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  • Le plan de bataille du Gouvernement Français pour sauver l’économie

    L’économie n’est certes pas la guerre au sens militaire du terme, mais la situation actuelle avec la mise sous cloche d’une grande partie des activités peut s’assimiler à une situation de guerre. La réduction des transports au strict minimum, l’arrêt des usines, la fermeture des commerces non-essentiels constituent une première en temps de paix.

    Bruno Le Maire, a indiqué que « la guerre est aussi économique et financière, et elle doit mobiliser toutes nos forces », en écho au « nous sommes en guerre » répété à plusieurs reprises par Emmanuel Macron lors de son intervention du lundi 16 mars.

    Pour amortir le choc, le Gouvernement a annoncé des moyens sans précédent. Il devrait débloquer au moins 45 milliards d’euros et garantir jusqu’à 300 milliards d’euros de prêts que les entreprises solliciteront auprès de leurs banques pour passer la crise.

    Une dégradation inévitable des finances publiques

    Moins de recettes, plus de dépenses, le déficit public ne peut qu’augmenter. Le Gouvernement pare au plus pressé en prenant une série de mesures en faveur des entreprises et pour limiter les effets financiers du chômage technique auquel est confrontée une partie de la population.

    Dans le projet de loi de finances rectificative, le Gouvernement retient une baisse du PIB d’un point. Ce scénario suppose un rebond assez net au second semestre. La reprise en Chine depuis quelques jours conforte ce scénario. Le projet de loi de finances rectificative a porté le déficit public de 2,2 à 3,9 % du PIB. En fonction de l’évolution de la situation, le déficit pourrait être supérieur. En 2009, lors de la crise financière, le déficit public avait atteint 7,2 % du PIB. L’endettement devrait franchir le cap des 100 % du PIB pour s’établir en fin d’année 2020 à 105 % du PIB.

    le détail d’un premier plan de 45 milliards

    35 milliards d’euros sont affectés à des mesures de trésorerie. Les principaux impôts directs payés à l’État ont été suspendus : 12 milliards d’impôt sur les sociétés, en plus d’un milliard de taxe sur les salaires. La TVA et l’impôt sur le revenu, collectés à la source, ne sont en revanche pas concernés. Le Ministère de l’Économie devrait permettre le versement anticipé de certains crédits d’impôt en particulier, tels que ceux destinés au secteur culturel. L’administration fiscale s’est engagée à rembourser plus vite les créances, notamment les crédits de TVA. Les contrôles fiscaux sur les secteurs touchés sont également suspendus.

    Les entreprises ont pu reporter le paiement de 8,5 milliards d’euros de charges sociales exigibles au 15 mars ainsi que 13 milliards d’euros de charges que les grandes entreprises devaient acquitter au 5 avril. Les indépendants peuvent reporter leurs acomptes de trois mois. Un report des cotisations de retraite complémentaire (AgircArrco) est également envisagé par les partenaires sociaux. Le fonds de solidarité pour les TPE a été budgété à hauteur de 1 milliard d’euros (financé à hauteur de 750 millions par l’État et 250 millions pour les régions). Il devrait rapidement atteindre 2 milliards d’euros. Il viendra en aide aux petites entreprises en proie à des difficultés majeures. Sont visés : les commerces, les restaurants, les entreprises liées aux loisirs, les artisans, etc. Seront éligibles : les entreprises de moins de 1 million de chiffre d’affaires et celles dont le chiffre d’affaire a baissé d’au moins 70 % entre mars 2019 et mars 2020.

    L’État versera une indemnité mensuelle de 1 500 euros qui pourra être augmentée en tant que besoin. L’État a également décidé de couvrir l’indemnisation du chômage partiel à hauteur de 5,5 milliards d’euros pour les mois de mars et avril.

    Au niveau de la santé, l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) a été relevé de deux milliards d’euros pour payer les arrêts maladie, l’achat de masques et le soutien au personnel soignant. Par ailleurs, les entreprises pourront bénéficier du gel des loyers et des factures EDF. Il a été demandé aux banques de ne pas appliquer les agios, d’accorder des prêts, et d’autoriser les découverts. Le Premier Ministre comme le Ministre de l’Économie ont confirmé que l’État pourrait nationaliser des entreprises stratégiques en difficulté. La question pourrait se poser pour le groupe Air France/KLM ainsi que pour Renault.

