Depuis une dizaine d’années, nous avons connu quatre crises majeures qualifiées, pour certaines d’entre elles, de centennales : la crise financière de 2008, la crise des dettes souveraines en 2011, la crise sanitaire de 2020, puis la crise ukrainienne. À chaque fois, nous avons été mis en garde sur une possible implosion de notre système économique. Grâce aux décisions prises par les autorités, par le travail des uns et des autres, nous avons résisté et rebondi même s’il a fallu plus de sept ans pour effacer les stigmates de la crise des subprimes.
Les États ont avant tout profité de la pandémie pour engager des dépenses qu’ils n’arrivaient pas à financer
La reprise après l’épidémie de covid-19 a surpris par sa vitalité. À la différence des crises financières, l’économie s’est arrêtée non pas en raison d’un dérèglement interne mais par décision des pouvoirs publics. Le soutien massif des pouvoirs publics a préservé le capital comme l’emploi, autorisant un rebond rapide. Compte tenu de l’épargne contrainte constituée durant les confinements, l’utilité de ces plans successifs peut se discuter. Les États ont avant tout profité de la pandémie pour engager des dépenses qu’ils n’arrivaient pas à financer. Avec une économie mondiale désorganisée par les confinements, les plans de relance ont accentué les tensions inflationnistes sur fond d’abondantes liquidités.
La guerre en Ukraine qui a commencé deux ans après l’épidémie de covid provoque une série de chocs d’offre. Pour la première fois, l’ensemble des pays de la planète subissent des augmentations massives des prix de l’énergie, des matières premières et des produits agricoles ainsi que de certains biens intermédiaires. Les prix de ces biens continueront-ils d’augmenter ? Tout dépend de l’évolution du conflit entre l’Ukraine et la Russie et des possibilités de substitution. La réduction des importations du gaz et du pétrole russes amènera à une réorganisation du marché de l’énergie. La Russie vendra davantage à la Chine et à certains pays émergents ou en développement ; les États occidentaux trouveront de leur côté de nouveaux fournisseurs et accéléreront leur transition énergétique. Le problème pèse sur le court terme et l’éventuelle transmission de la hausse des prix sur les salaires.
Les périodes d’inflation sont cruelles pour les rentiers, pour ceux qui ne sont pas ou ne peuvent pas être agiles
À moyen et long terme, le marché de l’énergie devrait se normaliser. Quoi qu’il en soit, les entreprises et les ménages devront faire preuve de résilience. Pour échapper à la spirale des coûts et maintenir leur rentabilité, les entreprises n’ont d’autre voie que de réaliser des gains de productivité et de se positionner sur du haut de gamme ou sur des niches.
Les périodes d’inflation sont cruelles pour les rentiers, pour ceux qui ne sont pas ou ne peuvent pas être agiles. Le déclin de l’aristocratie à partir du XVIIe siècle est en partie imputable à la vague de hausses des prix générée par l’or espagnol. Les bourgeois, vivant du fruit de leur travail, ont ainsi émergé.
Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, l’inflation pénalisera les entreprises ne pouvant pas suivre en matière de rémunérations. La bataille des compétences ne fait que commencer. Comme le répétait l’économiste français du XVIe siècle, Jean Bodin « il n’y a de richesse que d’hommes » et de « femmes » soulignant que la monnaie n’est pas synonyme de richesse.
Pendant que se déroulent les négociations de La France insoumise avec les Verts, les socialistes et les communistes, en vue des élections législatives, les états-majors sont divisés sur la forme que prendrait une telle union.
Le parti de Jean-Luc Mélenchon prône l’idée d’un regroupement naturel autour de son leader, qui a dominé l’élection présidentielle par rapport aux autres partis de gauche, bien qu’il ait échoué à atteindre le second tour de l’élection présidentielle pour la troisième fois consécutive.
En effet, avec presque 22 % de voix, M. Mélenchon a largement devancé le candidat écologiste Yannick Jadot (4,63 %), le communiste Fabien Roussel (2,28 %) et la socialiste Anne Hidalgo (1,75 %).
Mais si La France insoumise propose une alliance basée sur les résultats à l’élection présidentielle pour la répartition des circonscriptions, les derniers arrivés font valoir que M. Mélenchon a bénéficié d’un effet « vote utile », qui aurait biaisé les rapports de force dans le bloc de gauche.
Des rapports de force comparables à ceux de la présidentielle se retrouvent dans les premiers sondages pour les élections législatives. 19 % des électeurs affirment vouloir voter pour un candidat de La France Insoumise, 8 % pour un écologiste, 5 % pour un socialiste et 3 % pour un communiste. La domination de LFI se confirme, mais les ordres de grandeur ne sont pas les mêmes.
Les Verts tentés par l’alliance, Yannick Jadot freine sur Jean-Luc Mélenchon
Julien Bayou, le patron du parti écologiste, est tenté par la proposition des Insoumis, et reconnaît, dans un entretien à Libération mercredi (27 avril), leur « rôle prépondérant » au vu des résultats de la dernière élection, mais avertit que « refaire le match de la présidentielle, c’est se condamner à la défaite […] La représentation de chacun doit être juste. C’est une condition de la victoire ».
