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  • La transition énergétique face à ses goulets d’étranglement

    La transition énergétique face à ses goulets d’étranglement

    Avec la reprise de l’économie mondiale après plus d’une année passée sous l’éteignoir de l’épidémie, des goulets d’étranglement se multiplient. Les microprocesseurs, l’acier, le bois viennent à manquer entraînant une hausse des prix et des arrêts de production. Le prix du lithium a plus que doublé au cours de la dernière année. Le prix du cuivre a augmenté d’environ 70 %. Les problèmes d’approvisionnement ont été mis sur le compte de la désorganisation des chaînes de production provoquée par les confinements. Au fil des semaines, les pénuries ne se résorbent pas. 

    La folle reprise, en particulier américaine, les explique en partie, mais il apparaît également que l’épidémie a modifié de manière structurelle la demande. Les plans de relance adoptés à l’échelle mondiale visent à accélérer la transition énergétique. Ils provoquent une augmentation de la demande de certains biens équipements et de biens intermédiaires indispensables pour la décarbonisation de l’économie. Ce processus devrait s’amplifier dans les prochaines années. En effet, seuls 10 % des investissements nécessaires pour la neutralisation carbone en 2050 ont été réalisés. Pour atteindre les objectifs, ces investissements devront être multipliés par trois en quelques années. 

    L’accélération de la transition énergétique 

    Les gouvernements des pays avancés se sont engagés à réduire à néant leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. De plus en plus d’investisseurs exigent que les entreprises optent pour des processus de production sans émission de CO2. Des entreprises comme Volkswagen, BMW, Mercedes, Total ou ExxonMobil, doivent modifier leurs plans d’investissement et se repositionner afin de conserver leurs actionnaires et leurs clients. Le changement de cap est extrêmement rapide, modifiant les structures de production. 

    Dans le passé, les transitions énergétiques étaient lentes et cumulatives. Les nouveaux modes de production d’énergie s’ajoutaient aux anciennes, la substitution étant progressive et partielle. La transformation radicale qu’impose la transition énergétique est un précédent qui n’est pas, en soi, un défi impossible à tenir. Ce dernier est simplement exigeant en capitaux et suppose une mobilisation de tous les acteurs. 

    En 2019, la capacité solaire installée était près de 15 fois supérieure à ce qu’elle était en 2010 ; pour l’éolien, le rapport était de 3,4 fois supérieur. Le renforcement des capacités provoque une baisse rapide des prix. Les «coûts actualisés » du solaire, de l’éolien offshore et de l’éolien terrestre (chiffres qui prennent en compte les investissements initiaux en équipement et en construction, le financement et la maintenance) ont, selon The Economist, diminué de respectivement de 83 %, 62 % et 58 %.

    Le groupe danois d’éoliennes, Orsted, dont le chiffre d’affaires dépasse 52 milliards d’euros prévoit une croissance de 30 % en 2021. Tesla, le constructeur de voitures électriques et la première capitalisation mondiale pour le secteur de l’automobile, prévoit une progression de ses ventes de plus de 60 %. Sur le seul premier trimestre 2021, 178 milliards de dollars ont été versés dans des fonds d’investissement spécialisés dans la transition énergétique.

    Une bulle « verte à l’image de la bulle digitale » ? 

    En février dernier, une vente aux enchères au Royaume-Uni, de droits sur des fonds marins devant être transformés en parcs éoliens offshore a rapporté 12 milliards de dollars. 

    La production annuelle de véhicules électriques devra connaître une croissance exponentielle. Ces dernières devraient représenter 60 % des achats en 2030 contre 5 % en 2020. Le nombre de bornes de recharge en bordure de route devra être multiplié par plus de 30. La production d’énergie renouvelable doit tripler avant 2030. À cette fin, la construction de parcs éoliens ou solaires devra être multipliée par quatre. 

    Les sociétés minières mondiales estiment qu’elles devront augmenter de 500 % la production annuelle des minéraux essentiels pour les batteries. Certains craignent une bulle verte à l’image de la bulle digital des années 2000. D’autres estiment que cette transition énergétique provoquera un cycle inflationniste de grande ampleur. Les craintes seraient d’autant plus justifiées que la transition énergétique ne vient que de commencer. 

    Vector illustration of evolution from industrial pollution to clean energy. Greening of the world banner. Traditional and alternative natural electricity resources. Development green technology

    La dépendance de la transition énergétique aux métaux rares 

    Les nouvelles sources d’énergie dépendent de minéraux qui sont bien plus concentrés géographiquement que le pétrole et du gaz. Les voitures électriques ne sont pas produites de la même manière que les voitures thermiques. Elles comportent des batteries exigeant des métaux rares. Depuis la fin de l’année 2020, le prix des cinq métaux rares utilisés pour la production des véhicules électriques a augmenté de 139 %. Le risque de pénurie pourrait occasionner de fortes hausses de prix. 

    Au cours de la seconde moitié de cette décennie, la demande mondiale de lithium pourrait être plus du double du niveau de l’offre. Les matières premières représentent désormais 50 à 70 % des coûts des batteries, contre 40 à 50 % il y a cinq ans, ce qui rend les prix plus vulnérables aux matières premières chères. Les progrès techniques qui ont permis la diminution du prix des batteries de plus de 80 % entre 2012 et 2020 ne suffiront plus, dans les prochaines années, pour compenser la hausse des matières premières.

    Tesla dans le nickel en Nouvelle Calédonie 

    Les entreprises de la transition énergétique se préparent à gérer des pénuries de matières premières. Ainsi, Andreas Nauen, le PDG de Siemens Gamesa, qui fabrique des turbines d’éolienne, a déclaré que le balsa (bois tropical très léger) sera remplacé par de la mousse d’ici le milieu de la décennie. En février de cette année, Elon Musk, le PDG de Tesla, le premier constructeur de voitures électriques, a qualifié la disponibilité du nickel comme la « plus grande préoccupation de son entreprise ». Cette dernière étudie la possibilité de substituer les cathodes à base de nickel aux cathodes en fer. 

    En attendant, Telsa investit dans les mines de nickel. L’entreprise a pris ainsi pied en Nouvelle Calédonie. Le balsa est aujourd’hui introuvable car il est utilisé pour la fabrication des pales d’éoliennes. La Chine ou la Russie sont en position de force dans ce domaine. Plusieurs États africains comme la République Démocratique du Congo sont également bien dotés. Actuellement, les entreprises chinoises contrôlent une grande partie de nombreuses chaînes d’approvisionnement en minerais cruciaux et celle de fabrication des batteries. Pour éviter une dépendance, les États-Unis ont entreprise de rechercher sur leur sol des gisements. 

    L’Europe est en retard en matière de diversification de ses approvisionnements même si un plan « batteries » est en train d’être déployé. L’exploitation des mines de terres rares ne sont pas sans poser des problèmes écologiques et sociaux. L’exploitation d’une mine de lithium au Chili provoque une importante contestation de la part des agriculteurs dans l’Atacama du fait de l’utilisation massive de l’eau. La République démocratique du Congo qui délivre 70 % du cobalt fait l’objet de nombreuses critiques en raison du travail dans des conditions déplorables  d’hommes, de femmes et d’enfants.

    Oppositions aux exploitations des ressources  

    Au sein des pays occidentaux, les oppositions se multiplient à l’encontre des mines et des parcs d’éoliennes ou de panneaux solaires. Au Groenland, au mois d’avril dernier, la majorité en place a été battue en raison de son soutien à l’exploitation d’une mine de terres rares au Groenland. Dans l’État du Minnesota, des groupes de pression s’opposent à l’ouverture d’une mine de cuivre et de nickel au nom de la préservation des cours d’eau. Ils ont reçu le soutien de Joe Biden qui qui a accepté de reconsidérer les permis d’exploitation de la mine. En moyenne, entre la décision et l’exploitation réelle d’une mine, un délai de 16 ans s’écoule au sein des pays de l’OCDE. 

    Un problème de foncier 

    Les nouvelles sources d’énergie renouvelable sont consommatrices de foncier. Une étude américaine considère que 2 % des terres américaines devront être recouvertes de turbines et de panneaux solaires afin que le pays respecte ses engagements internationaux. 

    En Europe, les fermes d’éoliennes offshore devraient se multiplier faute de place sur terre. 3 500 milliards de dollars d’investissement seront nécessaires d’ici 2030. Pouvant générer un préjudice esthétique ou peser sur certaines activités en particulier agricoles, la réalisation de fermes éoliennes ou solaire provoque fréquemment des oppositions locales. Les contentieux sont nombreux, ralentissant la réalisation des projets. 