  • Reprendre la main sur demain

    Depuis 1940, l’économie mondiale n’avait jamais connu une telle situation. Dans de très nombreux pays occidentaux et émergents, les gouvernements mettent leur pays en cape.

    Les usines sont arrêtées ou tournent au ralenti ; les activités de services sont limitées au minimum ; les chaines de commandement de nombreuses entreprises sont perturbées. Les Etats sont amenés à socialiser une partie des revenus des ménages et à soutenir les entreprises en difficulté. Les banques centrales monétisent les dettes.

    De nombreux fronts face au Coronavirus

    Face à la crise sanitaire, les gouvernements doivent se battre sur de nombreux fronts : limiter les effets sur la santé des concitoyens, assurer le fonctionnement minimal de l’économie pour éviter un collapse généralisé et préparer le redémarrage. Que ce soit en Europe et aux Etats-Unis, tous les moteurs de la croissance, que ce soit la production, la consommation, l’investissement ou le commerce extérieur, sont à l’arrêt. Si le tableau est sombre, il convient également de souligner qu’à la différence d’une guerre traditionnelle, les outils de production ne sont pas détruits. Ils ont été mis en sommeil. Le réseau Internet permet le maintien des liens sociaux et professionnels.

    En l’état actuel, la situation est compliquée mais pas critique, sous réserve que les populations ne tombent pas dans un nihilisme et dans la résignation. Le redémarrage de l’économie pourra être donc rapide mais pour relancer le système de production, les entreprises devront pouvoir avoir accès aux matières premières et aux biens intermédiaires. Une phase de reconstitution de stocks et de réorganisation des circuits devra être organisée afin d’éviter une montée des prix provoquée par la multiplication des goulets d’étranglement.

    Incertitude, tendance nationaliste..

    L’incertitude de la résurgence du virus constitue une autre menace à prendre en compte dans l’attente de l’élaboration de traitements et de vaccins. Les acteurs économiques devront, un temps, s’habituer à cette épée de Damoclès.

    La tentation nationaliste et protectionniste, déjà vigoureuse avant crise, constituera une menace prégnante en sortie de crise. La logique voudrait que des mesures internationales et coordonnées de relance soient adoptées. Au sein de l’Union européenne, la création d’une politique sanitaire commune ainsi que d’une plus forte mutualisation économique et financière devraient s’imposer afin d’éviter une implosion ou une déliquescence progressive.

  • Lancement d’un essai clinique européen contre le coronavirus

    En France, l’INSERM va tester quatre traitements expérimentaux pour lutter contre le coronavirus, dont la chloroquine qui a fait l’objet d’essais à Marseille. Un article de notre partenaire, Euractiv.

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    Dr Raoult, professeur de microbiologie français spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes à la faculté de médecine de Marseille – prescripteur de la chloroquine

    Un essai clinique européen destiné à évaluer quatre traitements expérimentaux pour lutter contre le coronavirus a débuté en France, a annoncé dimanche l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Baptisé « Discovery », il inclut notamment la chloroquine, un traitement contre le paludisme qui a obtenu des résultats prometteurs lors d’une étude menée sur un nombre réduit de patients à Marseille, mais suscite le débat au sein de la communauté médicale.

    L’essai « a pour but d’analyser l’efficacité et la tolérance des options thérapeutiques pour les patients dans un temps limité », explique l’INSERM dans un communiqué. Outre la chloroquine, il doit évaluer le remdesivir, le lopinavir en combinaison avec le ritonavir, ce dernier traitement étant associé ou non à l’interféron bêta.

    800 patients testés en France

    Dans son volet français, l’essai inclura au moins 800 patients atteints de formes sévères du coronavirus. Au total, quelque 3 200 patients européens seront inclus dans l’étude qui associe la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne. Les données obtenues seront partagées avec un autre essai international baptisé « Solidarity » qui sera conduit sous l’égide de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

    Alors que des voix s’élèvent pour demander à ce que la chloroquine puisse être utilisée pour lutter contre le coronavirus, le ministre de la Santé a appelé à la prudence, rappelant que les espoirs suscités par des traitements avaient parfois été déçus. « Ce traitement s’il devait être efficace, nous le proposerions aux Français sans aucun délai », a déclaré Olivier Véran sur LCI, ajoutant que plusieurs patients traités dans des hôpitaux français étaient en train de l’expérimenter. « D’ici à 15 jours, nous devrions avoir des données consolidées », a-t-il ajouté.