« Jean-Luc Mélenchon veut-il être Premier ministre ? Nous disons chiche ! Gagnons ensemble », poursuit M. Bayou, dans la lignée des positions exprimées par Sandrine Rousseau et Grégory Doucet, deux personnalités influentes des Verts, qui représentent une ligne plus radicale que celle de M. Jadot.
À l’inverse, Yannick Jadot refuse l’idée d’un leadership de M. Mélenchon et plaide pour une « coalition très ouverte […] autour d’un projet ». « Si, à un moment donné, cette coalition ne respecte pas la diversité et l’identité de ses partenaires, ce sera sans moi » a-t-il tranché lors de sa première interview après la défaite, sur France Inter mardi.
Le Parti socialiste au bord de l’implosion
Les tensions sont d’autant plus vives dans le Parti socialiste, où une rupture serait en train de se consommer entre ceux qui sont favorables à un rapprochement avec La France insoumise et le courant minoritaire qui craint de se faire phagocyter par l’organisation de Jean-Luc Mélenchon.
Pierre Jouvet, porte-parole du Parti socialiste et chef de la délégation responsable des négociations avec le mouvement de M. Mélenchon, a indiqué mercredi matin sur Sud Radio que « le rassemblement est possible et nécessaire ». Dans la foulée du Premier secrétaire du PS Olivier Faure, M. Jouvet a invité ceux qui s’opposent à cette ligne à « partir » et quitter le parti.
Il tacle ainsi les voix dissonantes, comme celle d’Hélène Geoffroy, membre du Bureau national du parti, selon qui « ce n’est pas une négociation ou un accord qui est proposé […] c’est une reddition ».
L’ancien Premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis tient des propos similaires, et demandait il y a une semaine la démission d’Olivier Faure. Selon M. Cambadélis, le but de M. Mélenchon est « l’intégration [du PS] dans l’Union populaire », son mouvement.
Des divergences sur des sujets de fond
Aussi bien pour les écologistes que pour les socialistes, des désaccords de fond sont à l’origine des tensions aussi bien internes qu’avec le mouvement de M. Mélenchon.
Notamment, la « désobéissance aux règles européennes » prônée par Manuel Bompart, eurodéputé LFI, qui constitue un point de friction important.
« Hors de question d’organiser une Europe à la carte. […] Hors de question de mettre un doigt dans un engrenage qui sortirait la France de l’Europe » a mis en garde M. Bayou pour Europe Ecologie-Les Verts, sur le même ton que Yannick Jadot.
M. Cambadélis, irrité par « la manière plébiscitaire de concevoir l’alliance » de la part des Insoumis, dont il rappelle les faibles scores lors des élections intermédiaires, se dit en désaccord avec « l’orientation du programme de Jean-Luc Mélenchon, que ce soit sur les questions européennes ou économiques ».
Le rapport à la laïcité et la proximité avec des « personnages anti-républicains » sont aussi mis en cause par Boris Venon, un responsable socialiste, dans sa lettre de démission du Parti.
Et sur la difficulté d’aboutir à un compromis, l’écologiste Julien Bayou résume ainsi la situation dans Libération : « Reconnaissons d’abord que la tâche n’est pas aisée : nous cherchons à faire en quelques semaines ce que nous n’avons pas pu ou pas voulu construire en cinq ans ».
Si les passes sanitaires ou vaccinaux ne sont plus indispensables pour voyager en train ou en avion sur le territoire français, ils peuvent être nécessaires pour voyager depuis ou à destination de la plupart des pays. On fait point pour vous à quelques semaines des départs pour les vacances estivales. Dans tous les cas, Il est conseillé de se renseigner au préalable sur le site France Diplomatie. Cependant, il est à noter que pour les citoyens français et leur famille, des motifs impérieux ne sont plus exigés.
Pour accéder à la France
Les personnes âgées de 18 ans ou plus souhaitant entrer sur le territoire national doivent avoir reçu une dose de rappel au plus tard 9 mois suivant l’injection de la dernière dose du schéma de primo-vaccination (une dose du vaccin Janssen ou deux doses des vaccins Moderna ou Pfizer).
« Pour les voyageurs non vaccinés, l’obligation de présenter un test négatif pour se rendre en France demeure, mais les mesures à l’arrivée (test, isolement) sont levées lorsqu’ils viennent de pays de la liste verte, caractérisée par une circulation modérée du virus », précise le ministère. « Lorsque les voyageurs non vaccinés viennent d’un pays de la liste orange, ils doivent continuer de présenter un motif impérieux » et seront toujours soumis à « un test aléatoire à leur arrivée ». « Les voyageurs qui seraient testés positifs devront s’isoler, conformément aux recommandations de l’Assurance maladie », ajoute le site du ministère.
Pour rappel, voilà la liste des pays dits verts pour les autorités françaises, c’est à dire que tous les voyageurs provenant d’un des Etats de cette liste, n’ont aucune démarche à effectuer ou test à présenter.
