Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • L’UE en sommet à Versailles exclut une adhésion rapide de l’Ukraine

    L’UE en sommet à Versailles exclut une adhésion rapide de l’Ukraine

    Les chefs d’États et de gouvernement de l’UE, réunis en sommet à Versailles, ont exclu jeudi 10 mars toute adhésion rapide de l’Ukraine à l’Union européenne, tout en ouvrant la porte à des liens plus étroits.

    Les dirigeants des 27 se sont réunis pour élaborer les réponses économiques et militaires au choc de l’invasion russe. « L’Europe a changé sous le coup de la pandémie, elle va changer plus vite et plus fort sous le coup de la guerre », a prédit le président français Emmanuel Macron, qui recevait ses hôtes dans le cadre prestigieux du Château de Versailles.

    En campagne pour sa réélection, il assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE.

    Concernant l’adhésion de l’Ukraine, « il n’existe pas de procédure rapide », a rappelé le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, alors que Kiev a déposé une candidature dans l’espoir de la rejoindre « sans délai ».

    « Est-ce qu’on peut aujourd’hui ouvrir une procédure d’adhésion avec un pays en guerre ? Je ne le crois pas. Est-ce qu’on doit fermer la porte et dire jamais ? Ce serait injuste », a résumé Emmanuel Macron.

    « Sans tarder, nous renforcerons encore nos liens et approfondirons notre partenariat afin de soutenir l’Ukraine dans la poursuite de son parcours européen. L’Ukraine fait partie de notre famille européenne », ont finalement proclamé les dirigeants dans une déclaration écrite.

    Le Premier ministre slovène, Janez Jansa, n’a pas caché les divisions entre ceux « qui pensent que (…) les Ukrainiens se battent pour leur vie et méritent un message politique fort (…) et ceux qui débattent encore des procédures ». Des pays d’Europe centrale, Pologne en tête, souhaitent en effet accélérer la reconnaissance de la candidature ukrainienne.

    Les débats se sont achevés dans la nuit, vers 2H30 (1H30 GMT), après un dîner dans la Galerie des Glaces, où fut signé le traité mettant fin à la Première Guerre mondiale.

    Emmanuel Macron voit dans la crise actuelle la confirmation de la nécessité d’une Europe plus souveraine.

    Cette guerre va conduire les 27 à prendre « des décisions historiques » pour « complètement redéfinir l’architecture de notre Europe », a-t-il affirmé, en souhaitant notamment « des décisions en matière d’énergie » qui aboutiront à des propositions fin mars lors d’un prochain sommet. Il a aussi appelé à « des décisions en matière de défense » avec « vraisemblablement un Conseil exceptionnel » sur ce dossier en mai.

    La guerre déclenchée par Vladimir Poutine a souligné le manque de capacités militaires européennes, les 27 Etats membres ayant très largement réduit leurs budgets depuis la fin de la Guerre froide.

    EU leaders attend a summit to discuss the fallout of Russia’s invasion in Ukraine, at the Palace of Versailles, near Paris, on March 10, 2022. – EU leaders are scrambling to find ways to urgently address the fallout of Russia’s invasion of Ukraine that has imperilled the bloc’s economy and exposed a dire need for a stronger defence. (Photo by Ludovic MARIN / POOL / AFP)

    Dépendance envers la Russie

    Elle a également mis en lumière l’extrême dépendance de l’UE envers le gaz importé de Russie, qui représente 40 % de sa consommation et limite sa capacité d’action contre Moscou. Même si elle a adopté un paquet de sanctions inédit, l’Europe continue de financer la Russie par ses achats énergétiques dont elle est incapable de se priver à très court terme.

    Selon un projet de conclusions, les 27, qui réaffirment le rôle clé de l’Otan, vont souligner leur volonté d’investir « plus et mieux dans les capacités militaires », alors qu’une stratégie de défense doit être publiée avant la fin du mois.

    Ils vont également examiner le projet de la Commission de réduire des deux tiers la dépendance au gaz russe dès cette année, mais aussi de diminuer les importations de charbon et pétrole de Russie, en diversifiant les fournisseurs et en développant des énergies alternatives comme les renouvelables ou l’hydrogène.

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a indiqué sur Twitter qu’elle proposerait l’objectif d’une indépendance de l’UE envers les énergies fossiles russes d’ici à 2027.

    Le renforcement du stockage de gaz, mais aussi « l’optimisation du fonctionnement du marché de l’électricité », réclamés par l’Espagne et la France, sont également évoqués, tout comme de nouvelles mesures urgentes destinées à amortir l’impact de la hausse des prix de l’énergie pour les consommateurs. Le litre d’essence à plus de 2 euros fait craindre des révoltes sociales de type « gilets jaunes ».

    « Nous devons soutenir le pouvoir d’achat des familles avec la même rapidité que nous avons répondu à l’action de la Russie », a déclaré le chef du gouvernement italien, Mario Draghi.

    La seconde journée du sommet vendredi 11 mars sera consacrée aux discussions sur le renforcement du modèle économique de l’UE, avant une conférence de presse finale dans l’après-midi.

  • A Varsovie, aux côtés des réfugiés ukrainiens…

    A Varsovie, aux côtés des réfugiés ukrainiens…

    À la gare centrale de Varsovie, j’ai rencontré des héros ordinaires, discrets et humbles dans la solidarité : les Polonais se mobilisent spontanément pour accueillir des milliers de réfugiés ukrainiens. 

    Lundi 7 mars. L’horloge centrale affiche 22h30. Le hall de la principale gare de Varsovie est plein à craquer. Et il en est ainsi des deux autres gares de la ville. Les réfugiés affluent sans discontinuer. La Pologne accueille déjà plus d’un million deux cent mille ukrainiens. Ceux qui ne sont pas partis vers la Hongrie ou la Turquie convergent ici, vers la capitale polonaise, parfois en simple étape d’un périple vers l’ouest de l’Europe. Certains ont fui directement les bombes, les chars russes et des zones de guerre. Mais tous ont fui la peur et l’angoisse, l’incertitude d’un conflit qui en est à son douzième jour. 

    Varsovie, havre de paix  

    Les trains déposent ces personnes éprouvées par vagues permanentes. A chaque heure du jour et de la nuit. L’exil prend la forme d’un flux humain continu. Ces réfugiés débarquent dans une ville inconnue qui fait office de havre de paix pour ceux qui ont dû tout quitter. Beaucoup ont connu la longue attente dans le froid à la frontière. Les plus chanceux ont ici à Varsovie un ami ukrainien. Un parent. Un vague cousin. Mais la plupart ne peuvent compter sur aucun contact précis et doivent compter sur la générosité des Polonais. Comble de malchance : la hryvnia, la monnaie ukrainienne, n’a plus cours en Pologne. Les bureaux de change refusent désormais de l’acheter. A moins de faire des démarches chronophages auprès d’une banque nationale, ses billets sont devenus aussi utiles que du papier à jeter. 

    Paul ou comment aider spontanément

    Paul Lasinski, un ami journaliste franco-polonais, porte deux grands sacs pleins à craquer. De l’eau. Des médicaments et des serviettes hygiéniques. Il passe à la gare presque tous les jours. Alors, ce soir, c’est lui qui fait mon éducation aux premiers secours dans une supérette voisine où nous complétons ses achats : « Tu ne dois prendre que les produits directement utilisables, emballés individuellement, pour faciliter le tri et la distribution ». Le coffre de sa voiture est rempli de produits de première nécessité. Et les vivres s’entassent dans la gare. La générosité des Polonais se mesure à la hauteur des piles de denrées. Paul précise : « En journée c’est différent. Certains produits sont plus vite épuisés que de nuit. Les trains n’arrêtent pas de déposer des gens. C’est clair : on va finir par être débordés ». Il tend au jeune bénévole blond et tonique les soupes lyophilisées qui trouveront bientôt preneur. Elles disparaissent derrière un comptoir en demi-cercle qui sert de lieu de stockage. 

