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  • Chine : rebond de Covid-19, Chengdu reconfinée

    Chine : rebond de Covid-19, Chengdu reconfinée

    La ville de Chengdu, qui compte 21 millions d’habitants, a fait état vendredi de 150 nouveaux cas positifs à la Covid-19. Pour enrayer les contaminations, les autorités ont lancé un dépistage général de la population et ordonnent depuis jeudi aux habitants de « rester chez eux » jusqu’à nouvel ordre, selon des informations d’Euronews.

    Vue du centre ville de Chengdu

    Sortie autorisée sur présentation d’un test PCR

    Chaque foyer est néanmoins autorisé à envoyer chaque jour une personne à l’extérieur pour acheter des provisions, sous réserve de la présentation d’un test PCR datant de moins de 24 heures.

    La Chine continue à suivre une stricte stratégie sanitaire en dépit d’un nombre de contaminations très inférieur au reste du monde. Cette politique se traduit par des confinements dès l’apparition de cas positifs, des tests PCR quasi obligatoires toutes les 72, 48 voire 24 heures, des placements en quarantaine mais aussi par la fermeture d’usines et d’entreprises.

    La situation fait craindre un retour des mesures généralisées que les expatriés subissent déjà et qui se cumulent aux conséquences de la sécheresse.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Covid-19 : l’EMA autorise les premiers vaccins de rappel adaptés

    Covid-19 : l’EMA autorise les premiers vaccins de rappel adaptés

    L’Agence européenne des médicaments (EMA) a donné son feu vert à deux vaccins de rappel contre la Covid-19 à ARNm adaptés, ciblant la souche originale de Covid-19 ainsi que le sous-variant BA. 1 Omicron.

    Les vaccins adaptés au variant sont Comirnaty de Pfizer/BioNTech et Spikevax de Moderna. Ils ont été approuvés lors d’une réunion extraordinaire du Comité des médicaments à usage humain (CMUH) de l’EMA jeudi (1 septembre).

    À la suite de la décision de l’EMA, la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a déclaré dans un communiqué que « nous allons maintenant procéder à une autorisation accélérée de ces vaccins afin de garantir qu’ils puissent être déployés rapidement dans toute l’UE. »

    « [Les vaccins] sont développés pour offrir une protection accrue et plus large contre les variants actuels et futurs. Sous réserve de l’évaluation scientifique de l’EMA, nous attendons également un avis sur les vaccins adaptés Omicron BA.4 et BA.5 dans les semaines à venir, dans le cadre de l’approche de notre large éventail de vaccins qui caractérise notre travail depuis le début », a-t-elle ajouté.

    Elle a également appelé les États membres de l’UE à inclure les vaccins de rappel adaptés dans leurs campagnes de vaccination, soulignant l’importance de la vaccination dans la lutte contre le coronavirus.

    « Pour soutenir les efforts des États membres, la Commission présentera bientôt des actions pour les stratégies de vaccination contre la Covid-19 et définira des mesures pour éviter une recrudescence de la Covid-19 cet automne et cet hiver », a déclaré Mme Kyriakides. Elle a également ajouté que l’EMA et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) publieront leurs réflexions sur le déploiement des vaccins adaptés.

    « Nous devons être prêts à affronter un autre hiver avec la Covid-19 », a déclaré la commissaire à la Santé.

    À la recherche du bon variant

    Selon le dernier compte rendu de l’ECDC sur la Covid-19, également publié jeudi, c’est le sous-variant Omicron BA.5 qui est actuellement à l’origine des infections sur le continent européen.

    Les vaccins récemment approuvés, qui pourront être utilisés en tant que dose de rappel, ne ciblent pas spécifiquement ce variant, mais plutôt le BA.1. Les autorités britanniques ont toutefois précisé que le vaccin Spikevax adapté « génère une bonne réponse immunitaire contre les sous-variantes BA.4 et BA.5 de l’Omicron ».

    Le Royaume-Uni est devenu le premier pays à approuver un vaccin  de rappel  dit «bivalent » à la mi-août, lorsque l’agence britannique de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) a donné le feu vert au vaccin de rappel adapté au variant de Moderna, qui cible la souche originale et le sous-variant Omicron BA.1.

    Son utilisation a été approuvée pour la campagne de rappel au Royaume-Uni à partir de septembre.

    Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé mercredi les vaccins de rappel contre la Covid-19 mis à jour par Pfizer/BioNTech et Moderna, qui ciblent à la fois la souche de Covid-19 originale et les sous-variants Omicron BA.4 et BA.5.

    À la différence des vaccins de rappel contre le sous-variant Omicron BA.1 approuvés par l’UE et le Royaume-Uni, les vaccins contre les variants BA.4 et BA.5 approuvés par la FDA ne font pas encore l’objet d’une évaluation fondée sur des données obtenues chez l’homme.

    La décision est prise sur la base des données des vaccins originaux ainsi que des essais cliniques des vaccins de rappel contre le sous-variant Omicron BA.1.

  • Bataille mondiale dans l’Education

    Bataille mondiale dans l’Education

    Hier, le capital, c’était la terre. Labourages et pâturages irriguaient l’économie. Blé, riz, maïs essaimaient cités et empires, systèmes de pouvoir et d’échanges. Puis la richesse ce fut l’énergie : charbon, pétrole animaient les machines. Le capital, c’était l’usine. Tout cela accompagné de cette invention géniale, parce qu’elle enjambe l’espace et le temps, la monnaie, c’est-à-dire la banque et le crédit. De là à se plaindre que l’économie financière domine le monde, vieux laïus comme du temps des Crésus, Fugger, des banquiers génois, de la banque du Pape et de Luther.  

    Aujourd’hui, le capital, c’est le traitement de l’information. Après l’agriculture et l’industrie, voici la civilisation de l’information ou de l’intelligence, fut-elle artificielle. Le capital, c’est donc la connaissance, des datas (matières brut) à leur analyse par algorithmes, de l’IA à l’instituteur.

    L’école est-elle celle du monde d’aujourd’hui ou de celui d’hier ?

    Dans la civilisation de la connaissance, le capital, c’est le cerveau. Les recherches se multiplient. Aux Etats-Unis, Obama avait lancé The « Brain initiative », en Europe la Commission le « Human brain project ». Mieux connaitre le cerveau ne ferait-il pas gagner du temps d’apprentissage ? C’est ce que projetait John Negroponte, le créateur du MediaLAB au MIT. Une pilule pour apprendre tout Shakespeare, disait-il sur TED. 

    L’école d’aujourd’hui est-elle l’école du monde d’aujourd’hui ou de celui d’hier ? Qu’y apprend-on, sinon être à l’heure, pointer, la discipline du bureau et de l’usine, plutôt que celle du nouveau monde ? 

