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  • Une radio d’expatriés au coeur de la solidarité au Portugal – SOS un toit pour un Français

    La French Radio, le seul réseau de radios dédié aux expatrié(e)s, a ouvert sa première antenne au Portugal en 2019. Et déjà, forte de plus de 20 000 auditeurs certains jours, elle joue pleinement son rôle pour la communauté.

    La crise au Portugal en tout cas s’intensifie. En témoigne le dernier bilan épidémiologique. Le pays déplore 60 morts. La Direction générale de la Santé indique que 80 % des personnes décédées avaient plus de 70 ans. Le nombre de cas confirmés s’élève désormais à 3544, cela représente une augmentation de près de 20 % en une journée. Ce matin, 191 patients sont hospitalisés, dont 61 en soins intensifs. Par ailleurs, 43 personnes ont déjà récupéré.

    Situation difficile pour les touristes encore sur place

    Et donc l’état d’urgence pourrait être reconduit. C’est ce qu’a annoncé hier le président portugais. Marcelo Rebelo de Sousa envisage de renouveler le 2 avril les actuelles mesures de confinement pour quinze jours. Le dispositif de prévention pourrait même être renforcé mercredi prochain. Mais avant de se décider, Marcelo a précisé hier midi qu’il attendait « des réponses rapides et ambitieuses » de la part de l’Europe.

    Et dans les mesures, c’est la fermeture des hôtels, des gites et des zones de camping qui posent problème pour les touristes. En particulier pour ceux qui sont venus en voiture voir en camping-car. En effet, ces derniers ne peuvent pas profiter des vols organisés par les compagnie aériennes avec l’ambassade (vols programmés du Portugal vers la France).

    Proximité et Immersion

    Avec ces reportages de proximité et donnant la parole aux expatriés et à tous les francophones sur place, la French Radio Portugal  a su mobiliser la communauté. Après la diffusion d’un reportage de 16 min sur un de nos compatriotes bloqué au Portugal avec son camping-car, la radio reçut de nombreuses propositions solidaires. Leur démarche s’inscrit dans la campagne du Ministère des affaires étrangères – SOS un toit pour un Français. Nous vous invitons à découvrir cette opération et à y participer, encore plus de 30 000 français sont bloqués hors de nos frontières.

    ECOUTEZ LE PODCAST DE La French Radio Portugal

  • Elections consulaires: Les élus demandent un report en septembre ou en 2021

    Elections consulaires: Les élus demandent un report en septembre ou en 2021

    Les élus de l’Assemblée des Français de l’étranger

    Comme nous l’indiquions dans un précédent article, le gouvernement, par une ordonnance, a décidé de reporter les élections consulaires qui devaient se dérouler les 16 et 17 mai prochains. Les 2,5 millions de Français de l’étranger seraient donc appelés à renouveler leurs élus locaux : les délégués et conseillers consulaires, les élus AFE au cours du mois de Juin.

    L’ordonnance, qui sera prochainement publiée au Journal Officiel, dispose du point suivant : « Le renouvellement général des conseillers des Français de l’étranger et des délégués consulaires initialement prévu en mai 2020 par le décret n° 2020-83 du 4 février 2020 est reporté au mois de juin 2020. Sa date est fixée par un décret publié au plus tard quarante jours avant le scrutin. »

    Septembre ou Mars 2021 

    La date retenue, le mois de juin, inquiètent de nombreux élus consulaires. En effet, face à la pandémie, quelles sont les garanties que tous les pays seront sorties de leur état d’alerte? Comment garantir à nos compatriotes qu’ils ne prendront pas de risques en allant voter ? Comment organiser sereinement une campagne si une partie ou tout le territoire de la circonscription est encore sous quarantaine, confinement ou état d’urgence ? La situation est mondiale plus d’un tiers de la population mondiale est en confinement.

    Les rumeurs parisiennes mettant sur la sellette de nombreuses décisions prises dans le cadre des élections municipales, les plaintes qui ont été déposé contre les ministres devant la Cour de Justice de la République, l’ensemble invite à la prudence et à la mesure.  Ainsi le bureau de l’AFE, réuni en vision conférence, a demandé le report des élections au mois de Septembre 2020 voir en Mars 2021  au Ministre Jean-Baptiste Lemoyne à travers un courrier envoyé ce 20 mars 2020.

    Marc Villard, Président de l’AFE

     

    « Nous avons unanimement convenu qu’il ne nous paraissait pas réaliste, compte tenu de l’évolution de la pandémie, de vouloir organiser les élections consulaires fin juin et qu’il fallait au minimum les reporter au mois de septembre et idéalement les reporter d’un an » indique Marc Villard, Président de l’AFE au nom du bureau élargi de cette institution.

