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  • La population bulgare appelle l’UE à cesser de financer les mamamouchis au pouvoir

    La population bulgare appelle l’UE à cesser de financer les mamamouchis au pouvoir

    « Arrêtez de financer notre mafia ». Tel était le slogan visible sur les pancartes des protestataires rassemblés devant la représentation de la Commission européenne à Sofia.

    Les manifestants réclament la démission de leur Premier ministre et du procureur général.

    Des milliers de Bulgares descendent quotidiennement dans les rues, et ce, depuis 54 jours, appelant à la démission du Premier ministre Boyko Borissov et du procureur général Ivan Geshev sur fond de corruption. Les malversations répandues de ces derniers ont sapé les institutions nationales et grandement profité aux figures de proue du pays. Par ailleurs, nombreux sont ceux qui incriminent M. Geshev pour son manque d’impartialité et de compétences.

     

    « Nos manifestations témoignent de plusieurs symboles, comme vous le voyez sur les affiches que nous brandissons. Nous représentons la classe ouvrière qui a décidé d’arrêter de travailler pour dénoncer le trompe-l’œil démocratique de l’UE », a expliqué Pavel, l’un des protestataires, à bTV channel. « Je m’adresse ici à tout un chacun. Nous devons ouvrir les yeux et identifier la réelle nature de la démocratie bulgare », a-t-il enchéri.

     

    Une grande partie de citoyens soutient ces manifestations. Il en va de même pour le navire européen. Toutefois, pour de nombreux Bulgares, les aides financières européennes sont majoritairement utilisées pour remplir les poches des mamamouchis au pouvoir. Elles ne remplissent donc pas leur tâche première : la création d’une cohésion et le soutien à ceux dans le besoin.

    Récemment, les protestataires ont ciblé une institution précise au sein de la capitale, la représentation de la Commission européenne.

     

    « Nous avons adopté un angle européen afin d’attirer l’attention des médias », a déclaré Pavel.

     

    « Le trompe-l’œil démocratique de l’UE sape votre avenir. Il profite au parti “Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB)” et aux autres partis de coalition », pouvait-on lire sur l’un des écriteaux du rassemblement. Le GERB (PPE) et le VMRO-BND constituent une coalition d’extrême droite.

    Toutefois, l’évènement phare du 54e jour des manifestations est survenu à la suite de l’annonce du Parti socialiste bulgare (BSP), avançant qu’il ne soutiendrait pas le projet de Boyko Borissov d’élaborer une nouvelle constitution.

    Selon un sondage mené lundi, une majorité de Bulgares ne voient pas la nécessité d’une nouvelle constitution. Il semblerait que le Premier ministre cherche seulement à gagner du temps pour ne pas avoir à démissionner avant les élections au printemps prochain.

    Le BSP (Renew) fait officiellement partie de l’opposition, mais il maintient des relations stables avec le GERB. Leur décision a donc jeté un pavé dans la marre, poussant les leaders des manifestations à déclarer que « dorénavant, M. Borissov n’avait pas plus d’autres choix que de démissionner ».

    En effet, le Premier ministre a besoin des votes du BSP afin d’enclencher les procédures visant à établir une nouvelle constitution, étant donné qu’une majorité de 180 députés sur 240 est requise pour ce faire. Qui plus est, Boyko Borissov et ses alliés ne représentent qu’un peu plus de 120 sièges.

    L’opposition a appelé les citoyens à manifester en nombre dans les rues de la capitale ce mardi 1er septembre.

  • Attention à l’avalanche ! Ou le retour de l’interventionnisme de l’Etat

    Attention à l’avalanche ! Ou le retour de l’interventionnisme de l’Etat

    En temps de paix, jamais l’interventionnisme au sein des grands pays occidentaux n’a atteint un tel niveau.

    Au nom de la raison sanitaire, l’État impose des contraintes encore impensables il y a quelques mois. Sur le terrain de l’économie, pour endiguer une récession volontairement provoquée, les pouvoirs publics mettent en œuvre des plans de relance, de soutien sur fonds de politique monétaire accommodante, et de transition énergétique dont le montant atteint des sommets.

     

    Un plan à 100 milliards d’euros

    Le gouvernement a prévu un plan de 100 milliards d’euros, soit un tiers du budget d’avant crise qui s’ajoutent aux 470 milliards d’euros de dépenses et d’engagement pris en charge depuis le mois de mars par l’État. Au total, le cout du coronavirus pourrait atteindre près du quart du PIB du pays. Face à l’épreuve provoquée par l’épidémie, il convient de se réjouir de la capacité des pouvoirs publics à en limiter les effets avec l’appui des contribuables, de la Banque centrale européenne et, prochainement, de nos partenaires européens.

     

    Des déficits abyssaux

    Cette avalanche de crédits donne l’impression que les déficits n’ont plus de limite, qu’il est possible de s’affranchir de toutes les règles. Pour certains, cette situation est une aubaine ; pour d’autres, l’avant-veille d’une crise financière de grande ampleur. Les premiers estiment que le système économique du monde d’hier était à bout de souffle tant sur le plan environnemental que social. Selon eux, la crise permet d’accélérer la transition énergétique, de peser sur les comportements et de réduire les inégalités. Pour les seconds, le laisser-aller financier généralisé ne peut que conduire à une large banqueroute ou au retour de l’inflation. Dans l’histoire, les exemples en la matière ne manquent pas.

    Avant la crise, la France vivait entre 10 à 15 % au-dessus de ses moyens grâce à la persistance d’un double déficit budgétaire et de la balance des paiements courants. Depuis 2003, l’euro a permis de ne plus être soumise à la contrainte des réserves de change. Au niveau des déficits, elle a bénéficié d’une relative tolérance de la part de la Commission de Bruxelles et de ses partenaires. Sera-t-il possible durablement de poursuivre dans cette voie ? Les pays d’Europe du Nord accepteront-ils de payer indéfiniment sous forme de taux d’intérêt négatifs pour les États dépensiers ? Les investisseurs continueront-ils de placer leurs capitaux dans un pays déficitaire ?