    Elon Musk déteste l’école. Il a créé la sienne : « Ad Astra ». Ecole mystérieuse, différente : pas de séparation entre les âges (une recommandation de l’OCDE il y a 20 ans) ; pas de mémorisation ni d’apprentissage des outils. Se confronter à des problèmes, ce qui conduit à chercher les outils pour les résoudre, comme dans un jeu. Les « matières » : intelligence artificielle, coding, robotique, science appliquée, mais pas les langues : inutile puisque des logiciels de traduction existent. Ecole élitiste, décalée, inadaptée ? Et si Elon Musk avait raison, pour l’éducation comme pour l’automobile, le paiement digital ou la conquête de l’espace ? 

    Elon Musk avait quitté l’université, comme Mark Zuckerberg, Bill Gates ou Steve Jobs.  De nombreuses écoles alternatives existent. Nicholas Negroponte promouvait « l’école sans profs », avec le projet One Laptop per Child (un ordinateur pour chaque enfant), qu’il a expérimenté dans les villages d’Afrique, au Cambodge ou au Pérou. Tous les cours existent en ligne, ce qui importe c’est « d’apprendre à apprendre ». Les logiciels le permettent. On l’apprend même aux ordinateurs, c’est le principe de l’intelligence artificielle.  

    A l’heure de Ted, Google et Wikipédia, la mémorisation parait hors champ, vague exercice musculaire du cerveau, puisque le cerveau n’est pas un muscle. L’interface avec un ordinateur permet aux paraplégiques d’écrire. La recherche neurologique identifie les zones du cerveau pour repérer celles qui s’allument en fonction de l’acquisition de connaissances, par exemple le langage, ou le calcul. Mais aussi telle ou telle émotion. Pourrons-nous piloter un hélicoptère simplement en s’asseyant, en « téléchargeant » le programme d’apprentissage en instantanée ? Pas le mode d’emploi, bien sûr : l’apprentissage comme dans un jeu vidéo, façon cinquième élément ? C’est ce dont rêvent Elon Musk et les autres. Attention : ils ont peut-être raison. A ceci prêt qu’on ne voit vraiment pas pourquoi un hélicoptère aurait encore besoin de pilote. 

    Une école de management qui prétend former les 200 prochains plus grands patrons du monde

    Jack Ma, l’ex prof d’anglais devenu l’homme le plus riche de Chine (Alibaba) finance des écoles rurales. Il a lui aussi créé son école de management, qui prétend former les 200 prochains plus grands patrons de Chine, c’est-à-dire du monde. Selon le China Daily, Hupan College se distingue par « une responsabilité sociale forte » et « une exigence morale élevée dans les affaires ». Ainsi reviendraient l’enseignement des « humanités » confucéennes dans la haute aristocratie chinoise. Pour 45.000 $ par an seulement, moins cher que les Américains. La compétition est partout. Joe Biden, démagogue ou lucide, a annulé la dette des étudiants américains. La France, elle, reste en pointe, comme une bonne partie de l’Europe : l’éducation y est vraiment gratuite. L’université aussi, ou presque. Ce qui est aussi sa faiblesse, car les ressources des universités françaises sont bien maigres para rapport aux universités américaines, britanniques ou chinoises. Le modèle est donc à revoir, surtout si l’on veut créer, ce qui devrait être le cas, des universités françaises à l’étranger, comme on a créé des lycées. 

    Un monde en révolution produit une révolution dans l’éducation  

     « Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent ! » disait Mao. La diversité permet de comparer et d’éliminer erreurs et impasses.  Celui qui sait ce qu’il faut faire en matière d’éducation est un alchimiste, un mage, ou un grand prétentieux.

    Ce qui est certain, c’est qu’un monde en révolution produit une révolution dans l’éducation. L’ONU organise en ce mois de septembre un sommet mondial : « Transformer l’éducation », avec ministres et chefs d’Etat pour répondre aux « crises de l’éducation ».  

    Pour l’instant, la révolution éducative est quantitative. Les écoles se multiplient. En 2000, 400 millions d’enfants n’allaient pas à l’école. L’UNESCO estime que 244 millions d’enfants de 6 à 18 ans ne sont pas scolarisés dans le monde. C’est deux fois moins qu’il y a vingt ans, avec une population mondiale en croissance. Mais 84 millions d’enfants n’iront toujours pas à l’école en 2030. 9% des enfants, ne vont pas à l’école primaire. C’était 28% en 1970, Encore 15% en 2000.

    Les dépenses des gouvernements en éducation représentent 3,7% du PIB mondial (Banque mondiale). Il y a un lien entre l’investissement public dans l’éducation et les évaluations à l’issue du parcours éducatif. Le classement Pisa de l’OCDE met la Chine en tête. Devant l’Estonie, la Canada, la Finlande, l’Irlande et la Corée. La France a un score moyen, elle se maintient dans les vingt premiers pays.

    Est-ce pour la qualité de l’enseignement ou pour les contacts ?  

    D’autres classements, comme celui de l’Université du New Jersey place Finlande et Corée en tête. Evaluation et classement sont délicats, et biaisés. Qu’est-ce qu’on classe ? D’une façon générale, Finlande, Corée, Japon, Singapour se retrouvent en tête. Les étudiants choisissent encore Etats-Unis et Royaume-Uni. Est-ce pour la qualité de l’enseignement ou pour les contacts, l’agrégation à un « système de reproduction sociale des élites » ? (L’université française a la chance d’avoir Pierre Bourdieu et Raymond Boudon pour le contester).

    Beaucoup se plaignent de la baisse du niveau éducatif en France. A commencer par les enseignants. La pénurie de profs en témoigne. Il en manquerait des milliers. Le nombre moyen d’élèves par enseignant dans les établissements publics est en moyenne pour les pays de l’OCDE de 14,5 enfants dans le primaire et de 13 enfants dans le secondaire. En France, il est au-dessus de la moyenne : 18,3 et 12,7. (Norvège : 10,5 et 10,2. Belgique 12,1 et 9,3 ; Allemagne 15,2 et 12, 8. États-Unis, 16 et 16. Royaume-Uni 20,8 et 16,4.)

    La France est un des rares pays qui développe un réseau mondial 

    L’éducation à la française, avec ses défauts et ses qualités, reste attirante. La France est un des rares pays qui développe un réseau mondial : 138 pays. Le réseau français s’appuie principalement sur le public, (avec 500 millions de subventions) même si l’éclosion d’écoles privés prend de l’ampleur.

    Le réseau français connait des succès incontestables : 98,5% d’élèves admis au bac, dont 83% avec mention. Plus de 14.000 (dont 8500 étrangers) iront étudier dans des universités françaises. Pourtant, le système éducatif français n’est plus tout à fait un modèle d’excellence. Sa chance, sa prétention à l’universalisme, doit lui permettre de s’adapter aux différentes cultures du monde. 