    Monique Dejeans, conseillère AFE membre du bureau et donc signataire, a indiqué aux francais.press qu’il s’agissait d’abord d’une situation qui évolue au fils des jours :  « il est inutile de prévoir ceci en juin alors qu’en Afrique, en Amérique du Sud, aux Etats-Unis, cela va être très complexe. Au Luxembourg [lieu de résidence de Mme Dejeans NDLR], il est de toute façon par exemple impossible de louer une salle pour organiser le scrutin » nous indique-t-elle.

    Aussi il est déjà arrivé dans le passé que des élections soient reportées d’un an, dont celles des Sénateurs, pour rappel élus pour ceux de notre circonscription (le monde hors France) par les conseillers et délégués consulaires.

    Le Secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne a informé certains élus : « tout va être revu à la mi-mai ».

    Il semble donc que la situation soit encore relativement floue, comme beaucoup de décisions perturbées par la pandémie.. Lors de la fin des confinements, il sera temps de décider.On peut raisonnablement penser que les élections n’auront pas lieu en Juin.

    Courrier du Bureau de l’AFE demandant le report
  • 5000 milliards pour l’économie mondiale

    5000 milliards de dollars contre les répercussions sociales, économiques et financières de la pandémie

    Les pays membres du G20 ont annoncé leur intention d’injecter «plus de 5000 milliards de dollars» dans l’économie mondiale pour «contrer les répercussions sociales, économiques et financières de la pandémie» du nouveau coronavirus, lors d’un sommet virtuel d’urgence jeudi.

    «Nous sommes fermement résolus à présenter un front uni contre cette menace commune», ont ajouté les représentants des grandes puissances mondiales dans un communiqué publié à l’issue de la réunion en visio-conférence présidée par le roi Salmane d’Arabie saoudite.

    Le bilan mondial de la pandémie de Covid-19 a dépassé les 21.000 morts et enfermé chez eux de manière inédite plus de trois milliards de personnes.

    La réunion est intervenue à un moment où les grandes puissances s’activent pour atténuer les effets de la pandémie sur leurs propres économies, comme les Etats-Unis, l’Allemagne ou l’Arabie saoudite qui préside le G20 cette année.

    Les 20 plus grandes économies mondiales ont également annoncé qu’elles travailleraient avec les organisations internationales «afin de déployer un ensemble de mesures financières solides, cohérentes, coordonnées et rapides».

    Elles ont en outre appelé ces institutions, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds monétaire international (FMI), à «aider les pays émergents et en développement à faire face aux chocs sanitaires, économiques et sociaux du Covid-19».

  • L’armée française accentue son renfort face à l’arrivée de « jours difficiles »

    Armée appelée encore davantage en renfort, première évacuation de patients de l’Est par TGV médicalisé : la mobilisation s’intensifie en vue des « jours difficiles » qui attendent encore la France face à la vague de l’épidémie de coronavirus.

    Dans la « guerre » au coronavirus, Emmanuel Macron a annoncé mercredi à Mulhouse le lancement de l’opération Résilience, qui mobilisera les forces armées pour aider la population face à la pandémie qui a fait plus de 1 300 morts dans le pays, un bilan multiplié par cinq en une semaine.

    Distincte du dispositif Sentinelle qui mobilise quotidiennement jusqu’à 7 000 militaires contre le risque terroriste, cette nouvelle opération « sera entièrement consacrée à l’aide et au soutien aux populations, ainsi qu’à l’appui aux services publics pour faire face à l’épidémie, en métropole et en Outre-mer », a affirmé le chef de l’Etat.

    Sur le volet sanitaire, les armées sont d’ores et déjà actives.

    « La nation tout entière est mobilisée » a assuré mercredi soir Emmanuel Macron en visite à Mulhouse, particulièrement frappée : le chef de l’État, après avoir visité l’hôpital militaire installé sur place, protégé d’un masque FFP2, a appelé à « l’union » contre le virus.

    Plus de 100 000 personnes se sont engagées sur la plateforme « je veux aider », dont 40 000 pour la réserve sanitaire, a insisté le chef de l’Etat.

    Quelque 40 000 candidats s’étaient aussi manifestés mercredi matin, 24 heures après l’appel national lancé pour compenser le manque de travailleurs saisonniers dans l’agriculture.

    Le ministère de la Santé a lancé mercredi soir un appel à volontaires à tous les professionnels de santé, y compris les retraités, pour venir en appui au personnel soignant de leur région mais aussi des zones les plus touchées par le coronavirus.

