Pandémie : le shoot douloureux

Pandémie : le shoot douloureux

Le terme « pandémie » puise son origine dans le terme « épidémie », qui vient parler du peuple tout entier. Il ne s’agit plus du lieu où l’on réside, l’expatriation n’y peut rien dans cette affaire.

La douleur et le tragique exprimés au travers de ces quelques lettres sont un indice social à propos de ce qui vient contenir le peuple.

Si Freud parle de « Malaise dans la civilisation », l’appellation « Douleur dans la civilisation » pourrait correspondre à l’ambiance des sociétés contemporaines prises dans ce qui est nommé guerre sanitaire mondiale.

« Malaise dans la civilisation » raconte le développement de la culture prise en pleine guerre.

La guerre comparable au rêve, permet l’expression des pulsions agressives refoulées, la dimension morale est bel et bien attaquée… Les contraintes sociales ne comptent plus, ou moins.

Quant à la douleur, elle s’exprime du physique, parfois de l’émotionnel. Sur le plan psychique, « le psychanalyste lui, continue de reconnaître la douleur d’exister comme une évidence. Il la reconnaît du malaise de la civilisation au manque à jouir. La douleur est a priori fatalement originaire. »

On parle de ce cri originaire duquel nous naissons, celui qui fait entrer le souffle de vie et permet de s’inscrire dans la pulsion de vie. La douleur est inscrite en nos corps, de cette séparation du corps à corps.

Le corps c’est aussi le peuple soudé dans le rassemblement, quelque chose vient fédérer sur un point identitaire qui se voudrait donc commun.

La difficulté à l’heure actuelle est que ce point commun se rencontre dans la souffrance amenant l’expression de la pulsion de mort. L’autre est celui qui causerait ma mort et mieux vaut le détruire avant que celui-ci ne m’atteigne. D’ailleurs tous les artifices sont bons pour mettre de la distance avec cet autre qui menacerait mon saint corps.

Malgré cela, on ne peut faire l’impasse sur le fait que son propre corps est tout autant menaçant que celui de cet autre… Comment le pourrait-on ? Rien ne peut nous différencier dans cette guerre, pas même tout l’attirail déployé pour nous rendre un peu plus invincible !

Si la psychanalyse peut faire l’objet de controverses, il n’empêche qu’elle permet la réflexion et une perception subtile de ce qui se joue au travers des liens sociaux dans le développement de ce qui est cultivé par la société.

L’instinct de survie peut amener à aller à l’encontre de ce qui se dresse, mais ses bénéfices risquent de n’être seulement que fantasmatiques. La réalité sociale est là, qu’on s’y inscrive ou non. Il y a donc une notion de résilience à aborder qui fait référence au deuil. Quelque chose meurt et doit être accepté… Ce n’est pas, comme on voudrait nous le faire croire, le réel de ce corps (qui ne mènerait qu’à une possible paranoïa), mais le sentiment douloureux lié à cet événement exogène dont on n’aurait la possibilité de se défaire.

Laisser un commentaire