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  • Les expatriés et la pandémie : une épreuve qui laisse des traces

    Les expatriés et la pandémie : une épreuve qui laisse des traces

    La huitième édition de l’enquête mondiale de Cigna sur les expatriés et la pandémie a été publiée à Hong-Kong le 23 juin 2022. Le résultats démontrent l’impact majeur de la pandémie sur les personnes qui ont quitté leur pays natal. A travers l’enquête, on découvre que la grande majorité des expatriés sont épuisés et stressés. Cette année, en 2022, la priorité est donc donnée à la réévaluation des priorités tant en matière de qualité de vie et que de travail. L’objectif est d’acquérir une plus grande souplesse pour être au plus près de leur famille et de leurs amis.

    90% des expatriés stressés

    Selon le rapport publié Burned Out Overseas – The State of Expat Life 2022 de Cigna, 90 % des expatriés sont stressés.

    Même 98 % d’entre eux ont présenté des symptômes d’épuisement professionnel, au cours de l’année passée. La fermeture des frontières, la raréfaction des vols en 2020 et 2021 a fortement joué sur le moral des Français établis hors de France. Ainsi ils sont 98% à ressentir un sentiment d’isolement.

    Pire, 87 % d’entre eux disent se sentir impuissants, piégés ou abattus qui se traduit logiquement par un sentiment de détachement ou de la solitude (86%).

    Situation financière préoccupante

    Si le moral a été impacté par la crise de la Covid-19, les conséquences ont été aussi plus prosaïques. Ainsi plus du tiers (38 %) des répondants ont également des préoccupations ou des incertitudes au sujet de leur situation financière.

    Un ensemble de facteurs liés au mode de vie, aux possibilités et à la culture du travail contribue à ces constatations. L’étude a révélé que 73 % des expatriés actuels et 75 % de ceux qui prévoient de déménager à l’étranger au cours des deux prochaines années ont passé plus de temps que jamais à réévaluer leurs priorités de vie depuis le début de la pandémie.

    Repenser sa localisation

    Avec les fermetures des frontières, la mise en place de politiques de vaccination et de soins plus contraignantes, poussent les expatriés à s’interroger sur leur choix de pays de résidence.

    Le sondage a ainsi révélé que le Canada est la destination de choix pour les expatriés actuels, 11 % d’entre eux souhaitant s’y installer. L’Australie et les États-Unis se sont classés au deuxième rang ex æquo.

    Par contre, la grande majorité de ceux qui vivent en Europe et en Australie pensent rester à l’étranger. Tout l’inverse de ceux qui sont en Asie : seulement 5 % de ceux qui vivent en Inde et 16 % de ceux qui vivent en Chine continentale sont confiants dans l’idée qu’ils vont rester. On a pu constater que les expatriés ont déjà dépassé la phase de réflexion dans ces pays. A Hong-Kong, ca serait plus d’1/3 des Français qui seraient partis, à Shangaï ils sont prêts de la moitié à avoir fait leur valise provisoirement ou définitivement, seuls l’avenir et la situation propre à l’Empire du Milieu pourront le dire.

    2022 s’annonce comme une année qui sera marqué par de nombreux retours en France. Verdict en début d’année prochaine et la publication des chiffres du registre consulaire mondial.

  • Les économies européenne et américaine, pas sur le même rail 

    Les économies européenne et américaine, pas sur le même rail 

    La baisse de la croissance constatée aux États-Unis n’est pas comparable à celle enregistrée en Europe. Les deux grandes zones économiques évoluent selon des logiques différentes. 

    Aux États-Unis, la chute de l’activité s’explique par le déstockage, le recul des dépenses publiques et la dégradation du commerce extérieur. En revanche, la demande intérieure privée reste dynamique au premier trimestre aux États-Unis, avec le recul du taux d’épargne des ménages et la profitabilité élevée des entreprises. 

    Au sein de la zone euro, la croissance est affectée par le recul du pouvoir d’achat des ménages en lien avec l’augmentation rapide de l’inflation et par le freinage de l’investissement des entreprises. La contribution positive du commerce extérieur et le maintien de mesures de soutien n’arrivent pas à compenser intégralement les effets récessifs. Une asymétrie économique entre la situation des États-Unis et celle de la zone euro est ainsi constatée.

    Le prélèvement opéré par les hausses des hydrocarbures représente 3 % du PIB en zone euro 

    La confiance des entreprises et des ménages se dégrade davantage dans la zone euro qu’aux États-Unis. L’Europe est touchée plus directement par le conflit en Ukraine qui remet en cause la distribution du gaz et du pétrole ainsi qu’un certain nombre de biens intermédiaires. Les États-Unis sont autosuffisants ou presque sur le plan de l’énergie. 

    Le prélèvement opéré par les hausses des hydrocarbures représente 3 % du PIB en zone euro. La balance commerciale énergétique s’est améliorée aux États-Unis de près de 100 milliards de dollars quand elle s’est détériorée de 400 milliards de dollars au sein de la zone euro entre 2020 et 2022. L’augmentation du cours du pétrole ou du gaz conduit à des transferts internes au sein de l’économie américaine quand elle provoque un transfert extérieur en Europe.

    Les ménages européens réduisent leur consommation, les américains l’accroissent 

    Le taux d’épargne qui avait fortement augmenté durant la crise sanitaire au sein des deux zones économiques a nettement baissé aux États-Unis depuis le début de l’année 2021, retrouvant son niveau d’origine (5 % du revenu disponible brut) quand, en revanche, il reste à un niveau élevé en zone euro (autour de 19 % en 2022, contre 14 % en 2019). 

    Les ménages européens conservent un volant important de liquidités par crainte de l’avenir et réduisent leur consommation. Leurs homologues américains ont, à l’inverse, décidé de maintenir voire d’accroître leurs dépenses de consommation. 

    L’asymétrie au niveau des situations économiques de part et d’autre de l’Atlantique conduit à des politiques monétaires différentes. La banque centrale américaine est confrontée à une inflation interne avec un risque élevé de transmission aux salaires dans un contexte de plein emploi quand, au sein de la zone euro, l’inflation est avant tout provoquée par l’augmentation des prix de l’énergie et des matières premières. La mise en œuvre d’une politique monétaire restrictive s’impose ainsi davantage aux États-Unis qu’en Europe en raison d’une demande intérieure dynamique et d’un commerce extérieur qui se dégrade. L’écart de taux entre les États-Unis et la zone euro ne peut donc qu’augmenter avec, à la clé, une dépréciation de la monnaie européenne.

  • Communauté politique européenne : la solution française

    Communauté politique européenne : la solution française

    La France a sa propre solution miracle, la Communauté politique européenne, pour stabiliser le voisinage de l’UE, et ce n’est pas nécessairement celle de l’élargissement.

    Le Président français Emmanuel Macron a profité d’une rencontre entre les dirigeants européens pour défendre sa proposition de « communauté politique européenne », présentée en mai au Parlement européen lors d’un débat sur la candidature de l’Ukraine.

