Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash info des Français de l’étranger de ce mercredi 17 août. Aujourd’hui on s’intéresse à la fraude au Trésor public en Israël, aux solutions pour la prise en charge des soins, et l’appel d’Emmanuel Macron et de Volodymyr Zelenski.
Fraude en Israël
Le Trésor public français serait victime d’une fraude massive en Israël ! Plusieurs personnes auraient profité du recours au travail partiel durant la période Covid, pour blanchir de l’argent et frauder plusieurs dizaines de millions de shekels au Trésor. Pour l’heure, une enquête est en cours et la police israélienne a arrêté trois suspects principaux. Tous sont placés en détention afin d’être interrogés.
Malade ou accidenté en France ?
Comment faire prendre en charge vos soins lorsque vous êtes en France ? C’est la question que s’est posée la rédaction Lesfrancais.press dans un article publié hier. Travailleur détaché, expatrié au sein de l’Union européenne ou à l’extérieur, retraité ou autre, les procédures sont différentes en fonction de votre statut. Donc si vous avez besoin d’être aiguillé, vous pouvez vous renseigner sur notre site Internet.
L’Ukraine au téléphone
Et nous concluons avec l’échange entre Emmanuel Macron et Volodymyr Zelenski. Hier, les deux chefs de l’État ont poursuivi leur dialogue lors d’un appel téléphonique de plus d’une heure. Ils sont notamment revenu sur le terrorrisme nucléaire russe qui pèse sur le pays. Effectivement, depuis mars dernier, les troupes de Vladimir Poutine occupent la centrale nucléaire de Zaporijia et les tirs entre les deux forces font craindre une catastrophe nucléaire. Ils ont également échangé sur “l’aide macro-financière à l’Ukraine et des défis de sécurité alimentaire” a écrit le président Ukrainien. Enfin, ce dernier demande toujours à Emmanuel Macron d’intensifier les sanctions à l’encontre de la Russie.
C’est terminé pour aujourd’hui. On se retrouve demain pour un nouveau flash ! En attendant, je vous souhaite une très bonne journée, où que vous soyez !
Plusieurs personnes suspectées d’être impliquées dans une fraude de dizaines de millions de shekels visant le Trésor public français et de blanchiment d’argent à l’aide de la cryptomonnaie ont été arrêtées lundi en Israël, a indiqué la police locale. Dans le cadre d’une enquête menée en coopération avec la police française et Europol, la police israélienne a arrêté «trois suspects principaux» et «un certain nombre d’autres», placés en détention pour être interrogés.
L’enquête, qui porte sur des soupçons de «blanchiment de dizaines de millions de shekels en utilisant des mécanismes complexes» de cryptomonnaie, se concentre sur une «fraude à grande échelle visant le Trésor public français» menée depuis Israël, d’après la police, qui n’a pas détaillé l’identité des suspects mais au moins 3 expatriés seraient concernés.
Chômage Covid-19
Une source proche du dossier a indiqué qu’il s’agissait d’une fraude massive au chômage partiel pendant la pandémie de Covid-19 en France, un dossier complexe aux multiples ramifications instruit à Paris à la Juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée (Junalco).
L’enquête, confiée depuis 2020 aux gendarmes de la section de recherches de Toulouse et de l’Office central contre le travail illégal (OCLTI), a permis de dessiner le mode opératoire des escrocs.
Ces derniers ont profité du fait que le gouvernement français a élargi, dès le confinement et pour pallier l’arrêt d’activité en découlant, la possibilité de recourir au chômage partiel et d’indemniser les salariés.Les fraudeurs usurpaient la dénomination sociale et le numéro d’identification d’entreprises existantes pour demander le versement d’indemnités.
Un dispositif «méthodique» de blanchiment
Dans un communiqué, la police a fait état d’un dispositif «méthodique» pour blanchir de l’argent, dont une partie venait «de crimes commis à l’étranger», «en utilisant des monnaies numériques sur plusieurs plateformes avec l’objectif de masquer l’identité des propriétaires de l’argent».
Ces dernières années, plusieurs Franco-israéliens ont été arrêtés par les autorités israéliennes dans des affaires d’escroquerie. En décembre 2021, Israël avait extradé deux Franco-israéliens accusés de fraude, soupçonnés d’avoir obtenu de l’argent de sociétés et de personnes privées sous couvert notamment de promotion de projets de recherche médicale liés au Covid-19.
L’enquête, confiée depuis 2020 aux gendarmes de la section de recherches de Toulouse et de l’Office central contre le travail illégal (OCLTI), a permis de dessiner le mode opératoire des escrocs.
En juin 2021, un homme installé en région parisienne, avait été interpellé, soupçonné d’appartenir à une organisation criminelle basée en Israël à l’origine de plus de 7000 fausses demandes d’indemnisation au chômage partiel pour un préjudice total pour l’État avoisinant les 11 millions d’euros.
En septembre 2020, un autre Franco-israélien avait été condamné en France à sept ans de prison pour s’être fait passer pour l’ex-ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian auprès de riches personnalités afin de subtiliser des dizaines de milliers d’euros.
L’été, les expatriés et plus généralement les Français de l’étranger profitent souvent de la période estivale pour venir en France. Pour certains c’est l’occasion de consulter des spécialistes voire de faire une opération, pour les autres en vacances, personne n’est à l’abri d’un accident ou d’une maladie. Alors comment gérer ces situations quand on ne dispose plus du droit à la sécurité sociale française ? Faire prendre en charge ses soins lors d’un séjour en France n’est pas si évident.
Tout d’abord, il faut distinguer les situations, travailleurs détachés, expatriés au sein de l’Union européenne ou hors de l’Union européenne, les procédures et dispositifs sont différents.
Le travailleur détaché
Commençons par le plus simple, le travailleur détaché par son entreprise française dans un autre pays (au sein de l’UE ou hors UE).
Comme vous le savez sûrement, le salarié, qui est envoyé en mission dans un autre pays pour une durée précise (2 ans, maximum, au sein de l’UE, hors de l’UE cela dépend de la convention liant le pays et la France), continue de bénéficier de la sécurité sociale française et dispose toujours de sa carte vitale.
