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  • Pays sans Covid-19 : ces endroits qui ont su se préserver du virus

    Pays sans Covid-19 : ces endroits qui ont su se préserver du virus

    Depuis décembre 2019, le monde entier connait une épidémie sans précédent. La Covid-19 s’est rapidement propagée et on dénombre au total plus de 350 millions de cas dans le monde. Récemment, le virus a même infiltré une base scientifique située en Antarctique, soit sur le continent le plus isolé du monde. Face à cette menace, certains États ont pris des mesures radicales dès le début de la pandémie. Et certains d’entre eux ont réussi à empêcher la circulation du Covid sur leur territoire, du moins pour le moment. Quels sont ces pays sans Covid-19 ? Comment ont-ils fait ? Voici un tour d’horizon des destinations qui affichent toujours zéro cas. 

    La Corée du Nord et le Turkménistan

    Officiellement, ces deux pays n’enregistrent aucune contamination liée au Covid-19. Des témoignages d’habitants et de journalistes suggèrent cependant le contraire. Rappelons que ce sont des dictatures et qu’il est très difficile de savoir ce qu’il s’y passe vraiment. Petit retour sur ces deux pays sans Covid.

    La Corée du Nord est l’un des premiers États à avoir fermé ses frontières. 

    Depuis le mois de janvier 2020, aucun vol n’a décollé ni atterri sur le sol nord-coréen et le pays n’a plus aucun contact avec le reste du monde. L’absence d’infections paraît toutefois peu probable : la Corée du Nord entretient des relations commerciales importantes avec la Chine. Par ailleurs, le gouvernement ne cesse de renforcer les restrictions sanitaires envers les habitants. La ville de Pyongyang a, par exemple, été confinée en début d’année 2021. Des campagnes de dépistage ont également été organisées dans tout le pays. Des mesures qui semblent étonnantes pour un pays qui annonce ne pas avoir de cas Covid. Officiellement, la Corée du Nord reste malgré tout considéré comme un pays sans Covid-19.

    Crédit : Unsplash

    Le Turkménistan aurait banni le mot « coronavirus » de son vocabulaire. 

    Cette République d’Asie centrale est pourtant entourée du Kazakhstan, de l’Iran ou encore de l’Afghanistan, autant de pays qui sont durement touchés par l’épidémie. La fermeture des frontières du pays et la prolongation des vacances scolaires laissent aussi penser que la réalité est toute autre. Cependant, les autorités ne laissent passer aucune information relative à la situation sanitaire sur place. La police turkmène serait même chargée d’arrêter toute personne portant un masque ou évoquant le virus dont il ne faut pas prononcer le nom.

    Les micro-États du Pacifique ont plusieurs pays sans covid

    Parmi les pays sans covid, on retrouve plusieurs îles de l’océan Pacifique. En effet, sur ces petits territoires difficiles d’accès, l’inexistence du virus semble plus réaliste. C’est le cas de l’archipel des Kiribati, des îles Cook ou encore de la Micronésie. La crise sanitaire n’en reste cependant pas moins désastreuse pour ces régions qui se retrouvent coupées du monde.

    Tuvalu, au cœur de la Polynésie

    Avec moins de 200 touristes par an, l’État insulaire des Tuvalu est l’un des pays les moins visités au monde. La faible population de l’île a sans doute permis de contrôler plus facilement l’arrivée du virus. Pour l’heure, aucun cas de Covid-19 n’a été enregistré. En contrepartie, la pandémie a affaibli le pays, déjà très vulnérable aux catastrophes climatiques. De plus, les exportations de poissons sont au ralenti. Le gouvernement a annoncé un plan de relance de l’économie pour faire face à ces difficultés. En attendant, l’île n’est pas accessible pour le tourisme et les vols y sont très rares. 

    Crédit : Unsplash – Tuvalu

    Nauru, la plus petite République du monde

    L’île de Nauru, large de 21 km², est l’une des plus petites îles du monde. On peut la traverser à pied en une seule journée. Sa population résiste au Covid, malgré un état d’urgence déclaré en mars 2020. Tous les habitants de Nauru sont vaccinés et c’est en partie grâce à cela que le pays est sans covid. De plus, les vols en provenance d’Australie et de Nouvelle-Zélande ont été fortement réduits. Même si l’épidémie n’a pas bousculé la vie quotidienne sur l’île, l’économie du pays a été touchée de plein fouet. De nombreux citoyens se sont aussi retrouvés bloqués à l’étranger, faute de vol retour. Depuis 2020, les déplacements vers Nauru ne sont autorisés qu’en cas « d’absolue nécessité ».

    L’île de Sainte-Hélène

    Enfin, le dernier pays sans covid se situe dans l’Atlantique Sud. Il s’agit plus exactement de l’île britannique de Sainte-Hélène. En effet, elle est épargnée de la Covid-19, en raison de sa géographie particulière ainsi que l’arrêt des vols commerciaux depuis le 21 mars 2020. La situation est tristement ironique pour cette île, qui se retrouve coupée du monde même sans aucun cas de coronavirus. Sainte-Hélène connaît bien le confinement. Avant 2017, elle n’était atteignable que par bateau, au terme d’un voyage de plusieurs jours. 

    Depuis la mise en place de liaisons aériennes avec l’Angleterre, les autorités locales comptaient sur le tourisme pour créer de nouveaux emplois et diversifier les revenus du territoire. 

    Située au cœur de l’océan, à mi-chemin entre l’Afrique et le Brésil, l’île est connue pour avoir été le lieu d’exil de Napoléon Ier. Des vols spéciaux ont été mis en place jusqu’en mars 2022 pour commémorer le bicentenaire de la mort de l’empereur à Sainte-Hélène. 