    Des écoles nouvelles avec des méthodes nouvelles 

    Des écoles nouvelles avec des méthodes nouvelles cultivent les différences. Peut-être ces expériences d’un enseignement français différent, parce qu’adapté à des pays étrangers ouvrira la voie à une nouvelle façon de penser le modèle éducatif français en France, considéré comme à bout de souffle. Entre ceux qui veulent le retour à l’uniforme et Elon Musk, il y a toute l’imagination du monde. Et l’école du XXIème siècle. 

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 05.09.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 05.09.22

    Bonjour à tous, ravi de vous retrouver pour une nouvelle publication d’informations dédiées aux Français de l’étranger. Aujourd’hui, c’est un flash dédié à la rentrée scolaire qui est lancée dans tous les établissements. Si l’AEFE est sereine, les syndicats et les politiques s’inquiètent pour l’année à venir. 

    Une rentrée scolaire difficile dans certains établissements

    Dans une interview exclusive à retrouver sur Lesfrancais.press, Olivier Brochet, le Directeur général de l’AEFE, nous apprend que si pour la majorité des établissements français à l’étranger la pandémie de coronavirus est derrière eux, pour d’autres ce n’est pas encore le cas, comme à Shanghai. De plus, pour certains lycées ce sont les crises internes aux pays qui posent problème sur le plan sécuritaire. Nous pensons notamment à Haïti ou Kiev. Ainsi, la reprise des cours se fait en distanciel ou sous format hybride pour ces écoles, à part pour la capitale ukrainienne où la rentrée a été décalée à mercredi 07 septembre… pour l’instant.

    AEFE, enseignement, lycée français
    Olivier Brochet, le directeur de l’AEFE dans son bureau, août 2022

    Les syndicats inquiets 

    Si hormis pour quelques établissements, Olivier Brochet et l’AEFE sont confiants pour cette rentrée 2022, les syndicats sont eux inquiets. Les leaders syndicaux expriment eux leur méfiance dans un article sur Lesfrancais.press alors que la question du budget n’est toujours pas résolue, que les modalités d’embauche restent flous après la publication d’un décret que le corps professoral considère comme bâclé et ne répondant pas à toutes les interrogations sur l’évolution de leurs statuts. 

    Des chantiers non aboutis 

    Un autre grief porté contre la direction vient de la sénatrice Samantha Cazebonne, ancienne proviseure, élue de la majorité présidentielle, à l’origine de plusieurs lois de modernisation du réseau scolaire. Pour cette dernière, l’AEFE freine les évolutions indispensables au bon fonctionnement des établissements. Elle s’inquiète en particulier pour la mise en place des Institutions de Formation Régionaux qui doivent permettre de former de nouveaux professeurs et des assistants de vie scolaire (AVS) pour les élèves frappés d’handicap et dont le déploiement reste opaque. La parlementaire exhorte la direction à suivre l’esprit de modernisation de la gouvernance de l’AEFE et à associer élus, parents d’élèves aux décisions prises et aux processus d’exécution de celles-ci. A retrouver dans un podcast sur Lesfrancais.press.

    Samantha Cazebonne
    Samantha Cazebonne

    Une année qui s’annonce houleuse pour les établissements scolaires français à l’étranger à l’image de la période particulière que nous traversons depuis 2020. C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau flash. Bon lundi à tous ! 

    Ecoutez le flash du 05 septembre 2022

  • Samantha Cazebonne, un mandat pour corriger les injustices

    Samantha Cazebonne, un mandat pour corriger les injustices

    Avec Samantha Cazebonne, ancienne proviseur de Lycées français en Espagne, ancienne députée des Français de la Péninsule ibérique, actuelle sénatrice des Français de l’étranger, élue par les conseillers consulaires en 2021, nous faisons le point sur la rentrée scolaire et parlementaire. L’occasion d’aborder les problématiques rencontrées en ce mois de septembre 2022, mais aussi de faire le point sur les réformes qu’elle a fait voter lors du précédent quinquennat sur la gouvernance de l’AEFE, le lancement des Instituts de Formation Régionaux et le déploiement des Accompagnants de Vie Scolaire pour les petits expatriés frappés par un handicap.

    La pénurie de professeurs

    Comme en France et dans de nombreux pays européens, le réseau scolaire français à l’étranger, que ce soit en gestion directe de l’AEFE ou lorsque l’établissement est confié à des tiers, est confronté à une pénurie de professeurs.

    Pour pallier la crise des vocations, Samantha Cazebonne a décidé de porter un projet à destination des anciens élèves du réseau. Ces diplômés sont pour la sénatrice un vivier qui a été trop longtemps négligé. Car formés à la française, rodés aux usages des Lycées français, maitrisant la culture locale ainsi que la langue, ces profils sont parfaitement adaptés à la mission. Une idée qu’elle tentera de traduire en disposition concrète et qui s’appuierait sur les Instituts de Formation Régionaux (IFR) lancés en janvier 2022.

    Mais au-delà des dispositions pratiques, Samantha Cazebonne évoque les deux grands maux qui touchent le corps professoral, soit le manque de reconnaissance sociale et financière. Une situation qui doit évoluer et qui passera par une revalorisation des contrats locaux qui ne sont pas des professeurs « de seconde zone ».

    Les Instituts de Formation Régionaux

    L’année 2022 a vu naître seize instituts régionaux de formation (IRF). Il s’agit, sur le papier, de “nouvelles structures qui renforcent quantitativement et qualitativement la formation au bénéfice de tous les personnels de l’ensemble du réseau scolaire mondial”, d’après le site de l’AEFE. Autrement dit, des organismes gérés par l’AEFE afin de former et certifier de nouveaux professeurs pour le réseau à l’étranger. Les futurs enseignants seront encadrés par les professeurs expatriés, c’est-à-dire des éducateurs mandatés par l’Éducation nationale le temps de leur mission. Ce nouveau dispositif a été créé suite à une loi portée par Samantha Cazebonne au début de cette année 2022, la sénatrice est donc particulière attentive à son déploiement.

    Un déploiement que Samantha Cazebonne juge opaque, la direction de l’AEFE s’étant emparée, selon elle, du projet. Une situation qui étonne la sénatrice qui « ne demande qu’à être associée » à cette création. Une attitude qui risque de gêner la réussite de ces IFR alors qu’elle, comme les autres responsables politiques et associatifs, dispose des compétences complémentaires à celles de l’administration.

    Elle appelle, donc, dans l’esprit de la loi sur la nouvelle gouvernance de l’AEFE, autre volet du texte législatif porté par Samantha Cazebonne, à l’organisation d’Etats généraux pour que ces Instituts de Formation Régionaux soient adaptés aux nouveaux besoins.