Logiquement, la prise en charge des soins en France est simple et conforme au droit national ainsi qu’au barème de la sécurité sociale. Le travailleur détaché peut aussi disposer d’une mutuelle française. Il n’y a donc aucune barrière à réaliser des actes médicaux en France. Pour les Français dans cette situation, c’est plutôt les soins réalisés dans le pays de détachement qui nécessitent une assurance spécifique (souvent fournie par l’employeur).
L’expatrié au sein de l’Union européenne
Là aussi, il faut distinguer deux situations : l’actif et le retraité.
Le salarié, le chômeur, l’étudiant ou l’indépendant
Dans le premier cas, si vous travaillez dans un autre pays de l’Union européenne et que vous y résidez, la démarche est assez simple (cela vaut aussi si vous êtes chômeur dans votre pays de résidence). En effet, comme lorsque vous étiez en France et que vous partiez en vacances dans un autre pays européen, il fallait se munir de la carte de sécurité sociale européenne (la fameuse carte bleue). Cette dernière, délivrée par l’organisme de sécurité sociale européen auquel vous cotisez, est gratuite et permettra d’informer le professionnel de vos droits dans votre pays de résidence.
Mais attention, la prise en charge est limitée, vous aurez peu de soucis dans les hôpitaux publics en France mais dans les établissements privés ou en cabinets, vous devrez avancer les fonds et puis faire les démarches à votre retour sur votre lieu de résidence pour être remboursé. Là aussi, les écueils peuvent être nombreux avec des délais ou des procédures de remboursement kafkaïens. Renseignez-vous avant de partir.
Le retraité
Si vous touchez une pension versée par un organisme français, même une fois que vous avez déposé le formulaire E 121/S1 auprès de la sécurité sociale de votre pays de résidence, vous dépendez toujours de la sécurité sociale française. Dès que vous êtes en France, vous devez donc utiliser votre carte vitale et les remboursements seront effectués par la caisse dont vous dépendiez au moment de votre départ au sein de l’Union européenne.
Si vous percevez une retraite d’un autre Etat membre de l’Union européenne, vous dépendez du régime de ce pays, il faudra donc demander la carte européenne et obtenir le remboursement de l’organisme auquel vous êtes affilié.
L’expatrié hors de l’Union européenne
Là aussi, nous devons distinguer deux situations, soit vous êtes expatrié(e) dans un pays ayant signé une convention avec la France, soit ce n’est pas le cas.
En cliquant sur le nom du pays, vous obtiendrez les informations indispensables sur les démarches à réaliser avant de partir et en arrivant. Avec ces pays ou Territoires d’Outre-Mer, il suffit le plus souvent de demander un formulaire spécifique avant de partir pour la France à l’organisme dont vous dépendez. Une fois en France, il suffira de le transmettre à la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de votre lieu de séjour pour disposer de votre couverture maladie.
Expatrié dans un pays qui n’a pas de convention avec la France
Si vous êtes dans un pays hors de l’Union européenne avec qui la France n’a pas signé de convention, la situation est difficile mais simple. Vous n’avez aucun droit sauf à décider de rester en France au moins 3 mois pour bénéficier de la protection universelle maladie (Puma) à laquelle a droit tout citoyen français résidant en France de manière stable.
Alors que faire pour un séjour temporaire ? Il n’y a qu’une solution, soit prendre une assurance spécifique. Il existe des formules pour de courts séjours mais souvent à des tarifs élevés. D’autres organismes, dont la Caisse des Français de l’étranger (CFE), proposent des formules à l’année qui vous garantissent une couverture en France. Le bonus de la CFE, c’est qu’elle vous remettra une carte vitale comme une caisse de sécurité sociale classique, ce qui facilitera les échanges avec les professionnels de la Santé en France ainsi que les remboursements. Il faut compter de 60€ (un étudiant) à 399€ (un retraité) par mois. Pour information, ces dispositifs sont ouverts à tous, même à ceux dans l’Union européenne, une solution onéreuse mais simple et complète.
Le 15 août 2021, la capitale afghane Kaboul chutait entre les mains des talibans. Retour sur la prise de pouvoir des talibans dans le pays.
Ce lundi 15 août était également un jour férié en Afghanistan, mais la célébration de l’Assomption n’y est pour rien. Les talibans, aujourd’hui au pouvoir, ont fêté les un an de la chute de Kaboul. L’an dernier, les images des Afghans tentant de fuir le pays en se ruant sur les avions américains qui démarrent sur le tarmac ont fait le tour du monde, et montraient la détresse des habitants. Pour cause, leur capitale était tombé sans combat aux mains des fondamentalistes.
Le retrait de l’armée américaine
Après deux décennies de présence dans le pays, l’armée américaine commence à se retirer en mai 2021, sur les ordres du président Joe Biden. Aux yeux des talibans, une fenêtre pour reconquérir le pays, s’ouvre. A l’été suivant, ils accélèrent le mouvement. Entre les 6 et 12 août, ils ont mis la main sur les plus grandes villes du pays derrière Kaboul, souvent sans même avoir à combattre.
Aux yeux de la communauté internationale, toutes les conditions sont réunies pour assister à « une catastrophe humanitaire ». Les Etats-Unis envoient quelques milliers d’hommes à Kaboul afin de superviser les opérations, mais en vain. Le 13 août les talibans sont aux portes de la ville, le 15 août ils l’ont ravie.
« Il y aura un transfère pacifique du pouvoir vers un gouvernement de transition » estimait Abdul Satter Mirzakwal, le ministre afghan de l’Intérieur, le jour de la chute de Kaboul. Mais les talibans en ont décidé autrement et investissent le Palais présidentiel. Dans la rue, le chaos. Des milliers de citoyens tentent par tout les moyens de faire comme leur président : fuir le pays. Du côté des ressortissants étrangers, chacun s’organisent comme il le peut. Alors que les membres du G7 demandent aux Américains de rester plus longtemps sur place afin d’organiser les départs, ils se retirent un jour plus tôt que prévu et laissent leurs alliés se débrouiller.
Le 19 août, les fondamentalistes annoncent le retour de l’Émirat islamique d’Afghanistan fondé sur la Charia. Alors qu’ils tentent de montrer à la communauté occidentale que la vie continue son cours et que les libertés humaines sont respectées, le peuple est violemment réprimé. Surtout les femmes. Depuis un an, celles-ci ont vu leurs droits se réduire comme peau de chagrin.
