Pour contrer la crise énergétique et les risques de coupures, le président français a appelé lundi (5 septembre) à une réponse européenne forte, allant de l’achat en commun de gaz à la réforme du marché de l’énergie.
Face à la hausse des prix de l’énergie et du gaz, Emmanuel Macron a rappelé la nécessité pour l’Union européenne de réduire sa dépendance au gaz russe.
Initiée par les 27 États membres dès le début de la guerre en Ukraine, cette réduction s’est faite d’abord par l’agenda « Fit for 55 » planifiant la sortie des énergies fossiles, par l’accélération des économies d’énergie et par la diversification des sources d’approvisionnement, a déclaré le président français.
En tête des enjeux des mois à venir, il faut, selon le président, éviter les coupures d’électricité. Alors qu’elles étaient « à peu près certaines » au début de l’été selon des sources d’EURACTIV, M. Macron l’assure : afin d’éviter une éventuelle crise, « nous nous sommes préparés à un scénario d’un hiver froid et de coupure complète du gaz russe ».
En ce sens, le président s’est montré rassurant sur les plans de stockage de gaz, en se réjouissant même de quelques semaines d’avance sur le calendrier initial. Au niveau européen, « l’objectif de 80 % [de remplissage] est en train d’être atteint » et au niveau national, en France, les stocks sont remplis « à environ 92-93 % ».
Pour passer l’hiver, M. Macron a appelé à une forme de responsabilité de chacun pour réduire les consommations d’énergie : le président français veut une « mobilisation active » des acteurs publics comme privés, et des ménages. Afin « d’économiser environ 10 % en moins de ce que l’on consomme habituellement », il a cité en exemple le maintien d’un chauffage autour de 19° cet hiver.
Le chancelier allemand Olaf Scholz et le président français Emmanuel Macron, pour une « solidarité européenne » énergétique
Une « solidarité européenne », notamment « franco-allemande »
À cette « sobriété volontaire » doit s’ajouter une « solidarité européenne », et notamment « franco-allemande », car « davantage » de livraisons de gaz seront effectuées de la France vers l’Allemagne cet hiver. Aussi, l’Allemagne se serait engagée à livrer de l’électricité vers la France « dans les situations de pics » de consommation, a annoncé Emmanuel Macron.
L’autre enjeu étant la maîtrise des prix de l’énergie, le président a anticipé son soutien à un certain nombre de mesures qui pourraient être prises au niveau du bloc : l’achat de gaz en commun par les 27 États membres et l’éventuel plafonnement par la Commission au prix du gaz acheté à la Russie.
Alors qu’en France le débat sur la mise en place d’une taxe sur les « superprofits » est enflammé, M. Macron s’est dit favorable à la mise en place d’un « mécanisme de contribution européenne […] demandée aux opérateurs énergétiques » du bloc. Ensuite « reversée aux États pour financer des mesures nationales », elle permettrait, selon lui, d’ « éviter les distorsions entre Européens », à la différence de taxations nationales prises isolément par chaque pays.
La diversification des sources d’énergie ainsi que l’accélération de la production d’énergies renouvelables et nucléaires sont hissées au rang de priorités par le chef de l’État.
Selon lui, enfin, une révision du marché européen de l’énergie est nécessaire afin que les prix soient « en lien avec les coûts de production », pour, notamment, décorréler les prix de l’énergie de ceux du gaz qui, du fait de la règle actuelle, définit le prix du MWh pour l’ensemble des énergies du marché.
Bonjour à tous, et bonne journée à tous les écoliers pour leur premier mercredi depuis la reprise. Aujourd’hui dans le flash du 07 septembre 2022, Elisabeth Borne soutient les élus consulaires, la France veut relancer le télétravail frontalier et la polémique sur les déplacements du PSG en France.
La Première ministre veut insuffler une nouvelle méthodologie de travail aux diplomates
C’est en tout cas ses mots lors de la conférence annuelle des ambassadeurs le 01 septembre dernier. En effet, Elisabeth Borne a demandé à nos fonctionnaires consulaires de mieux intégrer les élus locaux aux prises de décisions, à la représentativité de la nation et d’être à leur écoute. Un message bienvenu alors que la réforme mettant un élu à la tête du conseil consulaire a du mal à trouver son rythme de croisière depuis sa mise en place en mai 2021.
Elisabeth Borne
Le télétravail transfrontalier
Depuis le 01 juillet, hormis avec la Suisse, il est de nouveau très complexe de télétravailler pour une entreprise française lorsqu’on vit dans un Etat frontalier et inversement. Bruno Le Maire a donc relancé les négociations avec la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne afin de trouver des solutions rapides. Si sur le plan fiscal, un principe de compensation entre Etats pourrait voir le jour, cela est plus compliqué pour le volet social. Dans tous les cas, il faudra de longs mois avant qu’une solution n’émerge.