     

    Le salut dans la croissance !

    La réponse est dans le retour de la croissance. Sans elle, les capacités de remboursement disparaitront. Sans elle, la France comme d’autres, pourrait subir le sort de la Grèce entre 2012 et 2013. Le défi des prochains mois est donc le relèvement de la croissance potentielle, ce qui passe par une augmentation du nombre de personnes au travail et des gains de productivité. Même si de nombreuses règles économiques sont devenues caduques ces derniers temps, l’association, travail, capital et progrès technique est toujours de mise.

  • Attention à l’avalanche! Ou le retour de l’interventionnisme de l’Etat

    Attention à l’avalanche! Ou le retour de l’interventionnisme de l’Etat

    En temps de paix, jamais l’interventionnisme au sein des grands pays occidentaux n’a atteint un tel niveau.

    Au nom de la raison sanitaire, l’État impose des contraintes encore impensables il y a quelques mois. Sur le terrain de l’économie, pour endiguer une récession volontairement provoquée, les pouvoirs publics mettent en œuvre des plans de relance, de soutien sur fonds de politique monétaire accommodante, et de transition énergétique dont le montant atteint des sommets.

     

    Un plan à 100 milliards d’euros

    Le gouvernement a prévu un plan de 100 milliards d’euros, soit un tiers du budget d’avant crise qui s’ajoutent aux 470 milliards d’euros de dépenses et d’engagement pris en charge depuis le mois de mars par l’État. Au total, le cout du coronavirus pourrait atteindre près du quart du PIB du pays. Face à l’épreuve provoquée par l’épidémie, il convient de se réjouir de la capacité des pouvoirs publics à en limiter les effets avec l’appui des contribuables, de la Banque centrale européenne et, prochainement, de nos partenaires européens.

     

    Des déficits abyssaux

    Cette avalanche de crédits donne l’impression que les déficits n’ont plus de limite, qu’il est possible de s’affranchir de toutes les règles. Pour certains, cette situation est une aubaine ; pour d’autres, l’avant-veille d’une crise financière de grande ampleur. Les premiers estiment que le système économique du monde d’hier était à bout de souffle tant sur le plan environnemental que social. Selon eux, la crise permet d’accélérer la transition énergétique, de peser sur les comportements et de réduire les inégalités. Pour les seconds, le laisser-aller financier généralisé ne peut que conduire à une large banqueroute ou au retour de l’inflation. Dans l’histoire, les exemples en la matière ne manquent pas.

    Avant la crise, la France vivait entre 10 à 15 % au-dessus de ses moyens grâce à la persistance d’un double déficit budgétaire et de la balance des paiements courants. Depuis 2003, l’euro a permis de ne plus être soumise à la contrainte des réserves de change. Au niveau des déficits, elle a bénéficié d’une relative tolérance de la part de la Commission de Bruxelles et de ses partenaires. Sera-t-il possible durablement de poursuivre dans cette voie ? Les pays d’Europe du Nord accepteront-ils de payer indéfiniment sous forme de taux d’intérêt négatifs pour les États dépensiers ? Les investisseurs continueront-ils de placer leurs capitaux dans un pays déficitaire ?

     

    Le salut dans la croissance !

    La réponse est dans le retour de la croissance. Sans elle, les capacités de remboursement disparaitront. Sans elle, la France comme d’autres, pourrait subir le sort de la Grèce entre 2012 et 2013. Le défi des prochains mois est donc le relèvement de la croissance potentielle, ce qui passe par une augmentation du nombre de personnes au travail et des gains de productivité. Même si de nombreuses règles économiques sont devenues caduques ces derniers temps, l’association, travail, capital et progrès technique est toujours de mise.

  • Elections Consulaires, la date a été fixée :  30 mai 2021

    Elections Consulaires, la date a été fixée : 30 mai 2021

    Alors que les élections des conseillers des Français de l’Etranger qui devaient se tenir le dimanche 17 Mai 2020 ont été reportées une première fois en juin, elles le furent une seconde fois mais cette fois sans indiquer de date… C’est donc chose faite. Les élections auront lieu le 29 et 30 mai 2021 (le 29 pour le continent américain).  C’est que vient d’annoncer dans un courrier envoyé ce premier septembre par Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat, aux Français résidant hors de France. 

     

    Une élection malgré la Covid-19

    En effet, face à la pandémie, quelles sont les garanties que tous les pays seront sorties de leur état d’alerte? Comment garantir à nos compatriotes qu’ils ne prendront pas de risques en allant voter ? Comment organiser sereinement une campagne si tout ou une partie du territoire de la circonscription est encore sous quarantaine, confinement ou avec des mesures empêchant les réunions ?

    Des enjeux constitutionnels et locaux

    Mais un nouveau report serait très difficile à instaurer. En effet, des élections des conseillers consulaires dépendent le renouvellement de l’Assemblée des Français de l’Étranger mais aussi celui des sénateurs qui siègent au sein de la vénérable assemblée du parc du Luxembourg à Paris. L’élection des sénateurs des Français de l’Etranger a déjà été postposée d’une année par rapport à leurs pairs renouvelés cet automne.

    Prolonger, donc une nouvelle fois, les mandats des élus choisis en 2014 pose des problèmes constitutionnels et de légitimité.  Rappelons que la communauté des Français de l’étranger a été fortement renouvelée en 7 ans, en particulier en Europe. Le secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste Lemoyne, l’a confirmé les élections des conseillers de l’Assemblée des Français de l’Etranger, par les tous nouveaux grands électeurs que seront les conseillers des Français de l’Etranger, auront lieu le 26 et 27 juin 2021.

    En sus, de nouveaux pouvoirs ont été conférés, lors de la réforme votée en 2019,  aux élus locaux que sont les Conseillers des Français de l’Etranger.