    Aux États-Unis, la mise en place d’éoliennes nécessite, en moyenne, au moins dix ans. Le choix des éoliennes en mer permet de contourner ces problèmes même si les pêcheurs se révèlent également être des opposants forcenés. Les éoliennes en mer sont plus coûteuses à construire et à exploiter du fait de leur exposition aux tempêtes et à l’eau salée.

    L’adaptation des réseaux 

    Les énergies renouvelables exigent une restructuration des réseaux qui devront être plus denses, interconnectés et pilotés par ordinateur. Ces nouvelles énergies exigent une gestion plus complexe que les anciennes en raison de leur production décentralisée et intermittentes. Les dépenses annuelles consacrées aux réseaux électriques devraient plus que tripler d’ici 2030. 

    Aux États-Unis, la modernisation des réseaux est plus lente que l’augmentation des capacités de production. Au Vietnam, une part non négligeable de l’énergie produite a été gâchée par l’absence de réseaux.

    Transition énergétique et pays en développement 

    Une des clefs de la réussite de la neutralité carbone repose sur l’action des pays émergents et en développement. Compte tenu de leur retard et de l’accroissement de leur population, leurs besoins en énergie sont importants. Leur tentation est d’opter pour l’énergie la moins chère et la plus facile à maîtrise, le charbon. Le recours aux énergies renouvelables est pour ces pays générateur de surcoûts. Le capital à mobiliser pour un projet éolien en Indonésie est environ quatre fois supérieur à celui d’un projet en Allemagne. Avec la crise sanitaire, les transferts en faveur des pays en développement se sont réduits et ont été inférieurs aux engagements pris lors des Accords de Paris.

    Le protectionnisme vert 

    La transition énergétique est devenue le terrain d’excellence de l’interventionnisme d’État. L’Europe entend mettre en place une politique d’indépendance dans le domaine de la production des batteries. Les investissements doivent être également réalisés afin de soutenir les États ou les régions en difficulté. 

    La Chine envisage de plafonner les prix intérieurs des matières premières dans son prochain plan quinquennal et d’augmenter ceux destinés à l’exportation. Le plan vert du président Joe Biden vise à privilégier les emplois et les fabricants locaux. La transition énergétique permet de faire du protectionnisme sans le dire ouvertement. 

    L’interventionnisme se traduit également par la fixation de prix minimums pour la production d’électricité et par l’octroi de primes pour l’achat de véhicules électrique. Les réglementations visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre se sont multipliées. L’introduction d’un prix du carbone est également un moyen pour les collectivités publiques d’accélérer la transition énergétique. La fixation d’un prix du carbone demeure, pour le moment, partielle. Seulement 22 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont, en effet, couvertes par des systèmes de tarification. 

    La transition énergétique accélère avec comme risque la création d’une bulle spéculative. Associée à la spéculation qui entoure certains biens et services digitaux, elle est une source de volatilité comme l’a prouvé le cours du bitcoin. Il a suffi que plusieurs voix dont celle d’Elon Musk PDG de Tesla dénoncent le coût écologique des cryptomonnaies pour que celles-ci chutent. 

    La décarbonation de l’économie est une nouvelle aventure qui est censée concerner tous les États. En moins de trente ans, la communauté mondiale aura donc à traiter tout à la fois une épidémie et le réchauffement climatique. La hausse plus rapide des températures pourrait, plus tôt que prévu, redonner la main aux scientifiques pour trouver un remède, sachant que le contrôle des émissions de gaz à effet de serre sera un exercice plus que difficile à réaliser avec une population mondiale amenée à augmenter d’ici 2100 de 4 milliards de personnes.

  • La révolution, c’est tous les jours, avec le diable

    La révolution, c’est tous les jours, avec le diable

    Seul le capitalisme est vraiment révolutionnaire. Mirabeau, Danton Lénine Trotski et Mao sont des petits joueurs, si l’on regarde  le  bouleversement du monde.  « Le communisme, c’est la paix et l’électricité », avançait malignement Staline. Le monde a plus changé en vingt ans qu’en deux siècles, même si les dirigeants politiques sont encore de l’ancien monde. Le capitalisme 3.0[1], c’est un ordinateur dans la main de chaque pauvre. Tous n’ont pas encore accès à l’eau, ils ont un Smartphone, un lien sans intermédiaire avec tout le savoir du monde, simple comme un jouet. Quand les pédagogues sauront faire jouer les enfants, il y aura plus de musiciens que de soldats dans les armées.

    Dans l’espace, militaires et milliardaires font des galipettes

    Les Hippies de la Silicon Valley devenus businessmen ont plus changé le monde ces vingt dernières que tous les révolutionnaires et tous les Chefs d’Etat. C’est pourquoi le Président du Nigeria vient d’interdire Tweeter, que Tweeter censure Trump, que Russes, Chinois, Iraniens, Américains, Israéliens,  essaient de contrôler leur réseau national, investissent dans la technologie, le black market, le darknet, la cyberguerre et autres outils, sans oublier l’espace, dans lequel militaires et milliardaires font des galipettes, pas seulement pour le plaisir. Le monde entier entre en lévitation, avec acrobaties et arabesques.

    Tout ce qui a pu être prédit est démenti  

    Tout ce qui a pu être prédit est démenti. Les cimetières s’ouvrent grand aux planificateurs et aux prévisionnistes aigris. La Grèce qu’on disait ruinée pour des siècles, emprunte à des taux d’intérêt … négatifs ! Israël, promis à la guerre civile il y a trois semaines, change de gouvernement avec une coalition qui irait de Le Pen à Mélenchon en passant par Bayrou, le tout, sans les partis religieux juifs traditionnels, mais avec un parti religieux…islamiste !

    Quel rapport avec la révolution du capitalisme 3.0 ? Les Accords d’Abraham, entre Israël, le Bahreïn, les Emirats reposent sur la révolution technologique. Quelques dirigeants, dont MBS, voient l’écartèlement entre deux mondes, le leur, avec la traditionnelle panoplie des oppressions, et le prochain, celui du digital.

    Repousser les limites du réel, de l’imaginable 

    L’Euro songe au digital, l’Europe émet pour la première fois une dette commune : 800 milliards. L’Amérique propose un plan de relance mondial, qui, dans les premières estimations, atteindrait 40.000 milliards de dollars. A titre de comparaison « les Routes de la soie chinoise »  représentent moins de 50 milliards d’investissements, l’essentiel en Asie. Même si rien ne se passe, y songer laisse à croire que l’humanité repousse les limites du réel, de l’imaginable. 

    La crise écologique, dans ce contexte, n’est, au désespoir des écologistes, qu’un enjeu subalterne. Personne, nulle part, ne renoncera à l’énergie et à la croissance. Elle sert d’élément à un jeu plus vaste : savoir qui maitrisera les énergies de demain. Le Bitcoin consomme autant en électricité que les 200 millions d’habitants du Nigeria. Sa valorisation est de 1000 milliards de dollars, le PIB du Nigeria de 450 milliards. Mais que comparer, les richesses, les pauvretés, les monnaies, les vies humaines, les virtuelles ? Une Révolution ce sont de nouvelles dimensions.

    Vous êtes vaincu et vous ne le savez pas encore

    La révolution digitale a des effets dans les bidonvilles, les écoles coraniques et les chancelleries. Les Palestiniens envoient des ballons incendiaires, et 4300 roquettes, Israël répond avec des missiles tic toc, qui heurtent le toit d’un immeuble pour prévenir les habitants qu’il y aura une seconde frappe. Les nouvelles guerres sont déjà différentes. Vous êtes déjà vaincu et vous ne le savez pas encore. Vous gagnez la bataille mais vous perdez celle de l’information. Les Chinois n’appellent-ils pas le cyberespace « le domaine de l’information » ?

    Batailles de corsaires

    Ainsi Biden va au devant de Poutine et lui trace ses lignes rouges : L’Ukraine, la Syrie, la Turquie, la Moldavie, la Lybie ? Pas du tout. Il est dans le nouveau monde le vieux Joe : Les lignes rouges de la cyberguerre. Et Poutine de répondre, comme la Reine  d’Angleterre d’hier face au Roi d’Espagne : je n’y peux rien, ce sont des pirates ! Oui, mais des corsaires qui trouvent refuge sur terre, en Russie. Face à la domination des monstres américains (les Gafam) naissent les hackers. Et Poutine de donner une longue interview à NBC pour se défendre : Pourquoi attaquerais-je une usine de viande en Virginie, ou un Pipeline ? Qui a les moyens technologiques de faire cela ? (sous entendu, les Américains). Mais Biden n’est pas dupe : la Russie entretient des Hackers et ne les paient pas, comme les Corsaires d’hier, aussi doivent-ils se payer avec des rançons. Alors Biden menace : Si cela continue, nous ne traquerons pas les Hackers, nous attaquerons leur protecteur. Il est possible que l’invincible armada américaine soit invincible, le cyberespace n’a pas de tempête. Quoique.

