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  • Présidentielle : vote au Royaume-Uni

    Présidentielle : vote au Royaume-Uni

    Au soir du premier tour du dimanche 10 avril 2022, 53,23% des Français au Royaume-Uni ont choisi de placer le président-candidat Emmanuel Macron en tête. La participation fut faible par rapport à 2017. 30,58% contre 46.91% il y a cinq ans. Plus de 117 000 Français au Royaume-Uni ont pu voter. Jean-Luc Mélenchon a obtenu 19,57% et Yannick Jadot est en troisième position avec 8,89%.

    Eric Zemmour a obtenu 5,19% des voix. Le candidat de Reconquête! était venu à Londres en novembre 2021 pour présenter son programme avant qu’il ne devienne candidat.
    Énorme camouflet pour Valérie Pécresse qui a obtenu 4,49%. François Fillon avait obtenu 24,8% en 2017.

    Anne Hidalgo a obtenu un mauvais score (2,86%) et Marine Le Pen a complètement disparu des radars et a fait 2,6%.

    Les résultats en Écosse

    Emmanuel Macron n’a pas réussi à obtenir le même score qu’à Londres. Il a obtenu 36% des voix. Le candidat de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a recueilli près de 32% des suffrages. Comme à Londres, Yannick Jadot est en troisième position avec 13% des voix.

    Dans d’autres villes au Royaume-Uni

    À Manchester, Alexandre nous a raconté que son bureau de vote était dans un hôtel Novotel au 1er étage et les votants étaient divisés en deux listes en fonction de leur nom de famille.

    “Il y avait une personne à l’entrée qui dirigeait les personnes vers les bureaux et les informait de la tenue du vote. Une fois dans la salle du bureau, il y avait 3 isoloirs et les personnes chargées du vote expliquaient clairement la procédure à suivre. En bref, tout était clair et bien fléché – c’était assez agréable, à tel point que nous nous sommes proposés pour aider au comptage des votes”, a ajouté Alexandre.

    Au Lycée Français de South Kensington ainsi qu’au Lycée Winston Churchill à Londres il fallait entre 5-10 minutes pour voter, contrairement aux 4h de file d’attente il y a cinq ans.
    Plusieurs personnes nous ont confié que la présence de cinq bureaux de vote dans Londres et pas un seul à l’Est de la capitale britannique posait problème. Un Français a mis 3 heures aller/retour pour y aller.

    Beaucoup de français de East London ne font pas le déplacement. On a dû s’organiser avec ma femme pour garder la petite. Je vote au premier tour, elle vote au deuxième… c’est dommage.” Certains Français faisaient part des procurations et convocations qui étaient mal organisées. Guillaume a voté au Lycée Français Charles-de-Gaulle. “Quand je suis arrivé vers midi il n’y avait pas vraiment beaucoup de queue. C’était assez rapide. J’ai pu voter sans attendre et sans délai. Par contre j’avais une procuration. Quand je suis arrivé pour voter pour la personne, ils ne trouvaient pas la procuration. Il y a un listing de noms. À côté du nom, il y a une procuration qui a été faite pour qu’on vote à sa place. Quand je suis arrivé au bureau de vote on m’a dit qu’il n’y avait pas de procuration alors qu’elle avait été faite le 3 mars. On m’a demandé d’aller au bureau de la médiation. Dans ce bureau il y avait déjà beaucoup de gens qui attendaient pour des problèmes assez similaires. C’était très compliqué pour eux de retrouver la procuration car il n’y avait pas de trace électronique. Ils ont dû fouiller dans des documents physiques pour retrouver la procuration qui avait été faite. Pendant un moment j’ai cru que je n’allais pas pouvoir voter pour mon mandant. La queue commençait à s’agrandir au bureau de la médiation avec des gens qui avaient des problèmes dont notamment le cas d’une dame âgée de 76 ans qui n’avait pas reçu sa convocation pour aller voter. On lui a dit que son bureau de vote était à Fulham, alors qu’ elle avait des problèmes de mobilité.”

    Lycée Français de Londres à South Kensington – Alexander Seale

    “On a reçu les professions de foi à la dernière minute.”

    Julie, qui est allée voter au Lycée Winston Churchill à Londres, nous a expliqué qu’elle a reçu ses professions de foi à la dernière minute. “Je les ai reçues même pas une semaine avant le premier tour.”
    Quant à Mat qui a voté à Brighton au sud de l’Angleterre, il a trouvé que le déroulement s’était très bien organisé. “J’ai même reçu les professions de foi avant mes parents qui sont à Toulouse. Le plus gros handicap c’était le marathon qui bloquait toutes les rues.”

    Il y a cinq ans, c’est Emmanuel Macron qui avait remporté ici largement le premier tour
    avec 51% des suffrages. Cette élection est en tout cas très suivie par la communauté française, la presse et le gouvernement britannique.

    Les bénévoles ne sont pas formés au code électoral

    Catherine Smadja est la candidate socialiste pour les législatives de la 3ème circonscription des Français établis hors de France, et la présidente de Français du monde UK. Selon elle, « la difficulté que rencontre le consulat est qu’il ne possède pas le personnel nécessaire pour organiser correctement les élections. Ils doivent donc faire appel à des volontaires qui ne connaissent pas forcément le code électoral. De cette manière il s’est déroulé un gros incident : dans plusieurs bureaux de vote, les opérations officielles pour procéder à l’élection, telles que le décompte des voix, l’émargement sur les listes, ou encore l’ouverture des urnes, se sont déroulées à huis clos. Or c’est strictement interdit. Du coup j’ai prévenu l’administration consulaire qui a fait le nécessaire pour que cela s’arrête. Sauf qu’entre temps, il y avait déjà plusieurs urnes qui avaient été ouvertes… Ce qu’on déplore c’est qu’il est censé y avoir obligatoirement un fonctionnaire au courant des règles électorales dans chaque bureau ; mais par manque de moyens c’était pas le cas. » Catherine Smadja pense que cela s’est produit dans quasiment tous les bureaux de vote. Si elle ne crie pas à la fraude, elle est convaincue que les règles ont été mal interprétées par les volontaires non formés. Ainsi, elle demande à ce qu’ils soient sensibilisés au code électoral.