États membres de l’Union européenne ainsi que Andorre, l’Islande, le Liechtenstein, Monaco, la Norvège, Saint-Marin, la Suisse et le Vatican.
S’y ajoutent les pays et territoires suivants : l’Afrique du Sud, l’Albanie, l’Angola, Antigua-et-Barbuda, l’Arabie Saoudite, l’Argentine, Aruba, Azerbaïdjan, les Bahamas, le Bahreïn, le Bangladesh, Barbade, le Belize, le Bénin, la Birmanie, la Bolivie, Bonaire, Saint-Eustache et Saba, la Bosnie-Herzégovine, le Botswana, le Bhoutan, le Burkina Faso, le Burundi, le Brésil, le Cambodge, le Cameroun, le Canada, Cap Vert, le Chili, la Colombie, les Comores, le Congo, la Côte d’Ivoire, la Corée du Sud, le Costa-Rica, Cuba, Curaçao, Djibouti, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Équateur, Eswatini, les États-Unis, l’Éthiopie, les Fidji, le Gabon, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée équatoriale, la Guinée Bissau, Grenade, le Groënland, le Guatemala, le Honduras, Hong-Kong, les Îles Féroé, l’Île Maurice, les Îles Salomon, les Îles Turques-et-Caïques, les Îles Vierges britanniques, les Îles Vierges des États-Unis, l’Inde, l’Indonésie, l’Irak, la Jamaïque, le Japon, la Jordanie, le Kazakhstan, le Kenya, Kiribati, le Kosovo, le Koweït, le Laos, le Lesotho, le Liban, le Libéria, la Macédoine du Nord, Madagascar, la Malaisie, le Malawi, les Maldives, le Maroc, la Mauritanie, le Mexique, la Moldavie, la Mongolie, le Monténégro, Montserrat, le Mozambique, la Namibie, le Népal, le Nicaragua, le Niger, le Nigeria, la Nouvelle-Zélande, Oman, l’Ouganda, le Pakistan, le Panama, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Paraguay, le Pérou, les Philippines, Porto-Rico, le Qatar, la République démocratique du Congo, la République dominicaine, le Royaume-Uni, le Rwanda, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le Salvador, les Samoa, Sao Tomé-et-Principe, le Sénégal, la Serbie, les Seychelles, le Soudan, le Soudan du Sud, le Sri Lanka, Taïwan, la Tanzanie, le Tchad, le Timor oriental, le Togo, la Tunisie, la Turquie, Trinité-et-Tobago, l’Ukraine, l’Uruguay, le Vanuatu, le Venezuela, le Vietnam, la Zambie et le Zimbabwe.
Union Européenne
Comme dit plus haut, si votre trajet s’effectue en France, le passe vaccinal n’est plus exigé pour prendre l’avion, un train ou un car de longue distance depuis le 14 mars 2022. Mais si vous voyagez depuis ou à destination de l’étranger, les règles sanitaires sont différentes en fonction des pays.
Au sein même de l’Union européenne, certains pays continuent d’exiger un test négatif, une preuve de vaccination ou un certificat de rétablissement à la Covid-19. Pour se rendre dans les pays de l’Union Européenne comme le Portugal, l’Espagne, l’Allemagne ou encore l’Italie, il est encore obligatoire de présenter un certificat COVID numérique de l’UE.
Pour rappel, si vous avez un schéma de vaccination français (une dose de vaccin Janssen ou deux doses de Moderna ou Pfizer), le certificat COVID numérique de l’UE est valable du 14e jour au 9e mois (270 jours exactement) « suivant l’administration de la dernière dose du schéma de primovaccination » précise le site officiel de l’Union Européenne. Si vous avez effectué une dose de rappel (pour les voyageurs de plus de 18 ans en complément du schéma de vaccination initial), votre certificat COVID numérique de l’UE n’a alors aucune limite de validité pour l’instant.
Si vous avez été vacciné dans votre pays de résidence avec l’un des vaccins cités dans ce paragraphe, il faut simplement faire reconnaitre votre preuve de vaccination par une autorité sanitaire ou consulaire compétente. Si vous avez été vacciné avec les injections russes ou chinoises, vous serez considéré comme non-vacciné.
Et le reste du monde ?
Trouver où voyager avec une seule dose de vaccin, savoir si le passe vaccinal ou sanitaire est requis dans le pays dans lequel on souhaite se déplacer ou encore s’informer sur les derniers changements des règles et restrictions liées à la Covid-19 dans le monde… Autant de recherches qui peuvent s’avérer être de véritables casse-tête depuis le début de la pandémie. C’est pour faciliter le travail aux voyageurs que Samuel, un Toulousain qui travaille dans le secteur de l’aéronautique, a créé le site Le Voyageur Masqué.