    Nous retournons à sa voiture pour compléter notre livraison. Dehors, sur l’avenue Chalubinskiego, nous croisons dans la pénombre un couple de quinquagénaires chargés de lourds cabas. Mines placides. Pas assurés. La solidarité polonaise est sans éclat. Efficace et discrète. D’autres groupes arrivent aux abords de la gare. Des jeunes, nuques épaisses, biceps tatoués et allures de supporters de foot nerveux, les bras débordant de cartons remplis à ras-bord. Tous convergent vers le grand bâtiment gris et massif, reliquat d’architecture communiste des années 1970 noyé aujourd’hui au milieu de buildings flambants neufs. Le palais de la culture, réplique parfaite de son jumeau de Moscou, impose sa silhouette éclairée comme une lanterne magique. « Offert » à l’époque par Joseph Staline, ce même bâtiment rappelle plus tristement que c’est aussi un homme russe, Vladimir Poutine, qui est responsable – là aussi – d’un désastre humanitaire. Dans la ville des affiches le comparent à un nazi. Visiblement, les Russes n’ont pas ici que des amis.

    Cette fois-ci nous déposons des coussins. A peine déposés, ils sont saisis par une femme qui les récupère et qui repart rapidement, déjà engloutie par la foule. Tant de gens à l’intérieur. Mais tant de calme. Ça circule avec fluidité dans le hall. Deux agents de police veillent de façon débonnaire à la sécurité. Mais la placidité est collective. Dignité dans la souffrance du peuple ukrainien. Au fond de la gare, devant les guichets, une longue file patiente silencieusement. C’est ici que les réfugiés peuvent récupérer un billet de transport gratuit, sésame vers d’autres régions polonaises ou vers les promesses de l’ouest. Montrer son passeport tamponné avec une date postérieure ou égale au 24 février suffit : jour armé, jour désormais sinistre dans la mémoire des Européens. Jour du déclenchement du conflit et jour de baptême des réfugiés.

    ci en Pologne la prise de conscience a été collective. Ce pays – habitué par sa longue histoire tourmentée à subir des calamités durables venues de l’Est – est sur le pied de guerre. Un projet de loi en discussion à la Diète, la chambre basse du parlement national, prévoit de porter les effectifs de l’armée de 250 000 hommes à 300 000 hommes. L’OTAN y est déployé et ce sont principalement des avions américains qui assurent pour l’heure « la police du ciel ». Une nouvelle fois, les Polonais se sentent en première ligne européenne, gardiens de la bordure extérieure. Ils ne sont pas seuls. La visite de la vice-présidente américaine est annoncée pour la semaine suivante, tout comme le déploiement de missiles Patriot. 

    La menace de la guerre plane sur Varsovie

    Crédit photo : Paul Lasinsk

    La menace de la guerre plane sur Varsovie 

    Notre civilisation européenne et nos valeurs sont mortelles car sous le feu possible de l’arsenal nucléaire russe. Personne ne fait confiance au président russe et beaucoup mettent en doute son équilibre mental ou sa santé physique. 

    L’armée de Poutine piétine dans les faubourgs de Kiev et déplorerait déjà de 2 à 3000 morts. On raconte ici en Pologne que les Russes ne voudraient pas reconnaître ces décès, refusant d’avouer leurs faiblesses militaires face à la courageuse armée ukrainienne et que les cadavres seraient abandonnés en conséquence sur le champ de bataille. Preuve que la désinformation et les rumeurs nourries par l’anxiété collective règnent souvent en temps de guerre…

    L’ouest de l’Europe a en tout cas découvert l’Ukraine et sa géographie. Le Donbass, pourtant en guerre depuis 2014, est enfin devenu familier aux Français. 

    Un exemple de solidarité concrète

    Paul, le binational, raconte sa prise de conscience : c’était un jeudi. Après une journée à structurer un dossier pour Science et Vie Découvertes, magazine jeunesse pour lequel il bosse.  Ce jour-là il fait une pause-café en scrollant les réseaux sociaux sur son smartphone. Et sans surprise les images du conflit se déversent et l’image d’une multitude de réfugiés dans la détresse s’impose à l’écran. Un flash dans sa tête. Se rendre utile. Aller à la rencontre de ce peuple voisin. Aider. Paul se lève, fonce vers la supérette la plus proche. Entretemps, il mobilise son entourage qui achète pour plus de 1000 euro de médicaments. Il embarque tout ce que le coffre de sa voiture de sport peut contenir. Le temps de passer un coup de fil à son amoureuse pour lui dire de ne pas l’attendre pour le dîner et il est parti vers la frontière. « Pour aider en direct. Sans intermédiaire. Sans attendre. Je suis parti vers un point de passage le plus proche de chez moi, à 3 heures de route, au plus près de la Biélorussie. Je n’avais pas vraiment idée de là où j’allais. ». Après avoir déposé ses dons et les médicaments, il en reviendra avec deux personnes hébergées le soir même, chez lui. Le lendemain, au petit matin, il les déposera à la gare dans un train qui les emmènera vers leurs proches, au nord de la Pologne. Aider c’est simple quand on y met du cœur. 

    Des bénévoles polonais en action à la gare centrale

    Dans le hall de la gare, les bénévoles sont affairés derrière de grandes tables. Jeunes pour la plupart. Polyglottes et devenus professionnels dans leur manière de gérer l’urgence. On ne voit aucune ONG institutionnelle qui ait pignon sur rue. La solidarité polonaise est active mais autogérée. C’est la générosité d’un peuple jusque-là divisé par la politique gouvernementale du PiS et harassé par une gestion critiquable de l’épidémie de Covid qui l’a fait redevenir grand et uni face à l’épreuve de la guerre à ses frontières. Les Ukrainiens sont des frères et sœurs. Accueillis comme tels. Aucun chichi. Les Polonais sont des faiseurs. Pas des causeurs. 

    Crédit photo : Paul Lasinsk

    Le gouvernement PiS restaure son image

    Parmi les bénévoles qui s’activent on se fiche de savoir qui soutient le parti droit et justice ou pas. Le PiS, parti au pouvoir pointé du doigt par les autorités européennes, est soudain redevenu fréquentable après des années d’atteintes à l’état de droit et à l’indépendance de la justice. Le gouvernement est en première ligne face à une crise migratoire inédite par son ampleur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ici dans cette gare, peu importe si tu fais du business et que tu votes PO, le parti libéral et pro-européen. Ici la seule politique qui vaille ce soir, c’est celle de la main tendue à l’autre. Ici les réfugiés repartent avec des bananes, des gâteaux secs, du café. Ils s’en vont avec un sourire ou un mot d’encouragement. Déjà un peu réconfortés.

    Les anges gardiens de la route : des conducteurs bénévoles 

    Certains réfugiés s’organisent un téléphone à la main. Les plus jeunes surtout. Qui paraissent déjà prêts à partir. Dehors, une file de voitures et de minibus circule au pas devant le bâtiment de béton gris. Des groupes embarquent avec quelques bagages. Personne n’est lourdement chargé. Ils ont embarqué le strict nécessaire. Mais sans oublier les animaux de compagnie. Chiens, chats, lapins ou hamsters font partie du voyage. Un cousin à Hambourg ? Une solution de repli à Bratislava ? On est partis ! Nombreux sont les Polonais à s’improviser chauffeurs de longue distance pour convoyer gratuitement ces personnes vers la prochaine étape de leur périple de peine.  

    Polonais et Ukrainiens ne parlent pas la même langue. C’est donc parfois en silence qu’ils partageront l’intimité d’un habitacle sur quelques centaines de kilomètres. La voiture est chauffée. Et elle est sûre. La passagère et ses enfants récupèrent sur la banquette arrière pendant qu’un homme inconnu et aidant les convoie sur une route qui ne risque pas d’être bombardée. 

    On se quittera dans le matin blême, à côté d’un immeuble lointain, dans une ville parfois étrangère à chacun. Une accolade. Un sourire qui précède un timide « Do widzenia ». (Au revoir en polonais) A croire que c’est ainsi que grandit l’idée d’une véritable fraternité européenne…

    La première vague de réfugiés, celle des plus débrouillards 

    Des voitures avec des plaques ukrainiennes sont garées aux abords de la gare. Parfois des grosses berlines très récentes. Ceux-là sont venus par leurs propres moyens. Paul encore « ceux qui sont arrivés à Varsovie sont la première vague. Souvent les plus éduqués, les plus débrouillards. Et Kiev compte des notables et une bourgeoise prospère. Ils sont arrivés rapidement, s’adaptant à la nouvelle situation, sans avoir subi le danger grandissant de jour en jour. Le pire ce sera bientôt. Les personnes pauvres, sans repère, sans contacts. Ceux qui viendront de plus loin. Plus fatigués. Chargés d’images atroces vues au cours de leur périple. C’est une crise qui va durer sauf si Zelensky et Poutine trouvent un compromis. Il leur faudra peut-être céder l’est du pays aux Russes, la Crimée et l’accès aux ports… C’est triste mais il faut espérer le un moindre mal ».