  • Coronavirus et votre vie administrative (retraite, santé, etc.)

    Alors que la pandémie du Coronavirus sévit sur toute la planète, l’administration consulaire, la présence française dans sa globalité a du adapter son fonctionnement à ces nouveaux paramètres.

    Les Consulats

    Toutes les démarches non urgentes sont suspendues. Les rendez-vous sont annulés jusqu’à nouvel ordre. Ainsi toutes les démarches administratives nécessitant un déplacement au consulat sont suspendues, y compris les demandes et retraits de passeports. Les dépôt des demandes de visa sont également suspendus, les frontières de l’espace Schengen étant fermées.

    Seule la délivrance de laissez-passer sera assurée pour aider nos compatriotes de passage ou en difficulté à regagner la France. Aucune autre démarche ne sera traitée au guichet.

    Les standards téléphoniques sont, eux,  renforcés et restent ouverts pour répondre à vos questions qui sont nombreuses. Vous retrouverez toutes les informations sur le site de vote consulat, comme aussi les associations qui sont mobilisées pour vous soutenir en cette période.

    La Caisse des Français de l’Etranger

    Au grand étonnement de ses adhérents, la Caisse des Français de l’Etranger a décidé, elle, de compliquer la prise de contact. Alors qu’en ce moment, si anxiogène, alors que le gouvernement a mis en place une prise en charge immédiate par la sécurité sociale des Français qui rentreraient pour raisons sanitaires en France, tout en demandant aux expatriés de rester chez eux, de nombreux expatriés se tournent vers leur assurance maladie.

    Des assurés seuls et désorientés…

    Suite au mail du samedi 21 mars, les assurés se retrouvent donc, seuls, face à leurs questions et leurs éventuelles maladies, le standard téléphonique a été coupé. Son administration, qui n’a toujours pas fait sa révolution au service de l’usager (à la différence de celles pour les Français de métropole) a donc favorisé le lien via l’espace adhérent. Seul hic, les témoignages sont nombreux, il faut attendre plusieurs semaines pour avoir une réponse.

    Les Caisses de retraites

    A la tête de l’administration centrale des Français de l’Etranger (sans diriger la CFE, citée ci-dessous), Laurence Haguenauer, à la demande des conseillers des Français d’Israel Elie Levy et Daphna Poznanski, a pu mobiliser les caisses de retraite en cette période de crise. En effet, les 35 régimes de retraite français, suspendent les demandes de certificats de vie pendant la période de crise sanitaire à l’exception de l’opérateur privé Agirc-Arrco. Pour tous les autres retraités résidents hors de France, l’envoi du certificat de vie est suspendu (les administrations locales comme consulaires étant souvent fermées ou en mode restreint).

  • Coronavirus: le point au Royaume-Uni et aux Etats-Unis

    Nous vous informons régulièrement de la situation concernant le Coronavirus.

    Nous l’avons fait concernant l’Italie et l’Espagne , l’Allemagne et l’Europe centrale , le Benelux, le Maghreb , le Moyen-Orient , nous faisons désormais le point sur le Royaume-Uni et les Etats-Unis avant de faire la même chose sur l’Extrême-Orient.

    Une position du Royaume-Uni qui a évoluée

    Elizabeth II s’est confinée à Windsor

    La Reine Elizabeth II, 93 ans, a pris la précaution de quitter le palais de Buckingham Palace, au cœur de Londres, pour sa résidence du château de Windsor. Une position sans doute sage pour la souveraine, rejointe depuis par son époux le Prince Philip.

    Le Premier Ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson, a, lui, eu une position qui a changé ces derniers jours. L’ancien maire de Londres annonce désormais vouloir « inverser la tendance » en une semaine alors qu’il était, quelques jours auparavant, partisan d’une « immunité collective », théorie qui aurait alors touché la majorité des habitants du Royaume en espérant que la majorité développent des antivirus.