    Les Conseillers consulaires actuels vont, déjà, donc bénéficier dès le premier octobre des nouveaux droits et devoirs liés au statut de Conseiller des Français de l’Etranger issus de la réforme. A cette date, le Consul abandonnera la présidence du conseil consulaire pour un président élu par les membres du dit-conseil.  L’administration devra donc aussi se justifier en cas de non application d’une mesure demandée par le Conseil. Les élus pourront disposer des locaux du Consulat ou de l’Ambassade (section consulaire) pour organiser des réunions, des ateliers, ou des rencontres entre Français.  Désormais régis par la charte des élus locaux, ils voient leur protection juridique et leur formation se professionnaliser.

    Ces élections sont donc très importantes autant pour Paris que pour les expatriés et leur quotidien.

     

    L’organisation de l’élection, le défi à relever

    Cependant, la crise sanitaire et sa cohorte de mesures rendent l’ouverture de bureaux de vote très problématique. Chaque pays a mis en place sa propre réglementation, certaines, encore, incompatibles avec la réunion de centaines voir de milliers, pour les plus grosses circonscriptions (Londres, New-York, Bruxelles, Genève), de votants.

    Dans ces conditions comment respecter l’obligation d’égalité des citoyens face au vote ? 

     

    Le vote par internet ?

    Certains élus et associations prônent un 100 % vote électronique via une plateforme sécurisée en ligne.  Cette proposition fait suite à un test grandeur nature, effectué en janvier de cette année, pour minimiser autant que possible les risques de cyber-piratage. Réussi, le gouvernement avait déjà prévu de proposer cette option pour le vote initial de mars 2020. Il pourrait, donc par simplification et pour respecter l’égalité face au vote, décider de l’imposer comme seul mode de participation à l’élection.

    La menace d’une attaque fut la raison principale pour laquelle le vote électronique ne fut pas introduit pendant les présidentielles et législatives de 2017 chez les Français de l’étranger malgré des demandes récurrentes. En cas de doute, comme nous l’avait indiqué Martine Schoeppner, Membre titulaire du bureau de vote électronique, dans un précédent article :

     

    « il pourra être suspendu ( portail fermé)  pour une ou plusieurs circonscriptions. Les électeurs concernés seraient alors informés que leur vote est annulé. Ils devront procéder au vote papier ou procuration. » – Martine Schoeppner – Membre titulaire du bureau de vote électronique

     

    Il y a aussi  un autre inconvénient au tout électronique. Certaines catégories d’expatriés, et notamment les personnes âgées, ne sont pas, forcément, à l’aise avec les outils informatiques. Et pourtant ils sont souvent le coeur de la participation et ils souhaiteraient continuer à avoir la possibilité de se déplacer.

     

    9 mois pour décider !

    Le gouvernement et les autorités consulaires ont 9 mois pour répondre à toutes ces questions. Il faudra donc inventer des dispositifs adaptés à la situation sanitaire et respectueux de la constitution. Les voix des Français de l’Etranger méritent d’être entendues.

  • Macron de retour au Liban !

    Macron de retour au Liban !

    Le président français Emmanuel Macron est arrivé lundi soir à Beyrouth, la capitale du Liban, pour sa deuxième visite depuis la double explosion tragique du 4 août 2020 à l’occasion des 100 ans du Liban (dans sa forme moderne).

    Son objectif ? Résoudre une crise politique profonde qui a conduit ce pays au bord du chaos.

    Sans ménagement diplomatique, il a averti les dirigeants libanais qu’ils s’exposeraient à des sanctions s’ils ne parviennent pas à tracer dans les trois mois un nouveau cap pour leur pays.

    Les discussions avec les responsables politiques fait partie des points les plus sensibles de la visite d’Emmanuel Macron, notamment avec le puissant Hezbollah. De nombreux pays occidentaux, dont les Etats-Unis, refusent tout contact avec le mouvement chiite en raison de ses liens avec l’Iran et de ses activités “terroristes”.

    “On ne partage pas ses valeurs, mais est-ce que nous pouvons avoir un rôle utile en refusant qu’il soit autour de la table? Je pense que ce serait une erreur”, a justifié Emmanuel Macron à Brut.

     

     

    Le contrôle des finances publiques

    Dans un entretien accordé au média en ligne français Brut, le président français a affirmé qu’il voulait « connaître les vrais chiffres du système bancaire libanais », appelant à un « audit des comptes ». L’audit de la Banque du Liban constitue l’une des demandes formulées par le Président de la République. Sous pression, le ministre démissionnaire des Finances, Ghazi Wazni, a signé dans la journée les contrats d’audit de la Banque du Liban avec trois cabinets d’audit internationaux.

     

    « C’est la dernière chance pour le système ! C’est un pari risqué que je tente, j’en suis conscient… Je mets sur la table la seule chose que j’ai : mon capital politique » – Emmanuel Macron

    Déjeuner protocolaire et Patrouille de France 

    10 Alpha jets de la patrouille de France ont effectué une démonstration de vol aux couleurs du drapeau libanais à l’occasion du centenaire de la naissance du Liban dans ses frontières actuelles devant les Présidents Français et Libanais.  Un déjeuner au palais présidentiel de Baabda a suivi,  en présence du président de la Chambre Nabih Berry, du Premier ministre désigné Moustapha Adib et du chef du gouvernement sortant Hassane Diab. Etaient également présents les chefs des groupes parlementaires, les ambassadeurs des pays européens et de certains pays arabes, ainsi que les membres du groupe d’amitié Liban-France.

     

    Les Français auprès des libanais

    Dans une tribune publiée dans Le Figaro le 30 août et intitulée « Beyrouth blessée et le Liban tout entier saluent l’élan fraternel de la France », le président Libanais, M. Aoun affirme qu' »après la double explosion qui a ravagé Beyrouth, le soutien immédiat de la France au pays du Cèdre et sa sollicitude, manifestés par le chef de l’État français lui-même, ont fait chaud au cœur et offert de l’espoir aux Libanais endeuillés et accablés ». « Une fois encore, la France mérite la gratitude du Liban et de son peuple », ajoute le chef de l’Etat libanais. « Nos modes de pensée, nos méthodes d’action et nos vieux réflexes, devenus inadaptés et en décalage avec les attentes de la population, devront être modifiés », reconnaît encore le président Aoun.