Le PSG dans la tempête
Selon RMC Sport, la direction du PSG a peu goûté la plaisanterie de son entraîneur, Christophe Galtier, à une question sur l’usage du jet plutôt que du train pour les déplacements de son équipe. Un agacement prolongé par les rires de Kylian Mbappé accompagnant la réponse de son coach. Ce 06 septembre, Le club a assuré étudier sérieusement l’alternative du train.
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain !
La Première ministre, Elisabeth Borne, a, elle aussi, fait un discours à la conférence des Ambassadeurs ce 01 septembre 2022 aux côtés de la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, et du Président de la République Emmanuel Macron.
Une nouvelle méthode de travail pour le Quai d’Orsay
Dans son discours, Elisabeth Borne a voulu insuffler une nouvelle méthodologie de travail à nos diplomates représentés par les ambassadeurs rassemblés pour cette conférence annuelle au Palais de l’Elysée.
« Pour mener à bien nos réformes, nous mettons en place une nouvelle méthode avec un dialogue accru avec les élus, avec les territoires. Une nouvelle méthode, davantage fondée sur l’écoute, sur le partage des options à notre disposition et des contraintes qui pèsent sur nous »
Elisabeth Borne, le 01 septembre à la Conférence des ambassadeurs
Un message qui a trouvé un écho important dans la communauté des élus locaux des Français de l’étranger, les Conseillers des Français de l’étranger. En effet, alors que la réforme du fonctionnement des conseils consulaires est en vigueur depuis les élections de mai 2021, les conflits entre représentants de la circonscription consulaire et les administration dans les consulats et postes diplomatiques se sont multipliés sans pour autant se généraliser.
Une situation que les Conseillers des Français de l’étranger ne comprennent pas, alors que leur mandat est bénévole et qu’ils disposent de peu de prérogatives, les consulats sont souvent peu enclins à partager avec eux les informations et les moyens d’action mis à disposition par l’Etat Français.
Le Quai d’Orsay – Ministère des Affaires étrangères et européennes
Travailler ensemble pour les Français de l’étranger
Elisabeth Borne a donc voulu rappeler le rôle des élus qui sont la voix des compatriotes dont le poste diplomatique a la charge.
C’est donc logiquement que la Première ministre demande aux fonctionnaires à l’étranger de dépasser les clivages et de participer à l’esprit de concorde qui devrait animer chaque représentant de l’Etat ou de la Nation à l’étranger. Comment accepter qu’un Consul interdise l’accès au consulat à un élu consulaire comme au Paraguay cet hiver ? Comment accepter que nos élus ne soient pas intégrés aux processus de décisions qui régulent la vie des expatriés ? Comment accepter que le choix des élus quant aux associations à soutenir ne soient pas respecté ?
Des questions qui ont su trouver un écho à Paris, maintenant la balle est dans le camps de l’administration ! Elle doit avec nos élus trouver un mode de fonctionnement respectueux de la démocratie et des choix de nos compatriotes.
Depuis cet été, à part avec la Suisse, le télétravail des frontaliers est de nouveau soumis au régime général que ce soit en France, en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Espagne ou au Luxembourg (même si dans ce dernier cas le régime général est plus généreux). Cependant, le cabinet de Bruno Le Maire a relancé discrètement les sessions de travail avec leurs homologues pour définir un nouveau cadre de fonctionnement européen du télétravail.
Télétravail en illimité
La semaine dernière on a ainsi appris que la France réfléchit à un système permettant aux frontaliers de télétravailler de manière illimitée. C’est ce qu’ont révélé les députées NUPES Charlotte Leduc (3e circonscription de la Moselle) et Martine Etienne (3e circonscription de la Meurthe-et-Moselle) ainsi que le sénateur PS Olivier Jacquin, les trois élus s’interrogeant sur «un nouveau cadeau fiscal au Luxembourg».
Selon les explications que leur a fourni le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, la France souhaiterait « simplifier les démarches pour les entreprises via un acompte prélevé directement » par les finances publiques du pays de l’employeur. « Une compensation fiscale intergouvernementale » permettrait également aux frontaliers de pouvoir travailler de chez eux sans la moindre limite sur le plan fiscal.
Le ministre de l’Économie Bruno le Maire, souhaite « simplifier les démarches pour les entreprises » en télétravail
Fiscalité et couverture sociale
Par cette démarche, Bruno Le Maire veut lever le frein fiscal qui bloque aujourd’hui le développement du télétravail chez les frontaliers. Si la répartition de l’assiette fiscale entre les pays ne devraient pas changer, les modalités pourraient être simplifiées pour les entreprises et les particuliers via le dispositif intergouvernemental cité plus haut.