    À la gare, des jeunes Ukrainiens qui parlent anglais recueillent des informations auprès des Polonais de leur âge. Les transports publics sont gratuits. C’est l’engagement du maire de Varsovie et des pouvoirs publics. Ce petit groupe a trouvé un hébergement en ville. Les cités universitaires offrent des lits vacants. D’autres sont simplement en attente d’une solution d’hébergement plus long. 

    Des réseaux sociaux utiles pour organiser la solidarité locale 

    Les groupes Facebook fonctionnent parfaitement bien. Les posts tombent en continu sur les groupes de solidarité polonais. On a besoin d’un hébergement pour une famille ukrainienne avec trois enfants en bas âge. Un médecin est-il disponible pour passer rapidement ausculter un vieil homme à la gare de Varsovie-Ouest ? Et un transport vers Praga c’est possible maintenant ? Des commentaires et autant de solutions arrivent en ligne. Incroyable. Mark Zuckerberg peut-il donc vraiment aider les gens avec sa plateforme pilleuse de données numériques ? Les réseaux sociaux retrouvent leur vocation originelle : mettre en contact des gens qui ne se connaissent pas par-delà les différences. Créer du lien, offrir de nouveaux services. Et du bonheur.

    Des femmes courages : les mères ukrainiennes  

    Dans le hall, à l’étage, il y a ceux qui n’iront pas plus loin. Deux enfants d’une douzaine d’années aux bottes boueuses, le bonnet enfoncé sur les oreilles, et un regard à faire pleurer les pierres. Des familles menées par des femmes courages. Demain c’est la journée de la lutte pour les droits des femmes, ce sera le 8 mars, et nous devrions célébrer partout ces mères ukrainiennes qui nourrissent, rassurent et câlinent. Deux garçons d’une dizaine d’années dorment enlacés, ignorant la guerre dans leurs rêves peut-être doux ou plus tourmentés. Leurs visages se touchent. Leurs joues sont collées sur le carton qui est ce soir leur seul matelas de fortune. Ils ont l’âge de mes fils. 

    Crédit photo : Paul Lasinsk

    Peine dans le cœur… 

    Paul m’entraîne plus loin. Les bénévoles ont pensé à tout. Des couvertures pour ceux qui ont froid. Mais pas de lit, pas de matelas ou trop peu. Le verdict de Paul est sans appel « l’Etat polonais est absent ». Il dépose des albums à colorier. Des feutres. Des tétines. Nos sacs sont vides. 

    Paul est un père lui aussi. Sa fille vit et travaille à Paris. Elle a grandi avec lui ici, à Varsovie. Paul a deux langues et deux cultures. Et un cœur qui bat. « Tu n’en feras pas trop sur moi stp dans ton papier. Je fais juste ça comme ça, comme les autres… » 

    Je promets. Mais quand même l’ami, tu méritais un petit coup de chapeau.

    Devant nous une mère vient chercher des couvertures supplémentaires pour ses enfants. Paul m’explique « le plus dur c’est pour ces mères isolées avec de jeunes enfants. Aller aux toilettes ou se ravitailler, c’est les laisser seuls quelques minutes. Et avec la fatigue l’angoisse arrive. La peur d’égarer un enfant dans la foule… Donc souvent elles ne bougent pas. Ou peu. Les besoins c’est ça aussi : les identifier et les ravitailler dans le coin de la gare où elles se trouvent avec les petits« .

    Mon cœur se serre. Poutine a bien une mère, non ?  

    Partir ou rester : le dilemme d’un peuple 

    Paul le pense « on va finir par être débordés. Les réfugiés vont sortir de la gare. À côté, il y a Zlote Tarasy (un grand centre commercial moderne et luxueux). Les réfugiés iront tôt ou tard là-bas. Les centres d’hébergement officiels dignes de ce nom tardent à être mis en place. Et l’hébergement privé finit déjà par atteindre ses limites…« 

    Dans le hall, la majorité sont des femmes. Les enfants sont nombreux. Les hommes jeunes sont très minoritaires : les autorités ukrainiennes les ont mobilisés pour la guerre. Au passage de la frontière on a assisté à des drames. Des familles séparées. Des hommes en âge de porter les armes sont refoulés. Même si la plupart jouent le jeu du patriotisme nécessaire. Ils iront se battre. 

    Des personnes âgées sont là, à attendre près des escaliers, à observer le chaos depuis leur fauteuil roulant. Tous calmes et dignes. Mais la plupart des anciens sont restés au pays. Russes armés jusqu’aux dents ou pas, difficile de quitter son village, sa maison, son passé. Le tout, pour quel futur ? Ces visages dans le hall bondé sont graves et marqués. Ils ont connu le bloc soviétique et sa stabilité. Leurs yeux interrogent : ce monde est-il devenu fou ?

    23h30. Le sommeil est dur à trouver quand on est installé sur un banc de fer ou sur une couverture au sol. Un homme de grande taille prend son visage dans ses mains. Secoue sa tête de tous côtés. À ses côtés, son camarade regarde fixement l’écran de son portable. Les prises sont toutes utilisées. Des câbles alimentent les GSM alignés. L’électricité est précieuse quand le téléphone portable est le seul lien avec ceux qui sont restés là-bas. Et un outil incontournable pour trouver des solutions, suivre l’actualité ou – tout simplement – traduire le polonais en leur langue.

    Nous quittons le hall de gare. Ma nuit sera courte. Le soleil se lève tôt dans cette partie de l’Europe. Et je n’ai pas le cœur à dormir beaucoup. 

    La solidarité privée sera-t-elle encore au rendez-vous dans un mois ? 

    e m’installe avec Magda dans un café du centre. Beau soleil dans le ciel et froid sec dehors. Elle profite de sa pause déjeuner pour témoigner. C’est une fonctionnaire de la ville de Varsovie. Elle regarde discrètement les notifications sur son portable. Elle aussi est connectée à Facebook et ses groupes d’entraide. Elle cherche un hébergement durable pour une de ses amies ukrainiennes. « La solidarité est au rendez-vous, c’est une vague spontanée. Ok. Mais le plus dur est à venir. Il faut s’attendre à plusieurs millions de réfugiés. Vous, les Européens de l’ouest, vous serez encore là dans un mois ?« 

    Pour elle, la gratuité des transports pour les réfugiés aide beaucoup. Elle m’évoque en revanche les problèmes de scolarisation qui vont advenir pour les réfugiés qui choisiront de s’installer à Varsovie « Les classes sont déjà surchargées avec la réforme de l’éducation. Il y a déjà jusqu’à 35 élèves par classe. Et deux petites réfugiées en plus viennent d’arriver dans la classe de ma sœur. Elle doit leur consacrer du temps pour simplement les aider à communiquer, elles qui ne parlent pas notre langue. Ça va vite devenir impossible ».

    Les bénévoles sur le pont

    En ville, la guerre est peu visible. Les drapeaux sont certes pavoisés aux couleurs de l’Ukraine, des façades affichent le jaune et bleu désormais familier aux quatre coins de l’Europe. On croise pour l’heure relativement peu de réfugiés qui sont pour certains de passage et qui ne trainent pas dans les rues. Aucun ne fait la manche. Question de dignité sûrement. Ici, ce sont les gares qui font office de vitrine terrible du conflit.  Et aussi le premier des refuges. J’y retourne. Seul cette fois-ci. Les piles de nourriture ont diminué. Il est 11h00. Il y a de l’hypoglycémie et de la nervosité dans l’air. Les gens se pressent devant les étals. Et les bénévoles polonais, bien qu’épuisés, répondent toujours présents face à l’immense besoin de solidarité. Je reconnais les visages de la veille, ils sont toujours en service. Voilà des héros discrets et ordinaires. 

    Je me pose dans un coin. Je prends des photos en essayant de saisir les réfugiés de dos. Question de dignité aussi. 

    Crédit photo : Paul Lasinsk

    Frédéric, un Français engagé

    Un tour sur Facebook.  Je tombe sur le post de Frédéric Chauveau. C’est un professeur de l’école française de Varsovie qui est aussi conseiller élu par la communauté française pour la représenter.

    Solidarité active : il vient d’héberger pour deux nuits une famille de quatre personnes. La maman, dentiste à Kiev, a laissé au pays son époux enrôlé dans l’armée. Elle voyage avec sa mère et ses deux enfants de 7 ans et un an et demi. Ils repartent par le train pour le Bade-Wurtemberg. Les visages sont souriants pour la photo partagée en ligne. 

