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  • Changer de pays ? Mais quelle destination ? Le classement 2022 des villes dans le monde

    Changer de pays ? Mais quelle destination ? Le classement 2022 des villes dans le monde

    Comme chaque année, le cabinet ECA International, spécialisé dans la mobilité internationale, a publié son classement 2022 des villes les plus chères du monde. On notera que les conséquences de la pandémie et de la guerre en Ukraine ont entrainé une augmentation généralisée des prix. Que ce soient les loyers, l’énergie, l’essence ou l’alimentation, partout dans le monde le coût de la vie augmente.

    Hong-Kong, New-York et Londres

    On s’en doutait, c’est confirmé, Hong-Kong, New-York et Londres sont en haut du classement des villes les plus chères au monde. Si depuis l’enquête, réalisée en début d’année, la situation de la région spéciale de Chine, Hong-Kong, a changé, entrainant une chute des prix au niveau local, New-York et Londres restent très chères.

    New York, aux États-Unis, est la deuxième ville la plus chère du monde. C’est deux places de plus que l’année dernière. La faute, selon ECA International, à l’augmentation de 12 % des loyers. C’est pour la même raison, avec une augmentation de 20 % des loyers, que Londres bondit au classement, devenant la 4e ville la plus chère du monde. « Londres et New-York ont enregistré les augmentations de prix les plus importantes parmi les dix villes les plus chères, principalement en raison de la flambée des coûts de location des logements – en hausse alarmante de 20 % à Londres et de 12 % à New York », alerte ECA International.

    L’Euro protège de l’augmentation du coût de la vie

    Du coté européen, on découvre que Genève bondit à la 4ème place, la cause ? La chute du cours du franc suisse face au dollar qui renchérit en raison de nombreuses importations. Et encore la hausse est limitée grâce à la bonne tenue de la monnaie helvétique face à l’euro.

    La monnaie européenne fut d’ailleurs la meilleure protection face à la hausse du coût de vie. Ainsi, Madrid, Rome et Bruxelles descendent dans le classement du fait du cours de l’euro. Même Paris perd 2 places pour se situer en dehors du TOP 10 (et c’est une bonne nouvelle) à la 11ème place. Berne en Suisse et Copenhague au Danemark ainsi que Reykjavik en Islande lui passent devant, toutes des capitales hors de l’espace monétaire européen (donc sans l’euro) si ce n’est hors de l’UE.

    Ankara, la ville la moins chère au monde pour les expatriés

    Classée à la 207e place, Ankara, en Turquie, est désormais la ville la moins chère du monde pour les expatriés et les touristes. Avec une inflation officielle à 36%, en réalité plutôt proche des 50%, et une chute de la valeur de sa monnaie importante face à l’euro (1 livre turque s’échangeait contre 0,10 centimes d’euro au 1 janvier 2021 contre 0,05 centimes d’euro en juin 2022), les expatriés payés en monnaie européenne ou en dollars peuvent mener grand train à faible coût.

    Bazar Suluhan à Ankara ©Stockadobe

    Le carburant, une valeur à surveiller

    Le carburant est l’un des principaux facteurs contribuant à la hausse du coût de la vie dans le monde, observe dans son étude ECA International. Les prix alimentaires montent en flèche à travers le monde en partie à cause des pénuries créées par la guerre en Ukraine, indique aussi le cabinet.

    Il faut donc bien prendre en compte que ce classement peut toutefois différer de la réalité puisqu’il imagine un « mode de vie international ». L’essence est ainsi un facteur moins important quand on vit dans une grande ville avec de nombreux transports en commun, et en vivant à la « locale » vous pourrez nettement diminuer la facture dans de nombreux pays. Comme toujours, et encore plus en ce début de décennie, c’est votre mode de vie qui influence avant tout votre budget.

  • Ordre national du Mérite : 50 expatriés décorés

    Ordre national du Mérite : 50 expatriés décorés

    Créé par décret du 3 décembre 1963, l’ordre national du Mérite est le second ordre national après la Légion d’honneur. Il résulte d’une large réforme du système des décorations engagée en 1958 par le général Catroux, grand chancelier de la Légion d’honneur, avec l’appui du Général de Gaulle. 

    Cinq ans après la naissance de la Ve République, dans une France en pleine modernisation, l’objectif était en effet de renforcer l’unité nationale, d’harmoniser et de simplifier les distinctions honorifiques en stoppant la multiplication des décorations, mais aussi de hiérarchiser l’échelle des mérites avec une nouvelle distinction.

    Comme chaque année, c’est en juin que la République dévoile les citoyens qu’elle désire honorer via cette décoration. Dans le décret publié le 20 juin 2022, on peut découvrir qu’une cinquantaine de Français de l’étranger ont été promus au sein de l’Ordre National du Mérite.

    Qui est récompensé ?

    Pour prétendre à l’ordre national du Mérite, il faut répondre aux 2 conditions suivantes :

    • Avoir des mérites distingués dans l’exercice, pendant au moins 10 ans, d’une fonction publique, civile ou militaire, ou d’une activité privée
    • Être proposé par un ministre, après étude d’un dossier constitué à la demande d’une administration centrale, d’un préfet, d’une association, d’une personnalité politique (maire, député, etc.) ou d’un groupe d’au moins 50 personnes (pour l’initiative citoyenne)

    Aussi, il n’est pas nécessaire d’être de nationalité française. Les étrangers peuvent être décorés de l’ordre national du Mérite, mais ils ne peuvent pas devenir membres de l’ordre. Ils sont d’ailleurs nombreux chaque année à être reconnus par la République française.

    Dans la promotion de juin 2022, tous les corps de métiers et tous les continents sont représentés : professeurs, chefs d’entreprises, universitaires, journalistes… le ministère des Affaires étrangères, pas seulement celui de l’Intérieur, a aussi élevé des expatriés au rang de chevalier, a été attentif à une répartition équilibrée en genres, en continents mais aussi entre le privé et le public.

    Les récipiendaires

    Ci-dessous trouvez la liste des Français établis hors de France qui obtiennent leur première décoration ou qui sont promus dans cet ordre.

    Les nouveaux chevaliers

    M. Michel (Jean-François), conseiller économique au sein d’une ambassade ; 24 ans de services.

    M. Chartrez (Pascal, Marcel, Pierre), attaché de direction, directeur de la représentation de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration au Cameroun ; 41 ans de services.

    M. Chelihi (Ali, Kamel, Eddin dit Kamel), brigadier-chef de police, adjoint logistique à l’étranger ; 25 ans de services.

    M. Berthelot (Thierry, Jacques, Marie-François), consul général de France à Bangalore (Inde) ; 35 ans de services.

    M. Burin des Roziers (Laurent, Emmanuel, Marie), consul général de France, directeur délégué de l’Institut français de Naples (Italie) ; 34 ans de services.

    Mme Douillard (Manuela, Jackie), secrétaire générale de l’ambassade de France à Port-Louis (Maurice) ; 24 ans de services.

    Mme Kassab, née Jabre (Rita), secrétaire à l’ambassade de France à Riyad (Arabie saoudite) ; 27 ans de services.

    Mme Ouégnin Ben-Mensah, née Ouégnin (Carole, Franceline, Henriette), agente chargée de l’état civil au consulat général de France à Bamako (Mali) ; 33 ans de services.