    L’idée serait de renforcer les relations de l’Union avec les pays non européens des Balkans occidentaux, ou les pays candidats tels que l’Ukraine et la Moldavie, mais aussi avec ceux qui sont considérés comme n’appartenant pas au noyau dur de l’Union, comme la Suisse et la Norvège, et peut-être même avec l’ancien membre du bloc, le Royaume-Uni.

    Dans les semaines qui ont suivi cette déclaration, le souhait général a été d’obtenir plus de détails de la part de la France avant de se prononcer.

    La discussion du sommet de jeudi (23 juin) sur l’idée en question est présentée comme une session de « brainstorming » qui donnerait le coup d’envoi d’un débat entre les États membres et qui s’étendrait sur tout l’été.

    Emmanuel Macron et Charles Michel lors du sommet européen des 23 et 24 juin 2022

    La présidence française de l’UE a déclaré qu’elle examinerait la question « étape par étape », l’objectif étant d’organiser une réunion inaugurale au cours du second semestre de cette année.

    « L’objectif est d’offrir une plateforme de coordination politique pour les pays européens à travers le continent », ont déclaré les dirigeants de l’UE dans le communiqué du sommet après la discussion préliminaire, ajoutant que cela « pourrait concerner tous les pays européens avec lesquels nous avons des relations étroites ».

    « L’objectif serait de favoriser le dialogue politique et la coopération pour traiter les questions d’intérêt commun afin de renforcer la sécurité, la stabilité et la prospérité du continent européen », peut-on lire.

    Un espace de discussions

    Le format consisterait en des réunions régulières au niveau des dirigeants, qui « créeraient un espace pour les discussions politiques et contribueraient ainsi à la compréhension mutuelle et à une culture stratégique commune », a déclaré un fonctionnaire européen.

    La proposition a suscité des réactions diverses, entre intérêt et méfiance.

    La plupart des pays candidats à l’adhésion, et en particulier l’Ukraine, ont mis en garde contre le fait qu’il ne devait pas s’agir d’une alternative à l’élargissement ou d’un moyen de maintenir les pays indéfiniment dans la salle d’attente plutôt que de les accueillir au sein du bloc. Ces pays ont ensuite été rassurés que ce ne sera pas le cas.

    Le Premier ministre de Macédoine du Nord, Dimitar Kovacevski, s’exprimant à Bruxelles après la réunion UE-Balkans occidentaux qui s’est tenue plus tôt dans la journée de jeudi, a salué l’initiative mais a lui aussi déclaré qu’elle « ne devrait pas et ne doit pas se substituer à une pleine adhésion à l’UE ».

    « Un tel cadre ne remplacera pas les politiques et instruments existants de l’UE, notamment l’élargissement, et respectera pleinement l’autonomie décisionnelle de l’UE », ont ajouté les dirigeants européens dans leur déclaration du sommet.

    « Ce n’est pas un substitut, mais vous ne pouvez pas discuter de l’un sans l’autre et des obstacles à l’élargissement », a expliqué un diplomate européen aux journalistes avant la discussion des dirigeants jeudi.

    « De même, nous devrions aussi être clairs sur le fait que tous ceux qui partagent des valeurs et des intérêts communs devraient être présents », a ajouté le diplomate européen.

    L’Allemagne et d’autres pays insistent sur le fait qu’il ne devrait pas y avoir de chevauchement avec les travaux de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), la plus grande organisation intergouvernementale régionale axée sur la sécurité, dont la plupart des 57 membres proviennent de l’Europe au sens large, qui est aujourd’hui mise à l’écart en raison de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

    De nombreux États membres reconnaissent qu’une sorte de forum où les pays européens peuvent se réunir pour discuter des questions stratégiques auxquelles ils sont tous confrontés pourrait être utile.

    Un fonctionnaire de l’Élysée a indiqué aux journalistes, avec optimisme, que l’idée était « accueillie de plus en plus positivement ».

    Triomphe et prudence

    Si le nombre de pays candidats augmente, il n’y a pas eu de véritable élargissement depuis que la Croatie a rejoint l’UE il y a près de dix ans.

    Au-delà de la rhétorique triomphante sur l’octroi du statut de candidat à l’UE à l’Ukraine et à la Moldavie, les dirigeants de l’UE à Bruxelles ont également dû faire face à leurs homologues des Balkans occidentaux furieux, très frustrés par le peu de progrès réalisés de leur côté ainsi que par le long retard pris dans le traitement de leurs demandes d’adhésion.

    Le veto opposé de longue date par la Bulgarie à la Macédoine du Nord a particulièrement suscité le mécontentement.

    Les propos de M. Macron, jeudi soir, sur la « perspective européenne » de l’Ukraine et de la Moldavie, après l’octroi du statut de candidat à l’UE à ces deux pays, ont également sonné, en partie, comme une mise en garde contre le concept d’élargissement de l’UE en général.

    M. Macron a salué cette décision comme le signe d’une « Europe forte et unie » face à l’agression de la Russie contre son voisin.

    Il a ajouté que l’UE devait « tendre une main secourable » à l’Ukraine, estimant que cette mesure était la bonne réponse à apporter dans un contexte de guerre.

    Toutefois, il a ajouté que « nous n’avons pas à vivre tous dans la même maison, mais nous habitons la même rue », notant que « l’intimité stratégique » de l’Europe ne doit pas être mise à mal.

    « La réponse géopolitique à apporter dans le contexte de la guerre est en effet de continuer à offrir cette perspective. Est-ce qu’avec le temps, c’est la bonne perspective géopolitique ? Je vous le dis franchement, comme je l’ai déjà fait il y a trois ans — non », a déclaré M. Macron lorsqu’il a été interrogé par les journalistes sur sa position concernant l’élargissement.

    « Parce que cela prendra du temps et parce que nous voyons un phénomène d’une sorte de lassitude de l’élargissement parmi les pays qui l’ont rejoint », a-t-il ajouté, suggérant qu’une structure plus large comme la « communauté politique européenne » pourrait être « la bonne réponse » en attendant « de stabiliser le voisinage ».

    L’initiative proposée par la France trouve ses racines à l’époque où François Mitterrand, alors président de la France, et Jacques Delors, président de la Commission, plaidaient en faveur d’une « confédération européenne ».

  • Destructions ukrainiennes, déconstructions européennes

    Destructions ukrainiennes, déconstructions européennes

    La guerre d’Ukraine risque de détruire trois ensembles politiques : l’Ukraine, la Russie et l’Europe. 

    L’Ukraine, c’est une évidence. D’un côté, l’agression russe a renforcé le sentiment national ukrainien. De l’autre, les victimes, les destructions matérielles et patrimoniales sont colossales. Plus grave : la colère contre l’armée russe pourrait se changer en haine de la Russie. En plus d’une impasse géopolitique, ce serait une amputation de l’identité ukrainienne. 