    Frédéric ne porte pas dans son cœur l’hôte du Kremlin : « Voilà ce que ça donne quand un frappadingue se prend pour un tsar ».

    Marta et Macek et la solidarité de proximité

    18h30.  Je retrouve Marta et Piotr dans un café du centre. Elle a étudié le français et travaille dans le secteur éducatif. Lui a réussi sa reconversion : après avoir travaillé pendant une décennie comme fonctionnaire dans les services du Premier Ministre, il gère désormais des locaux professionnels ouverts aux sociétés publicitaires qui cherchent un lieu pour faire des tournages ou des shootings. Sa société est enfin bénéficiaire depuis un an. Même si l’inflation et la faiblesse du PLN (ou Zloty, la devise polonaise) l’inquiète…

    Piotr situe l’origine des groupes de solidarité qui fonctionnent à plein sur Facebook :  » ils sont nés clairement avec l’épidémie de Covid. On avait 14 jours de confinement obligatoire quand on était touché. Et il fallait bien aider pour approvisionner les gens coincés chez eux et vaincre l’isolement des plus vulnérables« .

    Marta analyse l’élan de solidarité polonais comme de la générosité de proximité. Les femmes de ménage et les nounous ukrainiennes, souvent parfaitement intégrées aux familles polonaises qui les emploient, font partie intégrante de la société varsovienne. Nadia est une femme ukrainienne qui a travaillé pour les parents de Marta vieillissants avant de travailler à son tour pour elle. « Mes parents sont même allés en Ukraine dans le village natal de Nadia. C’est un peu la famille. Et Ici tout le monde a une « pani Nadia » (une « Madame Nadia »). 

    Marta m’explique que sa voisine a organisé l’aménagement d’un appartement pour sa femme de ménage. « Elle a fait une liste de fournitures de ce qui manquait et chacun a contribué dans la famille ou le quartier« .Son fils Titus fait aussi de la collecte. Elle trouve ça normal. « Mais il y a un risque de saturation. Que les gens ne puissent pas donner davantage« . Les scouts organisent aussi des collectes comme les écoliers. Chacun s’y met.  

    Crédit photo : Paul Lasinsk

    Un problème de coordination au niveau de l’action du gouvernement polonais ? 

    Piotr vient justement sur le terrain politique « je pense que c’est la stratégie de Poutine que la Pologne arrive à saturation et que la solidarité privée cesse. D’ailleurs maintenant les gens commencent à se poser la question : mais où est le gouvernement ? Il y a clairement un problème de coordination« .

    Le gouvernement a certes annoncé en grande pompe qu’il donnerait 40 PLN par personne accueillie aux Polonais qui hébergent des réfugiés sous leur toit. Une loi vient d’être votée en urgence par la diète ce même jour. Le gouvernement veut légaliser le séjour des Ukrainiens réfugiés en Pologne, leur donner le droit de travailler, le droit à l’éducation et aux soins médico-sociaux pour une période d’au moins 18 mois et qui pourrait être prolongée jusqu’à 3 ans. Le marché du travail semble en capacité d’absorber 700 000 travailleurs d’après les estimations des experts économiques qui pointent notamment les besoins du secteur de la restauration, affecté par l’épidémie de Covid.  

    Tous les Ukrainiens ne veulent cependant pas fuir leur pays. Loin de là.

    La belle-mère de Piotr est Ukrainienne. Sa famille a refusé de quitter l’est de l’Ukraine pour éviter que leur maison neuve ne soit pillée ou détruite. Piotr se veut lucide : « Notre enthousiasme collectif va retomber. Cela fait deux semaines qu’on accueille. Mais qu’est ce qui se passera après deux mois ou dans deux ans ?« .

    Des ambitions militaires russes qui inquiètent

    Le couple s’inquiète des ambitions russes. Et fait des réserves en conséquence. « J’ai acheté de l’essence. De la nourriture déshydratée. Et nous avons changé nos zlotys en dollars. Nous avons même repéré une maison dans la campagne qui pourrait servir de base de repli si la situation dégénère« .

    Piotr s’inquiète aussi de la stratégie américaine trop belliciste à ses yeux : « Les Américains nous poussent vers la guerre en nous proposant de nouveaux avions de chasse« . Piotr souhaite une action diplomatique pour résoudre ce conflit… Les tentatives diplomatiques du Président Macron ne sont même pas évoquées… Il est toujours ingrat de discuter avec un président autoritaire qui n’en fait qu’à sa tête.

    Retour à Paris dans un avion plein de réfugiés

    Mercredi 9 mars. Avion retour pour Paris. L’Airbus est plein à craquer. 45 minutes de retard au décollage. Contrôle des passeports et longue file devant le comptoir Air France. Des réfugiés qui voyagent en famille. Les hommes portent sur le ventre des sacs – ceintures qu’on devine remplis de devises. Les femmes vont se rafraîchir aux toilettes. Avant de partir, la police de l’air appelle deux passagers pour un dernier contrôle. L’homme d’une soixantaine d’années, très élégant, qui doit répondre à la police n’emmène pas large. Mais il se rassoit et l’avion finit par s’envoler.

    Je tente de discuter avec ma voisine. L’échange tourne court. Elle ne parle pas un mot d’anglais. À l’arrivée avec sa fille et son gendre, elle s’oriente dans le terminal d’arrivée de l’aéroport Charles de Gaulle avec assurance. Ceux-là ont sans doute un but précis. Un point de chute. Ils sont à Paris. Ils sont déjà sauvés. Au moins temporairement. 

    Dans le kiosque à journaux, la guerre s’étale partout en une. Et des réfugiés ukrainiens continuent d’arriver à Varsovie…

    Le peuple européen vaincra. Et c’est la solidarité qui forgera la victoire. 

    CAGNOTTE POUR LES REFUGIES UKRAINIENS

    Il y a une cagnotte pour les réfugiés, il faut ajouter le lien Aide DIRECTE aux Réfugiés FR-PL-Ukraine: https://zrzutka.pl/en/v7fhmx

    ————— 
    Crédit photos : Paul Lasinsk. 

  • Semaine de la Francophonie : Yves Bigot de TV5MONDE annonce le programme

    Semaine de la Francophonie : Yves Bigot de TV5MONDE annonce le programme

    A l’occasion du lancement de la semaine de la Francophonie le 12 mars, Yves Bigot, président et directeur général de TV5MONDE, a accordé une interview à Lesfrancais.press. 

    Avec un nouvel habillage jugé “plus humain”, une campagne éco-responsable, un nouveau président et des records d’audience en janvier 2022 (11,6 millions de visites), la chaîne gratuite internationale est en pleine transformation. En constant développement pour porter la francophonie dans le monde entier, elle doit rivaliser d’ingéniosité pour se renouveler, surtout lors de l’annuelle Semaine de la francophonie. 

    La Semaine de la langue française et de la francophonie

    Du 12 au 20 mars prochain, aura lieu la 27ème édition du rendez-vous des amoureux de la langue française. Alors que TV5MONDE est le porte drapeau de cet engagement tout au long de l’année, il peut s’avérer être compliqué pour le média de trouver un thème novateur à l’approche dudit évènement. 

    Développement du catalogue africain 

    Pour autant, Yves Bigot et son équipe y arrivent avec brio. Ainsi, la saison 2022 sera l’occasion de (re)voir des films, documentaires, séries, films d’animation issus du monde francophone. 

    De plus, grâce à une idée de l’ambassadrice du Canada à Paris Isabelle Hudon, le catalogue de la chaîne va être étoffé de dix-neuf nouvelles œuvres venues du continent africain. Effectivement, le Canada  a investi dans un fonds pour aider à la production de films, séries télévisées ou autres, des pays du Sud, au moyen d’un reliquat de financements canadiens. Une initiative suivie par la Confédération suisse et la France en 2021 et par d’autres en 2022.

    Les temps forts de la semaine 

    Comme à l’accoutumée, les festivités débuteront par la rencontre avec la secrétaire générale de la Francophonie Louise Mushikiwabo, et son message adressé au monde entier. 

    Le nouveau magazine TV5MONDE Par monts et par mots” va également voir le jour. Il sera entièrement dédié à la langue française et ses particularités. 

    Enfin, les émissions habituelles accueilleront sur leur plateau de nombreuses personnalités intellectuelles du milieu de la francophonie. Cependant, Yves Bigot se réserve le droit de modifier les contenus des émissions au dernier moment, en raison de l’actualité. 