    Si vous souhaitez vous rendre sur place, il faudra tout de même présenter une demande auprès du gouvernement anglais. À votre arrivée, vous devrez vous soumettre à un test de dépistage et effectuer une quarantaine de 10 jours, avant de pouvoir vous déplacer librement sur l’île. Plus d’informations sont disponibles sur le site de l’Office du tourisme de Sainte-Hélène.

    Les pays sans Covid-19 sont donc rares, 2 ans après le début de la pandémie. Les îles ont ainsi bénéficié de leur situation quelque peu isolée pour éviter les cas. Seul le temps nous dira si ces régions isolées resteront sans cas éternellement.

    Merci à Valéria Giaconia pour sa contribution à l’article.

  • Le Fipadoc joue les prolongations sur TV5MONDEplus

    Le Fipadoc joue les prolongations sur TV5MONDEplus

    Alors que l’édition 2022 Festival international du documentaire de Biarritz s’est achevée ce dimanche 23 janvier, TV5MONDE partenaire de l’évènement, propose ce mois-ci une sélection spéciale « coups de cœur» de documentaires francophones. À voir sur sa plateforme gratuite TV5MONDEplus.

    Un festival pour les fous de documentaires 

    Le Fipadoc se consacre entièrement au documentaire sous toutes ses formes. Pendant plusieurs jours, les professionnels (réalisateurs, producteurs, distributeurs…) et le grand public se rencontrent pour découvrir la richesse de la production documentaire française et internationale. L’ambition du festival est de créer, grâce à des regards d’auteurs singuliers, un moment de pause, de réflexion et d’évasion. Cette année, le territoire mis en avant était le Bénélux avec une sélection dédiée et une place particulière lors des journées professionnelles.

    Le festival a diffusé en une semaine une sélection de près de 170 films (longs et courts métrages, œuvres numériques). Cette sélection se découpait en deux parties : la compétition avec 9 rubriques et 15 récompenses dont les 4 Grands Prix :

    Documentaire international (dotation de la Région Nouvelle-Aquitaine)

    Documentaire national

    Documentaire musical

    Documentaire Impact

    Un festival de passionnés 

    Si Biarritz a réussi à se faire un nom en quelques années dans le milieu des documentaristes, c’est qu’il est dirigé avant tout par une équipe de passionnés. Aujourd’hui nous vous proposons de découvrir Christine Camdessus, sa directrice générale. Depuis 15 ans, en plus de sa société de production, Christine Camdessus est présidente du jury et experte permanente au NIPKOW (Berlin), experte pour l’IDFA Academy, DOKIncubator et EDN. Elle a été vice-présidente de l’USPA de 2014 à 2018.

    Christine Camdessus

    Elle est membre du European Documentary Network et de l’European Film Academy. Elle occupe aussi des fonctions chez Unifrance. En 9 minutes, découvrez cette femme dynamique et laissez-vous emporter par son amour du documentaire et du Fipadoc. 

    Une sélection pour tous 

    TV5MONDE a fait une sélection de documentaires pour accompagner ce rendez-vous international de premier plan. C’est l’esprit des festivaliers qui vient à vous. Comme toujours, les œuvres sont disponibles gratuitement et sans géo-blocage sur la plateforme francophone mondiale TV5MONDEplus. 

    Rejoindre l’univers TV5MONDEplus 

    Pas besoin de s’abonner pour découvrir les 6000 heures de programmes dénichées par l’équipe de TV5MONDEplus, un simple clic et vous accédez à l’émission ou à l’œuvre cinématographique sélectionnée. Envie d’être guidé avec une sélection personnalisée ? Alors abonnez-vous, naturellement, au fil de vos visites, la plateforme vous proposera de nombreuses productions francophones inédites ou cultes. En plus c’est gratuit ! Bon Fipadoc sur TV5MONDEplus .

  • L’économie du pourboire a-t-elle encore un avenir ?

    L’économie du pourboire a-t-elle encore un avenir ?

    Le pourboire apparaît au XVIIIe siècle dans un restaurant du Royaume-Uni. Le responsable de ce restaurant a installé, sur son comptoir, un pot avec l’inscription To Insure Promptness (TIP). Les clients qui souhaitaient être servis en priorité devaient placer quelques pièces dans le pot. En France, la pratique s’est étendue au cours du XIXe siècle. Le pourboire, tel que son nom l’indique, signifiait un verre que l’on offrait en remerciement. En Allemagne ainsi qu’au Portugal, le pourboire était aussi destiné à l’achat d’un verre au profit du serveur (“drinkgeld” en allemand) en échange d’un bon service. En Espagne, la “Propina”, pourboire, est une ancienne coutume consistant à boire la moitié d’un verre et de donner l’autre moitié à la personne qui a servi ou à une autre personne.

    Le montant du pourboire a peu de lien avec la qualité des plats servis 

    Au fil des siècles, d’autres professions sont devenues éligibles aux pourboires, telles que les coiffeurs, les chauffeurs de taxi, les livreurs, le personnel hôtelier, le personnel qui place dans les salles de spectacle, etc. En revanche, d’autres secteurs ne le pratiquent pas ou peu (vendeurs dans une boutique d’alimentation ou de vêtements). 

    Des études réalisées par des économistes américains de l’Université Cornell ont prouvé que le montant du pourboire a peu de lien avec la qualité des plats servis. Un serveur faisant un tour de magie gagne automatiquement plus d’argent que celui qui n’en fait pas à prestations équivalentes. De même, le fait de laisser une friandise ou même une simple carte augmentent automatiquement le montant du pourboire.

    L’octroi d’un pourboire vise à éviter une culpabilité 

    Selon une étude de l’Université Ben Gourion en Israël, 85 % des pourboires obéiraient à une norme sociale. Il ne s’agit pas de récompenser le service en tant que tel mais de se plier à une convention sociale. Pour 60 % des personnes ayant participé à cette étude, l’octroi d’un pourboire vise à éviter une culpabilité. 