Après des avancées significatives en matière de politique européenne du travail ainsi qu’au niveau des droits sociaux durant le premier semestre 2022, tous les regards sont à présent tournés vers la présidence tchèque du Conseil de l’Union européenne pour voir si cette dynamique se poursuivra au cours du second semestre.
La présidence française du Conseil s’est achevée en juin avec un accord sur plusieurs propositions de l’UE visant à améliorer l’équité au travail, notamment la directive destinée à renforcer l’égalité des sexes dans les conseils d’administration des entreprises.
Selon le ministre tchèque du Travail et des Affaires sociales, Marian Jurečka, l’égalité des sexes au travail restera l’une des priorités de la présidence du Conseil dans les mois à venir.
Transparence salariale
En juillet, M. Jurečka a annoncé aux législateurs européens que la présidence s’efforcerait de faire progresser la directive sur la transparence des rémunérations afin de combler l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes dans l’UE, qui se situe actuellement autour de 14 %.
Cette proposition de directive donne aux demandeurs d’emploi le droit d’être informés de la fourchette de rémunération pour les postes auxquels ils se portent candidats. En outre, ils auraient accès à des données détaillées en fonction du sexe, ce qui leur permettrait de vérifier si les femmes et les hommes sont payés de manière égale pour le même travail ou un travail équivalent.
Les nouvelles règles demandent aux employeurs qui emploient au moins 250 personnes de rendre compte des écarts de rémunération entre les sexes et de procéder à une évaluation des salaires si l’écart dépasse 5 % sans justification. Par ailleurs, les victimes de discrimination salariale auraient droit à une indemnisation.
Pour l’heure, le Conseil et le Parlement affichent des positions « très éloignées » sur ce dossier, a déclaré le ministre tchèque, qui espère négocier la directive « progressivement ».
Si les législateurs font pression pour étendre les règles à toutes les entreprises de plus de 50 employés, ils sont également ouverts à des négociations, a affirmé l’eurodéputée Kira Marie Peter-Hansen, co-rapporteur sur le dossier.
« Nous, le Parlement, voulons que cette législation soit appliquée le plus rapidement possible et nous sommes prêts à travailler dur pour trouver un terrain d’entente au cours de la présidence tchèque », a-t-elle confié à EURACTIV.
Salaire minimum
Pendant ce temps, l’UE devrait finaliser la directive sur le salaire minimum après l’accord conclu par le Parlement européen et le Conseil en juin.
Vingt-et-un États membres ont déjà mis en place un salaire minimum allant de 363 euros par mois en Bulgarie à 2 313 euros par mois au Luxembourg, selon les données d’Eurostat publiées en juillet.
Dans les six États membres qui n’ont pas mis en place de salaire minimum (Autriche, Chypre, Danemark, Finlande, Italie et Suède), les niveaux des salaires sont déterminés par des négociations collectives.
Conformément à la nouvelle législation européenne, les États membres dans lesquels une convention collective protège moins de 80 % de la main-d’œuvre doivent élaborer un plan d’action pour étendre cette couverture.
Le Parlement devrait procéder au vote final sur la directive lors de la session plénière de septembre.
L’eurodéputée Agnes Jongerius, co-rapporteur sur le dossier au Parlement, s’attend à un vote favorable sur la directive en raison de l’inflation croissante dans l’UE.
« Je pense que tous les eurodéputés sont conscients que dans leurs États membres, les gens ont des problèmes pour joindre les deux bouts, pour payer les factures », a-t-elle déclaré.
Selon elle, l’UE sait que pour traverser les crises économique et énergétique actuelles, « le maintien du pouvoir d’achat est vraiment important ».
Vote au Parlement européen
Revenu minimum
Entre-temps, la Commission travaille également sur une recommandation relative au revenu minimum qui devrait être présentée fin septembre.
« Nous voulons commencer à discuter d’une proposition relative à une norme de revenu minimum », a expliqué M. Jurečka aux législateurs européens, avant d’ajouter que le revenu minimum joue un rôle important dans la lutte contre la pauvreté.
La proposition devrait garantir que toute personne ne disposant pas des ressources suffisantes ait droit à un revenu minimum suffisant. Elle prévoit également des mesures visant à encourager les personnes capables de travailler à accéder au marché du travail.
Certains États membres ont déjà introduit le revenu minimum, mais sous réserve de certaines restrictions. En Italie, par exemple, seules les personnes résidant depuis plus de dix ans peuvent en bénéficier, tandis qu’en France, les personnes de moins de 25 ans ne peuvent généralement pas bénéficier du revenu minimum.
La recommandation pourrait encourager les gouvernements nationaux à éliminer ces obstacles et à étendre la couverture des prestations de revenu minimum.
Toutefois, « la mise en œuvre effective dépendra entièrement des États membres, car la recommandation n’a rien de contraignant », a déclaré Peter Verhaeghe, responsable politique chez Caritas Europa.
Cependant, un engagement de la part des États membres de l’UE et des systèmes de contrôle pourrait « obliger les États membres à faire un peu plus pour améliorer le système de revenu minimum en termes de couverture et d’adéquation », a-t-il poursuivi.
Total Energies, ExxonMobil, Shell et les autres grandes compagnies pétrolières sont les cibles parfaites des militants luttant contre le réchauffement climatique. Elles symbolisent le capitalisme de ces cent dernières années et sont accusées d’être les principaux responsables du dérèglement climatique. Elles sont les bouc-émissaires idéaux du fait de leur notoriété mondiale. Dans les faits, elles ne sont qu’un rouage de l’économie carbonée, certes important mais leur condamnation ne saurait suffire pour renverser le réchauffement climatique.
Les majors occidentales produisent moins de 20 % de la production mondiale de pétrole
Contrairement à une croyance bien établie, les majors pétrolières ne sont pas les principaux producteurs de pétrole. Les compagnies pétrolières nationales comma Saudi Aramo, QatarEnergy, Adnoc (Emirats Arabes Unies) et PDVSA (Venezuela) sont bien plus puissantes que les majors occidentales. Elles produisent les trois cinquièmes du brut mondial et la moitié du gaz naturel, contre un peu plus d’un dixième pour les grandes sociétés pétrolières internationales. Elles disposent des deux tiers des réserves de pétrole et de gaz découverts dans le monde. Elles peuvent produire encore plus de quatre décennies. Les majors occidentales produisent moins de 20 % de la production mondiale de pétrole et détiennent environ 15 % des réserves.