Le principal atout du site Le Voyageur Masqué est la carte actualisée des pays ouverts aux Français, vaccinés ou non, avec plusieurs filtres possibles. Il y a d’abord les filtres au départ : voyager vacciné ou non, sans test PCR au départ, sans test à l’arrivée, sans assurance voyage, ou encore sans motif impérieux ou quarantaine. Il y a ensuite les filtres sur place : bars et restaurants ouverts, sans confinement ni couvre-feu avant minuit, mais aussi sans passe sanitaire ou vaccinal.
Une fois les filtres sélectionnés, les destinations apparaissent, classées par couleurs : verte pour les pays ouverts à tous, jaune pour les pays ouverts avec restrictions, rouge pour les pays ouverts avec quarantaine, noir pour les pays fermés, sauf motifs impérieux.
Toutes ces informations ne sont bien évidemment pas exclusives, et il est possible de les trouver ailleurs, mais l’outil se révèle être un concentré de conseils aux voyageurs, très pratiques pour anticiper un séjour à l’étranger. L’on peut par exemple trouver des lieux où effectuer des tests à l’étranger, ou lire des retours d’expérience d’autres voyageurs.
Deuxième volet de nos interviews glanées au fil de la soirée électorale du 24 avril 2022. Dans les coulisses du meeting célébrant la victoire d’Emmanuel Macron, nous sommes allés à la rencontre des Ministres qui ont inventé le programme du Président de la République. Avec eux, nous abordons les sujets propres aux expatriés. Dans ce second épisode, on évoque l’Education et la Justice.
Des bourses mieux dotées
Avec Jean-Michel Blanquer, on aborde le soutien massif des Français établis hors de France à Emmanuel Macron lors de ce second tour. Dans un deuxième temps, il répond à notre question sur le coût pour les familles de l’enseignement à l’étranger. Il y répond franchement sans détour, évoquant la situation du pays mais aussi un plan de revalorisation de l’enveloppe dédiée aux bourses scolaires sur les 5 années à venir. Est-ce que le nouveau gouvernement gardera ce cap ? A suivre…
Jean-Michel Blanquer – Ministre de l’Education Nationale
Généraliser le transfèrement
Au gré des allées du Champ-de-Mars, nous avons rencontré Eric Dupond-Moretti, le Garde des Sceaux, soit le ministre de la Justice de la République française. Comme tous nos invités, il est revenu longuement sur le rôle d’Emmanuel Macron en France et à l’étranger, ne manquant pas de souligner un bilan qu’il juge exemplaire.
A la fin de cette courte séquence, nous évoquons avec lui le cas de Fabien Azoulay, Français de New-York incarcéré en Turquie dans des conditions difficiles du fait de sa confession et de son orientation sexuelle. Notre compatriote a pu bénéficier d’une mesure de transfèrement. Cette mesure permet à un Français condamné dans un pays d’effectuer la peine en France et, cela a tout son importance, de l’adapter au droit français. Une disposition qui fut peu utilisée avant l’arrivée de Dupond-Moretti place Vendôme et qu’il désire voir se généraliser. Une bonne nouvelle pour ceux emprisonnés pour des motifs non-condamnables en France ou au moins dans des proportions moindres.
Élu en 2017 avec une étiquette progressiste et la promesse d’être « ni de droite, ni de gauche », 5 ans après, quel est le bilan d’Emmanuel Macron alors que s’ouvre son second mandat ?
Un quinquennat marqué par les crises
Dans un quinquennat bousculé par les crises politiques (affaire Benalla), sociales (« gilets jaunes », réforme des retraites), sanitaire (Covid-19) et désormais la guerre en Ukraine, le chef de l’Etat sortant a pu réaliser certaines promesses mais a dû en laisser d’autres sur le bord du chemin.
Sur le plan sociétal, Il se voulait progressiste, mais s’est révélé conservateur pour certains. En économie, si on note qu’il existe plus d’entreprises et que le chômage a reculé, on ne peut que constater des comptes publics grevés par la crise de la Covid-19…
« Un populiste d’extrême-centre (…) qui détruit plus qu’il ne construit », c’est le bilan du premier mandat d’Emmanuel Macron aux yeux de Michel Wievorka.
Les zones rurales de l’Union européenne sont confrontées au moment le plus difficile du siècle, a confié le ministre espagnol de l’Agriculture Luis Planas au partenaire d’EURACTIV, EFE Agro, ajoutant que l’Espagne cherche à sécuriser l’approvisionnement alimentaire tout en conservant les ambitions écologiques de son plan stratégique national (PSN) soumis dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC).
« Pendant quelques années, nous avons eu des marchés qui fonctionnaient comme une horloge d’un point de vue logistique jusqu’en 2020. D’abord, à cause de la Covid-19 et ensuite avec la guerre, nous vivons à présent le moment le plus difficile, et la grande question est de savoir comment nous pouvons résoudre cela ensemble, avec une volonté de se prêter main forte », a déclaré le ministre.
Alors que la guerre en Ukraine — qui est un important fournisseur de l’Espagne — a créé un nouveau « facteur d’incertitude », M. Planas a expliqué que garantir la production agricole était une « priorité », mais que cela devait se faire « sans perdre l’orientation circulaire » des économies et, en particulier, de la production agroalimentaire.