    Le monde à venir est derrière, devant, à coté, partout, l’ancien aussi.

    Une panne d’électricité, en bourse, dans un système de banque centrale, est vite arrivée. Ou dans une centrale nucléaire. Les Israéliens n’ont-ils pas causé plus de dégâts avec leurs virus contre l’arsenal nucléaire iranien qu’avec leurs missiles ? Les uns complètent les autres. Et Poutine n’a rien dit. Il est déjà content d’être reconnu parmi les grands : « Le Président américain rencontre ses alliés avant de me rencontrer, c‘est normal ». Nostalgie des deux grands, encore le vieux monde… 

    Vous croyez que le monde à venir est devant nous ? Il est derrière, devant, à coté, partout, l’ancien aussi. Nous sommes dans l’ère des pirates et des protecteurs étatiques, dans la cyberguerre et les roquettes, la suprématie du dollar et du bitcoin, la stratégie militaire spatiale et les réseaux de satellites privés, le retour des états avec plans de relance et taux d’imposition mondial et univers post étatique où l’identité numérique dépend plus de groupes privés que du tampon administratif, fut il sanitaire (combien de faux ?) ; nous vivons dans le monde de la liberté d’expression, de la censure, des fakenews, de la propagande officielle, du mensonge scientifique, et de l’accès universel à la connaissance. Personne ne sait ce que seront les formes de richesse et de pouvoir, il est seulement possible de faire des paris, en quelle monnaie ?

    Discuter, est-ce renoncer à la violence ? 

    Que reste-il de Constant ? Sujet du bac philo cette année : « Discuter, est-ce renoncer à la violence ? ». Si seulement ! C’est au moins la différer. C’est pourquoi il faut toujours discuter, surtout avec le diable. L’intérêt des révolutions c’est que les diables sont partout. Attention aux yeux, et aux brûlures. Mais quel spectacle ! 


    [1] Cf l’expression de Philippe Escandre et Sandra Caccini «  Bienvenue dans le Capitalisme 3.0 »,  2017.

  • La France vaccinera ses expatriés en Thaïlande

    La France vaccinera ses expatriés en Thaïlande

    L’ambassadeur de France en Thaïlande Thierry Mathou vient d’officialiser la mise en place d’une campagne de vaccination orchestrée par notre pays dans 8 centres sur place.

    La Covid-19 en Thailande

    La Thaïlande a lancé, lundi 7 juin, sa campagne de vaccination massive contre le Covid-19 au moment où le pays tente de venir à bout d’une troisième vague de contaminations et s’apprête à rouvrir timidement ses frontières aux touristes internationaux.

    La Thaïlande a réussi à maintenir les infections à un niveau très faible pendant toute l’année 2020 grâce à des restrictions de voyage draconiennes et à un isolement rapide des cas positifs. Mais un foyer a démarré dans un quartier de la vie nocturne de Bangkok le mois dernier, et le nombre total de cas a fortement augmenté pour atteindre près de 180 000, et plus de 1 200 décès.

    En parallèle, les 25 sites de vaccination, dont certains dans des centres commerciaux et des supermarchés, étaient installés dans la capitale thaïlandaise pour vacciner jusqu’à 70 000 personnes par jour, en majorité avec le vaccin AstraZeneca produit localement. Malheureusement, le vaccin, comme en Europe, n’est pas accepté par la population ce qui ralentit la mise en place de la couverture vaccinale. Avec les risques de retrait de l’AstraZeneca du marché européen, ce qui empêcherait les vaccinés en Thaïlande d’obtenir leur certificat européen, les expatriés sollicitaient depuis plusieurs semaines une aide de la France.

    Une campagne complexe à mettre en place

    La France, comme à Madagascar ou en Inde, a donc répondu aux sollicitations de ses citoyens que Thierry Mathou, l’ambassadeur de France sur place, avait relayées avec insistance auprès des cabinets de Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’Etat aux Français de l’Etranger et de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères et européennes.

    Mais mettre en place une telle campagne dans un pays tiers avec un vaccin homologué par l’Union européenne ne va pas de soi.

    « Il ne s’agit pas en effet d’administrer en catimini quelques dizaines voire quelques centaines de doses à quelques privilégiés, mais bien de disposer en toute transparence et dans le strict respect des règles juridiques mais aussi des protocoles sanitaires en vigueur, de plusieurs milliers de doses.« 

    Thierry Mathou, Ambassadeur de France en Thailande

    Après moult négociations entre Bangkok et Paris, il fut établi un protocole accepté par les deux pays. C’est donc le vaccin unidose Janssen de Johnson qui sera mis à notre disposition par les autorités françaises. Ce vaccin a l’avantage d’être homologué en France, mais également en Thaïlande.

    Qui pourra bénéficier de la campagne de vaccination ?

    Mais le Janssen a un petit défaut, compte-tenu des règles actuelles fixées par les autorités sanitaires françaises sur l’utilisation de ce vaccin, seuls les ressortissants français de 55 ans et plus seront donc éligibles à cette vaccination. L’accès à ce traitement sera évidement gratuit. Il est cependant nécéssaire de disposer d’une pièce d’identité française et de s’inscrire sur le registre consulaire.

    Les expatriés pourront en bénéficier dans 8 centres de vaccination qui seront ouverts sur le territoire dans les prochains jours à Bangkok, Pattaya, Hua Hin, Ko Samui, Phuket, Chiang Mai, Khon Kaen, et Udon Thani.

    « Je tiens à remercier ici tous ceux qui l’ont rendu possible, à commencer par les autorités thaïlandaises, mais également la société de logistique qui transportera les vaccins, les hôpitaux qui assureront la vaccination, ainsi que l’équipe de l’ambassade qui ne compte ni son temps ni son énergie pour organiser la campagne.« 

    Thierry Mathou, Ambassadeur de France en Thailande

    Cette campagne est la plus importante mise en place hors de France par les autorités consulaires. Un test grandeur nature pour un déploiement dans tous les pays où cela sera nécéssaire ?

  • Les États contre les GAFA, un combat de longue haleine

    Les États contre les GAFA, un combat de longue haleine

    Si la crise sanitaire a renforcé les multinationales de l’information et de la communication (GAFA), les Etats tentent de renforcer la régulation de ce secteur. Que ce soit sur le terrain fiscal que sur celui du droit de la concurrence, les États ne veulent pas abdiquer. 

    Depuis le salon « Vivatech », le 16 juin 2021, le Président Emmanuel Macron a déclaré qu’il jugeait le démantèlement des GAFA « légitime ». Il a ajouté « Je pense que quand on a des groupes qui ont les comportements de prédation qu’ils ont eus sur les marchés européens ou émergents sur les dernières années, qui s’attaquent à des verticaux qui ne sont pas bien régulés malgré tout le travail qui a été fait par la Commission européenne et que je salue, c’est de toute façon une question car en termes de bien-être collectif, à un moment donné ils finissent par être négatifs ». Cette déclaration s’inscrit dans le prolongement de l’accord fiscal du G7 visant à instituer un taux minimal d’impôt sur les bénéfices.

    Procédures judiciaires 

    Cet accord, sans nommer les entreprises digitales, les visent en premier lieu. Ces dernières ont eu tendance à optimiser leur situation fiscale en logeant leurs bénéfices issus de leur services immatériels et délocalisables au sein de pays à faible fiscalité. La volonté de mieux réguler le secteur de la communication et de l’information fait suite à l’année faste que ce dernier a connu en raison de la crise sanitaire. La tendance hégémonique des entreprises qui le composent ainsi que leur prétention d’étendre leur champ d’action, en particulier dans le domaine financier et monétaire, incitent les États à être plus incisifs. 

    Les procédures administratives et judiciaires se multiplient dans tous les pays. Aux États-Unis, au mois de mai 2021, le procureur général du district de Columbia a déposé une plainte contre Amazon pour atteinte à la libre concurrence. De nombreux autres États font de même. 

    Toujours aux États-Unis, Facebook, depuis le mois de décembre dernier, fait l’objet d’une enquête de la part de la Federal Trade Commission (FTC) pour abus de position dominante à travers le rachat de concurrents comme Instagram et WhatsApp. 