    Mme Sciortino (Sabine), première conseillère à l’ambassade de France à Abou Dabi (Emirats arabes unis) ; 17 ans de services.

    M. Speybrouck (Luc, André, Guy), chef de section consulaire, régisseur et secrétaire général de l’ambassade de France à Bagdad (Irak) ; 46 ans de services.

    Mme Alzial (Clémentine, Nadia, Andrée), directrice générale d’une entreprise de transformation du cacao ; 17 ans de services. 

    M. Auffret (Laurent, Jean), directeur d’une fondation consacrée aux échanges culturels et éducatifs (États-Unis) ; 16 ans de services. 

    M. Bakic (Emil), directeur d’une entreprise spécialisée dans les énergies renouvelables (Croatie) ; 23 ans de services. 

    M. Besançon (Stéphane, Laurent), cofondateur et directeur général d’une association pour l’accès aux soins en Afrique (Mali) ; 22 ans de services. 

    M. Butel (Jean-Claude, Emile), président d’une association socioculturelle (Maroc) ; 38 ans de services. 

    M. Cabestan (Jean-Pierre, Aurélien), sinologue, professeur à l’université baptiste de Hong Kong (Chine) ; 31 ans de services. 

    Mme Carvallo (Hélène, Henriette, Inès), avocate conseil du consulat général de France à New York (États-Unis) ; 13 ans de services. 

    Mme Casto (Sandrine-Pia), présidente de l’Alliance française de Panama ; 20 ans de services. 

    M. Dayon (Alexandre, Michel, Yves), président-directeur de la stratégie d’une société proposant des solutions de gestion de la relation client (États-Unis) ; 31 ans de services. 

    M. Doro (Raphaël, Robustiano), avocat conseil de l’ambassade de France à Malabo (Guinée équatoriale) ; 36 ans de services.

    M. Jacquemard (Jean-Robert, Henri), président d’une chambre de commerce et d’industrie ; 49 ans de services. 

    M. Khatib (Oussama), professeur et directeur d’un laboratoire de robotique à l’université de Stanford (États-Unis) ; 40 ans de services. 

    Mme Labi (Rosine, Eva dite Eva), directrice générale adjointe d’une association consacrée à l’éducation et à la culture (Israël) ; 47 ans de services. 

    M. Lauras (Christophe, Yves), vice-président d’un groupe hôtelier, président de la chambre de commerce et d’industrie France-Chine (Chine) ; 26 ans de services. 

    M. Mallebay-Vacqueur (Jean, Pascal, Didier), consul honoraire de France dans le Michigan (États-Unis) ; 37 ans de services. 

    Mme Marchal (Elisabeth, Marie, Arlette), directrice administrative d’une entreprise, ancienne conseillère consulaire d’Atlanta (États-Unis) ; 33 ans de services. 

    Mme Martin, née Khediri (Catya, Claudine), rédactrice en chef d’un magazine francophone, présidente du conseil consulaire de Hong Kong (Chine) ; 16 ans de services. 

    M. Noirtin (Jean-Pierre, Albert, Henri), ancien président de la section française du comité France-Ukraine d’une association caritative ; 52 ans de services. 

    M. de Nuñez (Mauricio, Carlos), avocat conseil de l’ambassade de France (Argentine) ; 43 ans de services. 

    Mme Onillon, née Subileau (Françoise, Bernadette), conseillère des Français de l’étranger, ancienne directrice artistique d’un groupe de prêt-à-porter (Chine) ; 37 ans de services. 

    M. Pech (Xavier, Robert, René), entrepreneur dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, président d’une association mémorielle à Hong Kong (Chine) ; 30 ans de services.

    Mme Record, née Chirila (Adriana), directrice exécutive de la chambre de commerce et d’industrie française en Roumanie ; 17 ans de services. 

    M. Réveillon (Noël, Gilbert dit Gilbert), directeur général d’un cabinet de conseil en technologie de l’information et en connexions d’objets, conseiller du commerce extérieur ; 31 ans de services. 

    Mme Rossi (Ana, Helena), enseignante-chercheuse à l’institut des lettres de l’université de Brasilia (Brésil) ; 23 ans de services. 

    M. Rossi (Frédéric, Gaston, Bernard), directeur pour l’Amérique du Nord d’un opérateur économique de l’Etat ; 26 ans de services. 

    M. Thien-Ah-Koon (Pascal), avocat (Taïwan) ; 21 ans de services. 

    Mme Trichot (Claire, Andrée), directrice-fondatrice d’une association d’aide aux mères isolées (Maroc) ; 22 ans de services.

    M. Weill (Bruno, Philippe), directeur général d’un groupe bancaire (Chine) ; 17 ans de services. 

    Mme Yang (Juh-Wen dite Lena), journaliste, traductrice, productrice de cinéma (Chine) ; 24 ans de services.

    Les promus

    Mme Bellot, née Vasseur (Véronique, Geneviève), secrétaire du chef de poste à l’ambassade de France à Port-au-Prince (Haïti) promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    M. Siew, né Siew Hew Sam (Gaetan, Michel), architecte, ancien président d’une organisation professionnelle internationale (Île Maurice) promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    Mme Ngwé, née Latchoumanin (Marie-Andrée, Marguerite), avocate (Cameroun). Chevalier du 30 octobre 1999 promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    Mme Gris, née Loumeau (Marie, Bernadette, Marcelle dite Catherine), ancienne directrice générale d’une organisation professionnelle (Île Maurice). Chevalier du 5 juillet 2013 promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    Mme Le Coze (Marguerite, Gabrielle dite Maguy), restauratrice (États-Unis) ; 36 ans de services promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    Mme Estève (Laurence, Marie, Isabelle), cofondatrice et directrice générale d’une école de cirque (Afrique du Sud). Chevalier du 22 septembre 2012 promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    M. Ripert (Eric, Franck), chef restaurateur (États-Unis) ; 31 ans de services promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    Mme Bonnafous (Jacqueline, Claire), psychologue et psychothérapeute (États-Unis) promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

    M. Carcy (Jacques, Jean, Louis), vice-président de l’Alliance andorrano-française (Andorre) promue au rang d’officier par le Ministère des Affaires étrangères.

  • L’automobile en révolution

    L’automobile en révolution

    Les automobiles sont devenues, ces dernières années, des ordinateurs mobiles. L’informatique est omniprésente, pour le fonctionnement des moteurs, pour la gestion de l’énergie -en particulier pour les véhicules électriques- pour le guidage et les différents systèmes de sécurité passifs ou actifs. Cette informatisation ne peut que s’accroître avec l’apparition, à terme, de flotte de véhicules autonomes.

    7,7 millions de voitures n’ont pas été fabriquées faute de microprocesseurs 

    Les constructeurs automobiles sont, de ce fait, comme la crise sanitaire l’a révélé, de plus en plus dépendants des fournisseurs de microprocesseurs. En 2021, 7,7 millions de voitures n’ont pas été fabriquées faute de microprocesseurs. Des constructeurs ont été contraints de proposer des modèles simplifiés au niveau de l’informatique pour compenser cette absence de puces. 