Par ailleurs, selon le ministre, une tendance inverse « conduirait à l’épuisement des ressources disponibles sur la planète ».
Le ministre a souligné que son objectif est de garantir l’approvisionnement alimentaire, en tenant compte de la hausse des prix de l’énergie, de la baisse de la production et des effets de la guerre sur le blocage des exportations via la mer Noire, tout en maintenant le cap stratégique consistant à « produire davantage avec moins de ressources naturelles ».
« Ce n’est pas un dilemme car nous savons clairement vers quoi nous nous dirigeons, et c’est le constat qu’en 2050, environ 10 milliards de personnes devront être nourries par une surface agricole qui va “à peine” croître, et un cheptel bovin qui ne va pas augmenter.»
Le PSN, le « projet le plus important » pour l’agriculture espagnole depuis 1959
La Commission européenne a renvoyé, le 31 mars dernier, la première évaluation du plan stratégique national espagnol pour la période 2023-2027 de la PAC.
Par le biais de ce PSN, les États membres de l’UE exposent la manière dont ils entendent atteindre les neuf objectifs de la PAC réformée à l’échelle de l’Union.
Selon M. Planas, il s’agit du « projet le plus important » pour l’agriculture espagnole depuis le plan de stabilisation de 1959, soit avant l’existence du programme de subventions agricoles de l’Union.
Pour relever ce défi majeur, l’Espagne misera sur l’innovation, la numérisation et des technologies telles que l’édition génétique pour augmenter la production « de manière durable », a expliqué M. Planas.
L’Espagne recevra 47 724 millions d’euros au titre du budget de la PAC pour la période 2023-2027, montant qui sera porté à 55 millions d’euros grâce à l’aide supplémentaire apportée par l’instrument temporaire Next Generation EU, conçu pour aider l’Union à se redresser après la pandémie de Covid-19.
Toutefois, Bruxelles a recommandé à l’Espagne de modifier son PSN afin d’accroître les efforts en matière d’environnement et de tenir compte de la nouvelle situation résultant de la guerre en Ukraine.
L’Espagne espère respecter les délais et demandera à l’exécutif européen d’approuver la version finale de son plan stratégique au cours du premier semestre de 2022 afin de donner aux agriculteurs des certitudes avant les plantations d’automne.
Dernières décisions
Lors de la dernière réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE à Luxembourg, les États membres ont convenu de communiquer des données sur les stocks privés de céréales et d’oléagineux, ce qui constitue une première étape vers la création d’une réserve agricole européenne d’urgence.
M. Planas s’en est félicité et a souligné que, bien que l’approvisionnement alimentaire soit garanti, les consommateurs espagnols constatent une augmentation des prix.
L’indice espagnol des prix à la consommation (IPC) pour le mois de mars a augmenté de 6,8 % en glissement annuel, avec une montée en flèche des prix des huiles comestibles (+32,1 %).
Le gouvernement espagnol a complété les mesures prises par l’UE pour répondre à la guerre en Ukraine par un décret-loi royal dans le cadre du plan stratégique national de la PAC afin de mieux répondre aux conséquences économiques et sociales découlant de cette guerre.
Ce plan est doté de 93,47 millions d’euros pour le secteur de l’agriculture et de l’élevage.
Les vagues technologiques, les ruptures économiques interviennent souvent sur des petits territoires comme la Silicon Valley ou la Route 128 à Boston. La Silicon Valley a donné au monde, entre autres, Hewlett-Packard (fondé à Palo Alto en 1939), Intel (Mountain View, 1968), Apple (Los Altos, 1976), Google (Menlo Park, 1998) et Uber (San Francisco, 2009). Durant plusieurs années, cette vallée a capté une grande partie des financements de capital-risque. San Francisco abrite 136 licornes (start-up de moins de dix ans valorisées au minimum un milliard de dollars), dont 220 dans l’ensemble de la vallée, plus que dans tout autre endroit dans le monde.
Le monde compte plus de 1 000 licornes dont près de la moitié sont situées en dehors des États-Unis
Aujourd’hui, de nouveaux centres se créent tout autour de la planète. 45 pays ont des licornes qui se concentrent dans quelques villes ou territoires. En France, Paris et le plateau de Saclay sont les principaux lieux d’accueil. Au total, le monde compte plus de 1 000 licornes dont près de la moitié sont situées en dehors des États-Unis. L’internationalisation s’accélère. Le poids du capital-risque investi dans les start-up américaines est passé de 84 % il y a deux décennies à moins de la moitié en 2021. La diffusion du capital-risque reflète la croissance de la technologie ces dernières années. En Inde, Bangalore, capitale de l’État de Karnataka et plus important pôle de la haute technologie du pays, accueille un nombre important de start-up et de licornes. En 2021, les 26 licornes de la ville ont attiré pour plus de 13 milliards de dollars de financement. Parmi les lieux phares de la scène des start-up, figurent Pékin, Londres ou Tel-Aviv, dont le rayonnement est mondial. En France, le plateau de Saclay émerge comme un des principaux pôles de création de richesses en région parisienne.