    Les Ukrainiens rêvent de revanche. Ils résistent aux attaques des troupes russes dans le Donbass avec autant d’acharnement qu’ils ont résisté à Kiev et Kharkov. Il serait désormais trop tard pour que les Russes conquièrent le Donbass avant la fin de l’année. Les Russes perdent leurs avantages en armes, munitions, soldats. Les Ukrainiens, avec les renforts matériels occidentaux, auront bientôt un armement en qualité, puis en quantité, supérieur. Les Russes puisent dans leurs vieilles réserves, les Ukrainiens se forment au matériel le plus récent. Six canons Caesar auraient déjà détruit plus de 80 pièces d’artillerie russes. Avec les nouvelles livraisons américaines, même la supériorité russe en matière d’artillerie disparaitra. En septembre, l’Ukraine entend reprendre les territoires conquis, tous les territoires, y compris la Crimée. Mais que sera, la Crimée dans une telle configuration ? 

    La guerre enferme la Russie et la ruine.

    A l’inverse, si l’on suit les espérances russes, conquérir le Donbass serait une victoire hors de prix. Poutine a beau répéter que les sanctions pénalisent les Européens plus que lui, la Russie en souffre, sinon il ne demanderait pas leur levée. L’armée russe est profondément touchée. Que vaut désormais l’alliance russe, le matériel russe, les contrats d’approvisionnement russes ? La Russie devient une puissance au rabais. En interne, la pression du régime pour contrôler opposition, presse et population s’accroît. La guerre enferme la Russie et la ruine.

    Enfin l’Europe. Un accord fondamental entre les Européens et les Russes était une espérance formidable et légitime. A ceci près qu’on ne peut se marier qu’à deux. Poutine a vu s’approcher le virus démocratique comme une menace personnelle. L’Europe est donc privée d’un partenaire évident. Elle en paie le prix, ne serait-ce qu’énergétique. Ce n’est pas grave, elle en a les moyens, largement. 

    Intégrer l’Ukraine changerait la nature de l’UE.  

    En faisant front, elle y a gagné plus d’unité. Même la Hongrie a voté les sanctions. A Versailles, les 10 et 11 mars, elle a adopté le principe de l’« autonomie stratégique » pour l’énergie, les matières premières, la santé, le numérique ou l’alimentation, puis son « livre blanc » pour une défense  européenne commune, actant le besoin de nouveaux investissements. L’unité européenne s’est renforcée, mais au risque de tomber dans un double piège.

    Le premier : au lieu de construire son indépendance stratégique sur cette unité, s’en remettre à la direction américaine. Le deuxième : en acceptant la candidature de l’Ukraine, détruire l’Union Européenne.

    Comment éviter ces trois destructions ? Par l’Europe. 

    La capacité d’absorption de l’UE a atteint son point limite. Intégrer Ukraine change la nature de l’UE. Le long terme ne change rien : l’UE sera obligée d’intégrer dans ses plans un pays de 44 millions d’habitants, à reconstruire, avec une agriculture qui ferait exploser la PAC, avec une politique de défense totalement liée aux États-Unis. L’UE se déporte à l’Est, dans une nouvelle guerre froide, en ignorant plus encore le sud, la Méditerranée. 

    Comment éviter ces trois destructions ? Par l’Europe, qui détient les clés. Emmanuel Macron a proposé une « Communauté Politique Européenne » qui donnerait un statut aux pays européens hors Union européenne, et les y associerait, notamment dans l’accès au marché, et la concordance des règles, y compris celles de l’Etat de droit. Vieille idée, assez juste. Aussitôt rejetée, tant elle a été mal préparée. 

    Définir un « statut d’associé » à l’Union européenne peut aussi passer par le Conseil de l’Europe, plus large que l’UE, plus souple (intergouvernemental), concentré sur le droit. Cette notion d’ « Etat associé » devrait être étendue aux pays méditerranéens, tant pour les menaces comme les solutions, le futur de l’Europe étant au sud. La Tunisie est-elle plus lointaine que l’Ukraine ? Le déséquilibre actuel vers l’est, amplifié par la guerre, rend plus visible ce désert politique qu’est la Méditerranée.

    Proposer, de la Méditerranée au Pacifique, d’autres perspectives que le condominium sino-américain.  

    Déjà, l’UE telle qu’elle est, peut proposer, au niveau mondial, des partenariats stratégiques dans des domaines structurants : droit, énergie, éducation. Les questions du digital comme de l’immigration ne dépendent-elles pas d’une philosophie du droit qui fait l’objet d’une bataille mondiale ? Dans ces domaines civilisationnels, l’Europe n’est pas plus mal armé que ses rivaux, Madelin pour l’éducation, Borloo pour l’électricité, rêvaient il y a dix ans déjà de programmes ambitieux pour l’Afrique. Proposer de la Méditerranée au Pacifique, à l’Amérique latine tant délaissée, d’autres perspectives que le futur condominium sino-américain.

    Gaz liquéfié à destination de l’Europe au départ des USA en 2022 ©Reuters

    Il manque un statut pour les « Etats associés », il manque un « noyau dur » pour la politique

    Une « Communauté politique européenne » ne peut fonctionner qu’à condition qu’il y ait une politique. Il ne peut y en avoir sans direction. De même qu’il manque un statut pour les « Etats associés », il manque un « noyau dur » pour la politique. Rares sont les pays européens qui ont une politique étrangère, rares ceux qui ont une défense. La plupart s’en remettent aux Américains, qui n’ont pas le même souci de l’Europe que les Européens. La vraie communauté politique qui manque à l’Europe est interne à l’Europe, pas externe : le couple franco-allemand est il encore un couple ? Faut-il l’élargir à l’Italie, l’Espagne, voire au Benelux, refonder le « noyau dur » ? L’Europe européenne ?

    Redéfinir les intégrations européennes permettrait aussi d’offrir un autre avenir à la Russie et l’Ukraine qu’un conflit perpétuel.  

    On le voit dans le domaine monétaire, composante majeure des conflits et des indépendances : la crédibilité de l’euro dépend aussi de sa crédibilité politique et militaire. Les Européens sont dans l’obligation de repenser leurs institutions, quitte à revenir à la « théorie des cercles » plus ou moins intégrés. 

    Détruire, déconstruire, reconstruire. Redéfinir les intégrations européennes permettrait aussi d’offrir un autre avenir à la Russie et l’Ukraine qu’un conflit perpétuel. Admettre l’Ukraine dans l’UE ne peut avoir pour but la constitution d’un nouveau rideau de fer. Au contraire, cela doit amener l’Ukraine, même victorieuse, à trouver des compromis pour les populations du Donbass et de Crimée, pour sa relation avec la Russie. 

    Cela supposera une politique de réconciliation avec les Russes. Sans doute, en ce moment, il ne faut pas le dire : se concentrer sur l’aide militaire, démontrer aux Russes, aux soldats autant qu’aux dirigeants, qu’une politique de force mène, comme d’habitude, à la défaite. Une fois que la preuve en sera faite, ne pas désespérer les Russes, encore moins désespérer des Russes : eux aussi sont européens.