    Une réforme de la gouvernance qui appelle à aller plus loin

    Grâce à l’action de la sénatrice, les parents d’élèves ont vu leur poids renforcé dans la direction collégiale de l’Agence pour l’Education Française à l’Etranger incarnée par le conseil d’administration qui se réunit plusieurs fois par an à Paris. Pour Samantha Cazebonne, c’était une manière de « corriger une injustice » alors que les parents d’élèves (principaux pourvoyeurs de fonds) n’avaient que 2 sièges. En doublant le nombre de voix (soit 4 sièges), elle espère permettre à ces derniers de pouvoir mieux se faire entendre.

    Mais Samantha Cazebonne reste lucide, la majorité étant conservée par l’administration, pour elle le Conseil d’administration se limite le plus souvent à un rôle de « chambre d’enregistrement » des décisions prises par la direction parisienne. Pour cela, elle voudrait aller plus loin en créant des commissions chargées de préparer les réflexions et caps qui seraient soumis au Conseil d’administration. La sénatrice veut ainsi sortir d’une logique mécanique pour que le Conseil d’administration soit un vrai outil de travail et de réflexion.

    Samantha Cazebonne lors de l’inauguration du Lycée français de Panama en présence d’O. Brochet, directeur de l’AEFE

    Accompagner les enfants expatriés en situation de handicap

    Samantha Cazebonne a fait sa carrière dans l’Education, logiquement, ses mandats comportent de grands volets liés à ce sujet fondamental pour les Français comme pour les expatriés. Naturellement, on la retrouve aussi à l’origine de l’élargissement du dispositif des accompagnateurs de vie scolaire (AVS), existant en France depuis 2016, aux jeunes Français de l’étranger frappés par un handicap.

    La sénatrice revient en détails sur cette disposition attendue par de nombreuses familles et associations. Les fameux AVS devaient être recrutés localement ou en France et formés dans les fameux IFR. Cependant, en toute transparence, la parlementaire s’inquiète du retard pris et de l’absence de financement comme de méthodologie. Car plus qu’une formation, Samantha Cazebonne voudrait que ces intervenants soient certifiés et reconnus tant dans le pays de résidence qu’en France.

    Les bourses scolaires

    Dernier sujet lié à la rentrée scolaire : les bourses scolaires. Alors que l’inflation sévit dans la quasi totalité des pays, les bourses sont peu revalorisées et les plafonds permettant d’y accéder s’éloignent un peu plus de la réalité à laquelle sont confrontés les Français de l’étranger lorsqu’ils veulent mettre leurs enfants dans le réseau français, qui rappelons-le n’est pas gratuit, même pour les citoyens français.

    Samantha Cazebonne, sans ambage, s’inquiète de l’exclusion des classes moyennes des établissements français qui subissent cet effet de ciseaux. Elle veut donc porter une nouvelle disposition législative pour faire croitre l’enveloppe budgétaire des bourses mais surtout pour réviser le mode d’attribution afin de répondre, au mieux, aux défis que rencontrent les expatriés dans leur vie quotidienne.

    « J’ai envie de faire passer des messages »

    Dans la dernière partie du podcast, Samantha Cazebonne évoque la situation politique mais aussi son propre engagement. Consciente du privilège de porter la voix de ses concitoyens, d’abord de la Péninsule ibérique et désormais des quatre coins de la planète, la sénatrice veut rendre utilise « son temps en politique » en faisant passer les messages des expatriés et en transformant leur vie quotidienne.

    Cet engagement, elle le mènera encore pendant ce mandat, en espérant que la voix des Français de l’étranger sera plus entendue que lors du dernier mandat pendant lequel, elle regrette que Jean-Baptiste Lemoyne, l’ancien Ministre des Français de l’étranger, ne fut pas assez entendu.

    La Loi de Finances 2023

    Première étape du parcours parlementaire à venir, la Loi de Finances 2023. Revenant sur le financement du réseau scolaire, Samantha Cazebonne s’étonne que l’AEFE a pu débloquer 20 millions d’euros pour accueillir les nouveaux professeurs mais soit incapable de fournir un budget pour les Instituts de Formation Régionaux ou d’adapter les cotisations demandées aux parents d’élèves français à la situation économique de leur pays de résidence. Elle propose plusieurs pistes pour débloquer des fonds.

    Les promesses du candidat Macron

    Qui dit agenda parlementaire, on pense évidemment à la planification des lois et amendements qui rendront concrètes les promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Si la parlementaire se dit prête à accélérer sur ces sujets comme la résidence de repli, une généralisation du Service Universel, la distribution des « Pass culture », à l’image des députés de la majorité, elle rappelle que le « top départ » des réformes est dans les mains du nouveau ministre des Français de l’étranger, Olivier Becht. Nous ne manquerons pas de lui poser la question lors de l’interview qui sera diffusée sur notre site dimanche 11 septembre à 17H (CET).

    Stéphane Vojetta, le cas de la Péninsule ibérique

    Pour finir, on évoque la situation de la Vème circonscription des Français de l’étranger, réunissant Andorre, Monaco mais surtout l’Espagne et le Portugal. Rappelez-vous, en octobre 2021, à la suite de l’élection de Mme Cazebonne comme sénatrice des Français de l’étranger, c’est Stéphane Vojetta, son suppléant, et en accord avec le fonctionnement constitutionnel de l’Assemblée nationale, qui siégea au Palais Bourbon. Logiquement ce dernier pensait obtenir l’investiture de La République en Marche.

    Et pourtant, c’est Manuel Valls qui fut adoubé par le parti présidentiel. Malgré son aura d’ancien Premier ministre, le candidat officiel ne parvient pas au second tour. Une situation qui aurait pu être embarrassante mais que Samantha Cazebonne assume au nom de la fidélité au Président de la République. Les détails dans les dernières minutes du podcast ci-dessous.

    Ecoutez le podcast avec Samantha Cazebonne

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes

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  • Les ambitions des syndicats de professeurs pour la rentrée scolaire

    Les ambitions des syndicats de professeurs pour la rentrée scolaire

    La majorité des établissements français à l’étranger vient de faire sa rentrée des classes. L’occasion pour l’ensemble des syndicats du personnel éducatif de définir ses objectifs et sa ligne de conduite pour l’année à venir.

    Une nouvelle année scolaire vient de débuter. La précédente a été fortement marquée par les débats houleux entre les syndicats de professeurs, l’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et les ministères concernés. Grèves, rédaction d’un nouveau décret, phase de recrutement des professeurs difficile, plusieurs chantiers ont débuté que les représentants de professeurs comptent bien poursuivre. 

    La défense du personnel au coeur de la ligne de conduite 

    Le SNES hors de France et l’UNSA éducation ont tous deux posé comme premier objectif pour cette nouvelle année, la défense du personnel sur le plan salarial. 

    Entre l’inflation grimpante à travers le monde et la chute de la valeur de l’euro, le pouvoir d’achat des professeurs a fortement baissé ces derniers mois. Cela est d’autant plus accentué par les stigmates laissés par la crise Covid, qui n’est d’ailleurs pas terminée dans certaines régions du monde comme en Chine. 