    “La francophonie se porte bien”

    “La francophonie se porte bien de manière générale car elle est portée par la démographie africaine dans toute sa diversité” affirme le président de la chaîne. Néanmoins, il fait état de la façon dont elle faiblit dans certains pays pour des raisons politiques, comme en Algérie ; mais aussi à cause de sa rivalité constante avec l’anglais et le retour des langues locales. 

    Ainsi, elle est assez contrastée et doit être entretenue en permanence. Il appelle donc à investir dans les “programmes d’apprentissage”, les lieux scolaires, les Alliances françaises et Instituts français.  

    Yves Bigot, président et directeur général de TV5MONDE

    Suspension de Sputnik et RT France 

    Le 27 février, l’Union européenne a voté pour l’interdiction de diffusion des médias russes Sputnik et RT France sur son sol. En réponse, de nombreuses chaînes européennes ont été interdites en Russie. Pour Yves Bigot, nous ne pouvons que regretter de telles décisions car TV5MONDE touche jusqu’à 15 millions de foyers dans la République fédérale, ce qui représente une importante perte

    Si la chaîne francophone ne fait pas d’amalgame entre le gouvernement de Vladimir Poutine et son peuple, et entretient d’excellentes relations avec ce dernier, le directeur général reste attentif au déroulement des évènements, mais est assez pessimiste. 

    Enfin, Yves Bigot reste relativement neutre quant à l’interdiction de diffusion de RT France. Avouant ne pas suffisamment connaître le contenu informationnel de la chaîne de télévision, il préfère ne pas porter d’avis.  

    Regarder l’interview d’Yves Bigot – PDG du groupe TV5MONDE

  • La semaine de la Francophonie du 12 au 20 mars 2022

    La semaine de la Francophonie du 12 au 20 mars 2022

    Née à l’initiative du ministère de la Culture en 1996, la Semaine de la langue française et de la Francophonie célèbre, cette année encore, le français dans toute la diversité et la richesse de ses expressions. Après une année 2021 perturbée par la pandémie, le thème de cette édition, « Ça (d)étonne !», invite les amoureux de la langue française à en (re)découvrir et en (re)visiter les sonorités mystérieuses, l’orthographe parfois inattendue, ou encore l’étymologie.

    Une francophonie dynamique en 2022

    La Francophonie est un ensemble géopolitique multilingue dont la langue française est le ciment et le socle. Sa contribution à une mondialisation plus harmonieuse et respectueuse de la diversité culturelle et linguistique implique nécessairement une intervention énergique et concertée pour renforcer la place et le rayonnement de la langue française sur la scène internationale, relever le défi politique du multilinguisme, adapter l’action multilatérale aux contextes linguistiques régionaux et nationaux, consolider la langue française comme langue d’accès au savoir pour tous, mettre en valeur l’apport de la langue française au développement économique et, finalement, valoriser l’usage et l’influence de la langue de Molière.

    semaine de la Francophonie
    semaine de la Francophonie

    La Francophonie, qui rassemble aujourd’hui 77 États et gouvernements dans le monde, exerce un magistère d’influence porté par le Secrétariat général afin de favoriser le rapprochement des points de vue, faciliter le dialogue international et peser dans le débat mondial. Elle assure un plaidoyer en faveur du multilatéralisme et d’une gouvernance mondiale plus équitable et plus solidaire et concourt, par son action, au dialogue renforcé entre les cultures, au respect des droits de l’Homme, à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la consolidation de la démocratie et à la recherche commune de la paix, comme socles du développement durable. Ce rôle s’appuie également sur et vient renforcer les sections parlementaires réunies au sein de l’APF, les universités et institutions de recherche réunies au sein de l’AUF ainsi que les autorités locales et associations de pouvoirs locaux que rassemble l’AIMF, auxquelles s’ajoutent les réseaux institutionnels agissant pour l’atteinte des objectifs de la Déclaration de Bamako. Les positions de la Francophonie sont, en outre, enrichies par la contribution de la société civile qui dispose d’une expertise reconnue et d’une connaissance des préoccupations des populations.

    Le 20 mars : date clé de cette semaine

    Chaque année, à la date du 20 mars, la Journée internationale de la Francophonie est célébrée dans le monde entier, dans les pays francophones mais aussi dans ceux où la langue française est moins répandue. Cette date fait référence à la naissance, le 20 mars 1970 à Niamey (Niger), de l’Agence de coopération culturelle et technique, qui allait devenir l’Organisation internationale de la Francophonie.

    Cette année, cette journée s’inscrit sous le thème « La Francophonie de l’avenir », pour souligner le soutien de la Francophonie à la jeunesse et à ses aspirations, notamment dans les domaines de l’entreprenariat, du numérique et du développement durable. Comme toujours les Alliances françaises sont mobilisées. Après 2 ans de pandémie, le développement du réseau a repris. Yves Bigot, le président du bureau des Alliances françaises vous explique, dans la vidéo, le fonctionnement de cet outil majeur du rayonnement français à l’étranger.

    L’exposition universelle de Dubaï en français

    En 2022, le 20 mars est célébré officiellement à Dubaï, dans le cadre de la programmation de l’OIF à l’exposition universelle, qui a débuté en octobre 2021 :

    • Les 15 et 16 mars à 14h30 (Pavillon du développement durable) : une série de conférences en format « Ted Talks » de jeunes francophones inspirants qui viendront présenter leur parcours d’entrepreneurs engagés
    • Les 18 mars à 17h et 19 mars à 15h (Pavillon du développement durable) : projection de deux films francophones soutenus par l’OIF à travers le Fonds Image de la Francophonie :
      • L’homme qui a vendu sa peau de Kaouther Ben Hania (Tunisie)
      • La nuit des rois de Philippe Lacôte (Côte d’Ivoire)
    • Le 20 mars 2022 à 16h30 (Dôme Al Wasl) : cérémonie officielle dans le grand dôme de l’exposition en présence de la Secrétaire générale de la Francophonie et de représentants officiels des EAU et de certains États membres.
    • Le 20 mars 2022 de 20h30 à 22h30 (Scène Jubilee) : un grand concert de la Francophonie

    Et des événements dans le monde entier

    De Québec à Hanoi, le français sera mis à l’honneur dans de nombreux villes du monde. Plus de 200 évènements sont répertoriés sur le site de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Les Alliances Françaises comme les Instituts Français et les ambassades et consulats ainsi que les établissements scolaires français se mobilisent pour vous proposer concerts, films, débats, lectures et plein d’autres animations originales et inédites. Pour découvrir celles proches de vous, il suffit de consulter la carte interactive mise à disposition par l’OIF.

    https://20mars.francophonie.org/

    Pas envie de sortir de chez vous ? TV5MONDE et sa plateforme numérique, 100% gratuite, vous propose aussi, tout au long du mois de mars, une sélection pour (re)découvrir la magie de la langue de Molière.

  • Le fonds « Francophonie TV5MONDEplus »

    Le fonds « Francophonie TV5MONDEplus »

    Films de fiction ou d’animation, courts ou longs-métrages, documentaires, œuvres unitaires ou en séries : tous ces types de production sont éligibles au nouveau Fonds Francophonie TV5MONDEplus lancé par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et TV5Monde, avec le soutien du Canada et de la France.

    Ce fonds s’adresse aux auteurs et réalisateurs des 37 pays francophones du Sud et aux producteurs de ces pays ainsi que Belgique, Suisse, Canada et France. Il vient s’ajouter au Fonds Image de la Francophonie et les aides des deux fonds sont potentiellement cumulables.

    Les financements ne pourront être accordés qu’à des œuvres pouvant être pré-achetées, co-produites (ou, exceptionnellement, achetées) pour une diffusion sur la plateforme TV5MONDEplus.

    La plateforme TV5MONDEplus

    TV5MONDEplus propose un choix généraliste avec des films, des séries, des documentaires, des magazines, des émissions culturelles… Mais également le meilleur des programmes des chaînes partenaires de TV5MONDE – Radio-Canada, Télé-Québec, TV5 Québec Canada, la RTS, la RTBF, RFI et France Télévisions.

    Vous y trouverez aussi des productions TV5MONDE (magazines d’information, culture, documentaires), des co-productions en Afrique et des podcasts « balados ».

    Tous les programmes sont accessibles gratuitement et sans géo-blocage (à quelques rares exceptions) sur TV5MONDEplus (www.https://www.tv5mondeplus.com/) .

