées et celles que vous avez refusées par candidat. Pour cela, il vous suffit d’appuyer sur le candidat de votre choix dans le classement et vous verrez deux catégories en haut (pouce levé et pouce baissé). Cela permet de rapidement savoir les propositions que vous appréciez et celle que vous détestez par candidat ! ELYZE – Présidentielle 2022 va poursuivre son travail jusqu’aux élections du second tour. Les développeurs s’engagent à ajouter régulièrement les nouvelles propositions qui viendront chez les candidats dans les prochaines semaines. Petite astuce, quand vous vous inscrivez mettez 99999 comme code postal pour désigner le fait que vous résidez à l’étranger. Bonne découverte à tous !
Les autorités du royaume ont choisi de suspendre les liaisons aériennes et maritimes régulières de et vers le Maroc depuis la fin novembre pour se prémunir contre une flambée des cas de contaminations.
Les frontières marocaines sont fermées au moins jusqu’au 31 janvier prochain. Les vols spéciaux de rapatriement vers le Maroc sont également suspendus depuis le 23 décembre.
Transavia : les vols vers le Maroc annulés jusqu’au 17 février
Jusqu’à présent, il y a peu de visibilité sur la date de la reprise des vols internationaux vers le Maroc. La situation sanitaire actuelle dans le royaume, avec une flambée des contaminations à la Covid-19, éloigne la perspective d’une reprise rapide des vols.
Sur son site officiel, la compagnie Transavia, filiale low cost d’Air France, rappelle, ce vendredi 12 janvier, que ses vols vers le Maroc depuis la France restent suspendus jusqu’à la mi-février.
‘’ Dans le sens France vers Maroc : tous les vols Transavia jusqu’au 17 février 2022 inclus sont annulés ‘’, précise la compagnie low cost sur son site.
Si la suspension des liaisons court au moins jusqu’au 17 février prochain, la compagnie n’est pas en mesure de donner une date pour le retour de ses vols vers le Maroc.
Idem pour les vols vers la France depuis le Maroc, la suspension dure également au moins jusqu’au 17 février. Transavia annonce que ‘’ les passagers dont les vols sont annulés recevront une notification par email et un remboursement leur sera proposé.’’
Devant le manque de visibilité, Transavia appelle ses clients qui ne souhaitent plus voyager à reporter leur voyage directement sur son site internet. Ceux qui souhaitent obtenir un avoir ou un remboursement sont invités à contacter le service client de la compagnie.
Les clients Transavia ayant acheté leurs billets d’avion chez des opérateurs privés sont priés de se rapprocher de leur agence.
Des ferrys spéciaux pour le retour des Français
Pour permettre aux Français, aux citoyens européens et aux résidents permanents en France voyageant à bord d’un véhicule immatriculé en Europe de rentrer, un ferry spécial sera mis en place en lien avec les autorités marocaines, a annoncé sur son site web l’Ambassade de France au Maroc.
« Le départ du ferry de la compagnie La Méridionale aura lieu le mercredi 19 janvier 2022 depuis le port de Tanger Med à destination de Marseille » indique l’Ambassade de France à Rabat
En attendant, les autorités de la représentation diplomatique française à Rabat ont indiqué également qu’une inscription est requise par véhicule et par personne sur un lien afin de pouvoir acheter un billet.
« Les personnes inscrites seront ensuite appelées par la compagnie La Méridionale par ordre d’inscription, dans la limite des places disponibles, avec priorité aux personnes déjà munies d’un billet de la compagnie Méridionale (quelle que soit la date). » Ambassade de France à Rabat
Les tarifs sont fixés exclusivement par les compagnies maritimes, ajoute l’Ambassade, rappelant aussi que les vols et traversées spéciales s’opèrent uniquement dans le sens Maroc-France.
Ce premier ferry ayant été rempli à 100% en quelques heures, un nouveau bateau au départ de Tanger pour Marseille est prévu le lundi 24 janvier.
Quelques vols sporadiques
Comme toujours en période de pénurie, il se développe tout un système parallèle. Pour cela direction les réseaux sociaux où des groupes comme « Ressortissants français bloqués au Maroc » pullulent. Les participants s’y échangent les informations sur les quelques vols ici et là que les compagnies aériennes ont réussi avec l’accord du gouvernement marocain à mettre en place.