    Devant la crainte de morts massives, le 10 Downing Street a décidé des mesures plus strictes : fermetures des bars, des restaurants, des théâtres, des centres de loisirs.

    « Mes parents vivent en Dordogne, je ne suis pas sûr qu’il sera encore possible de les rejoindre prochainement, je ne sais pas si je dois partir »

    Au sein de la population, la mobilisation s’organise. Fabrice, Alexandre, Renaud et beaucoup d’autres s’informent grâce aux réseaux sociaux et à WhatsApp. D’autres Français de Londres, eux s’inquiètent. Antoine, qui travaille pour une célèbre chaine de pâtisserie bien connue des londoniens s’interroge :

    « mes parents vivent en Dordogne, je ne suis pas sûr qu’il sera encore possible de les rejoindre prochainement, je ne sais pas si je dois partir ». Antoine, Français du Royaume-Uni

    La propagation du virus s’accélère. Les populations les plus fragiles, jusque 3 millions de personnes, sont invitées à rester confinées chez elles. Le pays compte environ 250 morts à l’heure où nous écrivons ces lignes.

    Parmi les Français sur place, on s’organise ! Caroline et Vanessa ont mis en place une plateforme et des échanges

    Le but ? entraide, écoute, partage, information et discussion. Ce sont des spécialistes en santé mentale mais sans visée psychothérapeutique.

    Aux Etats-Unis, entre aveuglement présidentiel et prise en compte dans les Etats

    De l’autre côté de l’Atlantique, la situation est pour le moins contrastée. Le Président Trump a longtemps nié l’existence du virus sur le territoire américain.

    Le maire de New York Bill De Blasio a fustigé les mesures de Donald Trump

    Désormais, les Etats se mobilisent. Le Maire de New York Bill De Blasio s’est indigné contre la gestion présidentielle qui risque de tuer « des personnes qui auraient pu vivre ». La grosse pomme, tout comme la Californie, s’est largement mise à l’arrêt. Tout rassemblement est interdit et toute activité non essentielle est arrêtée.

    « Pas de mesures de confinement à l’heure actuelle mais il y a plusieurs cas dans deux campus universitaires » Jean, Français retraité en Caroline du Nord

     

     

    La situation est cependant contrastée au sein des Etats-Unis. Jean, retraité français vivant en Caroline du Nord, a témoigné aux francais.press : « pas de mesures de confinement à l’heure actuelle mais il y a plusieurs cas dans deux campus universitaires » nous a-t-il indiqué.

    Il est reproché à l’Europe son manque de coordination. Mais la réaction américaine le montre, ce n’est pas une exception. Quelle conséquence sur la situation sanitaire ? la réponse sans doute dans plusieurs semaines.

  • Tous victimes. De quoi, de qui, jusquoù ?

    A la guerre, la première victime, c’est la vérité. Même si, malgré les exagérations de Trump et Macron, nous ne sommes pas vraiment en guerre – ce serait autrement meurtrier, il suffit de demander aux Syriens- nous sommes déjà très éloignés de la vérité.

    Déjà, les chiffres : Toutes les analyses se fondent sur eux: les cas de coronavirus, le nombre de morts, autant d’effrayantes statistiques quotidiennes. Et fausses. Comment compte-on les morts, les pauvres morts, une fois réduits à des nombres? Comment les Chinois comptabilisent-ils les décès de Hubeï? Comment comparer la méthode allemande, qui n’attribue que peu de responsabilité au coronavirus, avec l’italienne, qui, elle, lui accorde tout ? On ne pourra espérer connaitre de chiffres fiables que dans plusieurs mois, quand les statisticiens scruteront les anomalies des taux de mortalité, à condition que les données soient exactes[1]. Pour l’instant, La Chine reconnait 5000 morts dus au coronavirus. Et 10.000 tués par mois sur les routes.

    La deuxième victime, c’est le sentiment de supériorité occidental.