Licornes soutenues par le gouvernement français en 2021 et 2022
Une nouvelle agglomération prend forme autour des grandes écoles et des centres de recherche. Elle attire de nombreux cadres à la recherche d’emplois à forte valeur ajoutée et de conditions de vie agréables. Parmi les autres agglomérations phares pour les start-up, il faut citer également Singapour ou São Paulo. La carte de l’innovation mondiale se redessine, plus dispersée, plus diversifiée et plus compétitive. L’interconnexion de ces centres de création est importante sauf en ce qui concerne la Chine qui développe une politique de développement technologique plus écocentrée.
Les entreprises de la haute technologie se localisent essentiellement dans les pôles les plus dynamiques de chaque pays. Près de 40 % de ces licornes sont rassemblées dans les pôles leaders. Entre 2011 et 2021, la part de la première ville dans le financement national du capital-risque est passée de moins de 50 % à près de 70 % pour Londres, de 24 % à 60 % pour Berlin et de 15 % à 34 % pour Bangalore.
L’arrivée de générations « Digital Natives » formées aux nouvelles technologies
Les start-up et les licornes se développent dans des bassins d’emploi interconnectés, ouverts sur l’extérieur et dotés d’établissements d’enseignement supérieur et de centres de recherche. Bangalore possède plus de 70 grandes écoles. Le plateau de Saclay accueille HEC, Polytechnique, l’Université d’Orsay et bien d’autres établissements renommés. La Silicon Valley bénéficie de la proximité de Stanford ou de l’Université de Californie à Berkeley. Tel-Aviv compte à la fois des universités et des centres de recherche des services de renseignement israéliens. La multiplication des centres d’accueil des start-up et licornes est facilitée par la diffusion de l’Internet à haut débit et par l’arrivée de générations « Digital Natives » formées aux nouvelles technologies. Les investisseurs sont, par ailleurs, à l’affût des opportunités de peur de manquer une bonne opération. La notion « d’économies d’agglomération » joue à plein.
Malgré les apports d’Internet, du cloud, la concentration sur un petit territoire demeure une voie clef du succès en raison des rendements d’échelle croissants. Il est plus facile de faire des affaires et de recruter quand les fournisseurs et les viviers de talents (universités, grandes écoles, centres de recherche) sont sur place. Les idées circulent plus facilement lorsque les employés d’entreprises rivales fréquentent les mêmes lieux (restaurants, bars, salles de sport, écoles des enfants). L’essor du télétravail ne devrait pas modifier la donne.
Les fondateurs ou les dirigeants de start-up et de licornes sont souvent des immigrés de plus ou moins fraîche date
La présence d’universités et de centres de recherche ne suffit pas pour créer un pôle d’accueil et de développement de licornes. Tokyo, malgré l’existence d’établissements d’enseignement supérieur de renom et d’entreprises technologiques comme Sony, ne figure pas parmi les villes phares pour les start-up. Le contexte économique marqué par la domination des keiretsu (conglomérats) n’est pas propice à la naissance des start-up. Par ailleurs, le pays demeure peu ouvert aux cultures extérieures. Le pays s’est classé 53e au monde en termes de maîtrise de l’anglais, moins de 8 % des Japonais le parlent couramment. Les étrangers ont du mal à s’imposer dans les milieux d’affaires tokyoïtes. Les capital-risqueurs extérieurs ne sont pas les bienvenus.
Les fondateurs ou les dirigeants de start-up et de licornes sont souvent des immigrés de plus ou moins fraîche date. 60 % des entreprises technologiques américaines les plus importantes ont été créées par des immigrants ou par leurs enfants. Les centres européens tels que Berlin, Londres et Paris ont d’importantes populations d’immigrants. La Chine manque de fondateurs étrangers, mais ses pôles de création de start- up comme Shanghai et Shenzhen attirent de nombreux rapatriés qui ont étudié ou travaillé à l’étranger notamment aux États-Unis.
Dans certains cas, les administrations publiques peuvent apporter un soutien direct pour faciliter le développement des start-up avec des résultats contrastés. En 1999, l’Allemagne a versé 1,5 milliard d’euros pour créer un cluster bavarois qui n’a pas donné naissance à des licornes. La France a lancé un grand programme national en 2005 visant à créer des pôles de compétitivité sur tout le territoire. Comme chaque région voulait son ou ses pôles, il en a résulté un saupoudrage improductif des crédits alloués. Le soutien accordé par l’État, la Caisse des Dépôts et par des régions à Qwant afin que la France puisse posséder son moteur de recherche national n’a pas été couronné de succès. Le moteur de recherche est désormais hébergé par Microsoft et la filiale destinée à concurrencer Apple Music ou Spotify a été fermée.
En 2009, Josh Lerner de la Harvard Business School concluait que « pour chaque intervention gouvernementale efficace, il y a eu des dizaines, voire des centaines, d’échecs, où des dépenses publiques substantielles n’ont pas porté leurs fruits ».