    L’informatisation des véhicules modifie en profondeur l’industrie automobile. Jusqu’à une date récente, le marché était dominé par quelques grands groupes, l’arrivée de nouveaux constructeurs étant rendue difficile en raison des coûts de production et de distribution élevés. Les vingt dernières années avaient été marquées par la montée en puissance des constructeurs chinois. Sur un marché concurrentiel et exigeant d’importants investissements, la concentration au sein des pays de l’OCDE s’est accrue dans les années 2000. Opel et Fiat ont ainsi rejoint le groupe Stellantis.

    Tesla révolutionne l’univers de l’automobile en opposition aux pratiques de sous-traitance 

    La percée de Tesla, devenue en quelques années, la première capitalisation du secteur, marque une rupture. Pendant des années, Elon Musk fut raillé; nul n’imaginait qu’un nouveau constructeur puisse produire en masse des véhicules et les distribuer tout autour de la planète. En 2021, Tesla a écoulé 936 172 voitures dans le monde, contre 499 550 en 2020. Cette entreprise révolutionne l’univers de l’automobile comme Ford l’avait fait dans les années 1920 et Toyota dans les années 1980. Contrairement à la pratique des dernières décennies, Tesla a décidé d’internaliser l’ensemble du processus de production. Il a repris quelques principes qui avaient fait le succès des constructeurs au XXe siècle. 

    Henry Ford s’approvisionnait en matières premières, comme le caoutchouc pour les pneus et l’acier pour les châssis, dans les plantations et les hauts fourneaux appartenant à son entreprise. Son usine de River Rouge à Detroit était alimentée au charbon des mines Ford. Tesla a récemment conclu des accords avec des mines de lithium et des fournisseurs de graphite. Tesla dispose ainsi de ces propres usines de fabrication de batteries. Elle produit non seulement les groupes motopropulseurs en interne mais aussi les appareils électroniques embarqués. Tesla conçoit également ses propres semi-conducteurs et a des liens plus étroits que les autres constructeurs automobiles avec ceux qui les fabriquent. Elle a été moins touchée que les autres constructeurs par la pénurie mondiale de microprocesseurs. Les ingénieurs logiciels de Tesla ont créé une architecture informatique centralisée. Elon Musk a abandonné le recours à des concessionnaires pour privilégier l’ouverture de magasins Tesla. Il s’est inspiré d’Apple en optant pour des magasins luxueux. Le modèle développé par Tesla est gagnant dans un contexte de pénurie. Selon la banque UBS, « l’intégration représente un avantage concurrentiel fort dans un environnement de chaînes d’approvisionnement structurellement tendues ». 

    Les choix d’Elon Musk sont en opposition aux pratiques développées des années 1980 jusqu’à nos jours. Les constructeurs étaient devenus des assembleurs. Ils avaient externalisé la production sur des sous-traitants comme Bosch, Continental, Denso, Valéo et bien d’autres. Ils avaient conservé la conception et le marketing. Carlos Tavares, directeur général de Stellantis, a déclaré que ses voitures étaient à 85 % issues de pièces provenant de l’extérieur. Mercedes-Benz estime que 70 % de la valeur ajoutée de ses voitures proviennent de ses fournisseurs.

    La maitrise des chaînes d’approvisionnement devient une priorité 

    La crise sanitaire mondiale, la crise en Ukraine et le succès de Tesla incitent les concurrents à revoir leur modèle de production. La maitrise des chaînes d’approvisionnement devient une priorité. En 2021, BMW a investi 334 millions de dollars dans un projet de lithium argentin. Toujours en 2021, Stellantis et Renault ont chacun signé des accords avec Vulcan Energy Resources pour l’accès aux minerais essentiels pour les véhicules électriques. Les constructeurs entendent également rapatrier en leur sein la fabrication des batteries qui constituent désormais le premier centre de coût des véhicules électriques. Volkswagen a décidé la création d’un centre de fabrication de batteries en interne et a affecté à cet investissement 2 milliards d’euros en 2022. Le constructeur allemand a prévu de construire six usines de batteries en Europe d’ici 2030. Ford a décidé la construction de trois centres de fabrication de batteries aux États-Unis avec un investissement portant sur plus de 10 milliards de dollars. GM a annoncé un investissement de 2,3 milliards de dollars pour une usine de batteries au Tennessee construite avec LG. Stellantis et Mercedes investiront 7 milliards de dollars dans des usines de batteries en France et en Allemagne.

    Développer ses propres moteurs électriques et ses propres logiciels

    Les constructeurs sont de plus en plus nombreux à concevoir en interne leurs moteurs électriques. Hyundai et l’alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi sont les derniers à maintenir une externalisation dans ce domaine. BMW, Ford, GM, Mercedes et VW envisagent au contraire de fabriquer davantage de moteurs dans leurs propres usines. 

    Pour éviter les goulets d’étranglement et mieux maîtriser les chaînes d’approvisionnement, les constructeurs automobile nouent des alliances avec des fabricants de microprocesseurs. Qualcomm et Nvidia sont ainsi de plus en plus associés au processus de production des véhicules quand auparavant ils n’étaient considérés que comme des sous-traitants secondaires. VW envisage même de concevoir ses propres microprocesseurs, comme le fait Tesla. 

    Au niveau des logiciels, plusieurs constructeurs réfléchissent à développer leur propre système pour ne pas être dépendants de Microsoft, Google ou Apple. Au cours des prochaines années, les logiciels devraient devenir la principale source de revenus de l’industrie. Les logiciels automobiles devraient, selon UBS, rapporter environ 1,9 milliard de dollars par an d’ici 2030. Ford a débauché Doug Field, qui avait été en charge de projets spéciaux chez Apple. Jim Rowan, qui a pris la direction de Volvo en mars 2022, est un ancien patron de Dyson, une entreprise d’électronique. Ferrari, est dirigée, depuis septembre 2021, par Benedetto Vigna, recruté chez STMicroelectronics, une société suisse de semi-conducteurs. En 2020, VW a créé une branche logicielle distincte. Mercedes et Toyota envisagent de créer un système d’exploitation propriétaire. Stellantis prévoit d’embaucher 4 500 ingénieurs en logiciel d’ici 2024. 

    Plusieurs constructeurs automobiles mettent en place des centres de recherche et développement dans des hubs technologiques, de la Silicon Valley à Shanghai. Si durant des années, les constructeurs ont privilégié le recours aux franchises, aux concessionnaires, ils optent de plus en plus pour l’ouverture de boutiques en direct en charge de la vente. Auparavant, les lieux de vente étaient également les garages. Désormais, il y a distinction. Les ventes directes forgent également un lien plus étroit avec les acheteurs qui pourraient ensuite acheter des services et des mises à niveau supplémentaires. Les constructeurs sont engagés dans une course de vitesse pour ne pas subir le sort de Kodak au moment de la révolution numérique dans la photographie. Ils doivent simplifier leurs réseaux de fournisseurs et leurs structures.

    Séparer la production des voitures électriques de celle des voitures thermiques 

    Pour accélérer le changement, plusieurs sociétés prévoient de séparer la production des voitures électrique de celle des voitures thermiques. Ford et Renault sont sur ce modèle. Le secteur de l’automobile connaît une mutation d’une ampleur inégalée depuis sa taylorisation. Des millions de salariés sont concernés à l’échelle mondiale. Pour les concessionnaires, les sous-traitants, la remise en cause est brutale. La révolution de ce secteur ne peut que s’accélérer avec la nécessité de la transition énergétique et l’apparition des flottes autonomes. La place de la voiture au sein de la société évolue rapidement avec la réduction de sa place dans les grandes agglomérations.