    Investissement massif

    Alors que le corps médical est monté en première ligne du front, Emmanuel Macron a promis un « plan d’investissement massif » pour l’hôpital. Le président de la République a salué « la mobilisation totale » des soignants, et leur a garanti « une prime exceptionnelle pour accompagner cette reconnaissance » ainsi qu’à l’ensemble des fonctionnaires mobilisés.

    La France doit s’attendre à des « jours difficiles », a souligné le directeur général de la Santé (DGS), Jérôme Salomon, en annonçant un total de près de 3 000 patients en réanimation (2 827, soit 311 de plus en 24 heures) : « C’est un nombre considérable, exceptionnel dans un temps aussi bref et pour une seule maladie. »

    L’Est de la France reste particulièrement touché : un TGV médicalisé, arrivé à Strasbourg, doit évacuer jeudi vers des hôpitaux des Pays-de-la-Loire vingt patients infectés par le coronavirus afin de soulager les hôpitaux alsaciens totalement saturés.

    Mais l’Ile-de-France, désormais, affronte aussi une « tension majeure » malgré « des efforts considérables pour ouvrir encore des centaines de lits en réanimation, après avoir déjà multiplié par deux » le nombre de lits disponibles, a-t-il souligné.

    La situation est particulièrement cruelle dans les maisons de retraite où le nombre de décès n’est pas exactement connu mais se chiffre en dizaines de morts. Rien qu’en Ile-de-France, sur les 700 Ehpad, au moins 148 étaient touchés mardi, d’après le décompte de l’Agence régionale de santé (ARS).

    Sur les tests, la France se prépare à changer d’échelle : d’ici à une dizaine de jours, a promis le Pr Salomon, la France disposera d’une capacité de 25 000 à 30 000 tests par jour, contre 9 000 aujourd’hui. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, veut notamment développer les tests rapides dans la perspective du « déconfinement », a-t-il expliqué devant le Sénat, afin de « savoir par une prise de sang qui aura été immunisé par le virus et qui ne l’aura pas été ».

    Alors que peu d’experts se risquent à pronostiquer la date du « pic », un essai clinique européen a démarré dimanche dans au moins sept pays pour tester quatre traitements expérimentaux.

    Choc économique et social

    Dans l’attente des conclusions de ce test, la chloroquine, l’un des traitements testés qui fait débat, peut être administrée aux malades souffrant de « formes graves » du coronavirus, mais pas pour des formes « moins sévères ».

    Face à cette évolution dramatique, le gouvernement annoncera « dans quelques jours » la probable prolongation du confinement, a indiqué la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

    Le conseil scientifique a recommandé mardi de l’étirer jusqu’au 28 avril.

    Le conseil des ministres, réuni avant un conseil de défense, a par ailleurs adopté 25 ordonnances – un record – pour permettre au pays de limiter les dommages sociaux et économiques.

    La France doit se préparer à « un effort long », pour Edouard Philippe : « C’est l’urgence sanitaire qui anime tous les esprits aujourd’hui, mais c’est aussi, et ce sera de plus en plus, un choc économique, un choc social », a prévenu le Premier ministre.

  • Les plaintes contre le gouvernement et sa gestion du coronavirus se multiplient en France

    Des ministres en ligne de mire.

    En France, la manière dont le gouvernement français gère la crise du coronavirus ne fait pas l’unanimité. Maintien des élections municipales, pénurie de masque, impréparation, les critiques envers la gestion gouvernementale se multiplient depuis le début du confinement.

    Résultat de recherche d'images pour "buzyn"À ce jour, cinq plaintes ont été déposées par des particuliers (non-contaminés) et des associations médicales devant la Cour de justice de la République contre le Premier ministre Édouard Philippe, l’ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et l’actuel ministre de la Santé, Olivier Véran. La Cour de justice de la République est la seule juridiction en France à avoir compétence sur les membres du gouvernement pendant leur mandat.

    Les plaintes visent la gestion par le gouvernement de l’épidémie de COVID-19 et les accusations comprennent la mise en danger de la vie d’autrui, l’homicide involontaire, le défaut d’assistance à une personne en danger et le défaut d’action en temps utile pour contenir l’épidémie, selon la source judiciaire.

    Une sixième plainte est en route

    Une sixième plainte pour « entrave aux mesures d’assistance » visant Agnès Buzyn et Edouard Philippe est également en route, déposée par un Francilien de 46 ans qui a, lui, été diagnostiqué positif au coronavirus.