    Un fonds pour la création francophone

    Ce nouveau Fonds d’aide de l’OIF pour les œuvres destinées à la plateforme TV5MONDEplus est administré conjointement par l’OIF et TV5MONDE. Il a été créé à l’initiative du gouvernement du Canada, de TV5MONDE et de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Ainsi le dispostif est financé par les contributions des Etats et gouvernements bailleurs de fonds membres de l’OIF.

    Le Fonds francophonie TV5MONDEplus s’ajoute au Fonds Image de la Francophonie, outil de financement ” historique ” de l’OIF, qui poursuit son activité.

    Les aides accordées par le Fonds Francophonie TV5MONDEplus en 2021 sont désormais connues en totalité. Le délai important entre la sélection effectuée et la publication de la liste des bénéficiaires tient au fait que ces aides ne pouvaient devenir effectives qu’après signature des contrats de cession de droits de diffusion entre les producteurs concernés et TV5 Monde. En sus, pour sa première année de fonctionnement, le Fonds Francophonie TV5MONDEplus a bénéficié, uniquement, de financements du Canada et de la France. A ces deux premiers contributeurs s’est ajoutée la Suisse dont le premier financement portera sur l’année 2022, d’autres Etats francophones contribueront pour cette deuxième édition.

    Les lauréats 2021

    Ci-dessous, la liste des oeuvres sélectionnées.

    Longs métrages de fiction :

    1. « Fès été 55 » d’Abdelhaï LARAKI (Maroc)                                                  
    2.  « Disco Afrika » de Luck RAZANAJAONA (Madagascar)                         
    3. « Mami Wata » d’Askia TRAORÉ (Tchad)                                                
    4. « Sadrack » de Narcisse WANDJI (Cameroun)                                       
    5. « Le coup de grâce » de Steven AF (Togo) – (aide à la finition)                    

    Courts métrages de fiction :

    1. « Voilà combien de jours » de Hedi LADJIMI (Tunisie)          
    2. « L’envoyée de dieu » d’Amina ABDOULAYE MAMANI (Niger)

    Œuvres d’animation (unitaires et séries) :

    1. « Kassa le messager – saison 2 » série de Simon ADAE (C. d’Ivoire)
    2. « Roi Keïta – saison 2 » série d’Abel N’guessan KOUAME (Côte d’Ivoire)
    3.  « Nubu & Yara – saison 2 » série d’Honoré ESSOH (Côte d’Ivoire) 
    4. « Le nuage amoureux » court-métrage de Nacer KHEMIR (Tunisie)

    Séries de fiction :

    1.  « Une Femme à Kosyam » de Carine BADO (Burkina Faso)
    2. « Wara – saison 2 » de Toumani SANGARE & Oumar DIACK (Mali / Sénégal)
    3. « Ici C Babi » (F) de Boris OUE (Côte d’Ivoire) – (aide à la finition)        

    Documentaires (tous longs métrages) :

    1. « Anioto : les hommes léopards, mythe ou réalité» de Jean-Michel KIBUSHI NDJATE WOOTO (RdC)
    2.  « Bernard Dadié, un homme de liberté » d’Ana BALLO & Agnès RIBOUTON (Côte d’Ivoire)
    3. « Tagnaouite dans la peau » de Jamila ANNAB (Maroc)
    4.  « Soute à Bombes » de Nantenaina LOVA (Madagascar)
    5. « A quand l’Afrique » de David-Pierre FILA (Rép. Centrafricaine)

    Appel à candidatures 2022

    L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et TV5MONDE ouvrent leur deuxième appel à projets pour le « Fonds Francophonie TV5MONDEplus » du 10 au 20 mars 2022.

    Le règlement et la notice de l’appel seront quasiment identiques à ceux de 2021, lit-on dans un communiqué de l’Organisation publié sur son le site Images francophones. Ils sont consultables via le lien suivant : https://www.imagesfrancophones.org/soutiens/fonds-francophonie-tv5mondeplus/reglement.

    Les auteurs, réalisateurs et producteurs des 37 pays francophones du Sud peuvent présenter « un projet de création de documentaire, de fiction ou d’animation (court ou long métrage, unitaire ou série) », selon le communiqué. Un ressortissant d’un État ou d’un gouvernement francophone doit avoir participé à son écriture.

    Le fonds, doté de 400 à 500 000 euros, est attribué suite à l’examen des dossiers par la commission de sélection. Elle est composée de 6 membres, 3 permanents et 3 professionnels : un représentant de l’OIF, deux représentants de TV5MONDE, un professionnel désigné par le gouvernement du Canada pour l’année en cours, deux professionnels ressortissants d’un Etat francophone du Sud.

    La réunion de la commission de sélection se tient en juillet sachant qu’un maximum de 50 dossiers sont examinés à chaque session. Les dossiers doivent être déposés exclusivement par voie électronique sur l’espace professionnel du site Images francophones. Il est possible de postuler simultanément au fonds principal de l’OIF : le Fonds Image de la Francophonie.

  • Présidentielle 2022 : patrimoine et intérêts des 12 candidats publiés

    Présidentielle 2022 : patrimoine et intérêts des 12 candidats publiés

    Environ un demi-million d’euros de patrimoine net pour Emmanuel Macron, quelque 1,2 million pour Marine Le Pen, 4,2 pour Éric Zemmour et 9,7 pour Valérie Pécresse : les déclarations des biens et participations des candidats à l’Élysée ont été dévoilées mardi (8 mars) par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

    Outre ces quatre premiers candidats dans les sondages, les suivants ont déclaré près d’1,4 million pour Jean-Luc Mélenchon, 412 000 pour Yannick Jadot, 220 000 pour Fabien Roussel, 575 000 pour Anne Hidalgo, quelque deux millions d’euros pour Nicolas Dupont-Aignan, environ 630 000 euros pour Jean Lassalle, 219 000 pour Nathalie Arthaud et enfin 122 000 euros pour Philippe Poutou.

    Ces déclarations de patrimoine et d’intérêts sont disponibles sur le site de la HATVP.

    Immobilier, biens supérieurs à 10 000 euros, voitures, comptes bancaires, mais aussi participations dans le capital de sociétés, dettes éventuelles, et encore activités professionnelles des cinq dernières années : chacun des 12 candidats a dû remplir ces rubriques et remettre ses déclarations, certifiées sur l’honneur, au Conseil constitutionnel avant vendredi soir dernier. C’était une des conditions, avec les 500 parrainages, pour pouvoir concourir au premier tour le 10 avril.

    Ce n’est pas la première fois que les patrimoines des candidats à la présidentielle sont révélés, le premier exercice remontant à 2017. Mais c’est une première pour le recueil et la publication de leurs déclarations d’intérêts et d’activités, en vertu de la loi de moralisation de la vie publique de 2017.

    Les Sages ont transmis ces déclarations à la HATVP, chargée de les publier (hors adresses personnelles et noms des conjoints) mais pas de les contrôler, pour ne pas « porter atteinte à l’égalité devant le suffrage ».

    Cependant, 10 des 12 candidats ont de fait déjà été soumis au contrôle de la Haute autorité, instance indépendante créée par les lois sur la transparence post-Cahuzac de 2013 et présidée par Didier Migaud.

    Emmanuel Macron a déjà remis une déclaration de situation patrimoniale de fin de mandat et la HATVP a jugé que sa variation depuis son entrée à l’Élysée en 2017 ne présentait « pas de caractère anormal ».

    Yannick Jadot, Valérie Pécresse, Eric Zemmour, Marine Le Pen, quatre des douze candidats à l’élection présidentielle – crédit : HATVP

    En outre, Fabien Roussel, Jean Lassalle, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan ont été contrôlés pour leurs mandats de députés notamment, Yannick Jadot en tant qu’eurodéputé, Valérie Pécresse et Anne Hidalgo respectivement comme présidente de région et maire de la capitale.

    Les déclarations de patrimoine de Philippe Poutou et Nathalie Arthaud avaient elles déjà été publiées en 2017 puisqu’ils étaient déjà candidats.

    Après son élection comme députée en 2017, la HATVP « avait estimé que Mme Le Pen avait sous-évalué son patrimoine immobilier ». Dès fin 2015, la Haute autorité avait transmis au parquet national financier les déclarations de patrimoine établies en 2014 par Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen lors de leur élection au Parlement européen car « manifestement sous-évaluées ». Une enquête préliminaire avait été ouverte.