    Et si les nations sont proches, par leur histoire commune, c’est aussi grâce à la présence de communautés des deux nations dans les deux pays. 

     

    200 000 Libanais en France

    L’Hexagone compte aujourd’hui une importante communauté libanaise sur son territoire, estimée entre 120 000 à 200 000 personnes par l’ambassade libanaise à Paris. Pour relever le pays, la diaspora libanaise se mobilise. Comme à Lyon, en lançant des collectes auprès de ses membres. 

     

    « Si on arrive à toucher 500 familles sur toute la France, on peut atteindre les 5 000 euros par mois, ce qui n’est pas négligeable », rapporte Bassel Jawhar, de l’association DLEF à l’AFP.

     

    Une communauté française trés active

    La France au Liban, c’est 23 000 citoyens, 56 établissements scolaires et 8 instituts français. Mais aussi une multitude d’associations (une cinquantaine d’associations) de citoyens qui se réunissent pour partager leur expatriation ou l’amour du Liban. Elles ont particulièrement été actives  en organisant collectes de dons, de fonds mais aussi en faisant venir professionnels et techniciens pour aider à reconstruire le pays comme « Windows for lebanon » créée 48h après l’explosion.

    Jean-Baptiste Lemoyne avait déjà annoncé lors de sa venue le 20 aout la mise en place de nombreux mécanismes de soutien aux Français touchés par l’explosion et la crise de la Covid-19 mais aussi plus généralement aux Libanais. En effet, malgré les restrictions liées à la Covid-19, le gouvernement français a levé les obstacles à l’établissement de VISA. Ceux qui avaient été suspendus sont depuis valables.

    L’Etat français a aussi réorienté une partie du budget prévu pour les expatriés dans le cadre de la Covid-19 pour venir en soutien aux trésoreries des institutions françaises sur place. Les bourses scolaires d’exception ont été ouvertes aux enfants de nationalité libanaise.

     

    Un nouveau voyage en Décembre

    C’est donc, renforcé par les liens notre deux pays, que le chef de l’Etat a par ailleurs déclaré la France prête à accueillir en octobre une conférence internationale de soutien au processus de reconstruction du Liban.

    “Il faut qu’on continue à mobiliser toute la communauté internationale”, a-t-il promis, en annonçant son intention de réunir en octobre à Paris “une conférence internationale de soutien avec les Nations unies” pour lever de nouveaux fonds. Il a aussi assuré que la distribution de l’aide serait mieux coordonnée et contrôlée, alors que des ONG regrettent le manque de soutien.

    Cette visite avait  une dimension symbolique pour montrer que les Libanais sont “comme des frères pour les Français”, comme il l’a proclamé. Cependant, le chef de l’Etat a indiqué  qu’il y aurait « un mécanisme de suivi » aux discussions qu’il mène avec les responsables politiques « en octobre, puis en décembre ».

    « Je reviendrai en décembre », a précisé le Chef de l’Etat.

     

     

  • Une rentrée scolaire très particulière pour le réseau AEFE en Europe !

    Une rentrée scolaire très particulière pour le réseau AEFE en Europe !

    La rentrée scolaire 2020, concernant le réseau AEFE (agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger) s’annonce inédite dans le monde.

    L’Europe, qui fut le principal foyer de la Covid-19 pendant le printemps, s’apprête à vivre une rentrée inédite et sous haute tension. Alors masque ou pas masque ? Enseignement distanciel ou présentiel ? De nombreuses questions se posent après deux mois de vacances. Lesfrançais.press a pris le pouls à quelques heures d’une rentrée exceptionnelle à de nombreux niveaux.

     

    AEFE
    Copyright AEFE

    Le réseau AEFE : rappel et chiffres

    L’AEFE est le plus important réseau scolaire international. Outil d’influence et de rayonnement de la France, c’est un réseau mondial qui accueille également 60% d’élèves étrangers.

    La zone Europe représente 41 pays et compte 126 établissements. Ces établissements sont répartis de la manière suivante : 25 établissements en gestion directe ou EGD, 40 établissements conventionnés et 61 établissements partenaires. En tout, le réseau accueille 75 917 élèves dont 39 001 Français sur le continent. L’Europe représente 21,2% des effectifs du réseau. Le continent rassemble 1 888 personnels détachés par l’AEFE (32%) dont 185 expatriés et 1 700 résidents. Le continent c’est 4 zones de mutualisation.

    La crise sanitaire a touché rudement le réseau partout dans le monde. En Europe, l’enseignement s’est fait en grande partie en distanciel depuis mars avec, sur certaines zones, un retour partiel en présentiel dès mai.

    La pause estivale a été plus que bienvenue pour les élèves, les parents et les personnels enseignants avant d’embrayer sur une rentrée redoutée.

     

    Un été studieux pour certains et ressourçant pour tous !

    Les mois précédant les grandes vacances ont été éprouvants pour les professeurs, élèves et parents. Tous ont dû puiser dans leurs réserves pour finir une année scolaire anxiogène. La trêve estivale a été accueillie avec soulagement par tous ! Si beaucoup de familles ont dû adapter leurs projets de voyages en raison de la pandémie et des restrictions de déplacements, toutes ont profité de cette parenthèse plus qu’attendue.

    Marie Cordonnier, maman de trois enfants « AEFE » (en 5e, CM1 et CE1), présidente de l’association indépendante des parents d’élèves (AIPL)°du lycée Van Gogh d’ Amsterdam durant la pandémie, nous confia : « nous devions partir au bout du monde ce que nous n’avons finalement pas pu faire. Au final, nous avons préféré nous ressourcer en France auprès de nos amis et de notre famille. Une pause et des vacances détendues et régénérantes ! »

    Mehdi Benlahcen, professeur de Sciences économiques et sociales au lycée français de Lisbonne, mais aussi élu conseiller des Français de l’étranger au Portugal et AFE pour la péninsule ibérique et père de deux enfants de 6 et 10 ans nous explique ainsi avoir passé un été studieux durant lequel il a concocté des cours adaptés à un éventuel reconfinement tenant compte du virtuel. En famille, il a ensuite profité de vraies vacances bien méritées en restant cette année au Portugal.