Dans les cinq premières compagnies intervenant dans le secteur des hydrocarbures figurent une société saoudienne, une société iranienne, une société chinoise et deux sociétés russes. Exxon arrive en 6e position, BP en 7e, Shell en 8 et Total Energies en 13e position. Avec un prix du baril à 100 dollars, les compagnies nationales enregistrent des gains records. Si ce prix se maintenait jusqu’en 2030, leurs gains supplémentaires se chiffreraient à plus de 1100 milliards de dollars. La moitié de cette prime irait aux compagnies nationales émiratis, koweïtiens, qatariens et saoudiens. Les entreprises russes telles que Rosneft, malgré les embargos occidentaux, grâce à leurs ventes en Chine et dans les autres pays asiatiques, capteraient près d’un cinquième de ce gain.
Les entreprises pétrolières d’Etat moins impliquées dans la transition énergétique
Les compagnies nationales productrices d’hydrocarbures réalisent peu d’efforts pour décarboner leurs activités. Selon le cabinet de conseil Wood Mackenzie, on estime que les géants publics consacrent moins de 5 % de leurs dépenses d’investissement à la transition énergétique, contre 15 % en moyenne pour les entreprises américaines et européennes. Entre 2005 et 2020, les entreprises nationales ont également déposé moins de demandes de brevet pour des idées vertes que leurs rivales internationales.
Les entreprises pétrolières d’Etat les moins impliquées dans la transition énergétique sont celles des pays peu ou pas démocratiques. La PDVSA vénézuélienne ne réalise aucun investissement pour la décarbonation quand, en revanche, Equinor, en Norvège s’investit dans les énergies renouvelables. Il convient de signaler qu’il en est de même pour Aramco qui est une société saoudienne mais cotée. Petronas en Malaisie et Ptt en Thaïlande, se tournent de plus en plus vers les énergies renouvelables. Ptt se lance également dans les véhicules électriques. La compagnie de Colombie, Ecopetrol, a investi dans des projets éoliens et solaires et a récemment acquis une société de transport d’électricité.
Décarboniser la production pétrolière
Le Cnooc chinois veut maintenant que ses émissions de carbone atteignent leur maximum d’ici 2028 et promet que l’énergie non fossile représentera plus de la moitié de sa production intérieure d’ici 2050, conformément à l’engagement du président Xi Jinping selon lequel les émissions chinoises commenceront à baisser avant 2030. La compagnie brésilienne Petrobras estime que la production de pétrole de ses nouveaux gisements entraîne 40 % d’émissions de gaz à effet de serre en moins par baril que la moyenne mondiale.
Plutôt que de miser sur les énergies renouvelables, la société brésilienne décarbonise les opérations pétrolières en investissant dans des installations de production et des navires entièrement électriques. Elle a récemment obtenu un prêt vert de 1,3 milliard de dollars, où le taux d’intérêt baisse si l’entreprise émet moins de carbone, et a lié la rémunération des dirigeants aux objectifs d’émissions. Aramco a développé des centres de recherche pour favoriser l’essor d’énergies vertes. Les Saoudiens ont investi sur des techniques de captation des émissions de CO2. Ils ont financé, pour 5 milliards de dollars, un projet d’hydrogène vert dans une ville en plein milieu du désert, Neom, avec l’objectif de devenir le premier exportateur mondial d’hydrogène. Les entreprises algériennes et vénézuéliennes émettent trois à quatre fois plus de carbone dans la production de pétrole que les entreprises les mieux gérées sur le plan géologique telles que Adnoc et Aramco, et brûlent sept à dix fois plus de gaz par baril que QatarEnergy.
Plateforme pétrolière
Un pouvoir économique qui devrait perdurer au minimum jusqu’au milieu du siècle
Les petites compagnies nationales ou celles qui détiennent d’importantes réserves n’entendent pas modifier leur mode de développement.
Le pétrole reste incontournable encore pour de nombreuses années tant en matière d’énergie qu’en tant que matière première. Les pays producteurs disposent d’un pouvoir économique qui devrait perdurer au minimum jusqu’au milieu du siècle. A partir des années 1960 et surtout 1970, ils ont entendu contrôler leur rente en créant de grandes compagnies nationales dont l’objectif n’était pas de restreindre la consommation de pétrole mais bien d’en retirer tous les avantages.
Les pays producteurs doivent néanmoins gérer l’épuisement des réserves et la transition énergétique qui suppose une sortie des énergies fossiles. Cette sortie sera progressive mais elle entraînera des changements dans les rapports de force entre les Etats. Si certains préparent demain et après-demain, force est de constater que d’autres tendent à espérer que la rente perdurera.
Bonjour à toutes et à tous ! Nous voici de retour pour le flash info des Français de l’étranger, après une petite pause estivale. J’espère que votre été est bon où que vous soyez ! On revient aujourd’hui avec le délai pour les pièces d’identité, les feux de forêts qui dévastent la France et une Savoyarde qui crée le buzz en Afrique du Sud !
Une longue attente pour ses papiers d’identité
Des délais toujours plus longs pour obtenir ses papiers d’identité ! Que ce soit en France ou à l’étranger, renouveler son passeport et/ou sa carte d’identité est un véritable parcours du combattant. Les manques de moyens et de personnels sont à l’origine de ces problèmes dans les consulats. Heureusement, certains citoyens font preuve d’initiative et vous aident à connaître les créneaux disponibles chez vous. C’est le cas avec le site rdv-consulat.fr ! Et si nous attendons des solutions apportées par le gouvernent, le nouveau ministre des Français de l’étranger Olivier Becht a promis d’en faire un de ses chevaux de bataille pour son mandat !
La France brûle
On continue avec les feux de forêts qui dévastent la France depuis le début de l’été. De la Gironde au Jura en passant par la Normandie, la France a été et est toujours victime des flammes d’origines criminelles ou naturelles. Face à cela, le président Emmanuel Macron a déclaré vouloir tirer des enseignements des événements, et pour cela il se réunira avec les acteurs des départements concernés une fois les feux éteints pour réfléchir au modèle de prévention et de lutte contre les incendies». Un vaste chantier devrait donc s’ouvrir dans les prochains mois.