    Faire la guerre, penser la paix

    En 1996, le PIB par habitant en Pologne  était presque égal à celui de la Russie : près de 4500$ par habitant. Aujourd’hui le PIB des Polonais est d’un tiers supérieur à celui des Russes : plus de 15 000$ par habitant contre 10 000 pour les Russes. L’Ukraine, qui avait le même niveau de vie que la Pologne an 1990 (1500$) rêve d’accéder aux mêmes standards. Quand elle s’en approchera, elle montrera aux Russes le bon chemin. C’est ce chemin, pour la Russie et pour l’Europe qu’il faut laisser ouvert.

    Tout cela parait lointain, incertain, hypothétique. Mais si personne n’y pense, si personne ne s’y prépare, comment s’orienter? Le but de toute guerre est la paix. Faire la guerre, penser la paix.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati  

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Borne confirmée, toujours pas de ministre des Français de l’étranger

    Borne confirmée, toujours pas de ministre des Français de l’étranger

    Le Président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé ce samedi 25 juin sa décision de confirmer la Première ministre Elisabeth Borne. Elle aura comme mission de mener « l’action du gouvernement dans la durée », a indiqué le président dans un entretien à l’AFP.

    L’impact des Législatives

    Lors de l’entrée en fonction d’un nouveau gouvernement, le Premier ministre prononce une déclaration de politique générale devant les députés. Pour Elisabeth Borne, ce dernier est prévu le 5 juillet prochain à l’Assemblée nationale. À son issue, il est de coutume que le chef de l’exécutif engage la responsabilité du gouvernement, après délibération du Conseil des ministres, en demandant aux parlementaires de se prononcer via un vote de confiance. 

    Selon l’article 49 de la Constitution, « le Premier ministre, après délibération du conseil des ministres, engage devant l’Assemblée nationale la responsabilité du Gouvernement sur son programme ou éventuellement sur une déclaration de politique générale ». Si l’Assemblée vote à la majorité contre ce programme, le Gouvernement doit donner sa démission, selon les modalités de l’article 50 de la Constitution (« lorsque l’Assemblée nationale adopte une motion de censure ou lorsqu’elle désapprouve le programme ou une déclaration de politique générale du Gouvernement, le Premier ministre doit remettre au Président de la République la démission du Gouvernement »).

    Mais il s’agit d’une tradition, et en aucun cas d’une obligation. Ainsi, le gouvernement pourrait refuser de s’y soumettre, face au risque de voir les oppositions ne pas lui accorder sa confiance. En effet, le camp présidentiel ne bénéficiant pas de la majorité absolue à l’Assemblée nationale, l’opposition pourrait s’entendre pour voter contre et faire tomber la Première ministre et son gouvernement. Logiquement, Emmanuel Macron devrait vouloir éviter cet écueil.

    La motion de censure

    Une position qu’a déjà anticipé Jean-Luc Mélenchon, qui a annoncé dès le 20 juin une motion de censure à l’encontre du gouvernement d’Elisabeth Borne. Cependant, rappelons que la motion de censure est une mesure n’ayant que rarement abouti durant la Ve République : elle est le principal moyen, pour les députés de l’opposition, de faire entendre leur désapprobation vis-à-vis du gouvernement en place. Pour déposer une motion, un groupe d’opposition doit être composé d’au moins 58 députés. C’est le cas de la Nupes (137 élus), du RN (89 élus) et des Républicains (69 élus avec leurs alliés de l’UDI et des Centristes).

    Mais même dans ce contexte hasardeux, il y a peu de chances que le gouvernement Borne soit évincé. Cela suppose en effet une alliance inédite entre les forces d’opposition, qui auraient besoin de réunir une majorité absolue. Par cette motion, les élus entendent plutôt questionner la légitimité de la majorité en exprimant leur désaccord.

    La mission d’Elisabeth Borne

    Dans son interview à l’AFP, le chef de l’État a rappelé qu’il souhaitait ouvrir son gouvernement à d’autres partis, mais a exclu d’emblée La France Insoumise et le Rassemblement National. La cheffe du gouvernement a donc 2 semaines pour tenter de monter une équipe transpartisane.

    Elisabeth Borne à l’Assemblée nationale en 2021 ©AFP

    Ainsi, le président de la République, qui s’est entretenu avec la cheffe du gouvernement samedi, a annoncé qu’il l’avait chargée durant la semaine prochaine de sonder les groupes politiques à l’Assemblée nationale sur un « accord de gouvernement« , leur participation même à un gouvernement, leur position sur un vote de confiance à Elisabeth Borne le 5 juillet, et aussi sur le vote du budget de l’Etat à l’automne prochain. Une mission délicate que certains déclarent, déjà, impossible à mener à bien.

    Quid des Français de l’étranger ?

    En attendant, les Français de l’étranger n’ont toujours pas de ministre en charge de leur situation et ce alors que les promesses du parti présidentiel des élections présidentielle et législative à leur intention ont été nombreuses. Quand pourra-t-on voir la résidence de repli, le développement de l’apprentissage du français ou la réforme des relations consulaires aboutir ?

    L’initiative ne viendra pas du gouvernement. En tout cas, tant qu’il n’y aura personne en charge du portefeuille. Dans le ministère dirigée par Catherine Colonna, aucun des 3 secrétaires d’Etat n’a reçu dans les décrets les nommant la mission d’encadrer l’administration consulaire ou celle de prendre en charge les Français établis hors de France. Par défaut, c’est donc à la Ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna (ancienne ambassadrice à Londres) que revient la gestion directe des expatriés.

    Florian Cardinaux

    Cependant, quand on scrute son cabinet, dont la composition est publique, on constate qu’un jeune diplomate, Florian Cardinaux, hérite des affaires consulaires. Ancien conseiller dédié au processus de paix entre Israël et les territoires de l’Autorité palestinienne, il conseillera désormais Catherine Colonna sur les affaires liées à l’Asie et aux affaires consulaires, dont font partie, naturellement, les Français établis hors de France. Pourra-t-il seul mener tous les chantiers ouverts par Jean-Baptiste Lemoyne qui avait promis une culture d’électrochocs pour l’administration consulaire prise, régulièrement, en défaut depuis 2017.

  • Les députés se sont formés aux enjeux climatiques !

    Les députés se sont formés aux enjeux climatiques !

    A l’initiative de plusieurs associations qui défendent l’environnement, dans une tente située à 150 mètres du Palais Bourbon, 154 députés ont suivi une formation express sur les menaces qui pèsent sur le climat et la biodiversité, dispensée par des scientifiques durant trois jours. La très grande majorité des élus présents est venue des rangs de la gauche (en premier lieu EELV et LFI) et du camp présidentiel, un seul LR et un RN s’étant présentés. 6 députés des Français de l’étranger se sont joints aussi au campus improvisé.