    Sans parler des hommes et des femmes en particulier, ni de la France, pour la prévention, l’organisation, l’information, la transparence, les gouvernements occidentaux n’ont pas brillé. Quoique prévenus, ils ont choisi, acculés, l’assignation à résidence de la population, ce qui parait une méthode radicale, voire barbare, parce que les autres mesures ne furent pas prises à temps. Comme en Chine. Mais même la Chine n’a pas cantonné « toute la population » : seulement le Hubeï. Taïwan, Hong Kong, Singapour, la Corée, le Japon, ont pris des mesures très différentes des gouvernements en Occident. Selon l’OMS[2], ils ont eu raison. En matière de fabrication de masques, de gel, de tests, de protocole, de stratégie sanitaire, ils ont tous été plus rapides et plus efficaces, que ce régimes autoritaires ou démocraties parlementaires. Une leçon.

    La troisième victime, c’est l’économie.

    Plus encore que le nombre de chômeurs (+ 25 millions prévoit l’OIT[3]), les faillites à venir, les dettes, ce sont les règles de l’économie qui sont mortes. La machine à fabriquer de l’argent tourne à plein régime : dix fois plus qu’en 2008. Les taux d’intérêt restent négatifs, l’inflation atone, les déficits publics explosent, le commerce international plonge. Personne ne sait ce que ces dérèglements peuvent provoquer. Une annulation de toutes les dettes ? L’apparition de nouvelles monnaies ? Le basculement définitif du monde vers l’Asie son centre productif? L’écroulement des Etats fragiles au bénéfice des Etats-Unis, prêteur du monde en dernier ressort ?

    la quatrième victime, c’est la diffusion du progrès et de la richesse

    Ce qui signifie que la quatrième victime, c’est la diffusion du progrès et de la richesse. La crise financière de 2008 avait provoqué une surmortalité[4]. Le nombre de décès dus au Coronavirus ne sera peut-être pas aussi élevé en Inde ou en Afrique que celui de morts dus aux morsures de serpents[5], mais la pauvreté y multipliera les morts. Contrairement à ce qui est dit, la santé a un prix, un coût : la qualité des soins souffrira d’une crise économique, dans tous les pays. Une hausse de 1% du chômage est associée à 0.37 mort par cancer supplémentaire pour 100.000 habitants.

    Il y a aussi de bonnes nouvelles.

    Partout la recherche se développe. Du point de vue européen, les Gouvernements ont réagi de façon finalement plus solidaire qu’on ne le craignait (sauf vis-à-vis de l’Italie). La Banque centrale européenne a fait adopter des mesures qui installent de ssolidarités entre les pays de la zone euro (ce qui peut sauver l’Italie). Il faut donc à chaque fois être au bord du précipice pour agir. Espérons que la crise, qui a mis en péril notre superbe, y compris dans le domaine médical – alors que les dépenses de santé en France sont parmi les plus élevés du monde : 12% du PIB – y compris dans nos administrations, qui n’ont pas été exemplaires dans la prévision et l’organisation[6]– permettra de réagir.

    Pour l’instant, dans la panique, on entend la peur, les mesures policières, la multiplication des mesures d’urgence, l’universalité des nationalismes. Soit. C’est normal. Tout le monde, conscient de la fragilité de la richesse des nations, de leur multidépendance, s’inquiète. Beaucoup souhaitent revenir en arrière. Cela s’appellerait la régression. Hier, on ne serait pas aperçu de l’existence d’un tel virus[7]. Ce n’est pas le moment de se tromper de voie. Affronter les prochaines crises suppose de meilleures capacités de d’anticipation, d’investissement, de réaction, d’adaptation. Dans un monde en mutation rapide, l’immobilisme est une peur mortelle. Preuve est faite que nos vieux Etats d’Occident ont besoin de plus de souplesse et d’imagination que de postures guerrières et de raidissement.

    Laurent Dominati

    Président de lesfrancais.press

    Ancien Ambassadeur de France

    Ancien député de Paris.

     

     

    [1] Pr Didier Raoult, de l’Institut Hospito-Universitaire de Marseille «  Il y a dans le monde 2,6 millions de morts d’infections respiratoires par an, vous imaginez que les 5 000, 10 000 ou même 100 000 vont changer les statistiques ? »

    [2] Organisation Mondiale de la Santé.

    [3] Organisation Internationale du Travail

    [4]Etude menée par le Dr Mahiben Maruthappu de l’Imperial Collège de Londres et publiée par The Lancet, 2016.