    « S’il y a eu des manquements de la part d’un certain nombre de personnes qui sont au gouvernement, ces manquements doivent être sanctionnés. Face à une crise d’une telle ampleur, on ne peut pas avoir des ministres qui tergiversent », a fait valoir Me Nabil Boudi, avocat du plaignant malade, auprès de franceinfo.

    « On ne cherche pas à ce qu’il y ait des sanctions, on ne cherche pas à ce qu’il y ait des condamnations, ce n’est pas l’objet de la plainte », a-t-il ajouté, expliquant que le véritable but était « avant tout l’ouverture d’une enquête pour déterminer qui a failli dans sa mission ». Dans la plainte, que franceinfo a pu consulter, son client regrette notamment qu’il « aura ainsi fallu attendre plus d’un mois et demi, depuis l’annonce, le 24 janvier 2020, par Madame Buzyn, alors ministre de la Santé, des deux premiers cas confirmés sur le sol français et européen pour agir ». Il dénonce le « manque de réactivité du gouvernement » malgré les nombreuses alertes. En plus de ces plaintes, un collectif de soignants en avait déjà déposé une la semaine dernière contre le Premier ministre et l’ex-ministre de la Santé

  • La France retire ses troupes d’Irak

    L’opération Chammal en Irak, c’est fini.

    200 militaires français en Irak participaient officiellement à la formation de l’armée irakienne. Sous prétexte de Coronavirus, l’Etat-major a annoncé retirer « provisoirement » les troupes françaises d’Irak. Cette décision est prise, selon l’Etat-major, en accord avec le gouvernement irakien. Les Américains, qui sont à la tête de la coalition,  ont aussi annoncé le retrait d’un certain nombre de militaires. Tchèques et Britanniques aussi réduisent, en totalité ou partiellement, leur présence. Mais la France restera engagée, de loin, à partir des bases installées en Jordanie, au Qatar et au Koweït.

    Il est peu probable que le gouvernement irakien retienne des forces dont il a parfois demandé le retrait : Le Parlement irakien avait voté pour le départ des militaires américains, après l’élimination du général iranien Suleimani et de chefs de forces paramilitaires irakiennes affiliées aux Gardiens de la Révolution. Les Irakiens sont désormais plus proches des Iraniens que des Etats-Unis, ce qui montre la finesse de la diplomatie américaine dans cette région.

    Le coronavirus aura eu raison de la détermination française.

    Quant à la France, elle réclamait jusqu’il y a peu le maintien de l’engagement de la coalition, considérant que la lutte contre Daesh en Syrie n’était pas terminée. La Ministre de la Défense française expliquait encore il y a un mois: « l’Irak est troublé par sa situation interne et par les soubresauts des rivalités internationales. Daesh continue de s’y réorganiser et d’y harceler les forces gouvernementales ».

    Il semble peu probable que les troupes françaises retournent en Irak. Si la pandémie n’est pas un faux prétexte, puisque l’Iran a déjà reconnu 1700 morts et l’Irak plus de 20, elle semble malgré tout l’occasion de retirer des forces qui agissaient dans le cadre d’une stratégie devenue incertaine.

    En 2014, sur décision du Président Hollande, La France a été le deuxième pays à s’engager dans la coalition internationale contre l’Etat Islamique, tout de suite après les Etats-Unis. Elle s’y est fortement impliquée, autant par ses forces aériennes que par son artillerie. Son action militaire a été efficace et reconnue comme telle contre les forces de Daesh. Cependant, après la décision américaine de retirer leurs forces de soutien en Syrie contre Daesh, et dans la mesure où les Européens n’ont pas voulu les remplacer, la présence militaire française au Moyen-Orient devenait de plus en plus problématique : Quelles forces ? Dans quels buts ? Avec quels alliés ?

    Déjà l’an dernier, le chef de l’artillerie française, la force Wagram, avait été sanctionné pour avoir critiqué la stratégie de la coalition contre l’Etat islamique. La question était celle de tous les engagements militaires : est-on prêt à s’engager vraiment, avec des forces terrestres, ou s’agit-il seulement d’assurer un soutien, une présence? Le Colonel fut sanctionné, mais les réponses ne furent pas données. En fait, la présence française devait permettre d’être autour de la table pour le règlement de la guerre en Syrie. Mais les récentes discussions entre Russes, Turcs, Iraniens, Syriens (et Israéliens) se sont passés sans les Européens -sans les Français. Personne n’est plus capable de dire ce que l’on souhaite en Syrie, au Kurdistan ou en Irak.

    Dans ce contexte, et compte tenu du désengagement américain, le retrait des forces françaises d’Irak est donc logique.