    L’autorité allemande de la concurrence poursuit Amazon et Google pour déterminer s’ils sont en position dominante et son homologue italien a décidé d’appliquer à Google une amende de 100 millions d’euros pour avoir restreint l’accès à Android, une version du système d’exploitation mobile de l’entreprise destinée au guidage des véhicules.

    Abus de position dominante 

    La Commission européenne a annoncé le 4 juin l’ouverture d’une enquête concernant Facebook Marketplace, le service de petites annonces du réseau social. Elle souhaite apprécier si Facebook enfreint les règles de concurrence européenne en utilisant des données publicitaires recueillies auprès d’annonceurs afin de les concurrencer sur des marchés où il est présent, comme celui des annonces en ligne. 

    La Commission examine également le respect de la concurrence par Apple en matière de streaming musical. 

    En France, le 7 juin dernier, l’Autorité de la Concurrence a annoncé qu’elle était parvenue à un accord avec Google au sujet des allégations selon lesquelles l’entreprise abuserait de sa position dominante sur le marché pour diffuser des publicités en ligne. Google devra payer à la France une amende de 220 millions d’euros et modifiera certaines pratiques commerciales. 

    Les régulateurs qui sont restés longtemps paralysés face à des nouvelles activités sont de plus en plus enclins à réagir, une émulation existant par ailleurs entre eux. 

    Au sein de l’Union européenne, une concurrence entre les États membres et la Commission de Bruxelles se fait jour, les premiers ne souhaitant pas abandonner la totalité du pouvoir de contrôle du droit de la concurrence à la seconde. Les législations nationales imposent de plus en plus des règles « ex ante » aux entreprises du numérique qui sont contraintes de démontrer qu’elles n’enfreignent pas le respect des règles de la libre concurrence en temps réel.

    Lutte contre les « monopoles » 

    La directive de l’Union européenne sur les marchés numériques, si elle est adoptée, obligera les grandes technologies à se conformer à une longue liste de règles ex ante. Aux États-Unis, des parlementaires démocrates et républicains du Congrès américain ont présenté plusieurs propositions de loi ciblant directement les « monopoles » de Google, Apple, Facebook et Amazon. L’une des propositions de loi américaine interdit l’acquisition de petits groupes concurrençant les plateformes dominantes dans le seul but de les faire disparaître. Une autre vise à empêcher des groupes comme Amazon de manipuler leur marché en ligne pour promouvoir leurs propres produits. 

    Si des élus des deux partis se sont unis pour les rédiger, ces textes ne sont toutefois pas assurés d’être approuvés au Congrès. De nombreux républicains mais aussi des démocrates sont hostiles à un durcissement des lois « antitrust ». Les GAFA mènent, par ailleurs, un lobbying important afin d’empêcher leur adoption. L’organisation Computer & Communications Industry Association, dont Amazon, Facebook et Google font partie, a dénoncé des propositions représentant un « virage dans les principes d’économie de marché ». Le communiqué de presse mentionne que ces lois auront « un impact sévère sur le leadership économique américain et réduiront la possibilité pour les consommateurs de profiter des services numériques gratuits ». Pour Jessica Melugin, directrice du Centre technologie et innovation du centre de réflexion Competitive Enterprise Institute, « ces textes sont des régulations à l’européenne dans le sens le plus déprimant économiquement ». 

    Les Gafas peu touchés

    Si les entreprises du digital doivent faciliter la vie de leurs concurrents, si elles doivent être plus transparentes sur l’utilisation des données, il est peu probable que cela diminue réellement leur domination. La valeur des actions des GAFA n’a pas été touchée par la multiplication des actions anti-trust. Les étoiles du digital arrivent à surmonter les chicanes des régulateurs. 

    Ainsi, en 2018, quand la Commission de Bruxelles a forcé Google à dégrouper son service de recherche de son système d’exploitation mobile Android, après lui avoir infligé une amende de plus de 4 milliards d’euros, la quasi-totalité des acheteurs ont installé son application de recherche. Au moment de la mise en fonctionnement de leur portable, la fenêtre d’accueil présente un « écran de choix » des services de recherche qui place en tête celui de Google. Le 8 juin dernier, la Commission a déclaré que l’écran de choix classerait plutôt les services de recherche en fonction de leur part de marché… ce qui ne devrait pas trop nuire à Google.

    L’or noir des données 

    Depuis l’échec de la tentative de démantèlement de Microsoft, au début des années 2000, les régulateurs comme les législateurs semblaient désarmés face à l’émergence des multinationales du digital. L’accumulation des pertes, lors de la phase d’émergence de secteur ainsi que l’explosion de la bulle Internet, ont masqué ses caractéristiques monopolistiques et rentières. Les données sont vite devenues le nouvel or noir de l’économie. Plus une entreprise dispose de données, plus elle est en capacité d’en récupérer et d’exclure du marché ses concurrentes. Les données sont sources de valeurs et permettent l’élaboration de puissants algorithmes. 

    Qwant, le moteur de recherche français qui ne trace pas ses utilisateurs peine à s’imposer faute d’un nombre de requêtes suffisant. Les autorités américaines ont rapidement compris le rôle des GAFA dans le cadre d’une stratégie de « soft power ». Le numérique a remplacé le cinéma en matière d’influence. 

    Compte tenu des positions acquises et du rôle des applications proposées tant dans la vie professionnelle que dans la vie courante, la régulation des GAFA sera un long combat.

  • Brésil : plus de 500.000 morts du Covid-19, une 3ème vague menace

    Brésil : plus de 500.000 morts du Covid-19, une 3ème vague menace

    La barre des 500.000 morts du Covid-19 a été franchie. Désormais, la menace d’une troisième vague plane avec l’arrivée du variant Delta, venu d’Inde. La gestion de la crise est décriée à travers le pays et le président Jair Bolsonaro est pointé du doigt.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • La Turquie accueille 15 % des réfugiés dans le monde

    La Turquie accueille 15 % des réfugiés dans le monde

    En 2020, pour la septième année consécutive, la Turquie accueillait la plus importante population de réfugiés au monde (3,7 millions), soit 15 % de l’ensemble des personnes déplacées dans le monde. Telles sont les conclusions d’un nouveau rapport du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) publié vendredi (18 juin).

    284 900 réfugiés en 2020 au sein de l’UE

    Au sein de l’UE, c’est l’Allemagne qui a accueilli le plus de réfugiés (1,2 million) en 2020, comme le souligne le rapport annuel Tendances mondiales du HCR. En Europe, le nombre de réfugiés accueilli a augmenté de 3 % et 284 900 se sont vu octroyer la protection internationale – 83 700 en Allemagne et 46 500 en Espagne.

    « Les solutions nécessitent que les dirigeants à travers le monde entier et les personnes d’influence laissent de côté leurs différences, mettent fin à une approche égoïste de la politique et se concentrent plutôt sur la prévention et le règlement des conflits, ainsi que le respect des droits humains »

    Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés.

    Parmi les réfugiés présents en Europe, 38 % seraient âgés de moins de 18 ans.

    6 milliards pour l’accueil des réfugiés

    La Turquie a accueilli le plus de réfugiés depuis 2014 à la suite de la guerre civile en Syrie. En 2016, l’UE a noué un accord à 6 milliards d’euros avec Ankara pour financer l’accueil et l’accompagnement des réfugiés sur le sol turc. Une tentative visant à atténuer la pression exercée sur la Grèce et les autres États membres en première ligne.

    Malgré la pandémie, le nombre de personnes fuyant les guerres, la violence, la persécution et les violations des droits de l’homme a atteint presque 82,4 millions de personnes en 2020.

    Impasse pour un nouvel accord

    Le contrôle de l’immigration et des demandes l’asile demeurent dominant au sein du navire européen. En mai, le Danemark a d’ailleurs adopté une loi inédite permettant à son gouvernement d’envoyer les demandeurs d’asile vers un pays tiers afin de traiter leur demande, et ce malgré le fait que l’UE interdise l’« externalisation » du droit d’asile. La loi danoise, condamnée par l’UE et le HCR, prévoit vraisemblablement que le Rwanda devienne responsable des demandes. De son côté, la Hongrie a promis d’imposer son veto à la conclusion d’un nouvel accord entre l’UE et le Groupe ACP, arguant qu’il n’envisage pas de garanties suffisantes pour contrôler les flux migratoires.

    Entretemps, les ministres européens de l’Intérieur restent dans l’impasse face à la possibilité de réviser les règles du bloc sur l’immigration et l’asile. La proposition majeure figurant dans le nouveau pacte sur la migration et l’asile présenté par la Commission européenne en septembre dernier nécessiterait des États membres qu’ils acceptent les demandeurs d’asile  ; prennent en charge ceux dont les demandes sont refusées ou offrent une aide financière aux nations de l’UE en première ligne.