  • Vers le retour de la logique des blocs ?

    Vers le retour de la logique des blocs ?

    Jusqu’au début de la guerre en Ukraine, la Russie avait deux partenaires commerciaux clefs : la Chine et l’Union européenne. Jusqu’au mois de mars 2022, 40 % des exportations russes étaient destinées à l’Union européenne et 12 % à la Chine. La part des exportations à destination de l’Union qui avait atteint 60 % en 2007 était en baisse régulière depuis une quinzaine d’années, celle à destination de la Chine suivant le chemin inverse. Les importations depuis l’Union sont passées de 45 % du total des importations en 2014 à 30 % en 2021 quand celles en provenance de Chine sont passées de 20 à 30%.

    Depuis le rattachement de la Crimée en 2014, la Russie a renforcé ses liens économiques avec plusieurs États d’Afrique. Elles ont doublé en sept ans. Un bloc d’échanges associant la Chine, l’Afrique et certains pays d’Amérique latine se constitue face à celui rassemblant les pays de l’OCDE. Le Brésil qui tente d’intégrer cette dernière instance semble, en revanche, hésiter sur son positionnement.

    En 2021, la Chine, la Russie et l’Afrique représentaient 27 % du PIB mondial, un quart des échanges mondiaux et 37 % de la population mondiale. Ce groupe pèsera de plus en plus en termes de population grâce à l’Afrique dont le nombre d’habitants passera de 1,4 à 2,5 milliards de 2020 à 2050. À l’échelle mondiale, ce bloc produit 23 % du gaz, 20 % du pétrole, 27 % de la production agricole et 58 % des métaux.

    Russia and China flags over blue sky background. 3D illustration

    Au niveau des réserves de change, le poids de ce bloc est passé de 12 à 35 % de l’ensemble des réserves au niveau mondial de 2002 à 2022. Il est à l’origine du tiers de l’épargne mondiale en 2021, contre 10 % en 2002. 26 % des dépenses de recherche/développement mondiales étaient réalisées par la Chine, la Russie et l’Afrique en 2021, contre 4 % en 2002.

    Un bloc dominé par la Chine et la Russie, s’étendant aux pays africains, aurait des positions dominantes dans l’énergie et les matières premières. La Chine pourrait ainsi sécuriser ses approvisionnements et fournir ses nouveaux alliés en produits industriels. Les pays occidentaux seraient contraints de maintenir un minimum de relations avec la Chine et certains pays d’Afrique pour accéder à certains biens et matières premières ainsi qu’aux énergies carbonées. La fragmentation de la planète en deux blocs – d’un côté les démocraties, de l’autre, les dictatures – ne serait pas une partition totale. Des espaces d’échanges demeureraient avec le risque d’être soumis à des rapports de force assez violents.

  • EELV et les LR appellent aux dons

    EELV et les LR appellent aux dons

    Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, les règles de remboursement des frais de campagne empêchent le parti de droite traditionnelle et le parti écologiste d’accéder aux sommes qu’ils espéraient, mettant ainsi leur survie en jeu.

    Ayant recueilli moins de 5 % des suffrages, Europe Ecologie Les Verts et Les Républicains ne recevront que 800 000 € de remboursement des frais de campagne. Une situation d’autant plus problématique qu’ils avaient dû tous deux s’endetter pour financer la campagne électorale.

    Avec 4,78 % des voix, le score le plus bas de l’histoire pour le parti gaulliste, « on est évidemment en danger de mort », selon son secrétaire général, Aurélien Pradié.

    Début 2019, le parti avait déjà été contraint de vendre son siège historique, rue Vaugirard à Paris, pour une somme de 46 millions d’euros.

    C’est donc un nouveau coup dur pour le parti Les Républicains, qui, selon nos calculs, aurait dépensé entre 14 et 15 millions d’euros pour la campagne de Valérie Pécresse. Au lendemain du premier tour, lundi 11 avril, la candidate a lancé un appel aux dons aux « Français qui sont attachés au pluralisme politique et à la liberté d’expression », car « il en va de la survie […] de la droite républicaine ».

    Selon elle, « 7 millions d’euros » étaient attendus de la part de l’État, au titre des remboursements des frais de campagne, si le score final avait été supérieur à 5 %. Avec 800 000 euros, c’est une somme presque 10 fois moins élevée qui arrivera dans les caisses du parti.

    Valérie Pécresse, la représentante des LR appelle aux dons

    La candidate a révélé s’être « endettée personnellement à hauteur de 5 millions d’euros » pour les dépenses engendrées lors de cette élection et que « la situation financière de [sa] campagne est désormais critique ».

    Les Verts, qui avaient bon espoir de terminer la course au-dessus de 5 %, ont contracté des prêts à hauteur de 7,6 millions d’euros (dont 1,2 million directement auprès du parti EELV), selon les données publiées sur leur site de campagne.

    La somme de 800 000 euros est encore une fois largement insuffisante pour recouvrir les engagements financiers pris lors de la campagne. Le secrétaire national du parti, Julien Bayou a indiqué que les dépenses s’élèvent à environ « 6 millions d’euros », mais que « dans l’immédiat […] nous devons trouver deux millions d’euros dans les cinq semaines qui viennent », évoquant une première échéance fin mai.