     

    « Au bout de quelques semaines, les enfants ont surtout perfectionné leurs aptitudes à lever les divers secrets de Fortnite » – Jeremy michel – Conseiller des Français de Belgique

     

    Retour sur les mois de pandémie 

    Les mois de pandémie ont été éprouvants pour les familles et enseignants en Europe.

    L’enseignement à distance ne semble pas avoir été partout uniforme et de qualité constante.

    Jérémy Michel, conseiller des Français de l’étranger en Belgique et AFE pour le Benelux mais aussi et surtout parent de 3 enfants « AEFE » jusqu’en juin dernier, nota ainsi une cassure nette après des premières semaines studieuses et soudées. La rentrée des vacances de Pâques fut délicate et les enfants avaient pris un autre rythme avec des parents confrontés au casse-tête du télétravail. Il indique, non sans humour « Au bout de quelques semaines, les enfants ont surtout perfectionné leurs aptitudes à lever les divers secrets de Fortnite » soulignant d’ailleurs le rôle social adopté par le célèbre jeu du studio Epic Games.

    Comme de nombreux autres parents, il a regretté le manque de coordination durant cette période d’enseignement à distance. La multiplicité des plateformes (teams, skype), parfois le manque de coordination entre enseignants parfois ont, selon lui, créé de la confusion et mis les élèves (et leurs parents) face à des défis complexes !

    Certains parents interrogés parlent même d’une véritable chasse au trésor pour trouver les bons identifiants et mots de passe !

    Pour cette rentrée, Jeremy Michel espère qu’un bilan pragmatique et sans angélisme pourra être fait de la période d’enseignement à distance. Il appelle à une harmonisation si l’enseignement à distance devait se répéter. Il s’étonne en outre que les livres scolaires n’aient que très peu servi durant le confinement et ajoute la nécessité d’une plus grande souplesse à l’égard du programme en cette période inédite. Jeremy Michel fait naturellement confiance au corps enseignant pour mettre en œuvre, le cas échéant, les solutions adaptées.

    Ainsi que d’autres parents contactés, il déplore que le PAI (projet accueil individualisé) ait été négligé pendant cette période et sera particulièrement attentif à ce que cela ne reproduise pas…

    Sur une note positive, Marie Cordonnier nous explique que la période de pandémie a aussi été riche en créativité et nous annonce que la classe de 6e du lycée Van Gogh Amsterdam (nouvellement ouverte) a remporté le 1er prix des défis scientifiques en herbe ! Une belle motivation pour ces élèves à la veille de leur entrée en 5e!

     

    Une rentrée qui s’annonce en présentiel mais avec de nombreuses questions et défis !

    Sur la zone Europe, l’objectif actuel est une reprise en présentiel, échelonnée très souvent dans beaucoup de pays, sur la première semaine de septembre. Sur certaines zones comme le Portugal, l’éventualité d’une rentrée différée avait été évoquée avec la possibilité d’un raccourcissement des vacances de la Toussaint ou de février. Cette option ne sera finalement pas retenue.

    L’attente des consignes nationales et locales a confronté les établissements à de nombreux défis. Beaucoup de professeurs étaient encore en attente de leur emploi du temps lors de notre enquête.

    La question des masques se pose bien entendu pour les élèves mais aussi pour les professeurs. Faire des cours avec masque nécessite une volonté encore plus grande pour être audible et compréhensible de tous. Cela implique aussi une plus grande concentration pour les élèves et donc une organisation pédagogique différente.

    Mehdi Benlahcen s’interroge en outre sur le protocole qui sera appliqué si un cas positif se déclare au sein d’un établissement…

     

    Des protocoles sanitaires différenciés dans un but commun : lutter contre la pandémie

    L’AEFE articule ses protocoles aux protocoles nationaux ou régionaux des lieux où les établissements sont installés. La plupart des établissements ont publié le leur la dernière semaine d’août.

    Alexandre Bézardin, conseiller des Français de l’étranger en Italie, nous détaille ainsi les normes dans son pays de résidence. Premier pays lourdement touché par la crise de la Covid, cette nation compte un établissement conventionné, trois établissements EGD et deux établissements partenaires.

    Les normes en Italie sont nationales mais les régions italiennes ont la possibilité d’adopter les protocoles sanitaires en fonction des situations locales : distanciation d’au moins 1 mètre, port du masque obligatoire avec une durée des cours raccourcie (5-10 minutes) pour permettre aux enfants de retirer leur masque entre deux leçons), repas à horaires différents en fonction des classes, suppression vraisemblable des activités sportives au sein des établissements.

     

    Parfois, l’association des protocoles nationaux et locaux crée des situations inédites.

    Lycée Vincent Van Gogh site Amsterdam Copyright Hélène DEGRYSE
    Lycée Vincent Van Gogh site Amsterdam Copyright Hélène DEGRYSE

    Les autorités sanitaires et publiques des Pays-Bas ne croient pas par exemple à l’efficacité des masques dans la lutte contre la pandémie. Si une expérimentation a bien eu lieu dans certains quartiers d’Amsterdam et de Rotterdam, celle-ci prend fin le 31 août. Toutefois, au Lycée français Vincent Van Gogh (sites de La Haye et Amsterdam), le port du masque est obligatoire dès la 6e et pour tout le personnel enseignant. Cela créé un décalage avec le reste du pays qui lui mise sur la distanciation physique, les gestes-barrières, les tests et l’isolement volontaire pour lutter contre la pandémie.

    Certains parents s’étonnent de cela car la distanciation physique est respectée, notamment dans les classes du tout nouvellement créé Collège Van Gogh d’Amsterdam où les élèves sont en effectif restreint…

    En général, les protocoles partagés avec les parents du réseau détaillent les mesures de nettoyage des lieux et matériels, les gestes barrières, l’aménagement des espaces et la gestion des flux des espaces. Une note séparée détaille les heures de rentrée par niveau.