    La question va se poser bientôt pour Barkhane au Sahel, où, cette fois, c’est le Chef d’Etat major qui explique au Parlement que l’on ne peut gagner cette guerre dans ces conditions et qu’on y est donc pour longtemps.

    Là aussi le coronavirus commence à se diffuser.

  • Sauvons l’Europe : 5 décisions à prendre d’urgence

    La crise déclenchée par le coronavirus frappe progressivement toute l’Europe et paralyse son économie. Dans un premier temps, les pays les plus touchés par l’épidémie, l’Espagne et l’Italie, ont été aussi parmi les plus affectés par la crise de 2008 et ses suites. Mais l’économie des deux poids lourds du continent, la France et l’Allemagne, est elle aussi en train de s’arrêter.

    Que peuvent et doivent faire les institutions de l’Union européenne (UE) pour ne pas laisser chaque pays seul face à une telle situation ? Avec le risque, pour ne pas dire la certitude, de voir les plus faibles s’affaiblir encore. Il y a bien sûr la politique monétaire et l’action de la Banque Centrale Européenne (BCE). Elle avait joué petit bras et raté sa communication le 12 mars dernier, provoquant un krach sur les marchés financiers. Elle vient de se rattraper en décidant le 18 mars d’injecter 750 milliards d’euros dans l’économie européenne d’ici la fin de l’année. C’est évidemment une bonne nouvelle mais la BCE ne pourra pas continuer à agir seule et de manière indifférenciée au niveau de l’ensemble de la zone euro.

    Il faut aussi mobiliser à grande échelle les outils budgétaires et être en mesure d’apporter des aides plus spécifiques à tel ou tel pays. Ce qui avait été fait de manière très insuffisante et trop tardive durant la crise de la zone euro. Des pistes existent cependant pour ne pas répéter les mêmes erreurs, c’est ce que montrent les travaux de Daniela Schwarzer et Shahin Vallée pour la DGAP allemande, ceux de Lucas Guttenberg pour le Jacques Delors Centre de la Hertie School ou encore de Luis Garicano pour VoxEU.

    Effort de guerre à fournir

    Dans l’immédiat, il ne s’agit pas cependant, comme pendant une crise financière classique, de soutenir la demande et de relancer l’activité. Au contraire, les Etats ont décidé de la réduire au strict minimum pour bloquer progressivement l’épidémie.

    Il convient alors d’éviter les licenciements grâce à un chômage technique généralisé et bien indemnisé, d’empêcher les petites entreprises et les travailleurs indépendants de faire faillite, d’éviter que les banques ne soient étranglées et de financer un effort exceptionnel en matière de dépenses de santé. Parallèlement, il faut empêcher la spéculation sur les marchés financiers de se déployer, en particulier contre les dettes des Etats les plus fragiles.

    Au niveau du budget européen à proprement parler, les moyens sont extrêmement limités : il pèse moins de 1 % du PIB de l’UE. Son usage est très encadré et Bruxelles n’a pas le droit de s’endetter en émettant des titres sur les marchés financiers comme le font les Etats. Le 11 mars, la Commission européenne avait annoncé la mise en place d’un fonds spécial de 25 milliards d’euros, soit 0,17 % du PIB de l’Union à 27, une goutte d’eau… Ce mardi, elle est allée un peu plus loin en portant ce montant à 37 milliards, via les fonds structurels non utilisés, et envisageait d’en débloquer 28 de plus ultérieurement. Mais même 65 milliards d’euros, soit 0,45 point de PIB, resteraient un montant très insuffisant.

    Le tabou des « Eurobonds »

    Une telle crise pourrait et devrait être l’occasion de lever le tabou des « Eurobonds », l’émission en commun par l’Union européenne (ou les Etats européens) de titres de dette publique pour financer son action. La question a été abordée par Giuseppe Conte, le président du Conseil italien, lors d’un sommet d’urgence sur la crise tenu mardi en visioconférence. Il a reçu le soutien d’Emmanuel Macron. Et, surprise, Angela Merkel n’a pas dit « non », renvoyant la balle à son ministre des Finances social-démocrate Olaf Scholz pour en étudier plus précisément les modalités éventuelles.

    Le coronavirus offre en effet une bonne occasion de faire sauter ce tabou. Le principal argument pour s’y opposer jusque-là portait sur l’« aléa moral » : si les Etats membres émettent ensemble des Eurobonds, aucun d’entre eux n’aura plus intérêt à respecter une discipline budgétaire au niveau national. Mais dans le cas du coronavirus, le choc est à l’évidence exogène à la zone euro, il vient de l’extérieur, ainsi, y répondre via des Eurobonds ne peut pas éveiller le soupçon d’encourager des comportements déviants. Le chemin est cependant encore long : sans surprise, Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais et chef de file des faucons budgétaires en Europe, s’y oppose pour l’instant.