Puis on termine avec une Savoyarde qui crée le buzz en Afrique du Sud. Julie dit Kazeli enflamme les réseaux sociaux avec sa chanson Reste toi. Née d’un savant mélange de pop française et d’amapiano, un style propre au pays, elle a enregistré plusieurs milliers d’écoutes sur Tik Tok, YouTube et Apple Music ! Aujourd’hui Kazeli et ses amis musiciens cherchent à financer le clip vidéo et en appellent à la solidarité. Si vous le souhaitez vous pouvez participer en cliquant sur le lien disponible dans l’article du site Lesfrançais.press.
Et voilà c’est terminé pour aujourd’hui on se retrouve demain pour un nouveau flash ! En attendant je vous souhaite une très bonne journée et je vous quitte en musique !
« Réaliser la réunification de la patrie par des moyens pacifiques est dans l’intérêt général de la nation chinoise, y compris des compatriotes de Taïwan … La réunification de notre pays peut être réalisée et le sera. » Afin qu’on le prenne au sérieux, Xi Jinping, que les opposants chinois appellent Winnie l’Ourson, a mimé un blocus naval de Taïwan, et envoyé plusieurs missiles pour protester contre la visite de Nancy Pelosi dans l’île. Taïwan a répliqué en tirant quelques obus en l’air. En Chine, les feux d’artifices ont une signification impériale, c’est à dire de prestige, ce qui revient au même. Est-on à l’aube d’une guerre de Chine ?
Beaucoup s’affolent de risques de guerre, jusqu’à fustiger la légèreté de Nancy Pelosi, comme si la numéro 3 dans l’ordre protocolaire des États-Unis rendait visite à Taïwan de son seul chef. Avec l’Ukraine, (et après la déroute afghane) les États-Unis rappellent leurs règles.
La Chine ne peut pas faire la guerre à Taïwan
Xi Jinping a donc répondu à une provocation par la provocation. Comme ses missiles, elle est tombée à l’eau : la Chine ne peut pas faire la guerre à Taïwan sans se ruiner. Bien sûr, il faut se méfier de quelqu’un capable de censurer Winnie l’Ourson et d’inscrire sa « géniale pensée » dans la Constitution. Plus encore quand il met en jeu sa couronne dans quelques mois, se faisant réélire pour un troisième mandat, contrairement aux règles antérieures. Plus encore quand son économie toussote. L’intérêt d’un pays ne suffit pas à expliquer les décisions des dirigeants, sinon leur seul intérêt.
Entre le géant chinois et l’îlot taïwanais, Taïwan peut gagner
La Chine n’a aucun intérêt à une guerre avec Taïwan, qu’elle pourrait bien perdre. Et qui, de toute façon, la détruirait en grande partie. Cela peut paraitre absurde : entre le géant chinois et l’îlot taïwanais, Taïwan peut gagner.
Il y a un esprit de défense qui vient de loin. Taïwan n’est pas vraiment chinois, ou plutôt, est une autre Chine. La population de Taïwan est au départ austronésienne (comme les Polynésiens). Les Chinois s’y installent à partir du XVIème siècle ; la colonisation progressive ne se conclut qu’en 1885, juste avant que l’Empire cède l’île au Japon. 200 000 Taïwanais ont servi l’armée japonaise pendant la guerre jusqu’en 1945. Puis Tchang Kai Chek s’y réfugie avec deux millions de ses fidèles, sur une population de six millions. Il y impose sa dictature et rêve de reconquête. C’est surtout lui qui crée le mythe d’une « seule Chine ».
Tout mirage est piège : peu à peu les pays ne reconnaissent comme « Chine » que la République Populaire (à commencer par De Gaulle) et l’ONU remplace Taipei par la Chine continentale en 1971, dans un épisode peu glorieux. Il ne reste aujourd’hui que quatorze Etats qui maintiennent une ambassade à Taipei, généralement parce qu’ils reçoivent des subsides plus importants de Taïwan que ceux que promettent la Chine.
Le Japon, la Corée, le Vietnam et les Philippines craignent l’impérialisme chinois
Mais Taïwan n’est pas à ce point isolée : 58 pays maintiennent une « représentation » à Taïwan. Les États-Unis ont signé des traités d’amitié avec Taïwan, dont le Taïwan relation Act, voté en 1979, qui garantit à Taïwan les moyens « militaires » de son indépendance de fait. S’il n’y a pas d’alliance militaire, cela y ressemble beaucoup. La France elle-même vend du matériel militaire à Taïwan, avions et frégates. La modernisation de ces derniers fait d’ailleurs l’objet d’un nouveau contrat qui doit être mis en œuvre en 2023.
En cas de confrontation, c’est plutôt la Chine qui serait isolée. Le Japon, la Corée, l’Australie, le Vietnam et les Philippines craignent l’impérialisme chinois …
La Chine a construit, en volume mais non en qualité, la première marine militaire du monde. En 2030, le tonnage de la marine chinoise devrait être 2.5 fois supérieur à celui de la marine américaine. Or le problème de la Chine, c’est que sa façade maritime est relativement faible : elle est bornée par le Japon et… Taïwan.
Les Taïwanais se sentent de moins en moins chinois
L’armée chinoise serait-elle capable d’envahir Taïwan ? En théorie, et à condition que les États-Unis n’y interviennent pas, c’est possible. Cela exigerait une telle préparation et concentration de troupes pour franchir les 180 km du détroit que c’est quasiment impossible par surprise. Les Taïwanais, même sans le secours immédiat des États-Unis, pourraient infliger des pertes colossales aux Chinois. Taïwan est une puissance industrielle de haute technologie. Elle a une vraie capacité de défense. Qui plus est, une fois sur place, l’occupation de l’île ne pourrait quasiment pas se faire sans la détruire.
D’autant que les Taïwanais, face aux discours chinois, se sentent de moins en moins chinois. Seulement 5% de la population souhaite la réunification (26% en 1994) . Le parti démocratique (DPP) de la présidente Tsai Ing Wen est pour l’indépendance. Ce que craint le PCC, c’est qu’un jour Taïwan ne déclare son indépendance et que celle-ci soit reconnue par un certain nombre de pays, voire par les États-Unis.