    Yannick Jadot, le candidat de EELV pour cette élection de 2022, a donc aussi exhorté les Français à faire un don, dès son discours de défaite dimanche (10 avril) au soir : « l’écologie a besoin de votre soutien financier pour poursuivre ses indispensables combats ».

    Les deux partis comptent désormais sur les élections législatives de juin pour pouvoir renflouer leurs caisses, et continuer de compter politiquement.

  • Le vote des expatriés – consulat par consulat

    Le vote des expatriés – consulat par consulat

    Ce dimanche 10 avril, les Français étaient appelés aux urnes pour participer au premier tour de l’élection présidentielle. Plus de 42 millions d’électeurs étaient attendus dont 1,4 million d’expatriés. Mais comme en France, la participation fut décevante chez les expatriés avec 35,12% de participation soit 504 291 Français établis hors de France. On fait le point sur le vote des expatriés !

    Les résultats consolidés des Français de l’étranger

    Les résultats globaux sont connus. Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon caracolent en tête mais des nuances sont à faire d’un pays à l’autre.

    Liste des candidats Voix % Inscrits % Exprimés
    M. Emmanuel MACRON 224 957 15,67 45,09
    M. Jean-Luc MÉLENCHON 109 394 7,62 21,92
    M. Éric ZEMMOUR 43 252 3,01 8,67
    M. Yannick JADOT 40 774 2,84 8,17
    Mme Marine LE PEN 26 380 1,84 5,29
    Mme Valérie PÉCRESSE 20 956 1,46 4,20
    Mme Anne HIDALGO 12 489 0,87 2,50
    M. Nicolas DUPONT-AIGNAN 7 074 0,49 1,42
    M. Jean LASSALLE 5 964 0,42 1,20
    M. Fabien ROUSSEL 3 266 0,23 0,65
    M. Philippe POUTOU 3 145 0,22 0,63
    Mme Nathalie ARTHAUD 1 300 0,09 0,26

    Nous vous proposons de découvrir comment les Français de l’étranger ont voté consulat par consulat. Vous découvrirez les résultats selon l’ordre établi par le Ministère des Affaires étrangères et européennes dans le document publié sur son site et que vous pouvez télécharger en fin d’article.

    Les résultats de la circonscription Amérique du Nord

    Les résultats de la circonscription Amérique du Sud et Caraibes

    Les résultats de la circonscription Europe du Nord

    Les résultats de la circonscription Benelux

    Les résultats de la circonscription Péninsule ibérique et Monaco

    Les résultats de la circonscription Suisse et Liechtenstein

    Les résultats de la circonscription Europe Centrale

    Les résultats de la circonscription Méditerranée de l’Est

    Les résultats de la circonscription Afrique de l’Ouest et Maghreb

    Les résultats de la circonscription Afrique centrale – Est et Proche Orient

    Les résultats de la circonscription Europe Orientale – Asie – Océanie

    Résultats de la 1er circonscription

    Résultats de la 2ème circonscription

    Résultats de la 3ème circonscription

    Résultats de la 4ème circonscription

    Résultats de la 5ème circonscription

    Résultats de la 6ème circonscription

    Résultats de la 7ème circonscription

    Résultats de la 8ème circonscription

    Résultats de la 9ème circonscription

    Résultats de la 10ème circonscription

    Résultats de la 11ème circonscription

    Téléchargez le fichier officiel du Ministère des Affaires étrangères et européennes

    Les résultats consulat par consulat Télécharger

  • Présidentielle 2022 : les réactions politiques

    Présidentielle 2022 : les réactions politiques

    Le dimanche 10 avril, la rédaction Lesfrancais.press et la radio StereoChic se sont associées afin de vous livrer un Grand direct présidentielle, en lien avec les Français de l’étranger. Retour sur les réactions politiques à l’antenne. 

    L’édition spéciale dédiée au premier tour de la présidentielle sur les ondes de StereoChic, a été riche. Les correspondants et intervenants politiques se sont relayés au long de la soirée afin de vous donner leur analyse des résultats. Vous pouvez d’ailleurs retrouver les grandes tendances de la soirée dans un autre article.

    Les retours sur l’organisation du vote à l’étranger

    Se rendre aux urnes dimanche a été difficile pour de nombreux Français de l’étranger, notamment en Europe et au Canada. Cependant, dans certaines régions, les conditions étaient optimales. Effectivement, d’après Hervé Soral, conseiller des Français de l’étranger à Oman et aux Emirats Arabes Unis, notre témoin l’organisation était très bien cadrée à Dubaï. Il évoque ainsi par exemple le système mis en place sur Facebook par les équipes consulaires, afin d’indiquer le taux d’affluence dans les bureaux de vote. 

    De plus, à Hong-Kong Catya Martin, correspondante pour Lesfrancais.press, salue le travail abattu par les nombreux bénévoles tout au long de la journée. D’après elle, les mesures étaient “optimales” pour aller déposer son scrutin dans les urnes. 

    Les réactions des personnalités politiques 

    Au fur et à mesure de l’annonce des résultats, les personnalités politiques représentatives des Français hors de France, se sont succédées afin de donner les retours de leur parti. 

    Alors que la tendance donnait Marine Le Pen aux portes du second tour de l’élection, Denis Franceskin, délégué national pour l’ensemble de la Fédération des Français de l’étranger du Rassemblement national, a argumenté sur le “discours d’union nationale” de sa candidate. A ses yeux, elle se positionne comme l’unique adversaire d’Emmanuel Macron et la personne qui pourra “réparer” les cinq années passées sous un gouvernement LREM. Afin de porter ce projet, il appelle au grand rassemblement des Français. 