    Depuis la crise sanitaire, le montant des pourboires aurait tendance à augmenter. Les serveurs, qui sont exposés à la Covid, provoquent une empathie plus importante. 

    La pratique du pourboire diffère d’un pays à l’autre. Aux États-Unis, il est quasi obligatoire mais pas intégré dans la note. Dans de nombreux pays européens, des frais de service sont inclus dans la facture et les clients ne sont pas censés payer beaucoup plus, mais ils complètent le montant. Dans certains pays asiatiques, le pourboire est très mal vu. Au Japon, par exemple, il est considéré comme une insinuation insultante. Une attitude similaire prévaut en Corée du Sud. À Hong Kong, les pourboires de restaurant ne sont généralement pas attendus. En Inde et en Afrique, où l’écart entre la classe moyenne aisée et les personnes à faibles revenus est souvent important, les pourboires sont de mise. 

    Une étude menée dans 30 pays a suggéré que le pourboire était plus courant dans les sociétés où les inégalités étaient monnaie courante et où les sentiments de culpabilité des personnes les plus aisés sont plus aigus. Avec les applications, le pourboire fait l’objet de notation. Par exemple, à Doha, la capitale du Qatar, les utilisateurs d’applications de covoiturage craignent que sans donner de pourboire en espèces, leur notation en tant que client soit dégradé, ce qui rendra plus difficile pour eux de prendre un taxi à l’avenir.

    Fréquemment, l’objectif est avant tout d’être perçu comme généreux

    La justification économique est d’inciter le serveur à maintenir ou à améliorer la qualité de son service. Fréquemment, l’objectif est avant tout d’être perçu comme généreux. Il a été constaté que les habitués d’un restaurant ne donnent pas plus que ceux qui ne sont que de passage, semblant prouver que le pourboire n’est pas l’achat anticipé d’un service de meilleure qualité. 

    Si les pourboires fonctionnaient comme des incitations, ils devraient également concerner des secteurs comme la santé, l’automobile, or ils y sont assez rares. Seuls 14 % des Américains ont déclaré avoir donné un pourboire pour éviter un mauvais service à l’avenir. L’étude américaine précitée constate que la qualité de service explique une variation de moins de 5 % du montant du pourboire. Dans une étude sur les trajets utilisant Uber, où seuls 15 % des trajets donnent un pourboire, les caractéristiques du passager se sont avérées trois fois plus pertinentes que celles du conducteur pour expliquer la taille du pourboire. 

    Les pourboires transmettent également une part importante du risque des propriétaires des restaurants aux serveurs, en particulier quand entre 20 % et 60 % de la rémunération de ces derniers en dépendent. En Grande-Bretagne et en Allemagne, par exemple, les pourboires ne comptent pas dans le salaire minimum. Mais dans certaines régions d’Amérique qui ont un « salaire minimum pourboire », les employés perdent en fait les premiers pourboires qu’ils gagnent au profit de leur employeur. La redistribution du pourboire peut poser un problème d’égalité entre les employés. 

    L’ancien Premier Ministre britannique travailliste Tony Blair, lors de son intervention devant les députés à l’Assemblée nationale, avait indiqué avoir pris une leçon de socialisme à la française en ayant effectué un stage d’été dans un café en France. Il avait alors décidé de remettre les pourboires qu’il recevait au sein de l’urne prévue à cet effet afin qu’ils puissent être partagés entre tous les serveurs. À la fin de la journée, il constata qu’il était le seul à avoir mis les siens dans la fameuse urne…

    Avec le recours croissant aux cartes ou au paiement avec le smartphone, les pourboires tendent à disparaître 

    Les pourboires constituaient un avantage en nature non fiscalisé dans la plupart des pays. Selon l’estimation de l’Internal Revenue Service américain, en 2018, 10 % de la sous-déclaration de l’impôt sur le revenu des particuliers était due au fait que les employés n’avaient pas déclaré de revenus sous forme de pourboires, bien que cela soit devenu plus difficile car les pourboires sont, aux États-Unis, plus souvent versés sur des cartes de crédit. 

    Avec le recours croissant aux cartes ou au paiement avec le smartphone, les pourboires tendent à disparaître. Les pouvoirs publics en France ont émis l’idée de permettre de verser un supplément par carte qui serait défiscalisé. Les pourboires surtout dans les restaurants et hôtels de luxe constituent des compléments importants de rémunération permettant de recruter des bons éléments et de les fidéliser. Leur disparition pourrait amener une augmentation des salaires qui se répercuterait sur les notes des clients. 

    Pour certains, les pourboires sont des pratiques d’un autre temps peu morales et qui avantagent ceux qui servent au détriment de ceux qui sont en cuisine. Ils faussent les prix et permettent le maintien de salaires faibles au sein des secteurs où ils se pratiquent. Pour d’autres, ils sont incontournables dans le monde de la restauration, le serveur y trouvant une satisfaction morale et financière quand le client peut avoir le sentiment d’avoir le contrôle sur la prestation.

  • La loi européenne sur les services numériques est votée

    La loi européenne sur les services numériques est votée

    Une large majorité de députés a voté en faveur de la loi sur les services numériques (DSA) jeudi 20 janvier, après que des amendements en plénière ont introduit des changements importants au texte.

    Le DSA est une législation horizontale pour le marché unique numérique, avec des exigences de transparence et des obligations de diligence raisonnable proportionnelles à la taille du prestataire de services.

    « Nous avons l’occasion de créer un nouvel étalon-or mondial pour la réglementation des technologies, qui inspirera d’autres pays et régions », a déclaré Christel Schaldemose, chef de file des députés européens sur ce dossier.

    Si le texte de compromis négocié au sein de la commission parlementaire principale a introduit quelques nouveaux éléments significatifs par rapport à la proposition initiale, d’autres modifications ont été introduites par des amendements de dernière minute lors du vote en plénière.