    40 scientifiques mobilisés

    Une quarantaine de scientifiques se sont relayés de lundi à mercredi sous une tente grand format pour offrir cette formation de 20 à 30 minutes destinée à fournir aux députés volontaires les faits scientifiques fondamentaux sur le réchauffement climatique et ses conséquences. Le but de l’opération était de démontrer que la recherche publique est disponible pour présenter des faits scientifiques irrécusables aux élus et à la population.

    Les élus qui se sont prêtés au jeu sont repartis avec un kit comprenant un résumé en dix points des milliers de pages des travaux de référence du Giec sur le réchauffement climatique.

    Les expatriés concernés au premier chef

    Prendre l’avion pour s’expatrier, multiplier les allers-retours avec la France, faire envoyer des produits français… L’expatriation n’est pas toujours compatible avec un mode de vie écologique et le plus respectueux possible de l’environnement. Pourtant, on le sait, l’urgence climatique n’attend plus, et nous devons tous, expats compris, modifier radicalement nos modes de vie et de consommation.

    Ce phénomène que les professionnels de l’expatriation ont tendance à glisser sous le tapis est souvent aussi une « surprise » pour les élus des Français de l’étranger. Si les députés présents ont pu être formés sur les généralités de la lutte contre le réchauffement climatique, aucun atelier n’était prévu sur les mesures d’accompagnement qui pourraient être prises pour ces Français partagés entre leur nouveau pays et leurs racines françaises.

    Karim Ben Cheikh et d’autres députés lors de leur formation

    La moitié des députés des Français de l’étranger présents

    Parmi les 154 députés qui ont participé à cette action, il y avait 7 élus des Français de l’étranger : Eléonore Caroit (Amérique du Sud – Renaissance/Ensemble !), Alexandre Holroyd (Iles britanniques et Scandinavie – Renaissance/Ensemble !), Pieyre-Alexandre Anglade (Benelux – Renaissance/Ensemble !), Marc Ferracci (Suisse – Renaissance/Ensemble !), Frédéric Petit (Europe centrale et de l’Est – MODEM/Ensemble !) Karim Ben Cheikh (Maghreb et Afrique de l’ouest – Generation.s/NUPES) et Anne Genetet (Europe orientale, Asie et Océanie – Renaissance/Ensemble !).

    Eléonore Caroit et Marc Ferracci

    Et maintenant ?

    Emmanuel Macron l’a promis, ce quinquennat sera celui de l’écologie. Pour marquer cet engagement fort, il n’a pas lésiné sur les symboles, chargeant directement sa première ministre, Élisabeth Borne, de la planification écologique, avec l’appui d’un secrétariat général dédié. Cet engagement devrait se traduire par des actions concrètes.

    Modestement, le collectif d’associations à l’origine de la formation flash des députés, « Pour un réveil écologique« , espère simplement que l’Assemblée nationale organisera en son sein une formation obligatoire pour que les parlementaires, qui votent les lois liées à l’environnement, le fassent en ayant tous les éléments nécessaires à leur disposition pour éclairer leur choix.

  • Voyage en France : nos bons plans !

    Voyage en France : nos bons plans !

    Cette année, avec les allégements des mesures Covid-19 dans le monde, les expatriés sont nombreux à prendre le chemin de la France pour retrouver famille, amis après de longs mois d’isolement. Mais vous le savez, notre pays est la première destination touristique au monde. Pourquoi ne pas profiter de ce voyage pour faire « les touristes » ? C’est aussi l’occasion de créer un lien avec le pays pour les plus jeunes.

    La France regorge de châteaux sublimes, de villages romantiques, de campagnes préservées, de montagnes et bords de mer dépaysants, on peut être submergé par l’offre culturel et ludique que propose notre pays. Pour vous, on a donc fait une petite étude pour vous proposer des destinations selon que vous soyez en famille ou en couple. On pense aussi à ceux sans voiture, de plus en plus nombreux (merci pour la planète). Sans oublier les spots à privilégier pour un dépaysement total. On fait le tour !

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    Quelles vacances en France en couple ?

    La France regorge de villages séduisants, de villes au charme mythique, où se balader main dans la main est un vrai plaisir. De l’Alsace aux Pyrénées en passant par la Bourgogne ou le Rhône-Alpes, ces destinations sauront vous séduire :

    Etretat : ses impressionnantes falaises où il est fort agréable de se promener, sa vieille halle surmontée d’un clocheton sans oublier ses villas à tourelles sont autant de lieux à découvrir en amoureux.

    Gordes : dans le Vaucluse, ce village de Provence coiffé d’un puissant château et d’une église massive propose de belles balades dans les ruelles pavées qui vous conduiront de passages voûtés en maisons de pierre sèche de couleur blanche. Vous pourrez également y contempler le magnifique panorama sur le Lubéron.

    La Roque-Gageac : installé confortablement au pied d’une falaise, ce village de Dordogne se caractérise par ses maisons couleur ocre ou dorée, son château, son manoir, son jardin exotique, ses forêts de chênes verts et sa rue principale qui borde le fleuve.

    Beaune : hôtels particuliers, maisons à colombage, jardins verdoyants, places colorées … Autant de merveilles qui ne demandent qu’à être admirées par les voyageurs. Et comme vous êtes là au royaume des vins de Bourgogne, une halte chez un vigneron s’impose pour confronter votre palais aux meilleurs crus de la région.

    Saint-Guilhem-le-Désert est un village des plus pittoresques installé au coeur du Val de Gellone dans l’Hérault. En arpentant ses vieilles ruelles, les amoureux pourront admirer les maisons imbriquées les unes aux autres et se laisser conter les légendes qui entourent l’histoire du château du Géant.

    Vacances en famille

    Camargue : Commencez votre parcours en Camargue, une terre riche de caractère et d’attraits pour les familles. Aux Saintes-Marie-de-la-Mer, après avoir dégusté à La Cabanette un plat de poisson frais, de nombreuses activités nautiques vous attendent sur le Petit Rhône : balade en bateau, trott’ paddle, Canoë… A Istres, voyage dans le temps à l’âge de la préhistoire : les kids seront émerveillés par les dinosaures qui ont élu domicile dans la forêt de la colline du Castellan. En prime, des chasses au trésor « 1, 2, 3, Jouez au petit paléontologue », pour en apprendre davantage sur l’histoire de ces géants disparus, avant de pourquoi pas vous réserver un petit apéro au coucher du soleil sur la plage, à la Guinguette le Pointu.