    De son côté Florence Poznanski, membre du Parlement de l’union populaire pour LFE, évoque la préparation de La France insoumise pour les élections législatives à l’étranger. Effectivement, les chefs de file ont d’ores et déjà été choisis dans les onze circonscriptions et devraient être investis incessamment sous peu. Ainsi, elle invite toutes les personnes se reconnaissant dans un programme d’union populaire, à rejoindre le mouvement afin d’être plus forts. 

    Dans le même temps, elle salue sa “camarade” Cécilia Gondard, responsable de la Fédération des Français de l’étranger pour le PS. Cette dernière, consternée par le (très) faible score du Parti socialiste, tant chez les expatriés qu’en France, s’interroge sur le futur du groupe. A son avis, le phénomène observé dans l’hexagone est similaire à celui à l’étranger, à savoir qu’il existe une nette différence entre les suffrages exprimés lors des élections locales (municipales, régionales etc.) et lors de la présidentielle. Elle évoque également le lancement des législatives, et nous confie que le parti de la rose appelle à l’union de la gauche. D’après elle, tous les groupes politiques attendaient de voir se dérouler le premier tour de la présidentielle avant de lancer les négociations. 

    Puis nous avons clôturé la soirée avec Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’étranger pour le groupe présidentiel. Après avoir affirmé être heureuse des résultats d’Emmanuel Macron au sein de la communauté des expatriés, elle affirme que grâce à cela, elle implore tous les citoyens à aller voter au second tour. Elle explique que se rendre aux urnes permet de servir les intérêts des Français de l’étranger, car plus ils seront à le faire, plus leur place sera importante dans le débat national. 

    Ecoutez le podcast récapitulatif du Grand direct pour la présidentielle

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes préférées

    Podcast liste
  • 1er tour des élections présidentielles en Australie

    1er tour des élections présidentielles en Australie

    Ce dimanche 10 avril se tenait le 1er tour des élections présidentielles en Australie. Les Français expatriés pouvaient ainsi se rendre dans l’un des 11 bureaux de vote du pays pour déposer leur bulletin. Sans grande surprise, le taux d’abstention reste élevé à 65,8% et Emmanuel Macron sort en tête de scrutin dans cette circonscription. Nous avons échangé avec les Français sur place. 

    Une organisation en dents de scie

    La première chose que l’on remarque pour ces élections présidentielles en Australie, ce sont les différences entre les bureaux de vote à travers le pays. À Melbourne, l’ambiance est au rendez-vous, avec notamment un stand de produits français pour déguster une petite crêpe après son devoir civique.

    Bureau de vote à Melbourne – crédit photo : Ryad

    Une bonne ambiance qu’on ne retrouve pas forcément dans le Queensland, où Inès regrette le manque de sympathie : 

    « L’accueil était glacial. J’ai fait 3h de route pour venir voter, un simple « merci d’avoir voté » aurait été apprécié. » 

    À Sydney, c’est le lycée Condorcet qui accueillait les votants, avec un découpage en 4 bureaux. Cyprien était dans les premiers à aller voter : 

    « J’y suis allé dès l’ouverture, c’était assez fluide malgré le stress des volontaires. Par contre, ils pourraient améliorer l’accueil, avec des pancartes pour indiquer l’ordre alphabétique par exemple, au lieu d’avoir des volontaires qui demandent le nom de famille à tout le monde. » 

    Une remarque partagée par d’autres qui sont arrivés dans la matinée, comme Lucile qui nous dit :

    « Pour la file des noms de famille de A à C, absolument personne, alors que la file de D à G file allait jusqu’à l’extérieur de l’école … un peu de flexibilité entre les deux files aurait semblé plus malin. « 

    Bureau de vote Sydney – crédit photo Lucile

    Une remarque qui semble avoir été prise en compte, puisque les témoignages de l’après-midi indiquent que le vote était plus fluide. Elise Léger, conseillère des Français à l’étranger nous confirme :

    « Ça s’est bien passé ! Une très bonne organisation avec beaucoup d’amélioration par rapport à 2017« 

    Au total, on retrouve 11 bureaux de vote dans 7 lieux en Australie : 

    • 1 à Canberra, à l’Ambassade de France
    • 4 à Sydney, situé dans l’école Condorcet 
    • 2 à Brisbane, un dans une école à Tingalpa et l’autre à l’Alliance Française
    • 1 à Adélaïde, situé dans l’Alliance Française
    • 2 à Melbourne, à l’Auburn High School
    • 1 à Perth, à l’Alliance Française
    Bureau de vote Sydney

    Pas assez de bureaux de vote 

    Malgré les 11 bureaux de vote mis en place pour ce premier tour, beaucoup regrettent que certaines zones soient vides. Ainsi, pour les Français expatriés en Tasmanie ou ceux dans le Northern Territory, pas de bureau de vote dans l’État. Pour pouvoir voter aux présidentielles en Australie, il fallait se rendre dans un état voisin. Quand on sait que l’Australie fait plus de 7millions de km², on comprend que certains ne soient pas ravis. 

    « Je n’ai pas voté en bureau de vote, mais par procuration, car ici, c’est une vraie galère » nous confie Sarah. Elle avait la possibilité de voter, mais pour Axelle, c’est différent :

    « Je n’ai pas voté, car j’habite à Darwin et mon bureau de vote était à Perth… Pour faire une procuration, il fallait connaître quelqu’un qui aille voter à Perth ou Sydney… du coup, j’ai laissé tomber. Ils rendent les choses impossibles pour ceux qui habitent loin des villes principales. » 

    Parmi les personnes interrogées, le constat est souvent le même. Ils se sont déplacés, ou bien ont fait des procurations, mais pour leur entourage, peu d’entrain. 