    L’ensemble de ces déclarations des candidats restera en ligne sur le site de la HATVP jusqu’aux résultats du premier tour, puis seules les déclarations des deux finalistes apparaîtront. La déclaration du vainqueur demeurera consultable jusqu’à la fin de son mandat.

    Jusqu’en 2012, les déclarations patrimoniales des candidats étaient déposées sous pli scellé au Conseil constitutionnel, mais seule celle du candidat élu était publiée au Journal officiel.

  • La Chine et le fossé technologique

    La Chine et le fossé technologique

    À la fin du mois de janvier 2022, l’Institut d’études internationales et stratégiques de l’Université de Pékin avait publié une note révélant que la Chine n’avait pas rattrapé son retard en matière de haute technologie vis-à-vis des États-Unis. En particulier en ce qui concerne les semi- conducteurs, les systèmes d’exploitation et l’aérospatiale. Cette note indiquait que la Chine pourrait être la principale perdante en cas de segmentation en plusieurs blocs étanches de l’économie mondiale. La publication qui était accessible sur le site de ce centre de recherche a rapidement été retirée, certainement à la demande des autorités chinoises.

    L’effort de recherche atteint 2,5 % du PIB, légèrement moins que le taux américain qui est de 3 %

    En soulignant la dépendance technologique et commerciale de la Chine, la note soulignait les vulnérabilités du pays qui est censé gagner en indépendance avec l’application du 14e plan quinquennal publié en 2021. Pour atteindre une autonomie globale, les autorités chinoises investissent massivement dans les techniques de pointe et persuadent les entreprises nationales de faire de même. Les dépenses publiques et privées en recherche et développement ont atteint un record de 2 800 milliards de yuans (440 milliards de dollars) en 2021 dans le but de rattraper puis de dépasser les Occidentaux d’ici 2049, pour le centenaire de la République Populaire. L’effort de recherche atteint désormais 2,5 % du PIB, soit légèrement moins que le taux américain qui est de 3 %.

    En matière technologique, le gouvernement chinois compte exploiter au mieux les partenariats avec les entreprises occidentales et multiplier les retours au pays des chercheurs installés à l’étranger. Pour les vaccins ARN messager utilisés dans la lutte contre la covid, la Chine a bénéficié du retour d’un chercheur qui travaillait pour Moderna, Ying Bo. Son retour a été salué par les médias. Il a créé une entreprise, Abogen Biosciences qui a, avec le concours de l’Armée populaire, développé le vaccin à ARNm chinois, bénéficiant d’un budget public de 2,3 milliards de dollars. En un an, la Chine aurait réussi à rattraper les entreprises les plus en pointe en Occident.

    Dans l’agriculture, la Chine réalise également des progrès importants. Si les semences génétiquement modifiées sont interdites en Chine afin d’éviter une dépendance aux entreprises américaines, les chercheurs chinois ont développé des alternatives locales. Des entreprises chinoises ont acheté des brevets et ont réalisé des avancées technologiques en nouant des partenariats notamment avec des entreprises suisses. Néanmoins, pour le moment, ces progrès ne permettent pas à la Chine d’être indépendante sur le plan agricole. Le pays importe pour au moins 400 milliards de yuans du soja, du maïs et du coton, dont une grande partie est génétiquement modifiée.

    L’avion chinois en retard d’une génération, les puces de plusieurs

    Le gouvernement chinois souhaite que dans les prochaines années le pays soit indépendant pour la construction et la réparation des avions. L’entreprise publique Comac devrait commencer prochainement à livrer en 2022 le C919 qui est un concurrent des Boeing 737 et des Airbus A320. Le programme chinois de construction de l’avion chinois, débuté en 2008, a donné lieu à de nombreux retards. Les commandes sont en revanche importantes, les compagnies aériennes chinoises ayant reçu l’ordre d’en acheter par centaines. Cet avion est avant tout une imitation du A320 et intègre de nombreuses pièces étrangères. Il sera équipé de moteurs issus de la coopération de Safran avec General Electric Aviation. L’avion chinois demeure en retard d’une génération par rapport à ceux fabriqués par les États-Unis ou l’Europe.

    La Chine est également confrontée à un retard en matière de microprocesseurs. Ce retard a été révélé lors de la décision en 2018 de Donald Trump de priver Huawei et ZTZ des puces américaines. Pour éviter la réédition de ce problème, le dernier plan quinquennal de la Chine stipule que le pays devra produire 70 % des puces qu’il consomme d’ici 2025, contre moins de 20 % en 2021. La construction de trois nouvelles usines a été lancée en 2022. L’État consacre depuis 2019 des centaines de milliards de yuans par an pour ce secteur. Les chercheurs des entreprises étrangères travaillant en Chine sont appelés à rejoindre des structures nationales. Face à cette pression le centre de recherche à Shanghai de l’entreprise d’électronique américaine, Micron, a été fermé par ce dernier le 26 janvier 2022.

    L’espionnage industriel déjà important tend à devenir intensif. Comme pour les avions de ligne, les microprocesseurs chinois demeurent en retrait par rapport à ceux des États-Unis, de Taïwan, de Corée du Sud ou du Japon. Les Chinois ne maîtrisent pas encore les techniques des puces avec des structures mesurées en dizaines de nanomètres (milliardièmes de mètre). Les puces chinoises ont quelques générations de retard par rapport à celles de TSMC de Taiwan et de Samsung de Corée du Sud, les deux principaux producteurs mondiaux de l’industrie.

    La Chine accuse également un retard dans les systèmes d’exploitation des ordinateurs personnels et des smartphones. Quand l’administration Trump a interdit aux entreprises américaines de travailler avec Huawei en 2019, cette dernière n’avait plus accès aux microprocesseurs américains et systèmes d’exploitation Android de Google. Ces restrictions ont contribué à la baisse d’environ 30 % des revenus de Huawei en 2021. Le système d’exploitation de Microsoft, Windows, dispose pour les ordinateurs personnels d’une avance importante. Les entreprises chinoises ont investi environ 4 milliards de dollars entre 2019 et septembre 2021 afin de développer des systèmes d’exploitation. Certains analystes s’attendent à ce que l’alternative à Android conçue par Huawei, appelée Harmony OS, puisse rapidement être opérationnelle. Ce système d’exploitation devrait être partiellement fondé sur le système open source de Google. Pour le moment, tous les smartphones chinois continuent de fonctionner sur Android et iOS d’Apple et presque tous les ordinateurs de bureau chinois sont alimentés par Mac OS d’Apple ou Microsoft Windows. Les systèmes d’exploitation chinois alternatifs ont du mal à attirer les développeurs faute d’utilisateurs. L’absence d’applications dissuade les consommateurs à les utiliser.

    Le quartier financier de Lujiazui à Shanghai en Chine

    Les opérations financières et commerciales restent à plus de 60 % réalisées en dollars, 2,7% en yuans

    La Chine rencontre également des problèmes pour créer un réseau de paiement mondial. La majeure partie des transferts d’argent mondiaux est traitée via SWIFT, le système de messagerie interbancaire basé en Belgique, et Chips, le système de compensation national américain. Les opérations financières et commerciales restent à plus de 60 % réalisées en dollars. La Chine qui est devenue le premier exportateur mondial est contrainte de recourir à la monnaie des États-Unis.

    Dans l’histoire, la première puissance économique a toujours imposé sa monnaie comme instrument d’échange. Face aux risques des menaces occidentales, la Chine développe depuis 2015 un système de paiement parallèle en yuans connu sous le nom de CIPS. En septembre, le service traitait chaque jour 317 milliards de yuans de transactions dans plus de 100 pays. La diffusion de CIPS demeure néanmoins modeste. 80 établissements financiers y sont connectés contre plus de 11 000 pour SWIFT. En 2021, la devise chinoise a été utilisée à hauteur de 2,7 % dans les échanges internationaux, contre 1,9 % en 2019. Cette hausse est avant tout la conséquence de la présence plus importante de filiales chinoises à l’étranger.

    L’internationalisation de la monnaie chinoise trouve comme limite la montée en puissance du souverainisme économique. Elle pourra néanmoins compter sur l’appui de la Russie dont certains établissements financiers ont été exclus de SWIFT.