De fait, les États-Unis avaient proposé la reconnaissance de deux Chine au Parti Communiste Chinois dans les années 70. Taïwan a demandé plusieurs fois sa réintégration à l’ONU, la pression de la Chine l’en a toujours empêché. Mais dans un contexte de tension, l’occasion peut se représenter.
Une réussite économique et démocratique exceptionnelle
Taïwan est le 21éme PIB mondial. En Pib par habitant, il est au 15ème rang. C’est une réussite exceptionnelle depuis les années 80 et la marche vers la démocratie. C’est un pays considéré comme l’un des plus démocratiques du monde, devant la plupart des pays européens, y compris la Suisse… et la France.
Taïwan montre que la démocratie convient aux Chinois, comme aux Coréens, aux Japonais, et n’est pas un monopole occidental. Avec une réussite plus spectaculaire encore que la conversion chinoise au capitalisme contrôlé, c’est un contre-modèle ultraperformant, et gênant.
Enfin, principale raison de la vanité des menaces chinoises, Taïwan est le premier investisseur en Chine. L’économie chinoise, sans Taïwan, ne fonctionnerait plus. Les économies sont totalement interdépendantes. Ce qui explique d’ailleurs que Taïwan ne proclame pas son indépendance. Ce n’est pas l’envie qui manque, ni la peur qui paralyse, c’est la réalité des imbrications.
Il n’y a pas un, mais deux modèles chinois
La Chine a toujours considéré qu’avec le temps, la réunification se ferait naturellement, « par des voies pacifiques ». Mais l’Assemblée du Peuple a voté l’obligation d’une guerre immédiate si Taïwan déclarait son indépendance. Chacun montre ses lignes rouges. Mais la confrontation avec les Etats-Unis donne un autre cours au temps long : celui d’une indépendance possible de Taïwan. Les Taïwanais ne sont pas du tout conquis par le « modèle chinois du PCC » qui agit comme un répulsif, tandis que les Etats-Unis et leurs alliés voient de plus en plus la Chine comme une « menace », comme le rappelle la dernière réunion de Madrid de l’Otan. Sur fond de crise, la Chine, elle, décide peu à peu, d’un repli intérieur progressif.
La guerre de Chine n’aura pas lieu. Pas tout de suite. Une lutte se dessine. Ce ne sera pas une guerre de missiles. Elle sera globale, une « guerre hors limite » : pas vraiment militaire, ni seulement technologique ou économique, elle sera aussi, comme à l’origine, idéologique. Il n’y a pas un, mais deux modèles chinois. Qui sait si le petit ne contaminera pas le grand ? C’est bien ce que craint Winnie l’Ourson…
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Sébastien Raoult est incarcéré depuis deux mois au Maroc suite à l’émission d’une notice rouge d’Interpol à la demande des autorités américaines. Ce Français âgé de 21 ans, autiste, est soupçonné d’être membre d’un groupe de cybercriminels qui aurait visé des entreprises américaines. Sans aucun jugement et sans fournir aucune preuve, les USA, mais aussi d’autres Etats, peuvent ainsi via Interpol faire procéder à l’arrestation de citoyens français pour les extrader vers leur territoire lors du passage des frontières. Et ce alors que la France n’extrade jamais ses ressortissants. On vous détaille cette procédure, aujourd’hui dénoncée par les avocats aux quatre coins du monde.
Les notices Interpol : fonctionnement
Une notice rouge est un avis de surveillance. Il s’agit d’une demande aux forces de l’ordre internationales du monde entier de procéder à une arrestation provisoire d’un criminel présumé. Cet avis est une demande des forces de l’ordre d’un pays demandant l’aide d’autres pays pour résoudre un crime ou attraper un criminel. Sans cet avis, il est impossible de suivre les criminels d’un pays à l’autre. Ils procèdent à cette arrestation provisoire en attendant la remise, l’extradition ou toute autre action en justice.
INTERPOL publie généralement cet avis à la demande d’un pays membre. Ce pays ne doit pas nécessairement être le pays d’origine du suspect. Cependant, il doit s’agir du pays où le crime a été commis. L’émission de notices rouges est traitée avec la plus grande importance dans tous les pays. Cela implique que le suspect en question est une menace pour la sécurité publique et doit être traité comme tel.
La notice rouge n’est cependant pas un mandat d’arrêt international. Il s’agit simplement d’un avis de recherche. En effet, INTERPOL ne peut contraindre les forces de l’ordre d’aucun pays à arrêter une personne faisant l’objet d’une notice rouge. Chaque État membre décide de la valeur juridique qu’il accorde à une notice rouge et du pouvoir de ses autorités répressives de procéder à des arrestations.
Mais il existe 7 types de notices qu’on vous détaille ci-dessous :
7 types de notice Interpol
Orange: Lorsqu’un individu ou un événement constitue une menace pour la sécurité publique, le pays hôte émet un avis orange. Ils fournissent également toutes les informations dont ils disposent sur l’événement ou sur le suspect. Et il est de la responsabilité de ce pays d’avertir Interpol qu’un tel événement est susceptible de se produire sur la base des informations dont il dispose.
Bleu: Cet avis est utilisé pour rechercher un suspect dont le sort est inconnu. Les autres États membres d’Interpol mènent des recherches jusqu’à ce que la personne soit trouvée et que l’État d’émission soit informé. Une extradition peut alors être effectuée.
Jaune: Semblable à la notice bleue, la notice jaune est utilisée pour localiser les personnes disparues. Cependant, contrairement à la notice bleue, ce n’est pas pour les suspects criminels mais pour les personnes, généralement des mineurs qui sont introuvables. Il s’adresse également aux personnes incapables de s’identifier en raison d’une maladie mentale.
Rouge: La notice rouge signifie qu’un crime grave a été commis et que le suspect est un criminel dangereux. Il ordonne au pays dans lequel se trouve le suspect de garder un œil sur cette personne et de poursuivre et d’arrêter le suspect jusqu’à ce que l’extradition soit effectuée.
Vert: Cet avis est très similaire à l’avis rouge avec une documentation et un traitement similaires. La principale différence est que la notice verte concerne les délits moins graves.
Noir: La notice noire concerne les cadavres non identifiés qui ne sont pas citoyens du pays. L’avis est émis afin que tout pays demandeur sache que le cadavre se trouve dans ce pays.
Avis aux enfants : Lorsqu’un ou plusieurs enfants sont portés disparus, le pays émet un avis via Interpol afin que d’autres pays puissent participer à la recherche.