    À la fin de la journée, le bilan tombe : 34,5% de participation sur la circonscription Australie, Fidji Png.

    Bureau de vote à Perth

    Les résultats du premier tour des présidentielles en Australie

    Ainsi, les résultats pour ce premier tour des élections présidentielles en Australie sont les suivants :

    • Emmanuel Macron : 46,8 %
    • Jean-Luc Mélenchon : 19,6 %
    • Yannick Jadot : 11,4 %
    • Éric Zemmour : 7,9 %
    • Valérie Pécresse : 3,7 %
    • Marine Le Pen : 3,4 %
    • Anne Hidalgo : 3 %
    • Nicolas Dupont-Aignan : 1,3 %
    • Jean Lassalle : 0,9 %
    • Philippe Poutou : 0,7 %
    • Fabien Roussel : 0,5 %
    • Nathalie Arthaud : 0,1 %

    Le taux de participation s’élève à 34,5%, soit 13 points de moins qu’en 2017.

    Ainsi, ces élections présidentielles en Australie ont placé Emmanuel Macron en tête au 1er tour, suivi de Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot. Le taux de participation reste cependant très faible. Les électeurs sont de nouveau appelés aux urnes le 24 avril, dans les mêmes points de vote que lors du premier tour.

  • La complainte éternelle des enfants gâtés

    La complainte éternelle des enfants gâtés

    La France est menacée par l’inflation des prix et des promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent et en disent long sur l’état d’esprit des électeurs. Malgré une dette publique supérieure à 110 % du PIB, un déficit qui dépasse 5 % du PIB et un solde commercial négatif de plus de 80 milliards d’euros en 2021, les différents programmes ont mis l’accent sur les dépenses et ont relégué au second plan la question d’un « éventuel retour à une gestion vertueuse des finances publiques ». Les Français sont-ils des enfants gâtés ? Qui prépare le futur ?

    Les dépenses publiques ont représenté près de 60 % de la création de richesses, un record au sein des pays avancés 

    L’État, accusé de tous les maux, est par ailleurs continuellement appelé à l’aide pour soutenir telle activité ou catégorie de citoyens. Tenu d’indemniser les agriculteurs victimes du gel tardif, il est également sollicité pour venir en aide aux entreprises qui ont perdu des marchés en Ukraine ou en Russie, et se doit de compenser les pertes de pouvoir d’achat liées à la hausse des prix. 

    En 2021, les dépenses publiques ont représenté près de 60 % de la création de richesses, un record au sein des pays avancés. Les prélèvements obligatoires ne pouvant suivre la hausse continue des dépenses publiques, les administrations publiques n’ont d’autres solutions que de faire appel à l’épargne française et internationale au prix d’un endettement croissant. 

    L’idée de l’argent magique, gratuit, illimité s’est imposée comme une évidence. Nul n’imagine que le règne de l’argent facile puisse prendre fin dans les prochains mois ou prochaines années. Tout recours massif à la facilité monétaire aboutit à des lendemains qui déchantent. 

    En la matière, l’histoire est sans nuance. De l’or des Espagnols au XIVe siècle à la crise grecque en 2011 en passant par les assignats français de l’époque révolutionnaire, l’accumulation des déficits est une source d’inflation et mène à la banqueroute. La France sera rattrapée tôt ou tard par ses démons. Ses partenaires pourraient sonner la fin de la récréation au risque de provoquer une crise politique au sein de l’Union européenne ; à moins que les marchés mettent sous pression les prochains gouvernements. 

    Les taux historiquement bas pratiqués depuis une quinzaine d’années ont été une source d’économies artificielles pour l’État qui en a profité pour s’endetter. S’ils retrouvent demain leur niveau normal, voire incorporent une prime de risque plus importante au vu du poids de la dette publique française, le paiement de la dette accaparera alors une part croissante des recettes publiques. 

    Avec des prélèvements obligatoires qui captent déjà 45 % du PIB, la France dispose de peu de marges de manœuvre pour restaurer ses équilibres financiers. En la matière, deux solutions s’offrent aux États, la réalisation d’économies et/ou l’augmentation de la croissance permettant de générer un surcroît de recettes publiques.

    Pour certains, il faudrait mettre un terme à la rigueur qualifiée d’ultralibérale, sachant qu’elle n’a jamais eu cours en France.  

    En France, les mots « économies budgétaires » semblent tabous voire inconvenants. L’épidémie de covid19, la guerre en Ukraine, la transition énergétique, le vieillissement de la population, la digitalisation de l’économie donnent aux administrations de nouveaux motifs d’interventionnisme. Pour certains, il faudrait mettre un terme à la rigueur qualifiée d’ultralibérale, sachant qu’elle n’a jamais eu cours en France. Pour d’autres, seul l’État serait légitime pour relever les défis auxquels la société du XXIe siècle est confrontée. 

    Selon plusieurs études, les administrations publiques pourraient diminuer leurs dépenses d’au moins 5 % du PIB en réalisant de réels gains de productivité. Cela signifie un changement de méthode. Dans le passé, des réformes comme celle de la fusion des régions ou le développement de l’intercommunalité, loin d’aboutir aux économies escomptées, ont entraîné une augmentation des dépenses.

    Sans travail, sans gains de productivité, il est illusoire de croire à un possible retour de l’industrie 

    L’autre voie pour sortir de l’impasse financière passe par la croissance. Cette évidence est de moins en moins partagée au sein de la population qui, tout en souhaitant un niveau élevé de protection sociale, est méfiante voire défiante à l’encontre de l’économie dite capitaliste. L’accroissement des richesses est pourtant seul à même de financer les retraites, la dépendance, la santé, la formation, l’éducation ou la transition énergétique. Il passe par une augmentation du volume de travail réalisé par les actifs qui est en France inférieur au niveau constaté chez ses partenaires. Il suppose également des gains de productivité, un esprit d’innovation, un positionnement de la production dans le haut de gamme. 