    [5] 7000 morts par an en Afrique subsaharienne selon l’institut de recherche pour le développement, 50.000 en Inde, selon les autorités indiennes. Curieusement, le nombre de doses d’antivenin est en régression. Voilà des morts qui n’attirent pas l’attention.

    [6] Si les tests n’ont pas été autant nombreux en France qu’ailleurs, c’est que les autorisations administratives n’ont pas été données. Les médecins ont réclamé ce droit, en vain. De même, les productions de masque ont été ralentie , ou orientées, vers la Chine, ou le Royaume-Uni. Curieux.

    [7] « La plus grande surmortalité de ces dernières années en France, c’était en 2017 : 10 000 morts supplémentaires en hiver, on ne sait pas même pas si c’était la grippe. » dit le Pr Raoult. Grippe asiatique en 1957 : entre 1 et 4 millions de morts, dont 15.000 en France. On ne s’en est aperçu qu’après. C’était mieux avant ?

  • Le déficit budgétaire français pourrait atteindre 7 % du PIB

    Le plan de relance a déjà commencé en France. Le déficit budgétaire pourrait atteindre 7 % du PIB en 2020.

    Le président Emmanuel Macron a annoncé que 5 milliards d’euros sur 10 ans seraient alloués à la recherche, lors d’une visite à l’Institut Pasteur le 10 mars.

    Avant le confinement, plusieurs universités et centres de recherche étaient déjà en grève en raison de la baisse des financements prévue par la réforme du secteur. Une réforme suspendue comme l’ensemble des autres projets en cours, qu’il s’agisse de l’assurance-chômage, des retraites, ou des aides au logement.

    La contraction de l’économie française pourrait atteindre -5 % cette année, selon les estimations de l’économiste Eric Chaney, interrogé par l’Institut Montaigne. Selon la banque américaine Morgan Stanley, l’économie européenne devrait reculer de 5 %, et l’économie française de 4,8 %.

    Eric Chaney évoque une contraction de 15 % de l’activité au second trimestre de l’année pour la France. Un recul qui pèsera sur les ressources de l’Etat, qui n’arrête pas par ailleurs d’annoncer des plans de soutien à divers secteurs.

    Au total, cela représenterait 45 milliards d’euros distribués à l’économie française, selon les dires du Premier ministre Edouard Philippe.

    Selon le groupe de réflexion, le déficit budgétaire pourrait atteindre 7 % du PIB cette année. La  dette française représente 100 % du PIB, ce qui rend toute dette supplémentaire délicate à gérer, même si l’extrême faiblesse des taux baisse considérablement le prix de la dette d’Etat.

    La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé un plan de rachat de dette massif, d’une valeur de 750 milliards d’euros. Ce rachat devrait encore alléger le niveau des taux d’intérêt et soutenir les banques, notamment les plus exposées à la dette italienne – qui montre des sérieux signes de faiblesse, comme la dette grecque en 2008.

  • Pierre Wizman, avec et sans masque.

    Pierre Wizman a fondé Polette, le premier opticien en ligne il y a 9 ans, avec 2000 euros en poche. Aujourd’hui, polette.com est un site au rayonnement mondial avec 400 employés en Chine, et plusieurs en Europe.
    polette.com se veut révolutionnaire dans son approche, et Pierre Wizman raconte volontiers ses erreurs et ses échecs, affirmant que c’est ainsi qu’il apprend, que c’est cela qui lui permet de grandir.

    Il dit avoir tout appris de l’Asie, qu’il a découverte à l’âge de dix sept ans.  Le goût des langues, celui d’entreprendre, de parcourir le monde.

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    Il a pris de plein fouet la crise sanitaire actuelle. Quand les usines chinoises ont pu rouvrir, il a commandé des masques en Europe et les a fait envoyer pour ses équipes basées en Chine.
    Quand la crise est arrivée en Europe, lui et ses équipes en Chine ont concentré leurs ressources pour collecter des masques et il a proposé d’en glisser dans les colis de ses clients. Cela a été mal perçu et vu comme une action commerciale. Il en a été affecté, car il n’y voyait qu’un geste de solidarité. D’autant plus que si l’on suit polette sur les réseaux on aura vu leurs multiples projets de solidarité notamment récemment à Paris avec les sans abris.
    Il s’est excusé d’un geste mal compris, et a organisé la fabrication de masques en Chine pour les hôpitaux en France.
    D’un expat, un entretien plein d’enseignements :

    Lesfrancais.press : Pierre Wizman, vous êtes le fondateur de polette.com, premier opticien de vente en ligne. Vous fabriquez en Chine, et vendez partout dans le monde. Comment avez-vous vécu cette crise ?