Cependant, l’élargissement du télétravail des frontaliers ne dépend pas que de nouveaux accords sur le plan fiscal, mais également d’une évolution de la réglementation européenne en matière de sécurité sociale. À l’heure actuelle, un frontalier qui travaille plus de 25% de son temps dans son pays de résidence se retrouve de facto affilié à la sécurité sociale de son pays.
Un accord entre tous les Etats via la Commission européenne semble donc indispensable pour mener ce projet à terme. Cependant, il faudra convaincre de nombreux pays inquiets pour leurs revenus fiscaux comme la Belgique qui s’oppose déjà à cette proposition. Au coeur de l’Europe, elle pourrait perdre de nombreux contribuables, comme les indépendants français qui doivent normalement retourner travailler en France, même s’ils vivent en Belgique, pour exécuter leurs missions s’ils veulent échapper à la lourde fiscalité belge. Avec une telle mesure, ils pourraient travailler de la maison sans pour autant basculer sur le plan fiscal et social dans le système belge, souvent moins généreux et taxant le travail plus lourdement que notre pays (oui c’est possible).
Liz Truss deviendra le prochain Premier ministre (PM), après avoir battu Rishi Sunak dans la course à la direction du Parti conservateur. Mme Truss, qui était la favorite pour gagner, succèdera ce mardi 6 septembre à Boris Johnson et deviendra la troisième femme dirigeante du pays.
Plusieurs dossiers brûlants l’attendent et Liz Truss doit former un gouvernement et se mettre vite au travail. L’inflation est galopante, à deux chiffres, et pourrait atteindre 22% l’année prochaine. Il y a la crise du coût de la vie, dans un contexte international tendu avec la guerre en Ukraine. Boris Johnson était premier ministre pendant l’été mais fut absent. Il y a aussi les grèves à répétition.
Nous sommes allés à la rencontre de certains expats au Royaume-Uni pour comprendre leurs inquiétudes.
“Ce n’est que le début.”
Guillaume, qui réside à Londres depuis quelques années a “ bien remarqué l’inflation dans les magasins, plus £0.40 pour des articles alimentaires qui étaient à £2,20 il y a encore quelques mois. Malheureusement je pense que ce n’est que le début et que les choses vont empirer. Heureusement que j’habite en appartement et que celui-ci n’est pas trop « énergivore » notamment pour le chauffage – car c’est bien les factures énergétiques qui vont fortement impacter le budget des ménages dans les mois à venir. Ce qui m’inquiète beaucoup c’est le fait que mes économies vont être très négativement impactées par l’inflation, si celle-ci perdure pendant plusieurs mois. »
“On ne sait pas combien de temps cela va durer.”
Mara, habitant à l’extérieur de Londres depuis 2015, nous a confié que “en raison de la situation géopolitique critique entre la Russie et l’Ukraine ces derniers mois, le prix de l’énergie et des produits alimentaires ont augmenté de manière explosive. Beaucoup de gens sont durement frappés par l’inflation grandissante et cela me préoccupe beaucoup de savoir combien de temps cela va durer. De plus, les prix de l’énergie augmenteront peut-être aussi à plus long terme à cause de la transformation vers des ressources énergétiques renouvelables… Ce problème bien réel de voir notre pouvoir d’achat diminuer considérablement de jour en jour et notre gouvernement actuel qui ne dispose pas toujours d’une réponse brillante m’angoisse fortement. L’augmentation des prix dans la vie quotidienne constitue un défi de taille. Comment pouvoir payer des factures toujours galopantes sans hausse salariale ? L’automne arrive bientôt. Comment allons-nous faire pour vivre cet hiver ?”
S’attaquer à la crise du coût de la vie, a déclaré Liz Truss elle-même, est sa priorité numéro un une fois qu’elle aura obtenu les clés du 10 Downing Street.
Sa victoire face à Rishi Sunak dans la course à la direction des conservateurs a fait suite à un débat tendu de cinq semaines, dominé par la façon dont chacun aborderait la réduction des factures pour les ménages et les entreprises.