    Dans l’immédiat, le maintien des revenus des Européens, la lutte contre la faillite des entreprises et l’effort nécessaire pour combattre l’épidémie reposeront pour l’essentiel sur le budget des Etats membres. Ou plus exactement sur leur déficit et leur endettement, puisque leur politique dans l’urgence de la crise doit consister à réduire leurs recettes en exonérant entreprises et ménages d’impôts et de cotisation, et à accroître leurs dépenses pour le chômage technique, les facilités de crédit ou encore les dépenses de santé ou de maintien de l’ordre…

    Il est d’ores et déjà acquis que, dans de telles circonstances, les clauses restrictives du pacte de stabilité ne s’appliquent plus : les Etats peuvent sortir des clous des 3 % de déficit public et de l’obligation de réduction de la dette publique quand celle-ci est au dessus de 60 % du PIB. Le gouvernement français, par la voix du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, a d’ores et déjà annoncé un déficit de 3,9 points de PIB en 2020, une prévision qui risque d’être revue à la hausse au cours des prochaines semaines.

    Soutenir les entreprises en Europe

    Mais cela ne suffit pas : une part significative des dépenses que vont supporter les Etats va consister à apporter des aides à leurs entreprises pour leur éviter la faillite, alors que leur chiffre d’affaires a plongé. Or, les aides d’Etat aux entreprises sont très strictement encadrées par les traités européens : c’est l’une des principales tâches de la Commission européenne de leur faire la chasse, pour éviter de fausser la concurrence au sein du marché unique. Cependant, Bruxelles a déjà averti que les aides apportées aux entreprises pour faire face spécifiquement à la crise du coronavirus ne seraient pas considérées comme mettant en danger cette fameuse concurrence.

    A défaut de pouvoir apporter un soutien significatif dans l’immédiat à l’économie européenne, les institutions de l’UE ont donc déblayé le terrain pour la mise en œuvre de politiques nationales ambitieuses. Pour autant, comme sur le terrain des mesures sanitaires, il n’existe pas encore pour l’instant de véritable coordination de ces politiques nationales de réponse à la crise, même si le sommet du 17 mars a marqué un certain progrès dans cette direction – en encourageant les Etats à dépenser un point de PIB pour soutenir leurs économies et à accorder des facilités de trésorerie à leurs entreprises à hauteur de 10 points de PIB.

    Chacun continue pour l’essentiel à avancer pour son propre compte, à son propre rythme. L’Allemagne a annoncé la mise en place un « bazooka » à 500 milliards d’euros, soit 14 points de PIB, la France entend mettre 300 milliards d’euros, 12 points de PIB, sur la table selon Emmanuel Macron, plus tôt l’Italie avait annoncé un plan de 25 milliards d’euros, 1,4 point de PIB, tandis que l’Espagne a dévoilé un plan de 200 milliards d’euros, 16 % du PIB. A ce stade ces plans, peu détaillés, sont difficilement comparables, car la nature des sommes prises en compte est différente : les plus importantes ne sont pas en général des dépenses publiques à proprement parler, mais plutôt de simples facilités de trésorerie offertes aux entreprises pour leur éviter la faillite.

    Il n’empêche, cette énumération fait ressortir un problème potentiel majeur : dans un cadre purement national, les marges de manœuvre des gouvernements sont très différentes. Et les pays les plus touchés jusqu’ici par la pandémie – l’Italie et l’Espagne – sont aussi ceux qui disposent par eux-mêmes du moins de puissance de feu, parce qu’ils ont déjà été très affaiblis par la crise de la zone euro, dont ils s’étaient à peine remis avant que ne frappe le coronavirus. Cet effort exceptionnel risque d’achever de déstabiliser leurs finances publiques convalescentes.

    La crise sanitaire actuelle a déjà fait remonter les taux d’intérêt à long terme auxquels les Etats européens peuvent emprunter sur les marchés financiers pour financer leurs dépenses, y compris l’Allemagne. Mais elle a aussi commencé à creuser de nouveau les spreads, à savoir l’écart de taux entre l’actif le plus sûr (les titres allemands) et les titres des autres pays de la zone euro.

