Pierre Wizman, avec et sans masque.

Pierre Wizman, avec et sans masque.

mars 22, 2020 0 Par Redaction

Pierre Wizman a fondé Polette, le premier opticien en ligne il y a 9 ans, avec 2000 euros en poche. Aujourd’hui, polette.com est un site au rayonnement mondial avec 400 employés en Chine, et plusieurs en Europe.
polette.com se veut révolutionnaire dans son approche, et Pierre Wizman raconte volontiers ses erreurs et ses échecs, affirmant que c’est ainsi qu’il apprend, que c’est cela qui lui permet de grandir.

Il dit avoir tout appris de l’Asie, qu’il a découverte à l’âge de dix sept ans.  Le goût des langues, celui d’entreprendre, de parcourir le monde.

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Il a pris de plein fouet la crise sanitaire actuelle. Quand les usines chinoises ont pu rouvrir, il a commandé des masques en Europe et les a fait envoyer pour ses équipes basées en Chine.
Quand la crise est arrivée en Europe, lui et ses équipes en Chine ont concentré leurs ressources pour collecter des masques et il a proposé d’en glisser dans les colis de ses clients. Cela a été mal perçu et vu comme une action commerciale. Il en a été affecté, car il n’y voyait qu’un geste de solidarité. D’autant plus que si l’on suit polette sur les réseaux on aura vu leurs multiples projets de solidarité notamment récemment à Paris avec les sans abris.
Il s’est excusé d’un geste mal compris, et a organisé la fabrication de masques en Chine pour les hôpitaux en France.
D’un expat, un entretien plein d’enseignements :

Lesfrancais.press : Pierre Wizman, vous êtes le fondateur de polette.com, premier opticien de vente en ligne. Vous fabriquez en Chine, et vendez partout dans le monde. Comment avez-vous vécu cette crise ?

C’est un cauchemar depuis plus de deux mois. Mais on fait face. On a du fermer en Chine, et on a pu rouvrir à moyen régime il y a un mois. Pour l’instant on perd entre 70% et 90% de notre chiffre d’affaires, mais on est solide et la vie reprendra.

Lesfrancais.press : Vous avez proposé des masques à vos clients, vous en avez donné aux hôpitaux.  Est-ce que cette initiative a été bien perçue ?

Quand on a rouvert en Chine, on a équipé nos employés de masques que l’on avait commandés en Europe. Quand la crise a commencé en Europe, il nous en restait et une collaboratrice a proposé par solidarité de les envoyer avec nos colis. Elle en a parlé à l’équipe marketing qui a adopté l’idée. Et d’une envie d’aider nous avons été Bad Buzzé. J’ai compris que notre démarche était considérée comme une démarche commerciale et que nous avions été maladroits dans la communication.

Pour être honnête on n’en est pas là aujourd’hui. Nous avons des problèmes bien plus importants comme : comment gérer une entreprise quand tout s’arrête ? Comme assurer la santé de nos équipes, leur apporter du soutien durant cette période de doutes.
On ne peut pas gérer une entreprise, des équipes, si on n’a pas une logique avant tout humaine. On avait des masques, on en donne.
Mal communiqué également était le projet « solidarité hôpitaux ». Nous en avons proposé directement aux hôpitaux – au CHU de Toulouse par exemple, j’en envoie dix mille.
J’ai des réseaux en Chine et un circuit de distribution efficace, je propose d’en fabriquer et d’en envoyer. En dons évidemment.

Lesfrancais.press : Comment se passe votre production en Chine ? Quelles sont les conditions de travail ?

La production a été complètement à l’arrêt pendant un mois mais nous avons doucement repris l’activité. Les Chinois ont très bien géré la crise. Très différemment de l’Europe. En Chine on ne sort pas sans masque. Personne ne travaille sans masque. Les aéroports sont contrôlés.

Je suis venu de Hong Kong, j’ai été contrôlé en Asie pour la température sans arrêt. Systématiquement. En Europe la réalisation de la crise a pris du temps pour tous et se gère au compte goutte en fonction des pays. Par exemple : J’ai vu des Chinois qui sont allés eux-mêmes voir la police pour être contrôlés, ils ne comprenaient pas. Moi non plus.

Lesfrancais.press : Vous êtes maintenant à Amsterdam, comment travaillez vous ?

Il n’y a pas encore de confinement ici, comme en France ou en Belgique. Nos bureaux sont fermés et les gens travaillent de chez eux. Certains commercent sont ouverts mais on nous recommande de rester chez nous. Le gouvernement ici considère qu’une grande partie de la population aura de toute façon le virus et qu’elle sera progressivement immunisée.
Je comprends la peur du futur, du virus, et le besoin de se protéger mais, de nature très positive et pro-active, je sais que nous en sortirons plus fort et solidaires. Je le vois avec la Chine aujourd’hui.

Lesfrancais.press : Comment voyez-vous la sortie de crise ?

En Chine et à Hong Kong, on y est, progressivement. Là je ne suis pas inquiet. J’espère que l’Europe saura apporter une vague de soutien à ses concitoyens d’un point de vue financier (ce qu’elle propose faire mais j’attends de voir où iront les fonds) mais également moral. Globalement je ne comprends pas bien les messages données qui sont très contradictoires il nous faut des discours positifs et trouver des solutions tous ensemble. On a tous un rôle à jouer.
En ce qui concerne polette.com, je n’ai pas peur de l’avenir car nous avons des équipes très soudées et fières de faire partie de l’entreprise. Avec ça on peut déplacer des montagnes.

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