Le gérant d’un restaurant dans le quartier français nous a dit que “cela fait bientôt 2 ans que j’ai ouvert Quinta à Bute Street, en plein cœur de South Kensington. Quinta est un restaurant et bar à cocktails spécialisé dans la cuisine d’Amérique Centrale. Les deux dernières années ont été mouvementées, au rythme des changements de réglementation sur les flux humains et les taxes. Cela nous a forcé à nous réinventer au quotidien afin de trouver notre place pour continuer à faire connaître nos produits. Depuis avril 2022, nous avons été touchés par le retour à la normale de la TVA à 20% pour les produits consommés sur place, l’augmentation du coût de l’énergie et des matières premières (+10% à +100% sur certains produits), et la hausse du minimum salarial. En conséquence, pour limiter l’impact de ces hausses nous avons dû continuer de faire évoluer notre menu, les dépenses engagées, et réorganiser notre manière de travailler. Cela nous a permis d’absorber une partie de ces coûts, et de poursuivre notre croissance sans altérer la qualité de nos produits. Au niveau personnel comme professionnel, pour faire face à ces dépenses, je limite les pertes en évitant le gâchis alimentaire et énergétique, en utilisant moins la voiture et en faisant face de façon intelligente aux changements. Le plus difficile sera probablement l’hiver prochain mais en achetant un pull ou deux hors saison tout ira bien.”
Partenariat Maroc-Royaume-Uni
Hamid Chriet, un Franco-Marocain habitant à Londres nous a confié que l’inflation grimpe de plus en plus à Londres. “Je pense que le gouvernement devrait instaurer un SMIC, basé sur le coût de la vie, spécifiquement dans la capitale. En effet, la guerre russo-ukrainienne a fait exploser la spéculation sur les prix de l’énergie. On peut saluer le projet maroco-anglais. La transmission d’électricité entre le Maroc et le Royaume-Uni se fera par des câbles terrestres et maritimes. Quatre câbles sous- marins, mesurant chacun 3 800 km de long, seront posés pour fournir une connexion exclusive au Royaume-Uni. Une fois terminés, ces câbles seront les câbles électriques de cette nature les plus longs au monde.“
Selon un dernier sondage YouGov, 52% des Britanniques estiment que Liz Truss sera la pire Première Ministre. Mais la question pour les Français est : est-ce que le gouvernement va résoudre la crise du coût de la vie ?
Effectivement, avec plus de 10% d’inflation, le coût de la vie a flambé dans le pays, favorisant ainsi la pauvreté alimentaire.
Afin d’aider les parents dans le besoin, une action caritative s’est mise en branle, comme le Théâtre Swann qui accueille des enfants afin de les occuper la journée et leur donner un repas.
L’école reste également un moyen pour les enfants de continuer à se socialiser et à recevoir au minimum un repas par jour.
De leurs côtés, les habitants et les conseillers municipaux dénoncent le manque de réactivité du gouvernement et appellent à l’aide citoyenne.
Au mois d’août 2022, l’euro a perdu 15 % de sa valeur par rapport au dollar du mois d’août 2021 pour descendre sous 1 dollar ce lundi 05 septembre. En revanche, l’euro ne s’est pas déprécié par rapport aux autres grandes devises comme le yen ou la livre sterling. Les non-résidents accroissant encore leur détention d’actions en euros, la position nette ouverte sur l’euro n’est pas négative. La baisse de l’euro est avant tout liée à une appréciation du dollar qui constitue une valeur refuge en période de crise et qui bénéficie du durcissement de la politique monétaire de la FED.
Le potentiel de dépréciation demeure élevé
Le taux de change de l’euro résiste assez bien compte tenu des incertitudes et des risques qui pèsent sur l’Europe : pénurie énergétique, baisse de la croissance, guerre en Ukraine. Cela peut également signifier que le potentiel de dépréciation de l’euro demeure élevé.
Depuis sa création en 1999, l’euro a été confronté à plusieurs crises qui ont pesé sur son cours. Dès 2000, avec l’éclatement de la bulle Internet, il a connu une forte dépréciation en lien avec la forte aversion des investisseurs pour le risque. Le 31 octobre 2000, un euro valait 0,84 dollar contre 1,1789 le 4 janvier 1999. L’euro s’est apprécié entre 2006 et le début du mois de juillet 2008. Il valait alors 1,58 dollars. La crise des subprimes a entraîné un mouvement de repli (1,29 dollar en mars 2009) puis la crise grecque a provoqué un nouvel accès de faiblesse (1,22 dollar en juillet 2012). Du fait d’une politique monétaire moins expansive que celle en vigueur aux États-Unis, l’euro s’apprécie entre 2012 et 2014 (1,39 en mars 2014). La décision de la BCE de s’engager à compter de 2015 dans une politique monétaire non conventionnelle a, à son tour, entraîné une dépréciation de l’euro (1,06 dollar en novembre 2016). Après avoir baissé durant le premier confinement, l’euro reprend des forces entre la mi 2020 et la mi 2021 (1,2 en juillet 2021) avant de s’éroder depuis (parité avec le dollar à la fin août).