    Prés de Marseille : Autre ambiance à Aubagne, où le jeu de piste invite cette fois-ci à marcher dans les pas du célèbre Marcel Pagnol. Une découverte des collines environnantes sur le thème des plantes et des petits animaux. De retour au bord de l’eau, ne manquez pas l’observatoire du parc marin de la côte bleue, à la plage du Rouet. Cet espace protégé est un vraie réserve naturelle sous-marine où petits et grands pourront faire des balades 

    La Rochelle : Au bord de l’Océan Atlantique, La Rochelle offre une multitude de possibilités autour de l’eau. Riche également de son histoire, cette jolie ville de Charente-Maritime et ses habitants sont très fiers de leur patrimoine. Sa tradition maritime se reflète dans son vieux-port ainsi que dans son très grand port de plaisance très moderne. Dans sa vieille-ville vous découvrirez de belles pierres et des ruelles animées, où déambuler sans stress avec les enfants. Lieu de départ de nombreuses excursions en mer, c’est un sport idéal pour des vacances au cours desquelles vous ne risquez pas de vous ennuyer! 

    Le Pays basque : Idéalement installé entre l’océan, la montagne et l’Espagne, le Pays basque français a du caractère à revendre. Le charme de ses villages typiques, sa gastronomie, ses nombreuses activités pour tous les âges et sa culture en font une destination familiale par excellence. Les tribus à la recherche de soleil et de farniente seront pleinement comblées : la Côte des Basques, à Biarritz, a été élue plus belle plage française par les internautes de TripAdvisor, et celle d’Hendaye est, quant à elle, sixième du classement.

    Le Gers : Parce qu’aujourd’hui, on y réfléchit à deux fois avant de prendre un billet d’avion pour le bout du monde pour des questions environnementales, sachez qu’il est possible d’allier dépaysement et conscience écologique. Le Gers, au pied des Pyrénées, au cœur du Sud-Ouest gascon, est une destination française méconnue mais qui vous offrira une bulle de paix avec les enfants. Le Gers, c’est aussi là qu’est né le plus célèbres des mousquetaires : d’Artagnan. Les amoureux de cape et d’épée seront comblés !

    Vacances sans voiture

    Des villages isolés de tout, loin des grandes villes et des grands axes, que l’on croit accessibles uniquement en voiture. Et pourtant ! Parmi les 164 communes labellisées «Plus Beaux Villages de France», quelques-unes ont l’avantage d’être desservies par le train ou le bus, urbain ou départemental. De quoi permettre aux voyageurs non véhiculés de découvrir tout ce qui fait le charme de ces villages pas comme les autres : une unité architecturale, des monuments historiques classés et des sites patrimoniaux remarquables, selon les critères de l’association qui décerne le label.

    Eguisheim : Maisons colorées, ruelles pavées, façades à colombages et maisons au toit pointu… Eguisheim correspond à l’idée que l’on se fait d’un village alsacien. Si son marché de Noël est particulièrement apprécié des touristes, c’est toute l’année que l’on visite ce village situé sur la route des vins d’Alsace, à une dizaine de kilomètres au sud de Colmar. Enroulé en cercles concentriques autour de son château, Eguisheim a été élu «village préféré des Français» en 2013 dans l’émission de France 2 présentée par Stéphane Bern.

    La Roche-Guyon : Unique «Plus Beau Village de France» de la région parisienne, La Roche-Guyon se situe sur un méandre de la Seine, aux portes de la Normandie et du Parc naturel régional du Vexin. Non loin des jardins de Giverny et de la Fondation Claude Monet, il se distingue par son château médiéval adossé à une falaise de craie blanche. Aujourd’hui propriété de la famille La Rochefoucauld, l’édifice fut fréquenté par les rois de France et les philosophes des Lumières. En contrebas, le jardin-potager de 3,5 hectares, restauré en 2004, reprend les plans originels datant du XVIIIe siècle.

    Les-Baux-de-Provence : Bâti sur un éperon rocheux, le village des Baux-de-Provence domine le Parc naturel régional des Alpilles et ses paysages de calcaire, de vignes et d’oliviers. Les Carrières de Lumières sont, en plus du château médiéval en ruines, un lieu de visite incontournable. Cet espace d’expositions numériques immersives, aménagé dans une véritable cathédrale de pierres, met Dalí et Gaudi à l’honneur cette année.

    Montsoreau : Alexandre Dumas en a fait le lieu d’action de son roman La Dame de Monsoreau. Par la suite, plusieurs adaptations cinématographiques des Trois Mousquetaires y ont été tournées. Bienvenue à Montsoreau, village médiéval situé à 15 km de Saumur. Son château du XVe siècle, qui abrite un musée d’art contemporain, domine le confluent de la Loire et de la Vienne. Autre site à découvrir : la champignonnière du Saut-aux-Loups, un ensemble d’habitations troglodytiques qui sert depuis un siècle à la culture des champignons de Paris. Après une promenade dans les rues fleuries de Montsoreau, longez la Loire sur 2 km jusqu’à la commune voisine de Candes-Saint-Martin (Indre-et-Loire), également labellisée «Plus Beau Village de France».

    Vacances dépaysantes en France

    Envie de dépaysement en France sans partir à l’autre bout du monde ? Oui, on peut se dépayser tout en passant des vacances dans notre belle contrée française ! Les paysages de l’hexagone sont d’une telle variété qu’on peut avoir le sentiment de séjourner à l’étranger. Plus d’une fois nos enfants lorsqu’ils étaient tout petits nous demandaient dans quel pays on voyageait alors qu’on n’avait pas franchi les frontières !

    Les Vosges et le Jura : ils sont connus pour ses lacs, entourés de forêts et de tourbières. Ses paysages font penser au Grand Nord aussi bien en Suède, Finlande, Norvège, Canada et Alaska, des pays tous situés vers le cercle polaire, avec des décors très similaires. Dépaysement assuré en plus de profiter des beautés de la nature avec vos enfants lors de vos vacances! Vous pouvez par exemple vous rendre au lac de Gérardmer ou dans la région des 1000 étangs. Bon à savoir, vous pouvez partir en vacances toute l’année, pour faire des balades en été, du ski et de la raquette en hiver, voir les paysages magnifiés par les couleurs de l’automne comme si vous étiez au Canada.

    Chaine des Puys : Les vastes étendues verdoyantes de l’Ecosse, on les retrouve en Auvergne avec en prime les fameux volcans. De la chaîne des Puys aux monts Dore et monts du Cantal, c’est un tapis vert digne des Highlands qui se déploie devant vous. Vous pouvez monter par exemple au Puy de Dôme pour profiter d’un vaste panorama. La montée est très facile avec de jeunes enfants. Et puis, vous pourrez faire un tour au parc de Vulcania pour tout savoir sur les volcans de manière ludique et visiter Clermont-Ferrand, voir son étonnante cathédrale en pierre volcanique noire.

    Roussillon : Les ocres de Rustrel, surnommées le Colorado provençal, offrent non seulement des paysages très dépaysants mais aussi les plus insolites de France. On pourrait dire la même chose des ocres de Roussillon à proximité qui valent aussi le détour avec son village éclatant de rouge. Sur les 2 sites, un sentier se faufile à travers falaises, canyons, aiguilles et cheminées de fées rougeâtres en contraste dans son écrin de verdure. On se croirait à Monument Valley ou encore Bryce Canyon dans l’ouest américain. Aux ocres de Rustrel, plusieurs parcours sont proposés. On vous conseille la balade la plus longue et la plus complète de 5,5 km pour 150 m de dénivelée. C’est une randonné familiale très facile qu’on peut faire avec des enfants dès 3 ans.