    Publicité ciblée

    L’amendement le plus important a été déposé par la Tracking-free Ads Coalition, un groupe multipartite de députés européens qui milite pour une interdiction des publicités ciblées. La demande d’une interdiction totale n’ayant pas abouti, un compromis a été trouvé pour interdire uniquement le ciblage des mineurs.

    La Coalition a réussi à faire passer des amendements étendant la limitation aux données personnelles sensibles telles que les convictions politiques et religieuses et l’orientation sexuelle lors du vote en plénière.

    En outre, les plateformes en ligne ne doivent pas rendre le refus de consentement pour le traitement des données personnelles plus complexe que son octroi, et le refus de consentement ne doit pas être pénalisé par la désactivation de fonctionnalités.

    Exemption pour les médias

    Une longue discussion au Parlement a porté sur le contenu éditorial, que les plateformes ne devraient pas retirer arbitrairement, selon les éditeurs. La proposition initiale d’une « exemption pour les médias » a été rejetée car des médias malhonnêtes pourraient devenir des vecteurs de désinformation.

    Les amendements apportés en plénière ont donné des résultats mitigés. Une disposition qui permettait aux éditeurs de contester les décisions de modération de contenu des plateformes a été rejetée. En revanche, les députés ont approuvé une modification des exigences relatives aux conditions générales, demandant aux plateformes de prendre en compte la Charte des droits fondamentaux, y compris la liberté des médias.

    Un autre amendement déposé par la commission des libertés civiles (LIBE) précise que si les conditions générales violent les droits fondamentaux, ils ne devraient pas être contraignants pour les utilisateurs.

    Traçabilité des utilisateurs professionnels

    Un autre point important de discussion tout au long des négociations sur le DSA était de savoir dans quelle mesure les marchés en ligne devaient être responsables des produits illégaux distribués sur leurs plateformes.

    L’approche repose sur le principe de la «  connaissance du client commercial  ». En d’autres termes, les plates-formes ne sont pas directement responsables des produits illégaux, mais elles doivent s’efforcer de vérifier l’identité des fournisseurs de services pour s’assurer qu’ils peuvent être tenus légalement responsables.

    Ces obligations d’information étaient initialement limitées aux places de marché en ligne. Pourtant, un amendement en plénière a modifié le préambule du texte en l’étendant à tout service intermédiaire, y compris plusieurs couches de l’internet comme les registres de noms de domaine et les réseaux de distribution de contenu.

    « Il a été inséré pour que les titulaires de droits puissent poursuivre les gens plus facilement », a déclaré un fonctionnaire du parlement européen opposé au texte, notant que «  toutes les informations fournies par les entreprises devront être vérifiées avant qu’elles puissent ouvrir un site web. Ce sera un cauchemar bureaucratique pour toutes les entreprises en Europe, grandes ou petites.  »

    Un autre amendement introduisant un nouvel article avec une disposition similaire n’a pas réussi à atteindre la majorité à une voix près.

    Interfaces truquées

    Les députés conservateurs ont réussi à obtenir un vote séparé sur les mesures contre les dark patterns ou interfaces truquées en français (art. 13a) mais ont échoué dans leur tentative de supprimer l’article.

    Les dark patterns sont des techniques conçues « pour déformer ou altérer la capacité des destinataires de services à prendre une décision ou à faire un choix libre, autonome et informé ».

    L’article interdit explicitement l’utilisation de techniques spécifiques pour extorquer le consentement à la collecte de données personnelles, par exemple via l’affichage répété de pop-ups. Il empêche également les plateformes de demander un tel consentement si les utilisateurs choisissent déjà par des « moyens automatisés », qui peuvent être un paramètre du navigateur web ou du système d’exploitation.

    « Cela renforcerait le rôle de garde-barrière des acteurs dominants et aurait un effet disproportionné sur les petits éditeurs », a déclaré Greg Mroczkowski, directeur des politiques publiques à l’IAB Europe.

    Représentation collective

    Le DSA suit une approche asymétrique, mettant en place des obligations plus strictes en fonction de la taille de l’entreprise. Cependant, la question de savoir dans quelle mesure les PME devraient être exemptées a fait l’objet de discussions animées, les législateurs soucieux du monde des affaires s’opposant aux députés européens plus soucieux de la protection des consommateurs.

    À cet égard, la commission de l’industrie (ITRE) a réussi à obtenir un amendement qui permettrait aux PME de se joindre à une représentation collective après avoir fait un «  effort raisonnable  » pour obtenir un représentant légal propre.

    Anonymat en ligne

    La commission LIBE a également réussi à faire adopter plusieurs amendements concernant l’anonymat en ligne. Ces dispositions exigent que les plateformes permettent aux utilisateurs d’utiliser et de payer des services de manière anonyme «  lorsque des efforts raisonnables peuvent le permettre.  »

    Négociations inter-institutionnelles

    Le Parlement européen est le dernier co-législateur à adopter le DSA, le Conseil de l’UE ayant arrêté sa position en novembre. Cinq trilogues politiques sont actuellement prévus, les 31 janvier, 22 février, 15 mars, 24-25 mars et 6-8 avril.

  • La démocratie n’est pas soluble dans la crise

    La démocratie n’est pas soluble dans la crise

    D’un coté les succès du « socialisme à caractéristique chinoise » de Xi Jinping qui rêve d’exporter son modèle révolutionnaire ; de l’autre les déboires de Biden et Johnson, l’assaut du Capitole et les apéros illicites à Downing Street. Hier, la démocratie se proposait pour modèle, aujourd’hui les régimes forts séduisent (surtout les dirigeants). La Tunisie, dernier espoir de démocratie après les Printemps arabes cède. Après la Turquie, la Birmanie, la Russie, le Venezuela, le Nicaragua et tant d’autres. Dans les démocraties libérales, « l’illibéralisme » gagne, et l’épidémie montre à quel point la santé passe avant les « libertés ».  