    De plus, les aides exceptionnelles pour les Français de l’étranger viennent de prendre fin. Certes, elles ont touché peu de personnes car les démarches pour les percevoir étaient fastidieuses, mais elles étaient tout de même les bienvenues. Ainsi, la conjoncture économique place le corps enseignant dans une situation difficile au niveau financier. 

    Adrien Guinemer de l’UNSA éducation

    C’est pourquoi, les deux organisations de professeurs souhaitent se focaliser en premier lieu sur ce dossier. Selon Patrick Soldat, membre du SNES-FSU, l’attention sera encore plus portée sur les personnes en contrat de droit local qui sont d’autant plus victimes de l’inflation dans des pays comme le Liban ou la Bolivie. 

    Par ailleurs, la défense du salaire des professeurs passe également par les Indemnités spécifiques à la vie locale (ISVL). Celles-ci sont définies par le décret 2022-896 concernant “les modalités de recrutement, de rémunération et de gestion des personnels des établissements français à l’étranger” et sont calculées en fonction du lieu de résidence. Or, dans ce nouveau décret les ISVL, jugées insuffisantes dans le contexte économique actuel par les représentants de professeurs, n’ont pas été modifiées. Les syndicats aimeraient donc pouvoir faire en sorte qu’un “nouveau système plus réactif à l’inflation dans le monde soit mis en place”, comme l’explique Adrien Guinemer de l’UNSA éducation. 

    De plus, il indique que s’il y a une réunion trimestrielle afin de définir le montant des ISVL, le budget leur étant alloué ne change pas. Avant d’ajouter que “nous allons faire attention au budget octroyé à l’opérateur public”. 

    Selon Patrick Soldat, revoir à la hausse les ISVL permettraient de rendre plus attractives des zones du monde qui ne le sont plus à cause du manque de sécurité ou des difficultés de la vie sur place. Toutefois, ces zones comme le Mali, le Sahel, Haïti ou l’Ethiopie ont besoin de rester ouvertes pour les élèves inscrits dans les établissements. 

    AEFE
    Stage « Exercer hors de France » à Chartres le 18 octobre 2021 par l’UNSA éducation Hors de France

    Le budget octroyé à l’AEFE 

    Le SNES et l’UNSA vont également porter une attention particulière au budget octroyé à l’opérateur public. Au même titre que les autres budgets de l’État, celui-ci va être voté dans les mois à venir dans le cadre de la Loi de finances. 

    De son côté, l’UNSA va regarder de près les moyens donnés à l’Agence afin de pouvoir atteindre le doublement des effectifs du réseau d’ici à 2030, comme le souhaite le président de la République. Selon l’organisation syndicale, “sans un budget plus important, nous ne pouvons y parvenir”. 

    Pour le SNES, il est important de savoir où est-ce qu’ira le budget voté. Effectivement, les membres du syndicat s’inquiètent de la fusion de plus en plus appuyée entre le public et le privé. Afin de répondre au plan CAP 2030, qui vise à étendre le réseau et donc doubler le nombre de ses élèves, l’AEFE crée de plus en plus d’alliances avec des établissements privés. Si le directeur de l’Agence, Olivier Brochet, s’en défend en disant que “ceci a toujours existé” et que l’opérateur public “reste la colonne vertébrale du réseau”, l’utilisation du public pour développer le privé alarme les élus de gauche et les représentants du personnel. 

    “Maintenir un recrutement transparent”

    Lorsque le nouveau décret est paru le 17 juin dernier, il laissait envisager la suppression des Commissions consultatives paritaires centrales ou locales (CCPC et CCPL). Sachant qu’elles visent à maintenir de la transparence dans le système de recrutement du personnel, les syndicats s’étaient mis vent debout face à cette éventualité. Le SNES-FSU a donc saisi le Conseil d’État qui leur a donné raison au cours de l’été, car les CCP sont bien inscrites dans la loi. Or, celle-ci prime sur les décrets. Si l’ensemble des syndicats a accueilli le maintien des commissions comme une victoire, il compte bien rester attentif. Effectivement, comme le rappelle Adrien Guinemer, “la loi peut être changée et si cela arrive nous ne pourrons pas faire grand chose”. 

    Patrick Soldat, membre du SNES-FSU

    Par ailleurs, plusieurs points du décret restent en suspens aux yeux des organisations syndicales. Effectivement, si le directeur de l’AEFE, Olivier Brochet, se félicite de la rédaction rapide de ce décret, c’est justement cette célérité qui a été contestée par les syndicats l’an dernier. Ils souhaitaient pouvoir prendre le temps de le rédiger afin de revoir l’ensemble du décret et ouvrir de nouveaux chantiers qui leur tiennent à cœur depuis longtemps. Nous pensons notamment au bornage sur la durée des temps de détachement ou la reconnaissance du droit à la mobilité à l’étranger pour le personnel installé en France. Celui-ci est souvent bloqué dans son académie et ne peut donc envisager l’expatriation. Selon le professeur de l’UNSA, le refus à la mobilité à l’étranger est motivé par le manque de personnel en France. Or, il appuie le fait que les établissements français à l’étranger connaissent le même problème et qu’ils n’en sont pas responsables. Il voudrait donc voir les ministères concernés trouver des solutions pour rendre au métier d’enseignant son attrait d’antan. Bien entendu cela passe par la reconnaissance du corps enseignant, c’est-à-dire une reconnaissance financière entre autres. 

  • Le directeur de l’AEFE dresse les objectifs pour la nouvelle année – ITW exclusive d’Olivier Brochet

    Le directeur de l’AEFE dresse les objectifs pour la nouvelle année – ITW exclusive d’Olivier Brochet

    Rencontre avec Olivier Brochet, le directeur de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger. Avec lui nous dressons le bilan de l’année 2021-2022 et nous ouvrons sur la nouvelle année scolaire qui vient de débuter.

    Les nouvelles années sont toujours l’opportunité de dresser le bilan de celle qui vient de se clôturer afin de tirer des enseignements de celle-ci ; mais également de s’ouvrir sur l’avenir avec des objectifs certains. Au cours de cette interview avec Olivier Brochet, directeur de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, revient sur les évènements qui ont ponctué l’année 2022-2022, avant de nous présenter les objectifs pour 2022-2023.

    Le baccalauréat et Parcoursup

    98,5% des élèves de Terminale du réseau de l’AEFE ont obtenu leur baccalauréat l’an dernier, dont 83% avec mention. C’est bien au-dessus de la moyenne nationale qui s’est établie à 91,1%.