  • Commission des finances : « Je serai un vrai contre-pouvoir », lance Eric Coquerel

    Commission des finances : « Je serai un vrai contre-pouvoir », lance Eric Coquerel

    A la veille du vote pour élire le président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, prévu jeudi (30 juin), Eric Coquerel, candidat au nom de la coalition des forces de gauche NUPES a répondu aux questions d’EURACTIV France.

    Eric Coquerel est député – La France insoumise – de la 1ère circonscription de Seine-Saint-Denis.

    Euractiv : Dans un entretien samedi (25 juin) à l’Agence France-Presse, Emmanuel Macron a expliqué que les idées de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN) « ne sont pas conformes aux principes de la République », même s’il ne met pas de « signe égal » entre les deux partis. Comment réagissez-vous à ces propos ?

    Tout cela est très politicien. Quand M. Macron avait besoin des voix de gauche pour faire blocage au RN dans l’entre-deux-tours des élections présidentielles, il faisait applaudir Jean-Luc Mélenchon.

    Comme les choses ont changé depuis les résultats des législatives ! Face à cette situation inédite de majorité relative, M. Macron a une attitude d’enfant-roi : il refuse d’accepter la réalité politique pour ce qu’elle est.

    De fait, il cherche des soutiens du côté du parti Les Républicains (LR) afin de créer une coalition qui soit compatible avec le système néolibéral qui est le sien. En même temps, il tente de diviser la NUPES, mais nous ne céderons pas.

    Euractiv : Pourtant, il semblerait que les divisions au sein de la NUPES soient réelles : refus de former un groupe uni à l’Assemblée nationale, critiques de la part du secrétaire national du Parti communiste français (PCF) Fabien Roussel à l’encontre de l’alliance… La NUPES n’est-elle pas déjà en train de se fissurer ?

    Les propos de M. Roussel n’engagent plus le PCF. Tout au long des négociations entre les partis de gauche, M. Roussel a fait des sorties dans les médias qui étaient ensuite démenties par sa délégation. En pratique, c’est bien la délégation PCF, et non pas M. Roussel, qui a permis que l’accord se fasse.

    Pour ce qui est d’un groupe parlementaire uni, ce n’était pas dans l’accord de base, signé avant les législatives. Si LFI a toujours pensé qu’un groupe uni serait plus efficace face au RN, ce n’est pas nécessaire pour que toutes les forces de gauche travaillent de concert. Nous aurons des réunions hebdomadaires et les décisions seront prises ensemble.

    Aujourd’hui, la coalition NUPES marche, et elle marche bien.

    Euractiv : Pourtant des divisions persistent sur des sujets majeurs, comme l’Europe…

    Paradoxalement, sur le sujet européen qui semblait le plus compliqué, nous avons trouvé un accord très clair : nous ne sommes pas anti-Europe et en aucun cas ne souhaitons quitter l’UE, mais nous sommes prêts à désobéir aux règles qui nous empêcheraient d’appliquer le programme de la NUPES.

    Euractiv : On ne peut pas nier des désaccords profonds entre l’euroscepticisme qui caractérise LFI et le fédéralisme qui est au cœur, par exemple, de la position des écologistes.

    Mais un accord a tout de même été trouvé ! Les choses seraient peut-être différentes si nous gouvernions, mais aujourd’hui cet accord nous permet au moins de dire des choses de manière unie.

    Euractiv : Avec l’octroi du statut de candidat à l’Ukraine et la Moldavie, l’UE a envoyé un message politique « historique », selon Emmanuel Macron. Quelle est votre analyse ?

    C’est évidemment un signe politique fort. Nous croyons que l’UE peut être un outil de progrès social et écologique, mais il faut une harmonisation sociale et fiscale, sans laquelle la compétition entre les peuples va mener à de nouveaux nationalismes. L’UE ne peut pas être une machine à baisser le niveau de vie. L’exemple de l’Ukraine est à ce niveau-là flagrant : le salaire minimum est de 140 euros.

    Régler des problèmes géopolitiques à travers l’intégration de nouveaux pays au sein de l’UE ne marche pas : il faut aussi assurer une non-régression sociale et écologique et faire en sorte que l’UE s’aligne toujours au pays le mieux-disant en termes sociaux.

    « Aujourd’hui, on peut le dire : une gauche de rupture est de retour. La présidence de la commission des finances présentera donc une alternative aux politiques d’austérité et néo-libérales » a dit Eric Coquerel à EURACTIV France. [EPA-EFE / LUDOVIC MARIN / POOL]

    Euractiv : Vous avez été désigné candidat à la présidence de la Commission des finances par la NUPES. Si vous êtes élu, quel président serez-vous ?

    Je serai un vrai contre-pouvoir, comme le prévoient les textes. Les cris d’affolement qu’on entend aujourd’hui au sujet d’une présidence LFI nous renvoient à l’idée que l’opposition a, pendant longtemps, été compatible avec le système néo-libéral que portaient les différents gouvernements, même sous François Hollande [président de la République de 2012 et 2017].

    Aujourd’hui, une gauche de rupture est de retour, prête à présenter une alternative aux politiques d’austérité que nous promet M. Macron.

    Euractiv : Eric Woerth vous accuse de vouloir « faire du contrôle fiscal » si vous êtes élu président…

    C’est absurde : je ne vais évidemment pas me lancer dans une chasse aux sorcières de mes adversaires politiques – je suis tenu au secret fiscal et je le respecterai. Les réactions des uns et des autres sont tellement disproportionnées que je me demande s’ils n’ont pas quelque chose à cacher…

    Néanmoins, combattre l’évasion fiscale est un enjeu crucial qui sera au cœur de mon action, comme nous le rappelle l’affaire McDo, accusé de fraude fiscale [qui paiera une amende de 508 millions d’euros].

    Euractiv : Quels sont les autres sujets prioritaires à traiter ?

    Je souhaite faire meilleur usage de l’article 40 de la Constitution [qui dispose que les amendements parlementaires ne sont pas recevables s’ils ont pour conséquence une diminution des ressources publiques, ainsi que la création ou l’aggravation d’une charge publique].

    L’ancien président de la Commission Éric Woerth a eu une lecture très large de cet article, ce qui a empêché le dépôt de nombreux amendements lors de la dernière mandature. Je souhaite faire appliquer cette règle de manière plus limitée, en clarifiant clairement ses contours.

    Euractiv : Quelles relations comptez-vous entretenir avec le RN ? Le dialogue entre LFI et le RN est-il possible ?

    Voyons déjà s’ils se présentent dans l’Hémicycle : ils n’étaient presque jamais là pendant cinq ans. Ensuite, vu le pédigrée de certains nouveaux élus, j’ai peur que les conversations soient compliquées…

    Je n’imagine pas de dialogue avec le RN, qui n’est pas un parti républicain, au vu de leur histoire et leurs racines. Malgré la « dédiabolisation » tant prônée par Marine Le Pen, les thématiques restent d’extrême droite. Autant je peux aller prendre un café avec des membres de LR, autant je ne peux pas avec le RN.

    Euractiv : Pourtant, dans les duels Ensemble-RN du second tour des législatives, 24 % des électeurs NUPES ont voté RN. Quel message envoyez-vous à ces électeurs ?