En 23 ans d’existence, l’euro n’a accru que marginalement son rôle en tant que monnaie de réserve, ce qui le fragilise. Au moment de sa création, l’euro représentait 19 % des réserves de change mondiale. Ce ratio a atteint 28 % en 2009 avant de se stabiliser à 20 % depuis 2015. Le poids du dollar est passé de 71 à 60 % de 1999 à 2021.
Christine Lagarde, Présidente de la Banque Centrale Européenne
Lors de son lancement, l’euro a pâti de la diminution de l’offre de monnaies qu’il a provoquée. Les investisseurs qui avaient le choix entre plusieurs devises européennes n’en avaient plus qu’une. Dans le cadre de la politique de diversification, ils ont opté pour d’autres monnaies (pays émergents, Australie, Japon, Angleterre, etc.). Cet effet s’est depuis estompé.
Depuis 2015, les non-résidents de la zone euro ont continué à acquérir des actions européennes. Ils ont en revanche réduit leurs achats en obligations. Les résidents européens ont de leur côté accru leurs achats d’actifs à l’extérieur de la zone euro en privilégiant les États-Unis et les pays émergents d’où une dépréciation de l’euro.
L’encours des obligations détenues par les non-résidents est passé de 45 à 38 % du PIB de la zone euro de 2015 à 2021 quand celui en actions est passé de 100 à 125 % du PIB. L’encours en obligations et actions détenues par les résidents est passé de son côté de 120 à 162 % du PIB de 2015 à 2021.
Un rééquilibrage des taux de part et d’autre de l’Atlantique en 2023
La faiblesse de l’euro est la conséquence d’un différentiel défavorable en matière de taux d’intérêt et d’anticipations économiques négatives. Elle est aussi le résultat des problèmes d’approvisionnement en énergie de l’Europe, de la disparition de l’excédent commercial de la zone euro, et de tensions internes qui pourraient se multiplier en cas de difficultés économiques ou politiques. Le processus de dépréciation de l’euro pourrait donc se poursuivre surtout si les non-résidents vendaient leurs actions en euros en cas de forte récession. A contrario, le durcissement de la politique monétaire devrait conduire en 2023 à un rééquilibrage des taux de part et d’autre de l’Atlantique. Les anticipations sont peut-être exagérément pessimistes pour l’Europe.
Bonjour à tous, bienvenue dans votre flash du 06 septembre. Aujourd’hui, on parle des chaines du groupe TF1 qui ont disparu du bouquet TNT SAT, de l’homologation de deux nouveaux vaccins contre la Covid-19 et de l’ouverture du procès de l’attentat du 14 juillet à Nice.
TF1 veut faire payer Canal+
C’est ainsi qu’on peut résumer le conflit qui oppose les deux groupes de médias français. Parmi les victimes, les centaines de milliers de Français qui n’ont accès qu’au bouquet Canal + et des dizaines de milliers d’expatriés, de Marrakech à Ankara, de Madrid à Helsinki, qui reçoivent les chaines françaises via l’offre satellite du groupe Canal + TNT SAT. La solution qui se profile, comme avec Molotov au printemps dernier, c’est de rendre payant l’accès aux chaines de TF1, sinon il reste la possibilité de basculer sur le bouquet Fransat.
L’Agence européenne du médicament homologue deux nouveaux vaccins contre la Covid 19
Ouverture du procès de l’attentat du 14 juillet 2016
En France, l’actualité est marquée par l’ouverture du procès qui doit faire émerger la vérité pour les 86 morts fauchés par un camion sur la Promenade des Anglais après le feux d’artifice de la fêtes nationale. Mais en l’absence de l’auteur principal des faits, abattu par la police le soir-même, et en présence sur le banc des accusés de sept personnes – une étant jugée en son absence – parties civiles et opinion publique restent sceptiques. Verdict attendu le 18 décembre.
C’est tout pour aujourd’hui, prenez soin de vous où que vous soyez
S’il est simple d’accéder aux chaînes françaises depuis l’Hexagone, de nombreuses options étant proposées aux utilisateurs, les choses sont bien différentes quand on est expatrié(e). Pour ceux qui sont en Europe, au Maghreb ou en Turquie, la solution la plus efficace est celle du satellite. 2 opérateurs se partagent le marché, TNT SAT (filiale de Canal +) et Fransat, tous deux disponibles chez notre partenaire TVcorner. Mais sans préavis, les chaines du groupe TF1 ont disparu du bouquet de TNT SAT ce vendredi 02 septembre 2022.