    D’après Freedom House, sur 41 pays classés «libres» de 1985 à 2005, 22 ont enregistré des baisses nettes de la liberté au cours des cinq dernières années.

    «Un homme fort qui n’a pas à se préoccuper du Parlement ni des élections».

    La Fondation pour l’innovation politique a mené une enquête dans 55 pays démocratiques. La menace extérieure, représentée par les pays autoritaires, est fortement ressentie : 60% des personnes interrogées estiment «inquiétante» l’attitude de la Chine sur la scène internationale. La menace intérieure est réelle : 51% sont d’accord avec l’idée que «les gouvernements autoritaires sont plus efficaces que les gouvernements démocratiques pour vaincre les pandémies ». Jugement curieux quand on mesure les effets de la pandémie en Russie.  Surtout, un tiers accepterait d’avoir à la tête de leur pays «un homme fort qui n’a pas à se préoccuper du Parlement ni des élections».

    Pourtant, la démocratie reste solide : «avoir un système politique démocratique avec un Parlement élu qui contrôle le gouvernement» obtient la meilleure évaluation parmi toutes les formes de régime proposées : 81%. Les deux tiers des personnes interrogées (67%) refuseraient de « réduire un peu les libertés même si cela rendait le gouvernement plus efficace »

    Les menaces sur la démocratie ne viennent pas, à tort ou à raison, des risques pour la liberté d’expression, de manifester, liberté de la presse, droit de vote, etc. Mais plutôt de son impuissance. Ainsi les Gafam sont vus comme un « pouvoir » incontrôlable et manipulateur. Le risque sur la liberté d’expression est plutôt dans la manipulation.

    Les citoyens n’arriveront pas à résoudre leurs désaccords de manière pacifique sans recourir à la violence  

    Plus grave, dans certains pays, beaucoup considèrent que « les citoyens n’arriveront pas à résoudre leurs désaccords de manière pacifique sans recourir à la violence ». On le comprend au Liban (76%), mais c’est aussi le cas en France (71%) et en Belgique (61%).

    En France, dans une autre étude sur la campagne présidentielle, 80% jugent le débat peu intéressant, 65% estiment que la campagne est trop violente (au moins dans les mots et les attitudes). A moins de 100 jours, la moitié des Français disent ne pas savoir pour qui voter. Inquiétant ou rassurant ? 

    Manifestation Gilets Jaunes à Paris en 2019 ©AFP

    La démocratie est par nature un système de gestion de crises

    La crise de la démocratie est une constante. Pour une raison simple : la démocratie est par nature un système de gestion de crises, qui ne peut fonctionner que dans la crise. La démocratie s’accompagne de démagogie, jugements péremptoires, caricatures, autant que de débats, explications, mesures et compromis. Provax ou antivax ? Gauche ou droite ? Vert ou bleu, noir ou blanc ?

    La bonne réponse, que l’on voit dans les modèles de « bonne gouvernance », les pays nordiques, est l’art des coalitions : que chacun se sente représenté, y compris au pouvoir, même l’opposition (car le signe d’une démocratie est que l’opposition compte).

    La démocratie est en crise depuis qu’elle existe. Aujourd’hui on parle de « guerre civile américaine ». Grande dépression, bataille des droits civiques, Watergate, c’était plus simple ? En France, quand a commencé  la crise démocratique? En 68 ? En 58 ?  En 48 ? En 38, 28, 18 ? C’est comme la décadence : elle commence avec Vercingétorix. Ces rappels historiques, qui relativisent les menaces, n’empêchent pas de les regarder. Le fait que la démocratie soit toujours en crise ne signifie pas qu’elle ne l’est pas. Identifier les menaces permet de les surmonter. Seuls survivent les systèmes qui apportent des réponses. Les démocraties peuvent s’enliser ou mourir. Ces trente dernières années, une vague démocratique a balayé la planète, notamment en Europe et en Amérique du sud. Il y a des régressions. Il y a aussi des degrés dans « la démocratie ».

    Les uns disent que la démocratie est un luxe. C’est l’inverse : la liberté facilite la richesse.  

    Enseignement le plus évident : les régimes démocratiques sont les pays les plus riches. Les uns disent que la démocratie est un luxe. Les Libéraux prétendent que c’est l’inverse : que la liberté facilite la richesse. France et Royaume-Uni étaient beaucoup moins riches il a un siècle que bien des pays pauvres d’aujourd’hui, non démocratiques. La démocratie n’est pas un prix à payer, un sacrifice, mais une chance de gagner. Comparer le décollage économique des anciens pays de l’Est et la Russie est éclairant. 

    Elle n’est pas réservée non plus à telle ou telle culture. Quand on interroge les gens, ils veulent tous, notamment dans les régimes autoritaires, plus de libertés. Aussi il n’est pas anormal de voir que c’est dans les pays les plus libéraux que la demande d’ « ordre » devient forte.

    Les pouvoirs n’aiment pas la concurrence 

    Alors on se demande pourquoi les démocraties ne sont pas plus nombreuses. C’est que, par définition, les pouvoirs n’aiment pas la concurrence. Mieux vaut être le premier dans son pauvre village que le second à Rome. C’est une première raison. Si Johnson quitte le pouvoir, c’est une péripétie. Si Xi Jinping ou Poutine s’en vont, c’est une révolution. C’est pourquoi les démocraties, par leur souplesse, sont plus solides que les régimes dits « forts ». Encore faut-il les rendre toujours plus vivantes, toujours plus efficaces : la démocratie ne doit pas manquer de démocrates.

    Invitations aux candidats

    En France, les élections présidentielles doivent permettre un vaste débat. Lesfrancais.press y prendra part : nous avons lancé des invitations aux candidats pour répondre aux questions des Français de l’étranger. Posez vos questions, ils répondront. 