    C’est un cauchemar depuis plus de deux mois. Mais on fait face. On a du fermer en Chine, et on a pu rouvrir à moyen régime il y a un mois. Pour l’instant on perd entre 70% et 90% de notre chiffre d’affaires, mais on est solide et la vie reprendra.

    Lesfrancais.press : Vous avez proposé des masques à vos clients, vous en avez donné aux hôpitaux.  Est-ce que cette initiative a été bien perçue ?

    Quand on a rouvert en Chine, on a équipé nos employés de masques que l’on avait commandés en Europe. Quand la crise a commencé en Europe, il nous en restait et une collaboratrice a proposé par solidarité de les envoyer avec nos colis. Elle en a parlé à l’équipe marketing qui a adopté l’idée. Et d’une envie d’aider nous avons été Bad Buzzé. J’ai compris que notre démarche était considérée comme une démarche commerciale et que nous avions été maladroits dans la communication.

    Pour être honnête on n’en est pas là aujourd’hui. Nous avons des problèmes bien plus importants comme : comment gérer une entreprise quand tout s’arrête ? Comme assurer la santé de nos équipes, leur apporter du soutien durant cette période de doutes.
    On ne peut pas gérer une entreprise, des équipes, si on n’a pas une logique avant tout humaine. On avait des masques, on en donne.
    Mal communiqué également était le projet « solidarité hôpitaux ». Nous en avons proposé directement aux hôpitaux – au CHU de Toulouse par exemple, j’en envoie dix mille.
    J’ai des réseaux en Chine et un circuit de distribution efficace, je propose d’en fabriquer et d’en envoyer. En dons évidemment.

    Lesfrancais.press : Comment se passe votre production en Chine ? Quelles sont les conditions de travail ?

    La production a été complètement à l’arrêt pendant un mois mais nous avons doucement repris l’activité. Les Chinois ont très bien géré la crise. Très différemment de l’Europe. En Chine on ne sort pas sans masque. Personne ne travaille sans masque. Les aéroports sont contrôlés.

    Je suis venu de Hong Kong, j’ai été contrôlé en Asie pour la température sans arrêt. Systématiquement. En Europe la réalisation de la crise a pris du temps pour tous et se gère au compte goutte en fonction des pays. Par exemple : J’ai vu des Chinois qui sont allés eux-mêmes voir la police pour être contrôlés, ils ne comprenaient pas. Moi non plus.

    Lesfrancais.press : Vous êtes maintenant à Amsterdam, comment travaillez vous ?

    Il n’y a pas encore de confinement ici, comme en France ou en Belgique. Nos bureaux sont fermés et les gens travaillent de chez eux. Certains commercent sont ouverts mais on nous recommande de rester chez nous. Le gouvernement ici considère qu’une grande partie de la population aura de toute façon le virus et qu’elle sera progressivement immunisée.
    Je comprends la peur du futur, du virus, et le besoin de se protéger mais, de nature très positive et pro-active, je sais que nous en sortirons plus fort et solidaires. Je le vois avec la Chine aujourd’hui.

    Lesfrancais.press : Comment voyez-vous la sortie de crise ?

    En Chine et à Hong Kong, on y est, progressivement. Là je ne suis pas inquiet. J’espère que l’Europe saura apporter une vague de soutien à ses concitoyens d’un point de vue financier (ce qu’elle propose faire mais j’attends de voir où iront les fonds) mais également moral. Globalement je ne comprends pas bien les messages données qui sont très contradictoires il nous faut des discours positifs et trouver des solutions tous ensemble. On a tous un rôle à jouer.
    En ce qui concerne polette.com, je n’ai pas peur de l’avenir car nous avons des équipes très soudées et fières de faire partie de l’entreprise. Avec ça on peut déplacer des montagnes.

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