    Ces taux de réussite particulièrement élevés, prouvent encore une fois la qualité du réseau d’établissement français à l’étranger, permettant ainsi aux élèves de pouvoir entrer en études supérieures sereinement. Si pour l’heure, la campagne de Parcoursup n’est pas encore terminée, 14 300 élèves sur 19 000 se sont inscrits sur la plateforme. Soit une augmentation de 1000 élèves par rapport à l’an dernier, montrant ainsi l’intérêt croissant des élèves pour le système universitaire français.

    Une rentrée difficile pour certaines zones du monde

    Si pour la majorité des établissements français à l’étranger, la pandémie de coronavirus est derrière elle, pour d’autre ce n’est pas encore le cas comme à Shanghai. De plus, pour certains lycées ce sont les crises internes aux pays qui posent problème sur le plan sécuritaire. Nous pensons notamment à Haïti ou Kiev. Ainsi, la reprise des cours se fait en distanciel ou sous format hybride pour ces écoles, à part pour la capitale ukrainienne où la rentrée a été décalée au 7 septembre pour l’instant.

    Cependant, la possibilité de devoir passer du présentiel au distanciel en un rien de temps n’inquiète plus le directeur de l’AEFE. A ses yeux, les deux années de pandémie ont permis à l’Agence d’apprendre à s’adapter rapidement à tous types de situation.

    Les différends avec les syndicats de professeurs sur le décret 2022-896

    L’année scolaire 2021-2022 a été marquée par les différends avec les syndicats de professeurs du réseau. En cause, la rédaction du nouveau décret réglementant le recrutement des enseignants. Si Olivier Brochet salue « la qualité du dialogue » avec les syndicats, ces derniers ont souvent décrié un « manque de dialogue » et « un passage en force » de la part des ministères concernés et de l’Agence.

    Effectivement, ce nouveau décret 2022-896 a été reçu bon gré mal gré par les syndicats de professeurs. Car si une avancée est à noter, plusieurs reculs le sont également, comme la volonté de supprimer les Commissions consultatives paritaires qui influent de la transparence dans le recrutement. Cependant, les syndicats ont saisi le Conseil d’État au cours de l’été qui leur a donné raison. Ainsi, elles n’ont pu être enlevées du texte.

    Par ailleurs, le directeur de l’Agence explique qu’au moment de la rédaction du décret, l’objectif était « de sécuriser le statut » des enseignants et que tous les dossiers ne pouvaient pas être rouverts sur le moment, par manque de temps. Cependant, il appuie le fait que le dialogue va reprendre avec la rentrée.

    AEFE, enseignement français
    Olivier Brochet, directeur de l’AEFE, dans son bureau le 30 août 2022

    La réforme de la gouvernance

    Le 1er mars dernier est paru au Journal Officiel, la loi 2022-272 « visant à faire évoluer la gouvernance de l’AEFE et à créer les instituts régionaux de formation » (IRF). Ce texte de loi rajoute, d’un côté, des personnes autour de la table du Conseil d’administration de l’AEFE, et favorise, d’un autre côté, l’implantation des IRF.

    Bien que des personnes viennent se joindre au Conseil d’administration de l’AEFE, celle-ci reste majoritaire en terme de voix. Aux yeux d’Olivier Brochet, il est normal que « l’État garde la majorité compte tenu de l’importance de la subvention publique » pour le réseau.

    De plus, la loi favorise l’implantation des IRF. Ces nouvelles structures sont à vocation de formation des personnels enseignants et administratifs, membres ou non du réseau de l’AEFE. Il en existe actuellement seize à travers le monde, dont le premier a été inauguré à Dakar au Sénégal en janvier 2021. Ils sont voués à « répondre à la demande » des établissements en termes de formations et de personnels.

    Les homologations

    En cette nouvelle année scolaire, dix-sept nouvelles homologations ont été ajoutées au réseau de l’AEFE, et quarante en tant qu’extension d’homologations. L’agrandissement du réseau permet ainsi d’atteindre petit à petit la volonté présidentielle de voir les effectifs d’élèves doubler d’ici à 2030, comme c’est inscrit dans le projet CAP 2030.

    Le réseau ne cesse donc de s’étendre avec des établissements privés. Si pour les élus de gauche et les syndicats, le mélange du privé et du public pose problème, Olivier Brochet se défend en expliquant que « ceci a toujours existé » et permet au réseau d’établissements français à rester le premier réseau d’enseignement à l’étranger.

    De plus, il explique qu’en terme de nombre d’élèves inscrits, les établissements en gestion directe et conventionnés « restent la colonne vertébrale, le socle de référence des établissements français à l’étranger ».

    Les grands évènements de l’année à venir

    L’année 2022-2023 a pour fil rouge « l’approche aux médias » avec comme thème « s’informer dans un monde connecté pour former des citoyens éclairés ». Pour le directeur de l’Agence, cette thématique est importante pour eux depuis longtemps, car ils sont convaincus « que c’est l’un des éléments de la formation de leurs élèves les plus importants » car elle fait partie de la formation « des citoyens de demain ». Dans un monde où sommes constamment entourés l’information, il leur parait primordial de donner les clés de compréhension et de tri des informations aux élèves.

    Jeux Internationaux de la Jeunesse
    Cérémonie des drapeaux des Jeux Internationaux de la Jeunesse (JIJ) à à Bruxelles en juin 2022

    Ainsi, différents évènements prévus pour l’année seront organisés autour de cette problématique. Nous pensons notamment à la Semaine des lycées français du monde qui se déroulera aux alentours de fin novembre – début décembre ; à la semaine de la presse et des médias en mars ; ou encore à la résidence prévue pour le personnel de l’Agence en avril. Tant de rencontres planifiées pour sensibiliser et former les élèves et les professeurs sur l’éducation aux médias. 

    De plus, d’autres grands évènements sont prévus pour l’année, tels que les Jeux internationaux de la jeunesse (JIJ), l’orchestre des lycées français du monde ou encore les ambassadeurs en herbe.

    Écoutez le podcast avec Olivier Brochet, directeur de l’AEFE

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes préférées

    Podcast liste

    Regardez le discours de rentrée de M. Brochet

  • Conférence des ambassadeurs 2022 : l’exécutif donne le cap pour les mois à venir.

    Conférence des ambassadeurs 2022 : l’exécutif donne le cap pour les mois à venir.

    Le Président de la République, Emmanuel Macron, a reçu, au palais de l’Elysée, les ambassadeurs et ambassadrices de France à Paris, ce 01 septembre 2022, lors de la « conférence des ambassadeurs ». Cette réunion annuelle n’avait pu avoir lieu pendant deux ans en raison des restrictions liées à la Covid-19. L’occasion de donner, pour les mois à venir, un cap à la diplomatie française et à ses ambassadeurs, dans un contexte international de crises aiguës, comme la guerre en Ukraine, les tensions en Mer de Chine, etc. Mais Emmanuel Macron en a aussi profité pour défendre se réforme des corps diplomatiques, mal accueillie par les diplomates. Il a ainsi annoncé que le recrutement de plus de 1000 équivalents « temps plein ». Par contre, concentré sur la situation internationale, animé par la volonté de recréer un lien fort avec le Quai d’Orsay, le Président de la République n’évoqua pas les Français de l’étranger. Un impair vite réparé par la Ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna.