    Renforcer Frontex

    Le pacte entend aussi renforcer le rôle de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex). Plus de 500 personnes sont décédées en tentant de traverser la mer Méditerranée depuis le début de l’année.

    Les chefs d’État et de gouvernement du bloc aborderont la politique migratoire lors du prochain sommet européen prévu les 24 et 25 juin à Bruxelles.

  • Sénatoriales : les grandes manoeuvres

    Sénatoriales : les grandes manoeuvres

    Les consulaires sont passées, les grands électeurs ont été renouvelés, les sénatoriales se préparent.. La victoire surprise de la gauche, la résistance de la droite et la décevante performance de LREM, ont rebattu les cartes.

    LREM cherche la légitimité

    En 2017, après les présidentielles, le renouvellement des sénateurs avait déjà été source de déception. Menée par un ami du président, Philippe Grangeon, la liste « En marche » n’avait obtenu aucun élu. Pour Anne Genetet, députée des Français d’Asie et d’Europe orientale (LREM), qui fut en charge des élections consulaires pour le parti présidentiel, la leçon a été prise.

    « Nos candidats du 1er au 6ème connaîtront parfaitement les Français à l’étranger pour être l’un des leurs.« 

    Anne Genetet, députée des Français d’Asie et d’Europe orientale (LREM)

    Mais les potentiels candidats ont décliné la proposition les uns après les autres comme Pierre-Yves Le Borgne (ancien député PS), la majorité présidentielle privilégierait, finalement, une solution interne. Et c’est la députée Anne Genetet qui basculerait de l’Assemblée nationale au Sénat. Assurée de remporter un élu grâce aux nouveaux conseillers et délégués consulaires de mai 2021, LREM cherche même un allié pour remporter un deuxième siège. Et c’est à droite, que leurs regards se sont tournés, le sénateur sortant Olivier Cadic (UDI-Indépendant) est pressenti pour seconder Anne Genetet. Un bon calcul, seul il n’a aucune chance de remporter un siège.

    A Gauche, entre union et atomisation

    Au Parti socialiste, la campagne des sénatoriales a commencé dès le début de cette année avec l’annonce de la candidature de l’ancienne candidate à la fonction suprême, Ségolène Royal. Une arrivée qui divisa la fédération jusqu’ à mettre en minorité sa Secrétaire générale, Cecilia Gondard. Réélue en Belgique, elle va devoir mener, tout au long de l’été, un congrès qui s’annonce compliqué.

    Ségolène Royal

    Une division qui peut faire les affaires de Ségolène Royal qui s’imposerait comme rassembleuse. Surtout que l’ancienne ministre prépare déjà une alliance avec EELV, le grand gagnant des élections consulaires de mai 2021. Pour cela, elle échange avec la direction nationale. Une telle configuration pourrait permettre à la Gauche unie de remporter 3 sièges.

    En France, cette stratégie ne marche pas, comme l’a démontré la stérile tentative de trouver un candidat unique pour la présidentielle de 2022, si elle n’aboutit pas aussi chez les expatriés, les conséquences peuvent être lourdes.

    Marc Villard, issu du PS, président de l’Assemblée des Français de l’étranger, en tant qu’indépendant, est déjà candidat comme il l’a annoncé dans notre média le 13 juin 2021. Laure Pallez, élue consulaire en 2014 et en 2021 pour le PS en Amérique du Nord, est, elle aussi, sur les rangs et pourrait décider de mener une liste de Gauche « issue de la base militante ». Et sans union, Ségolène Royal avec sa liste « Français.e.s dans le monde  » devra composer avec une formation EELV menée par Alexandre Ducos-Chateau (désigné dans le cadre d’une primaire interne) et pourquoi pas une autre issue de La France Insoumise. Dans un scrutin à la proportionnelle en un tour, cette atomisation pourrait transformer une victoire annoncée en amère défaite.

    A Droite, le risque de disparition

    Si Les Républicains ont plutôt bien résisté lors des élections consulaires, ils ne remportent qu’une centaine de grands électeurs. En l’état impossible d’espérer remporter deux sièges. Et pourtant deux sénateurs en poste postulent à leur renouvellement, la sénatrice Jacky Deromedi et le sénateur Christophe Frassa. Ce dernier est l’actuel responsable de la fédération des Français de l’étranger du parti de Droite. Pour beaucoup, il est responsable de la déconfiture des LR, qui ont vu leurs militants disparaitre à l’étranger après des décennies de domination. Si certains murmurent que « la sagesse pousserait M. Frassa à se retirer », il reste très actif. Tous les élus ont ainsi reçu des courriers détaillant les procédures qui les attendent comme l’élection du Président du Conseil consulaire, le conseil des bourses, etc… En sus, au cours des dernières années, le sénateur Frassa a su démontrer sa capacité à activer ses réseaux au bon moment.

    Jacky Deromedi

    Cependant ils sont nombreux à encourager Jacky Deromedi, qui serait numéro 2 sur la liste imaginée par Christophe Frassa, à voler de ses propres ailes. Une alliance avec Jean-Pierre Bansard serait une combinaison à l’étude. Avec 30 élus, il y a peu de chance que ce dernier arrive à être sénateur ou à permettre la réélection de la sénatrice élue en 2017 sur la liste de son mouvement « L’Alliance Solidaire des Français de l’étranger« . Par contre, siégeant avec Les Républicains au sénat, une alliance, finalement naturelle, avec la sénatrice sortante Jacky Deromedi pourrait permettre l’élection de 2 sénateurs.

    Sauf si Olivier Cadic décide finalement d’y aller seul.. Divisant les Grands électeurs de droite.. Avec moins de voix potentielles que la Gauche, la Droite ne risque pas un résultat décevant mais une absence d’élu.

    Un jeu ouvert

    On le constate à quelques semaines de l’élection des 6 sénateurs, les résultats des élections consulaires n’ont pas encore révélé toutes leurs conséquences. A contre courant d’une France qui se « droitise », les expatriés ont relancé la Gauche en mai 2021. Elle peut espérer 3 voir 4 sénateurs, LREM peut tenter d’obtenir 2 élus, le dernier siège semble être en ballottage entre les différents candidats de droite. Un big bang dans le monde feutré des Français établis hors de France.

  • Régionales 2021, un premier tour marqué par l’abstention

    Régionales 2021, un premier tour marqué par l’abstention

    Plus de deux Français sur trois ont choisi dimanche de ne pas se rendre aux urnes lors du premier tour des élections régionales et départementales. Du jamais vu hors référendum. Cela n’empêche pas des disparités régionales.

    Un résultat en recul pour le RN

    le Rassemblement national (RN) est crédité de 19,3% à l’échelle nationale, selon l’institut Ipsos, mais il accuse une baisse de près de 10 points par rapport à sa percée de 2015, lorsqu’il était arrivé en pôle position dans six régions sur treize. Désormais privée de deux locomotives ayant pour patronyme Le Pen, l’extrême droite connait des destins contraires en Hauts-de-France et en Provence-Alpes-Côte-d’Azur.  

    LREM, bon dernier

    Du coté du parti présidentiel LREM on savait que les régionales seraient perdues. Ils ne pensaient pas que le premier tour virerait à une telle débâcle, avec un résultat autour d’à peine 10 % au niveau national. Symbole de la déroute, dans les Hauts-de-France, la liste LREM emmenée par le secrétaire d’Etat en charge des Retraites, Laurent Pietraszewski, ne parvient même pas à se qualifier dans les Hauts-de-France avec un score sous la barre des 10 %.

    Le retour des partis

    Les listes de droite se retrouvent devant en Auvergne-Rhône-Alpes avec Laurent Wauquiez (LR) et ses 42,7%, dans les Hauts-de-France avec la liste de Xavier Bertrand (42,1%), dans le Grand Est par l’intermédiaire du LR Jean Rottner (30,2%), en Normandie avec le centriste Hervé Morin (35,1%), dans les Pays de la Loire avec Christelle Morançais (34%), et en Ile-de-France avec Valérie Pécresse (34,2%).

    ©Vincent Isore/IP3

    La gauche résiste et se retrouve en tête en Nouvelle-Aquitaine avec Alain Rousset (29,2%), en Bretagne avec Loïg Chesnais-Girard (21,3%), en Bourgogne-Franche-Comté avec Marie-Guite Dufay (26,6%) et en Occitanie avec Carole Delga (39,5%). 

    Le second tour a lieu dimanche prochain.