Une partie de la rédaction du site Lesfrancais.press était dans les coulisses de l’évènement, à Paris sur le Champ-de-Mars, marquant la victoire d’Emmanuel Macron au soir du second tour de l’élection présidentielle ce dimanche 24 avril 2022.
Nous avons rencontré les ministres chargés des sujets au cœur de la vie des Français de l’étranger. Economie, Europe, exportation, mais aussi éducation et justice sont les thèmes que nous avons pu aborder avec Bruno Le Maire, Clément Beaune, Franck Riester, Jean-Michel Blanquer et Eric Dupont- Moretti.
Aujourd’hui, on s’intéresse à la résidence de repli, aux problèmes liés à la double imposition, aux frontaliers et au soutien à l’export.
« Toutes les promesses seront tenues » – Bruno Le Maire
On commence avec une proposition phare du programme d’Emmanuel Macron, la résidence de repli. Le député Modem Frédéric Petit ou le sénateur LR Ronan Le Gleut avaient proposé, pendant la dernière mandature, la création d’une « résidence principale délocalisée ». Refusée à l’époque, la résidence de repli est désormais dans les « tuyaux ».
L’idée est de proposer aux Français de conserver une résidence en France qui leur permettrait d’accéder à de nombreuses dispositions dont certaines fiscales. Bruno Le Maire nous en parle dans la vidéo ci-dessous.
Bruno Le Maire – Ministre de l’Economie – 24 avril 2022 – Champ-de-Mars
« On doit prendre en compte leur problématique » – Clément Beaune
Avec Clément Beaune, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, on revient sur l’attachement des expatriés à l’Europe. On en profite pour évoquer les soucis rencontrés par nos compatriotes sur le plan fiscal avec un zoom sur la situation des frontaliers, sans oublier les fonctionnaires franco-belges sévèrement doublement imposés.
Il revient aussi sur la crise sanitaire et les dispositions prises au sein de l’Union européenne. Tous les détails dans l’interview de 3 minutes de Clément Beaune.
Clément Beaune – Secrétaire d’Etat aux affaires européennes – 24 avril 2022 – Champ-de-Mars
« La façon dont le président a incarné le pays fut un atout pour les expatriés » – Franck Riester
Franck Riester, le ministre chargé du commerce extérieur, revient lui sur le rayonnement de la France, atout indispensable pour la réussite des expatriés, par Emmanuel Macron. Avec notre journaliste, est abordé le lien particulier entre les Français de l’étranger et le Président de la République. A regarder dans la vidéo ci-dessous.
Franck Riester – Ministre du commerce extérieur – 24 avril 2022 – Champ-de-Mars
Ce dimanche 24 avril 2022, l’élection présidentielle à Londres et dans tout le Royaume-Uni appelait 117 000 Français à participer. Ils ne sont que 47 194 à s’être déplacés pour le second tour, soit une participation de 40,48%. Sur la circonscription d’Ecosse, qui inclut Edimbourg, Aberdeen et Glasgow, le taux de participation était de 50,54%.
Au Royaume-Uni, Emmanuel Macron a obtenu 92,88% des voix (92,96% sur la circonscription de Londres et 91,44% en Écosse).
Marine Le Pen quant à elle, a toujours du mal à convaincre les Français du Royaume-Uni. La candidate du Rassemblement National a légèrement amélioré son score par rapport à 2017, puisqu’elle a atteint les 7,12% (7,04% sur la circonscription de Londres et 8,56% en Écosse).
Les attentes des expatriés
À la sortie du bureau de vote au Lycée Français à South Kensington, Xavier Kreiss, un Français habitant à Londres depuis quelques années, nous a confié que cinq ans de plus avec Emmanuel Macron sera “une poursuite du programme qu’il avait déjà entamé depuis quelques années. Les deux candidats ont des idées radicalement différentes.”
Les Français de l’étranger concernés par le changement climatique
Au Royaume-Uni, le candidat d’EELV, Yannick Jadot, a fait un bon score au premier tour. Il est arrivé 3e derrière Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.
Ranty nous a confié qu’elle souhaite pour les cinq prochaines années “plus de changement au niveau climatique et plus d’opportunités pour les jeunes. Il faut qu’on nous donne cette chance d’accéder à des postes malgré nos diplômes. C’est ce que j’attends du gouvernement”.
« J’étais radié de la liste«
Beaucoup d’expatriés ont pu voter mais Antonio nous a expliqué qu’il a été radié de la liste électorale. “Je ne sais pas pourquoi. Je me suis réinscrit pour les législatives parce que c’était la seule possibilité. Les enjeux aujourd’hui sont très importants. Je sais que les gens critiquent Macron mais de toute façon la situation était très difficile partout dans le monde. Il faut tenir compte qu’il y a eu cette épidémie de la Covid. Ça a été difficile en France et ici en Angleterre. On ne peut pas être trop dur avec Macron parce qu’il a fait le nécessaire ».
“Choisissez Molière !”