    Diplomatie : renouer le dialogue avec la Russie

    Emmanuel Macron est l’un des rares dirigeants européens à s’être entretenu avec le président russe, Vladimir Poutine, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février, une stratégie qui a été critiquée. L’Élysée a toujours affirmé avoir agi avec l’accord du président Volodymyr Zelensky et les contacts se sont raréfiés après la révélation des crimes de guerre imputés à la Russie, notamment à Boutcha, en banlieue de Kiev.

    Et pourtant ce jeudi premier septembre, Emmanuel Macron a prôné la poursuite du dialogue avec la Russie, estimant qu’ »il fa[llai]t assumer de pouvoir toujours continuer à parler à tout le monde », « surtout ceux avec qui nous ne sommes pas d’accord ». « Qui a envie que la Turquie soit la seule puissance du monde qui continue à parler à la Russie ? », a lancé le Président devant les ambassadeurs français réunis à l’Élysée.

    « Il ne faut céder à aucune forme de fausse morale qui nous ‘impuissanterait’ », a poursuivi le président français, répétant « le métier de diplomate c’est bien de parler à tout le monde et surtout aux gens avec qui nous ne sommes pas d’accord ». « Et donc nous continuerons de le faire », « en cohérence avec nos alliés », a-t-il ajouté, rappelant que « la division de l’Europe » était « un des buts de guerre de la Russie ».

    Une diplomatie « plus agile, plus experte, plus forte »

    L’autre grand point de son discours fleuve, c’est le maintien de la réforme des corps diplomatiques. Il balaie les oppositions, qui ont conduit à une grève, ce qui est rarissime, le 02 juin 2022. Les diplomates s’inquiètent de la nouvelle possibilité offerte à l’exécutif de nommer des diplomates non issus du corps d’Etat, soit les fonctionnaires qui ont suivi le parcours balisé qui dirigeait jusqu’à présent leur carrière.

    Un tel système pourrait ainsi faciliter la nomination de figures politiques en lieu et place de diplomates de formation, compliquant le début de carrière des nouveaux entrants dans la profession. Pour les syndicats, c’est une politisation de l’administration qui est déjà visible dans d’autres domaines.

    Pourtant le président français leur a lancé que « Cette réforme est bonne pour le Quai d’Orsay », tout en reconnaissant « le trouble » qu’elle a suscité chez les diplomates. Rapidement, il a tenu, comme pour apaiser, à rappeler qu’en 2023 le nombre d’emplois augmenterait « pour la première fois depuis trois décennies » au ministère des Affaires étrangères – 100 emplois à temps plein vont être créés, selon une source diplomatique – et que la hausse des moyens financiers allait se poursuivre.

    Regardez le discours d’Emmanuel Macron

    Catherine Colonna à l’écoute des Français de l’étranger

    Le discours de la Ministre des affaires étrangères et européennes, Catherine Colonna, a évidemment détaillé les objectifs diplomatiques de la feuille de route du Président. Allant dans les détails, elle a évoqué, bien sur, la Russie, mais aussi la Chine, l’Inde, le Liban, l’Afrique, la lutte contre le terrorisme, etc.

    Mais en tant que « cheffe » de la diplomatie et de l’administration consulaire, elle a conclut son discours par une séquence consacrée aux Français de l’étranger.

    La protection des Français de l’étranger

    Pour Catherine Colonna, Le premier devoir de la France et la première attente de ses citoyens hors du territoire national, c’est la protection des Français de l’étranger et des Français en vacances. Elle réaffirmait l’engagement de notre pays d’être au côté de tous. Une façon de réagir aux accusations de certains familles dont un membre est actuellement emprisonné soit par un Etat tiers soit par un groupe terroriste.

    « Les Français attendent de nous que nous les protégions lorsqu’ils voyagent ou lorsqu’ils vivent à l’étranger. Nous continuerons bien sûr, par ailleurs, de nous mobiliser sans relâche pour obtenir la libération de nos compatriotes détenus en otage ou condamnés sur des fondements politiques. Nous continuerons de nous mobiliser sans relâche pour assurer la sécurité des Français en temps de crise.« 

    Ministre des affaires étrangères et européennes, Catherine Colonna

    « Au service de la vie quotidienne »

    Catherine Colonna a aussi voulu se démarquer de son prédécesseur, Jean-Yves Le Drian, qui évoquait peu la situation des expatriés.

    « les Français attendent de nous que nous soyons au service de leur vie quotidienne. »

    Ministre des affaires étrangères et européennes, Catherine Colonna

    Catherine Colonna a aussi évoqué le rôle crucial de l’école comme lien avec la Nation et comme fer de lance de la Francophonie et de nos valeurs.

    Si la déclaration n’a donné lieu à aucune annonce concrète, c’est un changement de paradigme qu’on ne peut que saluer et encourager. Nous évoquerons les actions concrètes avec Olivier Becht, Ministre délégué auprès de Catherine Colonna pour les Français hors de France le 11 septembre à 17h sur Lesfrancais.press.

    L’économie au coeur de l’action consulaire

    Continuant son discours, la ministre a rappelé l’importance du tissu économique internationale pour notre pays et l’Europe alors que 2021 a été marqué par un lourd déficit de notre balance commerciale. Les premiers chiffres 2022 au niveau européen sont encore plus alarmants. Pour cela, elle a évoqué les rôles primordiaux des Chambres de Commerce et d’Industries et Business France ainsi que le renforcement de la campagne « Choose France » qui devrait être complétée par la mise en place du label « Made by France ».

    Téléchargez le discours de Catherine Colonna

  • Européennes 2024 : la gauche française sceptique à l’idée d’une union

    Européennes 2024 : la gauche française sceptique à l’idée d’une union

    Alors que certains souhaitent une liste commune de la gauche aux élections européennes de 2024, d’autres opposent des différences trop importantes entre les membres de la coalition NUPES sur les sujets européens et internationaux, comme Yannick Jadot mercredi (31 août).

    Depuis les élections législatives de juin dernier, La France insoumise (LFI), le Parti socialiste (PS), Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et le Parti communiste français (PCF) sont réunis au sein de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES).

    Une alliance que certains verraient bien durer dans les années à venir, mais qui se heurte à l’obstacle des élections européennes de 2024, prochain rendez-vous dans le calendrier électoral français.

    Comme à l’époque de la négociation de la NUPES, c’est La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon qui est à l’origine de la proposition. Manuel Bompard, député LFI et négociateur de l’accord électoral de juin 2022, a confirmé qu’une nouvelle alliance en vue des européennes était « un objectif » et qu’il y était favorable.