Comme en 2020 ou en 2021, c’est le système D qui prime !
À compter de la rentrée scolaire 2022, l’option internationale du baccalauréat (OIB) évolue et devient le Baccalauréat Français International (BFI). Les élèves de classe de première de la voie générale qui s’engageront en 2022 dans ce dispositif prépareront pendant leurs deux années du cycle terminal cette nouvelle option internationale, en vue de la première session de l’examen BFI en 2024. Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la réforme du lycée général et du baccalauréat général qui vise à enrichir et diversifier l’offre des parcours proposés aux élèves.
Une voie ouverte uniquement en cycle terminal
Le BFI, ouvert uniquement en cycle terminal, a vocation à accueillir de droit les élèves de sections internationales, sur avis du conseil de classe, mais également tous les élèves issus de dispositifs de renforcement linguistique ou que leur parcours a conduit à maitriser une ou plusieurs langues, après un examen de leur dossier et un entretien. Il doit pouvoir être déployé dans un plus grand nombre d’établissements répartis sur tout le territoire français et dans les établissements à l’étranger afin d’offrir cette excellence et cette ouverture à un plus grand nombre d’élèves, y compris en dehors des grandes métropoles… Dans le réseau à l’étranger où la maîtrise des langues est déjà souvent partagée, les classes BFI doivent pouvoir être en nombre plus important que les actuelles sections internationales de cycle terminal, grâce à la souplesse du processus d’ouverture.
A retenir
Les élèves n’ayant pas suivi de section internationale avant la classe de première peuvent postuler à une préparation du BFI.
Le BFI se décline, selon les établissements, en un parcours bilingue, trilingue ou quadrilingue.
Les enseignements spécifiques (approfondissement culturel et linguistique, discipline non-linguistique) sont renforcés et complétés par le nouvel enseignement de connaissance du monde.
L’engagement de l’élève est valorisé dans le cadre d’un projet mené avec un partenaire international.
Une arborescence de savoirs
L’élève scolarisé en classe menant au baccalauréat français international (BFI) suivra les mêmes enseignements que les élèves engagés dans un parcours de droit commun conduisant au baccalauréat général, à savoir : les enseignements de tronc commun, les enseignements de spécialité et, le cas échéant, des enseignements optionnels dont possiblement une langue vivante C.
Il existe aussi des enseignements complémentaires spécifiques à la préparation du baccalauréat français international :
un enseignement de connaissance du monde ;
un enseignement de discipline non linguistique obligatoire portant soit sur l’histoire-géographie, soit sur l’enseignement scientifique ;
un enseignement d’approfondissement culturel et linguistique.
En complément de ces trois enseignements obligatoires, l’élève scolarisé en classe menant au BFI peut choisir de suivre un deuxième enseignement de discipline non linguistique (facultatif) proposé par l’établissement.
Souplesse dans le choix des langues
Les élèves du BFI peuvent s’orienter vers un parcours bilingue, trilingue ou quadrilingue en fonction de l’offre disponible dans l’établissement et des choix opérés par les élèves. Quel que soit le parcours choisi, la langue vivante A reste la langue de section. À l’horaire de tronc commun s’ajoute un nouvel enseignement spécifique de connaissance du monde en LVA dispensé à hauteur de deux heures hebdomadaires.
Promotion du baccalauréat international en Belgique
Une meilleure reconnaissance
Les accords bilatéraux ont permis de repenser avec les partenaires étrangers les conditions de reconnaissance du BFI par les systèmes d’enseignement supérieur et à proposer des aménagements, le cas échéant, pour améliorer celle-ci.
La création du BFI a ainsi conduit à revoir la place des enseignements internationaux spécifiques. Il permet une meilleure reconnaissance de la qualité du parcours des élèves, de leur engagement et de leur travail, grâce à une valorisation plus marquée en termes de coefficients et une visibilité sur le diplôme.
Les grandes caractéristiques qui font le rayonnement de l’éducation « à la française » y sont confortées : développement de l’esprit critique, des valeurs humanistes et d’une approche méthodique, etc. Le BFI renforce cet aspect par un enseignement spécifique de « connaissance du monde » en LVA (langue de section) répondant à ces objectifs.
L’Allemagne a plaidé lundi (17 janvier) pour le retour de la rigueur budgétaire dans l’UE face aux appels à la souplesse de la France, laissant augurer des discussions difficiles sur la réforme du pacte de stabilité qui contraint les dépenses des Vingt-Sept.