  • Fête des pères : quand le papa fait fonction de re-père

    Fête des pères : quand le papa fait fonction de re-père

    La fête des pères puise son origine dans l’histoire moyenâgeuse qui se voudra religieusement symbolique… une date calendaire choisie en fonction de l’histoire d’un père adoptif, Joseph père de Jésus.

    Le père cantonné à l’autorité ?

    Il est intéressant d’évoquer la dimension psychanalytique avec l’écrit de Freud sur le père de la Horde. Ce père tout puissant, jouissant de tout ce qui l’entoure sans exception et seul souverain de ces jouissances interdites à ses fils. Il fut tué et mangé.. ce qui laissa place à la culpabilité et la création de règles, des organisations sociales, des restrictions morales et de la religion.

    Le père c’est la loi, c’est l’ordre, c’est celui qui sépare. 
    Pour les Lacaniens puisque la mère est dangereuse dans le lien à son enfant, heureusement qu’il y a la toute puissance du père pour introduire au langage.

    Le père fait repère quand à ce que je suis, ce qu’est l’autre et la direction vers laquelle je peux me diriger tout en étant dans ce qui semble juste. Il évite la fusion et confusion et permet à chaque individu d’être pensé, parlé ou bien évoqué en tant qu’être à part entière. 

    Le papa effacé par le père ?

    La psychanalyse a traité de la fonction du père mais le papa qui est-il ? 
    Est-ce un personnage à considéré hors de sa fonction séparatrice? hors de l’évocation dans son rapport à la loi? Penser la loi comme ce qui a été mentionné, les interdits fondateurs et principes inhérents à la dimension sociale… 
    Cet autre, qui est-il ? 

    Ce père créateur de notre organisation sociale à laissé place au « papa », à savoir cet être humain détaché de tout fantasme divin qui aujourd’hui aurait la possibilité d’être ce qu’il est en plus de ce qu’il représente. 
    Pendant longtemps il n’a pas eu d’autre place que celui qui ne pouvait s’inscrire dans le maternage… bingo il est bien dans le paternage, dans une fonction tout aussi nommée que son pendant dit maternel (réf l’article « Bonne fête Mère ou bonne fête Maman ? ». 
    La fonction est donc là où on l’incarne. 

    Père expatrié

    Ce parent expatrié, père et papa dans ses interactions avec l’enfant est aussi celui qui mène la danse dans l’idée commune. Amenant sa horde avec lui, il peut-être aussi celui qui suit et qui devra être dans le paternage. 
    Si le père dans sa représentation symbolise la loi, le papa en revanche se bat avec la loi pour par exemple étendre son droit parental. Quelque chose sur le plan originel semble s’être détaché afin de choir. Est-ce cela qui lui permettrait d’être l’égal ou légal de la maman? 
    Il serait indéniablement reconnu à la place sociale où il semble qu’on l’attend, voir tout simplement la place sociale à laquelle il a envi de s’inscrire ! 
    Alors courage à ces hommes qui verront peut être un jour leur fonction paternante reconnue au-delà de celle du Père.

    https://seancedepsy.com/
    https://seancedepsy.com/
  • Le Sun Trip 2021 : 10.000 km à l’aide de panneaux solaires

    Le « Sun Trip 2021 » est un évènement incontournable pour les amoureux de sensations fortes tout en mobilité douce et d’écologie. Créée en 2013, cette compétition de vélo solaire veut prouver qu’on peut voyager autrement qu’en avion. En l’occurrence, seules nos jambes et l’énergie du soleil sont suffisantes !

    Cette année, le Sun Trip est organisé et subventionné conjointement par la ville de Lyon et la commune d’Ixelles. Les participants devront parcourir l’Europe sur plus de 10.000 km. Rencontre avec les « Sun Tripeurs », les organisateurs de l’évènement, et les élus impliqués dans la mise en place de ce beau projet. 

    Les origines du Sun Trip 

    « Le Sun Trip c’est une aventure qui date d’un peu plus de 10 ans », débute Léo, stagiaire en alternance en charge de l’organisation de l’évènement. Mais le Sun Trip c’est surtout une aventure qui allie mobilité douce et énergie décarbonée: un voyage réalisé uniquement à l’aide de vélos solaires. Mais comment est né le Sun Trip? « Florian Bailly est le fondateur. A l’âge de 22 ans, en 2010, il a fabriqué son vélo solaire avec ses propres moyens et il est parti jusqu’au Japon depuis la France. Il a vu l’engouement à l’international avec ces formes de mobilité et il s’est dit ‘pourquoi on n’organiserait pas une course du Sun Trip?’ », continue Léo. 

    Florian Bailly à l’âge de 22 ans lorsqu’il s’est lancé le défi de partir jusqu’au Japon depuis la France à l’aide de son vélo solaire © Capture d’écran du site du Sun Trip

    Et depuis 2010, la famille du Sun Trip a bien grandi. Sillonnant routes et montagnes à l’aide de leurs vélos solaires, les participants venus des quatre coins du globe ont parcouru des kilomètres, prouvant ainsi qu’une autre façon de voyager est possible. 

    « En 2013, il y a eu un premier voyage jusqu’au Kazakstan. Puis en 2015, les participants sont allés jusqu’en Turquie. Enfin en 2018, ça a été le plus grand voyage: ils sont partis de Lyon et sont allés jusqu’en Chine à Canton. Le tout, en vélo solaire! », détaille Léo (collaborateur du Sun Trip).

    En 2020, malgré la pandémie, rien n’arrête les organisateurs et participants dans leur quête d’un monde meilleur, plus respectueux de l’environnement : Ils réussissent à organiser un Sun Trip en France

    De gauche à droite, le bourgmestre d’Ixelles, Christos Doulkeridis, deux représentants de la ville de Lyon, et le fondateur, Florian Bailly avec le micro lors de la cérémonie avant le départ officiel d’Ixelles le 16 juin © Héloïse Vinale

    Le Sun Trip c’est une compétition mixte où femmes et hommes, jeunes et moins jeunes peuvent participer. Une compétition inclusive puisque des personnes à mobilité réduite peuvent relever le défi. Leur mission principale est de parcourir le monde tout en promouvant une mobilité douce et décarbonée. 

    Le Sun Trip 2021: de Bruxelles à Lyon sur plus de 10.000 km

    Cette année, les 37 participants venus de tous horizons devront partir d’Ixelles à Bruxelles puis rejoindre Lyon en parcourant l’Europe sur plus de 10.000 km. Les courageux Sun Tripeurs auront donc 90 jours, soit 3 mois maximum, pour réaliser cette performance hors du commun. Équipés uniquement de leur vélo solaire et de matériel de camping et des premières nécessités, ils devront se débrouiller totalement en autonomie. 

    « En fait, ils sont assez libres dans leur voyage.  Ils ont juste quelques étapes obligatoires à respecter mais leur itinéraire est totalement libre ».

    Léo – animateur du Sun Trip

    Cette année, les participants devront passer obligatoirement par 5 lieux: des ‘checkpoints’. Riga en Lettonie sera le premier arrêt, puis viendra Constanta en Roumanie, ensuite Passo Stelvio en Italie qui est le col routier le plus haut du pays (2757 mètres), encore un col routier mais cette fois-ci en Espagne sur le Pico Di Veleta qui est le plus haut d’Europe (3398 mètres), puis Porto au Portugal, et enfin, retour à la case départ: Lyon. Voici la carte interactive pour suivre la course en direct.

    Itinéraire du Sun Trip Europe 2021: voici les 5 étapes obligatoires et les 5 étapes « Bonus » © Héloïse Vinale

    Un prologue au départ de Lyon

    Mais avant d’entamer ce long périple européen, les participants ont dû s’échauffer sur une course partant de Lyon jusqu’au point de départ officiel à Bruxelles. « Il y a deux semaines (NDLR, début juin), ils sont partis de Lyon pour le prologue c’est-à-dire l’avant-départ, une petite course avant le départ officiel à Ixelles le 16 », explique le représentant du Sun Trip. Et pour réaliser cette performance, Christiane, l’une des participantes, a mis « une dizaine de jours pour faire 1200 km ». Le tout, uniquement à l’aide de ses jambes et des panneaux solaires: « Avec 2 batteries sur mon vélo, ça me permet de rouler entre 90 à 150 km par jour en route sinon, c’est 50 km en montagne », explique-t-elle.