À la sortie du bureau de vote, Edith, une comédienne française installée au Royaume-Uni distribuait avec la metteur en scène des tracts à l’occasion du 400ème anniversaire de la naissance de Molière. La metteur en scène Marianne Badrichani, l’actrice Edith Vernes, et la productrice Nathalie Berrebi reviennent avec un montage théâtral inédit, créé à partir des plus grandes scènes de Molière (Tartuffe, Don Juan, les Femmes Savantes, le Misanthrope, etc.) en mai au Chelsea Theatre à Londres. “On a décidé de monter un spectacle avec des textes de Molière en français à Londres avec des sous-titres anglais. Comme c’est en français on s’est dit que devant le Lycée Français on trouverait une grande communauté de Français parce qu’ils allaient voter ce dimanche. On attend beaucoup de choses dans les cinq ans qui viennent. Personnellement pour la culture aussi. Il faut mettre des moyens pour que la culture puisse se développer, pour donner la chance à tous les acteurs culturels de s’exprimer. Souvent la culture c’est un peu le parent pauvre de la politique, or c’est très important. Il n’y a pas que ça. Il y a aussi l’économie et la santé. Je suis là pour défendre la culture et la faire rayonner au Royaume-Uni.
L’Ukraine et une Europe de la Défense
Emmanuel, qui venait de voter, souhaite dans les cinq ans qui viennent, “que Macron dans les médias aide l’Ukraine beaucoup plus qu’il ne l’a fait. Qu’il prouve que l’Europe de la défense est une réalité et pas quelque chose qu’il promet indéfiniment.”
“Qu’on arrête de parler de religion”
Comme Ranty, Kelly attend que dans les cinq prochaines années “on s’occupe un peu plus de la question du climat. J’attends qu’on s’intéresse aussi à toutes les classes sociales et j’attends aussi qu’on arrête de se focaliser sur toutes les questions qui n’ont aucun intérêt comme la religion”.
“L’organisation était très bonne”
Un homme qui voulait rester anonyme nous a dit que “le vote s’est très bien passé. L’organisation était très bonne. Le Consulat peut en être fier. Tout était bien géré. Il y avait juste à venir pour voter. Tout est parfait. Pour les cinq prochaines années, j’attends du progrès dans beaucoup de directions. Il faut une priorité dans le cadre économique.”
Les Français au Royaume-Uni vont sans doute suivre les premières semaines de la réélection d’ Emmanuel Macron et de la nomination d’un nouveau Premier Ministre ou une nouvelle Première Ministre ainsi que la composition du nouveau gouvernement. En juin il y aura les législatives. Les expats pourront voter en ligne cette année.
Il est à noter que les médias britanniques s’intéressaient tout particulièrementà cette élection présidentielle. Pour eux c’était un référendum pour ou contre l’Europe.
Sœur André, une religieuse française de 118 ans, la plus âgée de nos compatriotes, est désormais la nouvelle doyenne de l’Humanité, après la mort annoncée lundi de Kane Tanaka, une Japonaise de 119 ans.
Qui était Kane Tanaka ?
Kane Tanaka était née le 2 janvier 1903 dans le département de Fukuoka (sud-ouest du Japon) : cette année-là, les frères Wright effectuaient le premier vol motorisé et Marie Curie devenait la première femme à remporter un prix Nobel.
Elle était relativement en bonne santé jusqu’à récemment et vivait dans une maison de retraite dans son département natal, où elle aimait les jeux de société, la résolution de problèmes de mathématiques, le soda et le chocolat.
Plus jeune, Mme Tanaka avait géré plusieurs commerces, dont une boutique de nouilles et un magasin de gâteaux de riz. Elle s’était mariée en 1922, donnant naissance à quatre enfants et adoptant un cinquième.
Elle avait prévu de participer en fauteuil roulant au relais de la flamme des Jeux olympiques de Tokyo en 2021, mais y avait renoncé à cause de la pandémie.
Lorsque le Livre Guinness des records lui avait décerné en 2019 le titre de la personne vivante la plus âgée au monde, on lui avait demandé quel était le moment le plus heureux dans sa vie. Sa réponse: « Maintenant ».
Sœur André, une religieuse française de 118 ans
Sœur André, née Lucile Randon le 11 février 1904 à Alès, dans le sud de la France, et qui vit maintenant à Toulon, en bord de Méditerranée, était sa cadette de 13 mois à peine.
Elle est heureuse, elle aime bien qu’on ait de l’attention pour elle et elle a tout de suite eu une pensée pour tout le personnel de l’Ehpad », établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, où elle vit, a indiqué à l’AFP son attaché de presse, David Tavella. « Mais ce n’est qu’une étape, sourit-il, car son objectif ultime c’est de battre Jeanne Calment (ndlr: la Française morte à 122 ans à Arles, dans le sud de la France, en 1997) ».
Même si aucun organisme officiel ne décerne le « titre » de doyen, sœur André devient bien la doyenne, et de loin, puisque la troisième, une Polonaise, a 115 ans », a indiqué à l’AFP Laurent Toussaint, qui participe à la base internationale IDL, en lien avec l’Institut français des études démographiques (Ined).