    Aux Pays-Bas, à Amsterdam, les seuls parents (1 par enfant) autorisés dans l’école la semaine de la rentrée sont ceux des PS, MS et des nouveaux élèves de Grande section.

    Les activités périscolaires sont, elles, aussi, soumises au protocole sanitaire, elles ne sont donc pas encore confirmées. Ces prochaines semaines devraient permettre de lever les interrogations quant à leur faisabilité. Dans certains pays, lors du déconfinement, les cours d’Echecs avaient ainsi été supprimés de l’offre car les conditions d’hygiène ne pouvaient être respectées.

     

    Le double défi de cette rentrée 2020 : retisser la confiance et remettre les élèves au travail !

    La période de confinement a parfois été synonyme d’un dialogue complexe entre l’AEFE et les parents.

    Jeremy Michel cite les courriers adressés aux parents par Olivier Brochet, directeur de l’AEFE, s’adressant à l’ensemble des parents du réseau alors que ceux-ci avaient besoin de proximité et d’un dialogue adapté à leur situation dans leur établissement.

    Marie Cordonnier souligne de son côté la bonne entente et la qualité du dialogue avec la direction de l’Ecole. En tant que responsable des parents d’élèves, elle a pu poursuivre le dialogue avec la direction et y a trouvé écoute et solutions. Elle ajoute que les décrochages potentiels ont été anticipés par les personnels.

    Ces besoins de proximité et de dialogue sont apparus dans de nombreux pays et les premières semaines de rentrée seront essentielles de ce point de vue.

    Plusieurs parents ont signalé la priorité donnée à l’enseignement du français et des mathématiques lors du retour au présentiel aux dépens des autres matières. Ils attendent une attention renouvelée pour toutes les matières.

     

    La question des frais de scolarité et des bourses scolaires au centre de la pandémie

    Mehdi Benlahcen explique que la grogne est bien présente chez les parents d’élèves. Le lycée de Lisbonne est ainsi le seul EGD à n’avoir pas accordé de réduction de tarif dans la péninsule ibérique.

    Jérémy Michel regrette également l’absence de réduction de tarifs. Selon lui, une proposition de réduction d’un montant même symbolique, aurait renforcé la confiance et souligné la considération envers les parents d’élèves qui financent, faut-il le rappeler, en majorité le réseau. Pour l’élu et père de 3 enfants AEFE (2 à cette rentrée), il s’agit là d’une occasion manquée de marquer des points. Dans un contexte plus large, il ajoute que le réseau AEFE et son système de bourses scolaires aux critères souvent inadaptés aux situations locales, exclut, de fait, de nombreuses familles qui n’ont pourtant pas des revenus élevés…

    Le contexte est donc tendu et la rentrée sera cruciale pour apaiser les esprits et renforcer un climat de confiance.

    Marie Cordonnier explique que l’établissement ne peut pas faire d’ajustement financier ou de réductions générales car ses postes de dépenses restent exactement identiques. En revanche, les familles qui affrontent des difficultés financières peuvent se mettre en relation directement avec les écoles qui proposent une bourse exceptionnelle par le biais du consulat. Elle évoque la possibilité de solutions sur-mesure avec la caisse de solidarité mais se demande si les familles oseront en faire la demande. Elle ajoute que les justificatifs demandés sont nombreux et découragent parfois les parents d’élèves.

    En Italie, de nombreux parents se sont plaints de l’absence de geste commercial envers les familles du réseau AEFE. La rigidité de l’opérateur sur ce point a été très mal perçue d’autant plus, rappelons-le, que 60% de nos élèves sont issus de familles étrangères…  Alexandre Bézardin ajoute que tous les établissements italiens ont eux accordé une réduction entre 10 et 15%. Les annonces concernant les bourses scolaires n’ont pas donné lieu à beaucoup plus de demandes car il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences économiques et sociales en Italie. Ces prochains mois seront décisifs dans tous les domaines.

     

    La rentrée 2020 reste sous tension avec de nombreux défis et des questions diverses. Les premières semaines seront cruciales pour une reprise sereine, en respect des protocoles sanitaires.

    L’auteure de cet article souhaite la meilleure rentrée possible aux élèves, parents et professeurs !

  • Plans de relance, COVID-19, Biélorussie, Turquie, Liban… Une rentrée plus que chargée pour la France et l’Allemagne

    Plans de relance, COVID-19, Biélorussie, Turquie, Liban… Une rentrée plus que chargée pour la France et l’Allemagne

    À période inédite, rentrée inédite. Les crises se sont succédé ces derniers mois et l’Union européenne est attendue sur tous les fronts : économique, diplomatique, sanitaire et climatique.

    Reprise du COVID-19, crises biélorusse, libanaise, malienne, vives tensions en Méditerranée entre la Grèce et la Turquie… Les sujets brûlants ne vont pas manquer pour les dirigeants européens en cette rentrée 2020. La crise économique perdure également, à l’heure où les différents plans de relance doivent se concrétiser et que le PIB des pays de l’OCDE a affiché « une baisse sans précédent » au deuxième trimestre, – 11,7 % pour l’Union européenne par rapport au premier trimestre de l’année, selon les estimations provisoires de l’organisation. Sans oublier l’urgence climatique, alors que cet été a de nouveau enregistré des records de températures.

    Paris-Berlin : une impulsion à pérenniser

    La France et l’Allemagne devront continuer à garder le cap, après avoir donné une forte impulsion et réussi, avec les États membres, le pari d’une dette mutualisée pour une partie des fonds alloués au plan de relance européen de 750 milliards d’euros. L’Allemagne a de plus pris la présidence du Conseil de l’UE depuis le 1er juillet, pour six mois, et se trouve donc à mi-parcours de son action.