    Un vélo solaire insolite au départ du Sun Trip Europe © Héloïse Vinale

    « Les participants font environ 150km par jour mais les plus rapides peuvent faire jusqu’à 300 km », précise le représentant du Sun Trip. « Notre champion en 2018 avait réalisé Lyon-Canton en 40 jours, ce qui est exceptionnel ! Il pense réaliser ce tour sur une quarantaine de jour. Les autres participants prendront plus leur temps parce qu’ils sont plus dans un esprit de voyage, de rencontre et de liberté », continue-t-il. Ces mots représentent bien le Sun Trip: une compétition mais pas que! Le Sun Trip, c’est aussi un moment de partage, d’aventure, de découverte et de dépassement de soi.

    Mais puisqu’il s’agit d’une course, quelques règles ont été mises en place:

    • Interdiction de rouler la nuit soit du coucher du soleil à 21h au lever du soleil à 6h
    • Maximum 90 jours (3 mois)
    • 5 étapes obligatoires: Riga, Constanta, Passo Stelvio, Pico Di Veleta, Porto, Lyon
    • Pas d’assistance suivie mais les participants peuvent s’entraider si besoin (problème technique ou autre)
    • Des règles concernant le vélo et la puissance de la batterie 

    Comprendre les bases du vélo solaire 

    Tous les vélos solaires sont différents. Il n’y a qu’à voir les participants: pas un vélo n’est pas pareil et chacun détient des particularités. Mais il y a quand même des bases communes: « Le vélo doit être électrique et les panneaux solaires doivent être reliés aux batteries », explique Hervé, l’un des participants qualifié sur les questions techniques des vélos solaires.

    Et si les vélos sont tous différents, c’est parce qu’on n’en trouve pas dans le commerce ! Il faut donc savoir mettre la main à la pâte pour réaliser de tels engins et ajouter un moteur soit dans le pédalier soit dans la roue puis des panneaux solaires généralement placés sur une remorque et/ou au-dessus du vélo. « Il y a les vélos dits classiques avec un moteur dans la roue et une remorque pour les panneaux solaires. Et il y a d’autres modèles: soit les vélos 3 roues qu’on appelle des trikes, deux roues devant, une derrière ou l’inverse, soit des vélos couchés », précise-t-il.

    Et voici un vélo solaire dit « trike » avec deux roues devant et une derrière, et le panneau solaire au-dessus © Héloïse Vinale

    Mais le principe reste le même: « Le vélo a une batterie que le panneau solaire va venir recharger. Lorsqu’il y a beaucoup de soleil, on va pouvoir recharger la batterie à fond, ce qui va nous permettre de pouvoir aller très vite et très loin » grâce à l’énergie solaire, continue-t-il. Mais, quand le soleil n’est pas au rendez-vous, c’est un peu plus problématique: « On est partis de Lyon il y a 13 jours, la première semaine on a eu du mauvais temps, surtout de la pluie et pas de soleil, et on avait du mal à recharger. Donc on allait plus doucement ».

    Et l’avantage dans tout ça? « La personne choisit si elle peut aller vite ou moins vite : s’il y a beaucoup de soleil, on sait qu’on va moins devoir appuyer avec les jambes. Par contre, s’il y a plus de pluie, on doit ralentir le rythme », détaille le participant. 

    Et pour pouvoir « contrôler » l’énergie que les panneaux solaires procurent « il faut placer un contrôleur solaire qui va permettre de réguler l’énergie pour qu’elle soit à la bonne tension », précise Daniele, un autre Sun tripeur, précisant qu’eux sont environ « à 48 volt ».

    Focus sur un participant: Stéphane Bujadoux, 62 ans et deux petits Sun Trip plus tard, le grand tour

    Équipé de son vélo orange et de ses panneaux solaires, Stéphane Bujadoux, un dijonnais de 62 ans, est prêt pour le grand départ. Cet habitué du vélo adore sillonner les montagnes, c’est d’ailleurs aussi un amateur de randonnées. Il n’en est pas à son coup d’essai, et même s’il n’a jamais parcouru de telles distances, il a déjà réalisé deux petits Sun Trip régionaux: celui de 2017 en Auvergne-Rhône-Alpes et celui de 2020 en France sur plus de 3.000 km. «  J’aime découvrir les régions au rythme du vélo », sourit-il. 

    Stéphane sur son vélo solaire quelques minutes avant le départ place Fernand Cocq à Ixelles le 16 juin © Héloïse Vinale

    Le vélo, il l’a commencé il y a 12 ans après un besoin de renouveau dans sa vie: « Je pesais 90 kilos, j’étais à fond dans le boulot, je bossais la nuit et je dormais pas beaucoup. J’étais conseiller pédagogique, je me passionnais tellement pour mon boulot que j’en ai oublié l’exercice physique », avoue Stéphane, qui a aujourd’hui bien repris la forme

    C’est sur un coup de tête, en préparant « une activité pédagogique pour les enfants », que Stéphane a décidé de se reprendre en main. « Sur internet, il y a des sites où vous pouvez calculer votre IMC. Et là, j’ai vu que j’étais à la limite de l’obésité. J’ai eu un choc ! », se remémore-t-il. N’ayant pas le temps de se rendre à la salle de gym, Stephane décide de se rendre tous les jours au travail en vélo. « Et l’air de rien, ça fait 100 kilomètres par semaine. Petit à petit, j’ai repris la forme, puis ensuite est venu le plaisir ». Et depuis, Stephane a comme trouvé sa vocation. 

    Au niveau des affaires, il faut en prendre le moins possible et savoir sélectionner l’essentiel. Pour Stéphane, ce sera déjà « 70 kilos de vélo, il est très lourd parce qu’il y a 5 panneaux solaires ». Et en plus du poids du vélo, « 4 kg de vêtements, 2,5 kg pour le couchage donc tente, duvet et matelas, et le plus lourd, 6 kg de matériel photo parce que j’aime bien en prendre donc j’ai deux GoPro, un appareil photo, deux téléphones et un ordinateur », détaille-t-il. Et quelques réserves de nourriture lyophilisée. 

    L’eau est bien plus importante: « Il faut boire régulièrement, c’est important pour ne pas avoir de crampes ». Stéphane a donc un système facile de poche à eau lui permettant de boire en conduisant. « Je ne suis pas obligé de m’arrêter et c’est indispensable ! » Quant aux quantités, il n’emportera que deux litres puisqu’il devrait croiser régulièrement des villages et des points d’eau.

    Le vélo de Stéphane équipé d’une remorque et de 5 panneaux solaires pour un poids total de 70 kilos sans ses affaires © Héloïse Vinale

    Si son itinéraire est prévu à l’avance sur une application mobile, le Sun Tripeur sait qu’il devra faire des réajustements, comme ça a été le cas les fois précédentes. « Le GPS me faisait passer pendant plusieurs heures dans une forêt et avec un vélo solaire c’est pas possible, les arbres empêchent la lumière de passer », explique-t-il. Stéphane a donc dû revoir son itinéraire. Mais le Sun Trip, c’est aussi ça: avoir l’esprit d’aventure et savoir s’adapter. 

    L’objectif de participer au Sun Trip? Pour lui, « l’idée, c’est qu’il faut faire des choses pour l’environnement. Donc, c’est de dire: ‘regardez, on peut voyager autrement’ », explique-t-il. Mais, ce qu’il aime aussi, « c’est que le Sun Trip permette d’essaimer et que chacun fasse fleurir de nouveaux projets ». Comme cet orléanais, une connaissance de Stéphane, qui a décidé de créer « un vélo solaire pour la famille » après avoir entendu parler du concept du Sun Trip. « Un trike où le conducteur peut prendre un passager adulte derrière et deux enfants sur les cotés pour une utilisation dans la vie quotidienne », précise-t-il. Ce projet, c’est Vhelio. Et d’après Stéphane, de nombreux projets comme celui-ci fleurissent après le passage du Sun Trip sur les routes du monde.

    D’ailleurs, avant le grand départ, certains participants, des représentants du Sun Trip ainsi que l’élu communal d’Ixelles et conseiller consulaire Bertrand Wert, ont rendu visite à des élèves dans plusieurs écoles d’Ixelles et Uccle afin de parler mobilité douce et durable, de transition énergétique, d’écologie et de sensibiliser dès le plus jeune âge. Un aspect du projet que Stéphane juge essentiel: « Là il y a des enfants, ça va les faire réfléchir et l’un d’eux sera peut être ingénieur, qui sait ».

    Sensibilisation des jeunes: l’engagement de l’élu Bertrand Wert et la rencontre avec les élèves de 6ème du lycée français Jean-Monnet

    Deux jours avant le départ officiel, quelques participants et représentants du Sun Trip accompagnés de Bertrand Wert, élu communal et conseiller consulaire impliqué dans l’organisation, ont rendu visite à deux classes de 6ème du lycée français Jean-Monnet à Uccle. L’occasion de sensibiliser dès le plus jeune âge à ce nouveau mode de transport plus écologique.