    Sans travail, sans gains de productivité, il est illusoire de croire à un possible retour de l’industrie, retour qui suppose par ailleurs que la population et les élus acceptent des usines dans leurs communes. 

    Face à la montée des incertitudes, face aux défis géopolitiques, environnementaux ou économiques, comme l’a écrit Pascal Bruckner dans son essai « La tentation de l’innocence », « aucune difficulté n’est en soi insurmontable ; seul est dangereux d’apporter des réponses anciennes à des situations nouvelles ». 

  • L’Union européenne scrute la présidentielle

    L’Union européenne scrute la présidentielle

    Le premier tour de l’élection présidentielle française du dimanche 10 avril a mené Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour. Le scrutin est particulièrement suivi par les dirigeants européens. 

    La course à l’Élysée est largement suivie par les pays européens car la France possède une place particulièrement importante dans l’union. Effectivement, depuis le départ de la chancelière Angela Merkel le 8 décembre 2021, Emmanuel Macron est devenu l’une des figures centrales de l’Union européenne. Une place renforcée avec la guerre en Ukraine, étant donné qu’il est le seul dirigeant occidental à avoir entretenu un dialogue avec Vladimir Poutine, des semaines durant. 

    Le président-candidat apparaît donc comme “un vieux sage” auprès de ses homologues internationaux. De plus, la volonté de le voir être réélu est renforcée par le déplaisir des chancelleries à l’égard du changement. 

    Bien que Marine Le Pen entretient des relations avec le président russe et pourrait donc conserver le canal de communication si elle était élue, elle continue d’effrayer les dirigeants européens. 

    Marine Le Pen et Viktor Orban

    Ainsi, à deux semaines du second scrutin, ils se positionnent tous en faveur du président sortant, à l’exception de l’Hongrois Viktor Orban. En effet, ce dernier partage de nombreuses valeurs avec la candidate de l’extrême droite, telles que le protectionnisme national. De plus, il la soutient avec ferveur et l’a prouvé en lui prêtant 10 millions d’euros pour mener sa campagne.

    Regardez l’analyse de TV5MONDE

  • Retour sur le grand direct de la Présidentielle 

    Retour sur le grand direct de la Présidentielle 

    Le dimanche 10 avril, la radio StereoChic et la rédaction Lesfrancais.press ont animé en direct le premier tour de l’élection présidentielle. Pour l’occasion, les invités se sont relayés afin de réagir aux résultats nationaux mais surtout des Français de l’étranger. Retour sur cette soirée riche. Mais tout d’abord les résultats dans les bureaux de vote des expatriés dans le monde.

    Les voix obtenus par les candidats chez les Français de l’étranger

    Liste des candidatsVoix% Inscrits% Exprimés
    M. Emmanuel MACRON224 95715,6745,09
    M. Jean-Luc MÉLENCHON109 3947,6221,92
    M. Éric ZEMMOUR43 2523,018,67
    M. Yannick JADOT40 7742,848,17
    Mme Marine LE PEN26 3801,845,29
    Mme Valérie PÉCRESSE20 9561,464,20
    Mme Anne HIDALGO12 4890,872,50
    M. Nicolas DUPONT-AIGNAN7 0740,491,42
    M. Jean LASSALLE5 9640,421,20
    M. Fabien ROUSSEL3 2660,230,65
    M. Philippe POUTOU3 1450,220,63
    Mme Nathalie ARTHAUD1 3000,090,26

    La réaction aux résultats 

    Depuis le Royaume du Bahreïn, Miami, Hong-Kong ou encore Bruxelles, les correspondants de Lesfrancais.press ont commenté les résultats de leur région au fur et à mesure qu’ils étaient révélés. De ce premier tour de la présidentielle 2022, nous pouvons retenir deux grandes tendances. Le président sortant est arrivé grand favori avec 45,09% des voix et Jean-Luc Mélenchon s’en sort à la deuxième place (contrairement au niveau national) avec 21,92% des suffrages. A l’instar des résultats nationaux, la troisième place arrive loin derrière et, fait surprenant, c’est Eric Zemmour qui la conquiert. Effectivement, le polémiste a su rassembler 8,67% des électeurs. Un chiffre qui reste tout de même très éloigné des 20% convoités pendant la campagne. 

    Pour Arnaud Lacheret, directeur de la French Arabian School, Eric Zemmour a supplanté Marine Le Pen de deux places chez les Français de l’étranger car il représente une France bourgeoise aux revenus élevés qui est installée à l’étranger. Or la nationaliste elle, s’est davantage tournée vers les questions sociales telles que le pouvoir d’achat durant sa campagne. 

    Bureau de vote dans le Lycée français de Londres – dimanche 10 avril

    Nous vous proposons d’écouter les réactions des intervenants à la suite des premiers résultats dimanche.

    Réaction à Londres avec Alexander Seal, correspondant pour Lesfrancais.press

    Réaction au Bahreïn avec Arnaud Lacheret, directeur de la French arabian school

    Réaction à Miami avec Laure Pallez, élue consulaire

    Retrouvez l’ensemble des interventions sur le podcast complet de l’émission « Le grand direct » sur StereoChic.

    A l’annonce des résultats, toutes les familles politiques – excepté le parti Reconquête ! d’Eric Zemmour – ont appelé à voter en faveur d’Emmanuel Macron au second tour. Si pour certains ils l’ont dit de manière claire et précise, tels qu’Anne Hidalgo ou Jean-Luc Mélenchon, d’autres l’ont clairement sous-entendu. En tout cas, Jean-Luc Mélenchon a martelé à plusieurs reprises qu’”il ne faut pas donner une seule voix à Marine Le Pen”, incitant ainsi à aller voter pour le président sortant. 