  • Le 14 juillet, une fête (inter)nationale

    Le 14 juillet, une fête (inter)nationale

    Le 14 juillet est la fête la plus importante du calendrier français. Largement célébrée en France, elle l’est parfois tout autant à l’étranger. Tour d’horizon des évènements organisés pour la fêter en-dehors de France.

    Le défilé sur les Champs-Élysées, la patrouille de France, le bal des pompiers. Tant d’évènements organisés pour célébrer la prise de la Bastille de 1789, la fête de l’Union de 1790 et le célèbre « liberté, égalité, fraternité ! » Et si cette devise occupe une place centrale dans l’hexagone, elle n’est pas en reste à l’étranger. Après deux ans sous Covid, les ambassades et consulats rouvrent leurs portes, et les associations peuvent organiser des fêtes sans contraintes.

    Etats-Unis

    Dans le pays de Sam, la prise de la Bastille est largement fêtée avec le Bastille Day. De New-York à San Francisco vous pouvez participer à des activités, assister à des concerts et déguster des mets français toute la journée.

    De son côté, la « ville qui ne dort jamais » vous propose « de voyager à travers les époques et la culture française » le jour même de la fête nationale à Central Park. Au programme : des récitals, des pièces de théâtre et des DJ set de 18h à 22h. Les portes vous seront ouvertes à partir de 17h et gratuitement ! En famille, entre amis ou tout seul, rendez-vous à Rumsey Playfield au croisement de la 69th et de la 5ème avenue.

    San Francisco, Bastille Day
    Embarcadero Plaza à San Francisco, Californie

    A San Francisco, c’est toute une journée qui est consacrée au drapeau bleu, blanc, rouge. Si le coeur vous en dit, vous pouvez vous rendre le samedi 16 juillet à l’Embarcadero plaza. Sur place, vous attendent des stands de cuisine française, des représentations de danse tahitienne, un show de vieilles Citroën, ou encore une fameuse course de garçons de café ! De quoi s’amuser en famille sous le soleil californien de 11h à 18h30. Et en prime : les entrées sont gratuites !

    Australie

    Le Bastille Day est également à l’agenda en Australie.

    A Sydney, l’Alliance française avec Français du monde-adfe vous permettent de festoyer autour de concerts, DJ set et spectacles de danse et de french cancan, tout en vous régalant de produits français et de cocktails maison, dans le magnifique bar The Argyle et sa grande cour intérieure. Vous pouvez d’ores et déjà acheter vos places sur le site de l’évènement. Ouverture des portes à 17h !

    Bastille Day
    Melbourne, Australie

    A Melbourne, c’est tout un week-end qui est consacré à la fin de la monarchie absolue, avec The Bastille Day French festival. Du 16 au 17 juillet, des activités tant en ligne qu’à Fed Square sont prévues pour vous amuser. Sur place, vous pourrez déambuler sur le French winter market, participer à la déambulation dans la ville, ou encore assister à des représentations de hip-hop pour vous donner un avant-goût de la prochaine épreuve olympique. Pour les férus de culture, rendez-vous en ligne pour participer à un French Trivia et tester votre culture générale française.

    Cambodge

    A Siem Reap, la Chambre du commerce et de l’industrie (CCI) est à la manoeuvre. Si vous êtes fada de pétanque, elle a pensé à vous en organisant un concours en binôme. Alors chaussez votre meilleur paire de tongs, et lancez-vous dans la compétition à partir de 16h. Puis, afin de pouvoir se reposer et se rassasier après cette après-midi sportive, les élèves de l’école hôtelière Paul Dubrule vous concoctera un repas. Une journée ouverte à tout le monde, pour le prix de 20€. Pour plus d’informations ou pour réserver, contactez par mail [email protected]

    14 juillet
    Siem Reap est particulièrement connue pour être la porte d’entrée sur les ruines d’Angkor Wat

    Belgique

    Chez notre voisin, la fête nationale française est davantage marquée que la fête nationale belge ! Effectivement, ils tiennent à célébrer l’amitié franco-belge et la devise liberté, égalité, fraternité. Pour ce faire, la ville de Liège met sur pied un véritable village gaulois durant les trois semaines précédent le 14 juillet. Ainsi, sur la place Saint Paul et à dater du 24 juin, vous pouvez vous rendre dans le village aux allures de celui d’Astérix afin de consommer français, d’investir les boulodromes tout en écoutant de la musique. Le mercredi 14 au soir, un immense feu d’artifice aux couleurs bleu, blanc, rouge, sera tiré dans le ciel belge.

    village gaulois
    La place Saint Paul qui accueille le village gaulois à Liège, Belgique

    Dans la capitale, l’Union des Français de Belgique, la plus grande association de Français en Belgique avec plus de 40 000 sympathisants, organise cette année un 14 juillet sous la forme d’un barbecue musical. Trompettes, saxophones, piano et chanteuse animeront le dîner qui se tiendra dans le club le plus « huppé » de la capitale européenne, le David Lloyd.  

    Au tarif de 35€, l’association et le club vous offrent en plus de la soirée un « voucher » pour profiter de toutes les activités (Warrior box, salle de musculation, 4 piscines, sauna, hamman, massages ainsi que 6 terrains de tennis et 2 terrains de padel), une journée à la date que vous désirez (valeur de la journée au club, à condition d’être parrainé, 35€). Cliquez ci-dessous pour réserver.

    Si cette liste est non exhaustive, de nombreux autres 14 juillet sont organisés à travers le monde. Généralement, l’ambassade ou le consulat du pays en organisent un : entrée ouverte, sur réservation ou privée, toutes les informations sont sur leur site Internet. Aussi, comme vous l’avez remarqué, les Anglo-saxons sont friands du Bastille Day et en organisent aux quatre coins du monde !

    Finalement, en famille, entre amis ou collègues, le 14 juillet est l’occasion pour la communauté française de se retrouver et de se transporter dans un petit coin de France le temps d’une soirée.

  • Les eurodéputés veulent tordre le bras aux chefs d’Etat sur les traités européens

    Les eurodéputés veulent tordre le bras aux chefs d’Etat sur les traités européens

    Le Parlement européen pourrait poursuivre les dirigeants de l’UE devant la Cour européenne de justice pour avoir enfreint les obligations des traités s’ils refusent de réagir officiellement à l’appel officiel des législateurs de l’UE pour une Convention de révision des traités européens, a déclaré un expert constitutionnel à EURACTIV.

    Les eurodéputés ont soutenu une résolution plus tôt ce mois-ci demandant aux dirigeants de l’UE d’accepter de modifier les traités par le biais d’une Convention. Conformément à ses obligations en matière de traités, le Conseil européen doit maintenant voter à la majorité simple pour savoir s’il veut l’examiner.