    La Chine pénalisée en cas de montée en puissance du protectionnisme

    La Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale et pourrait même doubler sous peu les États-Unis. Pour autant, elle n’a pas encore rattrapé son retard technologique. Pour le combler, elle a besoin de l’apport des entreprises occidentales. Le pays pourrait être pénalisé en cas de montée en puissance du protectionnisme et de segmentation de l’économie mondiale en plusieurs zones, d’autant plus que sa croissance dépend des exportations vers l’Europe et les États-Unis. Si les autorités chinoises n’ont pas condamné l’invasion ukrainienne de la Russie, le soutien à cette dernière reste, pour le moment, discret. L’Ukraine avait noué des relations économiques étroites avec la Chine, le pays figurant parmi les objectifs de la Route de la Soie. Le gouvernement chinois n’entend pas s’immiscer dans les affaires européennes sachant qu’il a en ligne de mire Taiwan et qu’il est régulièrement confronté à la question des Ouïghours dans la région du Xinjiang.

  • Le 33ème French Film Festival de l’Alliance Française de retour en Australie

    Le 33ème French Film Festival de l’Alliance Française de retour en Australie

    Après une édition record en 2021, le 33ème French Film Festival vient de démarrer en Australie. Du 1er mars jusqu’au 6 avril, c’est dans les salles obscures de Sydney, Brisbane, Melbourne ou encore Adelaide qu’il faudra se rendre pour en profiter ! L’occasion rêvée pour les expatriés ou les amoureux du cinéma français de découvrir ou redécouvrir les films qui ont marqué l’année. Ainsi, on vous en dit plus sur l’histoire de ce festival et la programmation de cette édition. 

    Une programmation riche pour cette nouvelle édition

    Créé en 1990, le French Film Festival est l’un des événements majeurs pour les francophones d’Australie. En effet, cet événement est très attendu chaque année. C’est d’ailleurs l’un des seuls festivals à avoir eu lieu en 2020, année de crise sanitaire mondiale. Un succès garanti et qui devrait être au rendez-vous cette année encore.

    Pour cette nouvelle édition, les organisateurs ont misé sur un programme ambitieux et diversifié. Ainsi, ce sont 42 films de tout genre qui seront mis à l’honneur, dont certains qui feront leur première lors du festival. 

    Salle de cinéma pendant le festival
    Soirée d’ouverture – Crédit Alliance Française French Film Festival

    En film d’ouverture, on retrouve Les Illusions perdues, qui a reçu 7 César lors de la cérémonie de 2022. Comme ce film, la programmation a été pensée comme une photographie de la société actuelle. Selon Karin Mauris, directrice artistique :

    « Dans l’ensemble, la programmation présente une fenêtre sur les défis du monde d’aujourd’hui et de demain. Le cinéma français présente une photographie de notre société, celle que nous voulons construire ensemble dans la générosité et le sens de l’engagement. » 

    Les films du 33ème French Film Festival 

    Parmi les films qui seront diffusés cette année, on retrouve : 

    • A tale of love and desire / Une histoire d’amour et de désir
    • Anaïs in Love / Les amours d’Anaïs
    • Another world / Un autre monde 
    • Between two worlds / Ouistreham 
    • Full time / À plein temps
    • Paris, 13th district / Les olympiades 
    • Petite maman / Petite maman 
    • Purple Noon / Plein soleil 
    • The velvet queen / La panthère des neiges 

    Pour retrouver l’ensemble des films du 33ème French Film Festival de l’Alliance Française, rendez-vous directement sur le site de l’événement. 

  • Le convoi de l’humanité pour les Ukrainiens

    Le convoi de l’humanité pour les Ukrainiens

    Laurent Cécillon est un Français des Pays-Bas. Vétéran de l’armée française, il connaît le prix des guerres et la façon dont elles impactent majoritairement les civils.

    Le 24 février, lorsque la Russie décide d’envahir l’Ukraine, une première vague de réfugiés arrive en Pologne. Un camarade de l’armée polonaise contacte Laurent pour lui faire part de la situation sur place. Tout de suite, le vétéran décide de mettre sur pied un convoi afin d’apporter des produits de première nécessité aux réfugiés ukrainiens installés à Kalisz dans l’ouest du pays. 

    Un appel aux dons

    Afin de pouvoir récolter suffisamment d’argent pour acheter les produits, Laurent Cécillon organise un appel aux dons en postant un message sur les réseaux sociaux. Rapidement, il amasse 10 000€, et de nombreux biens matériels. 

    En amont, il avait demandé à ses contacts de la Croix-Rouge ce dont ils ont besoin sur place et avait établi une liste : produits alimentaires, d’hygiène et des médicaments. Avec des volontaires ils préparent tout en quelques jours et chargent les camions empruntés à l’entreprise pour laquelle il travaille. 

    Le trajet 

    Dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 mars, les huit camions se mettent en branle direction la Pologne. Ils vont devoir traverser l’Allemagne d’ouest en est. La route est longue et fatigante et les chauffeurs doivent rester concentrés sur le convoi. 

    Grâce à son expérience de militaire, Laurent peut diriger l’équipe et donner des conseils pour bien rester groupés.

    Sur le trajet, de nombreuses voitures les saluent dans une symphonie de klaxons, et ils croisent également d’autres camions dont la mission est la même que la leur. Si l’ambiance est loin d’être à la fête, la solidarité est tout de même bien présente. 

    Déchargement du convoi à la Croix-Rouge à Kalisz en Pologne

    Le centre de la CroixRouge de Kalisz 

    Laurent et le ticket de caisse des produits médicaux achetés – Fb

    Le convoi arrive sur place aux aurores. A Kalisz, ville de 110 000 habitants située dans l’ouest de la Pologne, le centre de la Croix-Rouge polonaise a aménagé une salle des fêtes pour accueillir les premiers réfugiés. Après avoir déchargé les fourgons, les bénévoles ont pu commencer la distribution auprès des Ukrainiens. 

    Une fois cette mission terminée, Laurent souhaite aller plus loin. Avec les dons en argent qui sont en sa possession, il demande au directeur du centre ce dont ils manquent principalement. Sa réponse : du matériel médical. Laurent et ses compagnons s’attèlent donc à cette nouvelle tâche. Seringues, médicaments, cathéters, ils achètent tout ce qu’ils trouvent, avant de les remettre les produits à la Croix-Rouge qui les distribuera elle-même aux réfugiés et à l’armée ukrainienne. 

    Un autre convoi ?

    Depuis son retour aux Pays-Bas, l’ancien militaire ne sait pas s’il va réitérer l’expérience. Il hésite encore entre la possibilité de donner l’argent qu’il reste de la cagnotte à la Croix-Rouge, ou refaire un autre convoi. Il a également la possibilité de partir aider un de ses camarades qui évacue les Ukrainiens ne pouvant pas fuir leur pays par manque de moyen de transport. Pour l’heure, il regarde l’évolution des événements avant de prendre sa décision. 

    Vous pouvez retrouver Laurent sur son compte Facebook

    Écoutez le podcast avec Laurent Cécillon

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes favorites

    Podcast liste
  • la Semaine des mathématiques à la Mission laïque française

    la Semaine des mathématiques à la Mission laïque française

    La Semaine des mathématiques a commencé ce lundi 7 mars et se terminera vendredi 11 mars 2022. Les établissements de la Mission laïque française participent activement à cet événement organisé par le Ministère de l’Education nationale français. Ces 5 jours, cette année, permettront aux élèves mais aussi à leurs parents de découvrir les maths sous un autre angle. Le ministère, auquel s’associe la MLF, veut propager une image plus actuelle, vivante et attractive des mathématiques. Animée dans les établissements, la semaine, dont le thème est « Maths en forme(s) », est aussi numérique grâce au Forum pédagogique de la MLF.

    5 jours dédiés aux maths à la Mission laïque française

    Pendant ces 5 jours, 4 thématiques sont au coeur de débats conçus pour découvrir les maths sous toutes leurs formes. Les intervenants sont des chercheurs, pédagogues et praticiens, qui évoquent avec les élèves la méthodologie mais aussi la didactique et leur présentent des projets innovants. L’objectif de cette semaine : servir la réussite de tous les élèves.

    Cette semaine s’attache à sensibiliser le grand public à l’aspect culturel des mathématiques en montrant le rôle essentiel qu’elles jouent dans l’histoire de l’humanité, notamment du point de vue de la compréhension scientifique du monde. Elle entend ainsi valoriser les nombreuses actions mises en œuvre tout au long de l’année en faveur du rayonnement des mathématiques.

    La Semaine des mathématiques 2022 est l’occasion de souligner l’importance qu’ont les mathématiques dans la formation des citoyens.

    Télécharger le guide de la Semaine des mathématiques 2022