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    Merci pour votre réponse. ✨

    Mais le plus important se passera peut-être après l’élection. Comment faire en sorte que les frustrations trouvent réponse ? Une élection ne signifie pas confier tous les pouvoirs à un seul, ou un seul parti. 

    Loin de voir dans les crises de la démocratie des menaces, il faut imaginer les moyens de faire en sorte que chacun se sente le plus près possible des processus de décision. Pour les Français de l’étranger, c’est encore plus difficile. Mais bien des pays ont des systèmes qui pourraient nous en apprendre beaucoup sur la gestion des crises, qu’elles soient sanitaires, économiques, ou … démocratiques. Trouver les moyens de faire vivre la démocratie hors élection, c’est sans aucun doute le défi majeur du XXI siècle. Et la vraie réponse à la Chine, bien plus que la guerre froide.

    Laurent Dominati

    a.ambassadeur de France

    a.député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • La MLF, un « réseau avant tout collectif »

    La MLF, un « réseau avant tout collectif »

    Le 17 janvier dernier, Jean-Marc Merriaux a été désigné comme nouveau directeur général de la Mission laïque française et de l’Office scolaire et universitaire international. Il remplace Jean-Paul Rebaud, parti en août 2021.

    Jean-Marc Merriaux est haut-fonctionnaire et n’en est pas à son premier poste de directeur général. Après l’obtention d’un DEA d’économie de l’industrie et des services à l’université Panthéon-Sorbonne, il entre chez France Télévision en 1996. Il y passe douze ans pendant lesquels il gravit les échelons, avant d’être promu à la direction du département éducation en 2008. L’éducation ne le quittera plus.

    Des programmes télé aux programmes scolaires

    A la sortie de la télévision publique, il entre chez Universciences où il devient, une nouvelle fois, directeur général du centre national de documentation pédagogique, devenu le réseau Canopé. Six ans plus tard, il entre à l’Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la recherche. Il se spécialise sur les questions liées au numérique et prend la direction du numérique pour l’éducation des ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Début janvier 2022, il est détaché par le ministère et devient directeur général de la MLF et de l’OSUI.

    La MLF et l’OSUI

    Au cours de l’échange avec Jean-Marc Merriaux, les sujets en rapport avec la crise sanitaire, la situation du Lycée français de Beyrouth, du nouveau baccalauréat international et de ses objectifs pour le réseau sont notamment évoqués.

    Le nouveau Directeur général voit sa mission s’inscrire dans une démarche collective, et non personnelle.

    « Un réseau c’est avant tout du collectif »

    Jean-Marc Merriaux, nouveau directeur général de la MLF et de l’OSUI

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plates formes préférées

    Podcast liste
  • Mali : un soldat français tué

    Mali : un soldat français tué

    Un brigadier du 54ème régiment d’artillerie de Hyères, Alexandre Martin, âgé de 24 ans, a été tué dans une attaque au mortier du camp militaire de la force française à Gao.

    Alexandre Martin

    Né le 5 mars 1997 à Rouen, le brigadier Alexandre Martin a accompli toute sa carrière au sein du 54e régiment d’artillerie de Hyères. Engagé dans le cadre de l’opération Barkhane depuis le 19 octobre 2021, il a succombé à ses blessures causées par des tirs indirects visant la plateforme opérationnelle désert (PfOD) de Gao samedi.

    Décoré de la médaille de la défense nationale « argent » le 1er janvier 2021, il était en concubinage et sans enfant.

    L’émotion du chef de l’Etat

    Le chef de l’État a salué « avec respect la mémoire de ce soldat, mort pour la France dans l’accomplissement de sa mission ». Un communiqué fait part de la « très vive émotion » du président Emmanuel Macron dans lequel il « confirme la détermination de la France à poursuivre la lutte contre le terrorisme dans la région, aux côtés de ses partenaires ».

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Monaco, nouvel actionnaire de TV5MONDE

    Monaco, nouvel actionnaire de TV5MONDE

    Il n’a pas échappé aux aficionados de TV5MONDE, comme les expatriés, que le logo à l’écran avait été modifié, nous en avions parlé sur notre site. Après un nouveau logo sorti en décembre, c’est l’ajout de Monaco dans l’appellation France Belgique Suisse qui se prépare.

    Monte-Carlo Riviera

    Depuis quelques années, Salim Zeghdar, patron de Monte-Carlo Live Productions, produit des reportages et documentaires qui sont diffusés sur la chaîne TV5MONDE sous la pastille Monte-Carlo Riviera. 

    « De 13, nous sommes passés à 26 puis 52 documentaires. Il y a une demande croissante. Nous en sommes à la saison 6 et 7. Notre but est de montrer la diversité culturelle très intéressante de Monaco. Cette adhésion est une opportunité exceptionnelle »

    Salim Zeghda

    L’homme d’affaires, aux multiples casquettes en principauté, avait déjà créé une société en SARL qui va être transformée en société anonyme où l’Etat monégasque sera présent au capital.

    « Nous visons l’inauguration pour juillet 2022 »

    Salim Zeghda

    La chaîne devrait produire un journal télé, des documentaires et des talk-shows sur les sujets qui tiennent à cœur au Prince Albert : l’environnement, la Méditerranée, le numérique, le sport et la culture.

    C’est cette future chaîne qui sera en partie diffusée par TV5MONDE dans un vaste territoire couvrant 200 pays, 404 millions de foyers et touchant 60 millions de téléspectateurs. TV5MONDE reprendra le JT de Monte-Carlo Riviera TV une fois par jour et pourra diffuser certains des documentaires.