    J’envoie le même message que celui envoyé par M. Mélenchon aux « fâchés pas fachos » : en aucun cas le RN est une solution à la colère sociale qui anime le pays.

    Sur les plans économique et social, le RN et la majorité présidentielle partagent les mêmes idées libérales, notamment sur les sujets de déficit et de dépenses publiques. Ces deux partis sont d’accord pour repousser l’âge de la retraite, ou encore pour baisser les cotisations patronales. Ce n’est donc pas par hasard si des macronistes de haut-rang comme le garde des Sceaux Éric Dupont-Moretti ou Éric Woerth tendent la main au RN.

    Par ailleurs, le premier mandat de M. Macron s’est soldé par des mesures qui auraient très bien pu être mises en œuvre par un gouvernement RN : souvenez-vous du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui expliquait lors d’un débat télévisé que Marine Le Pen était trop « molle » sur les sujets d’islamisme !

    Euractiv : Le gouvernement s’apprête à présenter son projet de loi « pouvoir d’achat ». Allez-vous participer aux négociations sur le texte ?

    La NUPES s’apprête à déposer une proposition de loi d’urgence sociale cette semaine, qui regroupe nos promesses des législatives : SMIC à 1 500 euros, retraites réhaussées, augmentation des minima sociaux, revenu garanti pour les jeunes des lycées professionnels, blocage des prix et des loyers.

    Euractiv : Comment allez-vous financer cette proposition de loi ?

    Notre proposition coûtera 64 milliards d’euros qui, peu ou prou, sera financée par le rétablissement d’un impôt sur la fortune progressif, en supprimant la flat tax sur le capital, et en imposant une nouvelle taxe exceptionnelle sur les entreprises « profiteuses de crise ». Enfin, nous supprimerons certaines niches fiscales anti-écologiques.

    Pour le reste, nous ne sommes pas pour un retour aux 3 % de déficit budgétaire – ce qui veut dire que nous sommes prêts à augmenter les dépenses si nécessaire.

  • Le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel sanctionnent des élections consulaires et sénatoriales

    Le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel sanctionnent des élections consulaires et sénatoriales

    Les élections consulaires et sénatoriales ont comme chaque moment électoral amené leur lot de recours des candidats ou de la Commission de contrôle des comptes de campagne. Celles de 2021 n’ont pas dérogé à la règle. Deux affaires viennent d’aboutir, celle concernant la sincérité du vote sur la circonscription de Montréal pour les Consulaires de mai 2021 et celle sur les comptes de la campagne de Laure Pallez, candidate malheureuse aux élections sénatoriales de septembre 2021. On détaille ces deux affaires pour vous.

    2 candidats sur la sellette à Montréal

    Vendredi 24 juin, le Conseil d’État a statué sur le recours à l’encontre des résultats de l’élection des conseillers et délégués des Français de la circonscription de Montréal. Les sages du Palais royal (lieu où siège la plus haute autorité administrative française) ont décidé d’annuler les élections du fait de « manœuvres » de deux listes qui ont, selon la haute juridiction, volontairement créé la confusion et trompé les électeurs sur leurs soutiens.

    « Écologie, urgence climatique et environnement avec les Françaises et les Français du Québec et des Provinces atlantiques : liste verte pour servir et défendre vos intérêts en accord avec les objectifs de développement durable de l’ONU » est la première des listes incriminées dans ce jugement. Conduite par Virginie Baudet, l’équipe qui se présentait devant les Français de cette région du Québec, s’était attribuée le soutien de Nicolas Hulot, via une profession de foi mettant en avant une grande photo de l’ancien ministre et une reproduction de sa signature. Le juge administratif a lui constaté que « cette personnalité ne lui accordait aucun soutien » et que la communication de la liste était donc de nature à tromper les électeurs. Arrivée en troisième position, cette liste avait obtenu un siège de conseiller des Français de l’étranger. 

    Télécharger le jugement du Conseil d’Etat

    Une deuxième liste à utiliser un stratagème similaire mais cette fois avec Emmanuel Macron. « Ensemble avec le Président de la République et le Premier ministre pour une fiscalité équitable en supprimant la CSG/CRDS, une protection sociale de la CFE accessible à tous et une simplification des démarches consulaires en ligne », menée par Laurent Gonin, voit aussi sa profession de foi, qui affichait le portrait du président, un logo représentant le palais de l’Élysée et le pavillon national, et ses bulletins de vote, qui eux affichaient la mention « Président de la République », rejetés. Le Conseil d’État constate que ces éléments sont « de nature à induire les électeurs en erreur sur le soutien dont [cette liste] pouvait bénéficier de la part du Président de la République en exercice ». La liste, arrivée 4ème avait également obtenu un poste de conseiller.

    2 élus voient donc leur élection annulées, et dans les faits, c’est tous les Conseillers et délégués de la circonscription, soit 7 personnes, qui sont donc démis de leur mandat. De nouvelles élections doivent être tenues dans les meilleurs délais, sûrement à la rentrée. Mais quelle sera la légitimité des nouveaux élus ? En effet, en dehors d’un temps de campagne « nationale » et sans vote en ligne (trop coûteux à remettre en place pour une circonscription), la participation risque de battre tous les records… dans le mauvais sens. Cette élection ne manquera pas tout de même d’intéresser les médias et la sphère politique des Français de l’étranger, en effet en 2021, de cette élection consulaire émergea Yan Chantrel, dont les actions contre les motifs impérieux avaient été couronnées de succès et qui lui avait permis, après son élection comme Conseiller des Français de Montréal, de remporter son siège de sénateur en septembre 2021 pour le Parti socialiste face à Ségolène Royal.

    Laure Pallez et ses comptes de campagne

    Au Conseil constitutionnel, une autre affaire était mis au jugement. Laure Pallez, elle aussi candidate socialiste à l’élection des sénateurs des Français établis hors de France, a vu ses comptes de campagne rejetés par la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques. Ici pas question de malversation, mais de simples maladresses comptables qui lui vaudra tout de même cette présentation devant les gardiens de la constitution.

    Laure Pallez

    En effet, la candidate avait réglé directement une part substantielle des dépenses engagées en vue de l’élection, en violation des dispositions de l’article L. 52-4 du code électoral, rendu applicable aux candidats aux élections sénatoriales par l’article L. 308-1 du même code. Pour rappel, dans une campagne électorale, le candidat doit nommer un mandataire financier qui est en charge de contrôler et payer les dépenses liées à cette campagne à partir d’une cagnotte qui peut être abondée par la personne qui se présente, le parti pour lequel elle se présente ou des donateurs privés (dans la limite de 7500€ par foyer fiscal).

    La conséquence de cette faute comptable aurait pu être importante. En effet, l’article L.O. 136-1 du code électoral indique qu’en cas de volonté de fraude ou de manquement d’une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales, le Conseil constitutionnel peut déclarer inéligible le candidat dont le compte de campagne a été rejeté à bon droit. Mais Laurent Fabius, le président du conseil, et ses collègues ont constaté que le manquement n’était pas d’une particulière gravité au sens de l’article et donc ne déclare pas Laure Pallez inéligible. Elle pourra donc retenter sa chance dès l’année prochaine.

  • Vacances en Europe : le masque sera-t-il l’accessoire de l’été ?

    Vacances en Europe : le masque sera-t-il l’accessoire de l’été ?