Le mécanisme, qui limite les déficits publics à 3% et la dette à 60% du Produit intérieur brut (PIB), « a prouvé sa flexibilité pendant la crise. Mais maintenant il est temps de reconstruire des marges de manoeuvre budgétaires, c’est pourquoi je défends fortement une réduction de la dette souveraine », a déclaré le ministre allemand des Finances, Christian Lindner.
« L’Europe doit continuer à marcher ensemble dans les années à venir et nous y parviendrons (…) sur la base de notre pacte de stabilité et de croissance », a d’ailleurs assuré ce dernier en visite au même moment à Madrid.
« Je ne pense pas qu’on puisse de façon réaliste s’attendre à des changements fondamentaux sur les critères de dette et de déficit, pour lesquels il faudrait une modification des traités », a poursuivi M. Lindner.
S’il reconnaît le besoin d’une relance des investissements, il estime qu’elle ne serait pas contradictoire avec une réduction de la dette publique et insiste sur la mobilisation des capitaux privés grâce à des réformes structurelles.
La Commission européenne a lancé en octobre une consultation publique sur l’évolution du pacte de stabilité, espérant aboutir cette année à un consensus parmi des Etats membres divisés sur le rythme de réduction des déficits publics après la pandémie.
Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des finances et de la relance – IAEA ImageBank
Pas d’avancée avant juin
M. Lindner a affirmé qu’il s’attendait à ce que ce débat « démarre réellement en juin », quand la Commission aura présenté ses propositions.
Paris a fait de l’avènement d’un « nouveau modèle de croissance » l’un des sujets prioritaires de sa présidence du conseil de l’UE au premier semestre, avec notamment un sommet en mars à Paris qui y sera consacré.
« La croissance vient avant la stabilité. Il faut un pacte, il faut des règles communes, mais ce doit être un pacte d’abord de croissance », a estimé lundi le ministre français de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, qui a jugé « obsolète » la règle limitant la dette publique dans une interview à des médias européens publiée dimanche soir.
« Il n’y a aucune raison que l’UE ait un niveau de croissance en moyenne de 1,2%-1,3% quand les Etats-Unis sont à 2,5% », a affirmé M. Le Maire à Bruxelles, assurant que cette croissance « avec plus d’investissements, plus de justice, plus d’innovation » pouvait être « un objectif partagé avec nos amis allemands ».
Pour éviter un effondrement économique, l’Union européenne a temporairement suspendu ses règles budgétaires. Avec le retour de la croissance, se pose la question de sa remise en place prévue début 2023.
Les pays du Sud, comme l’Espagne, l’Italie, la Grèce ou le Portugal, dont la dette s’est envolée pendant la crise, réclament plus de souplesse. Ils redoutent qu’un strict retour au pacte de stabilité entraîne une réduction brutale de l’investissement public, au risque de replonger l’Europe toute entière dans la récession. Comme ce fut le cas après la crise financière de 2008.
Mais les pays du Nord dits « frugaux », dont l’Allemagne et les Pays-Bas, s’inquiètent de devoir payer pour les excès supposés de leurs voisins du Sud.
Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a appelé à trouver « le bon équilibre » entre « réduction de la dette » et « flexibilité nécessaire pour la relance ».
Interrogé sur l’existence d’un consensus en faveur d’une réduction de la dette, Christian Lindner a estimé qu’il existait bel et bien. « Mais il peut y avoir des différences sur ce qu’on entend par consolidation budgétaire », a-t-il reconnu dans un sourire.
A l’annonce de son décès dimanche, l’ancien président de la République, François Hollande, lui a rendu hommage. Il évoque un homme à la grande humanité, se confondant avec un sage.
François Hollande, l’ancien président de la République française, Nantes 2012 – Wikimedia
Aussi, François Hollande se remémore deux souvenirs avec l’ex-chef de l’État malien. Le premier se rapporte à un repas officiel à l’Élysée, pendant lequel IBK avait avoué son attachement à la culture et à la langue française, tout en restant « très fier de son identité africaine ».
Le second récit remonte aux attentats de janvier 2015 contre la rédaction de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Ibrahim Boubacar Keïta avait alors témoigné de son amitié et de son soutien à l’égard du peuple français à la suite des terribles évènements.