    Relance audiovisuelle sur le Rocher

    Le jeudi 9 décembre 2021, l’adhésion de la Principauté de Monaco à TV5MONDE a été officialisée par la signature par M. Laurent Anselmi, Conseiller de Gouvernement – Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération, de la Charte de TV5, traité fondateur des opérateurs

    TV5MONDE et TV5 Québec Canada, et d’une entente définissant les modalités pratiques de cette adhésion.

    La Principauté de Monaco devient ainsi le sixième gouvernement bailleur de fonds de TV5MONDE aux côtés du Canada, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la France, du Québec et de la Suisse.

    L’adhésion de Monaco constituait l’une des priorités du plan stratégique 2021-2024 d’Yves Bigot (le Dg de TV5MONDE) approuvé fin 2020. Le gouvernement monégasque est désormais associé à la Conférence annuelle des ministres chargée de définir les orientations stratégiques de la chaîne et de fixer les contributions budgétaires de chaque gouvernement partenaire.

    Cap sur l’Eurovision

    Dans la foulée, Monaco envisage de revenir dans la compétition du Concours Eurovision de la Chanson. Le gouvernement a budgété la somme de 100.000 € pour financer une participation en 2023.

  • Le Pavillon France à Dubaï, un franc succès

    Le Pavillon France à Dubaï, un franc succès

    L’Expo 2020 a ouvert ses portes le 1er octobre et s’annonce comme l’un des événements majeurs du monde post-pandémique. L’Expo de Dubaï a maintenu son objectif ambitieux de 25 millions de visiteurs. Pour y parvenir, ses allées doivent se remplir. Et vite. En fin d’année 2021, la manifestation « la plus populaire au monde après les Jeux olympiques et la Coupe du monde de foot » avait enregistré moins de 7 millions de passages. De quoi réveiller l’inquiétude des exposants et des organisateurs. A un an du Mondial programmé chez les voisins du Qatar, les Emiratis veulent encore réussir leur expo. Au milieu de toutes les constructions nationales, le Pavillon France détonne, immense, immaculé. D’une superficie de 5000 m² utiles, il s’affirme comme le 5e plus grand pavillon de l’exposition du sulfureux émirat.

    ©Marc Landré

    Une exposition reportée d’un an

    L’Expo 20-20 (dire vingt vingt) a été reportée d’un an du fait de la Covid. Elle se déroule alors que les Émirats Arabes Unis fêtent le cinquantenaire de leur création. Il couronne huit années de préparation, de réflexion et de travail. Une première pour le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie du Sud, à un an de la Coupe du monde qui se tiendra dans le riche pays voisin, le Qatar.

    La première exposition universelle s’était tenue à Londres en 1851 au Crystal Palace, une structure construite pour l’occasion. Et à Paris, l’exposition de 1889 avait dévoilé la Tour Eiffel. Cette fois encore on découvre des merveilles architecturales et des innovations technologiques dans ses nombreux pavillons, représentant plus de 190 pays, un record.

    Au centre de tout, il y a Al-Wasl Plaza, une enceinte futuriste en forme de dôme, symbole de l’architecture islamique. Beaucoup de spectacles s’y déroulent, dès la tombée de la nuit. Des projections et effets de lumières illuminent sa vertigineuse voûte. Tout autour, en cercles excentriques, s’étalent trois districts orientés autour de trois thèmes : mobilité, durabilité, opportunité. Chacun est organisé autour d’un pavillon central où une exposition expose le thème, de manière assez simpliste, on s’adresse au plus grand nombre !

    Le Pavillon Mobilité, construit par l’agence Foster + Partners, est sans doute le plus réussi. Quant à Terra, le pavillon signature, il est composé de dix-huit arbres énergétiques et de 4912 panneaux solaires. Cherchez l’allusion. Le grand consommateur de clim’ qui se fait écolo ? C’est peut-être parce qu’il a atteint un point culminant que l’émirat commence à virer casaque…. « Le monde verra ce que nous savons faire, nos capacités à innover. Ce sera un événement exceptionnel, […] qui traduira la vision de nos dirigeants bien avisés au service de la croissance durable, de la paix, de la stabilité et de la prospérité. […] Nous ferons d’une expo grandiose un héritage civilisationnel éternel pour l’histoire des peuples. Il restera gravé dans la mémoire comme une étape majeure » déclarait lors de l’inauguration le prince héritier de l’émirat, Hamdan ben Mohammed ben Rachid Al-Maktoum.

    Un peu Disney, un peu Cop 26 (beaucoup de bons sentiments), cette expo qui attire des visiteurs de toutes les nationalités est une véritable Tour de Babel. L’ambiance est festive mais plutôt calme, la discipline drastique. Passe sanitaire, masques, kilolitres de gel et autres précautions pour éviter de transformer ce vaste campus en cluster géant.

    Un pavillon France qu’on remarque à Dubaï

    Le pavillon France culmine à 21 mètres de hauteur, ce qui en fait le 8e pavillon le plus haut de l’exposition, offrant une vue panoramique incroyable sur l’ensemble du site, et notamment le Pavillon Mobilité.

    Le Pavillon France recèle bien d’autres caractéristiques qui en font l’un des plus beaux, et pour tout dire, l’un des plus attendus de l’exposition universelle. Incarnant admirablement bien la thématique de la lumière choisie par la France, il est recouvert de 2500 m² de tuiles solaires photovoltaïques en façade et en toiture, qui lui permettent d’être vu de très loin, et même, dit-on, depuis… l’espace. Artistiquement, et même si c’est difficile à déceler sur place à l’œil nu, l’assemblage des tuiles photovoltaïques représente un morceau des Nymphéas de Claude Monet, peintre s’il en est de la lumière.