    À l’approche du mois de juillet, le nombre de cas de Covid-19 boosté par le variant BA.5 s’envole en Europe et en France. Avec plus de 60 000 cas par jour, la septième vague frappe l’Hexagone. Heureusement l’impact à l’hôpital est pour l’instant modéré, cependant la hausse des contaminations fait craindre le retour de la pression dans des urgences déjà en difficulté. Alors le masque sera-t-il l’accessoire de l’été ? Des scientifiques le demandent.

    Fin de l’état d’urgence sanitaire le 31 juillet

    Le gouvernement ne prévoit pas de prolonger au-delà du 31 juillet la possibilité de rétablir l’état d’urgence sanitaire, ni le passe sanitaire ou vaccinal pour restreindre l’accès à certains lieux ou rassemblements.

    « Il est cependant essentiel de rester très vigilants car le virus est toujours là. Ce texte doit donc nous permettre de conserver les outils indispensables à la surveillance, à la gestion de l’épidémie et à la protection des Français« 

    Cabinet du ministre de la Santé

    Maintien du contrôle aux frontières ?

    Cependant un avant-projet de loi visant à maintenir un dispositif de veille et de sécurité sanitaire ​jusqu’en mars 2023 est prêt à commencer son parcours législatif. Le gouvernement envisage de seulement recourir au passe sanitaire à l’arrivée dans l’Hexagone, en Corse et en Outre-mer. Pour les personnes non-vaccinées, un test négatif est toujours nécessaire pour se rendre dans ces territoires ou pour rentrer en France après un voyage à l’étranger. Ces mesures concerneraient tous les voyageurs, Français touristes ou expatriés inclus.

    Encore faut-il qu’il soit voté ? La France Insoumise et le Rassemblement National qui étaient opposés à ces mesures au cœur de la pandémie, seront-ils plus enclins à suivre le gouvernement d’Emmanuel Macron ? Rien n’est moins sûr alors que chacun essaie de trouver sa place dans le paysage politique français inédit issu des Législatives du 19 juin.

    Le masque pourrait être imposé dans les transports en commun

    L’autre mesure qui pourrait être mise en place, par simple décret donc sans avoir nécessairement l’accord de l’Assemblée nationale, c’est le retour du masque dans les transports en commun, dans les bus et les métros, mais aussi dans les trains et les avions.

    Au gouvernement, pour l’instant, on en appelle à la responsabilité citoyennel’idée étant de ne pas revenir à des mesures plus contraignantes pour l’instant, a résumé la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon. Elle n’a pas exclu d’autres mesures s’il en était besoin.

    « S’il faut considérer un retour du masque dans les transports […] on ne s’interdit rien« 

    La porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire, le 23 juin 2022

    Si elle n’est pas encore d’actualité, cette mesure pourrait être mise en place du jour au lendemain. Ce 28 juin, le port du masque dans les transports en commun est officiellement recommandé, la première marche avant le rétablissement obligatoire. Soyez donc attentif si vous passez vos vacances en France ou si vous devez voyager vers la France (même vacciné, il faudrait porter le masque dès l’avion à destination de la France).

  • Expatrié en Belgique, plus qu’un mois pour bénéficier du nouveau statut fiscal

    Expatrié en Belgique, plus qu’un mois pour bénéficier du nouveau statut fiscal

    La loi-programme du 27 décembre 2021 du gouvernement fédéral belge a mis en place un nouveau régime pour les expatriés arrivant en Belgique.  Il s’applique depuis le 01 janvier 2022, une période de tolérance pour effectuer la demande auprès des autorités belges avait été mise en place, elle s’achève ce 31 juillet. Si vous pouvez en bénéficier n’oubliez pas d’en faire la demande… Sinon ce sont les barèmes classiques de la Belgique qui s’appliqueront à vos revenus issus du travail et ils sont bien plus élevés qu’en France malgré la légende de paradis fiscal qui colle à la peau du plat pays.

    Un dispositif pour les cadres

    Mais attention, cette facilité fiscale ne s’applique qu’aux hauts revenus. La Belgique par cette disposition tente de renforcer sa place de capitale européenne avec l’ambition d’attirer un maximum de sièges sociaux européens et leur salariés bien payés. Attention, il ne s’applique pas aux cadres du public, ces derniers restant imposés en France.

    Lorsque vous demandez le nouveau statut, vous devez tenir compte de conditions supplémentaires. Le salaire brut minimum doit être de 75 000 euros sur une base annuelle. Ce montant comprend le salaire mensuel, le pécule de vacances et la prime de fin d’année, ainsi que divers avantages en nature (voiture de société, ordinateur, téléphone portable, etc.) et les primes. Cette condition s’applique non seulement au moment de la demande du statut (c’est-à-dire au début de l’emploi), mais aussi pour toutes les années ultérieures pour lesquelles le nouveau statut est appliqué. 

    Cette condition ne s’applique pas aux chercheurs (RSICI), mais ils doivent être titulaires d’un master dans des domaines d’expertise spécifiques (sciences naturelles, sciences appliquées, sciences médicales, sciences agricoles et ingénierie) ou avoir une expérience pertinente d’au moins 10 ans. En même temps, ils doivent être actifs dans un poste de recherche dans l’entreprise pendant au moins 80 % de leur temps de travail. 

    Le nouveau statut fiscal spécial peut être appliqué pour une durée maximale de 5 ans, avec une possibilité de prolongation de 3 ans. Mais si l’une des conditions n’est plus remplie à un moment donné, alors dans ce cas le statut est définitivement perdu (par exemple si, au cours d’une année donnée, le salarié n’atteint pas le seuil de 75 000 euros en raison de primes moins élevées).

    Nouvelles conditions supplémentaires

    Outre ce salaire minimum brut, d’autres nouvelles conditions s’appliquent. Par exemple, le salarié ne doit pas avoir été résident fiscal belge au cours des 60 mois précédant l’emploi en Belgique, ne doit pas avoir été soumis à l’impôt belge des non-résidents et ne doit pas avoir vécu dans un rayon de 150 km de la frontière belge.

    Aussi, une autre condition s’applique et elle est liée au calcul du revenu. En effet, lors de l’établissement des avantages (une option très développée en Belgique pour éviter les impôts), vous devez tenir compte des règles suivantes :

    • La limite de 11.250 euros ou 29.750 euros des indemnités non imposables disparait et est remplacée par des indemnités non imposables propres à l’employeur jusqu’à 30% du salaire brut du salarié (les mêmes éléments ne sont pris en compte que pour la limite de 75.000 euros).
    • Il est très important de noter que le montant des indemnités non imposables n’est pas inclus dans le salaire brut et qu’il devra être payé en plus du salaire convenu (min. 75.000 euros). 

    Déjà en Belgique ?

    Pour les salariés qui ont bénéficié de l’ancien régime spécial pour les cadres étrangers pendant moins de 5 ans depuis cette date, vous pouvez opter pour le nouveau régime en présentant une demande avant le 31 juillet 2022. Les années sous l' »ancien » régime sont déduites de la période de 5 (ou 8) ans pendant laquelle le salarié peut bénéficier du nouveau régime.

    Si les employés qui bénéficient du régime spécial d’imposition actuel n’optent pas pour cette possibilité, ou si la possibilité leur est refusée, une période de transition de 2 ans s’appliquera. Ensuite, ces expatriés deviendront des résidents fiscaux belges. Ce régime transitoire court donc jusqu’au 31 décembre 2023.