    L’Italie doit ainsi payer désormais 2,6 % d’intérêts en plus par an que l’Allemagne pour financer sa dette, contre 1,3 % il y a un mois, l’écart a doublé… Sur une dette qui pèse actuellement 137 % du PIB italien, cela représente à terme un surcoût de 3,6 points de PIB par an de dépenses pour l’Italie d’intérêts sur sa dette si cet écart se maintient durablement. Cela risque de dissuader le gouvernement italien de prendre des mesures d’ampleur suffisante face à la crise. De plus, le risque est sérieux que cet écart s’accroisse encore au cours des prochaines semaines, si la crise sanitaire se prolonge.

    D’où la nécessité de trouver des solutions collectives, qui permettent d’aider les Etats les plus fragiles. Il ne faut cependant pas se faire d’illusion : même les plus solides seront affectés si la solidarité européenne est insuffisante. Comme le rappelle l’économiste Shahin Vallée : « Contrairement à ce qui s’était produit pendant la crise de la zone euro, même les taux allemands ont augmenté eux aussi ces derniers jours ». Mais l’Europe n’est pas démunie de moyens d’action, du fait notamment des nouveaux outils mis en place suite à la crise de la zone euro.

    1/ La Banque européenne d’investissement doit accorder massivement des prêts aux PME

    Tout d’abord, les Etats vont tous accorder des facilités de trésorerie aux entreprises pour leur éviter de faire faillite. Ils vont généralement le faire via des banques publiques, comme la Caisse des dépôts et consignations (CDC) ou la Banque publique d’investissement (BPI) en France. Au niveau européen, la Banque européenne d’investissement (BEI) pourrait fournir une partie de ces facilités pour éviter qu’elles ne pèsent sur la qualité financière de la dette de chacun des Etats concernés.

    La BEI a déjà accepté d’accorder 8 milliards d’euros de prêts à des PME et de porter ultérieurement ce montant à 20 milliards d’euros. Mais ces niveaux restent faibles. L’économiste espagnol Luis Garicano propose qu’elle accorde 275 milliards d’euros de crédits, l’équivalent de 2 points du PIB de l’Union. Des montants qu’elle pourrait lever en émettant des titres sur les marchés financiers, ce qui équivaudrait de facto à des Eurobonds. Et si son capital est insuffisant pour supporter de tels prêts, les Etats devraient la recapitaliser.

    2/ Recourir sans conditions aux fonds du Mécanisme européen de stabilité

    Le second levier que l’Europe pourrait actionner est le Mécanisme européen de stabilité (MES) mis en place après la crise de 2010. Ce fonds est doté d’une capacité d’intervention de 410 milliards d’euros, soit 3,4 points du PIB de la zone euro. Il est destiné à aider, sous conditions, les pays qui n’arrivent plus à financer leur dette sur les marchés financiers à des taux économiquement supportables.

    Il a également la possibilité, inutilisée jusqu’ici, d’accorder des crédits en urgence, avant même qu’un Etat ait été placé sous sa tutelle. Dans le contexte actuel, les dirigeants européens devraient inciter le MES à utiliser cette possibilité dès que le besoin s’en fait sentir. Le MES devrait aussi indiquer que, dans le contexte de l’épidémie, les seules conditions qu’il mettra pour accorder son aide seront d’utiliser l’argent apporté pour venir en soutien au système de santé et aux victimes du Covid-19.

    3/ La BCE doit acheter des titres des Etats les plus en difficulté

    L’entrée en jeu du MES permettrait également à la Banque centrale européenne (BCE) de se servir d’un outil mis en place lors de la crise de la zone euro, mais non encore utilisé pour l’instant : les Outright Monetary Transactions (OMT).

    A condition que le MES ait décidé d’aider un Etat, ce mécanisme permet à la BCE d’acheter des titres de dette de cet Etat sur les marchés pour faire baisser les taux d’intérêt exigés par les investisseurs. Ce qu’elle n’a pas le droit de faire en temps ordinaire. Actuellement, elle est encore obligée d’acheter de la dette en fonction de la clé de répartition de chaque Etat à son capital : puisque l’Allemagne a la plus grosse part, la BCE achète par exemple plus de dette allemande que d’italienne sur les marchés.

    4/ Renforcer les moyens de l’Union bancaire

    Le quatrième levier dont l’Europe dispose désormais c’est le Fonds de résolution unique (FRU), mis en place dans le cadre de l’Union bancaire pour éviter que les difficultés éventuelles des banques d’un pays ne pèsent sur les finances publiques de celui-ci, risquant dès lors d’aggraver la spéculation contre sa dette publique. Un cercle vicieux qu’on avait observé dans les pays en crise en 2008-2010. Ce fonds, alimenté par les banques elles-mêmes, reste pour l’instant modeste : il ne dispose en effet encore que de 33 milliards d’euros, une goutte d’eau pour garantir les 35 000 milliards d’euros du total des bilans des banques européennes.