    La différence avec les scrutins successifs de 2022 réside dans les rapports de force entre les partis potentiellement intéressés.

    Les écologistes en ordre dispersé

    Côté EELV, les violons ne semblent pas être encore tout à fait accordés.

    D’une part, le candidat malheureux à l’élection présidentielle Yannick Jadot balaie l’idée d’une gauche unie aux européennes et déclare souhaiter une liste écologiste autonome.

    Les différences « avec La France insoumise notamment […] sur l’Europe et la politique internationale » justifieraient de concourir avec des listes distinctes, assurait M. Jadot sur France info mercredi (31 août). Selon lui, la gauche unie aurait « moins d’élus que si on valorise notre diversité », vu le mode de scrutin proportionnel de l’élection européenne.

    Mais dans l’aile gauche du parti écologiste, l’alliance n’est pas écartée par principe : la leader du courant radical d’EELV Sandrine Rousseau a indiqué à EURACTIV qu’il était nécessaire de « revoir les équilibres au sein de la NUPES afin que [les écologistes] puissent prendre le leadership au moment des européennes », qui sont « les élections phares de l’écologie ».

    En effet, avec 13,5 % aux élections de 2019, la liste EELV menée par Yannick Jadot arrivait en troisième position (derrière le Rassemblement national et Renaissance), mais loin devant les autres partis de gauche – les Insoumis et les socialistes dépassaient de peu les 6 %.

    Ainsi, si alliance il devait y avoir, détaille Mme Rousseau, ce serait aux Insoumis de s’aligner sur les positions d’EELV – historiquement fédéraliste – et non pas l’inverse. En tout état de cause, conclut-elle, « la NUPES a levé un espoir, qui est à entretenir ».

    EELV, NUPES, gauche
    Sandrine Rousseau souhaite « revoir les équilibres au sein de la NUPES » en faveur des écologistes- Poitiers, 2021 – © Greenbox

    Les socialistes sceptiques

    Au Parti socialiste, les voix sont aussi parfois discordantes. Le député Jérôme Guedj ne ferme pas la porte à une éventuelle alliance tout en reconnaissant que « la question européenne n’est pas la plus facile, car c’est là où historiquement la gauche se fracture ».

    Mais le député socialiste appelle malgré tout à « essayer [de] parvenir » à une union, « a minima avec un socle commun de propositions NUPES et idéalement une liste commune ».

    Au contraire, certains considèrent, comme le sénateur PS Rachid Temal, que « les différences sur la politique européenne et internationale […] conduisent à ne pas faire de liste commune avec LFI »pour le scrutin de 2024.

    D’autres élus du Parti socialiste, sollicités par EURACTIV, n’ont pas souhaité nous répondre une fois le sujet évoqué, nous laissant comprendre qu’un certain malaise existe face à ces interrogations.

    Les communistes ouverts mais pas enthousiastes

    Le Parti communiste français est en réalité celui qui a le plus intérêt à sceller une telle alliance. Faute d’un résultat suffisamment élevé (2,5 %), il n’avait fait élire aucun eurodéputé sous son étiquette en 2019.

    Mais ils ne se montrent pas pour autant très enthousiastes : pendant l’été, un cadre du parti assurait à EURACTIV que la proposition de LFI était intéressante, mais qu’il était conscient des « différences importantes » qui pouvaient exister notamment avec les Verts et les socialistes.

    La porte n’est donc pas fermée par le PCF, surtout à l’égard de LFI, qui serait le mouvement de la NUPES le plus proche sur les questions européennes, mais aussi internationales.

    L’union, un casse-tête électoral

    Mais l’éventualité d’une union confronte les partis de gauche à des questions et des intérêts contradictoires : d’une part, la maximisation du nombre d’eurodéputés qui seront finalement élus, et d’autre part la survie de l’alliance dans le temps, pour les échéances électorales suivantes.

    D’un point de vue strictement arithmétique et électoral, « dans un scrutin proportionnel, les coalitions de partis ont intérêt à partir séparées », explique Mathieu Gallard, directeur de recherche à Ipsos France, contacté par EURACTIV. Une liste commune « pourrait faire fuir des électeurs radicaux qui refusent de voter pour des modérés et inversement ».

    Mais se présenter avec des listes distinctes en 2024 risque d’engendrer un effet « contreproductif » pour la coalition, selon M. Gallard : les débats et les programmes pourraient mettre en exergue des différences entre les partis, après s’être unis lors des élections législatives. Cela « peut avoir des conséquences négatives sur la NUPES à l’Assemblée nationale » – et sur les échéances électorales suivantes.  

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 02.09.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 02.09.22

    Bonjour à toutes et à tous ! Nous sommes le vendredi 2 septembre et pour clôturer cette semaine de rentrée, nous allons parler de la canicule en Chine, du Conseil national de refondation et de la fuite de l’imam Iquioussen. 

    Canicule et sécheresse en Chine

    La canicule et la sécheresse continuent de frapper la Chine ! Alors que le monde entier a vu les températures sur le thermostat grimper tout l’été, la Chine continue à en souffrir. On recense jusqu’à 45° dans certaines régions, et les cours d’eau s’assèchent à vue d’oeil. A cause de cette crise climatique, la deuxième puissance mondiale voit sa production en électricité baisser, des pénuries d’eau se multiplier et craint jusqu’à 20% de destruction de ses récoltes agricoles. Les Français sur place sont donc soit confrontés aux mesures de confinement Covid soit aux mesures liées à la situation climatique. Bon courage à eux !

    Conseil national de refondation

    Emmanuel Macron lance un nouveau Conseil national et cette fois de refondation ! Alors que le dialogue social entre le gouvernement et le reste de la population semble être au point mort, le président de la République tente de renouer avec elle, comme il l’avait fait lors du Grand débat ! Ainsi, associations, syndicats, citoyens et politiques vont se retrouver autour de la table pour discuter. Le bémol ? Il semblerait que les Français de l’étranger aient été oubliés… La présidente de l’Assemblée des Français de l’étranger a donc écrit au chef de l’État afin que l’AFE soit conviée au débat, afin de pouvoir partager leur expérience sur les sujets abordés. 

    Conseil National de la Refondation
    Le Président de la République, Emmanuel Macron

    Fuite de l’imam Iquioussen

    L’imam Iquioussen est introuvable ! Alors que celui-ci fait l’objet d’une procédure d’expulsion du territoire national, pour avoir tenu des discours « contraires aux valeurs de la République », il a, semble-t-il, pris la fuite. Le seul problème est que s’il s’est bien enfui à l’étranger, comme le confirment des sources proches de l’enquête, il a réalisé la décision d’expulsion de son propre chef et ne peut donc être poursuivi par la France. 

    C’est terminé pour cette semaine ! Lundi vous retrouvez Mathieu pour un nouveau flash. Très bonne semaine à tous ! 

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