  • La mondialisation à la peine 

    La mondialisation à la peine 

    Depuis une trentaine d’années, l’économie repose sur des chaînes de valeurs éclatées afin d’exploiter au mieux les avantages comparatifs. Les produits industriels, des ordinateurs aux avions en passant par les réfrigérateurs et les voitures, sont devenus de véritables puzzles constitués de pièces provenant d’un grand nombre de pays. Les chaînes d’approvisionnement supposent des réseaux d’avions, de porte-conteneurs, de trains, de camions et de courriers électroniques. Cette superposition de réseaux est de plus en plus remise en cause tant par les tentations protectionnistes que par les effets de la crise sanitaire et la guerre en Ukraine. 

    Le commerce international qui a connu un essor des années 1990 à 2007 est en déclin relatif depuis la crise des subprimes. Il est passé de 35 à 60 % du PIB mondial de 1988 à 2008 avant de diminuer à 52 % en 2020. Il en est de même pour les flux d’investissements directs d’origine étrangère qui sont passés de 0,5 à 5 % du PIB mondial de 1970 à 2000. Depuis, les flux d’IDE sont stables.

    Le zéro stock, source de gains quand l’économie fonctionne sans accroc, devient infernal en cas de problèmes 

    Les ruptures de stock pendant les confinements et les difficultés d’approvisionnement depuis modifient la perception de la part des dirigeants d’entreprise de l’éclatement des chaînes de valeurs. Ces derniers ne supportent aucun retard dans les livraisons, faute de quoi l’enraiement est de mise. Le zéro stock qui est une source de gains quand l’économie fonctionne sans accroc devient infernal en cas de problèmes, que ce soit au niveau de la production ou de la distribution. La gestion en flux tendu est complexe surtout quand les chaînes de valeurs sont étalées dans un grand nombre de pays éloignés de plusieurs milliers de kilomètres les uns des autres. Face à la multiplication des complications de toutes sortes, les grandes multinationales tentent de limiter leurs risques. 

    Apple a ainsi rapatrié une partie de sa production de la Chine vers le Vietnam. Les entreprises chinoises, conscientes des problèmes politiques et logistiques de leur pays, se sont installées en nombre à Monterrey, au Mexique, dans l’espoir de répondre à la demande de leurs clients américains. 

    Toujours pour contrer les mesures protectionnistes et les problèmes de transports, Samsung, Stellantis et Hyundai ont annoncé un investissement de 8 milliards de dollars dans les usines américaines de voitures électriques. Un nombre croissant d’États mettent en avant les notions d’indépendance, de souveraineté économique, de relocalisation, de réindustrialisation.

    Pour mieux contrôler les chaînes d’approvisionnement, les entreprises rachètent des fournisseurs nationaux et étrangers 

    Le poids de l’industrie qui a depuis les années 1970 fortement chuté s’est stabilisé, voire augmente à nouveau. Certaines technologies sont dites stratégiques. Cela concerne la santé, les énergies renouvelables, les technologies de l’information et la communication, l’espace, etc. Pour mieux contrôler les chaînes d’approvisionnement, les entreprises rachètent des fournisseurs nationaux et étrangers. Elles pratiquent l’intégration verticale comme dans les années 50 et 60. 

    Avant même la crise sanitaire, des signes précurseurs se faisaient jour en ce qui concerne les limites de la mondialisation. La crise des subprimes en 2008 avait été un premier révélateur. Le poids des revenus des entreprises américaines provenant de l’étranger n’évolue plus depuis 2009, les bénéfices réalisés à l’étranger diminuant. Le recours à la robotisation et à l’automatisation avec en parallèle l’augmentation des coûts salariaux au sein des pays émergents avaient conduit les responsables d’entreprises à relativiser les avantages des délocalisations.

    L’effet relocalisation doit être relativisé 

    En 2000, le revenu annuel moyen par personne de la Chine exprimé en dollars, était de 3 % de celui des États-Unis. Vingt ans plus tard, ce ratio est de 16 %. Les entreprises prennent, par ailleurs, de plus en plus en compte les risques de l’éclatement des chaînes de valeur, incitées en cela par la survenue de catastrophes. Le tremblement de terre de Tohoku en 2011 a entraîné la fermeture des fournisseurs de voitures japonais et la production de plaquettes de silicium. Les inondations en Thaïlande ont submergé un centre de fabrication de disques durs. 

    La contrainte environnementale est de plus en plus intégrée. L’effet relocalisation doit être relativisé. Un article récent rédigé par des chercheurs de la Banque mondiale a conclu que les catastrophes au Japon « n’ont pas entraîné de relocalisation, de proximité ou de diversification ». La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine engagée par le président Donald Trump en 2018, n’a pas réellement eu d’effets en matière de relocalisation. En 2019, la Chine contrôlait encore plus d’un quart des fournisseurs des grandes industries américaines, notamment la chimie, l’électronique et le textile. 

    La crise de la Covid a fait prendre conscience de la dépendance des pays occidentaux vis-à-vis de certains pays dont la Chine. Le manque de masques, de matériels respiratoires, de médicaments a donné lieu à d’importantes polémiques. La pandémie a infléchi de manière sensible les modes de consommation. Les ménages consomment plus de biens manufacturés et moins de services, créant ainsi de nouveaux goulots d’étranglement. Ces derniers sont d’autant plus importants que la Chine a décidé de maintenir la politique du zéro Covid, ponctuée de confinements intermittents. Faute de flux en temps réel de production, des centaines de navires sont condamnés à attendre leurs livraisons au large de Shanghai.

    La guerre d’Ukraine a rendu manifestes les risques géopolitiques de dépendance aux autocraties

    L’invasion de l’Ukraine par la Russie a provoqué d’autres chocs plus profonds. Elle a perturbé les marchés de l’énergie et, surtout de l’alimentation, d’une manière qui met en évidence la nécessité d’un approvisionnement plus large. Elle a également rendu manifestes les risques géopolitiques de dépendance à une autocratie aux ambitions agressives. Les États européens travaillent à la réduction de leur exposition aux importations russes. Des investissements sont réalisés pour faciliter les importations de gaz liquéfiés, des centrales au charbon sont à nouveau exploitées. En mai, NextDecade, une société énergétique américaine, a annoncé un accord de 15 ans pour vendre du gaz naturel liquéfié à Engie pour approvisionner le marché français. Engie doit réaliser des investissements pour la construction d’un nouveau terminal d’exportation en Louisiane.

    Plus de cent pays pratiquent des politiques industrielles à vocation stratégique, des faux nez du protectionnisme 

    Les gouvernements établissent des listes de biens dits stratégiques de plus en plus longues et s’engagent à financer le développement de filières nationales. L’Union européenne comme les États-Unis ont décidé de favoriser l’émergence de filières pour la fabrication de batteries ou de microprocesseurs. Plus de cent pays pratiquent désormais des politiques industrielles à vocation stratégique qui sont bien souvent des faux nez du protectionnisme. 