La notice rouge est la plus sévère de toutes les notices et sa délivrance peut avoir des effets d’entraînement parmi les nations du monde. Cela montre que la personne est une menace pour la sécurité publique et doit être traitée comme telle. Le but d’une notice rouge est généralement une arrestation et une extradition.
Cependant, la notice rouge d’Interpol est, depuis quelque temps, dénoncée par des avocats et défenseurs des droits humains en France et ailleurs dans le monde. Ainsi certains estiment que les pays ne seraient pas assez contrôlés dans l’émission d’une notice rouge. Or le document, parfois très succinct, peut avoir d’importantes répercussions.
C’est par exemple ce qu’il s’est passé pour Hubert Goutay. Ce Français de 65 ans, patron d’une société de négoce, est incarcéré depuis huit mois au Maroc suite à l’émission d’une notice rouge à son encontre. Le Royaume en avait fait la demande à la suite d’une nébuleuse affaire de cocaïne saisie dans un cargo au Bénin. Mais ce père de famille crie son innocence.
« Quand on lit la notice rouge, il y a quelques lignes, il n’y a rien sur notre père, il n’y a rien sur son implication. On ne comprend même pas pourquoi il a été arrêté. On était à 10.000 lieux d’imaginer qu’il allait pouvoir être interpellé, que ce soit en France ou au Maroc, par Interpol »
Ariane Goutay, la fille d’Hubert Goutay
Certaines associations de défense des droits de l’Homme s’inquiètent également de la politisation de ces notices rouges. Interpol en émet actuellement 69.000 mais certains pays font plus de demandes que d’autres. C’est le cas de la Russie de Vladimir Poutine. Presque à chaque fois, les fugitifs russes sont présentés de manière lapidaire par Moscou, souvent accusés de participer à une organisation terroriste. Or, ces accusations n’ont pas vocation à être vérifiées par Interpol.
Que faire en cas d’arrestation au passage d’une frontière ?
Si par malheur, lors d’un voyage, vous êtes confronté à un abus d’émission d’une notice d’Interpol à votre encontre, il faut bien évidemment demander l’assistance consulaire, trouver un avocat et vous armer de patience et de courage.
Au niveau d’Interpol, afin de lutter contre les abus de certains Etats, prompts à émettre des notices rouges abusives, Interpol a institué une Commission de Contrôle de Fichiers (CCF). La procédure de contestation est longue et complexe et consiste en une analyse de la notice rouge afin de déterminer si celle-ci respecte les critères définis par l’article 83 du Règlement d’Interpol sur le Traitement des données.
En règle générale, une notice rouge Interpol est valide si les critères cumulatifs suivants sont remplis :
L’infraction concernée est un crime grave de droit commun ;
L’infraction en cause est punie d’une peine privative de liberté d’au moins deux ans ou plus.
Une notice rouge d’Interpol ne peut en revanche pas être publiée pour les catégories d’infractions suivantes :
infractions controversées relatives aux normes comportementales ou culturelles (ex. : adultère, homosexualité, etc.);
infractions à des lois ou réglementations de nature administrative ;
litiges privés ou commerciaux (chèques sans provision)
Une notice rouge d’Interpol peut également être supprimée s’il apparaît que les poursuites sont motivées par des considérations politiques ou s’il est évident que, conformément aux normes internationales, les motifs de poursuites ne sont pas suffisants. Il reste enfin également possible de demander la suppression d’une notice rouge lorsque les droits fondamentaux de la personne mise en cause n’ont pas été respectés.
Si la procédure suit son cours et que vous êtes condamné dans le pays émetteur, il vous restera toujours la possibilité de demander un transfèrement vers la France.
Les délais pour obtenir de nouveaux papiers d’identité depuis l’étranger ne cessent de s’allonger. Le résultat d’un manque de personnel et d’une chute des moyens octroyés depuis une décennie. Elus et personnalités de la communauté des expatriés ont interrogé le gouvernement et les responsables de l’administration. On fait le point avec les Français de l’étranger sur la situation rencontrée dans les services consulaires aux quatre coins du monde.
Les conséquences de la pandémie ?
Depuis l’amorce de la sortie de la crise Covid en 2021, les administrations françaises dans l’hexagone ou à l’étranger sont assaillies par les demandes de création ou de renouvellement des titres d’identité. Mais pas sur les mêmes plans. Effectivement, comme l’a relaté Le Monde, le 20 juillet dernier, les dépôts de dossiers de fabrication de papiers d’identité ont augmenté de 30% en mai et juin par rapport à l’année 2019. Cette hausse, expliquée par le retour de la possibilité de voyager à l’étranger, a donc accentué la période de délivrance desdits titres dans l’hexagone. Pour y faire face, le gouvernement a promis de débloquer une aide de 10 milliards d’euros au bénéfice des mairies. Une aide qui ne concerne cependant pas les administrations françaises à l’étranger qui rencontrent une autre difficulté. Effectivement, ce n’est pas le temps de remise des titres d’identité qui crée un blocage, mais celui pour prendre rendez-vous dans les postes consulaires afin de constituer son dossier. Le sénateur des Français de l’étranger Jean-Yves Leconte concède donc que “ne pas prendre en compte les consulats dans cette aide spéciale est une négation de la réalité”.
“Le problème que vous abordez est réel et ne date pas d’aujourd’hui. […] Des informations dont nous disposons, la situation tend à s’améliorer depuis l’année 2021. Je ne dis pas que tout va bien, ce que je dis c’est que factuellement le délai de traitement [des passeports] a diminué entre les années 2020 et 2021”, répondait le ministre Gabriel Attal, à la demande du sénateur Jean-Yves Leconte qui l’interrogeait sur une possible augmentation du budget alloué aux services consulaires français, lors du débat parlementaire du 2 août dernier. Un amendement rejeté par le gouvernement et la commission, bien que le ministre ait “bien conscience du problème”. Mais est-ce véritablement le cas ? Effectivement, ce dernier évoque une longueur des délais de délivrance des papiers d’identité pour les Français de l’étranger. Or, comme nous le disions et d’après les représentants de ces derniers, le problème réside davantage dans la durée afin d’obtenir un rendez-vous dans les postes consulaires que dans celle du traitement des dossiers. Selon les maints élus des Français de l’étranger contactés, cette situation est dûe à plusieurs facteurs.