    Un premier tour synonyme d’abstention

    26,31% des Français ont boudé les urnes ce week-end sur le territoire français. Un chiffre en hausse par rapport à 2017, mais tout de même éloigné du très gros score d’abstention chez les Français de l’étranger. Effectivement, d’après les données du ministère de l’Intérieur, 64,88% des expatriés ne sont pas allés voter. Une donnée qui peut s’expliquer par plusieurs facteurs. D’un côté, il est toujours difficile pour les électeurs des très grandes circonscriptions, comme au Brésil, de se rendre aux bureaux de vote, souvent éloignés de plusieurs heures de route de chez eux. De plus, des bugs sur les convocations des Français en Europe ont été déplorés, créant ainsi des perturbations pour aller voter. En effet, ils ont été nombreux à constater avoir deux adresses différentes de bureau de vote sur leur convocation papier et électronique. D’autres problèmes ont participé à ce chiffre très décevant.

    Source : ministère de l’Intérieur

    La stratégie du Rassemblement National 

    Alors que les premières tendances étaient en train de se dessiner clairement, Denis Franceskin, délégué national pour l’ensemble de la Fédération des Français de l’étranger du Rassemblement national, est intervenu sur nos ondes. 

    Denis Franceskin

    Heureux des chiffres qui étaient en train de porter sa candidate aux portes du second tour, il a étayé les raisons qui ont joué en sa faveur. D’après lui, Marine Le Pen “a fait une très bonne campagne” et a été portée par une dynamique favorable.

    A l’évocation du report des voix, il ne cache pas sa volonté de voir les partisans d’Eric Zemmour rejoindre les rangs de sa représentante. Si pour lui, il existe une différence entre les deux clans politiques, il faut aujourd’hui se concentrer sur “ce qui nous unit et non sur ce qui nous sépare”. Durant les deux prochaines semaines, les membres du RN vont donc aller chercher cette population qui a placé Eric Zemmour à la troisième position chez les Français de l’étranger. 

    Ecoutez un extrait de l’échange avec Denis Franceskin, délégué national pour les FDE

    Le score de Marine le Pen

    L’abstention

    La stratégie de La République en Marche 

    Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’étranger, a été la dernière invitée de ce grand direct électoral. Après avoir attendu que le président-candidat fasse son discours, elle nous a rejoints pour nous présenter les objectifs du mouvement. 

    A ses yeux, Emmanuel Macron veut rassembler les Français. Durant les quinze jours qui nous séparent du second tour de l’élection présidentielle, elle et ses collègues LREM vont tout faire pour mettre en place ce rassemblement. Si pour l’instant, la stratégie n’est pas encore opérationnelle, Samantha Cazebonne assure qu’ils se rendront auprès des électeurs.

    Samantha Cazebonne

    Cependant, nous pouvons noter une difficulté à laquelle le groupe va faire face au sein de la communauté des Français de l’étranger : alors que le président a raflé une majorité des voix, il reste peu de place pour le report de voix. Nous pouvons donc nous demander où vont-ils pouvoir aller chercher les électeurs pour faire barrage à Marine Le Pen. Effectivement, si Jean-Luc Mélenchon est l’autre gagnant à l’étranger et qu’il a appelé à ne pas se tourner vers la nationaliste au second tour, beaucoup de ses électeurs pourraient ne pas suivre cette consigne.

    Ecoutez les extraits de l’échange avec Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’étranger

    Le score d’Emmanuel Macron

    L’abstention et les erreurs d’organisation

    Résultats des candidats chez les Français hors de France

    Source : ministère de l’Intérieur

    Le replay complet de la soirée électorale de StereoChic et du site Lesfrancais.press

  • L’organisation pointée du doigt pour expliquer l’abstention des expatriés

    L’organisation pointée du doigt pour expliquer l’abstention des expatriés

    Le taux de participation des Français de l’étranger a chuté de plus de 9 points entre le premier tour de l’élection présidentielle 2017 et celui de 2022, pour passer de 44,28 à 35,12 %. Comment expliquer cette abstention des expatriés, alors que le tissu politique, associatif et médiatique des Français établis hors de France s’est densifié et a gagné en qualité ces 5 dernières années.

    Avec nos correspondants et avec la participation de certains élus, la rédaction Lesfrancais.press a essayé de comprendre ce phénomène.

    La Covid-19

    Tout d’abord, il ne faut pas oublier que nous sortons d’une pandémie qui a profondément désorganisé la communauté des Français de l’étranger et son administration. En effet, nombre d’expatriés ont quitté leur lieu de résidence usuelle pour rejoindre la France. On pense à ceux établis en Chine, aux USA, en Australie ou dans certains pays africains. En conséquence, ils n’ont pas pu procéder à leur radiation de la liste consulaire étant installés provisoirement en France tout en ne pouvant pas voter. Ceux qui sont rentrés, avaient pour certains déménagé et n’avaient pas mis leur adresse postale à jour.

    En sus, la transmission de l’adresse électronique n’étant pas obligatoire, ils étaient nombreux à ne pas avoir actualisé leur adresse de correspondance papier et n’ont pas reçu la convocation postale, alors que c’était le seul mode de communication connu par l’administration.

    L’envoi tardif des convocations

    Cette année, l’administration consulaire dirigée par Laurence Haguenauer (qui n’a pas répondu à nos sollicitations) a décidé d’envoyer les convocations uniquement à partir du 04 avril soit quelques jours avant le premier tour.