    « Le 9 août, le Parlement européen pourra demander officiellement au Conseil d’agir. Le 9 octobre, [il] devrait poursuivre le Conseil devant la Cour de justice pour ne pas avoir donné suite à sa résolution », a déclaré à EURACTIV l’ancien eurodéputé libéral Andrew Duff, l’un des principaux experts de la réforme des traités et de la constitution de l’UE.

    « Si les eurodéputés ne donnent pas suite de cette manière, ils rejoindront la Commission et le Conseil dans le tas de ruines », a déclaré l’ex-député.

    Faire évoluer le traité de Lisbonne

    Un élan pour revoir les traités de l’UE pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009 a émergé ces derniers mois, poussé d’abord par les propositions issues de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, l’expérience de démocratie délibérative d’un an où les citoyens ordinaires ont eu leur mot à dire sur l’élaboration des politiques de l’UE, puis par l’invasion russe de l’Ukraine.

    La conférence s’est mise d’accord sur 49 recommandations, dont la suppression des vetos nationaux dans une série de domaines politiques tels que la politique étrangère, de nouvelles compétences européennes pour coordonner la politique de santé à la suite de la pandémie de Covid-19, et des pouvoirs d’initiative et de contrôle législatifs supplémentaires pour le Parlement européen.

    Entre-temps, la question de la suppression des vetos sur la politique étrangère, de défense et de sécurité de l’UE est apparue à la suite des difficultés à se mettre d’accord sur les sanctions contre la Russie et le soutien militaire à l’Ukraine à la suite de l’invasion russe.

    « Ils doivent réagir d’une manière ou d’une autre », a déclaré M. Duff. Il existe plusieurs options, « y compris un débat sur l’opportunité de convoquer une Convention ou non, éventuellement préparé par un groupe de réflexion indépendant ».

    Allemagne et France favorables aux réformes

    Cependant, ni la Convention, ni la perspective d’une révision des traités n’ont été mentionnées, que ce soit à la réunion du Conseil des affaires générales de l’UE mardi 21 juin ou dans le projet de conclusion du sommet européen de cette semaine.

    Alors que la plupart des gouvernements de l’UE, dont l’Allemagne, la France et l’Italie, se sont déclarés favorables à une modification des traités, une importante minorité de blocage, composée principalement de petits États d’Europe du Nord et des pays baltes, « ne soutient pas les tentatives inconsidérées et prématurées de lancer un processus de modification des traités ».

    Vendredi dernier, la Commission européenne a publié sa première communication sur les recommandations formulées par la conférence, que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a qualifiées de « riches et vastes idées pour améliorer notre Union ». Mme Von der Leyen a également apporté son soutien à la réouverture des traités de l’UE.

    Selon M. Duff, le gouvernement tchèque, qui doit prochainement prendre la présidence tournante de six mois du Conseil de l’UE, organise une discussion préliminaire sur la modification du traité à la mi-juillet. Toutefois, aucune décision sur l’opportunité de lancer une Convention constitutionnelle n’est attendue.

  • Télétravail, ce qui change ce 1er juillet 2022

    Télétravail, ce qui change ce 1er juillet 2022

    Avant le premier confinement en mars 2020, le télétravail était très peu pratiqué. Depuis les travailleurs frontaliers ont vite adopté ce mode de fonctionnement. Depuis deux ans, près de deux tiers des salariés, travaillant dans un Etat différent de celui où ils résident, ont troqué plusieurs fois par semaine les longs allers-retours entre les deux pays contre un bureau à la maison. Cependant, ce nouveau mode de travail a des conséquences sociales et fiscales. Jusqu’à présent, sous la pression de la Covid-19, les administrations avaient suspendu les règles afin de laisser la plus grande flexibilité aux acteurs économiques en pleine crise économique.

    Avec le recul de la pandémie et la reprise économique, la tentation fut forte pour les Etats de rétablir leurs prérogatives. La Belgique avait annoncé en mai que le télétravail serait limité à 34 jours à partir du 1er juillet 2022. Mais la commission administrative de l’Union européenne pour la coordination des systèmes nationaux de sécurité sociale en a décidé autrement ce 14 juin 2022.

    La sécurité sociale

    La commission a donc ouvert une période de transition jusqu’au 31 décembre 2022, à la suite de laquelle la règle de non-impact en matière de sécurité sociale restera en place jusqu’à nouvel ordre.

    Concrètement désormais un travailleur frontalier restera soumis à la législation de sécurité sociale du pays où est située son activité salariée ou d’indépendant, même lorsqu’il exerce son activité sous forme de télétravail dans son Etat de résidence, peu importe le nombre de jours de télétravail.

    Que vous travailliez en France, au Luxembourg, en Suisse, en Belgique, en Allemagne, en Italie ou en Espagne, vous continuerez à bénéficier de la protection sociale de ce pays même si vous effectuez 100% de votre activité à partir de votre pays de résidence.

    A partir du 1er janvier 2023, ces règles devraient être aménagées ou interprétées pour permettre un certain niveau de télétravail depuis l’Etat de résidence, sans que la compétence en matière de sécurité sociale ne change.

    Pour la couverture sociale jusqu’à la fin de l’année 2022, c’est donc simple et limpide, mais quid de la fiscalité ?

    Les impôts

    Sur le plan fiscal, le 30 juin prochain marque en effet la fin du télétravail illimité et surtout, un retour aux limites de 29 jours par an autorisés pour les frontaliers français, 34 pour les Belges et 19 jours pour les Allemands tandis que ceux au Luxembourg bénéficient d’une plus grande flexibilité.

    Concrètement, cela implique que si vous dépassez ce nombre de jours, un prorata d’impôts sera dû à votre pays de résidence. Si vous étiez imposé en France car vous y êtes salarié, vous avez pu pendant 2 ans travailler depuis un autre Etat tout en restant complètement soumis à la fiscalité française.

    Désormais, il va falloir sortir la calculette. En effet, à partir du 1er juillet 2022, le travailleur ou la travailleuse sera imposable par son pays de résidence sur son salaire pour chaque jour de télétravail effectué dans le pays tiers au delà des jours autorisés.

    Un véritable casse-tête tant pour les administrations fiscales que pour les personnes concernées, sans parler des risques de double imposition. Si le prélèvement à la source existe, il faudra aussi que les entreprises prennent en compte ces règles pour établir les bulletins de salaire et procéder aux bons versements. Une complexification, qui aura des coûts financiers et humains, et pourrait être un frein au maintien du télétravail.

    Et en 2023 ?

    La mise en œuvre concrète sera préparée au cours des prochains mois au niveau européen, ainsi qu’avec la Suisse. Une harmonisation est prévue, cependant l’Union européenne n’ayant pas de compétences sur la fiscalité, les Etats risquent de s’opposer sur la répartition des prélèvements fiscaux.