    Claude Botella, professeure de français des classes de 6ème qui ont rencontré l’équipe, est à l’initiative de cette rencontre. Elle a notamment entendu parler du projet par Bertrand Wert qui était sa tête de liste: « J’étais sur sa liste pour les élection consulaires, il m’avait demandé parce que je travaille au lycée français et c’était pour faire un pont entre les deux », explique-t-elle. Mais si cette rencontre a pu avoir lieu, c’est aussi parce que le lycée français est tourné vers ces valeurs. « De la maternelle jusqu’au lycée, ce sont des valeurs qu’on essaie de transmettre aux élèves », continue la professeure.

    « On essaie de faire beaucoup de chose pour les sensibiliser et donc les élèves sont très mobilisés », précise Claude Botella. Et ça se ressent: lors de la rencontre, ils étaient tous très intéressés par le projet et ne cachaient pas leur enthousiasme. Les enfants ont même pu essayer les vélos à la fin de l’échange, très riche, avec les participants. 

    E3D du développement durable

    Si le lycée français Jean-Monnet est autant engagé, c’est parce qu’ils disposent de la labellisation « E3D du développement durable », un label qui place le développement durable au coeur de l’éducation. « En début d’année, chaque classe doit élire deux délégués qui vont représenter les élèves, mais aussi ce qu’on appelle un ‘éco-délégué’, donc un délégué pour l’écologie. Ils ont régulièrement des réunions où ils apprennent à mobiliser les autres élèves, etc. On organise aussi des ‘green walk’ (marche verte) depuis le primaire jusqu’aux plus grands. Et les grands vont même à l’extérieur pour nettoyer les espaces verts », détaille la professeure. 

    Le lycée français sensibilise aussi ses élèves à la mobilité douce et à la transition énergétique, comme l’explique Caroline, professeur d’EPS. « Avec les élèves de 5eme, on essaie de valoriser les modes de transport pour venir au lycée parce que c’est très engorgé le matin mais pas fort sécurisé. On a un programme de déplacement à vélo avec l’asbl Pro Velo pour apprendre aux élèves à se déplacer en groupe scolaire car c’est différent que de se déplacer seul à vélo », détaille-t-elle. Des visites de Bruxelles à vélo sont aussi organisées avec plusieurs professeurs « comme l’art plastique pour aller voir l’architecture par exemple ». A terme, le lycée aimerait se chauffer grâce à l’énergie solaire, un projet parmi tant d’autres dans cette dynamique.

    Bertrand Wert, un élu français en Belgique engagé pour l’écologie

    Des initiatives que soutient Bertrand Wert, élu communal ECOLO à Ixelles mais aussi conseiller consulaire. Il a tenu à remercier les élèves et le lycée pour leur engagement: « Je suis ici en tant que conseiller consulaire des français.es, on suit le travail de vos communautés scolaires, de votre lycée, et on est très heureux », a-t-il déclaré devant les élèves. 

    Photo de groupe des élèves de 6eme du lycée français et des participants et organisateurs du Sun Trip © Héloïse Vinale

    Cet aspect éducatif du Sun Trip est d’ailleurs essentiel, selon lui. Des valeurs qu’il tente de transmettre à travers son mandat et que la commune d’Ixelles représente. « La GRACQ va passer de classe en classe pour faire passer un brevet du cycliste aux élèves. C’est important de montrer l’exemple et de montrer que tout le monde peut utiliser le vélo », explique-t-il au cours d’un entretien privé.

    Même si en tant qu’élu communal ses moyens d’actions sont limités car il n’a pas le mot final, il participe à la dynamique. Au niveau local, cela se traduit par « de nouveaux aménagements pour les cyclistes, tout l’aspect éducatif et sensibilisation ».

    Il remarque que les mentalités changent et que « la mobilité douce est au centre des préoccupations ». « La perception de se déplacer à vélo a évolué durant ces 6 dernières années. Il y a une acceptation et reconnaissance sociale. C’est moins bien vu de se balader dans sa tonne de métal en plein centre ville mais il y a malgré tout besoin d’aménager la ville qui n’a pas été désignée pour cela depuis 30/40 ans », détaille Bertrand Wert, lui même cycliste et piéton.

    Une prise de conscience essentielle qui a de multiples aspects, selon l’élu: « le vélo permet de mieux et plus bouger dans la ville avec moins d’impact sur l’environnement et la santé. Jusqu’il y a 2 ans, il y avait 700 morts par années dû à la pollution de l’air juste à Bruxelles. Plus de 400.000 européens meurent du fait d’une mauvaise qualité de l’air », précise-t-il.

    Daniele, l’un des participants, entouré des élèves très intéressés par son vélo © Héloïse Vinale

    Et s’il est impliqué et engagé dans l’organisation du Sun Trip, c’est parce que sa « famille a fait le Sun Trip (NDLR, Hervé et Christiane, des cousins)  plusieurs fois depuis 3-4 ans ». « Christiane et Hervé m’ont contacté il y a quelques mois en me disant, ‘tiens, il y a ce beau projet’, on va peut être venir à Bruxelles. C’est comme ça que j’ai pris contact avec Florian, tout s’est super bien passé et on a préparé pendant 6 mois leur venue via visioconférence », détaille-t-il.

    A l’origine, le Sun Trip avait fait la demande du côté de la Ville de Bruxelles. Mais, n’ayant pas répondu à l’appel, la commune d’Ixelles a sauté sur l’occasion. « On est intervenu parce qu’ils avaient des difficultés du coté de la ville de Bruxelles. Ainsi on leur a dit, ‘nous, à Ixelles on peut vous dérouler le tapis vert, votre projet coche toutes nos cases, toutes nos valeurs’. Grâce au soutien du conseil communal et du collège et on subventionne l’évènement à hauteur de 5000 euros ». A cette subvention numéraire s’ajoute une subvention non-numéraire, à savoir le matériel, la place communal, les plateaux repas distribués aux participants le jour du départ, etc. 

    Et en tant que lyonnais et expatrié français à Ixelles, Bertrand Wert souhaite faire le lien avec la ville de Lyon: « Je connais quelques élus là-bas, on va continuer de travailler avec eux. Le maire de Lyon reviendra en septembre, on aimerait organiser une nouvelle édition du Sun Trip. On va voir comment formaliser tout ça dans les mois qui viennent », termine-t-il.

    Le grand départ du Sun Trip Europe: « Une initiative qui apporte de l’espoir, porteuse de toutes les valeurs que symbolise l’Europe »

    Le grand départ a eu lieu ce mercredi 16 sur la place Fernand Cocq devant l’hôtel communal d’Ixelles. Pour l’occasion, des élus ixellois et lyonnais étaient présents. Le bourgmestre d’Ixelles, Christos Doulkeridis, a débuté la cérémonie d’ouverture du Sun Trip par un discours. 

    Photo de groupe des élus Ixellois et Lyonnais en présence du bourgmestre d’Ixelles Christos Doulkeridis, des Vice-président-e de la Métropole de Lyon, Hélène Dromain et Fabien Bagnon, de l’adjoint au Maire de la ville de Lyon, Valentin Lungenstrass, du fondateur du Sun Trip Florian Bailly et du conseiller consulaire Bertrand Wert devant l’hôtel communal d’Ixelles © Héloïse Vinale

    « Comme ça fait du bien d’accueillir à Ixelles une initiative comme celle-ci qui apporte de l’espoir, qui est porteuse de toutes les valeurs que symbolise l’Europe: la rencontre, la connaissance de la diversité. Et puis toute cette dimension qui est liée à la transition écologique qui est une nécessité. Et qu’en plus, cette initiative soit la plus inclusive possible, c’est que du bonheur. C’est ça le message, la transition énergétique doit concerner tout le monde », a déclaré le bourgmestre.

    Un participant en situation de handicap se prépare pour le début du Sun Trip place Fernand Cocq à Ixelles © Héloïse Vinale

    Le 16 juin, le jour J

    C’est le Jour J pour les 37 participants qui vont sillonner l’Europe, traverser 28 pays et parcourir plus de 10.000 km en moins de 90 jours! Un beau projet qui aura rassemblé les générations et nationalités autour d’un but commun. Le Sun Trip: une compétition inclusive et mixte qui a pour mission de promouvoir le vélo solaire. Pour suivre en direct les participants, c’est par ici.

    Le grand départ du Sun Trip Europe mené par le bourgmestre d’Ixelles Christos Doulkeridis à l’avant, juste derrière l’élu Bertrand Wert et les 37 participants qui les suivent © Héloïse Vinale
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