    Vote en Turquie - 2017
    Vote en Turquie – 2017

    Evidemment ceux qui n’avaient fourni qu’une adresse postale n’ont pas reçu à temps leur convocation. Pour ceux qui avaient communiqué leur adresse email, le courriel est souvent arrivé dans les spams et le faible délai entre l’envoi électronique, le mercredi 06 avril, et la date de convocation ont empêché le bouche à oreille et la solidarité communautaire de battre son plein pour aider le plus grand nombre à obtenir les convocations et connaitre les bureaux de vote.

    L’erreur des bureaux de vote

    Car pour voter, nul besoin de convocation, il suffit d’être inscrit sur la liste électorale et de présenter une pièce d’identité. L’intérêt de la convocation c’est de connaitre son bureau de vote. Et là c’est le crash pour l’administration consulaire. En effet, cette dernière s’est emmêlée les pinceaux : erreur de fichier, de numérotation, ajout d’un bureau au dernier moment, nul ne le sait. La responsabilité est difficilement établie mais le résultat est bien là.

    Une grande partie des convocations envoyées par voie postale comportaient un mauvais bureau de vote tandis que les convocations par mail, elles, mentionnaient le bon numéro de bureau.

    Quelles conséquences ? Elles furent principalement localisées en Europe. Du fait de l’envoi tardif des convocations depuis Paris, les Français établis sur le continent européen étaient les seuls avoir bien reçu la version papier de celles-ci. A Bruxelles, où près de 90 000 Français de la ville-région et sa périphérie étaient convoqués dans un centre unique, pas d’erreur d’adresse, mais des gens à la recherche du bon bureau de vote. Cela a entrainé un chaos et une attente de plusieurs heures. Des dizaines de Français ont rebroussé chemin, invectivant, sur les réseaux sociaux, l’administration consulaire et les élus locaux sur cette organisation défaillante sur un grand nombre de points.

    Français de Belgique – dimanche 10 avril 2022 – sur Facebook

    A Londres, ils étaient plus chanceux. Il y avait des bureaux de vote disséminés sur l’ensemble du territoire de la capitale britannique. Mais ici, ce sont les personnes âgées qui se sont basées sur le courrier postal leur indiquant l’adresse du bureau de vote, et se sont vus balader d’un centre à l’autre à la recherche de leur urne pour y déposer leur vote. C’est ainsi, que notre correspondant Alexander Seale, a croisé une dame de 76 ans, fort courageuse, naviguant dans les rues londoniennes pour trouver la bonne adresse.

    Et les exemples se multiplient sur tout le continent européen. La sénatrice responsable des Français de l’étranger du parti présidentiel LREM, Samantha Cazebonne, a réagi lors de notre soirée électorale à cette situation. Elle désire tirer les conclusions nécessaires et veut que ces erreurs soient corrigées. Retrouvez sa réaction ci-dessous.

    Réaction Samantha Cazebonne face au chaos des convocations.

    Le bureau centralisateur aux abonnés absents

    On le voit c’est donc un véritable parcours du combattant qui attendait les expatriés qui voulaient voter pour cette élection présidentielle. Mais pour ceux dont l’engagement était marqué, soient les délégués et assesseurs des candidats, une grande surprise les attendait.

    Réaction du sénateur LR Damien Regnard sur Facebook

    En effet, cette armée de l’ombre, bénévole et volontaire, indispensable à la bonne organisation des élections, a subi les conséquences d’une organisation mal pensée et qui l’a traitée avec désinvolture.

    Du fait par moment d’un bug électronique, d’un autre d’une fermeture du bureau centralisateur, les bénévoles ont passé leur nuit dans les consulats attendant la validation des chiffres par Paris. A Montréal, ils ont quitté le centre de vote à 6h, à Bruxelles, c’est du consulat qu’ils ont pu enfin partir alors que le soleil était déjà levé, et la même situation s’est retrouvée, là aussi, dans de nombreux pays.

    La députée LREM Anne Genetet est rapidement montée au créneau, sollicitant le soutien du Ministre Jean-Baptiste Lemoyne, en charge des Français de l’étranger. Comme elle nous l’a précisé dans un échange par messages avant d’embarquer dans un avion, elle désire que la loi soit appliquée, tout simplement. Elle a donc décidé de suivre une voie légaliste pour obtenir que les droits des expatriés soient pris en compte. Elle reste dans l’attente d’une réponse du ministère.

    La réaction de l’administration consulaire

    Laurence Haguenauer

    Et la légalité, l’administration sait bien jouer avec cette notion. La réaction de la directrice Laurence Haguenauer, pourtant en repos comme un grand nombre de consulats ce 11 avril, à la différence des bénévoles qui durent aller travailler, eux, ce matin, fut de bloquer la communication des résultats aux expatriés.

    L’excuse, c’est qu’ils doivent être validés par le Conseil constitutionnel, avant d’être publiés. Une mesure qu’un grand nombre de consuls généraux, face au tollé au niveau local, ont décidé de ne pas appliquer. En Océanie, aux Amériques et dans certains pays d’Europe comme les Pays-Bas, le Portugal, etc., les chiffres sont connus. Pour les autres, il va falloir attendre le bon vouloir de cette administration si éloignée des communautés qu’elle doit servir. Cela signe tout de même une volonté de prendre en otage le corps politique des Français de l’étranger et la population d’expatriés pour éviter que les remous soient trop nombreux. Quelle administration en France pourrait se permettre cette attitude ?

    Le mandat d’Emmanuel Macron devait signer le retour de la primauté du politique sur l’administration, on ne peut que constater l’échec patent chez les expatriés. Espérons que son deuxième mandat verra la réalisation de son ambition. Les élus locaux comme nationaux avec le soutien des communautés le souhaitent.

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