    Mais une des réformes du Mécanisme européen de stabilité (MES), qui était en discussion avant la crise du coronavirus consistait à se servir de ce fonds comme « backstop » (filet de sécurité) du FRU : si les difficultés des banques excédaient la capacité de réponse du FRU, alors le MES se substituerait à lui pour soutenir les banques. Dans le contexte actuel, il serait très important que cette réforme soit actée le plus rapidement possible pour éviter que les difficultés du système financier de tel ou tel pays ne se reporte sur la qualité de sa dette publique.

    5/ Financer le chômage partiel à l’échelle européenne

    Avant la crise du coronavirus, on avait commencé à avancer sérieusement en Europe sur l’idée d’une assurance chômage européenne, comme moyen de mettre en œuvre des outils contra-cycliques de solidarité. La crise actuelle pourrait et devrait être un moyen de commencer à la mettre en œuvre, en finançant une partie du chômage partiel qu’elle entraîne via des fonds européens. Si elle se prolonge, il sera sans doute aussi nécessaire d’envisager l’option de la « monnaie hélicoptère », de l’argent versé directement sur les comptes des ménages par la BCE, comme l’envisage également Donald Trump aux Etats-Unis…

    Face à la crise économique et sociale sans précédent qu’est en train d’engendrer en Europe la pandémie de coronavirus, nous ne sommes donc pas totalement dépourvus d’outils pour réagir de façon solidaire. Mais comme lors des dernières crises économiques et financières, une course de vitesse est engagée : l’Europe sera-t-elle capable cette fois de réagir autrement que sur le mode du « trop peu, trop tard »

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  • France : traitement en 25 ordonnances !

    France : traitement en 25 ordonnances !

    Le Premier ministre Edouard Philippe a présenté, mercredi 25 mars 2020, de nouvelles ordonnances adoptées le jour même en Conseil des ministres. On résume ensemble les changements et les décisions prises concernant la Justice en France pendant cette période exceptionnelle de confinement.

    À période exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Alors que tous les Français sont confinés chez eux pour endiguer la propagation du Coronavirus, le gouvernement tente de s’adapter à la situation et cherche des solutions pour alléger le travail et la charge de certains secteurs professionnels. Mercredi 25 mars 2020, le Conseil des Ministres a adopté 25 ordonnances spéciales.

     Réduction de peine

    Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé de nouvelles mesures mises en place dans le domaine de la justice. En France, environ 5 000 détenus vont pouvoir bénéficier d’une réduction de peine et vont donc être libérés bientôt, afin de désengorger les prisons. Les détenus éligibles à cette réduction sont ceux qui se trouvent en fin de peine et qui n’ont pas été condamnés pour des faits de terrorisme ou pour des faits de violences intra-familiales. Ces personnes auront une réduction de peine de deux mois et finiront leur condamnation en étant assigné à résidence, dans leur domicile.

    Prolongement des visas

    Les étrangers bénéficiant d’un titre de séjour et les demandeurs d’asile qui possèdent des documents de séjour vont profiter d’un allongement de 90 jours de la validité de leurs papiers. Tous ceux dont le titre de séjour devait expirer entre le 16 mars et le 15 mai peuvent reporter à plus tard le renouvellement de leurs papier, afin d’éviter des déplacements en préfecture.

    Prescription de l’action publique et Juge Unique 

    Une autre ordonnance suspend la prescription de l’action publique et de l’exécution des peines. La prescription de l’action publique est le temps pendant lequel l’auteur d’un délit ou d’un crime peut être poursuivi et jugé pour ses actions. Suspendre cette prescription permet d’assurer que toutes les personnes qui ont violé la loi seront poursuivies en justice, même si les actions ne peuvent être menées rapidement.

    Cette même ordonnance élargit le recours au juge unique pour les audiences correctionnelles et permet la mise en place de visioconférences pour l’assistance d’un avocat en garde à vue ou la présentation d’un suspect devant le procureur ou le juge des libertés et de la détention.

    Le Conseil des Ministres a élargit la possibilité de statuer à huis-clos pour les tribunaux. Une ordonnance prévoit également une extension des délégations accordées aux présidents des conseils régionaux pour l’octroi d’aides aux entreprises en difficulté.

    Comptes publics

    Deux ordonnances ont été votées concernant la gestion des comptes publics. Le gouvernement veut assurer la continuité des paiements en assouplissants les règles qui étaient en place jusqu’alors. L’ordonnance prévoit notamment une dérogation aux dispositions relatives à la responsabilité des comptables publics.

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