Des baisses toujours plus importantes des moyens et du personnel consulaire
Jean-Yves Leconte, sénateur des FDE
Au même titre que Jean-Yves Leconte, les élus consulaires Gaëlle Barré (PS – Italie) et Bertrand Dupont (LR- Amérique Latine), ou encore le vice-président de Français du monde à l’AFE, Mehdi Ben Lahcen, accusent une insuffisance de moyens et donc de personnel dans les administrations à l’étranger. En effet, étant tous en place depuis un certain nombre d’années, ils font part des réductions d’effectifs dans les postes consulaires alors même que la communauté française hors de France ne cesse de croître au fil des ans. Un point que nous pouvons constater avec, par exemple, la suppression de certains postes de consuls honoraires, comme celui de Cancún au Mexique. Bien que cette ville réponde à de nombreux critères demandés afin d’ouvrir une agence consulaire, à savoir avoir une importante communauté française résidant sur place, un flux de touristes français non négligeable, et une distance importante avec l’autre administration la plus proche – ici Mexicó située à 1 300 km de la ville balnéaire – ce poste a été supprimé en 2021, mettant nos compatriotes dans l’embarras.
Une baisse de personnel qui ne date pas d’aujourd’hui
L’amoindrissement du nombre de fonctionnaires à l’étranger ne date pas d’aujourd’hui. Comme nous pouvons le constater dans un article signé Les Échos en 2018, Gérald Darmanin, à l’époque ministre de l’Action et des Comptes publics, annonçait la suppression de 10% de ces effectifs. Alors même qu’il y avait déjà eu des coupes de 11% entre 2007 et 2012, et de 6% entre 2012 et 2017.
Mehdi Ben Lahcen, vice-président de Français du monde à l’AFE
Aux yeux de Mehdi Ben Lahcen, “les problèmes observés dans l’administration s’accentuent année après année, à chaque baisse de moyens lui étant octroyés”. Face à ces chiffres, il est donc logique de constater un accroissement des délais de traitement des dossiers de nos compatriotes.
De plus, cela a un impact sur le nombre de tournées consulaires effectuées chaque année. Celles-ci visent à aller à la rencontre des Français qui résident loin des postes consulaires, afin de leur éviter de faire plusieurs longs et onéreux déplacements jusque dans leur consulat. Seulement, avec moins d’effectifs et de budget, les tournées consulaires se font plus rares, comme le constatent Gaëlle Barré en Italie et Bertrand Dupont en Amérique Latine.
L’ambassade de France en Lettonie
Des rendez-vous difficiles à prendre
Lorsqu’un Français de l’étranger souhaite renouveler son passeport ou sa carte d’identité, il doit prendre rendez-vous dans son consulat. Seulement, les sites Internet de ces administrations permettent seulement de regarder les créneaux disponibles sur l’ensemble du mois. Pas sur les suivants. Or, entre la réduction des effectifs et la hausse des demandes évoquées précédemment, la majorité des plages horaires sont réservées rapidement. En réserver une devient donc un casse-tête pour les Français hors de France.
De plus, depuis l’année 2021, l’une des deux sessions de rattrapage par semaine a été supprimée, comme le rappelle Mehdi Ben Lahcen. Celles-ci permettent aux citoyens de vérifier si un créneau s’est libéré suite à l’annulation du rendez-vous par l’un de leurs compatriotes. Les Français de l’étranger ont donc de moins en moins de visibilité.
Des solutions apportées par les Français de l’étranger
Des Français de l’étranger prennent donc le relais pour tenter de pallier certaines difficultés. Effectivement, depuis quelques temps nous voyons fleurir sur Internet et les réseaux sociaux des pages créées par des volontaires afin d’apporter de la visibilité sur les créneaux disponibles sur le long terme.
Julien Descamps
Le 28 juillet dernier est, par exemple, apparue la page rdv-consulat.fr, à l’initiative de Julien Descamps, un jeune Français installé à Boston et d’après l’idée de l’élu consulaire aux Etats-Unis, Loïc Le Gland. Un dispositif “simple comme bonjour à mettre en place” selon l’étudiant. Si au lancement du site, Julien Descamps pensait ne recevoir qu’un petit nombre d’inscriptions, ce sont plus de 400 utilisateurs qui se sont enregistrés la première nuit. Ce nombre s’est élevé à 3 000 aujourd’hui et comprend toutes les régions du monde. Comme quoi le problème est global, bien qu’il se concentre principalement sur les consulats de Madrid (près de 400 inscrits), Lisbonne (plus de 200) et Barcelone.
Malgré le fait que nous ne puissions que saluer cette initiative, ce dispositif n’apporte pas de solutions concrètes aux manques de personnel et de moyens. De plus, son créateur confie que le dispositif “a vocation à disparaître » le jour où le service public améliorera les sites des consulats.
“Un certain nombre de défis à relever”
Malgré les maints obstacles évoqués, nous pouvons noter quelques améliorations, comme l’envoi des titres d’identité des Français de l’étranger par la Poste (la liste des pays éligibles à l’envoi par pli sécurisé). En effet, jusqu’en 2017, les personnes devaient se déplacer dans leur administration afin de retirer leur passeport et autres papiers. Mais depuis peu elles peuvent demander à les recevoir directement chez elles, par courrier sécurisé. Pour cela, elles doivent être inscrits au registre des Français de l’étranger, demander expressément de bénéficier de ce service dès le début de la procédure, et disposer d’un accès à Internet. Si l’ensemble des élus contactés ont assuré que le dispositif fonctionnait correctement, ils regrettent qu’il entraîne un coût parfois élevé et qu’il ne soit pas étendu à l’ensemble des régions du monde.
Ainsi, à l’instar de France Consulaire, des améliorations restent à être apportées. A ce propos, dans son message adressé aux Français de l’étranger le 26 juillet dernier, le nouveau ministre les représentant, Olivier Becht, a reconnu qu’il y a “un certain nombre de défis à relever”. Il aborde d’ailleurs en premier lieu l’amélioration du service consulaire. L’élu au gouvernement évoque l’objectif de déployer la plateforme France Consulaire à l’ensemble des pays du monde, celle-ci étant actuellement présente dans uniquement treize pays.