    Alors que les chiffres du COVID-19 reprennent à la hausse de manière inquiétante dans plusieurs pays de l’Union, la rentrée scolaire sera masquée. Les écoliers allemands ont déjà repris les cours depuis mi-août pour certains, et en France, la rentrée s’effectuera mardi 1er septembre, avec pour les élèves de plus de 11 ans, l’obligation de porter un masque dans les lieux clos. Le 27 août, les chefs des Länder et la Chancelière Angela Merkel trouvaient un accord pour harmoniser les restrictions du pays relatives au virus, tandis qu’en France le Premier ministre Jean Castex indiquait que « des plans de reconfinement, territoriaux ou plus globaux » étaient prêts lors d’un point de situation à Matignon.

    Les députés français seront aussi de retour sur les bancs de l’assemblée, le 10 septembre. Bercy, qui présentera son plan de relance de 100 Mds€  ce jeudi, souhaite le voir voté par les parlementaires d’ici la fin de l’année, pour une mise en application en 2021. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire en a déjà dévoilé les principaux contours dans la presse : environ 40 mds€ viendront des 390 milliards d’euros de subventions du plan de relance européen, 3 milliards seront dédiés au soutien des PME, et une enveloppe de 30 mds€ pour la transition écologique a été annoncée par la ministre Barbara Pompili.

    L’Allemagne, qui avait de son côté déjà dévoilé son plan de relance national de 1100 mds€ en mars, abondé de 130 mds€ en juin, sera au rendez-vous du Conseil « Affaires économiques et financières » (Ecofin) informel, qui se tiendra les 11 et 12 septembre à Berlin, avant la session officielle qui aura lieu le 6 octobre à Luxembourg. Il devrait y être question de la mise en œuvre du plan de relance européen et de la révision du système fiscal, deux priorités majeures de la présidence allemande. Le Bundestag réouvrira quant à lui son hémicycle le 7 septembre.

    Mais la France et l’Allemagne devront aussi veiller au passage du plan de relance et du cadre financier pluriannuel de près de 1075 mds€ pour la période 2021-2027 devant les eurodéputés, qui s’y étaient opposés le 23 juillet. Les chefs des quatre principaux groupes politiques du Parlement ont également averti le 26 août qu’ils ne signeraient pas ce dernier sans accord officiel visant à conditionner l’octroi de fonds européens afin « d’accélérer la lutte contre l’érosion de la démocratie, de l’État de droit et des droits fondamentaux au sein de l’UE ».

    Le Parlement se retrouvera en séance plénière à Strasbourg le 14 septembre. En préambule, la commission budget se réunira ce lundi 31 août et le 1erseptembre, avec à l’ordre du jour des discussions sur les modalités budgétaires des propositions du Conseil européen, dont la prochaine réunion aura quant à elle lieu les 15 et 16 octobre.

    La diplomatie du bloc éprouvée

    Rentrée dense sur le plan diplomatique également. Les 27 et 28 août le Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell a présidé à Berlin la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères (Gymnich). Si le bloc avait parlé d’une seule voix le 14 août pour « sanctionner les responsables des violences, de la répression et de la falsification des résultats électoraux » en Biélorussie, les manifestations pacifistes et massives contre le président Alexandre Loukachenko se poursuivent et les États membres ne se sont pas accordés sur lesdites sanctions.

    Certains souhaitaient coordonner la réponse diplomatique européenne à la situation à Minsk à celle d’Ankara, suite aux vives tensions avec la Grèce au sujet d’un forage gazier découvert en Méditerranée orientale. Mais le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, s’y est opposé. Les autorités chypriotes ont, elles, laissé entendre qu’elles pourraient bloquer les sanctions envers la Biélorussie à moins que les pressions européennes ne s’intensifient à l’égard de la Turquie. « Nous ne voulons pas que l’UE ait deux poids, deux mesures, ou que des ambiguïtés persistent », a annoncé le ministre des Affaires étrangères Nikos Christodoulides. Chypre a effectué un exercice militaire conjoint avec la France, l’Italie, et la Grèce le 26 août. Aucune décision relative à la mise en œuvre de mesures punitives contre la Turquie n’est attendue avant que les leaders européens n’organisent un sommet extraordinaire ou que les ministres des Affaires étrangères se rencontrent fin septembre.

    Concernant la crise ravivée au Liban suite à l’explosion sans précédent dans le port de Beyrouth, le Secrétaire d’État français chargé des affaires européennes Clément Beaune s’était félicité le 14 août de la mobilisation totale de la France et de l’UE.

    « Sur les plus de 250 millions d’euros promis lors de la conférence de soutien et d’appui initiée par Emmanuel Macron, plus de la moitié vient de l’Europe ».

    Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian en a appelé sur RTL le 27 août à la responsabilité des autorités libanaises pour « mettre en œuvre un gouvernement de mission, qui puisse assurer les réformes indispensables, (…) autrement la communauté internationale ne sera pas au rendez-vous, on ne va pas signer de chèque en blanc (…) ». Les États membres s’étaient réjoui du cessez-le feu et de l’annonce le 21 août de la tenue prochaine d’élections au Liban. Mais la situation reste toutefois très instable. Le président de la République Emmanuel Macron retournera à Beyrouth le 1erseptembre, a confirmé l’Élysée.

    Le coup d’État au Mali survenu dans la nuit du 18 au 19 août inquiète également. Condamné par la France, ainsi que par les 26 autres États membres, l’Union européenne a décidé de geler ses formations militaires au Mali. Celles-ci étaient destinées à soutenir les efforts de stabilisation du pays et la démocratisation de l’armée.

    L’Allemagne et la France auront en outre un rendez-vous important le 1erseptembre à Vienne, où se tiendra une réunion de la Commission mixte sur l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA), présidée par l’UE, alors que le président américain Donald Trump persiste à vouloir rétablir contre Téhéran les sanctions préexistantes à l’accord conclu en 2015 par son prédécesseur. Une situation qui semble s’être débloquée d’un cran, l’Iran ayant autorisé le 26 août l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à accéder à deux sites nucléaires, après avoir refusé pendant de nombreux mois. « C’est un pas dans la bonne direction », a salué la diplomatie française, qui avait, avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, présenté une résolution à l’AIEA en ce sens en juin dernier.