Zone de diffusion du satellite TNT SAT
Négociations houleuses entre les deux groupes français
Faute d’accord entre les deux parties, Canal+ s’est donc résolu à couper le signal de son côté. Si vous tentez d’afficher l’une des chaînes du groupe, vous verrez un écran noir accompagné d’un message d’information. Cet écran noir est diffusé également en ligne. Impossible en effet d’accéder aux chaînes du premier groupe audiovisuel privé européen depuis la plateforme MyCanal ou depuis TNT SAT.
Concrètement, les accords de diffusion arrivant à leur terme, les deux entités sont entrées dans une nouvelle phase de négociation. Les prétentions de la première chaîne n’ont visiblement pas été du goût de Canal+.
“Face à ces exigences infondées et déraisonnables pour des chaînes qui sont accessibles gratuitement pour tous et qui doivent le rester, le groupe Canal+, partenaire de longue date du groupe TF1 est contraint de renoncer à diffuser ses chaînes.”
Communiqué de presse du groupe Canal +, propriétaire de TNT SAT
La nature du conflit entre Canal+ et TF1, tout comme celui qui a existé entre TF1 et Molotov, tourne autour de ce qu’il est permis de faire avec des chaînes qui sont diffusées gratuitement sur la télévision numérique terrestre (TNT) et sur le net. Pour Canal+ et Molotov, il devrait être possible de les diffuser gratuitement aussi, sans avoir rien à payer. Mais TF1 s’y oppose.
Alors que faire pour retrouver les chaines de TF1 ?
La première des possibilités, c’est évidemment de patienter. Cependant, comme avec Molotov au printemps dernier, TNT SAT risque de devoir rendre payante la réception des chaines du groupe TF1.
Autre option, changer d’opérateur satellite, si vous avez un matériel récent, il suffira de régler l’antenne et de changer de carte dans votre décodeur en souscrivant un service auprès de Fransat ou d’un autre opérateur. TVcorner, notre partenaire, peut vous accompagner grâce à son réseau de professionnels aux 4 coins de l’Europe et en Méditerranée.
Vous pouvez aussi, si vous disposez toujours d’une adresse en France et d’une carte bancaire française, vous tourner vers Salto ou Molotov qui proposent des offres aux Français disposant des deux éléments précités.
A défaut de mener un combat frontal contre la Russie, après son invasion de l’Ukraine le 24 février dernier, les Etats occidentaux ont adopté une série de sanctions qui ont débouché sur un climat de guerre économique.
Les mesures concernent tant les personnes avec des interdictions de se déplacer, les moyens de transports avec la fermeture des espaces aériens, les échanges matériels et immatériels. Jamais, depuis la deuxième Guerre Mondiale, une grande puissance avait subi de telles sanctions. Des banques commerciales russes ont été exclues de Swift (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), un réseau de messagerie. 300 milliards de dollars de réserves de la banque centrale ont été immobilisés.
L’objectif des Occidentaux était de provoquer une paralysie de la 11e économie mondiale dans l’espoir de bloquer son effort de guerre, d’inciter sa population à protester et à dissuader d’autres pays à recourir aux mêmes pratiques, la Chine étant visée avec le risque d’un conflit avec Taïwan. En quelques mois, l’Union européenne a adopté sept plans de sanction. Des analystes avaient prédit l’effondrement de l’économie russe pour l’été ; or cette prévision ne s’est pas encore vérifiée.
Le pouvoir russe est conscient de la fragilité des démocraties face à leurs opinions
La Russie n’est pas l’Afrique du Sud, la Corée du Nord, l’Iran ou la Lybie, qui ont subi ou subissent encore des embargos. La Russie est un pays disposant d’abondantes richesses naturelles et qui a tissé des liens avec des États comme la Chine qui refusent de s’aligner sur les positions occidentales. La guerre économique exige du temps comme l’ont prouvé les précédents en Afrique du Sud ou en Lybie. Le pouvoir russe est conscient de la fragilité des démocraties face à leurs opinions. Les embargos gênent actuellement plus les Européens que les Russes en pouvant déboucher sur une récession et des pénuries. La Russie avec la hausse des cours bénéficie toujours de rentrées de devises en provenance des pays avec qui elle a maintenu des relations (Chine, pays émergents, Amérique latine).
Une mise hors marché sans précédent dans l’histoire contemporaine
Les embargos technologiques pénaliseront la production d’énergie d’ici quelques mois même si les autorités russes comptent sur la Chine pour fournir les pièces détachées nécessaires. La mise hors marché (occidental) du deuxième producteur de pétrole et de gaz est sans précédent dans l’histoire contemporaine. Sur la durée, une réallocation de l’offre devrait intervenir avec le développement du gaz liquéfié dont le coût restera sans nul doute supérieur à celui du gaz naturel.