    Conscients que les relocalisations resteront malgré tout limitées, l’idée de diversifier le nombre de fournisseurs s’impose. Les entreprises ne peuvent plus dépendre d’un seul sous-traitant ou de sous-traitants situés dans un unique pays. En 2022, au moins 81 % des responsables de la chaîne d’approvisionnement interrogés par McKinsey s’approvisionnent désormais en matières premières auprès de deux fournisseurs, plutôt que de dépendre d’un seul. Contrairement aux pratiques passées, les entreprises constituent à nouveau des stocks de produits semi-finis ou finis. Selon une analyse de The Economist, les 3 000 plus grandes entreprises du monde ont accru leurs stocks de plus d’un point de PIB en deux ans.

    Les multinationales se désengagent de la Chine pour s’installer dans d’autres régions d’Asie.  

    Les grandes entreprises sécurisent leurs approvisionnements en rachetant des fournisseurs de biens intermédiaires. Le secteur informatique américain est environ 50 % plus intégré verticalement en 2022 qu’en 2005. Les multinationales, pour des raisons de coûts et pour des raisons politiques, se désengagent de la Chine pour s’installer dans d’autres régions d’Asie. 

    Les entreprises américaines emploient près de 400 000 personnes aux Philippines, une augmentation de 10 % depuis 2016. Près de 1,4 million de personnes en Inde travaillent pour des entreprises américaines, une hausse de 14 % par rapport à 2016. En 2021, les pays de l’OCDE ont importé pour environ 700 milliards de dollars de biens « intermédiaires » fabriqués en Chine, soit un montant comparable à celui de 2018, quand sur la même période les importations en provenance du Vietnam ont augmenté de 70 %. 

    Les investissements directs d’origine étrangère sont de plus en plus réalisés au sein des pays de l’OCDE afin de couvrir les besoins des États membres. En 2021, Intel a investi 19 milliards de dollars dans la construction d’une usine de microprocesseurs à Magdebourg, en Allemagne. Samsung a construit également une usine de même nature pour 17 milliards de dollars à Taylor, au Texas. Taïwan a injecté plus de deux fois plus de fonds propres d’investissements directs étrangers dans les pays de l’OCDE qu’au début des années 2010. Le Mexique, membre de l’OCDE et lié commercialement au Canada et aux États-Unis, bénéficie depuis trois ans d’importants investissements d’entreprises étrangères. La refonte des chaînes d’approvisionnement exige du temps. Des usines doivent être construites et des salariés formés. Cinq à dix ans seront nécessaires pour constater les premiers résultats.

  • France : La question de l’avortement relancée ?

    France : La question de l’avortement relancée ?

    La cheffe du groupe Renaissance (ex-LREM) à l’Assemblée, Aurore Bergé, a annoncé, samedi 25 juin, le dépôt d’une proposition de loi pour inscrire « le respect de l’IVG dans notre Constitution », après la décision historique de la Cour suprême des Etats-Unis de révoquer ce droit. À gauche, la cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, avait elle aussi évoqué un tel texte.

    Au-delà des États-Unis, cette décision est « catastrophique pour les femmes dans le monde : vous avez une femme qui meurt toutes les 9 minutes parce qu’un avortement a été mal pratiqué, de manière non sécurisée », a souligné sur France Inter Aurore Bergé.

    « Cela appelle aussi à ce que nous prenions en France des dispositions pour qu’on ne puisse pas avoir demain des revirements qui pourraient exister. C’est la raison pour laquelle, dès aujourd’hui, avec mon groupe nous allons déposer une proposition de loi constitutionnelle pour inscrire le respect de l’IVG dans notre Constitution », a ajouté l’élue des Yvelines, une ex-LR à l’engagement féministe et désormais la nouvelle présidente du groupe majoritaire à l’Assemblée. 

    Manifestantes devant la Cour suprême américaine ce samedi 25 juin 2022

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Voyage en avion : grèves, manque de personnel, quelles options pour les voyageurs ?

    Voyage en avion : grèves, manque de personnel, quelles options pour les voyageurs ?

    Trouver une place à la dernière minute pour un voyage en avion est un vrai parcours du combattant en ce début d‘été 2022. En effet, dans le sillage de la pandémie de Covid de nombreuses entreprises de l’aéronautique ont choisi de réduire leurs effectifs et peinent aujourd’hui à recruter. Les problèmes dans les compagnies ne manquent pas et de nombreux vols pourraient être annulés cet été, sans oublier les grèves qui vont se multiplier.

    Pourquoi tant de grèves ?

    Ce mouvement de colère s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs. Il tient au fait que le trafic aérien repart un peu plus vite que prévu. Ainsi les aéroports ont quasiment retrouvé le niveau de fréquentation de 2019.

    Paradoxalement, les conditions de trafic sont plutôt bonnes actuellement, ce qui permet aux syndicats, par exemple, d’avoir des revendications après deux années assez difficiles qui ont entraîné des licenciements ou des baisses de salaires. En sus avec un manque de personnel pour faire face à cette reprise de trafic, les syndicats sont en position de force alors que les recrutements patinent partout dans le monde.

    Pourquoi tant de difficultés à recruter ?

    En fait, les compagnies classiques comme les compagnies low-cost, ont dû se séparer via des systèmes de plans de départs volontaires, par exemple, d’un certain nombre de salariés.

    De manière générale, c’était surtout sur des fonctions support, des fonctions au sol. Mais un certain nombre de personnels navigants, que ce soit des pilotes ou des hôtesses et des stewards, ont quitté les rangs des compagnies aériennes traditionnelles ou low-cost. Et actuellement avec la reprise, les sociétés concernées ont du mal à récupérer ces nouveaux navigants.

    Un des problèmes, c’est que finalement pour les réintégrer dans les compagnies aériennes, pour embaucher de nouvelles personnes, les délais sont relativement longs, ne serait-ce que pour pouvoir les mettre au niveau des standards de la compagnie aérienne. Ainsi quand bien même les embauches ont pu être déjà faites au cours des dernières semaines ou des derniers mois, les nouveaux salariés ne sont pas forcément prêts pour cet été.

    Que faire si son vol est annulé ?

    On l’a compris : c’est l’incertitude totale sur la qualité et la régularité des services dans le secteur aérien pour cet été 2022. Il est possible, donc, que vous soyez confronté à une ou des annulations de vol à destination ou depuis la France. Alors que faire ?

    Tout d’abord, pour rappel, grâce au règlement européen, les vols sont remboursables en cas d’annulation : « La loi réglementation européenne numéro 261/2004 établit que le consommateur a le droit au choix entre le remboursement de son billet ou à un réacheminement en cas d’annulation de son vol. » Les compagnies aériennes sont donc dans l’obligation de proposer au passager un remboursement du billet sous 7 jours ou un autre vol. Néanmoins, il faut que le vol soit au départ d’un pays de l’Union européenne ou à l’arrivée et à condition que la compagnie aérienne soit européenne. 

    Si vous avez réservé à partir d’une plateforme de réservation en ligne, vous devrez tout de même réclamer un remboursement auprès de la compagnie aérienne. Les plateformes de réservation adoptant juste le rôle d’intermédiaire entre les acheteurs et le prestataire, des formulaires de réclamation existent pour cette utilisation. 

    Le texte européen a aussi ses limites, ainsi si le vol est maintenu mais que le voyage n’est plus possible pour des raisons personnelles ou de santé, le remboursement des billets n’est plus pas garanti. Sans assurance voyage couvrant le motif de l’annulation, les billets ne pourront être remboursés que s’ils sont annulables et remboursables.