    Climat : l’année de tous les records

    Enfin, autre dossier brûlant et pas des moindres : le climat. Encore un été caniculaire, où plusieurs records de températures ont été observées en France et ailleurs dans le monde, Arctique inclus. Si le jour du dépassement était cette année le 22 août, près d’un mois plus tard qu’en 2019, les mesures de confinement et le fort ralentissement de l’économie mondiale en sont la seule cause. Personne n’est dupe. Le sujet reste donc central, alors que la Commission européenne présentera des propositions en septembre pour relever l’objectif climatique de l’UE pour 2030, dans le cadre de son Green deal. Les fonds dédiés à l’urgence climatique dans le cadre de la relance économique, qu’ils soient nationaux ou européens, seront très observés. D’ailleurs, plusieurs membres du mouvement « Fridays for Future » (FFF), dont la militante suédoise Greta Thunberg, ont eux aussi fait leur rentrée, en rencontrant Angela Merkel le 20 août.

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  • La dette européenne renforce l’euro

    La dette européenne renforce l’euro

    A travers le dollar, les États-Unis bénéficient d’un atout de premier ordre dont ne dispose pas encore la zone euro. Le dollar est la monnaie de réserve mondiale par excellence, offrant une situation de rente à son émetteur.

    Ce monopole pourrait être remis en cause dans les prochaines années sous réserve du respect de quelques conditions. 62% des réserves de change sont en dollars contre 20% pour l’euro, le yen, la livre sterling et le renminbi chinois se partageant le reste. Cette position dominante du dollar permet aux États-Unis de s’affranchir de la contrainte de l’équilibre commercial. Elle offre, en outre, la possibilité de financer un investissement structurellement supérieur à leur épargne en accumulant de la dette extérieure à un taux d’intérêt faible.

     

    Le Dollar, 60% des réserves de change.

    Aux États-Unis, en moyenne, le taux d’investissement est supérieur de deux points de PIB au taux d’épargne. La dette extérieure nette américaine s’élève à 58% du PIB en 2019, elle était nulle en 1990. Les achats nets liquides et monétaires par les non résidents représentent, en moyenne, 1% du PIB quand les achats d’obligations atteignent 2% du PIB. Les encours de Treasuries détenus par les non-résidents sont passés de 400 à 7 000 milliards de dollars de 1990 à 2020. La zone euro est dans la situation inverse des États-Unis. Elle dégage un important excédent au niveau de la balance des paiements courants, autour de 2 % du PIB en moyenne, ces dernières années. L’épargne est élevée et supérieure de plus de deux points de PIB à l’investissement. Par ailleurs, la dette extérieure de la zone euro est nulle.

    L’Europe finance la croissance à l’extérieur de ses frontières, que ce soit en Asie ou aux États-Unis. Le sous-investissement chronique pèse sur sa croissance potentielle. De 1998 à 2019, la croissance a ainsi augmenté de 62 %, aux Etats-Unis, contre 35 % au sein de la zone euro.

    Le dollar est une monnaie de réserve en raison du poids des États-Unis en tant que première puissance économique et gendarme du monde. Son statut de monnaie de réserve, le dollar le doit également au montant de la dette fédérale. Celle-ci est importante, 25 000 milliards d’euros d’obligations et de titres monétaires provenant d’un seul émetteur.

     

    Seul l’euro peut lui faire concurrence

    Le dollar est pour le moment sans concurrent. Seul l’euro pourrait le contester dans les prochaines années. Malgré le rôle de première puissance commerciale qu’occupe la Chine, le renminbi n’est pas en capacité de prendre la place du dollar. La devise chinoise pâtit de la faiblesse de son marché financier, de l’absence de transparence de sa banque centrale ainsi que du caractère peu démocratique de son régime politique. Les autorités chinoises entendent renforcer le renminbi. Elles ont créé ainsi la Banque Asiatique d’Investissement afin de concurrencer le FMI. Néanmoins, les restrictions économiques pour les investisseurs étrangers constituent un frein à l’essor de la devise chinoise. Pour le yen et la livre sterling, l’handicap provient de la taille réduite des économies japonaise et britannique.

     

    La zone euro, un marché riche, stable, fiable

    L’euro bénéficie d’une zone de chalandise de plus de 300 millions d’habitants disposant d’un fort pouvoir d’achat. Cette zone intègre plusieurs grands pays démocratiques comme l’Allemagne, la France, l’Italie ou l’Espagne. L’économie est relativement ouverte sur l’extérieur. Les décisions de la Banque centrale européenne font l’objet d’une publicité garantie d’une transparence certaine. En revanche, l’euro est pénalisé par la faible profondeur du marché financier qui repose sur 19 segments de dettes de taille diverse. En outre, depuis la crise grecque, ces marchés se renationalisent, les épargnants des différents pays financent une part croissante de la dette émise par leur pays d’origine. La segmentation des marchés financiers et l’absence d’une grande place de l’euro jouent également en défaveur de ce dernier. Ni Francfort, ni Paris n’ont réussi à s’imposer comme la grande place financière de l’Union européenne. Jusqu’au Brexit, ce rôle était dévolu à Londres.

    S’il y avait une dette unique souveraine de l’euro, liquide et de grande taille, la demande internationale pour cette dette serait plus importante. Le poids de l’euro dans les réserves de change augmenterait, la zone euro pourrait s’endetter auprès du reste du monde pour financer des investissements.

     

    Une dette européenne accroit le rôle de monnaie de réserve

    Le plan de relance européen du mois de juillet 2020 reposant sur l’émission d’une dette européenne devrait accroître le statut de monnaie de réserve de l’euro. Cet essor pourrait être facilité par les difficultés que rencontre le dollar en raison de l’augmentation très rapide de son endettement et des incertitudes politiques. Le passage du « soft-power » au « hard-power » encourage les investisseurs internationaux à se diversifier. Les Etats-Unis en imposant de plus en plus durement aux non-résidents certains aspects de leur politique (embargo, protectionnisme, mesures de rétorsions, normes, etc.), les États-Unis apparaissent de moins en moins prévisible, ce qui devrait nuire à terme au dollar.