Le pétrole qui n’est plus acheté par les Occidentaux l’a été par l’Inde et la Chine au prix d’une décote d’environ 25 dollars par rapport au prix du marché. La vente du gaz à l’Europe représente moins de 10 % des recettes publiques russes. L’arrêt des livraisons aurait donc peu d’effet sur la situation économique.
Le Président russe et le Président chinois en 2021
Selon une société de conseil américaine, Rystad Energy, la Russie perdrait autour de 85 milliards de dollars en recettes fiscales pétrolières et gazières cette année, par rapport à un objectif de 300 milliards de dollars. Capital Economics, un autre cabinet de conseil, estime que la Russie a vendu son pétrole à un prix moyen de 85 dollars le baril depuis février. À compter du 31 décembre, les assureurs européens qui dominent le marché du transport pétrolier, ne pourront plus couvrir les pétroliers transportant des cargaisons russes. Il faudra trouver des assureurs de substitution reconnus au niveau mondial. De nombreux ports et canaux pourraient ne pas autoriser le passage des navires si le risque de pollution par les hydrocarbures n’est pas couvert. 14 % des exportations russes pourraient être ainsi menacées.
Seulement 50 milliards, sur les 400 milliards de dollars d’actifs offshore bloqués, ont été réellement gelés
Les sanctions visant les oligarques et le blocage des avoirs à l’étranger auraient des effets mesurés. Selon Anders Aslund, ancien conseiller des gouvernements russe et ukrainien, seulement 50 milliards de dollars, sur les 400 milliards de dollars d’actifs offshore bloqués, ont été réellement gelés.
Les oligarques ont réalisé des montages juridiques complexes en recourant aux possibilités offertes par les différents paradis fiscaux comme les îles Caïmans ou Jersey. Ils ont également recours à des prête-noms afin de ne plus apparaître dans les documents officiels. De nombreux établissements financiers, en particulier ceux de petite taille et situés dans des États appliquant avec modération les sanctions, manquent de moyens et de temps pour effectuer toutes les vérifications.
Les difficultés des oligarques accroissent leur dépendance au pouvoir russe, ce qui n’est pas pour déplaire à Vladimir Poutine. Les banques commerciales russes sont confrontées à une série d’interdictions depuis l’invasion, en fonction de leur taille et de leur proximité avec le Kremlin. Les investisseurs occidentaux ne peuvent plus acheter ou vendre des obligations ou des actions émises par dix-neuf banques russes. Dix établissements de crédit russes, dont les deux plus importants en termes d’actifs, ont été expulsés de Swift, le système d’informations bancaires utilisé par 11 000 banques pour les paiements transfrontaliers. Vingt-six ne peuvent plus effectuer de virements internationaux en dollars. Selon la Bundesbank, entre le 1er février et le 30 avril, les opérations entre les banques russes et celles de la zone euro se sont effondrées. Les alternatives à Swift, telles que le recours au télex, sont complexes et lentes.
Les sanctions n’ont pas totalement isolé financièrement la Russie du reste du monde
L’interdiction du dollar dans les échanges avec la Russie pèse sur les importations mais aussi sur toute une série d’opérations qui impliquent à un moment ou un autre le recours à la monnaie américaine. La Russie doit parfois recourir au troc pour une partie de ses activités commerciales transfrontalières. Les sanctions n’ont pas totalement isolé financièrement la Russie du reste du monde. Les banques qui sont associées à l’achat de pétrole et de gaz, notamment Gazprombank, sont toujours autorisées à utiliser Swift. Les banques russes de taille modeste sont restées connectées au réseau. L’Inde, qui importe du pétrole russe, recherche toujours un moyen viable de le payer en roupies. Le système d’informations bancaires chinois, CIPS, est de plus en plus utilisé. Les volumes d’échanges sur la paire yuan-rouble à la bourse de Moscou ont récemment atteint des sommets.
Le taux de change du rouble est administré et ne saurait être un indicateur fiable de la santé de l’économie russe
Le gel des réserves détenues par la Banque centrale de Russie en Occident, soit environ la moitié de sa réserve totale de 600 milliards de dollars, a eu des résultats tout aussi mitigés. Quelques heures après l’annonce de la mesure, le rouble a perdu 30 % de sa valeur. Pour limiter la dépréciation de la monnaie, la banque centrale russe a porté à 20 % ses taux provoquant une récession. En juin, les sanctions ont également contraint la Russie à son premier grand défaut de paiement sur sa dette extérieure depuis plus d’un siècle, après avoir empêché la banque centrale de traiter 100 millions de dollars de paiements dus aux détenteurs d’obligations. Au milieu de l’été, le rouble avait néanmoins retrouvé son taux de change d’avant sanctions et les taux directeurs étaient revenus à 8 %.