    La «peau» du pavillon est ornée de pas moins de 20.000 ampoules LED (c’est l’œuvre du cabinet BOA Light Studio) qui donnent au bâtiment une apparence et un rayonnement différents à chaque heure du jour de la nuit. «Nous avons cherché à plonger les visiteurs dans la vibration de la lumière», expliquent les architectes. Plus précisément, «une invitation à la promenade dans un espace de lumière en mouvement entre ciel et terre», concept assez complexe qu’on ne saisit que sur place…

    Porte ouverte sur la France

    Le Pavillon France surprend également par son agencement car les visiteurs y entrent via une surface, à ciel presque ouvert, de 1160 m² de jardins, ce qui est très original et osé pour la région compte tenu de la chaleur qui y règne. Une esplanade gigantesque, véritable porte ouverte sur la France, ornée d’arbres pour la fraîcheur et d’œuvres artistiques confiées à l’artiste Sépand Danesh, plasticien franco-iranien formé aux Beaux-Arts de Paris, et à lille3000 pour faire patienter les visiteurs. Le mobilier urbain est coloré et des sculptures sophistiquées sont dotées de QR codes pour inciter les plus petits à se lancer dans un jeu de piste inhabituel. On y trouve aussi une exposition dédiée aux textiles innovants français.

    ©Marc Landré

    L’autre originalité de ce bâtiment, c’est qu’il est entièrement démontable. «Ça faisait partie du cahier des charges», indique, au Figaro, Pascal Grabli, l’un des architectes qui a conçu le Pavillon. Il sera d’ailleurs démonté à l’issue de l’exposition, au printemps 2022, pour être ramené en France par bateau dans quelque 200 conteneurs afin d’être remonté à Toulouse, au CNES précisément, en bureaux classiques, espaces de coworking, amphithéâtres, salles de réunion, locaux d’accueil des partenaires étrangers.

    Ultime particularité: le Pavillon France est autonome énergétiquement à 70% (il fait très chaud sur place – 48° en ressenti lors du week-end d’ouverture – et la climatisation tourne à fond) grâce à sa couverture de tuiles solaires photovoltaïques conçue par l’entreprise Akuo qui transforment l’énergie du soleil en électricité. Le bâtiment est également doté d’un système de refroidissement (pas besoin de chauffage) et de sa propre usine de traitement des eaux usées.

  • Le Salon virtuel d’orientation

    Le Salon virtuel d’orientation

    Les mercredi 26 et jeudi 27 janvier, aura lieu le Salon virtuel d’orientation créé par l’AEFE et Studyrama.

    Pour la deuxième année consécutive, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et Studyrama, organisent un salon en ligne pour accompagner les élèves – Français comme étrangers – des établissements français à l’étranger dans leur orientation de choix post-Bac. Il aura lieu les 26 et 27 janvier de 10h à 20h (heure de Paris).

    Au programme, des cycles de conférences, l’accès aux stands des écoles et universités, et échanges avec des anciens élèves et professionnels. Pour y participer, l’AEFE demande aux élèves, parents ou professeurs de s’inscrire individuellement.

    Un cycle de conférences

    Tout au long du Salon, des conférences seront animées par des professionnels autour de divers thèmes. Elles seront enregistrées et retransmises sur les sites et chaines YouTube de l’AEFE et de Studyrama, consultables à tous moments.

    Le choix de l’orientation

    Le Salon est l’occasion pour les élèves de découvrir plus en profondeur des corps de métiers tels que la restauration et l’hôtellerie, le cinéma et l’audiovisuel, les sciences, la communication ou encore l’ingénierie. Écoles et universités spécialisées, comme l’Institut Paul Bocuse, l’EICAR, l’ISCOM ou encore l’emlyon seront présents. La liste complète est disponible sur le programme de l’évènement.

    Par ailleurs, la problématique du choix de formation revient fréquemment au lycée. Entre les licences, BTS, IUT, classes préparatoires et autres, il est parfois difficile de s’y retrouver. Des séminaires explicatifs y seront donc consacrés.

    Parcoursup

    Avant de voler de leurs propres ailes et d’entrer dans le milieu des études supérieures, les terminales doivent entrer leurs vœux sur la plateforme Parcoursup. Assimilable à un parcours du combattant, surtout pour les élèves de l’étranger d’après le sénateur Ronan le Gleut, son fonctionnement peut s’avérer être pénible à comprendre. Un colloque intitulé « Parcoursup : mode d’emploi » est donc prévu le jeudi 27 de 12h30 à 13h15, pour aider les élèves et parents à bien remplir leurs demandes.

    Les démarches administratives

    En plus des interrogations autour de l’orientation, des conférences seront dédiées aux démarches administratives. Lorsqu’ils arrivent en études supérieures et quittent le cocon familial, les jeunes étudiants peuvent se sentir dépassés par les démarches administratives, et les parents inquiets d’envoyer leurs enfants dans les méandres de l’administration. Ceci est d’autant plus vrai pour les personnes venant de l’étranger.

    Pour vous aider à appréhender ces questions, professionnels de l’AEFE et anciens élèves du réseau français de l’étranger seront présents pour évoquer avec vous les sujets de visas, logements, bourses scolaires, inscriptions et autre.

    Les stands des écoles

    En parallèle des conférences, chaque école présente aura son propre stand virtuel pour accueillir élèves, parents et professeurs et échanger avec eux sur leur programme et leurs conditions d’admission. La prise de rendez-vous n’étant pas possible, vous pourrez vous rendre dans un stand quand vous le souhaitez pour discuter par tchat ou video avec les intervenants. Au total, ce sont plus de 500 formations qui seront présentées.

    Le succès de 2021

    Le Salon virtuel de l’orientation avait été un succès avec plus 8500 internautes recensés sur les deux jours et un pic de participation au Liban, Maroc, en Tunisie, Espagne et à Madagascar. Si l’an dernier, il s’était étalé sur le vendredi et le samedi, la journée de samedi avait attiré moins de monde car de nombreuses écoles avaient banalisé les cours pour se consacrer au forum. C’est pourquoi cette année, il est organisé en semaine.

    Le programme des conférences

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