Le taux de change du rouble est avant tout administré et ne saurait être un indicateur fiable de la santé de l’économie russe. Il n’en demeure pas moins que les réserves de devises de la Russie augmentent grâce aux recettes de pétrole et de gaz vendus à vil prix. Le défaut technique de paiement de la Russie a donc peu de conséquences pour l’économie, les importations pouvant être réglées.
Les règles qui étaient appliquées à l’Iran ou à la Corée du Nord le sont désormais à la Russie
Parmi les sanctions les plus efficaces figurent les interdictions de licences pour les exportations. Les entreprises occidentales doivent, en effet, demander des licences pour exporter des produits en Russie. Or, elles sont de moins en moins accordées. Les restrictions vont bien au-delà des produits « à double usage» – ceux qui ont des applications à la fois militaires et commerciales – comme les drones et les lasers.
Si les microprocesseurs, les ordinateurs, les logiciels et les équipements énergétiques ne sont plus exportables, c’est également le cas de biens de faible technologie, tels que les produits chimiques et les matières premières. Les règles qui étaient appliquées à l’Iran ou à la Corée du Nord le sont désormais à la Russie.
Jusqu’en 2020, les fabricants d’armes en Russie recouraient à plus de 70 fournisseurs américains ou européens
Les États-Unis ont recours au dispositif d’extraterritorialité. En vertu de la « Foreign Direct Product Rule », les contrôles sont étendus non seulement aux produits fabriqués aux États-Unis, mais aussi aux produits étrangers fabriqués à l’aide de logiciels et d’outils américains ou contenant des intrants américains. Les États-Unis ont ainsi réduit de 90 % les exportations mondiales de microprocesseurs vers la Russie en moins d’un an. Jusqu’en 2020, les fabricants d’armes en Russie recouraient à plus de 70 fournisseurs américains ou européens.
Les secteurs des transports et des mines sont également dépendants d’entreprises occidentales. Le métro de Moscou qui bénéficiait d’un contrat de maintenance opéré par une entreprise allemande pourrait connaître quelques difficultés dans les prochains mois.
La production manufacturière a diminué de 7%. Automobile : -90% ; pharmacie : -25% ; équipements électriques : -15 %
Les entreprises chinoises, qui fournissent généralement un quart des importations russes, ont tardé à aider, car elles aussi craignent de perdre l’accès aux pièces occidentales essentielles. Même Huawei a réduit ses liens avec la Russie. La production manufacturière russe a diminué de 7 % entre décembre et juin, du fait des problèmes du secteur de l’’automobile (baisse de 90 % de la production), de celui de la pharmacie (25 %) et de celui des équipements électriques (15 %). En mai, la Russie a assoupli les normes de sécurité pour permettre la production de voitures sans airbags ni freins antiblocage. Le déploiement de la 5G a dû être ralenti.
Faute de pouvoir accéder à des pièces détachées, la production de pétrole et de gaz pourrait être pénalisée. Les industries de base, telles que l’extraction et le raffinage des métaux, sont également en baisse.
La Russie s’approvisionne sur les marchés parallèles
Pour compenser l’absence des importations en provenance des pays occidentaux, la Russie s’approvisionne sur les marchés parallèles, les marchés gris non autorisés contrôlés par les mafias en tout genre. Les autorités russes font appel à des revendeurs de l’Asie du Sud Est. Ces derniers mois, ils ont réussi à importer des serveurs et des téléphones, sans le consentement des marques concernées. Un trafic de cartes Visa avec des fausses identités a été également constaté, permettant à des Russes de voyager en-dehors de leur pays.
Face à la fermeture de leur pays, selon Konstantin Sonin, de l’Université de Chicago, plusieurs centaines de milliers de Russes auraient émigré, dont beaucoup sont hautement qualifiés. Plus de 1 200 entreprises étrangères implantées en Russie ont fermé leurs établissements, selon des chercheurs de l’Université de Yale. Le FMI prévoit que le taux de croissance du pays en 2025-26 aura diminué d’environ de 50 % par rapport aux estimations d’avant le déclenchement de la guerre.
L’effondrement rapide de la Russie n’a pas eu lieu mais son avenir est sombre.
L’effondrement rapide de la Russie n’a pas eu lieu mais son avenir économique n’en demeure pas moins sombre, à la condition que les États occidentaux arrivent à maintenir le régime des sanctions durant une période assez longue, quitte à en subir les contreparties économiques.